Genjitsushugisha no Oukokukaizouki – Tome 2 – Chapitre 8 – Partie 1

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Chapitre 8 : La Déclaration de Guerre

Partie 1

— Le soir du 1er jour du 10e mois de l’année 1546 du Calendrier Continental — près d’Altomura.

L’armée amidonienne avait accepté de lever le siège à la demande du seigneur du château, Weist Garreau, mais à midi, il n’y avait toujours pas eu de signes annonçant l’ouverture des portes d’Altomura.

Le Prince Souverain d’Amidonia, impatient de voir évoluer la situation, avait ordonné que le siège soit repris. Puis, une fois l’encerclement de la ville terminé, il avait donné l’ordre d’effectuer une attaque frontale de toute l’armée en même temps. Cependant, après avoir levé le siège de la ville, il avait fallu beaucoup de temps pour encercler à nouveau la ville. Nous nous trouvions proches du début de la soirée quand la tâche fut enfin terminée.

« Soyez maudit... » Jura Gaius. « De penser que je serais pris pour un imbécile par un petit homme sans importance tel que Weist. »

Alors qu’il était assis sur un tabouret dans le camp principal d’Amidonia, Gaius frappa du pied dû à son impatience. Quand ils le virent agissant ainsi, tous ses officiers et soldats se placèrent le plus loin possible de lui. Ils savaient tous que si quelque chose arrivait et que cela déclenchait sa colère, cela pourrait leur coûter la tête. Bien sûr, cela avait créé une atmosphère pesante sur tout le camp.

Au milieu de tout ça, le prince héritier, Julius, fit de son mieux afin de calmer Gaius.

« Cela signifie simplement qu’une petite nuisance cause de petites nuisances, » dit-il. « Il a effectué une tentative inutile afin de gagner un peu de temps. Mais cette fois-ci, nous devrons juste nous assurer de l’écraser totalement. Alors, pourquoi être autant énervé à ce propos. »

« ... Mphfff, » dit Gaius. « Tout à fait. Car après tout, sa lutte est certainement vaine. »

Il semblait avoir été apaisé par les paroles de Julius. Il continua de parler.

« Désormais, il est trop tard pour eux de me supplier pour leur vie. Je vais totalement détruire cette ville de province au moment où le soleil se lèvera. Quand le moment sera venu, Weist, je vais accrocher votre tête sur les portes du château. Mais pas avant de vous avoir torturé jusqu’à ce que vous m’ayez imploré que je vous tue ! »

« ... Je crois que faire ça serait très approprié, » déclara Julius.

Contrairement à Gaius, qui était toujours en colère, Julius affichait une expression glaciale. Pourtant, l’incertitude commençait à prendre racine dans son esprit. Il avait ressenti une présence suspecte de l’autre côté de ces murailles. Pourquoi Weist serait-il venu afin de gagner du temps sans espoir de gagner ?

Alors qu’il analysait ça, un soldat amidonien se précipita dans le camp principal.

« J’ai un rapport ! Une femme a été aperçue sur les murs d’Altomura ! » dit-il.

« Une femme ? » Demanda Julius.

Alors qu’il écoutait le soldat qui s’était incliné avant de faire son rapport, Gaius haussa les sourcils. « Mais, qui est-elle ? »

« Et bien... selon l’un des commandants qui l’a immédiatement reconnue, il s’agit d’Excel Walter, l’Amirale de la Marine d’Elfrieden, » déclara le soldat.

« Avez-vous bien dit Excel Walter ? » Gaius doutait de ses propres oreilles. « Vous dites que l’un des trois ducs se trouve à l’intérieur de ce château !? »

C’était dur à croire. Le roi d’Elfrieden, Souma, avait effectué son ultimatum envers les trois ducs il y a seulement quelques jours. Certes, l’Amirale Excel Walter lui avait juré de sa loyauté, mais au moment où les espions lui avaient communiqué cette information, les armées de la Principauté étaient déjà en train d’assiéger Altomura.

Sa base d’opérations était la Cité Lagune qui se trouvait au bord nord-est du Royaume, tandis qu’Altomura était proche du bord sud-ouest. Peu importe à quelle vitesse elle avait voyagé, il aurait fallu au moins trois ou quatre jours afin de parcourir cette distance. Si Excel se trouvait dans la Cité Lagune lorsque l’ultimatum avait été effectué, alors elle n’aurait pas pu arriver à Altomura à temps.

« Pourquoi !? Pourquoi est-ce qu’Excel est ici !? » S’écria Gaius.

Et contrairement à un Gaius qui semble incrédule, Julius avait l’air comme si tous se mettaient en place dans son esprit.

« ... Excel a très probablement déjà communiqué avec Souma avant même l’ultimatum, » déclara Julius.

La véritable identité de cette sensation sur laquelle il n’avait pas pu mettre un nom venait enfin d’être connue. C’était ce qu’il avait ressenti en permanence en provenance d’Altomura. Était-ce l’ombre d’Excel ?

Au moment où il se rendit compte de tout ça, Julius découvrit le plan traître que l’ennemi avait conçu, le faisant pâlir d’un coup. Si Excel et Souma avaient été secrètement en contact, il était possible que les deux autres ducs soient aussi de leurs côtés.

Et si cet ultimatum n’avait été qu’une farce... !?

C’était à ce moment-là que Julius réalisa enfin le véritable but de l’ennemi.

« Père, donnez l’ordre afin que nous partions d’ici en toute hâte ! Nous avons été attirés jusqu’ici ! » Cria-t-il.

Julius posa un genou sur le sol devant son père, offrant avec beaucoup de regret ses conseils. Gaius cligna des yeux en entendant la soudaine suggestion de retraite. « Attiré ici ? Qu’est-ce que vous voulez dire par là ? »

« Il est très probable qu’Excel était déjà à Altomura quand elle a pris part à la réunion où cet ultimatum a été lancé par le roi, » déclara Julius. « Tout comme eux, nous avons aussi un Joyau de Diffusion de la Voix dans notre pays. Et il ne serait certainement pas impossible d’en transporter un ailleurs. »

« Pourquoi aurait-elle besoin de le faire ? » Demanda Gaius.

« Je suis sûr que c’était afin de nous bloquer devant cette cité, » déclara Julius, un visage amer clairement visible. « La cible de l’ennemi est... »

« Ceci est une annonce qui concerne tous les citoyens d’Elfrieden. »

Julius fut interrompu en plein milieu de sa phrase. Une voix assez forte pour que tous les soldats d’Amidonia encerclant Altomura puissent l’entendre fit écho dans toute la région. Quand ils se tournèrent dans la direction afin de voir ce que c’était, ils virent qu’il y avait une silhouette géante debout sur les murs d’Altomura.

Il devait faire environ 20 mètres de haut. Si cela avait été véritablement la personne elle-même, alors il serait clair que cette personne serait un géant. Cependant, un paysage était visible derrière lui. Il devait y avoir une sorte d’illusion utilisée là.

Cette silhouette était celle du roi provisoire d’Elfrieden, Souma Kazuya.

Aujourd’hui, il ne portait pas la tenue décontractée qu’il portait habituellement. À la différence des autres fois, il était vêtu d’un uniforme militaire très approprié pour une telle situation. On dit que les vêtements font l’homme, et là, il a l’air beaucoup plus intimidant que d’habitude.

Gaius et Julius regardèrent Souma avec des regards emplis de haine.

***

« Je le répète. Ceci est une annonce qui concerne tous les citoyens d’Elfrieden. Je suis le roi provisoire d’Elfrieden, Souma Kazuya. »

Pendant ce temps, sur les murs du château, Excel regardait l’image géante de Souma en uniforme militaire avec une expression compliquée clairement visible sur son visage.

La brume sur laquelle était projetée cette image de Souma avait été produite par la magie d’Excel.

Avec le Pouvoir Magique qu’exerçait Excel en tant que descendante des serpents marins, il était facile d’imiter l’un des générateurs de brouillard des récepteurs utilisés pour la diffusion du Joyau de Diffusion de la Voix. En ce moment, Excel utilisait ce pouvoir pour montrer à l’Armée d’Amidonia l’image de Souma en provenance du Joyau de Diffusion de la Voix.

Souma commença par donner une explication complète sur la séquence d’événements qui avait conduit à l’actuelle situation.

Comment, le Général de l’Armée de Terre, Georg, avait abrité des nobles corrompus, et donc l’Armée Interdite et l’Armée de Terre étaient entrées en conflit.

Il avait aussi parlé sur le Général de l’Armée de l’Air, Castor, qui s’était révolté contre lui, prêt à devenir un martyr en raison de son amitié avec Georg.

Et aussi sur le fait que dès le début, entre les trois ducs, seule l’Amirale de la Marine, Excel, avait exprimé son intention de le servir loyalement.

Bien sûr, il annonçait les faits les uns après les autres, sans donner beaucoup de détails, mais les détails n’étaient pas importants pour la plupart des personnes présentes. Ce qu’elles voulaient entendre était de savoir si elles allaient être prises dans ce conflit ou non.

« Beaucoup d’événements sont survenus ces derniers jours, mais à l’heure actuelle, l’Armée Interdite, l’Armée de Terre, la Marine et l’Armée de l’Air sont toutes sous mon contrôle, » annonça Souma. « En tant que tel, je proclame par la présente que la guerre civile est arrivée à son terme. »

Le conflit entre le roi et les trois ducs était donc terminé.

Pour les citoyens, juste savoir ça était déjà largement suffisant. Cependant, Excel affichait dès lors un regard douloureux à la suite de ces mots.

Nous nous trouvions que deux jours après l’ultimatum. Cette annonce signifiait aussi qu’en ce jour, Souma avait vaincu l’Armée de l’Air de Castor Vargas et l’Armée de Terre de Georg Carmine.

Excel pouvait comprendre pour Castor. Il s’était révolté avec uniquement ses troupes personnelles, et Excel avait partagé ses connaissances concernant des itinéraires qui pourraient être utilisés pour envahir la Cité du Dragon Rouge afin d’aider à sa capture en douceur.

Cependant, Excel avait senti quelque chose d’artificiel dans la manière dont Georg s’était rendu si facilement.

Le temps qu’il m’a été demandé, de gagner était si court, donc je pensais bien qu’il y avait peut-être quelque chose de prévu, mais... Je n’aurais jamais imaginé qu’ils puissent travailler ensemble dès le début, pensa-t-elle. Il semblerait que Castor, moi-même, et même Sa Majesté avons dansé dans la paume de la main de Georg Carmine.

Malgré son apparence jeune, Excel se demandait si c’était comme ça qu’on voyait l’âge venir. Alors qu’elle commençait à comprendre le plan de Georg, elle regarda au loin tout en poussant un soupir.

Si tel était le cas, j’aurais dû agir d’une manière encore plus pressante afin de forcer Castor à s’arrêter... Si j’avais risqué ma vieille carcasse, aurais-je pu sauver deux vies ?

C’est ce qu’Excel pensait alors qu’elle regardait l’image de Souma.

Le discours de Souma arriva à son apogée.

***

« La guerre civile a désormais pris fin. Pourtant, il est bien trop tôt pour que nous puissions rengainer nos lames ! Les armées de la Principauté d’Amidonia ont traversé la frontière et ont envahi notre pays ! En ce moment même, les forces amidoniennes ont assiégé la ville d’Altomura qui se trouve au sud-ouest du royaume ! » annonça Souma.

Lorsque le roi avait soudainement révélé l’invasion d’Amidonia, environ la moitié de la population avait été tendue, tandis que la moitié avait réagi en étant choqué. Ceux qui étaient tendus étaient ceux de l’ouest qui avaient déjà reçu des informations concernant l’incursion amidonienne, tandis que ceux qui étaient choqués étaient ceux de l’est du pays où les nouvelles n’étaient pas encore arrivées.

Comme l’invasion effectuée par la Principauté d’Amidonia n’avait débuté que depuis quelques jours, l’information n’avait pas encore été complètement diffusée.

Les populations de l’est avaient réagi à cette soudaine nouvelle en tombant en pleine panique. Toutefois...

« Mais n’ayez pas peur, » déclara Souma. « J’avais prévu que cela pourrait arriver, et j’ai donc envoyé la Duchesse Excel à Altomura. Jusqu’à présent, l’ennemi n’a pas pu capturer la cité d’Altomura. »

Lorsque la population entendit les paroles de Souma, cela permit de les calmer un peu. Il continua.

« J’ai déjà l’Armée Interdite, l’Armée de Terre, la Marine et l’Armée de l’Air sous mes ordres, » annonça Souma. « L’armée qui nous envahit en provenance de la Principauté possède environ 30 000 soldats. De notre côté, en combinant les différentes armées, nous pouvons mobiliser environ 55 000 soldats. Si nous marchons maintenant jusqu’à Altomura, ce serait une tâche simple de neutraliser ces barbares qui nous envahissent. »

Quand ils entendirent ces mots, une impression de soulagement se répandit parmi la population. Cependant, à l’instant suivant...

« Mais, très cher peuple. Est-ce assez selon vous !? » Cria Souma.

Cette impression de soulagement avait été dissipée alors que le roi haussait la voix.

« La Principauté d’Amidonia a toujours visé à prendre les terres de ce pays, » Continua Souma. « Pendant des générations, leurs princes ont agi afin de retrouver leurs terres perdues, augmentant leur armée et gardant la frontière dans un état de tension constante. Le prince actuel, Gaius VIII, n’est pas différent des autres. Il a accentué les flammes de conflit entre les trois ducs et moi-même, agissant dans les coulisses afin d’atteindre ses propres objectifs ! Puis, lorsque le conflit entre Georg et moi est devenu une certitude, il a levé ses armées, puis est allé piétiner sous leurs pieds les terres appartenant à notre pays ! »

Il était exact que Souma avait fait quelques manœuvres dans l’ombre, créant par exemple une quête dans la guilde des aventuriers afin de faire évacuer les villes et les villages se trouvant sur le chemin des Armées de la Principauté. Cependant, cela ne signifiait pas qu’il n’y avait pas eu de pertes. Il y avait eu des villages délibérément brûlés par l’ennemi. Il y avait probablement eu aussi des pillages. Et si quelqu’un avait eu le malheur de se retrouver nez à nez avec les éclaireurs ennemis alors qu’il fuyait, il se peut qu’il y ait eu des vies perdues.

En plaçant sa colère dans les mots qu’il prononçait, Souma continua.

« Je vous le demande donc une fois de plus ! Êtes-vous satisfait de simplement les chasser hors du pays !? Dans cette ère de troubles, alors que toute l’humanité essaie de s’unir avec l’Empire Gran Chaos afin de contrer les armées du Seigneur Démon, est-il possible de tolérer un pareil comportement qui fut si barbare et violent ? Non ! C’est certain que ce n’est pas possible de l’accepter ! En tant que tel, alors qu’il n’est pas nécessaire pour notre pays de le dire, vu que nous avons fait l’objet d’une attaque-surprise, je le dirai néanmoins. »

À ce moment-là, Souma s’arrêta pendant un instant. Il prit une profonde inspiration avant de proclamer d’une voix très ferme.

« Le Royaume d’Elfrieden déclare la guerre à la Principauté d’Amidonia ! »

Il s’agissait donc d’une déclaration de guerre. La population devint tendue alors qu’elle entendait ces paroles.

Il s’agissait de mots qu’ils n’avaient jamais entendus à l’époque de l’ancien roi, Albert.

Les hommes étaient engloutis dans un étrange sentiment d’exaltation, tandis que les femmes étaient effrayées, et les anciens qui avaient vécu à l’époque des guerres et du chaos présent pendant le règne du roi d’avant Albert, celui qu’on appelait désormais le Conquérant, craignaient que ces jours de noirceurs ne reviennent.

Cependant, Souma avait continué sans la moindre hésitation présente dans sa voix.

« Je suis sûr que les armées d’Amidonia regardent aussi cette émission. Et donc, je leur déclarerai cela. J’ai envoyé vers l’ouest les forces rassemblées dans le duché de Carmine. Leur but sera de capturer la capitale de la Principauté, Van. Alors que vous, les forces de la Principauté perdrez votre temps près d’Altomura, nous allons sans doute raser entièrement vos maisons. »

Et alors, Souma acheva son discours avec des paroles qui resteront dans les annales, et qui seront sans aucun doute utilisées afin de représenter l’intégralité de cette scène quand elle sera dramatisée au cours des prochaines années.

« Écoutez-moi, Gaius ! Maintenant que vous avez posé la main sur ma maison, je vous ferais voir ce qu’il vous en coûtera ! »

***

Les wyvernes porteuses du palanquin de l’Armée Interdite utilisée pour les voyages royaux à l’étranger (également connus sous le nom de "wyvernes de salon") étaient quatre wyvernes qui portaient une nacelle aussi luxueuse qu’une limousine. Elles jouaient un rôle semblable à celui d’un dirigeable.

Il s’agissait de l’une des quatre wyvernes que j’avais prêtées à Poncho quand il avait dû chercher un peu partout ces ingrédients.

L’intérieur de la nacelle était spacieux et luxueusement aménagé.

Au début, lorsque l’argent avait manqué, j’avais même envisagé de retirer toutes les décorations et de les vendre. Mais Marx, qui était à l’époque Premier ministre m’avait suppliée de ne pas le faire. « Ceux-ci servent de façade pour notre royaume vis-à-vis du monde extérieur. Alors, s’il vous plaît, ne les vendez pas ! » J’avais donc abandonné l’idée.

J’étais à l’intérieur de cette nacelle, venant juste de terminer ma déclaration de guerre contre la Principauté d’Amidonia.

Le Joyau de Diffusion de la Voix était placé sur le sol juste devant moi. Aussi spacieuse que pût être la nacelle, nous avions eu beaucoup de mal à charger la gemme. Parce que la gemme était juste assez large pour se coincer vis-à-vis du toit, nous avions été obligés de couper une ouverture dans le haut et de la faire passer par là-bas.

À cause de ça, maintenant que nous volions en haute altitude, le vent s’engouffrait à l’intérieur de la nacelle et il faisait très froid. J’espérais seulement que mes jambes tremblantes n’étaient pas trop visibles lors de la diffusion de la déclaration de guerre.

« Souma, vous avez fait du bon travail, » déclara Liscia. « Maintenant, venez ici ! »

Après que j’avais dû résister au froid pendant assez longtemps pour que je puisse finir ma déclaration de guerre, Liscia ouvrit la couverture qu’elle avait mise autour d’elle afin de me laisser entrer moi aussi sous la couverture.

Deux personnes enveloppées dans une couverture. Oh, quelle chaleur ? J’avais finalement l’impression que je pouvais désormais me reposer. Je n’avais jamais été aussi reconnaissante de la chaleur d’une autre personne avant aujourd’hui.

« Ahh, il faisait tellement froid, » me plaignais-je. « Si j’avais su qu’il allait faire si froid, je pense que j’aurais préféré passer par la voie terrestre. »

« Si vous aviez tenté de charger la gemme dans un autre véhicule, une voiture à cheval n’aurait certainement pas suffi, » déclara Liscia. « Et si vous l’aviez transportée sur le dos d’un rhinosaurus, n’auriez-vous pas eu le mal des transports ? »

« ... Hehe, tous les deux sont aussi négatifs, » murmurai-je.

J’étais monté sur des rhinosaurus lorsque nous avions aidé le village des elfes sombres. C’était tout sauf un voyage en douceur.

Hal et les autres se déplacent probablement avec eux, pensai-je. Je dois trouver un moyen d’améliorer la situation et cela rapidement. Cela pourrait être un problème si je ne le faisais pas.

Alors que j’étais assis là-bas, je pensais souvent à de telles choses...

« H-Hmph... Un peu de froid comme celui-ci... ce n’est rien... » déclara Carla, assise en face de nous et essayant de paraître forte alors qu’elle frissonnait.

Cette fille que j’avais amenée avec nous en tant qu’otage vis-à-vis de l’Armée de l’Air portait peut-être une armure, mais elle n’avait pas de couverture afin de la protéger du froid. J’avais proposé de lui prêter une couverture, mais elle l’avait refusée, essayant de paraître forte.

Je pense qu’elle doit aller bien, étant donné qu’elle est un dragonewt, mais... maintenant que j’y pense, ils sont reptiliens, n’est-ce pas ?

« Les dragonewts ont-ils du mal à s’adapter au froid, tout comme les lézards ? » demandai-je.

« Ne nous comparez pas avec les lézards ! » cria-t-elle. « Oui, c’est vrai, nous avons du mal avec le froid, mais... »

« Mais vous devez voler à des altitudes assez élevées dans la Force Aérienne, n’est-ce pas ? » demandai-je. « Ne fait-il pas très froid quand vous faites cela ? »

« ... Nous prenons les mesures appropriées afin de nous protéger contre le froid, » répondit-elle.

« Hum, oui. Je suppose que vous devez le faire, » lui répondis-je.

Ce genre de froid devait être un événement quotidien pour ceux étant dans l’Armée de l’Air, alors ils devraient avoir des moyens de le faire.

Après que je me fus levé avant de poser une couverture de rechange autour de Carla, elle me fit un maladroit « ... Hum » avant de s’emmitoufler dedans alors qu’elle reniflait un peu.

Puis...

« Franchement... Comment pouvez-vous dire “Maintenant que vous avez posé la main sur ma maison, je vous ferais voir ce qu’il vous en coûtera !” ? » s’écria-t-elle. « Vous avez été celui qui a créé la tentation afin que les forces d’Amidonia nous attaquent par eux-mêmes, n’est-ce pas ? Sale bât... Je veux dire, Votre Majesté. » Carla se retourna pour me faire face, détournant les yeux.

« ... Hehe, vous l’avez donc remarqué, » répondis-je.

« Maintenant que je connais l’intégralité de la scène, ce n’était pas difficile à deviner, » dit-elle. « Vous avez utilisé les troubles intérieurs du pays afin d’attirer les Amidoniens, et maintenant vous allez les frapper, n’est-ce pas ? Est-ce que le Duc Carmine était aussi dans le coup ? »

« ... Je suppose que vous pourriez dire que vous avez à moitié raison, » dis-je. « Ce qu’a fait Georg a été entièrement réalisé à la suite de sa propre initiative. La cible de l’assujettissement qu’Hakuya et moi-même prévoyions dès le départ était la Principauté d’Amidonia. »

En enquêtant sur la corruption des nobles, j’avais appris que ce n’était pas qu’un petit nombre de nobles à l’intérieur du royaume qui travaillaient avec la Principauté d’Amidonia. Qu’il s’agît de liens familiaux, de pots-de-vin ou de détournements illégaux de fournitures, leurs connexions prenaient de nombreuses formes, mais l’existence de ces nobles était extrêmement dangereuse pour ce pays. Par exemple, si Amidonia devait envahir dans la situation actuelle, et si elle avait organisé une révolte dans tout le pays, cela aurait pu être un coup fatal pour ce royaume.

À cause de ça, Hakuya et moi avions réfléchi à diverses façons de résoudre la racine du problème. Et par "la racine", bien sûr, je voulais parler de la Principauté d’Amidonia elle-même.

« La Principauté d’Amidonia a été une menace constante pour ce pays, » dis-je. « Si nous les avions laissés tranquilles, je ne doute pas qu’ils continueraient à fomenter une rébellion. Si cela se produisait, alors beaucoup de personnes seraient blessées dans cet incident. C’est pourquoi Hakuya et moi avions prévu d’utiliser ces circonstances opportunes afin de leur infliger une défaite écrasante et les dépouiller de leur influence. Pour ce faire, nous avons utilisé de fausses lettres et d’autres méthodes du même genre afin d’essayer de les attirer dans un piège, mais... »

Là, je m’étais arrêtée un instant, grattant l’arrière de ma tête.

« À peu près à la même époque, Georg était en train de préparer un plan complètement distinct, » dis-je. « En prenant délibérément une position rebelle contre moi, il a rassemblé les nobles corrompus autour de lui. Puis il a projeté de lancer une rébellion et de perdre, afin qu’ils soient tous capturés avec lui. Vous comprenez, c’était son plan. »

« Vous... avez-vous été informé de ce plan ? » demanda Carla, ses yeux écarquillèrent alors qu’elle posait cette question.

Je hochai la tête tout en restant silencieux.

Liscia regarda vers le sol, ayant un air peiné à cause de ça.

« On nous a parlé du plan de Georg beaucoup plus tard, » dis-je. « Une fois que la situation avait progressé au point où personne ne peut revenir. Il a dû penser que nous l’arrêterions s’il nous révélait son plan dès le départ. Et en vérité, s’il me l’avait dit dès le début, je pense que je l’aurais fait. Ce genre de... plan nécessitant son sacrifice... Je n’aurais pas pu l’accepter. »

« Je vois. D’une certaine manière, ce que mon père disait était juste, » murmura Carla, ses épaules s’affaissèrent tout en disant ça.

« Qu’est-ce que Castor a dit ? » demandai-je.

« La veille de votre ultimatum, mon père a dit quelque chose comme ça “Je ne peux pas imaginer que le duc Carmine soit rendu fou par l’ambition.” »

À bien y penser, il... Castor avait dit quelque chose comme ça quand j’avais lancé mon ultimatum. Il avait dit ça, « Je ne peux pas imaginer que le Duc Carmine s’opposerait à vous sans une bonne raison. »

... Et il avait raison. Il n’y avait rien de faux dans ce qu’il avait dit. Castor était enclin à prendre des décisions hâtives, mais il avait peut-être compris instinctivement la véritable nature de la situation.

« Pourquoi... ? » Demanda Carla avec regret après un moment de silence, évitant toujours de regarder mes yeux. « Pourquoi n’avez-vous pas averti mon père avant ça ? Si seulement il avait su ça... »

« ... Plus il y a de personnes qui connaisse un secret, et plus le risque de fuite de ce secret est important, » expliquai-je. « Il ne pouvait pas se le permettre. Surtout que s’il l’avait su, Castor aurait essayé de toutes ses forces de l’arrêter, n’est-ce pas ? »

« C’est... » Carla devint silencieuse après ça.

Je serrai fermement les poings sous la couverture. « Nous avions déjà beaucoup dépensé, y compris la vie de Georg, pour que ce plan puisse se concrétiser, » dis-je. « Alors que nous ne pouvions plus revenir en arrière, nous devions tout faire afin de nous assurer qu’il réussisse. S’il ne réussissait pas, nous aurions dépensé tout cela en vain. C’est pourquoi j’avais espéré que Castor choisisse de nous accompagner de lui-même. Excel et moi avons donc continué à essayer de le persuader de venir avec moi. Et puis... Castor a dit qu’il préférerait mourir pour son amitié, puis rejoint le côté de Georg. »

Je serrais les dents à cause de la frustration. Pourquoi les choses s’étaient-elles si mal passées ?

Tout le monde venait de faire comme ils l’auraient voulu selon leurs propres raisons arbitraires. Au moment où je l’avais réalisé, je dansais déjà selon le scénario dont je ne connaissais même pas l’auteur. Et je ne savais même pas si mon rôle sur la scène de ce monde était celui d’un roi ou d’un bouffon.

Carla avait baissé la tête, incapable de dire quoi que ce soit. Liscia semblait vouloir lui dire quelque chose, mais elle se retint de le faire.

Alors que je regardais les deux filles, je laissais échapper un petit soupir. C’est vraiment... un rôle désagréable que d’être un roi.

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4 commentaires

  1. Merci pour le chapitre.

  2. Merci pour le chapitre.
    P.S : je veux modifier la dernière phrase, ça devrait être : "C’est vraiment… un rôle désagréable que d’être un BON roi." Être un roi véreux qui abuse de son pouvoir à l'air d'être agréable.

    • C'est vrai que cette phrase serait plus approprié en vue de l'état d'esprit de Souma. Mais c'est simplement implicite en vue de la mentalité de Souma et de ses raisons qui le pousse à agir ainsi.

  3. Merci pour ce chaleureux chapitre *w*

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