Le Maître de Ragnarok et la Bénédiction d'Einherjar – Tome 2 – Chapitre 1 – Partie 1

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Acte 1

Partie 1

Yuuto était complètement incapable de bouger, tel un cerf paralysé pris dans les phares d’une voiture.

La situation empirait chaque minute.

Comment les choses avaient-elles fini de cette façon ? Bien qu’en repensant à la séquence des événements qui avaient mené à ce point, il avait estimé que c’était probablement la seule façon dont cela aurait pu se conclure.

« W-Wow ! Hmm, c’est assez difficile, n’est-ce pas ? » La voix de Linéa à côté de son oreille était presque aussi faible qu’un murmure.

Peut-être en raison de la nervosité, sa voix était raide et faible. D’une certaine manière, cette timidité était incroyablement mignonne.

Une fille qui était encore à mi-chemin de ses années d’adolescence, Linéa était le Patriarche du Clan de la Corne, la souveraine des terres fertiles le long des rivières Örmt et Körmt. Elle était aussi la sœur cadette assermentée de Yuuto, un type de subordonné lié au clan grâce au Calice.

Habituellement vêtue de vêtements de haute qualité et d’accessoires décoratifs convenant à son rang élevé, elle était maintenant aussi nue que le jour de sa naissance. Son corps se développait encore alors qu’elle était actuellement quelque part à mi-chemin entre l’enfant et l’adulte, avec une instabilité qui était à sa manière inviolable et sacrée.

« Oh ! Et c’est vraiment bien..., » Linéa déclara ça avec un soupir d’admiration.

Son souffle chatouilla le lobe de l’oreille d’Yuuto, et un frisson parcourut son dos.

« Oh ! J-Je suis désolée, est-ce que je frottais avec trop de force ? » Linéa s’était excusée et avait arrêté de déplacer ses mains.

« N-Nullement, c’était tout simplement parfait ! » Troublé, Yuuto répondit d’un ton qui ne convenait pas vraiment à sa position.

Tout son esprit semblait se concentrer sur l’endroit que Linéa frottait, et il était incapable de penser à autre chose. L’air torride et humide s’accrochait à son corps. Sa tête commençait même à tourner.

Tout son corps était rouge de chaleur et il avait l’impression de pouvoir s’évanouir à tout moment.

C’était sûr que son allure était vraiment médiocre, mais Yuuto ne pouvait pas y faire grand-chose. Après tout, c’était également sa première fois.

« Je ne suis pas très bonne dans ce domaine, n’est-ce pas ? Euh ! S’il vous plaît, s’il y a la moindre chose que je pourrais faire afin de m’améliorer, alors n’hésitez pas à me dire. Grand Frère, je ferais tout pour vous..., » déclara Linéa.

« V-Vous le faites très bien. Je vous promets que je me sens très bien ! » lui assura Yuuto.

« Merci Déesse. Il s’agit de la première fois que je lave le dos d’un homme, alors..., » répliqua Linéa.

Et c’est la première fois que mon dos est lavé par une femme ! Yuuto bloqua les mots dans sa gorge avant qu’ils ne s’échappent et il resta ainsi silencieux.

Dans son esprit, il s’était excusé pour la énième fois à son amie d’enfance qui l’attendait dans un lointain pays.

La salle aux murs de pierre était remplie d’épais nuages de vapeur. Il s’agissait dans un bain privé du Palais de Sessrúmnir, au cœur de la capitale du Clan de la Corne, Fólkvangr.

En préparation d’une cérémonie officielle afin de célébrer la récente victoire sur le Clan du Sabot, Yuuto était venu ici pour se nettoyer et se purifier. Cependant...

« Je pense que je devrais maintenant me charger du rester, » une voix claire comme une cloche parla depuis derrière lui. « J’ai suivi le décorum et je vous ai laissé commencer parce que vous êtes au-dessus de moi, mais je veux également laver le dos de Père. »

« Oh mon Dieu, Run, qu’es-tu en train de dire là ? » une autre voix, douce comme de la soie, avait répondu à la première personne. « Dans ce cas, je vais y aller en deuxième. »

« Quoi !? » s’exclama Run.

« Tee hee ! Bien sûr, céder face à tes supérieurs est juste et approprié dans un tel cas. Donc, en tant que sœur cadette, je devrais avoir la priorité sur une enfant subordonnée telle que toi. »

« Grrr...! »

Les voix familières des deux filles qui se disputaient se répercutaient sur les murs depuis derrière lui. Il s’agissait de Sigrun et Félicia. Ces deux jeunes femmes appartenaient au Clan du Loup, dont Yuuto était le Patriarche, et elles faisaient partie des guerrières les plus puissantes du clan.

La maîtrise de soi d’Yuuto l’empêchait de se retourner afin de regarder, mais il n’avait pas besoin de le voir pour savoir ce qui se passait. Après tout, ils se trouvaient tous dans un bain. Naturellement, leurs corps minces et attrayants seraient généreusement et entièrement exposés.

L’enfant subordonnée Sigrun était grande et mince, sa beauté rafraîchissante et juvénile était accentuée par de longs cheveux argentés rappelant la lune dans une nuit sombre et sans nuages. En revanche, Félicia aurait ébloui quiconque l’aurait regardée avec ces cheveux dorés comme le soleil et une beauté mature et glamours.

Une simple rotation de tête lui donnerait indubitablement une vue à la hauteur de Shangri-la. Si c’était une question de savoir s’il voulait regarder ou non, il l’aurait certainement fait. Mais...

« Protégez-moi contre les pensées impures ! Protégez-moi contre les pensées impures ! La forme est le vide, le vide est la forme, la forme est le vide, le vide est la forme..., » fermant ses paupières avec force, Yuuto se répétait des mantras bouddhistes dans une tentative désespérée de se débarrasser de ses désirs charnels.

En partie parce que son père était un forgeron de katana traditionnel, il avait été énormément exposé à ces sortes de chants et de mantras destinés à focaliser l’esprit, et il en avait mémorisé plusieurs au cours des années. Cependant, même les mantras sacrés avec des centaines d’années d’histoire de répulsion du mal étaient à peine capables de refréner son envie qui jaillissait en lui.

Le jeune homme se comportait comme si son contrôle de soi était le seul facteur important dans cette situation, ce qui aurait pu sembler assez arrogant pour certains, mais il n’était pas vraiment responsable de cette situation. Après tout, il savait que s’il les regardait très attentivement, ces belles filles pourraient probablement... non, elles l’accepteraient dans tous les cas avec plaisir.

Dans le monde d’Yggdrasil, il y avait une pratique issue de leurs coutumes où deux personnes échangeaient des vœux et devenaient une famille assermentée, et cela à l’aide d’un rite sacré connu sous le nom de Serment du Calice. On ne pouvait pas choisir les parents qui nous faisaient naître, mais avec le Calice, une personne pouvait choisir un parent ou un frère selon sa propre volonté. Pour la personne choisie comme parent assermenté, le Serment du Calice exigeait un engagement de loyauté absolue et un service perpétuel, à la fois avec son corps et son âme. Telle était la loi de la terre d’Yggdrasil.

Ce qui signifiait que peu importe ce que Yuuto voulait, ces filles qui lui étaient liées par serment ne pouvaient pas refuser. Il se réprimait avec une volonté de fer, mais pour un garçon comme Yuuto dans les affres de la puberté, c’était tout simplement une torture. Et malgré le fait qu’il ait presque dépassé sa limite mentale...

« Hahaha ! C’est donc ça ! Père, je crois avoir réussi à gagner du mérite lors de la dernière bataille. Je voudrais recevoir ma récompense pour ça, ici et maintenant. S’il te plaît, permets-moi d’avoir l’honneur de te laver le dos avant Félicia ! » déclara Sigrun.

Agissant comme si elle était tombée sur une bonne idée, Sigrun lui avait soudainement fait cette demande avec une attitude presque triomphante, alors que ses paroles étaient passionnées.

Lors de la dernière bataille, Sigrun avait à elle seule abattu le commandant suprême de l’ennemi, une réalisation bien au-delà de ce que ses paroles pourraient suggérer. Cela devrait être un accomplissement digne de tous récompense matérielle ou titre honorifique si elle le souhaitait, faisant qu’Yuuto se demandait bien pourquoi elle souhaiterait quelque chose d’aussi insignifiant.

« Run, le mettre maintenant sur la table est lâche ! » Félicia avait crié sur Sigrun, comme si elle condamnait une lâche qui avait utilisé la corruption et la tromperie pour gagner sa récompense. « N’es-tu pas le Mánagarmr, une guerrière vertueuse et fière ? Quand es-tu devenue une femme aussi éhontée ? »

C’est bien loin d’être éhontée, n’est-elle pas plutôt trop modeste ? pensa Yuuto, mais il savait aussi qu’il y avait un certain fossé dans les valeurs morales entre une personne du 21e siècle comme lui et des personnes provenant du monde antique d’Yggdrasil.

 

 

C’était un peu injuste pour les deux filles après qu’elles aient exprimé un tel désir, mais Yuuto avait pris la parole. « Vous deux, c’est déjà suffisant. Grâce à Linéa, je suis plus que suffisamment propre, donc je n’ai plus besoin que mon dos soit lavé. »

« Grand Frère !? » demanda Félicia.

« Père !? » s’exclama Sigrun.

Félicia et Sigrun avaient toutes deux haussé la voix en panique, comme si elles ne pouvaient pas le croire. Même un chien qui verrait sa friandise s’en aller loin de ses yeux au dernier moment ne lâcherait pas un cri si désespéré.

C’était presque suffisant pour faire qu’Yuuto les laisse faire, mais il continua en restant ferme. « Désolé, mais à ce rythme, si mon dos était encore frotté pour être nettoyé, ça commencerait à être à vif. »

Linéa avait, conformément à sa nature honnête et travailleuse, frotté vigoureusement son dos avec toute sa force. Il se sentait vraiment bien là, et maintenant il se sentait plus propre que jamais, mais il avait l’impression que si quelqu’un continuait à le faire, son dos risquait d’être blessé.

De plus, il ne fallait pas oublier que la célébration pour la victoire allait bientôt se tenir. Cela pourrait être vu comme une occasion joyeuse pour faire la fête, mais sous cette façade, il s’agissait surtout d’une réunion pour une diplomatie internationale sérieuse, avec des motivations cachées et des intrigues à bout de bras. On pourrait parfaitement appeler ça un autre type de champ de bataille qui allait se dérouler sous peu.

Il ne serait vraiment pas drôle pour lui si un manque de concentration dû à une légère douleur entraînait une erreur politique de sa part.

« Je... Ohh... » Pleurnicharde, Sigrun laissa échapper un gémissement morose et rongé par la culpabilité.

Pour Sigrun qui avait vécu toute sa vie consacrée aux arts martiaux, des situations comme celle-ci étaient sa plus grande faiblesse. Elle était immensément loyale envers Yuuto, et avait sûrement été désireuse de lui montrer cette loyauté par les actes, même sous la forme de ce qui était censé être une récompense pour elle. Elle n’était pas très bonne quand il fallait masquer ses émotions, comme maintenant avec sa déception. Mais cette honnêteté était aussi l’une des choses les plus charmantes la concernant.

D’autre part, Félicia avait continué à exprimer son mécontentement d’une manière boudeuse. « Eh bien ! Même si c’est toi, Grand Frère, c’est bien trop insultant comme attitude. Suggères-tu que je serais égoïste en ignorant tes besoins ? En outre... ne penses-tu pas qu’il est injuste que tu chérisses une parente de l’extérieur comme Grande Sœur Linéa tout en ignorant une parente de ton propre clan ? »

Il est vrai que Linéa était la sœur d’Yuuto par le Serment du Calice, mais elle venait de l’extérieur du Clan du Loup. Le fait de donner à quelqu’un avec un lien plus étroit un traitement moindre dans le clan était quelque chose d’inapproprié. Yuuto savait qu’à un certain niveau, la logique de Félicia tenait l’eau, mais...

« Attends un peu, » Yuuto venait de réaliser la scène mise en place. « Félicia, c’est toi qui au départ as insisté pour que Linéa me lave le dos ! »

« G-Grand Frère... mais... ne vous... ne vous ai-je pas causé des douleurs ? » Linéa lui parlait comme si elle était sur le point de pleurer.

« Non, euh, c’est... ce n’est pas ça ! Regardez, et ne pleurez pas... Ah !! » Yuuto s’était tourné par réflexe vers la tête de Linéa pour la consoler, et aperçut la peau, et se retourna rapidement pour faire face à sa direction d’origine. Il avait décidé de prétendre qu’il n’avait pas vu de protubérances roses.

« D-Désolé ! Euh, après avoir passé tant de temps à m’occuper de cette gamine pleurnicheuse qui était comme une petite sœur pour moi, j’ai maintenant cette habitude, » expliqua Yuuto. « Chaque fois que je vois une fille se mettre à pleurer, je tapote par réflexe sur sa tête. OK, c’est juste une excuse stupide. Pardon. Je suis sérieux. »

« N-Non, ce n’est pas... G-Grand Frère, cela ne me dérange pas si vous me regardez. V-Vous savez, puisque vous allez être mon... M-M-Mari... Je ne suis peut-être pas aussi impressionnante que Lady Félicia, mais, s-s’il vous plaît, regardez-moi autant que vous le voulez ! » déclara Linéa.

« Qu-Quoi !? Quoi !? Attendez... Attendez un peu ! » Yuuto agita sa main dans un geste derrière lui alors qu’il parlait. « C-Calmez-vous, je vous en supplie ! Calmez-vous un petit peu ! »

« Si je peux être franche, c’est alors peut-être toi, Grand Frère, qui ferais mieux de te calmer, » répondu Félicia.

Bien sûr, Félicia avait totalement raison. Prenant de profondes respirations, Yuuto se reprocha d’avoir tant perdu son calme. Mais même ainsi, son rythme cardiaque n’avait affiché aucun signe de vouloir se stabiliser.

« Et Grande Sœur Linéa, je me demande si vous n’avez pas pris vos désirs pour la réalité un peu trop en avance, » Félicia ajouta froidement cela. « La proposition d’avant n’a pas encore été acceptée. »

« Arg. Euh. Mais euh..., cependant, un mariage entre mon Grand Frère et moi profiterions à nos deux clans, la Corne et le Loup, » Linéa avait réussi à argumenter à Félicia. Cependant, son balbutiement était la preuve qu’elle avait compris qu’elle dépassait ses limites.

Mais en même temps, cela signifiait également que Linéa elle-même était tout à fait en faveur à cet arrangement.

En ce moment, il s’agissait d’un problème qui contrariait Yuuto bien plus que toute maladresse puérile.

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3 commentaires




  1. 0



    0

    Merci pour le chapitre.

  2. Ethan_Nakamura



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    0

    Merci pour le chapitre.




  3. 0



    0

    Un r en trop au début de chapitre :

    « Je pense que je devrais maintenant me charger du reste''r,'' » une voix claire comme une cloche parla depuis derrière lui.

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