J’ai été réincarné en une Académie de Magie ! – Tome 4 – Chapitre 54 – Partie 2

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Chapitre 54 : L’étreinte d’une princesse

Partie 2

[Point de vue d’Illsyore] 

La chose la plus stupide que j’aurais pu faire dans ce cas était de lui demander pourquoi elle avait enlevé ses vêtements. C’était clair ce qu’elle voulait, et je pouvais le lire dans son langage corporel, les mouvements, le rougissement, son regard, tout criait à quel point elle était gênée et combien il lui fallait de courage pour faire ça.

Puis, j’avais dû me rappeler qu’elle était une princesse, une personne de la famille royale. Quoi qu’il arrive, la façon dont elle avait été élevée était différente de celle des autres. Peut-être que dormir dans le même lit que moi et les autres filles lui avions offert un peu de courage, mais à la fin... ce qui comptait le plus, c’était la façon dont elle cachait ses propres désirs et peurs.

Jusqu’à présent, je n’y avais jamais pensé trop sérieusement. Nous avions voyagé ensemble, nous nous étions battus ensemble, nous avions dormi et manger ensemble, mais essayer de déterminer quelles mesures je devais prendre pour renforcer ma relation avec Ayuseya n’avait jamais été sur ma liste de choses à faire pour la journée.

Pendant tout ce temps, elle y avait probablement pensé de son côté, se demandant peut-être si elle était assez bien pour moi ou moi pour elle. Le jeu politique était aussi une chose à laquelle elle devait bien réfléchir. J’étais un Seigneur du Donjon et elle était une princesse draconienne. Nous étions plus ou moins comme Roméo et Juliette, sans l’empoisonnement et sans les vieux idiots qui décidaient seuls des choses stupides. Mais si quelqu’un à Teslov avait l’intention de faire de ma vie amoureuse une tragédie, j’étais sûr de lui faire rencontrer un Seigneur du Donjon Divin en colère. Teslov pourrait se passer de sa capitale, non ?

Ainsi, je n’avais pas attendu que les mots quittent mes lèvres ou mes questions pour être posés en vain. J’avais simplement approché la belle déesse devant moi et je lui avais donné un doux baiser. Nos lèvres étaient collées l’une à l’autre pour l’éternité et quand nous nous étions séparés, j’avais regardé son regard fiévreux. D’un simple contact, j’avais déplacé mes doigts sur sa peau nue et quand j’étais arrivé à la base de sa poitrine, je lui avais appliqué une légère pression.

« Ahn ~ ! » était le doux gémissement qui échappait à ses lèvres séduisantes.

Je suppose que ce vieil homme fou avait raison sur une chose, le cœur d’une femme était révélé lorsque l’homme qu’elle aimait touchait son corps.

À partir de ce moment-là, la pièce de théâtre avait fait partie de l’histoire... Je m’étais déshabillé, et nous avions tous les deux utilisé le lit confortable de notre chambre. Parce que nous étions si loin de la ville, il n’y avait même pas besoin d’utiliser une sorte d’enchantement antibruit.

À noter également : utilisez la prochaine fois un enchantement antibruit au lieu de reconstruire la pièce avec des matériaux absorbant le son.

Le lendemain matin, longtemps après le lever du soleil...

Ayuseya avait sa queue enroulée autour de mes jambes comme Nanya le faisait habituellement au réveil. J’avais appris que c’était leur façon de dire qu’elles me considéraient comme leur partenaire. Sur une autre note, la draconienne était étonnamment souple et d’une endurance féroce. Les stats supplémentaires de mon bonus faisaient des merveilles, mais quand nous l’avions fait la première fois, elle avait agi d’une manière terriblement timide de ce côté-là. Je l’avais prise lentement et j’avais apprécié chaque partie de son corps. Le compteur de plaisir avait toujours été réglé au maximum, sans faute.

Malheureusement, il n’était pas question de comparer les deux. Ayuseya avait ses propres atouts, mais Nanya aussi. Elles étaient inexpérimentées, mais elles avaient toutes les deux appris vite. La taille et la différence dans les formes de corps étaient ce qui leur offrait probablement une sensation différente. Quoi qu’il en soit, ce fut une soirée mémorable et des plus agréables.

« C’était... assez surprenant, » avais-je dit en lui caressant le dos.

Étant la plus grande, elle m’enlaçait.

« Oui, je n’ai jamais... Je n’aurais jamais pensé qu’on ferait quelque chose comme ça... C’était..., » elle s’arrêta et continua avec un baiser.

Ayuseya contrairement à Nanya était un peu plus câline.

« Je vais prendre ça pour “incroyable”, » j’avais hoché la tête et je l’avais serrée dans mes bras.

« Ahn ~ ! » elle avait poussé un joli gémissement et m’avait embrassé à nouveau.

Pour une raison inconnue, elle embrassait mieux... ou apprenait très vite.

Une fois que nos lèvres s’étaient séparées, elle m’avait mis la tête dans sa grosse poitrine confortable.

« Tu sais, je ne m’attendais pas à ce qu’on fasse ça ce soir, » dit-elle en riant.

« Tu t’attendais à quoi ? » lui avais-je demandé.

« Une simple conversation... Je voulais du temps seul pour parler de ce qui se passe entre nous. Je me sentais un peu... pas à ma place, mais après ce soir, je sais ce que je voulais..., » elle ronronnait d’une manière séduisante.

« Et c’est ça ? » lui avais-je demandé.

« Toi... Je voulais te faire mien, et maintenant tu l’es, » elle embrassa mon front et enroula sa queue autour de ma taille.

Les écailles étaient lisses, mais elle avait habilement empêché les parties les plus tranchantes de me faire mal.

« Je suis content d’être à toi, mais tu sais que tu dois partager, non ? » lui avais-je dit. Puis je lui avais donné un autre baiser.

« Avec celles qui sont tes femmes, oui, mais avec des femmes viles qui veulent te piéger ou t’éloigner de moi... Je vais leur arracher les tripes ! » Pour la première fois, j’avais senti une intention meurtrière émaner de la belle draconienne.

C’était un peu effrayant, et si j’ajoutais la démone au compte, les choses ne finiraient certainement pas bien pour celles qui oseraient me séduire.

« Et si c’était moi, qui tentait de la séduire ? » avais-je demandé avec un faible sourire.

« Je vais te faire changer d’avis, » elle baissa la tête et me mordit doucement le cou.

« Aïe ! » avais-je dit. Mais cela n’avait pas fait mal.

« Hehe ! Tu es à moi, Illsy ! Je te partagerai avec Nanya et Shanteya parce que je sais que les deux te partageront avec moi, mais je ne te donnerai pas à une autre femme. Si tu oses entrer dans un bordel, je te traquerai et je te sortirais de là. Si ces shikaks osent te toucher, je leur ferai très mal ! » elle me serra dans ses bras.

« J’ai compris, » déclarai-je.

J’avais dû admettre que j’aimais cette partie possessive de Nanya et elle. Tant qu’elles n’avaient pas jusqu’à se disputer pour moi, ça allait être génial de les avoir dans le coin ! Mais je n’avais pas pu m’empêcher de tâtonner encore une fois ma femme draconienne, mais il était hors de question qu’elle recommence à le faire. Nous étions tous les deux courbaturés. Je pouvais me régénérer, mais... parfois, il fallait apprécier le moment tel qu’il était.

« Je voulais te demander quelque chose. Mais qu’est-ce qu’un shikak ? » avais-je demandé avec curiosité.

Je l’avais entendu d’innombrables fois. Je savais qu’il s’agissait d’un mot maudit ou d’une insulte, mais je ne savais pas ce qu’il signifiait vraiment.

« Oh ça... Tu sais ce qu’est une prostituée, non ? » demanda-t-elle.

« Le genre de femme à qui je ne demanderai jamais les services à cause de ma mignonne épouse draconienne ? » avais-je répondu d’une manière que je considérais comme sûre.

« Bonne réponse ! Eh bien, le shikak est un type de femme qui offre un service similaire, mais qui est employée pour l’offrir aux esclaves ou parfois aux animaux domestiques de ceux qui les emploient. C’est un terme très humiliant en comparaison duquel une pute a l’air d’être une femme respectable. Les femmes qui font habituellement ce genre de travail sont considérées comme cassées dans leur tête ou indésirables, même par les plus petits des roturiers. Dans de nombreux royaumes, leurs pratiques sont considérées comme illégales par les groupes religieux locaux, et dans mon royaume, elles sont complètement interdites et même condamnées à mort par décapitation si elles sont reconnues coupables de tels actes. Bien sûr, le mot reste une insulte. M’appeler moi ou un noble shikak t’accorderait au moins 50 ans de torture avant d’être tué. Mais je comprends que certains royaumes ont légalisé ce genre de... pratique, » elle secoua la tête à la dernière partie.

« En d’autres termes... c’est extrêmement insultant, » avais-je dit en la regardant dans les yeux.

« En effet, mais mon cher, ne parlons pas de telles choses maintenant, » dit-elle et me montra un joli sourire.

« Ce n’est pas mon intention, j’étais juste curieux... Mais je suppose que les esclaves n’ont pas le droit de se marier, non ? » Je l’avais regardée.

« Ils le peuvent. C’est le fait de payer quelqu’un pour faire ces choses dégradantes qui dérange les gens. Cependant, les mariages d’esclaves sont très rares et nécessitent généralement l’approbation du maître pour libérer lesdits esclaves. Si un maître tombe amoureux de son esclave, il peut la relâcher, mais les gens ne le regardent pas avec de bons yeux, et sa famille peut s’y opposer. Le mariage est souvent considéré comme un bon moyen d’apporter plus de pouvoir à la famille, » elle m’avait expliqué et m’avait rappelé sa propre situation avant que je ne la libère de cette malédiction.

Fondamentalement, même si elle était une princesse, elle était aussi utilisée par sa famille et son pays pour aligner les intentions d’un Suprême avec celles de la famille royale. Ils auraient été protégés par lui et il lui aurait alors accordé une autorité et un contrôle limités sur la nation. C’était une sorte d’entente gagnant-gagnant, mais les décisions et les opinions des parties concernées n’avaient pas d’importance.

La princesse n’avait qu’à hocher la tête comme une bonne petite marionnette.

J’avais donné un autre baiser à Ayuseya et l’avais laissée chasser ces pensées.

Environ une demi-heure plus tard, nous pensions enfin à nous lever du lit et peut-être à retourner vers les autres. Mon estomac grognait et le sien aussi. Après une telle nuit, nous avions besoin d’énergie et peut-être d’un petit moment de sommeil, mais la dernière partie n’était pas obligatoire.

Au lieu du feu au milieu de la pièce, j’avais fait une baignoire assez grande pour nous deux. L’eau avait été chauffée à la bonne température et on s’était glissé dedans. Nous avions fini par faire un autre tour plutôt que de nous laver correctement, donc pour être juste, j’avais aidé mon mana à se régénérer un peu. Après s’être amusés dans le bain, on s’était changés. Ayuseya m’avait fait convoquer l’une de ses grosses commodes, et elle avait déterré une robe rouge à l’allure sobre, sans fioritures, sans ficelle d’or ou autre chose qui lui avait donné l’air de coûter un bras et une jambe. Elle en avait beaucoup plus jolies, mais si elle les portait, tout le monde saurait qu’elle était d’origine noble.

Je n’avais fait que laver mes vêtements et les sécher rapidement avant de les remettre. Après être sorti, j’avais absorbé toute la bâtisse, et nous étions retournés en ville à pied.

« Ayuseya, je voulais te demander, mais..., » je l’avais regardée, « Est-ce que j’ai eu l’air un peu... étrange dernièrement ? » Je lui avais montré un sourire maladroit.

Elle avait cligné des yeux et incliné la tête. « Non, pourquoi ? Il y a un problème ? »

Je soupirai et levai les yeux vers le ciel.

« Eh bien... récemment, j’ai eu quelque chose en tête..., » avais-je dit, mais je m’étais arrêté et j’avais fermé les yeux.

Est-ce la bonne chose à faire ? Dois-je lui parler à propos des Ténèbres ? Je ne veux pas l’inquiéter inutilement... Je sais déjà qu’elle ne peut rien y faire. Je sais déjà que c’est mon fardeau... c’est mon défi... mais...

Pendant que mes pensées tournaient en rond, quelque chose de chaud me touchait les joues et me relevait le menton. En ouvrant les yeux, j’avais vu Ayuseya me regarder d’un front plissé.

« Quoi ? » demandai-je, surpris.

« Tu peux tout me dire. Je suis ta femme, » m’avait-elle dit.

J’avais cligné des yeux, surpris, puis je lui avais montré un doux sourire.

« Oui... Tu l’es, » j’avais hoché la tête et pris ses mains dans les miennes. « Par où dois-je commencer ? »

« Depuis le début, » me répondit-elle d’un ton doux.

« Je crois que Nanya t’a raconté comment j’ai vu le jour, » demandai-je.

« Oui, tu as été construit par le directeur de l’Académie de Magie de Fellyore, Tuberculus. Que les dieux reposent son âme, » elle avait fait une tête triste pendant un moment.

Ah ! J’avais oublié qu’elle était là quand il a été tué par les hommes de Dankyun, pensais-je, mais je continuais à lui parler de mon secret.

« Eh bien, il m’a fait à partir des différentes parties d’autres donjons. Je ne suis pas né comme un donjon habituel et peut-être grâce à cela, je suis un peu spécial. Cependant, il y avait un problème..., » j’avais poussé un soupir et j’avais regardé en bas.

« Problème ? C’est à propos du vol de la culotte de Nanya ? » me demanda-t-elle.

« NON ! » avais-je rétorqué.

« Alors ? »

« Eh bien, tu sais qu’un Donjon naît avec un Corps ou un Noyau de Cristal. L’esprit dudit donjon est situé dans tout le corps, contrairement à celui d’un être humain dont le cerveau est le centre. Quand un donjon est détruit, le noyau se brise, mais des morceaux de son esprit restent dans chacun de ces cristaux. »

« Ça, je ne le savais pas, » dit-elle.

« Ouais, peu de monde le sait... y compris Tuberculus. Il a reconstitué mon corps de cristal initial et a ensuite utilisé un sort pour... me donner vie, » déclarai-je.

« Tu es donc un mort-vivant ? » demanda-t-elle en clignant des yeux, surprise.

« T’ai-je donné l’impression d’être un mort-vivant hier soir ? » demandai-je.

« Non, tu étais bien vivant et dur ! » elle gloussa et rougit.

« Donc, quand Tuberculus a jeté ce sort, je suis né, mais les souvenirs des anciens donjons n’ont pas été effacés, » déclarai-je.

« Tu dis qu’il y a un autre esprit dans tes pensées ? » demanda-t-elle en plissant son front.

« Non seulement un, mais d’innombrables... Ils forment ce que j’appelle Les Ténèbres. Pour dire les choses simplement, je n’avais pas de meilleur nom pour ce que ces esprits sont devenus, » j’avais haussé les épaules.

« Sont-ils un danger pour toi ? » demanda-t-elle.

« Non, du moins pas maintenant. Malheureusement, je n’ai aucun contrôle sur eux, et ils n’aiment pas l’idée que je sois si gentil et si bon avec toi et les autres. Ils veulent que je commence à construire des donjons mortels, à capturer des aventuriers, tu sais... les choses habituelles des autres donjons, » j’avais soupiré. « Du bon côté des choses, ils ne sont pas non plus capables de me contrôler. »

« Ce n’est pas bon signe..., » déclara-t-elle.

« Non, on dirait que je perds la tête..., » déclarai-je.

« Oui, » elle acquiesça d’un signe de tête.

« J’espère que non... Je ne veux pas..., » j’avais baissé les yeux. « Je ne veux pas finir par te faire du mal, Nanya, Shanteya, ou Tamara..., » j’avais serré les poings. « C’est ma plus grande peur. »

Ses bras doux m’enlaçaient et me rapprochaient d’elle. « Illsy, tu ne vas pas nous blesser ou nous perdre. Je te fais confiance. »

Je souhaite que ce soit vrai, mais cette peur ne disparaîtra pas si facilement..., avais-je pensé.

« Pourquoi m’as-tu dit ça et pas Nanya ou Shanteya ? » me demanda-t-elle.

« De tous, tu es la seule en qui je peux avoir confiance pour un tel secret. Nanya deviendrait folle, Shanteya s’inquiéterait trop... ou essayerait de se faufiler dans sa guilde pour voir s’il y avait un document secret à ce sujet. »

« Mais dans ce cas, pourquoi suis-je si spéciale ? » demanda-t-elle avec curiosité.

« Pour être tout à fait honnête, jusqu’à aujourd’hui, je ne voulais pas te le dire non plus, mais tes talents au lit m’ont fait changer d’avis... D’ailleurs, tu es la seule d’entre elles qui ne réagirait pas de façon excessive à tout ça. J’espère également que tu garderas cette information secrète pour les autres et au moment venu, tu le révéleras si nécessaire. Tu as cette capacité..., » déclarai-je.

« Je pense que Shanteya aurait été mieux, après tout, c’est une ancienne assassine, » déclara-t-elle.

« Oui, mais comme je l’ai dit... elle va dramatiser. Pendant ce temps, même après te l’avoir dit, tu es toujours calme, tu ne paniques pas et tu ne deviens pas paniqué à ce sujet, » j’avais doucement souri.

« Il semble que oui..., » elle baissa la tête et me donna un baiser.

Après notre séparation des lèvres, elle sourit et se retira de mon étreinte.

« Je ne leur dirai pas si c’est ce que tu veux, mais si je te vois empirer, je le ferai. Si nous pouvons faire quoi que ce soit pour t’aider, nous le ferons... quoiqu’il arrive. Après tout, tu es notre mari, » déclara-t-elle.

Avec cette dernière phrase d’elle, nous étions retournés à la ville avant que Nanya ne forme un groupe de chasseurs avec mon nom comme cible. À plus d’un titre, cette nuit avec Ayuseya s’était avérée être une bénédiction.

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6 commentaires

  1. Merci pour le chapitre

  2. Merci pour ce chapitre

  3. merci beaucoup pour cette deuxième partie^^. hâte de lire la suite.

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