Bienvenue au Japon, Mademoiselle l’Elfe – Tome 8 – Chapitre 1 – Partie 3

Bannière de Bienvenue au Japon, Mademoiselle l’Elfe ***

Chapitre 1 : Ciel d’automne et préouverture du deuxième étage

Partie 3

Le familier n’était vraiment pas un chat ordinaire. Il ne déféquait même pas. La queue du chat s’agita et frappa l’édredon comme pour dire : « Bien sûr que non. »

Je m’étais rendu compte que Marie jouait beaucoup avec les chats, mais qu’elle n’avait jamais dit qu’elle en voulait un comme animal de compagnie. De toute façon, je n’aurais pas accepté, car je ne serais pas capable de m’occuper d’un animal de compagnie dans mon sommeil. Curieux, j’avais demandé à Marie pourquoi elle ne voulait pas d’animal, et elle m’avait regardé dans les yeux avant de répondre.

« Les elfes pensent que l’idée de posséder des animaux de compagnie est contraire à la nature. Je pense que si un oiseau s’échappait d’une cage, il ne saurait même pas comment trouver de la nourriture. Je ne peux pas avoir d’animaux de compagnie, car je les plaindrais en sachant qu’ils ne pourraient pas vivre sans leur maître. »

Cela me paraissait logique, car c’était la responsabilité d’un propriétaire de prendre soin de son animal, même si un sort cruel attendait les animaux abandonnés. Quand je repense à l’époque où je vivais dans le village elfique, je me rendis compte qu’ils n’élevaient même pas de bétail. Il semblerait qu’ils étaient conscients de la nécessité de prendre soin des animaux parce qu’ils vivaient si près d’eux.

« Si tu le dis comme ça, je comprends. As-tu vérifié ce chat si souvent parce que tu es inquiète ? » avais-je demandé.

« Non, je trouve juste ce chat adorable. Tu as vu comme cette boule de poils sourit quand tu la caresses ? Et comment ne pas aimer ces grands yeux ronds ? »

« Ah, » dis-je, me sentant déçu. J’avais cru qu’elle s’inquiétait pour le chat par bonté d’âme.

Il me semblait qu’elle créait ses propres limites, tout comme elle avait des règles personnelles à respecter à la maison. Elle ne laissait jamais de vêtements jetés par terre, Marie veillait toujours à ce que ses chaussures soient bien rangées et bien entretenues — des petites choses comme ça. Pourtant, elle n’avait jamais essayé de m’imposer ces règles, et je m’étais dit qu’elle n’imposait pas aux autres son point de vue sur la possession d’animaux de compagnie, car il s’agissait plutôt d’un choix de vie personnelle.

Le visage de Marie se détendit en un sourire, probablement parce qu’elle pensait au chat avec lequel elle avait joué plus tôt. Ses yeux s’ouvrirent alors comme si elle sortait d’un rêve.

« C’est vrai, nous parlions de la guerre. Juste pour confirmer, allons-nous rester en dehors de ça ? » demanda-t-elle.

« Je pense qu’il serait plus juste de dire que nous devons rester en dehors de tout cela. Nous ne sommes pas originaires des pays concernés, donc je ne pense pas que nous soyons autorisés à intervenir. C’est probablement la raison pour laquelle Aja le Grand a tant insisté pour que nous obtenions la citoyenneté d’Arilai », avais-je répondu.

Marie poussa un soupir de soulagement.

Après avoir passé tant de temps à Arilai et s’y être fait de nombreux amis, c’était devenu comme une seconde maison pour elle. Pourtant, elle était fermement opposée à toute participation à la guerre.

Sans parler de ce qui se passerait si l’Arkdragon finissait par entrer en guerre ? Je n’ose même pas imaginer les conséquences d’un tel événement. J’aimerais penser que cela n’arrivera jamais, mais l’avenir est plein d’inconnues. Pendant ce temps, le familier de l’Arkdragon en question s’assoupissait à nouveau, et je n’arrivais pas à lire son expression.

« Cela ne me dérangerait pas de rejoindre le raid du labyrinthe à la place », dit Marie. « J’ai l’impression qu’ils devraient se préoccuper davantage de la guerre. Pourquoi ne pas remettre le labyrinthe pour après la guerre ? »

« Je me suis posé la même question. Peut-être que le labyrinthe est lié à cette bataille d’une manière ou d’une autre. Quelque chose me dit que tous les événements qui ont précédé sont liés. »

Nous avions fini de farcir les poivrons, j’avais pris le plateau et je m’étais levé de table. Le cuiseur de riz avait émis un bip au même moment pour nous indiquer que le riz était prêt. Je m’étais alors dirigé vers la cuisinière pendant que Marie allait cuire le riz à la vapeur.

« Oui, en parlant de ces événements…, » dit Marie à côté de moi. « Nous avons capturé Zarish et réduit considérablement l’ampleur du raid dans le labyrinthe. Il y a aussi eu cette mission de rang S que nous avons fini par refuser, et Gaston a rejoint l’escouade. »

« N’oublie pas les restrictions frontalières », avais-je ajouté. « Je pense que c’est à cette époque que les discussions sur la guerre ont commencé à prendre de l’ampleur à Arilai. »

« Oh, c’est donc pour cela qu’ils ont réduit le nombre de soldats déployés ! Hmm, c’est logique… Ils ont reçu des informations de Zarish, puis ont commencé à se préparer à la guerre. Ils ont dû réduire l’effectif des raids pour pouvoir transférer ces troupes afin de soutenir l’effort de guerre. C’est pourquoi ils ont préparé cette mission de rang S et nous ont laissé le soin de mener le raid… C’est sûrement ça ! » dit Marie.

Au fur et à mesure que nous décomposions les choses, une question restait en suspens. Comme Marie l’avait mentionné plus tôt : pourquoi Arilai n’a-t-il pas annulé le raid dans le labyrinthe ?

La viande grésilla sur la poêle à frire, emplissant la pièce d’un arôme délicieux. La guerre n’était pas vraiment un sujet plaisant, mais notre objectif était de percer des secrets. Nous avions l’impression d’avoir les indices nécessaires pour résoudre cette énigme.

L’épaule de Marie heurta la mienne et elle s’en excusa rapidement. Ses yeux s’étaient ensuite posés sur la poêle à frire pleine de poivrons, elle grimaça, puis elle retourna à ce qu’elle faisait.

Elle savait déjà comment préparer une soupe miso et elle commença à couper du tofu et des oignons verts avec ses mains expérimentées. Le bruit d’un couteau de cuisine tapant de manière rythmique contre la planche à découper avait quelque chose de réconfortant. Tout en travaillant, elle se concentrait sur la résolution du mystère.

« Cela te dérange si je te dis ce que j’ai deviné ? » demanda-t-elle.

J’avais haussé les épaules et Marie avait commencé à parler tout en mettant les ingrédients dans la soupe miso.

« Je soupçonne que l’ancien labyrinthe est lié à la raison pour laquelle la guerre a éclaté. Il y a des rumeurs selon lesquelles les bandits que nous avons rencontrés venaient de Gedovar. Et si l’ancien labyrinthe était à l’origine de la guerre ? » déclara-t-elle.

« Tu sais, je pense que nous sommes sur la même longueur d’onde. Qu’y a-t-il donc dans le labyrinthe qui suscite tant de convoitises ? J’ai entendu dire qu’à Gedovar, il y a beaucoup de démons qui ont du sang de monstre dans les veines », répondis-je.

La viande semblait bien chauffée, j’avais donc retourné les poivrons farcis et j’avais mis un couvercle sur la poêle. Il ne restait plus qu’à attendre que la partie poivron soit chauffée, puis à la faire cuire à la vapeur.

« Nous devrions demander à Kartina ce qu’il y a dans les profondeurs du labyrinthe. C’est une démone qui a le sens du devoir. Même si elle ne nous le dit pas franchement, son visage sera comme un livre ouvert », suggéra Marie.

« Oui, faisons-le. Elle a dit qu’elle ne divulguerait rien, mais j’ai l’impression qu’elle va nous aider. » C’était juste une intuition, je peux me tromper.

Kartina était une survivante du groupe de bandits envoyé par Gedovar. Elle avait acquis un grand pouvoir en portant l’armure ancienne connue sous le nom d’Armes du Démon, mais l’équipe de raids d’Arilai avait fini par la vaincre. Pourtant, elle vivait au deuxième étage depuis que Shirley l’avait sauvée. Elle avait dit qu’elle ne trahirait pas son pays d’origine, mais elle avait une bonne opinion de Shirley et de Wridra. D’après ce que j’avais pu voir, je doute qu’elle fasse quoi que ce soit pour nous faire du mal.

Une fois les poivrons bien chauds, je les avais placés dans une grande assiette. Enfin, j’avais fait mijoter la sauce que Marie avait préparée plus tôt et j’en avais badigeonné les poivrons farcis. J’espérais que cela aiderait Marie à surmonter sa haine des poivrons.

Une odeur appétissante dominait maintenant la pièce, et le chat noir était déjà assis à la table, dans l’expectative. J’avais posé l’assiette contenant une montagne de poivrons verts farcis sur la table, côté viande vers le haut, et le chat avait miaulé comme pour dire : « Je veux déjà manger ! »

« On dirait que Wridra n’a rien contre les poivrons », avais-je noté.

« Qui aimerait quelque chose d’aussi amer ? » objecta Marie. « Elle est juste prévenante puisque tu as fait l’effort de cuisiner. N’est-ce pas ? »

Le chat hocha la tête, puis me donna un coup de patte comme pour me dire : « Dépêche-toi pour que je puisse manger. »

L’ancien labyrinthe était encore plein de mystères, mais j’allais bientôt savoir si Marie allait surmonter son aversion pour les poivrons.

Alors que nous nous saluions avant le repas, Marie m’avait jeté un regard quelque peu réprobateur. Elle semblait vouloir se plaindre d’avoir fait des poivrons le plat principal, mais je n’avais rien dit pour l’instant.

Le poivron farci est un plat intéressant, car les ingrédients s’équilibrent mutuellement. Il combinait la texture moelleuse de la viande hachée avec la texture satisfaisante des poivrons, qui devenaient aqueux et amers lorsqu’ils étaient cuits. En les combinant, on obtenait une viande juteuse à la consistance agréable et ferme lorsqu’on la mordait. Les poivrons étant épais et charnus, ils devenaient encore plus succulents en absorbant le jus de la viande. Marie mordit dans la viande avec un croquant satisfaisant, et ses yeux s’écarquillèrent devant la profondeur de la saveur rehaussée par la pointe d’amertume du poivron.

Elle souriait, réalisant que le goût n’était pas du tout celui qu’elle avait imaginé. Elle cacha sa bouche avec ses doigts et ses jolis yeux avaient rencontré les miens.

« C’est tellement bon ! La texture, le jus… et la sauce soja la complète si bien. Oh, le riz serait un accord parfait avec ce plat ! »

Les baguettes de Marie s’entrechoquèrent contre son bol tandis qu’elle enfourna le riz dans sa bouche. La sauce, qui contenait de la sauce soja et du ketchup, se mariait à merveille avec le riz. Ses yeux s’illuminèrent de joie lorsque la saveur alléchante des poivrons farcis, la douceur du riz et la sauce se mélangèrent en parfaite harmonie.

« Mm-mmm ! » Elle avait gémi, puis m’avait jeté un coup d’œil plein d’espoir.

J’avais instinctivement pensé… non, je savais ce qu’elle voulait. J’avais pris une canette de bière dans le frigo et Marie avait hoché la tête à plusieurs reprises. Elle avait serré un verre dans sa main comme pour dire : « Vite, verse-moi un verre s’il te plaît ! Je ne peux pas te remercier maintenant parce que je suis occupée à mâcher, mais j’ai besoin d’un verre ! »

***

Si vous avez trouvé une faute d’orthographe, informez-nous en sélectionnant le texte en question et en appuyant sur Ctrl + Entrée s’il vous plaît. Il est conseillé de se connecter sur un compte avant de le faire.

Laisser un commentaire