Le manuel du prince génial pour sortir une nation de l’endettement – Tome 3 – Chapitre 5 – Partie 3

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Chapitre 5 : L’ennemi d’hier est celui d’aujourd’hui…

Partie 3

Le début de la quatrième journée avait semblé aussi calme que les jours précédents. Cependant, les personnes aux sens plus aiguisés pouvaient sentir la façade se fissurer. Il y avait une impatience nerveuse déguisée en calme, comme si l’on visait la gorge de l’ennemi. C’était comme si le fil de la bataille était tendu au maximum de ses capacités, et au moment où il serait coupé, le champ de bataille deviendrait une terre de chaos.

« — A toutes les unités, à l’attaque ! »

Menés par Levert, les cinq mille soldats avaient frappé la terre dans leurs efforts pour écraser les troupes dirigées par Raklum.

Il était évident qu’un côté avait l’avantage. Sans compter que l’adversaire n’était pas aussi fluide dans ses mouvements, la réponse à leur charge était trop lente. À ce rythme, ils prendraient la tête du général ennemi d’un seul coup décisif.

Une fois que nous aurons fini de percer ces forces, nous passerons par-derrière et attaquerons celles qui sont dirigées par le prince !

Levert avait trouvé une histoire parfaite pour sa victoire. Il ne restait plus qu’à le concrétiser.

Mais à ce moment-là, il s’était aperçu d’une chose vers l’ennemi qui se trouvait devant lui.

Est-ce que c’est… ?

Au centre des forces ennemies se trouvait un vieux cavalier. Il n’avait pas une grande carrure, mais Levert ne pouvait pas arracher ses yeux de la silhouette. Il se tenait au centre des soldats comme s’il était leur commandant, tout comme sur un autre champ de bataille — .

À ce moment, la peur lui avait fait frissonner la colonne vertébrale et Levert avait involontairement crié : « TOUTES LES UNITÉS, ARRÊTTTTTTTTTTT ! »

 

Après ça, le général Hagal avait donné des ordres à ses hommes. « À toutes les unités, chargez. »

Et Natra avait attaqué Cavarin.

 

« Wow… Qu’est-ce qui se passe là-bas ? » Wein avait gémi en vérifiant l’état de l’aile gauche.

Alors qu’il semblait que deux mille soldats du Natra pourraient esquiver la ruée des soldats de Cavarin, ils s’étaient précipités et avaient pris l’ennemi au piège tel un serpent, les éliminant les uns après les autres. Les soldats de Cavarin n’avaient aucune idée de ce qui se passait.

« Je savais que tu y allais doucement avec moi, Hagal, » murmura Wein avec admiration.

Ninym soupira à côté de lui. « Je ne peux pas le croire… Afin de lancer une attaque-surprise contre l’armée de Cavarin, Hagal a choisi de faire semblant d’être exécuté. »

Toute la série d’événements s’était déroulée de façon assez curieuse.

Tout d’abord, Ibis, la commerçante avait pris contact avec les dissidents de Natra et avait incité une rébellion en coulisses.

Sentant cette atmosphère inquiétante, Wein avait mis en place un plan pour utiliser Hagal et découvrir les dissidents. Cependant, ce plan se chevauchait malheureusement avec une invitation de Cavarin, et il avait dû quitter le pays.

Ensuite, Ibis avait pris contact avec Hagal, pensant qu’il pourrait être le chef des rebelles, et avait rassemblé les dissidents sous ses ordres. Hagal aurait pu les mettre en déroute avec les gardes de la forteresse, mais il n’aurait pas pu faire plus que cela. Il n’avait tout simplement pas à l’époque assez d’effectifs pour les détruire.

Quel genre d’activité violente l’armée rebelle penserait-elle faire pendant l’absence de Wein ?

Il n’y avait aucune garantie que les rebelles ne s’étaient rassemblés que temporairement. Entre le marteau et l’enclume, Hagal avait choisi de devenir le chef des rebelles et de prendre les rênes.

« Je ferai tout ce qu’il faut pour que Son Altesse puisse revenir, » avait-il déclaré.

La zone était très peuplée de forces rebelles et il n’avait pas pu contacter Wein, mais Hagal avait supposé qu’il reviendrait. Sa priorité était le retour de Wein à Natra.

Pour cette raison, Hagal avait élaboré un plan visant soit à réduire le nombre de soldats attendant Wein à son retour au pays, soit à ne pas réussir à consolider la chaîne de commandement. Pendant tout ce temps, Ibis continuait à se mettre en travers de son chemin.

De la formation de combat de l’armée rebelle à leurs mouvements erratiques, Wein avait senti que Hagal n’était pas sérieux à propos de sa trahison. De plus, une fois que le groupe de Wein s’était glissé à travers les lignes rebelles, il avait attiré et détruit l’armée rebelle avec les restes qu’il avait intentionnellement laissée derrière lui.

C’est à cette époque que Hagal avait proposé la fausse mort dont Ninym avait parlé.

Prévoyant la bataille qui allait éclater avec Cavarin par la suite, Hagal semblait intentionnellement accepter la peine capitale sans objection, invitant Cavarin à baisser sa garde. Il avait renversé la situation.

Je sais que c’est la faute d’Ibis, mais il est encore assez imprudent.

Même s’il servait de médiateur, si ce plan fonctionnait, Hagal allait mourir en traître et il perdrait toute sa réputation et son statut. Mais Hagal — qui était né dans un pays qui tenait énormément à sa réputation — avait lui-même proposé l’idée. Ce genre de détermination ne se voyait pas tous les jours, et même Wein n’avait pas d’autre choix que d’accepter.

Le commandement fut ensuite confié à Raklum jusqu’à ce que Cavarin les attaque, puis au quatrième jour, Hagal revint en tant que général.

On peut dire que cette stratégie avait été un grand succès. L’armée ennemie de cinq mille hommes était sur le point de s’effondrer. Wein connaissait le commandement de Hagal sur les plaines, mais c’était vraiment autre chose.

« On ferait mieux d’y aller, Wein. »

« Oui, j’arrive. »

Poussé par Ninym, Wein détourna le regard du champ de bataille à gauche. Il pouvait maintenant laisser Hagal s’en charger.

« Eh bien, je suppose qu’on ferait mieux de se dépêcher. »

 

La situation actuelle était un cauchemar devenu réalité.

« Général ! L’ennemi se rapproche de nous ! »

« Veuillez retourner à la forteresse ! Nous ne pouvons plus tenir ici ! »

« Dépêchez-vous ou ils bloqueront notre voie d’évacuation ! »

Des cris de panique se superposaient. Mais Levert savait qu’ici, il n’y avait pas d’issue de secours et que tout ce qui se trouvait devant eux était un piège tendu par l’ennemi.

Mais même s’il restait, il n’y avait pas d’avenir ici.

« J’ai pensé que je pourrais être éliminé par un proche conseiller, mais je n’aurais jamais pensé que ce serait le général principal, » murmura Levert.

C’était ainsi parce que le général ennemi, Hagal, l’avait déjà rattrapé.

« Si vous avez un dernier mot, c’est le moment de le dire, » déclara Hagal.

Lors de cette déclaration, les yeux de Levert avaient cligné. Il semblait pouvoir dire quelque chose, mais ces mots lui étaient restés en travers de la gorge. Au lieu de cela, il avait parlé avec autodérision.

« … Même si je le faisais, ce serait une perte de temps. Maintenant que j’y pense, vous m’avez aussi bien battu avec votre plan ce jour-là. J’avoue ma perte aujourd’hui. — Cependant ! »

À ce moment, Levert avait donné un coup de pied aux flancs de son cheval. « Je ne mourrai pas seul ! Vous allez venir en enfer avec moi ! »

Levert avait visé droit sur Hagal alors qu’il le dépassait à cheval.

« … Désolé, mais… »

Lorsque les deux hommes s’étaient croisés, le bras armé de Hagal avait vacillé comme une illusion. Levert se sentit ballotter.

« Je ne me souviens pas du tout de vous, » déclara Hagal.

Le corps de Levert s’était fendu en deux, tombant au sol sous l’effet du sang projeté dans l’air. Après avoir confirmé sa mort, Hagal avait levé son épée.

« Ennemi, le général Levert est mort ! »

« “YEAAAAAAAAAAAH !” »

Le cri de victoire résonna sur le champ de bataille.

 

Kustavi venait de coincer l’armée restante sur l’aile droite et était hors de lui quand il avait entendu la nouvelle.

« Le général Levert est mort… !? »

Les seules choses qui l’avaient empêché de s’effondrer avaient été son sens des responsabilités envers son maître et sa rage bouillonnante. Il avait rapidement dirigé sa colère vers l’ennemi — l’armée restante.

« Toutes les unités se préparent à charger ! Nous écraserons l’armée restante avant que Natra ne puisse se rapprocher de nous. Nous allons reprendre le contrôle de cette guerre ! » cria Kustavi.

« Attendez, s’il vous plaît ! Notre quartier général nous a ordonné de battre en retraite… ! »

« Silence ! » Kustavi avait saisi par le col le messager qui avait tenté de l’arrêter. « Avez-vous des ordres de m’ignorer et de battre en retraite !? Nous ne leur ferons jamais payer pour le général Levert si nous ne les faisons pas tomber maintenant ! Dites au quartier général que s’ils s’éloignent ne serait-ce que d’un pas, je tuerai tout le monde plus tard ! »

« Mais… »

En écartant le messager tenace, Kustavi avait fait face à ceux qui l’entouraient et avait haussé la voix. « Allons-y ! Chargez ! »

Cinq mille soldats obéirent à Kustavi et se mirent en route. La distance entre eux et l’armée restante — désormais en défense — se réduisit en un clin d’œil, et ils entrèrent en collision. L’impact avait été si fort que cela avait littéralement fait voler des individus.

« N’arrêtez pas ! Repoussez-les ! »

Sous l’impulsion de Kustavi, l’armée de Cavarin avança.

Leurs défenses sont fortes, mais notre charge les a détruites. À ce rythme, nous les forcerons à fuir… !

Les soldats de Cavarin avaient lentement fait irruption dans les rangs de l’armée restante. Plus loin se trouvaient les forces principales de l’ennemi. Leur cible était le chef du général ennemi, le Prince Helmut. Pour la famille royale de Marden, c’était une bataille souveraine pour reprendre leur capitale. Si Cavarin faisait tomber le Prince Helmut, ils perdraient leur cause, et il y avait une chance que son armée puisse se rétablir.

Juste un peu plus… On y est presque… !

Ils pourraient percer, pensa Kustavi, et il réalisa alors quelque chose.

Mais avant qu’il ne puisse formuler ses pensées, l’ennemi avait enveloppé leur gauche, leur droite et leur front.

Il ne restait plus que l’arrière comme échappatoire. Alors que Kustavi se retournait, juste sous ses yeux, l’armée de Natra était prête à charger sur lui. C’était les forces dirigées par Wein.

« Qu’est-ce — !? »

Le flanc gauche de l’armée de Cavarin, écrasé par Hagal, avait eu recours à la force brute pour renverser la situation. Et Wein avait prévu cela.

Lorsque Kustavi avait réalisé qu’il avait été attiré dans un piège, il était trop tard. Le front et les côtés étaient étroitement obstrués par l’armée restante, laissant Cavarin sans issue. Ils avaient été carrément assaillis par une violente attaque par l’arrière et éliminés d’un seul coup.

« B-Bon sang ! »

Malgré tous ses efforts, Kustavi n’avait aucune chance de s’échapper. Il mourut sous les assauts des soldats de Natra, et sans leur commandant, les soldats restants de Cavarin perdirent tout sens de l’ordre, poussés à la destruction par les deux armées. En conséquence, les soldats restants qui défendaient la forteresse avaient choisi de battre en retraite. Les forces alliées les avaient poursuivis avec ténacité, et il avait été rapporté que moins de cinq mille soldats de Cavarin s’étaient échappés pour rentrer chez eux en toute sécurité.

Par la suite, les soldats de Cavarin stationnés à Tholituke, la capitale des Marden, avaient choisi de se rendre et la ville avait été libérée. Les forces alliées avaient été accueillies par les citoyens, et cette victoire était restée gravée dans l’histoire de leurs deux nations.

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