Strike the Blood – Tome 2

***

Prologue

Partie 1

Le 21 septembre. Une nuit de croissant de lune...

C’était au beau milieu de la nuit que la section d’assaut des gardes de l’île avait fait une descente dans un vieil entrepôt dans le quartier du port. Ils avaient été informés qu’une organisation criminelle vendait des armes de contrebande sur le marché noir.

Faisant explorer la porte de l’entrepôt avec des explosifs, les membres de l’escouade avaient foncé droit dedans.

Les piliers de fer étaient rouillés et les caisses de bois étaient empilées les unes sur les autres. Les hommes de l’entrepôt, sous le faible éclairage des lampes à mercure, s’étaient levés d’un seul coup. Ils semblaient jouer aux cartes, mais une grenade à détonation avait explosé à leurs pieds. Les hommes, dépouillés de leur vision, avaient ensuite été fauchés par des tirs de mitrailleuses.

La section d’assaut avait utilisé des balles à électrons consacrés. Il s’agissait d’une munition spéciale contre les hommes-bêtes qui supprimait les capacités régénératrices de la chair démoniaque. Puis, détruisant le mur arrière de l’entrepôt, la deuxième escouade de la section d’assaut avait fait irruption, alors que des tireurs d’élite cachés dans les bâtiments environnants tiraient sur des suspects qui tentaient de s’échapper par les fenêtres.

Le combat s’était terminé en moins de deux minutes. Confrontés à deux escouades de gardes de l’île entièrement équipées, qui avaient eu l’effet de surprise, les suspects avaient été complètement dépassés. Alors que le nuage de gaz lacrymogène dans l’entrepôt se dissipait, les hommes étaient sur le sol en tas.

Ils étaient sept. Tous étaient des démons — des démons sans bracelet d’identité, qui étaient entrés illégalement sur l’île.

Les balles les avaient traversés et ces individus baignaient maintenant dans leur sang alors qu’ils s’étaient effondrés sur le sol.

Ce niveau de dégâts n’était pas suffisant pour tuer les hommes bêtes extrêmement résistants, mais c’était suffisant pour empêcher leur transformation en bête et les mettre hors du combat.

L’un des chefs d’escouade avait ordonné à ses hommes de mettre tous les hommes-bêtes en état d’arrestation.

Mais au même moment, il se souvint soudain de ce qu’on leur avait dit lors du briefing. Il y avait huit suspects cachés dans l’entrepôt. Il devait bien y en avoir un de plus quelque part.

... Pas bon !

Tandis que le chef d’escouade replaça instantanément son fusil en position d’attaque, le corps de l’un des hommes bêtes tombés au sol avait été projeté avec une grande force. En dessous, un démon en grande partie indemne avait émergé. Il s’agissait d’un homme bête à la fourrure noire et au visage de léopard, avec une carrure énorme et souple. Il avait apparemment utilisé son propre camarade comme bouclier pour se protéger et dissimuler sa présence.

Dans l’une des mains entièrement bestialisées du démon se trouvait un petit appareil qui ressemblait à une télécommande.

Le chef d’escouade avait repris son souffle lorsqu’il s’était rendu compte que ce dispositif d’une simplicité effrayante était l’interrupteur de détonation d’une bombe placée à l’intérieur de l’entrepôt.

« Repliez-vous ! » cria le chef d’escouade. Mais sa voix avait disparu au milieu du rugissement qui éclata.

L’onde de choc avait pulvérisé les caisses en bois empilées haut, et un tourbillon d’air brûlant avait incinéré l’intérieur de l’entrepôt en un instant. Les flammes teintaient le ciel nocturne en rouge — .

***

Partie 2

« Merde, merde, merde, merde, merde, merde... Vous l’avez fait maintenant, ordures humaines ! »

La voix rauque de l’homme à tête de léopard lança un torrent d’insultes alors qu’il courait à travers la ville au milieu de la nuit.

Les blessures par balle qu’il avait subies l’affectaient en lui causant une très grande douleur. La douleur dans ses yeux et son nez était sans doute les effets des gaz lacrymogènes. L’attaque par une arme à énergie rituelle infusée avait également bloqué la capacité de régénération de l’homme-animal, ce qui avait considérablement prolongé son agonie.

Cependant, ce n’était pas tout ce qui l’avait mis dans une rage folle.

Bien que ce soit une bonne chose qu’il se soit échappé de l’entrepôt en le faisant s’exploser, il avait perdu ses camarades, et la vente des armes était un fiasco. Ce n’était pas un revers suffisant pour entraver le plan, mais c’était quand même un échec. À ce rythme, il perdrait de l’influence au sein de l’organisation. Il pourrait même perdre la confiance du lieutenant-colonel.

« Je ne leur pardonnerai jamais... Ils vont payer pour ça, » déclara-t-il.

L’homme avait pivoté vers l’entrepôt derrière lui, toujours enveloppé par les flammes, en lançant un regard fixe rempli de haine. Puis il tourna les yeux vers l’horizon nocturne de la ville, éclairé par la lune.

Il était dans la zone métropolitaine de Tokyo, et plus exactement, dans la Ville d’Itogami — une île artificielle géante flottant sur l’océan Pacifique, établie en vertu du Traité de la Sainte Terre comme un idéal de coexistence entre les humains et les démons, un abominable « Sanctuaire du Démon ».

L’homme à tête de léopard était originaire de l’« Empire du Seigneur de Guerre » en Europe. Il n’en voulait pas particulièrement aux humains de la Ville d’Itogami.

Néanmoins, il avait des raisons de détruire cette ville. En détruisant un sanctuaire de démons, le Front de l’Empereur de la Peste Noire dont il faisait partie diffuserait au monde entier un message vigoureux, qui allumerait sûrement les flammes de la rébellion contre le roi usurpateur qui retenait les démons loin de leur place légitime.

Le plan était déjà en marche. Le destin de cette ville ne pouvait plus être modifié, quel que soit ce que feraient ces voyous de la garde de l’île.

Cela pouvait faire des effets mineurs dans leur emploi du temps, mais le fait d’attirer leur attention sur lui était une bonne chose. En servant de leurre et en jetant la garde de l’île dans le chaos, les chances de succès du plan ne feraient que croître. Cela aussi faisait peut-être partie du plan du lieutenant-colonel.

Quoi qu’il en soit, il aurait l’occasion de venger ses camarades tués par la Garde de l’île bien assez tôt. Même déclencher une seule bombe dans le quartier commerçant rendrait la situation hors de leur contrôle.

Il ne se souciait pas du nombre d’habitants de la ville qui pourraient être pris dans l’explosion. Cette interruption n’avait fait que modifier légèrement l’ordre dans lequel ils allaient mourir. Oui, cette ville était de toute façon destinée à périr.

Tout en conservant sa forme bestiale, il sauta sur le sommet d’un immeuble de cinq étages en un seul bond. Même chez les hommes-bêtes dits de type L, l’espèce panthère-garou se vantait d’une vitesse et d’une agilité particulièrement grandes. Il n’y avait sûrement personne pour le suivre alors qu’il courait dans une zone urbaine la nuit.

Pour l’instant, il valait mieux trouver un endroit où se cacher et attendre que ses blessures guérissent...

Mais avant ça, le pouce de l’homme s’était déplacé vers la détente du détonateur à distance.

Il avait posé deux bombes avant leur attaque. Il avait déjà utilisé la première dans l’entrepôt, mais l’autre qu’il avait installé dans un couloir sous le quartier du port.

Les renforts de la garde de l’île, appelés pour aider les blessés, auraient dû passer juste à ce moment-là. Utilisez la première attaque pour attirer les camarades de l’ennemi, puis utiliser le second pour les exterminer était une tactique ancestrale sur le champ de bataille.

« Subissez ma vengeance pour mes frères... ! »

L’homme avait saisi avec force la télécommande dans sa main.

Bien que son pouce aurait dû toucher l’interrupteur, il n’avait ressenti aucune sensation.

Avec un profond malaise, l’homme regarda sa propre main droite. Il avait dégluti alors qu’il était en état de choc.

La télécommande qu’il aurait dû tenir dans sa main avait disparu sans laisser de trace.

À la place, il y avait une chaîne enroulée autour de son bras. La chaîne d’argent, s’étirant dans les airs, lui liait le poignet comme une menotte.

« Putain... C’est quoi !? »

L’homme à la tête de léopard avait mis de la force dans son bras pour arracher la chaîne. Cependant, même la force du bras d’un homme bête ne pouvait pas retirer la chaîne d’argent présente autour de lui. Au contraire, la traction de la chaîne maintenait l’homme coincé là.

À l’instant d’après, il entendit derrière lui une voix articulée qui semblait se moquer de lui. « ... Bien qu’incomplet, cela a été forgé par les dieux. Tu n’as pas le pouvoir de le casser. »

« Quoi !? » Avec un faible grognement, l’homme se tourna vers la voix inattendue.

Il s’agissait d’une femme de petite taille qui ressemblait à une enfant. Elle portait une robe ridiculement extravagante, et elle tenait un parasol malgré le fait qu’il soit au milieu de la nuit. Ses traits enfantins lui donnaient l’apparence d’une jolie poupée. Sans autre raison qu’elle avait l’air si mal à sa place, l’homme avait été empli par la peur.

« Franchement, qui utiliserait un détonateur à distance non crypté plutôt qu’une radio analogique à notre époque ? Comme c’est radin de ta part. Tu as de la chance d’être resté si longtemps sans te faire sauter. »

La femme murmura cela en le ridiculisant clairement alors que la paume de sa main contenait un petit appareil qui ressemblait beaucoup à une télécommande.

Le visage de l’homme avait tremblé en voyant la vue. L’appareil avec lequel la femme au parasol jouait était la télécommande du détonateur qui aurait dû être dans sa main. Il ne savait pas quel tour la femme avait utilisé pour s’approcher assez près pour lui arracher la télécommande sans que lui, un homme-bête, le sente.

« Un mage d’attaque anti-démon, hein ? Comment m’as-tu rattrapé ? »

Les yeux ambrés de l’homme à tête de léopard se rétrécirent et fixèrent la femme. Les lèvres de la femme étouffèrent un rire.

« Pensais-tu vraiment que tu pourrais te débarrasser de moi ? C’est très vaniteux pour un chat errant comme toi. »

« ... Ne t’emporte pas, petite fille ! »

L’homme à la tête léopard haussa la voix à la vue du sourire moqueur de la femme. Il avait sorti un couteau de la ceinture présente autour de sa taille et l’avait planté dans son bras droit. En se coupant le poignet avec la chaîne qui le liait, son corps serait à nouveau libre de bouger. La femme qui maniait le parasol déclara « Mon Dieu ! » avec une admiration apparente.

« Hmph, pour un chat errant, je dois admirer tes tripes. Un des hommes de Kristof Gardos, je présume ? Avec le Front de l’Empereur de la Peste Noire sur ses dernières jambes, vous avez certainement traversé la mer pour venir ici, avec beaucoup d’ennuis. »

« ... Je vais te tuer ! » L’homme hurla alors que du sang frais se répandait depuis son bras droit.

Même pour les hommes-bêtes, qui possédaient une grande capacité de guérison, régénérer un bras complètement coupé n’était pas chose facile. Cependant, même à ce prix-là, il avait besoin de vaincre cette femme d’origine inconnue, ici et maintenant. Pour le succès de leur plan, quelqu’un qui connaissait le nom de Kristof Gardos — le lieutenant-colonel — ne pouvait pas être laissé en vie.

En arrachant son propre poignet de son bras, l’homme avait utilisé la vitesse monstrueuse caractéristique des hommes-bêtes pour charger la femme porteuse de parasol.

Il n’avait plus besoin de compter sur le couteau. La force brute d’un homme bête était grande, même parmi les démons, plus que suffisante pour déchirer une femme humaine impuissante à mains nues.

Cependant, cette femme parasol d’origine inconnue avait fait un sourire gracieux.

« Futile. Du moins, pour toi... »

Les griffes s’étendant du bout des doigts de l’homme touchèrent son épaule mince... du moins le pensait-il. À cet instant, la forme de la femme s’était transformée en une belle ondulation, comme la surface de l’eau, ne laissant que peu d’air derrière elle.

« Putain... !? » Alors que l’expression d’un choc l’envahissait, l’homme à la tête de léopard regarda vers l’arrière.

La femme, qui tenait encore élégamment son parasol, s’était éloignée d’une dizaine de mètres sur le toit de l’immeuble voisin.

Il n’y avait eu aucun son, aucune sensation, et pas un seul cheveu sur sa tête n’avait bougé. C’était arrivé instantanément.

Il avait l’impression de regarder un mirage dans le désert, mais l’existence de la femme n’était certainement pas une illusion.

Son cœur battait. Elle respirait. Son corps était chaud. Elle avait une odeur. Tous ses sens d’homme-bête, des centaines de fois plus sensibles que ceux d’une personne normale, lui avaient dit que la femme existait vraiment. Elle était, sans aucun doute, un être humain normal en possession d’une forme physique.

« Je te l’ai dit, tu ne peux pas me tuer..., » avec un sourire taquin, la femme au parasol claqua des doigts.

Une grande ondulation s’était répandue dans tout l’air qui entourait l’homme. Quand il s’était rendu compte que ce qui ressemblait à une ondulation était en vérité un cercle magique à haute densité, il était trop tard. Un grand nombre de chaînes d’argent émergèrent du vide, assaillant l’homme comme s’il s’agissait de serpents sensibles, bloquant tout son corps.

« La magie du contrôle spatial... !? C’est de la folie ! C’est un sort que seuls les plus grands praticiens de la magie peuvent réussir ! Comment une petite fille comme toi peut-elle... !? » La voix de l’homme déchu, alors que tout son corps était retenu par des chaînes, tremblait d’étonnement.

Mais la femme ne déclara pas un mot, tapant sur son parasol avec un soupir désintéressé. Puis, regardant sur le côté de son visage illuminé par le clair de lune, l’homme à la tête de léopard avait fait un faible gémissement.

« Je comprends maintenant... tu es Natsuki Minamiya ! Qu’est-ce que tu fais ici !? Tu n’as pas assez de sang de démon sur les mains, Sorcière du Vide... ! »

« Mon Dieu, mon Dieu... le chat errant peut franchement encore parler, » la femme au parasol avait fait sa déclaration avec froideur. D’un léger signe de la main, la main soi-disant coupée de la panthère-garou était apparue du vide, se plaçant à son bras comme si elle forçait les deux à se réparer.

« Qu’est-ce que tu fais ? » demanda l’homme, en jetant un coup d’œil à Natsuki.

Natsuki le regarda sans expression. « Ne t’inquiète pas. Je ne te guéris pas par gentillesse. C’est juste un petit coup de main pour arrêter l’hémorragie. Après tout, il serait inconvenant pour toi de mourir avant que nous n’ayons tiré l’information dont nous avons besoin de toi. »

« ... Penses-tu vraiment que je vais te donner des informations sur mes camarades ? »

« Je ne pense pas que des gens comme Kristof Gardos t’aient parlé de son vrai plan. »

« Qu’est-ce que tu veux dire... ? »

Natsuki lui tourna le dos sans donner de réponse à l’homme secoué.

« Je vais laisser l’interrogatoire sur ce que les terroristes de l’Empire du Seigneur de guerre ont l’intention de faire dans un Sanctuaire de Démons en Extrême-Orient aux individus de la Garde de l’île. Je n’en ai peut-être pas l’air, mais je suis très occupée. Je dois me préparer pour les cours demain, » déclara Natsuki.

« Te préparer pour les cours... ? » demanda l’homme.

Les mots extrêmement déplacés de Natsuki avaient empli de doute l’homme panthère-garou.

Sans doute ne comprenait-il pas que cette femme, dont l’alias « la Sorcière du Vide » faisait trembler les démons de l’Europe, était professeur d’anglais au lycée le jour.

Natsuki avait disparu, laissant derrière elle une légère ondulation dans l’espace. Derrière ça, l’homme bête au sol et enchaîné avait été abandonné, tout seul.

Malgré le chapelet de malédictions qui sortait de ses lèvres, l’homme avait fait un petit rire.

Non, ça n’avait rien changé. Même le fait qu’il ait été capturé ici n’avait rien changé à la situation. Le plan était déjà en marche. Même la puissance de la Sorcière du Vide ne changerait pas le destin de cette ville. Quoi qu’il en soit, cet endroit était destiné à périr.

Cette nuit-là aussi, la ville endormie se baignait dans la lueur silencieuse du clair de lune.

***

Partie 3

Avant l’aube...

Un navire était calmement ancré dans des eaux situées à près de 330 kilomètres au sud de Tokyo.

Le bateau avait été baptisé la Tombe d’Oceanus. Il mesurait environ quatre cents pieds de longueur. Dans la langue vernaculaire, on l’appelait un mégayacht.

C’était un bateau de croisière de style occidental. Le navire, dont la taille de la coque rivalisait avec celle d’un croiseur militaire, était si joliment décoré que même des paquebots extravagants ne pouvaient pas y être comparés. Sa majestuosité était telle qu’on pouvait l’appeler, sans ironie, un palais flottant.

Mais finalement, la Tombe d’Oceanus était un château d’un luxe effrayant, appartenant à un seul homme et construit pour lui.

Bien que ce fait semble irréaliste, n’importe qui l’accepterait instantanément en entendant le nom du propriétaire, car la Tombe d’Oceanus était la propriété privée du duc d’Ardeal, Dimitrie Vattler — un noble de l’Empire du Seigneur de Guerre.

Le propriétaire du navire profitait de la vue au clair de lune depuis le pont supérieur. Allongé sur une chaise longue extravagante, il pencha tranquillement un verre de liqueur de cassis dans sa main.

C’était un bel homme blond aux yeux bleus. En raison de son apparence, il avait peut-être une vingtaine d’années.

Cependant, il portait un titre de noblesse. En d’autres termes, c’était un vampire de la soi-disant Vieille Garde possédant un pouvoir extraordinaire. Son territoire étendu au sein de l’Empire de Seigneur de Guerre avait une armée permanente d’une telle puissance militaire qu’elle rivalisait avec les armées de l’alliance de l’Europe occidentale, il était lui-même un monstre possédant une puissance énorme, capable de détruire une grande ville en un clin d’œil.

Une silhouette élancée s’approchait du côté de ce jeune aristocrate.

Il s’agissait d’une jeune adolescente japonaise. Son corps de grande taille et gracieusement courbé était associé à des traits faciaux qui donnaient un sentiment d’élégance florale.

Ses longs cheveux étaient coiffés en une queue de cheval, dansant sans bruit pendant que la brise de mer les soufflait.

Elle portait l’uniforme scolaire d’une école de filles bien connue de la région d’Osaka.

Dans sa main droite, elle portait un étui d’instrument noir du genre qui contiendrait un clavier électronique.

« Vous étiez donc ici, Votre Excellence ? » La jeune fille aux cheveux longs s’arrêta, parlant avec une formalité respectueuse.

Par coïncidence, la destination du navire vers lequel il naviguait venait d’arriver à l’horizon. C’était une île solitaire flottant au-dessus de l’océan avec la mer dégagée tout autour. Elle avait été construite avec des structures flottantes de très grande taille, un gigafloat...

Construite dans le but de contrôler les « lignes du dragon », c’était maintenant une ville pour la recherche de la vie démoniaque et de leurs capacités. C’était le sanctuaire de démons connu sous le nom d’île Itogami.

« Alors c’est ça, l’enfant bâtard de la ferraille et de la sorcellerie ? Tout un engin que vous avez construit avec des bricoles. C’est pourquoi les humains sont si intéressants, » le jeune homme semblait murmurer à lui-même, son comportement n’indiquant pas s’il faisait des éloges ou des insultes.

La jeune fille repoussa ses mots avec un sourire froid et lui présenta une seule lettre.

« J’ai apporté la lettre de réponse du gouvernement japonais. »

« ... Hmm ? » Agissant comme s’il remarquait l’existence de la jeune fille pour la première fois, le jeune aristocrate se tourna lentement vers elle. Avec un sourire affable sur son visage, il ne projetait pas le sentiment d’oppression caractéristique des vampires et la puissance qu’ils cachaient.

La jeune fille accepta son regard un peu sardonique et continua à parler de façon décontractée.

« Il est dit qu’à compter de minuit aujourd’hui, la visite de Votre Excellence au sanctuaire de démons de l’Île d’Itogami a été approuvée. Par la suite, Votre Excellence sera traitée comme un envoyé diplomatique spécial de l’Empire du Seigneur de Guerre en vertu du Traité de la Terre Sainte. »

« C’est très bien. Une conclusion correcte et attendue, n’est-ce pas ? Eh bien ! S’ils m’avaient dit de me faire discret, j’avais l’intention d’y entrer de toute façon, mais cela aurait été une nuisance. » Toujours allongé sur la chaise longue, Dimitrie Vattler avait fait un rire innocent.

Mais l’expression de la jeune fille s’était durcie, comme si elle lui reprochait. « Il y a une condition. »

« Vraiment. Qu’est-ce que c’est ? »

« Le gouvernement japonais insiste pour vous acceptiez qu’il envoie un observateur et que vous écoutiez ses conseils. »

« Donc, un surveillant, alors ? Je vois, » déclara Vattler en hochant la tête avec un air intéressée. « Alors, qui va être cet observateur ? »

« Si vous me le permettez, je vous demanderais de me permettre d’accomplir cette tâche. »

La réponse de la jeune fille s’était faite d’une voix calme, soutenue par un regard provocateur sur son visage.

Bien qu’on l’appelle une observatrice, son devoir ne se limitait pas à jouer les guides touristiques. Elle déclarait essentiellement que si le gouvernement japonais considérait l’existence de Vattler comme une menace, et en dernier recours, elle l’éliminerait. Elle disait, en d’autres termes, qu’elle possédait assez de puissance pour détruire même un vampire de la vieille garde.

Vattler jeta un regard mystérieux sur la jeune fille en lui demandant : « Ahh, je vois. Au fait, qui êtes-vous ? »

La jeune fille poussa un léger soupir face aux paroles articulées et apathiques du jeune aristocrate.

« Je m’appelle Sayaka Kirasaka. L’Organisation du Roi Lion m’a décerné le titre de danseur de guerre chamanique. »

« Organisation du Roi Lion, Hmm. Je crois me souvenir d’avoir entendu le nom..., » Vattler murmura sans aucun sentiment de tension. La jeune fille secoua la tête, comme si elle était irritée.

« Une agence spéciale du gouvernement japonais chargée de lutter contre le terrorisme des sorciers. »

« ... Terrorisme des sorciers ? »

« Veuillez prendre note que, puisque la visite de Votre Excellence dans la Ville d’Itogami vous a placé sous la juridiction de l’agence, nous avons été chargés d’accompagner votre visite. »

« Hmm. Eh bien, peu importe ce que cela implique. » Le jeune aristocrate avait facilement consenti. Puis, il avait plissé les yeux avec un visage souriant. « Cela dit, c’est très malin de la part du gouvernement japonais d’envoyer une jolie fille comme vous pour me surveiller. » Alors que Vattler l’ajoutait, comme s’il s’adressait à lui-même, « Bien que j’aurais aussi été très bien avec un joli garçon, » Sayaka, bien sûr, lui avait lancé un regard désagréable.

« À ce propos, Votre Excellence. Mais même ainsi, je suis un Mage d’Attaque Anti-Démon autorisé à manier l’arc de type 6, Der Freischötz, qui purge les démons majeurs. N’oubliez pas qu’on m’a accordé le droit de décider de vous tirer dessus et de vous détruire, Votre Excellence. »

Vattler produisit de façon inattendue un rire plaisant face aux paroles aigres de Sayaka, apparemment destinées à l’intimider.

« Ha ha ha ha, excellent ! Assez intéressant, en effet. Je vous aime bien. Oui, oui, appelez-moi Dima ou Vattler, comme vous voulez. Plus de “Votre Excellence” ni d’autres formalités de ce genre. »

« ... Compris, duc Ardeal. » Sayaka ne déformerait son étiquette pour personne. Tandis que Vattler faisait un visage boudeur, il s’était assis et avait regardé Sayaka. Il y avait un scintillement brumeux et cramoisi dans ses deux yeux, comme un soleil scintillant. « Alors, qu’allons-nous faire de mon autre demande, je me le demande ? »

« Votre autre... demande ? »

L’expression de Sayaka s’était durcie face à l’aura froide que Vattler produisait.

« Pourriez-vous arrêter de jouer les idiots ? Vous l’avez trouvé il y a longtemps et vous le surveillez encore maintenant, n’est-ce pas ? Je parle du vampire le plus puissant du monde. »

« Si vous parlez du quatrième Primogéniteur, disons que je ne le nie pas. »

Vattler avait légèrement dénudé ses crocs en riant du comportement calme et professionnel de Sayaka.

« J’aimerais que vous me le présentiez. Bien que je comprenne pourquoi vous voulez le garder secret. »

Bien que le visage souriant du jeune aristocrate était aussi affable qu’avant, cette fois-ci tout son corps dégageait une aura puissante qui ressemblait à une pression physique et tangible. C’était comme si une émotion tordue et féroce avait pris forme physique. Si elle avait été un être humain normal et non un mage d’attaque anti-démon, elle aurait perdu conscience juste parce qu’elle se trouvait au même endroit que cette puissance maléfique.

Cependant, Sayaka avait gardé une expression neutre alors qu’elle secouait calmement la tête.

« Non, nous n’avons aucune raison de le protéger. »

Pendant qu’elle parlait, elle avait pris une seule photo. C’était la photo d’un lycéen en uniforme. Il ressemblait à un adolescent de sexe masculin tout à fait normal. Kojou Akatsuki. C’était son nom.

L’horizon aqueux avait commencé à acquérir un léger scintillement blanc. L’aube se lèverait bien assez tôt.

« Après tout, Kojou Akatsuki, le quatrième Primogéniteur, est notre ennemi ? »

Pendant que Sayaka murmurait, elle écrasa la photo du garçon dans sa main.

Le navire sur lequel elle et le jeune aristocrate se déplaçaient s’approchait lentement de l’île Itogami.

***

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