Le Dilemme d'un Archidémon – Tome 7 – Chapitre 4 – Partie 1

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Chapitre 4 : Il n’y a pas de Dieu dans ce monde, mais il semble que des démons et des anges se cachent partout.

Partie 1

Ce sorcier n’avait aucun talent pour la sorcellerie. Il avait une carence grave en mana nécessaire à l’utilisation de la sorcellerie. Néanmoins, il y avait une raison pour laquelle il devait devenir plus fort, peu importe le coût.

Sa petite sœur.

Il ne se souvenait pas si leurs parents les avaient abandonnés ou s’ils étaient morts. Il n’avait pas d’autres parents, alors la protection de sa petite sœur bien-aimée était devenue le sens de la vie de Decarabia.

Il y avait un nombre limité de moyens par lesquels les deux individus avaient pu survivre quand ils étaient enfants. Il était impossible de le faire en maintenant un sens moral. Il volait, chapardait de la nourriture, se faisait tabasser de temps en temps et vivait une petite vie secrète dans l’obscurité. La seule façon d’échapper à cette vie était soit de s’en sortir, soit de mourir sur le bord de la route.

Et la façon la plus simple pour un enfant de s’en sortir était de devenir un sorcier. Cependant, il n’avait plus de temps à perdre. Il était à l’âge où il était sur le point d’être adulte, et un jour il serait arrêté par les adultes et jugé comme un adulte. C’est précisément parce qu’il avait survécu jusqu’à cet âge qu’il avait commis un nombre considérable de crimes, et c’était tout à fait raisonnable qu’il soit exécuté.

Si cela devait arriver, il ne pourrait pas protéger sa sœur. Et un certain jour, alors qu’il était paniqué à l’idée en cherchant à résoudre ce problème, il avait appris l’existence d’un certain outil.

L’Oeil du Roi d’Argent — un artefact magique qui avait rapidement amélioré le mana de chacun et lui avait accordé une connaissance infinie. Dans un tour de chance, il avait appris à connaître le sorcier qui le possédait. S’il le volait, il pourrait devenir sorcier. Et puis, il avait été témoin de quelque chose pendant qu’il suivait le sorcier en attendant l’occasion qui se présentait.

Le sorcier qui possédait l’Oeil du Roi d’Argent avait été tué.

Il était clair qu’il s’agissait d’un sujet dangereux. Néanmoins, il n’avait plus d’autre choix que de voler l’Oeil d’Argent à son propriétaire aujourd’hui décédé. Ainsi, l’Oeil d’Argent l’avait reconnu comme son réceptacle.

Maintenant doté d’un pouvoir énorme en tant que sorcier, il avait été libéré de la menace des adultes. Il était maintenant capable de donner à sa petite sœur une vie ordinaire. Ces jours-là passèrent si bien qu’il pouvait même voir son rêve se réaliser. Cependant, un certain jour, il avait fini par rencontrer ce sorcier.

Un jeune homme qui possédait des yeux argentés comme l’Oeil du Roi d’Argent. Il avait donc défié ce jeune homme, et ensuite…

« … Hein ? Que s’est-il passé après ça ? » se demanda Decarabia.

Decarabia pencha la tête sur le côté tout en rôdant dans la forêt de l’île inhabitée, surveillant le groupe de Zagan. La blessure qu’il avait reçue de l’épée sacrée était plus profonde qu’il ne le pensait et prenait plus de temps que prévu pour guérir.

Il se souvenait du fait qu’il avait affronté Zagan ce jour-là et qu’il avait perdu contre lui. Cependant, il ne se souvenait pas vraiment comment tout cela s’était terminé.

Attends un peu ! De toute façon, pourquoi me suis battu-je contre lui ?

Decarabia essaya de chercher la réponse dans son esprit, mais l’Oeil du Roi d’Argent, incrusté dans son orbite, palpita violemment comme s’il était en train de s’infecter. Peut-être parce que son cache-œil était cassé, les palpitations semblaient bien pires que d’habitude. Il s’était gratté l’œil pour essayer d’arrêter les palpitations, il s’était arraché la peau et avait fait couler le sang sur le sol. Mais même ainsi, les palpitations ne s’arrêtaient pas, et il continua à se gratter jusqu’à ce que même des morceaux de viande tombent. Et alors qu’il continuait à se gratter, il n’avait même jamais pensé à un seul doute qu’il aurait dû avoir.

Où est passée sa petite sœur bien-aimée ?

 

◇◇◇

 

« Comment vont tes blessures, Kuroka ? » demanda Zagan.

Quelques heures s’étaient écoulées depuis la disparition de Decarabia. Le soleil se couchait. Et Kuroka s’était accroupie, berçant ses genoux sur la plage teintée par le soleil couchant. Alors que Zagan l’appelait, la cait sith ne leva pas la tête pour le regarder, mais agita plutôt ses deux queues.

« … Je vais bien. Le pouvoir de guérison de Mlle Néphy est le même que celui de Mlle Nephteros, ça ne fait pas mal du tout. En plus…, » Kuroka toucha son cou qui avait été sur le point d’être écrasé par Decarabia. « De toute façon, je n’avais vraiment pas l’impression que ça laisserait une blessure… Monsieur, avez-vous fait quelque chose avec votre sorcellerie, n’est-ce pas ? »

Zagan avait été grièvement blessé lors du dernier affrontement, mais ce n’était pas non plus comme s’il se recroquevillait sur ses genoux. Il avait réussi à placer l’Écaille des Cieux entre la main de Decarabia et le cou de Kuroka sur l’impulsion du moment.

Ce type est plutôt faible pour qu’il ne puisse pas briser l’Écaille des Cieux.

Il était probable que le mana qu’il possédait en tant que sorcier n’était pas vraiment très haut. Naturellement, puisqu’il avait au moins battu un Archidémon, il avait sûrement les moyens de compenser la carence.

Zagan fixa intensément le visage de Kuroka. « Tes blessures ont l’air d’aller très bien, mais tu n’as pas l’air bien du tout. »

Les queues de Kuroka se baissèrent en même temps que ses épaules.

« Monsieur, c’est douloureux si vous êtes gentil avec moi… S’il vous plaît, laissez-moi tranquille, » déclara Kuroka.

« Eh bien, j’ai compris, » déclara Zagan.

Zagan s’était plutôt assis à côté de Kuroka. Et pendant qu’il était assis là, en silence, à regarder le soleil couchant, les oreilles triangulaires de Kuroka frémissèrent d’une manière troublée.

« … Je suppose que c’est comme ça que vous êtes. Vous êtes vraiment quelqu’un qui essaie de protéger les enfants et les plus faibles, hein ? » déclara Kuroka.

Decarabia avait déclaré qu’il ciblerait Kuroka et Chastille avant de s’en prendre à Zagan. Chastille avait les Chevaliers Angéliques et Barbatos avec elle, mais Kuroka n’avait que des non-combattants comme Lilith et Selphy. C’est pour ça que Kuroka était toute seule ici, comme ça. C’était évident qu’elle le faisait pour les protéger, mais c’était gênant si elle était mal comprise.

Zagan poussa un soupir et tapota la tête de Kuroka.

« Idiote. Qui protégerait ceux qui se recroquevillent parce qu’ils sont faibles ? Tu t’es battue pour moi. Tu as été vaincue pour moi. Et tu te recroquevilles ici pour moi. Je ne suis pas un roi si faible d’esprit que je l’ignorerais, » déclara Zagan.

Decarabia avait prétendu qu’il commencerait avec Kuroka et Chastille. Par conséquent, la raison pour laquelle Kuroka était ici toute seule à avoir l’air déprimée était d’attirer le sorcier dehors. Kuroka avait finalement levé le visage et s’était tournée vers Zagan. Elle avait alors laissé échapper un rire faible.

« Vous avez vraiment tout vu, hein, Monsieur ? » demanda Kuroka.

« C’est parce que la façon dont tu essaies de porter ton fardeau toute seule, sans aucun sens, est la même méthode que Raphaël, » déclara Zagan.

Après avoir mentionné le nom de Raphaël, Kuroka avait baissé la tête d’une manière troublée.

« Père va bien, n’est-ce pas ? » demanda Kuroka.

« Oui. Il se dévoue fidèlement au château. Si tu t’inquiètes pour lui, viens me voir. Le château est juste à côté de la ville, » déclara Zagan.

« … Je vais y réfléchir… Monsieur, avez-vous fini d’arranger les choses ? On dirait que vous avez fait un tour complet de l’île, » déclara Kuroka.

Kuroka avait essayé de changer de sujet. La raison pour laquelle Zagan n’était venu voir Kuroka qu’après tant de temps se soit écoulés, c’était parce qu’il était occupé à faire autre chose.

« Ce n’est rien d’aussi élaboré qu’un piège. Ce domaine est devenu mon domaine, mais il ne fonctionnait pas encore comme tel. Tout ce que j’ai fait, c’est installer la barrière la plus simple, » répondit Zagan.

Kuroka secoua la tête en réponse. « Je ne connais pas grand-chose à la sorcellerie, mais est-ce difficile à faire, même pour un sorcier comme vous, Monsieur ? »

« Non, ce qu’on appelle la sorcellerie est fondamentalement planté dans le “dessin d’un cercle magique”. Un cercle magique dessiné personnellement peut voir sa durabilité et son effet améliorés en remplaçant des parties du dessin par des chants et des objets, » répondit Zagan.

« Alors, avez-vous dessiné un grand cercle magique qui pourrait couvrir toute l’île ? » demanda Kuroka.

« Oui. Bien qu’il y ait un moyen de réduire le nombre d’étapes pour y parvenir. Si vous en faites bon usage, même vos pas peuvent devenir une pierre angulaire du cercle magique, » répondit Zagan.

Son effet durerait probablement environ deux ans. C’était plus que suffisant pour quelque chose qu’il avait monté sur place.

« Ce type devrait encore être quelque part sur cette île. Je vais pouvoir le localiser avec ça, » annonça Zagan.

Ce que je veux vraiment identifier, c’est le moyen par lequel il se déplace.

Selon les attentes de Zagan, il n’y avait aucun moyen de se déplacer normalement. Cela dit, il n’avait pas l’air d’un sorcier si habile qu’il pouvait utiliser la téléportation comme Barbatos. Zagan avait une théorie sur ce qui se passait, mais il n’avait aucune preuve définitive. S’il pouvait trouver où se cachait Decarabia, il pouvait savoir comment il se déplaçait.

Kuroka ouvrit les yeux avec émerveillement.

« Alors, avez-vous trouvé ce sorcier ? » demanda Kuroka.

« Ouais. Mais de toute façon. » Zagan avait sorti un petit poisson fumé qu’il avait tenu dans sa main. « D’abord, remplis ton estomac. »

Zagan avait mis le poisson dans la main de Kuroka, et avait commencé à mâcher l’un des siens. La bouche de Kuroka s’était ouverte en raison de la surprise.

« Me remplir l’estomac ? Est-ce bien de ne pas attaquer maintenant ? » demanda Kuroka.

« Écoute-moi Kuroka. C’est une erreur que les amateurs font souvent. Il est nécessaire de mettre en colère ton adversaire lorsqu’il se venge ou qu’il riposte, » expliqua Zagan.

« Le mettre en colère ? » demanda Kuroka.

« Tout à fait. La colère rétrécit le champ de vision, obscurcit les yeux et fait en sorte que l’on ne peut voir que soi-même. L’humiliation que tu peux leur accorder comme ça durera toute une vie. Quand on est unilatéralement tourmenté par la colère et l’humiliation, il ne reste que le désespoir. Et une fois que tu regardes leur silhouette hurler lamentablement, tu as enfin accompli ton châtiment, » expliqua Zagan.

« … Je suis vraiment contente de ne pas être quelqu’un sur qui vous voulez vous venger, Monsieur, » déclara Kuroka.

Kuroka était devenue pâle pour une raison quelconque, mais Zagan continua sans s’en formaliser.

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Un commentaire

  1. Merci pour le travail 🙂 Encore un ennemi a sauvé 😌

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