Almadianos Eiyuuden – Tome 1 – Chapitre 31

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Chapitre 31

« Pouvez-vous lire mon avenir ? »

« Bien sûr que je le peux, c’est mon travail après tout. N’est-ce pas, monsieur ? »

« Alors, allez-y, lisez son avenir. Voilà l’argent. »

À travers ses yeux, Kurats disait à la diseuse de bonne aventure qu’il lui donnait de l’argent pour la faire taire au sujet des événements de l’autre jour. Et elle hocha joyeusement la tête en réponse.

« Dans quel domaine voulez-vous que je lise ? »

Lorsque la voyante avait posé la question, Cornelia avait jeté un coup d’œil à l’expression faciale de Kurats. Son visage était devenu tout rouge, mais elle avait quand même trouvé la force de parler.

« J’aimerais en savoir plus sur ma... vie amoureuse. »

On aurait pu voir de la vapeur sortir de sa tête. Cette réaction innocente avait fait en sorte que la voyante lança un regard noir sur Kurats.

Il n’était pas rare pour elle de voir un homme jouer avec deux femmes en même temps, mais elle n’approuvait vraiment pas que l’on joue avec une fille aussi naïve.

Avec des sueurs froides, Kurats fixa la voyante pour tenter de déclarer son innocence.

Mais même sans cela, la diseuse de bonne aventure n’était pas assez maligne pour l’interroger sur le champ.

« Une belle femme comme vous sera bénie d’une grande vie amoureuse, c’est sûr... Mais voyons quand même ce que les cartes ont à dire, d’accord ? »

« Oui ! Je vous en prie ! »

Au cours des âges, les jeunes filles amoureuses avaient toujours été connues pour aimer ce genre de divination.

Et comme il n’y avait aucune occasion de vivre cette expérience dans un village rural comme Gaura, il n’était pas surprenant de voir l’affaire la plus sérieuse dans la capitale royale fera battre le cœur de Cornelia plus vite.

Tout en affichant ouvertement son excitation sur son visage, Cornelia s’était assise.

Ses yeux étaient remplis d’attentes. Ils étaient d’une innocence enfantine, ce qui faisait sourire la diseuse de bonne aventure.

« Y a-t-il un homme dans votre esprit ? »

« Hein... ? Eh bien... il n’y a que... »

Le visage de Cornelia ressemblait de plus en plus à une tomate rouge. Elle ne pouvait pas répondre clairement à la voyante puisque Kurats était devant elle.

« Alors, je prierai pour votre bonheur et vous donnerai la meilleure lecture possible. »

Cette fille et celle d’avant étaient toutes les deux belles à leur façon.

S’il les fait pleurer, je ne le laisserai pas s’en tirer comme ça, s’était juré la voyante.

Elle avait ensuite fait danser ses cartes comme si elle utilisait un tour de passe-passe, jusqu’à ce que trois cartes soient alignées devant Cornelia.

« La grande prêtresse en position droite, intéressante. Vous semblez avoir une forte tendance à utiliser votre intelligence pour bien réfléchir. Ce n’est pas du tout une erreur, mais quand il s’agit d’amour, peut-être, que vous avez besoin de laisser vos sentiments vous  guider ? Si vous ne laissez que votre logique décider pour vous, vous laisserez passer les opportunités sous votre nez. »

« Vraiment... »

Les épaules de Cornelia s’étaient affaissées, incitant la voyante à la réconforter.

« Vous étiez excité tout à l’heure, n’est-ce pas ? S’il vous plaît, gardez ce sentiment, d’accord ? C’est bon, vous n’avez pas encore perdu. »

« ... D’accord ! »

Cornelia hocha joyeusement la tête.

Bien que Kurats ne connaissait pas grand-chose à la voyance, il pensait qu’il y avait quelque chose de spécial qui pouvait captiver l’esprit d’une femme.

« Ensuite, nous avons... Le fou, en position droite. Ceci symbolise un retour aux sources. Vous êtes comme ce fou qui ne se rend pas compte qu’il se dirige vers une falaise. Cependant, si vous sautez ce précipice, vous pourrez commencer une nouvelle vie. Donc, si vous atteignez une falaise, ça ne vous servira à rien d’hésiter. »

« Et si je devais me débarrasser de la vie que j’ai eue jusqu’ici pour ça ? »

« C’est ce que signifie commencer une nouvelle vie. Ce que vous devez vous demander, c’est si vous devez vous résoudre à sauter de la falaise pour le bien de votre amour. »

« Je comprends. »

Au fond, Cornelia était consciente de son incapacité à avancer.

C’était pourquoi les paroles de la diseuse de bonne aventure parlaient à son cœur.

« La dernière carte est... L’amant en position droite ? J’ai peur que ça ne soit dur pour vous... »

« C’est une mauvaise carte ? »

Le ton surpris de la voyante avait mis Cornelia mal à l’aise.

« Non, c’est une bonne carte pour l’épanouissement de votre amour. Mais quand elle sort avec une carte forte comme le soleil ou la grande prêtresse, cela signifie souvent qu’il y aura beaucoup de tentations autour de la personne que vous aimez ».

Cornelia fixa instinctivement Kurats.

Par réflexe, Kurats secoua la tête d’un côté à l’autre, déclarant tacitement son innocence une fois de plus.

Cette scène avait fait rire la diseuse de bonne aventure avant qu’elle ne se mette à taquiner Cornelia.

« Se pourrait-il que ce soit la personne dont vous parliez ? »

« C’est... »

Tout le corps de Cornelia avait atteint la même teinte de rouge que son visage.

C’était probablement sa limite, car elle avait de la difficulté à articuler les mots.

La diseuse de bonne aventure n’avait pas pu s’empêcher de souhaiter le meilleur pour cette fille innocente.

« S’il vous plaît, faites de votre mieux. Si vous prenez l’initiative et que vous vous y accrochez avec une forte détermination, vous ouvrirez sûrement la voie à l’avenir. »

« Merci ! »

Remarquant le soutien implicite de la voyante, Cornelia inclina joyeusement la tête.

Elle voulait essayer maintenant.

Pourtant, cela n’avait pas changé le fait que son intérêt amoureux était son petit frère, même si elle n’avait pas de lien de sang avec lui.

Néanmoins, elle était très heureuse qu’on l’ait poussée en avant et qu’on lui ait dit qu’elle pouvait ouvrir la voie à son bonheur si elle était prête à tout risquer.

« Et si je lisais aussi l’avenir de votre petit ami ? »

« Je pense qu’en savoir trop sur ce qui va arriver en gâcherait le plaisir, n’est-ce pas ? »

Le regard ludique dans les yeux de la diseuse de bonne aventure avait fait en sorte que Kurats avait fortement décliné l’offre, avec des sueurs froides sur son dos.

« J’aurais aimé qu’on puisse aussi voir tes cartes... »

Avec ces mots simples de Cornelia, le frère et la sœur avaient quitté la place.

◆ ◆ ◆

Cornelia était de bonne humeur.

Cela faisait longtemps qu’elle et Kurats ne s’étaient pas amusés dehors, et elle avait aussi pu goûter un délicieux thé.

Alors qu’ils marchaient côte à côte et parcouraient les marchandises d’un magasin de vêtements, elle fixa son regard sur leurs deux reflets sur la vitrine du magasin tout en souriant secrètement à elle-même. Elle avait l’impression qu’ils ressemblaient tous les deux à des amoureux vus de l’extérieur.

« Il y a un endroit dans la capitale qui a ouvert ses portes assez récemment, et si on allait y déjeuner ? J’ai fait une réservation hier. »

Kurats parlait fièrement. C’était comme si lui et Cornelia étaient deux amants qui sortaient ensemble.

En raison de ce sentiment, il ne s’était pas arrêté pour considérer les risques que pouvait comporter le fait de manger dans un restaurant qui était célèbre dans la ville.

« La demeure du soleil », tels étaient les mots écrits sur le grand panneau du restaurant élégant qui se détachait comme une étoile dans le ciel nocturne. La file d’attente pour obtenir une table ici était si longue qu’elle s’étendait jusqu’à l’extérieur.

Le bâtiment lui-même était décoré de couleurs chaudes comme le rouge et l’orange, ce qui lui donnait l’aspect d’un chalet d’aristocrate. Ça avait l’air luxueux.

De plus, leurs repas étaient probablement aussi délicieux, à en juger par leur popularité.

« Bienvenue, le bout de la file d’attente est par ici, allez-y ! »

Une employée portant un tablier les avait appelés tous les deux.

Elle était belle, avait un sourire lumineux et doux, et semblait être une fille vivace.

« J’ai fait une réservation sous le nom de Kurats Hans Almadianos. »

« Monsieur Kurats, nous vous attendions ! Suivez-moi, s’il vous plaît ! »

En y regardant de plus près, il y avait un deuxième bâtiment, plus petit, qui était relié au premier par un long couloir.

Cet endroit était probablement réservé aux invités spéciaux qui avaient fait une réservation.

La jeune fille avait ouvert la porte extérieure du petit bâtiment et informa le reste du personnel de l’arrivée de Kurats.

« Monsieur Kurats est ici. »

« Bienvenue. »

Les serveurs, qui s’étaient alignés à gauche et à droite de l’entrée, s’inclinèrent très courtoisement.

Tandis que Kurats appréciait la qualité de la formation des employés, il entendit une voix familière.

« Kurats ? Elle vient de dire Kurats ? »

Ces mots vinrent de Lunaria, qui était déguisée en une citadine. Accompagnée de Rosberg, elle attendait son repas les yeux pétillants de curiosité.

« – Pourquoi Luna est-elle ici... ? »

Merde. Ai-je sous-estimé l’amour de la nourriture de Luna ?

Sentant des frissons couler le long de sa colonne vertébrale, Kurats regarda derrière lui, terrorisé.

Malgré un large sourire sur son visage, Cornelia regardait tranquillement Kurats avec de dangereuses flammes dans les yeux.

« Qui est Luna ? »

En regardant la belle fille qui semblait être née dans une famille noble et qui débordait d’élégance, Cornelia avait perdu ses repères, mais elle comprenait toujours ce qui se passait.

C’est ce dont parlait la voyante...

Maintenant qu’elle y avait réfléchi, Kurats était une belle prise.

Il avait le pouvoir rare d’un mage en plus d’être un guerrier d’une force immense et inégalée. Maintenant, il était même devenu baron, et il pouvait s’élever encore plus haut en rang en fonction de ses réalisations.

Le seul problème est qu’il avait une double personnalité, mais cela n’avait pas été abordé depuis ce jour-là.

Il n’était pas étrange de penser que les chercheurs d’or là-bas voudraient mettre le grappin dessus.

Bien que Cornelia n’avait pas encore accepté Kurats comme un homme au lieu d’un petit frère, il lui avait quand même fait une déclaration, il était donc naturel pour elle d’attendre de lui une certaine sincérité.

Pendant ce temps, Lunaria évaluait également Cornelia.

Contrairement à Cornelia, Lunaria avait l’impression qu’il serait naturel pour Kurats de voir d’autres femmes, mais elle n’avait pas l’intention d’abandonner le siège d’épouse légitime.

C’était difficile pour elle de dire laquelle des deux était la meilleure.

Cependant, il y avait une différence claire entre elles.

C’est ma victoire.

Lorsqu’elle remarqua que les yeux de Lunaria fixaient lourdement sa poitrine, Cornelia laissa tomber ses épaules, déconfites.

Lunaria semblait plus jeune, mais elle avait ses deux opulentes collines que Cornelia n’avait jamais eues.

La bataille de la première rencontre des deux filles avait échappé à Kurats, mais elle s’était terminée par la victoire de Lunaria.

« Voici ma grande-sœur, Cornelia Hans Almadianos. »

« Je ne savais pas que vous étiez Sa Majesté la princesse, pardonnez mon impolitesse. »

« Ne t’inquiète pas pour ça. Après tout, j’étais venue incognito. »

Finalement, Kurats s’était assis à la même table que Lunaria, sur un siège qui l’avait mis face à face avec elle.

Il ne voulait absolument pas s’asseoir face à Rosberg, qui était assis juste à côté de Lunaria, il avait une expression démoniaque sur son visage.

« Oh, c’est vrai... »

Lunaria hocha la tête en regardant Cornelia comme si elle venait de comprendre quelque chose.

« Qu’est-ce que c’est ? »

« La raison pour laquelle Kurats était venu guérir ma maladie. Il voulait te sauver des mains sales de ce noble pervers. Donc, je te dois la vie, d’une certaine façon. »

« C’est... »

En entendant cela de quelqu’un d’autre, Cornelia avait réalisé à nouveau ce que Kurats avait fait pour elle.

Elle avait commencé à rougir et regarda le sol d’un air gêné.

« ... Comme je le pensais, tu es un ennemi que je dois éliminer, même au prix de ma propre vie. »(Rosberg)

« Il plaisante, c’est tout. »

Sentant la soif de sang de Rosberg, qui ne plaisantait manifestement pas du tout, Kurats ne pouvait répondre qu’avec un sourire sec.

Pour Kurats, qui était un novice dans les choses amoureuses, la difficulté de cette situation était beaucoup trop grande.

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