Saikyou Mahoushi no Inton Keikaku – Tome 1

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Arc 0 : Prologue

Prologue

Dans une zone dévastée, les ruines d’un grand bâtiment entouré de maisons démolies donnaient l’impression qu’une catastrophe naturelle avait affecté toute la région.

Il ne restait plus rien qui suggérait que la région avait été autrefois remplie d’habitants qui y avaient vécu une vie épanouie. Divers arbres et plantes grimpantes s’étaient établis depuis longtemps parmi les bâtiments abandonnés. L’endroit avait été évacué il y a plus de cent ans et tout ce qui restait là pourrait même disparaître après quelques années de vieillissement supplémentaire. Le fait d’affirmer que l’ancienne civilisation avait été détruite ne serait pas non plus une revendication farfelue. Quoi qu’il en soit, tout ce que l’on pouvait encore voir s’estomperait certainement avec le temps.

Un ciel bleu clair et parfait s’étendait à travers les cieux où il disparaît dans la lueur d’un horizon brumeux. La verdure luxuriante grouillait de vies sous l’abondante lumière du soleil qui inondait la terre d’un flot de couleurs vives. Ce paysage majestueux respirait la nature alors que des animaux s’affairaient sur le tapis vert présent entre les nombreux arbres.

Quelqu’un avait dit un jour : « L’humanité est le cancer de cette planète ». La situation actuelle confirmait véritablement cette affirmation. Il s’agissait du résultat d’un organisme grotesque et contre nature qui s’était glissé dans le royaume de la nature. Beaucoup hésiteraient même à prétendre que ces organismes étaient même vivants.

L’arrivée de ces apparitions grotesques ressemblait étrangement à l’intrigue d’un conte de fées. Si ces créatures fantastiques avaient donné à la Terre l’occasion de récupérer son écosystème d’origine, leur arrivée avait également marqué un tournant dans l’histoire de l’humanité. Ils avaient ainsi lancé son compte à rebours vers l’extinction de la race humaine.

Cependant, ces apparitions grotesques n’étaient certainement pas telles les créatures d’un conte de fées, car elles étaient sinistres et assoiffées de sang. Telle était leur existence. Peut-être agissait-il en tant que procuration de Dieu, alors qu’elles servaient de messie de la planète. Il était clair qu’elles étaient l’ennemi de l’humanité.

L’humanité avait nommé ces apparitions grotesques des mamonos.

 

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– Lame de Bantyo –

Un jeune garçon tout seul était sur le point de s’engager dans un combat avec plusieurs monstres grotesques portant des arbres comme s’il s’agissait de massue. Un seul coup serait une blessure mortelle pour n’importe qui.

Il maniait un couteau. Sa forme était déformée, donnant l’illusion qu’il tremblait de peur. Il s’agissait d’une arme qui existait dans le seul but de tuer ces grotesques mamonos. Une fine chaîne reliait la poignée du couteau à son fourreau se trouvant à la taille du garçon. Quoi qu’il en soit, il s’agissait d’une arme qui pourrait de prime abord sembler peu fiable contre un mamono doté d’un corps plusieurs dizaines de fois plus gros que celui du garçon.

Des mamonos de différentes formes l’entouraient en ce moment. Cependant, même s’ils n’étaient pas de la même race, tous, du premier jusqu’au dernier, ils possédaient des traits communs. Ils étaient tous hideux. Personne ne penserait qu’ils seraient issus de ce monde. Un deuxième trait commun chez les mamonos était leur peau foncée assortie. Ceux ressemblant à des géants à un œil et les thérianthropes avec un haut du corps humain donnaient d’abord une impression positive, mais c’était seulement jusqu’à ce qu’un regard fait de plus proche ou qu’un coup d’œil vers le bas de leurs corps soit effectué.

Plus de dix mamonos grotesques entouraient en ce moment le garçon. Cependant, il était fort possible que bien plus d’individus se soient cachés plus loin dans la zone et dans les sous-bois environnants. Ils avaient l’avantage d’être un prédateur absolu qui aimait jouer avec la proie qu’ils chassaient. Personne dans cette situation désespérée n’envisagerait même de résister face à eux.

Cependant, ce garçon ne ressentait pas de consternation en ce moment ni de peur. À la place, sa démarche triomphante était pleine de vigueur, comme s’il se baladait dans une nature vide de ces créatures. Ses cheveux noirs se balançaient à chaque pas qu’il faisait vers eux. Alors qu’il souriait, l’un des mamonos l’attaqua, ce qui poussa tous les autres à faire de même.

Le jour semblait se transformer en nuit alors que les mamonos géants bloquaient le soleil avec leurs énormes corps. Puis, le rugissement d’un mamono borgne se fit entendre. Les Mamonos avaient eux aussi fait entendre leur voix à gauche et à droite.

Le garçon était resté là, se tenant debout alors que ses deux mains étaient serrées l’une contre l’autre comme s’il effectuait en ce moment une prière. Le massacre des mamonos avait commencé à survenir au moment où il avait pris cette pose.

Le sang vert foncé s’était mis à pleuvoir sans fin, mais les féroces mamonos refusaient d’hésiter. Ainsi, le garçon avait continué à trancher dans le corps des mamonos les uns après les autres avec son couteau tenu avec légèreté. Il s’agissait d’un spectacle où une entité absolument surpuissante écrasait un groupe de fourmis.

Le garçon avait à peine bougé lors de ces prestations. Il s’était simplement retrouvé avec le couteau dans sa main et les différents composants venant avec lui avant que quelqu’un ne s’en rende compte. Les chaînes offraient un soutien en allant vers la gauche et vers la droite pour toucher ses cibles. L’arme ne bougeait pas dans une trajectoire droite, mais volait comme un fil avec une aiguille au bout en effectuant des courbes avec la chaîne qui s’allongeait à l’arrière.

Chaque mamono touché par le couteau s’était vu perforé de part en part comme s’il était mou et les restes suspendus à la chaîne étaient restés ainsi, figé dans leur mort. Ils étaient tellement immobiles qu’il était impossible de savoir s’ils étaient vraiment morts. Le seul son que l’on pouvait entendre était produit par les anneaux métalliques sans fin de ses chaînes.

À ce moment-là, sa chaîne s’enfonça dans le buisson d’arbres où une étrange série de cris de mort agonisants résonnèrent.

Le garçon parla finalement. « J’en ai fini d’eux, » ces mots étaient pour lui-même. Il toucha ensuite la chaîne avec un doigt qu’il enfonça dans l’un de ses anneaux. « 207 Sashiki, Résonnance. »

Le garçon avait tendu la chaîne avant de l’arracher comme une ligne qu’il rapportait à lui. Lorsqu’un léger tremblement s’était produit au-dessus de la chaîne, les mamonos qui y étaient suspendus s’étaient envoyés dans un vol plané en même temps. Le paysage avait été teint par le sang des mamonos alors que tout cela devenait cauchemardesque lorsque des morceaux de chair se joignirent également afin de décorer la zone lors que tous les cadavres explosèrent en fragments sanglants. Cela donnait vraiment une impression d’une petite zone d’horreur presque isolée de la beauté du monde extérieur.

Le garçon lui-même n’avait pas eu une goutte de sang sur lui. Sa tenue était toujours impeccable et rien n’avait prise sur elle ou sur le reste de son corps. Quoi qu’il en soit, à cause de l’odeur répugnante qui pesait sur la zone, il avait sorti une boîte à repas de son sac. Puis il regarda autour de lui alors qu’il soupira en l’ouvrant. À l’intérieur, il y avait une bouteille d’eau pure et claire.

Le garçon regarda le ciel. Le ciel était magnifique. Les nuages blancs purs qui le remplissaient avaient chacun une forme différente. Je ne sais pas à quelle vitesse ils s’épanouissent ni où ils vont. Il enviait leur liberté, car il était l’opposé absolu. L’ironie qu’un tel point de vue ne pouvait être vu que dans le monde extérieur qui était gouverné par les mamonos qui pouvaient encore en jouir.

Il avait eu l’occasion d’entrer dans le monde extérieur pour effectuer des missions d’extermination de mamonos. En tant que telle, cette scène n’était familière qu’à une poignée d’autres personnes dans ce monde. Quoi qu’il en soit, ils aspiraient instinctivement à ce monde du passé. Comme le disait le proverbe, la vraie valeur d’une chose n’est comprise qu’après sa perte.

Tout en regardant le ciel sans fin, le garçon leva un bras et se nettoya son visage avec l’eau. Le filet d’eau ne dura qu’un moment avant de s’épuiser. Le garçon secoua son visage et regarda à nouveau le ciel.

C’était devenu son habitude. Regarder le beau ciel tout en se rafraîchissant avec de l’eau lui donnait une impression différente. Cela affectait tellement son cœur qu’il n’avait même pas de mots pour décrire ce qu’il ressentait en ce moment. Avec un cœur plein de regrets, il quitta cet endroit. Rester était dangereux avec le sang des mamonos qui attirait encore plus de mamonos.

Le garçon s’appelait Arus Reigin. Dans la longue guerre contre les mamonos, son nom était celui de la personne régnant au sommet des magiciens qui combattaient au cours de cette guerre.

 

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– Une sombre proéminence –

Un homme en uniforme militaire blanc et possédant diverses médailles sur sa poitrine déclara. « Ne changerez-vous pas d’avis ? »

Arus avait déclaré ses intentions à son officier supérieur qui était assis de l’autre côté d’un long bureau. « Non, j’ai bien terminé mon travail. Les deux continents, Zentrei et Kubent, ont été reconquis par moi. Je ne veux rien de plus que de vivre ma vie plus tranquillement. »

L’homme en face de lui posa ses bras sur son bureau avant de s’enfoncer profondément dans ses pensées. Son visage vieillissant se plissait face à la difficulté de la demande. « Quoi qu’il en soit, vous êtes déjà la force militaire la plus précieuse de ce pays, non, de toute l’humanité. Que vous déclariez votre démission n’a pas d’importance. Je ne peux pas autoriser votre retrait. »

« Bien que ce soit votre décision en tant que gouverneur général, les règlements stipulent qu’après dix ans de service militaire, les soldats qui ont contribué aux résultats de guerre sont libres de prendre leur retraite à leur propre discrétion. Dix ans se sont écoulés depuis que je me suis vu enrôlé dans l’armée à l’âge de six ans. Ou bien, prétendez-vous que ma reconquête de deux continents n’est pas satisfaisante ? »

Bien que les règlements confirmeraient certainement les affirmations d’Arus, devenir magicien n’était rien de plus que le fait d’obtenir un certain statut. Il s’agissait d’une profession vénérée au sein de la société. En plus de protéger le pays, ils avaient l’obligation de maintenir le désir le plus cher de l’humanité qui était la récupération leurs terres perdues.

Quoi qu’il en soit, c’était quelque chose que le jeune aux cheveux noirs se trouvant devant le gouverneur général ne pouvait comprendre. Ou plutôt c’était comme s’il n’était pas intéressé par ça. Les circonstances particulières de sa naissance et de son éducation avaient fait en sorte qu’il ne pouvait pas comprendre les pensées du commun des mortels. Il avait été enrôlé à l’âge de six ans, ce qui aurait dû être impossible. Bien que l’âge minimum pour s’enrôler soit de quatorze ans, son talent pour la magie avait été reconnu à l’âge de six ans. De plus, sa capacité en mana surpassait celle des magiciens de haut rang. Les militaires, ayant découvert un jeune si prometteur, avaient immédiatement commencé à le former pour qu’il devienne un magicien sans considération pour le jeune, le forçant vers le destin qu’ils avaient décidé.

Le gouverneur général, en tant que personne approchant l’âge de la retraite pour son service militaire, n’avait jamais prévu qu’un jeune homme aux cheveux noirs, encore au milieu de l’adolescence, demanderait un congé de son service militaire. Ce doit être le karma d’avoir confié toutes ces missions à un jeune enfant sans jamais penser aux conséquences ou à lui-même.

Tous les magiciens associés à l’armée obtenaient les revenus les plus élevés au sein de la société. Comme l’argent était acquis grâce aux impôts, cela indiquait clairement que toute l’humanité reconnaît leur importance et leur utilité.

Des sept pays chargés de protéger le continent Azazael, un pays en particulier, Alpha, avait apporté des contributions militaires exceptionnelles, surpassant largement depuis 10 ans tous les autres pays. Toutefois, plus de la moitié de ces contributions étaient le fruit des efforts d’un seul homme. Cet homme se tenait en ce moment devant le gouverneur général. Sa frange noire couvrait un peu ses yeux. Ses mains étaient recouvertes de gants de la même couleur. Le Magicien Solitaire, Arus Reigin, soumettant une demande de retraite.

Les mamonos étaient soudainement apparus il y a cent ans et avaient réduit la population de l’humanité à un dixième de sa taille originale. Les différents pays du monde avaient également été ramenés à sept. Actuellement, l’humanité vivait sur un 1/700 de la masse terrestre totale du monde.

Le concept derrière l’utilisation de la magie au sein de l’armée n’était qu’une innovation récente. Le niveau de magie de l’époque n’avait aucune chance contre les puissants mamonos et majuuus [1]. À l’époque, elle n’avait servi qu’à rendre la vie quotidienne de chacun un peu plus confortable.

Le développement rapide de la magie n’avait eu lieu qu’en réaction à l’invasion des mamonos. Ils avaient mangé les humains et rasé les villes en dévastant les nations. La mise en œuvre de la magie par les militaires avait stoppé le déclin de la population humaine.

Sept pays avaient formé un cercle afin de créer la dernière ligne de défense de l’humanité. La tour blanche massive qu’ils avaient érigée au centre de leurs territoires communs était la plus grande réalisation de l’humanité. Grâce à ce qui se trouvait au sommet de cette tour, nommée Babel, les sept pays s’étaient cachés derrière un mur de protection qui abrogeait l’invasion des mamonos. Il s’agissait de l’avantage d’avoir développé la magie. Depuis lors, au cours des cinquante dernières années, l’humanité avait formé des magiciens dans le but de récupérer leurs terres perdues.

Le gouverneur général avait alors déclaré. « Dans ce cas, pourquoi ne pas prendre un congé prolongé ? Nous vous fournirons naturellement des conditions de vie confortables et réaliserons vos désirs au mieux de nos capacités. Nous appuierons même vos recherches en vous fournissant les installations appropriées. »

« Et cela serait en échange de devoir comparaître chaque fois qu’on a besoin de moi ? » lui demanda Arus.

Les rides se creusèrent sur le visage ridé du gouverneur général alors qu’il hocha la tête. Il agissait ainsi parce que le fait de se séparer d’Arus réduirait de moitié la force militaire de la nation. Si cela devait se produire, alors le simple maintien de la défense nationale deviendrait un gros problème alors que la récupération du territoire conquis par les mamonos serait mise en attente.

Alors que le nombre de magiciens qui mourrait augmentait chaque année, Alpha avait pu se distinguer par ses mérites au cours de la guerre. De plus, Alpha avait pu réduire le nombre de victimes. Tout cela avait été grâce à un garçon de seize ans. Les dix années de service militaire d’Arus avaient permis à Alpha d’avoir le taux de mortalité de leurs magiciens le plus bas parmi les 7 nations.

Tout le monde savait que la survie de l’humanité reposait sur l’objectif commun de 7 nations qui protégeait l’énorme tour blanche. Cependant, la situation réelle était bien différente. Les pays qui cherchaient à coopérer avec une nation étrangère le faisaient en augmentant leur propre honte. Le fait de demander de l’aide équivalait à annoncer une baisse certaine de leur propre pouvoir national à l’avantage de l’autre. En d’autres termes, même si les 7 nations avaient un ennemi commun, elles étaient également rivales.

Arus parla sans hésitation, « Compris. » Il s’était rendu compte dès le début qu’il ne pourrait pas prendre sa retraite sans que cela pose problème. C’était un compromis qu’il s’attendait à voir.

Le gouverneur général avait ainsi été forcé à conclure un marché. Arus était un magicien unique qui ne pouvait pas être remplacé si facilement. Par conséquent, pour le meilleur ou pour le pire, Alpha était trop dépendant de lui.

Le gouverneur général s’enfonça dans sa chaise alors qu’il poussa un soupir rauque. Il avait anticipé l’arrivée de ce jour-là. Arus, comme une exception à l’intérieur des exceptions, avait eu trop de demandes égoïstes poussées sur lui par tous les militaires. Tout ce qui arrive là n’est que le résultat d’avoir eu tant de gens qui lui demandent égoïstement d’obtenir des résultats sans se soucier des conséquences. Il avait été élevé dans un monde qui avait largement usé son humanité sans jamais tenir compte de lui. Il était désormais beaucoup trop tard pour essayer de faire quoi que ce soit maintenant pour essayer de remédier à ce qui lui avait été fait avec froideur par tous ceux autour de lui.

Le gouverneur général avait alors déclaré. « Vous serez avisé lorsque les préparatifs seront terminés. D’ici là, restez en attente. »

Arus redressa sa posture comme s’il disait, « C’est compris. » Puis il s’inclina alors amplement avant de s’excuser.

Il se comporte sans égard aux opinions des autres. Mais c’est normal après ce qu’on lui a fait subir dès l’âge de six ans. Peut-être que quelque chose en lui pourrait changer s’il est inscrit dans une académie, pensa le gouverneur.

Tout ce qu’Arus pouvait désormais faire, c’était de s’immerger dans la civilisation qu’il n’avait jamais eu l’occasion d’expérimenter. Sa décision ne changera peut-être pas, mais le fait qu’il pense à lui-même pourrait être un bon développement. Quoi qu’il en soit, l’armée pouvait être considérée comme le bouclier de l’humanité. Ainsi, lorsqu’Arus avait dit qu’il « apparaîtrait au besoin », le gouverneur général ne pouvait qu’avaler ses regrets et hocher la tête. Le perdre est la seule chose que je ne peux pas permettre.

Cependant, si Arus désirait protéger quelque chose de son propre gré, alors Berwick, en tant que gouverneur général, le laisserait à ce moment-là et pour la première fois, le faire sans lui donner l’ordre.

De profondes rides s’étaient formées sur le front du gouverneur général Berwick Sarebian alors qu’il se replongeait une fois de plus ses pensées. Il avait alors sorti un registre de noms qui se trouvaient sur son bureau avant de tenir à son oreille une carte utilisable en tant que terminal. Il avait réussi à empêcher Arus de prendre sa retraite, mais Arus s’était aussi éloigné de la défense cruciale représentée par la ligne de front. Si un mamono apparaissait, il serait difficile de l’éliminer instantanément sans avoir Arus sous la main.

Inutile de dire que le gouverneur général Berwick s’affairait maintenant à organiser des changements de personnel pour faire face à de futurs états d’urgence potentiels.

 

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– La fin du paradoxe –

La 2e Académie de Magie occupait une vaste parcelle de terrain dans la capitale d’Alpha, Beliza. La cérémonie d’entrée qui se déroulait dans une grande salle était remplie de jeunes hommes et de jeunes femmes désireux de devenir magiciens. Une place était laissée inoccupée, mais personne ne se souciait du bien-être de l’élève manquant. Ils étaient trop excités de leur côté pour s’inquiéter de ça.

Tous les étudiants acceptés par l’Académie de Magie avaient pratiquement des futurs garantis en tant que magiciens. Ils faisaient tous partie de l’élite. Ils avaient passé l’examen d’entrée vigoureux de l’académie grâce à leur propre talent pour entrer dans l’unique académie se trouvant dans le pays d’Alpha. Chaque élève continuerait après ça à servir de bouclier aux sept pays d’Azazael.

Chaque nation possédait une académie de magie. Les élèves, dès leur inscription, cessaient d’être des citoyens ordinaires. En devenant étudiants d’une académie de magie, ils devenaient les gardiens du pays de cette académie et de l’humanité. Ils devenaient des lances qui allaient étendre le territoire de leur nation.

Les académies se présentaient comme des installations utilisées afin de former des magiciens, mais chaque diplômé continuait toujours dans le service militaire. Naturellement, personne qui s’inscrivait n’était assez stupide pour ignorer ce fait. À la place, ces étudiants choisissaient la vie militaire.

Le statut de magicien s’accompagnait d’un métier où l’on n’aurait jamais faim. De plus, cette occupation conférait un grand prestige. Le fait de risquer sa propre vie pour le bien de la nation présentait une allure vraiment resplendissant. La population était vraiment intoxiquée par cette notion et y aspirait de toute leur force.

De plus, l’utilisation de la magie était pour ainsi dire interdite. Seule la magie rudimentaire nécessaire à la vie quotidienne était permise. Cette magie était devenue si fondamentale qu’elle n’était même pas considérée comme faisant partie de la classification de la magie.

Ainsi, il était impossible pour ces jeunes de ne pas être attiré par la puissance au potentiel infini connu sous le nom de magie. Par conséquent, afin d’obtenir la permission d’utiliser pleinement la magie, ils tentaient leur chance en s’inscrivant à une académie sous juridiction militaire ou s’enrôlaient en tant que soldats. Les étudiants de l’académie recevaient ensuite une carte d’étudiant, leur licence.

 

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Arus était arrivé tôt le jour de la cérémonie de rentrée. Ses effets personnels devraient bientôt arriver et il y avait encore beaucoup de choses à trier là-dedans. Pourtant, même si cette école n’était spécialisée que dans une institution d’un bagage de connaissance en tant que magicien, sa taille était considérable.

Une vaste étendue de terre était affectée aux jeunes [2] inscrits dans les trois grades de l’Académie. Plus d’un millier d’étudiants en magie étaient hébergés dans des dortoirs. Il y avait aussi des installations de formation et des institutions de recherche en magie. Au total, un cinquième du territoire de Beliza étaient alloué à son Académie de magie.

La taille de l’Académie de Magie était telle qu’on ne pouvait même pas se promener en une journée et la traverser. Par conséquent, une magie de transport avait été placée dans des portes circulaires [3] tout autour de l’académie. Tout ce qu’il fallait pour faire fonctionner ces portes de transition et le transfert d’une installation à une autre était un insigne de l’académie.

 

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Arus était peut-être un nouvel élève, mais cette distinction n’était pas pertinente pour lui. Il n’avait pas l’intention de participer à la cérémonie de rentrée. Après tout, il était dans la 2e Académie de Magie que parce que le gouverneur général l’y avait inscrit en dernier recours. Pour lui, ce n’était rien de plus qu’une perte de temps. Il avait décidé que jusqu’à ce qu’il obtienne son diplôme dans trois ans, il se plongerait pleinement dans ses propres recherches.

« Êtes-vous vous aussi un nouvel étudiant ? » Une voix innocente et claire parla à Arus. C’était une fille. Elle avait un sourire coquet. Ses cheveux fins, de couleur châtain se déplaçaient sur ses épaules. Pas une seule ride ne pouvait être trouvée sur sa tenue. Suspendu et ballotté au niveau de son sein gauche gonflé était un insigne de l’académie.

Arus lui déclara. « Je le suis. Et toi aussi ? »

« Tout à fait. Je ne pouvais pas attendre plus longtemps et je suis venue plus tôt, » répondit la jeune femme.

Son expression s’était détendue avec un soulagement visible après avoir trouvé un nouvel élève. Une douce brise printanière déplaçait ses cheveux alors qu’un doux sourire traversait son visage. Elle avait alors sorti sa langue avec un « Heehee. »

Elle et Arus avaient ainsi eu une première rencontre agréable, mais il avait ouvert la bouche avec l’intention de couper court à leur conversation — .

« Alice, qu’est-ce que tu fais ? L’inauguration ne se fera pas avant un moment, mais attendons près de la salle. » Une voix joyeuse appela la fille depuis derrière elle. S’approchant de loin, une fille aux cheveux roux dont les cheveux se balançaient à gauche et à droite arriva derrière elle.

Alice se retourna pour faire face à la fille et elle lui déclara. « Désolée Fia, j’arrive tout de suite. »

 

 

Arus avait alors dit de son côté. « Eh bien, j’ai des affaires à régler. »

Alice inclina la tête. Alors qu’elle était surprise par le commentaire étrange d’Arus, elle avait commencé à partir en se demandant comment un nouvel étudiant pourrait avoir des affaires à régler le jour de l’orientation. Ainsi, elle lui avait demandé. « Ne te diriges-tu pas vers la grande salle ? »

« J’ai des affaires à régler, » répondit simplement Arus.

Alice avait souri alors qu’elle avait agité la main devant sa poitrine. « ... Alors, je t’y verrai plus tard. »

Arus termina alors la scène par un mensonge, « Espérons-le, » puis il réussit enfin à se séparer d’elle. En vérité, il n’avait pas l’intention d’assister à la cérémonie de rentrée.

Il avait ensuite salué la rousse d’un simple signe de tête puis il se tourna. Après une courte marche, il s’était arrêté pour jeter un coup d’œil vers Alice. Il s’était ensuite préparé pour ses recherches en se disant : « Quelle matinée malchanceuse ! »

 

Notes

  • 1 Les bêtes magiques.
  • 2 Ils sont surnommés des oisillons
  • 3 Les portes métastatiques

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Arc 1 : Une malchance précoce

Chapitre 1 : Un nouveau monde de mauvais augure

Les installations de recherche étaient séparées des bâtiments de l’académie et un nouveau bâtiment avait été construit pour elles sous la forme d’un bâtiment expérimental. Une seule pièce à l’intérieur de ce nouveau bâtiment était plusieurs fois plus grande que les locaux utilisés pour l’enseignant. Il serait plus logique à la place d’appeler cela un étage. Et une certaine pièce avait été entièrement allouée à un unique nouvel élève, ce qui avait rendu tous les enseignants perplexes face à un tel privilège dont ils ne connaissaient pas la raison.

Sans exception possible, il existait un règlement obligeant tous les nouveaux étudiants à vivre dans les dortoirs. Cette politique avait été mise en œuvre par l’organisation de gestion afin de supprimer tous les scandales qui allaient sans l’ombre d’un doute se produire. Il était facile pour les magiciens amateurs d’utiliser la magie pour des motifs égoïstes et dangereux, ce qui provoquerait des dommages. Même les plus petits problèmes peuvent provoquer des catastrophes, ce qui s’était déjà produit à plusieurs reprises depuis le début de l’histoire de l’Académie. Si le public entendait parler de tels faits, l’organisme de formation en magie devrait alors modifier ses politiques. Mais une telle chose réduirait directement la quantité d’énergie nationale dont disposerait le pays pour l’enseignement, ce qui serait dramatique.

« Tous ces équipements de pointe... Le fait d’être inscrit à l’académie était vraiment un horrible désagrément, mais même moi, je ne peux pas m’en plaindre, » déclara Arus pour lui-même.

Tous les diplômés de cette académie s’engageaient directement dans un service militaire, et parce qu’ils faisaient tous partie de l’armée, ils ne pouvaient pas vraiment échapper à ce devoir.

Pour Arus, qui avait été immergé dans la formation à la magie dès son enfance, la notion de devoir militaire semblait presque être une liberté.

Il avait placé le peu de bagages dans la chambre à coucher dans sa salle personnelle qui lui avait été attribuée puis il avait immédiatement commencé à chercher dans l’étagère. Cette étagère était remplie de tous les livres qu’il avait demandé qu’ils lui soient fournis. Il s’agissait de livres très différents des bases de la magie, et c’était des choses qui n’étaient pas faciles à utiliser. La plupart étaient des livres anciens et rares. Il y avait un dicton qui disait que vous devriez apprendre des enseignements de vos prédécesseurs. Il s’agissait de théories qui n’étaient pas normalement trouvables, incomplètes et non testées à propos de diverses formes de magie qui s’étaient ramifiées à l’infini depuis plus d’un siècle. Il s’agissait de ces merveilleuses idées qui avaient poussé le développement de la magie jusqu’à une telle ampleur et dont Arus était le fer de lance.

Il pourrait également aller à la bibliothèque et trouver les éléments utiles qui ne pouvaient pas être testés par la recherche. En vérité, il n’y avait pas de meilleur endroit pour apprendre la magie qu’ici, que dans une Académie de Magie.

Il avait rapidement feuilleté les livres et avait déterminé qu’ils avaient tous une certaine valeur pour lui. Le fait de fournir autant de livres à une seule personne serait normalement impossible. Cependant, Arus avait présenté de nombreuses théories et résultats de recherche et était à l’avant-garde de tout le développement de la magie du pays et donc du monde. Comme le gouverneur l’avait promis, il pouvait s’attendre à une vie satisfaisante ici de ce côté-là.

Puis, quelqu’un avait frappé plusieurs fois à sa porte.

« Entrez, s’il vous plaît, » déclara Arus.

Après qu’on le lui ait dit, une femme en uniforme était arrivée avec un sourire, mais sans afficher la moindre émotion. Cela n’avait ainsi rien révélé d’elle. Il s’agissait d’une beauté sans pareil. De plus, elle possédait un corps élégant avec toutes les bonnes courbes au bon endroit, ce qui lui donnait le charme d’une adulte, ce qu’elle était vraiment.

« C’est un plaisir de vous rencontrer. Je suis la directrice de cette académie, Cisty Nexophia. Meilleures salutations, Monsieur Arus, » déclara Cisty.

Elle était une célébrité aussi connue sous le nom de « Sorcière ». Elle s’était retirée des lignes de front, mais en ce moment, elle laissait échapper une aura magique terriblement puissante et pleine de soif de sang.

« J’ai beaucoup entendu parler de vous, La “Sorcière” Cisty. Je suis Arus Reigin. J’avais l’intention de vous saluer après avoir fini de ranger ici, » déclara Arus avec nonchalance.

La directrice n’était certainement pas jeune. Mais peu importe le temps que vous l’auriez observée, elle avait l’air de n’avoir qu’une vingtaine d’années. C’était peut-être l’une des raisons pour lesquelles on la surnommait la « Sorcière ». Ses cheveux bruns clairs et brillants s’étendaient avec élégance jusqu’à sa taille. On pouvait dire, même à travers ses vêtements, que la zone au niveau de sa poitrine était serrée ainsi que sa taille par son uniforme, ce qui contredisait vraiment ce que son âge réel suggérerait.

La directrice avait souri face à la sérénité d’Arus et elle fit immédiatement disparaître l’aura qu’elle libérait jusqu’à maintenant.

« Comme on peut s’y attendre d’un “Magicien Solitaire”, ou bien, devrais-je dire, du “Magicien Autonome”... Je suppose qu’avec seulement cette puissance, vous ne seriez nullement agité. Comme je l’ai dit, je suis en ce moment également la directrice de cet établissement, » déclara Cisty.

« Pardonnez-moi. Cependant, il n’y a pas besoin d’être aussi poli. Directrice, vous étiez également une “Solitaire” quand vous étiez en service actif, » répliqua Arus.

« C’est une histoire du passé. Je n’ai été que classée neuvième. De plus, c’était seulement que pour un court laps de temps, » déclara Cisty.

Avec un sourire, la directrice avait présenté avec une attitude modeste alors qu’elle grattait son visage comme si c’était devenu chatouilleux. Cependant, il n’y avait personne dans le pays d’Alpha qui ne la connaissait pas. Pendant son service actif, elle avait été à l’avant-garde de la défense de la nation Alpha, et même dans l’armée, elle était une figure populaire. Ainsi, lorsqu’elle avait pris sa retraite, elle avait naturellement pris la position de directrice de la deuxième institution magique et avait produit d’innombrables magiciens talentueux depuis qu’elle avait pris cette fonction.

« En laissant cela de côté, est-ce que c’est bien d’être ici ? La cérémonie de rentrée devrait battre son plein en ce moment même, » demanda Arus.

« J’ai déjà contribué à la cérémonie, » répliqua Cisty.

Était-il vraiment correct pour la directrice de partir pendant la cérémonie de rentrée ? C’était une question à laquelle Arus n’avait pas beaucoup d’intérêt et ainsi, il l’avait gardée pour lui.

Comme elle était une ancienne Magicienne Solitaire, tous les étudiants l’admiraient profondément. Elle avait été le centre de l’attention de tout le monde au cours de la cérémonie.

On pouvait voir la lassitude sur son visage sans rides. Ou peut-être que c’était de la fausse lassitude qu’elle affichait devant lui. Elle attendait peut-être des paroles d’éloge, mais Arus ne désirait pas faire des plaisanteries amicales avec elle.

Assez naturellement, Arus avait fait semblant de ne pas le remarquer, mais il avait le sentiment qu’il était trop tard.

« Maintenant que vous en parlez, Monsieur Arus, vous étiez absent lors de la cérémonie de rentrée, » déclara-t-elle.

Elle l’avait dit d’un ton léger comme si ce n’était rien.

« Je veux seulement faire de la recherche, donc je n’ai pas l’intention d’assister aux cours et n’ai pas le temps ou l’intérêt pour de fausses relations avec d’autres étudiants, » répliqua Arus.

« Cela ne fonctionnera pas ainsi. Le gouverneur général a dit que si vous sautez trop de cours, il y aura un ordre de retour au service actif qui vous sera donné, » répliqua Cisty.

« ― ! ! Quel vieil homme tyrannique !, » s’écria Arus.

La directrice avait mis ses mains sur sa bouche d’une manière charmante alors qu’elle avait souri.

Arus avait déjà abandonné sa première décision, mais il avait également compris que sa contribution à l’humanité était incommensurable. Il n’y avait aucune chance que le gouverneur général accepte sa retraite si facilement.

C’est pour ça qu’il avait fait un compromis.

Parce qu’il avait travaillé sans relâche, son seul et humble souhait était de vivre le reste de ses années en paix. Mais ce rêve avait été instantanément anéanti par cette annonce.

« Ne vous inquiétez pas pour ça. Tant que vous atteignez le nombre minimum de participations aux cours et que vous terminez vos devoirs, je vous accorde tous les crédits nécessaires. De plus, parce que votre rang de magicien pourrait causer du grabuge, gardez-le secret, s’il vous plaît, » demanda Cisty.

Le rang montrait la puissance d’un magicien... Même parmi les « Solitaires », leurs renseignements personnels étaient gardés secrets pour le public. L’ordre de se taire ne changeait pas, même maintenant.

« Je n’ai pas l’intention de me vanter de mon rang. C’est mieux ainsi pour attirer moins d’ennuis, » déclara Arus.

« Fufu... Est-ce que c’est vrai ? Alors s’il vous plaît, menez une vie étudiante significative ~, » déclara Cisty.

La directrice, tout en souriant, avait continué en déclarant. « Si quelque chose arrive, n’hésitez pas à passer dans mon bureau n’importe quand. » Puis elle avait quitté la pièce.

À l’intérieur de la pièce, le malaise s’était répandu dans un silence mortel. Et c’est alors qu’Arus avait laissé sortir l’un de ses inévitables soupirs.

« Mon précieux temps libre a été..., » commença Arus.

 

☆☆☆

 

Environ 400 nouveaux étudiants suivaient tous des cours qui correspondaient à leur sujet de prédilection et assistaient à des cours magistraux. Les classes étaient normalement séparées, à l’exception des séances de formation pratique et des séances de compétences pratiques où tout le monde se réunissait dans un seul bâtiment.

Aujourd’hui marquaient la troisième semaine depuis le début des cours, et aussi la première apparition d’Arus. Alors qu’aucun des sujets ne l’intéressait, il s’était isolé dans son laboratoire.

Il pensait qu’il était à peu près temps qu’il fasse son apparition afin qu’il soit toujours en mesure de respecter le nombre minimal de participations au cours pour que le gouverneur ne lui cause pas de problème.

C’était la première fois qu’il portait son uniforme depuis qu’il avait sauté la cérémonie de rentrée. Il n’y avait pas de problème avec, même si vous le portiez tous les jours, ce qui montrait à quel point le matériel utilisé pour fabriquer l’uniforme était de haute qualité, au point que même la direction nationale de l’État le voulait ainsi. Toutefois, la conception avait été... Ce n’était vraiment pas comme si c’était agréable à porter, car la seule chose bonne là-dedans était simplement qu’ils étaient faits de matériaux de haute qualité. Mais selon lui, c’était quand même mieux que l’uniforme qu’il portait chaque fois qu’il avait une mission à accomplir, car l’uniforme de l’académie était rempli de fibres anti-magie. Mais même ainsi, il n’y avait absolument aucune réduction de la conductivité magique quand il se trouvait à l’intérieur de ses vêtements. Ce serait une bonne idée de les porter dans les cas où il y avait du travail à faire.

Mais dans ce cas, comment se sentirait-il ?

Alors qu’il était dans ses pensées à propos de l’uniforme, il s’était dirigé vers la salle de classe de première année.

Aujourd’hui, il allait y avoir de nombreuses batailles de simulation et des leçons de formation pratique. La première période avait été sur les fondations de base de la magie. Pour Arus, c’était quelque chose à laquelle il n’avait pas besoin de prêter attention. Dès l’âge de 6 ans, il avait reçu une formation spéciale et avait rapidement appris la magie par autoapprentissage après avoir dépassé ses maîtres. Mais après tout, ce qu’il avait appris au cours de sa vie concernait surtout la magie de combat.

Lorsqu’il était entré dans la salle de classe, il avait vu que des amitiés s’étaient déjà formées dans leur classe. Il y avait 40 personnes par classe avec 10 classes par année. Il était arrivé un peu avant le début du cours, mais toute la classe parlait d’un cours de la veille ainsi que de sujets concernant la magie.

Arus s’était assis dans un siège au hasard près de l’arrière, puis il avait sorti un livre massif et il avait commencé à lire. Dès le début, il n’avait pas l’intention de socialiser avec ses camarades de classe.

Une fille aux cheveux châtains et aux mouvements gracieux s’était immédiatement approchée de lui.

« Bon matin. Je suis Alice Tireik. Tu es Arus, n’est-ce pas ? » demanda Alice.

« ... Hmm, oui, » répondit Arus.

Sans prêter attention à la personne qui lui avait parlé, le regard d’Arus était resté concentré sur le contenu de son livre.

Elle avait dit qu’ils se connaissaient, alors il avait essayé de se souvenir de leur rencontre, mais il avait rapidement abandonné l’idée et s’était concentré à nouveau sur le livre.

Avec une réponse aussi froide, Alice s’était débarrassée de son découragement et avait changé de sujet avant de lui reparler. « Tu as dû être très malade, c’est génial que tu sois revenu. »

« Non, je sautais les cours, c’est tout. Il ne semblait pas y avoir de leçons décentes. Laissons tout cela de côté, car je veux me concentrer donc pourrais-tu t’en aller ailleurs ? » demanda Arus.

« ... !! Je suis désolée ! » déclara Alice.

Sans mâcher les mots, il lui avait dit ce qu’il voulait. Et en un éclair, elle s’était sentie déprimée et avait baissé la tête.

Pendant qu’elle battait en retraite, quelqu’un de l’autre côté de la classe avait crié. « Tu te prends pour qui ? »

Produisant tout un tumulte, une chaise s’était renversée alors qu’une camarade de classe aux cheveux roux s’était brusquement levée.

La classe s’était instantanément tue et les regards de tous les étudiants se dirigèrent sur les deux personnes. La femme emplie de colère avait les cheveux roux qui se balançaient partout et elle donnait l’impression d’être une dame. On pouvait voir qu’elle avait de l’élégance, mais en ce moment, elle fixait Arus avec un regard noir et un esprit inébranlable. Cependant, elle possédait une petite taille qui ne la rendait pas aussi menaçante qu’elle l’aurait espéré.

« Quelque chose ne va pas ? » demanda Arus.

« Y a-t-il quelque chose de mal ? Alice s’inquiétait à propos de toi, alors elle t’a appelé, et c’est ainsi que tu réagis face à elle ? » cria la fille aux cheveux roux.

Arus était hésitant, mais il avait jugé que cela se dégraderait en quelque chose de pire s’il ne faisait rien. Il n’avait pas l’intention de se familiariser avec elles, mais il ne voulait pas non plus que son temps personnel soit gaspillé à cause de nouveaux problèmes.

Il s’était levé de son siège et avait regardé la jeune fille furieuse dans les yeux, puis avait déplacé son regard vers Alice.

« Je suis désolé pour ça. Cependant, vous n’avez pas à vous soucier de moi, » déclara Arus.

« Oui ! Je suis désolée de t’avoir soudainement dérangé ! » déclara Alice.

« Alice, tu n’as pas besoin de t’excuser ! » s’écria la fille aux cheveux roux.

Arus, après avoir entendu sa réponse, s’était immédiatement assis sur son siège et avait recommencé à lire son livre.

« Je m’appelle Tesfia Faver, » déclara la fille aux cheveux roux.

« ... »

Arus était plein de pensées troublantes. Il y a un instant, il avait dit aux filles « Cependant, vous n’avez pas à vous soucier de moi » et pourtant...

Voyant qu’il n’y avait pas de réponse de sa part, l’étudiante s’était frayé un chemin en poussant des cris jusqu’à arriver devant Arus avant de lui arracher avec violence son livre.

C’était la pire chose à faire. Sa concentration avait été brisée par cet acte violent.

C’était le type de personne qu’Arus détestait le plus. Il s’était relevé de force.

« C’est Tesfia Faver ! » répéta la fille aux cheveux roux.

« Pourrais-tu me rendre mon livre ? » lui demanda Arus.

« Une noble telle que moi a déclaré devant toi son nom. Tu devrais agir avec courtoisie en me donnant ton propre nom, » déclara Tesfia.

« Les nobles qui forcent les autres en imposant leur étiquette sont tout à fait tyranniques, » déclara Arus.

« ― ― ― ― !! » Tesfia s’était retrouvée sans voix.

Le livre avait volé droit sur Arus.

Et il l’avait facilement attrapé d’une main.

« Merci. Je suis Arus Reigin. Je ne m’intéresse pas à toi, alors pourquoi ne vas-tu pas ailleurs ? » demanda Arus.

« Pas d’intérêt !? Tyrannique !? Ne dis-tu pas des choses vraiment grossières ? C’est la première fois que je me sens déshonorée de la sorte, » déclara Tesfia.

Tesfia, qui était encore plus furieuse envers Arus qu’au départ, entendit à ce moment-là la sonnerie de l’école. Elle avait alors regardé autour d’elle pour voir la situation puis elle commença à retourner à son siège. Elle avait fait quelques efforts pour réconforter Alice avant de s’asseoir avec grand bruit dans son siège, où elle s’était acharnée à fixer son regard dans la direction d’Arus.

Avec nonchalance, Arus s’immergea à nouveau dans son livre. De son côté, la scène concernant Tesfia avait déjà complètement disparu de sa tête.

Le professeur de la première période avait ouvert le manuel sur la table.

Arus n’avait pas apporté de manuel. Le seul livre qu’il avait apporté même si c’était évident quant à son état d’esprit était ce livre gigantesque. Il avait donc immédiatement ouvert le livre et avait commencé ses recherches personnelles.

Arus considérait tout cela comme fastidieux. Le contenu du cours ne concernait que des connaissances rudimentaires, alors naturellement il avait tout bonnement ignoré ce qu’il entendait, car cela ne pouvait être qu’un ennui mortel à écouter.

Ses camarades de classe environnants avaient naturellement exprimé leur mécontentement à l’égard de son attitude, ce qui avait rendu sa vie scolaire paisible encore plus inatteignable.

Il comprenait que déranger son entourage provoquerait des malheurs, mais il était déjà trop tard.

Il avait essayé de s’enfermer à l’intérieur de son propre monde, mais finalement il semblait incapable de résister à toute l’agitation qui l’entourait.

« Comme vous avez été accepté dans cette académie, vous devriez également avoir reçu votre licence. Ceci est donné à tous les magiciens travaillant pour la nation. Si vous y envoyez une partie de votre magie à travers elle... C’est ainsi que votre rang de magiciens apparaîtra. Ceci est calculé en fonction de la force de votre magie et de vos talents, et c’est classé en fonction de votre compétence potentielle au combat, » déclara l’enseignant.

Le professeur avait sorti sa licence et y envoyait de la magie. Pendant que la magie coulait à travers leur licence, une lumière particulière s’était mise à briller et une image en 3D s’était affichée indiquant ce qui suivit : « 778/119 550 ».

Comme les enseignants ne faisaient pas partie des civiles, la couleur qui projetait leur grade était différente de celle des élèves. Ce qui était affiché après leur rang était le caractère « 元 », comme preuve qu’il était un magicien confirmé.

Cela disait essentiellement qu’il avait l’habitude d’être un magicien.

De plus, les étudiants étaient reconnus comme apprentis magiciens par l’État, ainsi que par l’armée.

« Bien sûr, votre classement change aussi en fonction de votre entraînement et des résultats de vos missions, donc, Mesdames et Messieurs, soyez tous ambitieux et travaillez dur pour élever votre rang ! » déclara l’enseignant.

Le rang d’un magicien sur le terrain dépendait entièrement de son classement. Par conséquent, vos possibilités futures étaient également fortement dictées par votre rang. Dans d’autres mondes, votre rang était fondamentalement votre bulletin de notes. Se battre n’était pas ce que tous les magiciens faisaient. Tout comme l’enseignant dont le rang était dans les 3 chiffres, ils pourraient poursuivre un avenir dans l’éducation en tant que professeurs. Inversement, plus le rang est bas (donc grand en chiffre), plus votre salaire est bas et plus il est difficile d’obtenir un poste important.

Le classement « Triple », ce qui voulait dire à 3 chiffres de l’enseignant avait choqué la classe. C’était la preuve qu’il avait l’habitude de servir dans le service militaire, et c’était des renseignements personnels qui étaient affichés là. Il devait être un ancien soldat.

C’était quelque chose que de telles personnes pouvaient montrer et se vanter aux autres, peu importe, où et quand elles se trouvait.

Tous les élèves de la classe avaient commencé à tenir leur licence d’une main et à afficher leur rang, et l’environnement était devenu animé.

« Rang 8867 !! »

« Rang 4521 !! »

Avec les nouveaux apprentis magiciens qui obtiennent habituellement des rangs à 6 ou 5 chiffres, il y avait des individus qui avaient 4 chiffres et qui s’exclamaient à la classe.

« Alice et Tesfia sont à 4 chiffres. »

« Mademoiselle Alice a vraiment beaucoup de talent. Et Mademoiselle Tesfia est vraiment quelqu’un de la famille Faver... avec un rang de 4521, il est logique que vous ayez un rang aussi élevé, » déclara l’enseignant.

« Merci beaucoup, Professeur ! » déclarèrent les deux filles.

« Cependant, vous avez tous réussi l’examen d’entrée, alors ne vous sentez pas mal d’avoir un rang à 6 chiffres. En fonction de vos efforts, vous pouvez certainement augmenter votre rang, » continua l’enseignant.

La ligne de vue du professeur s’était finalement posée sur Arus.

« Nn ? Et vous, où est votre licence ? » demanda l’enseignant.

Arus qui faisait ses propres études avait été naturellement remarqué par le professeur.

Les apprentis magiciens qui entraient dans cette académie avaient la responsabilité de porter le poids de l’humanité sur leurs épaules. Tout le monde ne pouvait pas avoir la fierté de devenir un magicien. C’est pourquoi tous ceux qui voulaient devenir apprentis magiciens possédaient de grandes ambitions et étaient composés principalement d’étudiants ayant une grande volonté dans ce premier cycle.

Et au milieu de tout cela, il était inévitable qu’une personne, sans même prêter attention à la leçon, lisant tranquillement son livre, se détache comme le nez au centre du visage.

Toute la classe avait alors regardé en direction d’Arus.

« Je suis désolé. Je l’ai perdue, » déclara Arus.

Bien sûr que c’était la vérité. Lors de l’obtention de la licence, il n’avait pas prêté beaucoup d’attention et son portefeuille avait été échangé. Tant qu’il avait les documents requis, il pouvait demander que la plupart des choses soient livrées par l’armée.

Quoi qu’il en soit, on lui avait dit de garder le silence sur tout cela de la part de la directrice. Du point de vue d’Arus, il était venu ici pour passer le reste de ses années en paix, donc il ne se souciait plus vraiment de son grade.

« Quoi qu’il en soit, ce doit être un chiffre embarrassant. Pas besoin d’avoir honte d’être à 6 chiffres, » en riant, Tesfia avait crié ça d’une voix méprisante.

Presque comme s’il le provoquait, les camarades de classe d’Arus l’avaient regardé de haut. Cela devait sûrement être le résultat des cercles d’amis déjà formés. Quand il y avait quelque chose comme ça vis-à-vis d’une personne qu’ils connaissaient et de l’autre qu’ils ne connaissent pas, il était évident quant à leur choix.

Sans compter qu’il ne serait pas intéressant que tout le monde soit des étudiants d’honneur.

« Comme c’est stupide, » déclara Arus.

« Cherches-tu des excuses ? Alors, pourquoi ne pas nous le montrer ? » demanda Tesfia.

Plus votre rang est élevé, plus votre mission serait dangereuse. Il semble que la plupart d’entre eux ne comprenaient pas ce simple fait, qui était le devoir des magiciens. Ces apprentis magiciens n’avaient jamais mis les pieds dans les terres dévastées et n’avaient jamais vu de mamonos. Même si leur capacité de combat était élevée, dès qu’ils sortiraient, ils mourraient sans aucun doute. C’était ce qui se produirait comme c’était arrivé si souvent avant ça.

« Haaaaaaa ~, » déclara Arus.

« Attends un peu... — Toi ! » s’écria Tesfia.

Il était au point où il n’arrivait pas à se concentrer, alors il avait décidé de quitter la pièce. Du côté du professeur, il n’arrêterait certainement pas la leçon juste à cause d’un seul élève et tout aurait été bon, mais l’élève nommée Tesfia ne pouvait vraiment pas se tenir en place, et cela devait être en raison de sa nature vicieuse.

Avec un visage victorieux, Tesfia avait de nouveau affronté le professeur.

« Professeur, le fait de prêter attention aux élèves sans motivation n’est qu’un obstacle à notre leçon. Continuez, s’il vous plaît, » déclara Tesfia.

Sans retourner au laboratoire, il s’était dirigé directement vers la bibliothèque. La bibliothèque se trouvait dans le même bâtiment que la salle de classe de la première période, et elle était également proche de la salle de classe de la deuxième période.

Comme prévu, il y avait une énorme montagne de livres pour s’épuiser à l’infini en les lisant. Tous ces livres portaient sur la magie. Il n’y avait rien d’inutile alors Arus la voyait comme une montagne de trésors.

Naturellement, la plupart des livres ne semblaient pas être d’une grande utilité. Beaucoup de livres contenaient des informations qu’Arus connaissait déjà, mais trouver un joyau caché dans la montagne de livres était excitant. C’était ainsi que vous appreniez des choses.

Selon lui, il s’agissait là de la manière parfaite pour libérer sa frustration obtenue lors des événements qui s’étaient produits pendant la classe.

Mais il n’avait pas été capable de trouver un trésor caché. Le temps avait passé en un clin d’œil et la cloche qui sonnait la fin de la première période avait fait écho bien trop vite à son goût.

« Et maintenant, je devrais y retourner, » murmura Arus.

Insatisfait, il s’était éloigné de la bibliothèque.

☆☆☆

Chapitre 2 : Entraînement au combat

De la deuxième période jusqu’au déjeuner, il s’agissait d’un entraînement au combat. Chaque vestiaire était équipé d’un ensemble d’uniformes de pratique fournis par courtoisie par l’académie, et actuellement, les vestiaires masculins étaient pleins d’hostilité envers Arus.

« Pff, les gars comme toi qui n’ont aucune motivation devraient dès maintenant s’arrêter, » déclara l’un des étudiants.

Cependant, Arus ne semblait pas du tout se sentir mal à l’aise en raison de ce qui était dirigé contre lui.

Pour quelqu’un qui avait servi dans l’armée depuis qu’il était tout petit, pour lui, il s’agissait là d’un événement quotidien de ses débuts. Bien sûr, au fur et à mesure qu’il accumulait les réalisations et qu’il élevait son rang, ce genre d’intimidations s’était arrêté. Dans les cas précédents, ne pas réagir avait été la meilleure façon de procéder, de sorte qu’Arus n’avait pas réagi aux remarques qui lui avaient été lancées. Au contraire, il avait ressenti un sentiment de nostalgie alors qu’il se remémorait de vieux souvenirs, car avant de venir ici, plus personne n’aurait osé agir ainsi avec lui.

Il avait rapidement fini de se changer, et cette fois-ci, il avait quitté la pièce avec un petit livre.

L’arène d’entraînement en forme de dôme utilisait la magie pour transformer les dommages physiques en dommages mentaux, de sorte que même si une personne s’évanouissait, c’était qu’elle n’aurait subi aucun dommage à son corps physique. Tant qu’il se trouvait à l’intérieur de la zone désignée, tous les types de magie en étaient affectés, du moins, c’est ce que disait la théorie.

Quand il avait été dans l’armée, les militaires avaient aussi accès à des installations d’entraînement semblables à celle-ci.

Un entraînement au combat était simplement un combat qui permettait l’usage des arts martiaux, des armes et de la magie. Votre adversaire serait placé sur une plateforme au centre du dôme.

Les enseignants pouvaient également participer, mais ils jouaient surtout un rôle secondaire en tant qu’arbitre, observant les élèves diligents pendant leurs entraînements aux combats.

Lorsque l’un des enseignants appuya sur le bouton de tirages au sort, les noms commencèrent à s’afficher les uns après les autres.

Avec des classes de 40 étudiants, les dix classes allaient participer à la formation pratique en même temps.

Pour éviter d’éventuelles collisions, l’arène d’entraînement avait ainsi été divisée en plusieurs sections, avec des murs de protection qui avaient été érigés à l’aide de la magie.

Il était également permis d’utiliser des armes dans l’arène de pratique. Cependant, elle était limitée aux seuls dispositifs magiques, et ces armes allaient simplement augmenter l’efficacité magique des magiciens. Cela s’appelait des AAR (Arme d’Assistance à la Récupération) et c’était un type de Dispositif de Soutien qui aidait les mages à récupérer leur puissance plus rapidement ainsi qu’à utiliser leur magie plus efficacement.

Et vu que les épées ou les haches faites simplement d’acier seraient complètement inutiles contre la peau solide des mamonos, il n’y avait pas beaucoup de magiciens qui utilisaient de tels objets. Au contraire, souvent, les individus qui portaient de simples épées (non AAR) le faisaient pour une raison personnelle, car le port d’une telle arme était semblable à dire au monde entier que vous n’étiez pas un magicien.

L’académie avait mis en place divers types d’armes à utiliser dans l’arène de pratique. C’était surtout fait parce qu’il n’y avait pas beaucoup d’étudiants de première année qui avaient leur propre appareil AAR. Si une personne possédait un dispositif AAR, il est fort probable qu’elle avait déjà suivi une formation avant d’entrer dans cette académie.

Naturellement, Arus était l’un de ses individus. Cependant, ce qu’il possédait actuellement n’avait aucune utilité pour un combat — car il s’agissait d’un livre tout à fait normal.

« Comme on peut s’y attendre d’une noble..., » quelqu’un dans la foule avait proclamé son admiration.

Au milieu d’un cercle d’étudiants se tenait Tesfia, avec un katana suspendu à sa taille.

Comme c’est vieux jeu..., pensa Arus.

Arus, qui avait vu différents types d’armes pendant son séjour dans l’armée, se souvenait qu’il n’y avait pas beaucoup de personnes qui choisissaient de placer un AAR dans un katana. Une lame à double tranchant était plus facile à utiliser qu’un katana à un seul tranchant, ce qui en faisait le choix le plus courant.

« Voici notre héritage familial qui se transmet de génération en génération. Je l’ai toujours utilisé, donc j’y suis déjà habituée, » déclara Tesfia.

Tesfia était la seule personne dans l’arène qui possédait son propre AAR. Elle était la seule personne dans cette classe, et peut-être même la seule personne dans cette année scolaire, du moins, c’est ce que tout le monde pensait. Désormais, les apprentis magiciens commenceraient à découvrir leurs propres forces et à trouver l’arme la mieux adaptée à leurs besoins. Au moment où ils obtiendraient leur diplôme, tout le monde aurait son AAR personnel.

Voilà à quel point il était important d’augmenter son efficacité magique et de tester tout.

Si vous vouliez invoquer des flammes ou de l’eau, le faire à l’aide d’une arme réduirait la quantité de magie gaspillée, et vous n’auriez pas à chanter continuellement pour déclencher la magie. En vérité, les AAR avaient été développés avant la formalisation de la magie dans ce qu’on connaît maintenant. Il n’y avait aucun doute que les fusils ou les lames étaient impuissants face à la magie. De telles armes pourraient à peine égratigner la peau des mamonos, et encore moins infliger une mort. Les individus avaient donc commencé à se demander si vous seriez capable de trancher ou de percer la peau des mamonos avec de la magie, ce qui avait déclenché le développement des AAR.

À cette époque, ils imprégnaient les épées de magie, augmentant leur puissance destructrice. Cependant, les lames dures et ayant une certaine surface étaient la limite pour la nouvelle technologie AAR. Actuellement, n’importe quelle lame pouvait passer par une technique magique appelée « Sort Perdu » et grâce à la gravure, il était possible pour l’arme d’agir en tant qu’intermédiaire pour la magie. En conséquence, les chants pouvaient être omis et il devenait également possible de subjuguer les mamonos jusqu’alors inattaquables en combat rapproché.

C’est pourquoi, même si on les appelait des magiciens, on ne les voyait pas vraiment se promener avec des bâtons ou des cannes. Il n’était pas pratique d’en faire des AAR parce que la technique de gravure très complexe était difficile à réaliser sur la forme d’un bâton.

Si vous affrontez un mamono avec une telle arme, vous le regretterez instantanément.

Au milieu de l’admiration de tous, Tesfia avait jeté un coup d’œil vers Arus, puis elle avait légèrement dégainé son katana de son fourreau avant de le diriger vers lui.

Elle voulait le provoquer, mais Arus avait prévu de passer cette leçon d’entraînement au combat de manière pacifique. En vérité, il voulait juste lire son livre.

Sur la partie de la lame que Tesfia avait dégainée, on pouvait voir le « Sort Perdu » gravé partout.

Le brassage des noms sur le panneau s’était terminé, et un par un, les noms de nombreux élèves inconnus avaient été affichés.

Le panneau d’affichage avait annoncé ceux de la première zone de pratique, puis la deuxième zone de pratique, et finalement, dans la troisième zone de pratique, le nom d’Arus était apparu.

Dans la huitième zone de pratique se trouvait le nom de Tesfia.

Bien qu’il ne soit pas son adversaire, leurs zones d’entraînement étaient proche l’une de l’autre, ce qui l’obligeait à le regarder d’un air irritable.

Arus, sans porter d’armes, s’était dirigé vers la troisième zone d’entraînement en feuilletant son livre.

Son adversaire était quelqu’un qu’il ne connaissait pas. Ils étaient camarades de classe, mais il ne s’intéressait pas à lui. Son adversaire avait les cheveux bruns et courts, et avec ses yeux inclinés, il regardait Arus avec mépris. Il tenait dans sa main une épée empruntée dans le stock.

La vingtaine d’étudiants restants allait ainsi devenir des spectateurs, ce qui avait fait qu’Arus avait eu un mauvais pressentiment à ce sujet.

La moitié d’entre eux s’était précipitée vers la zone de Tesfia pour l’observer afin d’apprendre quelque chose, et l’autre moitié avait entouré la zone d’entraînement d’Arus. Plutôt que de vouloir voir qui allait gagner, c’était plutôt comme s’ils venaient à un match d’exhibition pour se moquer de lui.

C’est quoi le problème de toutes ces personnes-là ? pensa Arus, quand il remarqua un regard particulièrement aiguisé venant du milieu de tous ces spectateurs. Au milieu de cette masse, Alice était présente, mais son regard n’était pas celui qu’Arus avait senti avant ça. En ce moment, cela n’était pas comme s’il était contre l’idée de perdre. En vérité, il voulait perdre rapidement pour en finir avec tout cela.

Bien qu’il avait l’intention de perdre, il n’avait pas l’intention de subir de blessures. Il serait facile de tromper toute la foule, y compris l’enseignant. Et bien sûr, même si Alice ou Tesfia le regardaient, cela ne changerait rien au fait qu’il était trivial pour Arus de les tromper tous.

Mais Arus sentait un regard de mauvais augure observant attentivement toutes ses actions. D’après son regard, il avait déterminé que sa force se trouvait dans les trois chiffres. Il n’y avait aucune chance qu’il remarquerait ce qu’Arus avait l’intention de faire. La seule qui pourrait le faire serait sans doute la directrice, et ce n’était pas certain.

La sensation de prendre des dommages est la pire chose possible, pensa Arus en soupirant.

« J’ai de la chance aujourd’hui. Ce type est un sac de sable, » déclara son opposant.

D’un côté, il y avait une épée, et de l’autre côté, il n’y avait qu’un livre. Vous pourriez annoncer l’issue de la bataille en les regardant.

En même temps que la sonnerie qui signalait le début de la bataille avait retenti, son adversaire avait bondi vers l’avant. Ses mouvements amateurs étaient douloureux à regarder pour Arus.

Il est assez effronté devant une foule, pensa Arus. Il avait imprégné sa magie dans l’épée, mais l’aura magique qui la recouvrait était grossière et vraiment horrible. C’était une honte pour l’arme selon Arus.

Arus avait agi de concert avec l’épée lente, et il avait fait semblant d’esquiver l’attaque au dernier moment.

Pendant cet intervalle de temps, il avait déplacé sa vision vers la page, et avait progressé dans sa lecture.

Son adversaire s’était éloigné de lui après son attaque et une fois de plus, l’épée avait été recouverte avec son mana. En conséquence, les gravures sur l’épée avaient commencé à briller en rouge.

« Frappe de Feu ! » annonça son opposant.

L’épée s’était alors couverte de flammes.

Normalement, vous n’auriez pas besoin de chanter pour activer la magie, mais le fait qu’il l’ait fait ne pouvait que signifier que son pouvoir était dans les 5 chiffres, ou qu’il n’était qu’un idiot. Bien sûr, vous pourriez simplifier le chant, mais il n’y avait pas de mal à chanter le nom complet de la magie, car vous pouviez laisser la magie établir son phénomène par elle-même, ce qui n’était pas du tout inutile pour la plupart des magiciens.

Mais en voyant l’expression de satisfaction sur son visage, on pouvait deviner qu’il ne comprenait pas ce qu’il faisait. La seule raison pour laquelle il pouvait utiliser la magie était grâce à l’assistance de l’AAR. La capacité de laisser la magie se manifester par le simple fait de chanter son nom sans AAR serait au niveau de compétence attendue d’un mage ayant un rang à trois chiffres.

En premier lieu, il ne savait même pas que « Frappe de Feu » était une magie de bas niveau. C’était une version simplifiée d’une magie de haut niveau appelée « Enjin », et sa puissance était également inférieure de quelques niveaux. Le fait de le voir utiliser cette magie avec un visage si satisfait avait même rendu Arus un peu gêné pour son opposant.

Les spectateurs, tout en n’étant pas surpris par la magie, avaient anticipé la conclusion de cette bataille.

De l’autre côté où Tesfia se battait, les acclamations surgissaient. Du côté d’Arus, chaque fois qu’il évitait de peu une attaque, on entendait le chant de la foule « Presque ! » avec excitation, mais aucun d’eux n’était dirigé dans le bon sens pour Arus.

Alice était la seule à serrer nerveusement les mains. En voyant ses doigts rigides et de ses paumes serrées, Arus avait ressenti la même gentillesse qu’elle avait fait apparaître la première fois qu’ils s’étaient rencontrés.

Il ne serait pas bon de faire traîner cela trop longtemps, alors pour finir cela rapidement Arus avait fermé son livre.

Arus avait délibérément encaissé une frappe venant vers lui de plein fouet. Mais il avait réussi à placer le livre entre la lame et son corps afin de ne pas l’endommager.

L’explosion avait causé un nuage de poussière et au fur et à mesure qu’il s’était dissipé, il ne restait plus que la silhouette d’Arus couché sur le sol, alors son adversaire se tenait au-dessus de lui, épuisé.

Après ça, la sonnerie qui signalait la fin avait retenti.

« ― !! Arus... ! » cria Alice.

Les spectateurs qui avaient entendu sa voix inquiète ne pouvaient que passer à une expression de mépris alors qu’ils voulaient tous célébrer sa défaite avec les deux bras en l’air.

Mais alors qu’à l’opposé, Alice se souciait de ce qui était arrivé ―.

« « «  ― !! » » » la foule était restée sans voix quant à la suite des événements.

Arus se leva immédiatement comme si rien ne s’était passé. Et avait commencé à lire son livre tout en voulant partir de la zone de pratique. Si vous aviez simplement regardé la suite des événements, vous ne sauriez pas qui était le vainqueur et qui était le perdant. Bien que le gagnant semblait plus fatigué que le perdant qui avait l’air frais.

Quand Arus avait remarqué la foule abasourdie, il avait lui-même reconnu qu’il avait peut-être été un peu trop rapide à se relever. Pour être exacte, la foule avait été surprise par le fait qu’il était si calme, ce qu’Arus n’avait pas vraiment réalisé.

Tout le monde se demandait comment il avait pu prendre des dommages de ce niveau de magie et agir ainsi. Même si de son côté, il avait été touché exprès, il avait presque instinctivement esquivé en réponse à l’attaque, de sorte qu’il avait considéré que les résultats obtenus étaient le mieux qu’il aurait pu avoir, contenu tenu de la situation.

De façon inattendue, il s’était rendu compte qu’il était difficile, voire impossible, de s’abaisser suffisamment à leur niveau. La raison pour laquelle il voulait y mettre fin si rapidement était parce que son envie de lire son livre était beaucoup trop grande. Ce n’était pas quelque chose qu’il savait de lui-même. Et c’était certainement une perte de temps.

Alors que cela se terminait, les regards confus des spectateurs étaient présents alors qu’ils étaient tous silencieux.

« Ça va, Arus ? As-tu été blessé ? » demanda Alice.

Alice qui avait rapidement couru vers Arus avait examiné son corps de la tête aux pieds.

« As-tu oublié que tu ne peux pas être blessé physiquement dans cette arène ? » lui demanda Arus.

« ... Ah oui ! C’est vrai..., » déclara Alice.

Alice affichait encore une expression emplie de doute comme si elle se sentait mal à l’aise avec ce qui se passait encore devant ses yeux.

Arus avait jeté un coup d’œil sur son propre corps et avait remarqué le problème. Bien sûr, c’était Arus qui avait causé l’explosion. Il ne savait pas ce qui avait pu en être la cause, mais Arus qui, inconsciemment, ne voulait pas salir ses vêtements les avait recouverts de sa magie. Ce n’était pas quelque chose d’inhabituel pour lui. Chaque fois qu’il partait en mission, il recouvrait constamment son corps de son propre mana, alors il n’avait jamais eu le moindre grain de poussière, ou de morceau de chair ou goutte de sang qui restait sur son corps lorsqu’il tuait des mamonos.

Et parce que la magie avait la caractéristique de devenir familière aux substances organiques, elle était absorbée à l’intérieur du corps. Il n’y avait pas d’autre choix que d’émettre constamment du mana. Le simple fait d’émettre leur mana sur leur corps ne signifiait pas qu’il serait capable d’empêcher toute attaque. Dans la plupart des cas, la poussière et les liquides ne se colleraient pas à leur corps.

D’autre part, la magie n’avait pas une grande affinité avec les substances inorganiques, ce qui signifiait que son mana ne serait pas absorbé. Il était ainsi possible de renforcer les matériaux et de stocker le mana à l’intérieur des substances inorganiques. Le problème était de savoir combien de temps cela durerait.

Arus qui se tenait juste au milieu d’un énorme nuage de poussière n’était pas couvert du moindre grain de poussière.

Immédiatement — .

« Mais plus important, est-il correct de ne pas s’inquiéter pour ton amie ? » lui demanda Arus.

« Fia va s’en sortir. Elle est vraiment forte, » déclara Alice.

Fia ? Arus avait compris qu’elle parlait de Tesfia, mais cela ne l’intéressait toujours pas, car il faisait face à la huitième zone de pratique en regardant vers son livre. Il avait vérifié si le livre était en bon état après l’explosion et avait examiné la couverture du début du livre. Peu importe à quel point la magie le protégeait, le papier restait du papier. Mais il n’y avait pas du tout de saleté dessus, et encore moins de déchirures.

Soulagé qu’il n’y eût pas de marques, Arus avait retourné le livre pour vérifier l’autre côté.

« Tu t’appelles Alice, n’est-ce pas ? C’est presque ton tour, » déclara Arus.

« Hm, » murmura Alice.

Arus qui voulait s’évader dans son petit monde avait changé le sujet.

« Même si de mon côté j’ai perdu, vas-y à fond, » déclara Arus comme pour l’encourager.

« Naturellement, » répliqua Alice.

Il ne le pensait pas vraiment, mais il ne voulait pas que ça traîne en longueur.

Alice, avec un large sourire, avait retroussé ses manches.

Arus s’était séparé d’elle alors qu’il avait commencé à marcher vers le mur près de la sortie. Il se sentait un peu fatigué d’être un peu plus bavard que d’habitude.

Pour les enseignants, les leçons de combat simulé étaient l’une des leçons les plus excitantes. Comme l’utilisation de la magie était interdite en dehors des leçons de combat, c’était une bonne occasion pour les élèves de montrer les résultats de leur entraînement.

C’est pourquoi Arus n’avait pas pu être aperçu dans la foule des spectateurs, car il avait déjà perdu tout intérêt pour la suite.

Tesfia avait également terminé son match et avait triomphalement quitté la zone d’entraînement. Dès qu’elle avait commencé à parler à Alice, elle avait jeté un coup d’œil à Arus et avait souri.

La prochaine personne à se battre dans la huitième zone d’entraînement serait Alice. Son adversaire était un homme, car les batailles entre magiciens n’étaient pas séparées par sexe. En d’autres termes, au lieu de la force, c’était la capacité magique qui allait grandement influencer les batailles.

Contrairement à la foule méprisante qui avait regardé le match d’Arus, la foule regardant Alice était silencieuse et sérieuse. En guise de remerciement pour avoir assisté à son propre match et pour sa gentillesse, Arus avait pris un peu de son temps pour aller assister à son match.

Alice maniait une hallebarde.

Elle est aussi assez vieux jeu, pensa Arus.

Cependant, la façon dont Alice maniait sa hallebarde était quelque chose à surveiller. Ce n’était pas particulièrement rapide ou habile, mais ses mouvements étaient élégants. Bien que toujours maladroite et grossière, sa capacité à passer de l’offensive à la défense était vraiment tape-à-l’œil. C’était presque comme des acrobaties, mais il y avait encore beaucoup de la place pour polir tout ça. La hallebarde qu’Alice maniait était quelque chose qu’elle empruntait, mais sans pratique au préalable, on ne pouvait pas bouger comme ça.

Mais à la place d’une hallebarde, elle semblait être capable de manipuler des lances.

Sa maîtrise des arts martiaux avait certainement de la valeur, mais elle ne pouvait à elle seule décider du vainqueur dans une bataille de magiciens.

Le fait était que la magie déciderait du vainqueur. Face à un mamono, enchanter votre arme avec du mana serait certainement efficace, même si vous n’étiez pas en mesure de les battre avec juste cela. Et tout cela était ainsi parce que les mamonos avaient des capacités de régénération étonnantes qui leur permettaient de guérir les coupures et les égratignures presque instantanément.

Lorsque vous combattiez un mamono, vous deviez localiser son noyau et lui lancer une attaque destructrice. À cet égard, la magie avait certainement la puissance et la portée nécessaires pour être efficaces.

Le noyau d’un mamono était situé dans une zone différente pour chaque individu, ce qui rendait la localisation avec précision de cet emplacement très difficile.

L’adversaire d’Alice maniait des gantelets en acier. C’était une arme populaire que les magiciens qui préféraient le combat rapproché utilisaient.

Des projectiles pointus, des « flèches de glace » se formaient devant lui. Ces projectiles pleuvaient sans relâche sur Alice.

Pour quelqu’un qui n’avait reçu qu’une formation de base de magicien, il avait utilisé la magie de première classe avec une bonne compétence. Le feu, l’eau, la glace, le vent, le tonnerre et la terre, etc. formaient la base de la magie offensive, et c’était aussi la première chose que tout le monde apprenait en classe de magie de base.

Alice avait tourné rapidement sa hallebarde en cercle et la lame commença graduellement à briller.

« ... ! »

Lorsque les flèches de glace entrèrent en contact avec la lame, celles-ci se brisèrent en petits morceaux. Mais ce n’est pas tout, les débris des flèches de glace avaient en vérité été renvoyés en volant vers le lanceur de sorts avec une grande force.

En un instant, il s’était effondré et le match avait été décidé peu de temps après. De la même manière que Tesfia, les spectateurs avaient poussé un grand cri de joie lorsque la puissance des deux magiciennes à 4 chiffres avait été portée à la connaissance de tous.

Alors qu’elle se frayait un chemin agile hors de la zone de pratique, elle et Tesfia se mirent à frapper dans les mains de l’autre comme si tout avait été planifié.

Tout à l’heure, cette magie était Réflexion... Non, c’était Réduction, pensa Arus.

Réflexion, ou plus communément appelé Contre Magique était une magie de niveau intermédiaire. D’autre part, la Réduction était à un niveau plus élevé et n’était pas un sort qu’un étudiant devrait connaître. Tous deux étaient de la magie de l’attribut de Lumière. Cependant, le nombre de personnes qui pouvaient utiliser la magie de Lumière était peu nombreux. Les magiciens pouvaient normalement acquérir avec le temps une certaine compétence pour un attribut spécifique, mais dans le cas de la magie de Lumière, c’était quelque chose que seules les personnes nées avec le talent pouvaient utiliser, ce qui expliquait pourquoi il n’y avait pas beaucoup de magiciens qui pouvaient manipuler la magie de Lumière. Il y avait aussi un attribut Noir, et ils avaient tous été communément appelés les éléments ou attributs.

Cependant, il y a aussi un certain type de magie qui ne faisait partie d’aucun d’entre eux. Tout comme l’était Arus en lui-même...

☆☆☆

Chapitre 3 : Présage du Destin

Au fur et à mesure que la leçon de combat d’entraînement approchait de sa deuxième moitié, la leçon s’était transformée en un entraînement personnel. Il s’agissait d’une période de temps consacrée au perfectionnement d’une magie existante ou à l’apprentissage de nouvelle magie.

Le fait de pratiquer la magie ne serait jamais inutile. Même si cela différait d’une personne à l’autre, au fur et à mesure que vous dépensiez de votre mana, cela aurait pour effet d’augmenter votre quantité totale de mana qui serait présente en vous. Le mana se générait continuellement à l’intérieur de votre corps jusqu’à ce que votre réserve soit pleine. De plus, cette quantité n’augmenterait pas si vous étiez déjà à votre maximum. Cependant, grâce à la pratique continue et aux actions vous faisant dépenser du mana, il serait possible d’augmenter graduellement la quantité maximum de mana que vous pourriez stocker. Bien que le talent inné affecterait la taille initiale de votre réserve de mana, c’était en fin de compte votre propre travail acharné qui définissait jusqu’où vous pouviez aller.

Les nouveaux étudiants dans l’arène de pratique n’avaient aucune idée claire de ce qu’ils devaient entraîner pendant cette période d’étude personnelle. En conséquence, ils étaient devenus enthousiastes à propos des batailles d’entraînement qui était plus simple à concevoir.

Arus était au milieu d’eux en train de lire son livre sans vergogne. L’arène d’entraînement était essentiellement partout identique, car le sol était en grande partie fait de terre. Il s’agissait d’une considération envers les magiciens qui se spécialisaient dans la magie de terre pour qu’ils puissent interagir avec cet élément plus facilement.

Le résultat de cet aménagement était qu’il y avait un peu de poussière en stagnation dans la zone lorsqu’il y avait tant de monde présent, mais ce n’était rien qui ne pouvait pas être résolu par la magie.

À bien y penser, personne n’aurait dû s’intéresser à Arus pendant cette période. À la différence de ceux qui participaient à des batailles et à leurs spectateurs, il se trouvait au bord de l’arène en train de lire son livre en pleine transe.

« Arrête ! » cria Alice.

« Ce sera une bonne leçon pour lui. Toi, viens avec moi, » déclara Tesfia.

Alice avait essayé d’arrêter Tesfia qui s’approchait d’Arus avant de se placer au-dessus de lui.

Sans même essayer de dissimuler le désagrément occasionné, il avait poussé un soupir en insérant ses doigts dans un espace entre les pages.

Tesfia gênait vraiment la lecture d’Arus.

« Tu es vraiment tenace, n’est-ce pas ? » demanda Arus.

« Ne pense pas que tu t’en tiras à la légère avec ce que tu as fait, » déclara Tesfia.

« De quoi pourrais-tu bien parler là ? » demanda Arus.

« Toi —, » cria Tesfia.

Tesfia avait saisi Arus au niveau de la poitrine et elle le souleva sauvagement. Cependant, comme Tesfia n’atteignait que le menton d’Arus, elle ne pouvait le soulever qu’à mi-chemin, ce qui avait provoqué une déformation plus importante de son visage vers la colère comme elle n’arrivait pas à faire ce qu’elle voulait.

« Je ne permettrai pas que soit oubliée ton insulte envers la maison des Favers, » déclara Tesfia.

Est-ce que quelque chose comme ça s’est produit ? Se demanda Arus. Même si c’était quelque chose qui s’était passé il y a 2 ou 3 heures, c’était une affaire si insignifiante pour Arus qu’il aurait eu du mal à se rappeler que c’était arrivé sans le rappel de Tesfia.

« Et alors ? » demanda Arus.

« ― ! ! “Et alors” !? » s’exclama Tesfia.

Il s’agissait de ses véritables sentiments qui étaient automatiquement sort de la bouche d’Arus. En vérité, il était plus qu’assez d’être gêné de ne pas pouvoir lire son livre en paix.

Alors, faire autre chose serait plus ennuyeux selon lui.

« C’était de ma faute, alors s’il te plaît, laisse tomber, » déclara Arus.

Ses yeux étaient collés vers le livre ouvert alors qu’il s’excusait sans enthousiasme.

« Ne te moque pas de moi ! » cria Tesfia.

Alors que sa colère resurgissait, Tesfia avait arraché le livre des mains d’Arus.

Les camarades de classe qui assistaient aux matchs avaient déplacé leur regard vers Tesfia en entendant ses paroles emplies de colère. En un instant, tout le monde s’était arrêté en se demandant ce qui s’était passé.

Alors qu’ils étaient distraits par l’agitation, les étudiants qui se trouvaient en plein milieu de leurs matchs s’étaient également arrêtés. Le fait qu’ils pensaient que, comme il s’agissait seulement d’un match d’entraînement, il était acceptable d’être distrait, était simplement la preuve de leur inexpérience.

Le livre avait volé dans l’air alors que ses pages tournaient, puis il avait atterri sur le sol et avait provoqué un petit nuage de poussière.

« Fia !! » cria Alice, avertissant Tesfia qu’elle avait franchi la ligne.

Tesfia encore pleine de colère avait reculé d’un pas, et avait lâché la main d’Arus. Cependant, on pouvait encore voir la colère dans les yeux d’Alice.

L’étudiante aux cheveux roux, Tesfia devait vraiment être très fière pour s’être sentie aussi provoquée. En ce qui concerne Arus, ses actions n’étaient pas si importantes. Mais pour Tesfia, c’était différent... elle n’était encore qu’une enfant dans tous les sens du terme.

Pour le dire plus simplement, elle n’était qu’une enfant qui n’avait jamais vu un mamono, mais elle représentait la majorité du monde. Et tant qu’enfant qui avait vécu paisiblement depuis le jour de sa naissance alors qu’elle s’était toujours tenue derrière les murs qui la protégeaient des mamonos, elle possédait automatiquement les valeurs de quelqu’un qui n’avait aucune expérience de la dure réalité de la vie.

Face à cela, Arus était totalement différent. Au cours de son temps dans l’armée, il avait été ballotté au cours d’une terrible vie par des hommes beaucoup plus grands que lui, et il avait enduré un entraînement extrêmement drastique et difficile. Jusqu’à présent, le plus gros de sa vie n’avait pas été facile pour lui, risquant sa vie presque tous les jours.

Mais pour lui, les actions en eux-mêmes de Tesfia étaient un ennui qui l’importunait au plus haut point.

« Je te défie au cours d’un match ! » cria Tesfia.

Arus avait senti qu’il n’y avait pas de recul possible puisque la situation avait dégénéré si loin.

Alors qu’elle lui criait dessus, il avait lentement marché vers le livre sur le sol, puis il s’était abaissé et il l’avait ramassé. Il avait ensuite soigneusement nettoyé la terre et la poussière qui était sur le livre.

Cette situation ne se terminerait pas si Arus la laissait gagner le match. Dans tous les cas, il n’avait plus l’intention de perdre. Pour s’assurer qu’il n’y aurait pas d’ennuis occasionnés par la suite, il avait prévu de clarifier les choses une fois pour toutes d’une manière classique.

Dans l’armée, il existait une manière d’agir qui faisait que beaucoup de soldats régnaient par la peur sur les autres. Mais il était si facile de générer de l’animosité dans un tel environnement que cette méthode était une nécessité en soi. Comme les magiciens pouvaient facilement utiliser la magie, les magiciens de rang supérieur avaient tendance à mépriser les autres et ce genre de conflit était monnaie courante au sein de l’armée.

Néanmoins, pour qu’il n’y ait pas d’influence sur le leadership et la chaîne de commandement, ils devaient enfoncer cette peur à même leur corps. Arus lui-même pensait que cette méthode n’était pas entièrement fausse, même si ce n’était pas une chose qu’il usait si souvent. Bien qu’il n’y avait rien de louable dans une telle méthode, elle avait tout de même été capable de produire des résultats concrets quand c’était réalisé à pleine puissance.

Arus pensait en ce moment à tout cela. Sans un peu de peur, voire de terreur, Arus avait senti que ses trois prochaines années seraient gaspillées et sans signification, alors il allait faire ce qui serait nécessaire, il n’était nullement là pour être aimé.

De plus, une chose l’avait encore plus gêné, et ce simple fait avait empiré ce qu’il ressentait en ce moment. Il n’avait pas été capable d’enlever complètement la terre présente sur le livre. Ainsi, il pensait qu’il serait nécessaire de donner une leçon à celle qui avait traité si grossièrement ce précieux document sur la sagesse provenant de la recherche en magie même s’il fallait le graver de force dans sa tête.

Il caressait minutieusement la couverture afin d’en retirer le maximum, puis il leva la tête vers son adversaire qui générait une grande animosité.

« Alors, cela se fera après les cours. On utilisera l’arène d’entraînement, pas de plaintes face à cela ? » demanda Arus.

« Aucun, » répondit Tesfia.

« Fia, et même toi, Arus..., » murmura Alice.

« Et comme le veut le règlement, il n’y aura que toi et moi. N’amène personne sans lien avec tout ça. Désolé Alice, mais, s’il te plaît, j’aimerais que tu sois spectatrice de ce qui va se produire à ce moment-là, » déclara Arus.

« C’est très bien pour moi, mais..., » commença Alice.

Alice affichait une expression comme si elle voulait arrêter ce combat, mais elle n’avait prononcé qu’une seule phrase avant de s’arrêter. Elle avait agi ainsi, car elle savait que c’était quelque chose que les deux voulaient. Cependant, tout cela avait résulté par l’acceptation par Arus de la demande unilatérale de Tesfia et plus rien ne pouvait être dit. Alice ne pouvait que veiller sur ce qui se passerait par la suite.

Alice n’avait pas d’autre choix. Peu importe ce qu’elle aurait dit en tant que spectatrice, cela ne changerait rien. C’était la même chose pour Arus...

C’était une bonne leçon sur la façon dont les dilemmes peuvent parfois dégénérer en conflits.

« Après les cours dans l’arène d’entraînement, on va régler ça. Entre nous trois, » déclara Arus.

 

☆☆☆

 

Il restait encore une heure environ jusqu’à la pause déjeuner, mais Arus s’était rapidement changé et il avait quitté l’arène de pratique.

Puis il s’était dirigé vers la salle de la directrice.

Normalement, vous devriez demander l’utilisation de l’arène d’entraînement par l’intermédiaire de la réceptionniste, mais dans le cas d’Arus, puisqu’il cachait son rang, il pouvait simplement faire sa demande directement à la directrice afin de réserver l’arène en entier avec interdiction pour les autres de l’utiliser et même d’y assister.

« Ça ne me dérange pas, mais ne le dites à personne, » demanda Cisty.

« Bien sûr, » répondit Arus.

« Et maintenant, je me demande qui était l’idiot qui vous a mis en colère, » demanda Cisty.

La question était mélangée à un soupir et semblait être une question rhétorique.

« Tesfia ou quelque chose comme ça, » répondit Arus.

« ― ! ! N’est-elle pas l’honorable fille de la Maison des Favers ? » demanda Cisty.

Ses yeux étaient remplis d’inquiétude plus que de surprise.

« Ne pouvez-vous pas... annuler le match ? » demanda Cisty.

« Impossible. C’est elle qui est venue chercher les ennuis auprès de moi, alors faites-lui part de vos préoccupations au lieu de me parler. Mais, les matchs entre camarades de classe sont également autorisés, de sorte que l’intervention de la directrice et l’arrêt de l’un d’eux causeraient des problèmes non désirés, » répliqua Arus.

Comme s’il avertissait la directrice, Arus lui avait dit la vérité.

Puis il avait détourné le regard de la directrice et avait fermé les yeux tout en soupirant.

Tandis qu’Arus ouvrait lentement ses yeux, ils étaient pleins d’ennui à ce qu’il devrait encore parcourir pour revoir venir sa paix.

« Il ne reste pas beaucoup de temps, alors je veux en rester là, » déclara Arus.

La directrice avait légèrement ouvert les lèvres comme si elle était sur le point de dire quelque chose, mais elle avait décidé de ne pas le faire, car elle avait renoncé à cette affaire. Cependant, à la fin — .

« L’arène de pratique de l’académie a été construite en étant moins solide que celle de l’armée, alors veuillez en tenir compte, » déclara Cisty.

C’était un avertissement que même si l’arène de pratique allait effectivement changer tous les dommages physiques en stress mental. Dans les cas des magiciens de grande puissance et encore plus pour les Solitaires, leur puissance pourrait causer de tels dommages que même une fois convertit, ils laisseraient des séquelles permanentes sur leur cible. Et cela pourrait même saturer et causer de véritables blessures, voir la mort.

« Je comprends, » déclara Arus.

Comme s’il avait conclu avec tout cela et alors qu’il était sur le point de faire demi-tour, il avait découvert l’arme qu’il utiliserait dans son match après les cours.

« Puis-je prendre ça ? » demanda Arus.

« Ce n’est pas un problème, mais à quoi pensez-vous en l’utilisant ? » lui demanda Cisty.

« Je trouve que c’est parfait pour le match d’entraînement. Le livre que j’ai avec moi en ce moment est un objet trop précieux pour un tel usage, » déclara Arus.

En disant cela, il avait pris une simple brochure d’école se trouvant sur la table. Elle avait moins d’un centimètre d’épaisseur et était peu solide, mais ce n’était pas un problème.

« Quelles que soient les circonstances, c’est un peu..., » commença Cisty, en imaginant ce qu’il comptait en faire.

« C’est déjà beaucoup trop pour elle. Et je connais parfaitement sa force, » déclara Arus.

Il avait montré le fascicule qui traitait de la magie à la directrice. La brochure était un peu tordue comme tout ce qui était fait de papier, et en un instant — le papier s’était redressé pour devenir quelque chose de solide et immuable.

La directrice avait été surprise par une telle scène et, pour apaiser sa surprise, elle avait poussé un soupir de soulagement.

« Je n’ai pas l’air de devoir m’inquiéter pour vous. C’était la première fois que je vois une si belle effusion de mana, » déclara Cisty, véritablement émerveillée par ce qu’elle avait vu.

« Merci pour vos aimables paroles. Sur ce point, c’est à peu près la bonne quantité, » déclara Arus.

« C’est ce qu’on dirait, » déclara Cisty.

Lors qu’il s’agissait de contrôler des flux du mana, la fluidité dans la transmission du mana affectait sa puissance et sa durabilité. Peu importe à quel point quelque chose était grossièrement fabriqué, avec un traitement magique parfait, il deviendrait une arme mortelle.

C’est pourquoi, en ce qui concerne le fascicule qu’Arus avait désigné comme arme, avec le mana qui avait été imprégné à l’intérieur, il pourrait être comparé à de célèbres épées. En vérité, le simple fait de classer ces épées largement en dessous de cette brochure pourrait être considéré comme le véritable équilibre entre eux.

Cependant, le processus de pensée d’Arus était un peu différent. La véritable force d’une arme ne brillait que lorsqu’elles se croisaient au combat et nulle part ailleurs. Telle était la différence de pensée entre cette existence unique et les autres.

Dans un tel cas de figure, Arus avait donc affaibli à l’extrême son pouvoir destructeur.

Comme on pouvait s’y attendre, peu importe combien de mana vous imbibiez dans le papier, c’était encore du papier et c’était une pensée que la directrice ne pouvait pas faire sortir de son esprit. Cependant, ce serait une autre affaire si vous faisiez de la magie sans l’utilisation du tel objet en papier, et c’était là où le résonnement de la directrice était faux.

Il avait réussi à arrêter son salut militaire qui était devenu une habitude pendant son temps dans l’armée, s’inclinant profondément et quittant la pièce après ça.

« Alors, on se reverra une prochaine fois, » déclara Arus.

« ... » Cisty n’avait rien dit à son étudiant sur le départ.

Le fait de retourner dans la salle de classe serait gênant selon Arus.

Mais ce n’était pas parce qu’il serait dérangé par les regards de ses camarades de classe. C’était simplement parce que les leçons après le déjeuner étaient ennuyeuses au possible.

S’il n’était pas préoccupé par l’obtention de crédits d’assiduité, il n’y avait aucun doute qu’il n’irait jamais en classe.

Arus avait alors quitté les bâtiments des cours puis il s’était dirigé vers le laboratoire sans même réfléchir.

 

☆☆☆

 

Arus se trouvait dans sa propre chambre avec un onigiri [1] assez sommaire dans une main alors qu’il le mangeait seul — bien que la personne elle-même ne ressentait pas du tout ce genre de sentiment, ayant toujours été obligée d’agir ainsi —. Il prenait dans le calme son repas sommaire, comme il l’avait toujours fait dans le passé.

S’il allait à la cafétéria de l’école, il pourrait certainement profiter d’un repas de première classe, mais Arus n’y était jamais allé depuis le début des cours. De plus, pendant le repas, il avait lu des livres à la recherche de nouvelles données.

Arus avait également changé d’avis sur le regard mystérieux qu’il avait ressenti au cours du match d’entraînement.

Ce serait une erreur de pensée que la directrice n’était pas au courant qu’une personne dans les cours d’école avait observée Arus à cette occasion, alors ce n’était sûrement pas une grosse affaire. Ses suppositions quant à des assassins ou des terroristes semblaient fausses. Quoi qu’il en soit, tant qu’elle n’avait pas l’intention de causer du tort, il n’était pas nécessaire de la chercher. Tôt ou tard, il le découvrirait si l’observateur en avait après lui. Et puisqu’il s’agissait d’Arus dont on parlait, et donc cela serait certainement le cas. Bien sûr, il avait déjà une idée de l’identité de la personne, ou du moins sa fonction.

Dans la zone de logement attribué à Arus (dans son laboratoire, ne vivant pas dans le dortoir même s’il a une chambre là-bas), il avait ouvert la porte de sa chambre à coucher et il jeta un coup d’œil à l’intérieur. Son regard s’était immédiatement fixé sur un attaché-case noir.

Devant lui se trouvait le seul partenaire qui s’était battu à ses côtés au cours de sa carrière de Magicien Solitaire alors qu’il était désormais connu sous le nom du Magicien Autonome car il n’avait jamais permis au moindre magicien de se tenir à ses côtés.

Il s’agissait de l’AAR d’Arus qu’il avait été spécialement conçu pour lui. On pourrait dire que c’était le résultat de ses propres recherches. Il avait été configuré d’une façon unique et il était sans pareil dans le monde.

Mais alors qu’Arus avait déplacé son regard loin de lui, il avait souhaité que dans sa vie, il ne soit plus obligé de l’utiliser. Il l’avait apporté comme un rappel qu’il ne pouvait pas s’échapper de l’armée. Mais cela pouvait aussi être comme souvenir du summum de ses résultats de recherches. C’était peut-être l’indulgence d’Arus, qui cherchait de lui-même quelque part dans le monde extérieur qu’il ne connaissait pas.

Plus de 50 ans s’étaient écoulés depuis que la tour blanche de Babel avait commencé à tenir les mamonos à distance, et si l’on regardait vers le haut, on verrait un ciel généré par elle.

Le faux paysage de ciel bleu clair que vous verriez tous les jours n’était que le résultat d’un filtre. C’est pourquoi la génération qui ne savait rien du monde extérieur ne savait rien de la pluie ou de la neige. Ils ne connaissent pas les nombreux nuages qui parsemaient le ciel. Sans connaître l’odeur de la terre provoquée par le vent, ils ne connaissaient que le ciel avec des nuages identiques se déplaçant tous dans la même direction. Il ne voyait pas que le monde réel était le monde extérieur dominé par les mamonos difformes et sanguinaires.

Pendant qu’il était dans l’armée — même s’il en faisait encore partie aujourd’hui —, ses missions qui consistaient à tuer des mamonos l’avaient amené à s’aventurer dans le monde extérieur — Dieu sait combien de fois, il avait dû le faire depuis ses six ans. Cependant, chaque fois qu’Arus sortait dans le monde extérieur, il ne savait jamais ce qui allait l’étonner ce jour-là.

Notes

  • 1 L’onigiri (おにぎり /御握り) est une préparation culinaire japonaise consistant en une boulette de riz, généralement enveloppée d’une algue nori. On l’appelle aussi omusubi (おむすび) en fonction de la région au Japon, mais les deux termes désignent plus ou moins la même chose.

☆☆☆

Chapitre 4 : Des Destins Différents

En un clin d’œil, la pause déjeuner avait été finie, et les cours de l’après-midi avaient alors commencé lorsqu’il s’en était finalement rendu compte. Il était si concentré sur ce qu’il faisait qu’il n’avait pas entendu la cloche sonner.

Arus, sans hâte, arrêta à contrecœur sa lecture et se dirigea vers la salle de classe avec son livre à la main.

Comme il avait pris son temps en marcher lentement, à l’heure où il était arrivé, la classe avait déjà commencé. Même si ce n’était que pour son propre bien, il avait prévu de s’assurer qu’il ne dérangeait personne en entrant.

Sans bruit, il avait ouvert la porte, puis il remarqua un siège vide et alla discrètement s’asseoir dessus. Mais comme il était le seul à entrer dans la pièce à un tel moment, beaucoup de personnes l’avaient remarqué et elles avaient déplacé leur regard vers lui en faisant claquer leur langue en raison du déplaisir.

C’était peut-être parce que la nouvelle de sa querelle avec Tesfia s’était répandue qu’il y avait beaucoup plus de regards durs dirigés vers lui, mais comme toujours, il n’y prêtait pas attention.

Le rang de Tesfia et d’Alice s’était déjà répandu allégrement auprès des étudiants de l’école.

C’était tout à fait normal qu’une telle chose se soit automatiquement produite. Les individus avaient des attentes élevées à l’égard des étudiants de première année qui avaient dès leur entrée un classement surprenant à quatre chiffres. Un fait assez peu fréquent au sein de l’école.

Le fait qu’elles étaient toutes les deux très belles n’avait fait qu’accroître leur popularité grandissante.

Tesfia était noble et belle, avec des yeux déterminés et remplis d’une grande dignité. Elle n’était pas très grande, mais on peut dire que c’était l’un de ses points forts.

Alice avait un visage doux et empli d’affections, mais aussi un corps mince et bien proportionné qui lui donnait le charme d’une adulte.

Avec elles deux côte à côte, ce serait sans doute une scène très agréable pour n’importe quel humain.

Ainsi, il était donc normal pour Arus, qui avait eu des démêlés avec ces deux personnes, que toutes les personnes de la première année soient déjà son ennemi. De plus, sa posture et son attitude pendant les cours n’avaient vraiment pas aidé la situation.

Arus qui essayait de ne pas causer d’ennuis n’avait pas réagi face à tous ces bavardages. Il n’avait aucune tolérance avec d’autres personnes qui considéraient les autres comme la cause de leurs problèmes. Ce ne serait qu’un travail inutile de les rectifier.

Arus ne se préoccupait pas de tous les chuchotements déclarés dans son dos. Cependant, si cela commençait à perturber son propre temps, il devrait faire quelque chose concernant ces trouble-fêtes.

Soudain, une boule de papier froissée était arrivée en volant vers Arus en venant de côté. Naturellement, il l’avait esquivée.

Si c’était quelque chose qui avait été fait sous les ordres de Tesfia, alors il avait prévu de la faire entièrement payer pour ça après les cours, mais Tesfia qui était assise en face de lui n’était pas concernée par ce qui venait de se passer, alors qu’elle était profondément concentrée sur la leçon. Il ne semblait pas non plus qu’elle faisait semblant de ne pas le voir. Son regard était fixé vers l’écran à l’avant de la pièce alors qu’elle copiait frénétiquement ce qui s’y trouvait.

Alice l’avait remarqué, mais n’avait rien pu faire pour l’aider.

Si elle disait la moindre chose ici, cela ne ferait qu’empirer la situation et elle le savait parfaitement. Comme on pouvait s’attendre d’une personne tel qu’Arus, sans même briser sa concentration, il avait réussi à éviter la boule de papier. Ou vous pourriez plutôt dire que c’était même sans s’en rendre compte qu’il avait agi ainsi. Il était constamment soucieux de détecter et d’analyser tout ce qui l’entourait comme s’il était un magicien en plein combat contre des adversaires potentiellement mortelles. Telle était sa vie.

Chaque fois qu’il allait dans le monde extérieur pour une mission, il était extrêmement rare que cela soit une excursion d’une seule journée. Pour pouvoir dormir tout en étant capable de supporter la peur produite par une attaque potentielle de mamonos, il s’était naturellement transformé en quelqu’un qui ne laissait s’échapper aucun son quand il agissait, et il analysait tout en permanence sans que cela se ressente sur son état d’esprit.

Mais actuellement, ces élèves pouvaient être considérés comme des voleurs qui dérobaient le précieux temps d’Arus et cela, il ne le supportait nullement. Il se sentait obligé de les faire payer pour leur outrage.

Arus avait alors ramassé la boule de papier et il l’avait déchirée en plusieurs morceaux. Il avait ensuite fait transiter de son mana à travers les quelques fragments présents dans la paume de sa main.

Imprégner des objets avec du mana était la base des fondements même de la magie, mais beaucoup d’individus avaient échoué la première fois en se fiant trop à leurs sens. Cependant, une fois qu’ils avaient saisi la méthode, il était difficile d’oublier la sensation de savoir comment le faire.

Juste en y pensant d’une manière sommaire, Arus avait fait en sorte que son mana recouvre les papiers. De tels objets pourraient même servir d’arme létale entre les mains d’un mage de haut rang. La sensation d’imprégner des objets de mana pourrait être considérée comme une transformation de l’objet comme devenant une partie de votre propre corps. Les mages pouvaient percevoir toute once de mana que leur corps produisait constamment. C’est pourquoi, grâce à l’entraînement, on pouvait consciemment faire circuler leur mana d’une partie du corps à une autre. Cependant, il était difficile de diriger consciemment le mana à l’extérieur de votre corps sans un entraînement approprié qu’un nombre réduit de magiciens pouvait rapidement faire.

Cela ne pouvait être atteint que par un phénomène, c’est-à-dire la méthode permettant la mise en œuvre d’une reconstitution de la magie, aussi appeler conversion. Le mana qui avait été transféré à l’intérieur de l’objet était vraiment quelque chose de magique, mais ce n’était pas le mana même du magicien, mais un élément légèrement modifié.

Il avait saisi les fragments de papiers légèrement recouverts de mana dans sa main, et sans que personne s’en aperçoive, il avait agité son pouce.

Cela avait fait rebondir les fragments recouverts de mana sur les murs de la salle de classe et avait frappé durement cinq élèves à la tête. À ce moment-là, ils vacillèrent tous un peu lors de l’impact et basculèrent face contre leur bureau en même temps.

C’était semblable à un lance-pois. Il n’avait appliqué qu’un peu de mana dans les bouts de papier pour les rendre un peu plus durs, et cela avait frappé avec précision les élèves au niveau de leur colonne vertébrale accessible au centre de leur cou, ce qui les avait fait s’évanouir. La puissance du tir était semblable à un coup du tranchant de la main appliqué sur le cou. Comme il n’y avait pas de blessures externes et que l’arme utilisée n’était que des bouts de papier, personne n’avait rien remarqué de tout cela.

Alice qui était surprise de ce qui s’était passé avait détourné son regard de lui et elle n’avait pas semblé remarquer que c’était l’œuvre d’Arus alors même qu’elle l’avait regardé pendant tout ce temps.

Après cela, Arus avait réussi à profiter de ses deux derniers cours avant la fin de l’école sans que personne le dérange. Les élèves qui étaient allongés sur leur bureau n’avaient démontré aucun signe de réveil, mais bien sûr, ils étaient encore en vie.

Vers la fin de la classe, ils s’étaient finalement réveillés.

Ils se demandaient pourquoi ils s’étaient endormis en se frottant les yeux alors qu’ils se rendaient compte qu’ils avaient manqué la majeure partie de la leçon. Ils se disaient tous qu’il leur faudrait s’améliorer à partir de maintenant en évitant de reproduire ce genre de bévues.

Cependant, ils n’avaient pas l’intention d’améliorer leur façon d’interagir avec Arus vu qu’ils n’avaient pas compris la véritable raison de leur sommeil.

Après ça, les élèves qui auraient dû rentrer chez eux ou partir pour leur propre entraînement s’étaient rassemblés autour de Tesfia et Alice comme si c’était leur routine quotidienne. Arus avait remarqué que toutes leurs conversations étaient liées à la magie d’après ce qu’il avait entendu.

En classe, Tesfia était l’élève parfaite qui recevrait certainement tous les honneurs. C’est pourquoi elle devait aussi être assez intelligente pour être vue ainsi.

Certes, il y avait aussi des individus qui étaient simplement attirés par ce genre d’individus dans la foule d’étudiants qui butinaient dans leurs environs.

Il était clair qu’il y avait une relation hiérarchique entre eux, car leur classement était plus élevé que celui de tous les spectateurs qui visaient aussi à devenir magiciens. Il serait peut-être exagéré de dire qu’ils essayaient tous de faire de la lèche à Tesfia et Alice, mais tous visaient à élever leur propre rang. Les gens qui voulaient devenir magiciens étaient étroitement concentrés à leur rang, donc ils ne pouvaient pas s’empêcher de vouloir augmenter leur rang à n’importe quel moyen.

Ils n’avaient pas oublié leurs projets d’aujourd’hui qu’il avait après ça.

« Je suis désolée. Nous avons des choses à régler après ça, » Tesfia avait gentiment averti tout le monde qu’elle ne pouvait pas rester.

Et Alice avait agi de la même façon. « Les professeurs nous ont appelés toutes les deux, alors on se verra demain. »

Tesfia regarda Arus. Ses pupilles étaient pleines de force, comme si cela impliquait à Arus de ne pas fuir leur confrontation.

Comme elles avaient utilisé la raison d’avoir été appelées par un enseignant, personne ne les empêcherait de partir.

« Peut-on attendre que vous ayez fini ? » La voix appartenait à une étudiante qui tenait dans ses mains un livre sur les fondements de la magie. Sa petite taille lui donnait un regard adorable et la faisait ressembler à un petit animal, mais cela ne fonctionnerait qu’à l’encontre des élèves de sexe masculin.

Ne pouvait-elle pas simplement demander directement à l’enseignant ? pensait Arus en voyant déjà les membres de la société des mages dans cette foule d’étudiants. Ils voulaient probablement faire connaissance avec de futurs mages prometteurs. Bien sûr, il y avait aussi des gens qui voulaient juste être amis avec ces deux-là.

« Je suis vraiment désolée. Je ne sais pas combien de temps ça va prendre. Cependant, j’ai l’intention de terminer cela le plus rapidement possible, » déclara Tesfia.

Il y avait une remarque sournoise incluse dans son commentaire, mais seuls Arus et Alice l’avaient remarquée à sa juste valeur.

« Je prendrai du temps pour toi après l’école demain, » déclara Tesfia à la fille qui lui avait parlé avant ça.

Tesfia avait ainsi fait un compromis en prenant du temps pour elle demain, rassurant doucement l’élève.

En raison de cette seule phrase, le visage de l’élève s’illumina d’un sourire alors qu’elle lui disait. « Merci ! » alors qu’elle avait un sac dans les mains.

« Alice, allons-y ! » déclara Tesfia.

À côté d’elle, Alice avait l’air agitée alors qu’elle avait lâché un soupir. Elle hocha de la tête face à la déclaration de son amie.

Normalement, il n’était pas possible pour un seul étudiant de réserver la totalité de l’arène de pratique.

C’est pourquoi, même pour Arus, c’était une faveur spéciale. Dans l’arène de pratique spacieuse, il y avait des sièges de spectateurs au deuxième étage, et dans le coin de son œil, Arus pouvait voir la silhouette de la directrice qui essayait de se cacher tout en observant. Cela n’était pas si étrange en soi. Il n’avait rien à dire face à cela, et donc il n’était pas obligé de dire quoi que ce soit en voyant ça.

Même si vous pouviez la considérer comme cachée aux yeux de tous les profanes, Arus savait très bien qu’elle était là. Bref, elle se cachait par considération pour Tesfia et Alice en sachant ce qui allait immanquablement arriver, car elle devait savoir qu’Arus la détecterait immédiatement.

Et encore une chose.

Arus avait également ressenti le regard déjà présent lors de son match d’entraînement. En d’autres termes, la personne était une marionnette de la directrice.

« Penses-tu sérieusement à faire ça ? » murmura-t-il pour lui même.

Il était peut-être indiscutable que la famille Faver détenait un grand pouvoir et une grande influence. Tesfia elle-même détenait un grade qui soutenait cette notion.

Le mana et les compétences en magie ne dépendaient pas de la lignée. Les enfants des mages doués pourraient eux-mêmes ne pas être doués. Et vice versa. Peut-être qu’une certaine partie de talent était héréditaire, mais la plupart des magiciens exceptionnels le devaient à leurs parents qui les avaient élevés dans un environnement adapté à quelqu’un avec un tel talent. Selon les fondations, leur quantité totale de mana serait différente. Plus on avait de talent, plus on pouvait devenir une élite, mais même sans talent ni parents célèbres, on pouvait devenir au même niveau avec les connaissances correctes en tête.

« Je vous ai fait attendre, » déclara Tesfia.

Tesfia avait fini de se changer en vêtements de pratique et s’approchait en tenant un katana dans une main.

Arus avait également fini de se préparer. Cependant, il n’y avait pas vraiment besoin de changer de vêtements. C’était pour lui simplement quelque chose qui se déciderait dans le feu de l’action pendant leur querelle.

Comme pour s’assurer qu’il n’y avait pas de spectateurs, Tesfia et Alice avaient jeté un coup d’œil autour d’eux et avaient eu l’air emplies de doutes.

Tous les principaux acteurs étaient arrivés, alors la directrice devrait déjà avoir verrouillé les entrées.

« C’est un peu inhabituel qu’il n’y ait personne, » déclara Tesfia.

Elle avait laissé ce commentaire se répandre, peut-être parce que l’arène avait toujours été utilisée en tout temps jusqu’à maintenant.

« Quoi qu’il en soit, commençons, » déclara-t-elle.

Comme l’arène n’était pas divisée en différentes sections cette fois-ci, ils pouvaient utiliser toute la zone, et Tesfia imaginait déjà avec un sourire sur son visage la scène d’Arus rampant à ses pieds.

Cependant, son sourire s’était graduellement transformé en un visage plus maussade à mesure qu’elle plissait ses sourcils et que des veines de colère commençaient à se former sur son visage. Le regard de Tesfia était pointé vers Arus.

En particulier, le fascicule tenu dans la main d’Arus.

« Qu’est-ce que tu essaies de faire ? » lui demanda Tesfia.

« Ne fais pas attention à moi, » déclara Arus.

« As-tu l’intention de te moquer de moi jusqu’au bout ? » lui demanda Tesfia avec colère.

Alors que Alice se tenait avant ça entre les deux autres étudiants, elle s’éloigna légèrement de leur chemin.

« Il y a des termes à définir avant de commencer. Si je gagne, n’interfère plus jamais avec moi, » déclara Arus.

« C’est si tu gagnes. Si tu veux, je t’aiderai même à faire tes devoirs, » déclara Tesfia avec dédain.

« Non merci. Et si tu gagnes ? » demanda Arus.

« Je te demanderai bien entendu de t’excuser, » répondit Tesfia.

« D’accord, » déclara Arus.

Il s’était déjà excusé une fois, mais c’était plutôt une question de sincérité.

Grâce à l’activation de la magie d’Alice, une forte sonnerie d’un avertisseur sonore qui signalait le début de leur match avait résonné dans toute l’arène.

— Et en même temps, Tesfia avait dégainé son katana et avait couru vers lui en ligne droite. En la comparant à son camarade de classe qu’il avait affronté plus tôt aujourd’hui au cours de la leçon pratique de combat, il y avait clairement une différence dans la capacité physique.

Arus tenait le fascicule roulé dans sa main droite et il l’avait recouvert de mana.

Il y avait des critères pour mesurer la force d’un magicien. L’un d’entre eux serait leur AAR. En tant qu’arme d’assistance, les AAR étaient très solides, mais sans exception, ils étaient tous fabriqués à partir de matériaux rares. C’était quelque chose avec une conductivité magique hautement élevée. En mélangeant ce matériau avec le noyau d’une arme, vous serez en mesure d’augmenter sa conductivité magique. Et aussi, en écrivant des formules magiques dessus, il serait en mesure de vous aider lorsque vous utilisez des magies difficiles.

Le rouleau de papier d’Arus n’était pas un AAR, mais cela ne signifiait pas qu’il ne pouvait pas faire de la magie avec, mais seulement qu’il était difficile de le faire. Naturellement, comme il n’y avait pas de gravures magiques, il ne serait d’aucune aide lors de l’utilisation de la magie. Même si on l’appelait de la conductivité, il était quand même nécessaire de couvrir votre arme de mana comme il l’avait fait pour son rouleau de papier.

La forme et la solidité du mana qui couvrait l’objet étaient un autre critère pour mesurer les capacités d’une personne.

Cependant, cela ne pouvait être utilisé que comme critère pour mesurer la compétence des personnes jusqu’à 3 chiffres. Les mages à 2 chiffres auraient déjà un contrôle et une exécution parfaits, alors ne parlons même pas des Solitaires.

C’est pourquoi dans ce cas, c’était le moyen parfait pour mesurer la capacité de Tesfia dont le rang était dans les 4 chiffres.

Ils étaient déjà au milieu d’un match.

Le katana de Tesfia était comme il le supposait, une lame de haute qualité. Cependant, son talent n’arrivait pas à suivre la grandeur de sa lame. Actuellement, on pourrait dire qu’il s’agit du gaspillage d’un trésor.

Le mana qui couvrait la lame par rapport aux autres élèves serait considéré à un niveau plus élevé. Même la quantité de mana était grande pour quelqu’un avec un rang à 4 chiffres. Cependant, il était évident que la lame était revêtue de trop de mana, car sa forme était déformée.

La quantité minimale de mana nécessaire pour être un magicien à 2 chiffres n’était pas beaucoup plus grande que ça, mais ce qui importait, c’était l’intensité et l’harmonie du mana. Au contraire, plus le tranchant était réduit par une trop grande quantité de mana, plus l’utilisateur était inexpérimenté. Et pour ne pas le gaspiller, on moulait finement leur mana autour de leur lame.

Dans le cas de Tesfia, elle était plus susceptible en raison de son usage grossier de mana qu’elle allait frapper quelqu’un comme si elle utilisait une arme contondante plutôt que de trancher avec une lame.

La lame si misérablement entourée de mana ne serait d’aucune utilité dans le monde extérieur. Même s’il s’agissait d’un AAR si précieux, la personne mourait contre n’importe quel mamono.

« Haaaaaaaaaaa !! »

Arus, sans même essayer d’esquiver, avait attendu la lame qui avait basculé sur lui.

Alors qu’une expression suffisante apparaissait sur le visage de Tesfia — .

« ― ! ! »

Tesfia avait été surprise lorsque sa lame avait été arrêtée alors qu’elle avait frappé à pleine puissance son adversaire. Alice, qui se tenait à une bonne distance, avait eu la même réaction.

Son épée aiguisée avait été arrêtée par un simple fascicule. Et en plus de cela, il n’y avait pas une seule égratignure sur le papier.

Arus avait attendu que Tesfia revienne à la raison.

Il n’avait pas d’autre choix que de délivrer la rétribution divine à Tesfia qui avait traité avec négligence ses documents précieux et de la plus haute importance. Pour cette raison, un dépliant scolaire convenait parfaitement à l’emploi.

Tandis que Tesfia retrouvait ses sens après le choc subit, elle avait rapidement sauté en arrière et avait acquis une certaine distance.

« C’est impossible !! Ça ne peut pas être du papier ordinaire ! » déclara Tesfia.

« Pas du tout... c’est juste du papier. Tu dois aussi en avoir reçu un, c’est-à-dire un dépliant scolaire tout à fait normal, » déclara Arus.

« ― ! ! »

Arus avait ouvert le fascicule et lui avait montré le contenu. Sur le devant se trouvait une photo du bâtiment de l’école.

« C’est un mensonge ! Il n’y a aucune chance qu’un bout de papier puisse résister à mon attaque, » s’écria Tesfia.

« Est-ce que je ne viens pas à l’instant de bloquer ton attaque ? » lui demanda Arus.

Alors que son tempérament bouillonnait, elle serra sa lame plus fermement.

« Impossible ! » cria Tesfia.

Peu importe la quantité de mana que vous couvrez de papier ordinaire, il y avait une limite à sa durabilité, et il perdrait à tous les coups en matière de puissance contre la lame émoussée de Tesfia. Ce serait le cas pour n’importe quel mage normal que vous pourriez trouver en ce monde.

Il serait presque impossible d’imprégner de mana du papier qui n’était même pas un AAR. Ce genre de technique aberrante lui avait valu une place en tant que Magicien Solitaire.

Immédiatement après ça, Tesfia avait levé son arme et était venue à la charge pour la deuxième fois.

Cependant, peu importe combien de fois Tesfia avait frappé avec sa lame, Arus s’était défendu contre toutes ses attaques qu’avec son misérable bout de papier.

Elle avait ensuite soulevé sa lame une nouvelle fois.

« ... »

Tesfia qui essayait de faire d’amples frappes en plein dans un combat rapproché était pleine d’ouvertures.

Arus n’était pas assez patient pour continuer à arrêter ses coups.

« ― ! »

Le fascicule d’Arus avait magnifiquement pris contact avec le visage de Tesfia. Un cri s’était fait entendre dans les airs emplis de tension et cela avait résonné dans tout le stade.

La frappe n’était vraiment pas ce qu’on attendrait de voir si l’objet en cause était fait de papier qui serait utilisé en tant que simple arme contondante.

Tesfia avait été projetée dans l’air sur une bonne partie de l’arène et elle s’était écrasée sur le sol en tombant sans force. Ses cheveux roux ébouriffés étaient éparpillés sur tout le sol.

« FIA !! » Alice avait instinctivement appelé Tesfia qui avait roulé plusieurs fois avant de s’arrêter définitivement.

Ce n’était pas une frappe avec la force du papier. La puissance du coup qui avait emporté Tesfia pourrait être comparable à une attaque produite par un véritable mamono.

Alice, en tant que seule spectatrice dans cette arène, s’était rendu compte que l’attaque n’était pas due à la magie. Il n’y avait pas de chant et aucune trace d’un flux de mana tout autour de l’adversaire de Tesfia ou de son arme.

Ce n’était que grâce à la force produite par une brochure enroulée que cette attaque avait pu envoyer une personne faire un vol plané.

Il se sentait coupable d’avoir frappé le visage d’une femme, mais l’arène de pratique convertirait tous les dommages physiques en dommages mentaux, ne laissant aucune blessure ou séquelle. Et plus que tout, il n’y avait aucune différence entre les hommes et les femmes qui visaient à devenir des magiciens. Il ne serait pas facile pour quelqu’un qui aspirait à devenir magicien, même s’il s’agissait d’une femme. Le sexe n’avait aucune importance dans le monde de la magie, surtout lorsqu’on était face à un mamono qui dévorait les deux genres avec autant d’entrain.

☆☆☆

Chapitre 5 : La Véritable Identité

Il y avait eu le silence après ça.

Alors qu’Alice se précipitait vers Tesfia pas à pas — .

Tesfia, qui n’avait pas bougé d’un pouce, avait légèrement bougé sa main. Elle souleva peu à peu la tête puis elle se leva lentement.

Alors qu’elle se levait en utilisant son katana comme support, elle se frottait la joue avec un regard d’incrédulité bien visible.

Elle n’était probablement pas encore au courant de la situation. La tête de Tesfia était dans le chaos, essayant de comprendre ce qui s’était passé et la raison pour laquelle elle était effondrée sur le sol.

« Ça va, Fia ? » demanda Alice.

« ... O-Oui, » répondit Tesfia.

Elle avait été magnifiquement soufflée dans les airs, mais elle n’aurait pas dû être blessée. Après tout, elle avait été frappée avec un dépliant en papier, et peu importe la quantité de mana que vous y insuffliez, il y avait une limite à sa force, du moins, c’était ce que le bon sens vous disait.

Tandis que Tesfia pensait à ce qui s’était passé au milieu du match, elle s’était précipitée sur Arus et avait ouvert la bouche.

« Qu’est-ce que tu as fait ? » demanda Tesfia en un cri.

« Je t’ai juste tapoté légèrement avec ce dépliant de l’école, » répondit Arus.

« Ne plaisante pas, ce n’était pas du papier. J’avais l’impression d’avoir été frappé par quelque chose de dur..., » déclara Tesfia.

Une fois de plus, Tesfia toucha son visage alors qu’elle bouillonnait de colère.

Vous pourriez confirmer l’utilisation de la magie d’un magicien en observant les rayons de lumière visible qu’il émettrait, tout comme la lame de Tesfia qui était recouverte d’une faible lumière pâle qui montrait que le mana la traversait. Le fascicule qui avait frappé Tesfia était aussi couvert de mana, c’est pourquoi il était capable de résister contre ses attaques avec une capacité normalement impossible pour un rouleau de papier, mais en ce moment, rien n’était visible.

Cependant, du point de vue de Tesfia, il semblait vraiment qu’elle avait été frappée par un morceau de béton. Mais ce qui l’avait frappé était une brochure en papier.

La vérité, c’était qu’avec le niveau d’efficacité d’Arus, il n’y avait aucune chance que les étudiants de première année ou même les mages à 4 chiffres se rendent compte de ce qu’il avait fait.

Il avait seulement recouvert le fascicule de mana juste avant qu’il n’entre en contact avec sa cible, ce qui l’avait rendu aussi dur que la pierre pendant le temps nécessaire. Mais le reste du temps, il était resté normal, tel n’importe quel document de papier qu’on trouverait dans le monde.

C’était une merveilleuse performance qui montrait la différence entre leurs niveaux de compétences des deux magiciens, ou plutôt, d’un véritable magicien se tenant au sommet du monde, face à une simple étudiante.

« Tu pourrais le comprendre si tu lisais le livre que tu m’as arraché des mains plus tôt aujourd’hui, » Arus avait déclaré cela comme s’il la blâmait.

Le livre que Tesfia avait attrapé était quelque chose sur lequel des chercheurs avaient passé de nombreuses années de dur labeur, et c’était le fruit de leurs efforts. Profaner leur sagesse était un péché impardonnable pour les magiciens.

« Argh... »

« Es-tu prête maintenant à te rendre ? » demanda Arus.

« Je ne sais pas ce que tu as fait, mais ne te prends pas pour meilleur que tu l’es en réussissant juste une fois à me frapper, » déclara Tesfia.

« Fia ! N’est-ce pas déjà assez..., » s’exclama Alice.

Alice l’avait bel et bien avertie, mais comme prévu, Tesfia n’avait pas tenu compte de ce qu’elle avait dit.

La quantité de mana qui s’échappait du corps de Tesfia avait augmenté en raison de sa colère.

« De quoi parles-tu, Alice ? Il a réussi à me porter un coup par pur hasard, je vais immédiatement le vaincre et lui apprendre sa place, » déclara Tesfia.

Tesfia avait pris une profonde respiration et elle avait tenu sa lame devant elle. Elle avait fait circuler deux doigts le long de la lame avec des mouvements fluides.

Alors qu’elle terminait de tracer avec ses doigts le chemin le long de la lame, les caractères magiques de sa lame s’illuminèrent.

« Fia, c’est exagéré !! » s’écria Alice.

Alice avait deviné ce que Tesfia avait l’intention de faire. Ses mots n’atteignirent pas Tesfia alors qu’elle recommençait à glisser ses doigts jusqu’au bord de la lame.

Tesfia pointait en ce moment sa lame horizontalement, et concentrait le mana sur la pointe de la lame. Du propre corps de Tesfia et à travers l’AAS, une lumière avait commencé à briller en augmentant progressivement d’intensité.

Puis tout le mana s’était concentré en un point comme s’il absorbait tout le mana de l’environnement.

— Avec un bruit de craquement, un bloc de glace géant s’était formé en plein vol. Comme la lame était légèrement basculée vers le bas, elle avait brisé la surface du bloc de glace et une grande épée transparente s’était formée à partir de là.

« Épée de Glace ! » déclara Tesfia.

C’était la première fois qu’il le voyait, mais cette magie unique était bien connu puisqu’elle était enregistrée dans les encyclopédies. Cependant, c’était la première fois qu’il le voyait en personne, n’ayant lui-même jamais trouvé l’utilité lors d’un combat.

« C’est incroyable ! » déclara franchement Arus.

Arus avait fait l’éloge de la technique qui avait créé le bloc de glace, qui avait servi de moule pour la lame de glace. Il n’était pas tout à fait adapté à apporter la mort à ses adversaires, car il y avait beaucoup de parties inutiles présentes sur la lame, mais cela avait un certain charme qui captiverait tous les spectateurs. Plus que toute autre chose, il s’agissait d’un compliment direct envers elle, car une étudiante de première année normale ne serait pas capable d’utiliser une telle magie.

Sans qu’elle entende son compliment, Tesfia, sans un mot, pointa le bout de la lame vers Arus et chargea directement vers lui.

Elle était rapide, mais pour Arus, c’était une attaque lente et basique. C’est pourquoi il serait facile de l’esquiver.

Ce match d’entraînement, qui pouvait aussi être considéré comme un duel, n’était pas autre chose qu’une séance de punition pour Tesfia qui avait profané la précieuse sagesse de l’humanité sans aucun remords.

Il serait probablement sûr de dire que c’était la magie la plus forte de Tesfia. Comme preuve, on pouvait voir ses épaules se balancer vers le haut et vers le bas en raison de la fatigue d’avoir dépensé autant de mana.

Il la regarda calmement droit dans les yeux.

Ce n’était pas comme si c’était un pari pour lui d’affronter ça. Pour Arus, ce niveau de magie n’était pas quelque chose qu’il ne pouvait pas gérer sans avoir besoin de faire un effort.

« Non ! — Évite-le ! » Avec un visage pâle, Alice lui avait parlé.

Elle avait essayé d’incanter une magie protectrice, mais pour cette génération de magiciens qui avaient l’habitude d’utiliser les AAR, sa vitesse ne lui permettrait pas d’arriver à temps. Son incantation, qui avait été coupée en deux, s’était transformée en un cri d’angoisse.

Arus avait pris une petite respiration comme si tout cela n’existait pas.

Il concentra tous ses sens sur sa main qui était mise à plat comme une lame. Il allait ainsi former une lame tranchante faite de quelque chose aussi solide que l’acier qui pourrait couper à travers tout.

Le mana qui couvrait sa main avait augmenté, et au bout de sa main, une lame de mana se forma en s’allongeant. Il avait créé une lame qui était constamment parcourue par du mana, et c’était une lame assez tranchante pour découper à travers tout, et même le temps lui-même pourrait être tranché s’il le voulait.

Au moment de la collision, Alice regarda vers le bas et attendit le résultat avec un visage sans expression comme si le résultat était évident d’après la façon dont Tesfia avait agi de manière exagérée.

Le résultat auquel les deux filles s’attendaient ne s’était jamais produit.

Alice avait ouvert les yeux non pas parce qu’elle voulait voir ce à quoi elle s’attendait, mais parce qu’elle n’entendait pas le son d’une lame s’écrasant sur un corps.

Arus était en face de Tesfia, composé et calme. Derrière lui se trouvait la lame de glace divisée en deux.

Le mana qui avait pris la forme d’une lame n’avait pas gardé sa structure intacte, et de fines fissures étaient apparues sur toute la lame. Elle ne s’était pas brisée en morceaux au fur et à mesure que des fissures apparaissent, mais à la place, tout cela s’était dispersé en fragment de mana. Arus avait simplement arrêté de l’alimenter.

« ― ! ! Impossible... » s’exclama Alice.

Alice avait laissé échapper son étonnement, tandis que Tesfia avait une expression abasourdie sur son visage.

Qu’est-ce qu’Arus a fait ? La seule personne qui comprenait peut-être était la directrice qui regardait de très loin.

Le mana était la ressource pour utiliser la magie. Cependant, utiliser le mana lui-même comme une attaque, non pas sous la forme d’une magie, était en dehors du bon sens de la plupart des magiciens et encore plus des non-magiciens.

Les magiciens avaient tendance à utiliser des magies existantes, choisissant de ne pas créer leur propre magie. C’était ainsi parce que c’était la méthode la plus courante utilisée par la quasi-totalité des magiciens de ce monde. Comme le fait de vaincre les mamonos était le rôle d’un magicien, la recherche de la magie pour combattre les mamonos était le rôle des érudits et des chercheurs. Par conséquent, les magiciens avaient laissé la compréhension de phénomènes inconnus à d’autres personnes plus qualifier.

Ce qu’Arus avait fait était une manœuvre magique très précise. C’était la même idée que de couvrir les armes de mana.

Fondamentalement, si vous couvrez une arme avec du mana, ce qui entrait en contact était toujours le mana qui couvrait l’arme, donc en utilisant cette logique on pourrait étendre le mana indépendamment pour former une lame faite de mana pur. Cependant, cette méthode n’était pas du tout connue. C’est une faille qu’Arus avait découverte lors de ses très nombreuses recherches.

Le mana qui était utilisé sur la matière organique pour produire une lame en mana était impossible. Cependant, Arus avait acquis les connaissances concernant cette magie unique à lui tout seul. En gros, c’était quelque chose qui détruisait les caractéristiques du mana, et en superposant le mana sur lui-même, la matière organique perdait sa caractéristique d’absorber le mana et elle fonctionnait comme s’il s’agissait d’une substance inorganique. C’était une technique pour transformer les caractéristiques des substances, ce qui permettait d’utiliser le mana pour les former ou les façonner.

Cependant...

Vous auriez à contrôler le mana qui était constamment produit à l’intérieur de votre corps, ce qui nécessiterait que quelqu’un soit capable d’utiliser une telle technique, ce qui était pour ainsi dire impossible.

Arus serait probablement la seule personne au monde qui pourrait le faire. C’était ainsi parce que ce n’était pas la façon dont le mana devait normalement être utilisé.

Comme l’énergie qui alimentait toutes les applications et utilisations liées à la magie était le mana, ce n’était pas quelque chose que les gens étudiaient normalement, car la plupart des magiciens se concentraient sur l’apprentissage de la magie en elle-même et non pas celle du mana.

C’était pour ça que les filles n’avaient rien remarqué.

Après ça, il avait utilisé le fascicule dans sa main gauche pour tapoter légèrement ses épaules. C’était presque comme s’il signalait que c’était la fin de leur duel...

Arus ne voulait pas vraiment blesser Tesfia. Il voulait juste lui apprendre la réalité, et briser sa fierté alors qu’elle se pensait si puissante que ça ce qui aurait entraîné sa mort face à n’importe quel mamono.

C’est pour ça qu’il voulait en finir simplement. Et parce qu’une simple phrase pourrait démontrer son pouvoir de réconciliation...

« Je m’excuse pour ce que je t’ai dit la première fois, » déclara-t-il.

« ― ! ! »

Tesfia, qui avait été confrontée à de soudaines excuses, avait été surprise et avait perdu la capacité de parler.

Ce n’était pas comme s’il admettait sa défaite. Ce n’était qu’une simple excuse.

Tesfia elle-même savait mieux qui était le vainqueur et le perdant dans ce match. C’est pourquoi il n’était pas nécessaire de le dire à voix haute.

« Je ne voulais pas que cela t’insulte, mais si c’était le cas, alors je m’en excuse, » déclara Arus.

C’était une excuse du fond du cœur, alors qu’Arus marchait devant Tesfia et s’inclinait profondément. C’était une action qui avait résolu tout ce malentendu, et avec cela tout devrait être réglé. Il avait contenté la fierté de Tesfia en guise de compensation et comme les demandes des deux parties avaient été satisfaites, il avait pu régler cette affaire sans qu’il y ait d’autres litiges potentiels.

« ... Je, est-ce que c’est vrai ? Je suis aussi désolée d’être si têtue, » déclara Tesfia.

Bien qu’il n’en ait pas l’air, Tesfia était à l’origine une personne très compréhensive et sensible.

C’est pourquoi Arus avait choisi cette méthode pour tout conclure.

« Alors, je vais m’en aller maintenant, » déclara Arus.

« Attends — ..., » alors qu’il essayait de dépasser Tesfia, elle avait saisi sa manche et il s’était retourné, légèrement agacé.

« Quoi ? » demanda Arus.

« ... Comment l’as-tu fait ? » demanda Tesfia.

Tesfia détourna timidement son regard de lui et lui demanda ça. C’était presque un accord tacite de ne pas fouiner dans la magie des autres camarades de classe. Puisqu’elle n’était qu’une apprentie magicienne, sa voix manquait de force.

Tesfia n’était pas la seule personne à poser des questions, car Alice s’approchait également des deux autres magiciens et tendait ses oreilles en essayant d’entendre leur conversation sans rien dire.

Il avait essayé de faire lâcher son bras deux ou trois fois, mais elle avait dû serrer sa manche avec force, car elle n’avait pas bougé.

Arus, se demandant quoi faire, avait déplacé son regard vers les sièges des spectateurs. Il ne s’attendait pas à grand-chose, mais c’était une décision qu’il ne pouvait pas prendre de lui-même.

Parce que d’autres regards indiscrets de la part des deux autres pourraient révéler son rang s’il parlait trop, il ne pouvait rien faire.

Agissant comme si elle était au courant de la situation, la directrice arriva en applaudissant.

Il n’y avait aucun doute que Tesfia et Alice avaient tourné leurs yeux vers la directrice applaudissant.

« «  Directrice !! » »

Elle avait cessé d’applaudir et avait sauté par-dessus la rampe d’une hauteur de trois étages. Elle avait atterri en douceur sur le sol et s’était levée facilement.

« Comme on pouvait s’y attendre de la fille de la maison Faver, j’ai eu droit à un match d’entraînement de haut niveau, » déclara la directrice.

Elle était la directrice de l’école, mais aussi une figure d’admiration de toute personne qui désirait devenir magicien.

Arus ne pouvait pas dire ce que la directrice avait prévu de faire.

Comme pour dissiper ses inquiétudes, la directrice Cisty s’était approchée d’eux.

« Pouvoir utiliser une telle magie de haut niveau malgré le fait d’être en première année, magnifique, » déclara la directrice.

« ... Je vous remercie beaucoup. Mais pourquoi êtes-vous ici, Madame la Directrice ? »

C’était une question évidente. Tesfia affichait un visage amer après avoir reconnu sa défaite, mais elle ne pouvait s’empêcher de transformer cela en un regard de joie, car elle était louée par une ancienne Solitaire.

« C’est parce que Monsieur Arus a demandé de réserver l’arène d’entraînement. Je suis venue en spectatrice, » déclara la directrice.

« ― ! ! Directrice ! » Arus avait paniqué pendant un moment alors qu’il était exposé.

Cette fois, leurs regards étaient concentrés sur Arus, car même le regard de la directrice était posé sur lui.

« Arus Reigin, n’est-ce pas ? Qu’est-ce que tu es ? Le fait de pouvoir couper mon épée de glace en deux..., » déclara Tesfia.

« C’est le minimum de ce qu’on peut attendre de lui, même s’il n’a utilisé qu’un fragment de son pouvoir. Mais en vérité, je suis venue ici pour m’assurer votre sécurité, les filles, » déclara la directrice.

Arus avait décidé de laisser toutes les discussions à la directrice qui souriait.

En premier lieu, l’ordre de cacher son rang était venu de l’académie, Arus lui-même ne s’en souciait pas vraiment. Tant qu’il avait son temps libre, rien ne lui importait.

Mais il n’était pas à l’aise avec la façon dont cette conversation se déroulait.

« Qu’est-ce que vous voulez dire par là !? » s’écria Alice.

Tesfia était celle qui essayait de découvrir ce qui se passait, mais tout à coup Alice s’était glissée à côté d’eux et leur avait posé la question qu’elles se posaient.

« Ce serait plus rapide si je vous le montrais, » déclara la directrice.

La directrice s’était retournée pour faire face à Arus et avait sorti une carte de sa poitrine.

« Est-ce une licence ? » demanda Alice.

« Mm-hmm, ça vient des militaires, et c’est arrivé aujourd’hui, ce matin même, spécialement pour vous, Monsieur Arus, » déclara la directrice.

« ... »

Alice qui avait interrogé la directrice sur cette question pensait qu’elle obtiendrait une réponse plus directe, et était légèrement confuse lorsqu’elle avait parlé de « militaires ».

Arus pouvait deviner ce qu’elle voulait faire. C’est pourquoi il n’avait pas été surpris lorsque la directrice lui avait donné la carte avant de toucher l’activation de la carte.

« « ― ! ! » »

Un flux lumineux de magie s’était échappé de la carte de licence et un écran cristallin avait été projeté.

☆☆☆

Chapitre 6 : L’Enseignant au combat

Ce qui était projeté en 3D à partir de la mince carte était un chiffre unique et incomparable suivi d’un nombre plus classique, « 1/119 550 ».

Tesfia n’avait pas pu s’empêcher de parler. « Pas possible !! »

Alice n’avait même pas pu émettre un son : « — !! », tellement elle était abasourdie.

Cisty avait alors déclaré. « Comprenez-vous maintenant ce dont je parlais. »

Tesfia montra du doigt le visage d’Arus en disant à la directrice. « ... Ahh... euh, ce type est... mais..., » Un Magicien Solitaire. Sur les 100 000 magiciens dans le monde, seuls 9 possédaient ce statut. Le premier rang, parmi tous, était bien entendu le plus puissant d’entre tous. Et ainsi, l’apogée des magiciens était juste devant elles. C’était tellement ridicule qu’elle n’arrivait même pas à gémir devant ce fait.

« Fufuu... Quelle belle réaction ! J’ai été tout aussi surprise quand j’ai lu son profil, » déclara Cisty.

Tesfia continua à pointer du doigt le visage d’Arus. « Eh, mais... même âge..., »

Les étudiants s’inscrivaient à l’académie pour se consacrer à l’apprentissage de la magie. Les nobles comme Tesfia avaient tendance à être des exceptions. Dans cette continuité, Arus était une exception parmi les exceptions. L’étudiant moyen commencerait vraiment à s’épanouir en tant que magicien seulement après l’obtention de son diplôme après trois ans de cours.

Elle ne pouvait pas croire qu’un Magicien Solitaire avec le même âge qu’elle existe, et pourtant, les deux premiers caractères sur la licence d’Arus fournissaient une preuve accablante de ce fait. Les particules de doutes qui subsistaient en elle s’étaient dissipées avec la confirmation de la directrice.

La réaction d’Alice avait rendu Arus curieux. Elle, contrairement à Tesfia qui n’arrivait pas à gérer un seul mot décent, était déjà en train de retrouver un peu de son sang-froid. Il lui parla, mais pas avec l’intention de se vanter : « Alice, n’es-tu pas surprise ? »

« ... Eh, oui ! Quoi ? » demanda Alice.

Elle est très surprise. Ses paroles sont trop brusques, pensa Arus.

Il lui avait dit. « Ne sois pas si tendue. C’est trop gênant. »

Son expression s’était alors effondrée en une expression d’embarras alors qu’elle lui avait dit. « ... J’ai compris ! » Mais il semblerait qu’elle était encore un peu raide.

Cisty avait alors déclaré. « Monsieur Arus est en quelque sorte une exception. Je ne sais pas quelle était la cause de ce conflit, mais il a laissé derrière lui de très nombreuses réalisations sur le front... ses valeurs sont probablement très différentes des vôtres en raison de tout ce qu’il a fait. »

Tesfia continuait à regarder Arus avec suspicion malgré les paroles de la directrice. Il n’était pas certain que ses paroles aient eu un quelconque effet, car elle continuait de le fusiller du regard avec la même hostilité qu’avant l’arrivée de la directrice.

Arus n’avait même pas tenu compte du comportement de Tesfia. Il avait alors déclaré. « Directrice, n’est-ce pas vous qui vouliez que je cache ma position de numéro 1 mondial ? »

« J’ai changé d’avis. Je crois qu’il vaudrait mieux que vous enseigniez des choses à ces deux-là, » son ton suggérait qu’elle avait basé sa décision sur un caprice qui avait surgi d’un coup. Elle avait ajouté. « Vous deux, vous ne devez pas le révéler aux autres élèves ou enseignants ce fait, ou alors vous en subirez les conséquences. »

Alice donna immédiatement une confirmation. « Je comprends ».

Tandis que Tesfia avait pris un moment. « ... D’accord. »

Cisty avait alors continué. « Monsieur Arus, pourquoi êtes-vous étudiant ici ? »

La question était soudaine, mais il avait déjà une réponse. On le lui demandait pour que les deux autres l’entendent. Il avait alors dit. « Pour que je puisse me détendre un peu. »

« « ... !! » »

Cisty avait poussé un soupir « Je sais parfaitement ce que vous ressentez. »

Les réalisations d’Arus étaient totalement anormales. Même elle avait du mal à les saisir dans leur intégralité, ou du moins ce qu’elle pensait être son intégralité. Dans l’ère actuelle, l’âge adulte était légalement reconnu à 16 ans. Les magiciens étaient reconnus comme des magiciens qu’à leur sortie de l’académie. En d’autres termes, la définition de ce qu’était un enfant avait fluctué plusieurs fois au fil des ans en raison du déchaînement des mamonos dans le monde extérieur.

Mais il n’y avait donc rien d’anormal dans la vie d’Arus. Les échelons supérieurs de l’armée pensaient à la défense du pays et à la récupération de territoire avant toute autre chose. Ils n’avaient donc pas la marge de manœuvre nécessaire pour permettre à un puissant magicien comme lui de rester inactif. Arus, ayant un grand talent en magie, avait été élevé avec l’entraînement et l’éducation militaires nécessaires et il avait été déployé pour le combat dès que possible sans jamais penser à lui.

Cisty doutait que la demande de retraite d’Arus soit un jour approuvée. Quand elle avait reçu la notification que l’armée affectait Arus dans la 2e académie de magie, elle avait également reçu l’ordre de faire ce qu’il fallait pour le pousser à retourner sur le champ de bataille, peu importe la manière. On lui avait dit qu’elle devait lui faire comprendre qu’il devait revenir pour le bien de l’humanité.

Quand elle avait vu ça, elle avait frappé son bureau avec indignation face à cette demande injuste. Même si son académie produisait beaucoup d’excellents magiciens pour cette raison même, les têtes pensantes à tête de cochon voulaient placer leurs espoirs sur un seul magicien supérieur. En même temps, il était indéniable que beaucoup de ses élèves n’avait pas eu à se rendre dans des zones dangereuses grâce à lui, ou qu’ils avaient eu le temps de parfaire leur technique en ayant Arus qui se chargeait de tous les points chauds du monde. Mais en vérité, la très forte diminution du nombre de magiciens décédés ne lui permettait pas d’exprimer pleinement ses sentiments.

Cisty comprenait les arguments d’Arus. Tout cela était quelque chose qui embarrasserait les adultes si c’était révélé au grand jour. Par conséquent, elle avait choisi d’écarter les instructions provenant des militaires et de chuchoter quelque chose d’autre à l’oreille d’Arus. Elle s’était placée derrière lui avant de serrer ses bras autour de corps d’Arus comme si elle l’enlaçait tendrement. Elle avait ainsi créé un spectacle lascif, mais Arus n’était pas influencé par une telle chose. Elle lui avait soufflé d’une douce voix dans l’oreille, mais son expression restait indifférente.

Tesfia et Alice s’étaient pincé les lèvres. Elles n’avaient pas le courage de s’imposer dans la conversation secrète entre Magiciens Solitaires.

Elles respectent notre conversation, pensa Cisty.

Cisty lui avait alors dit. « Au lieu de faire des recherches, ne pourriez-vous pas aussi vous détendre en rendant ces filles plus fortes ? »

Arus avait fait un sourire ironique. C’est donc la vraie raison pour laquelle elle leur a révélé mon rang.

Le plan de Cisty était aussi dans son propre intérêt. Peu importe à quel point les deux filles étaient prometteuses, elles ne pouvaient pas remplacer Arus. Si l’armée insistait sur son retour, alors pour l’encourager, ne serait-ce qu’un peu, elle devrait lui faire découvrir ce pour quoi il se battrait de son plein gré.

L’empathie que Cisty ressentait pour Arus datait de son passage dans l’armée... de la première fois qu’ils s’étaient rencontrés il y a neuf ans. Arus était très jeune et il ne semblait pas se souvenir d’elle. De plus, comme c’était un très mauvais souvenir pour lui, elle ne lui avait surtout pas intentionnellement fait se remémorer de leur rencontre.

Arus jeta un regard sur Tesfia et Alice. Il admettait lui-même qu’elles possédaient un niveau remarquable de talent. Elles pourraient même offrir un bon combat à une troisième année qui était prête à devenir magicien. Cependant... « Ce n’est pas bon. Je ne pourrais pas me détendre en les entraînant. »

« Et j’espérais que vous pourriez être diplômé de cette académie comme tout le monde, » continua Cisty.

Même si Arus ne voulait pas réduire son temps de recherche, écouter la directrice pourrait améliorer sa capacité à se détendre. « ... Qu’est-ce que vous voulez que je fasse ? »

« Apprenez-leur à se battre dans de véritables combats, » déclara Cisty.

« C’est impossible. Je n’ai pas ce genre de talents, » déclara Arus.

Arus ne disait pas ça par humilité. La capacité d’enseigner n’était pas une compétence présente chez la plupart des personnes de base, contrairement à la directrice qui la possédait naturellement.

Cisty l’avait tenu plus serré alors qu’elle avait pressé ses lèvres près de son oreille. Ses mots roulaient dans son souffle doux alors qu’elle lui disait. « C’est très bien ainsi. Personne ne peut égaler vos talents au combat. »

Tesfia et Alice avaient rougi face à cette vision.

Je ne suis pas forcé, mais je n’ai pas non plus le droit de refuser, pensa Arus.

La seule option d’Arus était de faire se plier à ça. Non seulement ne devrait-il pas contrarier la directrice de l’académie, mais elle le maintiendrait en place et lui ferait perdre son temps de recherche s’il s’opposait à elle. De plus, il ne pouvait pas imaginer Tesfia étant assez civilisée et lui demandant de lui enseigner quelque chose. Il avait alors dit. « Je peux le faire pendant les pauses entre mes recherches. »

Les bras serrés autour d’Arus s’étaient relâchés alors que Cisty disait. « Je pensais bien que vous le diriez. » Cet échange établissait clairement la hiérarchie au sein de l’académie.

Maintenant, bien qu’Arus soit encore assez jeune, il se considérait quelque peu compétent pour les négociations. Cependant, en raison de la directrice, sa condition avec Tesfia qu’elle ne se mêle plus de ses affaires avait été annulée.

Arus avait dit. « Puis-je maintenant partir ? » Il voulait partir le plus tôt possible pour ne pas perdre encore plus de temps.

Cisty déclara alors. « Faites de votre mieux. »

Arus, las de tout ça, avait déclaré. « ... Votre mieux... » en lui redonnant la brochure roulée. Il se dirigea ensuite vers la porte.

Tesfia et Alice le regardaient s’éloigner des côtés de Cisty. Tesfia avait ouvert la bouche pour parler, mais aucun mot n’était sort. Elle se tourna ensuite vers la directrice et lui demanda. « Est-ce vraiment le numéro un mondial ? »

Un monologue avait alors coulé hors de la bouche de Tesfia. Elle critiquait avec rage la décision d’Arus de se retirer des lignes de front pour se détendre et elle disait que tout cela était négligent. — Mais à ce moment-là, une vague de soif de sang l’avait congelée sur place. L’ancienne Magicienne Solitaire, connue sous le nom de Sorcière, l’avait enveloppé à dessin de son aura de soif de sang alors qu’elle regardait le jeune homme partir tout en étant fâchée contre les paroles de Tesfia.

Arus avait continué à marcher. Il avait vu la soif de sang dans son dos comme l’agissement d’un enfant.

Cependant, Tesfia et Alice avaient reculé en ressentant une profonde peur. Elles ne pouvaient pas voir l’expression de la directrice. Cependant, elles comprenaient instinctivement que la directrice était en colère. Elles ne savaient pas pourquoi et n’arrivaient pas à comprendre la situation.

Cisty, elle-même, avait alors été celle qui avait brisé la tension. Elle avait parlé avec un sourire amer. « Il a diverses circonstances, alors n’osez surtout pas le critiquer sans rien savoir. Si vous voulez être de meilleurs magiciens, vous devriez lui demander de vous enseigner. Il n’avait pas le droit d’utiliser la magie à cause de notre stupide accord. »

« « — !! » »

Tesfia n’avait pas pu se réjouir des paroles de la directrice, mais elle ne pouvait pas non plus les rejeter. La directrice était bien trop meilleure par rapport à elle pour que Tesfia ne se sente pas mal à l’aise.

Cependant, Alice avait parlé. « Eh ! Est-ce vraiment acceptable de faire ça ? »

« — ! ! Alice, veux-tu vraiment que ce type t’apprenne ? » demanda Tesfia.

« N’est-ce pas génial ? Le magicien le plus fort au monde pourrait nous enseigner énormément de choses, » déclara Alice.

Pour recevoir l’instruction du magicien supérieur régnant dans ce monde, il faudrait une chance incroyable. Même les magiciens à deux chiffres auraient du mal à obtenir une telle relation, ayant tous été rejetés pour le moment. Pour simplement rencontrer une telle personne, il faudrait gagner suffisamment de mérites militaires pour remplir une veste entière de médailles, ce qui n’était nullement leur cas.

Tesfia avait alors dit. « C’est vrai, mais... »

Tesfia avait confiance en elle. Son but était d’atteindre un rang qui n’apporterait pas de honte à son noble nom. Le rêve de devenir le Magicien Solitaire n’était pas à sa portée, mais celui d’un magicien à deux chiffres l’était.

Il était indéniable qu’il s’agissait d’une excellente occasion, mais cela ne semblait pas juste. Les mots caustiques de l’ancienne Magicienne Solitaire devant elle avaient laissé un vide dans son cœur. En ce moment, elle était à 100 pas... mais elle pourrait facilement avancer de 2 ou 3 pas en tendant la main.

Cisty avait alors dit. « Je n’ai pas l’intention de vous forcer, mais vous pourriez sans aucun doute obtenir quelque chose de lui. »

Tesfia avait parlé avec une confiance inébranlable. « Ne pourriez-vous pas nous apprendre à sa place ? » De son point de vue, Arus n’était rien d’autre qu’un étudiant comme elle. Elle doutait vraiment qu’il soit capable de leur enseigner quelque chose.

« Je suis une personne occupée. Allez-vous vraiment laisser passer cette chance unique ? De nombreuses personnes se damneraient pour qu’on leur propose ça, » demanda Cisty.

« Bien sûr... que non, » Tesfia avait répondu ainsi, mais elle n’était pas sûre de ce qu’elle avait dit.

 

☆☆☆

 

– Ce n’est pas une Étoile Mignonne, mais un Noble Diamant... qu’est-ce qui devrait venir ici –

À son retour, Arus avait été cherché des documents dans sa chambre. Il allait se plonger dans la recherche pour rattraper le temps perdu.

La directrice veut que je leur apprenne à se battre, Arus n’était pas enthousiaste à cette idée. Au contraire, il rechignait à la tâche. Même s’il leur enseignait, cela pourrait devenir que théorique. Si le but est de former des magiciens pour se battre, alors former des magiciens qui peuvent combattre des mamonos est beaucoup plus efficace. C’était quelque chose qu’Arus lui-même avait vécu.

Des magiciens maîtrisant de puissants sorts et étant piétinés par un mamono grotesque étaient très fréquents. Leur peur de la mort les empêchait de se défendre. Les magiciens étaient nombreux, mais à peine la moitié d’entre eux possédaient l’esprit et la volonté pour combattre des mamonos.

Les magiciens devaient toujours rester calmes. Peu importe à quel point une situation désespérée devenait encore pire, elle ne devenait vraiment désespérée que lorsqu’ils cessaient de croire en eux-mêmes. Les magiciens qui ne savent pas lancer de la magie sont immatures... Non, ils sont tout simplement défectueux et ne servent à rien.

Pourtant, quelle que soit leur aptitude, le perfectionnement fera briller leur magie.

Il se détestait pour avoir fait une telle promesse sans tenir compte des circonstances. De plus, il doutait de pouvoir se détendre en faisant cela. « J’abandonne. »

Tesfia ne viendra pas, mais Alice, 8 à 9 fois sur 10, qu’elle viendra. Comme c’est ennuyeux.

☆☆☆

Chapitre 7 : Les conséquences de la fuite d’un secret

Lors qu’Arus était entré dans sa classe le lendemain, comme hier, il avait subi une douche de regards impolis. Les voix qui bavardaient et que l’on pouvait entendre jusqu’à ce qu’il ouvre la porte s’étaient toutes tues. Cependant, ceci n’était limité qu’aux étudiants masculins. Les étudiantes savaient mieux où se situaient leurs priorités. C’était une manifestation frappante de la différence d’attitude envers la magie entre les hommes et les femmes. Quoi qu’il en soit, c’était beaucoup mieux que d’avoir à faire face à du harcèlement pur et simple. Les yeux de Tesfia étaient également en train de le fixer, mais Arus l’avait ignorée. Ne pas avoir son inimitié était déjà une bonne récolte.

Arus espérait que l’atmosphère actuelle ne serait rien d’autre que son imagination. Quoi qu’il en soit, il ne s’écarterait pas de son rythme. Il restait imperturbable devant les agissements venant des autres alors qu’il commença à étudier.

Les leçons de la journée se composaient principalement de travail en classe. Cependant, il n’était pas intéressé par les cours. De plus, changer de classe à la fin de chaque leçon était fastidieux. C’est pourquoi il avait choisi ses cours de manière à éviter autant que possible les transferts entre salles.

La troisième leçon était celle qui se déroulait avant le repas de midi, alors Arus devrait-il se considérer comme chanceux ou malheureux ? Vraiment malheureux. Jusqu’à présent, chaque classe avait été partagée avec Tesfia et Alice. Pendant ces cours, Tesfia le regardait tout le temps. Chaque fois, ces regards avaient percé les rangées d’étudiants entre eux.

Arus n’était nullement dérangé par la sévérité de ses regards, mais cela l’irritait qu’elle continue à le faire.

« Hé ! » Malheureusement, le professeur avait mal compris la réaction d’Arus face à Tesfia en le prenant pour lui-même. C’était une réaction très malheureuse. Ses yeux avaient alors baissé sur le registre des noms quand il avait dit « Êtes-vous... Arus... Je crois ». Convaincu de sa conclusion, il désigna du doigt l’écran à cristaux liquides et ajouta : « Eh bien, Arus, votre réponse ? »

Les cours liées au mamono étaient réalisées en reproduisant leur aspect grotesque sur des écrans. Arus, n’ayant pas prêté attention à tout ça depuis le début de la classe, ne pouvait même pas deviner la question. Quoi qu’il en soit, ce cours couvre les bases de l’essentiel.

Cette situation n’était pas un problème pour lui face à son abondance de connaissances. D’après ce qu’Arus pouvait supposer, le cours tournait autour de l’émergence des mamonos et du danger qu’ils représentaient. Il avait alors placé un signet dans son livre puis il avait déclaré après s’être levé. « Les Mamonos sont apparus soudainement il y a 100 ans. Malgré les différentes théories concernant leurs origines, l’humanité n’a pas été en mesure d’acquérir des preuves suffisantes pour aucune d’elles. Ce n’est que récemment que nous avons pu faire face à l’invasion de mamonos grâce à la magie. En conséquence, la division militaire des magiciens a été en mesure de riposter contre l’invasion des mamonos. La force des mamonos est classée en 8 grades, F — SS. Le rang SS n’a été confirmé qu’il y a 50 ans. »

Arus, ne connaissant pas la question, avait supposé que sa réponse était suffisante pour les débutants. Il s’était assis après ça. Mais l’enseignant avait été insatisfait et il avait déclaré. « C’est insuffisant. » La projection sur l’écran à cristaux liquides avait changé pour représenter plusieurs types de mamonos. À la fin de chaque image étaient incluses des informations quant à leur subjugation.

Arus avait soupiré en voyant ça. Plus que cela serait trop difficile à faire comprendre à des débutants... L’enseignant ne devrait pas perdre le contrôle des progrès de la leçon.

L’enseignant n’enseignait plus aux élèves, mais se concentrait uniquement sur Arus. Dans le cœur de ce professeur brûlait une attitude belliqueuse.

Arus avait alors continué sur un ton qui manquait de respect pour son professeur après s’être relevé. « Les militaires envoient des magiciens à deux, trois et quatre chiffres pour subjuguer les mamonos en fonction de leur rang. L’équipe standard est presque toujours composée d’au moins quatre membres. Ce nombre est supposé être le montant minimal requis pour répondre à des situations imprévues. Contre un mamono de grade A, la majorité de l’escouade sera composée de magiciens à deux chiffres. Les mamonos de grade B et de grade C sont souvent affectés à des escouades de magiciens à trois chiffres, avec un magicien à deux chiffres en tant que commandant. Les mamonos de rang inférieur sont généralement traités par des magiciens à trois chiffres. »

Ses camarades de classe le regardaient avec beaucoup d’attention. Ils étaient stupéfaits de son manque de respect.

Seules les joues du professeur tremblaient lorsqu’il grinçait des dents. « Et les magiciens à un seul chiffre ? Dites-nous les critères nécessaires pour le déploiement d’un Magicien Solitaire. »

Personne ne pouvait dire si l’enseignant essayait frénétiquement de préserver sa dignité en tant qu’enseignant ou s’il exprimait simplement sa frustration. Les informations concernant les Magiciens Solitaires étaient automatiquement considérées comme top secret et donc, cachées au public. Même les membres de l’armée n’étaient pas privilégiées avec de telles informations, et encore moins les étudiants. Cependant, un Magicien Solitaire actif n’aurait aucun problème à répondre.

Tesfia dirigea un regard plein de curiosité vers Arus. Alice tourna également son corps vers lui dans l’espoir d’entendre sa réponse.

Arus avait alors dit. « Seul le gouverneur général peut exercer le commandement sur les Magiciens Solitaires. De plus, il n’y a que 9 Magiciens Solitaires et chacun est considéré comme ayant le rang de général. Comme les missions d’asservissement en groupe seraient du gaspillage, ces magiciens sont traités comme une unité de commando qui peut se déplacer librement. Quand ils sont déployés, c’est uniquement pour subjuguer les mamonos de grade S ou supérieur. Une autre différence est que les Magiciens Solitaires sont chargés d’étendre le territoire du pays à la différence des magiciens communs. »

La bouche béante du professeur avait prouvé à Arus que son explication était sans faille. Arus dirigea ensuite son regard vers les classements des mamonos affichés à l’écran et il avait poursuit. « Par rapport à ce que vous avez demandé plus tôt, les mamonos consomment du mana pour augmenter leur force. Par conséquent, ils ciblent les humains ayant en eux du mana. De plus, les mamonos possèdent également la capacité de générer leur propre mana. Le cannibalisme entre eux n’est donc pas chose rare à l’extérieur. Maintenant, comme mentionné, on dit que le mamono est classé selon 8 rangs, mais il y a des mamonos spéciaux qui reçoivent un rang dit : en mutation. »

Il avait alors continué. « Ces mamonos sont créés par l’assimilation de deux ou plusieurs mamonos. Dans de rares cas, ils peuvent aussi naître du cannibalisme et de la consommation humaine. Donner à ces mamonos un rang précis est difficile, par conséquent, une conjecture est calculée en additionnant les rangs des mamonos combinés. En d’autres termes, un mamono blessé sera consommé par un autre mamono afin d’augmenter son propre rang. »

Arus continua, ajoutant maintenant des détails supplémentaires. « Les mamonos de rang inférieur participent continuellement au cannibalisme pour absorber le mana et changer de rang. Les mamonos de haut rang ne se méfient pas du mur de protection. Babel se trouve au centre des sept pays et empêche les mamonos de les envahir en maintenant le mur de protection, mais avec chaque année qui passe, le mur s’affaiblit... »

La fin qui s’était échappée malgré lui dans la réponse d’Arus avait attiré l’attention de tout le monde dans la salle de classe. C’est probablement un secret que même le professeur ne connaît pas.

Arus avait alors dit. « Professeur, est-ce suffisant ? »

« ... O-Oui, asseyez-vous, s’il vous plaît, » déclara son professeur.

Arus avait gardé son sang-froid habituel pendant qu’il se replaçait à sa place. Des voix étonnées s’étaient fait entendre autour de lui.

Le mur de protection de Babel qui empêchait une invasion de mamonos s’affaiblissait d’année en année. Le mur s’agrandissait proportionnellement à l’expansion de nouveaux territoires. Le résultat ? Le mur de protection s’affaiblissait.

Les mamonos faibles étaient depuis longtemps incapables de s’approcher du mur. Maintenant que le mur se flétrissait peu à peu, des mamonos de grade B étaient apparus dans l’enceinte du mur. Il s’agissait d’un rapport avec lequel très peu de militaires étaient au courant. Certes, tous les magiciens avaient remarqué l’augmentation de ses dépêches, mais personne n’en parlait ouvertement de la situation.

Arus n’avait révélé que la moitié de cette information avant de s’arrêter. Ceux qui n’étaient pas familiers avec lui pourraient voir sa révélation comme une blague. Quant à celles qui le connaissaient, Tesfia et Alice, elles pâlissaient face à cette révélation inquiétante. Même si le regard d’Arus suggérait d’oublier le sujet et de le laisser se débrouiller tout seul avec ça, Tesfia avait saisi sa manche une fois la leçon terminée et elle l’avait traîné sur le toit. Alice s’accrochait également en se tenant très près de lui, mais par-derrière. Quelques filles qui regardaient la scène avaient laissé sortir un. « Kya kya, fufufufu », alors qu’elles les regardaient faire. Pour elles, cette situation n’était rien de plus qu’une autre querelle entre Tesfia et Arus.

Tesfia avait forcé la porte du toit à s’ouvrir et avait fait avancer Arus. Alice et elle s’étaient après ça tenues debout avec la porte dans leur dos pour l’empêcher de s’échapper. Elles avaient eu la chance d’être allées sur le toit immédiatement après la fin du cours parce qu’il était vide.

Tesfia avait alors déclaré. « Qu’est-ce que tu voulais dire par là tout à l’heure ? »

Arus n’était pas frustré malgré le fait d’être forcé de venir sur le toit. C’était la conséquence du fait qu’il avait trop parlé. « Qu’est-ce que je voulais dire sur quoi ? »

« Babel, tu as dit plus tôt que son mur de protection s’affaiblissait, » déclara Tesfia.

Arus allait avoir mal à la tête comme il l’avait prévu. Sa seule option était de jouer les idiots. « Ai-je dit une telle chose ? »

Tesfia déplaça ses épaules en disant. « Tu l’as fait ! »

Alice demanda alors. « Arus, est-ce vrai ? »

« Si c’était bien le cas, cela n’aurait toujours rien à voir avec vous deux, » répondit Arus.

Le deuil se fit présent sur le visage d’Alice. Arus avait essayé de brouiller la conversation, mais elle avait quand même été capable d’obtenir sa réponse. Ses cheveux châtains se balançaient au gré de la brise alors qu’elle faisait un pas vers l’avant et elle lui déclara. « Nous ne sommes pas sans lien avec ça. Notre but est de devenir des magiciens afin de lutter contre les mamonos... » La douleur présente dans ses mots avait continué à se répandre. « Ne parle pas comme si tu étais tout seul. »

La remarque d’Alice à l’égard de l’insatisfaction et de l’inconnu était insouciante. Elle manquait d’expérience, de connaissances et agissait avec un enthousiasme fugace. Mais il est trop tard pour revenir en arrière.

Arus adopta un ton sévère pour lui faire abandonner l’idée. « Et ? Ce n’est pas un problème pour vous pour l’instant. »

« Oui, mais..., »

Tesfia ne pouvait que serrer les dents. Il n’y avait rien qu’elle puisse faire maintenant qu’elle connaissait la véritable force d’Arus. Quoi qu’il en soit, « C’est mal ! ». Elle ne pouvait pas choisir imprudemment de faire un autre combat, mais elle rejetait sa façon de penser.

Elle pointa du doigt Arus et ajouta. « S’il n’y a plus assez de temps, le fait de passer trois ans dans cette académie fait de nous une honte pour les magiciens. Ne devrions-nous pas passer chaque instant à peaufiner nos compétences au combat ? »

En d’autres termes, elle était frustrée. Ce qu’elle avait dit ne serait pas un problème si elle avait la capacité de survivre, mais elle n’avait vu des mamonos que sur le papier. Son inquiétude était une vertu née du fait qu’elle n’avait pas été empoisonnée par la peur lors d’une rencontre.

Tesfia avait dit : « C’est pourquoi, combattons ensemble les mamonos. »

« Pas question, » Arus répondit de manière réflexive.

« « — !! » »

Un spectateur pourrait penser que Tesfia avait dit quelque chose d’impressionnant, mais ce n’est pas ainsi que les personnes demandaient des faveurs. Puisqu’elle avait choisi cette méthode pour demander afin de cacher son embarras, Arus l’avait rejetée sans la moindre hésitation.

La confusion remplit les yeux de Tesfia. Le terme Idiote était le mot parfait pour elle.

Alice déclara alors. « Arus, s’il te plaît ! »

« ... En y réfléchissant, la directrice me l’a demandé, » déclara Arus.

Tesfia fut surprise quant à la façon dont la demande d’Alice avait laissé la place à la réflexion alors qu’elle, de son côté, avait été rejetée sans hésitation. « — !! Pourquoi ta réaction avec Alice a-t-elle été différente ? »

« Tu es une aristocrate. Ne sais-tu pas comment demander des faveurs d’une manière convenable ? » lui demanda Arus.

L’esprit de Tesfia avait été ébranlé lorsque cette réprimande concernant l’étiquette avait été faite. « Euhh..., » sa réaction était la preuve qu’elle ne prenait pas ses paroles comme une insulte à sa noblesse.

« Tout d’abord, je sacrifie mon temps pour vous ! » continua Arus.

Tesfia et Alice étaient toutes les deux les meilleures élèves de leur classe, mais ce n’était même pas suffisant pour qu’ils puissent avoir le moindre rapport avec un Magicien Solitaire et encore moins des cours.

Les yeux d’Alice se mirent à être larmoyants lorsqu’ils avaient frappé par un rayon de soleil l’éblouissant. Et elle avait dit « ... mais la directrice le découvrirait... » Son approche étrangement douce était assez rusée.

« ... » Ce qu’elle avait dit à propos de la directrice était exact. J’aurais dû réfléchir davantage aux ramifications de cette tâche avant de l’accepter.

Arus avait alors dit. « Ouais... J’ai dit ça... eh bien, très bien, » il acceptait la demande d’Alice, puis il se tourna vers la fille aux cheveux roux qui gonflait ses joues. Il voulait qu’elle se reprenne. « Maintenant, et toi ? »

« Ha !? » Tesfia corrigea sa posture avec un petit délai de retard. Ses joues rougissantes étaient visibles alors qu’elle regardait sur le côté. Elle avait ensuite posé une main sur sa poitrine et avait repris son souffle, « fuu~ ». Puis, alors qu’elle avait expiré, elle déplacé une jambe et avait baissé la tête. « Voudrais-tu m’accepter... ? » Elle avait levé les yeux et l’avait regardé avec des yeux étincelants et levée vers le haut.

 

 

Arus fixait Tesfia sans aucune émotion sur son visage. « ... »

Quelle farce ! J’ai l’impression que quelque chose de terrible se prépare. Tesfia jetait un coup d’œil sur le côté et elle devint rouge après quelques dizaines de secondes. Est-ce que ça l’épuise ou est-ce qu’elle est gênée ?

La bouche de Tesfia tremblait, alors qu’elle hésitait à dire quelque chose. Pourtant, en voyant Arus se gratter la joue tout en faisant un sourire ironique, elle décida de tenir sa langue.

Ses yeux larmoyants ne suffisaient pas à Arus pour lui lancer une bouée de sauvetage. Au lieu de garder son étonnement scellé, il déclara. « Ton sens de la fierté est pathétique. »

Tesfia leva la tête avec un, *baa*, et avec un peu de honte, le fixa d’un regard meurtrier.

Arus avait dit. « Je plaisante... »

« Toi, tu es..., » balbutia Tesfia.

« J’ai dit que je veillerais sur vous deux, mais j’accorderai la priorité à mes recherches. Il y a une limite à votre utilité en tant que magicien, » déclara Arus.

La remarque unilatérale d’Arus était un jugement sans cœur pour les deux filles qui voulaient devenir magiciennes. Alice força un sourire en se grattant la joue. « Haha... »

Tesfia était trop obstinée pour accepter le commentaire. « Quoi... ? » Une déclaration plus précise ferait qu’elle ne pourrait jamais se calmer à moins qu’elle ne réplique. « Nous ne le saurons pas tant que nous n’aurons pas essayé. Nous deviendrons assez fortes pour être à tes côtés ! » Un point d’interrogation faible dérivait à la fin de sa phrase.

Arus avait cru qu’elle aurait mûri un peu de son expérience précédente et qu’elle ne serait pas aussi pénible cette fois-ci. Il ne s’était pas retenu et il les avait complimentés en disant. « Ce n’est pas ce que je voulais dire. Vous êtes toutes les deux d’excellents magiciens. »

Il n’y avait pas de plus grand honneur pour Tesfia. « ... Bien sûr que nous le sommes. » De tels mots de confiance en soi étaient normaux pour une Tesfia dans son état habituel, mais le magicien se trouvant devant elle se tenait au sommet en tant que numéro 1. Sa critique ébranlant leur estime de soi n’était que naturelle.

Arus libéra un soupir à l’affirmation de Tesfia et adopta un ton ferme et clair. Une angoisse indescriptible se mêlait à ses paroles. « Ce n’était pas ce que je voulais dire. Être un excellent magicien ne signifie pas que vous serez utile au combat. Aucune de vous n’a vu un mamono, n’est-ce pas ? »

Tesfia et Alice avaient vu des mamonos dans du matériel éducatif, mais ce n’était pas ce qu’Arus voulait dire. Elles ne pouvaient pas comprendre cela et par conséquent, elles acquiescèrent toutes les deux.

Leurs réponses étaient également naturelles. Cela ne s’appliquait pas seulement à elles, mais à tous les étudiants de l’académie. De ce point de vue, tous les garçons et les filles n’étaient rien de plus que des magiciens en herbe.

La défaite d’un mamono suffit pour être considéré comme un magicien à part entière. En fait, le simple fait d’arriver à ce point est un voyage périlleux en soi. Vaincre un Mamono n’est pas le seul devoir des magiciens. Ce n’est pas quelque chose à quoi je devrais penser en ce moment, pensa-t-il.

Il avait alors rajouté. « Un grand nombre de magiciens sont incapables d’exercer leur magie lorsqu’ils rencontrent véritablement des mamonos. Une fois que cela se produit, leur fonctionnement en tant que magicien devient problématique. Par conséquent, même si je vous entraîne, l’augmentation de votre classement sera limitée. »

Tesfia avait souri en disant. « Haa... Je me fiche de ce genre de choses. En plus, on ne le saura pas tant qu’on n’aura pas essayé. »

L’expérience limitée d’Arus avec ses camarades était biaisée vers son expérience au combat. Par conséquent, il resta silencieux pour éviter de commettre la même erreur. Il ne se souciait pas non plus de la façon dont ses paroles seraient prises en compte.

Alice, contrairement à Tesfia, les accepta sans se plaindre puisqu’ils venaient du magicien numéro 1.

Les magiciens comme Tesfia qui ont de grandes attentes envers eux-mêmes sont difficiles à gérer, tandis que ceux comme Alice qui perdent avant même de se battre sont inutiles, pensa-t-il.

Bien qu’il ne s’agissait pas d’un cas où l’un était meilleur que l’autre, les premiers sont ceux qui ont tendance à mourir prématurément.

Puis, à la suite de la décision arbitraire de Tesfia, elle annonça. « Commençons aujourd’hui. » Ce qui donna la migraine à Arus. Elle méritait clairement la première place pour cette capacité. Mon précieux temps...

Tesfia déclara alors alors avec hésitation. « Arus, Alice. » Elle prononça les mots en se les répétant plusieurs fois, puis elle déclara. « Ils sont trop semblables. »

Qu’est-ce que fait cette fille aux cheveux roux ? Arus avait l’impression qu’il devrait retourner dans sa chambre dès qu’il le pourrait, mais il ne pouvait pas. La porte devant lui était bloquée. Il ne pouvait que se taire et entendre ce que Tesfia avait à dire.

« Changeons ton nom. Toi et Alice, c’est trop facile à confondre, » déclara Tesfia.

La demande de Tesfia était insondable pour des gens qui, au mieux, ne se connaissaient que depuis deux jours.

Même Alice était déconcertée. Sa bouche s’était ouvert en grand alors qu’elle était en état de choc. Elle avait fait un sourire amer puis elle s’excusa avec ses yeux. Même si j’ai concédé 100 pas, Alice devrait être celle qui change son nom si on en a besoin, et non pas moi.

Il n’y avait pas grand-chose qu’Arus puisse dire. En vérité, plutôt que d’arbitrer la conversation avec la logique, il préférait ignorer toute la situation.

Tesfia avait alors dit. « Dites quelque chose. »

Même le simple fait de répondre était un effort inutile. Ils avaient changé de position.

Tesfia s’attrapa le menton avec une main pendant qu’elle réfléchissait à la question.

J’ai un mauvais pressentiment..., pensa-t-il.

Tesfia annonça alors. « Alors, que diriez-vous d’Al ? Puisque tu t’appelles Arus, tu peux être Al. »

Arus avait du mal quant à la façon dont il devrait réagir. « Même si tu me demandes ça... » Personne ne l’appelait par son surnom, bien qu’il y avait eu quelqu’un qui l’avait fait une fois. Il avait également été appelé par son numéro pendant son temps dans l’armée, mais son nom avait aussi été beaucoup utilisé.

Alice déclara alors. « Oui, j’aime ça. Al, cela a l’air beaucoup plus amical. »

« Alors, c’est réglé, » annonça Arus.

Le fait qu’Alice aimait ça a-t-il été le facteur décisif ? Arus ne pouvait pas s’empêcher de se demander si sa présence était vraiment nécessaire. Quoi qu’il en soit, le commentaire d’Alice termina le sujet. Il dit : « Alice, tu n’as pas besoin de me parler avec un ton plus formel qu’avant que tu le saches. »

Le visage d’Alice s’était détendu avec le sourire. Aucune des raideurs d’hier n’était désormais présente. « Compris. »

Arus avait ouvert la bouche. « Al... hmm ? » avec la voix si faible, que ni Tesfia ni Alice ne l’entendent. Une seule syllabe avait été supprimée, mais l’émotion invoquée était indescriptible. Le sentiment était à la fois vexant et inconfortable, et c’était quelque chose qu’il n’avait jamais ressenti auparavant. Est-ce parce que nous avons le même âge ?

Quel que soit le sentiment, il détestait ça. Pourtant, il ne le rejetait pas complètement. Est-il possible de dire que la solennité d’être numéro 1 a été retirée ? C’est une bonne sensation. Seules Tesfia et Alice utiliseraient de toute manière ce surnom.

Même si beaucoup de temps ne semblait pas s’être écoulé, Tesfia se tourna vers la poignée de porte en disant « Ah, notre repas ! » Elle regarda vers l’arrière et elle ajouta. « Merci, Al... bon, on va te déranger plus tard avec ça. »

Sa voix était loin d’être joyeuse, le flux pourrait être amélioré avec de la pratique, et elle avait eu honte de dire l’abréviation qu’elle avait trouvée. Ne pas du tout l’utiliser serait bien...

Tesfia s’était mise à agir à nouveau avec impatience avant que quiconque puisse commenter et elle se précipita à travers le palier de la porte.

Alice avait ses talons ensemble, et avec un visage rempli de joie, avait fait un salut à Arus. Puis elle avait déclaré. « Merci, je suppose qu’on se reverra après l’école, Al. »

« Alice, qu’est-ce qui te retarde autant ? Tu vas rater le déjeuner si tu ne te dépêches pas ! » cria Tesfia.

Alice avait répondu à la voix qui criait derrière elle avec un : « J’arrive ! »

Arus avait été laissé seul. « Quelle femme égocentrique ! » Pousser délibérément les autres jusqu’à ce qu’elle atteigne son but.

Si seulement elle avait vu comment Tesfia et Alice étaient parties, cette personne aurait, c’est garanti, mal compris la situation.

☆☆☆

Arc 2 : Examens

Chapitre 8 : Reconnu en tant que magicien

Arus avait ainsi décidé de s’occuper des deux filles gênantes de premières années directement après l’école. Inutile de dire que ses plans subissaient des transformations majeures. Il sacrifiait déjà du temps de sommeil pour ses recherches. De plus, il ne pouvait sauter que 5 à 6 cours au maximum. Cependant, il ne percevait pas les cours manquant comme un sacrifice, car il n’avait jamais envisagé d’y assister.

Arus avait alors regardé dans tous ses sacs présents dans sa chambre. « Je suis sûr que je l’ai apporté dans mes bagages... !! »

Il était sûr qu’il l’avait mis dans une énorme boîte qui pouvait contenir confortablement une personne quand il avait été transféré à l’académie. Ayant toujours été en service, il n’avait jamais eu le temps de s’occuper de la mode. Il ne s’intéressait pas non plus à ce genre de chose. C’était un individu talentueux, mais il n’avait pas beaucoup d’intérêts. Alors qu’il fouillait dans ses affaires, il s’était mis à réfléchir. Il est dommage que personne ici ne soit intéressé par ce genre de choses. Non, ce serait une montagne de trésors pour quiconque fait des recherches sur la magie.

Un objet n’était pas à sa place — un objet qui ressemblait à un déchet — était profondément dans le fond de la boîte sans attirer l’attention sur lui-même. On dirait un bâton, qu’on pouvait trouver n’importe où. Cependant, le simple fait de le toucher révélait que ce n’était pas du bois. De plus, cela donnerait aux individus la sensation qu’ils ne voulaient surtout pas le tenir.

« T’emmener dans mes bagages était le bon choix, » murmura-t-il en le trouvant finalement.

L’objet n’était pas tout à fait son bien personnel. Il avait été utilisé comme outil d’entraînement à l’époque où il était dans l’armée. Par conséquent, bien qu’il ressemble à un bâton, personne ne devrait être surpris qu’il ne soit pas fait de bois. Ce n’était pas non plus une arme.

Il s’agit d’un salquroit qu’Arus avait fait à partir de la carcasse d’un mamono de Rang A qu’il avait tué. L’outil personnalisé utilisait les propriétés de la carapace du mamono pour perturber le flux de mana. Il réagissait au mana en émettant de minuscules oscillations qui dispersaient le mana.

Cet outil, plus qu’une aide à la formation pour Tesfia et Alice, accorderait à Arus un temps précieux. L’emploi du temps pour d’entraînement serait fait de but en blanc, mais c’était aussi un cas de force majeure.

 

☆☆☆

 

– Imaginez la dance de la Chenille avec le Noble Diamant –

La sonnerie annonçant la fin de la journée était la routine impitoyable des classes. Quoi qu’il en soit, les étudiants de l’académie étaient très motivés. Même avec les cours terminés, il n’y avait presque aucune personne qui rentrait dans les dortoirs. L’endroit le plus animé où ils se réunissaient était le terrain d’entraînement. Les étudiants s’y rassemblaient, quelle que soit leur année. L’assemblée d’hier était limitée à seulement trois personnes à cause de l’étrange circonstance où toute la zone avait été réservée.

Tous les étudiants devaient réserver une place. Les étudiants de troisième année, qui étaient sur le point de devenir magiciens, étaient traités en priorité. Beaucoup d’étudiants regardaient aussi depuis les sièges des spectateurs. Ils profitaient de l’occasion pour étudier les techniques magiques de leurs aînés. En conséquence, les spectateurs étaient principalement composés des premières années.

Tesfia et Alice se rendaient sur les terrains d’entraînement avec certaines circonstances en tête, mais elles se trouvaient complètement encerclées par les élèves de classe supérieure.

Ayant déjà revêtu leurs vêtements d’entraînement, elles ne pouvaient que regarder fixement et constater qu’il ne reste pas une seule zone libre. Tesfia avait alors déclaré. « Euh !? » alors qu’elle et Alice avaient baissé leur AAR.

Leur arrivée avait été accueillie par le feu croisé de tous les étudiants. Beaucoup d’élèves avaient arrêté de bouger leurs mains simplement à cause de leur apparence. Ils regardaient fixement, soit parce qu’ils admiraient l’arrivée de deux belles filles, soit parce qu’elles ne semblaient pas à leur place sur les terrains d’entraînement surpeuplés.

Tesfia avait pesté sur Arus et sa position de numéro 1 avec un sourire amer. « Pas possible. Ce type s’est-il vraiment enfui ? » Son choix de mots dans « ce type » venait du fait qu’elle était trop embarrassée pour l’appeler « Al ».

Alice avait alors déclaré. « Ce n’est pas possible. Il n’a probablement pas pu réserver de place. »

« Où est-il, bon sang ? » S’il n’y avait jamais eu la querelle qui avait éclaté entre eux, elle ferait référence à lui avec respect comme le faisait Alice.

Alice ne pouvait qu’incliner la tête qu’en réponse à la question. « ... »

 

☆☆☆

 

Un nouveau bâtiment de recherche avait été construit plus tôt dans l’année scolaire. Il n’était pas très loin de l’école et occupait une vaste surface de terrain. Il semblerait qu’il y avait eu des enseignants nouvellement embauchés pour ces locaux. Par conséquent, les étudiants n’avaient eu que peu d’occasions de s’approcher de cette bâtisse.

Tesfia et Alice avaient atteint l’étage supérieur de l’immeuble après un bon moment. Trouver où Arus allait quand il sautait des cours avait été plus difficile qu’elles ne le pensaient. Le premier endroit qu’elles avaient essayé était naturellement le dortoir des garçons, mais après avoir demandé à la réceptionniste le numéro de chambre d’Arus, on leur avait dit que personne n’y vivait.

Puis, après avoir fait le tour de l’école, elles s’étaient arrêtées à l’extérieur du bureau de la directrice. La directrice avait été déconcertée par leur entrée soudaine. Même si l’endroit avait un tel lieu où quiconque serait immédiatement vu, oublier de frapper était trop déraisonnable. En tant qu’étudiantes — et plus encore en tant que membres de l’aristocratie — il s’agissait d’une conduite à laquelle elles devaient adhérer.

Cisty avait ainsi compris qu’Arus les avait abandonnées. Une telle action serait inappropriée pour n’importe quel autre élève, mais elle voulait croire... qu’il y avait une explication à la situation. Les deux filles avaient quitté le bureau en apprenant l’emplacement d’Arus. Leurs pas agités à leur départ étaient charmants aux yeux de Cisty.

 

☆☆☆

 

Alice posa une question à laquelle elle ne s’attendait pas à avoir de réponse. « Sommes-nous vraiment au bon endroit ? »

Tesfia elle-même n’avait aucun doute sur la réponse. Après tout, elles l’avaient entendue de la directrice elle-même. Elles étaient au tout dernier étage de l’immeuble de recherche. C’était comme si la directrice leur disait que tout l’étage était présent pour le bien d’une seule personne.

Une seule porte était présente et elle était équipée de la sécurité la plus récente, mais elle n’engendrait pas un sentiment profond d’oppression. À la place, sa simplicité faisait que les deux filles ne se sentaient pas à leur place. Devant elles se trouvaient une porte normale avec une serrure de sécurité à panneaux sur le côté. Cela fonctionnait en plaçant la paume de la main contre le panneau et en laissant l’appareil lire le mana de l’utilisateur. La porte ne s’ouvrirait pas à moins que la personne n’ait reçu l’autorisation appropriée.

Tesfia appuya alors sur la clochette au bas du panneau pour indiquer leur arrivée. La porte s’était alors lentement ouverte et elle avait révélé que sa simplicité n’était rien de plus qu’une façade. La porte était aussi épaisse que la longueur de sa paume et était conçue dans les matériaux les plus solides à disposition.

Les deux filles avaient alors hésité à jeter un coup d’œil à l’intérieur et c’est alors qu’elles virent du matériel jamais vu auparavant. Bien que l’endroit soit de fabrication récente, une vieille odeur de moisi se répandait vers elles. Un nombre innombrable de livres anciens était empilé sur des étagères pour créer de nombreuses petites montagnes.

La couleur globale des murs était le blanc. Ils possédaient un éclat si brillant qu’ils semblaient eux-mêmes émettre de la lumière. La salle pouvait facilement accueillir 4 classes de 40 élèves sans problème. C’était beaucoup trop grand pour une personne seule. Même avec la présence des différents appareils, environ la moitié de la pièce était libre.

Le clic de la langue d’Arus frappa alors leurs tympans. « Bon sang, vous êtes déjà là ? »

Tesfia avait trouvé Arus dans les profondeurs de la pièce, derrière un long bureau, assis sur une chaise inclinable comparable à celle de la directrice. Dès qu’elle l’avait vu, l’indignation qu’elle ressentait avait été mise de côté par une nouvelle frustration.

Elle ne pouvait s’empêcher d’adopter une attitude dominatrice. Après tout, son véritable rang n’était pas quelque chose que l’on pouvait discerner d’un coup d’œil. Les membres du corps professoral avaient même fait une demande directement à la directrice au sujet de son insolence pour être sommairement rejetés.

Tesfia lui avait alors demandé. « Pourquoi es-tu ici ? »

Arus avait alors répondu. « ... N’est-ce pas mon laboratoire ? Et c’est aussi ma chambre. »

Tesfia inclina alors la tête. La chambre était spacieuse dans cette espace de recherche, mais la chambre à coucher n’était pas très différente d’une chambre de dortoir. Il avait aussi une cuisine inégalée dans sa configuration, mais c’était un trésor gaspillé puisqu’il ne cuisinait pas. Elle comprenait plus ou moins qu’il avait insisté sur le fait que c’était d’abord son laboratoire parce que ses recherches prenaient le pas sur sa vie quotidienne. En tant que telle, elle ne remettait pas en question sa vie commune quand elle lui demanda. « Qu’est-ce que tu es... même si c’est un dortoir ? »

Alice déclara alors. « Tesfia, Al... »

Arus avait interrompu Alice qui avait tenté de parler. Il le faisait pour la raison simple et enfantine de faire comprendre à Tesfia la hiérarchie qui existait entre eux. Il dit. « Bien sûr. Mais ce que tu vois là, c’est quelque chose de même ridicule quand on considère tout ce que j’ai accompli. »

« Ku... »

Les mots de Tesfia avaient bloqué par cette remarque. Elle n’avait aucune idée de la portée de ses réalisations. Rien de ce qu’elle pouvait s’imaginer ne s’approcherait de la vérité.

Alice changea alors de sujet principal. Le temps était une question pressante en ce moment, et le changement de vêtements rendrait cela encore plus important. Bien qu’Arus n’ait pas à s’inquiéter du temps à cause de sa propre chambre, elle et Tesfia avaient leur réputation à prendre en considération. Elles voulaient éviter de sortir trop tard. Elle avait alors dit. « Mais Al, on pensait qu’on te trouverait sur le terrain d’entraînement. »

Tesfia serra le poing. Cette action n’était pas une menace, mais elle exprimait sa colère en disant. « C’est vrai ! Je ne sais pas combien de temps cela prendra, mais je serai la première à le dire. Nous ne resterons pas ici toute la nuit ! »

Une heure s’était écoulée depuis la fin des cours. Alors que la saison actuelle était celle où le ciel était encore ensoleillé, Tesfia avait plutôt parlé du couvre-feu de son dortoir.

Le regard d’Arus erra à la recherche de quelque chose quand il leur avait dit. « Compris. »

Les cœurs des deux filles battaient avec une excitation incontrôlable alors que leur entraînement avec le magicien couronné comme étant le numéro 1 était sur le point de commencer. Elles serraient les poignées de leur AAR.

Arus avait pris un bâton dans sa main alors qu’il leur disait. « Ces trucs-là sont dangereux, rangez-les. »

Les deux filles avaient laissé sortir un stupide, « Eh !! », mais la situation ne changea pas.

Arus, après avoir attendu d’avoir leur attention après qu’elles aient rangé leur AAR, ajouta. « Je ne vous enseignerai que les techniques de suppression des mamonos. Eh bien, votre rang pourrait augmenter quelque peu, mais vous feriez mieux de vous entraîner pour cela. » C’était son dernier avertissement pour elles. Ils devaient maintenant choisir si elles voulaient continuer ou non.

Tesfia avait été la première à exprimer sa déception avec un regard noir. « Eh ? » Son comportement arbitraire avait alors été répondu avec un Arus frappant sa tête avec le bâton. « Uuw ~ !! »

Arus avait alors dit. « Es-tu une idiote ? En premier lieu, comment penses-tu que les rangs sont calculés ? » Cette question avait été posée en classe tout à l’heure.

Tesfia avait alors répondu. « Je suis presque sûre que c’est la quantité de mana couplée avec le nombre d’incantations difficiles qui peuvent être jetées, puis la suppression de mamono, et le taux d’achèvement des missions et des demandes spéciales ! »

Son jugement supérieur lui avait fait donner une réponse qui couvrait à peine les rudiments. Je suppose qu’elle a plus ou moins été vue comme réussissant à répondre correctement.

Alice compléta la réponse avec des informations qui avaient été apprises dans la classe du jour. « Cela ne dépend-il pas aussi en fonction du classement des mamonos tués ? »

Arus avait alors déclaré. « Eh bien, vous êtes sur la bonne voie, mais ce n’est pas suffisant. »

Les points d’interrogation flottaient au-dessus de la tête des deux filles qui se souvenaient de tout ce qui avait été couvert dans la leçon. On ne peut pas faire autrement.

Arus donna alors un complément d’information à leurs propres réponses. « Vous n’avez pas tort. Selon vous, quel est l’aspect le plus important lorsqu’il s’agit d’augmenter votre grade ? »

Il avait reçu une réponse immédiate. Tesfia parla sur un ton qui rayonnait de confiance en soi, « Naturellement, c’est la quantité de mana possédée couplée à la maîtrise de la magie. »

Cependant, le ton d’Alice était plus frêle quand elle avait répondu. « Je pense que ce n’est pas seulement ton mana et tes sorts ? » Cela suffisait pour Arus pour qu’il puisse lire ses pensées intérieures, ma réponse n’est pas si différente que ça ~.

Arus soupira face à leurs réponses, comme il l’avait prévu. Elles n’avaient pas compris qu’il ne voulait pas de réponses aussi simples. Le fait de ne même pas se remettre en question n’aide pas à faire des progrès.

Tout ce qu’il avait fait, c’était de confirmer les limites de ce qu’on appelle les étudiants d’honneur de l’académie. Tesfia est une déception quant à tous mes espoirs. Cependant, là où Tesfia est simple d’esprit, Alice a pu lire dans la vraie nature de ma question. Elle pouvait juger qu’il y avait plus que mes paroles.

Arus déclara. « Faux ! Le critère le plus important pour augmenter son rang est l’assujettissement des mamonos. »

Tesfia avait été choquée. « ... !! »

Cependant, Alice n’avait pas été aussi surprise. Elle devait s’attendre à quelque chose comme ça.

Il avait alors ajouté. « Le fait de vaincre un nombre incalculable de créatures faibles n’est peut-être pas grand-chose, mais l’élimination d’un mamono de haut rang entraînera un changement majeur de votre rang. »

Tesfia demanda. « Alors, nous-même, nous n’augmenterons pas nos rangs ? »

« Ce n’est pas que vos rangs n’augmenteront pas autrement, mais que vous ne serez pas en mesure d’égaler les magiciens qui font face à mamono en combat réel même s’ils ont des rangs égaux ou inférieurs à vous, » répondit-il.

Arus s’était souvenu de ce que la directrice lui avait dit. La raison pour laquelle elles sont considérées comme d’excellents quadruples chiffres est que les gens ont placé leurs espoirs en elles à cause de rien de plus que leur quantité de mana et du fait qu’elles sont capables d’utiliser de la magie de haut niveau. De son côté, Arus n’avait pas d’attentes quant à ces deux filles, mais la directrice en avait et c’était pour cette unique raison qu’il acceptait la gêne occasionnée par leur présence.

Il avait poursuivi. « En conséquence, ces techniques de subjugation de mamono vont augmenter votre classement dans le futur. Ça ne me dérangerait pas non plus si vous arrêtiez d’être si fixé par vos rangs actuels. En fait, je préférerais ça. »

Alors que le ton provocateur d’Arus motivait Alice, cela avait fait le contraire sur Tesfia en attisant son tempérament rebelle. Mais que ce soit une ou deux personnes, il s’en fichait royalement.

 

☆☆☆

 

Arus avait déclaré. « Il ne s’agit pas d’être premier de la classe. Votre classement augmentera sans problème si vous vous entraînez. »

Arus ne s’inquiétait pas des préoccupations de Tesfia au sujet de son classement. Les magiciens qui faisaient face à une véritable bataille dans l’armée n’en étaient pas si conscients. Avoir un rang élevé signifiait plus de salaires et un gagne-pain garanti, mais surtout, c’était juste un symbole d’honneur pour les magiciens. En outre, dans la situation actuelle, un rang élevé s’accompagnait de la responsabilité de missions plus dangereuses. C’est peut-être une bénédiction pour l’humanité, mais c’est se précipiter vers sa propre mort.

Arus avait toujours préféré avoir un rang élevé jusqu’à récemment parce que cela signifiait qu’il avait reçu un traitement préférentiel. Mais en vérité, la raison de base était tout autre. En prenant les missions les plus difficiles et mortelles, il avait ainsi empêché d’autres personnes de risquer inutilement leur vie.

Cependant, c’était ses propres valeurs et c’était quelque chose qu’il n’avait pas l’intention de pousser sur les deux filles se trouvant devant lui. Et commencer à leur expliciter tout ça ne lui était même pas venu à l’esprit.

Alice acquiesça d’un signe de tête pour montrer son consentement alors qu’il continuait à expliquer la méthode de formation.

☆☆☆

Chapitre 9 : Les mauvais élèves supérieurs

Arus avait fait déplacer l’attention de Tesfia et d’Alice sur la tige dans sa main en la fixant lui-même du regard. Pour elles, c’était la première fois qu’elles verront sa magie, aussi douteuse que soit la performance.

Il avait alors recouvert le bâton de mana en un instant. Pour lui, l’action était aussi simple que de respirer. La nostalgie l’avait frappé lorsqu’il se souvenait d’avoir répété cette action tous les matins pour l’entraînement.

Magnifique. Arus n’avait fait aucun commentaire, mais le flux de mana parlait de lui-même. Tesfia et Alice avaient écarquillé les yeux face à cette vision, mais c’est naturel.

Arus ne connaissait pas les limites de la magie d’Alice, mais la différence entre elle et Tesfia se révélait à travers l’incrédulité insupportable présente sur le visage de Tesfia. Les quelques millimètres de mana qui s’écoulaient sur la tige s’apparentaient à un ruisseau limpide et parfait. Elles en avaient même oublié de cligner des yeux lorsqu’elles se rapprochèrent de la tige.

Tesfia avait alors demandé. « Qu’est-ce que c’est ? »

Alice avait de son côté déclaré, « Si magnifique ! »

Arus leur avait parlé durement à ce moment-là en raison de l’erreur qu’elles faisaient. « Je n’ai probablement pas besoin de vous le dire, mais vous ne devriez pas vous approcher plus près de ça. C’est pour ainsi dire une épée sans forme qui peut tout découper. »

Tesfia s’était alors exclamée. « Euhh..., » alors qu’elle et Alice avaient retiré leur visage.

Je me demande si elle a senti une lame froide glisser contre sa joue quand elle s’est approchée, se demanda Arus.

Arus continua de libérer son mana. Il avait jailli et s’était propagé à travers tout son corps. Ce mana ne rentrerait jamais dans son corps, car le mana qui sortait du corps se détériorerait automatiquement et devenait donc impropre pour tout autre usage. Par conséquent, le magicien devait constamment puiser dans son mana afin de maintenir la couche de mana. Arus avait alors dit. « Je vais vous dire maintenant qu’il s’agit d’une formation pour débutants. Toutes personnes incapables de faire cela ne sera pas en mesure de vaincre le moindre mamono. On pourrait plutôt dire que la personne courtise la mort si elle y va sans être capable d’au moins réaliser ça. »

L’écho des gorges de Tesfia et d’Alice s’était fait entendre.

Alice remarqua alors qu’il n’y avait qu’un seul bâton. Pourtant, avant qu’elle ne puisse ouvrir la bouche pour commenter, Arus leur avait dit. « Alors, pourquoi ne pas commencer ? — clac, » il coupera la canne en deux avec sa main.

« « — ! ! » » Les deux filles avaient été totalement perdues à cause de ce qui venait de se passer. Bien qu’elles sachent que les individus pouvaient entraîner leur corps à avoir de telles capacités, elles savaient vaguement que cette tige n’était pas un bâton ordinaire. De plus, il n’y avait pas une seule fissure sur l’une ou l’autre moitié qui aurait indiqué un tranchant non parfait.

Son action leur avait fait se demander si ce qu’il avait fait pourrait encore être qualifié de magie. Le mana était à l’origine une source d’énergie utilisée pour rendre la magie possible. L’existence de la magie qui permettait la découpe et la séparation n’était en rien étrange. Cependant, la frappe d’Arus s’était manifestée sans qu’il prononce la moindre incantation. De plus, il n’avait nullement eu besoin d’utiliser un AAR.

Arus pourrait dissiper leurs doutes en un instant, mais le fait qu’elles puissent le comprendre est une autre affaire. C’est aussi trop gênant.

Alice avait alors déclaré. « ... Ah, c’est une autre méthode d’utilisation du mana. »

Tesfia avait refusé d’accepter l’événement qui s’était produit sous ses yeux. « Impossible, je n’ai pas vu de mana utilisé ! »

Alice ressent probablement la même chose. Ses cheveux voltigeaient tandis qu’elle acquiesçait à l’affirmation de Tesfia.

Arus leur avait alors annoncé un fait effarant. « Si vous pouviez voir à travers cette technique, vous pourriez vous faire appeler Magicien Solitaire. » Aucune des deux filles n’avait été capable de saisir avec précision le sens de ses paroles. Elles avaient penché la tête alors que la curiosité remplissait leurs yeux. Je suppose que j’ai besoin d’expliquer comment ça marche. Avec une telle motivation en tête, elles sont probablement trop anxieuses pour penser à autre chose.

Arus avait haussé les épaules en leur disant. « Peu importe. » Il avait roulé un bloc-notes pour qu’il ressemble à la baguette et il avait fait une démonstration au ralenti. Le tranchant de sa main avait été abaissé contre le papier comme s’il le frappait.

Tesfia et Alice avaient regardé aussi près que possible sans se mettre en danger. Aucune d’entre elles n’avait fait de bruit pour éviter de distraire Arus. Les deux magiciennes novices avaient vu le mana effectuer son chemin à travers sa main jusqu’au bout de ses doigts justes avant qu’il se connecte avec le papier. La couche de mana était si mince qu’elle ne serait pas perceptible si on ne la regardait pas de si près et si Arus ne la gardait pas si longtemps pour qu’elles puissent le voir.

Le couteau d’Arus produit par sa main avait fendu le rouleau de papier sans aucune résistance. Tesfia et Alice n’avaient même plus tenu compte de leur retenue face à cette vue.

Tesfia avait alors dit. « C’est vrai ! Sauf que... »

Alice demanda. « D’accord. Mais comment a-t-elle été coupée ? »

Les limites dans leurs connaissances sont ce qui leur fait ressentir cela, pensa-t-il.

L’acte de donner du mana à la matière organique, ou même d’augmenter la force du corps, était par nature une tâche inutile en raison de leurs affinités conflictuelles. Une couche de mana appliquée sur un poing se détériorerait immédiatement avec la diffusion de résidus sans rien produire d’intéressant.

La technique d’Arus ne se limitait pas au mana. Cette expertise laissait derrière elle une connaissance commune et il avait donc omis une explication pour éviter de confondre les deux filles dans une situation encore pire. C’était trop tôt pour elles.

Arus voulait en ce moment frapper la directrice. Elle avait recommandé les deux filles comme magiciens supérieurs, mais elles étaient déjà coincées par leur manque de connaissances et de talents. Cela ne sert à rien. Il avait étendu la main pour terminer l’explication de la manière la plus simple possible. Il avait alors désigné Tesfia et il lui avait demandé. « Toi, prête-moi ton AAR. »

Elle tenait son katana sur sa poitrine en disant. « J’ai un nom, tu sais ? »

Ce petit échange inutile donna à Arus l’impression qu’il utilisait les propres paroles de Tesfia. Il avait alors dit. « Qu’est-ce que c’est ? »

Tesfia avait sorti son épée de son étui en tissu en disant « — !! Ce type... »

Alice avait tenté de pacifier Tesfia avec un : « Fia, arrête ! »

Arus avait fait une expression méchante alors qu’il disait. « Je vois, c’est Kasfia [1]. Merci, Alice. »

« C’est fauuuuuuuuux ! » s’écria Tesfia.

Alors dans la grave impasse, Arus avait dit. « Tesfia, si tu ne me le prêtes pas, ça te dérange-t-il si je fais une petite pause afin de manger ? »

Tesfia avait été perdue face à la persévérance d’Arus — elle était incapable de suivre le rythme. Elle était furieuse et elle n’oublierait pas de sitôt son indignation, mais la pause lui avait permis de se calmer. Seule Alice était capable de discerner avec précision ses sentiments.

Arus avait fait disparaître les sentiments conflictuels de Tesfia alors qu’il dégaina l’épée qu’elle lui avait finalement prêté et lui fit ouvertement des louanges. « C’est vraiment une épée tranchante. L’inscription magique est également gravée avec précision. Si ce katana est ton AAR, tu ne peux pas ne pas le choisir. » Comme il s’y attendait, l’inscription était celle qui donnait une affinité à la magie de glace.

C’était à ce moment-là qu’il enveloppa de mana le katana de Tesfia. Les deux filles avaient été captivées par la vue en affichant des expressions ravies. Mais, avec lui tenant un objet physique, leurs réactions étaient vraiment dangereuses vu comment elles s’approchaient de lui petit à petit.

Arus leur avait dit, « Hey... »

Tesfia et Alice avaient retrouvé leurs sens et elles reculèrent un peu. Tesfia avait alors demandé. « Cela va évidemment couper à travers le papier de cette manière, mais comment ? »

Elles réalisèrent toutes les deux la vérité avec un « Ah — ! !! »

Alice avait alors déclaré. « C’est vrai ! Même si le mana recouvre la lame, cela accentue l’ampleur du tranchant. »

Elles avaient déplacé leurs regards sur l’épée, et cette fois en se rapprochant encore plus. Tesfia avait alors dit. « Comme ce que tu fais là ! »

La manipulation précise du mana par Arus lui permettait de créer une couche à peine visible. Il leur avait dit. « Quelque chose comme ça n’est pas si important dans le cas présent. Puisque la vraie arme est ici, je n’avais qu’à pousser mon mana pour qu’elle se déplace tout autour de l’épée, ce qui est plus enfantin. »

Ni Tesfia ni Alice n’étaient capables de réaliser cet exploit. Arus parlait comme s’il s’agissait d’un jeu d’enfant, mais cela n’avait fait que faire réaliser aux deux filles que tout cela était des prouesses inimaginables et que ce n’était pas pour rien le numéro un.

Arus avait alors déclaré. « Vous pourriez supposer que cela a été de la même manière appliqué à ma main-couteau plus tôt, mais ce n’était pas un coup de pouce offert par mon mana. Pour cela, j’ai simplement dû manipuler consciemment mon mana pour prendre la forme d’une épée magique. »

L’incrédulité était apparue sur le visage d’Alice alors qu’elle disait. « Quelque chose comme ça... » Les preuves devant ses yeux l’obligeaient à couper sa phrase à mi-chemin alors qu’elle voulait annoncer que c’était impossible.

Le mana avait une tendance naturelle à être absorbée par le corps. Bien qu’il puisse être moulé, le délai pour le faire était très faible. Aussi bien Tesfia que Alice étaient capables de remarquer l’apparition de cette contradiction naturelle et normalement absolue. Malgré cela, Arus continuait à faire ce qu’il voulait comme si c’était une chose anodine pour lui. Il rendait tout simplement l’impossible possible. Elles s’étaient alors demandé si elles seraient capables de l’imiter même après avoir appris comment le faire.

Arus leur avait alors dit. « Eh bien, si vous pouviez faire cela, vous entreriez dans les deux chiffres. » C’était comme s’il avait lu dans leurs pensées.

Tesfia et Alice avaient accepté sans rejet sa remarque, mais avec un grand déplaisir. La joie qu’elles ressentaient au départ avait finalement été prématurée. Elles se rendaient compte que leurs capacités faisaient largement défaut. Malgré leurs réserves de mana, elles auraient besoin d’un entraînement extraordinaire pour atteindre ce niveau. De plus, il n’y avait aucune garantie qu’elles réussiraient après tout cela.

Arus avait alors remis les deux moitiés de la baguette à Tesfia et Alice en leur disant. « Par conséquent... » Elles avaient examiné les tiges et lorsqu’elles avaient déterminé qu’il n’y avait rien d’étrange chez elles, elles les avaient saisis avec des mains plus fermes. Arus avait alors ajouté. « Je l’ai fait à partir du cadavre d’un mamono que j’ai tué il y a très longtemps... »

Deux sons secs de claquements avaient résonné sur le sol.

Arus leur avait dit en remontrance. « Hé ! C’est un objet de valeur. Il n’y en a pas d’autres comme lui dans le monde entier. Alors un peu de respect ! »

Tesfia lui avait répondu. « Euh, eh bien... » Il était difficile d’être enthousiaste à l’idée d’utiliser un tel objet pour vaincre des mamonos.

Arus leur avait dit. « Relax, je m’entraîne avec ça depuis des années sans aucun problème. »

Alice avait alors ramassé la canne en entendant ses paroles rassurantes. Tesfia, cependant, l’avait saisi en la pinçant entre ses doigts. Arus comprenait que lorsqu’il s’agissait d’enseigner aux autres, il n’y aurait pas de progrès à moins qu’il ne les intimide un peu. Par conséquent, il avait alors ajouté. « Non pas que j’en ai besoin. »

Puis Arus leur déclara. « Tout d’abord, essayez de canaliser votre mana. »

Un niveau d’enthousiasme était apparu dans les yeux d’Alice en entendant ses paroles. Elle lui avait alors dit. « J’ai compris ! »

Puis elle et Tesfia avaient canalisé leur mana, mais après ça, bashuu. Leur mana s’était dispersé sans autre effet.

« « — ! ! » »

Les coins de la bouche d’Arus s’étaient plissés vers le haut alors qu’il leur avait dit. « Les Mamonos ont la capacité naturelle de diffuser le mana qui entre en contact avec eux. »

« Alors, comment sommes-nous censées canaliser notre mana ? » demanda Tesfia.

Une question naturelle. Arus voulait leur dire : « Trouvez-le vous-même », mais une telle réponse serait une perte de temps, qui sait combien de jours il leur faudrait pour avoir une idée. Au lieu d’agir ainsi, il leur avait dit. « Réprimez le mana en le contrôlant. »

Tesfia et Alice étaient perdues face aux paroles d’Arus. Ni l’une ni l’autre n’avaient jamais manipulé consciemment leur mana avant ça. Le fait qu’elles ne suivaient pas ses conseils prouvait qu’elles ne savent pas comment le faire. Arus leur avait dit « N’êtes-vous pas souvent appelées d’excellentes magiciennes ? »

Tesfia avait répliqué. « Nous ne nous sommes jamais appelés ainsi ! »

Comme c’est trop gênant. Ce genre d’arrogance n’est qu’un appât pour les mamonos. C’est comme une malédiction qui couve en elle depuis longtemps. Ces pensées avaient surgi dans la tête d’Arus. Les gens qui ne renoncent pas à essayer d’enseigner méritent d’être appelés enseignants. Cette pensée l’avait conduit à adoucir quelque peu son attitude à l’égard de ses professeurs.

Arus leur avait alors dit. « Toutes les deux, montrez-moi un peu de votre peau. » Ses paroles avaient été considérées comme du harcèlement sexuel pendant un moment, mais il ne pouvait s’en prendre qu’à lui-même pour le malentendu. Avec n’importe quelle zone de peau servant son but, Alice avait mis son bras à nu pendant que Tesfia avait roulé une manche.

Il les avait pincés.

Tesfia avait alors crié. « Aïe !! »

Alice cria. « Mais... ! »

Tesfia demanda. « Qu’est-ce que tu fais ? »

Leur question est naturelle, mais cela serait plus simple de leur faire essayer plutôt que de l’expliquer, pensa-t-il.

Arus leur avait ordonné. « Concentrez votre mana vers vos pieds pendant que je vous pince les bras. »

« « ... » »

Le mana était généré à l’intérieur du corps et circulait à travers lui selon les besoins. Quand les magiciens utilisent des AAR, elles concentraient inconsciemment leur mana dans la main qui tenait l’AAR.

Bien que cet acte puisse être accompli inconsciemment, il pouvait aussi être fait volontairement. Cependant, comme les magiciens avaient l’habitude de diriger leur mana inconsciemment, une préférence écrasante était donnée à cette méthode.

L’instinct influençait profondément le flux de mana et la magie se matérialisait par réflexe. Cette relation entre le mana, le corps et l’esprit permettait des décharges involontaires et c’était aussi la raison qui faisait que les magiciens devaient toujours rester calmes quoiqu’il arrive, surtout face à un mamono.

En bref, la douleur du pincement d’Arus était le point focal d’un flux proportionnel de mana. Cela permettait à Tesfia et Alice de s’entraîner à la manipulation consciente du mana. Les militaires ne les laisseraient jamais s’en tirer avec quelque chose d’aussi simple qu’une pincée. Elles auraient reçu des marques très sérieuses d’un fouet pour cet entraînement comme je l’avais eu dans le passé.

Quoi qu’il en soit, si la douleur était trop faible, elle ne servirait pas à des fins d’entraînement. Il fallait donc un peu de patience pour obtenir un pincement constant.

Les visages de Tesfia et Alice étaient devenus rouges. Mais cela ne devrait pas être si douloureux que ça les empêcherait de penser.

Tesfia n’est pas capable de manipuler son mana, mais dois-je continuer à dire ça ? Son mana commence à se séparer. Alice est Alice. Le mana se rassemble à un rythme effrayant où elle se fait pincer.

 

 

Tesfia avait alors demandé. « ... Quoi ? »

Franchement, décidez-vous, pensa Arus.

Arus leur avait alors demandé. « Est-ce que vous êtes vraiment toutes les deux à quatre chiffres ? »

« Qu’est-ce que tu veux dire par là ? » demanda Tesfia.

« Je commence à me demander si vous pouvez vraiment être à quatre chiffres si vous ne pouvez même pas faire quelque chose d’aussi simple, » annonça Arus.

Arus était un magicien — mais si on lui demandait s’il était un magicien inquiet au sujet de l’avenir de l’humanité comme tous les autres, alors il dirait qu’il ne l’était pas. En vérité, comme il était maintenant, ce qui arriverait à l’humanité ne le concernait déjà plus. Même si l’humanité s’éteignait, Arus était assuré de pouvoir survivre jusqu’à la fin de ses jours. Cependant, un fait le gênerait si cela arrivait. Les recherches qu’il faisait perdraient alors tout son sens et sa vie se détériorerait en une vie d’oisiveté. En termes simples, même si le destin de l’humanité n’avait pas d’importance, cela ne voulait pas dire qu’il voulait que tout disparaisse.

Tesfia déclara. « Non, ce n’est pas un problème. Je vais maîtriser quelque chose comme ça en un rien de temps. » Sa conscience, malgré son enthousiasme, était déjà en train de s’estomper.

Alice afficha son esprit combatif flamboyant avec un signe de tête vigoureux, mais elle faisait le contraire de ce qu’elle avait besoin de faire.

Arus les libéra en disant. « Super, j’ai du travail à faire. Vous devriez vous débrouiller seules. Appelez-moi quand vous aurez fini. »

Tesfia et Alice avaient été déconcertées alors qu’elles frottaient leurs bras tout rouges. Leur formation était différente de ce qu’elles avaient prévu, mais elles ne la rejetteraient pas maintenant qu’elles en comprenaient l’importance, même si elles ne pouvaient pas encore en discerner les subtilités. Quoi qu’il en soit, elles interprétaient ses paroles comme signifiant qu’elles étaient de mauvais élèves et qu’il les abandonnait. « « ... !! » » Et ainsi, l’anxiété s’était amplifiée en elles. Elles étaient devenues dubitatives quant à la réalisation de leur but.

Tesfia avait appelé Arus alors qu’il retournait à son bureau. Elle lui avait dit. « À ce propos, n’y a-t-il pas un indice... !? »

Arus s’arrêta de marcher puis il les regarda par-dessus son épaule. Il avait alors ouvert à peine la bouche et leur dit. « Ne vous retenez pas. » Il avait fait des gestes comme s’il attrapait quelque chose avec ses doigts et qu’il tournait.

L’action était vague et ne pouvait pas vraiment s’appeler un indice. Quoi qu’il en soit, Tesfia et Alice, en plus de protester, avaient raidi leur colonne vertébrale.

Notes

  • 1 Un jeu de mots avec son nom. Le changement signifie quelque chose de proche des ordures sans valeur, mais pas tout à fait. Un peu comme une poubelle quelque peu utile.

☆☆☆

Chapitre 10 : La camarade de classe supérieure à trois chiffres

Tesfia et Alice s’entraînaient tard dans la nuit. Alors qu’il était temps pour que le soleil aille se coucher, ce n’était pas encore l’heure du dîner. De plus, elles avaient encore à retourner dans le dortoir des filles. Cela dit, la prestigieuse Seconde Académie de Magie disposait d’un système de prévention du crime digne de ce nom. Les terrains de l’école étaient raisonnablement sûrs.

Alors que la relation de pouvoir entre les hommes et les femmes s’était uniformisée grâce à la magie, l’opinion publique n’approuvait toujours pas le retour d’une femme chez elle après la tombée de la nuit. En conséquence, Arus avait escorté les deux filles jusqu’à leur chambre.

Arus leur déclara. « Hé, faites attention où vous allez. »

Tesfia et Alice marchaient en se pinçant l’une et l’autre. Parfois, elles se mettaient en danger en fermant les yeux.

« ... »

*Gon !!* Tesfia s’était écrasé contre un lampadaire. Un son résonna dans la soirée alors que le lampadaire trembla. Elle s’était accroupie et se tenait le front en disant. « — !! Argh ~ »

« Fia, vas-tu bien !? » demanda Alice.

Tesfia en voulait à Arus alors qu’elle le fusillait du regard, mais il l’évita sagement en agissant sans être dérangé par tout ça.

Elle lui déclara. « Attends un peu. »

« Quoi ? » lui demanda Arus.

« Même si tu me dis quelque chose, je ne serais pas punie pour ça, » déclara-t-elle.

Ce serait une protestation raisonnable, si elle était une civile ordinaire et non une magicienne, pensa Arus.

L’expression « J’en ai marre » couvrait le visage d’Arus. Bien que son ton resta calme, son regard s’était aiguisé. « Je doute qu’il soit nécessaire de vous punir si votre adversaire avait été un mamono. Si vous vous concentrez tellement sur votre mana que vous cessez de prêter attention à votre environnement, c’est à peu près comme mettre la charrue avant les bœufs. Ce n’est rien de plus qu’une blague pour eux si vous agissez ainsi. »

Après ça, les deux filles... Tesfia, en particulier, étaient retourné au dortoir avec l’intention de poursuivre leur formation.

Un bâtiment entra alors dans le champ de vision d’Arus. Le doute était présent dans sa voix, mais c’était normal. Même si cela n’avait été qu’une seule fois, il n’avait vu que le dortoir des hommes. Il demanda « Est-ce ici... ? »

... Peut-on comparer les deux ? Le système de sécurité est complètement différent. Ce qui bloquait l’entrée dans les locaux était une porte d’authentification avec une zone de réception. Même si les grands murs étaient utilisés pour enfermer des maîtres criminels, cela servirait plus à protéger contre les envahisseurs que de faire face à des menaces classiques.

Les doubles portes s’étaient ouvertes une fois que Tesfia et Alice eurent confirmé leur identité avec leurs mains.

Alice exprima sa gratitude avec une politesse qu’elle laissa derrière elle d’une manière un peu maladroite. « Al, merci beaucoup pour aujourd’hui. On se reverra demain à l’école. »

Cependant, Tesfia fit une geste vague de la main. L’étrange nuance qu’elle ajoutait à la fin de sa phrase en élevant le ton de sa voix, faisant croire à Arus et Alice qu’elle pose une question. Elle lui avait dit. « Merci pour ton aide d’aujourd’hui. On sera demain encore une fois sous ta garde, Al. » La façon dont elle tourna ensuite son visage était semblable à quelqu’un qui essayait de cacher son embarras.

Arus avait exprimé son étonnement en haussant les épaules.

Tesfia se tourna pour entrer dans le dortoir alors qu’elle le disait. « La prochaine fois, nous finirons..., » mais elle avait été coupée court alors qu’elle se heurtait à une douce barrière. Son visage était enterré dans une somptueuse paire de seins. Alors qu’elle était encore enterrée, elle marmonna. « Habuuu !! »

La voix d’Alice, en voyant contre qui Tesfia était entrée en collision, augmenta en intensité alors qu’elle déclara. « Responsable du dortoir !! » Le ton doux qu’elle adopta ensuite prouvait que la nouvelle venue était une camarade de classe supérieure... « Mais je pensais... qu’il y avait encore du temps avant le couvre-feu. »

L’expression douce de la responsable du dortoir était une expression exempte de toute colère. Ses traits gracieux et sa taille en finesse, ses cheveux noirs et fluides étaient accompagnés d’un sourire chaleureux. Avec la différence de hauteur entre elle et Arus presque inexistante, elle n’était pas si mignonne, mais plutôt charmante. L’air mystérieux qui l’entourait servait d’appât pour sa beauté.

Alors qu’Alice était également dotée d’un charme mature, la fille de classe supérieure connue sous le nom de « Responsable du dortoir » était plus envoûtante que la Sorcière, Cisty. En conséquence, Arus trouva son sourire épouvantable.

Son expression douce était accompagnée de sa voix quand elle leur avait dit. « Bon retour, Fia, Mademoiselle Alice. »

Tesfia se sépara finalement d’elle et fit un salut agité aux côtés d’Alice. Son expression était pleine de doutes. C’était la première fois depuis leur inscription que la responsable du dortoir leur ait rendu visite.

Arus fit à sa camarade de classe supérieure un salut diligent pour l’empêcher de s’occuper de lui.

Elle l’exhorta alors à parler avec un sourire chaleureux en leur disant. « Qui est ce monsieur ? »

Arus avait senti quelque chose de suspect, quoique différent de ce que Tesfia et Alice ressentaient à propos de cette camarade de classe supérieure. En conséquence, il instaura un décorum approprié, même si cela n’était que superficiel. Il lui répondit. « Étudiant de première année, Arus Reigin. Elles sont en retard parce que je les ai gardés trop longtemps. »

« ... !! Non, non, ce n’est pas du tout un problème. Les étudiants ici sont tout simplement enthousiastes au sujet de leurs études. En plus, le couvre-feu n’est pas vraiment respecté, » déclara l’autre fille.

Elle jeta ensuite un coup d’œil à Tesfia et Alice pendant un moment, mais regarda ensuite Arus. Elle posa une main sur sa poitrine voluptueuse avant de faire un léger salut en disant. « Je m’appelle Ferinella Socallent. Je suis une étudiante de deuxième année. »

Elle effectuait chacun de ses gestes avec élégance et cela reflétait clairement la qualité de son éducation. Alors que ses cheveux glissaient sur son charmant visage, pas un seul défaut n’entachait sa forme. Alors que certains pourraient être fascinés par ces actions, Arus avait des doutes. J’ai déjà entendu le nom de famille Socallent.

Arus demanda : « Êtes-vous vraiment en deuxième année ? »

La responsable du dortoir était une lourde responsabilité assignée aux étudiants de dernière année. Un membre du corps professoral pourrait également pourvoir le poste au besoin.

Tesfia soulagea Arus de son doute. Elle posa une main sur sa propre poitrine alors qu’elle lui déclara. « Feri-senpai est la seule étudiante de deuxième année de cette académie qui se classe comme magicienne à trois chiffres. Ma maison a depuis longtemps été familière avec la sienne. »

Quelle comparaison présomptueuse ! Les maisons aristocratiques s’associant les unes aux autres ne devraient être que naturel. Alors que le concept de la lignée n’était pas adapté à l’époque, la noblesse avait pu survivre grâce aux vieilles familles ayant de profonds liens avec les militaires.

Cependant, les aristocrates ne sont pas le seul segment intolérable de la société. Les magiciens de haut rang se comportaient avec la même dignité et la même fierté tout en jouissant d’un respect égal. Cela résultait du fait que leur position dans la société découlait de leurs rangs. Le statut de chaque maison était représenté par leur position militaire correspondante.

Arus déclara. « Est-ce que c’est ainsi ? Je vois. »

Ferinella fit alors un signe de tête forcé. Elle détourne alors les yeux en disant. « Au mieux, mon grade n’est que de 375, Monsieur Arus... »

Un magicien à trois chiffres qui fréquente une académie est ridicule en soi. Comme Arus l’avait mentionné à Tesfia et Alice plus tôt, les classements étaient grandement influencés par la subjugation de mamonos. Il remarqua alors quelque chose d’étrange dans les paroles de Ferinella. Elle... « Au mieux », la remarque sonnait faux. Je suis presque sûr d’avoir raison, mais si je me trompe, je peux m’excuser. Il n’est pas nécessaire d’y penser trop profondément.

Arus demanda. « Est-ce que Vizaista-kyo se porte-t-il bien ? J’ai un passif avec lui depuis ce temps-là. »

Ferinella avait souri aux mots d’Arus en disant. « Oui ! Père s’est aussi inquiété à propos de vous. »

Vizaista-kyo occupait la position de général au sein de l’armée. Avant qu’Arus n’augmente son rang grâce à des réalisations majeures pour le pays et ne soit transféré au commandement direct du gouverneur général, il était l’un des officiers sous son commandement. Officiellement parlant, sept pays protégeaient l’humanité. Mais en vérité, l’humanité est protégée par un seul pays. La grande puissance, Alpha n’est que l’un de ses pays sur le papier, mais en vérité, c’était eux qui assuraient la survie du monde. C’est pourquoi le gouverneur général, et non le maréchal, est le commandant le plus haut placé.

Tesfia et Alice avaient été sans voix lors de l’échange entre les deux étudiants. Cela ne dura qu’un instant, car Tesfia s’était rapidement souvenue de quelque chose et elle le chuchota à l’oreille d’Alice.

Une expression convaincue apparut sur le visage d’Alice alors qu’elle demandait. « Responsable du Doirtoir, êtes-vous familière... avec Al ? »

Ferinella se tourna vers Arus après un moment pour l’inclure dans sa réponse. « Vous pouvez dire que je le connais, mais c’est la première fois que j’ai le privilège de pouvoir lui parler. J’ai appris beaucoup de choses à propos de lui grâce aux histoires de mon père. Cela dit, Monsieur Arus, enseignez-vous à ces deux-là ? »

Le ton d’Arus avait dérivé par rapport à un ton respectant un camarade de classe supérieure alors qu’il lui répondait. « Exacte, la directrice les a poussées sur moi. »

Ferinella ne se préoccupa pas de son manque de respect, mais elle avait souri à la place pendant que son expression se détendait. Son manque de formalité était interprété comme le fait qu’il était honnête à propos de ses pensées. Elle avait alors pressé l’une de ses joues avec un doigt avant de dire « C’est une histoire si envieuse. »

Tesfia et Alice s’inquiètent-elles de l’inclusion d’une épine dans ses paroles ? Se demanda-t-il.

Arus déclara. « Responsable du Dortoir, ces deux-là pourraient être de retour en retard à partir de maintenant, alors s’il vous plaît, ne soyez pas trop regardante sur ça. »

Le front de Ferinella palpita, piku. Elle avait souri en disant. « Arus, s’il te plaît, appelle-moi Feri, » mais son ton et sa manière de parler ne lui permettrait pas de refuser.

« O... Bien sûr. Dans ce cas, tu peux m’appeler Al. Elles font déjà référence à moi de cette manière, » répondit Arus.

Ferinella avait souri avec plaisir en entendant sa réponse. Seul Arus le remarqua, mais les yeux de Tesfia et d’Alice se figèrent en voyant le comportement de leur camarade de classe supérieure. Ferinella avait alors déclaré. « Cela me rend vraiment heureuse, mais je dois aussi garder à l’esprit l’image de mon père. Je ne peux pas être aussi intime avec la façon dont je m’adresse à quelqu’un de ton rang, sans parler du fait que c’est aussi notre première réunion. C’est... vraiment... regrettable, mais cela te dérange si je t’appelle Arus ? »

« C’est très bien ainsi, » répondit Arus.

« Alice, toi aussi. Appelle-moi Feri... senpai. Nous avons déjà passé l’étape où tu as besoin de m’appeler responsable du dortoir, » déclara Ferinella.

Tesfia acquiesça avec Alice pour une raison inconnue, bien qu’elle l’ait déjà appelée Feri-senpai. Peut-être est-ce parce que même si Feri semble heureuse, son sourire n’est pas un sourire ?

Il n’était pas clair si sa différence de traitement entre elles et Arus était par respect pour son grade.

Arus, ayant terminé sa tâche, jugea qu’il n’avait plus besoin de rester. Il commença à prendre du recul en disant. « Eh bien, je vais prendre congé. »

Ferinella demanda alors. « Arus, ces deux-là sont encore de jeunes filles, alors ne les gardez pas trop tard dans le futur. »

« Je comprends, » répondit Arus.

« Et puis... ça te dérangerait de t’occuper de moi de temps en temps ? » demanda Ferinella.

Arus ainsi que Tesfia et Alice ne pouvaient pas cacher leur étonnement face à la demande. Il déclara. « Je veille déjà sur deux personnes, un tiers de temps en temps ne sera pas différent. »

Un sourire innocent, digne de l’âge de Ferinella, illumina son visage en disant. « Super ! »

« En toute honnêteté, je ne suis pas si vaniteux de supposer que je serais capable de faire beaucoup pour quelqu’un qui est à ce point proche des deux chiffres. N’en attends pas trop de moi, » déclara Arus.

La voix de Ferinella resonna un peu alors qu’elle déclara. « Je comprends. On m’enseignera sans avoir d’attentes. »

Arus rentra enfin chez lui. Il n’avait pas pu s’empêcher de regretter d’avoir cédé à sa demande pendant tout le voyage. L’ambiance était telle qu’il était incapable de refuser sa demande. Et maintenant, je sacrifie encore plus de mon précieux temps.

 

☆☆☆

 

– Tempête de Diamant –

La dernière leçon de la semaine avait lieu après l’école le lendemain. Comme toujours, Arus espérait passer la prochaine pause en paix. Malgré mes doutes, ce sera mon troisième week-end. Tesfia et Alice l’approchaient rarement pendant les pauses.

Mais on peut dire qu’obtenir le surnom d’Al semble avoir fonctionné en ma faveur. Arus et Tesfia ne s’entendaient pas à l’origine, mais maintenant qu’ils s’étaient apparemment ouverts l’un à l’autre, ses camarades de classe avaient cessé de se mettre aveuglément en colère contre lui.

... Ou c’est comme ça que ça aurait dû être, mais les garçons sont tombés captifs de ces deux-là. Ses camarades de classe masculins avaient passé d’un regard dédaigneux à un regard plein de jalousie.

Et leur attrait ne fera que croître au cours des prochaines années. Ils pourraient même finir par perturber la situation.

Arus avait l’intention de s’immerger dans ses recherches après l’école. Ainsi, il avait rétréci les yeux vers Tesfia et Alice qui se tenaient devant la porte de sa pièce. Il leur déclara. « ... Vous auriez dû dire quelque chose hier si vous aviez réussi. »

Tesfia déclara. « Tu ne peux pas faire ça. Tu ne peux pas réduire notre temps d’entraînement. »

Alice avait frappé ses deux mains ensemble et avait dit. « Al, s’il te plaît... même si ce n’est qu’un peu, je veux m’améliorer plus vite. »

Leur formation pouvait être complétée de façon indépendante, mais il est inévitable qu’elles veuillent poser des questions. Le fait de répondre était une réduction de son temps.

Arus hésita à rejeter Alice en la voyant directement le supplier de lui donner des instructions. De plus, d’innombrables taches rouges recouvraient leurs bras. Je ne veux pas voir ça sur le bras d’une fille... mais quand même.

Malgré l’avènement de la technologie magique, les blessures ne pouvaient être guéries en un instant. Tout au plus, les capacités de guérison naturelle possédées par les cellules de la personne pouvaient être augmentées. La situation changeait si les sorts de guérison se chevauchaient, mais peu de magiciens pouvaient exécuter de tels sorts. Alors que l’académie avait un magicien spécialisé en guérison d’urgence en attente, il n’y avait pas d’aide-magicien-soigneur pour pouvoir mener à bien l’opération au complet.

La magie de guérison exigeait que le magicien-soigneur se synchronise avec le mana de la personne blessée. Le mana était par nature rempli d’informations personnelles du propriétaire, donc quand deux personnes se plaçaient sur un tiers, il y aura trois longueurs d’ondes différentes de mana présentes. La méthode appropriée empêcherait un rebond du mana et permettrait à la cellule elle-même d’être influencée. Les blessures de Tesfia et d’Alice pourraient être guéries en quelques minutes.

La technique requise n’était pas au niveau de la simple possession d’une manipulation compétente du mana. La préformation de l’interaction cellulaire pourrait être assimilée à un maître artisan au travail. La technique était différente de ce que les deux filles et Arus pratiquaient et était aussi beaucoup plus exigeante.

Par conséquent, nous n’aurons qu’à attendre que ces marques rouges guérissent d’elles-mêmes, pensa-t-il.

Arus parla après cette légère pause. « Je comprends. Après tout, je suis en quelque sorte responsable des marques rouges sur vos bras. »

Les deux hochèrent de la tête quand la porte de sa chambre s’ouvrit.

Alice fut sans voix. « — !! »

Tesfia déclara. « Qu’est-ce que c’est ! » La pièce n’avait rien à voir avec ce qu’elle était hier : la montagne de documents s’était effondrée et les papiers recouvraient le sol. Le long bureau était aussi enterré sous des documents, il n’y avait même pas de place pour les boissons. « Pourquoi les hommes ne se soucient-ils jamais de ça ? »

Arus n’avait aucune idée de ce qu’elle essayait de dire.

Tandis que Tesfia et Alice continuaient à s’entraîner dans leur dortoir, Arus s’était plongé dans ses recherches. Et voici le résultat. Les deux filles échangèrent des regards et elles se retroussèrent les manches.

Arus déclara alors. « Je ne sais pas ce que vous prévoyez, mais ne faites rien d’inutile. Tout est trié efficacement comme ceci. »

Tesfia s’écria. « Argumenter est inutile !! »

Les mouvements vifs d’Alice et ses talents de femme de ménage faisaient honte aux professionnelles du domaine. Bien qu’elle ne comprenne pas les documents qu’elle manipulait, elle était capable de les garder dans l’ordre en fonction des endroits où elle les avait trouvés.

Tesfia... eh bien, c’est une pure aristocrate. Elle rangeait les documents avec enthousiasme, mais son exécution faisait défaut.

Tesfia déclara. « Alice, tu as tout fait. »

« Je n’ai pas fait tant que ça ! » s’écria Alice.

Arus, quelles que soient ses pensées, était choqué de voir comment sa pièce était passée d’une catastrophe à une salle bien ordonnée en quelques minutes seulement. Il avait parlé avant que Tesfia ne puisse exprimer son mécontentement. « ... Il... hé, toutes les deux, arrêtez ça. »

Tesfia déclara. « Je suppose qu’on ne peut rien y faire. On verra comment ça se passe à partir de là. »

Arus avait souri au commentaire. Aucune d’elles ne l’a fait pour une récompense.

☆☆☆

Chapitre 11 : Les limites du talent

Arus observait et critiquait Tesfia et Alice, ne travaillant que sur la manipulation de base de la magie. Pourtant, même lorsqu’elles faisaient des erreurs, il ne pouvait pas les appeler des magiciens immatures. Bien que la technique qu’elles développaient soit essentielle pour combattre les mamonos, il fallait beaucoup de temps pour développer une pratique implacable. Il avait prédit qu’elles devraient continuer comme elles le font pendant au moins un mois avant de pouvoir faire quelque chose face au bâton.

Alors, comment ? Il faut que je me fasse plein d’illusions si je pensais qu’elles étaient arrivées si loin après hier parce que je me suis épanoui en tant qu’enseignant. Non, c’est le résultat de leur diligence. Mais pour en arriver là après une nuit... qu’est-ce qu’elles ont fait ?

Arus leur déclara. « Pas là, rassemblez votre mana au bout de vos doigts, » alors qu’il leur pinçait les bras et facilitait le passage du mana en elles. Un rebond du mana avait suivi, mais Tesfia et Alice étaient dotées d’une vision claire du mana qui leur permettait de mieux reconnaître le mana à l’intérieur de leur corps. Pourtant, même si elles prenaient conscience de leur mana, elles ne pouvaient pas encore diriger le flux à l’intérieur de leur corps.

Ce n’est plus qu’une question de temps avant qu’elles puissent utiliser le bâton pour contrôler leur mana, pensa-t-il.

Contrairement à hier, le mana se rassemblait au bout des doigts petit à petit au lieu de venir d’une manière massive.

Lorsque deux personnes travaillaient côte à côte, le subconscient avait plus de facilité à influencer le résultat. Des instructions constantes étaient nécessaires pour éviter que la formation en mana ne stagne. En tant que tel, Arus déclara. « Ne cessez pas de vous concentrer. »

Tesfia déclara. « Hé, sois silencieux ! » Elle détourna son attention de son mana, ce qui l’avait fait s’éloigner du bout de ses doigts et elle avait regroupé son attention autour de l’endroit où elle se faisait pincer.

« — ! »

Arus soupira en disant. « Là, tu vois ? »

Alice avait aussi perdu sa concentration. Elle s’essuya la petite quantité de sueur sur le front en disant. « Ahh, ce n’est pas bon... »

Ni Tesfia ni Alice n’étaient réellement épuisées. Leur formation ne consommait presque pas de mana. Leur frustration commence à leur faire accumuler de la fatigue mentale.

Arus demanda. « Que diriez-vous d’une petite pause ? »

Les deux filles avaient montré leur accord avec des hochements de tête boiteux alors que même leur corps bougeait par la même occasion.

Pendant qu’elles se reposaient, Arus s’était installé derrière son bureau. La recherche de données sur son bureau maintenant propre et organisé n’était pas aussi difficile qu’il l’avait d’abord prévue. Il pouvait passer d’un document à l’autre sans trop de problèmes.

Les yeux de Tesfia brûlant de curiosité lorsqu’elle regardait Arus. Elle lui demanda alors. « Au fait, qu’est-ce que tu cherches, Al ? »

Les yeux d’Alice brillaient d’un intérêt similaire alors qu’elle lui disait. « Je suis aussi curieuse à ce sujet. »

Arus leur répondit. « Je suis en train d’évaluer si la magie de transfert peut être utilisée au combat sous la forme d’une téléportation. »

Le transfert magique à l’intérieur de l’école utilisé dans les Cercles de Transfert était un sous-produit de la magie de manipulation spatiale d’Arus. Strictement parlant, la magie de la manipulation spatiale n’existait pas. Ce n’était rien de plus qu’un document théorique. Cela dit, Arus avait fait ses propres expériences.

Beaucoup de magies avaient été recherchées directement par Arus. Lui-même avait l’intention d’élever le niveau des magiciens dans son ensemble afin que de nouvelles magies puissent surgir. L’ambition derrière son but était si grande que les conséquences seraient que de nouvelles applications seraient découvertes pour une grande partie de ce qui existait actuellement.

Je devrais éviter de révéler trop de choses, pensa-t-il.

Alice avait tenu l’insigne de l’école accroché à sa poitrine en disant. « Quand tu dis “transfert”, est-ce que tu veux parler de ça ? »

Arus avait été invité à répondre par l’expression vide d’Alice. « C’est ça, oui. Ce sera cette année la première fois que la magie de transfert sera utilisée avec l’insigne d’une école. » Actuellement, des ports circulaires étaient établis à intervalles réguliers pour les magiciens qui surveillaient la ligne de défense nationale en cas d’urgence dans l’État.

Bien que l’application soit la même, c’était la première fois qu’une application aussi générale était tenté. Arus ajouta. « Il y a un défaut majeur. Sa portée n’est au mieux que de 3 km. »

Il y avait encore beaucoup de place pour l’amélioration, en particulier dans l’action la plus communément appelée « Saut de porte ». Le mana était dupliqué et utilisé comme référence afin d’attacher les coordonnées de destination d’une porte de transfert. Ce surnom provenait du résultat qui se produisait sans tenir compte de la notion du temps.

Le problème fondamental était que la signature de mana dupliquée se détériorerait. Il était impossible de contenir le mana sans forme dans un espace non scellé. Bien que la détérioration du mana ne se produise pas lorsque le mana était converti en magie, il se flétrissait lentement avec le temps une fois qu’il était libéré seul à l’extérieur du corps. Les expériences montraient que ce phénomène empêchait le transfert vers des portes désignées sur une plus longue distance.

Il y avait place à l’amélioration, mais les chercheurs avaient les mains liées par la prémisse que le corps d’information du mana devait être protégé.

Arus continua à parler sans attendre une réponse. Son esprit de chercheur l’amenait à en dire plus qu’il ne le devrait. « Bien que ce dilemme découle à l’origine de la recherche sur l’application de cette magie de manière offensive, il est maintenant devenu un enjeu important et fondamental dans la magie. »

Tesfia lui demanda. « L’utiliser directement au combat ne serait-il pas la meilleure méthode ? »

Sa suggestion était liée au problème avec le développement de la magie originale. Tout ce qu’Arus créait devait être utilisable par les magiciens dans leur ensemble et non pas seulement lui. « Eh bien, ce n’est pas faux. Cependant, même s’il a encore beaucoup de restrictions, cette magie peut encore être utilisée pour tuer des mamonos, inhiber le mouvement, soutenir l’assaut d’un camarade ou même battre en retraite. »

Tesfia inclina la tête et gémit « Mn ~... »

Tesfia pensait que l’idée avait du mérite puisqu’Arus lui-même était un magicien qui s’était battu sur la ligne de front, mais elle se souvenait que la directrice avait mentionné qu’il était une exception parmi les exceptions.

Le fait d’utiliser le magicien numéro un comme référence pour créer une nouvelle magie serait inutile puisqu’une seule personne pourrait l’utiliser. Arus lui-même considérait l’idée comme hors de question, car elle contredisait son objectif d’élever le niveau de l’ensemble des magiciens.

Alice leva la main et demanda. « Une vaste couverture de support protégeant les magiciens pourrait-elle être mise en place ? »

Arus fut obligé de nier une telle opinion même si la proposition d’Alice offrait une conclusion. En tant que chercheur, il s’était lui-même penché sur les différentes applications possibles de cette magie. Il déclara. « C’est impossible, la magie de transfert n’est pas omnipotente. Selon la façon dont elle est utilisée, elle peut aider les magiciens à se défendre contre les attaques. Cependant, tout laisser à un seul sort est imparfait. »

La magie reconnue avait son nom enregistré dans l’encyclopédie de magie. De tous les sorts enregistrés, presque aucun d’entre eux n’était non spécialisé. La magie spécialisée avait beaucoup plus de préférence que la magie non spécialisée. Il ajouta. « Eh bien, c’est quelque chose que vous pouvez mieux apprendre d’un magicien qui se tient sur la ligne de front. »

Par la suite, Arus continua de manière arbitraire à se lancer dans des conversations du genre avec Tesfia et Alice. N’ayant jamais eu l’occasion de partager ses pensées avec d’autres personnes auparavant, il continua bien au-delà de la fin de la pause sans penser à l’écoulement du temps. Bien que le couvre-feu ne soit pas rompu, elles se plaignaient beaucoup de l’interruption de leur entraînement.

Pour le lendemain après l’école, il ne pourra pas décliner leur demande de conseils continus dans le cadre de leur formation.

 

☆☆☆

 

— Giga Blaster —

Tesfia et Alice retournaient en ce moment à leur dortoir.

Tesfia regardait sur le côté avec un sourire sur son visage pendant qu’elle marchait. Son ton n’était pas celui vers l’inaccessible numéro un, mais un ton utilisé pour ceux du même âge. « Quoi qu’il en soit, Al m’a vraiment surprise. »

Elle parlait sans tenir compte de ses paroles, car Arus n’était pas avec elles. Il s’était séparé d’elles avec des pas lourds après avoir été sollicité par la directrice pour une réunion académique.

Tesfia ajouta. « N’était-il pas comme un enfant ? »

Alice lui répondit. « J’ai peut-être besoin de dire ceci, mais c’était une action appropriée pour son âge. »

« Non, c’était vraiment enfantin. C’était comme s’il montrait un nouveau jouet, » déclara Tesfia.

Alice avait mis une main sur sa bouche en souriant. Elle déclara. « Dans ce cas, ça devait être un jouet étonnant. »

« Cela doit bien être le cas. Quoi qu’il en soit, je comprends son talent de magicien, mais je me demande à quel point il est bon en tant que chercheur ? »

Alice avait sans doute plus de compréhension envers la capacité d’Arus. Elle lui demanda. « Ne penses-tu pas qu’il est au-dessus de tout le monde ? »

« Je me demande si c’est vraiment ainsi. Il cherche peut-être dans une impasse, » répondit Tesfia.

« Ouais ~ je ne pense pas que ce soit comme ça... On en reparlera une fois qu’il aura terminé le sort que tu as mentionné plus tôt aujourd’hui, » répliqua Alice.

Tesfia la réprimanda de la même manière qu’une grande-sœur le ferait. Elle lui déclara. « Oh, franchement, Alice. Ne te moque pas de moi et mets plus l’accent sur le fait qu’il effectue du bricolage avec la magie. »

Alice avait rendu la faveur en disant. « C’est comme toi, Tesfia ! Tu es une aristocrate, mais chaque fois que tu ouvres ta bouche en grand et que tu dis quelque chose de drôle, nous ne sommes pas autorisés à rire ? »

Sans que personne s’en aperçoive, les recherches d’Arus étaient devenues arbitrairement inutiles du point de vue des autres. Maintenant, son seul point positif était que cela avait permis aux deux filles de marcher joyeuses en ce moment. Plus tard, quand elles comprendraient réellement une fraction minuscule de ce qu’Arus recherchait ce jour-là... leurs expressions feraient sûrement un 180 degrés en découvrant que rien n’était inutile avec lui et que le mot impasse n’existait pas dans son vocabulaire quand cela concernait la magie.

 

☆☆☆

 

– Les Griffes du Loup –

Arus, s’étant séparé de Tesfia et Alice à l’extérieur du bâtiment de recherche, traînait les pieds vers le bureau de la directrice. Il avait une mauvaise prémonition au sujet de l’invitation. Il n’y avait pas de raison qui existait pour démontrer ce sentiment. C’était une réaction que son corps avait développée après avoir parlé avec la directrice et avoir appris à connaître son comportement. Le plus qu’Arus pouvait faire, c’était faire confiance à ses sentiments, et ne rien faire à ce sujet.

Le laboratoire d’Arus se trouvant dans le bâtiment de recherche n’était qu’à quelques minutes à pied de la directrice se trouvant dans le bâtiment principal. Quoi qu’il en soit, personne ne le blâmerait s’il errait en ce moment par l’un des ports circulaires de transfert.

Même s’il frappa plusieurs fois à la porte pour maintenir un bon décorum, son expression était de l’aversion bien visible. Une voix étouffée sembla lui donner la permission d’entrer dans la pièce. Alors qu’il ouvrait de la porte, la directrice lui déclara. « Je n’ai encore rien dit ? » Elle avait capté son mécontentement en un instant.

Arus corrigea son attitude avec une fausse ignorance de sa remarque puis il répliqua. « Je n’ai encore rien entendu. »

C’est elle qui est au sommet, pensa-t-il.

« Eh bien, c’est très bien ainsi. Vous le savez probablement déjà, mais il y aura un test de compétence au début du mois prochain, » déclara la directrice.

« Je suis au courant, » répondit Arus.

Le test était inclus dans le programme d’études chaque année afin de mettre à jour le classement effectué lors de l’admission des étudiants. Ceci était nécessaire parce que plus de 1 000 étudiants étaient évalués pendant la durée limitée du test d’admission. Bien que les résultats ne soient pas déterminés de façon négligente, cela manquait d’exactitude. C’est pourquoi des examens de compétences individuelles étaient prévus dans les plus brefs délais.

Arus avait déjà deviné les intentions de la directrice. Il demanda. « En d’autres termes, il s’agit du classement ? »

« C’est exact. Afin d’éviter de provoquer un remue-ménage inutile, j’ai décidé de me charger personnellement de votre examen, » déclara la directrice.

Arus voulait déclarer qu’elle abusait de son autorité, mais plus que cela, elle voulait aussi éviter un tumulte inutile. C’est probablement la meilleure solution. J’ai pu me rendre compte qu’il y a une période d’examen chaque année, mais je n’ai pas encore compris comment elle se déroule.

Il déclara simplement. « Compris. Pourquoi m’avez-vous appelé ? »

La directrice n’avait pas été surprise qu’Arus ait vu à travers elle. À la place, elle poussa un soupir.

Ce doit être la question principale, pensa-t-il.

Elle avait fait des gestes à une pile de documents sur son bureau en disant. « Ceci. »

Les documents avaient été placés à l’envers, donnant à Arus une vision claire de leur contenu. Il demanda avec ses yeux la permission de continuer ce à quoi il avait été encouragée par un sourire.

Un soupir s’écoula hors de la bouche d’Arus en les lisant. Les nouvelles instructions d’enseignement proposées par l’armée étaient écrites dans ce document. Il n’y avait rien qu’il puisse faire à propos de ce qui était écrit. La Deuxième Académie de Magie, selon la politique nationale, devait accepter. « Qu’est-ce que vous voulez que je fasse ? »

« Rien de particulier, juste... quelle est votre opinion ? » demanda la directrice.

La directrice n’était pas dans une situation où elle voulait l’opinion d’Arus, mais une situation où elle voudrait l’opinion de tout le monde — et surtout celle d’Arus.

Arus déclara. « Est-ce que le fait de demander quelque chose avant cela vous conviendrait ? »

Elle lui fit alors un sourire envoûtant qui avait fait qu’Arus se demanda si tout cela ne se déroulait pas comme elle l’avait désiré. Elle lui déclara. « Allez-y. »

« Cette proposition est-elle le résultat de mon départ à la retraite ? » demanda Arus.

« Peut-être. » Elle donna une réponse vague, mais ne considérait pas de son côté que cette affaire résultait du départ à la retraite d’Arus. Le problème, c’était le contenu du document. Sous prétexte de leçons parascolaires, les élèves devaient accumuler de l’expérience au combat contre des mamonos. Elle ajouta. « En vérité, nous pouvons nous voir comme en retard dans sa mise en œuvre. Les première, quatrième, cinquième et septième académies ont déjà commencé à l’introduire dans leurs programmes. Cependant... »

« Tout ce que cela permettra d’accomplir, c’est d’augmenter le nombre de victimes, » déclara Arus.

La nuance du ton de la directrice montrait sa frustration face au fait que la situation n’était pas prise au sérieux. « Je le pense aussi. »

La situation tournait autour de la vie. Alors que les diplômés entreraient dans le service militaire où ils acquerraient tôt ou tard de l’expérience en combattant des mamonos, les étudiants n’avaient pas la formation pour cela. Non, la question ici devrait être de savoir si les mesures de protection ont été suffisamment prises en compte en cas d’échec. Même les magiciens qui sont encore étudiants pourront tuer des mamonos de rang inférieur.

Pourtant, comme Arus l’avait expliqué un jour, dans la situation fort probable où les élèves furent saisis par la peur, au moment où leur cœur abandonnait la lutte, ils ne pourraient pas utiliser la magie. Le développement d’un traumatisme semi-permanent dépendra après ça de l’individu.

Un filet de sécurité avait été préparé pour cette situation selon les documents, mais ces personnes étaient les responsables des premières années. En cas d’urgence, on leur donnerait le contrôle sur les élèves des classes supérieures. En d’autres termes, bien qu’il y ait une différence de compétences, ils n’avaient pas beaucoup plus d’expérience que les premières années dans l’asservissement des mamonos. En cas d’état d’urgence, il était facile d’imaginer que ce personnel utilisé comme filet de sécurité deviendrait inutile.

Arus dit. « En bref, ça vient du haut de la hiérarchie, non ? »

« On dirait que oui. Seul un grand leader qui n’a jamais combattu un mamono serait capable de produire quelque chose comme ça, » répondit la directrice.

Arus modifia ensuite la question principale afin de la traiter plus rapidement. Il demanda. « Que voulez-vous que je fasse ? »

« On m’a surtout assigné des missions de défense. Vous être bien plus familiers avec les mamonos que moi, ou même que toute personne dans le monde entier, » répondit la directrice.

Si la directrice était vraiment dérangée par cela, c’était quelque chose sur quoi Arus aimerait l’interroger, mais il lui avait plutôt permis de continuer. Elle lui déclara. « Alors, Monsieur Arus. Ne pourriez-vous pas faire quelque chose ? »

« Tels que ? » demanda Arus.

« En exerçant une pression sur les plus hauts gradés ou en balayant les mamonos tout seuls ? » demanda la directrice.

« Impossible, » répondit Arus.

Arus n’était pas assez bien accueilli parmi les plus hauts gradés pour avoir une influence sur eux, après tout, pour eux, il n’était qu’une arme. Alors qu’il n’était bon que dans l’exercice de ses fonctions, il n’était rien de plus qu’un outil que l’on envoyait où bon leur semble. Il aurait pu dire quelque chose si ce document avait été proposé par le gouverneur général, mais la question de savoir s’il pouvait le faire ici et maintenant était différente.

En ce qui concernait l’autre suggestion de la directrice, il demanda. « Combien d’élèves pensez-vous avoir ? Il est impossible que je puisse tous les couvrir. » Il ne pouvait être qu’à un seul endroit à la fois.

La directrice gonfla ses joues, créant une image inappropriée pour son âge. Elle demanda. « Alors, avez-vous des idées ? »

Comme c’est irresponsable. Je ne pourrai probablement pas rentrer chez moi sans rien dire non plus, pensa-t-il.

Arus haussa les épaules et se gratta la tête. Puis il lui demanda. « Dans quelle mesure pouvez-vous changer cela ? »

Même si elle était directrice, elle pourrait finir par faire venir le malheur sur elle en s’élevant contre un avis venant du sommet. Même si son argument était justifiable, défendre une opinion différente était tabou. Car si un plan était présenté, la directrice n’avait pas d’autre choix que de le faire adopter de force.

La directrice avait parlé avec une expression sincère. « Seulement tant que cela ne change pas le but de la proposition. » Qu’elle puisse ou non le faire n’avait pas d’importance, elle s’en sortirait à tous les coups.

☆☆☆

Chapitre 12 : Le magicien du sommet est taillé dans un tissu différent

Arus avait montré une zone sur une carte alors qu’il lui disait. « Cette région devrait faire l’affaire. »

La directrice avait été perdue en entendant son ton désintéressé. « Hein ? »

Il fit alors glisser son doigt sur la carte en ajoutant une explication. « Cet endroit est un peu loin, mais c’est le meilleur endroit, car seuls les mamonos les moins bien classés l’infestent. Les mamonos de Rang B n’apparaissent presque jamais dans cette zone. D’accord, je ne prétends pas que cette zone est sûre, mais cela vaut mieux que le reste de la zone. »

La directrice acquiesça d’un signe de tête lorsqu’elle se souvient de certains de ses souvenirs amers. Ce serait différent si les humains étaient les seuls qui existaient dans ce monde.

Les événements imprévus au-delà de ce qui était pronostiqué étaient routiniers dans le monde extérieur. Le fait de prétendre que des développements étranges se produisaient toujours n’était pas une exagération. Les éventualités de faire face au pire des scénarios étaient en demande constante pour ceux allant à l’extérieur.

Le point positif, c’était que les mamonos de haut rang pouvaient être détectés à des dizaines de kilomètres depuis la ligne défensive. Cependant, plus le mamono était éloigné, moins il était probable que la magie de détection installée le repérerait. Le système n’était pas parfait, mais il pouvait rapidement détecter les mamonos de rang important pouvant entraîner des catastrophes.

Arus expliqua son idée. « Puisqu’il y a encore une chance qu’un mamono de Rang B puisse éviter la détection, une supervision appropriée devrait comme prévu être envoyée. Et aussi, il est inutile de le dire, mais celui que vous assignerez ne devrait pas être un magicien ordinaire n’ayant jamais combattu. »

« Cela va être difficile de faire ça, » répondit la directrice.

Les magiciens si précieux dont il parlait devaient en temps normal rester en attente et être prêts à se mobiliser en tout temps. Il était difficile d’imaginer que l’armée en donnerait pour des leçons.

Arus déclara. « Eh bien, je suppose qu’il n’y a pas d’autre choix que d’accorder un contrôle direct aux enseignants les mieux classés au sein de l’Académie. Vous pouvez aussi assigner deux ou plusieurs enseignants à la fois ou leur donner des assistants. La gestion de cette opération est-elle entièrement confiée à l’Académie ? »

La directrice avait mal à la tête alors qu’elle lui répondit. « Des groupes de 5 personnes avec en plus au moins un superviseur pourraient fonctionner selon moi. » Alors qu’elle se tenait la tête.

Arus déclara après y avoir réfléchi quelques secondes. « Dans ce cas, s’il vous plaît, faites de votre mieux pour agir ainsi, » puis il se tourna afin de partir. Il avait fini de donner des conseils.

La directrice avait été tellement abasourdie qu’elle avait libéré un « Ehh !! »

La nature d’Arus n’était pas faite pour répondre correctement face aux expressions de la sorcière. Sa gêne avait fait surface lorsqu’il lui avait demandé. « Et maintenant ? »

Elle lui avait alors répondu. « J’ai oublié de servir le thé, » tout en se dépêchant de rectifier l’erreur qu’elle avait commise.

Arus hésita quand au fait s’il devait l’ignorer et rentrer chez lui ou bien rester là. Son changement d’expression était dû à un examen consciencieux de sa santé mentale.

 

☆☆☆

 

Arus et la directrice s’étaient ainsi plongé dans l’exploration de nombreuses solutions jusqu’au petit matin. À un moment où elle n’avait plus été capable de supporter la situation, elle avait même fait des commentaires sur le fait qu’il lui donnait un coup de main. Une expression dédaigneuse avait traversé leurs visages quand elle avait déclaré. « L’intention semble être que s’ils surmontent cette épreuve, ils deviendront d’excellents magiciens... »

D’autre part, cette situation permettrait également d’évaluer les aptitudes de Tesfia et Alice en tant que magiciens. Certes, leur désir était que le mamono soit mis à genoux avant d’en arriver là.

Ainsi se termina la discussion détaillée entre un Magicien Solitaire et une ancienne Magicienne Solitaire.

Tous les soirs, après avoir surveillé Tesfia et Alice pendant leur entraînement, Arus était appelé au bureau de la directrice. Il en était même venu à manquer de la force nécessaire pour critiquer la façon dont son précieux temps était ainsi gaspillé. Il n’avait ainsi pu maintenir son équilibre mental qu’en se rappelant de force que ce qu’il faisait lui était bénéfique d’une manière ou d’une autre.

Quoi qu’il en soit, ils avaient un nombre limité de jours pour résoudre leur problème alors ils n’avaient pas rechigné à la tâche. Tel était le danger récurrent que représentaient ceux qui n’avaient jamais connu les véritables horreurs du combat réel. Ce nouveau superviseur pour l’Académie n’était pas du tout fiable.

 

☆☆☆

 

– Poing du Roi des Bêtes –

Jusqu’au premier jour de l’examen de première année, Arus avait très rarement assisté aux cours. Le fait de manquer l’examen entraînerait une réévaluation et une note plus basse. De plus, si ses notes baissaient trop, il devrait peut-être redoubler l’année. Tesfia et Alice, craignant ce résultat, s’arrêtèrent au laboratoire d’Arus avant le début des cours pour s’assurer qu’il y assiste.

Le teint d’Arus à l’ouverture de la porte était vraiment horrible. Les poches sombres sous ses yeux avaient instantanément attiré leur attention. Elles pouvaient dire d’un coup d’œil qu’il n’avait pas dormi depuis des jours.

« « — ! ! » »

Tesfia déclara. « Tu as dit que tu allais te reposer, mais tu n’as pas du tout dormi. »

Arus répliqua. « C’est mon temps. Tu n’as pas à me dire comment l’utiliser. »

« Al, as-tu oublié ? Aujourd’hui, c’est l’examen ! » déclara Alice.

Avec une expression distraite, il avait commencé à penser à quelque chose qu’il n’était pas censé oublier. Après un certain temps, il leur déclara. « Oh, ouais. »

Tesfia jeta un coup d’œil à l’horloge affichée sur l’écran numérique à l’intérieur de la résidence d’Arus. Elle l’avait fait tourner sur lui même et lui avait fait une forte poussée dans le dos en disant. « Dépêche-toi et va te laver le visage ! »

 

☆☆☆

 

Pour la première fois, Arus, Tesfia et Alice étaient allés ensemble à l’école. Arus se couvrait en ce moment la bouche pour étouffer un grand bâillement, « Haaa ~ ».

Les sacs de l’Académie qu’il portait en ce moment n’étaient pas à lui. C’était inutile de l’apporter, car il n’emmenait même pas ses manuels en classe.

Tesfia jeta un coup d’œil du côté d’Arus en disant. « Alice, as-tu pu te préparer pour l’examen ? »

« Plus ou moins. Mais j’aimerais en reparler, » répondit Alice.

Comme les deux filles regardaient vers les manuels qu’Arus portait pour elles, Arus parla de quelque chose qu’il savait qui avait rendu tous leurs efforts insignifiants. Il leur déclara avec nonchalance. « Il s’agit d’un examen pratique. N’est-il pas trop tard pour le faire maintenant ? »

Alice s’arrêta de marcher alors que sa bouche s’était ouverte sans jamais se fermer. Elle avait alors laissé sortir un. « Ehh !! »

Tesfia effectua un coup de pied circulaire et en hauteur en direction d’Arus en disant. « Si tu le savais, alors tu aurais pu nous le dire plus tôt ! » Il était encore à moitié endormi, mais il attrapa facilement l’attaque d’une main avec désinvolture.

Alors que les jupes de l’uniforme de l’Académie ne pouvaient pas être considérées comme courtes, Tesfia avait donné un coup de pied assez haut pour que la jupe glisse le long de sa jambe. Un contraste s’était formé entre la clarté de sa cuisse fine, soyeuse et blanche au fur et à mesure que la jambe apparaissait.

Tesfia s’était raidie, mais Arus n’exprima aucun intérêt pour son jardin secret. Quoi qu’il en soit, un rougissement s’était formé sur le visage de Tesfia en un instant.

« #% & $@& # !! » son mana s’enroula autour de son poing alors qu’elle se prépara pour frapper Arus. Bien que son pouvoir ne s’amplifiait pas en raison de son acte inutile dans son cas, le mouvement inconscient de son mana était une indication claire de ses véritables sentiments.

Arus avait poussé la jambe qu’il tenait sur le côté. La mauvaise gestion globale de la situation donnait vraiment l’impression que tout cela n’était qu’une illusion magique.

Tesfia regarda alors Arus avec les yeux humides. Puis elle se retourna alors qu’elle serrait l’ourlet de sa jupe. Elle lui demanda « L’as-tu vue ? »

« Je l’ai vue ! » En vérité, Arus ne l’avait pas vu. Avec cet angle, le coup de pied n’était pas assez haut pour qu’on puisse voir quoi que ce soit. Cependant, s’il exprimait ces pensées, Tesfia se déchaînerait avec de la magie.

Harmonie ? C’était l’attente d’Arus lorsqu’il s’était inscrit pour la première fois. C’est loin.

 

☆☆☆

 

Les cours avaient été annulés en raison des examens. C’était tout ce qui se ferait aujourd’hui sur le campus. L’activité principale de la matinée consistait à demander aux élèves d’émettre du mana en brandissant tous les sorts qu’ils avaient appris.

Plusieurs membres du corps professoral supervisaient le terrain d’entraînement, effectuant des enregistrements détaillés des données. De plus, les investigations magiques externes n’étaient pas possibles sur le terrain d’entraînement. En gardant l’examen vague, la tricherie était évitée.

Chaque classe allait entrer sur le terrain d’entraînement une à la fois, et donc la matinée allait être totalement utilisée pour ça. Arus était entré après s’être changé dans ses vêtements d’entraînement et il avait attendu que son nom soit appelé. Tesfia et Alice attendaient également. Tesfia n’a pas l’air de pouvoir s’asseoir sans bouger dans ces moments-là.

Arus s’était distrait en attendant en observant la manipulation de mana dans les airs. La tension qu’il ressentait était un peu différente des autres. Si je me souviens bien, ces deux filles sont des aristocrates. En bref, elles ont besoin d’un rang qui ne fasse pas honte à leur maison. Même si leurs pièces d’identité montrent qu’elles sont à quatre chiffres, elles sont nerveuses, car les membres de la faculté disaient quelque chose comme, « Puisque les rangs déterminés lors de l’examen d’admission sont inexacts... »

Il ne pouvait pas imaginer que leurs rangs changeraient d’un grand écart lors de ses tests. Quoi qu’il en soit, il ne pouvait que garder la bouche fermée. Même s’il essayait de les rassurer, il doutait qu’elles puissent l’entendre correctement.

Alice avait versé de son mana dans son AAR prêté pour une vérification de sa bonne marche. C’était une action qui était nécessaire sur le terrain d’entraînement.

 

☆☆☆

 

Arus, dès son entrée dans le terrain d’entraînement, avait été le premier à se faire appeler par son nom. Ni Tesfia ni Alice ne lui avaient souhaité bonne chance. Elles comprenaient qu’il était inutile de le faire. À la place de le faire, elles avaient concentré leur attention sur leur AAR. Elles aussi avaient été appelées peu de temps après.

Arus avait traîné ses pieds jusqu’à la neuvième zone. Pendant tout le trajet, il aimerait être total immobile. Après tout, il était le seul candidat qui n’était pas porteur d’un AAR même s’ils étaient prêtés pour l’occasion. Les regards qu’il recevait en marchant avaient pris un étrange virage depuis le début de l’année. Comme prévu, l’hostilité a disparu, mais leur présomption est toujours aussi forte.

Aujourd’hui, les regards se tournaient surtout vers son livre manquant. J’ai oublié de l’apporter.

Quand il était entré dans la section suspecte, couverte de noirceur, du terrain d’entraînement, comme prévu, il avait rencontré la directrice. Elle lui avait demandé. « Hmm, n’avez-vous pas apporté un AAR ? »

Arus ne s’était jamais soucié de son rang et il refusait de commencer maintenant à le faire. Il lui demanda. « En ai-je besoin d’un ? »

Elle ajusta la machine en quelques mouvements rapides et croisa les bras pour lui dire « Naturellement. »

« Je me débrouillerai bien sans un AAR, » déclara Arus.

La directrice avait alors annoncé. « Je vois, alors, commençons..., » puis elle avait pointé du doigt vers une boîte voisine. C’était la bonne taille pour qu’une personne puisse y entrer. L’armée utilisait cette pièce d’équipement pour mesurer la quantité de mana que possédaient les individus. « Placez-vous là dedans. »

Une fois qu’Arus s’était placé à l’intérieur et que les plaques de métal qui détectait la magie l’entourèrent de tous les côtés, à l’exception de l’avant, elle ajouta. « Relâchez votre mana. »

Le mana qu’il laissera alors sortir serait détecté par les plaques de fer et serait mesuré. Une infime quantité suffira pour le moment.

La directrice déclara. « OK, j’ai compris. » Elle posa ensuite son attention sur l’écran du terminal. Le pourcentage projeté l’amène à dire « — ! !! Hein ! »

Quelle réaction familière ! C’est suffisant pour me donner une idée du nombre. Mais le refaire serait pénible, pensa-t-il.

Arus dit. « Il n’est pas du tout cassé. »

« M-Mais..., » balbutia la directrice.

N’importe qui d’autre que la directrice aurait probablement continué en insistant pour une nouvelle mesure, pensa-t-il.

Arus lui demanda alors. « Doit-on passer au test suivant ? »

« Ou-oui..., » répondit-elle.

Quelle réponse faible ! pensa-t-il.

Arus se vanta de lui-même afin d’aider la directrice à gérer sa situation. « J’étais toujours en première ligne depuis très jeune. »

Mais comme il le prétendait, il n’avait jamais eu à faire face à une bataille difficile malgré sa présence sur les lignes de front pendant dix ans. Le mana inné avec lequel il était né était tout simplement ainsi. C’est probablement l’une des raisons pour lesquelles l’armée s’est occupée de moi avec tant de vigueur.

La directrice déclara. « C-C’est vrai. Euh, la suite, c’est... »

Je suppose qu’elle est encore sous le choc, pensa-t-elle.

Elle ajouta alors. « Je veux que vous fassiez une démonstration de toutes les magies que vous avez apprises, sauf... »

Arus équipa divers appareils sur ses membres. « C’est ainsi que l’armée procède aux examens. »

La directrice inclina la tête alors qu’elle était remplie de curiosité. « Comment ça se fait ? »

« Parfois, la jauge elle-même s’envole véritablement en raison de la puissance de la magie exercée, » déclara Arus.

« N ~... Attendez, c’est mauvais, » s’écria la directrice.

Arus pointa du doigt les machines coûteuses afin de mettre l’accent sur ce point comme s’il lui disait... « Le compteur va se casser, ouvrez grand les yeux ! »

Les yeux de la directrice brillaient d’une curiosité incontrôlable. Elle s’intéressait plus à cet événement qu’au fait d’endommager de l’équipement.

Arus en avait un peu raz le-bol de la directrice qui était aussi une magicienne et qui agissait ainsi. Il déclara. « Je ne peux pas imaginer qu’il y a des centaines de pièces de rechange qui traînent dans le coin, alors contentons-nous de ceux-ci. »

Elle déclara. « Oui, » et puis elle s’éloigna de l’écran où les données seraient envoyées. Elle ajouta alors. « Si vous utilisez de la magie d’attaque, visez cet endroit-là, s’il vous plaît. »

Une pièce de machinerie creuse, en forme de cône, se trouvait devant Arus. C’était quelque chose qu’il connaissait bien. L’objectif était de lancer la magie dans le cône. Il s’agissait d’un matériau à haute affinité magique qui absorberait le sort. Si le pouvoir absorbant était dépassé, l’excès de magie s’échapperait vers l’extrémité bloquée du cône où il pourrait continuer à être absorbé lentement.

Une histoire d’horreur se déroulera alors qu’Arus avait rempli l’appareil avec son mana.

 

☆☆☆

 

– Poing de la foi –

Le nom d’Alice avait été appelé pendant qu’Arus subissait son examen.

Tesfia déclara. « Vas-y, Alice, » et elle avait repris ses préparatifs en attendant son tour.

Alice lui répondit. « Pareil pour toi, Tesfia, » alors qu’elle se dirigeait vers la deuxième zone d’examen. Elle s’arrêta alors qu’un grondement sourd secoua le terrain d’entraînement. Une pensée l’amena à incliner la tête. Au début, il s’agissait d’une suspicion, mais elle l’accepta rapidement avec confiance alors que le tremblement se renforçait.

Les tremblements de terre étaient des événements familiers pour l’humanité. De grands changements avaient commencé à se produire dans la croûte terrestre au moment même où les mamonos étaient apparus. Ainsi, aucun élève ne serait pris au dépourvu sur la façon d’y répondre. Par conséquent, la conviction d’Alice à l’égard de l’identité du tremblement s’était solidifiée pendant qu’elle suivait la procédure d’évacuation.

Une explosion avait fait écho dans tout le terrain d’entraînement et avait provoqué une agitation. « Eh — ! !! » Tout le monde s’arrêta lors de l’évacuation pour fixer la neuvième zone d’examen. De la fumée noire s’échappait de l’intérieur et tourbillonnait dans les airs.

Les membres du corps professoral se réunissaient en ce moment dans les autres zones d’examen. Avant de pouvoir faire quoi que ce soit, une personne était sortie de la neuvième zone d’examen. Le mana s’enroulait autour de la directrice Cisty alors qu’elle disait. « Ce qui s’est passé n’était pas si important que ça. Veuillez reprendre les examens comme si de rien n’était. »

Beaucoup se demandaient pourquoi la directrice agissait comme examinatrice, mais leurs voix s’estompèrent lorsqu’elle leva le doigt. Elle incanta ensuite quelque chose et tourna légèrement son doigt en cercle. La fumée noire qui dérivait au-dessus de la directrice avait été aspirée dans un vortex.

Personne ne pouvait détourner le regard de la directrice. Avec tout le monde cloué sur place, son désir de faire continuer l’examen ne se réaliserait pas. Il en était resté ainsi jusqu’à ce qu’elle attire et fasse disparaître toute la fumée noire.

Alice était revenue aux côtés de Tesfia alors que tout le monde était encore collé sur place en raison de l’admiration.

Tesfia demanda. « Qu’est-ce qui vient de se passer ? »

Les pensées d’Alice se mélangèrent sa voix. « Ça, cela s’est passé là-bas..., » et elle se précipita alors dans la neuvième zone d’examen où elle demanda. « Al, ça va ? »

Arus se tenait debout en surplombant avec regret les pièces d’équipement brisées et dispersées un peu partout dans la zone. Il répondit « Alice... ? » Puis il ramassa quelques pièces tout en continuant à parler. « Ai-je foiré quelque part ? »

Tesfia lui demanda. « Qu’as-tu fait ? »

« Vous êtes vraiment venues ici toutes les deux ? Jusqu’où allez-vous continuer à effectuer cette violation des ordres ? » La directrice rentra du tic-tac dans la discussion. Ayant atteint le sommet de la magie, pas un seul point de suie ne la tachait. Tesfia et Alice avaient les yeux écarquillés et s’étaient mises à l’écart pour la laisser passer. « Nous sommes en plein milieu d’un examen. »

Une fois que la directrice confirma que Tesfia et Alice étaient parties, elle déclara. « Dans tous les cas, ce sort de tout à l’heure... il m’a fait penser à la magie de la manipulation spatiale. »

Arus n’avait fait que fixer la directrice sans rien dire.

Comme on peut s’y attendre d’une ancienne Magicienne Solitaire, bien qu’elle soit la directrice, elle observait la compréhension tacite entre les magiciens de ne pas fouiller dans les rouages des magies originales de chaque personne, surtout compte tenu de l’individu qui se trouvait devant elle.

Malgré ça, Arus avait répondu par réflexe à la question qui frappait au cœur de son sort tel un remerciement. Il déclara. « Vous avez raison. »

« Alors, même s’il a été surchauffé, je me demande s’il est en train de fondre, » demanda la directrice.

L’explosion n’avait pas été causée par la magie, mais par l’équipement en raison d’une augmentation de l’énergie à l’intérieur de son circuit.

Arus lui avait permis de déduire sa réponse en plaçant ses yeux vers le bas. Cette méthode de communication lui convenait mieux.

Même si la magie de manipulation spatiale avait été utilisée, ce n’était pas le genre d’informations pour lequel il avait la permission de la transmettre, pas même pour la directrice. Pour commencer, officiellement, la magie qui interférait directement avec un espace n’existait pas et était impossible. La magie de manipulation spatiale était un terme générique qui avait été établi comme référence pour divers systèmes de magie.

Le fait qu’il était possible d’interférer avec l’espace était un phénomène qui avait été prouvé. Arus venait de le refaire en créant un désordre dans les machines fondues et disloquées maintenant. Que cela puisse interférer avec l’espace pouvait sembler une heureuse tournure des événements puisque le phénomène de fonte était l’essence même de ce sort.

Révéler tout cela, c’est probablement bien, pensa-t-il.

Seul le gouverneur général avec lequel Arus avait des liens étroits, Berwick Sarebian, en savait plus dans le monde. On craignait très souvent les pouvoirs écrasants. Et de même, beaucoup voudraient l’utiliser s’il le savait. Cependant — .

« Le fait que vous soyez capable d’exercer ce genre de force me rend curieuse quant au type d’élément que vous avez déployé, » la directrice avait réfléchi à une pensée bien spécifique en posant un doigt contre son menton.

La fusion était un type de magie difficile qui relevait du système de la magie du feu. Le fait d’être classé comme magie du feu devrait être une déduction directe, mais l’ancienne Magicienne Solitaire pensait le contraire.

« — ! ! »

La magie était classée par plusieurs éléments. Les individus avaient des compatibilités avec ces éléments, Tesfia était compatible avec la magie de glace tandis qu’Alice était compatible avec la magie de Lumière. Les magiciens n’étaient pas incapables d’exercer la magie en dehors de leurs compatibilités, mais la puissance de leurs sorts serait grandement affectée. Cela dit, n’importe quel système de magie pouvait être utilisé à un haut niveau sauf la magie de Lumière.

L’élément compatible d’Arus n’existait pas. Mais dire qu’il était compatible avec n’importe quel système de magie serait plus précis, mais le phrasé actuel était plus approprié. En ce moment, on pouvait même dire qu’il avait poussé l’élément compatible de sa magie vers ce qui pourrait être appelé la magie de manipulation spatiale.

C’est aussi quelque chose qu’on ne peut pas reconnaître, pensa-t-il.

Arus déclara. « Directrice ! »

« Mnn — ... !! » Ses yeux et son ton étaient restés inchangés, mais le mana qu’il faisait apparaître autour de lui ne l’était pas. Tout ce qui émanait de lui était différent. « ... C’est vrai. »

Arus avait repris son examen après ce petit changement. « Alors, qu’en est-il de l’examen ? »

« Ce résultat n’est pas le résultat d’une erreur. Puisque votre sort est quelque chose qui est impossible à mesurer, il sera interprété comme ayant le score le plus élevé possible, » répondit la directrice.

« Je vois, » répondit-il.

« Avec cela, la partie matinale de votre examen est terminée, mais y a-t-il quelque chose que vous aimeriez demander ? » lui demanda la directrice.

« Rien en particulier, » répondit-il.

La directrice avait repris le contrôle de l’examen. L’écart antérieur ne semblait pas s’être produit. Elle lui déclara. « Merci pour votre dur labeur. »

Une fois que la directrice Cisty avait vu qu’Arus était hors de la salle d’examen, elle libéra ses regrets, « Haa... » Elle avait reconnu sa maladresse et se moquait d’elle-même.

☆☆☆

Chapitre 13 : Candidate partenaire en embuscade

Arus avait été accueilli avec les regards étranges de ses camarades de classe en sortant de la salle d’examen problématique. Il les évita puis il alla s’appuyer contre le mur près de Tesfia, croisant les bras. Elle était elle-même accroupie avec son katana appuyé contre le mur.

Alice s’est déjà rendue à sa salle d’examen, mais Tesfia n’a pas encore été appelée, pensa-t-il.

Tesfia lui demanda. « Qu’est-ce que c’était ? »

« Dysfonctionnement de l’équipement, » répondit-il.

La suspicion remplissait le visage de Tesfia face à ce mensonge flagrant. L’équipement avait explosé, mais c’était à cause de la magie d’Arus. Avec des yeux sceptiques, elle le regarda. Et d’un ton aigu, elle lui déclara. « Menteur. »

Les yeux d’Arus clignèrent d’irritation alors qu’il donna une réfutation sonore. « Vas-tu fouiller là dessus ? » Les magiciens devaient maintenir un niveau minimal d’étiquette les uns envers les autres.

Tesfia, comprenant le contexte, s’attrapa la tête comme pour se forcer à regarder vers l’avant. « ... Pff ! » Puis elle marmonna pour elle-même : « J’aurai probablement l’occasion de le voir une fois que nous serons au combat ».

« ... »

Puis, alors que son nom avait été appelé, elle ajouta d’une voix plate : « Je te rattraperai bientôt. »

Arus n’avait pas saisi son expression, mais ressentait de la résolution dans son ton.

Elle fit alors à son corps un léger étirement, tenant son katana fermement à ses côtés, et puis elle marcha jusqu’à sa zone d’examen avec une démarche régulière.

Alice était sortie de la zone dans laquelle Tesfia entrait, mais elle demanda la même chose qu’elle. Pourtant, comme la manière de converser d’Arus envers elle était différente de celle qu’il avait eue avec Tesfia, cela posait problème. Il se retrouva en train de devenir fou tout en essayant de s’empêcher que l’information ne glisse hors de sa bouche.

☆☆☆

– Chocs –

Les examens du matin se terminèrent à l’heure du déjeuner. Par conséquent, le déjeuner avait été un peu en retard. Pour que quelque chose soit étiqueté comme en retard, cela signifiait que le délai n’avait pas été considéré comme prévu. Ce n’est pas ma faute.

Chaque élève avait alors pris un déjeuner à son retour en classe. Certains s’étaient dirigés vers la cafétéria de l’école tandis que d’autres avaient acheté des repas légers sur un stand. Arus s’était assis à son bureau comme tout le monde. Seul un détail différait d’entre tous, ses mains étaient restées vides.

« J’ai oublié, » la raison était la même que celle qui l’avait empêché de dormir les nuits précédentes. De plus, il n’avait pas l’habitude d’en préparer un pour lui-même.

Arus avait ainsi laissé tomber son corps contre son bureau. Il était peut-être fatigué, mais c’est beaucoup plus gênant. Ces deux endroits seront sûrement bondés d’ici là. Quoi qu’il en soit, il est trop tard maintenant pour aller me chercher à manger.

Le bruit des sacs se frottant les uns contre les autres avait interrompu son sommeil. « Pourrais-tu avoir oublié ça ? »

Arus, se disant que lever la tête, c’est trop de travail, avait ouvert les yeux. Un nouveau sac qui semblait avoir été acheté était présent devant lui.

La voix d’Alice se prolongea de l’autre côté. Elle ressemblait à une sirène jouant un koto [1]. Sa voix l’endormait encore plus profondément quand elle lui avait dit : « Tu n’as pas l’air d’avoir apporté quelque chose ? »

D’après son ton, la question ne pouvait pas non plus être ignorée. On le lui avait demandé uniquement avec de bonnes intentions. Arus leva la tête et il vit que des chaises avaient été installées à ses côtés. Des bureaux avaient également été aménagés à côté de lui.

Tesfia déclara : « Prends celui-ci »

Arus aurait immédiatement exprimé sa gratitude si Alice avait été celle qui lui avait remis le sac, mais avec Tesfia, il ressentait le besoin de le confirmer d’abord. « Pour moi ? »

« Ce n’est pas grand-chose. Je l’ai acheté à un stand, » déclara Tesfia.

Arus ne pouvait s’empêcher de se dire que quelque chose n’allait pas. En tant que tel, il s’était excusé. « ... Désolé. »

« Mais ce n’est pas si important que ça, » déclara-t-il.

Ne s’agit-il pas de paroles en l’air ? se demanda-t-il.

La situation créait un sujet intéressant pour un déjeuner agréable... ou alors, cela aurait dû être le cas.

« Alors, ne mange pas, » déclara Tesfia.

Le sac avait été retiré de sous les yeux d’Arus. Il n’arrivait même pas à trouver un seul moyen de le récupérer. « — Ah ! » Le fait d’utiliser la flatterie ou révéler des ragots juteux était des compétences qui dépassent ses capacités. Le problème n’était pas qu’il avait la langue bloquée, mais que ses sensibilités étaient tellement éloignées de celles de sa génération qu’il commettrait sûrement plus de dégâts qu’autre chose.

Arus avait pu ravoir son déjeuner après s’être excusé sincèrement. Dans sa main, il y avait un sandwich. Même s’il provenait d’un stand, il provenait d’un stand d’une école prestigieuse pour aristocrates. Le sandwich était fait à partir des meilleurs ingrédients. Tesfia et Alice mangeaient aussi quelque chose de semblable. Il déclara alors : « Un combat simulé est la prochaine étape. »

Les mains de Tesfia et Alice s’arrêtèrent à mi-chemin de leur bouche. « « ... !! » »

Tesfia demanda : « Où as-tu appris cette information ? Qui en est la source ? »

Bien que le fait de dire à Tesfia et Alice ce qu’il savait sur le test ne soit pas de la tricherie, il ne pouvait pas leur dire qu’il l’avait entendu de la part de la directrice. La fumée s’élèverait certainement s’il le faisait. Mais ce qu’il avait dit n’était pas exagéré au point d’être qualifié de mensonge. Les étudiants de première année ne doivent jamais avoir subi une mesure de classement appropriée.

Pour lui, c’était quelque chose qu’il avait vécu de nombreuses fois dans l’armée. Une fois que le but d’un examen était connu, la façon dont il était mené ne devrait pas varier énormément. C’est pourquoi il leur déclara. « Ce n’est rien de plus qu’une méthode pour mesurer avec précision le rang d’un magicien. Dans ce cas, la procédure est un partenariat contre quelqu’un de rang supérieur à vous. »

Puisque personne ne se classait plus haut qu’Arus qui était le numéro 1, il n’était généralement pas mesuré à travers une bataille de simulation. En vérité, les magiciens déployés au combat ne se souciaient pas tant que ça d’être mesurés. Des mesures précises de leurs rangs étaient inutiles puisque leur classement était en constante évolution. Bien qu’il soit obligatoire de se faire mesurer une fois par an, très peu d’entre eux prenaient l’examen au sérieux.

Le visage d’Arus trembla alors qu’il se rendit compte que ce qu’il était sur le point de dire imitait la manière de parler de la directrice. « Vu le nombre de personnes, vous serez probablement associées avec des étudiants de dernière année. »

Tesfia et Alice avaient tenu compte de leurs capacités et elles prévoyaient qu’elles pourraient être jumelées à des personnes de troisième année ou même à des enseignants.

Tesfia déclara. « Pas possible... »

Alice demanda. « Puis-je gagner ? »

Arus déclara. « Vous ne saurez si vous pouvez gagner sans essayer d’abord. De plus, votre rang ne diminuera pas en cas de défaite. Votre objectif n’est pas la victoire, c’est de faire mesurer vos rangs avec précision. » Tandis que la pratique du matin permettait d’accumuler des points, le match de simulation de l’après-midi injectait un ajustement à la baisse de ces points.

Une fois que les rangs de Tesfia et Alice seraient pris en considération, il était difficile d’imaginer qu’un étudiant de même année ou même de deuxième année soit utilisé.

Comme l’adversaire du candidat était d’une année supérieure, il ouvrirait le match par une attaque agressive. Il existe même des manuels pour cela. D’abord le candidat sera sur la défense. Puis, au bout d’un certain temps, il sera capable de changer les choses et de montrer leur véritable mérite et leur capacité de combat. Un adversaire de rang inférieur ne pourrait jamais laisser un candidat se battre au maximum.

Tesfia augmenta son esprit combatif. « Je me battrai avec l’état d’esprit que tout le monde peut gagner ! »

Arus, qui venait de se disputer avec elle, garda sa bouche fermée.

Une fois le déjeuner terminé, tout le monde dans la classe était retourné au terrain d’entraînement. Le deuxième examen serait plus long que le premier. Les autres classes étaient également regroupées au sein des terrains d’entraînement. Tout comme lors de l’examen du matin, la magie était utilisée pour isoler dix zones. Les bruits des combats pouvaient être entendus de partout.

Les différents élèves des autres classes s’étaient réunis autour de Tesfia et Alice. Arus, pendant ce temps, était dans le coin, appuyé contre le mur. « Comme on peut s’y attendre de la part de ces filles populaires. »

Quelqu’un parla alors à Tesfia et Alice. « Fia, Alice, avez-vous entendu ? »

Les deux filles penchèrent la tête alors que Tesfia demanda. « Quoi ? »

« Il semblerait que vous serez face à Beis dans la quatrième salle d’examen, » répondit l’autre.

L’étudiante de troisième année, Delca Beis, était une célébrité connue de tous au sein de l’école. Cette personne était une magicienne à quatre chiffres avec un rang de 1000. Même dans l’armée, les responsables avaient déjà décidé avec quelle unité cette personne serait déployée à l’extérieur.

Même en tant que camarades de classe, leur éducation aristocratique consistant à fourrer leur nez dans les affaires des autres comme preuve de bonne volonté ne changeait pas.

Tesfia n’avait pas été dérangée. « Je vois. »

Alice avait exagéré quant à ses vrais sentiments. « Ce n’est pas bon. »

Ni l’une ni l’autre n’avaient été surprises par le nom de leur adversaire. Après tout, toutes les deux étaient familières avec la magicienne à trois chiffres, Ferinella et elles recevaient des leçons d’un Magicien Solitaire, Arus.

« ... Ces deux-là ne sont-elles pas un peu bizarres ? » demanda un étudiant.

« Un peu. »

« Ouais... »

Voici Tesfia et Alice qui démontraient la raison du respect qui leur était dû. Elles étaient peut-être encore loin d’atteindre ce niveau, mais ce n’était pas quelque chose dont elles avaient le temps de s’inquiéter.

Kusuri (la jeune fille ressemblant à un animal) demanda : « Fia n’avait-elle pas l’habitude de poser des questions sur les classements au sein de l’école ? »

Tesfia serra sa main devant elle en disant : « Pff, ne m’embête pas avec ça. »

Alice ajouta quant au sujet. « Je suis sûre que Fia avait l’habitude de faire quelque chose comme ça. »

Tesfia avait été taquinée, mais elle ne s’en était pas aperçue. Leurs paroles avaient plutôt éveillé un souvenir et cela lui fit apparaître un sourire. Elle n’était plus aussi préoccupée par ces classements. Seules deux autres personnes connaissaient la raison de ce changement.

Pendant un instant, le regard de Tesfia tomba sur un jeune homme aux cheveux noirs. Un sourire amusé se trouvant au bord de ses lèvres et l’étonnement était présent dans son ton. « Eh bien, regarde ça. »

Alice avait souri en disant. « Tu as raison. »

D’après la façon dont sa tête était penchée, il semblait s’être endormi. Même sa respiration légère leur semblait audible malgré la distance.

Quelqu’un avait alors déclaré. « Qu’est-ce que c’est ? Dis-le-nous. »

« Pas question. »

Une atmosphère détendue s’était installée au fur et à mesure que la conversation se poursuit. Une fois que les tests sur le terrain d’entraînement étaient arrivés à la classe d’Arus, Tesfia et Alice s’éloignèrent des élèves des autres classes en agitant les mains.

Arus était une fois de plus le premier à se faire appeler par son nom. Alice le réveilla doucement de sa sieste et elle l’aida à dissiper sa somnolence.

Tesfia se tenait dans le dos d’Arus alors qu’il s’éloignait alors qu’elle demanda. « Qui pourrait être son adversaire pour le match ? »

Alice demanda à son tour. « Peut-être, la directrice ? »

« Pas possible…, » murmura Tesfia.

Une forte prémonition les traversa toutes les deux, mais elles ne pouvaient répondre qu’avec un sourire amer. Quoi qu’il en soit, le mot « match » réveillait un souvenir qui suscitait une curiosité insupportable. Le désir de vouloir assister à la bataille des meilleurs magiciens était tout à fait naturel puisque Tesfia elle-même n’avait pas été capable de lui faire afficher ses capacités contre elle.

En conséquence, elles avaient essayé de se faufiler vers sa zone d’examen avec l’intention de glisser à l’intérieur, mais elles avaient fini par se faire gronder par le professeur qui dirigeait tout le monde.

L’espionnage était une action qu’il fallait éviter. Toute personne qui tenterait de le faire pendant l’examen serait inévitablement soupçonnée de tricher. Bien que Tesfia et Alice n’aient pas franchi cette ligne, une ombre de désillusion passait encore sur leurs visages. Se faire prendre était regrettable.

Arus entra dans la salle d’examen et trouva la directrice qui attend comme prévu. Cependant, contrairement au matin, une fille un peu plus petite que Tesfia l’avait rejointe.

Elle avait les cheveux argentés. De la façon dont ils reflètent la lumière, cela donnait l’illusion que des fils d’argent poussaient vers le bas de sa tête. La forme de son visage jusqu’à son menton était enchanteresse. Sous sa frange brillaient des pupilles claires, bleu ciel, des yeux qui faisaient allusion à l’azur.

De plus, bien qu’elle portait un uniforme d’entraînement, ce n’était pas celui fourni par l’académie. Elle portait les vêtements familiers qu’Arus avait utilisés dans l’armée. Mais ce qui ressortait plus que cela, c’était son expression. Elle n’était ni heureuse ni triste. Ce qu’il ressentait, c’était un sentiment plus abstrait et limité. Elle est comme une poupée. Quiconque verrait ces traits gracieux serait d’accord.

Arus avait parlé en premier. Il regarda la fille aux cheveux argentés et déclara : « C’est elle qui me surveillait. » L’identité du regard qu’il avait ressenti lors de son premier match de simulation était enfin devant lui.

Les épaules de la fille aux cheveux argentés tremblèrent devant les paroles d’Arus.

La directrice se gratta la joue. Un sourire maladroit se fit sur son visage quand elle lui déclara. « Après tout, vous l’aviez remarqué. »

« Est-ce que cet endroit est une zone de dépôt pour les troupes militaires ? » demanda Arus d’un ton sec.

La fille aux cheveux argentés avança et s’agenouilla. Elle garda la tête baissée et parla d’un ton indifférent. « C’est un plaisir de vous rencontrer pour la première fois, Monsieur Arus [2]. Moi, en plus d’être chargée par le gouverneur général de vous surveiller, j’ai été envoyée pour être votre partenaire. Je m’appelle Loki Rechbehell. Mon rang est 1034, mon rang de détection est 58. »

La détection était une magie particulière destinée à découvrir les mamonos. Les magiciens spécialisés dans ce domaine de magie avaient la capacité d’enquêter sur le noyau, ou en d’autres termes, la force vitale, des mamonos. Pourtant, comme il s’agit d’une capacité rare, ces magiciens ne seraient, tout au plus, qu’en partenariat avec des magiciens à deux chiffres.

Cependant, Arus n’avait pas besoin d’un tel magicien en raison de la nature particulière de son mana. « Je n’ai pas besoin de vous. »

Elle continua de garder la tête baissée. Sa belle voix aiguë se déploya comme un instrument apaisant. « J’en attendais autant venant de votre part. »

La directrice continua à sa place. « Loki manque d’expérience en tant que partenaire. J’aimerais que vous la preniez aussi sous votre aile en la formant. »

Arus ne voulait pas assumer d’autres fardeaux qui lui feraient perdre son temps. En tant que tel, il affrontait déjà celle qui lui faisait perdre son temps. « Je crois que le fait qu’elle me surveille est exagéré. Comme je l’ai dit, je n’ai pas besoin d’elle. D’ailleurs, je pensais que vous étiez plus que capable de me surveiller par vous-même ? »

Les yeux de la directrice se baissèrent. Le surveiller n’était pas l’une de ses fonctions originales. « Je suis occupée... »

« Dans ce cas, je négocierai directement avec le gouverneur général pour le retrait de cette magicienne. Les magiciens capables d’utiliser la détection sont trop précieux pour qu’on les laisse tourner au ralenti, » déclara Arus.

Les épaules de la fille aux cheveux argentés tremblèrent de nouveau en entendant qu’elle n’était pas nécessaire.

Finalement, une phrase courante avait été prononcée. « Loki est une excellente magicienne... »

Arus n’avait même pas pris la peine de s’y opposer. « Combien d’autres comptez-vous m’imposer ? »

« Il n’est pas nécessaire de tirer des conclusions hâtives. Vous avez toujours besoin d’affronter cette fille dans une bataille de simulation... vous en souvenez-vous ? » demanda la directrice.

Le but de l’examen s’était transformé en quelque chose de considérablement exagéré qui allait au-delà de ce qui était considéré comme du travail de classe normal. Quoi qu’il en soit, Arus hésitait à s’opposer à la directrice. Même s’il avait un match contre Loki, cela n’affecterait pas son opinion sur ses capacités. En tant que tel, il déclara. « Compris. »

La principale raison pour laquelle Arus accepta était qu’il ressent un sentiment de familiarité avec la fille appelée Loki. C’était selon lui principalement dû au fait qu’elle portait un uniforme militaire alors qu’elle était à un âge où il serait plus approprié de l’appeler une jeune fille.

Un type particulier de tension avait rempli le visage de Loki alors qu’elle levait la tête. Il y avait un aperçu qu’elle avait la détermination de miser sa vie sur ce match. « Merci beaucoup. »

La bataille de simulation commença immédiatement après ça. La directrice s’était placée entre Arus et Loki alors qu’ils faisaient leurs derniers préparatifs. Loki en particulier a besoin de renforcer son cœur. Pensa la directrice.

Loki, tout comme Arus, ne tenait rien dans ses mains. Il doit penser qu’elle ne veut rien lui révéler avant le début du combat. Pensa la directrice.

Cacher des armes dans les matchs contre des humains pouvait être un avantage. En d’autres termes, Loki avait de l’expérience face aux humains. Quel est le besoin d’avoir quelque chose comme ça dans le planning de formations des militaires ? Se demanda la directrice.

Juste avant le début du match, Loki rassembla le mana dans ses bras.

Ce n’était rien de plus qu’une compétence appartenant à un magicien approchant les trois chiffres, mais du point de vue d’Arus, sa technique était assez négligée. Même comparé à Tesfia et Alice, c’était loin d’être une menace pour lui.

Loki lui demanda. « Monsieur Arus, me permettrez-vous de rester votre partenaire si je vous touche ? »

L’intérêt d’Arus avait augmenté face à la condition suggérée. D’après l’expression de Loki, elle ne voulait pas qu’il lui donne des coups de poing sans user de magie. Elle voulait un match équitable alors qu’elle savait qu’il était le numéro 1. En conséquence, Arus leva le doigt et lui fit signe d’attaquer pour lui faire savoir qu’il ne considérait pas sa demande comme une plaisanterie. Il déclara : « C’est si vous le pouvez. »

Loki inclina profondément avec sa tête. Sa vaste expérience du combat brillait à travers sa petite carrure.

Arus avait fini par ressentir une tension électrique familière venant des batailles et il laissa naturellement sortir un sourire nonchalant. Une fois que son expression était redevenue sérieuse, Loki s’était préparée au combat.

La directrice veilla alors à ce que les deux parties soient préparées et elle donna le signal de départ.

Notes

  • 1 Un instrument de musique à 13 cordes.

  • 2 En japonais, elle utilise une forme de politesse extrême avec un -sama à la différence de la directrice qui est avec un -san.

☆☆☆

Chapitre 14 : Usages de tabous ~ Réflexion ~

Loki avait tiré droit sur Arus au même moment où le signal avait retenti. Elle avait gardé sa posture basse et elle avait tendu les deux mains derrière elle pour sortir quelque chose de l’arrière de sa ceinture.

Arus confirma ce que c’était après que Loki les lui ait jetés dessus. C’est simple, sans manipulation supplémentaire nécessaire, alors qu’elle me jette des couteaux de lancer. Ils ont des lames un peu épaisses et peuvent être tenus entre les doigts. Quatre au total, deux de chaque main.

Une attaque de front pourrait frapper si elle est assez rapide, mais c’est tout simplement me sous-estimer. Je vais devoir lui montrer à quel point ses pensées sont superficielles, pensa Arus.

Arus attrapa deux couteaux dans chaque main. Les armes libéraient une lumière pâle au fur et à mesure que les sorts qu’ils contenaient étaient actifs. Cependant, rien d’autre n’avait été libéré de là. Même cette lumière s’estompa au fur et à mesure qu’Arus écrasa les sorts imprégnés avec son propre mana.

Un choc important était apparu sur le visage de Loki alors qu’Arus lui retournait ses couteaux. « — !! » Elle avait essayé de les intercepter avec d’autres couteaux, mais le mana qu’Arus avait injecté dans les couteaux les rendait impossibles à écarter de cette manière. Le fait d’écraser de force les sorts originaux de l’objet de type AAR les avait rendus encore plus forts.

Les couteaux atteignirent alors Loki dans la période de temps qu’il faudrait pour qu’elle cligne des yeux. Elle avait sauté sur le côté pour les éviter, et pendant cet instant, elle avait été forcée de détourner le regard d’Arus. Son expérience était trop limitée pour lui permettre de se rendre compte de la gravité de cette erreur mortelle face à un adversaire de ce niveau.

Une voix s’éleva venant de derrière elle. « C’est fini. » Arus avait placé sa main comme une épée et elle était positionnée vers le cou de Loki. Cette brève ouverture avait été fatale contre elle.

« — ! »

La main armée changea de direction à mi-chemin avant de saisir le bras oscillant dans le dos de Loki. Elle tenait un couteau en position de revers. Loki déclara : « Comme prévu, j’ai commencé à l’imprégner, mais vous avez immédiatement senti mon sort. »

Arus bloqua son bras sur le côté, mais elle jeta quand même le couteau avec ses doigts. Juste au moment où il se déplaça pour éviter le couteau, elle se détacha de son emprise et s’éloigna pour créer une large distance entre eux.

Comme la directrice l’a dit, c’est une excellente magicienne. Arus le pensait, mais ne l’exprimait pas.

Le niveau de Loki était celui que les magiciens pourraient atteindre par un travail assidu. Ses couteaux étaient des AAR faits avec l’hypothèse qu’ils seraient utilisés contre des mamonos. Chacun d’eux libérait une décharge d’électricité qui s’enroulait autour de lui afin d’augmenter la vitesse et la puissance de pénétration.

Un mamono de bas rang aurait été transpercé avec son premier lancer. Si Arus n’avait pas écrasé le mana imprégné dans le couteau, il n’aurait pas pu non plus les saisir.

Ainsi, Arus déclara : « Pourquoi ne vas-tu pas au front ? Tu serais capable d’amasser beaucoup de réalisations. »

Loki répondit par une expression empreinte de frustration. La directrice est probablement au courant.

Être choisi pour s’associer avec un Magicien Solitaire était un honneur exceptionnel. De nombreux candidats avaient demandé à être le partenaire d’Arus à l’époque où il était dans l’armée, mais il avait rejeté chacun d’entre eux. En tant que tel, il en était venu à être connu sous le nom de « Magicien Autonome » parmi les Magiciens Solitaires.

☆☆☆

Loki s’était clairement rendu compte qu’elle n’était pas à la hauteur d’Arus, mais leur force n’était pas si éloignée qu’elle ne pouvait percevoir la largeur de ce gouffre. Elle n’invoquerait pas l’excuse que c’était parce qu’elle se spécialisait dans la détection, surtout en raison des causes derrière son choix. Ainsi, son visage se tortillait de désespoir. Même si le gouverneur général a dit que c’est impossible, j’ai absolument besoin d’une frappe contre lui... C’est peut-être ma première et dernière chance, pensa-t-elle alors qu’elle voulait réaliser son souhait acquis depuis si longtemps.

Elle ne se plaignait pas de la différence absolue de pouvoir entre eux. Au lieu de devenir insatisfaite, elle était vraiment ravie. Tout cela l’avait aidé à durcir sa détermination quand à faire tout ce qu’il faudrait pour être avec lui.

Arus, bien qu’il ne connaisse pas ses circonstances, la traitait avec sérieux. C’était ainsi qu’il montrait qu’il la reconnaissait en tant qu’adversaire qu’il devait vaincre. Il avait décidé de lui montrer son respect à sa manière. C’est alors que du mana s’échappa de son corps. Cependant, ce mana, agissait plus comme une aura fantomatique que comme du mana. La façon dont il scintillait en rampant et en se faufilant tout autour de son corps en s’éloignant progressivement donnait l’impression que le mana possédait une volonté propre.

Une véritable peur avait produit un choc et l’incrédulité chez Loki alors qu’un cri lui échappa, « Qu... !! » alors qu’elle voyait ça pour la première fois.

Quoi ? se demanda-t-elle.

Loki avait mis une grande distance entre elle et Arus, mais elle ne pouvait s’empêcher d’étouffer. Même la directrice le voyait pour la première fois. Arus était en train de préparer à faire prendre forme à sa magie, mais la façon dont cela se faisait d’elle-même n’avait rien à voir avec la magie, du moins celle connue par elle.

En ce qui concernait Arus, ce qu’elle faisait en ce moment n’avait pas d’importance. Il ne se concentrait que sur Loki qui se tenait devant lui.

Même si Loki avait une méthode pour arrêter Arus, ses pieds étaient gelés par la peur. C’est comme la première fois...

Ses genoux tremblants ne lui permettraient pas de rester debout plus longtemps, mais ses pieds refusaient de coopérer. C’était peut-être un match de simulation, mais elle ne pouvait pas abandonner après tout ce qu’elle avait traversé pour être là aujourd’hui. Quoi qu’il en coûte, je ne peux absolument pas me rendre. Si je rate cette chance..., pensa-t-elle.

Elle dégaina alors un couteau et le poignarda dans l’une de ses jambes frémissantes. Même si la lame ne s’enfonça pas dans sa peau, une douleur sourde avait surgi dans sa tête.

La sueur sur le front de Loki avait fait en sorte que ses cheveux fins et soyeux étaient devenus comme de la soie collant à son visage. Elle leva lentement les yeux vers Arus. Puis, avec une respiration assez profonde pour soulever ses épaules, elle redressa son dos. Ses lèvres tremblaient, mais ses mots étaient sortis de sa bouche. « Manifeste-toi, orage, que cela soit mon éclair le plus vif. »

Dix couteaux flottaient derrière la taille de Loki. Avec leurs lames pointées vers le bas, ils formèrent un petit cercle en se plaçant devant elle. Puis, lorsqu’ils commencèrent à tourner sur eux-mêmes, un champ électrique avait été généré à l’intérieur de l’espace entre eux. Au fur et à mesure que leur vitesse de rotation augmentait avec son chant, les dix lames augmentèrent graduellement en hauteur alors qu’ils pointaient vers Arus.

La voix de Loki tremblait, mais elle maintenait la rime nécessaire à son chant. Les couteaux tournants semblaient disparaître de la vue en raison de leur vitesse et des étincelles de foudre provenant du centre du cercle.

Arus ne trouvait pas son sort très puissant, mais il sentait qu’il était empreint de détermination.

La directrice Cisty nomma le sort de Loki, « Impossible ! Octogone de Tonnerre ? Une magie supérieure à cet âge-là », mais Loki termina son chant avant de pouvoir exprimer pleinement ses pensées.

La respiration de Loki était lourde et son corps était criblé de blessures, mais elle leva le bras droit devant elle. Elle avait besoin de toute sa force restante pour livrer une puissante frappe de la paume de la main contre le centre fragile du cercle qu’elle avait créé.

« Narui Kazuchi! » cria Loki.

La foudre avait rugi en direction d’Arus, l’atteignant dès qu’elle avait été lancée. L’attaque avait brûlé l’air lui-même lorsque le sort avança vers l’avant à une vitesse bien supérieure à la vitesse de réaction humaine. L’esquive était impossible.

L’explosion qui avait suivi n’avait rien à voir avec celle de ce matin-là. Alors que le sol était d’un noir brûlé, des cendres comme des débris soufflés en provenance du sol dansaient dans les airs. Il y en avait assez pour remplir la totalité du terrain d’entraînement.

Loki était tombée après avoir épuisé toutes ses forces. Elle se sentait sombrer dans un profond sommeil alors que sa conscience s’évanouissait. Le mana qu’elle avait consommé pour son sort dépassait de loin ses limites. Elle devait maintenant compenser cet usage abusif.

☆☆☆

La directrice se débarrassa en un instant des cendres soulevées comme de la poussière. Beaucoup d’élèves et d’enseignants s’approchaient d’elle pour obtenir une explication, mais elle les évita en se retirant dans la salle d’examen.

À l’intérieur de la salle, une fois que l’obstruction à la vision avait été enlevée, Arus pouvait être vu debout au même endroit qu’auparavant, avec une seule main devant lui. La façon dont il regardait l’arrière de son bras faisait que la directrice se demanda si quelque chose n’allait pas.

Arus déclara. « C’était plus fort que je le pensais. »

Il y avait une déchirure sur la manche de son uniforme d’entraînement. La peau indemne était visible de là. Seule l’odeur des vêtements brûlés l’entourait.

Loki avait lancé un Octogone de Tonnerre, un sort supérieur. En tant que magie avec la classification la plus élevée, il avait pu dépasser le seuil du convertisseur de dommage de la salle d’examen. Arus a pu en sortir indemne en grande partie grâce à son propre pouvoir.

La directrice savait qu’Arus serait en mesure de se défendre. La fumée remplie de cendres avait fait en sorte qu’elle ne pouvait pas voir la méthode de défense. Comme je m’y attendais, sa puissance dépasse mes attentes. C’était là qu’elle remarqua que Loki s’était effondrée sur le sol.

Arus, qui venait de comprendre la raison, déclara. « Ce n’est pas possible... » alors qu’il se précipitait aux côtés de Loki. Il posa deux doigts sur son cou et ordonna : « Directrice, appelez immédiatement l’équipe médicale. »

« Ehh ! — Compris. » La directrice avait répondu par habitude en raison du temps qu’elle avait passé dans l’armée, mais malgré ses paroles, elle commença seulement à évaluer la situation.

Le pouls de Loki s’affaiblissait tellement qu’il pourrait s’arrêter à tout moment. Sa respiration était sporadique, comme quelqu’un qui haletait pour ses dernières bouffées d’air.

La directrice comprenait l’urgence de la situation, mais elle n’était pas en mesure de suivre la situation d’elle-même. Le fait de ne pas savoir l’empêchait de déterminer la marche à suivre. Une clarification l’empêcherait de tirer une conclusion erronée. Elle lui demanda : « Qu’est-ce qui ne va pas ? »

« Elle est en défaut mortelle, » répondit Arus.

La directrice avait compris la signification en un instant. « — !! » Loki souffrait d’une pénurie de mana à cause d’un sort qui dépassait la quantité de mana qu’elle possédait. Sa vie allait être utilisée pour rembourser le manque de mana.

☆☆☆

Arus commença à fouiller minutieusement le corps de Loki. La situation actuelle justifiait amplement qu’il place même ses mains sous ses vêtements. « C’était donc ça... »

La directrice sursauta sur ce qu’Arus révéla, mais son expression s’était durcie en un instant. « Un yorishiro ! »

Arus écrasa l’objet qui ressemblait à une masse hexagonale dans sa main par colère. Les yorishiros étaient les noyaux de mamono. De plus, il ne pouvait être trouvé que sur des mamonos qui étaient au moins de Rang A. Les magiciens pouvaient les utiliser pour augmenter le rang de leur magie d’une manière significative.

Pour que la magie se manifeste, une quantité équivalente de mana devait être échangée. Mais les yorishiros étaient une exception à cette règle. Les magiciens pouvaient les utiliser pour surmonter momentanément les pénuries de mana, mais cela avait un coût. Le yorishiro récupérerait après ça de force le mana dépensé dès qu’il le pourrait.

Les yorishiros étaient d’anciennes reliques de l’époque où l’humanité luttait désespérément contre les mamonos et qu’ils perdaient du terrain. Les magiciens les utilisaient quand les lignes défensives étaient trop fines et qu’ils avaient besoin de gagner du temps. Leur utilisation à l’heure actuelle était formellement interdite par tous les pays, quelles que soient les circonstances.

Il y avait aussi des caractéristiques spéciales de la part de Loki. Elle utilisait un couteau de type AAR, tout en étant capable de chanter une grande magie composée de quatre versets. L’influence du yorishiro sur sa capacité naturelle l’avait ainsi amenée à mal juger la force de son sort et donc sa consommation.

Le corps de Loki était en train de défaillir. Il ne lui reste que quelques minutes de vie...

Il n’avait aucune obligation de la sauver. Même si elle avait dit qu’elle deviendrait sa partenaire, au moment de sa mort, elle cesserait de l’être de la même façon qu’elle cessera d’être une enfant.

La situation était semblable à celle où Arus serait envoyé dans le monde extérieur avec d’autres soldats. Il était arrivé assez souvent qu’il n’ait plus envie de se salir les mains, quel que soit l’endroit où il se trouvait. Je vais mettre fin à ses souffrances... d’un seul coup...

« — ! » La directrice avait saisi le bras d’Arus. Sa force de préhension était forte malgré le fait d’être une femme et elle exprima clairement ses intentions. « Attendez ! »

Les actions d’Arus pouvaient être comprises en un coup d’œil. Le mana s’étendait sous la forme d’un pic à partir de ses doigts. Lui-même n’aimait pas non plus ce rôle. Il ne ressentait peut-être rien en l’exécutant, mais un arrière-goût terrible s’ensuivait toujours. S’il existait une méthode pour sauver quelqu’un, alors elle devrait être faite. « Cependant, elle est déjà... »

« Si elle n’a pas assez de mana, ne peut-on pas le compenser ? » demanda la directrice.

« C’est impossible, » déclara Arus.

La pratique courante consistait à refréner le mana d’une autre personne parce qu’il contenait des renseignements personnels. La directrice, également consciente de ce système, commençait immédiatement à envisager une autre solution.

Arus, bien que rejetant lui-même l’idée simple, y retourna. Un malaise grandissant l’obligea à déglutir.

« Eh bien..., » commença la directrice.

Arus coupa la parole à la directrice en tendant la main. Il pensait encore à ce qu’elle avait dit. Compenser le mana devrait résoudre le problème. Le fait que Loki respirait encore ne signifiait pas que son manque n’avait pas été compensé. Le remboursement était un processus graduel, un processus qui vous débarrassait lentement de votre force vitale.

Il déclara : « Attendez un peu... !! C’est possible. »

« Alors..., » commença la directrice.

Arus pourrait être capable de la sauver. Ce qu’il envisageait était une technique viable, mais cela allait de pair avec le danger. Il interrompit une fois de plus la directrice, puis il déclara. « Sauf que, puisque vous êtes ici, vous serez contraints de garder un secret absolu. »

Cisty comprenait que par contrainte, Arus signifiait qu’il était utilisé toutes les méthodes de coercitions possibles, même la mort. « S’il vous plaît, donnez-moi d’abord deux secondes. »

« Compris, » déclara Arus.

Cisty verrouilla le panneau à l’entrée du hall d’examen. Cisty avait compris le poids de ce qu’Arus cachait rien qu’en le regardant dans les yeux. Si elle laissait échapper quoi que ce soit, Arus lui-même lui infligerait sa punition sans aucun remords. En fin de compte, ces deux secondes n’étaient pas nécessaires.

Arus travaillait aussi vite qu’il le pouvait. Il n’était pas sûr de ce qu’il faisait, mais il déplaçait toujours ses bras et son mana alors qu’il mettait tout en place. Bien que cela ne le dérangeait pas si d’autres mouraient, ce n’était pas une raison pour lui d’abandonner Loki. Il se retrouva à regarder le petit visage et les cheveux argentés de Loki tout en se concentrant sur ce qu’il allait faire. La bouche de Loki s’était ouvert sans avertissement et sans bruit, puis elle se referma. Au fur et à mesure que ses lèvres se rapprochaient, un faible sourire traversait son visage.

☆☆☆

– La super courte ligne des nobles diamants, je suis trop paresseux pour coder –

Un vieux souvenir de Loki avait fait surface pendant qu’elle sommeillait. De tous les souvenirs qu’elle avait obtenus au cours de sa vie, c’était le seul qui lui était cher.

Loki s’était retrouvée seule à un jeune âge lorsque ses parents avaient été mangés par un mamono. Elle avait ensuite été prise en charge par l’armée et élevée dans un centre d’entraînement avec d’autres orphelins. Quoi qu’il en soit, même si ses parents n’avaient pas été tués, elle était certaine qu’elle aurait de toute façon été prise en charge par l’armée.

Au début, n’ayant jamais vu de mamonos, elle ne ressentait pas beaucoup de haine pour eux. Cependant, l’explosion soudaine de colère qui avait éclaté lors de la perte de ses parents avait fait de la haine sa plus grande priorité dans la vie. Par conséquent, une fois qu’on lui avait offert la possibilité de s’entraîner à la magie, elle avait hoché la tête sans hésitation. Je l’ai toujours regretté.

Les souvenirs heureux étaient éclipsés par la haine qui la consumait à l’époque. Elle était entrée dans son service militaire à l’âge de huit ans, où elle avait subi un entraînement militaire rigoureux tous les jours. Le fait que sa volonté s’userait peu à peu était inévitable. Il y a eu des moments où je ne pouvais même plus haïr les mamonos.

Loki dormait sur un lit simple dans une chambre semblable à une prison.

Elle se demandait : « Qu’est-ce que je fais ici ? »

Tous les jeunes stagiaires portaient les mêmes vêtements. Ils se salissent... mais ils étaient blancs à l’origine.

Loki n’avait jamais vu l’endroit où ses parents avaient été tués par le mamono. Elle n’en avait pas non plus le moindre souvenir. Avec leurs corps laissés dans le monde extérieur, elle ne pouvait pas les enterrer. La haine qu’elle ressentait autrefois était épuisée depuis longtemps. Tout ce qu’elle voulait maintenant, c’était leur donner un enterrement afin de rembourser tout ce qu’ils avaient fait pour elle.

À sa grande surprise, elle n’avait versé des larmes que le premier jour. Ce n’était pas que son cœur insensible avait été rempli par le bonheur de chaque jour, mais par les expressions douces de ses parents qui reposeraient en paix.

Le but de Loki avait renforcé son cœur. Grâce à ce but, son zèle pour l’entraînement était plus fort que celui de n’importe qui d’autre. La formation stricte était venue avec un nombre infini de blessures, mais elle s’y était habituée après deux ans. Beaucoup de gens ont abandonné.

L’armée avait imposé un entraînement dur, mais ce n’était pas au point de tuer quelqu’un. De plus, même si certains stagiaires avaient perdu leur avenir en raison d’accidents imprévus, la sécurité générale de l’environnement de formation avait été bien gérée.

☆☆☆

Loki était la plus compétente de sa génération et elle l’avait démontré au combat. Elle excellait, que ce soit dans les techniques de combat rapproché interpersonnel ou dans les manœuvres. Sa capacité à mémoriser la magie était également de premier ordre. Tout avait été fait pour réaliser un objectif personnel... un objectif dédié à ses parents.

À l’époque, personne ne pouvait être le partenaire d’entraînement de Loki. Personne ne pouvait le faire, sauf une personne. Si ce n’était pas à cause des quelques batailles de simulation entre eux, elle aurait refusé d’être sa partenaire à cause de son propre corps frêle. Chaque match s’était terminé avec elle, allongée sur le sol. Le fait de lui faire face, c’était comme faire face à un adulte.

Loki pensait tous les jours à son aîné d’un an plus âgé alors qu’elle travaillait dur pour peaufiner ses capacités. Il était le seul à la surpasser en capacité physique et en invocation de la magie. Elle avait complété les exercices d’entraînement les uns après les autres en pourchassant unilatéralement le dos de son rival et avait pu grandir assez rapidement en taille à l’époque. Ces jours s’étaient terminés et plus de six mois s’étaient écoulés avant qu’il ne réapparaisse.

Quand il se montrait pendant leurs matchs d’entraînement, il fauchait tout le monde à tour de rôle. Elle ne connaissait même pas son nom. Il n’avait pas parlé une seule fois. Chaque match qu’il avait eu avec Loki avait été achevé dans le silence. Bien que tout cela ait été conçu pour être une épreuve afin d’affiner leurs capacités à manier la magie, il y avait toujours le sentiment d’avoir reçu un formidable regain de force par la suite.

Puis vint le jour où il cessa totalement d’apparaître sur les terrains d’entraînement. Tout le monde avait conclu qu’il avait abandonné. Il avait une telle force et une telle capacité à provoquer l’inspiration, mais Loki s’était rendu compte depuis longtemps que le terrain d’entraînement était ce genre d’endroit où tout le monde pouvait abandonner.

Deux ans et demi s’étaient écoulés depuis la fin de cette formation. Une invasion à grande échelle de mamonos avait causé des dommages massifs lors du franchissement de la première ligne de défense à une vitesse plus importante que prévu. Ainsi, tous les magiciens internes du pays s’étaient rassemblés et avaient réussi à empêcher l’annihilation de l’humanité.

La grande puissance du monde, Alpha ayant enduré le gros de l’invasion, s’était immédiatement mise en route pour chasser les mamonos restants. Toutefois, ce pays avait également subi un préjudice massif du fait de l’attaque. Il souffrait actuellement d’un important manque de magiciens. Loki et ses compagnons de formation avaient ainsi été empruntés pour compenser le manque de personnel.

Nous avons déjà terminé notre formation et reçu nos licences de magicien. Recevoir un ordre de chasser les mamonos restants n’est pas illogique... quel que soit notre âge, pensa Loki à l’époque.

Loki avait été placée dans une unité de dix personnes. L’expression de chacun des membres débordait de confiance et les ragots flottaient dans l’équipe. Et un peu après ça, ils avaient rencontré un mamono pour la première fois de leur vie, et la dernière pour la plupart.

Les magiciens stagiaires s’étaient tous mis à trembler de terreur devant le mamono grotesque se trouvant devant eux. Beaucoup d’eux étaient même tombés à genoux. Après tout, chacun d’eux n’avait que dix ans. Qui pourrait s’attendre à autre chose de personne si jeune ?

La grande bête connue sous le nom de mamono était une gigantesque monstruosité avec une peau sombre et une grande bouche anormalement grande. Il avait piétiné tout le monde que Loki connaissait, un par un.

Il était entouré d’une haleine fétide. Il n’y avait pas un seul espace entre les dents qui tapissaient les deux moitiés de sa bouche. Sur ses dents se trouvaient des vêtements qui avaient été déchirés depuis longtemps et qui avaient changé de couleur.

Tout le corps de Loki s’était mis à trembler. Elle avait essayé de lancer sa magie avec ses deux mains tremblantes. « — !! »

La magie, en laquelle elle avait foi et qu’elle était impatiente de lancer, la magie dont elle n’avait jamais douté, avait mal tourné. Elle était devenue incapable de sentir son propre mana dans son corps. « Pourquoi... !! »

La magicienne stagiaire ne pouvait pas détourner son regard du mamono. Son visage avait été éclaboussé du sang de quelqu’un, du sang qui appartenait à l’un de ses camarades maintenant décédés. Le cramoisi qui s’accrochait à son visage n’était pas différent de ce qui se mélangeait sur le sol.

Les mots vides avaient été répétés sans rien à démontrer, car son sort avait encore une fois mal tourné. Un cauchemar s’était déroulé sous ses yeux, mais la démence semblait avoir empli ce que disait sa bouche. Malgré tous ses efforts, elle ne pouvait plus réciter son sort.

Rien n’avait marché. « Pourquoi ? Comment ? Pourquoi, pourquoi, pourquoi, pourquoi, pourquoi... » Loki était la dernière qui restait dans leur petite troupe de magiciens. Le féroce mamono avait alors ciblé son petit corps et avait ouvert sa bouche pour en finir. Selon elle, le mamono riait d’elle.

Les larmes coulaient le long de son visage tandis que sa bouche indiquait qu’elle était terrorisée au-delà du possible. Alors que le mamono sadique s’approchait lentement d’elle comme pour savourer son plaisir, quelque chose de chaud s’était mis à couler le long de ses jambes. Elle avait même oublié d’essayer de résister grâce à sa magie.

Je vais mourir. Son cœur avait déjà perdu tout espoir. Je mourrai sans pouvoir faire quoi que ce soit de la même façon que mes camarades avec qui j’ai vécu.

Le vœu le plus cher de Loki, de se déplacer dans le monde extérieur pour qu’elle puisse donner à ses parents un enterrement, s’était effondré. Ce n’était pas assez. Je suis devenue fière, je pensais que j’étais devenue forte, mais la réalité m’a finalement trahie.

Elle baissa la tête et ferma les yeux. Alors qu’elle luttait contre l’envie d’éclater en larmes, elle avait déclaré solennellement. « Je suis désolée, papa et maman. »

Malgré le fait que ses yeux étaient fermés, elle pouvait encore voir le mamono qui se rapprochait inexorablement d’elle. Une riche odeur de fer qui semblait vouloir se projeter sur elle provenait d’une haleine chaude et humide. Cela lui avait indiqué que le mamono avait ouvert sa grande bouche avant de l’avaler.

« Toc... Suis-je arrivé trop tard ? » Un déclic aigu, hors de propos, de langue frappa les oreilles de Loki. Le bruit d’une énorme chute avait suivi ce premier bruit.

Celui qui lui parlait était un enfant dont la voix n’avait pas encore mué. « Est-ce que ça va ? »

Loki avait ouvert ses paupières serrées jusque là. Tout ce qu’elle voyait à travers sa vision floue était une tête aux cheveux noirs.

Une petite main renfermant une douce chaleur avait été placée sur la tête de Loki. « Ne te pousse pas trop fort. » Le jeune avait ensuite regardé autour d’eux et avait parlé avec regret. « C’est arrivé parce que je suis en retard. »

Loki, toujours saisie par la terreur, ne pouvait que secouer la tête.

Une fois que son champ de vision s’était un peu rétabli, elle avait vu que le jeune garçon s’était accroupi devant Loki, le dos tourné vers elle. Il lui avait alors dit : « Puisque tu ne peux toujours pas marcher, grimpe sur mon dos. »

Loki avait rétracté ses jambes. A-t-il réalisé... que je me suis mouillée ?

« Ne t’inquiète pas pour ça. » Ses mots suivants auraient dû être destinés à la réconforter, mais à la place, cela lui avait flanqué un coup dur. « Grimpe ou je te porterai dans mes bras si tu refuses. »

Loki s’était rendu compte qu’elle n’avait aucun moyen de s’opposer à l’approche autoritaire du jeune. Il contrôlait parfaitement la situation. Cependant, ses jambes tremblaient encore. Il lui était encore impossible d’aller de l’avant et de marcher. Ainsi, elle ne pouvait que se pencher vers lui et tomber sur ce petit dos qui lui était offert. Une fois là-bas, les bras du garçon s’étaient liés l’un à l’autre juste en dessous des fesses de Loki pour la soutenir. Bien qu’elle tremblait de honte devant ses vêtements mouillés qui dégoulinaient encore, ses bras lui procuraient un soutien rassurant.

Le jeune homme s’était alors dirigé vers la base avec Loki sur le dos. Il avait massacré les mamonos d’une seule main au moment où ils avaient croisé sa vue. Ses mouvements étaient si habiles qu’elle ne pouvait même pas les percevoir. Même si j’ai lutté si fort — non, tout ce que j’ai fait, c’est de m’effondrer au moment décisif.

Loki avait détourné le regard du jeune pendant qu’il détruisait les mamonos avec une telle facilité qu’on aurait dit qu’il balayait simplement des ordures. Elle lui avait dit : « S’il te plaît, arrête-toi et laisse-moi descendre ici. »

Tous les mamonos environnants avaient été fauchés par le jeune en un instant. Le spectacle avait pour le moment fait disparaître toutes les craintes que Loki avait envers eux. Elle souffrait avant ça de quelque chose de semblable à la paralysie, mais cela lui avait donné l’occasion de s’en libérer.

Le jeune homme avait ignoré la demande soudaine de Loki, mais avait rapidement accepté à la suite de ses appels frénétiques. Il lui avait dit : « Trois minutes », puis il l’avait posée délicatement sur une grande racine d’un arbre voisin.

« Tu peux compter dessus ! » déclara Loki.

Leur environnement correspondait à celui d’une carte que Loki avait vue il y a quelque temps. Bien qu’il n’y avait plus personne qu’elle puisse rencontrer, c’était indéniablement l’endroit où ses parents avaient été tués.

Cela fait presque trois ans depuis ce jour, pensa Loki.

Le fait d’imaginer ce qui s’était passé était répugnant, mais prétendre qu’elle n’avait pas eu de telles pensées serait un mensonge. Le fait que les mamonos mangeaient des humains était de notoriété publique. Loki n’avait pas d’autre choix que d’accepter qu’elle ne trouverait pas de reste.

« Pourquoi voulais-tu t’arrêter ici ? » demanda le jeune.

« L’endroit où mes parents sont morts... est ici, » répondit Loki.

Le jeune avait cessé de marcher et il avait prononcé une seule phrase. « Je vois. »

Il n’avait rien dit d’autre, mais Loki ne le croyait pas sans cœur. Les paroles qu’il avait prononcées étaient remplies de douceur.

Ensemble, ils avaient déplacé un grand rocher et l’avaient placé près d’un grand arbre pour créer une pierre tombale. Le jeune homme se tenait à côté de Loki et avait placé ses mains ensemble. Elle ne pouvait rien lire dans son expression.

Je suis désolée d’avoir été si longue, pensa-t-elle.

Loki, ayant atteint son but, s’était tournée vers le jeune. Elle lui déclara. « Merci. »

« Ne t’inquiète pas pour ça, » répondit le jeune.

Loki n’avait pu voir correctement le visage de l’adolescent qu’après son retour à la base. Le clair de lune l’avait seulement laissée voir sa silhouette. Elle découvrit à la base que c’était le jeune qu’elle imaginait qu’il avait abandonné, celui qui était son aîné d’un an et qui avait les cheveux noirs. Il n’a pas changé. Ce qu’elle n’avait pas réalisé à l’époque, c’était qu’elle avait grandi plus que lui, mais cela serait rattrapé par la suite.

Une fois qu’il avait ramené Loki à la base, il s’était immédiatement fondu dans l’obscurité du monde extérieur.

Plus tard, elle avait entendu son nom et son rang pendant qu’il parlait à quelqu’un qui semblait être un officier supérieur et elle l’avait gravé dans son cœur.

☆☆☆

« Arus Reigin. »

En ce moment, Loki marchait avec l’aide de l’épaule du médecin de la ligne défensive. Non seulement sa vie avait été sauvée, mais son vœu le plus cher qu’elle avait eu pendant toutes ces années avait été exaucé. Et maintenant... Je n’ai plus rien.

Elle n’avait aucune idée de ce qu’elle devait faire du restant de sa vie, mais elle avait obtenu une réponse étonnamment rapide.

Dans ce cas, je serai son assistante. Je vivrai ma vie pour lui, avait-elle décidé pour elle-même.

Dès lors, Loki avait renforcé encore plus sa magie. Elle avait accumulé de l’expérience au combat en continuant à subjuguer des mamonos. Cependant, elle était également consciente des hauteurs que ce garçon atteignait.

Je ne pourrai pas l’aider comme ça, s’était-elle dit.

Loki, consciente de son aptitude à la détection, s’était donc tournée vers ça. Elle avait pris cette décision sans aucune hésitation. C’était le résultat d’une réflexion sur la façon dont elle pourrait devenir son assistante et lui être utile dans le futur.

☆☆☆

Chapitre 15 : Une couverture inattendue

Partie 1

Loki avait ouvert les yeux avant de voir un garçon aux cheveux noirs ayant posé son bras sur son lit. Sa faible respiration lui indiquait qu’il dormait en ce moment.

La lumière du soleil orange brillait à travers une fissure entre les rideaux. Le soir devait probablement être très proche. Les informations qu’elle arrivait à tirer de son entourage ne lui suffisaient pas pour comprendre sa situation. Quoi qu’il en soit, une chose était claire pour elle, c’est qu’elle avait violé un tabou.

Pour une raison inconnue, peut-être parce qu’elle dormait, son corps ressentait une importante chaleur. Elle commença par vouloir s’asseoir quand le bruit de sa couverture qui se froissait contre elle résonna dans ses oreilles. Alors qu’elle doutait d’avoir causé le bruissement, le garçon aux cheveux noirs qui se trouvait devant elle s’agita.

Arus bâilla en se frottant la nuque. « T’es-tu enfin réveillée ? »

« Je..., » le regard de Loki tomba sur son futon d’un blanc pur alors qu’elle se sentait coupable.

« Tu as gagné le pari, » déclara Arus.

La tête de Loki se secoua face à l’aveu de défaite d’Arus. Alors qu’elle était incapable de parler, elle ne pouvait que le fixer en silence. « ... ! »

Puis, Arus leva sa main droite et montra une manche endommagée. « Tu n’as réussi à effectuer qu’une unique attaque contre moi. »

« Mais..., » commença Loki.

Seul Arus pouvait décider si les vêtements faisaient partie ou non de son corps et Loki elle-même était très reconnaissante de son verdict. Cependant, son hésitation n’était pas due au fait qu’Arus lui avait accordé la victoire, mais au tabou qu’elle avait violé.

Une fois que l’armée aurait eu vent de ses actions, elle serait irrémédiablement punie. Cela pourrait même se produire dans les prochaines heures. En tant que soldate, elle savait très bien ce qui se passerait quand la loi était enfreinte.

Arus lui déclara. « Cependant, je ne peux pas oublier que tu as parié ta vie pour le faire. »

Même Arus, le magicien classé numéro 1, ne peut le couvrir, je le sais. Je suis maintenant une criminelle, pensa Loki.

La vie s’écoulait hors du corps de Loki en attendant qu’Arus continue. Ses paroles la laissaient incapable de faire quoi que ce soit. Bien qu’être livrée à l’armée ne soit pas la fin qu’elle voulait, elle n’avait pas d’autre choix que d’accepter son sort. Pourtant, même si ce développement était dû au fait qu’elle avait violé un tabou, elle ne le regrettait pas du tout.

Alors que Loki se perdait dans ses pensées, son visage se mit à se tordre de douleur alors qu’un son terne se répercuta sur sa tête. « — !! Aïe ! » Une main s’était abattue sur elle. Il n’y avait pas beaucoup de force derrière le coup, mais cela présentait quand même une certaine force.

Loki ne comprenait pas pourquoi elle avait été frappée. Elle ne pouvait que se tenir la tête avec ses mains minces alors qu’elle jetait un regard empli de doute sur Arus.

Arus lui déclara. « Avec ça, tu es pardonnée. À partir de maintenant, je vais te faire travailler comme un cheval, alors concentre-toi sur la récupération de tes forces. » Il avait ensuite fait un léger sourire à Loki en convalescence en lui faisant un geste avec ses doigts. « J’y vais. »

Loki était très heureuse de la récompense d’Arus, mais elle craignait que le fait de rester à ses côtés n’affecte sa position. Elle se dépêcha de sortir du lit et elle se précipita auprès d’Arus. « J’ai violé..., » au moment où elle avait ouvert la bouche, Arus la couvrit avec sa main.

Loki était complètement abasourdie par la réaction d’Arus. Tandis qu’elle penchait la tête dans la confusion, la porte s’était soudainement ouverte. Arus regarda vers là et il déclara. « Qu’est-ce que vous faites ? »

Les expressions impardonnables et maladroites de Tesfia et d’Alice suffirent à prouver qu’elles avaient mal agi. Toutes les deux avaient été accroupies à l’extérieur de la porte et tendaient l’oreille pour l’écouter. Alors qu’elles regardaient Arus depuis leur position, Tesfia déclara. « Non, ce n’est... »

Alice se mit de son côté à rire maladroitement. « Hahahaha... »

Bien que la surprise soit mêlée à l’expression d’Arus, ni Tesfia ni Alice ne s’attendaient à échapper à toute réprimande. Malgré cela, ni l’une ni l’autre ne s’était excusée une seule fois. Leurs comportements étaient un signe clair qu’elles n’avaient pas l’intention de reconnaître leurs méfaits.

Arus, peut-être par gentillesse, garda ses doutes pour lui alors que Tesfia changea le sujet en un sujet qui l’aiderait à mieux comprendre la situation. Elle s’étira aussi loin qu’elle le pouvait, allant même jusqu’à se tenir sur ses orteils, afin de pouvoir apercevoir Loki, cachée derrière Arus. « Je ne vois pas son visage, mais qui est cette enfant ? »

Alice était tout aussi curieuse. Elle se tenait également debout sur ses orteils pour tenter d’apercevoir Loki. Elle s’efforçait de jeter un coup d’œil de l’autre côté d’Arus. « Une première année ? Je ne me souviens pas l’avoir déjà vue dans le coin. »

Malgré sa question sur le fait que leur écoute clandestine restait incertaine, Arus laissa tomber. Bien qu’il puisse leur reprocher beaucoup de choses, pour commencer, il ne s’en souciait pas tant que ça. Mais selon lui, il s’agissait d’une bonne occasion pour lui de dire. « Permettez-moi de vous présenter Loki. Il s’agit de ma partenaire à partir de maintenant. »

« « « — !! » » »

Ses paroles choquèrent même Loki. Elle ne pouvait pas s’empêcher d’être ravie d’obtenir ce qu’elle voulait le plus. Pourtant, elle déclara d’une voix basse que ni Tesfia ni Alice ne pouvait entendre. « Mais... »

Arus lui fit face et déplaça sa bouche jusqu’à l’oreille de Loki. « Seules la directrice et moi étions présents à ce moment-là. Le fait de cacher ce qui s’est passé est donc chose facile. Ou alors, veux-tu vraiment être livrée à l’armée ? »

Loki secoua la tête en faisant un sourire d’excuse à Arus. Bien qu’elle soit certaine de tomber dans le désespoir si elle découvrait qu’elle était incapable de s’adapter pour devenir la partenaire d’Arus, elle désirait toujours tendre la main pour obtenir ce poste.

Il lui ajouta ensuite. « Alors, ne t’inquiète pas. »

Loki faisait confiance à l’affirmation autoritaire d’Arus. Ainsi, elle avait fait un pas de côté et se plaça dans le champ de vision de Tesfia et Alice. De faibles larmes s’échappaient de ses yeux alors que tout son visage débordait de bonheur. Alors qu’elle était incapable d’empêcher la jubilation de résonner dans sa voix, ses paroles suivantes se firent entendre. « Je suis Loki Rechbehell. »

...

Tesfia se précipita sur Arus au moment où tout le monde était présenté aux autres. « Ma-Mais surtout, c’est ta partenaire ? »

Alice perdait également son sang-froid. Un petit changement avait altéré son sourire habituel alors que ses joues étaient rougeâtres et crispées. « Qu-Qu’est-ce que tu veux dire par partenaire, ex... exactement ? »

Arus, ayant déjà analysé les différentes affaires qu’il avait à traiter, décida qu’il serait plus prudent de s’en occuper maintenant que de devoir répondre à leur question. Lui-même n’avait pas énormément réfléchi quant à sa décision. Il déclara à Loki et aux deux autres filles. « J’ai besoin d’aller ailleurs. S’il vous plaît, allez au laboratoire avant moi. »

« Bien sûr, Monsieur Arus, » déclara Loki.

« ... Monsieur [1] ? » demanda Tesfia.

Après ça, Loki salua respectueusement Tesfia et Alice. Son expression en levant la tête était apathique. Alors qu’elle affichait clairement dans ses yeux un total désintérêt pour elles, elle leur déclara. « Eh bien, y allons-nous ? Veuillez m’informer de la façon dont je ne suis pas familière avec cette méthode. »

« Euh... bien sûr, » déclara Alice.

 

☆☆☆

 

Alors que le soleil ne s’était pas encore couché et que les lampadaires étaient toujours éteints, elles décidèrent de marcher vers le bâtiment de recherche abritant le laboratoire d’Arus. De plus, Tesfia et Alice avaient des tas de questions pour Loki. Cela dit, elles n’auraient pas pu utiliser une porte de transition même si elles l’avaient voulu puisque Loki ne possédait pas de badge scolaire.

Loki déclara. « Les partenaires sont des personnes chargées de détecter l’emplacement des mamonos lorsque deux ou plusieurs magiciens s’aventurent dans le monde extérieur. »

Alice déclara, « Hee ~ alors il y a même un système comme ça. Mais, Al est un étudiant de l’académie. N’est-il pas inutile pour lui d’avoir un partenaire ? »

Les beaux sourcils de Loki se plissèrent vers le haut face à la remarque, mais ni Tesfia ni Alice ne le remarquèrent. « Monsieur Arus est peut-être inscrit comme étudiant, mais il est également toujours enrôlé dans l’armée. Il pourrait partir à tout moment s’il est convoqué. »

Tesfia déclara « Amus ~ sant, ce type... donc, il a aussi la vie dure. »

Les deux filles ne remarquèrent pas non plus à quel point les bords acérés des sourcils de Loki s’étaient inclinés l’un vers l’autre.

Alice déclara. « Al... si c’est comme ça, alors, c’est qu’on ne peut rien y faire. »

Tesfia le ridiculisa en plaisantant avec un sourire. « Mais, ce bon à rien suivrait-il des ordres ? »

Alice se couvrit la bouche pour cacher son rire.

Loki avait été incapable de supporter leur échange. Le mépris emplissait son expression apathique alors qu’elle leur disait. « On dirait que vous n’avez aucune idée à quel point, Monsieur Arus, magicien classé numéro 1, a contribué à l’humanité. »

Tesfia et Alice arrêtèrent de marcher.

« Eh... ! »

« Hm !? »

Loki marcha encore de quelques pas, puis elle s’arrêta et se retourna pour leur faire face. Ses yeux brûlaient d’irritation quand elle regarda les deux filles ignorantes. Le mépris était présent dans les mots qu’elle déclara. « Sachez toutes les deux que la grande puissance Alpha n’a pu maintenir cette vie paisible que grâce à Monsieur Arus, sans lui, vous n’auriez jamais vécu cette vie paisible jusqu’à maintenant. Pourquoi l’appeler “Al” ou “ce type” ? Vous êtes bien prétentieuses pour le mépriser de la sorte. »

Tesfia et Alice avaient été réduites au silence en un seul souffle. Une fois leur choc passé, Tesfia déclara. « Vous avez raison, nous ne savons pas grand-chose, cependant, nous reconnaissons qu’il est le magicien numéro un. C’est exactement la raison pour laquelle le genre d’effort laborieux qu’il a dû endurer est au-delà de mon imagination. Ce que je veux dire, c’est que je ne sais rien de ce qu’Al a fait au nom de ce pays et je ne peux pas non plus l’imaginer. C’est pour ça qu’il n’y a vraiment rien à faire quant au fait que je pense ainsi de lui. »

« Elle a raison. Une telle existence est beaucoup trop éloignée de nos vies pour que nous puissions la respecter ou nous fixer un but... J’ai l’impression que quelque chose comme ça se transformerait en un cercle sans fin, » déclara Alice.

Tesfia et Alice interprétaient l’indignation de Loki comme une conséquence de la manière dont Arus avait été indemnisé après tout ce qu’il avait sacrifié pour le pays. Ce malentendu révélait la profondeur de leur immaturité.

Alice ajouta : « De plus, j’ai aussi l’impression qu’Al s’en fiche un peu. »

Tesfia était incapable de voir les paroles de Loki pour un différend en raison de son apparence. Alors que le visage de Loki était peut-être sans expression, son jeune âge conduisait Tesfia à adopter le rôle d’une sœur aînée. « Oui, c’est comme ça qu’on l’appelle. Vous n’avez pas besoin d’utiliser ce terme si vous ne le voulez pas. »

Loki avait englouti ses affirmations à l’intérieur de son cœur. Bien qu’elle ne cédait pas face à Tesfia et Alice, elle reconnaissait un fragment de validité à leurs paroles. Cependant, plus que cela, c’était qu’elles ne comprennent pas ce que les magiciens représentaient. Même si elle leur expliquait la force écrasante d’Arus, elles n’en comprendraient même pas une once de tout ça. Par conséquent, malgré ses réserves claires, tout ce qu’elle pouvait faire, c’était de se résigner à accepter ce manque de conscience.

Elle déclara. « Je comprends. Si Monsieur Arus y consent, alors je n’ai vraiment rien à dire à ce sujet. » Pourtant, malgré ses paroles, elle ne se croyait pas coupable de les avoir critiquées plus tôt. En tant que telle, elle ne s’excusa pas.

Les quelques minutes qu’elles avaient parcourues pour se rendre au bâtiment de recherche semblaient très longues pour Loki, mais il s’agissait seulement d’elle qui le pensait. Tesfia et Alice étaient trop amusées avec leur déluge de questions.

Loki avait fini par dire. « Recevez-vous tous les deux des conseils de Monsieur Arus ? » On le lui avait dit tout à l’heure, mais elle ne pouvait s’empêcher de le reconfirmer.

Alice répondit. « Oui, c’est exactement comme je l’ai dit. »

« Je vois. J’avais l’impression que Monsieur Arus était venu à l’académie pour approfondir ses recherches. »

Alice se gratta la joue alors qu’une expression pleine d’excuses traversait son visage pendant une demi-minute. « Je suis presque sûre qu’Al lui-même a dit qu’il était ici à des fins de recherche, mais il s’est passé diverses choses et cela a tourné comme ça. »

La fille aux cheveux roux responsable de ce résultat, au lieu de repousser ça, avait adopté un ton effronté. « C’est comme elle l’a dit, et c’est comme ça parce que ça s’est passé. »

Loki n’était pas en mesure d’afficher correctement une expression face à l’affirmation de Tesfia selon laquelle elle recevait des cours d’Arus en raison d’une négligence. Exprimer ses vrais sentiments n’avait jamais été l’un de ses points forts. Une femme aussi arrogante n’est pas digne des enseignements de Monsieur Arus.

Les trois filles s’arrêtèrent parfois de marcher pour se plonger dans leur conversation. Ainsi, la marche jusqu’à l’édifice de recherche leur avait pris beaucoup de temps, même s’il n’était qu’à une courte distance de là.

Tout ce que Tesfia et Alice disaient depuis leur première rencontre avec Arus jusqu’à aujourd’hui, comprenait bien plus d’événements qu’il aurait normalement dû survenir en un seul mois selon Loki. Mais leurs histoires exaltées ne faisaient pas que mettre Loki en colère. Elle ressentait un pincement d’envie alors qu’elle tendait l’oreille pour apprendre l’existence d’un Arus qu’elle ne connaissait pas.

1 En japonais, elle utilise le terme Sama comme honorifique pour lui, d’où leur important étonnement.

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