Le Dilemme d'un Archidémon – Tome 1 – Chapitre 2 – Partie 3

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Chapitre 2 : Le premier amour de quelqu’un qui a un trouble de la communication est semblable au goût du pain moisi

Partie 3

Le lendemain matin.

Comme la chambre accordée par Zagan à Néphy au dernier étage du château ne pouvait pas encore être utilisée, ils dormaient tous les deux dans la salle du trône.

En vérité, je n’ai pas pu du tout dormir, pensa-t-il.

Zagan n’avait pas non plus dormi la veille. Il pensait qu’il allait pouvoir s’endormir tout de suite, mais le simple fait de penser que Néphy était juste à côté de lui l’avait tenu bien éveillé. De toute façon, ce n’était pas comme s’il avait le courage de faire quoi que ce soit. Mais malgré cela, il pensait simplement à la façon dont elle finirait par le haïr s’il ne s’empêchait pas de le faire.

D’un autre côté, Néphy devait être probablement assez fatiguée avec tout ce qui s’était passé avant ça.

Après s’être recroquevillée sur le tapis, elle s’était tout de suite endormie.

Cependant, il s’agissait également de l’une des raisons pour lesquelles Zagan n’arrivait pas à s’endormir. Le fait d’avoir une telle silhouette sans défense exposée face à lui faisait qu’il n’arrêtait pas de penser à elle.

Au cœur de la nuit, Néphy avait semblé avoir froid, alors, au lieu d’une couverture, il l’avait couverte de son manteau. Cependant, cela avait peut-être été une mauvaise décision de sa part. Pour une raison inconnue, le fait de penser à cette charmante fille portant son manteau avait encore plus chamboulé le cœur de Zagan.

Et pendant qu’il s’inquiétait sans fin à propos de n’importe quoi, le temps s’était écoulé, et le soleil du matin s’était levé.

Son estomac avait alors laissé échapper un son chaleureux et pathétique.

« ... Je vais chercher quelque chose à manger. » Après que Zagan soit descendu dans l’entrepôt de la cave, il avait préparé deux portions de viande séchée et du lait qu’il y avait stocké. Il ne savait pas quand Néphy se réveillerait, mais il voulait être préparé pour qu’elle puisse prendre tout de suite son petit-déjeuner.

Quand il était retourné dans la salle du trône, Néphy était déjà bien réveillée et l’attendait, assise sur ses genoux. Le manteau dont il l’avait recouverte était soigneusement plié sur le côté. Pour une raison inconnue, il lui semblait maintenant inutile de le remettre.

« Alors tu es réveillée, » déclara Zagan.

« Oui. Bonjour, Maître, » Zagan s’était presque involontairement mis à sourire.

Donc, elle m’accueille correctement, pensa-t-il.

Et bien qu’il avait essayé de répondre, une pensée l’avait laissé complètement perplexe. Hm ? Après qu’on me dise bonjour, avec quoi devrais-je répondre ?

Était-ce bien de dire bonjour en réponse ? Ou était-il censé dire salut ? Bonjour à toi lui semblait un peu trop, du moins c’était ce qu’il pensait.

Après qu’il ait réfléchi ça, combien d’années s’étaient écoulées depuis qu’il n’avait pas reçu une salutation aussi franche à son égard ?

Et tandis que Zagan se tordait d’agonie, Néphy le fixait d’un regard abasourdi.

En voyant cela, il s’était éclairci la gorge à l’aide d’une toux.

« Je t’ai apporté un repas. Vas-y, mange. » Après avoir dit cela, Zagan avait lui-même été repoussé par ce qu’il venait de dire.

Donc je ne peux même pas la saluer correctement... ? Quand était-il devenu si désespéré ?

... En y repensant, il avait l’impression d’être si désespéré depuis le tout début.

Alors même qu’elle regardait Zagan avec curiosité alors qu’il était en pleine angoisse, Néphy avait pris la viande séchée et la tasse de lait.

« Merci beaucoup, Maître, » déclara Néphy.

« ... Hmm. » Tandis que Zagan se sentait découragé par son manque de courage, Néphy le regarda timidement.

« Maître, » demanda Néphy.

« Quoi ? » lui demanda Zagan en retour.

« Qu’est-ce que je devrais faire ? » lui demanda Néphy.

« Hmm, voyons voir..., » même si une soirée s’était écoulée, il n’avait pas encore réfléchi à ce que Néphy devrait faire.

Dois-je lui demander de faire un peu de ménage ou autre chose ? Cependant, hier encore, jeter un coup d’œil dans une seule pièce était tout à fait un événement catastrophique.

Dans ce château, il y avait près de cinquante pièces dans un tel chaos, et plus important encore, Zagan n’en avait jamais nettoyé une seule. Ce n’était pas quelque chose qui pouvait être fait par une seule personne, et d’une manière ou d’une autre, il avait l’impression que s’il lui en donnait l’ordre, cette fille irait jusqu’au bout de la tâche.

En premier lieu, Zagan ne se souciait pas de l’esthétique, et même si elle ne s’y intéressait pas, il ne voulait pas lui faire faire faire quoi que ce soit qui la conduirait à la mort.

Cependant, dans ce cas, que pouvait-elle faire ?

Elle deviendra probablement anxieuse si elle n’a rien à faire, n’est-ce pas ? Se demanda-t-il.

On avait donné à cette fille l’idée qu’elle allait être un sacrifice ou un rat de laboratoire. Donc, si l’homme qui l’avait achetée lui avait simplement dit de ne rien faire, il ne pensait pas qu’elle serait contente de penser : « Ah, c’est bien de ne rien avoir à faire. »

Pendant qu’il gémissait, Zagan était incapable de trouver une réponse, alors il avait posé sa tasse de lait sur le sol et avait commencé à mâcher la viande séchée.

Néphy avait ensuite fait une grimace comme si elle avait trouvé cela inattendu.

« Maître, mangez-vous aussi la même chose ? » lui demanda Néphy.

« Bien sûr... ? Y a-t-il quelque chose d’étrange à ce sujet ? » lui demanda Zagan.

« Non, euh..., » on aurait dit qu’elle avait quelque chose qu’elle voulait dire, mais le regard de Néphy errait comme si elle avait du mal à trouver les mots.

« Parle, c’est tout. Tu ne me fâcheras pas trop en le faisant. » Alors que Zagan s’était lui-même maudit pour avoir été incapable de le dire d’une manière un peu plus amicale. Mais il avait réussi, d’une manière ou d’une autre, à dire cela.

Néphy avait maintenu son expression immuable, et avait ouvert la bouche comme si c’était difficile à dire.

« Je me sens... privilégiée d’avoir simplement reçu un repas. Cependant, Maître, je trouve étrange que vous mangiez les mêmes choses..., » à sa manière, elle avait fait de son mieux pour exprimer ses doutes.

Zagan avait alors croisé les bras et y avait réfléchi. Qu’est-ce que Néphy trouvait si étrange ? La seule chose devant ses yeux était une tasse sale remplie de lait, et de la viande séchée depuis un temps que seul Dieu devait connaître.

Hm ? Maintenant que j’y pense, il y avait un groupe qui mangeait des choses semblables en ville hier aussi, pensa-t-il.

Oui. S’il s’en souvenait bien, c’était les esclaves de Kianoides.

Les voir au milieu des rues était assez pitoyable, mais quand il y avait bien réfléchi, Zagan mangeait lui-même quelque chose de semblable.

Après avoir hoché la tête, Zagan avait ouvert la bouche pour parler.

« Serait-ce parce que c’est un repas trop modeste ? » lui demanda Zagan.

« Euh, oui... Je crois qu’il s’agit de la nourriture convenable pour un esclave comme moi, » en d’autres termes, plutôt qu’un repas, c’était des déchets.

Cependant, plutôt que de s’offenser de cela, Zagan le déplorait sincèrement. Ou en vérité...

S’inquiète-t-elle... pour moi ? Non, c’était peut-être un peu faux.

Ce n’était pas comme si elle allait soudainement ouvrir son cœur après hier et aujourd’hui.

Ce n’était pas ça, mais c’était comme si elle ne pouvait pas rester là et regarder qui que ce soit. C’était presque comme si elle disait : « Cette personne ne mourra-t-elle pas si je ne fais pas quelque chose à ce sujet ? »

Zagan rongea sa viande pendant un certain temps, puis il regarda la viande sèche ratatinée.

Aaah, c’est vrai. Cette nourriture est à un niveau où on ne peut même pas l’appeler un repas, pensa-t-il.

Depuis qu’il avait été un bandit de grand chemin, c’était la seule chose qu’il avait à manger, alors il n’y avait jamais pensé une seule fois à changer son habitude. Il en était au point où, tant qu’il ne mourait pas de faim, peu importe ce qu’était la nourriture.

Outre la viande séchée, il mangeait aussi du pain dur, mais qui moisissait trop vite et ne restait pas longtemps comestible. Il avait déjà essayé de le manger de force quand il en était rendu là, mais après cela, il n’avait eu que des maux d’estomac et des souvenirs tragiques.

En repensant à la façon dont je n’ai pas progressé avec elle depuis hier, cela me fait me souvenir du goût du pain, hein ? pensa-t-il.

Il avait déjà entendu dire qu’un premier amour avait un goût de citron, mais en réalité c’était plutôt un sentiment d’amertume qui semblait déchirer son estomac.

S’il devait nommer une chose qu’il trouvait franchement délicieuse, ce serait de l’alcool. L’alcool que Barbatos apportait en parlant comme un idiot était vraiment délicieux, mais à ces moments-là, le plat principal était aussi de la viande séchée.

Quand il s’agissait d’alcool, Zagan ne savait pas ce qu’il valait mieux acheter, et donc, finalement, de viande séchée et du lait avait simplement continué à être consommé tous les jours.

« Qu’est-ce que... une personne normale mange, je me le demande... ? » Alors qu’il marmonnait involontairement cela, Néphy avait ouvert la bouche comme si elle s’était décidée.

« Euh, Maître, » déclara-t-elle.

« Quoi ? » lui demanda-t-il en réponse.

Après avoir pris une petite, mais profonde respiration, Néphy s’était mise à parler.

« Bien qu’il soit impertinent de ma part de le dire, devrais-je... cuisiner quelque chose pour vous ? » Zagan s’était levé d’un coup en entendant ça.

Il avait alors saisi la main de Néphy alors qu’elle se rétrécissait sur elle-même en étant effrayée par lui.

« Sais-tu cuisiner ? » lui demanda Zagan.

« Je n’ai appris qu’en regardant. Donc je ne peux pas garantir le goût, mais..., » quel talent inattendu venant de sa part !

De la cuisine maison... Non seulement ça, mais cela serait fait par la fille dont il était tombé amoureux. Pour Zagan, cela n’avait jamais été une option auparavant.

Maintenant que j’y pense, parmi les trois grands désirs de l’homme, c’est l’appétit pour la nourriture..., commença-t-il à penser.

Il n’avait fait que des recherches sur la sorcellerie, alors il n’avait jamais pensé à satisfaire ce genre de désir.

Les contours de ses yeux étaient devenus brûlants.

Ce sentiment gonflait-il dans ses larmes sortant de ses yeux ? C’était une révélation choquante pour Zagan qu’une telle chose restait encore présente en lui.

Par la suite, il avait avalé son lait en une gorgée.

« Ouf, écoute-moi, Néphy. J’ai décidé de ce que tu dois faire, » déclara Zagan.

« Oui. Qu’est-ce que c’est ? » lui demanda Néphy.

« Tu vas faire des achats ! » Dans ce château, il n’y avait pas d’autres ingrédients que de la viande séchée et du vieux lait. Même Zagan savait qu’il était impossible de faire quelque chose de délicieux avec ces produits.

« ... Ah, d’acc... d’accord, » Néphy avait répondu comme si elle était décontenancée, fixant Zagan tout le temps. Puis, elle avait acquiescé légèrement.

Elle avait peut-être pensé qu’elle devait réagir d’une façon ou d’une autre, mais c’était plutôt embarrassant.

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5 commentaires

  1. ils sont amusant ces 2 la

    merci pour le chapitre

  2. Merci pour le chapitre

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