Genjitsushugisha no Oukokukaizouki – Tome 2 – Chapitre 3 - Extra

Bannière de Genjitsushugisha no Oukokukaizouki ☆☆☆

Histoire Supplémentaire : L’Histoire d’un certain Groupe d’Aventuriers 2

Ceci arriva quelques jours avant l’ultimatum fait aux trois ducs.

Je me trouvais dans une chambre sombre avec Hakuya, avec une grande carte de ce pays se trouvant sur la table. Il y avait des pions de différentes tailles, tous en forme de T à l’envers, à différents endroits de la carte. Dans la zone représentant la capitale royale, Parnam, il y avait un grand pion et un pion de taille moyenne. Sur la ville centrale du duché de Carmine, Randel, il y avait quatre grands pions. Dans la ville centrale du Duché de Vargas, La Cité du Dragon Rouge, il y avait un seul pion qui était plus petit que les autres. Ces pions en forme de T représentaient les forces positionnées dans chaque emplacement.

Hakuya utilisait un long bâton afin d’expliquer chacun de ces pions.

« Les grands pions représentent une force de 10 000 hommes, les moyens, une force de 5 000 hommes et les plus petits une force de 100 hommes. En d’autres termes, le nombre de troupes que vous pouvez mobiliser est de 15 000, alors que Duc Carmine a rassemblé environ 40 000 soldats. Il y avait beaucoup de déserteurs de l’armée, tels que Glaive Magna, mais ils semblent avoir compensé leurs pertes avec les troupes personnelles des nobles accusés de corruption. » (Hakuya)

« Hm... donc, aucune modification quant aux nombres de troupes... » Dis-je.

« C’est exact. En outre, selon les informations que nous avons reçues de la Duchesse Walter, le Duc Vargas a décidé d’agir comme il l’avait déclaré avant. Il n’a pas fait venir l’Armée de l’Air. Il semble qu’il ait l’intention d’entrer en conflit avec seulement ses 100 hommes faisant partie de ses propres troupes. » (Hakuya)

« Hm... Mais dans ce cas, s’il s’agit des troupes personnelles de Castor, ne sont-ils pas tous des chevaliers-wyverne ? » J’avais ramassé un des pions de taille moyenne à côté de la carte et j’avais remplacé le petit pion se trouvant sur la Cité du Dragon Rouge par le nouveau. « J’ai entendu dire qu’un seul chevalier-wyverne possède la puissance équivalente à 500 soldats de l’armée de terre. Donc si l’on regarde leur force, on devrait plutôt penser qu’ils équivalent à 5 000 hommes de nos propres troupes. Même s’il n’y en a que 100 hommes sous ces ordres, nous ne pouvons pas nous permettre de sous-estimer leur puissance. »

« Je suis impressionné par vos capacités d’observation. » Hakuya s’inclina devant moi avec une révérence. Il faisait une grande scène devant moi, mais je savais qu’il agissait probablement que d’une manière flatteuse vis-à-vis de moi.

« Arrêtez avec ça, » dis-je. « Je ne me réjouis pas du tout de pouvoir ainsi souligner combien la situation est mauvaise pour nous. »

« Je suppose que non, » répondit-il. « Il semblerait que la situation s’aggrave de plus en plus... »

Avec ces mots, Hakuya avait placé trois grands pions à la frontière commune avec la Principauté d’Amidonia qui se trouvait au sud-ouest. Ces trois grands pions représentaient les forces d’Amidonia qui allaient envahir ce pays.

« Les armées de la Principauté d’Amidonia sont préparées à traverser la vallée proche des Montagnes d’Ursules afin de nous envahir, » dit-il.

« Leur effectif total est donc 30 000 hommes, n’est-ce pas ? » Demandai-je.

La Principauté d’Amidonia n’avait que la moitié de la puissance militaire d’une nation telle que le Royaume d’Elfrieden. Pour cette raison, ils ne pouvaient que maintenir la moitié de l’armée en permanence active. Et pour couronner le tout, la Principauté d’Amidonia avait trois frontières communes avec d’autres pays en plus de nous. Alors il avait donc dû utiliser une partie de leurs troupes afin de se protéger contre eux.

« Compte tenu de leur situation, 30 000 hommes représentent le plus gros qu’ils pouvaient nous envoyer. » Dis-je.

« Je suppose que là, vous pouvez voir à quel point Gaius est sérieux. » Répliqua-t-il. « Il est prêt à gagner et même à mourir en essayant. »

« Cela va juste nous causer que des problèmes, » ai-je soupiré. « ... Qu’est-ce que la principauté fera ici ? »

« Ils ont probablement l’intention d’occuper la ville d’Altomura se trouvant au sud-ouest, » répliqua-t-il. « Une fois qu’Altomura sera tombée, ils vont balayer toute l’opposition des alentours et se déplacer afin de sécuriser la région productrice de céréales. Une fois qu’ils auront le contrôle de facto de ce domaine, je m’attends à ce qu’ils déclarent que ces terres font maintenant partie de leur domaine d’influence. »

Gaius mobilisait son armée avec une telle volonté de gagner et il était même prêt à mourir en essayant. Mais ce qu’il faisait était l’équivalent de déménager un immeuble alors que celui-ci était en feu.

« Malgré toute sa résolution, ce n’est pas grand-chose, » dis-je.

« Avec la main-d’œuvre à disposition d’Amidonia, je crois que c’est le maximum qu’ils puissent accomplir, » Répondit Hakuya. « Après tout, s’ils deviennent hors de contrôle, les nobles qui ont choisir une approche d’attente vis-à-vis de votre conflit avec le Duc Carmine se rassembleraient probablement de votre côté. »

« Je vois... Quelle est la force de nos troupes se trouvant aux frontières ? » Demandai-je.

Hakuya avait alors déplacé un pion de taille moyenne qui était à Parnam jusqu’à la frontière du sud-ouest.

« J’ai déjà expédié 5 000 de l’Armée Interdite jusqu’à la zone près de la frontière. » (Hakuya)

« Heu... nous envoyions une force terrestre composée de 5 000 soldats pour faire face à une force de 30 000 soldats qui aura également le soutien de Force Aérienne ? » Murmurai-je.

Nous étions en infériorité de plus de six contre un. J’avais toujours su que ce serait le cas, mais... Je ne me sentais pas bien quand je pensais à ces chiffres.

« ... Combien de temps pourront-ils les contenir ? » Demandai-je.

« Même s’ils se sont enfermés dans la forteresse se trouvant près de la frontière, ils ne vont même pas résister une journée, » répondit-il. « L’intention est seulement d’acheter un peu de temps, de sorte que le commandant a reçu l’ordre de ne pas être téméraire et de mener une retraite organisée. »

« C’est plus facile à dire qu’à faire... Cependant, je suppose qu’on peut réussir le coup. Mais même si nous supposons que les troupes seront encore correctes après tout cela. Qu’est-ce que vous envisagez de faire au sujet des personnes vivant dans la région ? » J’avais tourné mon regard sur Hakuya.

À moins qu’elles s’attendent à une embuscade, les armées évitaient toujours les pentes raides et avançaient le long des routes traversant des terrains plats. Ces routes avaient ainsi vu les allées et venues des personnes, et ces personnes s’étaient rassemblées pour former des villes et des villages. Et ainsi, il y avait des villes et des villages à certains endroits le long de la route que les armées de la principauté allaient devoir franchir afin d’atteindre la cité d’Altomura.

« Nous n’avons pas longtemps avant que les armées de la principauté ne lancent son attaque, » rajoutai-je. « Devons-nous donner un ordre royal afin de les encourager à évacuer ? »

Après que j’avais demandé cela, Hakuya secoua la tête silencieusement. « Veuillez vous en abstenir. Si nous montrons que nous sommes conscients des intentions de la principauté, leurs armées seront en état d’alerte. Cela pourrait faire que tous nos préparatifs n’auront servi à rien. »

« ... Donc, me dites-vous que nous devons les abandonner ? » Demandai-je.

« Je crois que nous n’avons pas d’autre choix, » Hakuya avait dit cela avec fermeté, ses yeux ne vacillant jamais face à mon regard insistant. « Maintenant que vous avez pris la décision de vous battre, sire, vous devez savoir que cela signifie que le sang de votre peuple sera versé. En tant que roi, parfois, vous devez contenir vos larmes et être prêt à faire des sacrifices afin de sauver un plus grand nombre de vos sujets. »

Hakuya l’avait dit en affichant un regard sérieux. Cela pourrait sembler être de la froideur, mais il se chargeait simplement de me dire des choses qu’il savait parfaitement qu’ils me blesseraient si je les entendais. Je ne pouvais pas m’enfuir après avoir fait ces choix.

« ... Oui oui. » Dis-je. « Je comprends ce que vous me dites. C’est probablement le moyen qui offre le plus de garantie et de sécurité. Mais... est-ce vraiment la seule option possible ? »

Il ne répondit rien.

« Pour cette occasion, cela ne me dérangerait pas si la méthode est un peu grossière ou dangereuse, » rajoutai-je.

Avec une guerre qui approchait, il y aurait un certain nombre de personnes sacrifiées, peu importe ce que je ferais. Mais si je ne travaillais pas afin d’abaisser ce chiffre au strict minimum, alors c’était sûr que cela serait considéré comme une négligence de ma part...

« Je vais prendre tout ce que vous avez en tête, » j’avais dit ça avec une voix tendue. « Y a-t-il quelque chose, n’importe quoi, que nous pourrions faire en plus ? »

Hakuya ne dit plus rien alors qu’il réfléchissait. Puis... il lâcha un soupir, et haussa les épaules de manières exagérées. « Et là, Sire, j’avais pensé que vous aviez agi très en retard. »

« J’ai encore un long chemin à parcourir si je laisse la compassion guider mes actes, n’est-ce pas ? » Demandai-je.

« Si vous le savez déjà, alors c’est très bien. Bon sang ! Il me semble que je n’ai pas d’autre choix. » (Hakuya)

Après avoir déclaré ça, la chose que je vis sur le visage d’Hakuya fut ce qui se rapprochait le plus d’un sourire. Il semblerait que même Hakuya ait quelques réserves quant à abandonner des personnes à leur destin.

« Mais j’ai quand même une idée. » Déclara-t-il. « Cependant, il s’agit là d’une méthode quelque peu brutale... »

Mais la meilleure solution qu’il me proposa était plus que brutale. Et pour les personnes devant faire face à leur destin, il s’agirait d’une véritable nuisance. Mais... c’était bien mieux que de les abandonner.

« Allons-y avec ce plan, » dis-je. « Nous avons encore assez de temps. Contactez immédiatement la guilde des aventuriers. »

« Comme vous le souhaitez ! » (Hakuya)

***

Des monstres non identifiés étaient apparus dans le sud-est du Royaume Elfrieden. Les monstres étaient des bipèdes humanoïdes. Ils semblaient être des patchworks avec des corps de clowns et leurs têtes semblaient être en feu. Il s’agissait de monstres qui n’avaient jamais été vus jusqu’à maintenant.

De par leur apparence, ils semblaient être des pierrots de flammes.

Les pierrots de flammes apparaissaient en groupes, attaquaient un village, puis utiliseront les flammes de leurs têtes afin de mettre les maisons en feu. Bien qu’il ne soit pas fréquent qu’une nouvelle espèce de monstre apparaisse ainsi, dans un monde où il y avait des donjons un peu partout, c’était loin d’être rare. Ces pierrots de flamme étaient sans doute nés dans un donjon ou quelque chose du genre.

S’occuper de nouveaux monstres comme ceux-ci était principalement un travail pour les aventuriers. Ainsi, peu de temps après que les premiers rapports concernant ces pierrots de flammes étaient arrivés, une quête avait été émise par la guilde des aventuriers.

« Protégez les réfugiés en fuite à la suite des attaques de pierrots de flammes, » disait cette quête.

Cette quête avait été émise directement par un royaume au nom du roi. Il semblerait que la première pensée du roi avait été de faire évacuer la population des villages près des endroits où les pierrots de flammes apparaissaient.

Cependant, le roi actuel, le Roi Souma et le Général de l’Armée de Terre, Georg, étaient actuellement dans une situation de conflit, alors ils ne pouvaient pas se permettre d’envoyer la moindre troupe. En ayant placé cette quête dans la guilde, il avait probablement espéré que les aventuriers protégeraient les réfugiés.

Comme c’était une quête délivrée par un pays, il semblait qu’il y aurait une bonne récompense, alors tous les aventuriers avaient accepté la quête et avaient travaillé afin de protéger les réfugiés. Et ici aussi, il y avait un certain groupe qui avait accepté cette quête.

Il y avait leur chef, l’épéiste jeune et musclé, Dece. La fille au visage de bébé, une voleuse humaine du nom de Juno se trouvant aussi dans ce groupe. Il avait un prêtre tranquille et affable, Febral, et pour finir, la beauté épanouie et tranquille, Julia.

Il s’agissait du groupe qui avait déjà effectué une quête avec le Petit Musashibo.

Cette fois, en plus de ces quatre-là, il y avait un homme très viril et musclé, Augus. La raison pour laquelle le Petit Musashibo avait rejoint ce groupe la dernière fois était qu’Augus n’était pas disponible et qu’ils avaient cherché quelqu’un afin de le remplacer.

Eux aussi, ils avaient pris la quête créée par le royaume.

Plus un village était proche de la capitale, et plus tôt un groupe d’aventuriers l’avait pris pour cible. Vu qu’ils avaient pris un départ tardif, leur groupe avait donc accepté un village de montagne près de la frontière sud-est. Ils avançaient maintenant vers l’est à travers une dense forêt, protégeant par la même occasion une trentaine de villageois.

Jusque là... tout est dégagé. L’éclaireuse du groupe, Juno, surveillait la région de haut des cimes des arbres.

Au cours de leur escorte des villageois, les aventuriers devaient rester vigilants devant tous les dangers et non pas uniquement vis-à-vis des pierrots de flammes.

Lors d’une mission d’escorte, il fallait faire attention aux animaux sauvages vicieux et, dans les régions où l’ordre public était réduit, il fallait aussi surveiller les brigands. Pour cette raison, Juno sautait d’arbre en arbre, tel un singe, examinant soigneusement la région.

Malgré un travail si rémunéré, il n’y a pas eu beaucoup de problèmes... Je suis un peu déçue, pensa Juno alors qu’elle sautait sur le prochain arbre.

La plupart du temps, si une quête payait bien, alors cela voulait dire qu’elle était difficile. Même pour les quêtes qui semblaient ne pas être si difficiles au premier coup d’œil, s’il y avait une bonne récompense, vous pourriez compter sur le fait qu’il y ait quelque chose de plus. « Méfiez-vous de ce qui semble trop beau pour être vrai » était une règle d’or des aventuriers. Et cela même si la quête provenait d’un royaume digne de confiance.

Cependant, une fois qu’ils l’avaient acceptée, il n’y avait pas eu le moindre pierrot de flammes, et il s’agissait d’une simple quête où ils se déplaçaient afin d’escorter des villageois.

Après que Juno ait terminé sa patrouille et était revenue auprès des autres, Dece et Febral se mirent à parler.

« Je pense que cette quête est vraiment trop facile, » déclara Febral.

« Hé ! Qu’est-ce qu’il y a de mauvais à ce que la quête soit facile ? » Répliqua Dece à un Febral pensif, alors que lui même faisait tournoyer ses bras comme il en avait l’habitude.

Febral était le penseur de l’équipe et était également le conseiller de Dece, le chef du groupe.

« Pour commencer, nous n’avons même pas vu les pierrots de flammes qui étaient censés être la raison de cette quête, » déclara Febral. « On a beaucoup parlé de leur dangerosité, mais... mais je ne peux pas arrêter de penser que c’était exagéré. »

« Ha ! Tu le penses aussi » Juno déclara ça, se joignant ainsi dans la conversation.

Dece regarda Juno avant de dire « Quelle est la situation ? »

« Tout est dégagé. » Répondit-elle. « La forêt est très calme. »

« Compris... Mais Juno, est-ce que tu le penses aussi ? » Demanda-t-il.

« Il s’agit d’une quête d’escorte où nous devons protéger la population face à des pierrots de flammes, n’est-ce pas ? Mais je me demandais pourquoi ce n’était pas une quête d’assujettissement de ces mêmes pierrots de flammes. D’après ce que j’ai entendu, il n’y en a pas beaucoup. Plutôt que de faire bouger tous ces villageois, ne serait-il pas plus rapide de tuer ces pierrots de flamme ? » (Juno)

« Je pense que c’est un avis raisonnable, » Répondit Febral tout en hochant la tête, mais Dece semblait encore douter du raisonnement.

« Mais cela ne signifie-t-il pas qu’ils sont trop dangereux pour émettre une quête d’assujettissement contre eux ? » demanda-t-il.

« Si c’était vraiment le cas, vous devriez vous attendre à des rapports de dégâts bien plus importants que ce que nous voyons, » Répliqua Febral. « Les seuls dommages dont j’ai entendu parler sont un ou deux villages vides qui ont été entièrement rasés après que leurs résidents aient déjà été évacués... »

« ... Eh bien, je suppose que cela peu sembler un peu bizarre, » répondit Dece.

Comme on pouvait s’attendre du chef d’un groupe, Dece savait écouter les autres. Quand il pensait qu’une opinion valait la peine d’être écoutée, il était assez ouvert pour suivre les conseils des autres.

Dece avait alors parlé à Juno, qui avait ses mains derrière sa tête, ses doigts entrecroisés. « Juno. Je compte sur toi pour être très minutieuse quant à ta mission d’éclaireur. Et donc, fais attention à tout, pas seulement aux monstres et aux animaux. »

« Compris ! » Répondit-elle.

Après avoir dit ces mots, Juno monta à nouveau dans un arbre avant de sauter sur le suivant.

Après avoir regardé Juno partir, Dece déclara, « Febral, va dire à Augus et Julia qui se trouve à l’avant tout ce que tu viens de me dire. Je reste ici afin de protéger l’arrière. »

« Compris. » (Febral)

Alors qu’il regardait Febral partir vers l’avant de leur groupe, Dece lâcha un profond soupir. J’espère que cette quête reste facile jusqu’à la fin.

Il s’agissait du vœu empli d’espoir de Dece.

*

Après avoir quitté Dece et les autres, Juno était retournée à sa patrouille.

La forêt était aussi silencieuse que jamais, mais quand elle était arrivée à l’un des étroits sentiers de montagne, les oreilles sensibles de Juno entendirent quelque chose.

Juno descendit des arbres, se mit à quatre pattes et plaça son oreille contre le sol. Ce bruit... est-ce le son des sabots ?

Ce bruit venait de loin. Il y en avait plusieurs, et le bruit était très fort.

Pour l’instant, tout ce qu’elle avait entendu était le son des sabots.

Compte tenu du fait qu’elle n’avait pas entendu de roues, elle avait jugé que le son provenait probablement de cavaliers... sûrement un groupe de cavalerie lourde.

Il y a de la cavalerie lourde qui galope le long de cette route de montagne ?

Suspicieuse, Juno avait décidé d’aller dans la direction du bruit. Mais, avant de partir explorer plus loin.

« Awooooouuuu ! » elle hurlait, imitant le cri d’un loup gris.

Il s’agissait bien sûr d’un message pour Dece et les autres. « Une situation anormale a été détectée. Soyez sur vos gardes. »

Après avoir fait cela, Dece et les autres seraient à coup sûr sur leur garde. Et si quelque chose devait retarder son retour, ils viendraient probablement afin de la sauver.

Juno était alors devenue encore plus silencieuse qu’auparavant, sautant d’un arbre à l’autre alors qu’elle cherchait les individus qui faisaient ce bruit.

Après un petit moment, elle put entendre au loin le cliquetis des armures. Juno s’était alors cachée dans l’ombre, examinait la région se trouvant autour d’elle.

Après l’avoir fait, comme prévu, elle repéra rapidement un groupe de cavaleries lourdes galopant le long du sentier de montagne.

Il y avait en tout cinq cavaliers. Chacun d’eux portait un harnois qui leur couvrait l’intégralité de leur corps.

Qu’est-ce qu’ils font ici ?

Alors que Juno les observait avec suspicion, l’emblème sur les boucliers qu’ils portaient attira son attention. Ce blason. C’est celui de la Principauté d’Amidonia. Alors... sont-ils des cavaliers de la principauté ?

Nous étions actuellement sur le territoire du Royaume d’Elfrieden. Il était donc étrange pour les cavaliers de la Principauté d’Amidonia d’être ici. Les aventuriers erraient partout sur le continent à la recherche de donjons et de quêtes, de sorte que leur fidélité à un état donné était faible. Cependant, parce qu’ils erraient un peu partout sur le continent, ils connaissaient très bien les relations entre les différents pays.

La principauté est censée être hostile au royaume, pensa-t-elle. Si des cavaliers de la principauté sont ici. Est-ce que le Royaume d’Elfrieden est-il attaqué par la Principauté d’Amidonia ?

Elle s’était alors rappelé qu’elle avait entendu dire que la Principauté d’Amidonia regroupait ses forces à la frontière. La guilde des aventuriers avait un système qui permettait à un pays qui était attaqué de payer un certain montant pour recruter tous les aventuriers se trouvant dans leur territoire. Pour cette raison, les aventuriers travaillant dans le royaume surveillaient de près les mouvements de la principauté, mais la guilde n’avait reçu aucune demande de soutien en provenance du royaume. Pour cette raison, elle avait pensé que rien ne viendrait.

Par ailleurs, Souma avait annulé ce contrat qu’il avait avec la guilde, déclarant qu’il s’agissait d’un gaspillage d’argent pour les mêmes raisons que l’embauche de mercenaires, mais les aventuriers eux-mêmes n’avaient pas été informés de cette situation.

À en juger par leur nombre, il s’agit juste d’un groupe d’éclaireurs. Dans ce cas, est-ce que l’armée principale se trouve dans le coin ?

Si les soldats tombaient sur les villageois, avec le groupe qui les accompagnait, alors cela risquerait de devenir très très mauvais. Le groupe pourrait sans doute bien s’en tirer face à cinq cavaliers, mais s’ils venaient en grand nombre, l’équipe n’aurait plus la moindre chance.

Les villageois pourraient être traînés en tant que prisonniers de guerre, mais ceux qui les escorteraient seraient sûrement tués. Et dans le cas où ils abandonnaient leur quête et s’enfuyaient, ils se retrouveraient dans la liste des personnes recherchées par la guilde.

Juno lâcha un petit soupir, essayant de contenir ses sentiments. Pour l’instant, je dois les bloquer.

Juno s’était cachée dans les feuillages, se cachant alors qu’elle s’approchait peu à peu des cinq cavaliers. Puis elle prit une pierre dans sa main et la jeta sur la tête du cheval se trouvant à la tête du groupe.

*Clac*

« Hola! »

« Quoi !? »

Ayant été frappé sur le côté du cou par une pierre, le cheval de tête hua. Le soldat de la Principauté fut tellement surpris qu’il tomba presque en bas de son cheval.

Ses camarades se regroupèrent autour de lui. « Que se passe-t-il ? »

« J’ai soudainement perdu le contrôle de mon cheval... »

« Aurait-il été piqué par une abeille ou quelque chose du genre ? »

« Possible. Je pense avoir vu quelque chose voler... »

Pendant que les cavaliers de la principauté se parlaient entre eux, Juno tournait autour d’eux. Puis, encore une fois, elle jeta une pierre sur le cheval qui se trouvait à l’arrière du groupe.

*Clac*

« Hola! »

Au moment où la pierre le frappa, le cheval qui avait été à l’arrière bondissant en avant et devint comme fou.

« Hola! Calme-toi ! »

« Quoi ? Y a-t-il quelque chose ici ? »

Les cavaliers regardaient sans relâche autour d’eux. Avec deux de leurs chevaux ayant été surpris par quelque chose en une si courte succession, ils semblaient devenir très prudents. Quand elle vit cela, Juno en fut soulagée.

Bien. Cela devrait réduire leur allure.

Plus ils étaient prudents avec leur environnement, et plus lentement ils avanceraient. Maintenant, elle avait besoin de rejoindre Dece et les autres, puis de faire que les villageois se dépêchent. Juno faisait tourner cette idée dans sa tête quand cela se produisit.

Parce qu’elles s’étaient soudainement tournées, les branches bruissèrent légèrement. Cette vibration, malheureusement, avait surpris un oiseau perché sur la branche au-dessus de Juno et il s’était envolé. En entendant ce puissant battement d’ailes, les soldats de la principauté avaient alors regardé dans la direction de Juno.

« Y a-t-il quelque chose là-bas ? »

« Oh, merde... » Juno s’était mise à fuir.

Après avoir pris une rapide décision, elle s’était mise à courir dans la direction opposée d’où elle était arrivée. Elle ne pouvait pas diriger ces personnes-là vers l’endroit où les villageois étaient situés.

Les cavaliers s’étaient donc mis à poursuivre Juno. « Ne la laissez pas partir ! Assurez-vous de la capturer vivante ! »

Juno pouvait entendre les voix qui criaient derrière elle. Juno avait fui dans une zone où les arbres étaient présents de manière très dense, en utilisant des virages serrés pour essayer de perdre ses poursuivants, mais les chevaux étaient plus rapides qu’elle. Les cavaliers contrôlaient habilement leurs chevaux, se déplaçant autour des bosquets d’arbres denses afin de chercher Juno.

Merde ! Ces gars n’abandonnent pas !

Juno n’était pas convaincue qu’elle arriverait à sortir vivante de cette situation. En tant qu’aventurière, Juno n’avait aucune loyauté particulière envers le royaume. Cependant, ils n’étaient guère susceptibles de se soucier de ça. Si elle était prise, on ne savait pas ce qu’ils pourraient faire d’elle. Cette pensée avait créé un froid glacial dans sa colonne vertébrale.

*Souffle*... *souffle*. Que quelqu’un me sauve... !

Et cela se produisit alors qu’elle priait pour son salut.

Elle vit des flammes clignotantes devant elle. Pour un total de six exemplaires. Si elle pouvait les voir si clairement de loin, cela devait être de gros feux. Malgré elle, Juno avait failli s’arrêter. Et alors. « Wôw. »

Un bras était soudainement apparu et avait poussé Juno dans les buissons.

« Ho... »

Juno allait commencer à crier, mais quelque chose de doux couvrit sa bouche. Après ça, elle observa un peu plus, et elle vit qu’il y avait une chose ronde se trouvant devant elle. Quand elle le vit, Juno lâcha un petit cri. « V-Vous ? »

Juno connaissait cette chose. Ce corps de patapouf. Ce visage enveloppé par une soie blanche avec des yeux adorables de couleur marron. Le panier d’osier sur le dos, le grand collier de prière qu’il portait autour de son cou, et le naginata entre ses mains. Il s’agissait de quelqu’un dont on parlait dans les rumeurs comme était l’aventurier Kigurumi, le Petit Musashibo.

« Mais vous êtes M. Kigurumi ! Que faites-vous ici ? » s’exclama-t-elle.

En réponse à la question de Juno, le Petit Musashibo avait mis sa main ronde afin de couvrir sa bouche.

« ... » (Le Petit Musashibo disait « S’il vous plaît, restez silencieuse. Sinon ils nous trouveront. »)

Nous trouver ? Ha oui, c’est vrai que mes poursuivants sont justes là... pensa-t-elle.

« ... » (« C’est correct. Alors, regardez simplement. » Dit-il en faisant des gestes afin d’en informer Juno.)

Hmm ?

Après avoir effectué l’une de leurs conversations habituelles, où ils avaient en quelque sorte réussi à communiquer. Juno avait sorti sa tête des buissons juste au moment où elle vit des flammes passées à côté d’eux. Ils avaient des corps de patchwork, des vêtements en lambeaux, des mouvements ressemblant à des zombies et des flammes qui jaillissaient de leurs têtes.

Les pierrots de flammes...

Juno les avait instantanément reconnus comme étant les nouveaux monstres qui avaient été signalés par la guilde. Cependant, alors qu’elle les regardait de près, quelque chose semblait faux. Leurs mouvements étaient étranges, presque comme des marionnettes.

Alors qu’elle pensait à cela...

« Ahhhh ! »

« C-C’est quoi ces choses !? »

Les cavaliers de la principauté qui l’avaient poursuivie avaient commencé à crier.

Une fois qu’ils avaient vu les aberrations en flammes se déplaçant vers eux avec un bruit de cliquetis, les cavaliers avaient des choses plus importantes à effectuer que leur mission d’éclaireurs. Ils n’avaient rien à gagner en restant ici et à lutter contre ces monstruosités inconnues. La notification à la force principale de l’existence de ces choses était leur but premier.

« Pff ! Nous n’avons pas le temps de faire face à ces monstres. Nous retournons en arrière ! » Cria le chef de la troupe.

Les cavaliers avaient donc effectué une retraite. Juno poussa un soupir de soulagement, mais elle n’était pas hors de danger.

Maintenant, elle avait un essaim de flammes près de chez elle. Juno avait dégainé son épée courte. Ainsi, elle serait prête à se battre à tout moment.

*Poc* *Poc*

Le Petit Musashibo posa sa main sur la tête de Juno.

C’était tellement soudain que les yeux de Juno s’ouvrirent en grand.

« Hé Monsieur !? Que pensez-vous que vous faites à un moment comme celui-ci... ? » (Juno)

« ... » (« C’est correct maintenant. Le danger est parti. » Indiqua-t-il en tapotant sur la tête de Juno.)

« Le danger est passé... ? Mais ils sont encore là eux ! » (Juno)

« ... » (« Oubliez-les. Il faudrait plutôt aller se dépêcher de prévenir Dece et les autres. » Dit-il.)

Puis le Petit Musashibo souleva Juno, et la jeta dans le panier d’osier se trouvant sur le dos.

« Wôw ! Encore cette fois !? » s’exclama Juno.

Ignorant les protestations de Juno, Le Petit Musashibo se mit à courir. Juno avait été déconcertée pendant un moment, mais une fois qu’elle était de nouveau correct, elle avait alors fait reposer son menton sur la tête du Petit Musashibo.

« ... Monsieur, c’est désormais la deuxième fois que vous me sauvez la vie. » (Juno)

« ... » (Le Petit Musashibo avait alors levé le pouce.)

« Que faites-vous ici ? » (Juno)

« ... » Le Petit Musashibo n’avait rien dit afin de répondre à la question de Juno. Non — il n’avait jamais rien dit, mais là, même Juno n’avait pas pu sentir de réponse silencieuse. Cependant, en regardant son dos, elle avait senti qu’il pouvait ressentir quelque chose comme de la tristesse.

Juno avait gratté la tête, puis elle avait commencé à plusieurs reprises à tapoter la tête du Petit Musashibo.

« ... » (« S’il vous plaît, veuillez arrêter. » Dit-il en agitant les bras.)

« Hmph ! » dit-elle. « Si vous voulez que je m’arrête, alors cessez d’être triste. Les choses ne fonctionnent pas toujours dans la vie, mais dans tous les cas, la survie est une victoire. Cela signifie que demain, vous pourrez continuer à manger. »

« ... »

Le Petit Musashibo n’avait rien dit en réponse. Cependant, ses pas semblaient dès lors plus légers qu’ils ne l’étaient auparavant.

***

« Hmm... Juste, survivre est une victoire... » (Souma)

Juno avait été un peu brutale, mais elle avait probablement essayé de l’encourager. Les paroles de Juno avaient certainement atteint Souma, qui contrôlait le Petit Musashibo et les pierrots de flammes depuis la capitale.

Il s’agissait du plan que Hakuya avait mis au point afin de sauver les habitants du sud-est face à la principauté qui arrivait. En utilisant le pouvoir de Souma, Les Poltergeists Vivants, il avait pu contrôler un tas de poupées bizarres et les avait fait venir dans la zone, les faisant voir comme une nouvelle race de monstre, les pierrots de flamme.

Il les utiliserait pour attaquer les villes et les villages le long de la route où allait passer l’armée de la principauté, les forçant ainsi à évacuer. Ensuite, il avait créé une quête à la guilde des aventuriers. Cela donnait de la crédibilité à l’histoire, et ainsi, il pourrait faire escorter la population à l’aide des aventuriers.

En fait, il avait même utilisé les pierrots de flammes afin de brûler entièrement certaines des villes maintenant inoccupées. Du point de vue des personnes dont les villages avaient été incendiés, c’était un terrible inconvénient. Il avait l’intention de les compenser plus tard, mais il brûlait toujours tout ce qui se trouvait dans leurs maisons, sans doute rempli de précieux souvenirs, et cela pour son propre bénéfice.

Peu étonnant, Hakuya l’avait prévenu qu’il s’agissait d’un plan très brutal.

Mais malgré cela, Souma l’avait quand même accepté. Il avait pensé que c’était mieux que de laisser les personnes sans méfiance être tyrannisées par les armées de la principauté. Il avait pesé ses options, puis avait fait son choix afin de sauver ce qu’il pouvait et rejeta le reste. Ses actions n’étaient certainement pas louables.

Cela avait lourdement pesé sur son cœur, mais les paroles de Juno avaient adouci un peu tout ça.

« Elle a raison. S’ils ne survivent pas, je ne pourrais même pas m’excuser plus tard auprès d’eux. » Chuchotant ces paroles, Souma quitta le bureau des affaires gouvernementales.

***

Pendant ce temps-là, Julius, qui était avec la force principale de l’armée d’Amidonia, regardait le rapport qu’il avait reçu, perplexe. Il parlait de l’apparition d’un monstre de flammes... C’était difficile à prendre à sa juste valeur.

Il y a des rapports selon lesquels des villes et des villages le long du chemin de l’armée avaient été incendiés.

Quand il avait reçu ce rapport, il avait pensé que certains de ses soldats étaient devenus hors de contrôle, et qu’ils avaient pris de l’avance afin de piller les villages sur leur route.

Ils visaient à annexer cette région après la guerre, de sorte que cela ne servirait pas leurs intérêts à s’aliéner trop la population locale. Alors que Julius avait pensé qu’il devait avertir toute l’armée contre de tels actes, il avait reçu un rapport disant que ces villes et villages avaient brûlé quelques jours avant que les forces de la principauté ne soient arrivées.

Il était heureux d’apprendre que ses soldats n’étaient pas en cause, mais pourquoi ces villages et villes avaient-ils été ainsi brûlés ?

La prochaine chose qui était venue à l’esprit de Julius était la tactique de la terre brûlée. En d’autres termes, il soupçonnait que la population elle-même avait brûlé les villes et les villages le long de la route de l’armée d’Amidonia afin de les empêcher de reconstituer leurs provisions en local. Mais dans ce cas, cela signifierait que le royaume avait prédit exactement ce qu’ils allaient faire. Et si c’était le cas, il était dangereux de continuer maintenant à avancer, et Julius devrait conseiller à son père, Gaius, d’effectuer une retraite.

Mais... c’est trop mal fait pour que cela soit une stratégie de terres brûlées.

Avec la fin du neuvième mois de l’année, ils étaient maintenant en plein milieu de la saison des récoltes. S’ils utilisaient des tactiques de terre brûlée, ils auraient dû arracher les champs et aussi détruit ou empoisonné les puits.

Pourtant, tout ce qui avait été brûlé n’était que les villes et les villages eux-mêmes. Les champs avaient été laissés intacts, et les puits étaient encore utilisables. Les forces de la principauté pourraient donc se réapprovisionner ici. En outre, ils avaient trouvé des objets de valeur dans les villes brûlées. Cela devait être la preuve que les résidents avaient fui en toute hâte.

En fin de compte, il était arrivé à la conclusion que les villes et les villages de cette région avaient dû être attaqués par des monstres ou des brigands. Pour cette raison, Julius n’avait pas conseillé à Gaius de faire quoi que ce soit.

Le rapport des éclaireurs concernant ces monstres du feu n’était pas incompatible avec la situation actuelle de ces terres. Mais quand même.

N’était-ce pas trop pratique ? Voilà ce que ressentait Julius en ce moment.

En ce moment, je ne peux pas m’empêcher de sentir qu’il y a quelque chose d’étrange dans le royaume.

— C’est le pandémonium.

Alors qu’il regardait vers le nord-ouest, c’était ce que Julius pensait.

☆☆☆

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3 commentaires

  1. Merci pour le chapitre.

  2. Merci pour le chapitre.
    Juno futur concubine ?

  3. Merci pour le chapitre 🙂

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