J’ai été réincarné en une Académie de Magie ! – Tome 4 – Chapitre 59

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Chapitre 59 : La bataille nocturne

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Chapitre 59 : La bataille nocturne

Partie 1

[Point de vue de Shanteya]

Nous nous étions réveillées ce matin-là en pensant voir le sourire heureux du Maître et être accueillies par un baiser, mais il n’était pas là. Il n’y avait pas d’étreinte chaleureuse ou de doux toucher pour effleurer nos lèvres. D’une certaine façon, nous nous sentions vides.

« Où est Illsy ? »

La première à demander avait été Ayuseya, puis Nanya s’était réveillée et avait regardé autour d’elle pour constater qu’il n’était pas là. Elles m’avaient regardée et j’avais secoué la tête. Même moi, je ne savais pas où il allait.

« Je rêvais peut-être, mais je crois me souvenir qu’Illsy est sorti... Euh... Je ne me souviens plus de ce qui s’est passé ensuite, » déclara Ayuseya.

« Si je me souviens de la même chose, ce n’était peut-être pas un rêve ? » avais-je répondu en la regardant.

« Ainsi, est-il sorti seul au milieu de la nuit ? Pourquoi ? » demanda-t-elle en penchant la tête vers la gauche.

J’avais baissé les yeux, puisque je n’en avais aucune idée.

« Soupir... Il est peut-être sorti se promener et s’est perdu dans la rue ? » suggéra Nanya avec un grand bâillement.

« Je ne crois pas, non. Il a trouvé son chemin quand on était aux bains, » Ayuseya avait démantelé sa théorie.

« Eh bien ! Dans ce cas, où pourrait-il être ? » demanda la démone en plissant les sourcils.

« Nyaaaa ! Petit-déjeuner ? » La petite Tamara s’était réveillée et s’était gratté l’oreille gauche.

« Pas encore, » déclara Nanya en la tapotant sur la tête.

« Nya ! » elle leva les yeux vers elle et sourit vivement.

« Attendons le Maître. Puis nous partirons à sa recherche s’il ne revient pas, non ? » leur avais-je suggéré.

« Ouais, faisons ça..., » Nanya hocha la tête.

« On se change et on se prépare pour le petit-déjeuner ? Ah ! Illsy a tous nos vêtements ! » la princesse réalisa ce fait.

« J’ai quelques pièces de rechange..., » Nanya haussa les épaules et sortit un coffre de son esprit intérieur. « Ce n’est pas exactement ce qu’on pourrait appeler de la haute classe, mais c’est assez bien pour une journée, » elle avait ri. Puis elle se frotta l’arrière de la tête.

« Ça n’a pas d’importance, ma chère. Tant qu’on ne sentira pas la sueur et la saleté, » Ayuseya répondit avec un sourire.

« Si vous voulez, pendant que vous allez manger, je peux laver nos vêtements ? » avais-je suggéré.

« Et ton repas ? » demanda Nanya.

« Je me débrouillerai sans petit-déjeuner, » avais-je ri.

« Dans ce cas, nous serons à tes petits soins ! » et elle s’était mise à rire.

Il ne nous avait pas fallu longtemps pour préparer tout ce dont j’avais besoin. En fait, ça n’avait pas pris longtemps à Nanya. Tout ce qu’elle avait à faire, c’était de sortir de son esprit intérieur une bassine de métal, du savon, de l’eau chaude et une corde. Les vêtements d’Ayuseya prendraient probablement le plus de temps à laver, tandis que ceux de Nanya en prendraient le moins, vu le fait qu’elle portait surtout des armures. En attachant la corde dans un coin à l’autre de la pièce, j’avais fait une corde à linge pour sécher les vêtements. Au coucher du soleil, tout serait déjà parfaitement sec et prêt-à-porter.

Après avoir fini, j’avais emprunté une robe dans le coffre de Nanya et j’étais aussi descendue chercher quelque chose à manger.

Nous attendions patiemment le Maître dans notre chambre, mais comme les heures passaient et qu’il n’y avait aucun signe de lui, nous commencions toutes à nous inquiéter. Au début, nous pensions que quelqu’un l’avait attaqué. Mais à part un Suprême, il n’y avait personne de capable de lui faire du mal. Nous aurions aussi vu la bataille, vu que la dernière fois, il y avait eu beaucoup de dégâts dans les environs.

Il y avait une chose que je n’arrivais pas à oublier.

Hier soir, quand Maître m’avait réveillée, j’avais eu l’impression qu’il avait quelque chose d’étrange. Je n’avais pas l’impression d’être devant le Maître, mais plutôt devant un étranger. C’était peut-être seulement parce que j’étais à moitié endormie, mais était-ce vraiment lui ou quelqu’un qui se faisait passer pour lui ?

« ARGH ! C’est agaçant ! » Nanya s’était plainte.

« Dois-je aller chercher le Maître ? » lui avais-je demandé.

« Toi, moi et Tamara, quant à Ayuseya, tu devrais rester ici parce que s’il devait revenir pendant notre absence, c’est l’endroit le plus probable où il viendra, » suggéra-t-elle.

J’avais indiqué mon accord avec un signe de tête.

« Revenez dans trois heures même si vous ne le trouvez pas, » Nanya nous avait prévenus.

« Tamara comprend ! Mangerais-je du poisson plus tard ? » demanda-t-elle avec curiosité.

« Oui..., » la démone poussa un soupir et tapota la jeune féline sur la tête.

Une fois le plan mis en œuvre, nous avions choisi les endroits où nous allions chercher et nous étions ensuite sortis de l’auberge.

 

☆☆☆

[Point de vue de Dragnov]

Hier soir, nous avions envoyé un éclaireur après l’homme nommé Illsyore. Il n’était pas encore revenu, et je ne pouvais que craindre qu’il soit découvert et que les autres se chargent de lui. C’était de sa faute s’il était découvert si rapidement, mais s’il avait révélé quelque information que ce soit sur notre plan actuel, alors capturer l’El’Doraw pourrait s’avérer difficile. Il n’y avait aucun mouvement de la part des femmes séjournant à l’auberge, et le prince n’était pas renommé pour sa patience. Quoi qu’il arrive, nous devions agir ce soir.

Comme si les dieux écoutaient mes prières, au coucher du soleil, l’El’Doraw et la nekatare étaient sorties de l’auberge et avaient couru dans des directions différentes. J’avais envoyé mes escadrons de Rang Empereurs après de la féline, et avec mon escadron de Divins, j’avais pourchassé la femme aux cheveux d’argent. S’il s’avérait que nous étions plus faibles qu’elle, j’avais certains des Gardes Royaux en réserve pour nous donner un coup de main. Ces hommes étaient tous entre le Rang Divin et le Rang Suprême. Dans l’ensemble, j’étais probablement le plus fort d’entre eux.

Quoi qu’il en soit, nos ordres étaient clairs : capturer soit l’El’Doraw, soit la nekatare vivante et les ramener au second prince. Eh bien, il m’avait seulement ordonné d’amener la féline, mais j’avais le sentiment qu’attraper l’autre serait plus convaincant pour le propriétaire de la blonde. Après tout, une beauté el’doraw était plus précieuse comme esclave qu’une nekatare.

« Restez en formation et gardez les yeux ouverts pour tout mouvement étrange, » avais-je ordonné.

« Oui, Sire ! » la réponse suivit bientôt.

 

☆☆☆

[Point de vue de Tamara]

Poisson ! Poisson ! Poisson !

Eh bien, mon esprit n’était pas seulement fixé sur la nourriture, mais pour garder l’apparence d’une nekatare mignonne et légèrement idiote, j’avais dû me laisser guider par la viande douce, délicieuse et grasse des poissons... Nyaaaa !

Depuis que le Maître m’avait trouvée, je n’avais pas été capable de parler avec lui de ce qui était présent dans mon cœur. Je ne pouvais parler qu’à ses deux femmes, Nanya et Ayuseya. L’autre esclave à part moi, Shanteya, pouvait aussi me parler. La seule avec qui je devais parler dans un Shorayan médiocre était le Maître.

Mais ce n’était pas ma faute si je n’avais jamais appris plus que quelques mots dans cette langue. Sans Frédéric, l’ancien majordome d’un noble shorayan, je n’aurais même pas pu connaître ces mots. Il ne m’avait jamais dit comment il était devenu esclave. Même moi, je savais que Shoraya n’était pas d’accord avec la traite des esclaves.

Était-ce peut-être le destin ?

Depuis que j’avais rencontré le Maître, j’avais été sauvée d’une mort certaine, j’avais dormi dans un lit douillet, j’avais été caressée, j’avais eu de la bonne nourriture, et bien que je détestais les bains, ce n’était pas si mal après qu’il m’ait guérie. Illsyore était un bon maître, le meilleur !

Maintenant qu’il avait disparu, je voulais le retrouver. Je voulais aider le Maître. Cela ne serait pas arrivé si le Maître n’était pas bon maître. J’aurais traîné tout au long de ma mission, sans même me soucier si je l’avais trouvé ou non.

J’avais toujours craint d’être achetée par un mauvais maître. Quand les idiots de ce groupe d’aventuriers m’avaient acheté ou plutôt prêtée par Deroak, j’avais pensé que ce serait fini pour moi. J’avais cru que j’allais mourir, mais le Maître était arrivé. Il m’avait sauvée, m’avait guérie, m’avait aidée, m’avait fait des câlins, m’avait caressée et avait toujours été gentil avec moi. Un tel maître n’était pas si mal à avoir.

C’est pour ça que je le cherchais de toutes mes forces. J’avais l’intention de ne rien laisser au hasard quand j’aurais fini ici.

« Arrête-toi là, petit avorton ! » un étranger avait sauté devant moi et avait dégainé son épée.

Un frisson de peur m’avait parcouru la colonne vertébrale, mais je n’allais pas me laisser capturer ou tuer par ces types.

« Grrr ! »

« Oh ? L’avorton du Nekatar a du cran. Attrapez-la ! » déclara-t-il en me montrant du doigt.

Quatre autres personnes s’étaient précipitées sur les côtés et avaient essayé de m’attraper, mais j’avais sauté. Le coup de pouce du Maître était formidable ! J’étais tellement plus forte qu’avant.

« Qu’est-ce que... ? »

Ils avaient été surpris, mais je n’allais pas rester là et me battre. J’avais attrapé le rebord du toit et je m’étais hissée sur le toit.

« Nyaaaa... J’ai besoin de fuir, » avais-je dit. Puis je n’avais pas perdu de temps pour mettre mes compétences à l’épreuve.

Je m’étais précipitée vers Shanteya. Elle était la seule à pouvoir m’aider. Nanya était de l’autre côté de la ville.

« Arrêtez-la ! Arrêtez-la ! Ne la laissez pas s’échapper ! » crièrent les hommes derrière moi.

Les gardes m’avaient vu sauter d’un toit à l’autre, mais ils n’avaient pas essayé d’arrêter ceux qui me pourchassaient. Il n’était pas non plus facile de s’en débarrasser, et je commençais à craindre le pire.

Je ne les laisserai pas m’attraper ! Je vais retourner au Maître quoiqu’il arrive ! avais-je pensé. Puis j’avais sauté dans les rues, essayant de les perdre à travers la foule de gens.

« Kya ! » criai-je.

« Arrêtez cet avorton ! » cria un garde

« Qu’est-ce que c’est que ça ? »

« Hé ! »

Tout le monde, hommes et femmes, avait crié quand ils m’avaient vu passer à côté de leurs genoux, tandis que ceux qui étaient derrière moi n’arrêtaient pas de crier pour que quelqu’un me rattrape. J’étais trop rapide et agile pour leurs petites mains. Personne ne pouvait égaler une nekatare quand il s’agissait de la vitesse à laquelle nous pouvions bouger.

« Je t’ai eu ! » Quelqu’un avait dit ça, mais quand je les avais vus, c’était trop tard.

Il m’avait donné un coup de pied dans les côtes, m’envoyant dans un mur proche. Cela m’avait fait mal, mais j’avais appris la technique d’armure magique de la part de Nanya, alors j’avais survécu au coup.

« Nyuuuuu... Qui m’a frappé ? » avais-je demandé en me levant, mais au lieu d’une réponse, j’avais reçu un autre coup de pied.

Je l’avais évité de justesse.

Celui qui m’avait attaquée était le même homme qui avait sauté devant moi.

Quand est-il arrivé ici ? Ils sont de quel rang, ces types ? m’étais-je demandé en essayant d’esquiver le suivant, mais j’avais été trop lente.

Le coup m’avait fait tomber au sol, détruisant mon armure magique. La douleur m’avait traversé le corps quand il m’avait marché sur l’épaule droite, et j’avais entendu un craquement.

« Nyaaaa ! Ça fait mal ! Ça fait mal ! » avais-je crié.

« Ferme-la, esclave ! » il grogna. Puis il m’attrapa par le cou.

J’avais gémi et tremblé devant ce puissant ennemi. Même si j’avais le bonus du Maître, même si je n’étais plus aussi faible qu’avant, j’étais toujours si facilement vaincue et capturée.

« Qui es-tu ? Qu’est-ce que tu veux de moi, Nya ? » lui avais-je demandé.

« Toi ? Tu n’es qu’un appât pour ton maître. Il nous donnera ce qu’on veut, » sourit-il.

« Je ne serai jamais un appât pour toi ! Nya ! Je préfère mourir ! » lui avais-je craché au visage.

« Pourquoi, toi, petite..., » il était en colère et ses doigts étaient serrés autour de ma gorge, serrant le dernier souffle d’air de moi.

J’avais lutté pour me libérer, mais je ne pouvais rien lui faire... Il était trop fort.

« Sois heureux qu’on m’ait ordonné de te ramener vivante... espèce de morceau de viande inutile, » grogna-t-il.

Il s’agissait des derniers mots que j’avais entendus avant que tout devienne noir devant mes yeux, et je m’étais évanouie.

 

☆☆☆

[Point de vue de Nanya]

Stupide Illsy ! Où es-tu ? En sautant sur les toits des immeubles.

Il n’y avait aucun signe de lui nulle part. C’était comme si la terre l’avait englouti entier ou pire, une femme l’avait attiré dans son lit. Si c’était ce dernier cas, Ayuseya et moi ferions en sorte qu’il perde toute son énergie et ses pensées d’aller de nouveau dans les bras d’une autre femme !

Comment pourrait-il même penser à tricher alors qu’il nous a nous !? En fait..., m’étais-je arrêtée. Puis je m’étais un peu gratté la tête. « Illsy est un idiot trop loyal pour nous tromper. Quelque chose d’autre doit se passer... mais quoi ? »

Tandis que je m’arrêtais pour y réfléchir, j’avais senti la présence de quelques personnes qui m’encerclaient.

« Qu’est-ce que c’est ? » avais-je murmuré en les voyant se déplacer dans l’ombre.

Un aventurier humain ordinaire ne les aurait pas senties ou vues, mais j’étais une démone et un donjon avec un haut niveau et des statistiques dont même Dankyun ne pouvait pas rêver. Ces gars étaient à peine au rang Maître inférieur. Ils étaient vraiment pathétiques si je les comparais à moi.

« Sortez de là ! Tous les trois, » j’avais souri et j’avais croisé les bras sur ma poitrine.

« Tu as des yeux assez aiguisés, Mademoiselle. Nous faisons partie du gang Burton. Donne-nous tes pièces, et nous te laisserons partir ! » il avait pointé son poignard vers moi.

Ces hommes portaient tous des robes noires pour bien se cacher dans l’ombre de la nuit. Dommage qu’ils n’aient pas les compétences nécessaires pour utiliser parfaitement leur environnement comme une certaine El’Doraw l’avait.

Je leur avais montré un grand sourire.

« Vous avez le cran de voler un aventurier de rang Divin ! » avais-je dit. Puis j’avais retiré mon capuchon, laissant mes cheveux blonds s’envoler dans le vent.

« Divin ? » l’un d’eux pensait déjà à s’enfuir.

« Oui... Divin, » je m’étais concentrée sur celui qui avait pointé son poignard sur moi et je l’avais attaqué.

Ils n’avaient même pas eu l’occasion de crier. Leurs corps brisés avaient volé dans les airs et étaient tombés sur le sol dans une flaque de sang. Ce soir, j’avais été miséricordieuse et je ne les avais pas tués. Je n’avais brisé que la moitié des os de leur corps et je les avais laissés dans une allée sombre pour qu’ils se débrouillent seuls. S’ils avaient survécu ou non, tout dépendait de leur chance. Je les avais laissés avec un petit avertissement.

« Si jamais vous, idiots, vous pensez encore à voler ou à arnaquer d’autres personnes, je vous trouverai et vous arracherai le cœur, alors je vous ferai les manger ! » déclarai-je.

« Argh... nous... nous ne le ferons plus..., » celui qui avait encore une mâchoire intacte avait réussi à répondre.

Il est temps de retourner chasser cet idiot de donjon divin, avais-je pensé en dépoussiérant ma robe et en sautant sur le toit d’un immeuble proche.

***

Partie 2

[Point de vue d’Ayuseya]

Pendant que les autres étaient à la recherche d’Illsy en pleine nuit, j’étais restée dans l’auberge, l’attendant dans notre chambre. Pour passer le temps, j’avais regardé par la fenêtre et poli l’épée qu’il m’avait faite.

Je ne peux m’empêcher de penser à ce que Shanteya a dit... Hier soir, était-ce vraiment Illsy ou les Ténèbres dont il m’a parlé ? Cette chose a-t-elle pris le contrôle de son corps ? Peut-être qu’il l’a emmené quelque part pour construire un donjon ou pire..., avais-je pensé en essayant de ne pas trop m’inquiéter à ce sujet.

Illsy était un adulte à plus d’un titre, donc il aurait dû être capable de prendre soin de lui sans problème. Que ce soit des bandits ou des Suprêmes, je doutais à peine qu’il y ait quelqu’un dans cette ville capable de l’affronter. La seule menace pour lui était l’obscurité à l’intérieur de lui.

Si ce qu’il avait dit à ce sujet était vrai, alors ce n’était qu’une question de temps avant qu’il ne tombe sous son contrôle ou apprenne à le contrôler. Ce que je ne comprenais pas, c’est pourquoi il ne l’avait pas fait plus tôt ? Pourquoi manquait-il de motivation et de désir pour repousser la seule menace à sa vie avec nous ?

Je ne peux m’empêcher de me demander si, pour une raison ou une autre, Illsy ne peut pas accepter sa vie avec nous... et cette obscurité est en fait un moyen pour lui de fuir si jamais les choses deviennent trop... compliquées. J’avais secoué la tête.

C’était une pensée très étrange, complètement irréaliste et improbable. Pourquoi Illsy aurait-il l’impression de ne pas pouvoir accepter sa vie ? C’était un donjon après tout... Si c’était un paysan maltraité, je pourrais comprendre, mais lui ? Non... ce n’est pas possible.

J’avais arrêté de polir ma lame et j’avais baissé la tête.

En fermant les yeux, j’avais dit. « Soupir... Illsy, où es-tu ? »

 

☆☆☆

[Point de vue de Shanteya]

Peu de temps après avoir quitté l’auberge, j’avais senti la présence de cinq étrangers qui me suivait. Ce n’était pas des assassins. Si c’était le cas, leurs traces auraient été complètement effacées. Sans dévoiler le fait que je savais qu’ils étaient à mes trousses, j’avais continué ma recherche du Maître. Ces personnes pourraient être liées à sa disparition et si c’était le cas, je devais faire attention. Le Maître était un Seigneur Donjon Divin avec des capacités qui surpassaient de loin un Suprême. Le capturer ou même le blesser n’avait pas été un exploit facile pour quelqu’un sous le Rang Suprême.

J’avais pris un virage à droite et m’étais dirigée vers l’un des quartiers les plus sombres de cette ville. Une bataille était imminente, alors je devais au moins choisir un champ de bataille favorable pour moi. Contrairement à avant, j’étais beaucoup plus forte maintenant, et je connaissais même un sort ou deux, mais la plupart de mes compétences étaient encore de Rang Maître ou sous celui-ci. Je n’avais pas encore appris le sort du Rang Empereur.

Pour ce qui était des compétences, Tamara était la plus faible de nous toutes parce qu’elle n’en avait pas, puis elle était suivie par Ayuseya. Quand il s’agissait de force brute et de vitesse au combat, Ayuseya était bien au-dessus de moi. C’était probablement dû à l’augmentation de puissance que nous avions toutes reçue du Maître. En tant qu’esclave, je ne pouvais pas en avoir autant que ses femmes.

Mais même ainsi, je n’avais rien à craindre, même si je devais affronter un aventurier du Rang Divin, peut-être même un aventurier de Rang Suprême inférieur, mais cela était valable tant qu’ils n’utilisaient pas de compétences écrasantes.

« Stop ! » Un homme habillé en noir et portant un capuchon avait sauté devant moi et avait levé la main.

J’avais jeté un coup d’œil sur lui et j’avais dégainé mon poignard. Ça allait finir en bataille, alors j’avais fait le premier pas. Faisant un pas de côté dans l’ombre, je m’étais précipitée vers lui avec l’intention de le faire tomber.

« Tch ! Attaquez ! » avait-il ordonné dès qu’il m’avait vue disparaître.

Apparaissant derrière lui, je l’avais poignardé entre les côtes et je l’avais ensuite jeté au sol.

« Léopol ! » cria l’un d’eux.

Comme à l’époque où j’étais assassin, je me serais retirée dans l’ombre et j’aurais attendu qu’une autre proie se montre. Mon attaque soudaine les avait surpris, et ils avaient tous formé un cercle, dos à dos. La forme de défense la plus typique et la plus efficace. Dans ma jeunesse, j’aurais fui maintenant, mais je n’étais plus la même.

En pointant ma main vers le groupe, je m’étais concentrée sur mon mana, puis j’avais chanté à voix basse l’incantation pour le sort de [Boule de feu]. Quand cela avait été fait, je l’avais laissé se déchaîner. Une boule de feu d’un mètre de diamètre avait volé vers eux et avait fait exploser cet endroit. Ils s’étaient dispersés dans quatre directions pour échapper à l’explosion.

L’explosion avait détruit le toit du bâtiment et probablement blessé les occupants, ce qui avait alarmé tout le monde autour, mais ce chaos me convenait parfaitement. Alors que l’un d’eux ne savait pas quoi faire, je m’étais glissée derrière lui et je l’avais frappé au visage. Son armure magique avait tremblé, mais elle ne s’était pas brisée, alors je l’avais encore frappé.

Avant qu’il n’ait eu la chance de crier à l’aide, je l’avais attrapé par la gorge et l’avais traîné dans une ruelle voisine.

Pressant le bord de mon poignard contre son cou, je l’avais regardé dans les yeux. Et je lui avais demandé. « Qui êtes-vous et pourquoi êtes-vous après moi ? »

« C’était un ordre du prince. Je ne sais pas pourquoi ! S’il vous plaît, épargnez-moi ! » cria-t-il.

Par pitié, je l’avais assommé avec un coup derrière la tête.

« La voilà ! La voilà ! Elle a tué Leroy ! » J’avais regardé à ma gauche et j’avais vu un homme furieux lever son épée.

« Jenkins ! Stop ! » cria un autre, mais l’imbécile n’écouta pas.

Il s’était précipité vers moi en hurlant. J’avais sauté en arrière et je m’étais enfuie, mais à l’intersection suivante, j’avais tourné à gauche et j’avais sauté par une fenêtre au premier étage. Il faisait noir à l’intérieur, mais je pouvais entendre les propriétaires parler derrière la porte de ce qui se passait à l’extérieur.

« Où est cette shikak !? » cria Jenkins.

Dès qu’il était passé en bas, j’avais sauté par la fenêtre et je l’avais suivi en douceur. Avant qu’il ne me remarque, j’avais planté ma dague entre ses plaques d’armure et directement dans son poumon droit. Le poignard du maître ignorait une partie de son armure magique, ce qui en faisait une arme brillante pour un assassin comme moi.

« Toi... shikak... » déclara-t-il avant de tomber par terre, toussant et crachant du sang.

L’homme s’était évanoui en raison du choc, mais il était encore en vie, de peu. Je l’avais tourné sur le côté pour qu’il ne se noie pas dans son propre sang, puis je m’étais enfuie de la scène du crime. Techniquement parlant, le premier homme que j’avais attaqué avait autant de chances de survivre que ce Jenkins.

En regardant son armure, j’avais réalisé qu’ils n’étaient pas des soldats typiques. C’était des chevaliers ou peut-être même des gardes royaux. Quoi qu’il en soit, je ne comprenais pas pourquoi un roi en avait après nos vies. Avais-je tué des membres de sa famille ou des amis lors d’une de mes missions passées ? Non... ce n’est pas possible. J’avais surtout opéré dans l’Empire Paramanium.

Alors ? Peut-être que ça a quelque chose à voir avec Illsy ? A-t-il fait ou dit quelque chose à ce prince pendant son absence ? m’étais-je demandé.

Il s’agissait de la possibilité la plus probable à moins que Nanya ou Ayuseya ne soient responsables de cette attaque-surprise. De toute façon, je n’avais pas l’intention de me laisser capturer. Je devais fuir loin de ces agresseurs. Le fait de me réunir avec Nanya, Ayuseya et Tamara était ma priorité en ce moment. Il se passait quelque chose, et je devais les prévenir tout de suite.

« Écoute, misérable El’Doraw ! Je sais que tu es là ! Si tu ne te rends pas tout de suite, ton amie nekatare aura besoin d’un nouveau bras ! » la voix grondait sur les toits.

Une amie Nekatare ? avais-je réfléchi. Et mes yeux s’étaient écarquillé en réalisant de qui il parlait. Tamara !

Serrant la poignée de mon poignard, je l’avais rengainée et j’avais sauté sur le bâtiment. S’il mentait, j’allais m’enfuir, mais elle était là, et il avait des renforts. Huit autres hommes à capuche l’avaient rejoint.

« Écoute, nous voulons te prendre vivante, mais si tu nous forces, nous ne serons pas tenus responsables de t’avoir amené ici sans un bras ou deux. Est-ce que tu me comprends ? » demanda l’homme qui semblait être leur chef en pointant une épée vers Tamara.

Deux d’entre eux tenaient la nekatare, l’un tirant son bras, l’autre la tenant immobile. Elle était inconsciente, mais respirait encore.

« Je comprends, » avais-je dit. Je m’étais agenouillée avec les mains en l’air.

« Bien, » sourit-il.

Deux de ses hommes s’étaient approchés de moi, m’avaient attrapé les mains et m’avaient menottée.

Des entraves magiques qui réduisent la puissance de moitié..., avais-je pensé qu’en sentant ma force diminuer.

Ces choses n’étaient pas un problème pour moi. Je pouvais encore m’enfuir d’ici et même en tuer deux ou trois, mais j’étais certaine qu’ils tueraient Tamara avant que j’aie eu la chance de la sauver. Si je revenais au Maître sans elle, il serait certainement furieux contre moi. Après tout, c’était mon travail de protéger l’enfant pendant son absence.

« Je ne m’attendais pas à ce que tu sois si forte. Pour tuer deux de mes hommes comme ça, c’était aussi des Divins..., » il secoua la tête.

« Si vous vous dépêchez, vous pouvez peut-être encore les sauver, » avais-je dit, en espérant que ça l’empêcherait de déclencher sa colère sur Tamara.

« Je vois. Vous quatre, allez fouiller les lieux ! Tout de suite ! » il ordonna à quelques hommes derrière lui.

Puis il m’avait regardée. Je l’avais fusillé du regard, lui montrant que je n’avais pas peur de lui.

« Emmenez-les au donjon. Le prince voudra leur parler, » ordonna-t-il.

« Oui, Sire ! » répliquèrent les autres et ils me traînèrent, enchaînée.

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Un commentaire

  1. Merci pour ce chapitre

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