Je suis un bâtard mais tu es pire – Tome 1 – Chapitre 6

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Chapitre 6 : Les vacances sont faites pour la chasse

Clop, clop, clop, clop, clop, clop, clop…

Plusieurs dizaines de chevaux trottaient à travers les plaines avec des hommes armés montés sur eux.

L’atmosphère entourant les hommes était trop décontractée pour qu’on puisse penser qu’il s’agissait de soldats : leurs tenues étaient également complètement dépareillées. Certains d’entre eux portaient des armures de chevalier, d’autres portaient des peaux d’animaux cousues ensemble de façon désordonnée pour former une sorte de vêtement.

Ces hommes étaient les « Tigres Pourpres ». C’était une bande de voleurs à cheval qui, ces dernières années, écumait les territoires du vicomte Silfis, situés dans les provinces orientales du royaume de Lamperouge.

Le territoire de Silfis était l’un des principaux territoires agricoles du royaume de Lamperouge : la majeure partie de la région était composée de plaines. Les voleurs à cheval pouvaient facilement se déplacer à travers les plaines, ce qui les rendait très difficiles à gérer et en faisait une source d’inquiétude sans fin pour le vicomte Silfis.

Les Tigres Pourpres étaient tristement célèbres pour leur caractère impitoyable : plusieurs villages avaient déjà été réduits en cendres par eux. Les villageois étant brutalement assassinés.

« Le village est devant nous, non ? »

« Oui, on est tout près. »

Le grand homme costaud à la tête du groupe cracha sa question, tandis que l’homme maigre chevauchant à côté de lui y répondit.

Le grand homme portait un tatouage en forme de crochet sur son crâne chauve et des muscles robustes sur son corps criblé de cicatrices. Il avait l’aura d’un vétéran de nombreux champs de bataille.

Cet homme était le chef des Tigres Pourpres : bien que son vrai nom soit inconnu, il était recherché et craint sous le nom de « Tigre mangeur d’hommes. »

« Les hommes vont apporter du blé au seigneur aujourd’hui, alors il ne devrait y avoir que des femmes, des enfants et des personnes âgées dans le village, patron. Ça va être un festin, heeheehee. »

L’homme maigre se lécha les lèvres.

En réponse, le « tigre mangeur d’hommes » grogna.

« On ne va pas trouver grand-chose s’ils ont déjà emporté le blé… Je suppose qu’on en laissera juste assez pour qu’ils ne meurent pas de faim. »

« Nous allons trouver des femmes, patron. On peut faire ce qu’on veut avec elles, hein ? »

« Oui, faites ce que vous voulez. Mais n’y passez pas trop de temps. »

« C’est clair et net, patron. Heeheehee. »

Assez rapidement, le village était devenu visible.

Le village était entouré de clôtures relativement hautes, qui servaient à éloigner les loups et autres bêtes. Pour les envahisseurs à cheval, c’était des défenses minces comme du papier.

Le « Tigre mangeur d’hommes » dégaina son épée sur son dos et la tint haut, tout en contrôlant habilement le cheval d’une main.

« Écoutez bien, messieurs ! Nous sommes des bêtes ! Des monstres se régalant de chair humaine ! Tuez, violez, prenez tout ce que vous pouvez !! »

« Wooohhh ! !! »

Les bandits à cheval rugirent en réponse au cri du « tigre mangeur d’hommes ».

Un petit groupe de bandits courut devant le groupe et arracha les clôtures pour que les autres puissent se précipiter dans le village.

Les Tigres Pourpres étaient tous expérimentés dans l’art du pillage et du massacre — et leur chef bien plus que tout autre.

Les habitants d’un si petit et faible village n’avaient sûrement pas les moyens d’arrêter leurs actes barbares. Un banquet de chair et de sang était sur le point de commencer.

« Gwaaahhh !!! »

Le « Tigre mangeur d’hommes » suivit ses subordonnés à l’intérieur, entendant déjà des cris d’agonie provenant du village.

« Ah ? »

Mais là, le « Tigre mangeur d’hommes » resta figé sur place.

Un décor totalement inattendu l’accueillait.

« Préparez vos arcs, feu !!! »

« GWAAAHHH !? »

Pour une raison inconnue, il y avait des rangées de soldats armés d’arcs dans le village. Les cadavres des bandits qui étaient entrés dans le village en premier étaient éparpillés à leurs pieds.

« Merde !!! Pourquoi y a-t-il des soldats dans un endroit pareil !? »

Le « Tigre mangeur d’hommes » déplaça rapidement son sabre pour parer les flèches, mais l’une des flèches qu’il manqua frappa son cheval.

Le chef des bandits sauta loin de son cheval qui s’effondrait, roula sur le sol, et se remit rapidement en position.

« Tch… Vous autres, chargez !! Tuez-les tous !! »

« Wooohhh !! »

Les voleurs à cheval qui n’avaient pas été abattus par les flèches s’étaient précipités vers les soldats. Mais alors qu’ils étaient assez proches pour attaquer, un autre groupe de soldats était apparu dans leur dos, cette fois armé de lances. Ils chargèrent les bandits par-derrière, enfonçant leurs lances dans les bandits.

« Gwaaahhh !!! »

« B-boss… aidez… gwfh… »

« On ne peut pas gagner !!! Courez !! »

La véritable capacité des bandits à cheval se manifestait par leur capacité à manœuvrer librement dans de vastes prairies : dans un petit village avec de nombreux obstacles, leurs capacités étaient réduites de moitié.

Les bandits avaient été éliminés, les uns après les autres.

« Merde !! »

Le « Tigre mangeur d’hommes » s’était décidé rapidement. Il abandonna ses subordonnés survivants et s’enfuit en direction de la clôture déchirée. Il courait désespérément, utilisant son sabre pour assommer tous les subordonnés sur son chemin.

Ils ont dû découvrir que nous allions attaquer ce village ! Merde… où est la sortie ? Où !?

Le leader courait pour sauver sa peau, tandis que les cris de ses subordonnés s’atténuaient en arrière-plan. Ce fut alors que…

« Un cheval, je dois trouver un cheval… »

« Tu es le “Tigre mangeur d’hommes”, hein ? »

« … !? »

Un jeune homme apparu soudainement à ses côtés.

« Je t’attendais. »

Le « Tigre mangeur d’hommes » se retourna et vit un jeune homme vêtu d’une armure de chevalier, avec un groupe de soldats, apparemment ses subordonnés. Il y avait les cadavres de plusieurs bandits à leurs pieds, probablement ceux qui avaient tenté de s’échapper auparavant.

« Qui es-tu, bâtard… !? »

« Certainement pas une personne qui peut être traitée de bâtard par un voleur comme toi… mon nom est Dyngir. »

Non pas que cela signifie quelque chose à ce stade — haussa les épaules du jeune homme.

« Dyngir… Maxwell !? Pourquoi es-tu là ? »

« Les provinces de l’est sont le territoire de Maxwell. Nous ne régnons pas directement sur cette région, mais il n’y a aucune raison pour que nous ne soyons pas là, n’est-ce pas ? »

« C’est des conneries !! »

« Eh bien, si tu veux vraiment savoir, en tant que prochain seigneur de ces terres, je sens que je dois protéger mes “petits frères”. Alors je me suis dit que je pourrais soulager les épaules de mon précieux vassal. »

Dyngir gloussa et dégaina son épée.

L’éclat terne de sa lame était très différent des lames de cérémonie que les nobles brandissaient souvent. Ce n’était pas une décoration, mais un outil fin fait pour tuer.

« Va chercher la tienne. Je vais te faire une faveur et te combattre en un contre un. »

Dyngir pointa son épée vers le « Tigre mangeur d’hommes » et sourit avec amusement.

Aucun des soldats n’avait essayé de dissuader leur seigneur. Ils étaient apparemment sûrs qu’il allait gagner.

« Ne sois pas si arrogant, morveux ! »

Le « Tigre mangeur d’hommes » tint son sabre bien haut, bondit en avant, et profita de l’élan pour le balancer vers le bas. Malgré son grand corps, ses mouvements étaient très agiles.

« Tu as bien l’air d’un tigre. »

Même face à la frappe meurtrière du bandit, Dyngir était aussi nonchalant que jamais.

Il avait facilement esquivé l’attaque et avait frappé avec son épée en réponse.

« Et voilà. »

« !? »

Dyngir donna deux coups d’épée : le premier coup coupa les mains du bandit qui tenaient l’épée large, le second ouvrit une profonde entaille sur ses jambes.

Les mains utilisées pour tenir l’arme avaient disparu, et il avait en plus perdu l’usage de ses jambes pour s’échapper. Le « Tigre mangeur d’hommes », ayant perdu le contrôle de ses membres, ne pouvait que tomber face contre terre.

« Ghaah… haah… ça fait.. maaaaaaaaaal... ! »

« Stoppez l’hémorragie et déposez-le chez l’inspecteur. Assurez-vous qu’il ne puisse pas se tuer. »

« Oui, monsieur ! »

« Mon Dieu, c’était splendide. »

Un homme s’était avancé, félicitant Dyngir pour sa victoire.

« Réussir à vaincre le “Tigre mangeur d’hommes” si facilement… votre maniement de l’épée était quelque chose à voir. Hehehe ! »

Ces louanges et ce gloussement effrayant provenaient de l’homme maigre qui était entré dans le village aux côtés du chef des bandits.

« Ah, merci aussi pour votre aide. Désolé de vous avoir fait faire quelque chose d’aussi pénible. »

« Pas du tout ! Les tâches pénibles sont après tout ma spécialité… héhé. »

L’homme maigre était un espion envoyé par Dyngir pour infiltrer les Tigres Pourpres. Grâce à ses informations, ils pouvaient cette fois-ci préparer un piège pour les bandits à cheval.

« J’enverrai quelqu’un avec ta récompense plus tard. Je compterai à nouveau sur toi si quelque chose se présente. »

« Oui, naturellement, monsieur… au fait, y avait-il une raison de laisser cet homme en vie ? », dit l’homme maigre en regardant les soldats attacher le « Tigre mangeur d’hommes » et l’emporter.

« Mes hommes ont déjà repris la cachette des Tigres Pourpres, donc honnêtement, je ne pense pas qu’il y ait quoi que ce soit à gagner en interrogeant cet homme. Heeheehee… »

« Oh oui, à propos de ça. »

Dyngir ramassa l’épée large utilisée par le « Tigre mangeur d’hommes. »

« C’est une assez bonne épée, pas vraie ? Elle est imprégnée de boue et de sang, mais elle a été fabriquée avec du bon métal. Ce n’est pas un objet fabriqué en série, mais un produit unique issu d’une forge de qualité. Ça rapporterait pas mal d’argent sur le marché. »

« Oui ? De quoi parlez-vous, monsieur ? »

L’homme maigre était perplexe face à ce changement soudain de sujet.

Dyngir ne semblait pas s’en soucier, cependant, et continua.

« C’est la même chose pour les armes des autres bandits. On ne peut pas trouver du matériel d’une telle qualité en pillant simplement les villages. Il doit y avoir un sponsor qui les soutient. »

« Quelqu’un qui tire les ficelles, monsieur ? »

« Oui, je parie d’abord sur l’empire. Ensuite, un noble du centre qui voudrait nous rabaisser. L’outsider étant la famille royale de Lamperouge. »

Dyngir jeta le sabre et s’essuya les mains avec sa manche comme s’il avait touché quelque chose de dégoûtant et sale.

« En tout cas, j’ai plein de trucs à lui demander, il ne va pas avoir une mort facile. Pauvre gars. »

« …heehee. »

Quelle personne terrifiante… bien plus que ces voleurs...

L’homme maigre leva les yeux au ciel, tandis que des frissons parcouraient son échine.

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Après en avoir terminé avec les voleurs à cheval, je m’étais rendu au puits du village, essuyant le sang sur mes armes.

Nous avions informé les villageois de l’opération à l’avance, alors ils revenaient maintenant des abris, petit à petit. Parmi eux, il y avait aussi quelques filles à l’air innocent.

Hmm, les femmes ici ne sont pas mal non plus. Une beauté pure et naïve, comme une fleur sauvage éclose dans les prairies… Je pourrais m’en faire deux ou trois avant de rentrer…

Alors que je regardais les jeunes villageoises s’assurer joyeusement de la sécurité des autres, un de mes subordonnés s’était précipité vers moi.

« Seigneur Dyngir ! Un messager du Maréchal Maxwell !! Des ordres viennent d’arriver, vous demandant de rentrer au château immédiatement, mon seigneur !! »

« Tch, quelle est cette fichue hâte ? »

Mes attentes d’un bon moment avaient été brusquement interrompues, aussi avais-je répondu d’un ton agacé.

Alors qu’il continuait son rapport, le messager semblait terrifié d’avoir aigri mon humeur.

« Mes plus profondes excuses. A- Apparemment, le Baron Nommes et son gendre veulent vous voir à tout prix… »

« Haha ! Je vois, ils sont donc venus ! »

Peut-être effrayés par ma réaction bruyante, les villageois des environs s’étaient rapidement dispersés.

Les jeunes filles que j’aimais tant regarder avaient disparu, mais j’étais néanmoins de très bonne humeur.

« Je retourne sur le territoire de Maxwell ! Ceux qui peuvent partir maintenant, venez avec moi !! »

« Eeh !? »

« Jeune maître !? »

Ignorant les huées de mes subordonnés, je sautais sur mon cheval et partis au galop.

Hahaha… bienvenue dans les provinces reculées, ô ancien prince héritier… vous allez apprécier votre vie à la campagne.

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Un commentaire :

  1. Il doit déjà avoir plein d'enfants illégitimes un peu partout...

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