Le Dilemme d'un Archidémon – Tome 1 – Chapitre 2 – Partie 1

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Chapitre 2 : Le premier amour de quelqu’un qui a un trouble de la communication est semblable au goût du pain moisi

Partie 1

Et donc, revenons au présent.

Après avoir terminé son paiement sans incident notoire, Zagan s’était senti en pleine forme jusqu’à son retour au château. Cependant, après cela, il s’était retrouvé dans une situation où il ne savait pas comment lui parler. Il s’était inquiété sans fin pendant une demi-heure, mais la première chose que la jeune fille avait demandée à haute voix avait été — .

« Comment... allez-vous... me tuer ? »

Avec une voix qui ressemblait à un carillon, elle avait demandé une telle chose — et il n’avait pas eu le temps de s’immerger dans sa mémoire persistante pour trouver une réponse plus appropriée.

Les menottes autour de ses mains et de ses pieds avaient bien été retirées, mais le collier qui avait permis de sceller son mana était toujours attaché autour de son cou.

Il voulait aussi l’enlever, mais même pour Zagan, ce n’était pas quelque chose qui pouvait être si facilement détaché. Il semble que les organisateurs de la vente aux enchères ne savaient pas non plus comment le retirer, et il n’y avait rien comme une clé fournie avec elle.

Il s’agissait probablement d’une relique de l’acheteur original, l’Archidémon Marchosias. La seule option était de passer du temps à étudier le collier.

Cela ne se voyait pas dans son expression faciale, mais la jeune fille avait fait une demande à Zagan sur un ton déprimé.

« Si je sais de quelle manière je vais mourir, je pense que je pourrais mieux rassembler ma détermination... un peu. » Son visage sans expression ne semblait pas être quelque chose qui venait de la tension, mais cela semblait plutôt lié au fait qu’elle s’était clairement résignée à son sort.

Zagan haussa alors sa voix d’un air agité. « Attends, attends un peu ! Je n’ai pas l’intention de te tuer. Et même, ce serait plutôt un problème si tu n’étais pas en vie ! » Il avait dit cela pour essayer de la rassurer, mais pour une raison inconnue, l’expression de l’elfe semblait s’être encore plus assombrie qu’auparavant.

« En d’autres termes, vous ne me laisserez même pas trouver le repos dans la mort... est-ce ce que vous me dites ? » Alors qu’elle demandait ça, la fille regardait à ce moment-là vers le haut les chaînes suspendues au plafond, ainsi que le squelette attaché là-haut.

Des sueurs froides avaient couru le long de sa joue.

Ce n’est pas bien. C’est compliquer pour moi de tout ranger alors que je faisais de la sorcellerie tout le temps. Ainsi j’ai fini par tout laisser là où c’était ! Ce château était à l’origine la demeure d’un autre sorcier.

La fortune utilisée pour faire l’achat de cette fille était également quelque chose que le sorcier précédent avait laissé derrière lui. Pour le dire franchement, ce n’était pas quelque chose que Zagan avait en stock.

Cependant, pour le meilleur ou pour le pire, l’ancien propriétaire était un sorcier stéréotypé, et à l’intérieur de son château, ils avaient des appareils de torture, des dispositifs de sorcellerie, et même des squelettes éparpillés un peu partout. Les os suspendus au plafond n’étaient pas non plus au goût de Zagan, mais même s’il le disait à haute voix, il n’avait probablement aucune chance de la persuader.

Bien qu’elle soit pratiquement effrayée à en mourir, Zagan parlait afin d’apaiser la situation.

« Sois à l’aise. Je n’ai pas l’intention d’utiliser des choses aussi dérangeantes sur toi. Je n’ai pas non plus l’intention de te tourmenter. Il n’y a pas une seule chose... dont tu dois avoir peur. » Il n’était pas capable de le dire d’une voix si douce, mais du point de vue de Zagan, il pensait avoir réussi à transmettre ce qu’il voulait lui dire... qu’elle ait été convaincue ou non, c’était une tout autre histoire.

Et peut-être, comme attendu, la jeune fille avait incliné la tête sur le côté alors qu’elle était confuse.

« Euh... ? Dans ce cas, pourquoi m’avez-vous achetée ? » lui demanda-t-elle.

« Eh bien, c’est..., » il s’agissait d’un questionnement tout à fait approprié.

Toutefois, en raison de la personnalité de Zagan, il n’y avait aucun moyen qu’il puisse dire que c’était parce qu’il avait eu le coup de foudre pour elle.

Qu’est-ce que je suis censé faire dans ces moments-là ? J’aurais dû demander à Barbatos..., pensa-t-il.

Zagan l’avait perdu de vue sur le lieu de la vente aux enchères, mais pour une raison inconnue, il ne l’avait pas suivi.

Barbatos ne semblait pas lui-même avoir beaucoup d’expérience avec les femmes, mais c’était au moins au niveau où il pouvait naturellement dire « ce que les femmes apprécient ». Dans tous les cas, il en savait probablement plus sur les relations avec les femmes que Zagan, ou du moins c’était ce qu’il pensait.

Zagan avait fait sortir un gémissement comme s’il avait été poussé dans un coin puis ce qui était sorti de sa bouche fut les mots suivants. « Tu n’as pas besoin de savoir. »

Qu’est-ce que je dis comme connerie là !? Il criait ça dans son cœur.

Cependant, de façon inattendue, l’expression de la jeune fille n’avait pas du tout changé. Elle semblait légèrement déprimée, mais ce n’était pas si grave que ça.

N’est-ce pas un peu étrange ? C’était peut-être simplement que ses expressions ne se voyaient pas vraiment sur son visage, mais avant cela, il avait l’impression que la fille semblait avoir tout abandonné.

Il avait entendu dire qu’après qu’elle eut été capturée, son corps n’avait rien subi, mais qu’est-ce qui lui était arrivé exactement... ?

« Toi..., » il avait essayé de lui parler, mais Zagan s’était alors rendu compte qu’il ne connaissait même pas son nom.

Ce qui veut dire qu’elle ne sait probablement rien de moi, non ? se demanda-t-il.

Et finalement, il avait l’impression d’avoir saisi le sujet parfait pour entamer une conversation.

« Je m’appelle Zagan. Comme tu peux le voir, je suis un sorcier, mais ce n’est pas vraiment mon passe-temps de torturer les gens, » déclara-t-il.

« D’accord, » répondit la jeune fille.

« Et donc, qu’en est-il..., » même s’il voulait simplement lui demander son nom, Zagan ne pouvait plus parler.

Espèce d’idiot... ! Je demande simplement son nom ! Pourquoi est-ce que je deviens si nerveux simplement parce que je suis conscient que c’est une fille ? Zagan possédait déjà beaucoup de puissance en tant que sorcier.

Et malgré cela, il cherchait à rassembler assez de courage comme s’il s’opposait une mort certaine dans une situation sans aucune chance de victoire.

Le courage était en temps normal un mot qui n’avait pas aucun rapport avec lui.

Cependant, s’il n’arrivait pas à parler, il ne serait pas en mesure de faire un seul petit progrès ici.

« Quel est ton —, » et quand il avait ouvert la bouche, la fille s’était écrié avec un « Ah ».

« Excusez-moi... de vous l’avoir dit si tard. Je m’appelle... Néphélia. » Un sentiment de chaleur avait soufflé à travers la poitrine de Zagan comme un vent rafraîchissant.

Il semblait qu’elle était capable de deviner ce que Zagan essayait de lui dire. Cela lui avait fait penser qu’elle était une fille fantastique et attentive.

« Néphélia... Hein ? » Il avait l’impression de pouvoir entendre l’écho se répéter plusieurs fois dans la pièce.

Dans les légendes, le mot Néphélia signifiait « celle qui est tombée du ciel ». C’était ce genre de signification féminine. Il avait trouvé que c’était un nom mystique et beau.

Tout comme son apparence, c’est un nom adorable et mignon, pensa-t-il.

Le simple fait d’apprendre son nom donnait à Zagan l’impression qu’il s’envolait. Il parvenait amèrement à comprendre le sens des paroles « l’amour conduit l’homme à sa ruine ».

Il était déjà dans un état où il pouvait être décrit comme sur un nuage. Si l’on restait dans un tel état mental anormal, peu importe à quel point la personne était exceptionnelle, elle chuterait probablement vers sa ruine.

Attends, est-ce que Néphélia est son prénom ou son nom de famille ? Se demanda-t-il.

Tandis que son visage s’était adouci, Zagan avait posé sa question. « Néphélia... quoi, exactement ? »

« Juste Néphélia. Je n’ai pas de nom de famille. Si c’est difficile à dire, vous pouvez m’appeler Néphy. »

« Est-ce d’accord !? » s’écria Zagan.

« Oui ? » Le nom Néphélia avait un magnifique tintement, mais son surnom de Néphy était aussi adorable.

Zagan avait involontairement haussé la voix en lui demandant ça et la fille, Néphy, avait incliné la tête sur le côté.

Au contraire, c’est la même chose que moi qui n’ai pas non plus de nom de famille..., au moment où il s’était rendu compte de ce qui l’entourait, Zagan était en train d’amasser des pensées inutiles à une vitesse vraiment alarmante.

Oublions un nom de famille, il ne connaissait pas le visage de ses parents. Le nom Zagan était un mot d’argot venant des bidonvilles de la ville, et c’était quelque chose qui s’était attaché à lui à mesure qu’il grandissait pour être vu comme quelque chose qui ressemblait au diable.

En y repensant, c’était le moment le plus agréable de ma vie. À l’époque, j’avais pu parler correctement à mes compagnons de route et aux habitants de la ville. Et même si j’ai été battu à maintes reprises, c’était en quelque sorte satisfaisant, pensa-t-il.

Il avait commis des crimes immoraux, mais il s’était toujours tenu dans un endroit où le soleil brillait. Et naturellement, il avait aussi été capable de parler aux filles à cette époque. S’il y avait un endroit ensoleillé dans les souvenirs de Zagan, c’était bien cette période.

Réalisant que Néphy le regardait avec perplexité, Zagan secoua la tête.

« Pour un elfe, est-ce commun ? Ce dont je parle, c’est le fait que tu n’as pas de nom de famille, » lui demanda Zagan.

« Non. C’est parce que je suis une enfant maudite, » répondit Néphy.

« Une enfant maudite... ? » après avoir entendu un terme plutôt inexcusable, Zagan plissa ses sourcils.

Néphy avait ensuite fermé sa bouche comme si elle avait dit quelque chose qu’elle n’aurait pas dû.

« Euh... Pourquoi me posez-vous cette question ? » lui demanda finalement Néphy.

« Aucune raison, je suis juste un peu curieux, c’est tout..., » Zagan hésitait à dire qu’il ne voulait pas seulement connaître son nom et la signification de l’enfant maudit, mais aussi tout ce qui la concernait. Et après que Néphy ait hoché la tête comme si elle était parvenue à une entente, pour une raison inconnue, elle avait tiré vers le haut les ourlets à l’avant de sa jupe.

Ses cuisses laiteuses avaient ainsi été exposées, et Zagan pouvait même apercevoir la dentelle délicatement tissée de sa culotte.

« Soyez à l’aise. Je suis vierge. » Zagan était conscient que son visage rougissait.

« Comprends-tu ce que tu dis ? » lui demanda Zagan.

« Oh... ? On m’a dit qu’une vierge possédait plus de mana. Ne parliez-vous pas de savoir si ma valeur en tant que matériel de recherche avait été endommagée ? » lui demanda Néphy.

« Ne te méprends pas. Je n’ai pas l’intention de t’utiliser dans des expériences ou de te torturer. » Néphy avait alors fait une tête comme si elle était encore plus confuse qu’avant.

« Alors, pourquoi m’avez-vous achetée ? » lui demanda Néphy.

« ... » Zagan avait plissé son front puis il avait gardé le silence pendant un moment.

« Tu n’as pas besoin de le savoir, » puis il avait répété une fois de plus les mêmes mots qu’avant.

Ou plutôt, il ne pouvait pas lui répondre avec franchise. Peu importe qui c’était ou comment ils en avaient entendu parler, si on leur disait que Zagan avait acheté une esclave lors d’une sombre vente aux enchères après être tombé amoureux d’elle dès le premier regard, ils penseraient qu’il était tout simplement un pervers. Si Néphy le regardait avec des yeux comme ça, Zagan serait incapable de se rétablir. Même si les sorciers avaient une jeunesse perpétuelle, il était tout à fait possible d’envisager la mort à la suite d’un choc mental.

Cela dit, si je ne réponds pas du tout à sa question, alors Néphy se sentirait aussi anxieuse, n’est-ce pas ? Se demanda Zagan.

Que devait-il faire ? Aurait-il mieux valu la renvoyer chez elle... ?

Eh bien, en premier lieu, a-t-elle un endroit où retourner ? Plus tôt, elle s’appelait elle-même une enfant maudite. Elle avait parlé avec une expression troublée, et il ne pensait pas qu’il allait pouvoir lui poser des questions à ce sujet. Zagan lui-même n’avait nulle part où retourner, et il ressentait la même absence chez elle.

Bien sûr, si elle voulait retourner à son lieu de naissance, alors il voulait l’aider, mais cela ne semblait pas être une atmosphère où il serait capable de lui demander cela sans réfléchir.

Dans ce cas, puisque Zagan l’avait achetée, cela signifierait qu’en surface, ils finiraient par vivre ici ensemble, mais...

Attends ! Vivre ensemble ? Lui, qui ne pouvait même plus rien dire correctement, était censé vivre sous le même toit que cette adorable fille ? Zagan avait été frappé par une légère vague d’étourdissements.

Dans quelle situation scandaleuse s’était-il mis en agissant ainsi ?

C’était vrai qu’il en était heureux, mais pour une raison inconnue, il avait l’impression d’avoir fait quelque chose qu’il n’aurait pas dû faire.

Du calme. Je suis un sorcier. Un puissant sorcier ne se déstabilise jamais, pensa-t-il.

Ce n’était pas comme s’ils allaient dormir dans le même lit. Tout d’abord, je dois penser à ce qu’il faut pour vivre... ensemble.

Zagan était assis sur son trône qui était placé devant Néphy.

« Néphy, » déclara Zagan.

« Oui. » Il avait essayé de l’appeler par son nom face à face, et un étrange sentiment d’embarras avait rempli son cœur.

Mais même ainsi, il n’avait pas hésité et Zagan s’était adressé à elle.

« Écoute-moi, Néphy. Tu es quelque chose que j’ai acheté, et donc, tu m’appartiendras désormais, » déclara Zagan.

« Je sais, » répondit Néphy.

« Pour l’instant, je t’accorde une chambre. Tu es autorisée à choisir la pièce que tu aimes le plus, » déclara Zagan.

« En d’autres termes, vous me dites de choisir l’endroit où je vais mourir ? » demanda Néphy.

« N’ai-je pas dit plus tôt que je ne te tuerai pas ? » Ayant finalement élevé la voix en raison de son chagrin, Néphy déplaça ses yeux vers le bas comme si elle était troublée.

« Je ne comprends pas... la signification de cela. Comment allez-vous m’utiliser de façon à ce que je ne meure pas ? » lui demanda Néphy.

Depuis qu’elle avait été capturée par les humains, elle avait sûrement été torturée par les pensées de son funeste destin. En raison de cela, elle ne croyait probablement même plus à l’espoir.

En vérité, Zagan était aussi familier avec de tels sentiments.

Cela s’était passé à peu près à l’époque où il était en train de commettre des agressions sur les routes tout en cherchant des restes de nourriture dans les ordures des bidonvilles.

À l’époque, qu’est-ce que j’aurais voulu entendre... ? se demanda-t-il.

Même à l’époque, il ne connaissait sûrement pas la réponse à cette question. Néanmoins, Zagan étendit lentement sa main vers les cheveux de Néphy.

Il avait alors touché ses cheveux blancs comme la neige avec la paume de sa main. Il savait que le corps de Néphy tremblait et frémissait.

Et à ce moment-là, tout en s’assurant de ne pas mettre de force dans sa main, Zagan lui murmura quelque chose.

« Je t’ai achetée... parce que j’ai besoin de toi. Alors, arrête de dire quelque chose comme : “Mourir, mourir, mourir”. » Néphy avait écarquillé les yeux et avait levé les yeux vers le visage de Zagan.

Elle avait été surprise.

C’était la toute première fois qu’il voyait quelque chose comme une expression sur son visage.

« Vous... avez besoin de... moi ? » C’était quelque peu embarrassant, mais il sentait qu’il devait clairement le lui dire.

« Oui, j’ai besoin de toi. C’est pourquoi, à partir de maintenant, tu vivras pour moi, » déclara Zagan.

« ... D’accord, » comme d’habitude, l’expression de Néphy ne varia pas du tout, mais elle ne montrait aucun signe de doute face aux paroles de Zagan.

Ce n’était probablement pas qu’elle croyait tout ce que Zagan avait à dire. Mais même ainsi, elle n’avait pas prononcé un mot de plus quant au fait de se plaindre de sa mort.

Ce fut ainsi le début d’une longue cohabitation entre deux individus forts maladroits.

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5 commentaires

  1. Merci pour le chapitre

  2. J'attends de voir la suite ^^ Merci pour le chap !

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