Le Maître de Ragnarok et la Bénédiction d'Einherjar – Tome 7 – Acte 1 – Partie 5

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Chapitre 1 : Acte 1

Partie 5

Yuuto était connu pour être invincible, un dieu de la guerre, et s’il restait invisible trop longtemps, les soldats seraient vite inquiets. Leur moral commencerait à s’effondrer si cela arrivait.

L’ennemi tenterait sans doute de les frapper et de les secouer encore plus.

Pour l’instant, le Clan du Loup n’était pas en mesure de poursuivre cette campagne.

Olof poussa un long et profond soupir, puis, tournant son regard vers chacun des autres généraux, il parla solennellement. « Je pense que dès maintenant, nous devrions commencer à nous organiser pour nous retirer de la région. »

Les autres personnes présentes avaient écouté. En vérité, le jugement d’Olof était probablement le plus raisonnable à faire.

Cependant…

Une petite fille était soudainement tombée dans leur rassemblement depuis le ciel, sa voix paniquée criant. « C’est mauvais, c’est vraiment mauvais ! »

La direction étrange et soudaine de son entrée avait choqué les généraux réunis.

Apparemment, elle avait sauté d’un arbre en hauteur après s’être balancée tel un singe de branche en branche dans les arbres. C’était comme si elle avait été élevée dans la nature, mais c’était aussi une incroyable démonstration d’habileté physique.

« Albertina ! Pourquoi entres-tu toujours comme ça ? » s’emporta Sigrun. « Pendant une fraction de seconde, j’ai cru que tu étais un agresseur alors j’allais t’abattre ! »

« Il n’y a pas le temps de parler de ça, Grande Soeur Run ! Le Clan de la Panthère, le Clan de la Panthère est en mouvement ! Ils se dirigent vers nous très rapidement ! »

« Quoi !? » s’était écriée Sigrun.

Un frisson visible avait traversé toutes les personnes présentes à la réunion.

 

Un groupe de cavaliers armés galopait dans la nature, se frayant un chemin dans la nuit noire comme un couteau aiguisé.

À la tête de la meute chevauchait un homme aux longs cheveux dorés : le patriarche du Clan de la Panthère, Hveðrungr. La moitié supérieure de son visage était recouverte d’un masque de fer qui brillait d’un éclat terne, aussi était-il craint par les habitants de la région sous le pseudonyme de Grímnir, le Seigneur Masqué.

« Nous allons les attaquer tout de suite et sans nous arrêter ! Dépêchez-vous ! Le moindre retard fera la différence entre la victoire et la défaite ! » cria Hveðrungr à ses subordonnés derrière lui, en éperonnant son propre cheval.

Il avait appris de sa femme Sigyn, la plus grande manieuse de seiðr de tout Miðgarðr, qu’elle avait banni le patriarche du Clan du Loup vers le monde dont il était originaire.

En entendant cela, il avait bien sûr été, non seulement surpris, mais aussi furieux contre sa femme qui avait fait une telle chose sans ses ordres et dans son dos.

Si, par exemple, le patriarche du Clan de la Foudre, Steinþórr, avait été à sa place et avait ressenti ces mêmes émotions, Steinþórr aurait indubitablement réagi en exécutant Sigyn lui-même sur le champ, et aurait alors perdu toute envie de se battre dans cette guerre. Cependant, Hveðrungr était un homme beaucoup plus logique, plus pragmatique.

La bataille qui s’était déroulée tout au long de cette journée était censée être une victoire garantie, planifiée avec soin et chronométrée de manière à ce qu’il n’y ait aucune chance d’échec. Et pourtant, son armée avait été repoussée, malgré tout.

Son plan et l’élément de surprise étaient maintenant tous deux perdus pour l’ennemi, et s’ils avaient continué à se battre, ses chances de victoire auraient été faibles. En son for intérieur, cette conclusion l’avait mis à bout de nerfs.

Et c’est alors que cette opportunité inattendue lui était tombée dessus.

Le commandant ennemi, Yuuto, avait disparu. Même un idiot saurait que cette information suffirait à mettre l’armée du Clan du Loup en déroute.

Indépendamment de ses sentiments en tant qu’individu, en tant que commandant de son armée, Hveðrungr ne pouvait pas laisser passer cette occasion de vaincre son ennemi, faire cela n’était pas une option.

Une fois cette décision prise, il ne restait plus qu’à agir rapidement.

Il ne devait pas laisser à l’ennemi le temps de mettre au point un plan de réponse. S’il devait attaquer, alors le plus tôt serait le mieux.

Par sérendipité — ou par destin, peut-être —, la lune était pleine ce soir.

Les nomades de son clan étaient habitués à vivre dans de vastes steppes herbeuses et avaient une meilleure vue que les peuples sédentaires de cette région. Et, bien que les chevaux ne soient pas des animaux nocturnes, ils avaient une bonne vision dans l’obscurité.

Il n’y avait aucun problème à naviguer dans l’obscurité, même sans avoir de torches. On pourrait dire que ce sont les conditions parfaites pour lancer un assaut surprise sur l’ennemi.

« Keh heh ! Ces imbéciles du Clan du Loup, on dirait qu’ils sont occupés à prendre un long repos, » se moqua Hveðrungr en regardant les traînées de fumée blanche qui s’élevaient au loin.

Cuisinaient-ils, ou peut-être étaient-ils simplement réunis autour du feu pour se réchauffer ? Quoi qu’il en soit, ils devaient s’amuser tranquillement, se prélassant dans la victoire de leur bataille acharnée de la veille.

« Oh ? » murmure-t-il.

En s’approchant du camp, il avait pu constater que les choses étaient bruyantes, avec des bruits de pas rapides et des ordres criés.

Hveðrungr avait fait claquer sa langue en signe d’irritation. « Tch, alors ils nous ont déjà remarqués ? Mais… c’est déjà trop tard ! »

Il s’était retourné vers les hommes derrière lui.

Tout le monde était déjà perché sur son cheval, les armes à portée de main.

Plus que tout, leurs visages étaient tendus de détermination, ils n’étaient plus les visages de simples clans nomades, mais de guerriers fiables et puissants des steppes.

Avec un large sourire satisfait, Hveðrungr avait levé une main et les avait appelés.

« Attaquez ! Nous allons leur rendre la monnaie de leur pièce pour tout ce qu’ils ont fait jusqu’à présent ! »

 

« L’ennemi attaque ! Attaque ennemie ! Le Clan de la Panthère a lancé un assaut surprise sous le couvert de l’obscurité ! » Un soldat du Clan du Loup était arrivé en courant et avait crié son rapport à bout de souffle.

« Kh, ils sont trop rapides !!! » La réponse d’Olof était pratiquement un cri en soi.

Cela ne faisait que quelques rares instants qu’Albertina avait livré son propre rapport sur les mouvements du Clan de la Panthère.

Olof avait rapidement envoyé des ordres à toutes les troupes pour qu’elles se préparent à un assaut soudain, mais c’était loin d’être suffisant pour qu’elles puissent se préparer.

« À quel point ces démons sont-ils doués pour surgir de nulle part ? » Olof se renfrogna et cracha ses mots avec dédain.

Même en repensant à la bataille de Náströnd l’année dernière, l’armée du Clan de la Panthère était soudainement apparue de nulle part pour les encercler avec dix mille soldats, et avait même réussi à briser leur tactique de défense « mur de wagons ».

De plus, au cours de la bataille d’aujourd’hui, l’apparition soudaine du Clan de la Panthère dans cette région et sur ce champ de bataille avait été complètement imprévue.

Pour Olof, cet ennemi était bien plus menaçant que le Clan de la Foudre et son armée d’un seul homme, Steinþórr, aussi absurdement fort soit-il.

La puissance et les prouesses militaires de Steinþórr étaient certainement une menace réelle, mais il était le genre d’individu qui attaquait toujours de front, et on pouvait anticiper et se préparer à cela.

Préparer des tactiques astucieuses pour vaincre un tel homme pourrait dépasser Olof, mais Yuuto était capable de faire danser Steinþórr pratiquement dans le creux de sa main.

En revanche, le patriarche du Clan de la Panthère, Hveðrungr, avait la capacité d’être aussi insaisissable qu’il le voulait, apparaissant et disparaissant comme un tour de magie. Et donc, en traitant avec lui, on réagissait toujours avec un pas de retard.

Des deux hommes, Hveðrungr était celui qui avait toujours poussé le Clan du Loup le plus près de la perte, y compris aujourd’hui.

« Pour l’instant, je vais courir pour les engager et gagner du temps, » dit Sigrun. « Grand frère Olof ! Tu es l’aîné ici. Tu devrais prendre le commandement de l’armée ! »

Sentant que chaque seconde comptait, elle avait couru hors de la salle de réunion dès qu’elle avait fini de crier.

On ne pouvait en attendre moins de la part de la femme qui dirigeait l’Unité Múspell, le groupe contenant l’élite des combattants de tout le clan. Dans ce moment d’urgence, elle avait pris une décision en une fraction de seconde, claire et précise.

Après l’avoir regardé courir, Olof s’était tourné vers les autres généraux réunis. « Est-ce que tout le monde est d’accord pour que ce soit moi ? »

Les autres généraux avaient exprimé leurs pensées, en hochant la tête en accord.

« Oui, Olof serait le meilleur pour le rôle. »

« Hmm… Je suppose qu’on n’y a pas le choix. »

« Le Mánagarmr lui a donné son soutien, alors… »

Parmi eux, il y en avait quelques-uns qui n’étaient pas tout à fait d’accord avec l’idée, à en juger par leurs réponses, mais tout temps passé à débattre ici ne ferait que donner un avantage supplémentaire à l’ennemi, et ils le savaient tous.

Olof avait commencé à distribuer des ordres en succession rapide.

« Bien, alors envoyez un message d’urgence à toutes les troupes : “Ne paniquez pas, et engagez le combat avec l’ennemi !” À mes frères ici, je demande que chacun retourne rapidement à son unité, et calme la panique parmi eux. Nous allons repousser cet assaut, tout en cherchant une ouverture pour nous retirer dans l’étroit passage de la montagne. Nous y installerons la défense apportée par la forteresse du mur de wagons, puis nous commencerons sérieusement notre contre-attaque ! »

Naturellement, avec le passage étroit entre les deux montagnes escarpées à proximité, les voies d’entrée et de sortie étaient limitées. S’ils installaient leur mur de forteresse de chariots en fer à cet endroit, d’après l’expérience passée, les cavaliers du Clan de la Panthère ne devraient plus être en mesure d’attaquer sans réfléchir.

Si l’ennemi choisissait d’attaquer, les arbalétriers du Clan du Loup n’auraient qu’à décocher une pluie de flèches sur eux depuis l’arrière de leur défense.

Compte tenu de la situation désespérée dans laquelle se trouvait le Clan du Loup, la formulation par Olof d’une stratégie à la volée pouvait en effet être qualifiée de bon travail.

C’était le genre de chose que l’on pouvait attendre du général vétéran si respecté au sein du clan.

« Bien que Père soit retourné chez lui, le Clan du Loup possède encore toutes les choses qu’il nous a données. Ne pensez pas que les choses se passeront comme vous le voulez, Clan de la Panthère ! »

Serrant les poings, Olof avait lancé un regard sévère en direction des cavaliers du Clan de la Panthère qui attaquaient.

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