Le Dilemme d'un Archidémon – Tome 9 – Chapitre 3 – Partie 5

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Chapitre 3 : Plus un lieu touristique est secret, plus il est excitant

Partie 5

« Hmm, qu’est-ce que c’est que ces perles ? » demanda Néphy.

« Il semble qu’on l’appelle tapioca. C’est la première fois que je vois les choses en vrai, » répondit Zagan.

« Est-ce une sorte d’œuf ? » demanda Néphy.

« Non, c’est apparemment une espèce de pomme de terre qui a été traitée d’une manière ou d’une autre…, » répondit Zagan.

Zagan et Néphy avaient dormi à poings fermés avec Néphy sur le bras de Zagan jusqu’au matin. Et même s’ils étaient bien trop gênés pour se regarder dans les yeux après cela, la gêne dans l’air avait disparu au moment où on leur avait apporté un casse-croûte. Ils avaient tous deux retiré leurs vêtements de nuit et étaient désormais prêts à faire du tourisme.

Ils étaient tous deux carrément perplexes avec des expressions sérieuses, ayant reçu une forme de dessert qu’ils n’avaient jamais vue auparavant. C’était quelque chose qu’ils appelaient le jus de tapioca. C’était apparemment une boisson extrêmement populaire dans la Ville Sainte, et il y avait même ceux qui étaient venus ici juste pour en boire.

« À en juger par la paille, est-ce qu’on sirote la boisson à travers elle ? » demanda Néphy.

Deux boissons dans des verres luxueux étaient posées sur la table devant eux. Le liquide lui-même semblait être un mélange de cacao doux et de lait. Il était clair, à la vue de la paille, que l’on devait en profiter en la sirotant. Et pourtant, il y avait plusieurs perles en forme de haricot au fond de la boisson.

Est-il destiné à servir le même objectif que la glace ? Ou bien peuvent-ils être mangés ? Néphy avait normalement les réponses à ces questions, mais elle n’était pas non plus au courant de cette boisson. C’était une quantité de choses inconnues pour les deux individus.

Zagan avait jeté un nouveau regard sur la paille. Elle était juste assez épaisse pour que les perles noires puissent passer à travers. Elle était plus de deux fois plus épaisse qu’une paille ordinaire. Il serait trivial avec la capacité pulmonaire d’un sorcier de les aspirer. Cependant, l’échoppe avait-elle préparé cela en partant du principe que ses clients étaient des sorciers ?

Il avait essayé de donner un coup de paille aux perles.

« Hmm… ? C’est étonnamment mou, » déclara Zagan.

« Oui. C’est en quelque sorte assez mignon aussi, » répondit Néphy.

« Mignon… ? Je vois. On peut dire que c’est mignon, hein ? » déclara Zagan.

« Um, auugh…, » s’exclama Néphy.

Zagan acquiesça face à la sensibilité inattendue de Néphy, ce qui fit que la pointe de ses oreilles devint rouge.

« Rien ne changera si on ne fait que les regarder. On en essaie ? » demanda Zagan.

« Dois-je d’abord y goûter ? » demanda Néphy.

« Non. Que ferons-nous s’il s’avère que c’est dangereux ? Je vais d’abord enquêter, » déclara Zagan.

Zagan était très sérieux, étant arrivé à une sorte d’hypothèse scandaleuse sur les dangers que le jus de tapioca pouvait représenter. Il avait posé ses lèvres sur la paille et avait timidement essayé de sucer. Le liquide s’était élevé à travers la paille, et le goût sucré du lait de cacao s’était répandu dans sa bouche.

Hmm. Le jus n’est pas mauvais. J’ai l’impression que Néphy aimera ça aussi. Cependant, le problème résidait dans les objets solides présents dans la boisson appelée tapioca. Zagan ne savait pas pourquoi ils étaient là, alors il avait essayé de déplacer sa paille sur l’un d’entre eux et d’aspirer à travers la paille.

« Oh ? » s’exclama Zagan.

La perle avait soudainement rampé sur la paille avec facilité et était tombée dans sa bouche.

Hmm… ? Ça n’a aucun goût. Zagan se rappela la première fois qu’il avait mangé une tomate cerise. Il lui avait fallu plusieurs minutes pour arriver à la réponse de la mordre, ce qui lui avait donné une triste impression de tiédeur. Ainsi, Zagan avait immédiatement décidé de mordre pour ne pas répéter une telle folie.

« Ah… ! Hmm, c’est assez doux, » déclara Zagan.

« Est-ce doux ? » demanda Néphy.

« Hmm… Je pense que le goût du jus s’est imprégné en eux. C’est assez doux. De plus, la surface ressemble à de la gelée, mais l’intérieur a une consistance semblable à celle de la moelle, » déclara Zagan.

Les sensations de grumeaux n’étaient pas mauvaises du tout. Et après l’avoir entendue et avoir hoché la tête, Néphy avait pris sa propre paille.

« Alors, je vais aussi en essayer, » déclara Néphy.

Elle avait amené ses lèvres roses sur la paille et le liquide couleur cacao avait rampé le long du tube transparent. Son expression tendue s’était complètement éclaircie comme une fleur en fleuraison.

« Oh ! Comme c’est doux, » déclara Néphy.

« N’est-ce pas ? » demanda Zagan.

« Oui… Hm ? Hein ? » demanda Néphy.

 

 

L’expression détendue de Néphy s’était raidie avec un certain ahurissement. Zagan s’apprêtait à lui demander ce qui s’était passé, mais il s’était ensuite souvenu de ce qu’il avait lui-même vécu. En y regardant de plus près, il n’y avait pas une mais deux perles à mi-hauteur de la paille. Elles semblaient coincées, et elle n’avait pas pu les aspirer à cause de cela.

Elle avait peut-être paniqué parce que Zagan la surveillait. Les oreilles pointues de Néphy se raidirent, et les perles de sa paille restèrent là où elles étaient. Cependant, c’était dangereusement mignon pour Zagan, et il était à la limite de vouloir l’enlacer et frotter sa joue contre la sienne.

Hm. Gardons une trace de tout cela avec Memorandum plus tard. Il s'agissait de la sorcellerie qu’il avait créée avec Gremory et Barbatos pour stocker les souvenirs sur un support comme le papier. Il était vraiment heureux qu’ils aient réussi à le mener à bien sans aucune difficulté.

« Argh… ! »

Les efforts de Néphy avaient fini par porter leurs fruits, et les perles coincées s’étaient retrouvées dans la paille. Et tout comme Zagan, elle les avait enroulées sur sa langue avant de les mordre de plein fouet.

« Ah… ! Quelle sensation mystérieuse! » s’exclama Néphy.

« Hmm… Devrions-nous le commander à nouveau après être allés en ville ? » demanda Zagan.

« Je vois que ça te plaît, » déclara Néphy.

« Peut-être bien. J’aimerais que Foll et les autres essaient cela aussi, » déclara Zagan.

En fait, son désir de voir Néphy troublée en essayant de le boire était plus fort que cela, mais il y avait fait habilement abstraction.

Néphy loucha et regarda de plus près le tapioca.

« … Est-il possible de le faire, je me le demande ? Les matières premières semblent cependant assez spéciales, » déclara Néphy.

« Hmm. Ce ne serait pas une mauvaise idée d’envisager l’ouverture d’une route commerciale, » déclara Zagan.

« Une route commerciale ? » demanda Néphy.

« Oui, il est possible de faire fabriquer des objets de sorcellerie comme du papier, du parfum, de la soie et même des outils de sorcellerie. Nous pouvons peut-être les acquérir à faible coût, » déclara Zagan.

S’il ouvrait une route commerciale, il serait simple d’acquérir des marchandises d’ailleurs. Cependant, l’Église aurait les yeux rivés sur lui s’il en faisait trop, ce qui leur permettrait de fabriquer une excuse pour supprimer son commerce.

Et pourtant, ils utilisent eux-mêmes des objets fabriqués par les sorciers comme le papier et les stylos. Eh bien, tant qu’ils étaient suffisamment antagonistes en public, c’était un marché suffisamment lucratif pour eux. C’est pourquoi de nombreux sorciers s’en servaient comme source d’argent. Zagan avait décidé de voir si l’un de ses subordonnés au château était au courant une fois rentré.

Malheureusement, personne n’était présent pour empêcher l’Archidémon de vouloir ouvrir une route commerciale vers son château juste pour acquérir du tapioca. Et alors que Zagan réfléchissait à la manière d’y parvenir, Néphy avait laissé échapper un rire curieux.

« Tu as l’air de t'amuser, Maître Zagan, » déclara Néphy.

« Commencer quelque chose de nouveau est amusant. Mais nous ne commencerons que lorsque le problème de Chastille aura été résolu, » déclara Zagan.

« Par là, veux-tu parler du fait que Chastille est isolée dans l’Église ? » demanda Néphy.

Il était naturel pour Néphy de s’inquiéter pour sa bonne amie.

« Oui, » répondit Zagan d’un signe de tête. « Cela dit, j’ai envoyé Barbatos avec elle. Cela sera sûrement bientôt réglé. »

« Le Seigneur Barbatos est plutôt sérieux quand il s’agit de Chastille, n’est-ce pas ? » demanda Néphy.

« C’est vrai, mais quand il s’agit d’écouter aux portes, il n’a pas son pareil. Il est impossible de lui échapper sans la protection d’un Archidémon, » répondit Zagan.

Même s’il devait braver le danger de s’exposer chaque fois, au moment où il confirmait quelqu’un de vue, il pouvait se connecter à son ombre. C’était comme être sous surveillance même quand on prenait son bain ou qu’on utilisait les latrines. Ainsi, quand on ne pouvait pas utiliser la sorcellerie, comme les gens de l’Église, c’était presque pitoyable.

Ainsi, Néphy avait inévitablement forcé un sourire.

« Je suis un peu désolée pour eux, mais c’est de leur faute si Chastille a été embêtée, » déclara Néphy.

Elle était du genre à être ferme sur ses déclarations lorsqu’il s’agissait de le faire.

En fait, je suis sûr que Néphy en est aussi contrariée… On pourrait même dire qu’elle avait l’air joyeuse. En y regardant de plus près, il avait même pu repérer une veine qui jaillissait de son front. Le fait qu’elle puisse montrer sa colère de manière appropriée avait également été un point de croissance majeur depuis sa première rencontre. Et la surveillant avec un sourire ironique, il avait ouvert une carte de la Ville Sainte.

« Alors, par où commencer à regarder ? » demanda Zagan.

Alors qu’il en parlait, Néphy se mit à tourner ses doigts de façon troublante.

« Hum, Maître Zagan. Ne cherches-tu pas quelqu’un ? Et si tu te promenais en te concentrant sur ce point ? » demanda Néphy.

« Hein ? Oh, c’est bien maintenant. Nous avons rencontré cette femme nommée Oberon hier, n’est-ce pas ? » demanda Zagan.

« Oui, » répondit Néphy.

« Nous pouvons la laisser faire. Profitons de la Ville Sainte puisque nous avons fait tout ce chemin, » déclara Zagan.

« Est-ce que c’est si… ? » demanda Néphy.

Néphy n’avait pas l’air totalement convaincue, alors Zagan avait simplement souri.

« Ce n’est pas comme si je n’avais pas d’autres objectifs, » déclara Zagan.

« Vraiment ? » demanda Néphy.

« Oui. Il semble qu’il y ait un trésor appelé “Le bâton d’Azazel” entreposé dans l’Église. Je tiens à confirmer ce qu’il en est. Si possible, j’aimerais aussi l’acquérir, » déclara Zagan.

« Devrions-nous donc nous rendre à l’Église d’abord ? » demanda Néphy.

Néphy avait tapé dans ses mains comme si c’était une bonne idée, mais Zagan avait secoué la tête.

« Non, c’est le trésor de l’Église. Si j’allais la voler, on finirait par déclencher une guerre avec la Ville Sainte, » déclara Zagan.

« … Oh, c’est vrai, » déclara Néphy.

« Si nous pouvions nous faufiler habilement, voudrais-tu essayer de jeter un coup d’œil ? La salle du trésor du siège de l’Église n’est vraiment pas quelque chose que nous devons respecter. Il pourrait servir de bon point de vue, » déclara Zagan.

« Oui, je suis aussi très intéressée, » répondit Néphy.

« Je vois. Alors endormons tous les gens de l’Église avec de la sorcellerie et —, » déclara Zagan.

« Maître Zagan. On peut faire du tourisme normalement, » répondit Néphy.

Zagan avait commencé à marmonner sur un ton très sérieux un grand plan pour s’introduire dans l’Église, et juste à ce moment…

« Que… ? » Zagan et Néphy avaient tous deux levé la tête et avaient dit cela en même temps. Ils étaient au dernier étage de l’auberge. La seule chose au-dessus d’eux était le toit, mais ils avaient senti un étrange flux de mana… ou plutôt, une étrange distorsion.

On dirait que quelque chose est sur le point de tomber sur la table. Il leur restait encore du jus de tapioca. Zagan avait saisi la table pour la déplacer, et Néphy avait réalisé la même chose et avait saisi l’autre côté. Et tandis que son cœur battait à l’idée d’une telle coopération, quelque chose était tombé de la distorsion.

« Veuillez vous enfuir, Lady Oberon ! »

C’était une voix familière. Et quelques secondes plus tard, un morceau d’armure était tombé à l’endroit où se trouvait la table. Et en le regardant d’en haut pendant qu’il faisait un bruit, Néphy et Zagan avaient été tous les deux émerveillés.

« Tu es… le garçon que nous avons rencontré hier… ? » demanda Zagan.

« Hein… ? Oh, le couple du carrosse ? »

Celui qui était tombé par terre, couvert de blessures, était pour une raison quelconque le jeune Archange qu’ils avaient ramassé hier dans la voiture.

Quelques minutes plus tôt.

« Nous vous avons enfin trouvé ! Bande de voleurs ! »

Ginias avait dégainé son épée sacrée en rugissant courageusement contre les intrus. Onze Archanges et Oberon avaient formé six groupes de deux pour réprimer les intrus. Et les premiers à trouver les intrus en question avaient été Ginias et Oberon.

« Moi, Ginias, je remercie Dieu de m’avoir donné cette occasion de me justifier pour ce qui s’est passé l’autre jour ! » s’écria Ginias.

Les intrus semblaient vraiment en avoir assez de son monologue étouffant.

« Argh, quelle douleur. Comment êtes-vous déjà rentré ? »

« Aristella est choquée. »

Les intruses étaient deux jeunes filles. Cependant, Ginias avait appris à ne pas se laisser tromper par leur apparence.

« Lady Oberon, je vais retenir l’utilisateur des deux épées ! Occupez-vous de l’utilisateur de l’épée longue ! » déclara Ginias.

Celle qui les avait envoyés au milieu du désert de Katachnia était la jeune fille brandissant deux cimeterres.

L’utilisatrice d’une épée longue n’a pas eu recours à la sorcellerie la dernière fois. Il n’y avait pas de doute qu’elle était une sorcière, mais sa sorcellerie n’était probablement pas adaptée au combat. Il était donc logique que celui qui maniait une épée sacrée supprime l’utilisateur des deux épées. Oberon n’avait pas répondu, mais Ginias avait confirmé qu’elle avait légèrement hoché la tête au coin de sa vision.

« Je ne me retiendrai pas ! Chante — Raziel ! »

Ginias s’était adressé à son épée sacrée, et un vent vert avait soufflé de sa lame.

« Ugh… »

« Aristella ! »

La jeune fille brandissant une épée longue avait crié, mais Oberon l’avait empêchée de se mettre en travers de son chemin.

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