J’ai été réincarné en une Académie de Magie ! – Tome 7 – Chapitre 159 – Partie 2

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Chapitre 159 : Le maître de la guilde de la rage fantomatique

Partie 2

« Tant de jeunes…, » avais-je dit à un moment donné en m’arrêtant à côté du corps d’une jeune fille el’Doraw d’une vingtaine d’années.

Tous ces jeunes adultes qui étaient présents ici ne pouvaient que signifier qu’ils avaient fait preuve d’un talent incroyable en matière d’assassinat ainsi que d’une forte envie de le mettre en pratique. Dans tout autre cas, en plus de ne pas pouvoir quitter leur repaire, ils n’auraient jamais pu faire un seul pas sur cette île maudite.

Malgré tout, il n’avait jamais été facile d’ôter la vie aux jeunes, seule la pensée qu’ils avaient choisi la voie du mal m’avait rassurée, c’est pourquoi je souhaitais ne jamais entendre l’histoire de leur vie.

Chaque pas que je faisais dans ce sinistre corridor criblé de restes d’assassins me donnait l’impression d’ouvrir peu à peu les portes de mon passé infernal avec un pied de biche fait de haine, de peur et de colère pures. Celui que j’allais rencontrer maintenant était le bâtard qui avait ordonné que mon destin soit griffé et coupé en morceaux par le mode de vie au sein de cette Guilde.

Aucune petite fille ou aucun petit garçon ne méritait ce que j’avais vécu, quels que soient leur passé ou leurs parents, leur innocence n’était pas censée être entachée par l’obscurité de ce monde. D’une certaine manière, cette Guilde de la rage fantomatique ressemblait plus au culte d’un Dieu des ténèbres qu’à celui de ces acolytes à la capuche noire que nous avions rencontré dans le passé.

Le sentiment étrange que je ressentais dans ce couloir était également dû en grande partie à la façon dont il avait été construit. Il n’y avait qu’un chemin droit qui menait dans l’obscurité, avec seulement une paire de torches allumées à son extrémité. Le tunnel avait la forme d’une arche géante, avec des murs lisses faits de pierre d’onyx, taillés et lisses, sans aucune crête ni bosse. Le sol était fait d’une combinaison de marbre noir et blanc sur lequel se trouvaient des bosses en forme de vagues. Le design me rappelait les donjons en miroir construits par Illsy, qui pouvaient rapprocher n’importe qui de la folie.

Lorsque j’avais atteint le bout du tunnel, une paire de portes massives en marbre m’avait empêchée d’aller plus loin. Seule une personne ayant passé le rang Empereur pouvait exercer une force suffisante pour les pousser.

Je m’étais arrêtée là. Mon esprit s’était étendu à mes Super Clones et j’avais attendu patiemment qu’ils fassent leur travail et qu’ils tuent tous les traînards. L’un d’eux était remonté à la surface et y avait attendu Illsy. Je regardais la mer, en direction de l’île isolée d’Illsyorea. Au fur et à mesure que le temps passait, de plus en plus d’âmes qui vivaient ici avaient connu leur perte, mourant face à mes attaques silencieuses.

Pourtant, avec tout ce sang qui avait éclaboussé mes mains, je ne me sentais pas du tout sale. Je n’avais aucune inquiétude dans mon cœur concernant mes éventuels péchés. Peut-être que mes sœurs-épouses n’auraient jamais accepté une telle issue. Tuer tant de gens sans leur donner le droit à un procès équitable me semblait mal et injuste, mais dans ce monde où la Guilde de la rage fantomatique gagnait sa vie en tuant, il n’y avait pas de procès équitable.

Les seuls qui pouvaient les juger étaient probablement Illsy, mais quand il en aurait fini avec eux, ils seraient morts à cause de la malédiction.

« Pourtant, d’une certaine manière, je me mens à moi-même, n’est-ce pas ? » dit le clone du dessus en regardant ses mains.

Une seule larme s’était formée dans le coin des yeux de chacun de mes clones. Je l’avais essuyée, puis j’avais continué le massacre.

Je me berçais probablement d’illusions, en essayant de voir la bonté et l’honneur dans la barbarie, mais la vérité était toujours aussi évidente qu’elle pouvait l’être, et au fond… ça faisait mal. Après tout, ce que je faisais n’était rien de plus qu’un génocide absolu contre quiconque et tout ce qui croisait mon chemin. En moins d’une demi-heure, l’île entière était tombée dans un silence sombre alors que l’odeur du fer emplissait l’air.

L’un de mes clones s’était approché de moi en silence et, d’un signe de tête, elle s’était avancée, ouvrant les portes du bureau du maître de la guilde. Il n’y avait aucune raison de mettre mon vrai corps en danger comme ça. Même un clone était un peu trop pour lui, mais ce soir, je n’avais pas seulement l’intention de vaincre ce monstre qui avait ruiné tant de vies au fil des ans. Non, j’allais l’humilier puis le tuer tout en faisant comprendre qu’il ne valait même pas la peine que je m’acharne contre lui.

Que mon corps principal vienne jusqu’à ses portes d’entrée était suffisant pour quelqu’un comme lui.

Alors que je me glissais dans l’ombre, en remontant à la surface, mon clone était entré dans le bureau du maître de guilde.

Des bibliothèques de six mètres de haut avaient été placées contre les murs de cette pièce circulaire d’un diamètre de 60 mètres. C’était un cercle parfait avec son bureau en obsidienne placé en son centre. Chacune des bibliothèques était remplie d’innombrables documents et livres d’âges divers. Il n’y avait pas d’armes sur les murs ni d’armures sur des porte-armures, seulement des livres sur des livres.

Cette scène de cet homme tournant les pages d’un petit livre de la taille de sa paume m’avait prise par surprise, et pourtant il n’avait ni bronché ni tourné le dos pour me regarder. Il était resté là, devant son bureau, continuant à lire, tandis que je me rapprochais de la bibliothèque sur ma droite. Du bout des doigts, j’avais touché le dos en bois d’un des livres et je l’avais ensuite retiré.

« Les anciens dieux de Myasdril, » avais-je dit en lisant le titre.

« Une pièce intéressante que celle-là. Écrit par un moine il y a plus de 15 000 ans dans le but d’avertir les peuples du futur des dangers que les Apôtres des Dieux oubliés allaient apporter à ce monde. Ce qui me fascine, c’est le fait qu’il parle des Donjons comme d’une sorte de machines issue du vide entre les étoiles. Un concept stupide, si j’ose dire, » déclara le Maître de la Guilde en fermant le livre, puis il se retourna pour me regarder.

« En effet… Intéressant. » J’avais répondu et j’avais remis le livre sur son étagère.

Après l’avoir tué, j’allais piller tout cet endroit.

« Est-ce que je te connais ? T’a-t-on donné un nom ? » demanda-t-il d’un ton calme, comme si ma présence ici ne le dérangeait pas du tout.

Pendant cette conversation, mes clones s’étaient approchés de cette pièce l’un après l’autre, attendant leur heure pour faire irruption et l’abattre.

« Shanteya Dowesyl… J’ai été amenée ici à l’âge de dix ans. » J’avais ainsi répondu.

« Ah, celle-là ! Tu étais censée être morte à l’époque, tu sais ? » dit-il en se frottant le menton puis en regardant le plafond.

Une épaisse couche de verre séparait cet endroit du monde extérieur, où une puissante illusion empêchait les autres de trouver cet endroit trop facilement. Le plafond de verre était plus une affirmation de sa puissance qu’une démonstration d’esthétique. Il invitait tous ceux qui osaient le défier à s’avancer et à s’approcher de lui.

« Qui a ordonné ma mort ? » avais-je demandé.

« Est-ce important ? » demanda-t-il en se retournant vers moi.

« Oui. » J’avais fait un signe de tête.

Un moment de silence s’était abattu sur nous alors qu’il me regardait dans les yeux, presque comme s’il essayait de me sonder et de découvrir les secrets que j’osais lui cacher. Ils étaient nombreux, mais il n’était pas digne de les écouter.

« Un rival de ta famille. Tu peux deviner lequel de leurs membres a transmis l’argent. Je doute qu’ils s’en souviennent. » Il avait haussé les épaules.

« Pourquoi ai-je été transformée en l’un d’entre vous ? » avais-je demandé sans montrer la moindre émotion sur mon visage.

« La curiosité, » répondit-il en tournant ses yeux vers moi.

« … »

« J’aurais pu ordonner ta mort au moment où tu as été amenée à la cachette, mais celui qui t’a capturée a en fait pensé que tu ferais mieux d’être un assassin entraîné à notre service. Je ne peux pas dire qu’il avait tort, tu as fini comme une femme belle et forte, digne du titre de Fantôme et non de Poupée, » avait-il dit, essayant de m’attirer dans le piège de me faire croire qu’il avait prédit ma croissance au fil des ans.

Normalement, on s’interrogerait sur la raison pour laquelle quelqu’un d’aussi puissant que le Maître de Guilde s’était intéressé à une simple Poupée Brisée comme moi, mais quand on pense au fait qu’il aurait dû me surveiller pendant toutes ces années, il serait plus raisonnable de croire qu’il avait simplement ordonné à ses assassins d’élite, les Fantômes, d’enquêter sur mes antécédents.

La raison en était simple : les assassins envoyés à Illsyorea avaient échoué lamentablement dans leur mission. Les Élites de la rage fantomatique n’avaient jamais échoué. C’était la règle.

Quant aux Fantômes, ils étaient les assassins les plus puissants et les mieux entraînés sous le commandement direct de cet homme. Personne n’osait les sous-estimer lorsqu’ils étaient envoyés, mais en même temps, je ne pouvais pas dire qu’ils avaient bien combattu contre moi.

Ils étaient tous de rang Suprême, mais chaque Fantôme que j’avais rencontré sur cette île s’était quand même effondré sous les coups de mes clones. Peu importe leur Armure magique, les niveaux qu’ils avaient rassemblés ou le nombre de sorts qu’ils avaient recherchés, au final, ils s’étaient tous révélés absolument inutiles contre moi.

Lorsque j’avais demandé à Illsy de m’aider à entraîner ma furtivité, ma vitesse et mon agilité, il m’avait fait suivre plusieurs stages dangereux avec ses compétences en matière de construction de donjons et m’avait permis de les suivre. Au début, c’était absolument cauchemardesque, mais à force de persévérer, cela s’était amélioré, et j’avais pu finalement atteindre la fin. Mes autres sœurs-épouses avaient vécu des expériences similaires, et seule Ayuseya avait reçu un entraînement plus personnel, car elle avait eu au début un peu de mal à contrôler sa puissante forme de dragon.

« C’est un mensonge, » lui avais-je répondu en lui souriant.

« Oh ? Comment ça ? » demanda-t-il en plissant les sourcils.

« On quitte rarement cet endroit… Tout le monde le sait, il vous aurait donc été impossible d’être là pour donner un ordre aussi précis, d’ailleurs, qui étais-je pour toi ? Une simple et inutile petite poupée cassée. Jusqu’à ce que je rencontre mon mari, je n’avais ni pouvoir ni fortune, je n’étais rien. Même après l’avoir rencontré, j’ai encore dû traverser de nombreuses épreuves avant d’en arriver là. Si tu pouvais prévoir de telles choses, alors que même Melkuth n’en était pas capable, alors vous seriez quelqu’un avec un pouvoir qui dépasse celui d’un dieu. » Je lui avais répondu d’un ton calme alors que je commençais à marcher autour de lui, en gardant une distance de sécurité avec lui, du moins pour le moment.

« Kukuku ! C’est vrai. » Il avait ri et s’était retourné vers la porte. Un froncement de sourcils s’était fait voir sur son visage souriant.

« Personne ne viendra, » lui avais-je dit au bout d’un moment.

« Oh ? T’es-tu occupée de mes fantômes ? » demanda-t-il avec un sourire.

« Sur cette île, il n’y a que toi et moi en ce moment. Tous les autres ne sont qu’un esprit émerveillé prêt à prendre le premier bateau pour l’Autre Monde, » lui avais-je dit.

« Toi…, » il me fixait du regard.

« Je suis venue ici en étant préparée, mon ancien maître, » lui avais-je dit.

L’homme avait serré le poing jusqu’à ce qu’il commence à saigner, mais ensuite il avait relâché sa main et m’avait tourné le dos. D’un pas calme et lent, il s’était dirigé vers la troisième bibliothèque par rapport à la porte et y avait pris un seul document. Rien qu’en regardant le vieux papier, je pouvais dire qu’il était vieux, très vieux.

Le maître de la guilde avait ouvert le document et avait ensuite commencé à en lire quelques lignes.

« Sais-tu comment est née la rage fantomatique ? » demanda-t-il après un moment.

« Non, mais pourquoi serais-tu enclin à partager cette histoire avec moi ? » avais-je demandé.

« Tu le mérites bien pour ce que tu as fait. Si je dois mourir ce soir ou si je dois te tuer, je ne le sais pas encore, mais je souhaite quand même te raconter cette histoire, » avait-il dit.

« Je vois. Alors, continue, » lui avais-je dit.

« Je suis né dans une famille de paysans il y a plus de mille ans. J’étais un enfant ordinaire pour cette époque, » il avait commencé.

« Tu devrais être mort maintenant, » j’avais fait cette remarque.

« Les elfes vieillissent plus lentement que les autres. Mes oreilles humaines en ce moment… sont un “cadeau” de quelqu’un de mon passé. » Il m’avait montré un sourire. « Cet homme a dit que j’étais trop laid sans elles. » Il haussa les épaules et continua, mais pas avant d’avoir roulé le vieux parchemin et l’avoir remis sur son étagère.

En le regardant de loin, le Maître de la Guilde était un homme d’une trentaine d’années avec des muscles puissants couvrant son corps et plusieurs cicatrices profondes qui vous rappellent un voyou. Il avait de longs cheveux noirs attachés en une queue de cheval, et une courte barbe qui lui couvrait le visage. Il portait des vêtements faciles à enfiler, principalement une chemise blanche en soie et un pantalon en coton rembourré de cuir clouté. Son armure magique, pour autant que je sache, était la plus élevée de tous les assassins que j’avais rencontrés jusqu’alors.

S’il ne m’avait pas dit qu’il était en fait un elfe, je ne l’aurais pas cru tant il ressemble à un humain. Il ressemblait à peine aux elfes minces qui se souciaient tant de leur propre beauté et n’appréciaient pas l’idée de développer leurs propres muscles. Dans ce monde, avoir une quantité ridicule de mana pourrait vous donner autant de force que vous le souhaitez, si vous saviez l’utiliser correctement.

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