J’ai été réincarné en une Académie de Magie ! – Tome 4 – Chapitre 56

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Chapitre 56 : Le marchand agaçant

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Chapitre 56 : Le marchand agaçant

Partie 1

Pour atteindre le marché aux esclaves, nous avions dû marcher jusqu’à l’autre côté de la ville, là où se trouvait le Colisée. Il était situé près du mur extérieur et était rempli de petits entrepôts où ils gardaient les esclaves enfermés dans des cages.

Dès notre arrivée, Tamara s’était cachée derrière Shanteya, qui lui caressa doucement sa tête poilue. Quant à moi, j’avais regardé les adultes pendant qu’ils étaient exposés, et je n’avais rien senti, mais ensuite j’avais vu les enfants... et j’avais ressenti de la rage.

Chaque entrepôt disposait d’un petit podium sur lequel les « objets » du moment étaient exposés. Ils avaient été enchaînés et ils avaient reçu l’ordre de rester immobile devant la foule. Je pouvais lire leur honte et leur peur dans leurs yeux. Ils avaient la tête baissée et les doigts serrés contre les quelques morceaux de vêtements qu’ils avaient le droit de porter. Les femmes avaient à peine quelque chose sur elles, tandis que les hommes ne portaient qu’un pagne. Quant aux enfants, ils étaient les seuls à porter un pantalon et une chemise, mais cela dépendait du marchand d’esclaves et de l’espèce. Les enfants des nekatars n’étaient pas aussi privilégiés que les enfants humains ou el’doraw.

Les regarder m’avait fait mal au ventre, et j’aurais aimé briser la tête de ces hommes et de ces femmes qui enchaînaient des enfants sans défense pour gagner leur vie. Pour être honnête à ce sujet, j’y avais pensé, mais cet endroit n’était que l’un des nombreux marchés d’esclaves dans tout le royaume. En marchant ici, j’avais remarqué qu’il y avait beaucoup de personnes qui possédaient au moins un esclave. C’était une main-d’œuvre bon marché, mais en même temps, c’était une propriété.

Pourquoi payer un domestique ou un ouvrier quand on peut engager un esclave ?

C’était la question qui avait permis à ce marché de poursuivre ses activités. Et pour couronner le tout, la famille royale semblait particulièrement intéressée à ce que ce genre de chose fonctionne indéfiniment. Une partie des ventes de chaque esclave allait directement dans les caisses royales.

Pour dire les choses simplement, il faudrait que je détruise tout le royaume pour changer quelque chose, mais j’y avais pensé, et j’avais réalisé que je ne pouvais pas le faire. Quant à savoir pourquoi, il y avait une bonne raison à cela. Une fois le roi mort, les nobles qui soutenaient s’enfuyaient vers les royaumes voisins, qui soutenaient tous l’esclavage. L’anarchie s’installerait, les guerres commenceraient, et les suprêmes de ces royaumes seraient envoyés ici pour me faire tomber. Ce royaume finirait comme un champ de bataille sanglant sans personne en sécurité et sans nulle part où aller.

En utilisant la force pour faire tomber ce royaume, je le détruirais de façon irréversible et j’entraînerais d’innombrables civils innocents dans une guerre sans fin. Je pourrais acheter tous leurs esclaves, mais cela ne leur ferait que me voir comme un moyen de profit, donc, ils essaieraient de m’en capturer encore plus et de m’en vendre davantage. Non... Si ça doit faire changer ça, ça doit venir de l’intérieur, avais-je secoué la tête en y pensant.

Sans issue, j’avais réfréné toute cette haine et j’étais allé chez le marchand d’esclaves qui était autrefois le propriétaire de Tamara. L’enfant avait beaucoup changé, il était donc très peu probable qu’il puisse la reconnaître.

« Excusez-moi ! Êtes-vous ici pour acheter ou pour vendre ? » un marchand maigre et avide s’était déplacé devant nous.

« Quoi ? » demandai-je.

« Je vous donne 45 goldiettes pour la blonde ! » m’avait-il dit.

J’avais plissé les sourcils et j’avais regardé Nanya qui était derrière moi.

« Veux-tu que je te vende ma FEMME ? » lui avais-je demandé. J’avais mis en évidence certains mots pour qu’il soit clair quant à la situation.

« Oh ! Excusez-moi alors ! Et la nekatare ? Elle a l’air en bonne santé et forte, 24 goldiettes ? » demanda-t-il en souriant, tout en regardant Tamara.

D’un air effrayé, elle se cacha derrière Shanteya.

« Écoutez, enfoiré, je ne suis pas là pour vendre ou acheter ! Nous sommes des aventuriers ayant l’envie de terminer une quête. Maintenant, si vous me dérangez encore, je vais vous casser toutes tes dents ! » Je l’avais menacé.

« Ce serait imprudent ! Oh, non non non non non ! Si vous m’attaquez, c’est par décret royal que je peux faire de vous mon esclave ! » avait-il souri.

J’avais plissé les yeux vers lui.

« Les morts n’ont pas d’esclaves, » avais-je grogné.

Il avait dégluti et avait reculé. « C’est vrai. Pardonnez mon... intrusion malsaine, » il avait fait un salut et il s’était mis à courir jusqu’à son magasin.

En poussant un soupir, je m’étais frotté le front avec deux doigts et j’avais essayé de comprendre ce qui n’allait pas chez ces individus. Cependant, l’homme avait indiqué une autre chose de claire... Je n’avais pas le droit d’attaquer ces gens tant que j’étais sur leur territoire.

Après avoir demandé un peu à gauche et à droite et après avoir été agressés par des marchands avides d’argent qui voulaient soit acheter les filles, soit m’en vendre, nous étions finalement arrivés devant le magasin du salaud qui avait fait de Tamara une esclave.

C’était l’un des endroits les plus fantaisistes en soi et le seul avec des portes sculptées. À l’extérieur, sur le podium, deux femmes et un homme étaient enchaînés, mais contrairement aux autres « marchandises », ils étaient maintenus debout à l’aide d’un dispositif de retenue du cou. Même s’ils le voulaient, ils ne pourraient pas se pencher ou s’asseoir. À gauche de son entrée, il y avait une autre exposition, mais cette fois avec des enfants en cage.

Mon sang s’était gelé quand je les avais vus et la colère s’était enflée dans mes veines, menaçant de me transformer en monstre enragé. Je le voulais, je le voulais vraiment, mais cet homme... il n’y avait aucun moyen de l’arrêter avec mes possibilités actuelles.

Quand je construirai mon académie, je rendrai obligatoire pour les enseignants de donner des cours sur les alternatives au système esclavagiste et pourquoi ils ne devraient pas asservir les enfants. Tch ! J’aimerais pouvoir tuer ce satané roi qui a permis ça... pensais-je, mais toute ma colère devait être réfrénée.

« Tout va bien, Maître ? » demanda Shanteya. Puis elle posa sa main sur mon épaule.

J’avais cligné des yeux en raison de la surprise et je l’avais regardée en réponse. Elle portait une expression remplie d’inquiétude pour moi. Il était clair que quelque chose n’allait pas, mais je n’avais aucun moyen de partager la colère et la haine que j’avais dans mon cœur. Peut-être que c’était mieux que je ne l’ai pas fait et que j’avais gardés tout enfouis à l’intérieur de moi. Comme ça, je n’allais déranger personne.

En poussant un soupir, j’avais secoué la tête.

« Je suis dérangé par ce système esclavagiste... Je n’aime pas ça, » avais-je avoué.

C’était bon d’en laisser sortir un petit peu, juste assez pour empêcher le reste de surgir.

« Je comprends, Maître. » Shanteya hocha la tête. « Cependant, tous les pays ne le voient pas de cette façon. »

« En effet. Chaque royaume a sa propre façon de traiter ses esclaves, mais dans l’ensemble, ils sont considérés comme indispensables à toute forme d’économie. Un pays sans esclavage et avec une prospérité économique n’existe tout simplement pas, » Ayuseya expliqua, mais le ton de sa voix me permet de dire qu’elle aussi était troublée par cette situation.

« Et Shoraya ? » lui avais-je demandé.

« Ils ont aboli l’esclavage, mais en conséquence, leur production est en baisse et il y a beaucoup de mendiants dans les rues de la capitale, » elle regarda le palais au centre de cette ville.

« Qu’en est-il de la démocratie ? » lui avais-je demandé.

« Quoi ? » Ayuseya m’avait regardé confuse comme si j’avais dit quelque chose d’étrange.

« Vous savez, un système dans lequel la population d’un pays choisit son propre dirigeant par un vote égal et équitable ? » leur avais-je expliqué.

« Il n’y a rien de tel. Quel est le rôle du roi dans ce système ? » demanda Ayuseya.

« Il n’y a pas de roi, » répondis-je.

« Ça n’a pas l’air possible. On dirait une anarchie. Les rois apprennent dès la naissance à gouverner leur pays, mais un citoyen élu au hasard n’a pas cette connaissance ou cette autorité. Ce serait la même chose que d’avoir un aventurier de rang Débutant qui entreprendrait une quête destinée à un aventurier de rang Empereur, » Ayuseya avait clairement exprimé son point de vue à ce sujet, et je n’avais aucun moyen de leur prouver le contraire.

Si on regarde la Terre, le Royaume-Uni avait survécu comme une monarchie, tandis que dans d’autres pays, des tyrans démocratiquement élus avaient abusé de leur pouvoir de toutes sortes de façons qui avaient finalement conduit à la ruine de leur pays.

Peut-être que le système politique n’a pas autant d’importance que la justice, la gentillesse et la sagesse de leur chef... Devrais-je me concentrer sur l’introduction de la Démocratie avec mon Académie ou plutôt me concentrer sur l’éducation de bons leaders dignes de n’importe quel poste dans l’État ? Euh... Qu’est-ce que j’y connais exactement en politique ? pensais-je, mais la dernière question restait sans réponse.

Tout au plus, comme tout le monde, je ne savais qu’une chose ou deux, pas comment tout le système fonctionnait jusqu’à son plus petit engrenage. Je connaissais le principe, mais finalement, les détails m’échappaient.

En soupirant, j’avais renoncé à l’idée d’agiter le monde comme ça.

« On entre ? » demanda Nanya au bout d’un moment.

Clignant les yeux de surprise, j’avais réalisé que pendant que je pensais à la politique, les filles m’attendaient à l’intérieur.

Avec un signe de tête en réponse, j’avais ouvert la porte et j’étais entré.

Tout comme à l’extérieur, l’intérieur était largement décoré de toutes sortes de peintures et de statues, certaines bonnes, d’autres tout simplement bizarres. Le marchand était un amateur d’art, d’après ce que l’on voit. Vu l’époque et la zone, j’avais l’impression que ces choses n’étaient pas bon marché.

Les premiers à nous saluer étaient deux hommes très bronzés et d’apparence polie. J’avais plissé les sourcils quand je les ai vus. Ils avaient marché jusqu’à venir devant nous et avaient croisé les bras sur leur poitrine. Ils essayaient d’avoir l’air aussi intimidants qu’ils pouvaient l’être, mais pour un aventurier qui sortait tous les jours pour tuer des monstres, ces types n’étaient qu’une plaisanterie. Même Tamara pouvait les vaincre, et elle était assez faible par rapport au reste d’entre nous.

Les seules choses qui leur manquaient, c’étaient des colliers à crampons et des chaînes enroulées autour de leur corps.

« Ayuseya, peux-tu leur dire que nous sommes ici pour parler d’une mission avec monsieur Deroak ? » avais-je dit à la draconienne.

D’un signe de tête, elle avait procédé à la traduction en kalish.

Les deux se regardèrent un moment, puis celui de droite se dirigea vers l’arrière de la bâtisse pour appeler leur patron. Quelques minutes plus tard, un humain d’environ 1,65 mètre de haut avec un gros ventre, des vêtements de soie et un tas d’accessoires en or sur lui, avait fait son apparition devant nous.

Il nous avait jeté un regard sévère et nous avait tous analysé de la tête aux pieds. Au bout d’un moment, il parla en Shorayan.

« Qui est le chef du groupe ? »

« Il s’agit de moi, » j’avais fait un pas en avant.

« Où sont mes esclaves ? Cette enfant est-elle la seule survivante ? » demanda-t-il en montrant Tamara du doigt, qui se cachait instinctivement derrière Shanteya.

« Non, ce n’est pas l’une des vôtres, c’est la mienne, » lui avais-je dit.

« C’est impossible, je connais tous mes esclaves ! » avait-il déclaré.

« Vous parlez d’une nekatare avec des cicatrices dans le dos et le bout de la queue brûlé ? » lui avais-je demandé.

« Oui. » Il m’avait regardé dans les yeux.

« Eh bien, elle est déjà morte. L’enfant là-bas ne lui ressemble qu’un peu et d’après ce que je sais, cela n’est pas la peine de guérir de telles blessures sur l’esclave d’un autre. En plus, elle n’a pas de collier, » avais-je rétorqué.

Je mens comme un pro, mais je vais certainement garder Tamara hors de vos petites mains ! pensais-je avec un sourire intérieur.

« Vraiment ? » l’homme n’avait pas l’air convaincu, et il continuait à regarder entre la Nekatare et les autres personnes du groupe.

« Comme je le disais, la mission s’est avérée plus difficile que ce que vous l’avez décrite. Vous avez oublié de mentionner les utilisateurs de magie noire et les zombies. » J’avais plissé mon front en le disant.

« Vous êtes en vie de ce que je vois, donc la mission n’a pas dû être si difficile ? Vous êtes quoi, un débutant dans la guilde ? » demanda Deroak en souriant.

« Le rang que nous occupons dans la Guilde n’a pas d’importance ! Ce qui compte, c’est que vous avez donné une quête en dessous de son niveau de danger évalué et, par conséquent, de nombreux aventuriers sont morts. » Je l’avais regardé fixement.

« Et en quoi cela m’importerait-il ? » demanda-t-il, puis il haussa les épaules.

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Partie 2

Ce type est ennuyeux, mais s’il est le même genre d’ordure que je connais de la Terre, alors il ne se souciera sûrement de rien. On peut le dire, il vend des enfants esclaves ! Ça ne peut pas être pire que ça ! Je ferais mieux de partir d’ici et d’essayer de trouver un moyen d’arrêter cette folie... Je vais faire de mon académie l’avant-garde pour lutter contre ce genre de choses. En regardant dans ses yeux indifférents, j’avais pensé ça.

« Ensuite, je vous informerai de ce que la Guilde nous a dit de vous dire, et c’est le fait que vous ne pourrez plus y placer de quêtes sans avoir recours à un aventurier pour évaluer correctement sa difficulté, » avais-je dit froidement.

« Je m’en fiche. » Il haussa les épaules.

« Alors nous n’avons plus rien à nous dire ! Nous allons y aller maintenant, » avais-je annoncé. Puis je m’étais retourné pour partir.

Alors que je posais ma main sur la poignée de la porte, le marchand cria.

« ATTENDEZ ! »

J’avais grincé des dents et je l’avais regardé.

« Quoi ? » avais-je demandé.

« Combien pour la blonde ? » demanda-t-il.

J’étais abasourdi.

« Vous me demandez quoi maintenant ? » demandai-je.

« Combien pour la femme humaine aux cheveux blonds ? Si vous me la vendez, je vous donnerai... 35 goldiettes ! Qu’en dites-vous ? C’est un très bon prix, vous savez ? » sourit-il.

Est-il sérieux ? Ce type est-il sérieux ? m’étais-je demandé.

Mais en ce moment, nous étions tous surpris et simplement choqués par ses paroles. Non seulement il voyait Nanya comme une femme que je pouvais simplement échanger comme un manteau usagé, mais il la voyait aussi comme mon esclave. Je ne savais pas ce qui était pire. Même avec le contrat d’esclave entre Shanteya et moi, je ne pouvais toujours pas la considérer comme mon esclave. Dès qu’elle l’aurait demandé, je la relâcherais, mais cet homme aurait vu sa libération comme un gaspillage de profit.

« Elle n’est pas à vendre, » avais-je répondu.

« 40 goldiettes ! » il avait augmenté le prix.

J’avais essayé de m’empêcher de le frapper.

« Je ne la vends pas... Je ne peux pas en premier lieu..., » avais-je murmuré ces derniers mots, puis j’avais regardé la personne en question.

Elle bouillonnait de colère. Si je ne frappais pas le marchand, elle le ferait, et son coup de poing enverrait littéralement tout l’immeuble dans un vol plané.

« Alors je vous défie à un jeu d’arène ! » avait-il déclaré.

« Un quoi, maintenant ? » je l’avais regardé en plissant mon front.

« L’un de vos esclaves contre l’un des miens, le gagnant garde tout et prend la blonde ! » il souriait avec avidité.

Il n’y avait pas de fin à cet homme. Loi ou pas, je voulais sérieusement le frapper au visage, mais alors quelque chose m’avait traversé l’esprit et c’était encore mieux. La pensée était un peu mauvaise, et je pouvais me sentir sourire à l’intérieur. C’était comme si je n’étais pas celui qui pensait à de telles choses, mais cela ne m’effrayait pas, cela me rendait impatient d’y penser.

« Monsieur, vous pariez trop peu pour trop. Je risque de perdre mon “objet” le plus précieux, et vous ne perdez rien, » dire ce mot m’avait fait souffrir et avait remplit mon cœur de dégoût.

« Je vous entends, et si je vous payais 40 goldiettes si je perdais ? » demanda-t-il.

« 40 goldiettes ? C’est beaucoup d’argent..., » avais-je dit. Puis j’avais frotté mon menton en regardant Nanya, les filles étaient un peu confuses par mes paroles, mais en un seul clin d’œil, je leur avais fait savoir que j’avais un plan.

Nanya souffla et croisa les bras sur sa poitrine, tandis qu’Ayuseya soupirait.

« Mon esclave le plus puissant contre le vôtre, qu’en dites-vous ? » lui avais-je demandé.

« D’accord ! C’est une offre unique dans une vie ! Avec tant d’argent, vous pourriez faire beaucoup de choses ! Voyez ça comme un... investissement, » il m’avait montré le sourire d’un marchand, alors que j’avais l’air indécis.

« Et dans ce cas, si on le rendait plus intéressant ? Vos femmes contre mes esclaves. Gagnez trois fois, et je vous l’accorde. Qu’est-ce que vous en penses ? » demanda Deroak en souriant.

Ah, le vieux truc de me faire lutter contre son plus faible d’abord, puis augmenter lentement la valeur du pari jusqu’à la fin, quand je vais me battre contre son plus fort et être écrasé dans une défaite totale. Eh bien, deux personnes peuvent jouer à ce jeu ! avais-je pensé.

« Je ne sais pas..., » j’avais regardé vers le sol.

« Franchement, monsieur l’aventurier, je vois que ce qui vous a mis en colère tout à l’heure, c’est le fait que je n’ai pas bien évalué le danger de ma quête, mais je ferai en sorte qu’une telle chose ne se reproduise jamais ! Mais maintenant, c’est juste un peu amusant, non ? Un petit pari n’a jamais fait de mal à personne, n’est-ce pas ? » demanda-t-il en se frottant les mains l’une contre l’autre.

Si je n’avais pas vu ce genre de personnage dans d’autres histoires et jeux auparavant, j’aurais pu tomber dans son piège. Au début, il ne semblait vraiment intéressé que par Nanya, mais sous son sourire sournois, son plan était plus susceptible de me laisser sans le sou. Quant à savoir pourquoi, cela pourrait s’expliquer facilement par le fait que j’avais eu le culot de venir ici et de le gronder. C’était un marchand, donc s’il sentait comme si j’avais de l’argent et qu’il remarquait que je n’étais pas prêt à acheter sa « marchandise », alors il essayait par d’autres moyens de me dépouiller de mon or. Même si je perdais, je pourrais quand même reprendre les filles, mais franchement, qui pourrait les battre ?

Je l’avais laissé mijoter un peu, donnant l’impression que je réfléchissais sérieusement à ma situation et à la question de savoir si le jeu en valait la chandelle ou non. Pendant ce temps, les filles se taisaient et attendaient calmement la fin de cette conversation. La plus inquiète d’entre elles semblait être la petite Tamara. J’espérais juste qu’elle ne pensait pas que j’allais la revendre.

« Trois victoires, vous dites ? » lui avais-je demandé.

« Oui ! Vos esclaves n’ont besoin de gagner que trois fois ! » avait-il déclaré.

« Il y a cependant un problème..., » avais-je dit.

« Un problème ? De quelle sorte ? » demanda-t-il en plissant son front.

« Je n’ai qu’une seule esclave, la blonde et la draconienne sont mes compagnons, mais s’il le faut, elles renonceront à leur liberté pour moi. Hm, que faire ? » avais-je agi comme si j’étais un peu coincé.

La raison pour laquelle j’avais dit cela était d’éliminer la situation après qu’il déclarerait le pari invalide parce que j’avais envoyé un non-esclave.

« Je vois ! Monsieur l’aventurier doit tenir compte de sa situation, mais ne vous inquiétez pas. Tant qu’elles sont prêtes à être vendues après, nous pouvons procéder avec notre petite affaire. Donc trois victoires accumulées par l’un de vos... compagnons, et je vous concéderai la victoire, mais si je gagne, j’aurai les trois et votre équipement, » sourit-il en me disant ça.

Ainsi, le vrai visage de ce vaurien s’était manifesté.

« Et qu’est-ce que j’obtiens ? » lui avais-je demandé en plissant les sourcils.

« N’importe lequel de mes trois esclaves, des goldiettes, ou n’importe quoi d’autre de valeur similaire, » sourit-il.

« Combien de goldiettes ? » demanda-t-il.

« 100 ! » Il l’avait déclaré et avait pointé un doigt vers le plafond.

« Trop peu, donnez-m’en plus, » m’étais-je défendu.

« 120, mais même pas une pièce de cuivre de plus ! » déclara-t-il.

« 125, » déclarai-je.

Il avait plissé son front et avait regardé les filles derrière moi.

« 150 et vous ajoutez aussi la nekatare, » sourit-il.

« 120, alors cela sera 120, » je n’étais pas prêt à ajouter Tamara dans le marché.

« Hm, est-ce qu’elle a tant de valeur pour vous ? » demanda Deroak, surpris.

« Oui. Je l’ai eue pour 210 goldiettes, » avais-je menti.

« Deux... Deux cent dix !? » Il avait l’air assez surpris, mais ses yeux brillaient de curiosité et d’avidité.

« Oui, » j’avais hoché la tête. « C’est une sorte spéciale de nekatar qui peut trouver le chemin le plus rapide à travers un labyrinthe jusqu’au cœur du donjon, » j’avais encore menti.

« En effet, avec une telle capacité... le prix l’expliquerait. L’avez-vous trouvée dans une salle des ventes ? » demanda-t-il au bout d’un moment.

« Oui, mais pas dans ce pays, » j’avais répondu en mentant à nouveau.

« Je comprends, on ne peut rien y faire alors... Je suis d’accord pour les 120 goldiettes ! » Il acquiesça d’un signe de tête.

Bien sûr, j’avais ainsi éveillé sa curiosité et son avidité. L’homme essaierait probablement de trouver un moyen de mettre ses petites mains sournoises sur mon chat, mais cela faisait aussi partie de mon plan. Si c’était un marchand terrien, il aurait reniflé l’arnaque ou exigé une sorte de preuve, mais ce type n’y avait même pas pensé.

« Alors, quand vont-ils se battre et quelles sont les conditions pour gagner ? » lui avais-je demandé.

« Ils se battront au Colisée, où nous installerons un ring. Le premier combattant à tomber du ring ou à perdre conscience sera déclaré vaincu. Si l’un de nos combattants tue son adversaire, ce sera notre perte immédiate. » Il acquiesça d’un signe de tête.

« Vous ne voudriez pas perdre votre marchandise, n’est-ce pas ? » avais-je commenté.

« Bien sûr ! À quoi bon se battre comme ça si je perds plus que je n’en gagne ? » il secoua la tête.

En effet, si je perdais un combattant, sa part de victoire serait considérablement réduite. S’il perdait, il devrait abandonner plus qu’il n’avait prévu au départ.

En fait, cela semblait équitable quand on y pense, mais le fait que je pariais mes épouses et amies bien-aimées comme un jeton dans un casino m’avait laissé un goût très amer et désagréable dans la bouche. Pourtant, c’était probablement la seule chance que j’avais de punir ce salaud pour ce qu’il avait fait à Tamara, du moins d’un point de vue légal. Si je devais attraper ce type en dehors de la ville, je le tuerais.

Oui, je le tuerais..., m’étais-je dit en le regardant.

À ce moment-là, mon esprit était calme et détendu comme si prendre la vie d’un autre était censé être une chose normale. En repensant à Dankyun, je ne voulais pas le tuer à l’époque, je ne voulais pas me salir les mains avec son sang, mais maintenant j’avais pensé que ce serait la bonne chose à faire. En fait, si je rencontrais à nouveau ce draconien, je n’aurais aucun mal à le tuer.

Pour être franc, je n’avais même pas réalisé à quel point c’était désordonné et contre nature vis-à-vis de mon être de l’époque... Cet état d’esprit froid et détendu quand on pense à prendre la vie d’un autre n’était pas le mien.

« Illsy ? » Nanya m’avait sorti de mes pensées.

Nous nous tenions devant la boutique du marchand d’esclaves et nous nous préparions à nous diriger vers le Colisée. L’entente avait été conclue et même si elle n’était que verbale, elle était suffisante pour les individus d’ici. Revenir en arrière serait la même chose que de perdre.

« Oui ? » avais-je répondu. Puis j’avais commencé à marcher vers le Colisée.

« Qu’est-ce que c’était que ça ? » Nanya m’avait demandé en plissant ses sourcils.

« Je ne peux pas le tabasser. Je ne peux pas le tuer en ville. Je ne peux pas acheter ses esclaves parce qu’il agirait pour en avoir plus... Ce que je peux faire, c’est l’entraîner dans un piège propice pour sa propre espèce et le vider de son sang que représentent ses goldiettes, » j’avais poussé un soupir.

« En effet, une grande perte de profit entraverait son activité pendant longtemps, voire l’obligerait à réduire les prix de ses esclaves et à vider son stock pour s’en sortir. Bien joué, ce genre de chose pourrait lui faire perdre absolument tout, » Ayuseya avait déclaré ça.

« Eh bien, je n’ai pas pensé si loin, je voulais juste me venger de lui pour ce qu’il a fait à Tamara, » j’avais caressé la tête poilue du Nekatar.

« Le maître ne vendra pas Tamara, n’est-ce pas ? » demanda-t-elle d’un ronronnement et les yeux tournés vers le haut.

« Bien sûr que non ! Mais quand nous serons au Colisée, je ferai semblant de te revendre. C’est un truc pour le forcer à mettre plus de goldiettes sur la table avant que je les prenne toutes, » j’avais souri doucement.

« Le maître est sournois., » gloussa-t-elle en me regardant.

« Oui, et très compétent dans bien des domaines..., » déclara Ayuseya en ronronnant et en embrassant ma joue.

« Quel est le plan ? » Nanya haussa les épaules.

« Ayuseya passe en première. Elle gagne deux batailles puis se fait battre. Fait comme si tu étais de peu capable de gagner contre ton ennemi, » lui avais-je expliqué.

« Je comprends. On doit juste faire semblant d’être faibles, » la princesse draconienne gloussa.

« Je n’aime pas faire semblant d’être faible, » la démone avait plissé ses yeux vers moi.

« Juste cette fois, s’il te plaît ? » lui avais-je demandé.

« Argh... très bien, » elle n’avait pas aimé ça du tout.

« Après la défaite d’Ayuseya, Shanteya sera la prochaine sur le ring. Tu perdras la bataille, mais..., » déclarai-je

« Je dois faire semblant d’être faible et d’y mettre toute ma force contre mon adversaire. Je m’en occupe, » elle acquiesça d’un signe de tête.

« Bien, ce sera au tour de Nanya. Tu vas prendre quelques coups pendant que j’essaie de convaincre le marchand de cracher plus de pièces. Effectue un bon spectacle au cours de cette période et surveille bien Tamara. Si elle se tient devant moi, cela signifie que le spectacle doit continuer, si elle se tient à côté de moi, alors tu dois vaincre ton ennemi sans le tuer. Qu’est-ce que tu en dis ? » J’avais demandé ça en souriant.

« Impossible à le comprendre pour d’autres, » sourit-elle.

« Je ne vous décevrai pas, Maître, » Shanteya avait fait un petit salut.

« Moi non plus, mon mari. » Ayuseya gloussa.

« Parfait ! » J’avais ri.

***

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