Izure Shinwa no Ragnarok – Tome 1 – Chapitre 1

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Chapitre 1 : Rencontre Fortuite Nocturne

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Chapitre 1 : Rencontre Fortuite Nocturne

Partie 1

C’est ce jour-là que la fin était arrivée.

À midi, le monde fut brûlé. La terre brisée. Et le ciel devint intégralement rouge.

« Haa, haa ! » (Raika)

Je courais désespérément pour échapper à la ville qui venait d’être transformée en ruines.

Mon père n’était plus là. Ma mère aussi n’y était plus. Ma maison s’était volatilisée devant mes yeux. Mon école aussi avait disparu. La ville elle-même n’était plus qu’un lointain souvenir.

Il n’y avait plus personne sur qui je pouvais compter, et aucun endroit avec lequel j’avais encore des liens. Donc, pour l’instant, je devais partir le plus loin d’ici pour ainsi pouvoir survivre. Bien sûr, j’avais terriblement peur de mourir.

Mais, plus encore que cela, j’avais peur de perdre la seule personne de ma famille qu’il me restait — ma petite sœur.

« — ! Par là ! » (Raika)

Je me retournai et j’appelai le nom de ma petite sœur. Un nom si important... dont maintenant, je ne pouvais plus me souvenir.

Même si je pouvais me souvenir de la sensation de nos mains jointes, non seulement, je ne pouvais plus me souvenir de son nom, mais son visage qui se reflétait dans mes yeux paraissait brumeux comme sur une photo délavée —.

C’était alors que je compris que tout cela n’était qu’un rêve. C’était à la fois un rêve et un souvenir. Un rêve de ce que j’avais vécu il y a dix ans. C’est pourquoi je savais déjà ce qui se passerait après cela.

*Crack* !! *Boom*

Un bâtiment s’effondra à la suite d’un formidable impact.

Les décombres d’un bâtiment nous bloquèrent alors notre voie d’accès.

« !? » (Raika)

Comme j’avais cessé inconsciemment de me déplacer, une vue incroyable se refléta alors sous mes yeux.

Il y avait là, un peu plus loin, un garçon dont la poitrine venait d’été percé par une main et celle qui l’avait transpercé était une jeune fille.

Les deux se tenaient sur le sommet d’une montagne de décombres et leur bataille avait l’air d’être sur sa fin.

Le garçon cracha, par sa bouche, une importante quantité de sang, puis il s’effondra, tombant directement dans les décombres.

« Comment oses-tu m’avoir donné tant de problèmes ? » (jeune fille)

Ayant reçu du sang sur elle, la jeune fille soupira comme si elle trouvait cela fatigant.

À en juger par son attitude, elle n’avait ressenti aucun regret pour l’avoir froidement assassiné.

« — Hmm ? » (jeune fille)

Puis la fille regarda dans notre direction.

« Ha, toi... » (jeune fille)

Malgré la grande distance entre nous, je fus paralysé alors qu’elle me fixait de son regard.

Je me disais à moi-même « Fuis loin d’ici ».

Et mon "moi actuel" lui criais « prends ta sœur avec toi, et cours. »

Mais comme il s’agissait d’un événement du passé, il n’y avait aucun intérêt dans cet acte.

De toute façon, le passé ne pouvait pas être changé.

Ainsi. Même si ma voix était bien arrivée là-bas, cela n’aurait pas d’utilité.

« He ! Humain. » (jeune fille)

En me regardant d’un air étrangement décontracté, la jeune fille me parla alors qu’elle sortait des décombres.

Sur la base de son apparence, la fille avait 15 ou 16 ans —, mais juste en la voyant, je savais qu’elle n’était pas une personne normale.

Les personnes normales ne tombaient pas du ciel et ne s’écrasaient pas dans les bâtiments.

Les personnes normales ne pouvaient pas transpercer le torse d’un humain à main nue.

Les personnes normales ne pouvaient pas transformer une ville en un tel brasier en si peu de temps.

« Hm 〜 mm. » (jeune fille)

Cette fille si inhumaine à l’apparence humaine nous regardait comme pour nous évaluer.

« ... » (Raika)

Pendant ce temps, je me sentais mal à l’aise par ce regard.

Après environ vingt secondes, la jeune fille hocha soudainement la tête.

« Ça a l’air intéressant, alors donne-la-moi. » (jeune fille)

« ...! » (Raika)

Ce que la fille pointait, c’était ma petite sœur.

« Hiiih...! » (petite sœur)

Un cri silencieux sortit alors de la bouche de ma petite sœur.

« A-ah, » (Raika)

Je tremblais tout en tenant la main de ma petite sœur. Je savais que je ne pouvais pas refuser la demande de la fille. J’avais vu par hasard à travers la fenêtre de ma maison les événements précédents.

Comme le fait que cette fille et ce garçon, qui avait été tué plus tôt, étaient apparus depuis le ciel. Après avoir atterri dans notre ville, ils avaient commencé à se battre.

Et j’avais aussi vu l’instant où un flash avait été émis par les mains de la fille quand elles avaient touché le sol. Tout le paysage s’était alors transformé en ruines en une fraction de seconde.

Maintenant, je sais. Je comprends ce qui s’était passé ce jour-là dans ma ville et partout dans le monde. Et bien sûr, je connais les coupables derrière ce désastre.

— Les Dieux Mythiques.

La mythologie Maya-Aztèque.

La mythologie japonaise.

La mythologie hindoue.

La mythologie égyptienne

La mythologie grecque.

La mythologie nordique.

La mythologie celtique.

Les sept Mythologies transmises dans le monde entier.

Les dieux de ces mythologies étaient devenus réalité et descendent du monde des dieux dans le monde humain, ils avaient commencé une guerre.

Une guerre entre dieux, une guerre entre les mythologies.

Il y a dix ans, la catastrophe qui avait dévasté le monde entier n’avait duré que trois jours.

Et en seulement trois jours, un tiers du continent eurasien avait disparu et cinq milliards de personnes étaient mortes.

La Guerre des Mythes. C’était ainsi qu’on appelait maintenant.

« Hii, ngh... » (Raika)

Bien sûr, l’enfant que j’étais à ce moment-là n’avait aucune idée du fait que la fille devant lui était une déesse.

Mais mon corps savait combien elle était terrifiante.

Et pourtant —

« U-uwaaahhhh ! » (Raika)

— Je m’étais quand même battu contre elle.

J’avais frappé celle qui essayait de m’enlever ma petite sœur.

« Oh. » (jeune fille)

Probablement surprise par mon action, la jeune fille encaissa mon poing sans se protéger. Mais le poing d’un enfant de six ans était trop impuissant, *Pan*. Tout ce qu’il était capable de faire, c’était d’émettre un faible son.

« Uwa-aaaahh! » (Raika)

Pourtant, j’avais continué désespérément à la frapper.

Non, je l’avais combattue.

Mais compte tenu de la différence de puissance entre elle et moi, c’était très impudent et de plus, on ne pouvait guère appeler cela "combattre", mais j’essayai quand même de résister de toutes mes forces, afin de protéger ma petite sœur.

« Haha ! » (jeune fille)

La jeune fille piétina alors ma résistance tout en riant de moi.

Pour elle, cela devait être comme d’écraser une fourmi, mais pour moi, mon corps fut éjecté sur plusieurs mètres avant d’atterrir la tête la première, dans une montagne de décombres.

« Gyaaaahhh! » (Raika)

Mon œil droit était devenu chaud à la suite de cela, comme s’il avait subi une brûlure, et je retenais le flot de sang qui jaillissait de là avec mes deux mains.

« — ! Pars de là ! » (Raika)

Je criais de toutes mes forces, en direction de l’autre côté de mon champ de vision. Mon champ de vision était taché de sang et de larmes.

« Onii... cha... » (petite sœur)

À la fin, j’entendis ma sœur m’appeler d’une faible voix.

... peut-être parce que ma mémoire de ce qui s’était passé après cela était brumeuse depuis. Car la scène devint de plus en plus floue.

Après que la jeune fille ait fait quelque chose à ma petite sœur, elle s’approcha de nouveau de moi.

« ... — —...—. » (jeune fille)

Et elle me parla à ce moment-là.

Mais je ne me souviens plus de ce qu’elle m’avait dit.

Alors la jeune fille tendit la main vers moi.

Et c’est alors que je perdis connaissance.

*

Quand je me réveillai enfin, tout ce qui restait autour de moi était une ville totalement en ruine.

De plus, il n’y avait plus aucune trace de ma petite sœur.

Pas de sang.

Pas de corps.

Il n’y avait rien qui indiquait que ma petite sœur ait été tuée.

Peut-être qu’elle avait été kidnappée...

Mais il n’y avait aucune trace laissée derrière m’indiquant où elle pourrait être maintenant.

Ou peut-être... que quelque chose de plus horrible lui avait été fait.

La quantité d’indices que j’avais était de zéro.

Mais au moins... la possibilité qu’elle soit encore en vie n’était pas nulle.

« ... Je vous tuerais... » (Raika)

J’étais emplie d’une profonde et énorme envie de tuer.

Une émotion noire et épaisse, tel le magma, coulait en moi.

Comme si cela grandissait depuis l’intérieur de mon ventre, je serrai le poing si fortement que le sang se mit à couler.

Je vais tuer les dieux qui ont tué mes parents.

Je vais tuer les dieux qui ont tué mes amis.

Je vais tuer les dieux qui par leurs actes, ont ainsi séparé un frère et une sœur.

Une fois que j’aurais massacré tous ces dieux. Je trouverai celle qui avait pris ma petite sœur et pourrait enfin la récupérer.

*

Ce jour-là, mon mode de vie fut décidé pour le restant de ma vie.

***

Partie 2

« ...-san. Raika-san. »

« ...!! » (Raika)

Je me réveillai en sursaut en me faisant secouer l’épaule.

Dans le même temps, ma chaise créa un important bruit.

« Ah... » (Raika)

Je me trouvai alors dans une salle de classe.

Je n’étais plus au milieu des décombres.

Je n’étais plus un enfant blessé, mais un lycéen affichant un regard douloureux.

« Raika Shinzen. Êtes-vous enfin réveillé ? » (Hakonogi)

Notre professeur, Hakonogi Ryuuto, un homme avec une barbe désordonnée me demanda cela tout en affichant un sourire.

« Oui... Je suis désolé. » (Raika)

« Non, c’est correct, vraiment. Ceci ne me dérange pas. » (Hakonogi)

Souriant avec frivolité, Hakonogi reprit son cours comme si rien ne s’était produit.

Les regards qui s’étaient rassemblés sur moi retournèrent alors vers le tableau. Me sentant mal à l’aise, je m’assis à nouveau sur mon siège.

« Raika-san, est-ce que tout va bien ? Tu as l’air d’avoir fait un cauchemar. » (Maria)

Maria Mint qui était assise sur le siège à côté du mien me demanda avec inquiétude.

Il semblerait que ce soit elle qui m’avait réveillé.

« Oui, je vais bien. » (Raika)

Je lui avais répondu cela, mais je n’allais pas bien du tout.

J’essayais désespérément de calmer mon rythme cardiaque désordonné, ainsi que ma respiration qui était devenue rauque.

Une douleur parcourait ma tête et une sueur froide et désagréable coulait dans mon dos.

Et surtout, mon œil gauche m’élançait horriblement.

Je tentai de réprimer la douleur de mon globe oculaire qui palpitait au-dessous de ma paupière.

Encore et toujours ce rêve, hein... pensai-je tout en comprimant mon œil avec une de mes mains.

Il y a dix ans, j’avais perdu mon œil droit pendant la guerre et j’avais subi une opération de transplantation.

C’était pourquoi mon œil gauche et mon œil droit étaient de couleurs différentes.

Celui qui palpitait était l’œil gauche, celui que j’avais depuis ma naissance.

Le globe oculaire qui avait aperçu ce jour-là, pour la dernière fois ma sœur.

Ceci n’était pas gênant dans la vie quotidienne, mais chaque fois que je faisais ce rêve, il devenait toujours douloureux.

J’avais vu ce rêve des centaines, non, des milliers de fois jusqu’à présent.

À chaque fois que je l’avais vu, je me remémorais de ce qui s’était passé ce jour-là.

– Il y a dix ans, la Guerre des Mythes avait duré trois jours et elle avait laissé une énorme cicatrice dans le monde.

Et après les trois jours que dura cette Guerre des Mythes, les dieux disparurent soudainement.

Depuis ce jour, il n’y avait pas eu de retour des Dieux sur ce monde.

Par conséquent, beaucoup de personnes disaient que ces trois jours étaient en réalité comme issus d’un "cauchemar".

S’ils pensaient que tout ceci n’était qu’un mauvais rêve et qu’ils oubliaient ce qui s’était produit ce jour-là, alors ils ne devraient plus s’en souvenir, comme si tout cela ne s’était jamais produit.

Cependant pour moi, tant que je continuais à voir en boucle ce rêve, je ne pourrais jamais oublier ce jour-là.

Même maintenant, après dix ans.

« ... rggg. » (Raika)

Alors que je serrais fermement mes dents... un mouchoir me fut offert, provenant d’à côté de moi.

« Voilà pour toi. » (Maria)

C’était Maria.

Je pris sans réfléchir le mouchoir.

« ... Merci beaucoup. » (Raika)

« C’est correct, tu n’as pas besoin de trop te forcer. » (Maria)

Souriante, Maria recommença à prendre des notes sur le cours.

J’étais comme perdu en ce moment, mais j’avais beaucoup apprécié le fait de recevoir ce mouchoir.

La sensation douce que j’avais ressentie alors que je l’avais placé contre mon front avait réussi, pour le moment, à calmer mes états d’âme.

« Yo, Raika. Pas assez de sommeil ? » (Kunisaki)

C’est alors qu’une voix m’appela depuis derrière moi.

Kunisaki Kojiro qui était assis derrière moi et qui semblait vouloir me parler.

« Ouais, un peu. » (Raika)

« Quoi~ ? Est-ce que tu fais quelque chose au cours de chacune des nuits qui fait que tu manques de sommeil ? » (Kunisaki)

« ... Arrête de dire des choses stupides et recommence à écouter le cours. » (Raika)

J’avais légèrement riposté à un Kunisaki qui me poussait depuis derrière et je recommençais également à suivre le cours.

Grâce à ces deux-là, j’avais pu considérablement me calmer et je pouvais donc suivre normalement la leçon.

Le temps s’écoula rapidement et c’est ainsi que nous approchâmes rapidement de la fin des cours.

« Bien ! Pour le moment, le cours est terminé. Mais maintenant, vous allez avoir droit à un "examen". » (Hakonogi)

Soudain, Hakonogi annonça cela tout en posant sa craie.

À ce moment-là, certaines tensions traversèrent la classe.

En voyant cela, le professeur qui devait ne plus s’être rasé depuis quelques jours sourit légèrement.

« Ahh ! C’est la première fois que vous passez un "examen" depuis votre entrée dans l’école, n’est-ce pas ? Alors, permettez-moi de vous donner une courte explication. » (Hakonogi)

Hakonogi posa ses mains sur le bureau et regarda la classe.

« Umm, avant cela, lors d’un examen général, nous avons décelé qu’il y avait quelque chose en vous, qui indique que vous avez le Facteur du Septième Sens et c’est pourquoi vous avez tous été rassemblés dans cette école. » (Hakonogi)

Examen général. Facteur du Septième Sens

Ces deux termes que je n’avais pas l’habitude d’entendre dans la vie quotidienne avaient un sens important pour les étudiants de cette école.

– Après que l’humanité fut presque détruite durant la Guerre des Mythes, le monde avait subi diverses modifications.

En laissant les détails sans importance de côté, l’un des principaux changements fut l’inauguration d’Eucharistia – Le Mécanisme de Contrôle Sacré.

Malheureusement, Eucharistia était une organisation qui avait pour but de tout nettoyer après la Guerre des Mythes.

Les champs de bataille des dieux avaient laissé derrière eux des phénomènes résiduels divins qui allaient au-delà de la sagesse humaine.

La gestion de ces choses faisait partie du travail d’Eucharistia.

L’examen avait été effectué pour voir s’il y avait une indication de possession d’un septième sens.

Le septième sens était également appelé le septième facteur, en parlant de choses clichées, c’était une capacité surnaturelle que les garçons et les filles pouvaient utiliser.

C’était une malédiction qui s’était répandue partout au cours des batailles des dieux —, on disait que c’était dû à l’influence des facteurs, mais aucune information détaillée n’était connue.

Bien que cela soit inconnu, on disait que c’était potentiellement dangereux.

C’est pourquoi les adultes avaient décidé de gérer les enfants possédant ces facteurs.

Le résultat de cette volonté avait été cette école. Ou plutôt, cette île artificielle contenant une école.

Le nom de l’île était l’île de Laurasia.

L’île de Laurasia était une île sur la mer de Laurasia qui s’était formée lorsque le continent eurasien avait été brisé il y a dix ans. L’école fut construite au centre de l’île de Laurosia.

J’avais quinze ans et je vivais sur cette île avec d’autres enfants en qui l’on avait découvert le facteur, ainsi que le personnel d’Eucharistia.

Eh bien, c’était une installation d’isolement pour ainsi dire.

Les adultes surveillaient les enfants pour nous empêcher de nous échapper d’ici. Nous n’étions pas en mesure de quitter l’île jusqu’à ce que nos facteurs disparaissent naturellement, ce qui était supposé se produire au plus tôt quand nous avions dix-huit ans.

L’école — étant donné qu’il n’y avait pas d’autres établissements d’enseignement sur l’île, on l’appelait tout simplement "l’école" — était ce genre d’établissement. Et l’"Examen" faisait référence à la recherche d’un facteur qui était effectué une fois par mois.

Si un facteur devenait positif, alors cela serait considéré comme une affaire sérieuse.

Le monde entier voulait entièrement oublier la Guerre des Mythes.

Si l’on savait qu’il y avait des gens qui abritaient la malédiction des Dieux dans leur corps, ils ne seraient pas en mesure de mener une vie décente.

La classe entière était tendue, mais Hakonogi rigola avec frivolité comme à son habitude.

« Eh bien, il y a beaucoup de rumeurs sur le Septième Sens à l’extérieur, mais vous ne devez pas trop vous inquiéter. En fait, la probabilité d’un positif est inférieure à 0,001 %. Vous avez peut-être entendu des rumeurs selon lesquelles des personnes ayant de super pouvoirs avaient tué des gens, mais c’est également une erreur. Le fait est que ces personnes qui détenaient de super pouvoirs ont perdu le contrôle de leur pouvoir et se sont tuées elles-mêmes. Et à propos de cela, il n’y a eu que cinq cas au cours des dix dernières années. Le fait de tuer des personnes est une absurdité sans fondement. » (Hakonogi)

En entendant son explication polie, plusieurs personnes poussèrent des soupirs de soulagement.

Cela ne signifiait pas que l’atmosphère s’était complètement détendue, mais les mots de Hakonogi semblaient avoir assoupli la tension.

Comme je connaissais déjà ces chiffres dès le début, mon humeur ne changea pas du tout, mais je pouvais entendre le soupir de Kunisaki provenant de derrière moi.

C’est alors que, avec un minutage parfait, la cloche sonna.

« Okay. Maintenant, que tout le monde y aille. » (Hakonogi)

Tout le monde se leva à la suite de l’ordre de Hakonogi et nous nous déplaçâmes jusqu’au gymnase où l’examen devait être effectué.

***

Partie 3

L’"examen" put être terminé en toute sécurité.

Le nouvel arrivage de cette année n’avait finalement eu aucun positif.

À son retour, notre professeur annonça cette information à tous ses étudiants.

« Aa-aah, et moi qui pensais que je serais capable d’utiliser un super-pouvoir à partir d’aujourd’hui.〜 » (Kunisaki)

Nous entendîmes tous Kunisaki lâcher une lamentation exagérée, mais il était clair pour tout le monde qu’il s’agissait juste d’une blague.

Avant même que le cours ne soit terminé, les étudiants avaient perdu toute leur anxiété accumulée ces derniers jours, pour la première fois depuis leur arrivée ici. Et c’est ainsi qu’à la fin des cours, ils quittèrent la salle de classe les uns après les autres, affichant tous des regards radieux.

Un temps paisible juste après l’école.

C’était un paysage qui méritait d’être appelé ainsi.

« Yoo ! Raika. Qu’est-ce que tu fais ? Hein ? À nouveau des mots croisés ? » (Kunisaki)

Kunisaki soupira en voyant la collection de problèmes de mots croisés se trouvant là.

« C’est mon hobby, est-ce que ce n’est pas une bonne chose ? » (Raika)

« Je peux t’aider avec les versions japonaises, mais ce que tu as là est dans une langue étrangère. » (Kunisaki)

« Oui, pour être précis, c’est du français. » (Raika)

« "Bonjour !" voilà le seul mot que je connaisse en français. » (Kunisaki)

Comme fatigué, Kunisaki s’assit lourdement sur son siège.

Maria qui était assise à côté de moi, toujours souriante, regardait notre échange.

« Raika-san, tu es très compétent en langues, n’est-ce pas. Incroyable. » (Maria)

« Uniquement pour lire et écrire. Mon professeur m’a toujours dit que ma prononciation était plutôt médiocre. » (Raika)

« Par professeur, tu parles de Hakonogi-sensei ? » Demanda Kunisaki depuis à côté de moi.

« Non. Un professeur qui était dans l’établissement où j’étais avant... » (Raika)

« Raika-san a été dans le même refuge de l’église que celui où j’étais. Nous avons également étudié à cet endroit. » (Maria)

« Hee. Vraiment ? » (Kunisaki)

« Oui. » (Maria)

La même croix pendait au cou de Maria et au mien.

C’était la preuve que nous étions tous deux du même établissement.

« Mais Maria-chan, tu es britannique, n’est-ce pas ? » (Kunisaki)

« ... beaucoup de choses se sont déroulées... il y a dix ans. » (Maria)

« Ha, je vois. » (Kunisaki)

Comme Maria avait répondu d’une manière très ambiguë, Kunisaki cessa d’en demander plus.

Pour tout le monde, ce qui s’était passé il y a dix ans était un sujet sur lequel nous ne voulions pas trop en parler.

Kunisaki retourna donc au sujet initial.

« Pourtant, Raika doit avoir été un excellent étudiant dans cet établissement, n’est-ce pas ? » (Kunisaki)

« Oui ! » (Maria)

L’expression de Maria changea et elle lui répondit très clairement.

« Le professeur qui a aidé et élevé Raika-san pour qu’il devienne l’excellent étudiant qu’il est maintenant doit avoir été très fier de lui. » (Kunisaki)

« Ne parle plus de cela, Maria. » (Raika)

Alors que Maria me louait tellement que je serais déjà arrivé au ciel, je ne me souvenais plus du tout du "professeur" en question qui me complimentait à l’époque.

Eh bien, ce que j’avais appris de ce professeur n’était pas une langue, mais...

Là, d’une manière ou d’une autre, le sujet avait pris fin, et donc, Kunisaki commença à discuter d’autres sujets avec Maria.

Revenons à la résolution des casse-tête, pensais-je, c’est à ce moment-là.

« Ra-i-ka. » (Ruirui)

« Hm ? » (Raika)

Après avoir été appelé par-derrière, je me retournai pour faire face à la personne qui venait de me parler.

Là, je vis une étudiante seule. — Ruirui Shishigane se tenait là, joignant ses mains derrière son dos.

Elle était petite, mais avait des membres très élancés.

Ses cheveux s’étendant jusqu’aux épaules ne possédaient qu’une faible pigmentation et son sourire était aussi adorable qu’un chiot.

Son uniforme était déboutonné de manière légèrement négligée, et de là, ses lignes féminines se laissaient entrevoir avec joie.

« Ruirui, as-tu terminé tes affaires ? » (Raika)

« Oui. Mort instantanée. » (Ruirui)

Ruirui hocha la tête avec un léger sourire.

« Mort instantanément, tu dis. Ce n’était pas celui qui t’avait demandé de venir... Ne t’a-t-il pas déclaré sa flamme ? » (Raika)

« Oui. C’est pourquoi, mort instantanée. » (Ruirui)

« Ahahaha. » (Raika)

Incapable de même bouger, Kunisaki se mit grandement à rire.

« Il était trop bruyant à mon goût. En particulier, les types faibles sont directs avec un 'non' définitif. » (Ruirui)

En disant cela, Ruirui regarda entre mes mains.

« Hé ! Raika, qu’est-ce que tu fais là ? » (Ruirui)

« Des mots croisés. » (Raika)

« Hee, montre-moiiiii ! » (Ruirui)

Afin de mieux voir, Ruirui bougea son visage jusqu’à ce qu’elle touche presque ma joue avec sa propre joue.

Elle déposait tout son poids contre mon épaule.

... Il était difficile de bouger.

« Ruirui-san ! » (Maria)

Maria haussa doucement la voix.

« Hm ? Qu’est-ce qu’il y a ? » (Ruirui)

« Tu restes trop près de Raika-san ! Les jeunes hommes et les femmes doivent connaître la modération, alors éloigne-toi de lui tout de suite ! » (Maria)

« Eeeh, c’est correct Mariacchi〜. Cela ne me dérange pas. » (Ruirui)

« Non — c’est — non ! » (Maria)

Maria tira alors brusquement Ruirui, la séparant de moi.

« Écoute, Ruirui-san. Tu es une Japonaise, alors tu devrais viser à devenir une yamato nadeshiko [1] qui connaît la modération. » (Maria)

Et ainsi de suite.

Pour une raison quelconque, Maria, une véritable Britannique enseignait à Ruirui qui était purement japonaise, sur comment être une yamato nadeshiko.

C’était étrangement surréaliste.

« Alors, comment étaient-ils ? » (Kunisaki)

« De quoi parles-tu ? » (Raika)

Kunisaki murmura dans mes oreilles depuis derrière moi.

« Les seins de Ruirui-chan, bien sûr. Comment étaient-ils ? Doux ? » (Kunisaki)

« ... aucune idée. » (Raika)

« Quoiiiii !? Tu veux te les monopoliser ? Alors que les siens ne sont pas aussi formidables que les, aux combien adorables D de Maria-chan. Il n’y a aucune chance qu’ils soient inférieurs quand il s’agit d’élasticité et de toiiiiiii ! » (Kunisaki)

Il cria comme si son âme était en train de fuir hors de son corps.

Je me mis à reculer en voyant l’attitude dangereuse qu’il avait.

« Kunisakiii〜. » (Ruirui)

Extrêmement fâchée, Ruirui se tenait derrière Kunisaki.

« Ah, quoiiiiii-ghbhohh ! » (Kunisaki)

C’était sa faute, donc je ne pouvais même pas faire des commentaires.

« C’est quoi ces "adorables D" dont vous parlez avant ? » Demanda Maria tout en penchant simplement la tête, très perplexe.

« Ah ! En parlant de cela, où est Tenka ? Encore une fois dans la salle du personnel ? » (Kunisaki)

« C’est quelques choses liées aux impressions et au passage d’informations. Je pense qu’elle devrait déjà être de retour... » Juste au moment où je répondis cela.

*

*grincement* *grincement* *grincement*

*

Avec une synchronisation parfaite, la porte de la classe s’ouvrit.

« Yahhoo! Désolée de vous faire attendre. » (Tenka)

Celle qui était entrée à l’instant était une fille encore plus petite que Ruirui.

Au moment où elle changea de direction, ses couettes jumelles noires se balancèrent sur le côté.

Son apparence était enfantine, mais elle pouvait parler sept langues et seulement cinq jours après son entrée dans cette école, elle avait reçu la charge de déléguée de notre classe.

« Haa, voyez-vous. Les impressions si précieuses de Ryuuto-sensei avaient disparu quelque part. Nous les avons recherchés ensemble et avant de m’en rendre compte, c’était trop tard. » (Tenka)

« Oh mon Dieu ! Ça doit être difficile ! » (Maria)

« Je suis déjà chaud bouillante à l’intérieur ! Vous devez nettoyer correctement le dessus de vos bureaux, n’est-ce pas ? » (Tenka)

Tenka se mit à rire joyeusement.

Après cela, elle prit son propre sac d’école dans ses mains.

« Maintenant, allons jouer. Aujourd’hui, je veux manger des crêpes. » (Tenka)

« N’y en a-t-il pas dans le District Sud ? » (Maria)

« Ah, oui, j’ai déjà vu auparavant cette crêperie ! » (Kunisaki)

« Alors dans ce cas, Kunisaki-san nous guidera là-bas. » (Maria)

Suivant Tenka, tout le monde se leva les uns après les autres.

Bien sûr, je ramassai mon sac et je me levai aussi.

Depuis notre admission, nous cinq avions commencé rapidement à agir de concert.

C’était un groupe de quelques Japonais et adorateurs du Japon. Mais c’était étonnamment accueillant.

Cela aussi, c’était grâce à l’attitude de Tenka qui avait réussi à réunir ce groupe. À l’origine, je pensais que je ne serais pas capable de me faire d’amis sur cette île, et j’étais toujours perplexe encore maintenant.

Je ne pensais pas qu’un jour viendrait où j’irais encore jouer avec des amis comme ceux-là.

J’étais perplexe, mais mon humeur n’était pas trop mauvaise.

Cependant — —

*

« —Nghh. »

*

Feignant de jouer avec ma frange, je maintenais enfoncé mon œil gauche.

*battement du cœur*... *battement du cœur*

Mon œil derrière la paupière me faisait mal.

Je pouvais sentir sa chaleur sur ma paume.

« Hm ? Raika-kun, que se passe-t-il ? » (Tenka)

Soudain, Tenka se retourna et demanda.

« Ce n’est rien. C’est juste un peu de poussière qui est rentrée dans mon œil. » Mentis-je.

Tenka fit un "Hmm", avant de hocher la tête et de revenir à sa conversation qu’elle avait avant avec Ruirui qui était à côté d’elle.

...*battement du cœur*

Encore.

Ceci arrivait quelquefois.

Pas toujours, mais... quand je regardai Tenka, mon œil gauche commençait parfois à me faire mal.

Tout comme après avoir fait ce rêve.

Je ne savais pas pourquoi.

Rien que je puisse imaginer.

Je l’avais rencontrée pour la première fois après son arrivée sur cette île.

Bien sûr, il n’y a rien qui m’amenait à penser que je la connaissais d’il y a dix ans.

« ... » (Raika)

La douleur diminuait toujours après une vingtaine de secondes.

Ce n’était pas grave, mais cette pensée restait dans le coin de ma tête.

C’était peut-être la raison pour laquelle je ne rentrais pas entièrement dans ce cercle d’amis.

En attendant, j’entrai dans l’ascenseur.

Tout le monde changea de chaussures et nous pûmes ainsi aller jusqu’à la porte sud de l’école, qui nous conduirait jusqu’au District Sud.

Au fur et à mesure que le picotement dans mon œil gauche disparaissait, je bavardai brièvement avec Kunisaki alors que nous marchions.

*

*pam* — —

*

Une fille seule vint de l’autre côté.

Elle possédait de longs cheveux de couleur platine et en peau blanche. Elle marchait en baissant timidement les yeux. Les traits de son visage étaient très harmonieux.

C’était une fille qui affichait une beauté fugace tout comme celle d’une fée.

« Ohh ! N’est-ce pas Charlotte-senpai ? Une vue des plus douloureuse pour les yeux. » (Kunisaki)

Apparemment, Kunisaki la connaissait.

Quand je regardai de plus près, il semblait que les personnes à côté de qui elle passait devenaient toutes bruyantes.

Était-elle une célébrité dans cette école ?

« Kunisaki, connais-tu cette personne ? » (Raika)

Quand je lui demandai cela sans intention particulière derrière, Kunisaki mordit le sujet comme il concernait une fille.

« Ohh !! Raika, es-tu intéressé par elle ? De façon inattendue, tu es peut-être un homme à femmes ! » (Kunisaki)

« Non, ce n’est pas le cas. » (Raika)

« Pas besoin d’être aussi embarrassé. Haaa, c’est vrai ! En tant que traitement spécial, je vais te raconter des informations que j’ai pu glaner aux aînés. » (Kunisaki)

Ceci ne faisait que cinq jours que nous nous étions inscrits ici, mais Kunisaki avait déjà commencé à établir des liens.

Consterné par son énergie, je fus obligé de l’écouter.

Elle s’appelait Charlotte Lovepain, âgée de dix-sept ans.

Alors que sa personnalité était douce, elle était mauvaise en face du sexe opposé, elle avait peu d’amis et aucune expérience romantique.

Son hobby était la lecture. Elle sortait à peine du dortoir pendant les vacances.

Plutôt que d’être solitaire, elle était une fille qui préférait être seule.

Comme elle était très souvent à la bibliothèque, elle était appelée "La Fée d’Argent de la Bibliothèque".

Bien qu’il y avait déjà eu des garçons qui l’avaient désirée en secret, chaque fois qu’ils essayaient de lui parler, elle s’enfuyait immédiatement, alors elle n’avait jamais échangé plus de trois mots avec l’un d’entre eux depuis qu’elle était là.

« Et ses trois tailles du haut sont... » (Kunisaki)

« Je n’ai pas besoin de cette information. » (Raika)

La personne elle-même était juste ici, qu’est-ce que vous faites à sortir ce genre d’histoire à brûle-pourpoint ?

« Qu’y a-t-il avec toi, elles ont été mesurées avec précision par les yeux d’un expert, tu ne me crois pas ? » (Kunisaki)

« C’est correct, tais-toi donc. » (Raika)

« Hbghh ! » (Kunisaki)

J’utilisai alors mon sac pour bloquer sa bouche.

Heureusement, il semblerait qu’elle n’avait pas entendu notre conversation, elle marchait directement dans notre direction.

« ... »

Elle allait passer à côté de nous.

Et juste en face de nous, elle perdit l’équilibre.

« Woah ! » (Charlotte)

 

 

Immédiatement, j’étendis mes mains, soutenant son corps.

Sa taille était plus mince que je ne l’avais imaginé.

À l’instant, a-t-elle chuté sans rien en particulier sur son passage... ?

C’est ce que j’avais ressenti, mais je n’allais pas le dire, car ce serait grossier si j’avais tort.

« Ah !! Eeeh!! » (Charlotte)

Tout comme si elle était enlacée par moi, la fille se mit à rougir de surprise. Je la libérai de mon étreinte dès qu’elle put se tenir debout.

Elle semblait vouloir me dire quelque chose, mais elle était tout à fait incapable de le faire.

C’est alors que, soudainement, je constatai qu’un livre était de tomber sur le sol.

Il était tombé de son dos quand elle avait trébuché plus tôt.

Je me penchai vers lui et je ramassai le livre.

Le titre était "Le Prince des Étoiles et La Princesse".

À en juger par la couverture, il s’agissait d’une histoire romantique et fantastique.

« Voilà pour vous. » (Raika)

Je lui redonnai le livre que je m’étais empressé de ramasser au sol.

« M-Merci beaucoup ! » (Charlotte)

Elle l’accepta.

Elle était rouge telle une tomate, ses joues étaient entièrement empourprées.

« ... Est-ce que vous allez bien ? » (Raika)

Elle avait l’air tellement étrange, alors je décidai de le lui demander.

« J-je vais bien ! » (Charlotte)

En me répondant, elle secoua la tête sur les côtés.

Il était difficile de dire si elle affirmait ou niait, mais... eh bien, je suppose qu’elle devait aller bien.

Pourtant, elle semblait avoir encore quelque chose à me dire, me lançant sans arrêt des coups d’œil avant de rebaisser la tête, gênée.

Je me serais senti coupable si je l’avais ignorée et que j’étais tout simplement parti, alors je décidai de continuer un peu plus longtemps la conversation.

« ... Alors, aimez-vous les livres ? » (Raika)

« He ! Ha, oui... Je les aime. » Me répondit-elle tout en s’agitant.

Alors, elle leva les yeux et jeta un coup d’œil à nouveau sur mon visage.

« Heu... quel est votre nom ? » (Charlotte)

« Mon nom ? Je m’appelle Raika Shinzen. » (Raika)

« Raika-kun... c’est donc cela. Hum, je suis en deuxième année, je m’appelle Charlotte Lovepain. » (Charlotte)

Après que Charlotte se soit présentée elle-même.

« Heu... est-ce que vous lisez aussi des livres, Raika-kun ? » Demanda-t-elle.

« Oui. Je ne déteste pas lire. » (Raika)

« Dans ce cas, je suis membre du comité de la bibliothèque... alors quand vous viendrez à la bibliothèque, je peux vous guider... Hum, ha oui, merci. » Prononça Charlotte, visiblement très agitée.

Alors que ce qu’elle avait dit était légèrement incertain, il était probable qu’elle voulait dire que la prochaine fois que je viendrai à la bibliothèque, elle me remercierait ?

Est-ce que c’était ce qu’elle voulait dire plus tôt ?

J’étais convaincu par son attitude.

« Compris. Je vous rendrais visite bientôt. » (Raika)

« D-D’accord ! » Charlotte hocha la tête avec joie.

« Eh bien ! Mes amis m’attendent. Alors à plus tard. » (Raika)

« Oui. Alors... je vous attendrais à la bibliothèque. » Après avoir rajouté cela à la fin, Charlotte partit rapidement.

Quand elle eut disparu de notre vue, Kunisaki s’approcha alors d’une façon discrète de moi et me tapota sur l’épaule.

« Je l’ai vuuu〜 Raikaa〜, c’est une excellente prouesse. » (Kunisaki)

« Prouesse ? » (Raika)

« Oh toi〜. Tu es aussi un mec, n’est-ce pas, Raikaa〜. Rappelle-toi simplement de la sensation d’être dans un contact aussi étroit avec une si superbe Senpai. » (Kunisaki)

« Encore une fois, tu devrais vraiment te taire. » (Raika)

Cette fois, je le frappai avec le sac encore plus fort que la dernière fois.

« Oww, tu as pu longuement parlé avec cette Senpai qui était sensément être mauvaise pour interagir avec les hommes, selon ce qu’indiquent les rumeurs. » (Kunisaki)

Même en ayant son nez enfoncé, Kunisaki continua quand même à parler.

« Pas vraiment. Elle n’a fait que me remercier. » (Raika)

« Quel genre de remerciements était-ce ? » (Kunisaki)

« Apparemment, elle me guidera la prochaine fois pour une visite de la bibliothèque. » (Raika)

Quand je répondis cela à Kunisaki, il s’est mis à faire un "aahhh" puis à lever les yeux vers le ciel.

« Ne penses-tu pas que cela signifie que cette Senpai s’est intéressée à toi ? » (Kunisaki)

« Ha bon ? » (Raika)

« Sinon, elle ne te promettrait pas de te retrouver une autre fois. Ahh, si bien pour toi. Si j’avais aussi eu d’aussi bons réflexes que toi, j’aurais pu aider Senpai et ainsi, j’aurais pu ressentir ces deux sœurs voluptueuses à la suite d’un heureux accident. » (Kunisaki)

« ... » (Raika)

Cette fois, je le frappai avec le coin du sac sans dire quoi que ce soit.

« Ghh〜〜〜 ! » (Kunisaki)

J’ignorai alors l’agonie de Kunisaki et baissai légèrement ma tête face aux filles.

« Désolé, Kunisaki est de nouveau stupide. » (Raika)

« Eh bien, il est Kunisaki après tout. » (Ruirui)

« Ruirui-chan, c’est si horrible ce que tu dis ! » (Maria)

En parlant les uns avec les autres, nous descendîmes alors la pente douce devant l’école et que nous nous dirigeâmes vers le District Sud.

Notes

  • 1  Yamato nadeshiko : La yamato nadeshiko est la personnification de la femme parfaite chez les Japonais. Aussi bien en beauté, pureté, comportements...

***

Partie 4

Le District Sud de l’île était le quartier des achats, il y avait principalement des installations de divertissement nécessaires aux étudiants.

Après tout, les seuls qui venaient dans les magasins étaient des étudiants, donc il n’y avait pas d’endroits où vous pouviez acheter des choses comme, par exemple, des costumes.

Il s’agissait donc uniquement d’installations où les élèves pouvaient jouer après l’école et pendant les vacances.

Étant donné que cette île était artificielle, le rôle de chaque quartier était assez bien organisé.

L’école était au centre de l’île.

Concentrés dans le District Est, nous trouvions toutes les installations de l’île telles que les centrales électriques.

Le District Sud était le quartier commerçant.

Dans le District Ouest, il y avait un port.

Le District Nord contenait des endroits tels des parcs.

Tout était bien divisé entre les districts, mais le seul exclusif aux étudiants était le District Sud et ils n’entraient normalement jamais dans les autres districts.

Par conséquent, le District Sud était inondé d’étudiants.

Que vous regardiez à gauche ou à droite, il y avait plein d’uniformes.

C’était en passant à travers cette inondation d’uniformes que nous allions vers la crêperie dont Kunisaki avait parlé plus tôt.

Nous continuâmes ainsi, puis, après environ une demi-heure, nous arrivâmes enfin à notre destination.

« Que veux-tu, Tenka ? » (Ruirui)

« Je suppose que... de la crème fouettée au chocolat et à la fraise. » (Tenka)

« Ohh, ça sonne délicieusement bon. Et toi, Mariacchi ? » (Ruirui)

« Moi, peut-être... une crêpe à la banane. » (Maria)

« Hm ? Que dirais-tu de prendre de la banane au chocolat ? » (Ruirui)

« Je préfère la banane avec de la crème fouettée. » (Maria)

« Je vois. Alors... pour moi, je vais avoir un sundae aux fruits. Essayons de goûter ceux des autres aussi. » (Ruirui)

Les trois filles avaient ainsi choisi leurs crêpes.

« Haaaaa! La conversation des filles est tellement mignonne. » (Kunisaki)

« C’est vrai ! » (Raika)

Comme Kunisaki hochait la tête à maintes reprises, j’annonçai que j’étais d’accord avec lui.

« Soit dit en passant, Raika, qu’est-ce que tu vas prendre ? » (Kunisaki)

« Je n’aime pas trop les choses douces, alors si possible, un café. » (Raika)

« Il n’y a aucune chance qu’une crêperie ait du café. Alors que penses-tu d’un jus ? » (Kunisaki)

« Hee ! Moi qui pensais demander à Raika de me laisser goûter au sien ! » (Ruirui)

« Heuu ? » (Raika)

En entendant cela, Ruirui commença à se plaindre.

« Viens ici, et commande-toi un sundae au yaourt. » (Ruirui)

« Même si tu me demandes de... » (Raika)

« Si tu commandes cela, alors tu pourras même me donner à manger, d’accord ? » (Ruirui)

Ruirui commença alors à supplier comme l’aurait fait un chat, imitant même son ronronnement.

En entendant cela, Kunisaki parla. « Dans ce cas, je vais l’acheter, moi ! » (Kunisaki)

« Toi, tu ne comptes pas, Kunisaki. » (Ruirui)

« Mais... mais pourquoi ? » (Kunisaki)

« Haa, c’est d’accord ! Je vais commander ça. Mais je vais juste te donner une bouchée, d’accord ? » (Raika)

Ce n’était pas une grosse dépense, c’était donc normal d’agir comme tout le monde présent ici.

Une fois les commandes décidées, tout le monde reçut ses crêpes après avoir attendu quelques minutes et nous nous assîmes tous les cinq à une table.

« Aww, dans tous les cas, c’est génial qu’aucun d’entre nous n’ait été pris au piège par l’"examen", n’est-ce pas ? » (Kunisaki)

Alors que nous bavardions tout en mangeant nos crêpes, soudain, Kunisaki murmura cela de bon cœur.

« Certes, si Kunisaki réveillait des super-pouvoirs, alors il les utiliserait pour faire des choses perverses. » (Ruirui)

« Ruirui-chan, n’es-tu pas horrible envers moi ces derniers temps ? » (Kunisaki)

« Il n’y a aucune chance que Kunisaki-san fasse une telle chose, n’est-ce pas ? » (Maria)

« Ehh, euhh... » (Kunisaki)

« Kunisaki, ne bégaye pas dans un moment comme celui-ci. » (Raika)

Mon Dieu ! C’était mes amis !

Eh bien, observé par le regard innocent de Maria, il était difficile de mentir.

En parlant de cela.

C’est alors que Tenka, qui avait continué à grignoter sa crêpe à la fraise au chocolat les interrompit.

« J’ai entendu une rumeur étrange plus tôt. » (Tenka)

« Une rumeur étrange ? » (Ruirui)

« Ouais ! » (Tenka)

« Qu’est-ce que c’est ? Quel genre de rumeur ? » (Ruirui)

Alors que Ruirui s’était précipitée sur le sujet, tout le monde concentra son attention sur Tenka.

« Il y a une rumeur selon laquelle quelqu’un a été pris par "l’examen". » (Tenka)

« Hein !? » (Ruirui)

En entendant cette histoire inattendue, tout le monde fut stupéfait.

« Mais ils ont déclaré que "l’examen" de cette année n’avait aucun positif. » (Ruirui)

« Ah, désolé pour ça. Ce n’est pas à propos de cette année. » (Tenka)

Tenka s’excusa de s’être trompée dans sa déclaration puis continua.

« Vous savez, Ryuuto-sensei a déclaré que la probabilité était inférieure à 0,01 % en d’autres termes, cela signifie qu’une personne sur dix mille était positive, n’est-ce pas ? » (Tenka)

« Tu as raison. » (Raika)

Répondis-je.

« Et, il y a une rumeur selon laquelle il y a une fille qui a obtenu un résultat positif. Et vous voyez, elle a été envoyée dans un véritable établissement de recherches pour enquêter sur ses super-pouvoirs et elle n’est jamais revenue ici. » (Tenka)

« ... D’où as-tu entendu cette rumeur ? » (Raika)

« D’un élève plus âgé qui est aussi délégué de sa classe. » (Tenka)

Répondit-elle simplement.

« C’est effrayant ! Alors, si nous avions échoué, nous serions envoyés dans cet établissement de recherches ? » (Kunisaki)

Cria Kunisaki.

« Calme-toi, Kunisaki. Il s’agit juste d’une rumeur. » (Tenka)

« V-Vraiment ? » (Maria)

La voix de Maria tremblait aussi, il semblait qu’elle avait un peu peur.

Tenka n’avait pas de mauvaises intentions, mais... alors, donner lui un coup de main.

« C’est certainement qu’une simple rumeur. » (Raika)

Cette fois, les regards de tous se rassemblèrent sur moi.

« Le nombre moyen d’étudiants d’une année est de 200 à 300. Comme l’école a été fondée l’année suivant la Guerre des Mythes, cela fait neuf ans depuis son ouverture. » (Raika)

Cette école avait un système de trois classes.

Par conséquent, il y avait au maximum 900 personnes inscrites la première année et augmentées de 200 à 300 par an.

« En calculant, y compris tous les diplômés, il y avait environ 3300 étudiants —, ce n’est qu’un tiers de dix mille requis pour un positif. Je ne pense pas qu’il ait tant de personne qui représente cette personne sur 10’000. » (Raika)

« Mmmil y a tellement de chiffres dans ce que Raika-kun dit que je me suis tout emmêlée. » (Tenka)

Tenka bougea brusquement la tête.

Je haussai les épaules.

« Eh bien, cela signifie simplement que la chance que l’aîné dont tu parles ait réellement vu la fille qui a été amenée dans l’institut de recherche est faible. » (Raika)

« En d’autres termes, cela signifie que la rumeur n’est pas crédible, n’est-ce pas ? » (Ruirui)

Maria poussa un soupir de soulagement.

« Oh mon Dieu ! Je vous ai dit que c’est une rumeur au début. Quelque chose comme une légende urbaine. » (Tenka)

À la fin, il semblait que Tenka essayait simplement de fournir un sujet de discussion et était maintenant mécontente de voir nos réactions.

« Plutôt que "légende urbaine", il s’agirait plutôt de "légende d’îles". » (Ruirui)

« Uhhpas aussi toi, Ruirui. » (Tenka)

« Hahha, désolée, désolée. Allez, goûte donc à ma crêpe. » (Ruirui)

Tout en riant, Ruirui tendit sa crêpe à Tenka.

« Mmmm » (Tenka)

Tenka prit alors un petit morceau de la crêpe.

« 〜♪ » (Tenka)

Son humeur semblait se rétablir vraiment facilement.

Bougeant sa tête, cette fois c’était Ruirui qui commença à parler.

« En parlant d’"îles" et de "légendes urbaines", connaissez-vous celle-là ? » (Ruirui)

« Une autre rumeur ? » (Tenka)

« Écoutez juste. » (Ruirui)

Ruirui commença à parler avec un sourire clairement visible sur son visage.

« Vous savez tous que cette île à la base a été artificiellement créée, n’est-ce pas ? Mais personne ne sait comment cette île a été créée. » (Ruirui)

« Hein !? Qu’est-ce que ça veut dire ? » (Kunisaki)

Demanda Kunisaki, perplexe.

« Tout comme je viens de le dire. Apparemment, on ne sait rien sur la façon dont cette île a été créée, par rapport aux pays qui l’a faite ou aux compagnies impliquées, aucun document n’est connu à ce sujet. » (Ruirui)

« Au fait, où as-tu entendu tout ça ? » (Kunisaki)

« Je l’ai dit avant. C’est une simple rumeur. » (Ruirui)

Ruirui évita de répondre à ma question.

Une rumeur, hein ?

« Eh bien, qui se soucie de qui a fait l’île ! » (Kunisaki)

En disant cela, Kunisaki essayait de changer de sujet.

« Ce qui importe maintenant, c’est que nous avons beaucoup d’endroits pour jouer. Je veux aller au karaoké avec tout le monde ! » (Kunisaki)

« Un karaoké, hein ? Je ne suis jamais allé dans un karaoké, donc j’attends cela avec impatience. » (Ruirui)

« Eh, c’est la première fois que Ruirui-chan va au karaoké ? Comme c’est inattendu ! » (Kunisaki)

Kunisaki et Ruirui avaient donc changé le thème de la discussion vers le karaoké.

« ... »

Cette île était très grande.

Cinq jours après notre inscription, il y avait encore beaucoup d’endroits où nous n’étions jamais allés.

Et il était amusant de jouer ici dans ce groupe de cinq.

Voilà ce que je pensais.

« Il est bon qu’il y ait beaucoup d’endroits où nous pouvons jouer, mais il est troublant qu’il n’y ait pas d’églises. » (Maria)

Maria soupira tout en jouant avec sa croix.

« Hee, donc il n’y a pas d’églises sur cette île. Hee, comment le sais-tu, Mariacchi ? » (Ruirui)

« J’ai enquêté à l’avance. Et, pour une raison quelconque, il semble qu’il n’y ait pas d’églises situées ici, vous ne pouvez pas trouver même un prêtre de la Sainte Église. » (Maria)

« Vraiment ? » (Ruirui)

« En raison de cela, il n’y a pas de messes du dimanche et je ne peux faire mes prières que dans ma chambre. » (Maria)

« Eh bien, ce n’est pas une question de vie et de mort pour toi, Mariacchi, n’est-ce pas, hein, mais je suppose que tu ne mourras pas sans cela. » (Ruirui)

Comme Ruirui n’était pas une croyante, il lui semblait difficile de sympathiser avec Maria, alors sa réponse était légèrement non sérieuse.

« Oui. Je ne mourrai pas, mais ça me dérange quand même. » (Maria)

Pas offensée du tout, Maria mit la main sur sa joue et hocha la tête.

« Mais savez-vous pourquoi il n’y a pas d’églises sur cette île ? » (Kunisaki)

Kunisaki demanda pour en quelque sorte continuer la conversation.

« ... Eh bien, il y a une discorde entre la Sainte Église et Eucharistia, donc il n’est pas étonnant que l’église n’ait pas d’installations sur l’île. » (Raika)

« Hein !? » (Kunisaki)

Apparemment, personne ne s’attendait à ce qu’il y ait une réponse, Kunisaki regarda vers moi alors que je venais de lui répondre.

« Ces deux ont une sorte d’animosité entre eux ? » (Ruirui)

Il semblait que Ruirui était également intéressée et demanda donc.

J’avais eu l’impression de dire quelque chose d’inutile, mais bon, il n’y avait pas de problème de leur dire cela.

Abaissant ma voix et supprimant mes émotions, je commençai à parler.

« À l’origine, l’ancienne église avait le monopole concernant les mystères et le savoir-faire concernant les hérétiques. Je veux dire, c’était quand même les prêtres qui faisaient des exorcismes depuis des temps immémoriaux, n’est-ce pas ? » (Raika)

Après la Guerre des Mythes et l’apparition des dieux, à la suite de subir une haine tellement augmentée provenant du monde entier, l’ancienne église se transforma alors en la Sainte Église connue actuellement.

Pour parler simplement, le mot "dieu" avait été éliminé de la religion.

Le mot "Dieu" dans la Bible a été changé en "Seigneur" et appeler des prêtres mon "père" était devenu interdit.

D’autre part, tous les dieux qui avaient provoqué la Guerre des Mythes avaient été nommés les "Dieux Hérétiques".

Et, lorsque la Guerre des Mythes se termina après seulement trois jours, ils répandirent des informations selon lesquelles le Seigneur avait détruit les Dieux Hérétiques.

En plus de cela, il y avait eu une réforme majeure dans la doctrine qui avait modifié la définition du paradis.

Eh bien ! Puisque cela n’était pas pertinent aujourd’hui, revenons au sujet principal.

Le traitement des effets secondaires causé par la Guerre des Mythes devait être fait sous l’égide de l’Église. Après tout, la Guerre des Mythes avait été faite par les Dieux Hérétiques. Ils avaient donc dit qu’au nom du Seigneur, l’église devait nettoyer, restaurer et corriger ce monde.

La spéculation sur cela était que, en déclarant les Dieux Hérétiques comme étant "le mal" et en éliminant les phénomènes divins, l’église avait "juste" restauré leur autorité déchue.

Cependant, j’avais commencé une autre partie de l’histoire.

« Ensuite, Eucharistia est apparu et a pris toute l’autorité concernant la Guerre des Mythes. » (Raika)

« Bref, ils ont volé le travail de l’église ? » (Kunisaki)

« Eh bien, en parlant franchement, oui. » (Raika)

Je confirmai après avoir entendu la question de Kunisaki.

Dans le passé, ce type d’information n’aurait pas été divulgué à l’extérieur.

Cependant, maintenant, l’existence des dieux était largement connue et les phénomènes divins restaient présents dans le monde entier.

En même temps, pour traiter tous ces mystères, les humains utilisaient des mécanismes développés par l’Eucharistia qui avaient prouvés leur efficacité pour avoir déjà agi partout dans le monde.

D’autre part, en compétition avec Eucharistia sur les choses du quotidien, la Sainte Église avait fait appel au public pour montrer qu’ils avaient aussi le savoir-faire nécessaire. C’est pourquoi ce n’était pas un gros problème d’en parler maintenant.

Bien que, compte tenu de la réaction de Kunisaki, il semblerait que leur appel ne soit pas si réussi.

Là, il semblerait que mon explication n’était pas suffisante, car Kunisaki se tordait le cou, perplexe.

« Je ne les comprends vraiment pas. Ne devraient-ils pas agir en étant heureux, contents d’avoir quelqu’un pour faire leur travail ? » (Kunisaki)

« Eh bien, il y a beaucoup de circonstances à cet égard quand on regarde le monde des adultes. » (Raika)

Comme il n’y avait pas besoin d’exposer les vraies intentions de l’église, je dissimulais cela avec un sourire.

« Eh bien, c’est ainsi que l’église et le mécanisme de gestion Eucharistia entrent en collision chaque jour. Les deux côtés en constante discorde. » (Raika)

Je terminai ainsi le sujet.

« Raika-kun est très bien informé. » (Tenka)

Tenka hocha la tête, impressionnée.

Mais alors, elle leva les sourcils et regarda Maria.

« Pourtant, si c’est le cas, il est normal qu’il ne fasse pas d’églises sur l’île, Maria-chan. » (Tenka)

« C’est vrai. » (Maria)

Maria hocha la tête résignée.

« Raika-kun, n’est-ce pas incommode pour toi aussi ? » (Tenka)

En regardant la croix présente à mon cou, Tenka me demanda cela.

« Je n’ai jamais prié en premier lieu, je ne suis pas vraiment croyant. » (Raika)

Je répondis ainsi.

Après cela, nous continuâmes à discuter pendant un moment.

{ Nous sommes presque la nuit. Tous les étudiants doivent retourner dans les dortoirs. } (personnel de sécurité)

Un personnel de sécurité venait d’apparaître, tenant un mégaphone, et il commença à faire des annonces.

Ohh, c’était presque le coucher de soleil.

Le couvre-feu de cette école était strict, mais en fait, tout ce qui était écrit dans les règles du dortoir était "Vous devez revenir dans votre chambre avant le coucher du soleil".

En d’autres termes, le temps n’était pas clairement déterminé.

Mais si c’était ainsi, comment les étudiants savent-ils quand vient le coucher du soleil ? L’école examinait donc quand le coucher de soleil allait venir tous les jours et il commença à l’annoncer partout dans l’île une heure avant.

Le temps après le coucher du soleil était appelé la nuit et toute sortie était strictement interdite.

Après avoir violé ces règles, les étudiants devaient écrire de longues excuses et étaient mis en résidence surveillée pendant longtemps.

Il y avait aussi d’autres pénalités.

Hakonogi-sensei nous avait également prévenus de tout cela en détail.

Parce que c’était une île pleine d’étudiants, nous devions avoir une discipline très stricte, et ainsi de suite.

Personnellement, je n’avais pas la personnalité qui me ferait me faufiler dehors pour aller jouer la nuit, alors le couvre-feu n’était pas un problème pour moi, mais...

« Ahh, c’est déjà la nuit ? » (Kunisaki)

« Je n’ai pas joué assez longtemps. » (Ruirui)

Kunisaki et Ruirui étaient de ce genre, donc ils étaient insatisfaits.

« Calmez-vous, nous pouvons jouer demain, alors, obéissons et rentrons chez nous. » (Tenka)

Tenka tenta de pacifier les deux.

En tout les cas, comme les magasins étaient fermés quand la nuit arrivait, il n’y avait pas beaucoup de sens d’aller à l’encontre des règles.

Kunisaki et Ruirui se déplacèrent à contrecœur.

Et nous sommes ainsi rentrés aux dortoirs comme tous les autres étudiants le faisaient.

Les dortoirs préparés par l’école avaient été construits dans plusieurs endroits et étaient situés dans toutes les directions, l’Est, l’Ouest, le Sud et le Nord.

Kunisaki, Maria et moi étions dans le dortoir du Sud, Tenka à l’Est et à Ruirui dans celui de l’Ouest.

« Eh bien, à bientôt. »

« On se voit demain ! »

Au milieu du carrefour, nous nous séparâmes de Ruirui et de Tenka.

Et tous les trois, nous allâmes au dortoir du Sud.

« En tout cas, c’était une chance que nous sommes tous trois dans le dortoir du Sud. » (Kunisaki)

« C’est vrai. » (Maria)

« Effectivement. » (Raika)

Étant donné que les élèves fréquentaient souvent le District du Sud après l’école, le dortoir du Sud était le plus proche. Et le Nord était le moins convenable.

Parlant de cela, nous arrivâmes finalement dans notre dortoir.

Tous les dortoirs étudiants avaient essentiellement la même structure de quatre étages.

Les dortoirs des garçons et des filles se trouvaient dans un bâtiment unique plutôt que dans des bâtiments distincts, mais les chambres étaient complètement séparées entre les deux côtés de l’immeuble et aller de l’un à l’autre était impossible.

Bien sûr, l’entrée de la partie des garçons et des filles était séparée et le personnel du dortoir surveillait tous les étudiants aux entrées.

« Eh bien, Maria-chan, à demain ! » (Kunisaki)

« Rendez-vous demain. » (Maria)

« Oui. Rendez-vous demain. » (Raika)

Après que nous avons dit nos au revoir avec Maria à son entrée, je poussai Kunisaki qui avait continué à lui faire des signes de la main et nous entrâmes dans l’entrée des garçons.

« Eh bien, je vais monter dans ma chambre. » (Raika)

« OK. Ah, quand comptes-tu manger, Raika ? » (Kunisaki)

Kunisaki m’arrêta alors que j’essayais de monter les escaliers et me demanda cela.

La cafétéria du dortoir était ouverte entre 17 h et 20 h. Pendant ce temps-là, nous pouvions dîner n’importe quand.

« Il y a un livre que je veux lire le plus tôt possible. Je ne sais pas quand je vais finir de le lire. » (Raika)

« Quoi ? Alors, qu’est-ce qui est plus important pour toi, moi ou le livre ? » (Kunisaki)

Il me parla, mécontent.

Il semblait qu’il voulait aller au même moment que moi pour aller dîner.

Voyant ça, je me sentis mal de le laisser ainsi tomber.

« Désolé. » (Raika)

« Raika, tu es méchhhhh. » (Kunisaki)

« Cela semble dégoûtant, alors, arrête ça. » (Raika)

« Hahaha, alors à demain, Raika. » (Kunisaki)

Souriant, je lui fis un signe, puis je me retournai avant d’aller dans ma chambre.

En d’autres termes, vers la chambre la plus éloignée des portes avant.

Alors qu’il y avait un ascenseur, la coutume était que seulement les deuxièmes et les troisièmes années pouvaient l’utiliser.

Étant donné que l’affectation de la chambre avait été déterminée au hasard lors de l’inscription, j’étais vu comme un garçon malchanceux par Kunisaki, qui avait eu droit à une chambre au premier étage.

« Pffff... » (Raika)

En arrivant enfin devant ma chambre, je l’ouvris avec ma clé électronique.

Les lumières de la pièce s’allumèrent et je posai mon sac sur le sol.

Eh bien ! Tout comme Kunisaki l’avait dit, c’était la loterie qui avait décidé des chambres.

Mais en fait, j’avais réellement pensé avoir eu de la chance.

Non, c’était une bonne chance pour nous.

Vraiment ?

*

*Frappe* *Frappe* !!

*

C’est à ce moment-là que j’entendis quelqu’un frapper sur la véranda.

J’ouvris alors les rideaux pas particulièrement surpris.

Là, présente devant moi, était celle dont je venais de me séparer un peu plus tôt, Maria.

« Désolé de t’avoir fait attendre. » (Raika)

« Je n’ai pas vraiment attendu, donc tout va bien. J’entre. » (Maria)

Bien sûr, c’était contre les règles pour les filles d’entrer dans la chambre d’un garçon.

Mais je n’étais pas trop inquiet concernant cette entorse au règlement.

Je ne répondrai pas non plus sur la raison pour laquelle elle était apparue dans ma véranda.

Et je n’avais pas été surpris, car je savais déjà qu’elle viendrait dans ma chambre dès le départ.

Ce que j’avais mentionné plus tôt concernant le fait d’avoir de la chance était parce qu’il était facile de passer par le toit depuis le quatrième étage à l’aide d’une simple corde.

*

Pourquoi Maria se faufilait-elle comme ça pour nous rencontrer en secret ?

Parce que c’était lié au véritable but qui nous avait fait venir sur cette île.

***

Partie 5

Il y a dix ans, après avoir tout perdu, je devins un orphelin.

Ceux qui s’occupèrent alors de moi se trouvaient dans un certain orphelinat.

Non, pour être plus précis, c’était un peu différent de cela.

J’avais alors cherché un orphelinat approprié et j’y étais entré.

Il s’agissait d’une institution de la Sainte Église qui, à l’époque, s’appelait encore l’Ancienne Église.

Pourtant, cette église avait également exploité d’autres orphelinats.

Il y avait une raison pour laquelle j’avais choisi celle-là entre tous.

Cette installation était — le centre de formation de la branche japonaise des exterminateurs d’hérétiques.

« Enseignez-moi comment tuer ces sales dieux. » (Raika)

Après avoir dit cela, je fus accepté par l’établissement.

Ceci faisait dix ans que depuis ce jour.

Chaque jour, je finissais par vomir du sang.

Avec ma chair étant tourmentée comme s’il s’agissait d’une routine quotidienne, j’eus ensuite des cours martelées dans ma tête, y compris l’apprentissage des langues.

Je ne me souviens même plus combien de fois j’avais appelé l’instructeur qui gardait toujours son sang-froid : "inhumain".

Et puis, l’autre jour, je fus enfin reconnu comme un membre à part entière de la Sainte Église.

En même temps, je reçus la mission de m’infiltrer dans cette île.

Il n’y avait qu’un seul ordre que j’avais reçu de l’église.

*

« Révélez à tous ce que fait réellement Eucharistia sur l’île de Laurasia. » (église)

*

Il y avait trop de mystères sur cette île de Laurasia.

Par exemple, comme Ruirui l’avait dit en mentionnant les légendes urbaines et les rumeurs, il était vrai que personne ne savait comment avait été construite cette île.

Bien que la quantité de croyants de l’église partout dans le monde ait diminué de manière significative avec l’influence de la Guerre des Mythes, le réseau d’information de l’église s’était répandu dans le monde entier.

Néanmoins, personne ne savait quand, par qui, et comment avait été construite cette grande île ?

De plus, cette île artificielle n’était pas faite sur des méga-flotteurs, mais avait une fondation construite à partir du fond marin.

C’était aussi complètement différent de repousser l’eau depuis une terre proche comme cela se faisait fréquemment avant.

Le continent eurasien qui existait autrefois ici, avait vu l’affrontement en plein milieu de cette terre de Thor de la mythologie nordique et Takemikadzuchi de la mythologie japonaise... tous deux des dieux du tonnerre.

Les piliers représentant les arts militaires des deux mythologies qui avaient combattu avec toutes leurs forces et ce conflit avaient entraîné la rupture d’un tiers du plus grand continent du monde.

Et l’île de Laurasia avait été construite exactement au milieu de la zone centrale, dite « terre zéro ».

Nous n’avions aucune idée de la profondeur du trou qui avait été créé ici.

Alors, comment avaient-ils pu construire cette île dans un tel endroit en seulement un an ?

Est-ce possible même avec la technologie moderne ?

L’île était pleine de mystères.

Enveloppé encore plus loin dans ces mystères, se trouvait l’Eucharistia.

L’organisation connue sous le nom d’Eucharistia était née à peu près au même moment où l’île de Laurasia avait été finalisée.

En plus de cela, ils s’étaient mis à agir au moment même où l’église était encore en pleine confusion et ils avaient commencé l’examen général ainsi que le nettoyage des phénomènes divins, empêchant ainsi toute initiative venant de l’Église.

Même si cela avait créé une grande agitation, l’Église avait toujours une grande influence.

En y pensant, il était impossible pour une force émergente de faire de telles choses... S’il s’agissait d’une force normale.

Cependant, il suffisait de regarder la façon dont les choses étaient actuellement.

L’Eucharistia gérait tout ce qu’il y avait à propos de la Guerre des Mythes et ne permettait aucune ingérence de la part de l’Église.

La façon dont ils avaient surpassé l’influence de l’église et la façon dont ils s’étaient ainsi établis partout demeurait encore inconnue.

C’était trop déroutant.

C’était trop tragique.

Est-ce qu’il y avait quelque chose d’anormal derrière eux ?

Ce que les plus hauts gradés de l’église voulaient — et je voulais aussi le savoir — était l’identité de ceux qui se tenaient derrière l’Eucharistia.

Les dieux qui étaient apparus sur la terre étaient repartis il y a dix ans.

Cette île et l’Eucharistia apparurent un an après.

Dans ce cas, cette différence d’une année n’était-elle pas pertinente ?

Ou peut-être que quelque chose d’anormal, lié aux dieux s’était produit pendant ce temps ?

Au cours de nombreuses années d’enquêtes, l’église avait finalement découvert qu’Eucharistia cachait quelque chose sur cette île.

C’est alors que l’église m’avait envoyé ici, car j’avais pu remplir les conditions d’admission.

Afin d’enquêter sur ce qui se cachait derrière l’Eucharistia et sur ce qu’ils faisaient sur l’île.

« ... »

J’avais déjà compris que cela faisait partie d’une lutte de pouvoir entre l’église et l’Eucharistia.

Cependant, la raison pour laquelle je voulais aller dans cette mission était parce que je pensais pouvoir obtenir des indices qui me conduiraient jusqu’aux dieux.

Ma petite sœur avait disparu il y a dix ans.

Pour savoir où je devais aller, je n’avais d’autre choix que de chercher le dieu qui nous avait agressés.

Bien sûr, on ignore si ceux qui sont derrière l’Eucharistia étaient liés aux dieux qui étaient venus il y a dix ans.

Cependant, peu importe les chances que cela soit possible, si c’était pour trouver ma petite sœur, alors je m’accrocherais au moindre indice avec toute la force que je possède.

Voici donc mon vrai objectif qui m’avait fait venir sur cette île.

Je voulais commencer à me déplacer ce soir pour atteindre cet objectif.

En d’autres termes... c’était ce que j’avais prévu à la base...

« Maria, il est temps que tu partes. » (Raika)

« Aucune chance que j’accepte cela, Raika-senpai. » (Maria)

En disant cela, Maria continua à me faire un câlin dans ma propre pièce depuis longtemps. Dès qu’elle était rentrée dans la pièce, elle était venue me prendre dans ses bras.

Pour votre information, Maria et moi sommes bien des camarades de classe.

Et pourtant, chaque fois que nous étions seuls, elle se référait toujours à moi en tant que son "senpai".

Pendant la journée, lorsque nous parlions avec Kunisaki, nous avions dit qu’elle venait de la même institution que moi.

C’était en effet tellement... vrai, mais dans tous les sens du terme. Tout comme moi, elle était quelqu’un qui avait reçu une formation d’exterminateur d’hérétiques.

La façon dont elle m’appelait "senpai" était ce qui restait de l’époque où nous étions dans l’établissement.

Maria, qui avait aussi satisfait les conditions requises pour être admise dans cette école, était venue avec moi sur cette île comme une aide pour cette mission d’infiltration, ou elle était censée être cela, mais...

« Maria. » (Raika)

« Senpai. Ruirui-san s’est accrochée à toi dans la salle de classe, n’est-ce pas ? C’est pourquoi je m’accroche aussi à toi maintenant. » (Maria)

« N’as-tu pas prêché qu’elle ne devait pas se coller ainsi aux autres ? » (Raika)

« Oui, mais moi, je suis autorisée à le faire. » (Maria)

Répondant sans équivoque, Maria a continué à me faire un câlin en me serrant fortement dans ses bras.

« ... » (Raika)

Puisque je ne pouvais pas faire autrement, je renonçai finalement à résister.

Dix minutes passèrent ainsi.

Il était maintenant une minute après six heures.

L’extérieur était complètement sombre et c’était le moment où les gardes finissent leurs patrouilles.

Il était temps de passer à travers leur surveillance.

« Maria. » (Raika)

« Oui. » (Maria)

Cette fois, Marie répondit avec obéissance.

Bien que parfois elle agissait étrangement, en général, elle était une fille sérieuse.

« Alors ? As-tu fini d’analyser la magie appliquée sur le dortoir étudiant ? » (Raika)

« Oui. » (Maria)

Maria hocha la tête.

Le cinquième jour depuis l’admission, la raison pour laquelle nous n’avions pas commencé à agir jusqu’à aujourd’hui, était parce que nous avions réalisé qu’il y avait une magie appliquée dans tout le bâtiment.

« La magie appliquée à ce bâtiment est à l’opposée d’une barrière qui empêcherait les personnes de rentrer dans la zone. En d’autres termes, il s’agit d’une magie qui prive l’envie aux étudiants de quitter le bâtiment. » (Maria)

Elle expliqua la magie appliquée à ce bâtiment, qu’elle avait examiné au cours de ces cinq derniers jours.

Étant donné que son aptitude était plus élevée que la mienne en matière de magie, je pouvais lui faire confiance vis-à-vis des résultats de ses analyses.

« Hein, c’est donc juste un petit tour pour mettre en détention les personnes se trouvant dans le bâtiment. » (Raika)

« C’est vrai. Mais Raika-senpai et moi, nous ne sommes pas affectés par cette magie basique grâce à nos croix. » (Maria)

En disant cela, Maria releva légèrement sa croix.

Cette croix était l’un des équipements de base des exterminateurs d’hérétiques, elle avait pour effet de repousser les malédictions et la magie nuisant à notre corps et à notre esprit.

En fait, en portant cette croix, Maria était allée sur toit qui se trouvait à l’extérieur du bâtiment et elle était ensuite descendue dans ma chambre à l’aide d’une ficelle extrêmement solide.

Mais les étudiants normaux n’avaient, quant à eux, probablement même pas l’envie de quitter le bâtiment.

« En outre, ce mécanisme semble s’activer seulement durant la nuit. » (Maria)

« Il semblerait que... c’est quand même de gros moyens pour s’assurer que les règles soient respectées. » (Raika)

Ce niveau de magie était dans le domaine de ce que les humains pouvaient faire.

Par conséquent, il était fort possible pour Eucharistia d’appliquer ce genre de mécanisme magique.

En supposant qu’Eucharistia soit bien le coupable,

« Est-ce qu’ils font quelque chose la nuit qu’ils ne peuvent pas montrer aux étudiants ? » (Raika)

Il était raisonnable de le penser.

Maria aussi était d’accord avec moi, elle hocha donc la tête en silence.

On ne pouvait pas dire que nous avions pu vraiment nous rapprocher de l’autre côté, mais...

« Comme je l’avais déjà imaginé, il va être nécessaire d’enquêter sur l’île au cours de la nuit. » (Raika)

Dans tous les cas, l’action suivante venait d’été décidé.

« Tout comme il avait été prévu, j’ai décidé d’agir en solo pour enquêter sur l’île. » (Raika)

« Compris. Quelle arme mobile prenez-vous avec vous ? » (Maria)

« Pas besoin d’en avoir. » (Raika)

Ma mission était simplement une mission d’infiltration.

En d’autres termes, la chose la plus importante était de ne pas être découvert, si je me retrouvais dans une situation où je devais utiliser une arme, alors cela signifierait que j’avais déjà échoué.

Et si j’échouai, la seule façon de m’échapper de l’île était par voie maritime.

En pensant à s’échapper, il n’y avait pas d’autre choix que de prendre illégalement un navire, mais si cela devenait ainsi, je savais déjà que l’église ne me couvrirait pas.

C’est pourquoi il valait mieux pour moi, de ne pas y aller avec une arme.

« Maria retourne dans ta chambre. Si quelque chose arrive et je ne reviens pas, contacte l’église. » (Raika)

« Compris. Je ne pense pas qu’il soit nécessaire de s’inquiéter si c’est toi, mais sois quand même prudent. » (Maria)

Je me déplaçai alors vers la balustrade sur laquelle Maria avait préparé le fil.

Et tout comme elle l’avait fait avant, j’utilisai le fil pour descendre tranquillement jusqu’au niveau du sol.

« ... » (Raika)

Ensuite, je m’éloignai du dortoir avec prudence pour ne pas être vu par le personnel du dortoir.

***

Partie 6

D’abord, je décidai d’aller à l’école.

Honnêtement parlant, ce n’était pas comme si j’étais certain qu’il y avait quelque chose là-bas.

Mais si cette île elle-même avait été faite par Eucharistia avec un certain plan en tête, je pensais juste que quelque chose devait exister dans l’école qui avait été construite au centre de celle-ci.

En premier lieu, je n’avais aucun indice qui m’indiquerait où commencer à chercher.

Pour l’instant, je décidai de suivre mon intuition et je me déplaçai donc avec soins sur la route habituelle qui me conduisait jusqu’à l’école.

... Cependant, même après que se fut écoulé trois fois le temps que cela me prendrait normalement pour m’y rendre, je ne pouvais toujours pas voir l’école.

Après avoir analysé les sentiments présents en moi, je me rendis compte de la raison de tout cela.

Les environs étaient bien trop silencieux.

Pour cette raison, je devenais étrangement nerveux concernant le fait de masquer le son de mes pas et c’est pourquoi ma vitesse de déplacement s’en trouva encore plus réduite.

« ... »

Ce silence me faisait mal aux oreilles.

Le vent traversant la ville vide était empli d’un intense froid.

La Nuit.

Quand j’avais entendu parler de cela, je pensais que c’était simplement un simple nom, mais l’expérience de ce moment était très étrange.

Le jour et la nuit.

Je n’étais pas très conscient de cela jusqu’à maintenant, mais la journée et la nuit étaient deux mondes différents.

Les êtres vivants diminuaient leur respiration, l’air se refroidissait et les sons disparaissaient.

Le silence et l’immobilité avaient suffi pour me permettre d’entendre le bruit du sang qui coulait dans mes oreilles.

Le bourdonnement dans mon cœur n’était pas la peur, mais la terreur.

Dans cet espace, avec la disparition de tous les bruits, je réalisais finalement ma petitesse et l’ampleur du monde.

Face à quelque chose de bien supérieur à ce que j’étais, à la place d’avoir peur, j’avais du respect mêlé à de la crainte.

C’était l’émotion que les gens éprouvaient autrefois envers les dieux et la nature.

Cette ville, cette île rappelaient aux personnes de telles choses.

*

« ————ii. »

*

... Hmm ?

Juste à l’instant, il y avait bel et bien une voix qui avait retenti.

Me cachant dans l’ombre, je regardais alors mes alentours, mais il n’y avait aucun signe indiquant la présence d’une personne.

Les environs étaient les mêmes que d’habitude... Toujours totalement silencieux.

... est-ce mon imagination ?

Il me semblait assez clair que c’était bien cela.

Bon, il n’y avait plus de temps à perdre dans un endroit comme celui-ci.

Je repris donc mon mouvement et m’en allai jusqu’à l’école.

Après avoir grimpé la douce pente se trouvant de moi, je pourrais enfin voir le bâtiment de l’école.

Passant par la porte principale extérieure de l’école tout en me méfiant des alentours, je tentai alors d’approcher tranquillement l’entrée du bâtiment.

Et c’est alors que...

« ————Ah. » (Raika)

En regardant soudainement le sommet du bâtiment, je vis alors que quelqu’un se trouvait sur le toit du bâtiment scolaire.

À en juger par la longueur de ses cheveux, il s’agissait probablement d’une fille.

La fille qui semblait porter le clair de lune dans son dos était équipée d’une armure de chevalier en argent.

Il y avait, semble-t-il, une cravate attachée à son cou, et l’ourlet de son armure s’étendait comme s’il s’agissait d’une jupe.

Son apparence me donnait l’impression d’être la combinaison d’un uniforme scolaire et d’une armure.

Bien que cela soit une combinaison bizarre, étrangement, ce genre d’apparence sur elle était vraiment magnifique.

Dans cette nuit silencieuse, presque comme si elle chevauchait en ce moment le clair de lune, debout là-haut, elle m’apparaissait comme très mystique.

« ———— »

Le regard de la jeune fille se déplaça alors vers le bas.

Nos yeux se rencontrèrent à ce moment-là.

« Charlotte-senpai ? » (Raika)

Il était difficile de bien voir dans cette noirceur, mais ses traits du visage me semblaient familiers.

Il s’agissait bien de la fille de deuxième année que j’avais croisée aujourd’hui, alors que nous passions les portes de l’école pour quitter l’école.

Charlotte Lovepain.

Son apparence pendant le jour et la nuit me donnait une impression légèrement différente.

Quand je l’avais vue pour la première fois, l’atmosphère qui l’entourait était fugace, mais maintenant elle était forte et froide comme une lame dégainée...

Soudain, elle sauta du toit.

« Quoi !!? » (Raika)

Était-elle sur le point de se suicider — non.

Elle me visait clairement alors qu’elle tomba, non, alors qu’elle sauta du toit.

« Viens à moi, Nothung ! » (Charlotte)

Charlotte se mit à crier.

Une lumière convergeait dans sa main en prenant la forme d’une épée.

Ce n’était pas un Katana japonaise. Il s’agissait d’une épée de chevalier légèrement plus large.

Possédant des décorations en argent sur la poignée ainsi qu’une gemme rouge.

La lame en elle-même n’avait pas même une ombre sur elle.

Et, la trajectoire que la lame prenait arrivait très clairement vers moi — !

« Khh ! » (Raika)

Je me projetai donc vers l’avant pour échapper à la lame tout en me penchant.

*crshshshh* !!

Je pouvais entendre le bruit du béton qui venait d’être découpé par la lame.

Alors que je roulais sur le sol après mon esquive, je vis l’épée de chevalier diviser le trottoir en deux, produisant ainsi une énorme fissure dans le sol.

« Quoi !? » (Raika)

Quel que soit le Katana ou l’épée, ce genre de chose était impossible.

Ce n’était pas un marteau ou une boule de fer, il n’y avait donc aucune chance de pouvoir ainsi découper le sol.

Et en y pensant, déjà avant cela, il n’était pas normal pour un humain de pouvoir ainsi sauter du toit de l’immeuble et de pouvoir se réceptionner plusieurs dizaines de mètres plus bas sur ses deux jambes, sans qu’elles subissent le moindre dommage.

Je me relevai dans un seul mouvement, et avec le bâtiment derrière mon dos je décidai d’affronter la fille qui ne pouvait pas être une personne normale.

En se retournant, la jeune fille me regarda avec un regard tranchant.

Je pouvais sentir une soif de sang ainsi qu’une forte volonté dans ses yeux. C’était complètement différent de l’impression que j’avais eux quand elle m’avait parlé durant la journée.

C’était comme... celle que j’avais vue une fois sur le sommet de la montagne de décombres.

– C’était comme si un dieu revenu sous la forme d’une fille était tombé du ciel devant moi.

« Ghh...! » (Raika)

Mon œil gauche se mit alors à me faire très mal.

Pendant que je me bloquais mon œil par une main, Charlotte se retourna.

Izure Shinwa no Ragnarok Volume 01 011

« Toi, tu es bien compatible avec les Divinités, n’est-ce pas ? » (Charlotte)

Elle releva le point de son épée alors qu’elle me demandait cela.

« Compatibles avec les Divinités ? » (Raika)

En compressant toujours mon œil gauche, je lui répondis tout en subissant une sueur froide dans tout mon corps.

Elle semblait paralysée, mais je ne pouvais pas comprendre ce qu’elle voulait me dire.

Bien sûr, je lui avais répondu sincèrement, mais il semblerait qu’elle pensait que je jouais l’idiot.

Les yeux de Charlotte étaient teints de colère.

« Maintenant, qu’est-ce que vous essayez de faire, alors que vous vous promenez pendant la nuit... ? » (Charlotte)

La nuit ?

Certes, il s’agissait d’une violation des règles du dortoir, mais qu’en est-il de tout cela ?

Mais avant que je puisse demander.

« Ceci est la troisième guerre à laquelle je participe. Devenir le premier à orner mon épée est quelque chose qui devrait te rendre heureux... Mais si l’adversaire est un faible qui s’enfuit, ceci représente quand même un certain honneur. » (Charlotte)

La troisième... guerre ?

Depuis la précédente Guerre des Mythes, il n’y avait même pas eu un conflit à grande échelle qu’on pourrait appeler une « guerre ».

*frisson*

Un froid mystérieux parcourut le long de ma colonne vertébrale.

« Au moins, bats-toi pour ne pas te ridiculiser lorsque tu mourras. » (Charlotte)

« Attendez ! De quoi parlez-vous... » (Raika)

« Tch. » (Charlotte)

Charlotte fit alors claquer sa langue de colère.

« Si tu ne souhaites pas te battre... alors, quitte immédiatement la surface de cette terre. » (Charlotte)

Elle souleva alors son épée de chevalier.

Sans aucun doute, l’intention de me tuer qui pouvait être perçue dans la pointe de cette lame était réelle.

Ses mouvements antérieurs et ceux de la journée étaient complètement différents.

Je ne savais pas pourquoi, mais j’étais maintenant attaqué par une étudiante alors que j’étais venu enquêter sur les agissements d’Eucharistia.

Mais maintenant, ce n’était pas le moment de penser à cela.

... J’estimai rapidement que l’affrontement direct était impossible.

Les mouvements de Charlotte étaient bien meilleurs que les miens.

Face à elle, qui tenait une épée, combattre à mains nues était téméraire.

Le retrait loin de cet endroit était devenu ma priorité absolue.

Alors que je réfléchissais à une voie d’évacuation possible, une petite lumière apparut soudainement sur l’armure de Charlotte, au niveau de son cou.

Ceci venait de l’écart entre sa cravate et son collier.

Un tatouage... non. Il s’agissait d’un motif dessiné avec des lignes simples qui, pour une raison quelconque, émettent de faibles lumières phosphorescentes.

De plus, ce modèle, non, ces caractères...

*

« – – s mien ? »

*

... encore cette voix ?

De ce que j’avais entendu plus tôt, je pensais tout d’abord qu’il s’agissait de la voix de Charlotte, mais sa bouche ne bougeait pas. Aussi, après l’avoir entendu de nouveau, je constatai que le ton de la voix était complètement différent.

Alors, à qui appartient cette voix ?

Il était difficile de l’entendre, mais d’après ce que je pouvais dire, il s’agissait de la voix d’un homme.

Y a-t-il quelqu’un d’autre ici — quand je pris le temps de regarder les environs pendant un court instant. La jeune fille se mit à me charger.

« !!? »

Me laissant tomber au sol par réflexe, je pus ainsi sauter sur le côté.

L’épée passa juste au-dessus de ma tête inclinée.

*grashhh* !!

Le mur de l’école fut éventré — !

De plus, il s’agissait d’une ligne bien droite et nette.

Le verre épais se trouvant sur dans la porte double fut brisé à la suite de cet impact. Du gravier fut éjecté partout, frappant un peu partout mon corps

« Ghh ! »

Je serrai alors les dents en réponse à la douleur que je ressentais, puis j’entrai dans le bâtiment par les portes brisées.

Tout en courant dans le couloir, je continuai à avoir des sueurs froides.

Qu’en est-il de cette puissance destructrice anormale ?

Ainsi que le froid pénétrant quand je fais face à cette épée.

Tout cela n’est pas bon du tout.

C’est comme quelque chose provenant d’en dehors de ce monde.

Mon instinct humain m’avait immédiatement averti de cette menace.

Alors, comment survivre dans cette situation ?

J’escaladai les escaliers tout en pensant à cela.

S’échapper quand il n’y avait aucun moyen de fuir était un plan stupide, il n’y avait pas d’obstacles dans les couloirs rectilignes de l’école. Le risque qu’elle me rattrape à l’aide de ses formidables capacités physiques était bien trop élevé.

Pour l’instant, je décidai d’aller me cacher pendant un moment avant de pouvoir finalement tenter de m’échapper vers l’extérieur de l’école.

C’étaient des mesures totalement passives, mais c’était tout ce que je pouvais faire.

Peu importe comment je tournais la situation dans ma tête, je me trouvais dans une situation désespérée.

Et le pire dans cette affaire était de ne rien savoir de ce qui se passait réellement. Oui, c’était vraiment la pire des choses.

Si je savais au moins l’identité de cette épée.

Si je ne me trompais pas. Elle l’appelait Nothung, n’est-ce pas ?

« !? »

Une fois après être monté au troisième étage, je cessai alors totalement de bouger.

C’était parce que je venais de remarquer un fait. Non, dire que je venais de me rappeler de quelque chose serait plus correct.

Je connaissais cette épée.

C’était alors qu’une ombre apparut à l’extérieur, bien visible par la fenêtre devant moi.

Ce qui était apparu fut un héroïque cheval ailé.

Dans le ciel !?

Sur son dos se trouvait Charlotte qui tenait son épée de chevalier.

« Vas-y, Grani ! » La voix percutante de la jeune fille retentit par les fenêtres.

Grani.

Nothung.

Cette armure et ces personnages.

Comme je le pensais ?

J’avais acquis assez de confiance quant à son identité.

Au même instant, le cheval volant frappa les murs du bâtiment scolaire.

*brshhnggg* !!

« Khh !! »

Évitant les décombres, je roulai jusqu’à arriver dans le couloir.

Le cheval avait traversé le ciel tout en détruisant le bâtiment lors de son attaque.

En témoignant de ce spectacle si irrationnel, beaucoup de personnes seraient saisies par l’étonnement.

Mais j’étais loin d’être dans cet état.

*Boum boum*

La colère.

*Boum boum* *Boum boum* *Boum boum*

Parce qu’il semblerait que des sentiments violents éclateraient de mon cœur, tout ce que je pouvais faire actuellement était de me contrôler afin de garder ma santé mentale.

« Ne t’enfuis pas, toi le lâche. » Déclara Charlotte depuis quelque part plus loin.

Mais, je ne m’en souciais pas le moins du monde.

Puisque, lui faisant face depuis le bas, je levai la tête.

« Je t’ai finalement trouvé. » Après l’avoir dit tout en contrôlant la voix se trouvant au plus profond de mon cœur.

« ———— ! »

Surpris par mon état anormal, Charlotte fit avancer son cheval d’un pas hésitant.

Je n’allais pas laisser échapper cette chance.

J’attrapai alors l’extincteur se trouvant contre le mur.

« Mmgh !? »

Charlotte devait penser que j’allais lancer ce lourd extincteur sur elle, et donc, elle leva son épée afin de le dévier en plein air.

Pendant ce temps, j’arrachai le verrou de l’extincteur puis j’appuyai sur le levier d’activation. J’éjectai ainsi le jet en plein dans son visage.

« Wahphh!! »

Aspergée par la poudre de l’extincteur, la chevalière poussa un cri silencieux.

Après avoir réussi à l’aveugler, je pus ainsi me faufiler du côté du cheval volant afin de partir loin de cet endroit.

***

Partie 7

J’entrai dans une salle de classe au troisième étage, puis appuyai mon dos contre le mur par la fenêtre avant de reprendre mon souffle.

La raison pour laquelle je n’étais pas allé au premier étage était parce que je n’avais pas confiance sur le fait que je puisse me déplacer plus rapidement que le cheval volant si je me trouvais à l’extérieur.

Et encore moins vu qu’il pouvait voler dans le ciel.

J’avais déjà imaginé la possibilité de m’enfuir jusqu’au dortoir où d’autres pourraient me voir, mais comme le but de l’adversaire n’était pas clair, il était impossible de savoir si d’être vu par d’autres la dérangerait.

Et si tel était le cas, je pourrais finir par impliquer d’autres personnes.

Comme ceux avec qui j’étais devenu ami depuis mon arrivée ici, Kunisaki, Ruirui et Tenka.

En plus de ceux qui n’étaient pas encore mes amis, mais qui étaient souvent proches de moi, mes camarades de classe.

Toutes ces choses devaient être évitées, peu importe comment.

En outre, il me fallait demander à Charlotte, non, la questionner à propos de cette chose.

— Ce motif lumineux était gravé sur son cou.

Il s’agissait d’un symbole runique.

Il s’agissait sûrement de l’alphabet utilisé par les tribus germaniques du nord, également profondément impliqué dans certains systèmes mythologiques.

Chaque rune avait un sens bien spécifique.

La signification des symboles sur son cou était de —

{ ... uhihihi, tu as l’impression que tu es sur le point de mourir, Milenian*. }

« !? » (Raika)

Je criai presque de surprise, mais je réussis quand même à désespérément empêcher ma voix de se faire entendre.

Il s’agissait cette fois-ci d’une voix d’homme semblable, mais en même temps très différente de celle de Charlotte.

Il s’agissait, j’en étais sûr, de la voix que j’avais déjà entendue à plusieurs reprises avant cela.

{ – Woah, il semblerait que ma voix t’ait finalement atteint. On dirait que cette croix me barre la route, m’empêchant ainsi de m’entendre, quel insolent que tu es pour ainsi ignorer mon grand appel alors que je l’ai effectué tant de fois. }

Je regardai alors attentivement autour de moi, mais il n’y avait personne d’autre que moi dans la salle de classe.

Et donc... suis-je le seul à entendre cette voix ?

Qui êtes-vous ?

{– Je ne suis guère intéressé à me présenter maintenant, car l’ennemi est en train d’arriver. Et après cela, est-ce que tu pourrais encore me demander mon nom avec ta tête tranchée ? }

La voix répondit en riant avec mépris. Sa manière de parler était horrible. Mais la situation était exactement comme l’avait décrit la voix.

Ennemi, tu as dit. Tu parles de Charlotte ? Sais-tu pourquoi elle m’attaque ?

{ – Oui, je le sais. Nous sommes en guerre depuis toujours. Tu as été choisi, car tu es compatible avec moi. Cependant, j’étais celui qui t’a choisi. }

Compatible. Juste avant, Charlotte avait aussi utilisé un mot du genre en disant "Compatibilité Divine".

Et aussi de guerre. Elle avait dit que nous étions au cours de la troisième guerre.

Plusieurs choses se sont comme connectées entre elles dans ma tête, mais mettons de côté ces informations, du moins pour le moment.

{ – Hihihi, tu as raison. Ce dont tu as besoin maintenant est le pouvoir de te battre. Je peux te donner mes capacités. Acceptez-le avec gratitude, prosterne-toi et embrasse le sol avec ton front. }

Qui es-tu... avant que je puisse demander cela —, soudainement, une énorme quantité d’informations apparut alors dans ma tête.

La capacité qui m’avait été donnée. La manière de l’utiliser. Ainsi que ces caractéristiques.

La capacité de traitement de mon cerveau fut accélérée par la force à mesure que d’innombrables savoirs arrivaient à l’intérieur.

Il y avait là une si grande quantité de connaissances que je me retrouvais étourdi et me fis avoir un horrible mal de tête, ainsi que des douleurs intenses dans mon œil gauche.

« GAAAHHhhh! » (Raika)

Tenant ma tête entre mes deux mains, je laissai échapper un cri, ne pouvant pas endurer toute cette douleur.

Et en même temps, le mur de la classe fut littéralement déchiqueté.

« – Je vous ai trouvé ! » (Charlotte)

Charlotte apparut alors, tenant son épée de chevalier dans la main.

Peut-être parce que le plafond du couloir était trop bas, elle ne chevauchait pas Grani.

Mais encore plus gênant que ce cheval volant était cette épée.

Il n’y avait pas assez d’espace dans la salle de classe pour pouvoir l’éviter.

« Khhh ! » (Raika)

J’étais encore en plein milieu de l’assimilation de la capacité de mon œil gauche.

« C’est fini. » (Charlotte)

Elle fonça sur moi tout en tenant son épée.

Ses pas écrasèrent les planches du plancher sous elle alors qu’elle commençait sa charge.

Si j’étais, ne serait-ce qu’effleuré par elle dans cette armure et avec cet élan, j’allais assurément mourir.

« Prenez ça... !! » (Raika)

Je lançai alors une chaise sur elle.

Mais elle fut simplement coupée par son épée de chevalier.

« !! » (Raika)

Charlotte était déjà en mouvement pour effectuer la prochaine attaque — en d’autres termes, le mouvement final afin de me tuer.

Je n’avais aucun moyen de l’éviter.

La pointe de l’épée bougea. Millimètre après millimètre. La mort s’approchait.

Est-ce que je vais mourir ici ? Est-ce que je vais vraiment être tué ?

Il y a dix ans, mes parents ont été tués, la ville a été incendiée.

Ma petite sœur a été emmenée.

Est-ce que je vais mourir. Sans les rembourser ?

...

...

Ne te fous pas de moi.

Sérieusement, ne te moque pas de moi.

Je ne vais jamais accepter cela !

Si je meurs ici, à quoi bon ces dix années ?

Ce qui traversa alors mon esprit fut la montagne de décombres de ce jour-là et ce dieu ridicule ayant une apparence de jeune fille.

Jusqu’à ce que je l’ai retrouvée et qu’elle ait craché le morceau concernant ce qui est arrivé à ma petite sœur à l’époque, je...

Comme si j’allais laisser cette foutue mort arriver.

{ – Bonne résolution. }

En entendant la voix, je fus ramené à l’instant présent.

*wshhoo* !!

Il y eut alors le bruit de l’air coupé au-dessus de ma tête.

Apparemment, j’avais inconsciemment évité l’épée et ce faisant, j’étais tombé sur les fesses. L’épée semblait avoir frappé juste au-dessus de moi.

La frappe qui devait couper ma tête avait coupé les fenêtres de part en part.

La moitié inférieure du verre des fenêtres tomba alors à l’extérieur.

En outre, la pression provenant de la frappe de l’épée souffla tous les pupitres et les chaises qui s’écrasèrent contre le mur.

{ – N’es-tu pas chanceux ? }

La voix me ridiculisa comme s’il avait vu une terrible comédie.

Ferme-là, Dieux de merde.

Je crachai des malédictions.

Tout cela se trouvait parmi les connaissances qui étaient rentrées plus tôt en moi.

Cette voix était celle d’un dieu.

Dieux.

Pour les humains, ils représentaient la peur et le désespoir.

Les humains ne pouvaient rien faire face à eux.

Par exemple, il y a dix ans, un milliard et demi de personnes était mort en étant impliqué dans une bataille entre les dieux.

Et par exemple, maintenant, nous étions pris entre la guerre des dieux avec Charlotte qui était sur le point de me tuer.

Les humains ne peuvent pas s’opposer aux dieux.

Pour les humains, les dieux étaient des existences absolues.

« Saleté d’ordure » (Charlotte)

Face à cette vérité, je tremblais de colère.

{ – Tu as une bouche vraiment fétide. }

« Tch. » (Raika)

« Tch. » (Charlotte)

C’est alors que deux bruits de langue se chevauchèrent. L’un était de moi, et l’autre était de Charlotte.

Non, c’était faux.

Pour être précis, ce n’était pas Charlotte.

Ce soir, celui qui m’avait agressé était du même genre que ce mec à l’intérieur de moi, un dieu.

« Vous, comment osez-vous me donner tant de problèmes. » (Charlotte)

La déesse grogna puis leva l’épée jusqu’à mon cou.

« Meurs ! » (Charlotte)

Avec l’annonce de ma mort, elle retira légèrement l’épée de ma gorge.

À ce moment-là, j’éloignai la main qui couvrait mon œil gauche.

Et.

« Je me nomme Shinzen Raika et je te commande. Brünnhilde, soit mon esclave. » (Raika)

Le pouvoir de mon œil gauche l’engloutit.

Et au même instant, le mouvement de son épée s’arrêta complètement.

« Quo... i !? » (Charlotte/Brünnhilde)

Mon adversaire devint confus, incapable de déplacer son corps.

« ... pfff. » (Charlotte/Brünnhilde)

Je me levai en faisant attention à ce que la lame ne me coupe pas l’artère carotide, puis frappai mon uniforme afin de me débarrasser de la poussière.

En me voyant affiché tant de sang-froid, elle me fusilla du regard.

« Bâtard... que m’avez-vous fait !? » (Charlotte/Brünnhilde)

Je me sentis mal à l’aise en entendant ses actions si hautaines, puis détournai le regard.

« ... Je vous ai dominé avec mes yeux du mal. Il est inutile d’essayer de bouger. Pas seulement vos bras, vos jambes et vos doigts, même votre âme elle-même sont désormais à moi après que je vous ai asservit. » (Raika)

« Me dominer, m’asservir, vous dites... ! Mais comment savez-vous mon nom ? » (Charlotte/Brünnhilde)

En entendant cette question, je me suis mis à rire.

« L’épée tueuse de dragons, Nothung. Le cheval qui peut voler dans le ciel, Grani. Votre allure de chevalier. Avez-vous pensé que votre identité ne sera pas exposée avec ces nombreux indices révélés ? Ce qui a fini par tout confirmer fut la rune se trouvant sur votre cou. — » (Raika)

Je déplaçai la cravate placée autour de son cou et la rune se trouvant dessous fut exposée à l’air.

« –– Il s’agit-là de la rune qui veut dire la victoire. C’est le vôtre, le symbole de Brünnhilde. » (Raika)

« ...!! » (Charlotte/Brünnhilde)

Il semblait qu’elle était frustrée d’avoir tout la concernant ainsi exposé alors qu’elle se mordait les lèvres.

Il y a une minute, elle avait l’avantage absolu.

Et maintenant, la situation avait été inversée et j’étais le seul à tenir le pouvoir de la vie et de la mort face à mon adversaire.

« Votre... votre nom ? » (Charlotte/Brünnhilde)

À la fin, Brünnhilde semblait vouloir connaître le nom de celui qui l’avait battu alors qu’elle me posait cette question.

Encore une fois, cette situation me rendit d’une humeur massacrante.

« Je vous ai déjà donné mon nom. Ou le nom humain n’est-il pas assez bon pour vous ? » (Raika)

Lui crachai-je alors au visage.

« Dans ce cas, je vais dès lors utiliser un nom un peu plus facile à comprendre pour vous, les dieux — je suis le "Roi de l’Œil Maléfique", Balor. » (Raika/Balor)

***

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