Bienvenue au Japon, Mademoiselle l'Elfe – Tome 6 – Arc Été – Chapitre 3 – Partie 6

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Chapitre 3 : Une soudaine mission de rang S

Partie 6

« Suivons cette rivière pour l’instant. De cette façon, nous nous en sortirons même si nous tombons. »

« Oh, non, ce ne serait pas bon. Je ne suis pas une très bonne nageuse. Veille à ce que nous ne tombions pas, » répondit Marie.

Hein, je ne savais pas ça. C’est un fait que je ne connaissais pas sur elle. Comme c’était une elfe qui avait grandi dans une forêt, j’avais supposé qu’elle savait nager dans une rivière. Peut-être que cela signifiait qu’elle ne pourrait pas profiter de la mer, même si nous y allions. Dans tous les cas, j’avais décidé de m’en préoccuper plus tard. Si elle voulait apprendre à nager, nous pourrions toujours aller à la piscine pour nous entraîner. Et donc, j’avais décidé pour le moment de me concentrer sur le test de vol avec l’insecte.

« Alors, préférais-tu que je m’envole tout seul ? »

« C’est difficile à dire. Je voudrais regarder d’ici parce que j’ai peur, mais je pourrais le regretter plus tard si je renonce à une chance de voler pour la première fois. Tu pourrais aussi t’en vanter plus tard, » marmonna Marie, bien que je n’aie pas l’intention de me vanter. Elle était toujours en train de ramper alors qu’elle débattait intérieurement. Je ne savais pas s’il était vraiment nécessaire d’y penser aussi fort, mais les filles pouvaient être assez compliquées. Puis, elle prit finalement une décision.

« Bon, j’ai décidé. Je vais aussi y aller. Ce n’est pas parce que je suis jalouse de toi ou quoi que ce soit. C’est juste que je dois faire un rapport sur la pierre magique à la guilde. Oh, Mewi, viens ici que je puisse te tenir. »

« Hm ? Ah, d’accord. Êtes-vous certaine ? Je ne voudrais pas interrompre vos importantes recherches. »

« C’est bon. Ce n’est pas parce que j’ai peur ou autre. Je veux juste sentir ta douce fourrure. Ahh, c’est si chaud… » Marie avait pris la main de Mewi et l’avait attiré vers sa poitrine. Il semblait plutôt confus, mais comme je l’avais déjà dit, les filles sont des créatures compliquées.

« Maintenant, essayons de monter lentement, » avais-je dit.

« Oui, très lentement. Assez lentement et régulièrement pour nous faire bâiller, d’accord ? »

Roon. La pierre magique avait répondu après un court délai. Elle avait dû avoir besoin d’un moment pour y réfléchir, vu l’ordre confus de Marie.

Il était temps que le premier vol commence. Je tenais Marie dans mes bras, assise en position recroquevillée, et elle laissait échapper un couinement alors que le sol s’éloignait. Il semblait que tenir Mewi n’était pas suffisant, car elle avait serré son corps doux contre le mien en s’accrochant à sa vie.

« Nnh ! C’est assez effrayant ! » Marie fermait les yeux, ne supportant pas la sensation de flotter, et je la sentais trembler. La chatte noire regardait autour d’elle, sans être impressionnée, ne semblant pas perturbée par ces maigres hauteurs. Bien que l’Arkdragon puisse voler librement, voler avec autre chose que ses propres ailes devaient être une expérience inhabituelle.

« Bon, on va longer la rivière maintenant. Regarde, Marie, la vue est si belle. Pourquoi n’ouvres-tu pas les yeux ? »

« A — Attends, c’est un peu effrayant de ne pas se tenir sur des bases solides ! » J’étais plutôt content qu’elle s’accroche à moi si fort. Pas seulement parce que c’était une fille mignonne, mais parce que j’avais l’impression qu’on comptait vraiment sur moi. Bien sûr, elle dépendait déjà de moi en général, mais elle était du genre à endurer les choses quand c’était possible.

Je ne voulais pas qu’elle se retienne quand il s’agissait de ces choses. Je préférais nettement qu’elle me dise tout ce qu’elle aimait et voulait faire. Pour être honnête, j’aurais probablement essayé d’exaucer à peu près tout ce qu’elle souhaitait. Je lui avais donc parlé sur un ton plus doux que d’habitude pour tenter d’apaiser sa peur. Elle avait juste besoin d’un peu de courage pour ouvrir les yeux et voir un monde totalement différent devant elle.

« Tiens, Marie, je vais te soutenir. Il ne faut pas avoir peur. Peux-tu essayer d’ouvrir les yeux lentement pour moi ? »

« O-Oui, je vais bien. Je vais bien. Je me sens un peu plus calme en écoutant ta voix. » Je sentais son souffle chaud sur mon cou, et elle ouvrit lentement ses yeux d’améthystes qui étaient encadrés par de longs cils.

C’était comme si j’observais le moment où les fleurs éclosent. Puis, elle vit la longue portion de rivière avec de la verdure sur les deux rives, ainsi que des plantes grasses en fleurs, maintenant que la saison des pluies venait de finir.

« Wôw… ! » C’était un spectacle merveilleux. Nous pouvions voir la rivière couler sous nos pieds du même point de vue que les oiseaux en vol. Le vent caressait doucement nos joues, et Marie et Mewi ne savaient plus quoi dire.

J’avais jeté un coup d’œil sur le côté de la créature pour constater que les ailes vibraient rapidement, ajustant sa vitesse de vol selon les besoins. La pierre magique était beaucoup plus facile à contrôler que je ne l’avais imaginé, et j’avais à peine entendu ou senti les ailes lorsqu’elles battaient. En fait, le bruit de la rivière qui coulait était beaucoup plus fort. Marie s’était retournée sur son siège.

« Hee hee, ça fait bizarre. Je me sens très chanceuse d’être ici. »

« C’est un cadeau inattendu de Zera, mais je pense que nous allons beaucoup nous amuser avec cette pierre magique. Elle est utile et facile à contrôler. Maintenant, nous savons pourquoi ils ont fait des pieds et des mains pour imposer la restriction des frontières. » Je commençais à comprendre ce qu’étaient les pierres magiques et pourquoi il fallait les empêcher de sortir clandestinement du pays.

Ils étaient beaucoup trop faciles et pratiques à utiliser.

L’obtention d’une compétence exigeait un entraînement de longue haleine, mais les pierres magiques pouvaient être acquises sans avoir besoin de talent ou d’effort. En d’autres termes, plus un pays possède de personnes et de Pierres magiques, plus il est puissant.

En tant que pays désertique, Arilai n’avait pas une population très élevée. Si les pierres magiques avaient été sorties du pays et utilisées ailleurs, cela aurait mis tout le pays en danger.

« C’est donc pour cela qu’Aja le Grand nous a donné ce permis, » chuchota Marie, ses bras toujours autour de moi. Mewi et moi avions incliné la tête en signe de confusion, et elle avait continué à expliquer. « Je veux dire que nous ne pourrions pas penser à une autre façon d’utiliser ces pierres que pour les loisirs, n’est-ce pas ? Par exemple, pour trouver un endroit agréable pour déjeuner. »

Mewi leva les bras et applaudit, ce qui m’avait fait rire aux éclats. Marie avait raison. Nous n’avions aucun intérêt à participer à une guerre ou à utiliser les pierres magiques pour gagner de l’argent. Je veux dire, nous tenions plus à garder pour nous toute cette délicieuse nourriture que tout le reste.

Après avoir ri pendant un certain temps, j’avais levé les yeux vers le ciel. Il y avait quelques nuages, et maintenant que la saison des pluies était terminée, le temps ressemblait davantage à celui d’un désert.

« Je viens de réaliser quelque chose. Je pense que nous avons résolu l’un des problèmes auxquels nous étions confrontés. » C’est au tour de Marie d’écarquiller les yeux. Elle avait incliné la tête et m’avait fixé, comme pour me pousser à m’expliquer. Je lui avais souri.

« Je veux dire, à propos de nous faisant une ferme au deuxième étage. Nous avions besoin d’un moyen de monter là-haut… »

« Ah ! On peut y aller facilement maintenant ! » Nous nous étions montrés du doigt en même temps et avions rayonné. Tout avançait bien maintenant, et nous ne pouvions que rire alors que nos problèmes se résolvaient les uns après les autres. Il y avait encore une certaine distance jusqu’à l’oasis. Il m’aurait fallu plusieurs heures pour y arriver même si j’avais utilisé Trayn, le guide du voyageur, et il m’aurait fallu une journée entière pour y aller à pied.

« Oh, c’est une bonne occasion. Testons à quelle vitesse et à quelle distance nous pouvons voler. Nous pourrons contempler le sable qui s’étend à l’horizon en dispersant quelques graines de citrouille. J’aimerais les faire mijoter dans de la sauce soja une fois qu’elles auront poussé. » Il semblait qu’elle se souvenait encore du plat de potiron mijoté que nous avions mangé il y a quelque temps. Marie sourit en se rappelant la texture chaude et douce de ce plat mijoté. Elle avait ensuite baissé les yeux et avait repris la parole.

« De plus, “Pierre magique” n’est pas un nom très mignon. Est-ce bon si je t’appelle Roon ? »

… Roon ? L’inflexion positive de la réponse m’avait fait éclater de rire. Les yeux de la créature brillaient dans la lumière du soleil et elle battait des ailes, comme pour montrer son approbation. Ce serait peut-être bien de faire une longue promenade de temps en temps. Le soleil du désert serait dur, mais Marie avait après tout la capacité de contrôler les esprits pour rendre la température plus gérable.

« Voyons voir, de quoi d’autre aurions-nous besoin… ? Peut-être des boissons, comme des jus de fruits ? » avais-je demandé.

« Hmm, ce serait génial si nous pouvions jouer de la musique. On pourrait peut-être aussi avoir des mains courantes, des chaises, et quelque chose qui pourrait agir comme une ceinture de sécurité. »

« Ah, la musique serait bien. Le vent contiendra des grains de sable, donc il faudra faire quelque chose pour ça aussi. Aussi, ce serait bien si l’esprit de glace pouvait refroidir nos boissons. »

L’excitation de cette discussion m’avait rappelé la préparation d’un voyage scolaire. Grâce à l’argent acquis dans le labyrinthe antique, nous pouvions faire tous les achats que nous voulions. Je n’étais pas trop intéressé par le gain d’argent dans ce monde, mais c’était une autre histoire quand il s’agissait de loisirs.

« D’accord, c’est décidé. Allons dans le quartier commerçant et achetons ce dont nous avons besoin. Hee hee, j’adore faire du shopping. J’ai hâte d’y être ! Hmm, le quartier commerçant devrait être par là… ? » Au moment où Marie baissa les yeux, son sourire disparut. Le changement avait été soudain et net, et je l’avais entendu lâcher un étrange « Oof » en même temps.

« Si haut ! On est bien plus haut que je ne le pensais ! Je suis désolée, ce n’est pas grave ! J’ai eu les yeux plus gros que le ventre ! J’ai en fait très peur des hauteurs ! Ahhh, je ne peux pas ! Aide-moi, Kazuhiho ! »

Uh oh. Marie était assise là, les pattes repliées sur les côtés, ses longues oreilles tombant vers le bas. Elle s’était tournée vers moi, pleurnichant et presque en larmes… et pour une raison ou une autre, j’avais senti une palpitation dans ma poitrine. Marie s’était accrochée à moi, mais je ne pensais qu’à une chose : elle était mignonne.

« Voilà, voilà… » avais-je dit, en lui tapant dans le dos de façon rassurante.

Mais en raison de la peur qu’elle avait éprouvée, le reste du test en vol s’était déroulé avec la sécurité et le confort comme priorité absolue.

Je m’étais dit que ce serait une sacrée virée shopping alors que nous descendions vers le sol. Roon fit ce bruit étrange et familier en décrivant des cercles dans l’air pour atterrir.

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