Jinrou e no Tensei – Tome 8 – Chapitre 8 – Partie 2

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Chapitre 8

Partie 2

En tant que vice-commandant du Seigneur-Démon, il était important que j’aie une bonne compréhension de toutes nos nations limitrophes. Mais la vraie raison pour laquelle je m’intéressais à la Nation de Wa était ailleurs. L’assaisonnement que j’avais trouvé qui ressemblait à de la sauce soja venait de Wa. De plus, son processus de fabrication était extrêmement similaire à celui du Japon. En tant que japonais réincarné, je voulais absolument en savoir plus. D’autant plus que la nation s’appelait Wa. Cela ne signifiait rien dans les langues de ce monde, mais en japonais cela signifiait paix. De plus, Wa était l’ancien nom du Japon. Bien sûr, cela pourrait n’être qu’une coïncidence, mais le précédent Seigneur-Démon et moi étions venus du Japon. Il était possible que d’autres personnes du Japon se soient également réincarnées ici dans le passé. Je voulais absolument le vérifier. En outre, ils pourraient s’avérer être de précieux partenaires commerciaux.

« Quelque chose ne va pas, Veight ? »

« Pas exactement… »

Je me demande comment Airia réagirait si je lui disais que je voulais aller à Wa ? Se fâcherait-elle ? Après tout, je n’avais pas besoin d’y aller personnellement. Si tout ce que je voulais faire était d’enquêter, je pourrais envoyer Kite. La dernière chose que je voulais était de mettre Airia en colère, alors j’avais décidé de mettre le sujet de côté pour l’instant et de me concentrer sur la paperasse qu’il me restait encore.

Après quelques jours de bureaucratie ennuyeuse, une certaine excitation était finalement entrée dans ma vie.

« Un messager de la Nation de Wa ? » avais-je demandé à Fahn, qui était venu relayer un message.

J’avais levé les yeux du formulaire de R&D du Fusil magique que je signais et j’avais penché la tête d’un air interrogateur.

« Et ils veulent me rencontrer ? Pas le conseil de la République, mais moi personnellement ? »

Fahn haussa les épaules et déclara : « Apparemment, elle est intéressée par ce sanctuaire que tu as construit à Beluza. Elle est arrivée ici en demandant le gars qui l’avait fait. »

Oh oui, j’ai totalement oublié ce sanctuaire que j’ai fait ériger en l’honneur du Kraken.

« Merde, je dois encore terminer cette proposition d’ici la prochaine réunion du conseil. »

J’espérais organiser une équipe pour rechercher le trésor que le héros Draulight avait soi-disant emporté avec lui lorsqu’il s’était enfui à Meraldia. D’après ce qu’Eleora m’avait dit, il avait volé beaucoup d’artefacts précieux à de riches nobles avant de conduire les esclaves vers la liberté. Je voulais avoir une proposition prête pour la prochaine réunion afin que nous puissions discuter de ce qui dirigerait l’expédition et du type de budget à lui donner. Mais si un messager de Wa était ici, je ne pouvais pas me permettre de ne pas le rencontrer. Je rangeai ma proposition à moitié finie dans mon tiroir et me levai d’un coup.

« D’accord, je vais le rencontrer. Ce serait impoli de le laisser attendre après avoir fait tout ce chemin. »

J’aimerais vraiment être deux. De cette façon, je serais en mesure de faire tout ce travail. En fait, je pourrais tout laisser à l’autre moi et simplement prendre ma retraite… De cette façon, j’aurais tout le temps du monde pour étudier la magie et l’écologie des démons. Je pourrais réaliser mon rêve de devenir biologiste. C’est ce que je voulais quand j’étais sur Terre, mais je n’en avais jamais eu l’occasion. Quoi qu’il en soit, voyons ce que veut ce messager.

J’avais rencontré le messager dans mon salon.

« C’est un plaisir de faire votre connaissance, Lord Veight. Je m’appelle Mihoshi Fumino. Je suis membre de la Cour des Chrysanthèmes de la Nation de Wa. »

 

 

Une jeune femme portant ce qui ressemblait à une tenue de miko s’inclina devant moi. Son allure était gracieuse et elle était étonnamment grande. Je m’étais incliné en réponse et j’avais répondu : « Je m’appelle Veight, conseiller au Conseil de la République de Meraldia et vice-commandant du Seigneur-Démon. J’ai entendu dire que la Cour des Chrysanthèmes est une organisation similaire à notre conseil. »

Fumin hocha la tête.

« Correct. Nous sommes l’organe directeur du Wa. Bien que, puisque je suis le Kushin le moins bien classé, je suis pour ainsi dire la fille de courses de la cour. »

« Kushin ? »

« C’est un titre similaire à votre noble. Incidemment, nos gens ordinaires ne sont pas appelés paysans, mais shomin. »

Attends, cela signifie-t-il que son titre est dérivé du Kuge de la période Heian ? Maintenant, mon intérêt était piqué. Mais d’abord, j’avais besoin de savoir ce que voulait notre invitée.

« On m’a dit que vous vouliez rencontrer non pas le conseil, mais moi personnellement. Puis-je vous demander ce que vous avez à faire avec moi ? »

Fumino plissa les yeux et m’observa attentivement.

« J’ai vu un édifice religieux à Beluza qui ressemblait beaucoup à ceux de mon pays natal. Quand j’ai demandé qui l’avait érigé, j’ai été dirigée ici. Je voulais vous rencontrer pour en savoir plus sur ce sanctuaire. »

C’est ce que j’avais aussi entendu de Fahn aussi. Mais je savais que ça ne pouvait pas être tout.

« Et que comptez-vous faire de ces informations ? »

Fumino me sourit légèrement.

« J’ai entendu dire que les loups-garous peuvent détecter les mensonges à partir de l’odeur d’une personne. Par conséquent, je crains de ne pouvoir vous le dire. »

« Cela signifie que vous ne pouvez pas me donner une réponse honnête ? »

« Correct. »

Eh bien, au moins, elle est honnête sur le fait qu’elle ne peut pas être honnête. Fumino ajouta nonchalamment : « Tout ce que je souhaite savoir, c’est où vous avez appris à fabriquer des sanctuaires de cette nature et pourquoi vous en avez érigé un à Beluza. C’est tout. S’il y a des raisons pour lesquelles vous ne pouvez pas me le dire, alors je n’insisterai pas sur la question. »

« Hmmm… »

Je croisai les bras pensivement. À en juger par ce que Fumino avait dit, il y avait probablement des sanctuaires d’inspiration shinto à Wa. Comme je n’avais aucun contact avec Wa, et que Beluza ignorait plus ou moins la culture wa, elle avait de bonnes raisons de se demander ce qu’un sanctuaire comme celui-là faisait là. Soit elle soupçonnait ma véritable identité, soit j’avais commis une sorte de faux pas religieux en fabriquant ce sanctuaire. Peu importe de quoi il s’agissait, je ne pouvais pas me permettre de lui dire la vérité.

« Je suis l’un des disciples du Seigneur-Démon Gomoviroa, j’ai donc étudié des histoires du monde entier. Je pensais qu’un sanctuaire de cette nature serait le meilleur moyen d’honorer la mémoire de ce Kraken, alors je l’ai fait construire. C’est tout. »

Fumino scruta mon expression pendant quelques secondes, puis hocha la tête.

« Je ferai savoir à la Cour des Chrysanthèmes que c’est ce que vous avez dit. Cependant, Lord Veight, je peux dire que vous cachez quelque chose. »

« Peut-être, mais vous aussi. »

« En effet. »

Tous les deux, nous nous étions salués solennellement. Si Fumino n’allait pas être franche avec moi, je ne pouvais pas non plus être franc avec elle. Je m’excusai et allai dans la pièce voisine pour organiser mes pensées. J’avais également ordonné à l’une des femmes de ménage de préparer le thé.

Je ne voulais pas simplement renvoyer Fumino chez elle, car je voulais discuter avec elle de l’ouverture de routes commerciales vers Wa. De plus, j’avais un intérêt personnel pour elle et son pays. Le problème était que pour en savoir plus, je devais me rapprocher d’elle. Et je ne pouvais penser à aucun moyen de le faire pour le moment. Tant que nous jouions timidement les uns avec les autres, les choses resteraient dans l’impasse. Peut-être que je devrais juste parler un peu et voir où je peux aller à partir de là ?

« Hey Veight, j’ai entendu un messager de Wa arriver et… »

Parker entra nonchalamment dans la pièce et commença à bavarder. Avant même qu’il ait pu terminer sa question, je l’avais coupé et lui avais dit : « N’ose pas lui montrer ton visage. Tu vas compliquer les choses. »

« Je pense que tu as un malentendu fondamental à mon sujet, Veight. »

« Non, je pense que je te comprends très bien, mon frère bien-aimé, c’est pourquoi j’ai besoin que tu te taises. »

Si Parker se joignait à la conversation maintenant, qui savait à quel point les choses se compliqueraient. Malheureusement, Parker ne comprenait pas l’allusion.

« Eh bien, si tu ne veux pas que je montre mon visage, cela peut être arrangé. Tu vois, tout ce que j’ai à faire, c’est de me couper la tête et tout ira bien. »

« Ouais, tu vois, c’est exactement le problème. Tu pourrais au moins faire semblant d’être un humain pendant cinq secondes si tu veux parler à un messager. »

« Mais si je ne suis pas honnête avec elle, la conversation continuera de tourner en rond ! »

J’avais tressailli pendant que Parker abordait le problème exact avec lequel j’étais aux prises.

« Bon Dieu ! Comment fais-tu pour toujours lire dans mes pensées comme ça !? Et pourquoi arrives-tu toujours avec le conseil parfait !? »

« Attends, est-ce que je viens de donner un bon conseil ? »

« Non, tu ne l’as pas fait ! »

J’avais attrapé Parker par les épaules et j’avais commencé à le secouer. Qui a laissé entrer ce type ? Juste à ce moment-là, j’avais entendu un bruit étrange provenant de la pièce adjacente.

« Ahahahahahahahaha! »

Parker et moi avions échangé un regard.

« Qui est dans l’autre pièce ? » demanda-t-il innocemment.

« Le messager de Wa… »

C’était bien la voix de Fumino, mais pourquoi riait-elle ? Parker et moi avions lentement ouvert la porte et avions trouvé Fumino roulant autour du canapé en hurlant de rire.

« Je-je n’y crois pas… le redoutable Roi Loup-Garou Noir est comme… Gahahaha ! Incroyable ! »

Parker et moi nous étions regardé.

« On dirait qu’elle a entendu notre conversation », marmonna Parker.

« Ouais, mais pourquoi rit-elle ? »

« Aucune idée… »

C’est alors que Fumino remarqua finalement que nous la fixions. Son expression se raidit soudain. Puis, avec une rapidité incroyable, elle se remit en position assise et redressa son dos. Elle ajusta également son col lâche et détendit son visage dans un sourire.

« Quelque chose ne va pas, Lord Veight ? »

« C’est moi qui devrais demander ça. »

Je m’étais dirigé vers Fumino et j’avais regardé son visage.

« Je ne peux pas dire que j’approuve l’écoute comme ça, Lady Fumino. »

« Qu’est-ce que vous voulez dire ? » demanda Fumino en faisant l’idiote.

Avant que je puisse répondre, Parker sortit sa tête de derrière mon épaule et déclara : « Bonjour ! Êtes-vous le messager de Wa ? Je suis Parker, le grand frère de Veight ! Oh, je suppose que ça ferait de vous sa sœur. »

J’attrapai rapidement Parker et le poussai dans l’autre pièce avant qu’il ne puisse provoquer une scène. Une fois qu’il fut parti, je me tournai vers Fumino.

« Mes excuses. C’était juste un squelette qui trainait. »

« Désolée, mais vous ne pouvez pas garder ce squelette dans le placard ! »

Merde, tu ne peux pas rester tranquille !?

« Oh, oui, je peux ! Sors tout de suite ! »

Voilà ma tentative d’essayer d’avoir l’air digne. Parker claqua joyeusement alors qu’il commençait à se réassembler.

« Pourquoi dois-tu être si cruel avec moi !? »

« Pourquoi ne demandes-tu pas ça à ton cœur !? »

« Pourquoi, parce que je n’en ai pas, bien sûr ! »

« Cette blague commence à devenir lassante ! »

Fumino recommença à éclater de rire. Ugh, c’est un gâchis. Il avait fallu encore quelques minutes avant que je puisse enfin faire en sorte que Fumino arrête de rire et que Parker arrête de faire des calembours.

« Je-je suis terriblement… désolée… » siffla Fumino, faisant de son mieux pour retrouver son calme. C’est un peu trop tard pour ça. Fumino baissa les yeux en s’excusant et dit : « La vérité est que j’ai en fait un peu de formation dans les opérations secrètes, et j’ai entendu votre conversation dans l’autre pièce. »

« Opérations secrètes, hein ? »

« Oui. De telles compétences sont nécessaires si vous souhaitez apprendre des informations que les autres ne sont pas disposés à donner. »

Elle était donc une jeune fille du sanctuaire et un ninja. Eh bien, au moins, elle était certainement intéressante. Fumino avait probablement espéré que j’aurais une conversation top secrète avec mes aides dans l’autre pièce, mais à la place, tout ce qu’elle avait entendu, c’était que nous plaisantions comme des idiots. Je ne pouvais pas la blâmer de rire, même si je remettais en question son sens de l’humour. C’est peut-être ce que les gens pensent être drôle à Wa. Quoi qu’il en soit, maintenant que nous étions plus honnêtes l’un envers l’autre, je sentais que Fumino et moi pouvions nous entendre.

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Un commentaire :

  1. merci pour le chapitre

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