J’ai été réincarné en une Académie de Magie ! – Tome 3 – Histoire Parallèle 2

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Histoire Parallèle 2 : Entre la raison et la folie

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Histoire Parallèle 2 : Entre la raison et la folie

Partie 1

[Point de vue de Dankyun]

Quand j’étais arrivé au sol, j’étais au milieu de la forêt, quelque part loin de l’Académie de Magie, ou du moins ce qu’il en restait après ma bataille avec ce maudit Seigneur du Donjon.

Mon corps était froid, et je sentais de la douleur partout. C’était difficile de bouger le petit doigt, sans parler d’un bras ou d’une jambe. Ma vision était floue et je pouvais à peine respirer. Pour empirer les choses, je ne portais rien d’autre que le pagne qui couvrait ma honte.

Le mana était difficile à rassembler aussi bien qu’avant, mais peu à peu, j’avais pu le faire. Malheureusement, je n’avais plus de cristaux sur moi pour accélérer ma guérison, alors j’avais dû me fier à un sort à la place. Une situation très malheureuse, mais tant que je pouvais obtenir une respiration avec mes poumons, j’avais encore une chance de survie.

Des minutes, peut-être des heures s’étaient écoulées, avec seulement moi regardant le ciel nuageux et ne pensant à rien. Mon esprit était vide, vide de toute pensée. La bataille m’avait vidé de tout mon pouvoir et, à la fin, j’étais sorti perdant. C’était frustrant, mais je n’avais plus d’énergie pour me sentir frustré, en colère, ou même peur de ce terrible monstre que j’avais affronté...

J’avais fermé les yeux et une autre heure, peut-être plus, s’était écoulée. Quand j’avais rouvert les yeux, c’était la nuit. Avec beaucoup d’efforts, je m’étais concentré sur un Soin de Rang Intermédiaire et je l’avais jeté sur moi-même. Une lumière brillante couvrait mon corps et je sentais mes muscles et mes os se réparer d’eux-mêmes. Cela me faisait si mal que je voulais crier à haute voix dans la douleur, mais quel genre de draconien serais-je pour faire un geste aussi lâche ? J’avais grincé des dents et j’avais regardé le ciel étoilé au-dessus de moi comme s’il pouvait répondre à ma colère et me défendre, comme s’il était responsable de ma douleur.

Quel grand draconien ? J’ai échoué..., pensais-je après la guérison de mon corps.

Avec un gémissement, je m’étais levé et j’avais regardé autour de moi. J’étais au milieu d’un petit cratère, et pas si loin de moi se trouvait un arbre avec quelques branches cassées. C’était sûrement celui qui avait ralenti un peu ma chute. Pourtant, je n’avais aucune idée d’où j’étais exactement.

Sans une carte, un guide, ou même la moindre idée de l’endroit où aller à partir de là, j’étais perdu.

Je dois trouver un moyen de sortir de cet endroit..., avais-je pensé que lorsque j’avais commencé à me déplacer.

Au moins, il n’y avait pas de monstres autour de moi. C’était une situation chanceuse, mais alors... je m’en étais souvenu.

« Dankyun, petite ordure pathétique. Réjouis-toi ! Je ne vais pas te tuer maintenant. Oh, non, non, non, non, » le monstre secoua la tête, me regardant droit dans les yeux, me regardant fixement, liant mon âme et scellant mon destin. « Ce que je vais faire est bien pire que ce que tu peux imaginer. Je vais te laisser partir, et je vais te traquer comme l’ordure que tu es ! » me dit-il en souriant.

Ces paroles m’avaient fait frissonner toute la colonne vertébrale, forçant la peur à s’emparer de moi. Et son obscurité, cette obscurité qui l’entourait était faite d’une pure intention meurtrière. Je n’avais jamais rien vu de tel dans un donjon, c’était presque comme si je regardais droit dans les yeux de la Mort. C’était effrayant et dégoûtant.

Mon estomac s’était contracté d’une manière douloureuse. J’avais envie de vomir, et je l’avais fait, mais les seules choses qui en étaient sorties étaient les jus de mon estomac. Ça sentait mauvais, me forçant à prendre du recul et à trébucher sur le sol.

Je suis pathétique..., avais-je pensé et serré les poings.

Ce Seigneur du Donjon avait réussi à m’effrayer. Je ne voulais pas l’admettre, mais j’avais peur, j’avais peur de ce monstre, mais tant que j’étais en vie, je pouvais me défendre. Je pourrais me lever, puis le traquer et le tuer.

En y réfléchissant, j’avais eu un autre flash-back.

Me tenant par la gorge, me laissant à peine respirer, le monstre avait dit : « Ce que je vais te faire est bien pire que ce que tu ne peux même pas imaginer. Je vais te laisser partir, et je vais te traquer comme le déchet que tu es ! Tu l’as toi-même vu, j’ai simplement joué avec toi jusqu’à maintenant ! Je peux te tuer n’importe quand et n’importe où, si je le veux ! Tu n’es rien d’autre qu’un faible comparé à moi. Un faible ! »

Ces mots avaient fait frissonner ma colonne vertébrale. Comme il l’avait dit, j’avais été témoin de première main du monstre effrayant qu’il était. Même après avoir libéré tout mon pouvoir sur lui, je n’étais toujours pas capable de le vaincre. Même avec mon Amélioration, avec mon armure et mon épée divine, et même avec mes cristaux de sort, je n’avais pas été capable de le vaincre.

Pas étonnant que j’étais encore considéré comme un Suprême Inférieur... J’avais une force incroyable, mais mes compétences étaient faibles et à peine entraînées par rapport à d’autres de mon rang. Je pourrais les vaincre, peut-être, si j’étais chanceux et que j’utilisais soigneusement mes cristaux de sorts, mais face à un Seigneur du Donjon Divin sous forme humanoïde, ceux-ci s’étaient révélés complètement inutiles.

Si j’avais lancé une autre attaque suprême à l’intérieur de son dernier étage, j’aurais peut-être pu me débarrasser de certains de ces pièges, mais... J’aurais fini par être trop faible pour me défendre contre ses attaques monstrueuses, avais-je pensé alors que la frustration et la colère pouvaient être lues sur mon visage.

Je détestais ma situation. Je détestais qu’on me compare à lui. Ce que je détestais le plus, cependant, c’était la façon dont un donjon m’avait ridiculisé en me dépouillant de mon armure et de mon arme ! MOI ! Le Draconien Suprême en voie de devenir le chef de TOUS les draconiens !

Je détestais ça ! Je détestais ce Seigneur du Donjon ! Je détestais cette pathétique princesse ! Je détestais Nanya ! Ce n’était que de leur faute !

« Arg.. Je vais les tuer... Je vais tous les tuer ! » avais-je grogné en me levant et en regardant devant moi.

Dans la forêt, j’avais vu une ombre. Elle était de forme humanoïde, mais la peur qu’elle invoquait à l’intérieur de mon cœur m’avait fait m’effondrer sur mes pieds. Là-bas, caché parmi les arbres, j’avais vu le Seigneur du Donjon. J’avais vu ce monstre qui m’avait vaincu si facilement.

« N-Non, » avais-je dit avec un ton de voix tremblant.

Il avait souri, et je pourrais jurer que je l’avais entendu répéter ces paroles : « Tu l’as toi-même vu, j’ai simplement joué avec toi ! Je peux te tuer n’importe quand et n’importe où ! Tu n’es rien d’autre qu’un faible comparé à moi. Un faible ! » me regarda-t-il en plissant les yeux et en riant.

« NON ! » J’avais crié et en ramassant la pierre la plus proche, je l’avais jetée sur lui.

L’ombre s’était dispersée dans la nuit, et j’étais resté là, respirant durement et tremblant.

Qu’est-ce que ce monstre m’a fait ? m’étais-je demandé en regardant mes mains.

Jamais de ma vie je n’avais été confronté à une telle situation auparavant. J’avais peur pour ma vie, des ombres qui m’entouraient, de ce monstre qui me sautait dessus et m’achevait. Après tout, c’était ce qu’il m’avait dit, ce qu’il m’avait murmuré à la dernière minute avant de me jeter en l’air.

« C’est pour ça que je vais te laisser partir. Mais ne crois pas que tu es libre. Je vais te traquer comme une petite vermine pathétique que tu es simplement parce que je peux et que je sais qu’il n’y a absolument rien que tu puisses faire pour m’arrêter ou te cacher de moi. »

Le simple fait de me souvenir de ces paroles m’avait fait grincer des dents et serrer les poings. J’avais été vaincu et traqué comme un animal, une bête ou un monstre, rien de moins. La honte et la colère qui bouillonnait en moi m’avaient donné envie de crier, et c’est ce que j’avais fait...

« MAUDIT SOIS-TU, SEIGNEUR DU DONJON !! »

J’avais crié encore et encore jusqu’à ce que je m’effondre sur le sol à cause de l’épuisement.

Il n’y avait aucune chance d’accepter ma situation actuelle. J’étais l’animal traqué, et il était le monstre qui essayait de m’attraper, mais je n’allais pas le laisser faire. Non, j’allais rester hors de sa vue, me cacher parmi les gens et ne pas laisser ressentir un seul détail de mon pouvoir. J’allais m’entraîner en secret. M’entraîner comme je ne l’avais jamais fait auparavant, et pas comme d’habitude, j’allais me pousser jusqu’aux limites, afin de pouvoir apprendre les choses que, jusqu’à présent, je voyais comme inutiles... J’allais remettre en branles toutes mes compétences. C’était mon plan, c’était ma détermination, mais jusqu’à ce que je le mette en pratique, je devais sortir de cette forêt. Je devais trouver un moyen de revenir en sécurité, à la civilisation et de retourner à Teslov ou Paramanium.

Non... y retourner ne ferait de moi qu’une plus grande cible. Je n’ai même pas réussi à ramener Ayuseya et perdu mes soldats dans le processus... S’ils envoient quelqu’un à l’Académie de Magie de Fellyore pour découvrir ce qui s’est passé, ils vont trouver le donjon, ils vont découvrir ce que j’ai fait et le rendre public... Malédictions ! avais-je grincé des dents. Puis j’avais rampé avant de me lever.

Avec une démarche chancelante, je m’étais enfoncé plus profondément dans la forêt. Ma seule chance était de quitter ces deux continents : Allasn et Thorya. Je devais aller à Sorone, le troisième continent. Là-bas, je pourrais être en sécurité. Mon seul souci serait de rencontrer certains de mes anciens ennemis ou ma sœur... Si cette misérable femme était encore en vie, elle s’en prendrait à moi en un clin d’œil. Néanmoins, elle aurait déjà cent ans... une vieille sorcière. Je n’avais rien à craindre d’elle, d’une humaine.

Oui... Sorone. Il ne me trouvera pas là-bas... Il ne peut pas... avais-je pensé en me frayant un chemin à travers la forêt sombre.

« Alors, sache, petit draconien, qu’à partir de maintenant, où que tu regardes, où que tu tournes la tête, je serai là, à te regarder ! » J’avais encore entendu sa voix.

« TAIS-TOI !! » avais-je crié. Puis j’avais donné un coup de poing à un arbre qui s’était transformé pendant un instant en son ombre.

Qu’est-ce qui m’arrive ? m’étais-je demandé en regardant ma main qui saignait.

J’avais même oublié d’activer mon armure magique. Quoi que le Seigneur du Donjon m’ait fait, il avait raison... Il me traquait, et je le voyais dans chaque ombre et à chaque tournant que je prenais. Pendant les deux heures qui avaient suivi, j’avais simplement frappé tous les arbres à portée de vue, attaquant les ombres qui se moquaient de moi, mais après un certain temps, j’avais appris à ne pas sauter sur eux.

Ma situation actuelle m’avait mis en colère. Cela avait enfoncé la peur qui étirait ses vrilles pesantes à travers mon cœur, l’arrachant et me faisant savoir constamment que je n’étais rien d’autre qu’un faible comparé à lui.

Y avait-il un moyen pour moi de me battre contre ça ? Pour retrouver ma force et ma capacité à lutter contre une ombre obsédante ?

« Je serai partout... un paysan marchant près de toi, ou le noble avec qui tu parles, je serai lui ou elle, déguisé ou caché juste là, ou alors à la vue de tous ou sous le couvert des ombres derrière les ombres ! Parfois, je te laisserai me voir, me sentir et savoir que je suis toujours là à te regarder, te suivre et te chasser ! Il n’y a plus aucun moyen de m’échapper, Dankyun ! »

Ces paroles qu’il n’arrêtait pas de me hanter. Quand je fermais les yeux, j’avais l’impression qu’il était là. Quand une feuille était tombée sur mon épaule, j’avais cru que c’était lui et je m’étais enfui en criant de peur. J’étais si pathétique, mais comment pourrais-je lutter contre quelque chose comme ça ?

Il était là, dans l’ombre...

Quand j’avais fermé les yeux, il était juste devant moi. Je sentais son souffle, je sentais qu’il me regardait et me souriait comme un monstre, mais quand j’ouvrais à nouveau les yeux, il était parti.

Comment lui échapper ? m’étais-je demandé, mais je commençais à croire que même entrer dans un village était une mauvaise idée.

Et s’il était là ? Et s’il payait un garde ou un autre villageois pour m’espionner ? J’étais un draconien avec des écailles brunes, ce qui n’était pas si rare, mais certainement quelque chose de facilement repérable.

Je dois rester loin des gens... Je dois rester ici jusqu’à ce que je retrouve mes forces..., avais-je pensé...

À un moment donné, l’idée de voyager dans une ville ou de rencontrer quelqu’un s’était heurtée à un frisson dans ma colonne vertébrale. L’idée qu’il apparaisse sous l’apparence de quelqu’un d’autre m’avait fait ressentir une peur incroyable.

Ce jour-là, je ne pouvais pas supporter l’idée de manger quoi que ce soit. Je commençais à penser qu’il pourrait tout à fait décider d’empoisonner les bêtes autour de moi. Par chance, j’avais réussi à trouver une petite grotte où je pouvais m’endormir, mais mes rêves s’étaient rapidement transformés en cauchemars. J’avais revécu ce combat, ma défaite, ma douleur, mon angoisse. J’avais vu mes soldats se moquer de moi, et je n’avais même pas pu tuer le plus faible d’entre eux. Même Ayuseya se moquait de moi, disant que même avec sa malédiction, elle pouvait m’abattre comme un animal enragé.

Ma fierté avait été brisée en morceaux. Le draconien Suprême, autrefois dominant et puissant, n’était réduit à rien d’autre qu’une risée, un homme pathétique incapable de gifler même une femme. Je m’étais maudit ainsi que ceux qui s’étaient moqués de moi dans ce cauchemar.

La nuit s’était terminée par des frissons et des sueurs. J’avais dormi en périodes de quelques heures seulement. Même fermer les yeux était difficile, et j’avais l’impression qu’il m’attaquerait soudainement au moment où je l’aurais fait.

Le lendemain, j’avais décidé de chasser. J’avais trop mal à l’estomac et si je ne mangeais rien, je mourrais de faim. Le peu de fierté qu’il me restait ne pouvait pas me permettre de tomber d’une manière aussi honteuse.

Si je mourais tué par un Donjon Divin et que la nouvelle se répandait au sujet de ma bataille, j’aurais au moins une excuse pour être vaincu comme ça. D’ailleurs, je compterais comme le tout premier Draconien Suprême qui s’était battu depuis qui sait combien de centaines ou de milliers d’années maintenant ? Certains pourraient même considérer ma mort comme une mort honorable, mais ainsi... J’étais juste un perdant. Le draconien pathétique qui s’était enfui ou qui avait été laissé en vie par ce donjon parce qu’il était trop faible.

« Voici la meilleure partie. Je ne vais pas être celui qui va te tuer. Non. Non. Non, » je me souvenais de lui disant ces mots, secouant lentement la tête tout en gardant ses griffes serrées autour de mon cou « Je vais offrir ce plaisir à Nanya, Ayuseya et Shanteya. La prochaine fois que tu les verras, elles seront celles qui te tueront, » c’était sa menace la plus haineuse.

Penser que ces shikaks avaient même assez de puissance pour se battre contre moi était blasphématoire, mais il semblait en être certain. Eh bien, le coup de poing d’Ayuseya était surprenant et certainement pas quelque chose qu’une femme sans formation ou expérience aurait pu faire. Sans parler de la force derrière le coup de poing qui était en vérité assez importante pour casser mon armure magique, ce qui lui avait permis de m’égratigner. C’était ridicule !

Il ne mentait pas... elle a vraiment cette puissance. Il le leur a donné d’une façon ou d’une autre..., avais-je pensé en me préparant à attaquer un lapin.

L’animal à fourrure n’avait aucune chance contre moi, et je l’avais mangé sur place. Je n’avais même pas pris la peine de le cuisiner, j’avais tellement faim...

***

Partie 2

Le Seigneur du Donjon avait aussi menacé de tuer ma famille, mais je n’avais pas de parents... J’étais un orphelin sur le continent Sorone. Techniquement parlant, mes tuteurs auraient été mes parents, et les autres orphelins, mes frères et sœurs, mais ils n’étaient pas draconiens. C’est pourquoi je les avais tous tués... Eh bien, tout le monde sauf cette fille humaine. Je ne pouvais même pas comprendre comment elle avait survécu parce que je me souvenais clairement de l’incendie de tout l’orphelinat.

Hehe... de bons moments, avais-je pensé avec le sourire en essuyant le sang de ma bouche.

Ma chasse s’était poursuivie jusqu’à ce que mon estomac soit plein. J’avais essayé d’utiliser leur fourrure pour me faire des vêtements, mais sécher le cuir et le préparer correctement était un peu plus difficile que je ne le pensais au départ. Ainsi, j’avais fini par tout gâcher avec mes griffes surdimensionnées. Pour que ça marche, j’aurais dû chasser quelque chose de plus gros, alors j’étais allé à la recherche d’un Dayuk ou d’un autre monstre.

En trouver un était assez facile, mais quand j’avais essayé d’utiliser une attaque magique pour le tuer, j’avais de nouveau entendu sa voix... Elle résonnait dans mes oreilles aussi fort que possible.

« Ne pense même pas que je te fais marcher, espèce de petit draconien pathétique ! Je suis un donjon Divin ! Je suis plus puissant que tu ne peux l’imaginer ! » J’avais couvert mes oreilles, essayant de le faire disparaître.

« Tais-toi..., » avais-je grogné et j’avais fermé les yeux.

« Pourquoi devrais-je le faire ? » répondit-il. « En un seul claquement de doigts, je peux TE tuer, toi et toute ta famille ! Tu l’as vu aussi, n’est-ce pas ? Je n’ai même pas utilisé un sort autre qu’une boule de feu minable, et c’était seulement parce que je n’avais pas envie de percer à travers tes attaques pathétiques à ce moment-là, » déclara-t-il en riant.

« TAIS-TOI ! » avais-je crié.

Le Dayuk m’avait remarqué et avait grogné de façon menaçante.

« Je n’ai même pas bronché quand tu m’as jeté toutes ces boules de feu. AUCUNE de tes attaques n’a même pu briser mon armure magique UNE SEULE FOIS, sans parler de m’égratigner ! » je l’avais vu dans l’ombre autour de moi, me racontant toutes ces choses et me riant en pleine face.

Quand j’avais regardé le monstre se préparant à m’attaquer, j’avais vu le Seigneur du Donjon à la place.

« Toi... comment ? » avais-je dit de surprise.

« Tu es pathétique, Dankyun ! Toi et tout ce que tu fais et pense étaient inutiles contre moi ! Inutile ! » déclara-t-il en riant, et dans un accès de colère, j’avais lancé une [Boule de feu] au Dayuk.

Le monstre avait été entouré par les flammes, tué d’un seul coup, mais le rire du Seigneur du Donjon ne s’était pas arrêté.

« ARGH ! TAIS-TOI ! TAIS-TOI ! » J’avais crié à pleins poumons, tandis que ses paroles se répétaient tout autour de moi, riant de moi, se moquant de moi.

« Pathétique ! Faible ! Tu as perdu contre moi ! Tu perdras contre Ayuseya et Nanya ! Tu vas mourir ! Je vais te chasser ! Je vais te hanter ! Meurs ! Cours ! Faible ! » Je l’avais entendu dire ces choses de partout autour de moi.

Il était caché derrière les arbres et les rochers, loin de ma vue, mais d’une manière ou d’une autre encore là, dans les recoins de mes yeux.

Ses paroles m’avaient mis en colère, elles avaient alimenté ma rage et ma peur. J’avais donné des coups de poing à gauche et à droite jusqu’à ce que je saigne de mes articulations et que je respire avec difficulté, mais je ne combattais que des fantômes et des ombres.

Le Seigneur du Donjon n’était pas là... Comment s’appelait-il déjà ? Je ne savais pas, je ne me souvenais pas...

Après cet événement, une chose était devenue claire pour moi. Il était là, quelque part, à me traquer et à me chasser comme il l’avait dit. Il utilisait une sorte de sort d’illusion pour me faire voir ses apparitions, mais quand j’avais dormi, et quand j’essayais de chasser, il était là... d’une manière ou d’une autre, me gardant au bord de la raison et de la folie.

Le temps m’avait échappé au fur et à mesure que les jours passaient avec seulement une répétition de la précédente journée. Je tournais en rond dans cette forêt. Quand j’avais pensé que j’atteignais une sorte de village, j’avais vu son visage sur les gardes et les gens qui marchaient sur la route. Au lieu de le confronter là-bas, j’avais couru dans la forêt. Je m’étais enfui de ce village parce que chacun d’eux pourrait être le Seigneur du Donjon. Il pourrait me tuer n’importe quand et n’importe où...

Mes heures de sommeil étaient très peu nombreuses. Une heure, peut-être deux quand j’en avais l’occasion et que j’avais l’impression qu’il n’était pas là, me traquant comme un animal. Je ne pouvais même pas m’entraîner correctement, mais chaque jour, j’avais poussé plus de mana dans mon armure magique, en essayant de la rendre plus puissante et plus dense qu’avant. Si je devais combattre ce monstre à nouveau, il y avait des chances que je meure d’un seul coup de poing.

Je ne pouvais pas laisser cela se produire...

Il y avait beaucoup de monstres autour d’ici et plus je m’enfonçais dans les montagnes, plus ils devenaient forts.

C’était peut-être un mois ou deux après avoir trouvé ce village, mais j’étais tombé sur l’océan... J’avais atteint le bord du continent et, à l’horizon, je l’avais vu rire de moi. Le Soleil s’était transformé en son visage. J’avais concentré tout mon mana en une seule grosse [Boule de feu] et je l’avais jetée dessus.

Je n’avais aucune idée de l’endroit où elle avait atterri, mais certainement pas le soleil... Le bâtard se moquait encore de moi, me pointant du doigt et me rappelant combien j’étais faible et impuissant contre lui, combien il était facile pour lui de me vaincre quand j’étais à mon plus fort...

« C’est pourquoi je vais utiliser TOUT ce pouvoir Divin pour te traquer, te regarder depuis l’ombre, et te frapper au moment où tu baisseras ta garde. Quand tu entendras quelqu’un rire, ce sera moi ! Quand tu penseras que tu as vu une ombre bouger, ce sera moi ! Quand tu entendras le bruissement du vent, ce sera moi qui te rappellerai encore et encore que je suis là, que j’apprécie ma chasse et que je me prépare à te tuer, » tels étaient les paroles que j’entendais sans cesse ce qui me faisait me souvenir qu’il était là, quelque part, qu’il se moquait de moi, qu’il s’amusait de sa chasse tout en faisant en quelque sorte qu’Ayuseya et Nanya soient plus fortes qu’avant.

Cela m’avait irrité de savoir que ces deux shikaks pouvaient me battre au combat, mais... et si c’était vrai ?

Je ne pouvais pas prendre le risque de le découvrir, alors j’avais couru de nouveau dans la forêt, en essayant de me cacher de ses rires, de ses ombres.

Les arbres pourraient me cacher. Les grottes pouvaient me couvrir, et les monstres me nourrissaient de leur chair.

D’une certaine façon, je pouvais survivre, mais quand était-ce, je me le demande... Quand est-ce que de telles pensées étaient devenues logiques et normales pour moi ?

Je ne me souvenais pas...

Des mois ou peut-être des années s’étaient écoulés, depuis que je m’étais battu contre lui, mais qui s’en souciait ? J’étais encore en vie et je donnais des coups de pied ! Je pourrais le fuir. Je pouvais fuir ses ombres, mais un jour... il s’était passé quelque chose de différent.

Alors que je me préparais à chasser un Mauller sauvage, un énorme gorille à trois mâchoires, plus grand que moi de près d’un mètre, quelqu’un m’avait frappé par-derrière. Mon corps avait été engourdi et j’étais tombé à genoux.

Pendant un moment, j’avais pensé qu’un monstre m’avait peut-être attaqué par-derrière, mais j’avais encore de la force dans mes membres et il n’y avait pas d’odeur de sang frais. En regardant en arrière, j’avais vu deux humains. L’un portait une longue robe à motifs dorés et foncés, tandis que l’autre portait une grande épée rouge. Il était couvert d’une armure de plaques épaisses de la tête aux pieds, semblable à mon armure précédente.

« Qui aurait cru que tu serais si facile à capturer, Dankyun. As-tu perdu la main ? » demanda le guerrier.

« Qui êtes-vous ? Le Seigneur du Donjon vous a-t-il envoyé ? » demandais-je d’une voix tremblante, en regardant derrière eux. Je crois l’avoir vu ricaner à côté d’un des arbres. « TAIS-TOI ! JE SAIS QUE TU ES LÀ ! » Je lui avais crié dessus.

L’ombre avait disparu, mais les deux humains avaient l’air surpris. Bien sûr qu’ils l’étaient. Ils ne pouvaient pas voir le monstre. C’était seulement moi qui pouvais... il était là... juste là !

« Oui... non. Nous sommes ici parce que tu es recherché pour des crimes contre les royaumes Teslov, Paramanium et Shoraya. Regarde, c’est ton visage, non ? » dit-il, montrant une affiche de ma personne.

« Quoi ? Pourquoi ? Je n’ai jamais trahi le royaume de Teslov ou le royaume de Paramanium ! » avais-je rétorqué.

« Tu sais que menacer et tenter de tuer un membre de la famille royale Pleyades est considéré comme un crime, n’est-ce pas ? » demanda celui qui portait une robe de mage.

« Quoi ? Mais c’était une mauviette ! Elle ne méritait que d’être élevée et tuée ! » avais-je répliqué, déclarant ma juste cause.

« Quoi ? » le guerrier m’avait regardé avec colère et avait levé son épée.

« Arrête-toi, Dreziurne. Il est clair qu’il n’est pas sain d’esprit, et nous devons le ramener vivant, » avait dit l’autre.

« Dreziurne ? » avais-je dit en le regardant dans les yeux.

Ce nom m’était familier.

« Oui, je suis Dreziurne, le Suprême du Royaume Shoraya. Et voici Pendaros, l’autre Suprême qui est plus faible que moi... aux échecs, » déclara-t-il, mais qui se souciait de savoir qui était meilleur qu’un autre dans un jeu stupide ?

« Tu gagneras un jour, mon ami. Pour l’instant, plaçons les Inhibiteurs de Magie sur lui et allons-nous-en avec lui..., » lui avait-il dit.

« Bien sûr, mais tu le fais. Il sent comme s’il ne s’était pas lavé depuis un an. Arg, » commenta le guerrier en agitant la main devant son visage.

Bien sûr que non. Et si le Seigneur du Donjon était venu de sous l’eau et qu’il m’avait noyé ? Ou si l’eau de pluie s’était soudainement transformée en acide ? pensais-je en m’excusant de ce qui était une réponse légitime dans mon esprit.

« De quels autres crimes suis-je accusé ? Le Royaume Shoraya ne devrait pas être dérangé si une ou deux princesses étrangères meurent, » leur avais-je dit.

« Oh, ça ? Eh bien, tu vois... les jeux politiques changent en un an, alors maintenant nous sommes en quelque sorte des alliés de Paramanium et par extension Teslov. Cela étant dit, tes crimes sont des crimes ici. Cependant, tu as détruit une Académie de Magie royale approuvée dans le Royaume de Shoraya et tué un certain nombre de nos citoyens, dont certains étaient des parents de certains nobles, » Dreziurne m’avait expliqué ça, mais je ne me souvenais pas avoir tué quelqu’un d’important.

« Je ne pense même pas qu’il sait qu’il a tué..., » déclara Pendaros.

« Je suis innocent, » avais-je essayé de rétorquer.

« Mais bien sûr, mon pote. L’un de tes propres commandants s’est en vérité porté garant contre toi et a dévoilé tes crimes et tes intentions envers le Royaume de Teslov et le Royaume de Shoraya. Comment s’appelait-il ? Oh oui, Zarus Dennekar, un Commandant Divin, » déclara Dreziurne en souriant.

« Zarus ? Zarus n’est pas un Rang Divin ! C’est un Rang Empereur ! Et comment ose-t-il me trahir ? Je vais le tuer ! » avais-je grogné.

« Bien sûr que si. De plus, il ÉTAIT un Rang Empereur, mais maintenant il est Divin. Sois sage et ne me force pas à te paralyser à nouveau. Pourtant, je dois dire que je suis surpris que tu puisses encore bouger et parler après une telle frappe, » m’avait-il dit.

« Quoi, ce petit truc ? Et comment as-tu franchi mon armure magique ? » lui avais-je demandé en le regardant fixement.

Il n’était pas possible de passer aussi facilement. Après tout, je l’avais renforcée tout ce temps. Étais-je vraiment si faible que ça ?

« Facile. J’ai utilisé une flèche magique enchantée avec [ignorer l’armure magique]. Pendaros l’a tirée et je l’ai frappé avec ma paume. La flèche est passée directement à travers et est entrée dans ta chair, » avait-il souri.

« Tu mens, je ne sens pas de sang couler, » avais-je grogné contre lui.

« Un enchantement de [Scellage instantané de Blessures] a été ajouté, » Pendaros ajouta ça.

« Quoi ? » J’avais essayé de regarder mon dos, et c’était vrai, la flèche était à l’intérieur de mon corps, mais il n’y avait aucun signe de blessure autour d’elle, pas même une goutte de sang.

« En fait, tu n’as pas besoin de le paralyser à nouveau, la flèche maintiendra son effet tant qu’elle est à l’intérieur de lui. Ne t’inquiète pas, on a raté exprès des points vitaux, » Pendaros expliqua de nouveau tandis que Dreziurne approuvait de la tête.

Je détestais ça, mais c’était vrai... Néanmoins, ce n’était pas quelque chose que n’importe qui pouvait faire. Seul un Suprême était capable de faire quelque chose comme ça. Mais penser qu’il en fallait deux pour poignarder cette flèche en moi, c’était incroyable, et cela ne pouvait que signifier que mon armure magique était beaucoup plus forte qu’avant. Si je devais deviner, peut-être deux ou trois fois plus fort que lorsque j’avais combattu le Seigneur Donjon ?

En y pensant, j’avais commencé à rire.

Avec ça... J’ai une chance... J’ai juste besoin de temps..., avais-je pensé. Puis j’avais ri, ignorant tout ce que les deux avaient dit pendant qu’ils me liaient les mains avec des menottes en métal lourd, enchanté avec un sort capable de disperser tout mana que j’avais essayé de former autour de mon corps, et même dans mon armure magique.

[Point de vue de Pendaros]

Dankyun Alttoros, le Draconien Suprême avait perdu la tête. Sur le chemin du retour à la civilisation, il ne murmurait que des paroles de vengeance contre un soi-disant Seigneur du Donjon. Au début, nous ne l’avions pas cru. On ne pouvait pas le croire. Il n’était qu’un fou chassé par les ombres et les fantômes, qui tuait impitoyablement les innocents et tentait d’usurper le trône de la famille Pleyades.

Néanmoins, quelque chose ou quelqu’un l’avait combattu et l’avait vaincu au point où il avait perdu toutes ses armes et armures... Il n’avait pas l’air différent d’un bandit, mais avec un seul coup de poing, il était assez puissant pour transformer un Aventurier de Rang Maître en poussière. Eh bien, ce n’était pas notre travail de le juger, mais compte tenu de ses crimes, il y avait de fortes chances qu’il soit confronté à la mort ou à l’incarcération à vie dans la pire des forteresses de détention criminelle.

Honnêtement, je m’en fichais, mais je ne voulais pas le traquer à nouveau. Il nous avait fallu toute une année pour le retrouver... S’il n’avait pas attaqué comme un idiot le bateau d’un marchand avec une boule de feu surdimensionnée, je ne l’aurais peut-être jamais trouvé. Eh bien... seuls les dieux pouvaient dire son destin maintenant. J’espérais simplement qu’il obtiendrait vraiment la punition qu’il méritait pour avoir détruit une Académie de Magie et tué ces personnes.

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