100 en Chance et une Compétence en Domptage de Dragons – Tome 2 – Chapitre 46

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Chapitre 46 : Histoire et honte

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Chapitre 46 : Histoire et honte

Partie 1

***Point de vue d’Alkelios***

Je n’avais pas hésité à être le premier à attaquer. Ma vitesse avait été entraînée avec Kataryna, donc j’étais assez sûr que je lui porterais un coup. Cependant, il avait esquivé.

« C’était proche, » déclara-t-il d’un ton moqueur.

J’avais encore essayé de donner un coup, mais il l’avait évité et avait contre attaqué.

Le coup visait mon épaule droite, et cela aurait fait beaucoup de dégât si ça avait touché, alors j’avais esquivé. La pointe de la lame m’avait manqué d’un centimètre. Il l’avait retiré vers l’arrière et s’était précipité en avant dans l’intention de me donner un coup d’épaule. J’avais utilisé « Pas de Coté » et évité le coup à nouveau.

Nous avions échangé de place sur le terrain d’entraînement.

« Il semble que je t’ai peut-être un peu sous-estimé, » déclara Draejan en se moquant.

« Les apparences peuvent être trompeuses, » avais-je dit en utilisant Charge.

Dès qu’il était entré dans ma zone de frappe, j’avais utilisé Pas de Coté à nouveau et Dix Coups de derrière lui.

Les coups consécutifs avaient été plus rapides que mes attaques précédentes, car elles faisaient partie d’une compétence utilisant la force brute de mes statistiques. En conséquence, Draejan avait grimacé et avait sauté en arrière, mais je savais que quelques coups l’avaient touché, mais il était resté sans égratignure.

« Intéressant..., » marmonna-t-il avant de commencer à chanter.

Sa paume était dirigée vers moi, alors j’avais sauté en arrière en lançant un mur de feu.

C’était de la chance, mais il avait lancé une boule de feu et ma barrière avait été très efficace.

« Tch, » il fit claquer la langue et fit un pas de côté pour passer ma magie.

J’avais utilisé la Charge vers lui tout en activant une barrière de vent et j’avais préparé une faux de vent. Le dragon avait été surpris par mon attaque soudaine et avait tenté de contre-attaquer, mais ma barrière avait bloqué sa frappe, me permettant de lancer mon sort. Incapable de bloquer, il fut renvoyé de quelques mètres, mais il était encore debout.

« Tu as réussi à me frapper… Je suis surpris, » avait-il dit.

« Ce n’est pas le premier coup, tu sais, » j’avais souri.

« Jusqu’à présent, peu de personnes ont réussi à me toucher avec un sort. Malgré tout, contre cette armure, quelque chose de ce degré est inutile, » rigola-t-il.

« Quoi ? » Je fronçai les sourcils avec confusion.

Lorsque j’avais regardé vers les spectateurs, vers Kataryna et Seryanna, elles exprimaient leur inquiétude sur leur visage, mais je ne comprenais pas pourquoi. Malheureusement, je n’avais jamais pensé que leur inquiétude pouvait viser la différence de qualité d’équipement entre moi et ce dragon.

Étant submergé par ma propre colère, j’avais même oublié de penser logiquement et de réaliser que les combats dans ce monde étaient peut-être aussi dépendante de l’équipement. Dans le cas de deux adversaires égaux en termes de statistiques et de niveaux, l’expérience de combat et équipements faisait la différence. Après tout, dans la plupart des jeux, il y avait souvent des personnages de bas niveau défiant un ennemi de niveau supérieur. Dans dragon hunt, le jeu auquel je jouais sur Terre, je participais souvent à de telles batailles, car mon équipement me le permettait. Même ce donjon était un défi quand le message de dieu était arrivé, je ne pouvais le faire que parce que mon équipement était l’un des meilleurs que le jeu avait à offrir.

Dans mon esprit, cette connaissance et cette expérience appartenaient à un jeu et je me battais dans la vraie vie. Ainsi, ils ne comptaient pas. Les lois ne s’appliquaient pas ici, mais j’avais oublié et nié le fait qu’il pourrait y avoir des similitudes entre les deux. Mon esprit avait simplement ignoré le fait que même les armées de la Terre étaient dépendantes des équipements, enfin dans une bataille quand leurs compétences, tactiques, et leur expérience étaient équivalentes. Pourtant au lieu de cela, je pensais à deux combattants d’arts martiaux qui utilisaient toujours la même armure ou arme pour se défier sur un ring.

Ces batailles et ces règles avaient été conçues pour valoriser l’expérience et la compétence par rapport à la qualité de l’objet, mais la réalité dans laquelle je me trouvais, les règles de duel dans lequel je me battais actuellement, dictaient que ce qui comptait le plus était de gagner et survivre.

À l’heure actuelle, Draejan portait une armure de général-dragon. Je ne savais pas si c’était général comme le grade ou un rang d’équipement, mais contrairement à moi, il portait quelque chose. Son arme était aussi plus puissante et meilleure. D’un autre côté, je portais ce qui ne pouvait être décrit que comme une arme et une armure d’aventurier moyen. Plus encore, ce n’était même pas quelque chose que quelqu’un de ma puissance de combat pouvait combattre.

Encore une fois, c’était le cas où un niveau 1 défait un Boss. La différence d’équipement et d’expérience était visible, mais comme je me trouvais dans le feu de l’action et que j’étais complètement distrait par ce qui s’était passé aujourd’hui avec Seryanna, je n’avais pas réussi à le réaliser.

Si je l’avais fait, j’aurais peut-être remporté ce duel ou l’aurais refusé. Ou au moins, j’aurais changé de style de combat…

Malheureusement, cela ne s’était pas passé comme ça.

Au fur et à mesure du duel, nous nous retrouvions surtout à échanger des coups d’épée, plus ou moins bloqués ou parés avec nos compétences. J’étais celui qui continuait à utiliser la magie, et cela drainait lentement mon énergie. Si je n’avais pas Kléo en amie, j’aurais peut-être déjà eu des problèmes.

Pourtant, l’épuisement commençait à se voir sur moi. Mon épée, de qualité inférieure et pas manipulée par un maître, commençait à montrer de signes d’usures. Mon armure n’était pas non plus en bon état. Les coups répétés continuaient à les pousser à leurs limites.

Draejan par contre ne montrait pas de signes de faiblesses ou d’usure. J’étais le seul à perdre du terrain et je ne me sentais pas très bien. C’était presque comme si ma chance m’avait quitté. Ou plutôt qu’elle n’était pas de mon côté depuis le tout début, et que c’était à peine là, pas assez pour que je puisse gagner, mais assez pour me garder en vie.

Je dois mettre fin à cela rapidement, sinon…, pensais-je pendant que la peur commençait à se sentir dans mon cœur.

En serrant la poignée de mon épée, je m’étais préparé à lancer une autre attaque en préparant mon Poulet Éclair, grâce auquel je pourrais invoquer Jophiel. Avec son aide, je serais plus que capable de vaincre cette blague d’un chevalier dragon.

« Tu sais, alors que je suis un peu surpris de ta puissance malgré ton niveau… Il y a une grande différence entre nous, » déclara le chevalier en me regardant.

Il utilisa Charge, j’avais essayé de m’éloigner, mais au lieu de me viser avec son épée, il avait donné un coup de poing. C’était plus rapide et je n’avais pu l’éviter. J’avais reçu directement le coup dans le ventre et avais volé de plusieurs mètres. Tous les sorts que j’essayais d’utiliser dans ma tête avaient été annulés et le flux de magie interrompu.

« Alors que tu n'as pratiquement aucune expérience en matière de combat réel, j’ai été initié dès le plus jeune âge. Ce n’est pas parce que je suis un chevalier que je ne peux utiliser mes poings, » sourit-il.

« Argh… » Je gémis et toussa.

Mes entrailles me faisaient mal et ma tête tournait.

« Cette petite attaque d’arts martiaux s’appelle Choc. Elle envoie essentiellement une impulsion d’énergie à travers le corps de l’adversaire quand le poing touche l’ennemi. Bien que ce ne soit pas facile à bloquer, un dragon risque de perdre sa posture un moment et un humain de tomber inconscient. Je te félicite pour être resté conscient, » sourit-il à nouveau.

Bordel…, pensais-je en me tenant le ventre et essayant de me lever.

Il avait utilisé une autre charge et m’avait frappé avec le genou droit au visage. J’avais à peine évité de me faire casser le nez, mais on m’avait renvoyé deux mètres plus loin. Le monde entier tournait autour de moi et je ne pensais pas pouvoir tenir plus.

Bordel ! Ne me dis pas que ça va finir comme ça ! Maudissais-je intérieurement.

Une attaque si simple et pourtant si efficace. Si j’avais une meilleure arme ou un meilleur bouclier, je ne l’aurais même pas senti. Si j’avais été préparé, j’aurais eu de meilleures chances de victoire. En y réfléchissant bien, je ne pouvais m’empêcher de me rendre compte de mes propres faiblesses face à de telles batailles.

« Pour être honnête, quand j’ai entendu la première fois que tu as été amené ici par Sire Seryanna en tant qu’ami, j’ai été surpris et confus en même temps. Je ne pouvais croire que quelqu’un avec son passé puisse se lier d’amitié avec un humain, » déclara Draejan en secouant la tête.

« De quoi parlez-vous ? » gémis-je en roulant pour essayer de me relever.

« Oh, ne me dis pas qu’elle ne t’en a pas parlé ? Je vois… Elle ne t’a pas parlé de ce qui lui est arrivé par le passé, n’est-ce pas ? » demanda-t-il.

« Quoi ? » J’étais confus et le regardais avec un front plissé, puis mes yeux tombèrent sur la dragonne en question.

Elle serrait les poings et baissait la tête comme si elle regrettait.

« Nous avons encore un peu de temps, alors je peux te le dire. Ce sera plus amusant de cette façon, » rit-il.

« Quoi ? » Je n’avais pas compris de quoi parlait ce dragon.

« Ne le faites pas, Draejan ! » Cria Seryanna.

« Pourquoi pas ? Je crois qu’en tant que personne qui prétend être ton amant, il a le droit de connaître le passé de ta famille, n’est-ce pas ? » déclara-t-il.

« Je ne comprends pas… Quel passé ? » demandai-je en essayant de me lever. Mais le vertige ne disparaissait pas comme au cinéma.

« L’histoire que tous les dragons et humains connaissent, mais un mystère pour ceux comme vous, » avait-il déclaré, soulignant une fois de plus le fait qu’il savait que j’étais un héros.

Je ne pouvais que le regarder.

« C’est arrivé il y a 38 ans, lorsque la dernière bataille entre les humains et les dragons. Sur le terrain, maintenant connu sous le nom de la cicatrice du champ de bataille, sur le domaine autrefois prospère de la famille ducale Draketerus. Oh oui, au départ, Sire Seryanna avait le même statut que moi, le fils d’un Duc ! » déclara-t-il en s’inclinant un peu.

Les Draketerus étaient autrefois des ducs ? Me disais-je étonné.

« Dans leur domaine, ils contrôlaient trois puissantes forteresses : Sendra, Callus et Thorn. Il y a 38 ans, l’armée humaine a envahi. Menés par un groupe révolutionnaire, ils ont conquis tout le domaine des Draketerus et ont assiégé ces trois forteresses. En trois jours, ils les ont renversés, » sourit-il.

Il s’arrêta un moment et me regarda dans les yeux pour s’assurer que je lui prêtais attention. Cela signifiait qu’il atteignait un moment important dans l’histoire.

« Au moment de l’invasion, Sire Brekkar Draketerus visitait Drakaria avec ses deux nièces, Seryanna Draketerus et Thraherkleyoseya Draketerus. L’une d’elles a été amenée ici pour passer son examen de chevalier royal. Tu peux deviner qu’elle l’a passé, non ? » Il sourit et regarda Seryanna.

« Qu’est-il arrivé dans le domaine Draketerus ? » avais-je demandé.

« Eh bien, tu es peut-être humain, mais même toi as peut-être remarqué le manque de membres dans leur famille ? » demanda-t-il.

Je clignai des yeux surpris. Maintenant qu’il le mentionnait, je n’avais jamais entendu Brekkar parler de sa femme ou de ses enfants. Kléo et Seryanna n’avaient jamais parlé de leur famille non plus.

Est-ce à cause de moi ? Je me demandais.

« Ces trois forteresses dont j’ai parlé plus tôt étaient dirigées par toute la famille Draketerus. L’épouse de Sire Brekkar était à Sendra, qui portait son nom, alors que les parents de Sire Seryanna étaient à Thorn, » expliqua-t-il.

« Quoi ? » Je clignai des yeux surpris.

« Non seulement cela, mais les cousins, les oncles et les tantes de Sire Seryanna étaient tous là aussi. Parmi eux, il y avait même le prince Coshun. Bien qu’il soit un fils adoptif de la famille royale, il faisait néanmoins partie de la famille royale et était un prince légitime. Son altesse avec chaque membre de la famille Draketerus a été BRUTALEMENT TUÉE par les envahisseurs humains. Leurs corps ont été PENDUS par le cou aux murs de la forteresse comme preuve… de la GRANDEUR des humains, » déclara-t-il en mettant beaucoup de pressions sur certains mots clés.

***

Partie 2

J’avais dégluti d’horreur en entendant cela, mais personne ne le nia et certains dragons en l’entendant montraient même des signes de haine et de dégoût pour ceux ayant fait cela. Des sentiments et des émotions se répandaient encore plus sur moi.

« Quand Sire Brekkar a entendu cela, il a demandé l’autorisation du roi pour emmener son armée sur le champ de bataille. Sa Majesté a accepté et Brekkar y est arrivé à l’aube le lendemain. Son armée a marché sans repos jusqu’à ce qu’ils atteignent le champ de bataille. Sire Brekkar lui-même prit son arme et riposta de toutes ses forces. En un mois seulement, il a repris son domaine, mais ce faisant, il a également brûlé la terre. De plus, parmi les ennemis humains, il y en avait un ayant atteint l’éveil supérieur. Il a lutté contre Sire Brekkar, mais le courageux général a finalement gagné aux dépens de son propre corps. Bien qu’il soit sorti victorieux, il avait perdu tout ce qu’il pouvait célébrer et même le pouvoir de retourner sur le champ de bataille. Il s’est retiré à Tomeron, mais sa bataille héroïque était sans aucun doute une vengeance, » Draejan avait déclaré cela sur un ton glorifiant l’ancien général.

Je pouvais seulement m’asseoir et écouter d’un air hébété. Tout ce que ce dragon me disait ressemblait à la vérité absolue et même Seryanna ne nia pas. En pensant que ce vieux dragon avait un tel passé, je ne pouvais que me demander ce qu’il avait traversé quand j’étais entré chez lui et lui avais demandé de devenir son ami.

Pour être l’ami de l’ennemi qui t’a pris ta femme et tes enfants… qui ont tout pris… Pourquoi n’a-t-il rien dit ? m’étais-je demandais.

« C’est pourquoi je ne comprends pas pourquoi Sire Seryanna a décidé d’épargner ta vie. Je ne peux même pas commencer à comprendre comment elle pourrait avoir des sentiments pour toi, autre que de la haine et du dégoût. Après tout, ton espèce… ton espèce a ruiné ce qui était sa famille, son bonheur, et peut être considérée comme la principale raison de la perte de pouvoir de la Troisième Princesse, » avait-il déclaré.

« Ça ne veut rien dire ! Je ne fais pas partie de ceux ayant participé à cette guerre ! » Lui avais-je crié.

Il plissa les yeux.

« Je ne pense pas que tu comprennes… mais je vais le répéter. Les humains sont ceux qui ont massacré sa famille, ses amis et tous ceux dont elle se souciait dans l’ancien domaine Draketerus. Ton espèce a causé la ruine de sa famille, de sa vie… et ton apparence même est un symbole de rappel de cette souffrance, » il avait clairement exprimé ces mots et les mises en évidence.

Je m’étais retrouvé perdu.

Ma volonté de combattre avait disparu, et puis… j’avais reçu un coup.

Draejan avait utilisé Charge et ne m’avait pas donné de coup de poing, mais m’avait donné une gifle si fort que j’avais roulé en l’air et avais atterri hors du terrain.

« Je déclare ce duel officiel terminé. Sire Draejan gagne, » déclara Teolas en levant la main.

« J’ai perdu ? Pas question… mais ma chance n’aurait pas dû me laisser… Je… non, c’est impossible, » déclarai-je, choquer.

Quand j’avais regardé derrière, j’avais vu le regard triste dans les yeux de Seryanna.

Est-ce que ça signifie… que je l’ai perdue pour de bon ? pensai-je en sentant mon cœur se serrer.

« Bien sûr, tu as perdu. À qui penses-tu faire face ? Si j’avais perdu contre un humain pathétique comme toi, j’aurais été enterré dans la honte, » déclara Draejan en enlevant son casque et sortant du terrain.

La colère coulait en moi et, serrant mon poing, je m’étais levé. Je m’étais précipité vers lui, voulant le frapper au moins une fois, mais Seryanna était venue devant moi avec ses bras écartés. Elle était là pour m’arrêter et sur ses jours je pouvais voir… des larmes.

« Arrête ça, Alkelios… Il n’y a rien d’autre que tu puisses faire… tu as perdu… tu es tombé dans son piège. Ce duel n’aurait pas pu dissoudre mon engagement de toute façon parce que le roi lui-même l’avait ordonné, » déclara-t-elle en serrant les poings.

« Effectivement. Ah ! Tu ne sais pas. Eh bien, je vais te le dire. Sa Majesté la reine a été empoisonnée il y a 12 ans par un être humain, après avoir accouché. L’humain était un ambassadeur de la paix ayant été envoyé ici pour discuter de la possibilité de mettre fin à cette guerre. Le roi l’a permis et… tu peux voir ce qui s’est passé. Ainsi, je doute fortement que Sa Majesté ne t’ait jamais écouté en premier lieu, » il ria.

J’avais serré les dents et avais baissé les yeux. J’étais fou furieux, mais j’avais perdu sur tous les fronts.

« Est-ce vrai ? » J’avais demandé en serrant les dents.

« Oui..., » dis Seryanna.

J’ai perdu… hein ? avais-je pensé.

« Adieu..., » déclarai-je... brisé intérieurement.

Avec la rage, la colère et une sensation de perte complète tourbillonnant dans ma poitrine, je m’étais enfui. Je ne voulais même pas la regarder dans les yeux. Je ne voulais même pas voir le visage de Draejan. Je ne m’étais même pas arrêté pour écouter le dernier appel de Seryanna… tout ce que j’avais fait, c’est de fuir aussi vite que possible où j’étais pris pour un imbécile, où j’étais détesté et… humain.

Donc, j’avais couru… j’avais couru aussi vite que possible, ignorant tous ceux m’appelant, essayant de m’arrêter, qui me regardaient d’une manière étrange. Tout ce qui m’importait, c’était de trouver la sortie et quitter cet endroit, toute cette expérience derrière moi. Je voulais oublier Seryanna et tous les autres. Je voulais rester seul… Après tout, il n’y avait plus rien pour moi ici… rien.

Au moment où j’atteignais les portes, deux enfants se tenaient sur mon chemin. C’était une petite fille et un petit garçon, tous deux avaient les yeux dorés et des cheveux blond pâle. Ils ressemblaient à deux poupées de porcelaine, étrangement belles.

« Q-Quoi ? » demandai je, surpris.

« S’il vous plaît, sauvez notre mère, » m’avaient-ils dit en parfaite synchronisation.

J’avais serré le poing et la mâchoire pendant un moment.

Quelle blague..., avais-je pensé.

« Je suis désolé, mais je suis un perdant… je ne suis ni un sauveur ni un héros. Je ne vous connais pas et je n’ai aucune idée de qui est votre mère. Je suis désolé, » avais-je dit avant de partir.

Les gardes à l’entrée ne m’avaient pas arrêté et m’avaient laissé passer, tandis que les deux enfants me regardaient en train de partir. C’était bizarre, mais j’avais l’impression qu’ils ne croyaient pas ce que je venais de dire.

Ce palais n’a plus rien à voir… Rien… Seryanna et tout le monde… je ne suis rien pour eux…, pensais-je en courant dans les rues animées de Drakaria.

***

***Point de vue de Kataryna***

« N’es-tu pas heureuse d’être débarrassée de cette peste ? » demanda Draejan à Seryanna.

« Tu as gagné aujourd’hui. Tu as peut-être gagné le droit de m’épouser. Tu as peut-être gagné le droit de revendiquer mon corps comme étant tien… Mais mon cœur lui appartient toujours et lui appartiendra toujours, » déclara-t-elle, mais… la lumière dans ses yeux avait disparu.

La dragonne quitta le terrain d’entraînement pour retourner vers sa chambre. L’énergie autour d’elle avait disparu. Le feu sans fin que j’avais ressenti lorsque je m’étais battue contre elle et avec elle était maintenant parti… comme si toutes les larmes qu’elle avait versées à l’intérieur l’avaient emportée.

J’avais poussé un soupir et avais approché Draejan et Teolas.

« Je vais te donner un avertissement, toi, gamin. Si tu oses toucher à nouveau à Alkelios, tu découvriras pourquoi l’histoire d’Albeyater ne me mentionne jamais. Interroge le vieil homme à ce sujet, il devrait savoir, » j’avais parlé calmement, mais pour la première fois depuis des siècles, j’avais libéré une vague effrayante d’envie de tuer.

Les deux avaient dégluti en me regardant.

Ceci dit, je m’étais éloignée d’eux et étais retournée vers Kléo, qui protégeait la troisième princesse. Demain, j’avais prévu de visiter Seryanna et ensuite Alkelios à l’auberge. C’était l’endroit où il était le plus susceptible de revenir, mais avant de le faire, j’avais crié quelque chose à ces autres imbéciles.

« Kataryna Georg, une éveillée supérieure, déclare officiellement son allégeance TEMPORAIRE à la troisième princesse et à l’humain Alkelios Yatagai. »

C’était la dernière chose que je devais faire. Dans ce jeu auquel ils jouaient, ces imbéciles savaient tous maintenant qu’ils ne devaient pas toucher à ceux-là, du moins jusqu’à ce que je déclare le contraire, ce qui serait le cas lorsque toute cette pagaille sera arrivée à une conclusion plus définitive.

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***Point de vue de Teolas***

Pendant toute ma longue vie, je n’avais jamais pensé voir ce vieux fossile se relever ou même déclarer quelque chose d’aussi effrayant. Penser qu’ELLE ait fait un geste était simplement… terrifiant. C’est pour cela que j’avais décidé de faire attention à cet avertissement et de le transmettre à ce jeune fou qui remuait un troupeau de moutons avec un bâton.

« Qu’est-ce que cette dragonne pense être ? » Sire Draejan avait parlé d’un ton moqueur.

Je m’étais approché de lui et l’avais regardé dans les yeux. Mon regard perçant le fit tressaillir.

« Êtes-vous aveugle ? N’avez-vous pas senti sa force et son pouvoir ? » lui avais-je demandé.

« Eh bien, elle semblait forte, mais… je suis certain que le chevalier maître Teolas pourrait facilement la gérer, » déclara-t-il avec un sourire.

« Ne sois pas idiot. J’aurais besoin d’au moins mille vies avant même d’avoir pu la toucher ! » déclarai-je.

« Quoi ? » Il m’avait regardé comme si je venais de dire quelque chose de scandaleux.

« Écoutez-moi bien, il y a environ 500 ans, sur un champ de bataille loin d’ici, les armées d’Albeyater se sont affrontées avec celle de Zerudan. De tous les points de vue, nous n’aurions pas dû avoir de chance face à eux… cependant, au milieu de la bataille, une seule dragonne est venue et, bien qu’elle soit du côté de l’ennemi, elle a commencé à attaquer ses alliés sans pitié. Sans ménagement et avec un sourire fou sur le visage, elle dansa avec ses épées, » j’avais fermé les yeux en me souvenant de la scène où j’étais juste un jeune sachant à peine comment mettre son armure. J’étais l’un des plus jeunes commandants qui se tenaient à côté de notre roi.

Le choc des épées et des cris de fureur avait disparu alors que cette dragonne dansait parmi ses ennemis et ses alliés. Tous ceux qui se tenaient trop près étaient abattus par ses épées. Les commandants ennemis avaient essayé de l’abattre, mais elle les abattait en un clin d’œil. L’un après l’autre, elle les coupa et se fraya un chemin à travers la chair de ses alliés jusqu’à ce qu’elle atteigne leur général.

« Dans cette bataille, celle que nous craignions le plus était leur générale éveillée supérieure, mais ce dragon a été abattu par Kataryna Georg. Notre côté, par les ordres du roi, n’a pas bougé jusqu’à ce que leur conflit soit terminé. Leur armée… était presque deux fois plus grande que la nôtre, mais à partir du moment où la dragonne est entrée sur le champ de bataille jusqu’à ce qu’elle coupe la tête du général, elle l’a réduite à un nombre inférieur au nôtre, » j’avais dégluti.

« C’est impossible ! » avait déclaré Draejan.

« Gamin… n’osez pas m’insulter. » Je le regardai et il se figea.

« Je m’excuse, Sire Teolas. » Il inclina la tête.

« Soupire, c’est normal, vous pensez de cette façon. À moins que vous ne la voyiez en combat, vous ne le croiriez pas non plus… Pourtant, c’est la vérité… Plus encore, Kataryna Georg était la SEULE dragonne dont j’ai entendu parler jusqu’à présent qui est en mesure de vaincre un éveillé supérieur avant même d’en être elle-même une, » avais-je dit. Puis j’avais regardé vers la dragonne qui venait de partir.

« Si elle est quelqu’un de si fort, pourquoi notre histoire de la mentionne pas ? » demanda-t-il.

« Parce qu’après avoir gagné, elle a amené la tête du général ennemi aux pieds de notre roi et a ensuite pointé son épée vers lui. En échange de sa vie et de celle de tous les membres de son armée, elle a demandé à Albeyater de la laisser seule et d’effacer son nom de l’histoire. Si jamais elle souhaitait revenir en tant qu’alliée ou ennemie, elle voulait que ce soit de son propre chef, » J’avais poussé un soupir.

« Quelqu’un comme ça… Le roi a accepté ? » demanda-t-il.

« Oui. » Je hochai la tête. « Nous avons fait comme demandé, et elle est partie paisiblement. »

« Alors... » Draejan semblait confus.

« Gamin, si cet humain est capable de faire sortir ce vieux fossile de sa caverne… il pourrait aussi être celui amenant cette dragonne à nos côtés ou la fera se battre contre nous. Je crains que ce duel ne soit une idiotie en tant que telle, si elle le demande, je le ferai ANNULER. » J’avais déclaré avec un ton de voix aigu.

« Vous ne pouvez pas être sérieux, Sire ! C’était un duel officiel ! Plus encore, mon adversaire était un humain ! » rétorqua-t-il.

« Je préfère que vous perdiez la face que ce royaume perde plusieurs villes et d’innombrables vies, » j’avais répondu puis je l’avais laissé réfléchir.

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