Kimi to Boku no Saigo no Senjo – Tome 15 – Chapitre 3 – Partie 5

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Chapitre 3 : Illumination : Moi, celui qu’on appelle le Sorcier

Partie 5

Dans la ruelle, Salinger était allongé par terre, à côté d’un chewing-gum craché. Furieux, il serra les poings :

« La prochaine fois… ! »

La prochaine fois qu’ils se croiseraient, c’est lui qui gagnerait.

Il aurait de nombreuses occasions de se battre contre elle. La princesse sortait au moins une fois par semaine du palais.

Il ne commettrait pas la même erreur.

Il devait analyser la situation. Pourquoi avait-il perdu ?

Ce n’est pas à cause de la différence entre nos pouvoirs astraux.

La troisième fois, ce sont ses compétences de combat surhumaines qui m’ont vaincu.

La princesse maîtrisait parfaitement le combat au corps à corps, une discipline que les mages astraux ne pratiquaient généralement pas.

Il pensait que tous les membres de la famille royale avaient reçu une bénédiction à la naissance, mais la princesse avait complètement bouleversé cette idée. Il devait l’admettre.

« Je dois l’empêcher d’utiliser ses compétences au combat… Est-ce que ça aurait du sens que je l’affronte dans la forêt ? »

Les arbres ajouteraient une dimension supplémentaire à la complexité de la situation, et le sol irrégulier à cause des arbres la gênerait.

Dans les bois, elle serait moins mobile. Mais elle avait toujours été meilleure que ce qu’il aurait pu imaginer lors de leurs combats. Il devait en être certain.

« La pluie ! »

Si elle était mouillée, elle serait plus lourde. Si le sol de la forêt était boueux, elle aurait plus de mal à trouver ses appuis.

La princesse Mirabella avait pour habitude d’utiliser sa force physique pour dominer ses adversaires; sa stratégie consisterait donc à réduire cette force.

« Attends un peu. La prochaine fois, je te ferai sortir de scène pour le final ! »

C’était le plan de Salinger.

Le Mandala de la Barrière du Vent Divin.

Le tourbillon de Mirabella l’envoya valser.

Au fond de la forêt, la tempête invoquée par la princesse aux cheveux d’or fit tourbillonner les arbres sur des dizaines de mètres autour d’elle, les brisant en deux.

« Je commence à en avoir marre de voir ça se reproduire sans arrêt. »

« Espèce de morveuse… »

Salinger était allongé par terre.

Son corps était couvert de marques rouges, comme s’il avait été fouetté. Un tourbillon l’avait aspiré et les rafales l’avaient fouetté des centaines, voire des milliers de fois, jusqu’à ce qu’il ait l’impression d’être sur le point d’être déchiqueté.

« Tu as fait semblant… »

La forêt avait disparu.

La princesse Mirabella avait lancé une attaque astrale d’une puissance bien supérieure à la précédente.

« Tu étais évasive au sujet de tes compétences… Tu agissais comme si tu préférais le combat au corps à corps, mais en réalité, tu cachais la puissance véritable de ton pouvoir astral. »

« Salinger. »

Elle se pencha.

Alors qu’il relevait la tête, Mirabella le fixa d’un regard méprisant.

« Tu n’utilises pas ton pouvoir astral. Tu le laisses t’utiliser. »

Qu’est-ce que cela voulait dire ?

Ses paroles étaient si étranges qu’il n’arrivait pas à les comprendre. Il savait juste intuitivement qu’elle le regardait de haut.

« Tout ce que tu fais, c’est accumuler des techniques astrales. Tu penses que le simple fait de les utiliser à tort et à travers te rend puissant. »

« Mais c’est le cas… »

« Mais elles ne t’appartiennent pas. »

C’était évident.

Tout ce que son pouvoir Miroir d’eau pouvait faire, c’était copier la moitié du pouvoir de quelqu’un d’autre. Toutes ses techniques avaient été volées à un autre mage astral.

« Salinger. » Elle répéta son nom. « Tu détestes ton pouvoir, n’est-ce pas ? »

« Hein ?! »

Tout son corps tremblait.

Il ouvrit tellement grand les yeux qu’on aurait dit qu’ils allaient se fendre et il lança un regard noir à la fille, même s’il ne pouvait pas bouger.

« Espèce de garce ! »

« Tu veux être le plus puissant de tous les mages astraux. C’est pour ça que tu veux même dépasser la famille royale. Mais malgré tes ambitions, tu utilises un pouvoir astral emprunté. C’est là que réside ton problème. »

« … »

Non, il ne pouvait pas le nier.

Parce qu’au fond, il n’avait jamais affronté cette réalité.

« Tu dois te confronter à toi-même. Si tu te réconcilies avec ton pouvoir astral, tu pourras peut-être trouver de nouvelles techniques. »

« Qu’est-ce que tu en sais ?! »

« Beaucoup de choses. »

« Hein ? »

« La technique que je viens d’utiliser, je l’ai inventée il y a quelques jours à peine. »

« Quoi… ? »

Elle le fixa du regard. Puis, elle cligna plusieurs fois des yeux.

« J’ai inventé cette attaque astrale spécialement pour toi. »

« Hein ?! »

« Je pensais que tu choisirais la forêt comme lieu de notre prochain combat. Et qu’il pleuvrait. J’ai donc imaginé un moyen de faire disparaître la forêt et la pluie. »

Elle l’avait fait danser comme elle le voulait.

Mais certains mots touchèrent Salinger plus profondément que les autres.

Elle l’a inventée pour moi ?

Juste pour me battre ?

Son esprit était vide; il était à court de mots.

Donc, ce n’était pas une histoire à sens unique. Même la princesse se donnait à fond dans ces combats. C’était…

Maintenant qu’il y réfléchissait vraiment, n’était-ce pas absurde ?

Mais, juste au moment où cette pensée lui traversait l’esprit…

« C’est bon, Salinger. »

… elle lui caressa la tête. Elle était tendre et affectueuse, comme si elle caressait un chien.

« Défie-moi encore avec cette attitude, mon petit jouet. »

« Hrrngh ! »

« Tu ferais mieux de te lever avant la tombée de la nuit. Les chiens sauvages aiment venir dans cette région. »

Puis, elle le laissa là.

Mirabella, l’automate de combat, choisit soigneusement ses pas en quittant la forêt.

 

+++

Le palais Nebulis, la Flèche Étoilée.

Les appartements privés du chef de famille Lou se trouvaient dans la Flèche Étoilée.

Alors qu’elle était allongée sur son lit de malade, Liliel échangea un regard avec Schwartz.

« Comment va ma fille ces derniers temps ? »

« Je suis désolé, madame. Je ne sais pas du tout comment cela lui est arrivé… »

Mirabella agissait bizarrement depuis un moment.

Il y avait quelque chose qui clochait chez elle, que seuls sa mère et son tuteur pouvaient remarquer.

Elle était devenue plus animée.

Jour après jour, elle passait son temps à aiguiser ses couteaux en silence. Même si elle refusait de se maquiller, elle prenait un bain tous les deux jours au moins, et quand elle quittait le palais, elle demandait à ses serviteurs de repasser son uniforme de combat.

On aurait presque dit…

… comme si elle s’habillait pour aller voir un amoureux.

Elle se souciait davantage de ses vêtements. Il s’agissait plutôt de son uniforme de combat que de ses habits royaux.

« Elle m’a dit qu’elle suivait des séances d’entraînement en solo. Mais elle est trop secrète. Elle ne me dit jamais quand ni où elle va. »

« Schwartz, tu ne pourrais pas au moins découvrir où elle va ? »

« J’ai bien peur que… même quand je la suis, elle saute par les fenêtres du palais pour sortir. »

Il ne pouvait pas la surprendre en train de partir, même s’il surveillait la porte d’entrée.

Le palais Nebulis comptait en effet plusieurs centaines de fenêtres. Mirabella sautait par l’une d’entre elles au hasard; il fallait donc toutes les surveiller pour la suivre. Évidemment, c’était impossible.

« Elle a dit qu’elle s’amusait… »

« Tu veux dire son entraînement ? »

« Oui, si on en croit ce qu’elle dit. Elle m’a dit que ses séances “répondaient à ses attentes”, c’est pourquoi elle s’amusait… »

« Quelles attentes ? »

La cheffe de famille fronça les sourcils, dubitative.

« De quoi parle-t-elle ? »

« Eh bien… Ce que je sais, c’est qu’elle doit avoir un partenaire d’entraînement. »

Mais qui était-ce ?

Mirabella était la candidate la plus forte au titre de reine, donc si elle en parlait ainsi de son adversaire, cela signifiait…

Le duo resta pensif un moment.

La mère de Mirabella et Schwartz avaient du mal à imaginer qui pouvait être cette personne.

 

+++

« Cette petite morveuse ! »

Au centre de l’État, dans une banlieue de la ville.

Enfermé dans une petite cabane délabrée où presque personne ne venait, Salinger tremblait, assis sur son lit.

« Comment peut-elle être un tel monstre ?! »

La princesse Mirabella était trop puissante.

Elle savait utiliser son pouvoir astral, se battre au corps à corps et tirer parti de la guerre psychologique.

C’est donc la candidate la plus forte de l’histoire au titre de reine.

Bien sûr. Elle est clairement différente. C’est une aberration.

Il n’avait pas l’impression de se battre contre une personne.

Mirabella ne ressemblait même pas à une bête, ni à un être vivant d’ailleurs. Elle était comme une machine de guerre programmée pour tuer.

« Une poupée vivante… »

Elle tentait de l’éventrer avec ses couteaux et de l’étrangler avec ses mains. Elle l’avait presque mis en pièces des dizaines de fois avec son pouvoir astral balistique.

Et pendant tout ce temps, son expression n’avait pas changé. C’était comme si rien ne la retenait.

Si j’avais été quelqu’un d’autre, elle m’aurait déjà tué trente fois.

Cependant…

« Je suis toujours en vie. »

Il serra sa main rouge et enflée en un poing.

C’était vrai. Même s’ils s’étaient battus à maintes reprises, il avait survécu à chaque affrontement.

Il avait survécu parce qu’il était lui-même.

Je suis le seul. Je suis le seul adversaire à sa hauteur.

À un moment donné, l’obsession de Salinger de se mesurer à la famille royale avait disparu, même s’il n’en avait pas conscience.

Il voulait juste gagner. Il voulait juste battre la princesse.

Si l’on pouvait mesurer son ressentiment, sa haine pour cette fille l’emporterait sur celle qu’il éprouvait pour toute la famille royale.

« En parlant de la famille royale… Comment avance cette analyse ? »

Il avait toujours sur lui la broche qu’il avait volée à l’Hydra. Elle contenait une puce mémoire étrange. Il avait réuni une somme d’argent conséquente pour la faire analyser par un ingénieur.

L’analyse devrait être terminée depuis longtemps.

Est-ce que le gars a pris l’argent et s’est enfui ?

Il s’en fichait maintenant.

Il ne pensait plus qu’à son combat contre l’automate.

« La prochaine fois, je… Tss. »

Il ouvrit ses placards et constata qu’il n’y avait plus rien à manger. Son obsession l’avait tellement envahi qu’il avait oublié de faire des provisions.

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