Genjitsushugisha no Oukokukaizouki – Tome 8 – Chapitre 6 – Partie 1

Bannière de Genjitsushugisha no Oukokukaizouki ☆☆☆

Chapitre 6 : La réalité ici et maintenant

Partie 1

« C’est comme une vision de l’enfer..., » avais-je murmuré en regardant la scène en dessous de nous.

C’était l’heure des sorcières, et Julius et moi étions debout ensemble au sommet des murs de Lasta.

Au cas où quelque chose se passerait, Aisha était un peu derrière nous. Ce n’était pas une précaution contre Julius, mais contre les créatures du dessous.

Les créatures ressemblant à des chimères fourmillaient maintenant sous nous, se régalant des restes rôtis des hommes-lézards tués par nos bombardements aériens. Ces abominations se nourriraient volontiers de l’homme et de l’homme-lézard.

Il y avait des cris dispersés pendant que les monstres se battaient pour la nourriture.

Regarder, ou même simplement écouter tout cela ne pourrait pas être bon pour mon bien-être mental.

« Avec tous ces hommes-lézards qui les entourent, je suis impressionné que ce petit pays résiste depuis si longtemps, » avais-je dit, mal à l’aise. « Ça n’aurait pas été inattendu qu’ils vous engloutissent en un rien de temps. »

« Peut-être, mais nous ne pouvions pas renoncer à la vie, » déclara Julius. « Nous sommes ici parce que tout le monde s’est battu pour survivre. »

C’était surprenant d’entendre Julius dire ça. Il semblait qu’il avait vraiment changé. Le Julius que j’avais connu avant ne se serait pas autant soucié des soldats qui combattaient à ses côtés. Ses jours d’errance et son temps avec la princesse Tia lui avaient vraiment laissé un homme changé.

« Au fait..., » commença Julius, « Qu’est-il arrivé à la cavalerie-wyverne ? »

« Je les ai renvoyées à la force principale, » déclarai-je. « Puisqu’ils avaient épuisé les barils explosifs qu’ils avaient apportés. De plus, vous n’avez pas les réserves pour les nourrir ici indéfiniment. »

« ... En effet, » déclara Julius.

Les wyvernes mangeaient l’équivalent d’une vache par repas. Cependant, une fois qu’elles avaient mangé, elles n’avaient pas eu besoin de se nourrir de nouveau pendant près d’une semaine, de sorte que leur coût global n’était pas trop élevé. Malgré tout, ce serait un lourd fardeau pour un pays assiégé, et je ne pourrais donc pas les nourrir ici.

Soit dit en passant, si Naden ou Ruby utilisaient leur souffle de feu ou leurs décharges électriques sous forme de dragon, cela consommait une quantité considérable d’énergie, et elles mangeaient affreusement pendant un certain temps après pour compenser. À cause de cela, je n’avais pas non plus encore été capable de les laisser se déchaîner sous forme de dragon.

« J’ai, au moins, demandé à la cavalerie-wyverne d’apporter les vivres qu’il vous manque ici, mais... c’est environ à une demi-journée de voyage, donc au plus tôt ils arriveront demain soir, » avais-je dit. « Nous devrons nous battre avec les soldats de ce pays et les Dratroopers pendant un peu plus longtemps. »

« Dans ce cas... il sera important de décider comment le commandement des troupes des deux pays sera assuré. » Julius m’avait regardé. « Êtes-vous sûr de vous, de me laisser commander les forces de Friedonia ? »

« Dans cette situation, il n’y a pas beaucoup d’alternatives, » déclarai-je.

Après avoir parlé à mon officier d’état-major, Kaede, nous avions décidé que, pour le temps limité qu’il fallait à la force principale pour nous rencontrer, Julius se verrait confier le commandement des Dratroopers.

C’était une mesure que nous prenions pour éviter tout conflit dans les structures de commandement des forces armées de Friedonia et Lastania.

« Vous êtes après tout le commandant le plus expérimenté ici, » déclarai-je. « Je suis peut-être plus haut placé, mais je suis plus du genre bureaucratique, et les Dratroopers sont de féroces combattants, mais ce sont tous des têtes emplies de muscles. Kaede est le meilleure commandant que nous ayons en main, mais bien qu’elle soit douée pour la planification des opérations, elle n’est pas faite pour prendre le commandement au milieu d’un champ de bataille. Bref, vous êtes le seul vrai général ici, Julius. »

« Je comprends cela, mais... Je vous demande si vous ou vos hommes pouvez me faire confiance. S’ils ignorent mes ordres parce qu’ils ne peuvent pas, c’est un problème. Je pourrais utiliser les Dratroopers comme s’ils étaient remplaçables. Ça ne vous inquiète pas ? »

J’avais souri ironiquement à sa question presque paranoïaque, et j’avais dit. « Vous n’avez rien à gagner à faire cela dans la situation actuelle. De plus, si vous faisiez quelque chose d’incorrect, vous vous ferez des ennemis des quelque 60 000 soldats qui viennent par ici. »

« Je suppose que vous avez raison, » déclara Julius.

Je me penchai sur le bord du mur et levai les yeux vers le ciel du soir de l’automne. « Je n’aurais jamais pensé qu’un jour, on se battrait ensemble. »

« Je pourrais dire la même chose. Je ne m’attendais pas à voir le jour où je sois sauvé par mon ennemi juré, » Julius croisa les bras et s’appuya aussi contre le mur.

Nous avions été ennemis, mais nous étions devenus alliés. Le monde était un endroit imprévisible. Il y eut un moment de silence pendant que je réfléchissais à cette pensée.

Au bout d’un certain temps, Julius avait ouvert la bouche avec hésitation. « Je veux que vous me le disiez. Mon père, Gaius VIII... comment était sa fin ? »

J’avais fait une pause. « Comment ça, comment était-ce ? »

« D’après ce que les soldats m’ont dit, après notre séparation, il a dit qu’il allait “montrer la Volonté d’Amidonia”. Père a-t-il pu atteindre son but ? » demanda Julius.

J’étais devenu silencieux.

Son ton n’était pas accusateur. Julius voulait simplement savoir ce qu’avait été la fin de Gaius VIII, prince souverain d’Amidonia.

« C’était effrayant, » avouai-je. « Quand Gaius est venu pour prendre ma tête, il était vraiment terrifiant. Pour être honnête, la lame de l’homme n’était qu’à un pas ou deux de m’atteindre. »

Même maintenant, j’avais parfois vu les événements de ce jour-là dans mes rêves. Dans mes rêves, le résultat fut différent, et l’épée qu’il lança avec le reste de ses forces me transperçait la poitrine.

Cela montrait à quel point cette journée avait été traumatisante pour moi. Je n’oublierais jamais le visage de Gaius, tordu comme celui d’un démon et empli d’intentions meurtrières, pour le reste de ma vie.

Julius avait gloussé. « C’est vrai, mon père a été assez éblouissant pour que quelqu’un craigne pour sa vie. »

« Je ne peux pas en rire. J’avais sérieusement accepté ma mort et je me demandais quels mots je laisserais à ma fiancée, » déclarai-je.

« Je vois... Il semble que Père ait pu montrer sa volonté à l’époque. » Julius avait souri un peu tristement, puis il se fait une claque sur les joues comme comme pour s’aider à changer de vitesse. « Mon père a pu vivre le reste de sa vie comme un guerrier. Ce n’est pas à moi d’en parler maintenant. Comme mon père, je m’efforcerai de vivre comme je le désire vraiment. »

« De quel mode de vie s’agit-il ? » lui avais-je demandé.

« Je vivrai en protégeant ceux que j’aime de toutes les fibres de mon être. Alors, Souma, pour protéger la princesse Tia et ce pays, laissez-moi vous prêter ma force, » après ça, Julius inclina la tête devant moi.

Il avait... vraiment changé, hein.

J’avais tapoté Julius sur l’épaule, puis j’avais commencé à marcher. « Allons-y, Julius. J’aurai besoin de vous pour diriger le conseil de guerre. »

« D’accord, » déclara Julius.

Nous nous étions donc dirigés vers le château où tout le monde attendait.

 

 

***

Pendant ce temps, à peu près au même moment...

Devant l’une des tours de guet près du château, il y avait deux personnes, une grande et une petite. C’était la petite sœur de Souma, Tomoe et son garde du corps Inugami.

Dans la scène de l’obscurcissement, seul le feu de veille qui était allumé près de l’entrée de la tour avait brillé de mille feux.

Dans cette atmosphère inhabituelle, Inugami regarda Tomoe avec inquiétude.

« Allez-vous vraiment y aller ? » demanda Inugami.

Tomoe hocha la tête. « Grand Frère a dit : “Je veux que tu testes s’il est possible de converser avec le monstre à l’intérieur”. Il voulait que j’apprenne autant que possible. »

Tomoe allait utiliser son pouvoir sur le monstre à l’intérieur... ce qui voulait dire qu’elle allait interroger l’homme-lézard pris dans la bataille précédente. S’ils pouvaient apprendre l’écologie des hommes-lézards, il serait possible de s’en servir pour planifier les opérations futures. Cependant, c’était une créature qui avait essayé de se régaler de la chair des gens. Être capable de comprendre ce qu’il dit pourrait conduire à un traumatisme psychologique pour Tomoe.

Souma était aussi extrêmement inquiet à ce sujet, mais cédant à l’enthousiasme de Tomoe pour l’aider, il lui avait demandé à contrecœur de recueillir des informations.

Inugami, inquiet, exhorta Tomoe à être aussi prudente que la situation le justifiait. « Sa Majesté a aussi ordonné de ne pas en faire plus que ce que vous pouvez supporter. Si je juge que cela a un mauvais effet sur votre état mental, Petite Sœur, je vous ferai sortir d’ici par la force si nécessaire. »

« D’accord. Je vous en prie, Monsieur Inugami, » déclara Tomoe.

Tomoe serra la main d’Inugami. Parce qu’elle était un loup mystique et qu’Inugami était un loup gris, ils ne ressemblaient à rien si ce n’est à un père et sa fille quand ils se tenaient la main.

Ils avaient ouvert la porte de la tour, se tenant encore la main, et étaient entrés. Puis, descendant l’escalier en colimaçon, ils s’étaient tenus devant une cellule de prison.

Là, à l’intérieur, un homme-lézard était ligoté main et pied.

« Kshaaaa ! » Il ouvrit sa gueule carnivore et secoua ses chaînes.

« Eep..., » Tomoe avait dégluti.

« Petite sœur !? Maudit sois-tu, homme-lézard ! » Inugami s’avança pour se mettre entre Tomoe, qui avait trébuché et était tombée sur le côté, et l’homme-lézard.

Tomoe secoua la tête comme pour chasser les mauvais sentiments. « Je... Je vais bien. »

Tomoe essuya ses sueurs froides, s’accrochant au bras d’Inugami alors qu’elle se levait, puis le serrant contre elle alors qu’elle faisait face à l’homme-lézard une fois encore.

« Cet homme-lézard n’a dit rien d’autre que faim, » déclara-t-elle enfin. « Il ne nous voit que comme de la nourriture. “Je veux manger”. C’est tout ce qu’il dit. On ne peut pas leur parler. »

« Donc, la base de leurs actions est exactement telle qu’elle apparaît ? » demanda-t-il.

« Oui. Mais... Hmm ? » déclara Tomoe.

Tomoe pencha la tête sur le côté. Quelque chose la tracassait peut-être ?

« Il y a un problème ? » demanda Inugami.

« Je me demande pourquoi..., » Tomoe déclara enfin. « M. Homme-Lézard a l’air bizarre. »

« Bizarre ? » demanda Inugami.

Tomoe hocha la tête. « Je ne sais pas quoi penser, mais... J’ai l’impression qu’il manque quelque chose que tout être vivant devrait avoir. Quelque chose de très important... »

« ... ? »

Ce que Tomoe disait n’avait aucun sens pour Inugami.

Tomoe n’arrivait pas à le formuler très bien elle-même, alors c’était tout naturel. Bien que cela ait frustré Tomoe, elle avait fini par abandonner, secouant la tête.

« Ce n’est pas bon. Je ne sais pas comment le dire. Bref, je dirai à Grand Frère et à tout le monde ce que j’ai trouvé ici, » déclara Tomoe.

Tomoe et Inugami avaient quitté la tour, laissant le lézard derrière eux.

Le sentiment étrange que Tomoe avait éprouvé de la part du lézard... il leur faudra encore un certain temps avant d’apprendre la vraie nature de ce que c’était.

☆☆☆

Si vous avez trouvé une faute d’orthographe, informez-nous en sélectionnant le texte en question et en appuyant sur Ctrl + Entrée s’il vous plaît. Il est conseillé de se connecter sur un compte avant de le faire.

5 commentaires

  1. Merci pour le chapitre!
    Le coter blizzard ne serait pas une sorte de contrôle mental? Ou comme dans moi quand je me suis réincarné en Slime avec le Roi Orc?

  2. Ethan Nakamura

    Merci pour le chapitre.

Laisser un commentaire