Le Dilemme d'un Archidémon – Tome 9 – Épilogue – Partie 2

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Épilogue

Partie 2

Et tandis que le sorcier regardait froidement Valjakka…

« Tu connais la pleurnicharde depuis un moment, non ? Oh, tu peux parler maintenant, » déclara le sorcier.

Le sorcier avait retiré l’épée sacrée de la bouche de Valjakka. Et retenant son envie de vomir, Valjakka répondit.

« La P-Pleurnicheuse ? Qui est-ce ? » demanda Valjakka.

« Je parle de Chastille, espèce d’idiot. Ne le sais-tu même pas ? » demanda le sorcier.

Il n’y avait aucune chance qu’il le sache. Valjakka trembla de colère face à l’irrationalité qui lui était imposée.

« C’est vrai. Je la connais… depuis que nous sommes enfants ! » déclara Valjakka.

Le sorcier acquiesça d’un signe de tête satisfait.

« … Alors, réponds-moi. Hum… a-t-elle… un plat préféré ou quelque chose comme ça ? » demanda le sorcier.

Le sorcier à l’expression infâme semblait fixer Chastille comme prochaine cible. Il disait à Valjakka de vendre la fille qu’il considérait comme sa propre petite sœur.

Je l’ai déjà vendue une fois ! Comme si cela comptait ! Valjakka avait donc parlé de tout ce à quoi il pouvait penser.

« Elle adore les ours en peluche ! A-Aussi, la nourriture dans sa maison était terrible ! Ainsi, même la nourriture légèrement bonne l’excite ! Et… et… elle est extrêmement ouverte quand elle est proche d’enfants ! Elle aime surtout tout ce qui est mignon ! » déclara Valjakka.

Même Valjakka se demandait ce qu’il disait, mais le sorcier sortit rapidement une plume de sa poche.

« A-Attends ! Il faut que je l’écrive. Euh, elle a des ours en peluche ? Hein ? Je n’en ai jamais vu… Et aussi, de la bonne nourriture ? Je suppose qu’elle aime les sucreries… Merde, quel angle mort ! Et des choses mignonnes, hein ? Quant aux enfants… Eh bien, peu importe, » déclara le sorcier.

Pour une raison inconnue, il parlait comme un homme qui essayait d’acheter un cadeau à la fille qu’il aimait, mais Valjakka pensait qu’il s’agissait d’un horrible plan de sorcier et ne se doutait de rien. L’homme avait alors sorti une sorte d’ornement métallique. C’était probablement un outil de sorcellerie, bien qu’il ressemblait à un ornement de cheveux modelé d’après une aile de papillon.

« Dernière question. Penses-tu que cela corresponde au goût de la pleurnicharde ? » demanda le sorcier.

« Je… Je ne… Attendez ! Je veux dire, je pense qu’elle va aimer ça ! Je suis sûr que ça lui convient ! » déclara Valjakka.

« Et alors ? Elle va aimer ? Hmm… Il semble que mon choix ait été le bon. Hmm…, » déclara le sorcier.

Le sorcier avait commencé à hocher la tête à plusieurs reprises en signe de soulagement pour une raison inconnue. Il avait ensuite regardé Valjakka comme s’il avait oublié qu’il était là.

« Oh, j’en ai fini avec toi. Tu peux partir maintenant, » déclara le sorcier.

Il avait lâché le poignard, et il était tombé par terre d’un coup sec. Cependant, le manche n’avait pas de lame, et Valjakka pouvait encore sentir un objet étranger dans sa tête.

Ai-je été épargné ? Il tomba à genoux, tandis que le sorcier commençait à s’enfoncer dans sa propre ombre.

« A-Attendez, s’il vous plaît ! J’ai été menacé par Shere Khan ! Que dois-je faire ? » demanda Valjakka.

Cela avait commencé il y a cinq ans, lors de la chasse aux espèces rares. La compagnie des Chevaliers angéliques dirigée par Valjakka avait rencontré l’Archidémon Shere Khan et avait été anéantie. C’était également à cette époque que le frère aîné de Chastille était mort. Cependant, en tant que manieur d’une épée sacrée, Valjakka avait été maintenu en vie à la convenance de Shere Khan en échange de lui fournir des informations provenant de l’intérieur de l’Église.

Au bout de cinq ans, il avait cru que Shere Khan était mort et qu’il avait été libéré de son obligation. Et pourtant, il était apparu une fois de plus. C’est pourquoi il avait guidé les jumelles qui se disaient ses émissaires vers la Trésorerie, et pourquoi il avait travaillé à isoler Chastille pour affaiblir l’influence de Zagan. Le sorcier avait l’air complètement exaspéré, presque comme s’il regardait des ordures.

« Comme si ça m’intéressait. Tu mourras de toute façon, alors choisit le chemin que tu veux prendre, » déclara le sorcier.

« Pourquoi ? Pourquoi Raphaël est-il pardonné alors que je dois traverser tout cela ? » demanda Valjakka.

C’est ce qu’il ne pouvait vraiment pas comprendre. Même s’il était réduit à un état aussi misérable, pourquoi avait-on fait confiance à Raphaël alors même qu’il était le bras droit d’un Archidémon ? Tous deux avaient été vaincus par un Archidémon, alors pourquoi avaient-ils été traités si différemment ?

« C’est une différence de… comment vous appeler ça ? L’esprit chevaleresque, n’est-ce pas ? Non pas que je sois le premier à parler de ces conneries, » déclara le sorcier.

Et avec cela, le sorcier avait disparu sans avoir jeté un autre regard sur Valjakka, qui était resté en sanglotant de honte.

Pour en revenir au présent, il y avait une autre chose qui avait épuisé Barbatos.

J’ai eu des informations sur ses goûts, mais comment le lui donner ? Il avait dans sa poche l’ornement de cheveux en forme de papillon. Plus de dix jours s’étaient écoulés depuis qu’il l’avait obtenu. Il y avait sûrement quelque chose qui n’allait pas chez lui pour s’inquiéter de cette situation. Et plus il en était conscient, plus il lui était difficile de le donner.

Sans pouvoir connaître la souffrance de Barbatos, Chastille regardait l’horloge en marmonnant.

« Je pense qu’il est temps que le traitement de Kuroka commence. J’espère que tout se passera bien…, » déclara Chastille.

« Aah, Zagan et son elfe font la guérison, n’est-ce pas ? Eh bien, cela ne va-t-il pas marcher ? » demanda Barbatos.

Pour parler franchement, Barbatos ne s’était pas vraiment soucié de ce qui était arrivé à la dame-chatte. Elle était assoiffée de sang chaque fois qu’elle le voyait, il aurait même préféré qu’elle reste au château de Zagan pendant qu’elle y était et qu’elle s’y installe. Nephteros était aussi là-bas avec elle, donc l’Église était plutôt calme aujourd’hui.

Bref, c’était la meilleure occasion de remettre son cadeau à Chastille. C’est pourquoi Barbatos était sorti de l’ombre avant de se retrouver dans tous ses états.

« Tu as raison. J’ai besoin de croire en elle en tant qu’amie, » déclara Chastille.

Chastille semblait essayer de se persuader, mais elle avait l’air agitée alors qu’elle était assise à son bureau.

« Hé pleurnicharde, si tu dois pisser, tu ferais mieux d’y aller maintenant, » déclara Barbatos.

« Même moi, je vais me mettre en colère, tu sais ? » déclara Chastille.

« Ha ? N’as-tu pas envie ? Alors qu’est-ce qui te rend si nerveuse ? » demanda Barbatos.

Après lui avoir fait remarquer cela, le visage de Chastille était soudainement devenu rouge.

« C’est, euh… n’as-tu rien remarqué ? » demanda Chastille.

« Hein ? » demanda Barbatos.

Barbatos s’était assis sur le canapé et s’était redressé. Il avait ensuite jeté un autre regard sur Chastille.

« As-tu une nouvelle médaille à ton revers ? » demanda Barbatos.

« Hein ? Oui. C’était pour mes actions pendant la défense de Raziel l’autre jour… Pas ça ! » s’écria Chastille.

Apparemment, sa supposition était fausse. Il ne pouvait rien voir d’autre quant à la façon dont elle était habillée, alors il s’était levé et avait regardé son visage de plus près.

« Alors… la ficelle que tu utilises pour attacher tes cheveux est-elle différente de la normale ? » demanda Barbatos.

« Celle que j’utilise habituellement a craqué ce matin, alors… A-Attends, pourquoi peux-tu le savoir ? » demanda Chastille.

« Je veux dire, n’est-ce pas normal de pouvoir dire autant en étant coincé avec toi tous les jours, non ? » répondit Barbatos.

Si Zagan, ou l’un des Chevaliers angéliques, avaient été dans les parages, ils répondraient sûrement : « Comme tout le monde peut le constater. » Cependant, comme ils étaient les deux seuls dans cette pièce, Chastille s’était contentée de toucher ses cheveux en furie.

« Je vois. Tu peux donc le dire parce que nous avons passé tellement de temps ensemble…, » déclara Chastille.

C’était comme si elle était soulagée, et surprise. Son ton était assez mitigé. Elle avait alors soudainement serré ses deux mains devant elle.

« Ah, c’est faux ! Pourquoi ne remarques-tu pas le parfum quand tu peux dire des choses comme ça ? » demanda Chastille en boudant.

« Parfum ? » demanda Barbatos.

Chastille se mit debout et se pencha sur son bureau, et Barbatos se rapprocha encore plus. Ses yeux tournèrent en rond alors qu’elle fit entendre une voix stridente.

« Quand je t’ai demandé si je sentais la sueur la dernière fois, tu as fait une drôle de réflexion ! Donc, euh, j’ai emprunté de l’huile parfumée à Néphy, et, et…, » balbutia Chastille.

« Hein ? Maintenant que tu le dis, tu sens bon, hein ? » déclara Barbatos.

« Ne me renifle pas, idiot ! » s’écria Chastille.

« Argh ! » s’écria Barbatos.

Chastille le repoussa de toutes ses forces, et Barbatos retomba sur le canapé.

Pourquoi m’a-t-elle repoussé ?

En voyant Barbatos se retourner si magnifiquement, même Chastille était devenue pâle.

« Oh, euh, désolée… Je n’en avais pas l’intention, » balbutia Chastille.

Il n’avait pas vraiment compris, mais cela signifiait probablement qu’il restait encore une certaine sensibilité féminine au sein de cette amazone. C’était certainement quelque chose dont il fallait se réjouir. Probablement. Barbatos poussa un soupir et se redressa.

« Alors, as-tu essayé d’augmenter ton charme ? » demanda Barbatos.

« Je n’ai pas renoncé à mon sentiment d’être une femme ni à aucun — Hein ? » s’exclama Chastille.

Chastille détourna son regard et tenta de trouver une excuse alors que Barbatos lui plaça un ornement métallique dans sa main.

« Si tu veux avoir l’air plus charmant, porte au moins quelque chose comme ça, » déclara Barbatos.

« Que… ? Uhhh, tu me le donnes ? Pourquoi ? » demanda Chastille.

« Hein ? Eh bien, parce que j’ai vu un vrai canon en porter un l’autre jour ! » déclara Barbatos.

« Pourquoi te fâches-tu ? » demanda Chastille.

Chastille était troublée par sa colère déraisonnable, mais le déroulement de leur conversation était le même que d’habitude. Elle avait ensuite mis l’ornement de cheveux à l’endroit où ses cheveux étaient emmitouflés.

« Comment est-ce ? » demanda Chastille.

« … Je suppose que c’est pas mal, non? » répondit Barbatos.

« Si tu dis cela, alors je suis sûre que cela me convient. Heehee, » déclara Chastille.

« Arrête de déformer mes propos ! » s’exclama Barbatos.

La saison étant complètement passée, il n’avait pas réussi à faire remarquer à Chastille que c’était un cadeau pour Alshiere Imera, mais elle avait sorti un miroir à main et avait souri en le regardant.

Eh bien, peu importe. J’ai réussi à le remettre. On dirait qu’elle aime ça aussi… Voir son sourire était une récompense suffisante dans son esprit.

◇◇◇

« Je serai à votre charge. »

À peu près au même moment, dans la salle du trône du château de Zagan. Le jour où il fallait soigner les yeux de Kuroka était arrivé. Shax se tenait à ses côtés, et les deux individus se serraient les mains l’un contre l’autre. À part eux et Néphy, qui faisait le traitement, Zagan, Nephteros et Raphaël étaient tous présents dans la salle.

Néphy prit tranquillement quelques grandes respirations et s’installa devant Kuroka. Finalement, elle n’avait pu trouver d’autres moyens que de dépendre du mysticisme.

Ce n’est pas grave. Maître Zagan m’a même emmenée en excursion pour changer de rythme. Le corps de Néphy s’était raidi sous l’effet de la tension.

« … Est-ce que ça va ? Tu es blanche comme un linge, » déclara Nephteros.

« Je vais bien, Nephteros, » répondit Néphy.

Zagan était bien sûr juste à côté d’elle et veillait attentivement sur elle. Elle était en pleine forme. Il ne restait plus qu’à croire en elle. Néphy réprima son cœur qui battait rapidement et rassembla sa détermination.

« Alors, commençons, » déclara Néphy.

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Un commentaire :

  1. Barbatos est encore plus nul que Zagan pour exprimer ses sentiments 🤣

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