Neechan wa Chuunibyou – Tome 1

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Prologue : L’Éveil du Lecteur d’Âmes !

« Maman ! Yu a réveillé sa vision magique ! Il faut du riz sekihan pour fêter ça ! »

« Oh, mon Dieu. Je ne sais pas vraiment de quoi tu parles, mais si c’est une bonne chose, c’est du riz Sekihan que nous aurons. »

Yuichi avait failli cracher sa soupe au petit-déjeuner.

C’est bon, je vais bien. Personne ne le fait vraiment en dehors des animes et des mangas, pensa Yuichi.

Sa grande sœur, Mutsuko, lui avait fait tout un exposé avant ça sur le fait qu’il ne pouvait parler de sa vision à personne — et si une société secrète s’en prenait à lui ? Pourtant, apparemment, elle n’avait rien vu de mal à le dire à leurs parents.

Il la dévisageait, la poussant à arrêter d’en parler.

Mutsuko lui répondit en souriant, interprétant mal le geste. Elle ne l’avait pas du tout compris.

Mutsuko venait tout juste d’entrer en deuxième année de lycée, le même lycée que Yuichi fréquenterait à partir d’aujourd’hui. Les autres disaient qu’elle était belle, bien que Yuichi, étant son frère, ne puisse pas vraiment confirmer ce fait.

Ses cheveux étaient longs et maintenus en place avec une variété de pinces à cheveux en métal. Pour l’observateur occasionnel, elles ne ressemblaient qu’à des barrettes en forme de couteaux, mais elle se vantait toujours qu’il s’agissait de vraies lames en acier de Damas.

Sa silhouette était mince et sa poitrine était modeste, mais cela ne semblait pas la déranger. Elle avait toujours dit que le fait d’avoir une grosse poitrine se mettrait en travers de son chemin, et on aurait dit qu’elle le pensait vraiment.

Sa mère était très facile à vivre, de sorte que la conversation sur la vision magique ne la dérangeait pas. Elle ne savait probablement pas ce qu’était une « vision magique ».

Yuichi avait vérifié la réaction de son père, mais il se concentrait toujours sur son journal, prenant parfois une bouchée de nourriture. Il ne semblait pas particulièrement intéressé par la conversation.

La petite sœur de Yuichi, Yoriko, prenait son petit-déjeuner comme si tout était normal. Mutsuko disait toujours des choses bizarres comme ça, alors elle semblait à peine le remarquer.

Yoriko commencerait sa deuxième année de collège aujourd’hui. Contrairement à Mutsuko, qui ne se souciait guère de son apparence, Yoriko était très soucieuse de toujours être belle. Ses longs cheveux noirs lui convenaient très bien, et elle en prenait grand soin. Elle ne songerait pas à l’affliger d’ornements bizarres comme l’avait fait sa sœur. Son visage ressemblait à celui de Mutsuko, mais elle avait un air serein et, en ce qui concerne les proportions féminines, elle la dépassait déjà.

 

♡♡♡

 

La conversation sur la vision magique s’était poursuivie. Yuichi regarda autour de la table et poussa un soupir. Peut-être qu’il aurait dû en faire plus pour qu’elle se taise. Il avait repensé à l’incident de la nuit précédente.

Il était minuit passé. Yuichi avait frappé légèrement sur la porte de la chambre de Mutsuko.

Leurs parents et leur petite sœur dormaient tous profondément à ce moment-là, mais il savait que Mutsuko resterait éveillée tard pour faire des choses bizarres.

La porte s’ouvrit aussitôt et Mutsuko se tenait devant lui. Elle était vêtue d’un pyjama rose, fixant Yuichi dans la confusion.

« Yu ? Que fais-tu ici à cette heure ? »

« Euh ! Il y a quelque chose pour laquelle je voudrais que tu m’aides..., » commença Yuichi.

« Bien sûr que oui ! Tu vas me parler de ta collection de jeux fétichistes sur les grandes sœurs, n’est-ce pas ? Ne t’inquiète pas, ça ne me dérange pas du tout ! » Mutsuko avait gonflé sa poitrine.

Yuichi n’avait aucune idée de l’origine de cette idée, mais elle en était extrêmement fière.

« Ce n’est pas ça ! » déclara Yuichi.

« C’est la seule raison pour laquelle un jeune homme visite la chambre de sa grande sœur au milieu de la nuit ! Je l’ai vu dans un anime ! » déclara Mutsuko.

« Mais on n’est pas dans un anime, c’est la vraie vie, » sa réponse n’avait pas eu la force de ses convictions. Ce qu’il s’apprêtait à lui demander était le contraire du réalisme.

« Bref, arrête de rester là et rentre pour qu’on puisse parler, d’accord ? » Mutsuko lui avait fait un signe vers l’intérieur de la pièce.

Elle avait toujours son kotatsu, bien que le chauffage sous la table basse ne soit pas nécessaire ici au début du printemps. Ils s’étaient tous les deux dirigés vers lui et avaient pris place.

Yuichi n’avait pas été dans la chambre de Mutsuko depuis un moment. Le fait qu’elle soit encore plus encombrée qu’elle ne l’était auparavant lui donnait l’impression d’être légèrement épuisé.

Il avait pris une brochure sur la table. Le titre était « Abdo Pare-Balles » la couverture présentait une image agrandie d’une armure abdominale. Elle avait l’air de pouvoir dévier les balles.

Yuichi avait commencé à faire un nettoyage élémentaire dans les livres éparpillés au hasard sur la table.

Le Roi de la Force de Préhension, Le Roi des Articulations, Le Guide complet du Bajiquan, Pourquoi Masahiko Kimura n’a-t-il pas tué Rikidozan ?, La Science de la Libération de votre Pouvoir Interne..., des livres avant ces titres et bien d’autres avaient été empilés au bord du kotatsu. Il ne pouvait pas rester assis à une table en désordre.

Mais le fait de mettre de l’ordre dans ce petit fouillis n’avait pas changé l’état déplorable du reste de la pièce. Les éléments les plus évidents de l’encombrement étaient les armes éparpillées dans toute la pièce.

Il y avait beaucoup d’armes chinoises : guandao, emeici, fouets à chaîne, marteaux météores, miaodao...

Pour les armes de style occidental, il y avait des bâtons de combat, des arbalètes, des mains gauches...

Pour les armes indiennes, madu et un katar...

Il y avait aussi des armes de style japonais. manri-gusari, jutte, shurikens et même des katanas. Du moins, les éventails semblaient un peu féminins, mais ils étaient faits d’acier... en d’autres termes, encore plus d’armes.

Yuichi savait qu’elle avait des armes, mais pas qu’elle en avait autant, ni qu’elle les laissait traîner au grand jour comme ça. La question paranoïaque de ce qui se passerait si quelqu’un marchait sur l’un d’eux commençait à le ronger.

Pourtant, même si vous ignoriez les armes, ce n’était pas comme si la pièce était vraiment féminine. Le sol était un désordre de câbles sinueux et de mystérieuses cartes à circuits imprimés. Il y avait une rangée de ce qui ressemblait à des casiers empilés contre un mur, remplis de machines vacillantes. Et même en les mettant de côté, il y avait les masques, les talismans en papier et l’autel, tous à des fins inconnues.

Yuichi avait poussé tout ça hors de son esprit. S’il s’y attardait, cela ne s’arrêterait jamais.

« D’accord ! De quoi voulais-tu parler ? » demanda Mutsuko avec enthousiasme. Elle mettait souvent Yuichi dans des situations difficiles, mais il ne se souvenait pas de la dernière fois qu’il lui avait demandé des conseils. C’est peut-être pour cela que ses yeux débordaient d’anticipation.

« Depuis hier, je vois des choses étranges et je ne sais pas pourquoi, » expliqua Yuichi, tâtonnant pour trouver les bons mots.

« Oh ? » Mutsuko s’était penchée vers l’avant au-dessus de la table, et c’est alors qu’une flottée de questions était sortie de sa bouche.

« Qu’est-ce que c’est ? Quoi ? Qu’est-ce que tu vois ? Hein ? Des lignes ? Les lignes de la mort ? As-tu la perception des Yeux Mystiques de la Mort ? Il faut qu’on te trouve des lunettes ! Mais qu’est-ce qu’ils en font encore ? Ou bien peux-tu voir les chakras ? Vois-tu tous les yeux en blancs ? Est-ce les Yeux de la Roue Miroir ? Ou bien peux-tu voir des fantômes ? Est-ce la vision des fantômes ? »

« Calme-toi ! Ce n’est pas si grave ! » déclara Yuichi.

« J’ai compris ! Attends un peu, » elle avait pris une grande respiration, essayant clairement de se calmer.

« D’accord ! Qu’est-ce que tu vois ? » lui demanda-t-elle.

« Ce n’est pas si important que ça... J’espère que tu n’as pas trop espéré, parce que c’est juste... euh... des mots, » répondit-il.

« Des mots ? » demanda sa sœur.

« Je vois des mots au-dessus de la tête des personnes, » répondit-il.

« Est-ce tout ? » Mutsuko était clairement déçue. Même si c’est lui qui lui demandait conseil, il avait presque l’impression de l’avoir déçue.

Mais elle avait rebondi rapidement, en se penchant à nouveau vers l’avant.

« C’est vrai ! Ce n’est peut-être pas une vision magique basée sur le combat ! Mais c’est quand même incroyable ! Alors, est-ce qu’il y a quelque chose au-dessus de ma tête en ce moment ? Peut-être que tu peux voir mon espérance de vie ? J’ai vu ça dans les films d’horreur ! » déclara-t-elle.

« C’est juste écrit “Grande Sœur”, » déclara-t-il.

« Hein ? » s’exclama-t-elle.

Les mots « Grande Sœur » flottaient au-dessus de la tête de Mutsuko en grosses lettres noires.

« Au-dessus de la tête de maman, il est écrit “Maman”. Au-dessus de la tête de Yori, il y a écrit “Petite Sœur”, » continua-t-il.

Mutsuko, Yuichi et Yoriko étaient frères et sœurs. Avec leurs parents, ils formaient la famille Sakaki composée de cinq membres.

« Qu’est-ce que ça veut dire ? Je ne comprends pas, » déclara Mutsuko.

« Je ne comprends pas non plus ! » déclara-t-il. « Je n’ai aucune idée de ce qui se passe, donc je ne suis pas sorti du tout depuis le début de la journée d’hier. Mais j’ai l’école demain, donc je ne peux pas rester à l’intérieur. J’ai pensé que tu pourrais savoir quelque chose, » déclara-t-il.

 

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Yuichi avait dormi tard le dernier jour des vacances de printemps, puis s’était rendu à la cuisine pour un petit-déjeuner tardif. C’est à ce moment-là qu’il avait remarqué.

Sa mère était dans la cuisine en train de cuisiner, le mot « Maman » flottant au-dessus de sa tête en lettres noires.

Il avait cligné des yeux à plusieurs reprises, pensant qu’il rêvait peut-être encore à moitié. Mais peu importe combien de fois il avait cligné des yeux ou s’était frotté les yeux, les lettres noires étaient restées présentes.

Il avait dévoré sa nourriture, puis était retourné dans sa chambre. Il pensait qu’il était peut-être juste fatigué des vacances de printemps, alors il était retourné au lit. Mais c’était pareil quand il s’était réveillé. Tout ce qu’il avait réussi à faire, c’était de confirmer qu’il pouvait aussi voir des mots au-dessus de la tête de ses sœurs.

 

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« Alors, peux-tu voir quelque chose au-dessus de ta tête ? » demanda sa sœur.

« Je ne voyais rien quand je me regardais dans le miroir. Peut-être que je dois le regarder directement... de toute façon, c’est tout ce que je sais. Une idée de ce que ça pourrait être ? » demanda-t-il.

« Tiens bon ! Attends un peu ! » Mutsuko appuya une main sur son front, et poussa l’autre vers Yuichi, paume vers l’extérieur.

« D’accord, mais qu’est-ce qui ne va pas chez moi ? » demanda-t-il.

« Je réfléchis ! As-tu un problème avec ça ? » Mutsuko avait maintenu sa pose, alors qu’elle était apparemment profondément dans ses pensées.

Elle était le genre de personne qui, une fois dans son propre petit monde, ne pouvait rien voir d’autre autour d’elle. Elle pourrait rester comme ça toute la nuit s’il la laissait faire.

Yuichi était sur le point de retourner dans sa chambre quand Mutsuko avait recommencé à bouger.

« Lecteur d’âme... C’est ça ! Cela doit être ça ! Peut-être que tu as des yeux magiques qui peuvent lire la vraie nature d’une personne ? » déclara-t-elle.

« Hein ? Alors, “Grande Sœur” est ta vraie nature ? » demanda-t-il.

« Ouais ! Il n’y a pas de grande sœur plus grande que moi ! » Mutsuko avait gonflé sa poitrine. Elle avait toujours semblé être particulièrement fière d’être une grande sœur, même au-delà de sa vantardise habituelle.

« Je suppose que cela vaut aussi pour “Maman”, “Petite Sœur” et “Papa”. Peut-être que ça ne vaut pas la peine de s’inquiéter, » déclara Yuichi.

Le fait d’entendre Mutsuko faire tellement de bruit avait fait que Yuichi se sentait un peu bête de s’inquiéter. Est-ce si important qu’il ait vu les mots « Grande Sœur » au-dessus de la tête de sa grande sœur ?

« Au fait ! As-tu la moindre idée de ce qui aurait pu éveiller le pouvoir en toi ? » demanda-t-elle.

« Hein ? Non... il était là quand je me suis réveillé le matin, » répondit-il.

Bien qu’il soit venu la voir pour lui demander conseil, il avait été un peu surpris par la rapidité avec laquelle elle avait cru à des choses comme la vision magique. Elle parlait toujours de choses dans les animes et mangas comme si elles existaient vraiment, mais il avait toujours pensé que c’était au moins en partie de sa mise en scène.

« As-tu été touché par une flèche ou quelque chose comme ça ? » demanda-t-elle.

« Je pense que je m’en souviendrais ! » déclara-t-il.

« As-tu mangé un fruit avec un motif en spirale ? » demanda sa sœur.

« Je pense aussi que je m’en souviendrais, » répliqua-t-il.

« As-tu entendu une voix demandant, “Désirez-vous le pouvoir ?” » demanda-t-elle.

« Si je l’avais fait, ce serait la première chose que je t’aurais dite, » répliqua-t-il.

« Hmm, je suppose que c’est un effet où tu n’en es pas conscient... l’influence d’un séisme démoniaque ou d’une porte de l’enfer..., » déclara sa sœur.

« Désolé, mais je ne peux pas te donner plus d’informations que ce que je t’ai déjà dit. Je me suis déjà creusé les méninges pour trouver toutes les causes possibles, » déclara-t-il.

Mutsuko se replongea dans une profonde réflexion. « Des nanomachines, peut-être... ou une boîte de Pandore ? On ne peut pas non plus exclure les Personas..., » après avoir réfléchi dans son coin pendant plusieurs secondes, elle avait finalement regardé Yuichi. « Tu ne dois en parler à personne ! Tu pourrais devenir l’objet d’une chasse au surhomme ! »

« Qui ferait une chose pareille ? » demanda-t-il.

 

 

« Une société secrète ! » répondit-elle. « Oui, il pourrait y avoir une société secrète pour ce genre de choses ! Sois prudent ! Ils pourraient te trouver et t’arracher les yeux ! »

« Hé, ne dis pas des trucs comme ça ! » s’exclama Yuichi.

De toute évidence, Yuichi n’avait pas l’intention d’en parler à qui que ce soit d’autre. Seule sa sœur bizarre prendrait une telle histoire au sérieux. N’importe qui d’autre douterait de sa santé mentale.

« Je ne le dirai à personne. Alors tu le gardes pour toi aussi, d’accord ? » demanda-t-il.

« Tu as tout compris ! Je te protégerai des sociétés secrètes, Yu ! » Il y avait de la fierté dans sa voix alors qu’elle tapotait une main contre sa poitrine. Cette vue l’avait vraiment rempli de confiance.

Quoi qu’il arrive, ma sœur sera de mon côté. Elle était peut-être un peu excentrique, mais elle ne l’avait jamais laissé tomber. Bien qu’il se sentait un peu pathétique d’avoir à compter sur elle comme ça, parler avec elle avait vraiment soulagé beaucoup de ses soucis.

 

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Mais il avait commencé à le regretter dès qu’il avait entendu sa sœur demander du riz sekihan.

Après tout, peut-être qu’il n’aurait pas dû venir la voir.

Il pouvait sentir de sombres nuages se former alors qu’il faisait face à son premier jour de lycée.

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Chapitre 1 : Il y a plus de bizarreries dehors que vous ne le pensez

Partie 1

Le lycée préfectoral de Seishin. Il s’agissait du nom de l’école que Yuichi fréquenterait à partir d’aujourd’hui. La raison pour laquelle il l’avait choisi était simple : Il s’agissait du lycée public le plus proche de leur maison. Ce n’était qu’à dix minutes à pied. C’était aussi un lycée tout à fait normal, et il n’avait pas eu à se donner beaucoup de mal pour y entrer.

Le nouveau blazer n’était pas naturel pour lui alors qu’il haussait les épaules et se dirigeait vers l’extérieur. L’uniforme des garçons de l’école était un blazer bleu-marine et une cravate avec un pantalon à carreaux. Les filles portaient un ruban et une jupe à carreaux.

Yuichi avait décidé de quitter la maison plus tôt que d’attendre Mutsuko. Rester à table, avec tous les discours sur la vision magique, était rapidement devenu insupportable.

C’était la première fois qu’il rencontrait d’autres personnes depuis qu’il avait acquis son étrange vision. Que verrait-il au-dessus de la tête des autres ? Il avait tout de suite eu sa réponse.

« Employé d’entreprise. » « Fonctionnaire. » « Secrétaire. » « Élève du lycée. » « Élève du collège. »

C’est exactement ce qu’ils semblent être, pensa-t-il.

Il y avait toutes sortes de personnes sur le chemin de l’école, et les mots au-dessus de leur tête correspondaient à leur apparence. Bien que normalement, il n’aurait pas été en mesure de distinguer les employés d’une compagnie des fonctionnaires.

Au fur et à mesure qu’il se rapprochait de l’école, la foule s’était accrue et il avait commencé à voir des étiquettes légèrement différentes.

« Camarade. »

Ce mot s’entremêlait, ici et là.

Il regarda autour de lui les visages attachés aux étiquettes. Ils avaient tous le même âge que Yuichi.

Peut-être que ce n’était pas si important que ça ? C’était un peu distrayant, mais s’il n’y pensait pas trop fort, il finissait par s’y habituer. Yuichi commençait à se sentir optimiste.

Et assez rapidement, il arriva à l’école.

Il passa par la porte, avant de suivre les panneaux pour la cérémonie de rentrée. Après ça, il avait fait son enregistrement de présence, puis il était entré dans l’auditorium.

Des rangées de bancs avaient été installées au centre. Yuichi s’était dirigé vers les sièges de sa classe, 1-C.

Les élèves assis là avaient tous des « Camarades de Classe » au-dessus de leur tête, tandis que les élèves des autres classes étaient tous étiquetés « Camarade ». Apparemment, le fait d’être dans la même classe était suffisant pour provoquer un changement d’étiquette.

Les sièges n’étaient pas assignés, alors il s’était assis à côté d’« Ami », qui était arrivé avant lui. Si c’était tout ce que ces étiquettes étaient, il n’y avait vraiment rien à craindre. Yuichi commençait à se sentir à l’aise dans cette situation étrange.

« Je ne t’ai pas vu depuis la remise des diplômes, Yu, » déclara son « Ami ».

« Hé, Tak. Ça fait un moment, » déclara Yuichi.

Yuichi et Takuro Oda avaient été dans la même classe au collège. Takuro était petit, décontracté, calme et toujours souriant. C’était le meilleur ami de Yuichi.

Ils avaient un peu discuté de la façon dont ils avaient passé leur temps libre pendant que le « Principal » montait sur la scène et commençait à s’adresser aux nouveaux élèves qui remplissaient les bancs.

 

♡♡♡

 

Après la cérémonie de rentrée, un enseignant les avait conduits à leur classe. Ce n’était pas leur professeur principal — apparemment, bien que ce soit le premier jour d’école, elle était en retard.

La salle était aussi bruyante et chaotique qu’on pourrait s’y attendre, l’enseignant de la classe ayant disparu le premier jour de classe. Quelques bandes semblaient s’être déjà formées.

Le siège de Yuichi était à l’arrière de la pièce, au deuxième rang à partir de la fenêtre. Il semblait qu’ils commençaient dans l’ordre des noms.

« Hé ! »

L’étudiant assis devant Yuichi l’avait sorti de sa rêverie en se tournant sur son siège vers l’arrière pour entamer une conversation.

Il était plus grand que Yuichi et semblait athlétique, comme un sportif. Il était aussi, de toute évidence, le genre de gars qui n’avait pas peur d’entamer une conversation avec un étranger.

« Shota Saeki ! Enchanté de te rencontrer, » déclara celui devant lui.

« Enchanté de te rencontrer. Je suis Yuichi Sakaki, » déclara Yuichi.

« ... As du But ? » déclara Yuichi.

Une étiquette qu’il n’avait jamais vue auparavant, « As du But », était suspendue au-dessus de la tête de Shota Saeki. Yuichi n’avait pas pu s’empêcher de le lire à haute voix. Il y a quelques instants, il était écrit « Camarade de Classe ».

« Quoi !? Joues-tu toi aussi au foot ? S’est-on déjà rencontrés ? » demanda Shota.

« Oh, euh, non. Je pensais juste que tu ressemblais à un footballeur, » répondit Yuichi.

« Eh bien, ça m’arrive souvent ! » déclara Shota.

Vraiment ? Qu’est-ce que c’est exactement « le type footballeur » ? Mais apparemment, il avait cru à l’excuse. Shota était clairement le genre peu compliqué.

« Hé, as-tu des sœurs ? » Shota fixa vivement le visage de Yuichi.

« Hein ? D’où est-ce que ça vient ? » demanda Yuichi.

« Tu as l’air du genre à avoir des sœurs sexy, » déclara Shota.

« J’ai une sœur qui est en deuxième année ici, » répondit Yuichi.

« Oh, d’accord ! Alors, laisse-moi-la rencontrer ! » déclara Shota.

« Bon sang, tu ne tournes pas autour du pot, n’est-ce pas ? » demanda Yuichi.

Il semblait qu’il était lui aussi du genre franc. Il avait dû vivre une vie très simple.

« Je ne pense pas que tu veuilles t’en prendre à ma grande sœur. Elle est ce qu’on pourrait appeler un cas malheureux, » répondit Yuichi.

« Malheureux ? » demanda Shota.

« Elle est jolie et tout, mais sa personnalité est... disons, douteuse voir problématique. Ses passe-temps sont... euh, vraiment de niche, » déclara Yuichi.

« Quoi, est-ce l’une de ces fujoshi ? Mais est-ce encore si courant de nos jours ? » demanda Shota.

Quelques-unes des filles à proximité avaient réagi en sursautant. Peut-être qu’elles pensaient qu’il parlait d’eux. Les étiquettes « Fujoshi » étaient suspendues au-dessus de leur tête.

J’avais raison... les étiquettes sont en train de changer, pensa Yuichi.

Yuichi avait jeté un autre coup d’œil autour de lui. Tout autour de lui, les étiquettes changeaient pour des choses comme « Lolicon », « Siscon », « Geek des Trains », « Rat de Bibliothèque »...

Il avait commencé à ressentir une douleur piquante derrière ses yeux. Cela ressemblait à la douleur associée à la fatigue oculaire, mais elle s’était estompée au bout d’un certain temps.

« Qu’est-ce qui ne va pas ? » demanda Shota, plissant des yeux de façon suspicieuse devant l’activité soudaine de Yuichi.

« Oh, ce n’est rien, » répondit Yuichi.

Mais cela pourrait être après tout un problème, il s’en était rendu compte. Quand il avait vu un changement d’étiquette, il n’avait pas pu s’empêcher de s’arrêter et d’y réfléchir. Cela pourrait vraiment avoir un impact sur la façon dont il allait vivre sa vie à partir de maintenant.

« Hum, on parlait de ma sœur, n’est-ce pas ? À ce sujet... Elle a le syndrome du collège. Une très mauvaise affaire, » déclara Yuichi.

« Syndrome du collège ? Elle est malade ? » demanda Shota.

« Non, pas malade. Euh, comment le dire... ? C’est comme si elle était vraiment obsessionnelle, » expliquer serait plus d’ennuis que cela n’en valait la peine, alors il avait choisi l’exemple facile le plus proche.

« Hé, as-tu une photo de ta sœur ? » demanda Shota.

« Quel genre de gars porterait une photo de sa grande sœur..., », mais avant même d’avoir pu finir cette pensée, il s’était souvenu qu’il avait des vignettes de photo prises dans la cabine photo dans son sac qu’ils avaient effectué ensemble. Il avait dit qu’il n’en voulait pas, mais elle l’avait forcé à les prendre.

« Oh, donc tu en as une ? Jetons un coup d’œil ! » déclara Shota.

« Bien..., » après tout, il ne voulait pas se faire passer pour une personne non coopératif. Il avait pris son sac, l’avait posé sur le bureau et avait commencé à fouiller.

« Hé, qu’est-ce que c’est ? » Shota avait pointé du doigt le sac. Il s’était intéressé à un morceau de métal.

« Ça ? Voici le Capitaine des Broyeurs à Pinces n° 4. C’est pour améliorer ta force de préhension, » expliqua-t-il.

« Hein ? C’est bizarre. Puis-je le voir ? » demanda Shota.

Yuichi avait sorti le préhenseur de son sac et l’avait remise à Shota.

Le Capitaine des Broyeur à Pinces était un préhenseur avancé fabriqué par les Entreprises IronMind Inc, et conçu pour améliorer votre force de préhension. Ils allaient du n° 1 au n° 4. Pour refermer le n° 4, il fallait une force de préhension d’environ 160 kg. Il n’y avait aucune chance pour un lycéen moyen de le fermer.

Shota s’était épuisé en essayant de le refermer. Yuichi l’avait observé du coin de l’œil alors qu’il cherchait les vignettes photo du photomaton.

 

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« Quoi !? Le chaos de classe dès le premier jour ? Quelle partie de “attendez tranquillement à vos sièges” n’avez-vous pas compris ? Eh bien, peu importe. Prenez place, c’est tout. Je suis Hanako Nodayama, et je serais votre professeur principal, » déclara la femme.

La recherche de Yuichi pour les vignettes photo avait été interrompue par une voix féminine, incroyablement démotivée. Il s’arrêta pour regarder le pupitre du professeur.

À un moment donné, une femme portant l’étiquette « Professeur Principale » était arrivée dans la pièce. Elle n’avait pas l’air à l’aise dans le costume qu’elle portait... c’était un euphémisme. Ses cheveux étaient dans un désordre total, avec une teinture brun à demi délavé. Elle ne semblait pas du tout se soucier de son apparence.

« Pour commencer, permettez-moi de dire une chose : Ne vous moquez pas de moi. Maintenant, distribuez ces documents. Euh, vous là-bas. Séparez-les et passez-les en arrière. Tout ce que vous avez besoin de savoir sur la vie au lycée est là-dessus. Vous m’entendez ? Tout est là-dessus. Vous n’aurez donc pas besoin de moi pour vous expliquer quoi que ce soit ou répondre à vos questions. Compris ? » Hanako avait donné de force les documents imprimés au premier élève qu’elle avait vu.

L’attitude de leur professeur principal semblait avoir un effet démoralisant immédiat sur la classe. Les papiers avaient été distribués selon les instructions de Hanako.

« Je ne pense pas qu’il y en ait assez, » déclara Shota en se retournant pour faire face à Yuichi. Il semblait que Shota avait obtenu la dernière copie pour leur rangée.

Yuichi regarda autour de lui pour voir s’il y avait des rangées supplémentaires. On aurait dit que Yuichi était le seul qui n’en avait pas eu.

« Excusez-moi, mais je n’ai pas eu de copie imprimée, » déclara Yuichi d’une voix forte en levant la main.

Quelques étudiants s’étaient tournés vers Yuichi.

Il sentit soudain une douleur aiguë derrière les yeux. Il les avait refermés alors que le monde devenait blanc autour de lui.

« Hé, qu’est-ce qui vous arrive ? Avez-vous le syndrome du collège ou quoi ? Un de ces “Hnngh ! Ne bouge pas, mon œil droit !?”, car franchement, le lycée semble un peu tard pour commencer ce genre de choses, » les paroles de Hanako étaient mélangées à des rires moqueurs.

« ... Ah, désolé. C’était juste un mal de tête soudain. Je suis..., » Yuichi avait commencé à s’asseoir, puis s’était figé, sa mâchoire se relâchant.

 

« Zombie. »

« Sorcière. »

« Anthromorphe. »

« Amie d’Enfance de Jeu de Drague. »

« Vampire. »

 

Toute une foule de personnes aux étiquettes bizarres le regardait. Les étiquettes de chacun étaient différentes. Avant cela, ils n’étaient que des « Camarades de Classe ».

Qu’est-ce qui se passe ? Mais il n’avait pas plus d’une seconde pour y réfléchir. Les yeux de quelqu’un étaient fixés sur lui. Il se retourna pour le regarder, et sentit une nouvelle vague de froid le traverser.

 

« Tueuse en Série. »

 

Leurs yeux s’étaient rencontrés.

Une jeune fille d’une beauté terrifiante avait fixé Yuichi d’un regard froid et tranchant. Au-dessus de ses cheveux courts flottait l’étiquette « Tueuse en Série ».

Que signifie « Tueuse en Série » !? Qu’est-ce que quelqu’un comme ça ferait ici !? Se demanda-t-il.

Il ne l’avait pas du tout compris. Il s’était retourné en suppliant « As du But » devant lui, réalisant en même temps qu’il ne pouvait rien faire pour l’aider.

« C’est quoi ces regards indiscrets, hein ? Essayez-vous de vous quereller avec votre professeur le premier jour ? » La voix traînante de Hanako avait ramené Yuichi à la réalité.

« Oh, euh, je suis désolé. Je n’ai pas eu de copie papier, » déclara Yuichi.

« Quelqu’un en a d’autres ? Alors je suppose qu’il n’y en a pas assez. Que quelqu’un le partage avec lui, » la professeur avait l’air de ne pas se soucier le moins du monde de ce qui s’était passé.

« Tu peux regarder le mien, » déclara Shota, en offrant sa propre copie imprimée.

« C’est à vous de le lire par vous-mêmes. Ne venez pas me dire plus tard que vous n’étiez pas au courant de quelque chose, » déclara Hanako. « Maintenant, je suppose que nous allons utiliser le reste de notre temps pour les présentations. Venez à l’avant dans l’ordre des noms et dites-nous qui vous êtes. »

Yuichi regarda l’imprimé que Shota lui avait donné. Il y avait aussi un plan de table.

« Tueuse en Série » était Natsuki Takeuchi. Son numéro de chaise était le 37. Son siège était le deuxième en partant de l’avant du côté droit.

Même avec toutes ces étiquettes bizarres comme « Zombie » et « Sorcière », la « Tueuse en Série » semblait être l’étiquette la plus extrême. Comment l’interpréter autrement qu’en disant qu’elle était une meurtrière ?

D’ailleurs, que représentent les étiquettes ? Se demanda-t-il.

Il avait supposé qu’ils avaient quelque chose à voir avec le rôle de la personne dans la société, mais il n’avait aucune preuve solide concernant ça. Néanmoins, étant donné ce qu’il avait vu jusqu’à présent, ils semblaient d’une manière ou d’une autre se rapporter à la vie de la personne.

Lorsque Yuichi avait retourné le problème dans son esprit, les élèves avaient commencé à se présenter. Yuichi était le numéro 14, donc il avait du chemin à faire. Il avait décidé d’écouter les présentations pendant qu’il le pouvait. Peut-être qu’il comprendrait mieux la nature des étiquettes.

***

Partie 2

« Zombie » était Risa Ayanokoji. C’était une fille avec deux queues de cheval placées haut sur la tête.

« Bonjour ! Je suis Risa Ayanokoji. Je sais que mon nom de famille a l’air plutôt chic, mais on n’est pas riches, alors, ne vous servez pas de moi, d’accord ? J’ai joué au volley-ball au collège, et je le ferai probablement aussi au lycée ! »

Elle avait l’air un peu idiote sur les bords, mais elle parlait assez énergiquement. Son teint était aussi sain. Il n’y avait rien de zombie chez elle.

Je ne comprends pas... Que signifie « Zombie » ? Se demanda-t-il

Ça voulait dire qu’elle était morte ? Mais comment ?

 

♡♡♡

 

« Sorcière » se trouvait être An Katagiri.

Elle avait de longs cheveux noirs, avec des franges assez longues pour cacher ses yeux, et une aura de morosité tout autour d’elle. Elle ressemblait certainement à son image de la sorcière.

« Je suis An Katagiri. Je n’ai pas de passe-temps, alors je serai brève, car il y a une chose dont je veux vous mettre en garde. Je suis amoureuse de Takuro Oda, qui est assis sur le siège à côté du mien. Je ne laisserai personne me le prendre. Si vous essayez de courir après Oda, je vous tuerai. »

Hein ? C’est quoi ce bordel !? Se demanda-t-il.

Yuichi n’avait jamais entendu une présentation aussi intense de sa vie. Le reste de ses camarades de classe semblaient ressentir la même chose. Toute la pièce avait été emplie par des chuchotements.

Takuro se sentait clairement embarrassé, gardant les yeux grand ouverts et ouvrant et fermant la bouche.

Ils n’avaient pas l’air de se connaître. Yuichi ne se souvenait pas l’avoir déjà vue.

Au-dessus de la tête de Takuro, l’étiquette qui disait « Ami » est devenue « Bien-aimé de la Sorcière ».

Certains événements peuvent-ils changer les mots ? Dans ce cas, cela devait s’agir de la présentation d’An Katagiri. La confusion de Yuichi s’était aggravée.

« Hé, arrêtez vos mauvaises blagues. Vous effrayez les autres. En plus, on vous enverrait en prison si vous faisiez ça, » la voix blagueuse de Shota avait sonné au milieu de la clameur.

« Je m’en fous si je suis arrêtée. Après ma libération, je retrouverai Oda et nous serons mariés pour la vie. S’il est déjà marié, je tuerai aussi sa femme et ses enfants. Alors, Oda. Si tu essaies d’épouser quelqu’un d’autre, tu les forceras vers une fin tragique. Si c’est ce que tu veux, alors vas-y et fais-le, » elle avait prononcé ses mots avec une confiance absolue.

Est-ce que « Sorcière » fait référence à sa personnalité, peut-être ? Se demanda-t-il.

 

♡♡♡

 

« Anthromorphe » était Yuri Konishi.

La première chose qu’il remarqua fut ses magnifiques cheveux dorés, qui étaient attachés dans un style bizarre et compliqué. Son attitude hautaine suggérait qu’elle était la fille d’une famille riche.

Malgré les cheveux blonds, son nom et les traits de son visage étaient tous les deux japonais. Peut-être qu’elle était à moitié japonaise.

Quelle qu’en soit la raison, son apparence attrayante avait suscité des murmures dans toute la classe, et son introduction n’avait fait qu’empirer les choses.

« Permettez-moi de commencer par clarifier une chose. Je viens d’une famille riche. La loi japonaise interdit la ségrégation des classes, mais en tant que lycéens, je suis sûre que vous savez que l’argent crée des différences de statut. La valeur d’une personne est directement liée à sa richesse. À cet égard, je suis au-dessus de roturiers comme vous. Vous pensez peut-être que ce n’est rien d’autre que l’arrogance des riches, mais nous sommes sur le point de passer une année entière ensemble en tant que camarades de classe, et je ne souhaite pas qu’un malheur vous arrive. Ainsi, j’ai pensé qu’il valait mieux clarifier certaines choses, afin d’éviter tout malentendu dans vos interactions avec moi qui pourrait vous faire regretter plus tard de l’avoir fait. Je vous conseille à tous de tenir compte de ces informations avant d’essayer de m’approcher. »

Shota s’était retourné vers Yuichi. Son regard disait : « Voici une autre fille folle. »

Elle était peut-être aussi riche et puissante qu’elle le prétendait. Aucune personne normale n’aurait une opinion aussi arrogante de ses camarades de classe.

Mais je ne comprends pas comment cela fait d’elle une Anthromorphe..., se demanda-t-il.

Yuichi était de plus en plus déconcerté.

 

♡♡♡

 

« Amie d’Enfance de Jeu de Drague » était Yoko Sugimoto.

Jeu de Drague !? s’interrogea-t-il.

« Sorcière » et « Anthromorphe » étaient au moins des choses qu’il comprenait. Mais cette étiquette n’avait aucun sens pour lui. Est-ce que ça veut dire qu’elle a agi comme une amie d’enfance stéréotypée que vous aviez vue dans les jeux de rencontres ?

Elle semblait être une fille tout à fait normale. Son apparence et sa présentation étaient tout à fait insignifiantes. Mais alors qu’il y réfléchissait, ses yeux tombèrent sur un élève de sexe masculin. Il était le « Protagoniste du Jeu de Drague », et d’après le plan de table, il s’appelait Koichi Makise.

C’est vrai, ils se parlaient avant, et je pense qu’elle le taquinait... se rappela-t-il.

Peut-être qu’« amie d’enfance » faisait référence à sa relation avec lui. Ça n’avait rien à voir avec Yuichi.

 

♡♡♡

 

« Vampire » était Aiko Noro. C’était une petite et jolie fille aux cheveux courts.

Mais elle est éclairée par la lumière du soleil... Je croyais que ça tuait les vampires ? C’était une journée avec un ciel dégagé, avec la lumière du soleil rentrant pleinement dans la salle de classe.

« Euh, je me nomme Aiko Noro ! J’ai choisi cette école parce que c’était l’école la plus proche de ma maison, mais je ne suis pas très intelligente, donc c’était assez difficile pour moi d’y entrer. Je crois que j’ai eu bien raison de l’avoir fait. Mais je vais travailler dur pour étudier et aussi m’amuser, alors faisons de notre mieux ensemble, d’accord ? »

Elle avait l’air d’une boule d’énergie. Il n’y avait aucune trace de vampirisme en elle. Bien qu’elle semble un peu pâle pour une Japonaise...

Un peu de sang venant de l’étranger, peut-être ? Mais c’était la seule chose vampirique qu’il pouvait identifier.

 

♡♡♡

 

Les introductions n’avaient fait que rendre les étiquettes plus confuses. Le seul qui avait un sens, c’était « Sorcière », et même alors, tout ce qu’il savait d’elle, c’était qu’elle était un peu excentrique. Yuichi était sur le point d’abandonner, quand son attention s’était recentrée sur une seule personne.

« Tueuse en Série », nom : Natsuki Takeuchi.

Ses yeux froids et acérés et ses cheveux courts et bien disposés donnaient l’impression d’une tueuse.

« Je me présente : Natsuki Takeuchi. Je viens tout juste d’arriver de la campagne et je me sens un peu dépassée par tous les habitants de la ville. Cette école semble pleine de vie, alors je ferai de mon mieux pour apprendre de vous tous, » elle semblait être une personne froide, même si c’était peut-être à cause de ses idées préconçues. Il y avait quelque chose de brusque et d’aliénant chez elle.

Pourtant, le contenu de son introduction avait été totalement inoffensif. Il n’y avait rien en eux pour suggérer qu’elle était une meurtrière. Malgré cela, Yuichi ne pouvait pas quitter des yeux cette terrible étiquette au-dessus de sa tête : « Tueuse en Série ».

 

 

 

♡♡♡

 

Enfin, la classe avait pris fin. Comme il n’y avait pas de cours ce jour-là, ils étaient libres de rentrer chez eux. Yuichi avait pensé à prendre contact avec Takuro — maintenant le « Bien-Aimé de la Sorcière » — mais il s’était enfui de la salle de classe dès que possible. Les autres étudiants commençaient aussi à se préparer à partir.

Une partie de Yuichi voulait aussi rentrer directement à la maison, mais il avait décidé de rester et de trier ses pensées. Il était resté à son bureau avec le plan de table, comparant les étiquettes, les noms, les allocutions d’introduction...

Ses pensées avaient été interrompues par le son de la voix de Shota. « Qu’est-ce que c’est que ce truc ? Ça ne marche même pas ! »

Shota avait rendu le préhenseur à Yuichi. Il avait apparemment renoncé à le fermer.

« Eh bien, tu ne peux pas aller directement à celui-là. Si tu veux vraiment le faire, je te prêterai le n° 1. Il faut 60 kg de force de préhension pour le fermer, » déclara Yuichi.

« Pas besoin. Ce n’est pas comme si de toute façon j’en avais besoin pour le foot. Peux-tu la refermer ? » demanda Shota.

« Connais-tu l’entraînement isométrique ? Je l’utilise pour ça, » répondit Yuichi.

L’entraînement isométrique était un type d’entraînement musculaire basé sur le maintien d’une seule position, comme la poussée d’un mur inamovible. Le petit mensonge blanc semblait moins difficile que d’admettre qu’il pouvait vraiment le refermer.

« Je crois que j’en ai entendu parler. Dit donc, tu as parcouru cette liste de noms pendant un moment, » déclara Shota.

« Je me suis dit que j’essaierais de mémoriser les noms de tout le monde, » et voici un autre mensonge innocent.

« Oh, est-ce tout ? Je pensais que tu classais les filles ou quelque chose comme ça. Laisse-moi voir, » Shota s’était emparé de la liste. Bien sûr, c’était Shota pour commencer, donc Yuichi ne pouvait pas vraiment se plaindre.

Shota avait commencé à faire des marques à côté des noms des filles.

« Natsuki Takeuchi, Aiko Noro, Yuri Konishi. Ce sont les trois premières. Les prochains niveaux comprennent Miyu Hirata, Sayaka Haraguchi... et An Katagiri, enfin, je suppose. Elle a l’air un peu folle. Je suis content qu’on ait une classe pleine de filles sexy, » déclara Shota.

Yuichi n’était pas en état d’y penser au moment des présentations, mais en y repensant, il se souvient que les garçons avaient commencé à chuchoter chaque fois qu’une fille se levait pour parler.

« Ça va être une année géniale ! Je ferai mieux d’y aller. Je dois dire bonjour à mes seniors du club de foot, » déclara Shota.

Tous les autres élèves de la classe étaient partis pendant qu’ils parlaient. Shota se leva et partit aussi.

Yuichi ne pouvait pas rester dans la salle de classe. Il avait décidé d’aller aux toilettes avant de rentrer chez lui.

Il y avait des étudiants d’autres classes dans le hall. « Camarade » était la seule étiquette au-dessus de leur tête.

Yuichi était allé aux toilettes, avait fini tout ce dont il devait faire et s’était lavé les mains, perdues dans ses pensées.

Il ne savait pas ce que les étiquettes véhiculaient. En fait, il ne voulait pas le savoir. Il ne voulait pas les prendre au pied de la lettre. Je veux dire, franchement... Il n’y a pas de zombies ou de vampires...

Ils avaient tout eu le « Camarade de Classe » au début, mais à un moment donné, ils avaient changé.

A-t-il quelque chose au-dessus de sa tête ? Il y avait peut-être quelque chose de nouveau...

Il avait levé les yeux pour vérifier le miroir, mais ce qu’il y avait vu était la dernière chose à laquelle il s’attendait.

 

« Tueuse en Série. »

 

Natsuki Takeuchi se tenait derrière lui.

« Hé. Tu me regardais avant, n’est-ce pas ? » demanda-t-elle.

« Ce sont les toilettes des garçons..., » un frisson avait remonté la colonne vertébrale de Yuichi. Il n’avait même pas entendu l’approche de Natsuki. Il était perdu dans ses pensées, bien sûr... mais c’était incroyable qu’il ne l’ait pas remarquée jusqu’à ce qu’elle soit juste derrière lui.

Quelque chose lui avait piqué le dos. On aurait dit une lame.

« Ça ne me dérange pas, donc ça ne devrait pas te déranger. Maintenant, réponds à ma question. Tu me regardais, n’est-ce pas ? Pourquoi ? Est-ce que j’ai l’air si étrange ? Je pensais me fondre dans la masse, » déclara-t-elle.

« Ne m’as-tu pas regardée en premier ? Alors je t’ai regardée en réponse..., » il se souvenait comment il avait paniqué et regardé ailleurs après avoir rencontré ses yeux. C’est peut-être ce qui l’avait renseignée. Certes, il l’avait regardée un peu plus longtemps que d’habitude, mais cela n’aurait pas dû suffire à le trahir.

« Écoute. J’ai déjà vu des personnes me regarder comme ça. Je reconnais le choc dans les yeux de quelqu’un qui découvre que je suis une tueuse. Pourrais-tu me dire comment tu le sais ? Ce serait utile, en tant que future référence, » déclara-t-elle.

Le couteau qu’il avait dans le dos bougeait si légèrement. C’était une menace.

Yuichi subissait des sueurs froides. L’étiquette au-dessus de sa tête devait donc être vraie.

« Es-tu... une tueuse en série ? » demanda-t-il.

Elle n’avait pas l’air d’être sur le point de le tuer, alors il avait prudemment fermé l’eau de l’évier.

« Je suppose que oui. Je tue des individus presque tous les jours. Mais je n’aime pas intégrer cela dans ma vie de tous les jours, alors j’ai essayé de ne tuer personne qui soit dans cette école. C’est pourquoi je suis surprise que quelqu’un s’en soit déjà rendu compte. Alors, comment le savais-tu ? » demanda-t-elle.

Il se demandait comment lui répondre au mieux. Il en avait vu assez pour savoir que toute tentative de mentir se retournerait contre lui, alors il a opté pour la vérité.

« Je vois des mots au-dessus de la tête des gens. C’est écrit “Tueuse en Série” au-dessus de la tienne. Il y en a d’autres en classe, comme “Sorcière” et “Zombie”, » répondit Yuichi.

« ... je te crois, » les yeux de Natsuki avaient rencontré ceux de Yuichi à travers le miroir avant qu’elle ne donne son diagnostic.

« Me crois-tu ? » Il était surpris qu’elle l’accepte si facilement. Il ne le ferait certainement pas, si quelqu’un lui disait ça.

« Oui. Il y a vraiment un zombie ici. Une poupée, également, je crois... et une “Sorcière” dont je suis moins sûre... mais je ne serais pas surprise par ça, » déclara-t-elle.

« ... Tu fais en sorte que tout cela semble si réaliste. Comment le sais-tu ? » demanda-t-il.

« La fausse nourriture ne te donne-t-elle pas encore plus faim ? Même si c’est fait pour ressembler à la vraie chose, ce n’est pas réel, » elle avait donné l’impression que c’était l’explication, mais cela n’avait aucun sens pour Yuichi.

« Je ne comprends pas ! Qu’est-ce que c’est que tout ça ? Des sorcières, des vampires et des tueurs en série ? D’où venez-vous tous ? Pourquoi vous rassemblez-vous dans ma classe ? » demanda-t-il.

« Qui sait ? Je suis sûre que ce n’était pas intentionnel, » répondit-elle. « Il y en a pas mal d’autres comme moi, donc il semblerait que c’est ainsi que parce que tu peux nous identifier. Mais nous essayons généralement de ne pas interférer dans les affaires des autres, donc tu ne devrais pas t’attendre à des problèmes. »

Natsuki avait rangé sa lame.

« Ah, eh bien. Ce n’est pas comme si je venais ici pour te tuer, » déclara-t-elle. « Mais voici un avertissement : Ne parle de moi à personne d’autre. Si tu le fais, je tuerai tout le monde dans cette école, puis je disparaîtrai. Si tu veux voir un bain de sang, vas-y et parle. Mais j’avais hâte d’aller au lycée, et je ne veux pas que tu ruines ma vie ici. »

Et c’est ainsi, semblait-il. Natsuki passa devant la rangée de toilettes et posa sa main sur le rebord de la fenêtre menant vers l’extérieur.

« Bonne chance à toi pour cette année, Yuichi Sakaki, » déclara-t-elle. Après ça, elle sauta par la fenêtre.

« Hein ? » s’exclama Yuichi.

Un instant plus tard, la porte s’était ouverte et un étudiant était entré dans les toilettes.

Son arrivée avait dû être la raison pour laquelle elle était partie si vite. Mais il n’arrivait pas à croire qu’elle avait sauté par la fenêtre sans l’hésitation. La salle dans laquelle ils étaient était au quatrième étage !

Yuichi était parti de là.

Il savait qu’il aurait dû s’assurer que Natsuki avait touché le sol en toute sécurité, mais il ne pouvait pas rester là une seconde de plus. Son esprit était empli de confusion.

Voir quelques mots n’est pas si important ? Bien sûr que c’est important ! Il avait couru jusqu’à la salle de classe, avait attrapé son sac, puis avait couru jusqu’à la maison à pleine vitesse. La vitesse elle-même avait fait tourner bien des têtes...

***

Chapitre 2 : La vampire est en train de mourir quelque part par là

Partie 1

La petite fille, Mutsuko, regardait attentivement Yuichi.

Ils étaient assis sur le porche d’une maison japonaise classique de campagne. C’était la maison dans laquelle ils avaient vécu quand Yuichi était encore un petit enfant.

C’était la nuit, mais le porche était éclairé par la douce lueur d’une pleine lune se trouvant au-dessus d’eux.

C’était à la fin de l’été. Le bourdonnement des insectes était bruyant autour d’eux.

« Maman et papa n’y arriveront pas, » déclara-t-elle.

Yuichi ne comprenait pas ce qu’elle voulait dire, mais étant enfant, il avait supposé qu’il s’agissait de quelque chose de mortel.

Si sa grande sœur géniale, qui savait tout et pouvait tout faire, l’avait dit, cela devait être vrai.

Mais ce n’était pas une raison pour l’accepter.

« Pourquoi cela ? » demanda Yuichi.

« Un jour, il y aura un changement drastique... une catastrophe. Maman et papa ne pourront pas le supporter. Les adultes ne peuvent jamais le faire. Ils ne sont pas équipés pour faire face à des changements drastiques dans leur vie, » déclara-t-elle.

Yuichi avait vu son visage se plisser, alors que des larmes coulaient le long de ses joues. C’était trop. L’idée de ne plus jamais revoir ses parents bien-aimés était comme un pincement dans son cœur.

Elle avait continué avec un ton lugubre. « Je sais que ça fait mal de l’entendre, mais je ne peux le dire qu’à un certain nombre de personnes. Alors je t’ai choisi, » elle ne plaisantait pas.

« Yori... Et Yori ? » Il regarda leur petite sœur, Yoriko, qui dormait envelopper dans une couverture en tissu.

« Yori... elle n’y arrivera peut-être pas non plus, » Mutsuko avait réduit la force de ses paroles.

« Pas question ! Comment peux-tu dire ça ? Elle est encore si petite ! Ce n’est pas juste ! » déclara Yuichi.

« ... je ne pense pas qu’elle sera capable de le supporter..., » déclara sa grande sœur.

« Ne t’inquiète pas ! Je vais battre ce stupide chat... ce stupide chat tastophe ! Je te protégerai, toi, Yori, papa, maman et tout le monde ! » Yuichi avait fait un saut audacieux hors du porche, jetant un poing en l’air alors qu’il prêtait serment.

Les yeux de Mutsuko s’étaient remplis de larmes, émues par sa promesse courageuse.

« Eh bien... c’est exact. Ce n’est pas comme moi... Je ne suis pas du genre à me figer face au désespoir. D’accord ! Laisse ça à ta grande sœur ! Je vais te faire..., » déclara-t-elle.

Et c’était à ce moment-là qu’il s’était réveillé.

« C’était... un rêve, n’est-ce pas ? » Il pensait se souvenir de quelque chose, mais cela s’était volatilisé dès qu’il s’était réveillé. Le souvenir était maintenant flou, à des millions de kilomètres...

Il s’était assis et avait regardé par la fenêtre. Il faisait encore nuit dehors.

Il s’était retourné dans son lit pendant des heures, mais il avait fini par s’endormir. Mais maintenant qu’il était réveillé, ce n’était pas bon. Il n’arriverait pas à se rendormir. Il s’était alors dirigé vers le couloir, puis il était allé vers la porte de Mutsuko et avait frappé. Elle était la seule personne à qui il pouvait parler de la cause de son insomnie : sa « vision ».

Une partie de lui s’attendait à ce qu’elle dorme déjà, mais elle avait tout de suite répondu à la porte.

Elle était dans une tenue chinoise connue sous le nom de pao — communément appelé « vêtements de kung-fu » — qu’elle portait apparemment en pyjama. « Est-il temps de parler des jeux fétichistes sur les grandes sœurs !? » avait été la première chose qui était sortie de sa bouche.

« Non ! Et pourquoi tu veux ça ? » demanda Yuichi.

« Eh bien, je serais inquiète si c’était des jeux fétichistes de petites sœurs, » déclara Mutsuko.

« Ce n’est ni l’un ni l’autre ! » déclara-t-il.

« Oh, eh bien. Entre ! » déclara sa sœur.

Elle lui avait fait signe de rentrer et il s’était assis une fois de plus à côté du kotatsu. La pièce était toujours aussi encombrée.

« Hé... rappelle-moi ce que signifie “catastrophe” ? » demanda-t-il.

« Il s’agit d’une théorie mathématique. Elle est utilisée pour décrire des systèmes ordonnés perturbés par des phénomènes chaotiques abrupts et aléatoires. Il peut aussi faire référence à un changement désastreux dans une vie quotidienne... C’est ce que tu es venu me demander ? » demanda sa sœur.

« Oh, non, ce n’est pas important. Je suis venu te demander... comment l’as-tu appelé, mon lecteur d’âme ? Je commence à voir des choses encore plus bizarres..., » déclara-t-il.

Yuichi avait décrit sa première journée à l’école.

Bien sûr, il avait laissé de côté sa rencontre avec la « Tueuse en Série », Natsuki Takeuchi. Son affirmation selon laquelle elle massacrerait tout le monde à l’école s’il en parlait pesait lourdement sur lui. Et vu ce qui s’était passé au petit déjeuner ce matin-là, il doutait que Mutsuko puisse garder un secret. Il ne pouvait pas le lui dire.

« Très intéressant ! » Les yeux de Mutsuko brillaient.

« Euh, pourrais-tu, s’il te plaît, ne pas appeler ça intéressant ? » demanda-t-il.

« Alors les étiquettes ont changé ? » demanda Mutsuko.

« Ouais. Au début, ils ont tous dit “Camarade de Classe”, mais ensuite ils ont commencé à changer pour des trucs comme “As du But”, » répondit-il.

« Et puis tes yeux ont commencé à te faire mal, et tu as commencé à voir des trucs effrayants comme “Zombie” et “Vampire” ? Y avait-il aussi des extraterrestres, des voyageurs temporels ou des médiums ? » demanda-t-elle.

« Rien d’aussi étrange, du moins pour l’instant..., » bien qu’il ne puisse pas prétendre qu’un extraterrestre était plus étrange qu’un zombie.

« Eh bien, tu les verras bien assez tôt ! » déclara sa sœur.

« J’espère vraiment que non... Alors, ça te dit quelque chose ? » demanda-t-il.

« Bonne question. D’après ce que tu m’as dit avant, les mots semblaient représenter quelque chose au sujet de la relation d’une personne envers toi, mais..., » commença-t-elle.

« Je ne vois pas ce que “Sorcière” et “Vampire” auraient à voir avec moi, » protesta-t-il.

Bien sûr, « Grand Sœur » et « Ami » avaient décrit les relations avec Yuichi, mais la plupart des étiquettes ne correspondaient pas du tout à ce schéma.

« Je vois... ça veut dire qu’on est dans l’acte 2 ! Tu as atteint une nouvelle étape de tes capacités ! Mais pour ce qui est de ce que les étiquettes signifient maintenant... Hmm, j’aimerais que nous puissions obtenir un échantillon plus large... C’est presque comme le contenu de leur âme... Leur personnalité ou quelque chose comme ça..., » Mutsuko s’éloignait à nouveau dans son propre petit monde.

« Hé, reste avec moi, » déclara-t-il.

« Oh, désolée. Alors, que dit mon étiquette ? Comme avant ? » demanda-t-elle.

« C’est toujours écrit “Grande Sœur”, » répondit-il.

« Qu’est-ce que c’est que ça ? Pourrais-tu au moins me donner une étiquette plus intéressante ? » déclara sa sœur.

« Ce n’est pas ma décision ! » s’exclama Yuichi.

« Je vais réfléchir à ce que veut dire le Lecteur d’Âme... mais sois prudent, d’accord ? Tu pourrais commencer à voir des choses que certaines personnes préfèrent ne pas voir. Et s’ils savent que tu peux les voir, ils pourraient s’en prendre à toi, » déclara-t-elle.

Yuichi avait dégluti. Il ne pouvait s’empêcher de penser à la « Tueuse en Série », Natsuki Takeuchi.

« Voyons, comme si ça pouvait arriver. Ce n’est pas vraiment des zombies ou des sorcières, alors pourquoi m’attaqueraient-ils ? » demanda Yuichi.

« Qu’est-ce qui te fait penser ça ? » demanda sa sœur.

« Et bien, la société ne pourrait pas fonctionner avec toutes ces créatures bizarres..., » il avait essayé de le dire pour se convaincre lui-même, mais les mots lui semblaient creux.

« Vraiment ? Je me suis dit qu’ils pourraient faire en sorte que ça marche, tant qu’ils vivent tous incognito, » déclara sa sœur.

Natsuki avait aussi dit quelque chose comme ça. Sans la vision comme celle de Yuichi, qui le saurait ?

« Il n’y a probablement pas de quoi s’inquiéter. Tant que tu ne dis à personne ce que tu peux voir, les gens qui cachent leur identité n’auront aucune raison de s’en prendre à toi, » déclara-t-elle.

Yuichi avait été choqué. Natsuki était déjà après lui, et elle savait déjà pour le Lecteur des Âmes...

« Qu’est-ce qui ne va pas ? » demanda sa sœur.

« Oh, rien. J’ai compris, je ne le dirai à personne, » déclara Yuichi.

Yuichi était retourné dans sa chambre et il avait pris du temps pour se rendormir.

♡♡♡

Quelques jours s’étaient écoulés depuis ce premier jour à l’école.

Comme d’habitude, Yuichi était venu en classe.

Il avait regardé les bureaux et les étiquettes étaient toujours les mêmes.

« Protagoniste de Jeu de Drague » et « Amie d’Enfance de Jeu de Drague » étaient comme d’habitude collés l’un à l’autre. « Tueuse en Série », « Vampire » et « Fausse » ricanaient à propos de quelque chose. « Anthromorphe », la fille riche, se faisait entourer par les groupies qui s’étaient déjà rassemblées autour d’elle. L’inquiétante « Sorcière » regardait « Le Bien-Aimé de la Sorcière ».

La panique initiale de Yuichi à l’idée d’être entraîné dans quelque chose d’incroyable s’était calmée au fur et à mesure que ses journées s’installaient dans la routine. En d’autres termes, il ne s’était rien passé. Il n’y avait eu aucun incident suspect.

La « Tueuse en Série » Natsuki Takeuchi n’était pas venue vers lui, et ils n’avaient pas interagi au-delà des plaisanteries superficielles attendues de leurs camarades de classe. Leur relation n’était rien de plus que cela.

« Vampire », « Zombie » et « Anthromorphe » semblaient n’être que des étudiantes ordinaires.

Leur nature étrange était évidente aux yeux de Yuichi, mais apparemment, pas pour les autres. Même si elles l’étaient, la politique semblait être « vivre et laisser vivre ».

Donc je suis le seul à vivre dans la peur d’un tueur en série, hein ? Se demanda-t-il.

C’était absurde. Tout était en paix autour de lui, mais parce qu’il n’arrêtait pas de voir les étiquettes, il ne pouvait pas ne pas y penser.

Shota s’approcha de lui alors qu’il était perdu dans ses pensées. « Hé, ta grande sœur est super mignonne ! » Sa voix était remplie d’excitation. Il avait dû voir Mutsuko quand elle et Yuichi allaient à l’école ensemble.

« Oui, les gens disent ça d’elle, » mais avant que Yuichi puisse ajouter qu’il ne pouvait pas vraiment être objectif sur le sujet, il sentait que quelqu’un le regardait.

Il avait jeté un coup d’œil sur le siège à gauche et devant lui. Le regard appartenait à la « Sorcière », An Katagiri. Il perçait étrangement entre les trous de sa longue frange. Elle n’avait pas interagi avec lui, mais le regarder comme ça de temps en temps lui faisait encore ressentir des frissons dans toute sa colonne vertébrale.

Fous-moi la paix ! J’ai assez d’ennuis avec la tueuse en série ! pensa-t-il.

Heureusement (enfin, pour lui), son attention était généralement concentrée sur Takuro sur le siège à côté du sien. Yuichi se détacha de son regard et regarda de nouveau devant lui.

Il voulait aider Takuro, mais il craignait que son ingérence ne cause plus d’ennuis. Et de toute façon, elle ne lui faisait rien d’aussi horrible de ce que Yuichi pouvait voir. Tout ce qu’elle avait fait, c’était le fixer, lui parler à l’occasion et lui apporter des boîtes à lunch.

Yuichi avait parfois jeté un coup d’œil dans les déjeuners pour voir s’il y avait des signes suspects, mais non. Pas de triton rôti ou de racines sculptées pour ressembler à des humains. Juste des déjeuners faits à la main. Donc pour l’instant, il se contentait de regarder et d’attendre.

Bien sûr, si jamais Takuro était en danger, il essaierait d’intervenir... mais pour l’instant, c’était entre les deux « tourtereaux ». Il n’avait rien pu faire pour l’arrêter.

« Hé... Il se passe quoi avec cette nana ? » chuchota Shota à Yuichi, remarquant apparemment le regard effrayant d’An.

« Comment le saurais-je ? » Il ressentait la même chose, mais cela ne rendait pas la réponse plus facile.

♡♡♡

Après la classe, Yuichi avait été sur le toit, et avait regardé la cour entre les quatre bâtiments de l’école, profondément plongé dans ses pensées. Cette vue l’avait calmé pour une raison inconnue. C’était peut-être la verdure.

Les gens n’allaient pas très souvent sur le toit, alors c’était l’endroit parfait pour avoir une réflexion tranquille et agréable. Et comme toujours, l’objet de ses pensées était Natsuki Takeuchi.

Elle avait dit qu’elle ne tuerait pas des personnes qu’elle connaissait, mais elle avait aussi dit qu’elle tuait des individus tous les jours. Et si elle avait tué quelqu’un récemment ?

Ce n’était pas une bonne chose à faire, mais il ne lui semblait pas juste de la laisser faire ainsi.

Elle avait dit que si son identité était révélée, elle tuerait tout le monde et s’enfuirait. Et si c’était révélé d’une autre façon ? Il aurait besoin d’une contre-mesure en tête au cas où ça arriverait.

Mais la vraie question est... comment arrêter un tueur en série ? Se demanda-t-il.

Si elle n’était qu’une lycéenne normale, il pourrait probablement la battre lors d’une bagarre. Mais il y avait clairement plus que ça chez elle.

Le lendemain du jour où elle avait sauté par la fenêtre, il avait inspecté le mur à l’extérieur des toilettes. Il y avait eu une longue ligne, menant de la fenêtre au sol. Elle avait dû enfoncer quelque chose dans le mur pour ralentir sa descente. Aucune lycéenne normale ne pourrait faire ça.

Il ne pouvait pas vraiment savoir exactement ce qu’elle avait fait. Elle avait dû enfoncer une sorte de lame, alors il avait supposé que son arme de prédilection était le couteau, mais il pourrait s’agir d’autre chose.

J’aurais peut-être dû en parler à Mutsuko..., se demanda-t-il.

L’une de ses camarades de classe était une tueuse en série. Que dirait Mutsuko s’il lui disait ça ?

Elle sourirait et poserait des millions de questions..., bien sûr. Et il était évident quant à ce qui allait suivre : Elle voudrait qu’il combatte la tueuse en série.

Il ne voulait pas faire ça. Pourtant, garder tout ça pour lui était difficile. Il voulait un confident.

Il s’était demandé qui serait le confident idéal. Il fallait quelqu’un aux lèvres serrées, avec la puissance de combattre le tueur en série s’il le fallait.

Comme si quelqu’un comme ça allait me tomber dans les bras..., pensa-t-il.

Yuichi soupira.

Qui croirait qu’il y avait un tueur en série dans leur classe ? Personne d’autre que sa grande sœur.

Les pensées de Yuichi tournaient en rond.

À ce moment-là, il avait remarqué qu’une étiquette planait dans la cour.

C’était la « Vampire ». Ça bougeait. Il n’avait jamais vu une étiquette bouger toute seule.

Il avait mis ses yeux à rude épreuve jusqu’à ce qu’il puisse distinguer une forme floue sous l’étiquette, et là, il s’était finalement rendu compte qu’il s’agissait d’une personne. Plus précisément, une fille.

Cela doit être Aiko Noro, avait-il réalisé. La fille de sa classe.

Il était difficile de dire ce qu’elle faisait à cette distance, mais il y avait quelque chose d’étrange. Elle semblait faire des cercles dans toute la cour. Au début, il avait supposé qu’elle s’entraînait, mais il s’était rendu compte que ce serait une chose étrange à faire dans son uniforme scolaire. Il y avait aussi un air étrangement désespéré en elle.

Qu’est-ce qui se passe ici ? Se demanda-t-il.

Yuichi avait sorti des jumelles de son sac. C’étaient des jumelles militaires avec une vision nocturne, et il ne les transportait pas par choix. C’était une autre chose que Mutsuko lui avait fait subir.

Il avait utilisé les jumelles pour voir de plus près.

Le visage d’Aiko était tordu par la peur. Elle n’arrêtait pas de regarder derrière elle comme si elle était poursuivie, bien que Yuichi ne puisse rien voir derrière elle.

Soudain, quelque chose avait attrapé sa jambe, et elle était tombée. Une mare de sang avait commencé à se répandre autour d’elle.

 

 

« Euh !? » Yuichi avait saisi son sac et il était parti en courant.

***

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