100 en Chance et une Compétence en Domptage de Dragons – Tome 4 – Chapitre 79 – Partie 2

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Chapitre 79 : La ville de Soldra

Partie 2

C’était dans l’un de ces magasins lorsqu’un homme d’une vingtaine d’années, aux cheveux noirs, et bien habillé, s’était approché de moi et avait dit quelque chose en montrant mon épée. Je comprenais les mots « vente », « donner » et « moi », mais je ne comprenais pas s’il voulait l’acheter, le prendre de moi ou lui dire où je l’avais obtenu.

« Ce noble veut savoir si tu veux vendre l’épée pour 400 pièces d’or. » Chuchota Kalderan.

« Hein ? Non. » Avais-je répondu.

« En es-tu sûr ? C’est beaucoup d’argent. » Kalderan m’avait dit cela.

« Oui, si nous avons besoin d’argent, nous pouvons simplement vendre des pierres précieuses. » Je haussai les épaules, mais mes mots le prirent de court.

« Tu es vraiment riche, n’est-ce pas ? » M’avait-il demandé.

« Selon les standards des dragons, oui. » Je hochai la tête.

Je n’étais pas idiot de ne pas connaître la valeur de mes propres avoirs, mais la raison pour laquelle j’avais refusé de vendre l’épée était simple : il était humain et les humains entretenaient actuellement une relation hostile avec les dragons. Je ne pouvais supporter l’idée qu’ils utilisent mes propres armes pour tuer les dragons et les dragonnes avec qui j’avais combattus côte à côte sur le champ de bataille.

Le noble avait écouté ce que Kalderan avait dit et ne l’avait apparemment pas accepté. Il avait fait une autre offre montrant deux doigts, puis une autre montrant trois doigts. J’avais réussi à comprendre les mots pour « or » et « cent », ainsi que les nombres « un », « deux » et « trois ». Il avait probablement porté l’offre à 500, puis à 600, et la dernière à 700.

J’avais peur qu’il veuille la prendre de force, mais c’était un souci inutile. À la fin, le noble me jeta un dernier regard puis partit, l’air abattu.

Après son départ, Kalderan avait soupiré et avait ensuite déclaré : « C’était beaucoup d’argent… mon salaire depuis plus de 10 ans, » avait-il commenté.

« Je suis désolé, » lui dis-je avec un sourire ironique.

« Pas de soucis, ce n’était pas comme si c’était mon or de toute façon. » Répondit-il, puis il laissa échapper un autre soupir.

Après cela, nous avions traversé la ville pendant environ une demi-heure. Nous avions mangé une sorte de brochettes de viande dans un kiosque à nourriture et avions ensuite décidé de nous rendre au hall de la guilde. Ici, nous pourrions vendre certains des matériaux de monstres que nous avions réussi à rassembler et entreprendre de nouvelles quêtes.

Le bâtiment lui-même était situé au milieu de la zone des aventuriers et disposait de deux auberges situées respectivement à gauche et à droite. C’était un bon emplacement d’un point de vue commercial. Contrairement à ce qui se passe sur le continent dragon, ce bâtiment était un peu plus petit et, même s’il ne comportait que deux étages, il semblait assez étroit.

Avant notre entrée, cependant, quatre aventuriers étaient venus saluer Kalderan. L’un d’eux portait une armure de style barbare avec de la fourrure apparaissant partout. Il brandissait une grosse épée noire sur le dos et avait les cheveux roux hérissés. L’un d’eux portait une armure de plaques complète, mais elle ne semblait pas être en acier, peut-être en fer. Il portait un grand bouclier de tour et un gros marteau. Le troisième était un archer portant une armure de cuir à capuchon et il sentait l’herbe. La quatrième était une femme d’aspect moyen et portait une épaisse armure de cuir. Elle avait un arc dans le dos et une paire de dagues à la taille.

Au début, je pensais qu’ils étaient les amis de Kalderan parce qu’ils étaient venus le saluer, mais j’avais ensuite vu le ricanement sur le visage du roux. Il disait quelque chose qui fit rire les autres et Kalderan serra le poing et grimaça. Ce n’était probablement pas une bonne chose. Lorsque la femme me remarqua, elle me fit un clin d’œil et je pouvais sentir un frisson me couler dans le dos. Par réflexe, je lui avais montré ma bague et elle avait dit quelque chose en retour, probablement une malédiction, parce que son visage n’avait pas l’air beau.

Le type roux m’avait remarqué et avait ensuite dit quelque chose. Kalderan n’avait pas traduit, mais je ne pense pas qu’il en ait eu besoin. Cela avait quelque chose à voir avec eux et moi, probablement quelque chose comme une demande de rejoindre leur groupe ou peut-être un avertissement que je ne ferais jamais partit d’un groupe si je restais avec Kalderan. Quoi qu’il en soit, je ne pensais pas que l’une ou l’autre des options susmentionnées importait pour moi. Ils ne m’intéressaient pas et je détestais déjà leur personnalité.

Le roux essaya de me répéter quelque chose, il parlait plus fort qu’avant et semblait légèrement fâché. À la fin, il avait craché à mes pieds et était passé devant nous. L’homme avait essayé de se cogner contre moi, mais j’étais resté immobile, ce qui l’avait fait tomber.

Kalderan avait été surpris par cela, mais pas moi. Je savais ce que ce gars essayait de faire, mais de tels actes d’intimidation pathétiques ne fonctionneraient jamais contre un éveillé supérieur comme moi.

Le gars s’était levé, il m’avait dit quelque chose, m’avait montré une menace de gorge tranchée et était parti.

J’avais simplement haussé les épaules puis demandé à Kalderan : « Juste par curiosité, mais est-ce que ces gars-là sont des idiots de la région ? »

Il m’avait regardé dans les yeux avec surprise, puis avait rigolé : « Non, en fait, ils étaient des membres de mon groupe jusqu’à ce qu’ils décident que je ne leur étais d’aucune utilité. Ils m’ont chassé de leur groupe et ont répandu la rumeur que j’étais un aventurier inutile. En conséquence, peu de gens ont voulu me rejoindre. » Il me fit un sourire ironique.

« Je ne pense pas que tu aies des compétences inutiles, peut-être que tu n’as tout simplement pas trouvé la bonne façon de les utiliser. » Lui déclarai-je.

« Merci. » Kalderan me fit un sourire puis entra dans le hall de la guilde.

Je l’avais suivi à l’intérieur et j’avais vite compris pourquoi cet endroit me semblait plutôt petit, c’était parce qu’il était vraiment petit et étroit. Il y avait à peine assez de place ici pour 30 personnes. Il n’y avait que quatre tables ici, elles étaient déjà entourées de clients.

« Sara est la réceptionniste. Nous devrions lui parler de te procurer une carte de guilde d’aventurier. » Me dit-il dans un murmure.

« Oh, j’en ai une ! Mais les cartes de guilde du Continent Dragon fonctionnent-elles ici ? » Me demandai-je dans un volume faible pour que les autres ne m’entendent pas.

« Cela devrait. Les guildes marchandes et des aventuriers sont reconnus dans le monde entier. Ils ont les mêmes lois partout et ne se mêlent normalement pas de la politique. Tout au plus, ils sont neutres. » M’avait-il dit.

« Ah ! C’est bon. Je pense que je suis au rang débutant ou quelque chose du genre. » Dis-je puis j’avais ouvert mon Trou Noir pour récupérer ma carte de guilde à partir de là.

Quand je l’avais fermé, tout le monde me regardait. Je penchai la tête vers la gauche et vis Kalderan leur faire face. Il leur dit alors quelque chose et ils semblèrent tous se détendre à nouveau.

« Je leur ai dit que ce n’était pas une attaque… c’est une compétence de stockage de bas niveau avec une illusion sophistiquée mise en place parce que tu aimes ce genre de choses, » avait-il déclaré.

« Mais pourquoi ? » avais-je demandé.

« Parce qu’autrement, ils continueraient de nous regarder et la réceptionniste deviendrait méfiante de nous. » Avait-il expliqué.

« Quoi qu’il en soit, la voici. » Lui dis-je.

Kalderan se dirigea vers la réceptionniste et lui présenta les deux cartes. Elle lui demanda quelque chose, il secoua la tête puis revint vers moi un instant.

« Veux-tu qu’on s’enregistre comme groupe ? » Demanda-t-il.

« Ça ne me dérange pas, mais es-tu sûr ? » Répondis-je.

« Oui. Si nous allons passer du temps, pourquoi ne pas organiser un groupe temporaire et terminer les quêtes plus rapidement ? » Expliqua-t-il avec un haussement d’épaules.

« Bien sûr. » Je hochai la tête.

Il était retourné à la réceptionniste et après avoir signé un document, il m’avait rapporté ma carte de guilde.

« Voilà. Tu es de rang débutant, » avait-il expliqué.

« Logique. Je n’ai jamais vraiment fait de progrès sur cette partie. Une fois qu’on peut traquer un monstre de niveau boss, c’est une perte de temps de se concentrer sur la guilde des aventuriers. C’était très gênant pour moi de certains points de vue aussi… » Dis-je en lui prenant la carte.

Lors de l’inspection de ma carte, je m’étais soudainement souvenu de Seryanna et de l’époque où nous étions partis pour ma première mission. C’était facile avec quelqu’un comme Kataryna. Elle était également débutante malgré son statut d’éveillée supérieure. Cela me fit sourire alors que je me souvenais de nos aventures ensemble.

J’étais venu seul dans ce monde, j’avais peur et je m’étais perdu dans une forêt. La première personne à tomber sur moi était devenue l’amour de ma vie et aussi ma femme. C’était certainement le résultat de ma chance. Je m’étais alors rappelé comment je l’avais presque perdue et la façon dont Kataryna me volait les lèvres quand j’avais le moral au plus bas. Ces dragonnes prenaient soin de moi plus que je le méritais probablement.

Elles me manquent déjà…, pensai-je, puis j’avais ouvert mon menu de compétences pour permettre à Seryanna de connaître à nouveau ma position.

Ce n’était probablement plus nécessaire, mais de cette façon, elle savait que j’étais là et que je pensais à elle.

Je laissai échapper un soupir et, me voyant ainsi, Kalderan demanda : « Qu’est-ce qui ne va pas ? »

« Rien, je viens de penser à ma femme et à combien elle me manque. » Je lui avais dit et lui avais fait un sourire doux.

« Sur Terre ? » Demanda-t-il.

« Non, une dragonne. » Répondis-je en secouant la tête.

« Oh… vraiment ? » Il fronça les sourcils.

« Oui. Sans elle, je ne serais probablement pas ici pour parler avec toi. » Dis-je avant de laisser échapper un autre soupir.

« Eh bien, nous sommes assez loin du continent dragon, mais le voyage jusqu’à la frontière ne devrait pas prendre plus d’un mois. » Dit-il en se frottant le menton.

« Vraiment ? Génial ! Alors faisons des plans pour y aller ! Je t’aiderai à monter de niveau sur le chemin ! » Lui dis-je avec un sourire.

« Hein ? Quoi ? » Il me regarda un peu confus, puis secoua la tête. « Attends une seconde ! Pas si vite ! Je n’ai aucune raison d’aller avec toi ! Et puis, nous aurons besoin d’argent ! Beaucoup d’argent ! » Me dit-il.

« Hm, faisons tout ça et ensuite allons-y ! » Pointai-je au tableau des quêtes.

« Hein ? Tout ça ?! » Répondit-il surpris.

« Ouaip ! Ah ! Mais j’ai faim. Allons chercher quelque chose à manger et ensuite trouver une auberge pour la nuit. Et si tu t’inquiètes de ce que tu pourrais peut-être gagner de ce voyage, je peux t’offrir un niveau supérieur, des informations, de l’argent et bien… un ami qui ne se moquera pas de toi pour avoir été d’un niveau bas. » Dis-je en souriant.

En me regardant un instant, Kalderan sembla peser ses options, les avantages et les inconvénients qu’il allait retirer de tout cela.

À la fin, il avait cédé et a dit : « D’accord, tu m’as convaincu. »

« Super ! » Dis-je en mettant fin à l’accord avec une poignée de main.

Nous avions ensuite quitté le hall de guilde et avec son aide, j’avais réussi à réserver une chambre pour la nuit. J’avais passé le reste de la journée à la taverne, à boire de la bière et à apprendre la langue commune ici. Dans l’ensemble, c’était une bonne journée.

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*** Point de vue de Seryanna***

Je me tenais dans l’atelier d’Alkelios, à la recherche de tout objet qu’il aurait peut-être voulu que je lui apporte, lorsque j’avais reçu le message de son deuxième emplacement. Cela me fit sourire et instinctivement, je sus que c’était sa façon de me faire savoir qu’il était en sécurité et que je lui manquais.

Si je le pouvais, je voulais juste étendre mes ailes et planer dans le ciel jusqu’à ce que je l’atteigne, mais un tel voyage en volant aurait été périlleux et très peu probable d’avoir une chance de succès, même pour une éveillée supérieure comme moi. Les courants au-dessus des océans étaient différents de ceux au-dessus des terres. Il y avait aussi la question de la nourriture et du repos, car je savais qu’un tel vol durerait plus d’un jour. Pourtant, tout au long de l’histoire, il y avait eu ceux qui l’avaient essayé et avaient réussi.

Ce n’était pas impossible, mais hautement improbable.

Avec un soupir s’échappant de mes lèvres, je m’assis sur sa chaise et regardai ses outils. Ils étaient tous bien rangés, démontrant le soin et le respect qu’il portait à son travail. Tout était comme il l’avait laissé. La seule chose que j’avais faite ici était de les nettoyer de temps en temps.

« Tu me manques, mon amour. » Dis-je, puis regardai par la fenêtre.

Le désir ardent dans mon regard était là pour être vu par tous les dieux qui se souciaient de regarder. Si quelqu’un le faisait et prenait pitié de moi, il m’aiderait à retrouver mon mari le plus tôt possible.

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3 commentaires

  1. merci pour le chapitre

    ils sont toujours trop court, vivement la suite

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