Genjitsushugisha no Oukokukaizouki – Tome 5 – Chapitre 1

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Chapitre 1 : Faisons un programme éducatif (Le début de Silvan)

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Chapitre 1 : Faisons un programme éducatif (Le début de Silvan)

Partie 1

— Le 10e jour du 1er mois de l’année 1547 du Calendrier Continental, Capitale Royale, Parnam.

Il s’agissait d’un jour où l’ambiance festive de la nouvelle année commençait à diminuer.

La place de la fontaine à Parnam où le Joyau de Diffusion de la Voix pouvait être regardé était encore pleine de monde. Ce nouveau roi allait apparemment diffuser une autre nouvelle émission, alors la population s’était empressée de se rassembler pour la voir. Déjà maintenant, il s’agissait d’un spectacle familier dans presque toutes les villes où le Joyau de Diffusion de la Voix pouvait être regardé. Les gens se rassemblaient comme ça chaque fois qu’un nouveau programme était planifié, les marchands venaient avec leurs chariots, et ça se transformait en une atmosphère de festival.

Dece, Juno, et leur groupe d’aventuriers étaient là dans cette place de la fontaine festive.

« Waouh, c’est aussi bondé que jamais, » commenta Juno. « Après tout, c’est la capitale. »

Telle était l’opinion de la mince jeune femme au visage de bébé, qui se laissait glisser au milieu de tous les passants. En raison de la quête de protection qu’ils avaient prise à la guilde, le groupe avait décidé de venir voir l’émission du Joyau de Diffusion de la Voix, puisque de toute façon, ils étaient déjà dans la région.

Le bagarreur musclé Augus traînait l’affable jeune prêtre Febral de stalle à stalle, ainsi, les personnes seules présentes ici étaient Juno, l’épéiste au sang chaud et bel homme Dece, et la calme magicienne aux courbes avantageuses, Julia.

« Après tout, ces programmes de diffusion sont déjà devenus l’une des caractéristiques célèbres de ce pays, » lui avait alors dit Dece. « Vous savez, les programmes de musique sont les meilleurs des choses possibles. Les Loreleis sont mignonnes, et quand je considère la possibilité de ne plus entendre leurs voix, même si je suis un aventurier, je me sens comme si je ne voulais surtout pas aller dans d’autres pays. »

Dece avait tourné autour du sujet, mais Julia lui pinça alors le bras avec un sourire.

Voyant que son chef ne comprenait tout simplement pas le cœur des femmes, Juno haussa les épaules avec consternation. Elle avait commencé à penser que peut-être elle devrait être plus attentionnée et disparaître quelque part pour leur bien... mais c’est à ce moment-là que c’était arrivé.

L’émission semblait avoir commencé, et les gens regardaient tous vers la fontaine, mais ce qui était affiché était... une sorte de créature grassouillette ? Tous les habitants du royaume avaient été surpris par cela, mais Juno avait eu la plus forte réaction de tous.

« Hein ?! Que fait Monsieur Musashibo là-bas ? » s’exclama Juno.

Eh oui. Qu’y avait-il à cacher ? Celui qui apparaissait à l’écran n’était pas un bonhomme de neige, ou un kagami mochi, il s’agissait du Petit Musashibo. Le Petit Musashibo se tourna vers l’écran et agita ses bras.

« Salut tout le monde. Je suis le Petit Musashibo. Ravi de vous rencontrer. »

« « « A-t-il parlé ?! » » »

En entendant la voix adorable et enfantine du Petit Musashibo, Juno, Dece et Julia avaient tous crié en même temps de surprise. Le Petit Musashibo, qui n’avait jamais dit un mot et cela, peu importe la difficulté qu’il avait traversée lors des quêtes, était maintenant à l’écran et parlait. Vous ne pouviez pas les blâmer pour leur surprise.

« Cette voix... ça ressemble à celle d’un enfant, ou d’une femme. La personne à l’intérieur de lui était-elle féminine ? » Dece avait crié sous le choc, mais Juno avait immédiatement nié.

« Non, j’ai déjà vu sa main auparavant, et tu sais, il s’agissait d’un homme tout à fait normal ? » Fut sa réponse.

« Mais c’est une voix de fille, n’est-ce pas ? » demanda-t-il.

« Il s’agit d’un costume kigurumi, alors pourquoi est-ce que ça ne peut pas être une personne différente à l’intérieur ? » Julia avait suggéré ça d’un ton détendu.

Dece et Juno déglutirent, voyant la logique derrière le commentaire. « « ... O-Ouais, bien sûr c’était donc ça ! » » fut leur réponse.

Ils avaient oublié ce fait à cause de ses gestes humains, mais la personne en question était un costume kigurumi. Il était possible que le costume eût été emprunté par le château.

Sans aucune idée de la confusion que cela causait pour Juno et les autres, le Petit Musashibo de l’émission avait déclaré à haute voix, « D’accord, alors, l’émission “Ensemble avec Grande Sœur” va maintenant commencée. »

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Partie 2

Au même moment, dans la Grande Salle du Château de Parnam...

À l’heure actuelle, le Petit Musashibo dansait au rythme d’une mélodie décontractée juste devant nos yeux. Liscia, qui se tenait à côté de moi et regardait ça depuis un endroit qui ne serait pas visible dans l’émission, se tenait là, la bouche ouverte, une expression vide présente sur son visage. Il y avait en ce moment un silence gênant entre nous.

« Hmm... Pourrais-tu peut-être me dire quelque chose ? » demandai-je avec hésitation.

« Je ne sais même pas par où commencer... Non, je veux dire par là. Qu’est-ce que c’est censé être ? » demanda en retour Liscia.

« C’est le Petit Musashibo, » répondis-je.

« Oui ! Ça, je le sais déjà. Mais ce que je ne sais pas, c’est : comment peut-il parler en ce moment ? » demanda Liscia.

« Et bien, c’est facile à dire, » répondis-je. « Il y a tout simplement une personne à l’intérieur. La voix est celle de Pamille Carol. »

« Pamille se trouve-t-elle vraiment à l’intérieur de cette chose ? » demanda Liscia.

Et oui, par la force des choses, elle était bien dedans. Nous n’avions pas d’équipement pour l’enregistrement, donc nous ne pouvions pas ajouter la voix en post-traitement, ce qui voulait dire que la voix devait venir de l’intérieur du Petit Musashibo. Je contrôlais ses mouvements, donc ce n’était pas trop complexe pour Pamille de se charger du reste, mais elle s’était quand même plainte qu’il faisait chaud et étouffant à l’intérieur du Petit Musashibo.

« N’as-tu pas inscrit ce costume kigurumi en tant qu’aventurier ? » demanda Liscia. « Est-ce que c’est bon de le faire apparaître ainsi dans une émission diffusée par le Joyau de Diffusion de la Voix ? Ne serait-ce pas une mauvaise chose si les personnes découvraient qu’il était en réalité lié à la famille royale ? »

Ohhh, eh oui, si Juno et les autres regardaient cette émission, ça pourrait devenir un certain mal à la tête pour moi dans le futur.

« Eh bien, c’est après tout qu’un costume kigurumi, » dis-je. « “Nous avons vu ce kigurumi en ville et nous avons trouvé qu’il était mignon, donc le château a demandé une copie de ce costume, et maintenant nous l’utilisons comme personnage dans notre programme.”... Une histoire comme celle-là ne fonctionnerait-elle pas ? »

« Même si c’est le cas..., » murmura-t-elle. « Et attends ! De quoi cette émission est-elle censée parler ? »

« Me demandes-tu sur quoi est cette émission ? Ne te l’ai-je pas déjà dite ? Il s’agit là d’un programme éducatif, » répondis-je.

« Éducatif ? » demanda Liscia alors qu’elle était surprise de ma réponse.

« Oh, regarde et tu comprendras. La partie principale est sur le point de commencer, » lui ai-je dit tout en pointant du doigt ce qui se déroulait devant nous.

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Partie 3

La chanson décontractée avait pris fin, et un nouveau décor fut placé sur la scène.

Sur la scène, il y avait maintenant une toile de fond représentant des arbres, de l’herbe et des souches. Le tout était afin de simuler qu’il s’agissait d’une forêt. Au milieu de cette forêt clairsemée, le Petit Musashibo traçait quelque chose sur le sol avec une craie. En regardant de plus près, il s’agissait apparemment de chiffres.

« Hmm... 1 + 1 font 2, 2 + 2 font 4... Hohoho, faire des calculs arithmétiques est vraiment difficile, » le Petit Musashibo penchant exagérément la tête afin de montrer sa confusion. Le geste était vraiment très enfantin et mignon.

Une fille un peu plus âgée avec des cheveux bleus portant une tenue de garçon y compris un chapeau et une salopette arriva sur la scène. Quand la fille aux cheveux bleus remarqua le Petit Musashibo, elle l’interpella d’une voix enjouée.

« Salut Petit Musashibo, qu’est-ce qui ne va pas ? Pourquoi fais-tu ce regard si troublé (sans expression) ? » demanda-t-elle.

Le Petit Musashibo leva les yeux, puis il se dirigea vers la jeune fille avec de petits pas, mais avec lenteur. « Bonjour Grande Sœur Juna. »

À ce moment, les téléspectateurs adultes avaient remarqué qui était celle qui se trouvait sur la scène. Le personnage de la grande sœur était joué par la fameuse Prima Lorelei, Juna Doma.

Parce que Juna était surtout connue pour être si belle que même les filles voudraient être avec elle, ils n’avaient pas fait le lien avec elle dans cette tenue de garçon. Son ton présent dans sa voix était plus direct, en accord avec la tenue. Bien que cette version de Juna ait perdu le sex-appeal mature qui la faisait paraître plus âgée qu’elle ne l’était en réalité, cela avait fait ressortir une allure très mignonne qui ressemblait plus à ce que l’on attend d’une fille de son âge.

Le Petit Musashibo s’était tourné vers sa « Grande Sœur Juna » afin d’obtenir de l’aide. « Grande Sœur Juna, l’arithmétique est bien trop difficile et je ne sais pas quoi faire face à ça. J’ai beau regarder dans des livres, mais comme il y a tout simplement que des chiffres et des symboles dedans, et ce n’est pas du tout intéressant et j’abandonne bien vite. »

Il y avait un grand nombre de téléspectateurs qui avaient acquiescé.

Neuf jours plus tôt, Souma avait encouragé les gens à apprendre à lire, à écrire et à faire de l’arithmétique, mais ceux qui vivaient dans un style de vie où ils n’avaient pas besoin de faire des calculs avaient apparemment pensé : « D’accord, le fait de lire et écrire, c’est peut-être utile. Mais à quoi bon apprendre à faire des calculs pour toute personne qui n’est pas un marchand ? »

Cependant, Juna s’était mise à rire avant de faire un clin d’œil espiègle au Petit Musashibo qui exprimait l’opinion qu’avaient les téléspectateurs vis-à-vis de ça. « Oh mon Dieu ! Ne sais-tu pas que les mathématiques peuvent être amusantes ? »

« Quoi !? Vraiment !? » Le Petit Musashibo demanda ça en montrant bien qu’il doutait de ça.

« C’est la vérité, » répondit-elle avec un ton qui indiquait sa grande confiance.

Une mélodie amusante et gaie avait commencé à être jouée sans qu’on sache vraiment d’où elle provenait. Juna avait alors commencé à chanter en accord avec elle.

La chanson s’appelait : « L’Arithmétique Amusante ». Elle provenant de Minna no Uta, ou les Chansons Pour Tout Le Monde, qui provenait directement du monde de Souma. Cette chanson, chantée par Seiji Tanaka, présentait l’addition, la soustraction, le fait que lorsque vous aviez un groupe de dix, il se déplace jusqu’à un nouveau chiffre, et le fait qu’un nombre, aussi grand soit-il, disparaît lorsqu’il est multiplié par zéro.

Juna et le Petit Musashibo avaient chanté cette chanson, dansant joyeusement ensemble en faisant un cercle sur la scène.

Quand ils finirent la chanson, le Petit Musashibo avait frappé ses mains avec enthousiasme. « Je sens que l’arithmétique vient de bien m’amuser. Si j’étudie plus, cela sera-t-il encore plus amusant ? »

« Bien sûr, » lui assura Juna. « Si tu étudies durement, tu seras capable de faire encore plus de choses incroyables et amusantes. »

Puis Juna s’était mise à chanter une chanson pour le Petit Musashibo sur toutes les choses qu’il serait capable de faire s’il étudiait son arithmétique. Il y avait une mélodie amusante et des paroles ludiques, mais si vous écoutiez de près, cela exprimait un certain nombre de phénomènes mathématiques. C’était exactement le genre de chanson qui appartenait à un programme éducatif.

Les enfants qui regardaient l’émission avaient innocemment imité Juna et le Petit Musashibo, chantant les paroles et dansant sur la mélodie. D’un autre côté, les adultes considéraient la signification des paroles, hochant la tête avec intérêt, comme s’ils avaient compris le sens de la chanson.

Parmi eux, il y avait juste une personne, Juno, qui pensait à quelque chose de complètement différent des autres.

Est-ce qu’il leur a tout simplement prêté son costume kigurumi ? Non... Ça ne peut pas être ça. Juno surveillait de près les mouvements du Petit Musashibo. La façon dont il bouge, c’est également la même manière que Monsieur Petit Musashibo. Mais la voix que j’ai entendue était la voix mignonne d’une fille. La main que j’ai vue était celle d’un homme. Il y a une personne différente à l’intérieur, mais il bouge de la même manière. Qu’est-ce que ça veut dire ?

Alors qu’elle avait réfléchi à un grand nombre de possibilités, quelque chose avait surgi dans la tête de Juno.

Maintenant que j’y pense, n’était-ce pas déjà le cas, la dernière fois que j’ai vu quand Monsieur Petit Musashibo délivrant une lettre à la guilde ? Après que la réceptionniste l’a vu, elle nous a dit qu’un banquet avait lieu au château. En d’autres termes, cette lettre provenait du château. D’après ce que j’entends dire, cette émission est mise en place par le château. Peut-être, Monsieur Petit Musashibo est-il lié d’une manière ou d’une autre au château ?

Juno regarda fixement dans la direction de Château de Parnam, d’où venait l’émission.

... Je suis curieuse. Je veux tellement regarder dedans, mais... Je ne peux pas vraiment me faufiler dans le château. S’ils m’attrapaient, je suis sûre que je serais punie pour ça. Hmm, n’y a-t-il pas moyen de me pencher sur le sujet ?

Alors que Juno pensait à tout cela, l’émission avait continué. Lorsque la scène avec le Petit Musashibo et Juna avait pris fin, le décor diffusé changea. Cela provenait maintenant d’un tout autre endroit.

Cette fois, ce n’était pas un décor comme la dernière fois, car cela ressemblait à un grand hall d’un manoir. Il y avait environ dix enfants entre trois à cinq ans présents. En raison de leur jeune âge, ils n’étaient pas du tout coordonnés, ils s’asseyaient, couraient, se couchaient et se déplaçaient plus ou moins librement. Il s’agissait bien entendu des enfants des différentes personnes travaillant dans le château qui avaient été laissés à la garderie pendant que leurs parents travaillaient.

Souma avait pensé que le public d’un programme éducatif devrait être composé d’enfants, donc, avec la permission de leurs parents (bien que, avec le roi leur demandant une faveur, ils pourraient difficilement refuser), il avait arrangé tout ce qu’il fallait pour les faire apparaître dans l’émission. En outre, au milieu de ces enfants, il y avait une jeune fille qui semblait avoir environ seize ans.

« Hé, n’est-ce pas la princesse Roroa ? » un spectateur astucieux avait souligné ce fait.

Cette fille était en effet Roroa, l’ancienne princesse d’Amidonia. Roroa portait une tenue de garçon comme celle de Juna, et elle avait déclaré d’une voix enjouée. « Tout le monnnnnnde, regardez par ici. Votre grande sœur chantante va bientôt arriver et va jouuuerr avec vous. Un, deux ettttttt... ! »

« « « Grande Sœur Juna ! » » » crièrent en cœur tous les enfants.

Alors que Roroa leur donnait le signal, les enfants avaient tous appelé son nom en même temps. Et c’est alors que...

« Coucouuuuu, » Juna était à nouveau apparue, agitant ses mains. Elle se plaça à côté de Roroa et déclara : « Maintenant, tout le monde, il est temps pour une chanson. »

Puis elle commença à frapper en cadence dans ses mains.

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Partie 4

Pendant ce temps, là où nous filmions dans le château, Liscia criait de surprise. « Roroa !? Que fait donc cette fille ? »

« Quand j’ai dit à Roroa que nous allions faire un programme éducatif, elle a dit : “Cela semble fascinant ! Chéri, je veux aussi être dedans !” » dis-je. « Elle m’a forcé à lui laisser le rôle. Je n’avais pas d’autres options, alors j’ai décidé de la laisser participer au spectacle en tant qu’assistante de Juna. »

« Peux-tu vraiment décider des rôles sur un coup de tête comme ça ? » demanda Liscia avec scepticisme.

« ... Tu sais, j’ai un point faible face aux enfants qui pleurent ou quand les sponsors sont concernés, » répondis-je. « En outre, ce programme est sponsorisé par Le Cerf d’Argent, dont Sebastian est après tout le visage public, mais Roroa contrôle tout dans les coulisses. »

À l’heure actuelle, notre pays fournissait des fonds pour plusieurs entreprises et pour la recherche sur divers sujets. Nous étions fortement concentrés sur les produits alimentaires, les médicaments et les militaires parce que c’étaient des choses qui auraient un effet sur la vie des habitants. À cause de cela, le Trésor national était toujours sur le point de s’effondrer.

Finalement, au fur et à mesure que la population augmenterait, l’augmentation des taxes ferait revenir notre argent que nous avions investi, mais nous ne pouvions pas compter immédiatement sur cela.

C’était dans cet état d’esprit que le ministre des Finances, Colbert, avait contrôlé les cordons de la bourse du pays et qu’il n’allait pas allouer de fonds à un nouveau programme sans avoir obtenu quelques succès avant ça. C’est pourquoi j’avais demandé à la compagnie de Roroa de le financer. À cause de cela, je n’avais plus d’autre choix que d’écouter Roroa, l’investisseuse, lorsqu’elle m’avait demandé un service.

Quand Liscia avait entendu les détails, elle avait soupiré. « C’est toujours une question d’argent, hein. Que la vie est difficile. »

« Tu l’as bien dit, » répondis-je.

Bien que je sois sûre que Roroa a créé sa propre entreprise avec ce genre de situation en tête, pensai-je.

La vérité était que, si Roroa n’avait pas investi, je n’aurais pas pu faire cette émission. D’ailleurs, si je ne la laissais pas avoir un peu de ce qu’elle voulait, j’allais probablement être frappé un jour par un châtiment divin.

J’avais regardé vers la salle où Juna et Roroa chantaient « Musunde Hiraite [1] » avec les enfants.

Les enfants avaient regardé les mouvements exagérés de Roroa et l’avaient ensuite imitée. Quand je les avais vus rebondir, bouger les bras et les jambes, cela m’avait fait sourire.

Alors que mon cœur était réchauffé par leur comportement angélique, Liscia m’avait posé une question. « Je comprends pourquoi tu veux faire un programme éducatif, mais pourquoi y a-t-il autant de chansons ? »

« N’as-tu pas des chansons de ton enfance qui te sont restées étrangement longtemps dans ta tête ? » demandai-je en retour.

« Comme des berceuses ? » demanda-t-elle.

« Oui, tout à fait, » répondis-je. « Les chansons et les mélodies se coincent dans ta tête, et il est facile pour les gens de finir par les chanter ou les fredonner par eux-mêmes et sans raison. C’est pourquoi c’est plus mémorisable si tu utilises des chansons dans l’éducation que si tu vas juste enseigner le sujet d’une manière normale, et cela va aussi se propager plus loin de manière automatique. »

Par exemple, avant de nous enseigner l’« Irohanihoheto » à l’école, je l’avais déjà appris de « Iroha Matsuri » de Minna no Uta. Et aussi, j’avais l’impression que l’une des plus importantes raisons pour lesquelles je me souvenais de l’ordre du zodiaque chinois sans les confondre était parce que j’avais appris une chanson intitulée « Eto wa Merry-go-Round ». Si je me souvenais encore de ces chansons mêmes maintenant que j’étais adulte, cela démontrait que Minna no Uta était vraiment incroyable.

Liscia avait dit : « Je vois, » avec un grognement d’admiration. « Franchement, je pense que c’était vraiment bien pensé. »

« Hm... Eh bien, penser est après tout mon travail, » dis-je.

« Ce n’est pas aussi facile que ça. Je parle de penser au peuple et élaborer des politiques pour leur venir en aide, » Liscia me regardait d’un air approbateur... J’avais détourné mes yeux. « Attends, pourquoi as-tu regardé ailleurs ? »

« Eh bien... Si tu devais demander si c’est vraiment pour le peuple, je dois admettre que mon propre intérêt a aussi été mélangé là dedans, » répondis-je.

« Vraiment !? Comment ça ? » Liscia me regardait fixement.

... Eh bien, je ne peux pas y faire grand-chose, pensai-je. Je suppose que je vais devoir me confesser.

« Nous organisons la cérémonie de mariage qui sera également là où j’hériterais officiellement le trône, n’est-ce pas ? » demandai-je.

« E-Exacte... Du moins, je suppose que c’est bien ça, » répondit-elle.

Les joues de Liscia avaient rougi quand j’avais dit le mot mariage.

C’était adorable quand elle avait réagi ainsi, mais... passons à travers le sujet. Cela s’était passé l’autre soir, le jour de l’an, où je l’avais proposé à Liscia et elle avait accepté, et c’était toujours un peu embarrassant d’y penser.

« Ainsi, au cours de ce mariage, je veux dévoiler toutes mes reines, sans discrimination entre qui est primaire et secondaire, » déclarai-je.

Parce que les reines secondaires, dont les enfants n’auraient pas le droit de succession, avaient été à l’origine les concubines des rois, elles étaient considérées comme inférieures aux reines primaires. En conséquence, même maintenant qu’elles étaient traitées comme des reines, il y avait beaucoup de cas où elles ne recevraient pas une grande cérémonie de mariage devant le peuple. Il y avait même eu des cas où les reines secondaires s’étaient senties inférieures aux primaires, et avaient donc refusé d’y assister pour ces raisons. Elles avaient dû craindre que ce ne soit le germe de futurs problèmes.

Je voulais changer cette coutume.

« Roroa a dit qu’elle était d’accord d’être une reine secondaire, mais puisque nous allons régner sur la région d’Amidonia, je veux faire d’elle ma troisième reine primaire, » dis-je. « Cela ferait de Juna la seule qui ne pourrait pas participer à la cérémonie, n’est-ce pas ? Je pensais que si c’était possible, je voudrais que tout le monde soit là ce jour-là. »

« Tu as raison. Je pense que ce serait pour le mieux ainsi, » Liscia acquiesça et accepta sans hésitation. « Aisha et Juna étaient avec nous pendant les temps difficiles, et nous les avons traversés ensemble. Elles sont pour moi des camarades de guerre. Oh, je ne veux pas mettre Roroa de côté. Je pense qu’elle peut parfois être une nuisance, mais la façon dont elle agit avec moi comme une petite sœur est vraiment mignonne. C’est juste qu’Aisha et Juna sont spéciales. Peu importe qui est une reine primaire et qui est reine secondaire, je ne veux pas que quelqu’un se sente négligé. »

« Je vois... je suis soulagé, » dis-je.

C’était une bonne chose que la première reine primaire, Liscia, soit si tolérante. Liscia et les autres filles s’entendaient bien, donc je n’avais pas été inquiet, mais... même ainsi, c’était un soulagement d’entendre Liscia elle-même dire tout cela. Honnêtement, ces merveilleuses filles étaient toutes bien trop bien que ce que je mériterais en réalité.

Liscia pencha la tête sur le côté. « Mais est-ce que ça a quoi que ce soit à voir avec cette émission ? »

« Tout à fait, » dis-je. « Pour l’instant, mes fiançailles avec Juna sont secrètes, mais cela va devenir intenable à l’approche de la cérémonie, n’est-ce pas ? »

« Eh bien, c’est sûr. Le mariage sera diffusé à l’échelle nationale, » répondit Liscia.

« Tout à fait, » dis-je. « Donc, il doit y avoir une annonce faite à un moment donné... Je pensais que quand cela se produira, entre la Lorelei Juna et la Juna qui chante des chansons avec des enfants, ce qui fera que les habitants soient moins en colère c’est... tu sais... »

Liscia plissa les yeux et me lança un regard dur. « Ne me dis pas que tu as planifié ce programme juste pour ça. As-tu fait ça ? »

« Oh non, pas du tout, » dis-je. « Le plan lui-même était destiné dès le début à aider à éduquer les habitants, » avais-je dit, en essayant de ne pas avoir de contact visuel avec Liscia. « C’est juste que... eh bien... Je laisse également mes propres intérêts égoïstes s’impliquer un peu dans tout ça... alors, tu pourrais dire que... »

Liscia laissa échapper un soupir. « Tu es un cas désespéré... As-tu vraiment à te soucier autant de la façon dont les personnes te voient ? »

« Eh bien ! Possible, car tu sais, c’est un problème assez important. Est-ce que tu t’en rends compte ? » demandai-je.

Après tout, Juna était devenue une telle idole nationale ce qui avait été clairement démontré depuis que nous avions reçu des pétitions du Congrès du Peuple nous disant : « L’avoir plus souvent dans les émissions produites par le Joyau de Diffusion de la Voix ». Si je venais à annoncer nos fiançailles dans la situation en cours, il pourrait sérieusement y avoir des émeutes. C’est pourquoi, afin de les garder sous contrôle, j’avais l’intention de déplacer progressivement Juna du travail d’idole aux chansons pour enfants.

Quand j’avais dit cela à Juna, alors même que cela me faisait mal, elle m’avait répondu : « Si je peux chanter à vos côtés, Sire, peu importe la position dans laquelle je me trouve, cela me convient, » et elle m’avait ensuite souri.

À en juger par le fait qu’elle avait alors immédiatement recommandé une nouvelle Lorelei, Komari Corda, qui pourrait continuer sur son style actuel, Juna était enthousiaste à cette idée.

Et, alors que nous en discutions, la partie où elles devaient chanter avec les enfants s’était terminée.

« Très bien, tout le monde, bien joué, » déclara Juna.

« Est-ce que tout le monde qui nous regardait depuis là-bas, chante-t-il également avec nous ? » demanda Roroa.

Juna et Roroa avaient ainsi clos cette partie de l’émission.

« Qu’est-ce qui est prévu après ça ? » demanda rapidement Liscia.

« La prochaine étape est une petite période pour des exercices. Il s’agit d’un petit programme afin de faire bouger toutes les parties du corps des spectateurs, » répondis-je.

« Exercices ? » demanda Liscia qui était surprise. « Comme tu utilises que des membres de notre famille... est-ce que c’est Aisha qui s’occupe de cette partie ? »

« Nullement. J’ai amené un expert approprié pour la partie exercice, » dis-je.

« Un expert ? » Liscia inclinait la tête sur le côté en pleine confusion.

Dans le hall, Roroa avait repris la direction de l’émission. « Bon, il est temps de faire un peu d’exercice. Nous allons tous ensemble appeler le monsieur exercice. Allez ! Un, deux etttttt... ! »

« « « Monsieur exerciccccccee ! » » » les enfants avaient tous crié ensemble à la suite de l’incitation de Roroa.

« Hahhhh ! » Un homme avait sauté depuis le balcon du deuxième étage.

L’homme avait atterri avec élégance devant les enfants, affichant ses dents blanches et brillantes, puis se tourna vers l’écran et leva le pouce face aux téléspectateurs.

Le jeune homme était grand, il faisait environ 185 centimètres. Il avait un physique musclé qui était apparent même avec tous ses vêtements. Son visage, pris dans son ensemble, aurait été considéré comme beau. Mais ses sourcils épais et relevés, ses yeux perçants et ses dents blanches et brillantes... Chacune des parties individuelles de son visage avait beaucoup de « caractères ».

Le jeune homme posa une main sur sa hanche, puis se tourna vers les enfants avant de déclarer. « Les enfants, je suis désolé pour l’attente ! Maintenant, déplacez avec moi votre corps ! »

Il s’agissait d’un jeune homme qui parlait avec des mots passionnés et un sourire tout aussi passionné.

Liscia regarda le jeune homme, bouche bée, puis elle chuchota. « Qui est-ce ? »

Notes

  • 1 Musunde Hiraite : Il s’agit d’une chanson enfantine japonaise. Les différentes chansons dont parle le chapitre sont toutes dans le même genre.
 

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Partie 5

— Plus tôt, au milieu du douzième mois de l’année 1546 du Calendrier Continental

Sur ce jour-là, il faisait particulièrement froid...

« Nous avons changé la façon dont nous produisons du grain sur notre territoire. Cela a considérablement augmenté notre taux d’autosuffisance alimentaire, » un homme me disait ça. « Grâce à votre réseau de transport, Sire, mon domaine est plus prospère que jamais. »

« Oh, ho, » dis-je. « Je vois... »

Je me tenais à côté d’un homme costaud, d’âge moyen et souriant tout en nous promenant indéfiniment. Le nom de l’homme était Moltov Juniro. Il était à la tête de l’une des dix maisons nobles les plus influentes du pays, la Maison Juniro. Aujourd’hui, j’avais été invité à un banquet qu’ils organisaient.

Ces jours-ci, j’étais invité à un banquet tenu par un noble influent tous les jours. Il semblait que dans ce pays, au milieu et vers la fin du douzième mois, les nobles invitaient des personnes proches et organisaient un banquet. Là, ils les remercient pour leurs interactions tout au long de l’année, et exprimaient leur espoir de rester tout aussi proche lors de la prochaine année.

En fait, il s’agissait des fêtes de fin d’année dans ce monde.

En outre, il semblait que le nombre et le rang des invités qu’ils pouvaient attirer servaient de baromètre du pouvoir et de l’influence du noble. C’est pourquoi, à cette époque de l’année, les nobles invitaient autant de monde qu’ils le pouvaient, surtout ceux de haute stature.

Maintenant, si vous demandiez qui était la personne de la plus haute stature dans ce pays, tous diraient que c’était moi, le gars qui se tenait actuellement sur le trône. Naturellement, même s’ils le voulaient, aucun noble ordinaire ne pouvait inviter le roi sans avoir de lien particulier avec lui. Et après tout, je n’étais pas trop friand de ces banquets, alors normalement, même si j’avais reçu une invitation, je l’avais refusée parce que j’étais trop occupé.

Donc, si je devais quand même assister au banquet de quelqu’un, cela signifiait qu’ils n’étaient pas de nobles ordinaires. Bien qu’ils ne soient peut-être pas au niveau d’Excel, il y avait encore de puissants nobles dans ce pays. Il était difficile de refuser les invitations de ce genre de personnes. C’était le devoir d’un supérieur de socialiser avec ceux qui servent sous leurs ordres.

Parce que j’en avais refusé beaucoup, Hakuya m’avait dit : « S’il vous plaît, assistez au moins aux banquets de fin d’année ». À cause de cela, depuis quelques jours, j’étais obligé d’assister aux banquets de ces puissants nobles.

Tout en étant habillé comme d’habitude pour les banquets (c’était une tenue royale. Même mes manches avaient des fioritures.), j’avais grogné, « Argg ! Quelle douleur ! » ou « Je ne veux pas y aller » ou « C’est trop compliqué ! » et Liscia, qui m’aidait à me changer, me l’avait reproché.

« Il s’agit là de ton devoir de roi, » déclara-t-elle. « En tant que fiancées, nous serons là également. Alors, prends-toi en main, veux-tu bien le faire ? »

Comme elle l’avait dit, Liscia et mes autres partenaires étaient également présentes. Même ainsi, elles n’étaient pas dans une situation aussi mauvaise que la mienne. Mes fiancées, Juna exclue, se relayaient et m’accompagnaient, mais c’était seulement une à la fois qui venait avec moi. Moi, d’autre part, j’étais obligé d’assister à chaque banquet.

« Comme vous pouvez le voir, mon domaine est en excellente forme, » Moltov était en train de monologuer.

« ... »

Si vous me demandiez ce que je n’avais pas aimé dans ces banquets, c’était de jouer avec « l’hospitalité » de mon hôte qui consistait à parler longuement sur ceci ou cela. Même si la nourriture avait l’air luxueuse, je n’avais pas le temps de manger ou de boire. De plus, les nobles avaient tous tendance à parler des mêmes choses.

En premier, ils se vantaient de la façon dont ils avaient géré leur domaine. C’était sans doute en grande partie parce que j’avais ajouté la gestion de leurs domaines dans leurs évaluations de performances. La plupart des nobles avaient essayé de montrer qu’il n’y avait pas de problèmes dans leur gouvernance, et les plus capables avaient eu l’occasion d’exprimer à quel point leurs compétences de gestions étaient merveilleuses.

Les évaluations avaient été effectuées par des inspecteurs envoyés à cette fin, et ils recevraient une estimation appropriée en provenance des personnes vivantes dans le domaine. Cela avait fait qu’ils essayaient de me convaincre lors d’un banquet vide de sens, mais c’était la nature humaine de vouloir mettre la chance de leurs côtés. S’ils pensaient que le roi les surveillait de près et que cela améliorait la vie de leur peuple, c’était une bonne chose. Pourtant, j’en avais eu rapidement marre d’avoir à entendre des récits semblables à chaque banquet.

« Sire, permettez-moi d’aller prendre un verre pour vous, » Aisha, ma partenaire pour la journée, m’avait parlé avec une petite voix. La robe d’argent qu’elle avait était celle qu’elle avait également portée pour l’émission de musique quand elle m’avait aidé à servir d’hôte à Amidonia. Elle lui allait également bien maintenant. Elle avait dû sentir mon épuisement et essayait d’être prévenante.

Je venais juste de me sentir un peu assoiffé, alors je lui avais demandé de le faire, et Aisha était partie en silence me chercher un verre.

Au moment où Aisha était partie, il y avait un changement soudain dans le comportement bavard de Moltov. Il m’avait alors dit. « ... En passant, Sire. »

Ses yeux étaient vifs, comme un serpent qui avait trouvé sa proie.

En cet instant, j’avais réalisé que j’avais commis une erreur. J’avais traversé cette situation plusieurs fois auparavant. Quand la partenaire du roi avait quitté ses côtés, ils avaient souvent vu cela comme le moment parfait pour agir d’une manière très opportuniste.

« Cela vous dérangerait-il si nous parlions ailleurs pendant un petit moment ? » demanda Moltov.

« ... Vous rendez-vous compte qu’Aisha n’est pas encore revenue ? » dis-je.

« Cela ne prendra pas beaucoup de temps. Je suis sûr que vous serez en mesure de vous revoir en un rien de temps, » répondit Moltov.

Ayant dit cela, Moltov m’avait pris la main et m’avait à moitié tiré vers un autre lieu.

Ouais... C’était à coup sûr ce genre d’événements...

Je n’aime pas ça... Moltov peut penser que c’est sa grande chance, mais j’ai l’impression d’être sur des charbons ardents ici...

Alors que je pensais cela, comme je l’avais prévu, il y avait une seule jeune femme qui m’attendait quand nous étions arrivés à notre destination. Elle devait avoir environ seize ans. Elle était clairement une charmante jeune femme de bonne éducation.

« Permettez-moi de vous présenter, Sire. Il s’agit de ma fille, Siena, » déclara Moltov.

« Toutes mes salutations, Votre Majesté. Je m’appelle Siena Juniro, » déclara-t-elle tout en faisant une révérence.

... Je le savais. Il avait vu cela comme une occasion rêvée de me présenter à la jeune fille qui était liée à leur famille.

À chaque époque, les liens du sang avec la maison royale avaient été une source de fierté pour la noblesse. Si elle devenait ma reine, leur maison serait en sécurité, et elle pourrait même donner naissance à un héritier. En plus de cela, parce que mes fiançailles avec Juna n’avaient pas encore été annoncées, en ce qui me concerne, je n’avais que trois fiancées. Ce nombre était, à l’exception des cas spéciaux comme mon prédécesseur, le Roi Albert (il s’était marié dans la famille de la reine), considéré comme faible. À cause de cela, chaque noble cherchait désespérément à me vendre ses filles.

En l’espace d’une demi-année depuis que le trône m’avait été confié, j’avais annexé Amidonia et avais eu beaucoup d’autres grandes réalisations, si bien que les gens avaient placé de grands espoirs en moi. Il y avait toujours un grand nombre d’offres de mariage qui arrivaient au château, et mon chambellan, Marx, était toujours occupé à les traiter.

« Cela me peine de toujours les refuser, alors pourriez-vous au moins en rencontrer quelques-unes ? » Marx m’avait demandé cela avec des yeux suppliants, mais cela avait l’air d’être très problématique pour moi, alors j’avais tout refusé.

Mais même ainsi, j’avais fini par avoir affaire à des nobles qui m’avaient approché pour ces mêmes raisons, avec l’intention de ne pas manquer leur chance.

Bien sûr, les nobles n’étaient pas assez audacieux pour amener ce genre de discussions quand l’une de mes fiancées était là, mais que ce soit Liscia, Roroa ou Aisha qui était avec moi, ils s’étaient toujours assurés de créer une ouverture pour le faire. Mon opinion sur les compétences des nobles à cet égard dépassait l’exaspération et entrait dans le domaine de l’admiration.

N’ayant pas beaucoup d’autre choix, j’avais salué la fille. « C’est un plaisir de vous rencontrer, Mademoiselle Siena. Je suis Souma Kazuya. »

« J’ai déjà entendu votre grand nom, Sire, » dit-elle. « J’ai entendu dire que vous étiez un grand souverain béni à la fois pour sa bravoure et sa sagesse, mais je suis soulagée de constater en vous rencontrant que vous semblez également être une personne aimable. »

« Les rumeurs à propos de moi n’ont pas seulement été exagérées, elles se sont vu pousser des membres et ont même pris vie, » répondis-je.

« Mon Dieu ! Vous les faites paraître adorable, » Siena affichait un sourire réservé. Elle semblait être une fille simple. Ces types de filles étaient toujours les plus difficiles à gérer.

Il était facile de se débarrasser de quelqu’un qui essayait manifestement d’épouser pour l’argent et le statut, mais je ne pouvais pas être aussi cruel envers une fille innocente et pure. Je veux dire par là qu’il était difficile de dire si elle savait même que c’était une tentative d’entremise qui se déroulait en ce moment. Eh bien ! Peu importe comment elle se sentait à ce sujet, son père essayait définitivement de la faire épousée pour de l’argent et du statut.

Moltov m’avait fait venir à une certaine distance de Siena et avait parlé. « Que pensez-vous de ma Siena ? »

« ... Elle a l’air d’être une jeune fille très pure et simple, » dis-je. « Et très mignonne. »

« Oh, je vois ! Si elle vous plaît, envisageriez-vous de la prendre pour épouse ? » demanda Moltov.

« Non, j’ai déjà trois (quatre, en fait) fiancées..., » dis-je.

« Que dites-vous ? Vous êtes encore jeune, Sire, » insista Moltov. « Pour le bien de la maison royale, vous devriez augmenter le nombre de femmes que vous avez. Si vous êtes réticent à l’égard de la Princesse Liscia, alors ça ne me dérangerait pas qu’elle soit une reine secondaire... »

Tout en parlant aussi vite qu’une mitraillette, Moltov avait essayé de faire avancer les choses. Et alors, quand je pensais, Arg ! Franchement, quelle plaie ! Aisha, pouvez-vous vous dépêcher et rapidement revenir ? C’était arrivé.

« Hahh, ha, ha, ha ! Hahh, ha, ha, ha ! » Ce rire passionné avait soudainement fait écho dans le hall.

« Ivan ?! Cet idiot ! » Moltov, qui avait seulement un instant le visage d’un vieil homme aimable qui m’offrait sa fille, avait maintenant un regard aigre présent sur son visage alors qu’il regardait à travers l’espace ouvert du deuxième étage de la salle de banquet.

J’avais suivi son regard pour trouver quelqu’un qui se tenait sur la balustrade du balcon.

Il s’agissait d’un homme dans la mi-vingtaine, grand et musclé. Avec ses épais sourcils, ses yeux perçants et ses dents blanches et brillantes, il avait un visage étrangement distinctif. Il était un jeune homme passionné, qui ne quitterait pas rapidement les souvenirs de quiconque l’aurait vu.

... Eh bien ! Franchement, qui est ce type ?

L’homme avait crié et avait sauté du balcon. Au moment où il avait fait...

Badaboum !

Il y avait une grosse explosion juste derrière le jeune homme. Des flammes avaient surgi, et il y avait une explosion rugissante qui avait secoué mes tripes. Pendant un moment, j’avais pensé qu’il était un terroriste et qu’il était sur le point de provoquer une panique, mais pour une raison inconnue, les autres invités autour de lui avaient simplement regardé le jeune homme avec des sourires désabusés.

Hein !? Quoi ? Que suis-je censé faire de cela ?

« Votre Majesté ! » Aisha m’avait finalement trouvé et s’était précipitée à mes côtés. « Sire, cela pourrait être une attaque ! S’il vous plaît, restez derrière moi ! »

« ... Non, il y a quelque chose de bizarre dans tout cela, » dis-je.

« Hein !? Qu’entendez vous par “Quelque chose de bizarre” ? » demanda-t-elle.

J’avais regardé autour de moi, mais personne ne semblait être paniqué vis-à-vis de ce qui venait de se produire. La plupart d’entre eux regardaient simplement le jeune homme avec des sourires ironiques ou moqueurs. En y regardant de plus près, malgré l’étendue du feu, la zone où l’explosion s’était produite derrière le jeune homme n’était même pas légèrement roussie.

« Oh mon Dieu, mon idiot de frère, » déclara une voix féminine.

Quand je m’étais retourné pour voir qui venait de parler, Siena regardait l’homme avec un air troublé.

« Frère ? » répétai-je.

« C’est bien ça, Sire. Il s’agit de mon frère aîné, Ivan Juniro, » répondit Siena.

« Hmm... À mon avis, on dirait qu’il y a eu une explosion, » dis-je.

« Il s’agit de la capacité de mon frère, » répondit-elle. « Elle lui permet de faire apparaître des effets criards de feu et de bruit, mais c’est plus quelque chose comme une simple illusion. Il n’y a pas de véritable force derrière ces effets. Hee hee. N’est-il pas sympa ? »

« Euh... Hmm, bien sûr..., » dis-je.

Si elle était capable de décrire cela comme étant juste « sympa »... à certains égards, cette fille pourrait être assez impressionnante.

Je vois, pensai-je. Les personnes invitées ici étaient celles qui avaient des relations régulières avec la Maison Juniro. Naturellement, ils devaient être conscients de l’étrange fils de la famille. C’est pourquoi, même quand il y avait eu une explosion, ils avaient seulement réagi avec des sourires désabusés.

Moltov avait crié de colère. « Ivan ! Comment peux-tu agir si grossièrement devant Sa Majesté ? »

« Mon vieux, ferme là ! » Ivan avait fait une pose, et cette fois il y avait eu un éclair derrière lui. « Vieillard avide, essayant de profiter de l’innocence de Siena pour la pousser vers un mariage ! Même si les cieux le permettent, moi, son frère, je ne le ferai pas ! »

Quand il avait déclaré cela, il y avait eu une flamme présente dans les yeux d’Ivan. On pouvait dire littéralement que des flammes sortaient de ses yeux.

... Je ne savais pas quoi dire. Je commençais à un peu m’amuser devant ce spectacle. Moltov, d’autre part, était furieux.

« Épouser le roi est le plus grand honneur qu’une femme née dans une maison noble peut espérer réaliser pour elle-même ! » déclara Moltov. « Quel est le problème avec un père qui veut que sa fille trouve le bonheur !? »

« Siena peut décider par elle-même de son propre bonheur ! Ce n’est pas quelque chose que tu dois décider pour elle ! » cria Ivan.

« Tais-toi ! Tu n'es qu’un bouffon, tout comme ta capacité ! » s’écria Moltov.

« Tu as la même capacité, mon vieux ! C’est dans notre sang ! » cria Ivan.

Leurs yeux s’étaient rencontrés et les étincelles avaient volé. Des nuages ​​noirs s’étaient formés entre eux et la foudre avait frappé juste au centre. Je ne parlais pas en métaphore, ces choses s’étaient réellement déroulées devant nous. Et pourtant, il n’y avait pas eu de dégâts. C’était amusant à regarder, tant que vous n’étiez pas impliqué par tout ça.

Je m’étais tourné vers Siena et lui avais demandé. « Euh, hmm... Ne devrions-nous pas les arrêter ? »

« Ils le font tout le temps, » avait-elle répondu avec un large sourire.

« Oh, bon alors..., » commençai-je à dire.

Même pendant notre petit échange, les deux hommes avaient continué à se lâcher des répliques.

« Aujourd’hui, c’est le jour où je vais finalement réussir à faire rentrer un peu de bon sens en toi, » cria Moltov.

« C’est ma phrase ça ! Amène-toi, le vioc ! » cria Ivan.

« Chowahhhhhhhhhhhhh! »

« Dahhhhhhhhhhhhhhhh! »

Alors que les deux hommes s’étaient approchés, un groupe de bras et de jambes étaient apparus entre eux, effectuant des coups de poing et coups de pied ainsi que des blocages. C’était comme si quelqu’un avait fait une adaptation en réel de Dragon Ball, et cela m’avait vraiment excité. Pendant un moment, je les avais regardés avec enthousiasme, en pensant, ouais, encore un peu plus d’actions ! Mais alors...

« Presque tous ces membres sont des illusions, » déclara Aisha. « Ce sont juste leurs vrais corps au milieu qui se battent vraiment l’un contre l’autre. »

J’étais resté silencieux. Quand Aisha, qui avait vu à travers ça avec sa vision cinétique de guerrière, m’avait dit ça, cela avait tué mon amusement.

Cinq minutes plus tard, Moltov et Ivan s’étaient effondrés, tous deux étaient tombés sur le dos, presque au même moment.

« Arg... Pas mauvais, le chnoque ! »

« Hmpfff. Je ne suis pas vieux au point où je t’aurais laissé me vaincre, » répondit Moltov.

OK, c’était très voyant. Mais tout ce qu’ils avaient fait, c’était se battre l’un contre l’autre, donc s’ils venaient vers moi en tant que « rivaux qui ont communiqué par leurs poings », je ne savais pas trop comment réagir. Eh bien, ce n’était pas comme si cela importait vraiment.

Quoi qu’il en soit, je m’étais dirigé vers Moltov, qui s’était effondré sur le sol. « Moltov. »

« Qu-Quoi, Sire !? Nous avons fait une démonstration misérable de nous-mêmes ! Je vous demande pardon ! » Moltov se leva précipitamment et s’excusa humblement, mais j’agitai une main et lui dis de ne pas m’inquiéter à ce sujet.

« Ça ne me dérangeait pas. Cela a créé un spectacle assez divertissant. Sur cette note, il y a quelque chose dont je voudrais vous parler..., » dis-je.

« Qu-Qu’est-ce que cela pourrait-il être ? » demanda Moltov.

« Ce n’est pas à propos de Siena. Seriez-vous prêt à m’offrir les services d’Ivan pour le bien du pays ? » demandai-je.

« « ... Pardon... ? » » Moltov et Ivan avaient tous les deux cligné les yeux en raison de la surprise induite par ma demande.

☆☆☆

Partie 6

« ... Et, bien, c’est comme ça que j’ai embauché notre homme pour les exercices, Ivan Juniro, » avais-je ainsi terminé mon explication.

« Je vois, tu as encore ramassé un autre cinglé, » répliqua une Liscia qui m’avait regardé avec exaspération.

Eh oui, c’était sa réponse habituelle.

Dans le hall, Ivan Juniro, l’homme pour les exercices, avait levé les pouces en montrant ses dents blanches nacrées. « Un esprit sain réside dans un corps sain. Venez ici, les enfants ! Entraînez-vous avec moi, pour que vous grandissiez en étant fort, gentil et solide ! »

Bien qu’Ivan ait dit cela, les enfants avaient effectué des réponses contradictoires. Il y avait des enfants qui étaient tout à fait enthousiastes à ce sujet, d’autres enfants qui étaient intimidés par sa passion excessive et poussés aux larmes, des enfants qui avaient peur et se cramponnaient à Juna... et, d’une manière écrasante, la réponse la plus commune, il y avait des enfants dont les petits cerveaux ne pouvaient pas comprendre les agissements de l’homme qui venait d’apparaître devant eux et qui se tenaient immobile, tout en le regardant fixement.

Quand elle vit l’état des lieux dans le hall, Liscia me demanda, inquiète, « Attends, Souma, est-ce que ça va aller ? »

« Hmm... Il est un peu guindé, je suppose ? Peut-être qu’Ivan est un peu trop tendu ? » demandai-je.

« C’est supposé être du temps d’exercice, n’est-ce pas ? » demanda Liscia. « Peuvent-ils le faire comme ça ? »

Certes, il ne semblait pas que les enfants s’exerceraient devant nous. Dans la partie exercice des spectacles éducatifs pour enfants sur lesquels je me basais, il y avait des enfants qui couraient et roulaient, effectuait le type d’exercice demandé et d’autres qui faisaient généralement ce qu’ils voulaient. Mais, « je pense que ça ira », avais-je finalement dit. « Il y a, après tout, une astuce. »

« Une astuce ? » demanda Liscia.

« Heheheh... Hahaha... Bwahahaha! » Et ainsi la voix d’une femme se fit entendre. Il s’agissait d’un rire en trois étapes qui résonna dans la pièce.

« Qui est-ce !? » demanda Ivan qui regardait autour de lui.

À ce moment-là, des enfants crièrent, « Là-bas ! » « En haut ! » tout en pointant du doigt vers le haut. Il y avait quelqu’un qui se tenait au deuxième étage où Ivan avait été un peu plus tôt.

« Rendre les enfants forts, gentils et robustes, dites-vous ? » déclara la femme. « Comme c’est risible ! Nous, les membres du Groupe Noir qui somment déterminé à dominer le monde ne le permettront jamais ! »

Ces phrases qui empestaient le dialogue déclaratif étaient prononcées par une femme portant un masque qui couvrait la moitié supérieure de son visage, avec en plus une tenue semblable à un maillot de bain avec une cape qui était ouverte au centre afin de largement exposer son décolleté, et des épaulettes à pointes du style de la fin du siècle dernier. Elle avait deux cornes qui sortaient de ses tempes, des ailes de dragon sur son dos et une queue semblable à un fouet qui poussait hors de son dos.

Ivan se tourna vers la femme et cria : « Qui êtes-vous ? »

« Je suis la méchante femme commandante du Groupe Noir, Mademoiselle Dran, » annonça la femme.

Liscia, qui regardait à mes côtés cette scène, regarda fixement pendant un moment, mais elle revint bientôt à elle, se tourna vers moi et demanda, « Est-ce... Carla, n’est-ce pas ? »

« Non. Elle est la méchante commandante, Mademoiselle Dran, » répondis-je.

« Hein... !? » s’exclama Liscia.

« C’est la méchante commandante, Mademoiselle Dran, as-tu compris ? » demandai-je.

« Oh, c’est donc ça... Eh bien, tu sais que je ne vais pas l’accepter comme ça ! » Même si Liscia m’avait pressé pour avoir la vérité, l’histoire se déplaçait sur scène.

Mademoiselle Dran avait déployé ses ailes afin d’intimider Ivan. « Si vous rendez les enfants plus fort, alors cela pourrait empêcher le Groupe Noir de conquérir le monde. Mais je vais vous arrêter avant que cela n’arrive, Ivan Juniro ! »

Avec cette tenue très révélatrice, elle était probablement si embarrassée que le désespoir avait pris le dessus. Il y avait une véritable passion exubérante dans la performance de Mademoiselle Dran.

Chaque fois que Mademoiselle Dran avait fait l’une de ses actions citées plus haut, certaines parties d’elle s’étaient amplement trémoussées. La qualité de la vidéo diffusée par le Joyau de Diffusion de la Voix n’était pas très bonne, alors je ne pensais pas que les téléspectateurs remarqueraient ça, mais... honnêtement, je ne savais pas où regarder. Surtout en tenant compte que Liscia était là à me fusiller du regard.

« Ne penses-tu pas que le costume de Mademoiselle Dran est un peu trop osé ? » demanda-t-elle.

« Serina avait un contrôle total quant à la conception, » me défendis-je. « Je devrais le mentionner, car je lui ai dit de se retenir parce que c’est censé être un spectacle pour enfants, mais... parce que je lui avais demandé de l’aider pour faire le costume, il était donc difficile de rejeter ses propositions. »

« Je vois ça..., » Liscia soupira. « Serina n’aurait-elle pas faite une meilleure commandante ? »

« Pourrais-tu le lui dire en pleine face ? » demandai-je.

« Non, aucune chance ! » répondit Liscia.

« Je le savais, » dis-je.

Pendant que nous parlions de cela, Ivan pointa un doigt dans la direction générale de Mademoiselle Dran. « La domination du monde !? Je ne vous laisserai jamais faire cela ! »

« Hmm ! Vous êtes bien fougueux, mais que pouvez-vous vraiment faire face à moi ? Mes acolytes, chargez-vous de lui ! »

Quand Mademoiselle Dran lâcha cet ordre, un groupe d’hommes habillés tout en noir était apparu et avait entouré Ivan. Le point clé était de les garder à distance des enfants, afin de ne pas les rendre trop dangereux.

Ivan s’était placé dans une position de combat tout en criant : « Allez-y ! Montrez-moi ce que vous avez dans le ventre ! »

Avec cela comme repère temporel, les hommes en noir s’étaient relayés pour attaquer Ivan. Ivan les avait tous combattus, l’un après l’autre.

Bing Bang Bong !

Il y avait un effet sonore exagéré chaque fois qu’il avait frappé l’un des acolytes. Quand ils étaient touchés, les acolytes étaient projetés dans les airs avant de s’écraser sur le sol et d’y rester un moment. Cela avait semblé impressionnant, mais les sons venaient de la capacité d’Ivan, et le fait d’être ainsi projeté était une cascade, donc il n’y avait pas de blessures.

Incidemment, les enfants étaient divisés moitié-moitié en ceux qui avaient peur, et ceux dont les yeux brillaient d’excitation en regardant Ivan se battre. Les sons étaient après tout assez bruyants. Il y avait quelque chose qui avait été fait pour ne pas rendre les effets trop voyants et effrayants.

Les enfants qui avaient été effrayés s’étaient naturellement blottis contre Juna et Roroa, qui leur avait dit, « Ne vous inquiétez pas. Cela va aller, » et « Cet homme va les battre, alors vous n’avez pas à vous inquiéter, » afin de les calmer.

Finalement, Ivan avait vaincu tous les hommes de main de Mademoiselle Dran.

Cependant, Mademoiselle Dran avait gardé son sourire plein d’assurance. « Hehe hehe hehe. Pas mauvais, Ivan Juniro. Eh bien, que ferez-vous alors face à ça ? Viens ici, Monstre de la boîte en carton, Danbox ! »

« Danbooooox ! ... C’est moi, » avec ces mots, un monstre qui ressemblait à une personne faite de boîtes en carton était apparu sur scène.

Alors qu’il avait des yeux bridés en papier présent sur son visage... dans l’ensemble, il semblait plutôt claudicant. La silhouette donnait l’impression qu’il avait été conçu avec des blocs de Lego et chaque fois qu’il bougeait, cela produisait un important son.

Liscia regarda froidement le Danbox. « Ce monstre n’est-il pas un peu grotesque par rapport au reste ? »

« Nous avions de la passion, » dis-je. « Mais nous avons manqué de temps et de budget. »

« C’est vraiment un monde dur, hein, » répliqua Liscia.

Je ne pouvais pas faire un costume kigurumi grandeur nature par moi-même. Si je devais le commander quelque part, cela prendrait du temps. Voilà pourquoi, pour cette fois-ci, j’avais fini par accepter ce monstre totalement bâclé. C’était un rappel de la dureté des choses pour les personnes qui avaient fait les monstres dans les premiers spectacles de tokusatsu.

Pourtant, alors qu’il aurait pu paraître un peu faiblard, Danbox était fort. Quand il avait attaqué Ivan, il avait soulevé l’homme de 180 centimètres, 90 kilogrammes aussi facilement qu’un surfeur ramassant sa planche de surf. Puis, comme un lutteur montrant sa force, Danbox tourna en place, en maintenant sa pose tout en effectuant son tour sur lui-même.

Cette force ridicule qui avait défié son apparence avait abasourdi Liscia. « C’est une incroyable force que possède ce monstre. Oh ! Ce pourrait-il que la personne à l’intérieur du costume... »

« Tout à fait. C’est Aisha, » répondis-je.

« Que fais-tu faire à ta future seconde reine primaire... ? » grogna Liscia.

« Il est un peu tard pour dire cela quand Juna et Roroa sont déjà dans l’émission. Veux-tu aussi y participer, Liscia ? Si tu agis maintenant, le rôle de l’acolyte d’Ivan est toujours libre. »

« Non, aucune chance, » répondit-elle.

À ce moment, Ivan avait commencé à lutter. « Bon sang ! Lâchez-moi ! »

« Je suis Danboooox. »

« Gwah! » Peut-être que les paroles d’Ivan avaient été entendues par le monstre, parce que Danbox hocha la tête et le jeta violemment vers un mur qui avait été préparé à cet effet. Quand il avait percuté le mur, Ivan était passé à travers.

En passant, il avait été fait de matériaux légers pour le rendre facile à traverser, donc il n’était que légèrement blessé par ça. Cependant, Ivan avait agi comme s’il était gravement blessé, gémissant de douleur. « Urgh, quel monstre puissant... »

« Daaaan, bo, bo, box! C’est moi ! » Danbox se mit à rire triomphalement.

Ivan sortit du mur, trébuchant, puis se retourna pour faire face aux enfants et cria. « Si cela continue ainsi, nous allons perdre. Vous tous, les bons enfants, prêtez-moi votre pouvoir ! »

Roroa et Juna avaient alors expliqué aux enfants ce qu’il voulait dire par là.

« Très bien, tout le monde, » déclara Roroa. « Faites tourner les bâtons lumineux que nous vous avons donnés tout en criant “Tu peux le faire !” »

« Envoyons tous notre pouvoir à notre Grand Frère Ivan, » déclara Juna. « Un, deux... »

« « « Tu peux le faire ! » » »

Face à l’incitation des deux femmes, les enfants avaient commencé à utiliser les bâtons lumineux qui étaient de la taille d’un morceau de craie afin de tracer des cercles dans l’air.

Nous avions distribué ces bâtons avant le début de l’émission. Ils brillaient faiblement parce que la mousse lumineuse, qui était utilisée dans les réverbères de la ville, car elle absorbait la lumière et la relâchait dans l’obscurité, avait été placée en eux.

Ivan avait continué à agir comme s’il souffrait en se tournant vers les enfants et en criant, « Ce n’est pas assez ! Pas encore assez ! Faites plus de bruit, je compte sur vous ! »

Les enfants étaient toujours excités quand un adulte disait qu’il comptait sur eux.

Cette fois, après qu’il les ait encouragés, ils avaient agi avec plus de force et plus sérieux que la dernière fois.

« « « Tu peux le faireeeeee ! » » »

« Encore plus ! Plus fort ! » cria Evan.

« « « Tu peux le faireeeeeeeeee !!!!! » » »

Les enfants avaient crié jusqu’à ce que leur gorge soit presque asséchée, et à l’instant suivant...

« C’est assez ! Je reçois assez de puissance venant des enfants ! »

Le corps d’Ivan était enveloppé d’une aura de lumière blanche. Puis, la voix d’Ivan résonna de l’intérieur de cette vive lumière. « Transformation ! »

☆☆☆

Partie 7

Après avoir fait ça, une armure en métal, avec des brassards, et un casque modifié avec une visière couvrant pleinement son visage avaient volé de nulle part. Ivan se tenait immobile avec ses bras et ses jambes écartées au fur et à mesure que les pièces se mettaient « automatiquement » en place sur lui. Cette scène de transformation cool avait remonté le moral des enfants.

Pendant ce temps, j’étais derrière la réalisation de cette scène en utilisant ma capacité de Poltergeists Vivants afin de manipuler l’équipement métallique. Eh oui, j’avais contrôlé l’équipement d’Ivan avec ma capacité afin de faire croire qu’il s’en était automatiquement équipé. Il ne faut pas oublier qu’à cette distance, je pouvais le faire même s’ils n’étaient pas des poupées.

Liscia me regardait avec dans ses yeux la plus grande exaspération que je n’avais vue jusqu’à aujourd’hui. « C’est un horrible usage de ta capacité. »

« Hé, un tour est un tour, même si c’est juste un tour pour une fête, » dis-je. « Maintenant, il est temps d’y aller. »

« Hé, attends, Souma !? »

Une fois que j’avais confirmé que l’équipement d’Ivan était entièrement équipé, je m’étais déplacé près du Joyau de Diffusion de la Voix, m’assurant que je n’étais pas visible dans l’émission alors que je l’avais fait. Pendant ce temps, dans le hall, l’aura de lumière s’était apaisée, et le héros habillé dans une armure métallique était apparu. Ivan avait achevé sa pose de transformation avant de crier « Charge ! Silvan ! »

Une fois qu’il avait déclaré son nom, j’avais parlé dans le joyau pour que seule ma voix apparaisse dans l’émission. « Permettez-moi de vous l’expliquer. Quand Ivan Juniro l’Homme des Exercices reçoit de l’énergie des enfants, il se transforme en Silvan, le héros de métal. » J’avais serré mon poing alors que j’avais expliqué tout cela avec brio.

C’était une norme de faire ce genre d’explication narrative après la transformation du héros. Bien que je n’allais pas faire la chose où la scène reviendrait en arrière et où on pourrait à nouveau voir le processus de transformation une fois expliqué.

Avec mon rôle terminé, j’étais retourné aux côtés de Liscia. Elle avait l’air horriblement épuisée. « Je ne sais pas quoi dire, mais je commence à trouver stupide de dire quoi que ce soit... »

« Tokusatsu est une sorte de spectacle qui demande de “Ne pense pas, mais ressens ça”, ce genre de chose, » expliquai-je. « Si tu n’y penses pas trop profondément, il suffit de se laisser entraîner par le mouvement, et alors, il n’y a rien de plus amusant à regarder. »

« ... Je ferai ça, » répondit-elle.

Maintenant, retournons à l’histoire se déroulant sur la scène. Le nouveau Silvan transformé était devenu fort.

Danbox s’était joué de lui plus tôt, mais maintenant, Silvan avait écrasé le monstre avec une rafale de coups de poing et de pied, le gardant tout le temps sur la défensive.

Fort. Silvan est vraiment fort, tout le monde pensait ça. Les enfants étaient aussi tous agités.

« Da-Dan... box..., » finalement, Danbox avait trébuché et était tombé à genou.

Maintenant, c’était sa chance de finir !

« Mange ça, Danbox ! Le Coup de Pied Ultime Éclair ! » Quand Silvan avait déchaîné un coup de pied volant, des éclairs avaient couru le long de son pied. Cette foudre avait parcouru le corps de Danbox.

Je savais déjà que j’allais me répéter, mais la foudre était produite par sa capacité. C’était, en effet, juste un coup de pied volant, donc cela n’avait pas du tout blessé Aisha, la personne se trouvant à l’intérieur de Danbox.

Cependant, Danbox avait trébuché vers l’arrière, faisant quelques pas tout en lâchant un cri. « Dan... Danbooooooox ! C’est moi ! » avant d’exploser dans toutes les directions.

Bien sûr, tout ce qui s’était vraiment passé, c’était qu’il s’était caché alors que la capacité d’Ivan avait généré l’effet d’explosion.

Avec la défaite de Danbox, Mademoiselle Dran, la méchante femme commandante qui n’avait pas eu grand-chose à faire pendant qu’elle les regardait se battre, trépignait d’indignation comme si elle venait de se souvenir de ce qu’elle était censée faire.

« Silvan, je vous maudis ! Je vais vous laisser partir pour cette fois ! Quand je reviendrais, vous feriez mieux d’être prêt ! » rugit-elle.

Avec ces mots d’adieu, elle se retourna et courut à un endroit où les spectateurs ne pouvaient pas la voir.

Une fois qu’il l’avait regardée partir, Silvan avait enlevé son casque intégral et avait lancé son poing dans la direction de Mademoiselle Dran. « Vous et votre organisation maléfique qui complotez pour conquérir le monde, le Groupe Noir ! Si vous continuez à agir ainsi, alors venez me voir ! J’écraserais encore et encore vos ambitions ! »

Ivan avait déclaré sa résolution et s’était ensuite retourné pour faire face aux enfants. Puis, avec un sourire qui semblait empli d’une passion suffocante, il avait crié, « D’accord tout le monde ! Entraînons-nous avec l’Exercice Énergisant de Silvan afin que nous ne perdions pas face aux méchants ! Tenez-vous un peu à l’écart les uns des autres afin de ne pas tomber sur vos amis ! »

Quelques instants plus tard, un air joyeux avait commencé à être joué sur scène, et Juna et Roroa étaient venues au bon moment pour séparer les enfants. Puis Juna avait commencé à chanter en harmonie avec la musique.

Si vous voulez grandir en étant fort, alors faites vos Exercices Énergisants de Silvan ♪.

« Maintenant, commençons par exercer le haut de nos corps, » déclara Silvan. « Que tout le monde imite un shoujou ! »

Eek, eek, eek, ook. Eek, eek, eek, ook.

Nous sommes des shoujous. Eek, eek, eek, ook.

Quand Ivan avait bougé au rythme de la musique, les enfants l’avaient imité.

Cette routine d’exercices consistait à imiter les différents animaux de ce monde pendant que Juna chantait des paroles comiques. Leurs paroles s’adressaient aux enfants, mais les exercices eux-mêmes étaient basés sur la gymnastique radiophonique que la plupart des Japonais connaîtraient (l’imitation shoujou était un exercice de flexion latérale), donc c’était une séance d’entraînement tout à fait logique.

« Tu fais beaucoup de choses ridicules... mais là, c’est la cerise sur le gâteau, » Liscia marmonna soudainement en regardant les exercices. « Ceci est un programme éducatif, non ? Quelle est la signification derrière la courte scène dramatique qui s’est effectuée plus tôt et cet exercice ? »

Il y a peu, je parie qu’elle aurait demandé à la place : « Y a-t-il un sens ? » Mais maintenant, Liscia demandait « Quel est le sens ? » C’était une différence de seulement quelques mots, mais il y avait une subtile différence de nuance.

Dans la première version, il y avait une supposition qu’il n’y avait probablement aucun sens à cela. Dans le dernier cas, il y avait une confiance qu’il devait y avoir un sens et qu’elle voulait savoir ce que c’était. Je pouvais sentir sa confiance dans ce changement subtil, et cela m’avait rendu un peu plus heureux.

« Bien sûr qu’il y a un sens, » dis-je. « Si nous attirons leur attention avec cette courte scène dramatique, plus de gens regarderont. Les exercices sont bons pour la santé et le développement des enfants. J’essaie activement de diffuser tout cela. Mais, plus que tout, ce que je veux répandre, c’est le mot “Héros” ! »

« Le mot “Héros” ? » demanda Liscia.

C’était à ce moment-là que sur scène, la partie interlude des Exercices Énergisants de Silvan avait commencé.

Ivan se tourna vers les enfants et leur parla. « Vous allez tous bien ! Maintenant, il y a quelque chose que je voulais vous dire. Pour devenir une personne vraiment forte, vous avez besoin de plus que tout simplement de la puissance. Être fort ne suffit pas. Si vous oubliez d’être gentil, alors vous allez juste être une brute ! »

Puis il se tourna vers le Joyau de Diffusion de la Voix, c’est-à-dire vers les téléspectateurs, et parla. « La vérité est que je voudrais aussi être ami avec le Groupe Noir. Si nous pouvions parler des choses importantes, alors nous n’aurions pas besoin de recourir à nos poings. C’est pourquoi, peu importe qui est contre vous, n’abandonnez jamais le fait d’essayer de les comprendre. Que faites-vous s’ils sont encore déraisonnables et violents, vous demandez-vous cela ? C’est tout à fait raisonnable de penser à ça et de continuer à tenter de leur parler ! Pour vous assurer que vous pouvez protéger vos proches tout en faisant ça, faites vos Exercices Énergisants de Silvan ! »

L’interlude s’était terminé au moment parfait, et Ivan avait recommencé à faire des exercices au rythme de la chanson.

Quand elle entendit les paroles d’Ivan, après avoir fermé les yeux pendant un moment, Liscia déclara, « “Être fort ne suffit pas. N’oubliez pas d’être aussi gentil. N’abandonnez jamais le fait d’essayer de vous comprendre.”... C’est donc ce que tu voulais faire passer. »

Elle murmura de nouveau les mots, comme si elle réfléchissait à leur sens.

J’avais hoché la tête sans rien dire, puis j’avais parlé après quelques secondes. « Quand tu es petit, les mots que les adultes te disent ont une étrange façon de s’infiltrer en toi, n’est-ce pas ? Et cela, c’était d’autant plus vrai quand elles viennent d’un héros, ces mots resteront dans un coin de ton cœur, même quand tu grandiras. En prime, lorsque nous disons ces choses aux enfants, nous pouvons compter sur ceux qui s’en occupent qui les entendront aussi. »

Puis j’avais laissé tomber mon attitude enjouée, et j’avais adopté un ton des plus sérieux.

« Il y a une accalmie en ce moment, mais finalement tous les pays devront affronter le Domaine du Seigneur-Démon, » dis-je. « Ces mots sont quelque chose que je pose maintenant pour éviter que cela ne se transforme en un bourbier absolu qui ne s’arrêtera pas avant qu’un côté ou l’autre ne soit exterminé. Entre la capacité de Tomoe et les informations que nous avons échangées avec l’Empire, nous avons appris que nous ne pouvons pas mettre tout le monde dans le Domaine du Seigneur-Démon au même niveau. Si possible, avant qu’il y ait des combats, j’aimerais discuter avec ceux qui nous semblent accessibles, comme les kobolds qui ont épargné les loups mystiques. »

« C’est vrai..., » murmura Liscia.

« J’ai l’impression que, lorsque viendra cet instant, le nombre d’adultes forts, gentils et désireux de ne pas renoncer à la compréhension de l’autre côté décidera du sort de ce pays, » dis-je. « Si la plupart d’entre eux ne peuvent que penser à “Exterminer les démons”, alors nous nous dirigeons tout droit vers une guerre totale. Plus il y a de gens qui pensent : “Il doit y avoir des démons qui peuvent nous comprendre”, alors nous verrons d’autres chemins surgirent devant nous. »

Après avoir dit ça, Liscia avait un peu ri, puis elle m’avait poussée l’épaule. « Je suis satisfaite de l’explication, mais... n’est-ce pas un peu idéaliste de ta part de penser ça ? »

« C’est un spectacle pour enfants, d’accord ? » répondis-je. « Je veux que les enfants aient des idéaux. N’est-ce pas quelque chose de bien ? Je veux dire par là que quand les enfants sont étrangement réalistes à propos de certaines choses, c’est tout simplement insoutenable à voir. »

« ... Je pense que tu as raison, » répondit Liscia.

« De plus, c’est le travail d’un adulte de regarder la réalité pour que les enfants puissent continuer à parler d’idéaux, » continuai-je.

C’était aussi le travail d’un roi. Alors que je cherchais un avenir meilleur, je devais aussi me préparer à la possibilité que vienne un avenir sombre. Pour rester bon, la force était une nécessité absolue. J’avais besoin d’augmenter la force de la nation, d’élargir notre arsenal, et de mettre en place des choses afin que nous puissions endurer une guerre totale s’il en était ainsi. Je devais créer une nation qui était comme un grand arbre avec ses racines fermement ancrées dans le sol, celui qui ne tremblerait pas même quand la tempête était venue.

Pendant que j’y pensais, on aurait dit que les exercices avaient fini. Ivan avait alors déclaré « Bien joué ! » et il avait tapoté sur la tête des enfants qui était proche de lui. L’hôtesse, Juna, avait pris le relais à partir de là.

« Comment avez-vous aimé l’émission que nous venons de vous présenter, Chantons avec votre Grande Sœur ? » annonça Juna. « Cette fois-ci, nous tournons à l’intérieur du château, mais nous envisageons à l’avenir de faire des émissions en direct à partir des théâtres un peu partout dans le pays. Quand nous le ferons, nous chercherons des enfants pour chanter et faire des exercices avec nous, alors vous tous, mamans et papas, amenez vos enfants afin qu’ils viennent jouer avec nous ! Maintenant, et jusqu’à la prochaine fois, que tous le monde vienne ici... »

Quand Juna avait fait ce signal, les enfants, Roroa, Ivan et le Petit Musashibo, qui étaient revenus pour cette fin, firent tous face à la caméra et saluèrent ensemble.

« « « Au revoir ! » » »

Et ainsi, avec ces dernières paroles, la première émission éducative de ce monde prit fin.

« C’est tellement chaud... Laissez-moi mourir..., » se plaignit Pamille.

« Bon travail là-bas, Pamille, » lui déclara Juna.

Pamille, qui avait été à l’intérieur du Petit Musashibo, était maintenant groggy par la chaleur. Il devait faire très chaud à l’intérieur du costume kigurumi. Juna était là en train de la complimenter.

À côté de Pamille se tenait Carla, tenant ses genoux et sanglotant en position fœtale. « J’ai été vue dans un tel accoutrement... Je suis tellement embarrassée que je veux juste mourir. »

Il semblait que cette émission avec la super mignonne Mademoiselle Dran l’avait laissée dans un état de choc.

... Eh oui, je pourrais sympathiser avec elle, car Serina pourrait être une telle sadique quand elle se lâchait.

« À qui est la faute ? » rugit-elle. « C’est la vôtre, Maître ? »

« Pourquoi me dites-vous cela ? » demandai-je. « Le choix du costume est uniquement la décision de Serina, compris ? »

« Ahahaha... » elle avait ri d’une voix étrange. « Eh bien ! Vous savez, on dit qu’un supérieur est responsable des décisions prises par leurs subordonnés, n’est-ce pas ? »

Carla avait des yeux comme une sorte de personnage de type Yandere. J’étais inquiet de me faire sous peu écrasé ou griffé ou encore pire, un coup de poignard dans le dos ou dans le cœur !

« Calmez-vous, Carla ! » criai-je. « Si vous me tuez, vous mourrez également ! »

« Je suis tellement gênée que je pourrais tout simplement mourir... Alors je vais vous emporter avec moi... » répondit-elle.

Oh merde..., pensai-je. Ce regard présent dans ses yeux, elle est un peu trop sérieuse quant à ce qu’elle déclare...

« Aisha, à l’aide ! » criai-je.

« Madame Carla ! Nous sommes dans le château, dans le château ! » cria Aisha.

« Ne m’arrêtez pas, Madame Aisha ! » cria Carla. « Si je ne le tue pas, je ne pourrais pas moi-même mourir ! »

Pendant qu’Aisha la bloquait, j’avais fait une retraite hâtive.

Pourquoi devais-je subir pour toutes les tendances sadiques de Serina ? Eh bien, c’était sans aucun doute juste parce que Carla évacuait son embarras en une énorme colère.

... Probablement.

Maintenant, pour aller droit au but, Chantons avec votre Grande Sœur avait été un succès. Et c’était surtout le cas auprès des adultes.

Je savais que je l’avais fait avec les enfants comme public cible, mais pour une raison inconnue, leurs parents, et même les adultes sans enfants étaient encore plus passionnés à ce sujet.

Pour les femmes, c’était lié à l’adorable Petit Musashibo et l’attrait d’Ivan, un peu trop passionné.

Pour les hommes, c’était l’attitude décontractée du premier héros tokusatsu qu’ils avaient jamais vu, jumelé avec la méchante sexy jouée par Carla.

Eh bien ! Même au Japon, il y avait parfois des mères qui étaient encore plus accrochées à une émission que leurs enfants parce qu’elles regardaient les acteurs excitants. C’était probablement quelque chose comme ça.

Cela étant dit, dans le Royaume de Friedonia, les jours où Chantons avec votre Grande Sœur étaient au programme, plutôt que de voir les enfants qui imploraient leurs parents d’aller le voir, vous pourriez souvent voir des parents mendier auprès de leurs enfants pour y aller ensemble.

Eh bien, de toute façon, les enfants voyaient l’émission, donc tout allait bien, mais j’avais eu droit à un regard froid de Liscia quand elle avait découvert la situation.

« “C’est le travail d’un adulte de regarder la réalité,” dit-il... », déclara-t-elle froidement.

« E-Eh bien, euh, qu’est-ce qui ne va pas avec les adultes ayant des rêves ? » répondis-je.

Liscia me regarda froidement tout en restant silencieuse.

« ... Franchement, pourquoi tout cela a viré ainsi ? » murmurai-je.

J’avais l’impression que le niveau de bizarrerie de Friedonia avait monté d’un cran avec ça.

☆☆☆

Entracte 1 : La Robe Noire et la Petite Sœur Générale, maintenant en train de négocier

— Un jour au cours du deuxième mois de l’année 1547 du Calendrier Continental

Ce jour-là, la fierté du Royaume de Friedonia, le Premier ministre à la Robe Noire, Hakuya Kwonmin, avait tenu une réunion avec la Petite Sœur et Princesse de l’Empire du Gran Chaos et la commandante de la plus grande des armées, Jeanne Euphoria, à l’aide du Joyau de Diffusion et de simples récepteurs. Dans les négociations entre le Royaume et l’Empire, toutes les questions jugées insuffisamment importantes pour que le Roi Souma et l’Impératrice Maria tiennent des réunions directes étaient généralement traitées par ces deux personnes.

Aujourd’hui, la réunion avait commencé par des excuses de la part de Jeanne.

« Sire Hakuya, pour commencer. Permettez-moi de m’excuser pour le retard quand au choix de l’ambassadeur de l’Empire à Friedonia, » elle avait continué. « Voyez-vous, il n’y avait personne qui me semblait particulièrement apte pour ce poste. Nous cherchons quelqu’un de suffisamment digne de confiance pour que nous puissions lui révéler notre pacte secret, tout en étant capables de voir le Royaume comme un partenaire égal dans l’alliance, cela n’a donc pas été des plus facile... »

« L’opinion générale est que notre pays n’est pas digne d’être appelé votre égal, dites-vous ? » demanda Hakuya.

« Si je vous ai offensée, je m’en excuse, » déclara Jeanne.

« Pas du tout. C’est après tout un fait qu’il y a une nette différence de force entre notre pays et l’Empire, » répondit Hakuya.

« Il va sans dire que ma sœur et moi dépendons du Royaume, de Sire Souma, et de vous-même, » répondit Jeanne en souriant.

Hakuya avait alors fait un rire forcé. « Je pense que vous surestimez clairement le problème. »

« Vraiment ? Quand il s’agit de nos vassaux... Je pense qu’ils ont de forts préjugés en venant d’un pays qui a grandi jusqu’à devenir bien trop grand. Beaucoup trop d’entre eux confondent désormais la quantité de terres avec le pouvoir et la dignité d’un pays. »

« Avez-vous considéré qu’ils pourraient ne pas avoir entièrement tort ? » demanda Hakuya.

Plus un pays possède de terres, plus sa population était importante. L’augmentation des terres et de la population pourrait être directement liée aux gains de capacité de production. La capacité de production du pays était directement liée avec ses prouesses militaires.

Mais Jeanne secoua la tête. « C’est loin d’être vrai. Pensez-vous que Sire Souma dirait une telle chose ? »

« ... Il ne le ferait pas, non. Ce que Sa Majesté cherche le plus, ce sont les “individus”. » Avec un regard légèrement pensif, Hakuya continua. « Avant, quand je demandais à Sa Majesté : “Qu’est-ce qui vous a amené à faire du rassemblement de personnel votre toute première priorité ?”, il me répondait cela. “Les gens sont votre château, vos murs de pierre et vos douves. [1]”. »

« “Les gens sont votre château, vos murs de pierre et vos douves”... Je vois. C’est un bon dicton. » Jeanne avait fait un grognement approbateur.

Hakuya avait alors dit. « Eh bien ! Ce n’est pas quelque chose que Sa Majesté est venue par lui-même à dire. Il s’agit apparemment des paroles d’un stratège militaire dans le monde d’où il venait, » il avait craché le morceau, mais dans son cœur il pouvait comprendre pourquoi Jeanne avait grogné comme elle l’avait fait.

Souma avait aussi dit ceci : « Cela a été dit par quelqu’un qui existait réellement dans mon monde, un daimyo... Il s’agit d’un mot qui signifie quelqu’un qui était un stratège militaire capable et un seigneur féodal, juste pour que vous le sachiez. À cette époque, le penseur politique Machiavel disait le même genre de chose dans un pays très lointain. Il disait qu’en temps de paix, il vaut mieux abattre les murs. »

« Les murs ne sont utiles qu’en temps de guerre  quand les gens se lèvent contre vous. Si vous comptez sur les murs et régnez avec cruauté, les gens se tourneront contre vous, et ils inviteront des puissances étrangères dans votre pays. Donc, un prince est apparemment plus sûr en ne construisant pas des murs, mais en gagnant les gens à sa cause. Il est intéressant de voir qu’il y avait des gens dans l’Occident et dans l’Orient qui disaient à peu près la même chose en même temps dans l’histoire. »

Souma avait ri, mais ses mots avaient laissé une forte impression sur Hakuya. C’était vraiment le genre de chose que Souma, qui avait pris en compte les leçons de l’histoire afin de former ses politiques, ferait et penserait de lui-même. Parce que Souma avait appris les paroles des anciens, il avait rassemblé un groupe diversifié avec beaucoup de « dons », et cela incluait Hakuya.

Jeanne acquiesça. « Ma sœur a aussi dit quelque chose de similaire. “Le peuple représente les fondements du pays”. »

« Il semble que nous servons tous les deux de bons maîtres, » répliqua Hakuya.

« Bien que, dans mon cas, elle soit aussi une parente... bien que je pense quand même qu’elle est un bon maître. Même si elle peut parfois être un peu non-fiable, » répondit Jeanne.

Quand il vit le sourire ironique sur le visage de Jeanne, Hakuya se souvint de son propre maître qui, normalement, se concentrait sur l’efficacité, ne rejetait jamais sa compassion envers ses proches. Il pensait parfois que c’était inefficace, et il pouvait parfois être frustrant de s’en occuper, mais il ne se sentait pas étrange de ne pas vouloir lui faire abandonner cette compassion.

« Je ressens plus ou moins la même chose..., » déclara Hakuya. « C’est notre travail de les soutenir quand cela arrive. »

« Vous avez raison à propos de ça. Maintenant, passons aux choses sérieuses, » déclara Jeanne.

Les négociations avaient alors commencé.

Jeanne avait commencé à parler. « Maintenant... Je crois que nous devions discuter de la vente de notre blé pour vos assaisonnements : la sauce soja, le miso, et d’autres usages... Nous n’avons aucun problème avec ça. Ma sœur est très friande de cet assaisonnement que vous appelez “sauce soja”. Il va vraiment bien avec des plats contenant du poisson. »

« Ça va aussi bien avec les plats de viande, » déclara Hakuya. « Laissez-moi vous apprendre quelques recettes simples. »

« Je serais reconnaissante pour ça. Maintenant, vous voulez du blé en échange, mais j’ai été amené à croire que votre crise alimentaire avait été résolue, n’est-ce pas ? » demanda Jeanne.

« C’est exact, mais nous avons encore des incertitudes sur notre surplus. Nous voulons importer de la nourriture si la récolte de cette année est mauvaise, » répondit-il.

« Je comprends... D’ailleurs, nous aimerions pouvoir faire nous-même ces assaisonnements par la suite. Puis-je vous demander d’envoyer des gens de métier chez nous ? » demanda Jeanne.

« Les loups mystiques ont toujours le monopole des ventes dans le pays, donc... cela dépendra de la compensation que vous nous offrez, » annonça Hakuya.

« Je peux comprendre cela. Que diriez-vous de la méthode pour produire un compost spécial qui augmente la productivité des cultures ? » demanda Jeanne.

« Je crois que ça ferait un bon échange. Je pense que je vais courir avec ça auprès de Sa Majesté et obtenir sa permission, » déclara-t-il.

« Le point suivant... Suivant l’exemple des programmes diffusés à l’aide du Joyau de Diffusion de la Voix du Royaume, nous avons essayé de produire des programmes ici même dans l’Empire..., » annonça Jeanne.

« Hmm... Comment cela s’est-il passé ? » demanda Hakuya.

« Les émissions de chant ont été plutôt bien reçues, mais je n’aurais jamais imaginé que le plus populaire serait un programme qui suivrait ce que ma sœur a fait pendant sa journée, » répondit Jeanne. « Je n’ai aucune idée de ce qui est censé être intéressant dans tout cela... »

« Eh bien ! Après tout, ils l’appellent comme étant une sainte, » déclara Hakuya. « Je suis sûr que Madame Maria doit être aimée autant que la Prima Lorelei dans notre nation. »

« Pour autant que sa vie personnelle soit un gâchis, elle a au moins un joli visage, » concéda Jeanne. « Je vais donner ça à ma sœur. »

« Je ne sais pas si c’est seulement son visage... mais Madame Jeanne, votre sœur est après tout très belle, » répondit Hakuya.

« ... Je n’aurais jamais pensé qu’une telle flatterie sortirait de votre bouche, Sire Hakuya, » répliqua Jeanne.

« Hm ? Je ne flatte pas les personnes à la table des négociations, vous savez, » déclara Hakuya.

« Ohh... »

« Hm ? »

... Dix minutes plus tard.

« Hm, à propos de Sire Souma. Peut-être développe-t-il déjà une technologie intéressante du genre que nous n’imaginerions jamais ? » demanda Jeanne.

« ... Actuellement, je me pose également des questions à ce sujet, » déclara Hakuya.

« Hehe. Nous pouvons payer une somme considérable, alors pourriez-vous nous communiquer une petite partie des détails ? » demanda Jeanne.

« Eh bien... si vous nous révéliez comment la force principale de l’Empire, les escadrons de griffons, élèvent et entraînent leurs montures, ainsi que nous donner un certain nombre de couples reproducteurs, je pourrais considérer la question d’un point de vue favorable, » répliqua Hakuya.

« Ohh, cela n’arrive jamais, » dit Jeanne avec un large sourire.

« Dans ce cas, s’il vous plaît, abandonnez dès maintenant ce sujet, » répondit Hakuya avec un sourire.

« « Hee hee hee. » »

À partir de là, les négociations s’étaient bien déroulées, gardant cette atmosphère détendue.

Normalement, les négociations avaient été menées avec des marchandages entêtés, chaque camp cherchant à obtenir l’accord le plus avantageux pour son pays. Cependant, Hakuya et Jeanne étaient tous deux affûtés, et ils savaient tous deux dès le début où se situait le point de compromis, donc c’était juste une question d’échange d’idées jusqu’à ce qu’ils arrivent à ce juste milieu. Pour cette raison, trente minutes après le début des négociations, la grande majorité des affaires étaient déjà réglées.

Et ainsi, avec les négociations terminées...

« Wôw ! » Jeanne laissa échapper un soupir. « Quand je négocie avec vous, les choses vont toujours si bien. Bien que cela signifie que je ne peux pas baisser ma garde pendant ce temps... Je souhaite que les personnes têtues ici puissent apprendre une chose ou deux de votre exemple. »

« Je suis d’accord, mais... c’est vraiment en fonction d’avec qui je parle. Si vous n’aviez pas la capacité de repérer des points de compromis, et que vous n’étiez pas une partenaire fiable et digne de confiance, cela ne fonctionnerait pas comme ça, » répondit Hakuya.

« C’est très vrai... Eh bien, allons-nous prendre un peu de thé ? » demanda Jeanne.

« Cela m’a l’air d’un bon plan, » répondit Hakuya.

Ils se levèrent chacun, commençant à préparer du thé pour eux-mêmes.

Pour ces deux personnes très occupées, leurs réunions devaient durer une heure et pas plus. Cependant, parce que leurs négociations s’étaient si bien déroulées, ils n’avaient presque jamais épuisé tout le temps alloué. Ainsi, à un moment donné, il était devenu coutume de prendre le thé ensemble, de parler des événements récents et de se plaindre de leurs maîtres respectifs.

Bien que cela se fasse à travers un simple récepteur, les deux avaient beaucoup apprécié ce moment ensemble.

Jeanne prit une gorgée de thé et prit un moment pour se détendre. « Wôw... À propos du poste d’ambassadeur, j’aurais aimé moi-même le prendre. Si je l’avais fait, j’aurais pu vous voir en personne sans l’écran entre nous, et nous aurions pu avoir du vin au lieu du thé. »

« Je ne tiens pas bien l’alcool, » Hakuya y avait répondu avec un sourire ironique. « Bien que ce ne soit pas comme si je ne pouvais pas du tout boire... »

« Oh, maintenant c’est une surprise, » répondit Jeanne.

« L’alcool me monte rapidement à la tête, » expliqua-t-il. « Une fois que j’ai pris deux verres, je m’endors en un rien de temps. »

« Hehe. Si je devais le faire, je pourrais toujours prendre soin de vous quand vous seriez dans un tel état, n’est-ce pas ? » demanda Jeanne.

« Je me sentirais pathétique, en tant qu’homme, alors je préférerais ne pas avoir à faire ça, » répondit-il.

« Ahaha... Haha... » Le sourire de Jeanne se rétrécissait progressivement. « Eh bien... Je dis ça, mais ce n’est pas comme si je pouvais quitter l’Empire. J’ai mes devoirs, et d’ailleurs, sans moi ici, ma sœur serait vraiment toute seule. »

« ... Comment peut-elle être seule ? » demanda Hakuya. « Il y a sûrement plus de gens capables dans l’Empire que d’étoiles dans le ciel. »

« Ce n’est pas comme ça que je le pensais. Il y a une différence entre des serviteurs et la famille, » répondit Jeanne.

Jeanne baissa les yeux, la discussion la peinant clairement.

« Ma sœur travaille d’arrache-pied pour porter l’Empire que notre père lui a laissé. Elle a beaucoup de fidèles qui lui ont juré de leur loyauté. Cependant, ils ne peuvent offrir à ma sœur aucun confort. Normalement, ce serait le devoir de nous, sa famille, mais je suis occupée avec mes devoirs, et notre plus jeune sœur est une excentrique... Eh bien, disons que je ne peux pas compter sur elle pour faire beaucoup de choses à cet égard. Je pense que je devrais lui trouver un mari qui se mariera dans notre famille, mais le trône laisse planer une grande ombre sur le sujet, et seuls des hommes d’ambition l’approcheront. Même si un homme sans ambition essayait d’approcher ma sœur, les ambitieux se mettraient simplement en travers de son chemin, j’en suis sûre. »

Hakuya était resté silencieux.

La solitude de l’impératrice. Quand il avait entendu cela, Hakuya avait alors pensé à son propre maître. Il pensait à Souma, qui, quand il n’était pas préoccupé par la politique, passait son temps entouré de ses quatre fiancées et de sa petite sœur honoraire, sans se préoccuper de garder une apparence digne.

Quand Hakuya l’avait vu agir si peu comme un roi, il s’en était plaint à plusieurs reprises, « Vos vassaux vous regardent. Je sais que c’est votre temps libre, mais s’il vous plaît, reprenez-vous un peu, », mais peut-être était-il important pour Souma d’avoir ces temps-là afin de ne pas tomber dans la solitude.

Quand cette idée lui vint à l’esprit, Hakuya avait un peu souri.

« Hm ? Qu’est-ce qu’il y a, Sire Hakuya ? » demanda Jeanne.

Quand Jeanne lui avait demandé cela avec méfiance, Hakuya avait fait un grand mouvement avec sa tête et lui avait répondu. « Rien d’important... Je pensais juste qu’étonnamment, cela pouvait vous prendre juste un sentiment pour remplir cette solitude. »

Après cela, leur moment agréable ensemble avait continué pendant un petit moment.

Notes

  • 1 Phrase historique attribuée à Takeda Shingen qui était l’un des principaux daimyos ayant combattu pour le contrôle du Japon durant l’époque Sengoku. La phrase complète était : les gens sont votre château, vos murs de pierre, et vos douves. Protégez-les, et ils vous protégeront.

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