J’ai été réincarné en une Académie de Magie ! – Tome 5 – Chapitre 65 – Partie 1

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Chapitre 65 : La bataille dans la forêt

Partie 1

[Point de vue de Zoreya]

Après avoir quitté la chambre du prince Reginald, j’avais pris une grande respiration et poussé un soupir.

La lumière de Melkuth m’avait guidée à travers toutes les situations où je me trouvais à la croisée des chemins de ma vie. Mes prières en tant qu’Apôtre avaient toujours été entendues et exaucées par sa Voix Divine. Au fond, je me sentais affranchie et libérée des soucis quotidiens des mortels.

Tant que je porterai le Saint Bouclier de Melkuth et resterai son apôtre pur et intact, je conserverai ma jeunesse et ma force. La mort n’avait pas d’importance pour moi. En tant que servante de son dieu, je savais que je chuterais quand Melkuth me le demanderait. Jusque-là, même la colère des autres Dieux ou Apôtres ne m’abattrait pas. Cela n’avait pas empêché les gens de penser que j’étais prête à déposer mon épée, après tout, j’avais 98 ans, et pour une humaine… cela avait été une très longue vie.

La raison pour laquelle j’avais demandé à me séparer du prince était aussi le résultat du désir de Melkuth. Si ça ne tenait qu’à moi, même si j’apprenais l’existence du donjon divin qui avait tué mon frère Dankyun, je n’abandonnerais pas mon poste et ne le poursuivrais pas. Ma loyauté envers l’Ordre était sans faille. À moins qu’ils ne me le disent, je n’oserais pas bouger.

Malgré tout, au fond de moi… Je me sentais en conflit, alors avant de venir visiter le Prince Reginald, j’étais allée au Temple de Melkuth et j’avais prié. Là, il m’avait répondu et m’avait dit que mon séjour dans ce pays était terminé. J’avais le choix entre retourner dans l’Ordre ou suivre le Seigneur du Donjon.

J’avais choisi ce dernier. Mais j’étais reconnaissante que le prince Reginald pensait à la même chose. De cette façon, je n’avais pas été forcée d’utiliser mon autorité pour me séparer de lui. En tant que leader, il avait beaucoup à apprendre. En tant qu’être humain, sa vie n’en était qu’à ses débuts. Je l’avais formé et je l’avais aidé autant que j’avais pu. Le fait de rester plus longtemps à ses côtés aurait eu un effet négatif sur sa croissance en tant qu’individu fort et charismatique.

Ainsi, j’étais soulagée de savoir que je pouvais terminer ce chapitre de ma vie sans ressentir un goût amer dans ma bouche.

« Je devrais me hâter, » avais-je dit. Puis j’étais allée dans ma chambre pour faire mes bagages.

Un Cristal de Stockage était tout ce dont j’avais besoin pour tous mes bagages. Les cristaux de sort étaient stockés dans un autre. Quand j’avais affaire à d’autres Suprêmes, des Apôtres ou des Seigneurs du Donjon, je devais toujours m’assurer d’avoir un cristal de sort supplémentaire sur moi pour guérir mes blessures et restaurer mon équipement. Malgré tout, c’était réservé à un usage d’urgence.

Deux heures plus tard, j’avais quitté la capitale et j’avais voyagé vers le Nord, suivant les paroles d’un voyageur qui prétendait avoir été sauvé par une démone et une draconienne aux cheveux roux et aux écailles dorées. Ces deux-là faisaient partie du groupe du Seigneur du Donjon. Là où elles étaient, Illsyore y était également.

Le lendemain, j’étais arrivée dans un petit village situé non loin d’un donjon nouvellement découvert. Les gardes m’avaient dit qu’il était apparu du jour au lendemain, mais jusqu’à présent, la Guilde des Aventuriers n’avait émis aucune quête pour lui. Compte tenu de son âge possible, je ne serais pas surprise puisqu’il ne rapporterait aucun profit en termes de loot. Tout au plus, ils envoyaient soit une équipe de subjugation pour les premiers étages, soit un petit groupe de scouts pour recueillir des informations à ce sujet.

À l’intérieur du village, j’étais tombée sur une vieille dame qui m’avait parlé des actions d’Illsyore. Elle était assise devant l’auberge et caressait un merion. Cette boule de poils était probablement son animal de compagnie.

« Il y a eu une attaque de bandit dès le premier jour de son arrivée, » dit-elle d’un signe de tête.

« Y a-t-il une chance qu’il ait été la cause de l’attaque ? » avais-je demandé.

« Non, ma chère. Ces ordures étaient bien connues dans la région, mais vous voyez… nous sommes trop pauvres pour payer pour une quête d’assujettissement, et elles n’ont pas fait assez de dégâts pour justifier l’attention du royaume, » secoua-t-elle la tête. Elle poussa un soupir triste.

Le Merion avait ouvert un œil, m’avait regardée et s’était rendormi.

« Alors… l’avez-vous juste enduré ? » avais-je demandé en plissant mon front.

S’ils ont toujours ce problème, Melkuth voudrait que je m’occupe d’eux…, avais-je pensé.

« Oui. Chaque mois, nous payions des frais de protection. Chaque année, nous leur donnions une partie de notre récolte. Nos gars ont été pris pour être recrutés par eux, tandis que les femmes ont été utilisées à leur guise. Même moi, je ne leur ai pas échappé, » déclara-t-elle avec un sourire triste.

Elle a plus de 60 ans… Ils ont même touché une vieille grand-mère ? J’avais cligné des yeux de surprise, mais le plus surprenant, c’était que le royaume n’avait pas déjà agi contre eux.

S’ils volaient simplement quelques voyageurs et dépensaient l’or à l’auberge, je pourrais comprendre, mais ils faisaient littéralement des raids dans le village. De tels actes ne pouvaient pas passer inaperçus par le royaume pendant trop longtemps, même s’ils soudoyaient un fonctionnaire ou deux.

« Quand cet homme a entendu parler de cela, il donna l’ordre à l’une de ses femmes d’aller se moquer d’eux. Il s’agissait d’une très belle El’Doraw aux cheveux argentés et aux bonnes manières, » acquiesça-t-elle.

« Femmes ? » demandais-je en plissant les yeux.

« Il en avait trois ainsi qu’une esclave. Une belle femme blonde aux yeux bleus, qui pouvait écraser un rocher d’un coup de poing. Une grande draconienne rousse qui portait une épée à deux mains dans une main. L’El’Doraw dont j’ai parlé, et l’esclave était une nekatare mignonne qui aimait le poisson et le lait, » répondit-elle en riant et en levant les yeux vers le ciel. « Je dois dire, mais si elle n’avait pas avoué être esclave et montré son collier, j’aurais cru qu’elle mentait. » La vieille femme me regardait et me faisait un sourire. « La fille était pleine d’énergie et toujours souriante. Son maître n’a même pas agi comme un maître, mais plutôt comme un grand frère ou une sorte de père. »

« Avoir trois femmes… sans vergogne, » j’avais exprimé ma désapprobation.

« Pour nous, ce n’est pas normal, c’est vrai…, » acquiesça-t-elle. « Mais d’où il vient, ce n’est peut-être pas une chose si déraisonnable, non ? Quoi qu’il en soit, il les aimait toutes, et je reconnais une femme amoureuse quand j’en vois une, » m’avait-elle fait un clin d’œil.

« Un homme ne peut pas aimer trois femmes en même temps ! Illsyore doit être un homme éhonté et pervers ! » J’avais plissé les yeux. Il a dû les piéger d’une façon ou d’une autre… Les forcer peut-être ? C’est certainement l’ennemi de toutes les femmes ! avais-je pensé.

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[Quelque part loin du village. Le point de vue de Nanya]

« ACHOOOO ! » Illsyore avait éternué et il nous avait toutes effrayées.

« Nya !? Ça m’a fait peur ! » déclara Tamara en tremblant un peu.

« Hiii ! Tamara, s’il te plaît, rentre tes griffes ! Tes griffes ! » cria Ayuseya.

La nekatare avait sauté juste au-dessus de sa poitrine, afin de préserver sa vie.

« Ah ! Nyu… Désolée ! » elle lâcha et la regarda avec les yeux levés.

« Tout va bien…, » déclara Ayuseya en pressant une main sur sa poitrine et en tapotant la tête poilue de la nekatare de l’autre main.

« Je ne savais pas que les Seigneurs du Donjon pouvaient attraper un rhume, » j’avais plissé les sourcils vers lui.

« Moi non plus…, » déclara-t-il en se frottant le nez.

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[Retour au point de vue de Zoreya]

« Alors, qu’est-il arrivé aux bandits ? Et il y a une chose que je ne comprends pas, a-t-il été témoin d’une attaque ou lui avez-vous parlé des attaques ? » avais-je demandé.

« Oh ? Ne l’ai-je pas dit ? » elle m’avait regardée avec surprise, et le merion sur ses genoux bâilla.

« Non, » j’avais secoué la tête.

« Désolée, ma chère, ma mémoire est un peu rouillée à mon âge, » dit-elle en riant. « Il voulait passer la nuit à l’auberge, mais l’un des bandits était là. L’homme a essayé de mettre la main sur sa femme draconienne, mais Illsyore ne l’a pas laissé faire et l’a littéralement fait passer à travers le toit, » avait-elle secoué la tête.

« Que s’est-il passé ensuite ? » demandai-je.

« L’homme a atterri à l’extérieur du village plus mort que vivant, » haussa-t-elle les épaules. « Nous avons alors commencé à paniquer. Après que nous nous soyons calmés, c’est moi qui lui ai dit qui était cet homme et ses amis qui attendaient dans la forêt. Je lui ai dit tout ce que je vous ai dit, ma chère, » sourit-elle.

« Alors il a envoyé sa femme à l’extérieur, » avais-je dit.

« Oui, » elle hocha la tête « Ils sont venus… tous. Les bandits étaient très furieux ! Sa femme a pratiquement détruit la plus grande partie de leur base toute seule, d’après ce que j’ai entendu dire. Malgré tout, c’était une bande d’idiots. Illsyore les a détruits avant même qu’ils n’entrent dans le village. Je n’ai aucune idée de la façon dont il a fait, mais nous pouvions tous entendre les cris et les pleurs de ces pauvres gens qui étaient pourchassés les uns après les autres, » acquiesça-t-elle.

« Qu’est-il arrivé aux personnes kidnappées du village ? » demandai-je.

« Seuls trois garçons sont revenus, les autres ont trop aimé la vie de bandit et ont refusé de se rendre. Illsyore leur a donné une chance, ils ont refusé, et ils ont été battus à moitié à mort à cause de cela, » avait-elle ri.

« Il ne les a pas tués ? » avais-je demandé en plissant mon front.

Pour un Seigneur du Donjon, ne pas tuer sa proie était à la fois curieux et inouï.

« Seulement ceux qui sont très dangereux, donc le chef et les criminels les plus vicieux d’entre eux. Nous savions très bien qui ils étaient, et nous lui avons dit comment les repérer, » m’avait-elle dit, puis elle avait poussé un autre soupir. « C’est un bon garçon. Il nous a aidés, de pauvres villageois, quand il n’avait pas besoin de le faire. Il aurait pu partir, il aurait pu nous ignorer, mais il ne l’a pas fait…, » elle m’avait fait un sourire.

« Je vois… Et ceux qui ont été capturés ? » avais-je demandé.

« Enfermé dans une prison qu’il a construite du jour au lendemain. Il a dit que c’était l’une de ses compétences spéciales. C’est par là, » avait-elle indiqué.

En regardant dans cette direction, j’avais aperçu un petit bâtiment en pierre où deux hommes étaient placés comme gardes.

Il l’a construit ? Pourquoi un Seigneur du Donjon se donnerait-il tant de mal ? m’étais-je demandé.

« Savez-vous où il allait après avoir fait tout ça ? » avais-je demandé à la vieille dame.

« Oui, au nord d’ici. Je crois qu’il a parlé d’un désert ? » se gratta-t-elle la tête en essayant de se souvenir.

« Merci pour votre aide. Que Melkuth soit avec vous ! » J’avais souri et j’étais partie.

« Nous suivons ici les enseignements de Sertan, le Dieu de la moisson, mais que les dieux vous fassent de même, jeune voyageuse ! » déclara la vielle.

Les jours suivants, j’avais continué à voyager sur le même chemin que ce Seigneur du Donjon et j’avais entendu parler de plusieurs de ses exploits. Où qu’il soit passé, il n’avait pas hésité à aider ceux qui l’entouraient s’il le jugeait nécessaire. Ceux qui l’avaient attaqué avaient été vaincus sans problème, mais il avait rarement tué, et je commençais à croire qu’il évitait en vérité de verser du sang inutilement.

Le comportement d’Illsyore n’avait aucun sens. C’était un Seigneur du Donjon, mais il sauvait et aidait les gens à droite et à gauche. D’un autre côté, j’avais commencé à soupçonner qu’il était à l’origine de l’apparition soudaine de donjons près des agglomérations humaines. Bien qu’ils soient faibles et petits, ils étaient apparus seulement APRÈS qu’il y ait passé une nuit ou deux.

Ainsi, une semaine plus tard, j’avais finalement réussi à le rattraper. Quand je l’avais vu pour la première fois, il marchait devant moi avec ses femmes. La nekatare jouait, poursuivant un point rouge en mouvement sur le sol, tandis que le Seigneur du Donjon riait. La draconienne et l’El’Doraw parlaient entre elles de quelque chose, tandis que la femme humaine blonde avait l’air de s’ennuyer terriblement.

Pour l’instant, j’avais décidé de garder mes distances avec eux et de simplement observer leurs actions.

Melkuth était avec moi, et sa lumière guidait mon chemin. Il était nécessaire de ne pas agir à la légère.

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5 commentaires

  1. Merci pour le chapitre

  2. Merci pour le chapitre. Donc, il continue d'être somnambule et crée des donjons sans en être conscient ?

  3. Merci pour le chapitre.

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