Le Dilemme d'un Archidémon – Tome 5 – Histoires courtes en prime

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Histoires courtes en prime

Une maladie courante

« C’est inhabituel de vous voir dans le château, Sire Barbatos, » déclara Kimaris en croisant Barbatos la nuit, seul dans la cuisine, buvant un verre.

« Hein ? Kimaris ? Oh, ouais, je suppose que je ne t’ai pas beaucoup parlé, » répondit Barbatos.

« … S’est-il passé quelque chose ? Vous n’avez pas l’air bien, » demanda Kimaris. Barbatos était habituellement un individu vulgaire, à la grande gueule, mais à l’heure actuelle, il agissait plutôt docilement.

« Eh bien, je suppose que oui… L’autre jour, je me suis fait découper par Azazel, et je me sens mal depuis. J’ai cru que c’était une malédiction de l’Église et je suis venu voir la femme de Zagan pour qu’elle me fasse un bilan de santé, mais elle a dit que je n’avais aucun problème. »

« … Quels sont vos symptômes ? Je vous aiderai si je le peux, » répondit Kimaris. Incapable d’ignorer Barbatos après l’avoir vu agir avec tant de douceur, il avait pris place à côté de lui.

« Voyons voir… Je suppose qu’on peut appeler ça des palpitations cardiaques irrégulières ? Je ne sais pas pourquoi, mais mon cœur bat comme un fou. Oh, ma tête devient toute chaude quand je ne suis même pas énervée. C’est bizarre. Au moins, ce n’est pas si grave que la sorcellerie n’y puisse rien, mais quand ça arrive tant de fois par jour…, » expliqua Barbatos.

L’expression de Kimaris devint sinistre lorsqu’il se plissa le front. Une pensée insensée lui traversa l’esprit lorsqu’il avait réfléchi au dilemme de Barbatos.

« Sire Barbatos, se pourrait-il qu’à ces moments-là… une dame soit dans les parages ? » demanda Kimaris.

« Une dame ? Eh bien, oui, je suis garde du corps en ce moment, donc cette bébé pleurnicharde est toujours là… Hm, attends. Maintenant que j’y pense, j’ai l’impression que la plupart de ces spasmes surviennent quand je regarde son visage, » répondit Barbatos.

« Sire Barbatos. Ce n’est qu’une hypothèse, mais je pense que vous n’avez que la rougeole. C’est une maladie légère que chaque être humain ressent au moins une fois dans sa vie, et qui disparaîtra avec le temps. Il n’y a donc pas lieu de vous inquiéter, » déclara Kimaris.

« Vraiment ? Quel soulagement ! Merci pour ton aide, mec. T’es un type bien. Je t’offrirai de l’alcool la prochaine fois, » déclara Barbatos.

« J’ai hâte d’y être, » répondit Kimaris. Et voyant que Barbatos avait retrouvé un peu de sa vivacité, il fit un vœu ferme à lui-même.

Je dois garder ça secret de Mlle Gremory !

La confusion d’une fille

« Raphaël, Zagan et Néphy se sont-ils battus ? » Foll avait demandé ça quand elle était passée à la cuisine alors que Raphaël était en train de préparer le dîner. Raphaël doutait honnêtement de ses oreilles. L’idée de ces deux individus qui se disputaient semblait stupide.

« Hm… Pourquoi crois-tu qu’ils ont fait ça ? » demanda Raphaël.

« Ils agissent bizarrement depuis qu’on a visité le village des elfes cachés. Ils ne se regardent pas dans les yeux, et quand ils parlent, ils s’arrêtent tout de suite. C’est comme s’ils s’évitaient… Les voir ne pas s’entendre fait que mon cœur me semble serré…, » Foll murmura avec tristesse faisant que Raphaël se mets à gémir.

« Euh, Foll, c’est incorrect. Ce n’est pas comme s’ils se détestaient maintenant. En fait, ils ont exactement le problème inverse. Ils ne savent probablement pas comment agir maintenant qu’ils ont confirmé leur amour l’un pour l’autre, » répondit Raphaël.

Raphaël ne savait pas exactement ce qui s’était passé, puisqu’on lui avait demandé de surveiller le château, mais il croyait qu’un événement s’était produit où les deux individus avaient confirmé leurs sentiments l’un pour l’autre.

« Hein… ? Mais Zagan et Néphy étaient déjà un couple quand je les ai rencontrés. Pourquoi maintenant ? » demanda Foll.

« C’est assez difficile à expliquer, mais les deux n’en étaient probablement pas conscients. Et maintenant qu’ils le sont, ils sont confus, non ? » déclara Raphaël.

« Est-ce que ce genre de chose arrive ? » demanda Foll, semblant qu’elle ne comprenait pas vraiment où il voulait en venir. Cependant, Raphaël n’était pas quelqu’un capable de répondre à cette question particulière. Mais il fut à court de mots comme Foll avait continué en disant. « Je veux quelque chose comme ce qu’ils ont… je veux dire, un Zagan comme possède Néphy… »

« Tu n’as pas besoin de te presser. Tu rencontreras sûrement un salaud comme ça un jour. Cependant, je me sentirai un peu seul…, » Raphaël répondit en lui caressant la tête, ce qui fit que Foll s’accrocha à sa jambe.

« Tu n’es pas seul, Raphaël. Je vivrai une longue vie, donc je serai avec toi pour toujours, » déclara Foll.

Ces mots avaient laissé Raphaël émerveillé avant qu’il finisse par céder et sourire. Orobas. Ta fille a bien grandi. Elle me rappelle la fille que j’ai élevée…

Un sentiment de culpabilité

« N’en avez-vous pas eu assez, monsieur ? »

Après avoir été réprimandé par la serveuse, l’homme versa encore plus d’alcool dans son verre. Cet homme était le commissaire-priseur qui avait organisé la sombre vente aux enchères. Des individus comptaient parmi les marchandises qu’il vendait, et même s’il savait que c’était un péché, l’homme continuait son travail afin de gagner plus d’argent.

Je me demande ce qui est arrivé à cette elfe… L’un de ces produits qu’il avait vendus était une fille des plus pitoyables. L’homme ne lui avait jamais parlé, mais il avait pitié d’elle. Malheureusement, cette fille avait été achetée par un sorcier diabolique. Il n’oubliera jamais le sourire terrifiant que le sorcier avait fait à la fin. Le commissaire-priseur croyait qu’il irait sûrement en enfer pour cette transgression, alors il noyait ses peines dans l’alcool quand...

« Hein ? Quoi !? »

Ce diable de sorcier et l’elfe s’étaient assis à une table près de lui.

HEIN !? Qu’est-ce qu’il se passe ? Est-ce que j’hallucine ? Ils avaient ignoré le choc de l’homme et avaient commandé de la nourriture. La jeune fille ne semblait pas habituée à manipuler une fourchette et était en détresse parce qu’elle ne pouvait pas ramasser une tomate cerise.

Le sorcier veillait sur cela depuis le bord de son siège, et quand la jeune fille avait finalement réussi à ramasser la tomate, il avait serré et fermé son poing. Ensuite, le sorcier avait essayé de manger lui-même une tomate, mais il avait lui aussi utilisé sa fourchette et s’était engagé dans une bataille difficile. Et c’est à ce moment que la fille avait utilisé une cuillère pour ramasser la tomate, puis l’avait tendue au sorcier.

Hein ? Pourquoi ces deux-là se nourrissent-ils l’un et l’autre en plein jour… ? Tous les deux ressemblaient à deux enfants de dix ans qui se rencontraient pour la première fois. Franchement, c’était dur à regarder.

Putain de merde… Ne te fous pas de moi. Je me suis puni pour l’avoir vendue tout ce temps, et c’est ce que j’obtiens ? L’homme les dévisagea, et tous les deux devaient avoir senti son regard, puisqu’ils se retournaient vers lui. Leurs yeux se rencontrèrent, et le sorcier et la fille devinrent rouge vif pour correspondre à la nourriture dont ils se nourrissaient l’un et l’autre. Embarrassés par la situation, ils s’étaient empressés de partir.

« Que quelqu’un me rappelle ce qu’est un esclave… ? » murmura-t-il.

L’homme avait fini par payer sa facture et était parti. Étonnamment, le monde était peut-être bien meilleur qu’il ne l’imaginait.

Une rencontre fatale

Cette réunion avait été prédestinée par le monde lui-même. Gremory se promenait dans la ville en tant qu’une belle femme quand elle s’était soudainement arrêtée devant un certain magasin de vêtements. Une fois là-bas, elle avait rencontré une fille aviaire aux ailes vertes. Elle pouvait dire à première vue que cette fille était la même qu’elle. Alors, Gremory brossa ses longs cheveux et elle fit un sourire fier quand elle commença à parler.

« Pour laquelle montreriez-vous le plus d’amour, une dragonne ou une elfe ? » demanda Gremory.

« Si vous voulez montrer de l’amour, alors aimez-les toutes également ! Je les aimerai toutes les deux jusqu’à l’os ! » répondit la vendeuse.

Les deux femmes avaient partagé une poignée de main ferme après qu’elle ait dit cela.

« Je suis Gremory. J’ai entendu beaucoup de rumeurs sur vous, Manuela. Il semble que mon seigneur vous achète souvent des vêtements, » déclara Gremory.

« C’est un honneur d’être reconnue par le grand évangéliste du pouvoir de l’amour, Enchanteresse Gremory ! » déclara Manuela.

Toutes les deux se mirent à ricaner de mauvais augure après ce court échange.

« Dites-moi, Mlle Gremory, où en sont Sire Zagan et Néphy ? » demanda Manuela.

« Je suis contente que vous ayez demandé ! Savez-vous qu’ils se sont confessés dans le village elfique caché ? » demanda Gremory en réponse.

« Une confession ! Enfin !? Ils étaient pratiquement déjà mariés, mais Sire Zagan ne pouvait même pas dire “je t’aime”. Je suis contente qu’il ait enfin fait un pas en avant ! » déclara Manuela.

« Pourtant, la suite a été terrible. Maintenant, ils sont constamment maladroits l’un envers l’autre. Bien sûr, c’est un grand événement en soi, mais leur progression a été si lente que j’ai envie de vomir du sang, » déclara Gremory.

« Oui, je peux déjà l’imaginer. C’est comme le premier coup de foudre d’un enfant de dix ans…, » déclara Manuela en levant les yeux vers le plafond, désespéré. Cependant, Gremory avait simplement souri comme un sage.

« Ne craignez rien. J’ai un plan. Je vais guider ces deux-là sur la bonne voie et m’assurer qu’ils sortent ensemble ! » déclara Gremory.

« Êtes-vous sûre que vous pouvez y arriver ? Pensez-vous vraiment faire en sorte que ces deux enfants innocents fassent quelque chose d’aussi audacieux… ? » demanda Manuela en déglutissant de façon audible.

« Je pourrais, mais bientôt, je serai coincé au Palais de l’Archidémon pendant un moment. C’est vraiment dommage que je ne puisse pas espionner leur rendez-vous…, » déclara Gremory.

« Alors, vous voulez que je sois folle amoureuse… Je veux dire, observer leur rendez-vous et vous faire un rapport ? » demanda Manuela.

« Vous comprenez vite. En échange, je vous raconterai leurs interactions au château, » déclara Gremory.

C’est à ce moment qu’un grand mal s’était mis à remuer à l’insu de tous.

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