Divas de la Bataille – Tome 1 – Chapitre 4 – Partie 6

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Chapitre 4 : Les Divas aspirantes aux fiancées

Partie 6

Il avait serré les dents tout en raffermissant la prise sur sa faux. Mais le mur de glace géant avait commencé à s’effondrer sous ses yeux.

« Qu’est-ce qui se passe !? » s’exclama-t-il.

Soudain, un trou assez grand pour que deux personnes puissent passer à travers s’était ouvert devant un Alnoa déconcerté. Il pouvait voir une silhouette derrière le nuage de particules de glace qui était présent.

« Qu’est-ce que vous faites ici !? » s’écria-t-il.

Une violente attaque de foudre avait détruit une abomination se tenant derrière le dos d’Alnoa.

« Vous nous avez sauvé la vie, alors nous allons l’utiliser à bon escient ! » Juju, qui était devenue citoyenne l’autre jour, se tenait derrière le trou béant entièrement revêtu d’une armure, avec une épée bien affûtée à la main.

J’étais sûr de ne pas l’avoir emmenée dans mon armée !

Les citoyens d’Althos avaient alors débordé de ce côté-ci par la brèche alors qu’Alnoa luttait pour comprendre de ce qui se passait.

« Il est temps de rembourser Lesfina pour notre liberté ! Allons-y, bande de salauds ! » cria Juju.

« « OUAIIIIISSS ! » »

« Quoi !? » s’exclama Alnoa

Alnoa était encore confus quant à la situation alors que Juju et le reste des renforts chargeaient vers les forces impériales. Le sol tremblait sous leur cri de guerre féroce. Un homme n’ayant pas fière allure se tenait entre Alnoa et l’ennemi, affichant une expression maladroite.

« Vous savez, Juju était vraiment très furieuse. Elle nous a crié dessus parce que nous nous sommes enfuis alors que l’homme qui nous a libérés risquait sa vie pour nous protéger, » déclara l’homme.

La fille à côté de lui avait alors rajouté. « Althos est le seul pays qui nous a jamais traités comme des humains, et cela même s’il est gouverné par le Roi-Démon. Juju a dit qu’on perdrait tout si on l’abandonnait maintenant. Elle a aussi dit que nous devrions déjà commencer à fuir si nous voulions redevenir des esclaves, mais si nous ne voulions pas ça, alors nous devrions protéger ce pays de nos propres mains pour pouvoir rester des hommes libres ! Nous avons eu honte de notre lâcheté et nous avons fait demi-tour. »

Comme preuve de leur détermination, les soldats avaient formé un cercle de protection autour d’Alnoa et Feena.

« Juste pour être clair, j’ai rendu l’extérieur du mur de glace faible aux attaques. Ma magie ne serait jamais brisée aussi facilement. Je voulais juste éclaircir ça. » Feena voulait maintenir sa fierté en tant que Diva.

« Vous attendiez-vous à ce qu’ils reviennent ? » demanda Alnoa tout en inclinant la tête de curiosité.

« C’était un pari, mais... J’avais le sentiment qu’ils se rendraient compte que vous vous battiez pour eux en mettant votre vie en jeu, » répondit Feena.

Tch, c’est comme si elle connaissait mon peuple mieux que moi.

Il avait souri ironiquement en pensant ça.

« Commandant ! Nous attendons vos ordres ! » demanda l’un des soldats.

Leurs yeux étaient libérés de la confusion et de la terreur qu’ils avaient ressentie plus tôt. Tous étaient concentrés sur Alnoa, attendant avec impatience sa parole.

« Vous avez du culot de revenir après m’avoir abandonné, » il voulait cela joué à la dure, mais sa bouche s’était plissée en un sourire. « Vous allez devoir vous rattraper pour tout ce temps où vous n’étiez pas là ! »

Il s’était ensuite levé et avait crié, non seulement pour remonter le moral des soldats, mais aussi le sien. « Préparez la contre-attaque ! Utilisez tous les pétards que nous avons ! Visez le quartier général ennemi et la cavalerie ! »

« Oui, Votre Majesté ! »

Ils avaient rapidement enfoncé les pétards dans le sol et les avaient projetés dans le ciel vers leur cible. Ils se déplaçaient à un rythme beaucoup plus rapide qu’ils ne l’avaient jamais fait à l’entraînement. Des centaines de pétards pleuvaient sur le quartier général ennemi et la cavalerie qui l’entourait, explosant à mesure qu’ils arrivaient au sol. Jamka avait pu révéler que les pétards n’étaient pas dangereux, mais Alnoa ne visait pas à blesser directement qui que ce soit.

« Vous pouvez expliquer ce qui se passe chez les humains, mais les animaux sont une autre affaire. Pas vrai, Jamka ? » murmura-t-il.

Les pétards avaient fait peur aux chevaux, comme Alnoa l’avait espéré. Ils avaient commencé à saccager la zone. Bien sûr, les chevaux montés par Jamka et le commandant ennemi ne faisaient pas exception. Le chaos qui régnait au quartier général de l’ennemi s’était rapidement étendu aux lignes de front.

« Qu’est-ce qui se passe là-bas !? Où est déjà le messager ? »

La chaîne de commandement était en désordre. Alnoa avait jeté son regard sur le chaos et s’était rendu compte que le commandant ennemi n’avait pas son cristal bleu à portée de main. Il l’avait probablement laissé tomber alors que son cheval devenait fou. Tout comme Alnoa l’avait imaginé, les abominations s’étaient figées en place pendant une seconde avant de devenir folles. Elles avaient attaqué tout ce qu’elles voyaient, qu’il s’agisse d’amis ou d’ennemis.

« Commencez la contre-attaque ! Passez devant leur infanterie et leurs abominations ! Notre objectif est leur poste de commandement ! » ordonna Alnoa.

« « Oui, Sire ! » »

Les soldats d’Althos avaient crié à l’unisson et avaient commencé leur charge.

« Qu’est-ce qui se passe !? » s’écria le commandant ennemi.

Le commandant du régiment sud de l’Armée Impériale, Dala Dans, était assis sur un cheval à l’ornementation extravagante, et il n’en croyait pas ses yeux. La victoire avait été assurée jusqu’à quelques instants auparavant.

« Pourquoi... » murmura-t-il.

Dala fixait en ce moment sa main droite vide, avant de capter une étincelle du coin de l’œil. Le cristal qu’il avait tenu jusqu’à maintenant reposait en morceaux sous son cheval. Tout cela s’était produit à cause d’une simple erreur. Son cheval s’était mis à bondir, hors de contrôle. Dala était tombé en un instant et il n’avait pas pu tenir le cristal pendant sa chute, alors son cheval avait piétiné le cristal, le brisant instantanément. Les abominations, qui n’étaient auparavant ni ennemis ni alliés, étaient devenues folles et la panique s’était répandue parmi les soldats humains. Pour couronner le tout, les soldats d’Althos visaient maintenant le commandant avec leurs sorts. Il avait complètement perdu le contrôle de la situation.

« Commandant. Retournons à Labona, » proposa Jamka, amenant son cheval aux côtés de Dala. Il imaginait qu’il n’y avait maintenant aucun moyen de gagner cette bataille, si ce n’est qu’il restait encore un atout. Dala fouilla désespérément dans ses poches, cherchant la seule autre chose que le Haut Commandant lui avait donnée quand il avait reçu l’ordre de prendre Althos.

« Je l’ai trouvé, » annonça Dala.

« Commandant ? » demanda Jamka.

Jamka s’était rapproché du commandant, ne comprenant pas pourquoi il ne bougeait pas. Jamka était habile à la fois avec l’épée et la sorcellerie, ce qui le rendait beaucoup plus utile au commandant que les autres esclaves.

« Jamka, approchez-vous. Je vous donnerai votre dernier ordre. Il s’agit d’une mission top secrète. On ne peut pas laisser quelqu’un d’autre l’entendre, » déclara Dala tout fixant le sol pour cacher son sourire menaçant.

« Oui, commandant ? » déclara Jamka. Il sentait que quelque chose n’allait pas, mais désobéir aux ordres n’était pas une option. Il était venu à côté du commandant, si près qu’il pouvait le toucher.

« C’est votre…, » commença Dala.

Dala avait sorti quelque chose de sa poche. Il s’agissait d’un cristal avec une petite flamme cramoisie scintillante au milieu.

« Dernière mission ! » acheva Dala.

Il avait plaqué le cristal cramoisi contre la poitrine de Jamka.

« J’en appelle aux deux anciennes puissances ! La Sainte et le Démon, donnez votre force à votre serviteur insensé ! » chanta Dala.

Juste après que le commandant ait fini son chant, Jamka avait commencé à se tordre de douleur.

« Gahh — pourquoi avez-vous…, » commença Jamka.

Dala avait souri, regardant Jamka se tortiller sur le sol.

« Gahh ! Qu’est-ce que c’est... Ahhhhhhhh ! » cria Jamka.

« Si ces esclaves n’ayant que la peau et des os alors qu’ils sont au bord de la mort deviennent si puissants, imaginez combien vous serez forts une fois que vous deviendrez une abomination ! Vous serez inarrêtable ! Maintenant, allez-y, et enfoncez ces salauds d’Althos dans le sol ! » déclara Dala.

La voix de Dala semblait si lointaine. Jamka se tortillait sur le sol, à peine capable de voir Dala retourner à Labona.

 

☆☆☆

 

« Juste un peu plus…, » murmura Feena.

Alnoa avait enfoncé la poignée de sa faux contre un soldat ennemi qui avait eu le courage de se battre jusqu’à la fin.

« J’ai terminé, » déclara Feena après avoir activé son sort de camouflage optique.

Puis Feena s’était précipitée vers Alnoa tellement vite qu’elle avait failli entrer en collision avec lui.

La voilà qui se faufile encore derrière moi. Bien que je n’aurais pas pu le faire sans elle, alors je vais laisser passer ça.

Feena s’était ensuite précipitée au milieu d’un groupe ennemi, brisant sa magie de camouflage et les faisant paniquer. Elle avait jeté un sort au commandant, l’envoyant voler et le rendant inconscient du même coup.

Toute l’Armée Impériale était maintenant en désarroi, leur formation soigneusement planifiée était en lambeaux.

« Il ne nous reste plus qu’à nous occuper du commandant et à reprendre Labona ! Cécilia devrait déjà être…, » il avait été interrompu par une soudaine explosion d’énergie magique.

« Qu’est-ce que c’est !? » s’écria-t-il.

Ils avaient tous les deux regardé vers la source de ce pouvoir incroyable.

« Quoi !?? » s’écrièrent les deux.

Ils étaient restés sans voix. Une créature géante de plus de dix pieds de haut, semblable à un loup, était apparue à l’endroit même où Jamka et le commandant ennemi s’étaient rendus.

« Est-ce une abomination ? » demanda Alnoa.

« C’est comme le loup des légendes... le Dévoreur de Dieux..., » déclara Feena.

Maintenant que Feena en parlait, Alnoa pouvait voir la ressemblance avec Fenrir, un dieu qui avait pris l’apparence d’un loup et mangé d’autres dieux.

« Serait-ce... Jamka ? » demanda Alnoa.

Un jour, il avait parlé avec Jamka qui lui avait raconté sa vie avant de tomber entre les mains des esclavagistes. Il avait été membre de la famille royale dans un petit pays qui se tenait sous un drapeau arborant l’image de Fenrir.

« Nous devons nous battre, » Feena regarda Alnoa, les yeux remplis de détermination alors qu’elle lui disait ça

« Oui, faisons-le. On va assommer cette bête et ramener Jamka avec nous ! » répondit-il.

Il avait agrippé avec force sa faux. Ils échangèrent un regard, puis chargèrent en direction de la bête.

« Graaah ! »

Fenrir chargea aussi vers eux, ses membres massifs travaillant par paires. Les griffes à l’extrémité de chaque patte étaient aussi grandes qu’un bras humain. Il souleva une de ses pattes avant...

« Ahhhh ! » cria Alnoa.

Alnoa avait rassemblé toutes ses forces et avait frappé avec sa faux vers le monstre. Mais elle avait simplement rebondi.

« Quoi !? Quelle est l’épaisseur de la fourrure ? » s’écria-t-il.

Le loup monstrueux avait secoué sa patte avant en raison de sa frustration comme s’il essayait d’écraser une mouche. Feena, Alnoa et une grande partie du sol avaient été soufflés vers l’arrière à cause de l’onde de choc résultante.

« Aghh ! »

« Ahh ! »

Ils s’étaient tous les deux effondrés sur le sol.

« Est-ce que ça va, Fee… ? » commença Alnoa.

Alnoa avait atteint le sol avant de se pousser vers le haut, mais il n’avait pas pu aller jusqu’au bout de son plan. À sa grande surprise, sa tête avait atterri entre deux oreillers confortables, bien qu’un peu petits, avant de glisser sur les genoux de Feena.

Un silence gênant s’était installé entre les deux personnes, mais Fenrir n’allait pas les laisser en parler. Le loup avait ouvert sa bouche si largement qu’il semblait pouvoir les avaler en entier. Il semblait aspirer une énorme quantité d’air, mais Alnoa n’avait pas eu le temps de se demander ce qui allait se passer. Il savait qu’il devait se déplacer de là.

« Feena ! Attention ! » cria Alnoa.

Alnoa était entré en action, repoussant Feena avant de sauter lui-même sur le côté.

« Graaaaah ! »

Une fraction de seconde plus tard, Fenrir avait libéré un flot de flammes de sa bouche.

« Guhh ! »

Mais Alnoa avait été trop lent. Sa cheville avait été prise dans l’attaque et brûlée jusqu’à devenir carbonisé sous les flammes de plus d'un millier de degrés.

« Alnoa ! » Complètement couvert de suie, Feena avait essayé de se précipiter vers Alnoa.

« Ne faites pas ça ! » Mais la voix aiguë et mesurée d’Alnoa l’avait arrêtée sur sa lancée.

« Ne vous foutez pas de nous ! Vous croyez qu’on attendrait que notre patrie soit détruite ? » cria Juju.

Juju et quelques autres soldats avaient attaqué la bête, inébranlable face à son impossible force.

Alnoa s’était relevé et avait crié à plein poumon.

« Ne faites pas ça ! Feena, faites quelque chose ! Arrêtez-les ! » demanda Alnoa.

« Mais…, » commença Feena.

« Une bonne épouse fait confiance à sa marionnette, n’est-ce pas !? Alors, écoutez-moi, Feena ! » répliqua Alnoa.

Il n’avait pas le luxe de choisir ses mots avec soin, mais heureusement Feena l’avait quand même écouté, emprisonnant les troupes allantes dans la mêlée avec une cage de glace.

« Merci, » déclara-t-il.

Sa cheville avait commencé à se régénérer, mais il semblait que cela allait prendre un certain temps. Alnoa ne pouvait pas se tenir debout dans l’état dans lequel il se trouvait, et sa conscience commençait à s’estomper.

C’est mauvais.

« Alnoa…, » malgré le fait qu’il était sur le point de s’évanouir, il pouvait encore distinguer une voix venant de loin. À sa grande surprise, ce n’était pas le rugissement de Fenrir, mais une voix familière.

Ah, c’est la partie où ma vie défile devant mes yeux ?

Il avait souri avec ironie quand il réalisa à qui appartenait la voix.

« Alnoa…, » la voix se fit à nouveau entendre.

« Haha, je ne pensais pas que la dernière chose que je verrais serait le visage de mon assassin. Je suppose que je suis masochiste, » marmonna Alnoa, voyant de vagues mèches de cheveux cramoisies flottant dans le vent et le contour d’un ornement de cheveux familier.

« Alnoa ! » la voix avait pu à nouveau être entendue, mais cette fois-ci très proche.

« C’est comme si elle se tenait juste devant moi. Je dois vraiment être…, » commença-t-il.

Mais les yeux qui le regardaient, brûlants de confiance, partageaient la couleur de ses cheveux.

Ces yeux... Cette épée...

« Ah ! Attendez ! Sharon !? » s’écria-t-il.

Il avait ignoré la douleur pulsante dans sa tête et avait levé les yeux. Sharon se tenait devant lui, portant la même robe qu’elle portait quand elle était partie, bien que maintenant elle soit beaucoup plus sale. Son épée géante semblait tout aussi en désaccord avec sa silhouette féminine qu’elle l’avait toujours été.

Il était clair qu’elle s’était précipitée jusqu’ici, mais son ornement de cheveux en argent se tenait fièrement dans ses cheveux désordonnés.

« Vous êtes vraiment là ! » s’exclama Alnoa.

Sharon lui avait répondu en faisant la moue depuis le sommet de son cheval.

Sharon n’avait découvert l’attaque de l’Empire que par hasard.

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Un commentaire

  1. Merci 🙂 Un lapsus dans la phase suivante :
    Que nous devrions courir si nous ... voulions ... redevenir des esclaves, mais si nous ne voulions pas ça, alors nous devrions protéger ce pays de nos propres mains !
    Et un mot oublié ici :
    « Jamka, approchez-vous. Je vous donnerai votre dernier ordre. Il s’agit d’une mission top secrète. On ne peut pas laisser quelqu’un d’autre l’entendre, » déclara Dala tout ... fixant le sol pour cacher son sourire menaçant.
    Un s en trop :
    imaginez combien vous serez fort''s'' une fois que vous deviendrez une abomination

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