Almadianos Eiyuuden – Tome 2 – Chapitre 34

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Chapitre 34

Christopher, le roi de Jormungand, était très perplexe. Une situation urgente lui était venue de nulle part.

La cour était tombée dans un grand chaos, ce qui était tout à fait naturel étant donné que l’empereur d’Asgard, Heimdall, avait soudainement envoyé une demande en mariage à Lunaria.

De nos jours, l’empire Asgard était la nation avec la puissance militaire la plus forte du continent. Si la proposition était refusée avec négligence, l’empire pourrait s’en servir comme excuse pour déclencher une guerre.

C’était la base de l’argumentation qu’Albert et les autres nobles de la faction de Felbell avaient activement mise en avant.

D’autre part, les nobles de la faction de Lunaria avaient soutenu que le royaume était l’une des cinq puissances du continent et qu’il se trouvait au même niveau que l’empire. Il était donc absurde d’offrir la main de la princesse pour la seule raison que l’empereur l’avait demandée.

Sans parler du fait que Heimdall était un coureur de jupons. De plus il avait une mauvaise personnalité.

Bien que les mariages entre membres de famille royale étaient importants lorsqu’il s’agissait des relations diplomatiques, Christopher avait beaucoup de difficulté à évaluer les avantages et les inconvénients de cette proposition, étant donné que la personne qui faisait l’offre était Heimdall.

Cependant, il était également vrai que la faction de Felbell prenait le dessus dans ce débat.

Leur opinion était que si Lunaria pouvait devenir la reine de l’empire Asgard en épousant l’empereur, ce ne serait en aucun cas une perte pour le royaume.

Si cette proposition avait été faite par une nation comme le royaume Tornedora dans le sud, peut-être même Christopher aurait-il sérieusement considéré leur offre.

« Mais je pense qu’on devrait refuser... »

Peut-être que les nobles de la faction de Felbell pensaient que la situation ne changerait pas tant que Lunaria était présente ici, mais il n’était pas si facile de se débarrasser de ceux qui avaient le sang de la famille royale.

Si Heimdall et Lunaria devaient avoir un fils ensemble, l’empire Asgard pourrait aller jusqu’à demander d’hériter du droit au trône de Jormungand.

Bien que les mariages diplomatiques soient certainement efficaces pour améliorer les relations, ils pouvaient se transformer en une épée à double tranchant s’il n’y avait aucune confiance initiale entre les nations concernées.

Et l’empire Asgard était un pays auquel Christopher ne ferait jamais confiance, même en cas d’urgence majeure.

Cependant, comme nous l’avons mentionné précédemment, un refus mal géré pourrait facilement servir d’excuse pour déclencher une guerre.

De plus, il serait probablement impossible de convaincre les nobles de la faction de Felbell que l’empire Asgard n’était pas assez digne de confiance.

Au bout du rouleau, Christopher s’était laissé aller à la frustration par un gémissement.

Mais avant qu’il n’ait pu examiner la situation plus avant, quelqu’un l’avait interrompu dans sa réflexion.

« Votre Majesté, un subordonné vous a envoyé un rapport. »

« Qui y a-t-il maintenant ? », dit Christophe d’une voix malhonnête, tout en regardant le membre des « Oreilles du Roi » qui venait d’entrer dans la salle.

Une autre question délicate allait être soulevée.

Pensant ainsi, Christopher ne pouvait pas s’empêcher d’adopter une attitude brusque, bien qu’il savait que c’était déraisonnable de sa part.

« Le subordonné est celui qui a infiltré Asgard. Il a rapporté que la Lapland a été envahie par les forces de l’empire il y a quelques jours. »

« Heimdall aurait déplacé son armée ? Ce fou affamé de guerre ! »

Christopher frappa la table devant lui avec son poing tout en serrant les dents.

Cela ne faisait qu’un demi-mois que l’empire Asgard avait détruit le duché de Maclean.

Bien qu’il s’agisse d’un petit pays, Christopher pensait qu’il allait devoir consacrer beaucoup d’effort ainsi qu’une partie importante de l’armée de l’empire pour maintenir l’occupation sur le duché.

Pourquoi l’empire était-il si pressé d’engager un nouveau conflit ?

Depuis une heure, les questions que Christopher se posait sur Heimdall n’avaient cessé de s’accumuler.

Le fait que, historiquement, Lapland et le Jormungand avaient des liens d’amitié était encore plus problématique.

Normalement, l’envoi de renforts au duché aurait été la réaction naturelle de Christopher. Cependant, même s’il envoyait des renforts, seraient-ils capables de gagner ? Cela semblait très improbable.

Dans le pire des cas, Lapland tomberait malgré les renforts envoyés par Jormungand, et l’empire deviendrait alors totalement hostile au royaume.

Et si le royaume n’envoyait pas de renforts à Lapland ?

Si cela devait se produire, le royaume de Jormungand aurait sans aucun doute l’air peu fiable aux yeux des petits pays voisins.

Le roi était coincé entre le marteau et l’enclume. De plus, les nobles qui craignaient la guerre allaient faire tout ce qui était en leur pouvoir pour protester contre l’antagonisme de l’empire Asgard.

« Comment devrais-je manœuvrer à partir d’ici... ? »

Il semblerait que rien ne viendra dissiper l’angoisse de Christopher.

◆ ◆ ◆

Les bruits de pas d’une jeune femme marchant à toute allure résonnaient dans les couloirs du palais royal.

Sa peau était d’un blanc albinos, et ses cheveux enneigés avaient une teinte blanc encore plus clair, qui scintillait sous l’effet de la lumière du soleil.

La jeune femme s’appelait Frigga Lapland.

C’était la sœur cadette du roi Siegfried Lapland, et comme il n’avait pas encore d’enfant légitime, Frigga était la première en lice pour hériter du trône.

Ses yeux dorés, en forme d’amande, présentaient un esprit ardent et inébranlable. Et la belle forme de son nez ressemblait à celle d’une poupée bisque. Tous ces traits la faisaient ressembler à une jeune fille guerrière envoyée par le ciel.

Les gens l’appelaient la Blanche-Neige Valkyrie.

Elle était aussi une commandante puissante dont le petit royaume de Lapland se vantait devant le reste du monde.

Mais en ce moment, cette femme puissante tremblait de colère en se mordant la lèvre.

En effet, il y a peu de temps, elle avait reçu un rapport indiquant que les troupes stationnées à la frontière nationale de Lapland avaient été vaincues par les forces de l’empire Asgard.

« Non seulement ils ont été vaincus, mais ils n’ont même pas pu s’échapper ! »

Pour Lapland, qui était une nation beaucoup moins puissante, perdre la première bataille était certes douloureux, mais ce n’était pas un coup fatal.

Frigga s’était déjà préparée à réorganiser les forces restantes à la frontière afin de créer une nouvelle ligne de défense.

Peu importe la gravité de la défaite, il était logique de battre en retraite et de faire tout ce qui était possible pour limiter les pertes à 30 %.

Cependant, si, comme l’affirmait le rapport, les pertes s’élevaient effectivement à près de 70 %, il allait falloir retravailler la tactique des troupes à la racine.

« Votre Majesté ! J’ai une requête ! »

Frigga l’avait déclaré juste après être entrée, alors qu’elle faisait face à son frère aîné, qui était assis sur son trône les bras croisés et les yeux fermés.

« Absolument pas. »

« Mais, mon frère, je n’ai encore rien dit ! »

Ne pensant pas qu’elle serait rejetée avant même d’avoir pu parler, Frigga avait crié de façon réfléchie.

« Tu vas me dire que tu veux nous gagner du temps dans les environs de Crowdagen, pour que je puisse préparer une contre-offensive ou une évasion, non ? Cependant, je n’ai pas l’intention de t’envoyer à la mort. »

Au début, Frigga avait suggéré de renforcer les défenses du royaume et d’utiliser dans une certaine mesure la guérilla, mais ses vues avaient été complètement contrées par une grande majorité de nobles.

La royauté de Lapland n’était pas aussi influente que dans les grands pays comme Asgard et Jormungand.

Mais Frigga était encore profondément honteuse, pensant qu’elle aurait dû arrêter l’opposition de ces nobles, même si elle avait dû utiliser son épée.

Si elle l’avait fait, la vie de plus de 10 000 soldats n’aurait pas été perdue inutilement. Mais c’était trop tard.

Tout ce qu’on pouvait faire maintenant était de retenir l’armée d’Asgard, quel qu’en soit le prix.

Et il n’y avait pas d’autre commandant qu’elle qui pouvait utiliser une petite armée pour repousser l’armée constituée environ de 40 000 soldats d’Asgard.

« J’ai déjà demandé des renforts à Macban et Jormungand. De plus, il y a toujours la possibilité d’assiéger les troupes d’Asgard ici même, dans la capitale royale. »

Les pensées honnêtes de Siegfried étaient que, même si Frigga donnait sa vie pour gagner un peu de temps, cela n’empêcherait probablement pas la chute du royaume.

C’est pourquoi il avait l’intention de persuader Frigga de fuir à l’étranger dès qu’une chance de s’évader se présentera.

« Ça n’arrivera pas et tu le sais, mon frère. Avec l’imparable charge qu’Asgard mène, pourquoi un pays enverrait-il des renforts ? »

Politiquement, Lapland avait déjà perdu.

Mais Frigga n’allait pas admettre sa défaite avant de riposter militairement.

Par la suite, si les forces d’Asgard devaient se retrouver dans une bataille difficile en raison d’elle, peut-être que les pays qui hésitaient à envoyer des renforts commenceraient a bouger.

Pour cela, Frigga était déjà bien résolue à mourir.

« Ça suffit, Frigga. Je serai celui qui mènera les troupes. »

En temps de paix, Siegfried était bon, impartial et avait un grand sens de la justice, ce qui faisait de lui un bon roi pour Lapland.

Cependant, c’était un temps de guerre. La gentillesse de Siegfried n’était plus d’aucune utilité.

« Votre Majesté, il vous est impossible d’affronter Asgard. Si vous voulez que j’arrête, amenez-moi un commandant plus capable que moi. »

« Je suis le roi de ce pays... c’est ma responsabilité. »

Comme il le déclara d’une voix tremblante, les épaules de Siegfried tombèrent.

Il ne pouvait même pas protéger sa précieuse petite sœur. Quelle était donc la valeur d’un tel roi ?

« Frère, alors la seule chose que je peux faire, c’est de me battre. D’un autre côté, votre responsabilité est de décider de l’avenir du royaume. »

Que la décision soit que le pays se rende ou que le peuple s’échappe, l’avenir de Lapland reposait uniquement entre les mains de Siegfried.

La seule chose que Frigga pouvait faire était de se battre jusqu’au bout pour faire avancer la réalisation de cette décision.

Rien ne pouvait l’en empêcher, pas même les ordres directs du roi.

« D’accord, mais ne meurs pas, Frigga. Je t’enverrais sans faute des renforts. »

Tout ce que Siegfried pouvait faire, c’était de faire cette petite promesse, tout en serrant les dents alors qu’il se noyait dans son propre sentiment d’impuissance.

Le seul devoir qui lui restait était de ne pas laisser Frigga combattre en vain.

« Crois-moi, mon frère, je vais leur montrer que les gens ne m’appellent pas la Valkyrie Blanche-Neige pour rien. »

Même s’il était son frère de sang, Siegfried était séduit par le sourire clair et le rire qui ornaient les paroles de Frigga.

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