Comment NE pas invoquer un Seigneur-Démon – Tome 7 – Chapitre 1 – Partie 5

***

Chapitre 1 : Sylvie, Encore une fois

Partie 5

Ils avaient trouvé l’endroit qui était dans une rue latérale juste à côté de la route principale, à la fin du sixième arrondissement. C’était proche des murs de la ville, mais il n’y avait presque personne autour, et ils pouvaient voir quelques entrepôts ici et là. L’endroit possédait une clôture à peu près à leur hauteur, et au-delà, il y avait une pelouse où paissaient les chevaux. Leur fourrure était brune et de couleur olive, et leurs pattes étaient courtes et épaisses. C’était probablement des chevaux d’attelage. Ils n’étaient pas très rapides, mais ils étaient capables de transporter de lourdes charges et étaient assez solides pour tenir lors de longs trajets.

À l’orée des lieux, ils avaient trouvé un bâtiment en briques. C’était probablement le vendeur de calèches. Il avait un ensemble de grandes portes, rappelant les portes d’un château. Ils étaient probablement utilisés pour le départ des calèches.

À côté d’elles se trouvait une petite porte en acier. Les deux individus avaient frappé et, après une courte pause, ils avaient pu entendre le bruit de la porte qui se déverrouillait de l’intérieur.

Puis la porte s’était ouverte. Un nain à barbe longue se tenait de l’autre côté, avec une paire d’oreilles de chien tombantes et une queue touffue.

« Bah, les Aventuriers ! C’est un magasin de calèches, » déclara-t-il après avoir regardé Diablo. « La diligence et Gharry sont dans la rue principale. »

« … S’il vous plaît, attendez ! Nous sommes ici pour acheter une calèche, » déclara Rem.

« Ah, vous êtes des clients ! S’il vous plaît, entrez, » déclara le nain.

Son attitude devint soudain beaucoup plus amicale.

L’intérieur de l’atelier de carrosse rappelait un pub. Il avait un comptoir en bois et des chaises aussi hautes que leur taille. Des roues, des fouets et d’autres objets liés aux véhicules étaient placés à l’arrière-plan en guise d’ornements.

Le commerçant nain était allé derrière le comptoir.

« Au fait, qui vous a recommandé de venir ici ? » demanda le nain.

« … Les employés de l’Auberge de l’Oiseau de Feu nous ont dit de venir vous voir, » déclara Rem.

« Quoi !? Vous êtes resté là-bas ? » demanda le nain.

« … Oui, depuis une dizaine de jours, » répondit Rem.

« Eh bien, cela me met de bonne humeur ! Vous devez être de bons aventuriers. Avez-vous trouvé une montagne de trésors ? Je vous sers un verre ? Bière ? Du vin ? J’ai du bon whisky, » déclara le nain.

« … Non, l’alcool est un peu… juste un café, ce serait bien, » déclara Rem.

Pendant que Rem s’occupait du vendeur, Diablo avait observé le magasin. Il n’était pas bon quand il s’agissait de bavardages, et quand ce n’était pas strictement nécessaire, ses capacités de communication chutaient drastiquement. Chaque fois qu’il entrait dans un magasin, il espérait sincèrement que tout ce qu’il cherchait serait immédiatement exposé. Mais, malheureusement pour lui, le magasinage dans ce monde n’était pas une affaire aussi simple. Cela exigeait de l’interaction et de la conversation.

« Avez-vous des calèches en stock ? » demanda Rem. « De préférence celles qui ne tremblent pas. »

« Part douzaines, jeune fille ! Nous disposons d’un vaste choix, des chariots militaires aux calèches destinées à la noblesse. Au fait, êtes-vous sûre que vous ne voulez pas un verre ? J’ai du cognac à l’arrière, » déclara le nain.

« … Un café, s’il vous plaît, » répondit Rem.

« Alors, pour combien de personnes est destinée la calèche que vous voulez, et jusqu’où voulez-vous l’emmener ? » demanda le nain.

Ils avaient finalement entamé des négociations. Rem tourna son regard vers Diablo, qui ouvrit la bouche pour parler.

« La forêt des Elfes. Nous nous arrêterons aussi à Blackwood, le territoire des Elfes noirs. Nous aurons besoin d’un véhicule pour cinq personnes qui peut aussi transporter des bagages lourds, » déclara Diablo.

« La forêt des Elfes !? » Les sourcils du Nain se plissèrent. « Et aussi Blackwood !? Je ne le ferais pas si j’étais vous, ils sont méchants ! »

« Ne m’oblige pas à me répéter, » déclara Diablo.

Le nain s’était rétracté de peur face au regard noir de Diablo. « Très bien, qu’il en soit ainsi. Nos chevaux peuvent aussi traverser les forêts, et ils sont assez intelligents pour ne pas s’enfuir si les monstres attaquent. Mais parlons du cadre maintenant. Alors, vous avez besoin de cinq places assises. Et vous avez dit que vous auriez des bagages lourds ? »

« … Il y en a une qui est très lourde…, » déclara Rem. « Si vous ne pouvez pas faire un siège pour supporter ce genre de poids, un plateau ferait l’affaire. »

« Quel genre de poids on parle là ? » demanda le nain.

« À peu près aussi lourd qu’un chevalier en armure complète, » répondit Rem.

« Trop lourd pour monter à cheval, » ajouta Diablo.

Il avait dû soutenir Rose d’une main une fois, et même avec ses muscles de niveau 150, il ne pouvait supporter son poids. Il n’y avait pas d’erreur sur son poids.

« Gahahaha, c’est lourd, c’est vrai ! » le nain avait ri. « Plus lourd qu’une vache ! C’est un ami lourd que vous avez là ! »

« … Je suppose que oui, » déclara Rem.

Rem soupira de soulagement. Heureusement qu’ils n’avaient pas emmené Rose… Elle avait l’air de détester qu’on l’appelle « lourde », et si elle l’entendait, elle frapperait probablement le pauvre nain à plate couture avec son épée à deux lames.

Il n’y avait pas de cheval capable de supporter le poids de Rose, c’est pourquoi ils avaient besoin d’une grande calèche.

Après s’être un peu étouffé par son rire, le nain avait remis la discussion sur les rails. « Si vous voulez une calèche qui peut transporter quelqu’un d’aussi lourd, vous aurez besoin d’un chariot renforcé avec quatre chevaux. Moins de quatre, et les chevaux ne pourront pas le tirer. Et Blackwood est assez loin d’ici, donc ils pourraient se faire mal aux pattes. »

« … Combien cela coûterait-il ? » demanda Rem.

« D’abord, l’intérieur. Les nobles ont tendance à payer plus cher pour l’intérieur que pour la voiture elle-même. Voulez-vous des décorations sur vos rideaux ? » demanda le nain.

« … Le strict minimum fera l’affaire, » déclara Rem.

« Hein ? Je pensais que vous aviez de l’argent pour vous le permettre, » déclara le nain.

« … Je n’aime pas gaspiller de l’argent, » répliqua Rem.

« Ce n’est pas du gaspillage. Un intérieur digne fait du bien au cœur, » répliqua le nain.

« … Nos cœurs n’ont pas de problème à ce point que les intérieurs chics nous feront du bien, merci beaucoup, » répliqua Rem.

« Gahahaha ! Bien dit ! Compris, donc nous ferons avec le strict minimum pour votre voyage. Je recommande une voile pour éviter le vent et la pluie. Et je vais mettre des couvertures sur le banc, d’accord ? » demanda le nain.

« … Ça a l’air bien, oui, » déclara Rem.

« Et je mettrai un tonneau de bière sous vos sièges, » déclara le nain.

« … Non, on n’aura pas besoin de ça, » répliqua Rem.

« Quoi !? Ne voulez-vous pas boire en chemin !? Pourquoi partez-vous en voyage ? » demanda le nain.

« … Pour atteindre une destination ? » répondit Rem.

Rem se pencha la tête. Cet endroit était-il vraiment une bonne idée… ?

L’employé nain avait sorti un plan de dessous le comptoir. C’était pour une voiture de taille moyenne, tirée par quatre chevaux et pouvant accueillir six passagers, et il avait commencé à gribouiller des addendums avec une plume.

« Donc, on va mettre les choses lourdes sur l’axe de la roue arrière. Ils trembleront un peu, mais ça soulagera les chevaux. Et pour les marches lorsque vous montez et descendez, un plancher, des roulements, des roues… Tous ces éléments devront être renforcés puisque vous portez des poids lourds, » déclara le nain.

« … Renforcé ? » demanda Rem.

« Les grosses voitures le sont généralement. Ils doivent l’être, ils transportent beaucoup d’individus. L’armée s’en sert pour transporter les troupes, il faut donc qu’elles soient robustes, » répondit le nain.

« … Je vois. Et combien cela nous coûtera-t-il ? » demanda Rem.

« Ah, voyons voir… Avec toutes les modifications, je dirais environ 20 millions de friths ? Ça pourrait finir par être un peu plus cher une fois qu’on en aura fini avec les détails, » déclara le nain.

Rem s’était raidie comme une planche.

« On va le prendre, » Diablo acquiesça d’un signe de tête.

« Un grand merci pour votre parrainage ! » Le vendeur nain avait souri.

« … A-A-Attendez une seconde ! » Rem s’était levée. « On pourrait acheter une maison à Faltra avec autant d’argent ! »

« C’est vrai. »

Diablo avait supposé que ça coûterait cher. On pouvait aussi acheter une calèche dans le Croisement de la Rêverie, et elles étaient un peu moins chères, mais il y avait des modifications à considérer. Diablo avait donné la priorité à la téléportation pour gagner du temps à l’époque, et n’avait pas de groupe, alors il n’en avait jamais acheté.

« … Vous êtes sérieux !? C’est presque tout l’argent de la récompense que nous avons reçu de Lumachina ! » déclara Rem.

« On ne sait pas combien de temps il faudrait pour s’y rendre à pied, » répliqua Diablo.

« … Ça ne me dérange pas de marcher…, » déclara Rem.

« Nous manquons de temps. Leurs actions me préoccupent, donc plus vite on en aura fini avec ça et plus vite je reviendrai à Faltra, et mieux cela sera, » déclara Diablo.

Rem sursauta lorsqu’elle réalisa le sens des mots de Diablo. Le « leur » dont il se préoccupait signifiait le Seigneur-Démon qui s’était réveillé à l’est.

« … Vous avez raison… Oui, vous avez bien raison, Diablo… Nous devons nous dépêcher, » déclara Rem.

L’armée du Seigneur-Démon avait attaqué la Tour de Zircon, et elle pourrait ensuite attaquer Faltra. Si Diablo était absent quand cela se serait produit, cela pourrait avoir des répercussions désastreuses. En ce moment, ils se concentraient sur Rem et la magie rituelle ainsi que sur le retour de Shera chez elle, mais ils se préparaient aussi pour les hostilités à venir.

Rem demanda au nain de lui donner un devis détaillé.

« Je vais en dessiner un tout de suite. Remodeler la voiture me prendra une dizaine de jours. Les chevaux doivent aussi être préparés pour le long voyage, » répondit le nain.

« … Très bien, très bien. Cela dit, je vais comparer votre estimation à celle des autres vendeurs de la ville, » déclara Rem.

« Gahahaha ! Vous êtes vraiment un aventurier de premier ordre, n’est-ce pas ? Pas de tours de passe-passe sur vous ! Je vous préviens, je suis le meilleur en termes de qualité ! » déclara le nain.

« … Héhé… J’en tiendrai compte, » déclara Rem.

Rem était vraiment inestimable quand il s’agissait de négociations.

Après avoir terminé leur travail, Rem et Diablo se préparèrent à quitter le magasin. Alors qu’il leur ouvrait la porte métallique pour qu’ils puissent partir, le nain demanda une dernière fois, comme pour s’en assurer :

« Au fait, êtes-vous sûr de ne pas vouloir le tonneau de bière ? » demanda le nain.

***

Si vous avez trouvé une faute d’orthographe, informez-nous en sélectionnant le texte en question et en appuyant sur Ctrl + Entrée s’il vous plaît. Il est conseillé de se connecter sur un compte avant de le faire.

Un commentaire :

  1. amateur_d_aeroplanes

    Ce nain ne connais pas l’adage  »Boire ou conduire, il faut choisir » 😊

    Une lettre en trop signalée ici: « Par »t » douzaines, jeune fille ! Nous disposons d’un vaste choix, des chariots militaires aux calèches destinées à la noblesse.

Laisser un commentaire