Bienvenue au Japon, Mademoiselle l'Elfe – Tome 4 – Chapitre 2 – Partie 3

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Chapitre 2 : Retraite temporaire du donjon antique

Partie 3

L’animal qui marchait sur le sable avec un bruit sourd était connu sous le nom de Fugoi. Il devait son nom au bruit bizarre qu’il faisait en reniflant lorsqu’il ajustait sa température corporelle en ouvrant et en fermant son nez. J’avais entendu dire qu’ils étaient conçus pour résister à la chaleur intense du désert. Il se déplaçait assez lentement en piétinant délibérément avec ses grands pieds, mais il était apprécié de l’armée et des marchands pour sa capacité à transporter de grosses charges. Sa peau rugueuse et épaisse rappelait quelque peu celle des rhinocéros du zoo. Il tirait un chariot avec les cordes attachées autour du corps, et une jeune elfe s’asseyait entre les nombreux sacs de marchandises.

Elle s’était assise avec les pieds l’un à côté de l’autre et avait poussé un grand soupir. L’esprit aquatique du nom d’Ondine flottait dans les airs, agitant sa queue comme pour tenter de réconforter sa maîtresse peu enthousiaste. La chatte noire, cependant, dormait sur les genoux de la jeune fille sans se soucier de son état actuel. Quant à moi, je n’avais pas de place pour m’asseoir, alors je marchais sur le sable.

« Je suis désolée d’avoir pris la place, ce qui te force à marcher. Je devrais m’entraîner un peu pour ne pas me fatiguer si facilement. » Elle s’était excusée en disant cela, mais je savais qu’elle avait fait de son mieux pour marcher, malgré son manque d’endurance physique. Non seulement elle n’avait pas besoin de s’excuser, mais j’avais pensé qu’elle méritait des éloges.

« C’est bon, j’ai l’habitude de voyager. Il ne fait pas trop chaud sur le chemin. En fait, je pense que c’est correct, avec la saison des pluies qui se déroule, » répondis-je.

« Oui, je suis contente que nous n’ayons pas eu à nous ratatiner en pruneaux en chemin. Cependant, nous sommes très en retard par rapport aux autres. J’espère que personne ne sera contrarié. » Après ça, Marie se tourna vers la direction où nous allions. Le sable et les rochers étaient à peine reconnaissables comme le chemin que nous devions suivre, et on pouvait voir de nombreuses pentes douces qui se chevauchaient. L’armée d’Arilai n’était bien sûr nulle part en vue.

Peut-être que le cocher nous avait sentis le regarder, parce qu’il s’était retourné et avait commencé à parler.

« Arilai sera en vue une fois que nous aurons passé ces collines là-bas. Vos amis qui sont partis devant devraient déjà y être arrivés. Toutes les marchandises de ce chariot se seraient envolées des étagères si nous étions arrivés à temps pour le retour triomphal. » Il riait d’une voix rauque. Il avait une barbe blanche sur son menton, qui vacillait dans le vent du désert.

« Je vois. Nous vous sommes reconnaissants de nous avoir emmenés, mais avons-nous fini par vous déranger ? » demandai-je.

« Ce Fugoi ne va pas aller plus lentement juste parce que nous avons ajouté une fille elfe comme passagère. En plus, on ne pouvait pas laisser deux enfants dans le désert. N’est-ce pas ? » C’était peut-être une coïncidence, mais l’animal avait soufflé de l’air par le nez comme si c’était un accord, ce qui nous avait fait rire Marie et moi.

« Nous aurions pu dormir autant que nous le voulions et les rejoindre si aujourd’hui était un week-end, » déclarai-je en un murmure.

« Oui, c’est dommage. Peu importe l’heure à laquelle nous dormons, nous ne pouvons passer qu’une demi-journée ici. Nous ne pouvons pas laisser les gens nous voir dormir afin de garder notre secret, nous devons donc rester séparés des autres, » déclara Marie.

« Oui, je sais que c’est un inconvénient dans ce sens. Ce n’est pas comme si nous étions pressés, et je préfère éviter un accueil bruyant pour notre retour. Je pense que nous sommes tous les deux d’accord là-dessus. » Marie avait levé la main en signe d’accord et notre petite réunion s’était terminée. Sentant la brise fraîche et entendant le bruit occasionnel du Fugoi soufflant de l’air, nous avions décidé de profiter du voyage jusqu’à notre destination.

Lorsque nous avions traversé les collines, les terres d’Arilai étaient apparues, comme l’avait dit le vieux cocher.

Nous avions entendu le son des cloches qui sonnaient dans le vent.

L’entrée principale s’était ouverte, et nous avions pu voir des gens célébrer le retour, même depuis ici. L’occasion de cette grande fête était la conquête du premier étage de l’ancien donjon. Trois boss d’étage avaient été vaincus, et la salle du trésor avait été ouverte. Le fait d’avoir surmonté cette grande difficulté avait porté ses fruits sous la forme d’innombrables trésors, de pierres magiques, d’objets et de livres mystérieux et d’autres butins divers, et les citoyens avaient été choqués de découvrir que tout cela avait déjà été obtenu à partir du premier étage seulement.

J’avais été surpris par les célébrations tape-à-l’œil, mais il fallait peut-être s’y attendre. Le seul autre moyen de faire de tels retours serait la guerre ou la production de choses comme des bijoux, il n’y avait donc aucune raison de ne pas s’en réjouir. Les autres membres de l’escouade d’élite avaient été accueillis en héros. Quant à nous, venant d’un autre pays, notre accueil était plutôt superficiel. Nous étions arrivés bien plus tard, et il était difficile de nous voir autrement que comme deux enfants qui se promènent au hasard. Mais je ne pensais pas que nous ne serions même pas reconnus comme membres des groupes de raid.

« Adieu. N’oubliez pas d’acheter une grande partie de mes marchandises si jamais nous nous revoyons, » déclara le marchand.

« Oui, je vous remercie. À bientôt ! » Nous nous étions inclinés et nous nous étions séparés du vieux marchand.

Tout le monde était encore occupé par l’accueil des héros, et les citoyens se parlaient entre eux avec enthousiasme. Marie avait jeté un regard autour d’elle, puis elle avait tourné son regard vers moi.

« Allons donc à l’atelier de Mewi. J’ai mal aux fesses à force de rester assise sur le chariot, alors j’aimerais me reposer, » déclara Marie.

« Cela semble bien. L’atelier se trouve à la périphérie de la ville. Suivons ce chemin pour sortir. » Mewi, l’enfant de la tribu Neko, était dans une situation assez unique. Il avait la rare capacité de raffiner les Pierres Magiques et était affilié à des démons, considérés comme une menace pour l’humanité. Pour cette raison, nous avions dû marcher à travers les sables rugueux sur le chemin désert pour arriver chez lui. Marie devait être fatiguée d’avoir tant voyagé. Ses cheveux blancs semblaient avoir perdu de leur éclat, et il y avait un air d’épuisement autour d’elle. Elle poussa un soupir de fatigue.

« Nous y sommes presque, tu peux le faire. Je peux nous faire du thé quand on y sera, » déclarai-je.

« Oui, ça va aller. Je vais montrer à tout le monde que les elfes sont forts et bons à la chasse, puisque nous avons grandi dans les forêts, » déclara Marie.

D’accord… ce n’est pas très convaincant quand on peut à peine marcher droit. De plus, je ne me souviens pas avoir vu Marie brandir un arc. Je lui avais posé la question, et elle avait hoché la tête comme si la réponse était évidente.

« Non, j’ai trop peur d’aller à la chasse. Les cordes des arcs sont trop serrées pour que je puisse les tirer, et si tu manques le cœur de la cible avec ces petites flèches, tu finis par être celui qui est en danger. Non, merci, » déclara Marie.

« Hmm, mais les Koopahs sont bien plus forts que les sangliers, tu sais…, » argumentais-je.

« J’y suis déjà habituée. Ils sont comme des têtards une fois qu’on y est habitué, et ils ne sont pas très intelligents, alors ils te chargent directement. Mais nous avons déjà nettoyé le premier étage, donc je ne pense pas que nous en rencontrerons d’autres. » Elle avait ri maladroitement, comme pour dire que c’était une honte, parce qu’ils étaient bons pour l’accumulation de points d’expérience. Je n’étais pas sûr de ce que je ressentais, mais j’avais dit la même chose quand je lui avais présenté ces monstres pour la première fois, alors j’avais laissé passer sa remarque.

Au fil de notre conversation, j’avais commencé à entendre le bruit d’une rivière familière qui coulait. L’atelier de la tribu Neko aurait dû être juste au coin de la rue. La température ici était fraîche, grâce au fait qu’il était situé à côté de la rivière, et cela semblait être l’endroit idéal pour se reposer après notre voyage. Et donc, nous étions arrivés au coin de la rue à pas légers.

Puis, Marie s’était mise à genoux.

« Pas possible…, » murmurai-je.

« Ouah ! Peut-être que c’est parce qu’ils ont ramené tant de pierres magiques. Il y a une énorme queue devant l’atelier. » Je n’avais pas pu m’empêcher de le dire à voix haute par surprise. Il y avait un groupe de ce qui semblait être des fonctionnaires du gouvernement qui se pressaient devant l’atelier, avec des gardes qui encerclaient la zone. Ce n’était rien de moins qu’un cauchemar pour nous deux, qui étions fatigués de voyager.

« Oh, attention. Tu vas bien, Marie ? Allez, essaie de te lever, » déclarai-je.

« Euh, on ne peut même pas lui dire bonjour après avoir marché jusqu’ici ? C’est trop… » J’avais touché Marie sur l’épaule alors qu’elle était accroupie, mais elle était si déprimée qu’on aurait dit qu’elle allait se retourner par terre. Des larmes jaillissaient dans ses yeux violets lorsqu’elle me regardait, et tout ce que je pouvais ressentir, c’était de la sympathie pour elle.

Mais si l’atelier n’était plus une option pour passer la nuit, la seule alternative à laquelle je pouvais penser était de trouver une auberge bon marché en ville. Les voyageurs étant très rares dans ce pays, les possibilités d’hébergement étaient très difficiles à trouver. Il allait être difficile de réconforter Marie de son état d’épuisement.

« Hmm, devrions-nous utiliser mes compétences, Trayn, le guide de voyage, pour nous emmener dans ton pays d’origine ? Mais nous avons cette fête demain, et je ne peux choisir que des sanctuaires de voyage comme destination, donc nous devrions marcher à nouveau dans le désert. » La fille avait secoué la tête de côté en signe de protestation. Je ne pouvais pas la blâmer. Cela aurait été trop, même pour moi, et elle m’aurait normalement grondé pour l’avoir suggéré. Il ne restait plus qu’à…

« Oh, Zera n’a-t-il pas offert sa place pour que nous y restions ? » Marie avait levé la tête dès que je l’avais dit.

Ce grand homme, Zera, nous avait déjà aidés une fois. Il avait monté une tente pour nous dans les campings et nous avait même prêté un mobilier somptueux. Elle semblait s’en souvenir, et j’avais vu la vie revenir rapidement à ses yeux violets.

« Il est vraiment riche, n’est-ce pas ? » demanda Marie.

« Oui. J’ai cru entendre la cupidité dans tes paroles tout à l’heure. Peut-être que je l’imagine ? » Les elfes avaient généralement tendance à préférer un style de vie assez simple, mais il semblerait que je ne l’avais pas mal entendue. Marie se hissa avec son bâton contre le sol, puis fit un sourire éclatant.

« Nous devrions donc nous dépêcher. Avant que nous ne soyons tout secs au soleil, » déclara Marie.

« Hmm, mais c’est assez nuageux en ce moment. Oh eh bien, je suppose que ça ne fera pas de mal d’accepter la gentillesse de quelqu’un de temps en temps. » Marie acquiesça de la tête et commença à marcher avec une énergie renouvelée.

L’idée m’avait traversé l’esprit que Zera n’était probablement pas simplement riche. J’avais entendu dire que, contrairement aux marchands, il était capable de vivre un tel style de vie grâce à ses prouesses martiales.

Eh bien, il valait probablement mieux le lui montrer plutôt que d’essayer de l’expliquer. Alors, j’avais ajusté mon sac sur le dos et j’avais marché derrière Marie.

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