Almadianos Eiyuuden – Tome 4 – Chapitre 136

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Chapitre 136

Je suppose que le timing n’est pas vraiment bon.

En entendant les mauvais rapports de ses subordonnés, la méchante fée Lucia, qui possédait le chef des mages de la cour royale, Mordred, gémit. Elle montrait aussi un visage qui donnait l’impression qu’elle venait de manger des vers.

La nuit précédente, un rapport était arrivé annonçant que Rosberg et Kurats avaient repoussé l’armée de l’empire Asgard, dirigée par Gunther, hors de la frontière.

Cette information avait été décisive.

Les aristocrates, qui étaient encore hésitants même lorsque Kurats avait vaincu Skuld, étaient maintenant totalement certains de la victoire de Jormungand.

Dans ces circonstances, plutôt que d’essayer de réfléchir à des moyens de trahir l’empire, leur priorité était désormais de nouer des liens avec Kurats et de trouver des intermédiaires pour entrer en contact avec la future reine, Lunaria.

Pendant que la méchante fée avait de telles pensées, Mordred lui-même jetait un regard de jalousie et de colère folle sur les aristocrates qui se précipitaient pour couvrir Kurats de cadeaux et fournir de l’aide à ses femmes.

Quel manque de principes ! Où est votre fierté d’aristocrates !?

La vérité était que les nobles étaient toujours du genre à être sensibles aux changements dans l’équilibre du pouvoir. De plus, ils jetaient leur fierté et agissaient sans aucune considération pour leur réputation, afin de satisfaire leur propre orgueil.

Mordred ne niait cette vérité qu’il connaissait bien que par ressentiment envers Kurats.

Si ce roturier n’était pas là, c’est moi qui serais salué comme un héros à l’heure qu’il est.

Lucia avait bien ri des illusions égocentriques de Mordred.

Mais c’était précisément parce qu’il avait de tels désirs que Lucia avait pu l’atteindre avec des paroles mielleuses qui allaient dans son sens.

D’aussi loin qu’elle se souvienne, Lucia pouvait compter sur une seule main le nombre de fois où elle avait rencontré quelqu’un d’aussi facile à manipuler.

Le talent et le statut social de Mordred étaient ordinaires, et même s’il faisait plus d’efforts que la moyenne dans sa magie, c’était un homme vraiment stupide.

Au sein de l’armée, son talent et sa position ne pouvaient même pas rivaliser avec le défunt Leclerc, et encore moins avec Kurats.

La seule partie de lui qui surpassait vraiment tous les autres était le marais sans fond de narcissisme qu’il avait pour lui-même, ainsi que sa jalousie envers ceux qui étaient plus talentueux.

Aucun subordonné au monde n’aurait voulu être dirigé par un tel homme.

C’était la raison principale pour laquelle les méchantes fées sous le commandement de Lucia avaient du mal à prendre le contrôle des mages de la cour royale. Mordred était trop impopulaire.

Et maintenant, avec le port de la victoire de Rosberg et Kurats, les seules personnes sur lesquelles les méchantes fées pourraient encore prendre le contrôle étaient les quelques imbéciles qui, comme Morded, brûlaient encore dans le brasier d’ambitions révolues.

Cela étant dit, j’ai encore une certaine marge de manœuvre. Après tout, la seule demande de Sa Majesté le Roi-Démon était d’être diverti.

Le Roi-Démon ne lui avait jamais demandé d’obtenir la victoire sur les humains ou de les tuer.

Sa demande avait été précise et Lucia savait parfaitement pourquoi il l’avait choisie.

Alors, dansez, humains. Soyez reconnaissants que des mauviettes comme vous puissent être utiles.

En contraste avec l’atmosphère bouillonnante du château due à la nouvelle de la victoire du royaume, le roi Christopher avait une expression inquiétante lorsqu’il était assis sur son trône.

Il était donc impossible pour les aristocrates réunis de prononcer des mots de félicitations présomptueux.

L’armée du royaume n’avait-elle pas réellement gagné ?

Et si ce n’était pas le cas, cela signifiait-il que l’empire d’Asgard avait déjà lancé une attaque ailleurs ?

Les aristocrates continuaient à spéculer en chuchotant entre eux, mais cela ne changeait rien à l’expression de Christopher.

Ce n’était que peu de temps après, lorsque Mordred et ses subordonnés avaient finalement rejoint l’assemblée, que Christopher bougea les sourcils en poussant un profond soupir.

Rien que pour cela, les personnes plus perspicaces parmi les personnes présentes avaient pu spéculer que Mordred était la raison de la mauvaise humeur de Christopher.

« Tu es en retard, Mordred. »

En réponse aux mots de Christopher, Mordred s’était agenouillé et avait incliné sa tête sur place.

« Honte à moi, je n’ai aucune excuse. J’étais trop pris par mes recherches à cause de la guerre. »

« C’est vrai ? En y réfléchissant, tu as bien dit que tu travaillais à nouveau sur ce nouveau sort. »

« En effet, votre majesté ! Cette fois, le sort est des dizaines de fois plus puissant qu’auparavant. Avec cela, les cavaliers Chaos de l’empire ne seront plus une arme à craindre. »

Mordered fit son affirmation fièrement et avec enthousiasme.

Bien que ce ne soit pas le fruit des recherches personnelles de Mordred, il était convaincu que ce nouveau sort le mènerait vers de plus hauts sommets.

« Tu as fait exactement la même affirmation auparavant. Et pourtant, le sort dont tu es si fier n’a pas fait le poids face aux cavaliers Chaos. »

Malheureusement pour Modred, la réponse qu’il reçut de Christopher n’était pas celle qu’il espérait.

Il était déconcerté par la férocité que le roi pointait vers lui.

« Il n’y aura pas d’erreur cette fois-ci ! Le rendement du sort a été amélioré de 30 et… »

« Non seulement le sort était inutile, mais les lanceurs ont même renoncé à leurs alliés après coup et ils se sont échappés. Veux-tu expliquer ça ? »

« C-c’était… »

Est-ce que Rosberg a rapporté ça ? Maudit soit-il ! Avec la gravité de ses blessures, j’ai supposé qu’il n’aurait pas l’énergie de se défouler.

Mordred avait maudit Rosberg, qui était toujours absent pour le moment.

En réalité, Rosberg était encore à l’état de cadavre vivant pour le moment. Son adjudant avait choisi de joindre ceci au rapport général de son propre chef.

« Je ne comprends pas, quel était le problème, votre majesté ? On m’a dit que le Seigneur Rosberg était celui qui avait ordonné la retraite des troupes. »

Dans le pire des cas, Mordred avait l’intention de faire porter toute la responsabilité au commandant sous ses ordres, Rustam.

Rustam était un subordonné loyal, mais il n’y avait pas de fin à ceux qui pouvaient prendre sa place.

« J’ai déjà reçu de multiples rapports sur la façon dont l’ordre des mages s’est échappé par ses propres moyens, avant les fantassins ! Et vous êtes censés être les plus grandes élites du royaume ? ! Quelle blague de mauvais goût ! »

Ce que Christopher jugeait impardonnable par-dessus tout, c’était le fait que la situation avait abouti à ce que Rosberg soit poussé au bord de la mort.

Ayant goûté à la réalité de la perte de l’épée du royaume, Christopher avait réalisé que la puissance militaire de Rosberg ne protégeait pas seulement le royaume dans un sens littéral, mais aussi dans un sens psychologique.

Il semblerait qu’il avait compté sur Rosberg plus qu’il ne le pensait comme soutien moral en cas de besoin.

C’est pourquoi, loin de vouloir les protéger du contrecoup de leurs actions, il ne pouvait en fait pas pardonner à l’ordre des mages qui ne semblait exister que pour fanfaronner.

« Il doit y avoir eu une sorte de malentendu sur le champ de bataille. Comment l’ordre des mages a-t-il pu être aussi inutile ? Ces rapports doivent être le radotage de ceux qui sont jaloux de nous ! »

Le problème avec ces mots, c’était que Rosberg les croyait sincèrement.

La méthode révolutionnaire consistant à utiliser des parties de monstre comme support pour les sorts avait apporté de grands progrès à la magie tactique telle que le monde la connaissait jusqu’à présent.

Et pourtant, malgré toute cette puissance, l’ennemi n’avait subi aucun dommage ? C’était impossible.

Il était impossible qu’un sort de ce niveau soit inutile.

« Assume la responsabilité de tes erreurs ! Quoi qu’il en soit, c’est assez. À partir d’aujourd’hui, tu es démis de ton poste de chef de l’ordre des mages ! Ton successeur sera annoncé plus tard. Maintenant, part ! »

Mordred était complètement choqué. Il posa ses deux mains sur le sol comme si les mots de Christopher l’avaient fait s’effondrer.

Il semblait qu’il avait été si sûr de lui qu’il n’avait jamais douté que le roi le favorisait jusqu’à ce moment précis.

« S’il vous plaît, attendez, votre majesté ! Ayez pitié… !! »

Il devait y avoir une erreur. Non, il s’agissait sûrement d’un plan orchestré par ce roturier, Kurats, dans un accès de jalousie envers le talent de Mordred.

Toujours déconcerté, Modred tituba en avant, voulant s’accrocher à Christopher.

Cet instant suffit à Lucia.

Un tel homme n’a pas ce qu’il faut pour être roi.

Après tout, aucun roi digne de ce nom ne pourrait rejeter un talent tel que le tien.

Plutôt qu’un tel homme, il y a quelqu’un qui serait un bien meilleur candidat au trône, n’est-ce pas ? Ce serait toi, Mordred.

Encouragé par la voix silencieuse, Mordred afficha un sourire tordu.

Il avait cessé de penser normalement à cause du lavage de cerveau de Lucia depuis un moment déjà.

C’est vrai. Quelqu’un de mon calibre ne devrait pas être utilisé par un tel homme. Un roi comme lui, sans aucun sens de la logique, ne peut qu’apporter le malheur au peuple.

« Dégage de mon chemin ! Roi incompétent ! »

Les gardes du roi furent pris par surprise par le changement soudain de l’homme qui essayait juste de s’accrocher pathétiquement au roi.

En premier lieu, les mages étaient des amateurs lorsqu’il s’agissait de combats physiques. Ils ne pouvaient naturellement pas manier une épée comme un chevalier.

De plus, Mordred n’avait pas d’armes, son physique maigre ne pouvait être considéré comme bon, et la zone du roi était protégée par de multiples barrières de réduction de la magie.

Mordred blessant le roi sans l’aide de sa magie était une situation que personne ne pouvait imaginer.

Personne, à l’exception d’un homme qui restait vigilant malgré tout.

Cet homme était le ministre de la guerre, Cellvis.

« Espèce d’insolent ! Éloigne-toi de Sa Majesté ! »

Les yeux de Mordred ne regardaient même plus Christopher. À ce stade, il voyageait déjà dans un monde qui lui était propre, un monde dont lui seul croyait à l’existence.

« MEUUUURT ! »

Mordred prépara son poing. C’était un piètre poing, un poing qui ne semblait pas pouvoir tuer un insecte.

Concentre ton pouvoir. Ces barrières de réduction de la magie ne sont pas parfaites. Tu dois seulement renforcer légèrement le bout de ton doigt.

Sous les conseils de Lucia, Mordred chargea de la puissance magique dans son index droit.

Tout s’était passé en un instant.

L’épée de Cellvis avait profondément traversé le corps de Mordred, du haut de son épaule jusqu’à son nombril.

Ses poumons avaient été pulvérisés, ses intestins avaient été tranchés par l’épée, et une grande quantité de sang et d’entrailles s’étaient éparpillés sur le sol.

Mais cet éparpillement de sang et d’entrailles bloquait le champ de vision de Christopher. Il ne pouvait plus voir ce qui se passait devant lui.

C’est bon, tu n’es pas encore mort. C’est facile d’ici. Tout ce que tu as à faire est de pousser légèrement ton bras en avant.

Alors que sa conscience s’effaçait, Mordred serra toutes les dernières forces qu’il avait en lui pour pousser son index en avant.

« Gaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaah ! »

« V-votre majesté ! »

Juste comme ça, son doigt perça l’œil droit de Christopher.

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3 commentaires :

  1. Oh, je ne m'attendais pas à cela. Le roi est mort, vive la reine 😅

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