Genjitsushugisha no Oukokukaizouki – Tome 7 – Après le retour au pays 5 – Partie 2

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Après le retour au pays : Arc – 5 : Festival commémoratif

Partie 2

Ayant pris sa décision, Roroa avait agi vite.

Elle avait immédiatement préparé un budget avec Colbert et avait commencé à organiser le festival commémoratif.

Pendant ce temps, j’étais occupé avec mes tâches politiques, alors la seule chose que j’avais faite pour le festival commémoratif avait été de persuader Hakuya qu’il n’y avait rien de mal à honorer Gaius, notre ancien ennemi.

C’est pourquoi j’avais laissé la plupart des préparatifs à Roroa et à son peuple.

... Maintenant que j’y pense, c’était peut-être une erreur.

 

— Au milieu du 9e mois, 1 547e année du Calendrier Continental —

 

J’avais cligné des yeux et regardé fixement. « Qu’est-ce que c’est que ça... ? »

Nous étions au bord d’une grande rivière près de Van, la capitale de l’ancienne Principauté d’Amidonia.

En regardant la flotte sur cette grande rivière, j’avais chuchoté cela malgré moi.

Il n’était pas exagéré d’appeler ça une flotte. Il y avait des dizaines de petits bateaux rapides décorés dans de magnifiques couleurs, et ils brillaient de mille feux sur la rivière du soir.

« Quoi ? C’est le Toh-roh Nagashi, non ? » Roroa m’avait demandé avec un regard sans émotion. « Les bateaux avec des lanternes sur eux flottent dans la rivière, comme tu disais, chéri. »

« Non, non, c’est beaucoup trop gros... Oups. Je n’ai jamais rien dit sur la taille, n’est-ce pas ? » demandai-je.

Je lui avais seulement dit d’envoyer des bateaux avec des lanternes sur la rivière. Je voulais dire des bateaux d’une taille que l’on pouvait transporter dans ses mains, mais d’après ce que j’avais expliqué, je ne pouvais pas lui en vouloir de penser que je parlais de vrais bateaux.

Cependant, quand ils étaient rendus à cette taille, ce n’était plus Tourou Nagashi, et c’était plus près d’un autre événement appelé Shourou Nagashi, ou la procession du bateau spirituel, celle de la célèbre chanson de Masashi Sada que mon grand-père aimait bien. Le bateau spirituel de Nagasaki était déplacé sur la terre ferme, mais j’avais entendu dire qu’il y a des endroits où il était envoyé sur une rivière.

Oui... J’avais entendu de drôles d’histoires de gens qui avaient entendu la chanson Shourou Nagashi et qui pensaient que c’était à propos de Tourou Nagashi, mais je ne pensais pas voir le contraire.

« De plus, vous avez beaucoup travaillé sur le design de tous les bateaux, » avais-je ajouté.

Les petits bateaux rapides sur la rivière étaient tous peints dans des couleurs super voyantes. La plupart affichaient une sorte de motif. Certains ressemblaient à des bateaux vikings, tandis que d’autres étaient conçus comme Naden dans sa forme ryuu ou un pégase, et il y en avait même d’autres en forme de melons, de radis daikon, ou d’autres fruits et légumes. Il y avait même des bateaux avec des groupes de musique à bord, et ils jouaient tous des airs joyeux.

Le cortège de lumières et de musique joyeuse me rappelait le défilé électrique dans un parc d’attractions sur le thème du royaume.

« Ça a l’air vraiment amusant, mais ça ne ressemble pas à un festival commémoratif, » déclarai-je.

 

 

« Qu’est-ce que tu racontes ? » demanda Roroa avec un regard d’exaspération. « C’est en partie de ta faute si ça s’est passé comme ça, n’est-ce pas, chéri ? »

« Ma faute ? » demandai-je.

« C’est vrai. Quand tu as occupé Van, tu as enseigné aux habitants d’ici à quel point la liberté d’expression pouvait être amusante, n’est-ce pas ? Depuis, Van est une ville d’art, » déclara Roroa.

« C’est ce qu’on m’a dit. Je pensais que c’était mieux que le fait de s’opposer à ça, alors je n’y ai jamais vraiment pensé, cependant..., » déclarai-je.

« C’est pour cette raison qu’un grand nombre de jeunes artistes de tout le royaume se sont rassemblés ici. Cette flotte bizarre est le produit de la passion débordante de ces artistes, » expliqua Roroa.

« ... Vraiment ? »

Je n’aurais jamais pensé que ma politique aboutirait à ça.

Peu importe ce que nous faisions, il y avait toujours un résultat, bon ou mauvais, mais ce résultat n’était pas la fin. L’influence de ce que nous avions fait s’était poursuivie après le résultat. Cela continuerait tant qu’il y aurait des personnes pour faire des choses. Quand j’avais pensé cela, la scène bizarre devant moi me semblait émouvante.

« Si Gaius pouvait voir ça, il deviendrait fou de rage, » avais-je commenté.

« Mon père, oui, je parie qu’il le serait..., » déclara Roroa.

En nous souvenant du visage sévère de Gaius, Roroa et moi avions souri avec ironie.

Il m’avait fait craindre pour ma vie pendant nos combats, mais maintenant, il n’était resté que dans ma mémoire. L’ambiance était devenue un peu maussade, alors j’avais décidé de changer de sujet.

« C’est pour ça que tu as aussi préparé ce truc ? » demandai-je.

« Les autres sont tous super voyants, » déclara Roroa. « Veux-tu que le bateau qu’on conduit laisse aussi un choc ? »

« Mais... devrais-tu vraiment faire venir le Roroa Maru ? » lui demandai-je.

En effet. Nous étions actuellement sur le pont du navire de transport amphibie, le Roroa Maru.

Si nous avions continué à utiliser le Petit Susumu Mark V pour flotter au-dessus de l’eau tout le temps, les vagues qui en résulteraient causeraient des ravages sur les petits bateaux autour de nous, alors nous l’avions actuellement réglé au minimum nécessaire pour que la partie en caoutchouc qui tendait l’air soit tendue et soit sur la rive.

Il y avait un certain nombre de tables avec des plats délicieux disposés sur le pont, ainsi qu’un Joyau de Diffusion de la Voix pour transmettre mon discours d’ouverture.

« Nyahahaha, c’est à peu près ça, » déclara Roroa en riant joyeusement. « S’il faut que les soldats de la sécurité transportent un joyau à bord de toute façon, il vaut mieux avoir un gros navire. Ce sera aussi une bonne démonstration pour le vaisseau de transport amphibie. »

Roroa riait, mais Colbert, qui s’occupait des finances, devait se tenir la tête. Après tout, plus l’événement était voyant, plus il fallait de préparatifs pour le surveiller.

En haussant les épaules, j’avais regardé autour de moi.

Juna et Tomoe étaient à côté du bateau, s’amusant à montrer la flotte du doigt et à rire.

« Cette scène est comme un rêve, » murmura Juna.

« C’est vraiment joli, hein, Juna ? » Tomoe était d’accord.

Toutes les deux étaient debout là, lors d’une nuit où la chaleur persistante de l’été s’était dissipée, avec le fleuve sombre et de magnifiques bateaux en arrière-plan. Cette paire d’une belle femme et d’une jolie petite fille avait produit une très belle vue. Pendant ce temps, aux tables sur le pont...

« Munch, munch, munch, munch. »

« Nom, nom, nom, nom. »

Aisha et Naden dévoraient la nourriture sur les tables.

C’était la routine pour Aisha, mais Naden était aussi du genre à ne pas résister à la bonne bouffe. Elles étaient techniquement censées être mes gardes du corps, mais... Oh, eh bien, elles s’en sortiraient très bien.

En affichant un sourire ironique à ces deux-là, Roroa avait dit : « Mais, cela aurait été sympa si la Grande Sœur Cia avait aussi pu venir. »

« J’ai pensé à l’appeler, mais on ne peut pas l’obliger à en faire trop, » déclarai-je.

Le bébé dans le ventre de Liscia était apparemment en pleine croissance. Cependant, c’était une période cruciale, donc je ne voulais pas qu’elle voyage loin et qu’elle subisse un stress inutile.

« En outre, Liscia a insisté sur le fait que “Roroa est la star d’aujourd’hui, alors assure-toi d’être une bonne escorte pour elle”, dans sa lettre. Alors je vais m’assurer de rester avec toi tout le temps aujourd’hui, » déclarai-je.

« Nyahahaha, c’est bien dans le genre de Grande Sœur Cia, » Roroa portait un sourire ironique avec un peu de bonheur mélangé à ça. « Maintenant... Mon roi, que dirais-tu de faire ce spectacle tout de suite ? »

« On y va, ma princesse Roroa, » déclarai-je.

Et j’ai pris la main qu’elle m’a offerte.

 

« Bientôt, un an se sera écoulé depuis cette bataille. »

 

La voix de Souma résonnait de l’autre côté de la rivière choisie pour l’événement. Sur la scène installée à bord du Roroa Maru, Souma prononçait le discours d’ouverture du Festival commémoratif de Gaius dans son rôle de roi.

Roroa se tenait à côté de lui et restait à ses côtés.

Par leur présence harmonieuse, ils représentaient la solidarité entre le Royaume d’Elfrieden et la Principauté d’Amidonia, qui s’était unie pour ne former qu’un seul État.

Cette scène était diffusée dans tout le Royaume de Friedonia à l’aide du Joyau de Diffusion de la Voix. Souma avait poursuivi avec son discours.

 

« Les deux pays ont versé beaucoup de sang dans ce conflit et des vies ont été perdues. La paix que nous avons maintenant repose sur ces sacrifices. Pour ne pas l’oublier, nous avons décidé d’organiser ce Festival commémoratif de Gaius pour réfléchir sur la dignité de feu Sire Gaius. »

 

Souma s’arrêta un moment, stabilisant son souffle avant de continuer.

 

« Mais même maintenant, je m’en souviens. Dans la dernière étape de cette bataille, alors qu’il chargeait avec audace vers moi avec ses plus proches serviteurs, Sire Gaius a fait un acte d’héroïsme. Insensible et sincère. Ce sont des mots qui ont été faits pour décrire une personne comme lui. Bien qu’il ait été vaincu, il était une véritable manifestation de l’esprit du peuple amidonien. Permettez-moi de vous le dire. J’avais peur de Gaius VIII ! »

 

La rivière bruyante devint silencieuse. Tout le monde écoutait ce que Souma dirait.

 

« La façon dont il a lutté vers l’avant, poursuivant sa vengeance contre le royaume d’Elfrieden, l’a presque fait ressembler à une divinité féroce. Pour quelqu’un du royaume des Elfrieden, c’était une personne exceptionnellement difficile à affronter. Cependant, je ne peux pas rejeter sa ténacité sans réserve. C’est parce qu’il ne fait aucun doute que la ténacité était dans l’intérêt de son peuple. C’était pour faire s’élever la Principauté d’Amidonia. Pour un guerrier comme Sire Gaius, je suis sûr que c’était le seul moyen à sa disposition. »

 

« Ohh, Prince Gaius, » déclara l’une des personnes dans la foule.

« Votre vaillante silhouette est gravée dans mes yeux ! » s’écria un autre.

« Vous avez su garder votre fierté de guerrier ! Y a-t-il un plus grand bonheur ? » demanda un autre.

Les lamentations des anciens officiers de la principauté s’entendaient depuis les bateaux.

Les politiques de Gaius avaient donné la priorité au renforcement de l’armée, et elles n’avaient pas manqué de faire peser des fardeaux sur le peuple de la principauté, mais il y avait certainement encore ceux qui respectaient sa dignité.

Tout le monde avait ses bons et ses mauvais côtés. Il n’était plus parmi nous. Alors, pourquoi ne pas les laisser fermer les yeux sur ses fautes, et discuter avec affections de leurs bons souvenirs ? Il n’était pas nécessaire de continuer à le fouetter alors qu’il était déjà mort.

Sachant que c’était la partie la plus difficile, Souma avait haussé le ton dans sa voix.

 

« Alors, laissez-moi-le déclarer ici ! Que la rancune de la famille princière ainsi que celle de Sire Gaius disparaît dans les profondeurs ! J’hériterai de son “amour pour son peuple” ! Je protégerai la princesse Roroa ici au cours de toute ma vie, et je protégerai la vie et les biens du peuple de ce pays, qu’ils viennent de la région d’Elfrieden ou d’Amidonia ! Si je m’écarte de ce chemin et que je fais quoi que ce soit pour faire pleurer la princesse Roroa ou son peuple, Sire Gaius se lèverait sans aucun doute du séjour des morts, se tiendrait à côté de mon lit et me maudirait à mort ! Afin d’éviter cela, j’ai l’intention de remplir mes devoirs de roi au mieux de mes capacités ! »

 

Quand Souma avait déclaré cela, des applaudissements retentissants s’étaient élevés des bateaux.

On aurait dit qu’il avait satisfait le cœur des Amidoniens.

Le roi des vainqueurs faisait un discours au peuple vaincu.

S’il était autoritaire, ils le repoussaient, et s’il était trop faible, ils le regardaient de haut.

Souma devait faire attention à son discours d’ouverture, mais il avait réussi à le faire en se concentrant sur la dignité de Gaius.

Tout en se sentant soulagé en lui, il avait terminé sa déclaration.

 

« OK, cela suffit pour ce discours d’ouverture rigide ! Il n’y a plus de royaume ni de principauté maintenant ! Que la rancune et la tristesse coulent dans l’Hadès avec les morts ! Ce soir, pleurons les défunts et célébrons les joies de vivre ensemble ! Maintenant, buvez, mangez et chantez ! Tout en se souvenant de Gaius et de tous ceux qui nous ont quittés ! J’annonce par la présente l’ouverture du Festival Commémoratif de Gaius ! »

Avec les mots de Souma, la plus grande joie s’était fait entendre aujourd’hui.

 

☆☆☆

 

« Ne crois-tu pas que tu louanges mon père un peu trop ? » Roroa m’avait demandé ça en souriant quand j’avais terminé mon discours d’ouverture.

Les gens s’amusaient déjà beaucoup sur la rivière.

Sur les bateaux qui brillaient, il y avait des personnes qui buvaient, racontaient des histoires, écoutaient des musiciens jouer, et Juna et ses Loreleis chantaient. Il n’y avait plus d’Elfrieden ni d’Amidonia maintenant, et le but initial de se souvenir des morts avait été oublié. Mais c’était très bien ainsi. Parce qu’on devrait fêter ça. Les vivants avaient besoin de célébrer la joie de vivre avec tout ce qu’ils avaient maintenant.

« Om, nom, nom, nom, nom ! »

« Whoa, whoa, whoa, Aisha, » s’exclama Naden. « N’est-ce pas un peu trop à la fois ? »

« Argh..., » Aisha s’était frappé la poitrine comme si elle s’étouffait avec quelque chose.

« Tu vois, je te l’avais dit. Tomoe, va chercher de l’eau, » demanda Naden en tendant la main à Aisha.

« O-Okay, Naden ! » déclara Tomoe.

Oh... C’est peut-être que je fête un peu trop de choses.

J’avais haussé les épaules, exaspéré, en posant ma main sur la tête de Roroa. « Il y a peut-être eu une certaine exagération, mais ce que j’ai dit n’était pas un mensonge. Sire Gaius a agi de la manière qu’il pensait être le mieux pour ce pays. »

Nos chemins n’avaient peut-être pas convergé, mais j’étais sûr qu’il avait vécu sa vie au mieux de ses capacités. Et en tant que compatriote, il y avait des points où je pouvais sympathiser avec lui.

Donc, dans tous les cas, je protégerais Roroa et ce pays, la preuve de son existence. Je transmettrais les choses dont j’avais hérité de lui à l’ère suivante.

Alors que je renouvelais ma volonté de le faire, Roroa m’avait souri. « Et aussi quand tu as dit que tu me protégerais pour la vie... ? »

« Bien sûr que je le pensais, » répondis-je.

« Mweheheheheh. Je t’aime vraiment, chéri, » déclara Roroa.

Roroa m’avait enroulé les bras autour du cou, et elle m’avait sauté dessus en m’embrassant sur les lèvres.

Oh ! Elle avait pris trop d’élan, et nos dents s’étaient cognées. J’avais enroulé mes bras autour de la taille de Roroa, et elle était restée suspendue en l’air. C’était une drôle de position pour s’embrasser.

Quand Roroa avait éloigné son visage du mien après un certain temps, elle m’avait offert le plus beau sourire qu’elle ait jamais eu aujourd’hui.

 

 

« Tu as déclaré que tu le ferais, alors je ne le lâcherai pas si tu ne prends pas soin de moi pour la vie, chéri, » déclara-t-elle.

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6 commentaires

  1. Merci pour le chapitre !

  2. Ethan Nakamura

    Merci pour le chapitre.

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