Le Dilemme d'un Archidémon – Tome 2 – Chapitre 3 – Partie 4

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Chapitre 3 : S’impliquer avec les affaires des Chevaliers Angéliques est une immense calamité !

Partie 4

Quand Zagan retourna au château, il était déjà temps pour le lendemain de commencer.

Je me demande si Néphy et Foll dorment déjà. Néphy se réveillait tôt le matin. Si elle était encore éveillée à cette heure, cela l’affecterait le lendemain, mais même ainsi, c’était un peu triste pour Zagan de revenir et de ne pas entendre sa voix.

S’il voulait juste voir son visage, alors c’était possible de jeter un coup d’œil dans sa chambre, mais la chambre de Néphy était au dernier étage. Si elle entendait le bruit alors qu’il montait les escaliers, cela finirait par la réveiller. C’est pourquoi il était retourné sur le trône en faisant aussi peu de bruit que possible, mais...

« Bienvenue à la maison, Maître Zagan, » Néphy l’attendait devant la salle du trône en chemise de nuit.

« Néphy, tu étais encore réveillée ? »

Tandis que Zagan la fixait avec étonnement, Néphy plaça son doigt sur ses lèvres et fit « Shhhh ».

En regardant de plus près, il se rendit compte que Néphy était assise sur ses genoux avec Foll endormie sur elle. Elles semblaient toutes les deux attendre le retour de Zagan.

« N’ai-je pas dit d’aller dormir sans attendre ? » Quand Zagan lui demanda ça, Néphy avait un sourire ironique.

« Je suis ici parce que Foll a insisté pour attendre votre retour, Maître Zagan, » cependant, la personne en question semblait s’être endormie comme une bûche à mi-chemin.

Et voyant ça, le visage de Zagan s’était naturellement détendu.

« Hmm, c’était à l’origine une intruse qui m’a attaqué parce qu’elle voulait le pouvoir de l’Archidémon, hein ? » murmura Zagan.

« Et n’êtes-vous pas celui qui a placé cette enfant à votre portée, Maître Zagan ? » Tout en disant cela, Néphy caressa doucement la tête de Foll, ce qui fit remuer légèrement la petite enfant comme si elle était chatouilleuse.

Zagan était ensuite allé à côté d’elles d’une manière détendue puis il s’était assis.

« Ah... Qu’est-ce que vous avez mangé aujourd’hui ? » Zagan avait envie de se couvrir le visage en se demandant pourquoi c’était la première chose qu’il demandait à son retour, mais Néphy hocha la tête en silence.

« Nous avons pris un repas simple de soupe d’agneau et de salade, » répondit Néphy.

« Oh, cette soupe, hein ? C’est regrettable, » murmura Zagan.

« Il y a encore des restes. Dois-je vous en réchauffer ? » demanda Néphy.

« Hmm... Non, ça va pour l’instant. Après tout, Foll dort déjà, » après avoir vu le visage paisible et assoupi de Foll, il s’était rendu compte qu’il n’avait pas envie de la réveiller juste pour se faire verser de la soupe pour lui. Zagan avait donc décidé de la réchauffer et d’en avoir un peu plus tard, par lui-même.

Néphy se couvrit alors la bouche comme si sa décision lui paraissait étrange. Le changement d’expression était faible comme toujours, mais la façon dont ses oreilles tremblaient d’un frisson montrait qu’elle était plutôt joyeuse.

« Après cela, Foll a aussi fait de son mieux. Elle a transporté tous les livres que nous avons ramenés dans les archives, » déclara Néphy.

« Il y en avait quand même beaucoup, n’est-ce pas ? » murmura Zagan.

« Oui. Mais parce qu’elle voulait elle-même les lire rapidement, elle a essayé de les préparer pour que vous puissiez les lire immédiatement à votre retour, Maître Zagan, » expliqua Néphy.

Zagan avait essayé d’imaginer la silhouette de cette petite fille en train d’aller et venir dans les archives pour son bien. Et comme il le fit, un soupir envoûtant se répandit de sa bouche.

Je me demande si... avoir une famille ressemble à ça... C’était comme s’il oublierait qu’il était un méchant sorcier si les choses continuaient à aller à ce rythme.

Après cela, Néphy pointa son regard azur vers lui.

« Maître Zagan, se pourrait-il que quelque chose se soit passé avec Foll ? » demanda Néphy en murmurant.

« Hein ? Non, je ne pense pas qu’il se soit produit quelque chose de particulier ? » Foll n’était pas non plus douée pour exprimer ses émotions, mais il ne pensait pas qu’il l’avait mise en colère ou rendue triste.

Tandis que Zagan inclinait la tête sur le côté, Néphy regarda affectueusement le visage endormi de Foll.

« Aujourd’hui, Foll semblait particulièrement heureuse. Maître Zagan, vous n’êtes peut-être pas conscient de cela, mais il est probable que vous ayez fait quelque chose qui a égayé sa journée, » déclara Néphy.

Quelque chose qui a rendu Foll heureuse..., incapable de trouver ce que c’était, Zagan avait essayé de repasser sa conversation précédente avec elle. Et alors qu’il gardait la tête penchée pendant un moment, il se souvint du moment où Foll fit un visage étrangement heureux.

« Oh, ça pourrait être ça ? » murmura Zagan.

« Avez-vous une idée de ce que c’est ? » demanda Néphy.

« Oh, cependant, ce n’était pas vraiment quelque chose d’important. Tout ce que je lui ai dit, c’est que si nous passions mille ans ensemble, ne serions-nous pas capables de ressentir ce dont l’autre a besoin juste en regardant son visage ? » déclara Zagan.

Tandis que Néphy clignait des yeux, les yeux grands ouverts, elle fit un petit rire étouffé.

« Si vous dites une telle chose, alors n’importe qui serait de bonne humeur, » murmura Néphy.

« Pourquoi ça ? » Zagan n’arrivait pas à comprendre le sens des mots de Néphy alors qu’elle s’appuyait contre son épaule.

« Je crois que la raison pour laquelle Foll était si heureuse, c’est parce que vous avez dit “si on passait mille ans ensemble”. Ce que je veux dire par là..., les dragons ne sont-ils pas censés vivre beaucoup plus longtemps que les humains ? Non seulement cela, mais vous avez dit que vous vous comprendriez mutuellement..., » murmura Néphy.

Le fait qu’on lui ait dit cela avait finalement fait naître une certitude chez Zagan.

Les races mythiques des dragons étaient une race dont on disait qu’elle vivait plus de dix mille ans. Avec la durée de vie initiale d’un être humain, il était probablement impossible de passer du temps ensemble. Après tout, ils n’avaient même pas vécu assez longtemps pour traverser l’enfance d’un jeune dragon. En tant que tel, il était difficile de trouver une existence avec laquelle ils pourraient vivre ensemble pendant leur temps éternel.

Il s’agissait peut-être de la raison pour laquelle la rancune qu’elle éprouvait pour le meurtre de son parent-dragon était si profonde.

L’histoire aurait pu être différente si c’était un dragon mûr qui avait franchi l’âge de l’enfance. Cependant, pour un jeune dragon qui avait encore besoin de ses parents, l’angoisse qu’il ressentait à l’idée de se faire voler ça aurait dû être la même que celle des humains, ou peut-être même beaucoup plus grande.

Je suppose qu’à la fin, si je n’achève pas Raphaël le plus tôt possible, ça va devenir quelque chose de gênant.

Si Foll et cet homme devaient se rencontrer, au pire, il était tout à fait possible que cela se transforme en une guerre totale avec l’Église. Si cela se produisait, ce serait un énorme pas en arrière dans l’objectif de Zagan de faire en sorte que Néphy puisse vivre sous le soleil.

Et pendant qu’il se creusait la tête pour savoir quoi faire, Néphy marmonnait d’une voix un peu triste.

« Ce serait bien... si je pouvais aussi passer autant de temps avec vous..., » murmura Néphy.

Et cette fois, c’était Zagan qui l’avait regardée avec stupéfaction.

« Qu’est-ce que tu dis ? N’est-ce pas évident que tu seras avec nous, Néphy ? » Les elfes étaient aussi une race avec une longue durée de vie, même si ce n’était pas au même niveau que les dragons. Si l’on ajoutait à cela le pouvoir de la sorcellerie, ce serait probablement une bagatelle pour elle de vivre au moins mille ans.

En ce sens, c’était Zagan qui devrait faire le plus d’efforts pour vivre une longue vie.

Tandis que les yeux azurés de Néphy tremblaient devant sa réponse, elle lui fit un grand signe de tête.

« Oui ! Je vous accompagnerai partout où vous irez, Maître Zagan, » déclara Néphy.

Cette fois-ci, Zagan avait été surpris, et avant qu’il ne s’en rende compte, son visage et celui de Néphy étaient assez proches pour que leurs nez se touchent presque.

Argh... Les cils de Néphy sont si longs que ça, hein ? Ou plutôt, elle sent bon !

En y repensant, le fait qu’elle portait sa chemise de nuit montrait qu’elle venait de sortir du bain, ce qui signifiait que Zagan sentait probablement l’odeur du savon. En réalisant tout cela, il toucha ses cheveux, qu’il laissa circuler de sa main. Ils étaient encore un peu humides, froids et doux.

À peu près au même moment, Néphy avait également pris conscience de la distance qui les séparait. Elle était maintenant rouge vif du bout de ses oreilles pointues jusqu’au sommet de ses joues.

« Néphy..., » il l’appela par son nom, et les yeux de Néphy devinrent moites. Tandis que son regard était aspiré par ses lèvres roses, Zagan lui toucha doucement la joue.

« Ah..., » elle laissa s’échapper ce souffle qui ne faisait que rendre le visage de Zagan de plus en plus bouillant.

Si c’était maintenant, il pensait qu’elle le permettrait. Oui, il était sûr que c’était bien de toucher sa peau d’un blanc pur, et d’aller de l’avant après ça.

Et puis, au moment où leurs lèvres allaient se rencontrer...

« Hé, Zagan ! C’est grave ! » Un cercle magique brillait au milieu de la pièce, et la voix de son ami indésirable qui ne savait pas lire l’atmosphère résonna.

Tremblant au début, Zagan et Néphy s’étaient éloignés l’un de l’autre. Et puis, le visage de Barbatos était soudain apparu au centre du cercle magique.

« Hé, au moins réponds-moi. Qu’est-ce que tu... euh, hein ? » s’exclama Barbatos.

Zagan se leva lentement et se plaça devant Barbatos. Et dans son regard, on ne trouverait même pas une once de compassion.

« Sors de ta surface d’ombre, Barbatos. Je vais te transformer en viande hachée, » déclara Zagan.

« Pourquoi es-tu si énervé ? » demanda Barbatos.

Zagan avait sérieusement l’intention de tuer Barbatos, mais en voyant « l’autre personne » qu’il portait dans le cercle magique, il avait arrêté sa main.

« Chastille ? » demanda Zagan.

« Ne m’as-tu pas dit d’aller la voir pour... ? » demanda Barbatos.

Eh oui, Barbatos portait la jeune fille qui avait servi comme Chevalier Angélique. Cependant, contrairement à quand Zagan l’avait rencontrée dans l’après-midi, elle portait son armure sainte. De plus, sur son dos se trouvait une Épée Sacrée.

Malheureusement, son visage était pâle et sa respiration difficile. Il n’avait pas vu de blessures externes, mais elle n’avait pas l’air d’avoir un état de santé optimum. Afin de mieux comprendre la situation, Zagan toucha le cou et le front de Chastille, puis l’examina.

Son pouls est élevé, et pourtant, sa température est étrangement basse. À partir de cet élément, il avait immédiatement découvert la cause de l’irrégularité.

« Est-ce du poison ? » demanda Zagan.

« Probablement. On lui a donné à boire et c’est arrivé, » répondit Barbatos.

Zagan avait immédiatement cédé la place à Néphy.

« Néphy, je vais la soigner. Donne-moi un coup de main, » déclara Zagan.

« D-D’accord, » bien qu’elle n’ait pas encore digéré toute la situation, Néphy hocha immédiatement la tête et posa doucement Foll sur le sol avant de se lever

Et puis, comme on pouvait s’y attendre, Foll s’était réveillée.

« ... Zagan, tu es bruyant, » déclara Foll.

« Je suis désolé pour ça. Tu peux aller continuer à dormir, » déclara Zagan.

Alors que Foll se frottait les yeux en marmonnant, Zagan lui donna une réponse apathique. Mais ensuite, elle avait commencé à renifler l’air.

« Hein... ? Cette odeur... » Et c’est alors que Foll avait déplacé son attention sur... l’Épée Sacrée se trouvant sur le dos de Chastille.

Ah, merde. Au moment où Zagan remarqua à quel point la situation était grave, les yeux dorés de Foll s’illuminèrent de rage.

« Un Chevalier Angélique ! » Le bras de Foll s’était transformé en celui d’un dragon. Même si elle n’était qu’une jeune fille, ses griffes pouvaient facilement déchirer l’acier. Elles possédaient probablement assez de pouvoir destructeur pour rivaliser avec celui du poing de Zagan lorsqu’il l’utilisait avec son pouvoir de sorcier.

« Qu’est-ce que c’est que ça ? H-Hey, Zagan ! » S’écria Barbatos.

Au moment où Barbatos fit entendre sa voix, Foll était déjà en train de frapper avec ses griffes.

« Arrête, Foll ! » Zagan avait réussi à attraper son bras et à arrêter son agression. Il avait réussi à arrêter les griffes de dragons à la limite du front de Chastille.

Foll était sûrement de mauvaise humeur.

« Pourquoi tu m’en empêches ? » demanda Foll.

« C’est mon invitée. Ne la tue pas de ton propre chef, » déclara Zagan.

En entendant ces paroles, les yeux de Foll s’étaient emplis de déception.

« ... Je vois, » elle faisait une grimace comme si elle avait été trahie.

Zagan ressentit alors une douleur à la poitrine d’avoir provoqué ce genre de visage à une jeune fille qui attendait un tel moment depuis longtemps.

La situation de Chastille était une course contre la montre. Cependant, il ne pouvait pas laisser Foll telle qu’elle était.

Zagan n’avait jamais pensé à sauver quelqu’un d’autre en tant que sorcier. Mais même ainsi, Foll était l’une des personnes que Zagan devait protéger. Et à cause de ça, Zagan l’avait questionné tranquillement.

« Tu détestes... les Chevaliers Angéliques ? » demanda-t-il.

« ... Zagan, tu aurais déjà dû le remarquer. Je suis devenu sorcier pour me venger des Chevaliers Angéliques, » déclara Foll.

Foll observait Zagan depuis le même temps qu’il l’observait.

Je ne peux pas... juste balayer ça de façon irresponsable, hein ? Se résignant, Zagan hocha la tête.

« Alors, la cible de ta vengeance est-elle cette fille ? » demanda Zagan.

« Un porteur d’Épée Sacrée a tué mon père, » répondit Foll.

« Je vois. Mais ça ne pouvait pas être elle, » prenant la main de Foll dans sa propre main, Zagan l’avait attirée contre lui.

« Hey, Foll. Se venger en tuant tous ceux que l’on peut trouver est une erreur que font souvent les amateurs. Même si tu tues celle-là, ça n’aurait aucune importance pour celui dont tu veux te venger. Au contraire, cela ne ferait qu’augmenter le nombre d’ennemis que tu auras. Et ces ennemis deviendront probablement d’autres obstacles sur le sentier de ta vengeance, » déclara Zagan.

« Zagan, qu’est-ce que tu sais de moi ? » La voix de Foll trembla de colère et d’irritation lorsqu’elle le lui demanda, et Zagan secoua la tête.

« C’est pourquoi je dis que tu es un amateur. La vraie vengeance... est différente, d’accord ? » dit Zagan, puis dirigeant sur elle un regard sévère, mais chaleureux comme un père affectueux, il continua, « La vraie vengeance est de prendre ta cible, de la tourmenter intensément, de l’entraîner au plus profond de la peur et du désespoir, et enfin de la faire supplier de la laisser mourir, compris ? »

Entendre cela n’avait pas seulement laissé Barbatos, mais aussi Foll, complètement abasourdi. Cependant, Zagan avait simplement continué avec indifférence.

« Et puis tu le tues quand tu es satisfait, et à ce moment-là, ta vengeance a enfin été assouvie proprement. En le tuant d’un coup, tu ne te sentiras pas du tout soulagé. Une vengeance si simple... ne te sauvera jamais, » déclara Zagan.

Les paroles de Zagan avaient probablement été prises au sérieux par elle, alors qu’une ligne de sueur coulait sur la joue de Foll.

« Zagan, as-tu aussi... pris ta revanche avant ? » demanda Foll.

« Ouais. Par contre, je l’ai tué d’un coup, donc je ne me suis pas du tout senti soulagé... C’est pour ça que je t’apprendrai la bonne façon de le faire, » déclara Zagan.

Zagan parlait de l’ancien propriétaire de ce château, le sorcier qui avait essayé de l’utiliser comme un sacrifice. Après avoir été enlevé, Zagan avait été longuement torturé afin d’augmenter son intérêt en tant que sacrifice. À ce moment-là, il avait trouvé une occasion et il l’avait utilisée. Cependant, ce qui lui restait, ce n’était pas le soulagement d’avoir survécu ou le sentiment d’accomplissement après la victoire, mais un vide dans son âme, du moins, jusqu’à un certain événement.

J’aurais dû le tourmenter à mort...

Et vu comment il était maintenant, après dix ans, Zagan connaissait des méthodes beaucoup plus efficaces. Il y avait après tout beaucoup d’instruments de torture à sa disposition dans ce château. Et il s’en servirait pour assouvir la soif de vengeance de Foll.

Peut-être submergée par son énergie, Foll hocha la tête à plusieurs reprises.

« C-Compris, » déclara-t-elle, et c’est alors que son bras de dragon revint à sa forme humaine.

« ... Hé, es-tu vraiment d’accord d’enseigner ça à ta fille adoptive ? » Barbatos faisait une tête étonnée en lui posant cette question, mais Zagan n’avait pas le temps de s’en soucier.

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4 commentaires

  1. Merci pour le chapitre.
    PS: Comment ils ont pu loupé l’illustration parfaite de la Petite Foll endormit sur les Cuisse de Néphy ?

  2. D'un moment de tendresse à une leçon sur la vengeance sanglante... Il est vraiment binaire comme gus 🙂

  3. Merci pour le chapitre ! Pourquoi c'est toujours dans ces moments là...!?

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