Le Dilemme d'un Archidémon – Tome 1

Table des matières

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Prologue

Et maintenant, qu’est-ce que je dois faire... !? Zagan s’était retrouvé dans une situation vraiment complexe.

Il se trouvait actuellement dans son château, dont le sol en chêne vieilli était parfaitement assorti aux murs de pierre recouverts de mousse. Des tapis avaient été posés sur le sol et des objets décoratifs égayaient les murs. Tout cela avait été utilisé afin d’essayer de donner une certaine ambiance à ces lieux. Cependant, Zagan n’avait jamais procédé à un entretien des lieux depuis qu’il en était devenu l’unique résident.

La construction de cette bâtisse remontait à au moins deux cents ans, et il s’agissait d’un château vraiment isolé possédant une atmosphère lugubre entouré d’un vaste domaine sauvage.

Zagan se tenait en ce moment assis sur le trône de ce château présent dans la salle principale. Il était là, avec ses jambes croisées alors qu’il se penchait vers l’arrière. Devant lui se trouvait une jeune fille qui se tenait debout, immobile, et totalement silencieuse.

La première chose qui attirait l’attention chez cette fille était sans aucun doute sa chevelure blanche comme la neige qui s’étendait jusqu’à sa taille. Après ça, ce qui vous aurait sauté aux yeux aurait sans aucun doute été le ruban d’un profond cramoisi qui ornait ses cheveux. Et si l’on parlait de son apparence, alors nous pourrions la décrire comme ayant un petit visage, de grands yeux d’un bleu azuré qui ressemblait au ciel d’été, et des lèvres qui étaient d’un rose modérément pâle.

Ce qui couvrait ses membres délicats et son corps maigre était une robe blanche, et à travers l’ouverture au niveau de sa poitrine, on pouvait facilement apercevoir deux grosses bosses qui contrastaient fortement avec sa silhouette mince.

Cependant, ses yeux étaient actuellement terriblement vides de toute émotion et ses oreilles s’effilochaient en une pointe.

Il s’agissait d’un membre de la race légendaire connue depuis l’antiquité sous le nom de Fée du Norden — autrement dit, une Elfe dans un langage courant.

De plus, les individus aux cheveux blancs étaient particulièrement rares en ce monde, et les légendes disaient qu’un énorme pouvoir résidait en eux.

Ces individus particuliers étaient considérés comme étant des êtres plus proches de la divinité que de l’humain, mais précisément à cause de cette sainteté, nombreux étaient les humains qui les recherchaient. Une seule mèche de leurs cheveux, une seule goutte de leur sang, et encore plus, la vie de ces elfes détenait un pouvoir insondable lorsqu’ils étaient utilisés en tant que catalyseur magique par des sorciers.

Et autour du cou de cette fille éphémère et mystique..., se trouvait un collier rudimentaire ainsi qu’une chaîne qui y était attachée.

En d’autres termes, un simple collier d’esclave.

Et ainsi, l’existence même de cette fille était devenue depuis peu la source de l’énorme angoisse de Zagan.

Comment puis-je commencer une conversation avec la fille dont je suis tombé amoureux... !? Il y a quelques heures, alors qu’il avait eu le coup de foudre lorsqu’il avait vu pour la première fois cette elfe, il avait fini par l’acheter sur un coup de tête. Il s’était senti sur un petit nuage à ce moment-là. Toutefois, comme Zagan n’avait presque jamais eu l’occasion jusqu’ici dans sa vie de parler avec une fille d’âge nubile, il était maintenant dans un désarroi total une fois arrivé chez lui. Il n’avait aucune idée de la manière dont il devait s’y prendre pour gagner le cœur d’une personne du sexe opposé.

La fille en question était bien celle qu’il avait achetée il y a quelques heures, de sorte qu’elle avait le statut social d’esclave. Ainsi, peut-être, à cause de la tension présente en ce moment et dans ces lieux bien particuliers, son expression était raide et terne. C’était même au point où l’on pouvait parfaitement la décrire comme n’ayant pas la moindre expression.

Mais il savait bien qu’il ne pourrait pas se taire jusqu’à la fin des temps. Il se devait de lui dire quelque chose tôt ou tard.

Zagan avait ainsi essayé certaines phrases dans sa tête afin de trouver laquelle conviendrait le mieux.

« Ne trouves-tu pas que le ciel est tout simplement magnifique ? »... Non. Ce n’est pas bon. Pas bon du tout.

Il se trouvait actuellement dans une pièce sans fenêtres, et si l’on regardait le plafond, on pouvait voir des chaînes rouillées suspendues à plusieurs dispositifs utilisés pour la torture. D’ailleurs, en passant, le ciel était couvert en ce moment.

Peu importe la façon dont il y réfléchissait, ce n’était pas une chose qu’il pouvait dire. Dans ce cas, que devrait-il exactement dire ?

« Est-ce que mon château te plaît ? » Attends, penses-y plus calmement. N’est-ce pas un château abandonné jonché de cadavres et de dispositifs de sorcellerie et de torture ? Ne dirait-on pas un site pour les exécutions ou un même un lieu tiré des enfers ? Il s’agit de la seule pensée qui me vient à l’esprit quand je pense à l’état de ma demeure.

Il serait plutôt juste de dire qu’en ce moment, il regrettait amèrement qu’il n’eût pas du tout nettoyé l’endroit avant de l’emmener jusqu’ici.

Et puis, cela avait continu jusqu’à ce qu’une demi-heure se soit écoulé depuis son arrivée dans les lieux. Mais la personne qui avait ouvert la bouche en premier... n’avait pas été Zagan.

« Maître. Permettez-moi... une faveur. Est-ce acceptable... que je vous pose une question ? » Il s’agissait d’une voix calme et jolie, semblable à celle d’un carillon.

« ... Quoi ? » Le fait qu’il ait donné une réponse si brusque démontrait clairement que Zagan était sur le point de craquer.

Mais en répondant ainsi, n’est-ce pas comme si j’étais offensé par elle ? Même si elle lui avait finalement parlé d’elle-même, il avait tout foiré. Et alors que Zagan se tordait d’agonie à cause de sa réaction trop brutale, la jeune femme demanda ce qui suivit d’un ton qui indiquait clairement qu’elle ne ressentait rien du tout.

« Comment... allez-vous... me tuer ? »

Zagan avait alors ouvert la bouche en étant totalement choqué par sa demande.

« A-Attends ! P-Pourquoi devrais-je te tuer ? » lui demanda-t-il.

« Euh... ? Ai-je... tort ? » Tout en disant cela, la jeune fille avait regardé les objets suspendus aux murs et au plafond.

Des scies avec du sang séché présent dessus se trouvaient là ainsi que des cercueils en fer possédant de longues aiguilles insérées à l’intérieur. De plus, il y avait également des cisailles de différentes formes et tailles, et beaucoup d’autres dispositifs dangereux sans pareil qui avaient été laissés dans les lieux comme s’il s’agissait de simples décorations.

Il s’agissait uniquement d’appareils de torture laissés par l’ancien propriétaire du château.

Et même en mettant ça de côté, j’ai également laissé le cadavre de l’intrus de ce matin dans le vestibule. Ce n’est pas étonnant qu’elle ait peur..., pensa-t-il.

En y repensant, il avait l’impression que le corps de la jeune fille s’était raidi en voyant ce cadavre. Et bien, c’était normal vu qu’il s’agissait du corps de quelqu’un qui avait rencontré une fin violente en se faisant littéralement exploser la tête.

S’il existait un sorcier amenant une fille dans un endroit aussi flippant et qu’il prétendait d’une manière douce : « Je suis un gentleman. Je ne te ferai rien d’effrayant ». Alors même Zagan commencerait par ne pas vraiment le croire.

De la sueur froide s’était mise à couler le long de sa colonne vertébrale sous la forme de nombreuses gouttes alors qu’il pensait à tout cela.

En regardant dans les yeux de la jeune fille qui semblait avoir perdu tout signe d’espoir, Zagan était incapable de trouver des excuses.

Quant au début de toute cette situation... Eh bien, il s’agissait de quelque chose qui s’était déroulé le matin même de cette journée qui restera à jamais dans la mémoire de Zagan.

***

Chapitre 1 : Le premier amour est une méchante maladie dont tout le monde souffre

Partie 1

À l’aube, un cri strident avait retenti dans une forêt normalement silencieuse.

Les feuillages des arbres très proches les uns des autres s’étendaient au-dessus de la tête tel un plafond de verdure. Il s’agissait d’une forêt où même la lumière du jour ne pouvait percer. Les villes voisines l’appelaient même la Forêt des Perdus et peu de personnes osaient la franchir. Au centre de cette forêt se trouvait un ancien château abandonné couvert de lierre, et selon la rumeur, un sorcier ou un diable y résidait, tuant tout ceux qui osaient s’approcher impunément de son domaine.

Et dans cette étrange forêt, Zagan se promenait en ce moment.

Il s’agissait d’un jeune homme qui allait avoir dix-huit ans cette année. Portant une robe noire à une doublure rouge, il avait des cheveux noirs et des yeux argentés ainsi que de beaux et nobles traits du visage. S’il s’était habillé de façon un peu plus soignée, il pourrait probablement se présenter comme faisant partie de la noblesse sans que l’on puisse prétendre le contraire.

« Meyers, s’il te plaît, arrête ! Reprends tes esprits..., » en jetant un coup d’œil dans la direction de la voix, il pouvait apercevoir une femme se faisant plaquer au sol par un homme habillé de la tenue des Chevaliers Angéliques.

La femme était encore très jeune, et était probablement à l’âge où on l’appellerait encore une jeune fille. Elle avait de beaux cheveux roux comme du cuivre poli et des yeux bleu foncé. Sa peau était blanche, au point où elle semblait presque transparente. En raison des lignes lisses de l’arête de son nez, il pouvait ressentir venant d’elle un certain air de raffinement comme celui d’un noble. Pourtant, l’impression qu’elle donnait en tant que garçon manqué était beaucoup plus forte que tout le reste.

Cependant, même ce visage agréable et vivant était maintenant tordu par la terreur.

Avait-il raison en supposant qu’il s’agissait de la fille d’un noble et de son escorte ? Zagan pensait à de telles choses pendant qu’il marchait vers eux à un rythme détendu, comme s’il était le maître de ses lieux.

Et pendant ce temps, la jeune fille avait résisté avec violence et avait griffé le visage de l’homme qui tentait de la maîtriser.

« Ahh ! » Cependant, celui qui avait pâli sous l’assaut n’était pas l’homme. Après tout, le visage dans lequel les ongles de la fille s’étaient enfoncés... s’était fait arracher sans difficulté.

Sa peau s’était vraiment fissurée, et des morceaux de viande mélangés avec du sang s’égouttaient, au goutte-à-goutte en dessous de lui.

« Ahh..., » en voyant ce spectacle épouvantable, la fille avait poussé un cri de terreur.

Il n’y avait pas de visage derrière la peau qui avait été arrachée. Et comme les oreilles et le nez avaient été arrachés en même temps que la peau du visage, il avait perdu ses pommettes ainsi que tout élément distinctif de sa tête.

Hmm. Donc cet homme est un sorcier, non ? Zagan savait que son propre visage était le prix que cette personne payait pour accéder à une certaine forme particulière de sorcellerie.

Alors que ce visage grotesque était presque collé à elle, à une telle proximité vraiment inquiétante, les dents de la pitoyable jeune fille claquèrent en tremblant.

À ce moment-là, l’homme avait dégainé un couteau se trouvant avant ça à sa taille, puis il l’avait glissé sur la poitrine de la fille comme s’il la frôlait.

« Ah ! » Avec un léger froissement, sa chemise avait été coupée et ses seins avaient été exposés à la vue de tous. Il était facile d’imaginer ce qui se passerait du côté de la fille.

Puis, fixant la jeune femme, qui n’était plus capable de faire entendre sa voix en raison de sa honte et de sa terreur, l’homme avait ri d’un rire grossier.

« Haha, ne me fais-tu pas là une tête si stimulante ? Mais désolé de te décevoir, car je n’ai nullement l’intention de te violer comme tu sembles l’espérer. Tu vois, une vierge possède beaucoup de valeur pour un sorcier, » déclara l’homme.

— Je ne souillerais pas ton corps — en entendant ses intentions, l’expression de la jeune fille avait affiché des signes de soulagement, mais cela n’avait duré qu’un instant.

Cependant, ce que la jeune fille ne savait pas, c’est que ce qu’elle allait vivre était quelque chose de beaucoup plus répugnant que d’être souillée par un homme.

« La peau du visage d’une vierge, qui a été retirée alors qu’elle est encore vivante, est... un excellent médium pour ma sorcellerie. Tu me feras plaisir en ne mourant pas trop vite, compris ? » Les morceaux de viande tombés au sol se reflétaient dans les yeux de la jeune fille.

« N-Non... NOOOOOOOOOOOOOOOOOONN ! » en voyant la fille crier, l’homme avait souri comme si son humeur devenait de plus en plus joviale.

« D’ailleurs, je ne me lasse jamais d’éplucher le visage d’une jeune et belle femme comme toi. Et détends-toi, car une fois que j’aurai fini de retirer ton visage, je montrerai beaucoup d’amour à ton corps comme tu sembles le vouloir ! Hihyahyahya ! » C’était à ce moment-là que Zagan était arrivé pile derrière l’homme sans avoir produit le moindre bruit jusqu’à maintenant.

Quasi instantanément, il avait saisi la tête de l’homme comme un aigle attrapant quelque chose avec l’une de ses serres, puis il avait facilement soulevé l’homme d’une seule main comme s’il était léger.

« E-Euh... ? » Après avoir retiré le couteau qu’il avait appuyé contre le visage de la jeune fille, l’homme avait libéré une voix vraiment pitoyable.

« Qui diable êtes-vous !? » Le sorcier ne semblait pas comprendre la situation dans laquelle il se trouvait, et Zagan avait été immédiatement exaspéré face à cet homme en colère.

« Je te retourne la pareille. Je m’en fiche que tu la violes ou que tu la tortures. Mais là, tu viens t’amuser dans le domaine de quelqu’un d’autre... Alors même que j’allais faire une sieste, je suis maintenant bien réveillé à cause de toi, » dérangé lors de sa sieste... Le fait d’entendre ces paroles, qui n’avaient pas montré le moindre soupçon de pitié envers la situation de la jeune fille, avait choqué l’homme, mais également la jeune fille.

Alors que le château abandonné se trouvait en son centre, toute cette forêt était le domaine de Zagan. Il était à noter que personne ne pourrait vaincre Zagan alors qu’il se trouvait ici.

Et précisément parce qu’il était un sorcier, l’homme avait au moins compris la signification particulière derrière ces paroles. Il avait immédiatement jeté son couteau et avait levé les deux mains en signe de paix.

« Attendez ! N’êtes-vous pas un sorcier tout comme moi ? Même si vous me tuez, vous n’aurez rien à gagner. Si vous me laissez partir, je vous donnerai les résultats de mes recherches ! » Il suppliait pour sa vie. De plus, il était dans une situation où il était même d’accord de lui donner la totalité de tous ses biens pour ainsi garder sa vie.

Pour un sorcier, ses recherches équivalaient à son propre pouvoir. C’était vraiment le cas, car en s’emparant des connaissances, on pouvait accéder à beaucoup plus de sorcellerie de plus en plus puissante et ainsi être soit même plus puissant.

Et malgré cela, Zagan avait regardé l’homme avec des yeux suspicieux avant de lui parler comme s’il lui crachait dessus.

« Parles-tu de cette sorcellerie merdique qui ne peut être utilisée qu’en épluchant de la peau fraîche ? Je n’en ai nullement besoin. » Et à l’instant suivant, la tête de l’homme avait littéralement explosé comme un fruit écrasé.

« ... Ah, finalement, j’y suis allé et j’en ai fini de lui, » murmura-t-il. Le corps de l’homme était toujours positionné à cheval sur la fille. Mais comme sa tête venait d’être littéralement écrasée, les morceaux de viande et de sang avaient été pulvérisés sans cesse sur elle.

Après avoir été complètement ensanglantée, la jeune fille avait perdu connaissance. Si elle se réveillait un jour, elle porterait probablement en elle un ou deux traumatismes mentaux à la suite de ce spectacle vraiment désagréable.

Et comme on pouvait s’y attendre de lui, le fait d’affecter si négativement une si jeune fille avait laissé un sentiment de culpabilité dans la poitrine de Zagan.

— B-Bon sang. C-Calme-toi. Je suis un sorcier. Je peux restaurer assez facilement un truc si trivial, pensa-t-il.

Si tous les restes de sang avaient disparu à son réveil, la fille pourrait probablement finir par oublier tout cela comme s’il ne s’agissait que d’un mauvais rêve.

Tandis que Zagan respirait profondément afin de calmer ses nerfs, il leva l’index et commença à le faire tourner.

« Anneau du Flux, » après avoir dit cela à haute voix, un grand cercle s’était propagé sur le sol. Il s’agissait d’un cercle magique conçu avec délicatesse avec des lettres et des chiffres. Et comme si le temps revenait en arrière, tout le sang et la chair qui étaient éclaboussés sur le corps de la jeune fille s’étaient retirés d’elle et étaient retournés sur le cadavre du sorcier. Bien sûr, cela s’appliquait également au sang qui était présent sur la main de Zagan.

Il s’agissait de la sorcellerie en plein travail et c’était quelque chose que l’on utilisait en traçant un cercle magique. Et à l’intérieur de ceux-ci, un sorcier était capable de manifester des phénomènes qui ignoraient complètement les lois physiques comme il le jugeait bon. En observant le processus de fabrication et le déroulement du sortilège en lui-même, la différence de pouvoir individuel et de capacité était clairement mise en évidence.

Il y avait aussi une méthode permettant d’omettre l’étape de devoir tracer un cercle magique en déclarant sa signification du sortilège. En ce moment, la même chose était en train d’être faite.

Alors que cette sorcellerie n’avait été lancée qu’une seule fois afin de rassembler tout fragment pour que cela redevienne qu’un seul objet, la masse de viande qui se rassemblait à nouveau en une boule rougeâtre là où la tête manquait s’était immédiatement émiettée en morceaux après la fin du sort.

Mais alors même que c’était arrivé, le corps et les vêtements déchirés de la jeune fille étaient redevenus dans leur précédent état. Puis, regardant encore une fois son visage, Zagan avait poussé un profond soupir.

Quelle beauté, hein ? Et c’est alors qu’il remarqua qu’un pendentif pendait le long de son cou.

« ... Une croix ? Wôw, elle vient donc de l’Église ? » Par Église, il se référait aux apôtres du dieu autoproclamé qui en voulait aux sorciers, ainsi qu’à l’Ordre des Chevaliers qui exécutait leur justice.

Le terme « Chevalier » était à l’origine un titre qui identifiait les soldats qui se consacraient loyalement à un roi, mais ils étaient incapables de s’opposer au pouvoir d’un sorcier. Cependant, l’Église possédait des pouvoirs qui pouvaient s’opposer aux sorciers. Ils disaient qu’il s’agissait des Miracles de Dieu.

Ceux qui se battaient contre les sorciers n’étaient donc pas les chevaliers qui servaient la famille royale, mais les Chevaliers Angéliques de l’Église. Et avant que personne ne s’en rende compte, le mot chevalier avait fini par n’identifier que les membres de l’Église.

En d’autres termes, l’Église était l’ennemi juré des sorciers.

Qu’est-ce que je fais maintenant... ? J’ai l’impression qu’ils vont penser que je suis le coupable si je laisse les choses dans cet état..., pensa-t-il.

Pour l’instant, Zagan avait véritablement sauvé cette fille, mais l’autre partie ne verrait probablement tout cela que comme une querelle entre deux sorciers maléfiques. De plus, il avait fini par l’arroser avec une douche sanglante.

Même si elle se réveillait, il serait probablement très difficile de dissiper le malentendu. Cependant, d’une façon ou d’une autre, tuer la fille qu’il avait sauvée lui laisserait un arrière-goût fort désagréable.

« ... Bon, peu importe, » après s’être un peu inquiété de la situation, Zagan avait décidé de la transporter dehors.

S’il l’abandonnait sur la route principale qui s’étendait à côté de la forêt, quelqu’un la trouverait probablement. Si, par hasard, une personne malveillante finissait par la trouver et lui causait d’autres préjudices, cela signifiait simplement qu’elle n’avait pas de chance. Il n’avait aucune obligation de s’occuper d’elle jusqu’à ce point.

Zagan tapota légèrement sa semelle contre le sol. Et alors, un autre cercle magique, différent de celui d’avant, avait été tracé autour du corps de la fille.

Il s’agissait d’un cercle magique de téléportation qui se connectait à l’extérieur du territoire de Zagan.

Cependant, avant que la fille puisse être téléportée, quelque chose était apparu de l’autre côté du cercle magique.

« Tch ? » Les yeux de Zagan s’étaient légèrement ouverts plus grand.

Mon cercle magique... a-t-il été détourné ? Se demanda Zagan.

Pour se préparer à faire face des intrus, Zagan avait mis en place de nombreux cercles magiques dans son propre château et sur les terres qui l’entouraient.

Il s’agissait de ce que les sorciers appelaient une barrière même si en vérité, il s’agissait d’un empilement de nombreux sorts.

Cette barrière lui permettait de l’informer de l’emplacement des intrus, et tout cela avait été également préparé dans le but de capturer lesdits intrus. Il y avait également des sortilèges placés dans la barrière qui atténuaient les pouvoirs de tous les sorciers autres que lui. Et, il existait également des enchantements qui fortifiaient son propre pouvoir tant qu’il se tenait dans ces lieux.

En d’autres termes, tout et n’importe quoi à l’intérieur de cette zone se trouvaient dans le domaine de Zagan, où il régnait en maître.

Ainsi, le détournement d’un cercle magique à l’intérieur n’était pas un exploit que n’importe quel vieux sorcier pouvait accomplir. Il s’agissait d’un intrus d’un talent extraordinaire, et pourtant, la réaction de Zagan était restée insouciante.

« N’utilise pas le cercle magique de quelqu’un comme tu le veux, Barbatos, » ce qui était apparu devant lui était un jeune homme grand et mince.

Il semblait avoir une vingtaine d’années, soit environ deux ou trois ans de plus que Zagan et il était un peu plus grand. Cependant, il existait de profondes ombres qui s’étendaient autour de ses yeux. Il portait une robe qui se prolongeait dans un capuchon placé sur sa tête, et l’on pouvait également voir plusieurs amulettes suspendues à son cou.

En ajoutant le fait qu’il avait franchi la barrière, Zagan savait déjà que cet homme possédait un pouvoir extraordinaire.

« Yo, Zagan. Je vois que tu as comme toujours ce regard malsain, » déclara Barbatos.

« Si on parle d’apparence malsaine, n’est-ce pas la même chose pour toi, Barbatos ? » lui répliqua Zagan.

Parmi les sorciers, il était celui qui s’immiscerait effrontément dans le domaine de Zagan. De plus, il était aussi le seul et unique ami indésirable de Zagan.

« Et n’utilise pas mon cercle magique comme il te plaît, » déclara Zagan.

« Si je ne le faisais pas, comment pourrais-je me téléporter jusqu’ici ? » lui demanda Barbatos.

Le pouvoir d’un sorcier était, en bref, celui des cercles magiques. Cet homme avait fait sien le cercle magique de Zagan et il avait ainsi été capable de s’immiscer dans le domaine de Zagan. C’était quelque chose de beaucoup plus difficile à faire qu’il n’y paraît.

Même si ce domaine était avantageux pour Zagan, il n’était pas sûr qu’il serait capable de gagner contre cet homme dans une bataille frontale. Il était tout simplement ce genre de sorcier.

Barbatos avait alors regardé la fille inconsciente et le cadavre qui était étendu à côté d’elle, et avait plissé ses yeux.

« Qu’est-ce que c’est ? Étais-tu au milieu d’une fête ? » lui demanda Barbatos.

« Tout ce que j’ai fait, c’est de donner une légère punition à un mécréant qui batifolait dans mon jardin, » répliqua Zagan.

« Heehee, comme si tu pouvais parler ainsi, » les sorciers étaient tous de méchantes personnes. Tout ce qui les intéressait était après tout d’accumuler ce qui leur servait pour en faire leur propre pouvoir, et ils trouvaient peu de valeur dans la vie des autres ou dans n’importe quelle fortune. S’ils le trouvaient nécessaire, ils ne se culpabiliseraient pas non plus en volant ce dont ils avaient besoin, sans penser aux conséquences pour les autres.

Même si Zagan avait tout à l’heure sauvé la jeune fille, ce n’était pas en raison de sa vertu, mais simplement parce qu’il ne s’intéressait pas à ce qui se passait autour de lui.

Barbatos avait continué à fixer la fille. « Hoo, cette fille... elle possède une grosse quantité de mana, non ? Vas-tu l’utiliser comme un sacrifice ou un autre truc que tu as prévu ? »

« Ce n’est pas dans mes habitudes d’utiliser la sorcellerie qui exige des sacrifices, je déteste ça et tu le sais bien, » en disant cela, Zagan tapota une fois de plus la plante de son pied contre le sol.

Une faible lumière enveloppa le corps de la jeune fille, et elle disparut aussitôt. Cette fois, elle aurait dû être transportée avec succès à l’extérieur du domaine de Zagan.

« Quel gâchis ! Tu aurais dû me la donner si tu ne voulais pas d’elle, » déclara Barbatos.

« Ne kidnappe pas des personnes lorsqu’elles sont présentes dans mon domaine. Car sinon je serai traité comme étant le coupable, » déclara Zagan.

« Heehee, ça a l’air sympa. Je suppose que je le ferai la prochaine fois, » déclara Barbatos.

« ... Si tu fais ça, alors je ferais sauter ton repaire, compris ? » Cet homme était vraiment susceptible de le faire, et Zagan l’avait vu grincer des dents avec une lueur dangereuse dans les yeux.

 

 

Cependant, même cela n’avait duré que quelques secondes, et Zagan avait laissé sortir un bâillement.

« Hé, qu’est-ce que c’est que ça ? Tu as l’air vraiment somnolent, » déclara Barbatos.

« J’ai été absorbé par la lecture de livres sur la sorcellerie pendant toute la nuit. Je vais donc aller dormir. Si tu as besoin de quelque chose, reviens donc plus tard, » déclara Zagan.

« Wôw, tu n’as pas à te soucier de quelque chose comme la somnolence si tu t’amuses un peu avec l’adrénaline présente dans ton cerveau, non ? Comme je suis venu te rendre visite, ne dis rien avec tant de froideur, » déclara Barbatos.

« C’est précisément parce que tu fais ce genre de choses que tu as l’air si malsain, » les sorciers étaient ceux qui avaient consacré toute leur vie à la recherche sur la sorcellerie en visant toujours à surpasser l’humanité.

Ils vivaient précisément pour pouvoir faire des recherches sur la sorcellerie. C’est pourquoi les sorciers avaient commencé par étudier comment manipuler en profondeur leur propre chair et leur sang. Cependant, ce n’était pas seulement quelque chose de simple comme augmenter leur force physique. Il s’agissait de la base de la sorcellerie de manipuler l’intérieur de leur propre corps au niveau cellulaire. Pour cette raison même, les sorciers étaient très éloignés des questions telles que la maladie et la durée de vie.

Après être arrivé à ce stade, on pouvait finalement se nommer sorcier.

Cependant, s’ils n’avaient pas d’eau ou de nourriture, ils mourraient de faim ou de soif. Ils pouvaient escroquer la question du besoin de sommeil, mais ils ne pouvaient pas s’en débarrasser complètement. Et ainsi, le résultat de ces actes avait été les caractéristiques faciales que Barbatos possédait en ce moment.

C’est pourquoi Zagan n’avait pas vraiment utilisé de sorcellerie pour régler ses problèmes de sommeil.

Barbatos avait ri comme s’il trouvait la notion étrange.

« Ne dis pas ça. Je suis venu avec une histoire intéressante pour toi, » malgré un front maladif, Barbatos avait placé son bras autour de Zagan d’une manière amicale.

« Une histoire intéressante ? » Tout en repoussant le bras de son ami irritant, Zagan posa cette question en réaction.

Un sourire était alors apparu sur le visage maigre de Barbatos.

« Bien sûr que oui. Tu sais qu’un des Archidémons, Marchosias est mort récemment, non ? » En entendant ce nom, les yeux de Zagan s’étaient ouverts en grand.

Le terme Archidémon n’était pas donné au roi des monstres comme dans les contes de fées. À la place, il s’agissait du nom donné aux maîtres de la sorcellerie qui se tenaient à son sommet de leur art.

En plus de ce titre, ils recevaient une énorme quantité de mana et étaient capables de soumettre les sorciers de rang inférieur en tant que serviteurs. Il s’agissait du point culminant représentant tout le pouvoir et l’autorité que les sorciers désiraient tant.

À l’origine, il y avait treize « Archidémons », mais l’un d’eux, âgé de plus de mille ans, avait finalement rendu son dernier souffle. Même s’ils utilisaient la sorcellerie pour prolonger leur durée de vie, il semblerait que mille ans soient une limite absolue.

Lorsqu’il s’agissait de nouvelles concernant les Archidémons, même Zagan ne pouvait les ignorer.

« Oh ? Qu’est-ce que c’est ? Tu fais une tête comme si tu voulais en entendre parler, tu sais ? Non, attends un peu. Tu as dit que tu voulais dormir, n’est-ce pas ? Hmmm, bien que ce soit malheureux, je ne veux vraiment pas encourir ta colère ici, » déclara Barbatos.

« Arrête de prendre des airs et dis-le-moi, » déclara Zagan.

« ... Mec, tu es le même trou du cul insociable que d’habitude, » après avoir poussé un soupir déconcerté, Barbatos avait continué à parler.

« Il y a une ville appelée Kianoides, la connais-tu ? Elle est présente dans le domaine de Marchosias, et il y a une énorme vente aux enchères qui s’ouvre là-bas. Tu peux tout trouver. Des biens légaux jusqu’aux trucs plus illégaux sont vendus là-bas, » expliqua Barbatos.

« Ne veux-tu pas dire que…, » le son provoqué par la déglutition de Zagan avait retenti.

« C’est exactement ça ! Je suis sûr qu’il se trouvera là-bas. Je parle de l’héritage de l’Archidémon, » déclara Barbatos.

Cela semble vraiment louche, tel fut la première pensée qui vint dans l’esprit de Zagan.

Cependant, l’Archidémon Marchosias avait plus de mille ans. Même si Barbatos l’appelait simplement son héritage, cela n’était probablement pas limité à une ou deux babioles. Il s’agissait de la raison pour laquelle le fait d’y voir quelques objets ne semblait pas si improbable que ça.

Barbatos avait ensuite donné un coup de coude à Zagan.

« Alors, écoute ! Tu devrais aussi venir. Si tu veux, je te laisserais choisir une ou deux femmes. Et aussi, comment dire... tant qu’on y est, ça m’aiderait si tu pouvais un peu m’aider. Est-ce que tu me comprends ? » En disant cela, Barbatos avait imité la forme d’une pièce de monnaie avec deux de ses doigts.

En d’autres termes, il semblait qu’il n’avait pas les fonds nécessaires pour participer à la vente aux enchères.

Et bien qu’il avait poussé un soupir, Zagan ne l’avait pas rejeté. « Si c’est le cas, je prendrai pour moi son héritage, comprends-tu ça ? »

« Hé, franchement ? C’est moi qui t’en ai parlé, » répliqua Barbatos.

« Si tu n’aimes pas ça, alors essaye d’aller voir quelqu’un d’autre, » déclara Zagan.

« Il n’y a aucune chance qu’il y ait un autre sorcier qui me prêterait l’or, non ? » Tandis que Barbatos s’accrochait à lui au bord des larmes, Zagan avait fini par le suivre jusqu’à la vente aux enchères.

Cependant, une pensée avait traversé l’esprit de Zagan.

Des femmes... c’est vrai, pensa-t-il.

Zagan était également un homme. Ce n’était pas comme s’il ne s’intéressait pas au corps féminin.

En vérité, une jeune fille était même venue jusqu’à chez lui il y a peu de temps de ça.

Néanmoins, plutôt que de ressentir le charme de cette scène emplie des attentes normales venant d’une femme, l’impression que tout cela était trop gênant était beaucoup plus prononcée en lui.

Il y avait aussi la manière d’agir en les traitant comme un outil. Mais dans ce cas, il s’était dit qu’il valait mieux utiliser un dispositif de sorcellerie qui accomplissait ce rôle qui lui avait été donné précédemment sans qu’il soit nécessaire d’ouvrir la bouche.

Ce n’était pas comme s’il n’avait aucun désir d’être aimé, mais penser à la façon dont il devait faire en sorte que l’autre partie se sente bien avec lui était tout simplement trop gênant dans son esprit.

Plutôt que les charmes du corps, c’était tous les démérites possibles produits par l’accomplissement de ce désir qui flottaient dans son esprit. C’est pourquoi Zagan ne connaissait pas de femmes jusqu’à ce jour.

Plus important encore, si les humains ne sont pas assez forts, ils mourront tout de suite, pensa-t-il.

Peu importe ce qui avait été fait à un faible humain, ils ne pouvaient pas s’en plaindre.

S’ils voulaient se protéger, ils devaient devenir forts.

C’est pourquoi... Zagan était devenu un sorcier par pure volonté dès l’âge de huit ans.

... Eh bien, même si un sorcier aussi distant s’était donné des airs, ses pensées sur le sujet n’étaient vraies que jusqu’à ce point.

***

Partie 2

Kianoides se trouvait être une ville à canaux.

Avec des ramifications qui s’étendaient dans les quatre directions du continent, il s’agissait d’une cité qui devait sa prospérité au transport de biens en utilisant des bateaux qui circulaient le long de ses nombreux canaux. Non seulement de la marchandise, mais même diverses races s’étaient rassemblées en ce lieu afin de commercer.

Mis à part les humains, il y avait des thérianthropes qui possédaient des crocs et de la fourrure tels ceux des bêtes. Il y avait également des hommes-oiseaux qui possédaient des ailes sur leur dos. De plus, des nains étaient présents, et malgré leur corps rude de petite taille, ils s’enorgueillissaient d’être les artisans pouvant créer les bijoux les plus finement détaillés.

Chacune de ces races arborait leurs propres armoiries sur leurs voiliers, et même le vent qui soufflait sur les canaux ne pouvait pas gommer l’odeur de la terre qui se soulevait lors de leurs agitations. Dans ce pays, il s’agissait de l’une des villes les plus tape-à-l’œil qu’on puisse trouver. On avait même dit dans le passé qu’au cours d’une seule journée, plus d’un million de personnes transitaient par ce lieu, vacant à leurs occupations.

Et dans cette ville même, on pouvait voir ici et là des files d’individus contenant de nombreuses personnes portant des colliers autour du cou avec des chaînes qui leur étaient reliées.

Des esclaves.

Parmi eux, il y avait des humains, mais aussi des individus provenant d’autres races. Celui qui les dirigeait n’était pas nécessairement un humain. Il y avait par exemple un nain qui frappait avec une canne un homme de grande taille issu de la race humaine, et il y avait également une belle femme-oiseau qui les observait. On pouvait également voir un peu plus loin de là un thérianthrope buvant du lait dans une assiette laissée sur le sol tel un chien.

Une partie de ces individus allait pour ainsi dire être vendue aux enchères comme de simples marchandises.

La différence entre ceux qui étaient et ceux qui n’étaient pas esclaves n’était qu’au niveau de la différence de richesse et de pouvoir, ou selon certain, s’ils avaient eu de la chance ou non dans leur vie.

Et parce que Zagan ne voulait pas finir ainsi, depuis qu’il était très jeune, il cherchait désespérément le pouvoir pour éviter ça. C’est pourquoi aucun sentiment de sympathie n’avait surgi en lui en les voyant.

Finalement, Zagan avait murmuré quelque chose d’étrange pour lui-même. « Je sens... un étrange picotement dans l’air. » C’était l’atmosphère même de la ville qui lui faisait ressentir cette sensation.

Ce n’était pas la première fois qu’il venait à Kianoides, mais des Chevaliers Angéliques de l’Église patrouillaient ici et là, bien plus qu’en temps normal. C’était comme si les habitants de la ville avaient peur de quelque chose, et que l’air était rempli d’une sorte d’indignation, comme s’il y avait là une présence qui n’était pas à sa place, et que quelque chose couvait ici.

Barbatos avait ri à haute voix en entendant ses paroles comme s’il trouvait cela agréable. « On dirait que des idiots n’ont rassemblé que de jeunes femmes pour faire des expériences de sorcellerie. »

« Pour des sacrifices ? C’est comme s’ils marchaient sur la glace trop fine, hein ? » Si l’on utilisait un sacrifice, il était possible d’effectuer certaines sortes de sorcellerie qui ne s’activerait pas qu’avec leur propre pouvoir. En tant que catalyseur de la sorcellerie, c’était assez courant de les utiliser pour ainsi augmenter temporairement la puissance de sa magie.

Cependant, pour obtenir de tels sacrifices, il fallait acheter des esclaves ou enlever des enfants dont l’identité était complètement inconnue. Et donc au minimum, il fallait couvrir ses traces afin d’éviter au maximum les répercussions.

Zagan ne pouvait pas comprendre la signification derrière le fait d’enlever des filles ordinaires, tout en bravant les dangers d’attirer l’attention de l’Église. C’était comme s’ils cherchaient la bagarre avec l’Église elle-même.

Barbatos haussa légèrement les épaules. « Qui sait ? Lorsqu’on commence à s’imposer à soi-même tant de restrictions quant au choix, tel que leur âge et tout ça, il n’est pas étonnant qu’il n’y ait que des filles kidnappées, n’est-ce pas ? »

« Ont-ils l’intention d’invoquer un Démon ou alors, est-ce quelque chose d’équivalent ? » lui demanda Zagan.

Le terme « Démon » était le nom donné à un monstre à cornes et ailé qui apparaissait dans les contes. Il n’était pas certain que quelque chose comme ça puisse réellement exister et rien ne l’avait mise en existence, mais il existait des traces de « quelque chose » liées aux dieux et aux démons qui pouvaient être trouvées ici et là dans ce monde.

***

Si une telle chose devait être convoquée, alors un rituel comme celui dont parlait Barbatos serait nécessaire. Cependant, Zagan croyait que ce n’était rien de plus qu’un rêve un peu fou.

Tandis qu’il faisait une expression exaspérée, Barbatos continuait à rire de plaisir. « Ça me rappelle d’un truc, Zagan. Est-ce que tu savais que tu fais partie de la liste des suspects ? »

« Comme c’est stupide. La sorcellerie qui exige un sacrifice est inutile dans les moments d’urgence, non ? » lui demanda Zagan en réponse.

« Hehe, Hahaha, sans blague. En fait, il n’y aura jamais de compagnons bizarres qui t’accompagneraient tellement tu es indigeste, » après que l’autre ait dit ça, Zagan avait involontairement affaissé ses épaules.

Eh bien, ce n’est pas comme si j’avais besoin de compagnons, pensa-t-il.

Il avait l’habitude d’être seul. Il y était habitué depuis très longtemps déjà. Et bien qu’ils parlaient de telles choses, l’objectif de ces sorciers n’était pas de faire du tourisme.

Barbatos avait guidé Zagan jusqu’à un endroit se trouvant sous les fondations de la ville. Cet endroit souterrain était une ancienne ruine et cela devait probablement avoir été une arène ou une bâtisse similaire, qui avait été abandonnée depuis des lustres, et qui avait maintenant vu une partie de son architecture qui avait été réparée. C’était un endroit où l’on faisait des transactions pour des biens qui ne pouvaient pas être vendus à la surface.

Le lieu de la vente aux enchères se trouvait dans une partie de l’arène en elle-même. En utilisant la zone circulaire comme scène pour les ventes, les sièges des invités étaient alignés tout autour de la scène. Il semblait que la vente aux enchères avait déjà commencé, et le son de plusieurs voix criant des numéros résonnait déjà ici et là.

Le seul endroit qui était éclairé se trouvait être la scène elle-même, et aucune bougie n’était en place parmi les sièges des invités. Il ne s’agissait pas d’un acte hostile, mais plutôt d’un acte de considération pour que les invités ne puissent pas voir le visage des autres personnes présentes.

... Ça n’avait pas beaucoup de sens pour un sorcier.

Tandis qu’ils s’installaient sur leurs sièges, vérifiant ce qui se trouvait autour, Barbatos s’était mis à siffler.

« He, regarde, Zagan. La “Lame Noire” Kimaris, et là-bas se trouve l’“Enchanteresse” Gremory. De plus, nous avons même Valefor, l’“Apparition” de ce côté-là. » Avec les lumières toujours éteintes, il était naturel pour tous ceux qui se nommaient sorciers d’utiliser au moins la sorcellerie pour que leurs yeux fonctionnent bien dans l’obscurité.

Tandis que Zagan regardait dans les directions que Barbatos indiquait, il aperçut plusieurs ombres revêtues d’une extraordinaire aura.

Zagan ne les connaissait pas, mais ils étaient tous des sorciers bien connus. Les humains étaient la race la plus commune, mais parmi ceux qui étaient présents, il y avait également ceux issus d’autres races. La Lame Noire, Kimaris était un thérianthrope avec une fière crinière. L’Apparition, Valefor cachait tout son corps avec une robe, un capuchon et un masque, donc sa race était inconnue.

La Lame Noire, et d’autres surnoms de ce genre étaient les deuxièmes noms des sorciers. On pourrait même dire que c’étaient leurs titres. C’était quelque chose qui avait été conféré à un sorcier après avoir acquis un certain degré de pouvoir.

Le plus célèbre était probablement le deuxième nom de l’Archidémon Marchosias, qui était « l’Aîné ». Même Barbatos était connu sous le nom de « Purgatoire ».

Zagan était aussi un sorcier assez bien connu, mais il n’avait pas encore reçu de surnom.

C’était probablement en partie parce qu’il était encore jeune avec son âge de dix-huit ans, mais la raison la plus importante était que celui qui supervisait tous ceux de la région, l’Archidémon Marchosias, était décédé. Il s’agissait de l’un des rôles de l’Archidémon d’attribuer un surnom, mais il avait péri avant d’avoir eu le temps d’en accorder un à Zagan.

Bref, un surnom était la preuve de son pouvoir.

Bien qu’ils soient des étrangers pour lui, Zagan était légèrement intéressé par les sorciers qui possédaient un surnom.

« Sont-ils forts ? » demanda Zagan.

« Extrêmement fort. Comme toi et moi, ce sont toutes des personnes qui se présentent comme candidats pour être le prochain Archidémon, » actuellement, en raison de la disparition de Marchosias, il n’y avait qu’un seul siège vacant parmi les Archidémons.

Il y avait en ce moment des discussions parmi les Archidémons restants sur la façon de remplir ce siège, mais ce serait probablement l’un des sorciers recommandés qui possédaient assez de pouvoir qui serait choisi après de longues délibérations.

« Mec, si même ces types sont là, il semble que ce que je te disais sur l’héritage est quelque chose de vrai, non ? » lui demanda Barbatos.

« Je l’espère bien, » si ce n’était pas le cas, cela n’aurait servi à rien de mettre de côté son sommeil tant désiré.

Et même pendant que tout cela se passait, la vente aux enchères se poursuivait.

« À vous tous qui êtes réunis ici aujourd’hui. Le lot suivant sera le dernier de la journée. Il s’agit également notre plus important ! » En écoutant la voix de l’animateur, Barbatos s’était penché vers l’avant en raison de l’excitation.

« Eh bien, on dirait qu’il est temps, Zagan, » déclara Barbatos.

« Ouais, » il ne savait pas encore avec certitude s’il y avait vraiment quelque chose comme l’héritage d’Archidémon ici, mais c’était maintenant le moment où la vente clef était au centre de la scène.

Et ce qui avait fini par monter sur scène... était une personne de petite taille avec un capuchon couvrant sa tête. Un manteau s’étendait jusqu’à ses pieds, de sorte que même sa race était encore inconnue. Elle n’était pas aussi petite qu’un nain, mais si elle était d’une autre race, elle aurait certainement la taille d’un enfant.

Quant à l’héritage en question, la personne à capuchon y était-elle liée ? Comme toutes les personnes présentes dans la salle avaient concentré leur attention sur cette silhouette, l’animateur avait commencé à expliquer.

« Ce que nous avons ici, c’est de la marchandise qui devait à l’origine être livrée à Archidémon Marchosias. Cependant, avant son arrivée, Marchosias a péri et étant donné les circonstances, la marchandise non livrée en question nous a été retournée. » En entendant ces mots, Barbatos avait grimacé.

« Ce n’est donc pas son héritage, n’est-ce pas ? » demanda Barbatos.

« C’est dans ce cas probablement l’un de ses catalyseurs, » lui répondit Zagan.

Dans la sorcellerie, il y avait plus que le fait d’invoquer la sorcellerie ou de tracer un cercle magique ou encore d’incanter un sort. En vérité, il y avait vraiment de nombreuses occasions où des accessoires étaient également utilisés. Cela pouvait s’agir de l’encre utilisée pour tracer le cercle magique, aux bijoux portés par le sorcier, ou même de l’aide offerte par un sacrifice afin de renforcer le pouvoir de la sorcellerie utilisé par le sorcier.

De tels outils étaient appelés catalyseurs, mais leur qualité différente démontrait une différence de pouvoir.

Il était malheureux que ce ne soit pas l’héritage, mais l’intérêt de Zagan avait été attiré par le fait qu’il s’agissait d’un catalyseur choisi en personne par l’Archidémon.

Peu de temps après ça, le manteau avait été retiré de la silhouette présente dans son champ de vision. Et ce qui avait été révélé... était une charmante fille avec de longues oreilles pointues.

Il le savait d’un seul coup d’œil. Elle appartenait à la légendaire race qui vivait dans le Norden, une terre où personne ne pourrait mettre les pieds. Oui, c’était une elfe.

Elle possédait des cheveux blancs comme la neige qui s’étendaient jusqu’à la taille, et un ruban d’un cramoisi profond les ornait. Son petit visage présentait de grands yeux azurés qui ressemblaient au ciel d’été, et ses lèvres étaient d’un rose modérément pâle. Une robe blanche recouvrait ses membres délicats, et elle présentait l’apparence qui ferait immédiatement penser à la fille d’un noble.

Cependant, des menottes se trouvaient autour de ses mains et de ses pieds, et un collier qui scellait le mana avait été placé autour de son cou.

En regardant les yeux de cette fille, Zagan avait senti son cœur bondir. Il avait ressenti une sensation étrange qui était allée de la pointe de ses orteils jusqu’au sommet de sa tête.

Ternes... et ses yeux semblaient vides.

Ses yeux étaient de ceux qui ne reflétaient rien, ne pensaient à rien. Il s’agissait de ceux de quelqu’un qui avait tout abandonné quant à leur avenir.

Et pourtant, pour une raison inconnue, Zagan n’avait pas pu détourner son regard de là.

« Il s’agit d’un membre de la race légendaire, une elfe qui a été capturée dans le Norden ! Non seulement ça, mais, comme vous pouvez le voir, elle possède les cheveux blancs. Ils n’ont pas été teints. Il s’agit donc d’une elfe aux cheveux naturellement blancs ! » Mais au lieu de dire qu’ils étaient des êtres de chairs, on disait que les elfes étaient plus proches de quelque chose de divin ou spirituel.

Et, quelle que soit l’espèce, les individus aux cheveux blancs étaient des spécimens anormaux, dont beaucoup possédaient des quantités extraordinaires de mana en eux.

L’utilisation d’un elfe aux cheveux blancs comme sacrifice permettrait d’atteindre le pouvoir digne d’un « Archidémon ».

Alors que l’hôte tournait autour de l’elfe, il avait pris ses cheveux de façon fluide avec ses doigts.

« Non seulement cela, mais même en tant que femme, elle est tout à fait agréable à contempler, si bien qu’en plus d’être utilisable comme sacrifice pour la sorcellerie, elle possède également une valeur extrêmement élevée en tant qu’animal de compagnie. Que vous la taquiniez ou la mordiez, c’est à votre entière discrétion, mes chers clients ! » Le vendeur avait ensuite fait une déclaration à haute voix.

« Sans plus attendre, l’enchère commencera à dix mille..., » déclara-t-il.

« Un million, » avant même qu’il ne s’en rende compte, Zagan avait fait cette proclamation.

Qu’est-ce que c’est que cette douleur violente dans ma poitrine ? se demanda-t-il.

Adorable... Était-ce correct d’utiliser cette expression ?

Il voulait sauver la fille elfe qui se tenait là. Il voulait la voir sourire. Et puis, il voulait aussi pouvoir toucher sa peau.

De telles impulsions que Zagan n’avait jamais ressenties auparavant s’agitaient en lui telle une tempête.

 

 

Le lieu était devenu complètement silencieux. Et puis, avec un craquement, Barbatos s’était mis à crier en regardant Zagan. « Qu-Qu’est-ce que tu fais, Zagan... !? »

Ce « un million de pièces d’or de Curiothes » représentait toute la fortune de Zagan.

Finalement, le vendeur déconcerté s’était remis de son choc et avait fait entendre sa voix tout en essuyant la sueur sur son front avec un mouchoir.

« Merci beaucoup ! C’est une somme d’argent plutôt magnifique ! Un million ! Y a-t-il quelqu’un qui souhaite surenchérir ? Quelqu’un ? » Comme les sorciers s’immergeaient entièrement dans la recherche de la sorcellerie, ils avaient une forte tendance à accumuler des richesses.

Cependant, peu importe combien ils avaient pu accumuler, un million n’était pas un montant qui revenait trop souvent sur la table. S’il s’agissait de la possession de ce montant, il y en avait plusieurs qui l’avaient, mais s’ils l’utilisaient, ils ne pourraient pas poursuivre leurs recherches. C’était un montant vraiment très élevé.

« Zagan, à quoi penses-tu ? Même si c’est pour une elfe, jeter autant d’argent, c’est un peu..., » commença Barbatos.

« Il y a quelque chose que j’ai toujours voulu, mais je n’ai jamais su ce que c’était. Et finalement, j’ai l’impression de l’avoir trouvée, » sans savoir comment expliquer cette sensation, Zagan avait marmonné cela comme s’il délirait.

Cependant, en regardant ses yeux qui brillaient d’une flamme ardente, il paraissait extrêmement maléfique. Mais il s’agissait de quelque chose à quoi on devait s’attendre lorsqu’il était poussé par son propre désir.

Et comme s’il avait été effrayé par ce qu’il voyait, Barbatos avait écarquillé ses yeux.

« Toi... Quel genre de sorcellerie as-tu l’intention d’utiliser... ? » Barbatos semblait être en plein dans un malentendu.

Cependant, Zagan avait nié en secouant la tête.

« Ce n’est pas ça. Je l’ai peut-être achetée pour autre chose que de la sorcellerie. Je ne peux pas vraiment la décrire, mais c’est quelque chose comme ça, » répondit Zagan.

« Es-tu en train de dire que tu vas obtenir un pouvoir à un niveau différent de la sorcellerie... ? » Il semblait que la façon dont Zagan expliquait cela était encore pire, et Barbatos avait commencé à trembler de peur.

Il s’était rendu compte que s’il continuait à en parler, les fausses idées de Barbatos ne feraient qu’empirer. Et ainsi, Zagan avait souri comme s’il disait qu’il y avait une signification différente, et cela même si cela semblait effrayer Barbatos à mort. Ce qu’il faisait ne ressemblait qu’au sourire du diable.

Avec un bruit sourd, Barbatos s’était laissé tomber sur sa chaise. C’était comme si sa colonne vertébrale avait été retirée de là.

A-t-il encore mal compris ? Comme si la rationalisation de son ami indésirable s’éloignait progressivement, le son du marteau en bois déclarant l’offre gagnante avait retenti dans la salle.

« Félicitations ! L’elfe aux cheveux blancs va au sorcier Zagan ! » Zagan ne se rappelait pas s’être lui-même nommé, mais le commissaire-priseur avait deviné correctement son nom en voyant son visage. Cela démontrait à quel point il était connu dans de tels cercles, mais rien de tout cela n’avait d’importance en ce moment.

Zagan se leva de son siège, puis il laissa tout simplement derrière lui Barbatos qui s’était couché sur le sol. Zagan avait invoqué la sorcellerie du vol.

Sautant par-dessus les sièges des spectateurs, il s’était posé en douceur sur la scène.

Il s’était alors placé devant la jeune fille, mais elle continuait à regarder vers le sol sans lever le visage.

Qu’est-ce que je fais ? Comment dois-je lui parler ? C’était bien de sauter si vigoureusement en avant, mais il n’avait pas eu une seule pensée sur ce qu’il fallait ensuite faire.

Et comme il était soudainement perplexe, le vendeur avait commencé à lui parler d’une voix persuasive. « S’il vous plaît, veuillez nous remettre le paiement. N’est-ce pas une elfe chanceuse d’avoir été acquise aux enchères par le célèbre sorcier Zagan ? D’ailleurs, la robe et le collier de scellement du mana sont des cadeaux. Si jamais vous enlevez le collier, il y a un risque qu’elle s’enfuie, alors, faites attention, s’il vous plaît. »

« D’accord, » Zagan n’écoutait pas vraiment ce que le vendeur avait à dire, mais il avait tout simplement donné une réponse non engageante et agréable.

Va-t-elle au moins me regarder ? Non, je suppose qu’après tout, elle a peur. Au contraire, n’a-t-elle pas vécu une expérience amère pour en arriver là ? Puisqu’elle était une si belle fille, il y avait probablement beaucoup d’expériences répugnantes qu’elle aurait pu vivre. Il y avait aussi le cas de la jeune fille de ce matin, ce qui avait conduit la pensée de Zagan à des endroits plutôt horribles.

Rempli d’anxiété, Zagan avait tendu la main vers le menton de la jeune fille.

Elle avait une peau lisse comme de la soie. Zagan ressentait maintenant le malaise de ne pas savoir s’il allait laisser une marque juste en la touchant.

Néanmoins, il essaya de la toucher aussi doucement qu’il le pouvait, et inclina légèrement le visage de la jeune fille vers le haut.

Ces yeux creux regardaient Zagan.

Un soupir s’était involontairement échappé des lèvres de Zagan. Comme prévu, c’était une fille vraiment adorable.

Cependant, elle ne semblait pas se concentrer sur son environnement. Il se demandait si elle pouvait ou non voir Zagan. Non, avant même de penser ça, il ne pouvait même pas sentir quelque chose comme une volonté en elle.

Est-ce qu’elle va bien ? N’est-elle pas manipulée ? Une sorcellerie qui avait brisé et volé sa volonté n’était pas si étrange que ça.

Et alors que Zagan devenait pâle, le vendeur avait fait entendre une voix nerveuse. « Maître Zagan ? Y a-t-il quelque chose que vous trouvez à redire ? »

« ... Eh bien, a-t-elle sa propre volonté ? » Ce qui s’était échappé de sa gorge serrée, plutôt qu’une voix anxieuse, était une voix agressive. C’était au point qu’il avait l’impression de se demander ce qui le mettait à ce point en colère.

Cependant, le vendeur hocha la tête comme s’il était parvenu à comprendre ce qu’il demandait. « S’il vous plaît, soyez à l’aise. Cette elfe a été docile dès l’instant de sa capture et elle a été gardée en détention à l’état naturel. En premier lieu, le mana du spécimen est extrêmement élevé, et toute sorcellerie ordinaire serait inutile face à elle. En tant que tel, je peux moi-même garantir de sa fraîcheur. »

Dans le cas où on l’utiliserait comme sacrifice, si on lui avait lavé le cerveau en utilisant la sorcellerie, cela provoquerait une impureté dans le rituel et diminuerait sa puissance. Le vendeur avait probablement pensé que c’était le point clef qui préoccupait Zagan.

Cependant, en inspectant la jeune elfe qui était déguisée en noble dame, elle n’avait pas l’air d’avoir de blessures. Même si elle était traitée comme une esclave, la direction de la vente aux enchères n’était pas assez folle pour laisser une blessure sur une marchandise aussi précieuse. C’était donc acceptable de leur faire confiance sur parole.

Zagan avait finalement poussé un soupir de soulagement.

« Je vous ferai confiance sur ça, » déclara Zagan. « Je serais troublé si elle ne pouvait pas au moins pépier d’une bonne voix. » Pour l’instant, il avait essayé de parler d’une manière claire quant à ses intentions... mais cela avait semblé plutôt prétentieux, et franchement dangereux.

L’animateur de la vente s’était ensuite rétracté avec un visage pâle.

Il avait aussi l’impression que la jeune elfe tremblait de peur.

Ah, bien. Il semble qu’elle peut au moins entendre ce que je dis, pensa-t-il.

Alors qu’il avait trouvé la paix de l’esprit en voyant ce fait, Zagan n’était pas en mesure de comprendre à quel point les choses qu’il avait dites étaient trompeuses.

C’était le tout premier amour de l’homme qui pensait encore il y a quelques heures à peine : « les femmes sont tout simplement trop fatigantes ».

***

Chapitre 2 : Le premier amour de quelqu’un qui a un trouble de la communication est semblable au goût du pain moisi

Partie 1

Et donc, revenons au présent.

Après avoir terminé son paiement sans incident notoire, Zagan s’était senti en pleine forme jusqu’à son retour au château. Cependant, après cela, il s’était retrouvé dans une situation où il ne savait pas comment lui parler. Il s’était inquiété sans fin pendant une demi-heure, mais la première chose que la jeune fille avait demandée à haute voix avait été — .

« Comment... allez-vous... me tuer ? »

Avec une voix qui ressemblait à un carillon, elle avait demandé une telle chose — et il n’avait pas eu le temps de s’immerger dans sa mémoire persistante pour trouver une réponse plus appropriée.

Les menottes autour de ses mains et de ses pieds avaient bien été retirées, mais le collier qui avait permis de sceller son mana était toujours attaché autour de son cou.

Il voulait aussi l’enlever, mais même pour Zagan, ce n’était pas quelque chose qui pouvait être si facilement détaché. Il semble que les organisateurs de la vente aux enchères ne savaient pas non plus comment le retirer, et il n’y avait rien comme une clé fournie avec elle.

Il s’agissait probablement d’une relique de l’acheteur original, l’Archidémon Marchosias. La seule option était de passer du temps à étudier le collier.

Cela ne se voyait pas dans son expression faciale, mais la jeune fille avait fait une demande à Zagan sur un ton déprimé.

« Si je sais de quelle manière je vais mourir, je pense que je pourrais mieux rassembler ma détermination... un peu. » Son visage sans expression ne semblait pas être quelque chose qui venait de la tension, mais cela semblait plutôt lié au fait qu’elle s’était clairement résignée à son sort.

Zagan haussa alors sa voix d’un air agité. « Attends, attends un peu ! Je n’ai pas l’intention de te tuer. Et même, ce serait plutôt un problème si tu n’étais pas en vie ! » Il avait dit cela pour essayer de la rassurer, mais pour une raison inconnue, l’expression de l’elfe semblait s’être encore plus assombrie qu’auparavant.

« En d’autres termes, vous ne me laisserez même pas trouver le repos dans la mort... est-ce ce que vous me dites ? » Alors qu’elle demandait ça, la fille regardait à ce moment-là vers le haut les chaînes suspendues au plafond, ainsi que le squelette attaché là-haut.

Des sueurs froides avaient couru le long de sa joue.

Ce n’est pas bien. C’est compliquer pour moi de tout ranger alors que je faisais de la sorcellerie tout le temps. Ainsi j’ai fini par tout laisser là où c’était ! Ce château était à l’origine la demeure d’un autre sorcier.

La fortune utilisée pour faire l’achat de cette fille était également quelque chose que le sorcier précédent avait laissé derrière lui. Pour le dire franchement, ce n’était pas quelque chose que Zagan avait en stock.

Cependant, pour le meilleur ou pour le pire, l’ancien propriétaire était un sorcier stéréotypé, et à l’intérieur de son château, ils avaient des appareils de torture, des dispositifs de sorcellerie, et même des squelettes éparpillés un peu partout. Les os suspendus au plafond n’étaient pas non plus au goût de Zagan, mais même s’il le disait à haute voix, il n’avait probablement aucune chance de la persuader.

Bien qu’elle soit pratiquement effrayée à en mourir, Zagan parlait afin d’apaiser la situation.

« Sois à l’aise. Je n’ai pas l’intention d’utiliser des choses aussi dérangeantes sur toi. Je n’ai pas non plus l’intention de te tourmenter. Il n’y a pas une seule chose... dont tu dois avoir peur. » Il n’était pas capable de le dire d’une voix si douce, mais du point de vue de Zagan, il pensait avoir réussi à transmettre ce qu’il voulait lui dire... qu’elle ait été convaincue ou non, c’était une tout autre histoire.

Et peut-être, comme attendu, la jeune fille avait incliné la tête sur le côté alors qu’elle était confuse.

« Euh... ? Dans ce cas, pourquoi m’avez-vous achetée ? » lui demanda-t-elle.

« Eh bien, c’est..., » il s’agissait d’un questionnement tout à fait approprié.

Toutefois, en raison de la personnalité de Zagan, il n’y avait aucun moyen qu’il puisse dire que c’était parce qu’il avait eu le coup de foudre pour elle.

Qu’est-ce que je suis censé faire dans ces moments-là ? J’aurais dû demander à Barbatos..., pensa-t-il.

Zagan l’avait perdu de vue sur le lieu de la vente aux enchères, mais pour une raison inconnue, il ne l’avait pas suivi.

Barbatos ne semblait pas lui-même avoir beaucoup d’expérience avec les femmes, mais c’était au moins au niveau où il pouvait naturellement dire « ce que les femmes apprécient ». Dans tous les cas, il en savait probablement plus sur les relations avec les femmes que Zagan, ou du moins c’était ce qu’il pensait.

Zagan avait fait sortir un gémissement comme s’il avait été poussé dans un coin puis ce qui était sorti de sa bouche fut les mots suivants. « Tu n’as pas besoin de savoir. »

Qu’est-ce que je dis comme connerie là !? Il criait ça dans son cœur.

Cependant, de façon inattendue, l’expression de la jeune fille n’avait pas du tout changé. Elle semblait légèrement déprimée, mais ce n’était pas si grave que ça.

N’est-ce pas un peu étrange ? C’était peut-être simplement que ses expressions ne se voyaient pas vraiment sur son visage, mais avant cela, il avait l’impression que la fille semblait avoir tout abandonné.

Il avait entendu dire qu’après qu’elle eut été capturée, son corps n’avait rien subi, mais qu’est-ce qui lui était arrivé exactement... ?

« Toi..., » il avait essayé de lui parler, mais Zagan s’était alors rendu compte qu’il ne connaissait même pas son nom.

Ce qui veut dire qu’elle ne sait probablement rien de moi, non ? se demanda-t-il.

Et finalement, il avait l’impression d’avoir saisi le sujet parfait pour entamer une conversation.

« Je m’appelle Zagan. Comme tu peux le voir, je suis un sorcier, mais ce n’est pas vraiment mon passe-temps de torturer les gens, » déclara-t-il.

« D’accord, » répondit la jeune fille.

« Et donc, qu’en est-il..., » même s’il voulait simplement lui demander son nom, Zagan ne pouvait plus parler.

Espèce d’idiot... ! Je demande simplement son nom ! Pourquoi est-ce que je deviens si nerveux simplement parce que je suis conscient que c’est une fille ? Zagan possédait déjà beaucoup de puissance en tant que sorcier.

Et malgré cela, il cherchait à rassembler assez de courage comme s’il s’opposait une mort certaine dans une situation sans aucune chance de victoire.

Le courage était en temps normal un mot qui n’avait pas aucun rapport avec lui.

Cependant, s’il n’arrivait pas à parler, il ne serait pas en mesure de faire un seul petit progrès ici.

« Quel est ton —, » et quand il avait ouvert la bouche, la fille s’était écrié avec un « Ah ».

« Excusez-moi... de vous l’avoir dit si tard. Je m’appelle... Néphélia. » Un sentiment de chaleur avait soufflé à travers la poitrine de Zagan comme un vent rafraîchissant.

Il semblait qu’elle était capable de deviner ce que Zagan essayait de lui dire. Cela lui avait fait penser qu’elle était une fille fantastique et attentive.

« Néphélia... Hein ? » Il avait l’impression de pouvoir entendre l’écho se répéter plusieurs fois dans la pièce.

Dans les légendes, le mot Néphélia signifiait « celle qui est tombée du ciel ». C’était ce genre de signification féminine. Il avait trouvé que c’était un nom mystique et beau.

Tout comme son apparence, c’est un nom adorable et mignon, pensa-t-il.

Le simple fait d’apprendre son nom donnait à Zagan l’impression qu’il s’envolait. Il parvenait amèrement à comprendre le sens des paroles « l’amour conduit l’homme à sa ruine ».

Il était déjà dans un état où il pouvait être décrit comme sur un nuage. Si l’on restait dans un tel état mental anormal, peu importe à quel point la personne était exceptionnelle, elle chuterait probablement vers sa ruine.

Attends, est-ce que Néphélia est son prénom ou son nom de famille ? Se demanda-t-il.

Tandis que son visage s’était adouci, Zagan avait posé sa question. « Néphélia... quoi, exactement ? »

« Juste Néphélia. Je n’ai pas de nom de famille. Si c’est difficile à dire, vous pouvez m’appeler Néphy. »

« Est-ce d’accord !? » s’écria Zagan.

« Oui ? » Le nom Néphélia avait un magnifique tintement, mais son surnom de Néphy était aussi adorable.

Zagan avait involontairement haussé la voix en lui demandant ça et la fille, Néphy, avait incliné la tête sur le côté.

Au contraire, c’est la même chose que moi qui n’ai pas non plus de nom de famille..., au moment où il s’était rendu compte de ce qui l’entourait, Zagan était en train d’amasser des pensées inutiles à une vitesse vraiment alarmante.

Oublions un nom de famille, il ne connaissait pas le visage de ses parents. Le nom Zagan était un mot d’argot venant des bidonvilles de la ville, et c’était quelque chose qui s’était attaché à lui à mesure qu’il grandissait pour être vu comme quelque chose qui ressemblait au diable.

En y repensant, c’était le moment le plus agréable de ma vie. À l’époque, j’avais pu parler correctement à mes compagnons de route et aux habitants de la ville. Et même si j’ai été battu à maintes reprises, c’était en quelque sorte satisfaisant, pensa-t-il.

Il avait commis des crimes immoraux, mais il s’était toujours tenu dans un endroit où le soleil brillait. Et naturellement, il avait aussi été capable de parler aux filles à cette époque. S’il y avait un endroit ensoleillé dans les souvenirs de Zagan, c’était bien cette période.

Réalisant que Néphy le regardait avec perplexité, Zagan secoua la tête.

« Pour un elfe, est-ce commun ? Ce dont je parle, c’est le fait que tu n’as pas de nom de famille, » lui demanda Zagan.

« Non. C’est parce que je suis une enfant maudite, » répondit Néphy.

« Une enfant maudite... ? » après avoir entendu un terme plutôt inexcusable, Zagan plissa ses sourcils.

Néphy avait ensuite fermé sa bouche comme si elle avait dit quelque chose qu’elle n’aurait pas dû.

« Euh... Pourquoi me posez-vous cette question ? » lui demanda finalement Néphy.

« Aucune raison, je suis juste un peu curieux, c’est tout..., » Zagan hésitait à dire qu’il ne voulait pas seulement connaître son nom et la signification de l’enfant maudit, mais aussi tout ce qui la concernait. Et après que Néphy ait hoché la tête comme si elle était parvenue à une entente, pour une raison inconnue, elle avait tiré vers le haut les ourlets à l’avant de sa jupe.

Ses cuisses laiteuses avaient ainsi été exposées, et Zagan pouvait même apercevoir la dentelle délicatement tissée de sa culotte.

« Soyez à l’aise. Je suis vierge. » Zagan était conscient que son visage rougissait.

« Comprends-tu ce que tu dis ? » lui demanda Zagan.

« Oh... ? On m’a dit qu’une vierge possédait plus de mana. Ne parliez-vous pas de savoir si ma valeur en tant que matériel de recherche avait été endommagée ? » lui demanda Néphy.

« Ne te méprends pas. Je n’ai pas l’intention de t’utiliser dans des expériences ou de te torturer. » Néphy avait alors fait une tête comme si elle était encore plus confuse qu’avant.

« Alors, pourquoi m’avez-vous achetée ? » lui demanda Néphy.

« ... » Zagan avait plissé son front puis il avait gardé le silence pendant un moment.

« Tu n’as pas besoin de le savoir, » puis il avait répété une fois de plus les mêmes mots qu’avant.

Ou plutôt, il ne pouvait pas lui répondre avec franchise. Peu importe qui c’était ou comment ils en avaient entendu parler, si on leur disait que Zagan avait acheté une esclave lors d’une sombre vente aux enchères après être tombé amoureux d’elle dès le premier regard, ils penseraient qu’il était tout simplement un pervers. Si Néphy le regardait avec des yeux comme ça, Zagan serait incapable de se rétablir. Même si les sorciers avaient une jeunesse perpétuelle, il était tout à fait possible d’envisager la mort à la suite d’un choc mental.

Cela dit, si je ne réponds pas du tout à sa question, alors Néphy se sentirait aussi anxieuse, n’est-ce pas ? Se demanda Zagan.

Que devait-il faire ? Aurait-il mieux valu la renvoyer chez elle... ?

Eh bien, en premier lieu, a-t-elle un endroit où retourner ? Plus tôt, elle s’appelait elle-même une enfant maudite. Elle avait parlé avec une expression troublée, et il ne pensait pas qu’il allait pouvoir lui poser des questions à ce sujet. Zagan lui-même n’avait nulle part où retourner, et il ressentait la même absence chez elle.

Bien sûr, si elle voulait retourner à son lieu de naissance, alors il voulait l’aider, mais cela ne semblait pas être une atmosphère où il serait capable de lui demander cela sans réfléchir.

Dans ce cas, puisque Zagan l’avait achetée, cela signifierait qu’en surface, ils finiraient par vivre ici ensemble, mais...

Attends ! Vivre ensemble ? Lui, qui ne pouvait même plus rien dire correctement, était censé vivre sous le même toit que cette adorable fille ? Zagan avait été frappé par une légère vague d’étourdissements.

Dans quelle situation scandaleuse s’était-il mis en agissant ainsi ?

C’était vrai qu’il en était heureux, mais pour une raison inconnue, il avait l’impression d’avoir fait quelque chose qu’il n’aurait pas dû faire.

Du calme. Je suis un sorcier. Un puissant sorcier ne se déstabilise jamais, pensa-t-il.

Ce n’était pas comme s’ils allaient dormir dans le même lit. Tout d’abord, je dois penser à ce qu’il faut pour vivre... ensemble.

Zagan était assis sur son trône qui était placé devant Néphy.

« Néphy, » déclara Zagan.

« Oui. » Il avait essayé de l’appeler par son nom face à face, et un étrange sentiment d’embarras avait rempli son cœur.

Mais même ainsi, il n’avait pas hésité et Zagan s’était adressé à elle.

« Écoute-moi, Néphy. Tu es quelque chose que j’ai acheté, et donc, tu m’appartiendras désormais, » déclara Zagan.

« Je sais, » répondit Néphy.

« Pour l’instant, je t’accorde une chambre. Tu es autorisée à choisir la pièce que tu aimes le plus, » déclara Zagan.

« En d’autres termes, vous me dites de choisir l’endroit où je vais mourir ? » demanda Néphy.

« N’ai-je pas dit plus tôt que je ne te tuerai pas ? » Ayant finalement élevé la voix en raison de son chagrin, Néphy déplaça ses yeux vers le bas comme si elle était troublée.

« Je ne comprends pas... la signification de cela. Comment allez-vous m’utiliser de façon à ce que je ne meure pas ? » lui demanda Néphy.

Depuis qu’elle avait été capturée par les humains, elle avait sûrement été torturée par les pensées de son funeste destin. En raison de cela, elle ne croyait probablement même plus à l’espoir.

En vérité, Zagan était aussi familier avec de tels sentiments.

Cela s’était passé à peu près à l’époque où il était en train de commettre des agressions sur les routes tout en cherchant des restes de nourriture dans les ordures des bidonvilles.

À l’époque, qu’est-ce que j’aurais voulu entendre... ? se demanda-t-il.

Même à l’époque, il ne connaissait sûrement pas la réponse à cette question. Néanmoins, Zagan étendit lentement sa main vers les cheveux de Néphy.

Il avait alors touché ses cheveux blancs comme la neige avec la paume de sa main. Il savait que le corps de Néphy tremblait et frémissait.

Et à ce moment-là, tout en s’assurant de ne pas mettre de force dans sa main, Zagan lui murmura quelque chose.

« Je t’ai achetée... parce que j’ai besoin de toi. Alors, arrête de dire quelque chose comme : “Mourir, mourir, mourir”. » Néphy avait écarquillé les yeux et avait levé les yeux vers le visage de Zagan.

Elle avait été surprise.

C’était la toute première fois qu’il voyait quelque chose comme une expression sur son visage.

« Vous... avez besoin de... moi ? » C’était quelque peu embarrassant, mais il sentait qu’il devait clairement le lui dire.

« Oui, j’ai besoin de toi. C’est pourquoi, à partir de maintenant, tu vivras pour moi, » déclara Zagan.

« ... D’accord, » comme d’habitude, l’expression de Néphy ne varia pas du tout, mais elle ne montrait aucun signe de doute face aux paroles de Zagan.

Ce n’était probablement pas qu’elle croyait tout ce que Zagan avait à dire. Mais même ainsi, elle n’avait pas prononcé un mot de plus quant au fait de se plaindre de sa mort.

Ce fut ainsi le début d’une longue cohabitation entre deux individus forts maladroits.

***

Partie 2

« Maintenant, à propos de la chambre que tu utiliseras..., » il se demandait où il pourrait la faire dormir.

Néphy avait été capturée pour en faire une esclave. Elle avait sûrement dû vivre beaucoup d’émotions douloureuses depuis. Alors, plutôt que de la faire vivre sous terre ou dans un endroit sombre, une chambre avec une belle vue serait meilleure.

Dans ce cas, la pièce toute au sommet du château serait l’endroit le plus approprié. Et quand il était question de la vue, c’était vraiment le meilleur endroit qu’il pouvait imaginer. Et alors qu’il la guidait vers ce lieu, il s’était soudain rendu compte de quelque chose pouvant être gênant.

« Néphy, est-ce que tu te sens à l’aise dans les endroits en hauteur ? » Pour une fois, il avait l’impression de lui demander quelque chose d’une manière assez naturelle.

Et sans faire aucune sorte d’expression, Néphy acquiesça une fois amplement de la tête.

« Oui. Pendez-moi par les mains ou le cou, c’est comme vous le préférez, » répondit Néphy.

« Je me demande bien qui a parlé de torture là, non ? » lui demanda Zagan.

« Mes... excuses. Quand je vous ai entendu parler d’endroits en hauteur, rien d’autre ne m’est venu à l’esprit. » Tandis que Néphy le regardait fixement, Zagan plaça sa paume sur la tête.

J’aimerais que tu aies un peu plus d’espoir en vivant ici..., pensa-t-il.

Si c’était ainsi, alors peut-être qu’une pièce en hauteur serait un problème. Il ne pensait pas que c’était possible, mais le risque que Néphy se jette du balcon lui avait traversé l’esprit.

Mais ils avaient continué à monter l’escalier en colimaçon et s’étaient dirigés vers l’étage supérieur.

Il semblerait que la lumière extérieure était déjà en déclin.

Zagan claqua des doigts, et les bougies alignées le long du mur s’illuminèrent d’un seul coup.

« Par ici, » déclara Zagan.

« Oui... Ah. » Alors que Zagan commençait à monter l’escalier une fois de plus, Néphy poussa un petit cri en titubant.

Les flammes vacillantes des bougies n’étaient pas très fiables comme source de lumière. Leurs pieds étaient dans la noirceur, et avec les talons effilés des chaussures de Néphy, il semblait difficile pour elle de marcher.

Zagan avait soudainement pris sa main et l’avait soutenue.

« Mes... excuses..., » le visage de la fille qui avait dit cela était assez proche pour que son nez touche le sien.

Une légère odeur sucrée chatouillait le nez de Zagan.

Il avait regardé droit dans ses yeux azur, qui étaient bordés de cils blancs.

Il avait été complètement charmé par elle, et en même temps, il avait été assailli par un sentiment extrême d’embarras. Et comme s’il essayait de le faire passer inaperçu, Zagan avait laissé échapper un petit son avec un « Hmph ».

« S-Sois prudente. Fais attention où tu marches, » déclara Zagan.

« O-Oui..., » et il avait fini par lui parler sur un ton dur. Il lui avait alors semblé que Néphy vacillait d’une manière ou d’une autre.

Et ainsi, alors qu’ils continuaient à monter l’escalier en colimaçon, Zagan remarqua la sensation tendre se trouvant dans sa main.

Hm ? Se pourrait-il... que je tienne la main de Néphy ? Il avait saisi sa main quand il l’avait soutenue. Et après ça, il avait fini par la tenir de manière désinvolte tout au long de la montée.

Zagan ne pensait pas que c’était la première fois qu’il tenait la main d’une fille, mais il s’était avéré difficile pour lui de se souvenir d’un autre cas dans sa mémoire... En fin de compte, c’était peut-être sa première fois.

Sa main blanche était mince, douce et chaude. Sur la paume de sa main, il pouvait sentir une palpitation. C’était peut-être la sienne.

De façon inattendue, Néphy avait continué à fixer cette main tout en gardant le silence.

Zagan était empli par un inexplicable sentiment de timidité, mais il ne voulait pas non plus lâcher cette main.

En passant d’un rythme rapide de déplacement à un rythme lent, Zagan avait atteint le sommet du château.

Finalement, après avoir grimpé trois étages, la porte du dernier étage était apparue devant eux.

Il s’inquiétait un peu de la difficulté qu’elle aurait à monter et descendre s’il faisait de cette salle la chambre de Néphy, mais pour l’instant il avait mis sa main contre la porte.

« Il s’agit d’une pièce qui n’est généralement pas utilisée. C’est peut-être... un peu sale, mais..., » en disant cela, la question fondamentale de savoir s’il était déjà entré dans cette pièce auparavant était venue à l’esprit de Zagan.

Cela faisait environ dix ans qu’il avait commencé à vivre ici, mais en général, il se retirait dans les archives, de sorte qu’il était un propriétaire qui ne connaissait pas tout l’intérieur de son propre château.

Et puis, il avait regretté de ne pas avoir levé correctement ce doute dans son esprit avant de venir ici.

Dans cette pièce où soufflait un vent rafraîchissant, la lame d’une guillotine produisait un bruit inquiétant en se balançant dans l’air.

À part cela, il y avait plusieurs squelettes qui avaient été laissés là négligemment après de nombreuses années, et des fioles contenant des choses mystérieuses éparpillées à l’intérieur de la pièce. De concert avec la lugubre lumière des bougies, il s’agissait de l’endroit le plus inhabitable et le plus effrayant qu’il connaissait.

 

 

« N’utilisons pas cet endroit. » Il avait immédiatement commencé à fermer la porte, mais c’était un peu trop tard.

Après tout, les personnes ressentaient le plus grand désespoir lorsque leurs plus faibles espoirs avaient été anéantis.

Juste après avoir dit qu’il avait besoin d’elle, des appareils de torture avaient été placés devant elle, de sorte que la lumière dans les yeux de Néphy avait disparu.

La jeune fille avait ouvert les deux bras comme si elle abandonnait tout. « S’il vous plaît... faites ce que vous voulez, Maître. »

« Tu te trompes, tu entends ? C’est, eh bien... Oh, c’est juste ! Ce n’est qu’un piège préparé pour les ennemis qui envahiraient mon château en venant du ciel. » Après avoir dit ça, même Zagan s’était rendu compte que c’était une excuse boiteuse.

« Mais comment le dire franchement ? C’est finalement tout à fait inutile, et ce genre de choses ne ferait qu’entraver la vie ici. Je vais donc m’en débarrasser de la plus simple des manières, » déclara Zagan.

En disant cela, Zagan avait jeté de la sorcellerie de foudre dans la pièce avec la lame de guillotine pendante, et il avait une fois de plus fermé la porte.

Immédiatement après ça, le bruit d’une explosion avait éclaté.

L’onde de choc s’était échappée par l’ouverture sous la porte, faisant flotter doucement les cheveux blancs comme neige de Néphy. Et pendant que Zagan était captivé par ce spectacle, la porte s’était effondrée dans la pièce avec un bruit sourd.

Il semblait que même les charnières s’étaient fait détruire par le sort.

Ainsi, toutes les traces d’objets répugnants avaient complètement disparu de l’intérieur de la pièce...

Eh bien, le plafond était d’un noir brûlé, et il n’était pas certain que la pièce puisse servir de logement. Même les bougies avaient été soufflées au loin.

Et juste à ce moment-là, une sueur froide avait coulé sur la joue de Zagan.

J-Je voulais faire disparaître la source de ses peurs se trouvant ici, pensa-t-il.

Et lorsqu’il se retourna pour regarder une Néphy terriblement effrayée, il remarqua qu’elle était devenue encore plus pâle. Finalement, ses lèvres tremblantes s’étaient ouvertes.

« C’est la première fois... que je vois une sorcellerie si dévastatrice..., » murmura-t-elle.

Eh bien, je suppose que ce serait terriblement effrayant si la sorcellerie offensive était soudainement relâchée comme ça, n’est-ce pas ? De plus, même vu d’un point de vue prudent, il avait une force destructrice suffisante pour réduire un sorcier moyen en cendres plusieurs dizaines de fois de suite. Il n’y avait probablement pas une personne ordinaire qui ne serait pas ébranlée en étant témoin de cela.

Ce n’est pas bien ce que j’ai fait. Tout ça, c’est parce que Barbatos est la seule personne avec qui j’ai eu des conversations normales depuis des années, je..., pensa-t-il.

Il avait été de l’avant et avait réglé le problème en utilisant le bon sens partagé entre les autres sorciers et non pas le commun des mortels.

Alors qu’il pensait qu’il ne pourrait plus faire grand-chose avec ce qu’il avait fait, Zagan avait tourné le dos à la pièce.

« ... Mhm. Cet endroit n’est pas bon. C’est trop lugubre, » déclara Zagan.

« Est-ce que c’est... ce que vous appelleriez cet endroit lugubre ? » La fille avait incliné la tête sur le côté comme un petit oiseau chanteur, et Zagan ne pouvait rien lui dire en réponse.

Néphy avait ensuite fait un pas dans la pièce.

Alors qu’elle marchait, les cendres s’envolaient dans les airs. La fenêtre n’avait pas de vitre, et plutôt qu’une pièce, il était probablement plus approprié de l’appeler une cage à oiseaux ou quelque chose du genre. Bien que ce ne soit pas trop extrême, ce n’était pas le genre d’endroit qu’une fille devrait fouler.

Malgré cela, Néphy ne semblait pas y prêter attention et continuait à marcher vers la terrasse.

Je devrais... mettre en place une barrière pour l’empêcher de tomber par-dessus les rambardes, n’est-ce pas ? pensa-t-il.

Il ne croyait pas vraiment que Néphy se jetterait de la terrasse, mais Zagan avait quand même activé sa sorcellerie. Dans le pire des cas, il était possible de se dire qu’elle pourrait tombé par erreur, alors mieux valait prévenir que guérir.

Et pour être prêt pour cet événement improbable, Zagan s’était aligné à côté de Néphy.

La terrasse avait une rambarde en briques de pierre à hauteur de taille, alors il pensait qu’il ne serait pas étrange qu’elle se fendille et s’effondre en morceaux.

Posant ses mains sur la pierre de la rambarde, Néphy avait levé les yeux vers le ciel.

Il faisait maintenant nuit, et les nuages s’étaient quelque peu dissipés. Une fine ligne de lumière de la lune était apparente d’ici tel un fil.

Regardant vers le haut, Néphy étendit les deux mains vers le ciel. Même s’il s’agissait d’un geste si désinvolte, Zagan avait l’impression qu’il s’agissait d’une sorte de rituel sacré.

« Aimes-tu... la lune ? » lui demanda Zagan.

« ... Je n’en sais rien. » Néphy secoua la tête comme si elle était troublée en répondant à la question de Zagan.

« Alors, quel est le sens de ce geste ? » lui demanda Zagan.

« ... Je n’en sais rien. » Et maintenant, elle disait seulement qu’elle ne savait pas.

Cependant, les yeux de Néphy, lorsqu’elle regardait la lune, semblaient présenter un sentiment de nostalgie déchirant. Et, sans raison particulière, Zagan l’imita et étendit les mains.

« Je n’arrive pas à saisir quoi que ce soit, hein ? » murmura Zagan.

« ... Je crois que c’est bien le cas. » Zagan avait l’impression de mourir d’embarras en entendant sa réponse faite d’une manière si sérieuse par l’elfe.

Comment se fait-il qu’à ces moments-là, il ne pût pas penser à quelque chose de sensé à lui dire ?

Et puis, Néphy marmonna. « Est-ce acceptable... pour moi de... recevoir cette chambre ? » C’était la première fois que Néphy parlait d’elle-même.

Cependant, Zagan se retourna pour regarder la situation horrible de la pièce.

Les articles dangereux avaient certainement disparu, mais il ne restait pas une seule chose, pas même une fenêtre en verre. Ça ne ressemblait pas à un espace dans lequel quelqu’un pourrait vivre.

Si j’utilise la sorcellerie pour le restaurer, alors même la guillotine reviendra..., pensa-t-il.

Le nettoyage et la décoration devraient donc être faits que par un effort classique et non pas à l’aide de la magie.

« Peut-être qu’une pièce plus appropriée serait…, » et quand il avait commencé à dire cela, il s’était souvenu que toutes les pièces étaient à peu dans la même situation qu’ici.

Même s’il n’y avait pas d’appareils de torture, il y avait de sinistres dispositifs de sorcellerie qui traînaient partout. En fin de compte, aucune d’entre elles n’était une pièce qu’une fille normale devrait utiliser.

Et, alors que ce fait le troublait, Zagan avait une fois de plus parlé. « Ça ne te dérange pas d’avoir un endroit comme ça ? »

« Tout à fait. Après tout, il s’agit de la pièce que vous m’avez préparée, Maître. » Tout ce qu’il avait fait, c’était de balancer sans réfléchir de la sorcellerie offensive pour réduire tout ce qui se trouvait dans la pièce en cendres. Zagan ne pensait pas vraiment que cela pouvait être décrit comme ayant préparé la pièce...

Cependant, comme il ne pouvait s’empêcher d’incliner la tête sur le côté, car il se demandait si une autre pièce serait meilleure pour elle, Zagan lui avait fait signe de la tête.

« Très bien. Alors, utilise cet endroit comme bon te semble. » Sur l’impulsion du moment, il avait fini par parler encore une fois de façon exagérée, mais Néphy inclina la tête en un mouvement de haut en bas puis elle se remit à parler.

« Merci beaucoup, Maître. » Et, pour une raison inconnue, cette seule phrase avait percé de part en part la poitrine de Zagan.

Néphy avait ensuite incliné la tête sur le côté.

« Il y a un problème ? » lui demanda Néphy.

« ... Non, c’est juste que ça fait longtemps... que personne ne m’a dit ça, » il y avait parfois des moments où il laissait partir sans les tuer les individus qui s’étaient perdus dans le château, mais Zagan n’était pas naturellement une bonne personne.

Dans la totalité des cas, ils s’enfuiraient à pleine force et n’offriraient pas un seul mot de gratitude.

Cependant, Néphy n’avait pas du tout semblé trouver cela curieux, et avait hoché la tête comme si elle était pleinement convaincue.

« J’ai aussi l’impression que... cela fait longtemps que je n’ai pas dit cela, » déclara Néphy.

« Je vois…, » Zagan se demandait si le jour viendrait où il dirait aussi merci à quelqu’un.

Le fait d’ouvrir son cœur aux autres était encore quelque chose de lointain pour lui, mais il était franchement heureux qu’elle écoute maintenant ce qu’il avait à dire d’une manière appropriée.

C’est ainsi que leur première journée ensemble s’était terminée pacifiquement.

***

Partie 3

Le lendemain matin.

Comme la chambre accordée par Zagan à Néphy au dernier étage du château ne pouvait pas encore être utilisée, ils dormaient tous les deux dans la salle du trône.

En vérité, je n’ai pas pu du tout dormir, pensa-t-il.

Zagan n’avait pas non plus dormi la veille. Il pensait qu’il allait pouvoir s’endormir tout de suite, mais le simple fait de penser que Néphy était juste à côté de lui l’avait tenu bien éveillé. De toute façon, ce n’était pas comme s’il avait le courage de faire quoi que ce soit. Mais malgré cela, il pensait simplement à la façon dont elle finirait par le haïr s’il ne s’empêchait pas de le faire.

D’un autre côté, Néphy devait être probablement assez fatiguée avec tout ce qui s’était passé avant ça.

Après s’être recroquevillée sur le tapis, elle s’était tout de suite endormie.

Cependant, il s’agissait également de l’une des raisons pour lesquelles Zagan n’arrivait pas à s’endormir. Le fait d’avoir une telle silhouette sans défense exposée face à lui faisait qu’il n’arrêtait pas de penser à elle.

Au cœur de la nuit, Néphy avait semblé avoir froid, alors, au lieu d’une couverture, il l’avait couverte de son manteau. Cependant, cela avait peut-être été une mauvaise décision de sa part. Pour une raison inconnue, le fait de penser à cette charmante fille portant son manteau avait encore plus chamboulé le cœur de Zagan.

Et pendant qu’il s’inquiétait sans fin à propos de n’importe quoi, le temps s’était écoulé, et le soleil du matin s’était levé.

Son estomac avait alors laissé échapper un son chaleureux et pathétique.

« ... Je vais chercher quelque chose à manger. » Après que Zagan soit descendu dans l’entrepôt de la cave, il avait préparé deux portions de viande séchée et du lait qu’il y avait stocké. Il ne savait pas quand Néphy se réveillerait, mais il voulait être préparé pour qu’elle puisse prendre tout de suite son petit-déjeuner.

Quand il était retourné dans la salle du trône, Néphy était déjà bien réveillée et l’attendait, assise sur ses genoux. Le manteau dont il l’avait recouverte était soigneusement plié sur le côté. Pour une raison inconnue, il lui semblait maintenant inutile de le remettre.

« Alors tu es réveillée, » déclara Zagan.

« Oui. Bonjour, Maître, » Zagan s’était presque involontairement mis à sourire.

Donc, elle m’accueille correctement, pensa-t-il.

Et bien qu’il avait essayé de répondre, une pensée l’avait laissé complètement perplexe. Hm ? Après qu’on me dise bonjour, avec quoi devrais-je répondre ?

Était-ce bien de dire bonjour en réponse ? Ou était-il censé dire salut ? Bonjour à toi lui semblait un peu trop, du moins c’était ce qu’il pensait.

Après qu’il ait réfléchi ça, combien d’années s’étaient écoulées depuis qu’il n’avait pas reçu une salutation aussi franche à son égard ?

Et tandis que Zagan se tordait d’agonie, Néphy le fixait d’un regard abasourdi.

En voyant cela, il s’était éclairci la gorge à l’aide d’une toux.

« Je t’ai apporté un repas. Vas-y, mange. » Après avoir dit cela, Zagan avait lui-même été repoussé par ce qu’il venait de dire.

Donc je ne peux même pas la saluer correctement... ? Quand était-il devenu si désespéré ?

... En y repensant, il avait l’impression d’être si désespéré depuis le tout début.

Alors même qu’elle regardait Zagan avec curiosité alors qu’il était en pleine angoisse, Néphy avait pris la viande séchée et la tasse de lait.

« Merci beaucoup, Maître, » déclara Néphy.

« ... Hmm. » Tandis que Zagan se sentait découragé par son manque de courage, Néphy le regarda timidement.

« Maître, » demanda Néphy.

« Quoi ? » lui demanda Zagan en retour.

« Qu’est-ce que je devrais faire ? » lui demanda Néphy.

« Hmm, voyons voir..., » même si une soirée s’était écoulée, il n’avait pas encore réfléchi à ce que Néphy devrait faire.

Dois-je lui demander de faire un peu de ménage ou autre chose ? Cependant, hier encore, jeter un coup d’œil dans une seule pièce était tout à fait un événement catastrophique.

Dans ce château, il y avait près de cinquante pièces dans un tel chaos, et plus important encore, Zagan n’en avait jamais nettoyé une seule. Ce n’était pas quelque chose qui pouvait être fait par une seule personne, et d’une manière ou d’une autre, il avait l’impression que s’il lui en donnait l’ordre, cette fille irait jusqu’au bout de la tâche.

En premier lieu, Zagan ne se souciait pas de l’esthétique, et même si elle ne s’y intéressait pas, elle ne voulait pas lui faire faire faire quoi que ce soit qui la conduirait à la mort.

Cependant, dans ce cas, que pouvait-elle faire ?

Elle deviendra probablement anxieuse si elle n’a rien à faire, n’est-ce pas ? Se demanda-t-il.

On avait donné à cette fille l’idée qu’elle allait être un sacrifice ou un rat de laboratoire. Donc, si l’homme qui l’avait achetée lui avait simplement dit de ne rien faire, il ne pensait pas qu’elle serait contente de penser : « Ah, c’est bien de ne rien avoir à faire. »

Pendant qu’il gémissait, Zagan était incapable de trouver une réponse, alors il avait posé sa tasse de lait sur le sol et avait commencé à mâcher la viande séchée.

Néphy avait ensuite fait une grimace comme si elle avait trouvé cela inattendu.

« Maître, mangez-vous aussi la même chose ? » lui demanda Néphy.

« Bien sûr... ? Y a-t-il quelque chose d’étrange à ce sujet ? » lui demanda Zagan.

« Non, euh..., » on aurait dit qu’elle avait quelque chose qu’elle voulait dire, mais le regard de Néphy errait comme si elle avait du mal à trouver les mots.

« Parle, c’est tout. Tu ne me fâcheras pas trop en le faisant. » Alors que Zagan s’était lui-même maudit pour avoir été incapable de le dire d’une manière un peu plus amicale. Mais il avait réussi, d’une manière ou d’une autre, à dire cela.

Néphy avait maintenu son expression immuable, et avait ouvert la bouche comme si c’était difficile à dire.

« Je me sens... privilégiée d’avoir simplement reçu un repas. Cependant, Maître, je trouve étrange que vous mangiez les mêmes choses..., » à sa manière, elle avait fait de son mieux pour exprimer ses doutes.

Zagan avait alors croisé les bras et y avait réfléchi. Qu’est-ce que Néphy trouvait si étrange ? La seule chose devant ses yeux était une tasse sale remplie de lait, et de la viande séchée depuis un temps que seul Dieu devait connaître.

Hm ? Maintenant que j’y pense, il y avait un groupe qui mangeait des choses semblables en ville hier aussi, pensa-t-il.

Oui. S’il s’en souvenait bien, c’était les esclaves de Kianoides.

Les voir au milieu des rues était assez pitoyable, mais quand il y avait bien réfléchi, Zagan mangeait lui-même quelque chose de semblable.

Après avoir hoché la tête, Zagan avait ouvert la bouche pour parler.

« Serait-ce parce que c’est un repas trop modeste ? » lui demanda Zagan.

« Euh, oui... Je crois qu’il s’agit de la nourriture convenable pour un esclave comme moi, » en d’autres termes, plutôt qu’un repas, c’était des déchets.

Cependant, plutôt que de s’offenser de cela, Zagan le déplorait sincèrement. Ou en vérité...

S’inquiète-t-elle... pour moi ? Non, c’était peut-être un peu faux.

Ce n’était pas comme si elle allait soudainement ouvrir son cœur après hier et aujourd’hui.

Ce n’était pas ça, mais c’était comme si elle ne pouvait pas rester là et regarder qui que ce soit. C’était presque comme si elle disait : « Cette personne ne mourra-t-elle pas si je ne fais pas quelque chose à ce sujet ? »

Zagan rongea sa viande pendant un certain temps, puis il regarda la viande sèche ratatinée.

Aaah, c’est vrai. Cette nourriture est à un niveau où on ne peut même pas l’appeler un repas, pensa-t-il.

Depuis qu’il avait été un bandit de grand chemin, c’était la seule chose qu’il avait à manger, alors il n’y avait jamais pensé une seule fois à changer son habitude. Il en était au point où, tant qu’il ne mourait pas de faim, peu importe ce qu’était la nourriture.

Outre la viande séchée, il mangeait aussi du pain dur, mais qui moisissait trop vite et ne restait pas longtemps comestible. Il avait déjà essayé de le manger de force quand il en était rendu là, mais après cela, il n’avait eu que des maux d’estomac et des souvenirs tragiques.

En repensant à la façon dont je n’ai pas progressé avec elle depuis hier, cela me fait me souvenir du goût du pain, hein ? pensa-t-il.

Il avait déjà entendu dire qu’un premier amour avait un goût de citron, mais en réalité c’était plutôt un sentiment d’amertume qui semblait déchirer son estomac.

S’il devait nommer une chose qu’il trouvait franchement délicieuse, ce serait de l’alcool. L’alcool que Barbatos apportait en parlant comme un idiot était vraiment délicieux, mais à ces moments-là, le plat principal était aussi de la viande séchée.

Quand il s’agissait d’alcool, Zagan ne savait pas ce qu’il valait mieux acheter, et donc, finalement, de viande séchée et du lait avait simplement continué à être consommé tous les jours.

« Qu’est-ce que... une personne normale mange, je me le demande... ? » Alors qu’il marmonnait involontairement cela, Néphy avait ouvert la bouche comme si elle s’était décidée.

« Euh, Maître, » déclara-t-elle.

« Quoi ? » lui demanda-t-il en réponse.

Après avoir pris une petite, mais profonde respiration, Néphy s’était mise à parler.

« Bien qu’il soit impertinent de ma part de le dire, devrais-je... cuisiner quelque chose pour vous ? » Zagan s’était levé d’un coup en entendant ça.

Il avait alors saisi la main de Néphy alors qu’elle se rétrécissait sur elle-même en étant effrayée par lui.

« Sais-tu cuisiner ? » lui demanda Zagan.

« Je n’ai appris qu’en regardant. Donc je ne peux pas garantir le goût, mais..., » quel talent inattendu venant de sa part !

De la cuisine maison... Non seulement ça, mais cela serait fait par la fille dont il était tombé amoureux. Pour Zagan, cela n’avait jamais été une option auparavant.

Maintenant que j’y pense, parmi les trois grands désirs de l’homme, c’est l’appétit pour la nourriture..., commença-t-il à penser.

Il n’avait fait que des recherches sur la sorcellerie, alors il n’avait jamais pensé à satisfaire ce genre de désir.

Les contours de ses yeux étaient devenus brûlants.

Ce sentiment gonflait-il dans ses larmes sortant de ses yeux ? C’était une révélation choquante pour Zagan qu’une telle chose restait encore présente en lui.

Par la suite, il avait avalé son lait en une gorgée.

« Ouf, écoute-moi, Néphy. J’ai décidé de ce que tu dois faire, » déclara Zagan.

« Oui. Qu’est-ce que c’est ? » lui demanda Néphy.

« Tu vas faire des achats ! » Dans ce château, il n’y avait pas d’autres ingrédients que de la viande séchée et du vieux lait. Même Zagan savait qu’il était impossible de faire quelque chose de délicieux avec ces produits.

« ... Ah, d’acc... d’accord, » Néphy avait répondu comme si elle était décontenancée, fixant Zagan tout le temps. Puis, elle avait acquiescé légèrement.

Elle avait peut-être pensé qu’elle devait réagir d’une façon ou d’une autre, mais c’était plutôt embarrassant.

***

Partie 4

La plus grande ville dans les environs était certes Kianoides, mais il y avait plusieurs autres petits villages et agglomérations près du château abandonné.

Zagan se dirigeait vers l’un d’entre eux, mais en quittant le château, il s’était vite rendu compte qu’il y avait un problème.

En y réfléchissant bien, j’ai dépensé toute ma fortune pour Néphy, hein ? pensa-t-il.

Il était sans doute sans le sou.

Au moment de la vente, il était agité par la voix de son cœur, de sorte qu’il n’avait pas ménagé une seule pensée de ce qui allait arriver par la suite.

Comme Kianoides était une ville de commerce, elle avait des routes bien entretenues qui s’étendaient jusqu’à divers endroits. Des villes étaient parsemées le long de ces routes, et il était normal d’utiliser des chariots pour se déplacer entre elles. Si l’on marchait le long de la route, ils pourraient au moins attraper assez rapidement une diligence.

Cependant, Zagan s’était finalement rendu compte qu’il ne possédait pas d’argent pour monter à bord d’une telle diligence.

« Vous ne montez pas ? » Le cocher, un jeune homme thérianthrope avec le visage d’un chat, avait incliné la tête sur le côté, et Zagan avait secoué négativement la tête en réponse.

« Aaah, il semble que j’ai oublié quelque chose. Continuez sans moi, » déclara Zagan.

« Vraiment ? » Le cliquetis des roues de la diligence avait retenti au moment de son départ.

Tandis que Zagan fixait en vain le chariot, derrière lui, Néphy inclinait sa tête sur le côté.

« Retournons-nous au château ? » lui demanda Néphy.

« Non, ce n’est pas nécessaire, » lui répondit Zagan.

« Est-ce que c’est si... ? » Même s’il était retourné au château, il ne restait plus une seule pièce de cuivre. Il lui aurait été possible de vendre certains de ces appareils de torture, mais cela lui coûterait beaucoup d’argent de faire venir un commerçant capable de les évaluer et d’effectuer la transaction.

En plus, Néphy a aussi besoin de nouveaux vêtements, pensa-t-il.

Depuis la nuit précédente, cette fille portait toujours la même robe blanche. De plus, comme le château était sale, elle avait été salie.

Pour pouvoir faire quelque chose pour régler ça, il fallait se procurer de l’argent.

Et comme s’il l’oubliait, Zagan avait marmonné avec une expression solennelle. « Cela fait un bon moment que je ne suis pas sorti à cette période de la journée. Ce n’est pas mal de se promener de temps en temps. »

« Oui. » Tout en faisant une excuse boiteuse, Zagan commença à marcher dans la direction où se dirigeait la carriole, et Néphy avait suivi son exemple.

Alors qu’il jetait un coup d’œil derrière lui, il remarqua que Néphy soulevait les ourlets de sa jupe et faisait une petite course. Il y avait le fait que la longueur de leur pas était différente, mais il pensait que la difficulté était surtout présente, car elle avait du mal à marcher avec cette robe et ces chaussures. Et ainsi, Zagan avait gardé cela à l’esprit et avait marché à un rythme plus réduit.

Alors qu’il marchait, Zagan avait commencé à s’inquiéter à propos de diverses choses. Serait-il acceptable de s’attaquer à la diligence de plus tôt et de prendre tout leur argent et toutes leurs marchandises ? Dernièrement, il ne l’avait pas vraiment fait, mais à l’époque, c’était comme ça qu’il se nourrissait.

Mais hier soir, il avait fini par effrayer Néphy en utilisant sa sorcellerie offensive sans penser aux conséquences.

Et en plus, à quoi penserait cette fille en regardant un homme voler des innocents ? Finalement, j’ai l’impression que voler ne sert à rien.

Cependant, dans ce cas, comment gagnerait-il de l’argent ?

Quoi qu’il en soit, alors que Zagan pensait que puisque Néphy pouvait cuisiner, il devrait vendre son château et ouvrir un restaurant en ville... un cri venant de plus loin sur la grande route avait retenti.

Néphy avait dégluti. « Maître. »

« Hm ? Oh, c’est probablement un vol. Des bandits apparaissent dans cette zone de temps en temps, » au loin, des hommes portant des haches attaquaient un chariot.

Il y avait une douzaine d’hommes armés. C’était une bande de brigands inoffensifs pour les hommes et les bêtes.

Mais ce n’étaient pas des sorciers, mais de simples personnes. Aucun d’entre eux n’avait reçu une formation comme les Chevaliers Angéliques, et ils ne portaient pas non plus d’armure gênante comme les Archanges. C’étaient des gens ordinaires qui couraient comme des fous, maniant des outils tranchants faciles à utiliser.

C’était ainsi que Zagan les voyait.

Les passagers avaient été tirés hors de la carriole, et les bandits volaient tout l’argent et les marchandises. Il semblerait qu’ils avaient l’intention d’emmener une jeune femme en butin, alors qu’ils la traînaient dans un autre chariot. Ils avaient probablement l’intention de la vendre comme esclave ou de l’utiliser comme jouet. Dans les deux cas, le sort de cette femme était déjà scellé.

Zagan pensait vraiment que ce qui arrivait à jeune fille enlevée était pitoyable, mais lui-même avait déjà fait des choses similaires auparavant. Il ne pensait pas que c’était une scène si misérable.

Alors qu’il regardait la scène comme si elle ne le concernait pas du tout, il s’était finalement rendu compte que Néphy tremblait sur place.

« Qu’est-ce qui ne va pas ? » lui demanda Zagan.

« R-Rien..., » la personne en question faisait semblant d’être calme, mais son visage était complètement pâle et ses lèvres tremblaient. En vérité, il semblait qu’elle ne pouvait pas quitter des yeux la scène qui se déroulait devant eux.

Zagan avait été décontenancé.

Se pourrait-il que Néphy ait été enlevée de cette manière ? Ce n’était pas comme si Néphy avait été capturée par des marchands d’esclaves dès le début. Elle aurait dû mener une vie paisible quelque part avant cela. Ainsi, cette scène lui avait peut-être rappelé un souvenir douloureux.

Zagan avait ensuite pointé du doigt les bandits.

« Néphy, regarde bien. Ces choses ne sont que des ordures, » déclara Zagan.

« ... D’accord, » sa voix semblait indiquer qu’elle était très déprimée.

Il ne savait pas ce qui la décourageait, mais Zagan avait rassemblé son mana dans le doigt qu’il avait tendu.

Immédiatement après cela, un unique éclair avait jailli comme une flèche.

« Kyaaaaa. » Néphy s’était couvert le visage alors qu’elle lâchait un adorable glapissement.

Touchés par l’éclair qui s’était ramifié, plusieurs bandits avaient disparu de la surface du monde.

La bouche de Néphy s’était ouverte et fermée sans faire de bruit.

En raison de cette attaque soudaine, les bandits s’étaient également raidis comme s’ils ne comprenaient pas ce qui s’était passé.

Je n’ai pas l’intention de dire que je te protégerai ou une autre phrase aussi grandiose, pensa-t-il.

Bien sûr, la sorcellerie offensive l’avait peut-être effrayée, mais, quelles que soient les circonstances, il était inacceptable d’être effrayée par de simples bandits. Ces êtres étaient comme de la mauvaise herbe ou des cailloux, donc il n’y avait rien à craindre.

C’est pourquoi il lui avait montré que les bandits n’étaient que de minuscules insectes.

Dans tous les cas, il semblerait que les bandits avaient au moins compris qu’un ennemi était apparu.

« N-Ne paniquez pas ! Même si c’est un sorcier, ce n’est pas comme s’il pouvait continuer à lancer sa magie sans arrêt ! Frappons le avant qu’il puisse invoquer le sort suivant ! » en entendant la voix de ce qui semblait être leur chef, les bandits s’étaient précipités sur eux avec leurs armes à la main.

« Maître, » déclara Néphy.

« Reste simplement derrière moi, » en disant cela à Néphy après que la voix tremblante de la jeune elfe se soit fait entendre, Zagan avait fait un pas en avant.

Le bandit le plus proche de Zagan était un homme de grande taille d’environ deux têtes de plus que lui. Ses bras étaient bombés par des muscles peut-être plus épais que la taille de Néphy.

Cet homme était venu à lui avec la hache à la main. Même un grand arbre serait probablement coupé en deux, puisqu’il s’agissait d’une frappe vraiment brutale. Quelque chose comme la tête de Zagan serait facilement écrasé comme un œuf, et en ce moment, l’arme descendait directement sur le crâne de Zagan.

« R-Ridicule... Argh ? » Cependant, celui qui avait laissé échapper une voix choquée avait été l’homme de grande taille.

Zagan avait attrapé la hache du grand homme à mains nues. Non seulement cela, même lorsque l’homme avait poussé dessus avec plus de force, la hache n’avait pas bougé d’un pouce.

« Défier un sorcier avec une force brute n’est-il pas un acte vraiment ridicule ? » En parlant de sorciers, pour la plupart des gens, ils avaient probablement l’impression d’un individu peu athlétique qui s’enfermait dans un laboratoire sombre entouré d’une grande quantité de livres.

Cependant, avec la puissance apportée par la sorcellerie, ils pouvaient appeler la foudre, manipuler le feu et donner naissance à des boucliers invisibles. Même s’ils étaient toujours des mortels, ce pouvoir tout-puissant serait d’abord utilisé pour se protéger.

Ils possédaient une peau si dure qu’une lame moyenne ne laisserait pas une seule blessure, des pieds si puissants qu’ils pouvaient même dépasser un cheval rapide, des bras qui pouvaient déchirer, même à mains nues, le corps d’un homme, et un cœur qui ne se fatiguait pas même après s’être battus pendant toute une journée et une nuit.

En tant que sorciers âgés, ils accédaient à des capacités encore plus surhumaines qui semblaient sortir tout droit des légendes. Même s’ils pouvaient tomber face à un Chevalier Angélique qui consacrait d’innombrables heures à l’entraînement, le simple corps d’une personne normale ne pourrait pas croiser le fer avec ces monstres.

Il s’agissait des existences connues sous le nom de sorciers.

Zagan avait mis sa force dans sa main pour tenter de contre-attaquer. Une fissure était apparu le long de la hache d’acier, et les yeux du grand homme s’étaient écarquillés.

« I-Impossible..., » avec un cliquetis, la hache s’était brisée comme du verre, et la voix choquée de l’homme s’était échappée.

L’homme s’était effondré à genoux et Zagan avait légèrement frappé son front avec son doigt comme s’il s’agissait simplement de chasser une mouche.

« FUGYAH !? » Laissant échapper une voix comme un cochon qu’on égorgeait, l’homme avait été soufflé jusqu’au chariot. Un vil bandit qui se trouvait là s’était retrouvé coincé sous lui.

« Eeek, le chef ! »

... Il semblait que le malheureux bandit était le chef. Avec leur chef à terre, les autres bandits se jetèrent dans l’ombre du carrosse, certains se précipitant même dans les fourrés environnants.

« Geh, a-ahh... Monsieur le Sorcier ! Aidez-nous ! » Bien que ce soit une voix suppliant de l’aide, ce n’étaient pas des paroles dirigées vers Zagan.

Il n’était pas clair où il était caché auparavant, mais un homme s’était soudain mis en travers du chemin de Zagan, en étant apparemment à l’aise.

Un sorcier.

Il semblait que ces bandits avaient engagé un sorcier.

« Hmmm... Un sorcier qui sauve des personnes ? C’est un événement bien étrange. » Tandis que le sorcier caressait son menton d’une manière perplexe, il leva l’autre main.

« Cependant, il s’agit également d’un contrat. Je ne sais pas qui vous êtes, mais je vous assure que vous regretterez d’avoir comparu devant moi, » déclara le sorcier ennemi. Après qu’un petit cercle magique avait fini par se former dans la paume de cet homme, des flammes en étaient sorties.

Il faisait assez chaud pour éprouver des difficultés à respirer. L’herbe des environs brûlait, et même les bandits qui s’y cachaient étaient couverts de flammes lorsqu’ils poussaient des cris.

Observant attentivement les mouvements du sorcier et les flammes, Zagan marmonnait quelque chose pour lui-même.

« Je vois... en utilisant les flammes comme médium, il dessine un autre cercle magique, hein ? » Les flammes ne se répandaient pas sans une trajectoire bien définie. Elles progressaient comme si elles dessinaient un cercle avec le sorcier en son centre. Il ne s’agissait pas d’une attaque, mais d’une forme de restriction employée pour former un cercle magique.

Engouffrant le carrosse et Zagan, un cercle magique massif s’étirait. Il semblait qu’il considérait Zagan comme un ennemi redoutable et qu’il avait l’intention d’utiliser une sorcellerie à grande échelle.

Et bien, je n’ai aucune raison de rester assis et d’attendre ça non plus, pensa-t-il.

Un jet de flammes se referma devant ses yeux. Néphy s’était réfugiée derrière lui, mais Zagan était celui qui se tenait devant elle.

Zagan avait balancé son bras sur le côté comme si c’était tout simplement quelque chose d’irritant.

Les flammes avaient disparu comme si elles se dissolvaient, et même les broussailles et le chariot en feu avaient été éteints. Il ne restait plus que la lumière du cercle magique se trouvant à ses pieds.

Mais même ainsi, le sorcier avait tendu son bras et avait crié de manière retentissante.

« Vous êtes plutôt bon. Mais vous avez un temps de retard ! Transformez-vous en cendres ! » Le cercle magique avait brillé — et puis, il ne s’était rien passé.

« Qu’est-ce que... ? » Le cercle magique brillait encore maintenant.

Cependant, il n’appartenait plus à ce sorcier.

Zagan avait émis un soupir de façon exagérée.

« Après avoir fait un si grand cercle magique, ne vas-tu pas utiliser la moindre sorcellerie sur moi ? » Quand Zagan avait dissipé les flammes, il avait volé l’hégémonie du cercle magique de l’autre sorcier.

Il s’agissait de la même chose que l’autre jour, lorsque Barbatos s’était téléporté dans la barrière de Zagan.

« C’est bon pour les imbéciles comme toi. » Après avoir levé l’index en l’air, Zagan l’avait fait basculer vers le bas et avait tracé une ligne verticale.

Une grande lumière avait alors jailli du cercle magique.

« Gah ? » Une lance de lumière s’était tombé depuis le ciel.

Il s’agissait de simple frappe de foudre convergeant. Ce n’était pas si sophistiqué, mais quand Zagan l’avait déclenchée, elle avait assez de puissance destructrice pour pulvériser un mur de château.

Quant au sorcier qui avait pris la frappe dans la tête, il avait été volatilisé sans même laisser une seule trace.

Cependant, la chose la plus terrifiante était le fait que le carrosse et ses passagers dans les environs n’avaient pas du tout été blessés.

Le sorcier n’avait créé qu’une seule série de flammes et il y avait même entraîné ses alliés, tandis que Zagan n’avait détruit que sa cible. La différence de capacité avait été clairement démontrée ici.

Zagan s’était alors approché de la voiture à un rythme détendu. Il restait encore des bandits devant lui.

« Qu’est-ce qui ne va pas ? Venez me chercher. Si vous êtes prêt à voler les autres, alors ça ne vous dérange pas non plus qu’on vous vole, n’est-ce pas ? » demanda Zagan.

« E-Eeek ! Pensez-vous qu’on voudrait vraiment cela ?? » s’écria un autre homme.

« Je ne veux pas entendre cela de votre part » aurait probablement été une réponse appropriée à ce moment-là.

Le chef des bandits s’était finalement échappé de dessous l’homme de grande taille, et il s’était rétracté sur lui-même tout en tenant sur ses fesses.

« Je me demande un truc. N’est-ce pas juste parce que tu es une horreur visuelle ? Tu devrais vraiment subir la même chose, n’est-ce pas ? » demanda Zagan.

« HIGYAAAAAAAAAAAAAAH ! » En poussant un cri, le bandit avait été effacé de la surface de ce monde pendant qu’il écarquillait les yeux en raison de la peur...

À ce moment-là, Zagan pensait qu’il y avait une odeur désagréable dans l’air, et il s’était avéré que le bandit s’était piteusement chié dessus.

Les autres bandits s’étaient également rendus et avaient jeté leurs armes en voyant ce qui était arrivé à leur chef.

S’assurant qu’il n’y avait plus personne lui faisant face, Zagan se retourna pour regarder Néphy.

Il avait l’intention de dégager un chemin sûr pour elle, mais Néphy était complètement raide, les yeux grand ouverts.

Hm ? Est-ce que j’ai encore fait une erreur ? Zagan avait eu des sueurs froides, mais il s’était raclé la gorge et avait calmement essayé d’expliquer les faits tels qu’il les avait vus.

« M’entends-tu bien, Néphy ? Comme tu l’as vue, les bandits sont de simples déchets inoffensifs pour l’homme et la bête. Ils n’ont aucune chance de pouvoir te causer le moindre tort, et ils sont une plaie pour les yeux. De plus, ils deviennent dociles après avoir reçu une petite tape sur la main comme je viens de le faire. »

« Ils ont attaqué un chariot, donc sont-ils vraiment inoffensifs... ? » lui demanda Néphy.

« Euh..., » le fait que Néphy lui avait fait remarquer cela avait été dur, surtout quand elle avait encore ce regard vide encore présent sur son visage.

Cette fille... Quand elle est dans un état de confusion, elle peut vraiment répliquer durement, hein ? pensa-t-il.

Il était étonné, mais le fait de se rendre compte de tout ça était aussi une heureuse découverte pour lui.

Cependant, en les regardant tous les deux, quelqu’un avait lâché des mots comme s’ils ne pouvaient plus rester silencieux. Et comme si elle surgissait, une voix en plein essor avait retenti.

« C’est incroyable, Monsieur le Sorcier ! » avec cette voix, les passagers s’étaient rassemblés autour de Zagan.

« Hé, n’êtes-vous pas la personne qui n’êtes pas montés plus tôt ? »

« Merci, vous nous avez sauvés. »

« Il y a des gens bien, même parmi les sorciers, hein ? » Les yeux de Zagan avaient commencé à s’agiter face à tout ce qui se passait autour de lui.

Ce n’était pas la première fois qu’il donnait un coup de pied aux culs de bandits. Il avait aussi sauvé sans aucune raison des personnes qu’il avait déjà croisées auparavant, mais c’était la première fois qu’il entendait des paroles de gratitude.

Et celui qui était mis dans le lot n’était pas seulement Zagan.

« Hé, êtes-vous la compagne de Monsieur le Sorcier ? »

« Quelle enfant magnifique ! »

« Est-ce un bon maître, hein ? »

« Euh..., » Néphy était également bousculée.

Et Zagan avait ainsi été convaincu de quelque chose.

C’est peut-être parce que Néphy est avec moi, n’est-ce pas ? S’il était seul, comme toujours, ils se seraient enfuis en raison de la peur.

Il ne savait pas ce qui changeait avec la présence de Néphy à ces côtés, mais il semblerait qu’elle était le principal facteur qui provoquait d’autres sentiments que la peur.

Jusqu’à il y a quelques instants, Zagan envisageait sérieusement de prendre tout leur argent et leurs biens, mais maintenant il lui restait une sensation de chatouillement complexe et inconfortable.

Et puis, le cocher avait sorti une petite pochette.

« Hé, vous. Si ça ne vous dérange pas, pourriez-vous nous accompagner en tant qu’escorte ? Naturellement, je vous paierai... Bien que je n’ai pas beaucoup d’argent, » déclara le cocher.

« Bien sûr. Cela a l’air bien, » alors que la petite pochette avait été placée de force dans sa main, Zagan l’accepta sans poser de questions. D’après la sensation de poids, il pouvait dire qu’il y avait des douzaines de pièces d’or à l’intérieur.

Auparavant, ce montant aurait été de la petite monnaie pour lui, mais maintenant il en était très reconnaissant. Il y avait de quoi acheter des ingrédients et des vêtements pour Néphy.

Qu’est-ce que c’est ? L’or est-il quelque chose qui surgit si facilement ? En d’autres termes, il semblerait que s’il se contentait d’anéantir les vils êtres comme il le voulait, alors l’argent viendrait à lui de cette façon.

Juste au moment où il avait commencé à nourrir ce léger espoir, il en était venu à une prise de conscience surprenante. Aux yeux d’une personne moyenne, il était au premier rang de la liste de ces vils êtres.

Cette pensée lui fit penser que ses genoux allaient lâcher, et pendant que Zagan se tordait intérieurement en raison de l’angoisse, lui et Néphy furent poussés dans le chariot.

Puis, assis l’un à côté de l’autre, ils avaient échangé des regards.

« Maître, » demanda Néphy.

« ... Quoi ? » lui demanda-t-il en retour.

« Pourquoi... avez-vous sauvé ces personnes ? » lui demanda Néphy.

« Hein ? Ah... Je vois. J’ai fini par les sauver, hein ? » Tout ce que Zagan voulait faire, c’était de démontrer à Néphy qu’il n’y avait pas besoin d’avoir peur des bandits. Il ne s’était pas rendu compte qu’il sauvait par la même occasion les passagers de la calèche ou quelque chose du genre.

Mais n’est-ce pas une bonne occasion d’attirer son attention ? Les arrière-pensées avaient commencé à gonfler à l’intérieur de Zagan.

Selon lui, il lui fallait simplement prononcer des paroles motivantes qui amèneraient Néphy à lui ouvrir son cœur.

Tout en priant pour que des conseils lui parviennent de Barbatos pour cet instant précis, Zagan avait répondu comme si c’était parfaitement naturel. « Tout ce que j’ai fait, c’est d’enseigner leur place à ces ordures prétentieuse. »

Pourquoi est-ce que je foire toujours tout !? Était-ce son ego qui l’empêchait de bien agir ? Il n’arrivait tout simplement pas à dire des mots doux en annonçant par exemple qu’il l’avait fait pour protéger Néphy, ou qu’il ne pouvait pas abandonner les faibles ou alors quelque chose dans le même genre.

Et pourtant, la seule chose qui sortait de sa bouche était un bluff qui ne valait pas plus que de la merde de chien. Après avoir foutu tout seul son occasion tant attendue à la poubelle, Zagan était une fois de plus en proie à l’angoisse.

C’est pourquoi il n’avait pas remarqué que, contrairement à ses attentes, Néphy le regardait avec les yeux pleins d’intérêt et d’admiration.

***

Partie 5

« À plus tard, mon pote. Tu peux repartir avec moi quand tu veux. En fait, si c’est toi, alors tu peux l’emprunter gratuitement, » après avoir fait un tour en calèche, Zagan avait fini par aller à Kianoides. Alors que le chariot s’arrêtait, le cocher au visage de chat lui avait dit ça avant de partir.

Comme d’habitude, la ville était bruyante. D’un côté, une noble dame faisait des achats. En regardant ailleurs, un sale voyou vendait des narcotiques. Bien qu’il s’agisse d’une ville chaotique, elle avait l’avantage que tout était à sa disposition.

Alors, où devrions-nous aller ? se demanda-t-il.

Pour l’instant, son objectif était de rassembler les ingrédients, mais le château ne possédait pas tous les objets nécessaires au quotidien de Néphy.

Pour commencer, de quoi a-t-elle besoin au quotidien ? Zagan était totalement ignorant de la réponse.

Après s’être raclé la gorge en toussant, il s’était focalisé sur Néphy.

« Écoute-moi, Néphy. La plupart des choses sont disponibles ici dans cette ville. Tu peux tout à fait choisir ce que tu veux, » déclara Zagan.

« Même si vous me donniez des haillons, je serais satisfaite, » en entendant cette réponse, qui ne contenait aucune allusion de rêves ou d’espoirs, Zagan avait eu envie de pleurer.

Voyons voir la situation... Même dans un avenir proche, je ne pense pas que cette fille souhaite quelque chose tout d’un coup, pensa-t-il.

Cependant, dans ce cas, qu’était-il censé lui acheter ?

Alors qu’il souffrait face à cette pensée, Zagan s’était concentré sur les individus qui se promenaient dans la ville.

Ce n’était pas comme s’il n’y avait pas de nobles portant des robes éblouissantes, mais la plupart étaient habillés avec des vêtements relativement faciles à porter. Lorsqu’il s’agissait de chaussures, la majorité d’entre eux portaient des bottes ou des sandales ou d’autres choses semblables qui étaient faciles à enfiler.

La longue robe où les ourlets semblaient devoir être soulevés et les chaussures à talons effilés que portait Néphy avaient vraiment l’air d’être difficiles à porter. Et c’était d’autant plus vrai pour un tel trajet pour aller faire des achats.

« ... Hmm. Pour l’instant, va-t-on te chercher des vêtements ? » lui demanda-t-il.

« Vêtements... est-ce bien ça ? » lui demanda-t-elle en réponse.

« Tout à fait. Cette tenue... c’est dur de se déplacer avec, n’est-ce pas ? » Hier, elle avait titubé en montant les escaliers, et aujourd’hui, lorsqu’elle avait dû marcher, elle avait dû soulever les ourlets de sa robe.

Néphy avait cligné des yeux comme si elle ne pouvait pas croire ce qu’il lui disait, mais mystérieusement, elle ne montrait aucun signe d’aversion face à ses paroles.

Tout en marchant dans la rue et en regrettant qu’il n’eût pas au moins demandé au cocher où ils vendaient des vêtements féminins, après un certain temps, ils avaient pu trouver un magasin qui semblait correspondre à ce qu’il voulait en matière de prix.

Il semblerait que ce magasin s’était spécialisé dans les tenues destinées aux voyageurs, mais ils avaient des ensembles complets d’équipement pour les femmes posés sur des stands en bois. Ils avaient l’air d’avoir au moins quelques vêtements décontractés.

Lorsque Zagan avait ouvert la porte du magasin, l’intérieur était soudainement devenu silencieux.

Il semblerait qu’ils étaient sur leurs gardes en voyant le vêtement d’un sorcier.

Ce qui ressemblait à une jeune employée du magasin était immédiatement arrivé auprès de lui. Il s’agissait d’une femme-oiseau avec des ailes vertes sur le dos, et elle portait avec style un exemple de l’un des ensembles de vêtements alignés dans la boutique. Sur sa poitrine bien arrondie se trouvait une plaque avec l’inscription « Manuela ».

La vendeuse, Manuela, s’adressa à Zagan avec un sourire crispé.

« B-Bienvenue. Quel genre de vêtements désirez-vous ? » Il s’agissait d’une atmosphère franchement peu accueillante, mais Zagan était vraiment reconnaissant que la vendeuse soit venue.

Il désigna alors Néphy, qui se tenait derrière lui.

« J’aimerais que tu choisisses des vêtements appropriés pour cette fille, » Manuela regarda Néphy puis elle avait eu la bouche grande ouverte.

« Wôw, quelle belle enfant... ! » Il semblait que même les membres du même sexe ressentaient la même chose. Même s’il ne s’agissait pas de lui, pour une raison inconnue, Zagan se sentait fier.

Cependant, l’expression de Manuela s’était instantanément assombrie. Et son regard était dirigé vers le collier.

Comme je le pensais, je devrais enlever son collier dès que possible, hein ? se dit-il.

 

Si elle recevait déjà des regards si bizarres juste parce qu’elle était dans un magasin, elle ne pourrait pas s’en sortir. Il se fichait de la façon dont on lui avait dit qu’elle pourrait s’enfuir s’il enlevait le collier.

Zagan souhaitait vraiment sauver Néphy. Naturellement, il avait une arrière-pensée, puisqu’il était amoureux d’elle, mais il n’y avait pas de sens à tout cela même si le collier signifiait qu’elle lui appartenait. Même sans lui, il était sûr qu’elle le regarderait toujours comme un sorcier de la même manière avec ce visage effrayé.

Néphy avait été emmenée par la préposée plus profondément dans le magasin et avait disparu de sa vue.

Zagan ne savait pas vraiment où se tenir, alors pour le moment, il était placé vers l’entrée et s’était tenu le long d’un mur.

Un peu après avoir fait ça, Manuela était revenue le voir.

« Que diriez-vous de ce genre de style ? » lui demanda-t-elle.

« Hm... Euh, quoi !? » En regardant Néphy sortir de l’intérieur de la cabine d’essayage, les paupières de Zagan s’ouvrirent en grand.

Sur son corps nu, Néphy n’avait rien d’autre que des ceintures de cuir qui l’habillait.

Cela avait plus ou moins la forme d’un vêtement, du moins en apparence. Ses mamelons et son aine étaient superbement dissimulés. Cependant, tout le reste avait été mis à nu, et ses gros seins n’étaient pas du tout cachés.

Il pensait que même le collier semblait se fondre dans le décor d’une manière quelque peu artistique, mais ce n’était pas comme s’il avait fait ce genre de demande. S’il y avait des commis ou des clients de sexe masculin dans le magasin, cela aurait dû leur arracher les yeux en le voyant.

Néphy était rouge jusqu’au bout de ses oreilles blanches, et elle se tortillait en essayant de cacher son corps.

Il s’agissait d’une réaction qu’il n’avait jamais vue, même lorsqu’elle avait relevé calmement sa jupe la nuit précédente.

Même quelqu’un qui voulait vraiment mourir ne pouvait pas supporter cette honte. En ce sens, elle avait au moins un peu de volonté de vivre en elle, et cela rendait Zagan un peu heureux, mais ce n’était pas le moment pour avoir ce genre de pensée.

 

 

Les cheveux blancs cachaient une petite partie du corps tremblant de la jeune fille.

« S-S’il vous plaît... ne regardez pas..., » alors que Zagan avait été ramené à la réalité par la voix hésitante de Néphy, pour une raison ou pour une autre, Manuela avait gonflé sa poitrine avec fierté.

« Comment est-ce ? Je crois que c’est la combinaison parfaite si je devais moi-même la décrire, » déclara Manuela.

« En quoi est-ce parfait ? J’ai juste dit de choisir des vêtements appropriés. Alors comment ça s’est terminé comme ça ? » demanda Zagan.

« Euh... ? Je voulais correspondre à vos goûts, mais... » Que pensait-elle exactement de lui ?

Je suppose qu’elle me voit comme un infâme sorcier avec une jolie fille dans un collier..., pensa-t-il.

Le titre de sorcier était fondamentalement synonyme de mal. En y réfléchissant bien, la réaction de la vendeuse semblait assez raisonnable.

... Non, même ainsi, ce genre de vêtements était toujours hors de question.

En se grattant la tête, Zagan avait parlé. « Je cherche des vêtements de tous les jours. »

« Eeeh... Même si vous avez de si jolis éléments que vous pouvez embellir ? » Pendant que la vendeuse faisait une expression insatisfaite de façon flagrante, elle emmena Néphy plus profondément dans le magasin.

« Attendez, laissez derrière vous ce que vous tenez dans votre main. » Incorrigible, Manuela s’était accrochée à des vêtements lascifs qui semblaient être des sous-vêtements.

Ayant elle aussi remarqué cela, même Néphy avait les larmes aux yeux.

Après s’être fait parler ainsi par Zagan, comme on pouvait s’y attendre, la vendeuse avait levé les deux mains et avait renoncé.

« Allez, c’est bon. Je plaisantais, d’accord ? » Cela ne ressemblait pas du tout à ça, et Zagan avait dirigé un regard suspect vers elle. Après que la vendeuse ait déposé les vêtements douteux, Néphy avait posé ses mains sur sa poitrine comme si elle était soulagée du fond du cœur.

Peu de temps après s’être changé une deuxième fois, Néphy était revenue.

« Alors, comment est-ce ? » demanda Manuela.

« Hoo..., » cette fois, Zagan avait poussé un soupir d’admiration.

Elle portait une robe bleu vif avec un tablier sur le dessus, qui était décoré de dentelle voyante, et des bottes qui semblaient faciles à porter protégeaient ses pieds.

Il s’agissait des vêtements appropriés pour une servante, mais il pensait franchement qu’elle était adorable dans cette tenue.

Manuela commença alors à expliquer d’une manière quelque peu morose.

« Il s’agit là d’un uniforme de bonne classique, mais la robe et le tablier sont tous les deux en soie, de sorte qu’ils peuvent même être utilisés comme habits pour une dame d’honneur. Les bottes ont également des propriétés curatives, ce qui réduit la fatigue pour tout travail effectué debout, » ils n’avaient pas mauvaise mine et ils semblaient également très fonctionnels.

En la regardant une fois de plus, Zagan avait senti que c’était de beaux produits qu’il avait devant ses yeux.

« Alors Néphy, est-ce que ça va ? » lui demanda Zagan.

« Si c’est quelque chose que vous me donnez, Maître, alors je l’utiliserai, » déclara Néphy.

« ... Écoute, si tu continues à dire ça, je vais te faire porter les vêtements de tout à l’heure. » Les yeux de la vendeuse femme-oiseau à côté d’elle avaient brillé d’un éclat suspect, et elle avait une fois de plus attrapé les vêtements faits de ceintures de cuir se trouvant sur une étagère.

À ce moment-là, Néphy secoua rapidement la tête en montrant son agitation. Zagan avait l’impression que c’était la première fois qu’elle faisait une réaction aussi amusante.

« J-Je pense que c’est bon, Maître ! » déclara Néphy.

« Je vois. Alors ça fera l’affaire. » Manuela avait claqué sa langue. Il s’agissait d’une employée de magasin avec de mauvaises manières.

Après avoir fait la facture, la vendeuse avait chuchoté quelque chose à l’oreille de Néphy.

« Heureusement que ton maître te chérit tant. » Zagan n’avait pas du tout entendu ce qui avait été dit, mais les yeux de Néphy s’étaient soudainement écarquillés.

Et après cela, elle avait hésité et avait hoché la tête avec sérieux.

« ... Tout à fait, » son expression avait l’air d’indiquer qu’elle était heureuse.

Après avoir quitté le magasin, Zagan l’avait interrogée sur ce qui s’était passé.

« Qu’est-ce que la vendeuse t’a dit ? » lui demanda-t-il.

« Oh... Que j’ai un bon Maître, » répondit Néphy.

« Est-ce que c’est vraiment le cas ? » Ce n’était probablement que des paroles en l’air, mais il ne pouvait pas vraiment comprendre la raison d’avoir été jusqu’à lui dire cela.

À côté de Zagan, qui inclinait maintenant sa tête, Néphy brossa doucement ses nouveaux vêtements comme si elle en était satisfaite.

« Suis-je... vraiment chérie par lui..., je me le demande ? » Cette voix tremblante qui ne savait pas si elle pouvait vraiment le croire n’avait atteint aucune oreille quand elle s’était dissipée dans le vent.

***

Partie 6

Alors, où va-t-on maintenant ? se demanda-t-il.

Ayant changé de vêtements, Néphy semblait pouvoir marcher beaucoup plus facilement. Avec cela, il serait probablement correct de se promener ici et là.

Tout en pensant cela, Zagan avait senti que quelque chose le retenait. Tandis qu’il se retournait, il pouvait voir que Néphy saisissait timidement l’ourlet de sa robe.

La personne en question semblait l’ignorer alors qu’elle avait incliné la tête pour voir tout autour d’elle.

Je vois... Après avoir été taquiné par la vendeuse, il se peut qu’elle ait eu peur, pensa-t-il.

Le fait de comparer sa silhouette glauque d’hier à son charme d’aujourd’hui avait rendu Zagan heureux.

Zagan avait continué à marcher prudemment en s’assurant de ne pas lui serrer trop fort la main, mais il avait aussi essayé de s’assurer que Néphy ne réalise pas ce qu’il faisait. Et tandis qu’ils marchaient, ils entendirent ensuite le son bien audible du métal contre le métal.

En regardant la source du bruit, il semblait qu’il y avait un forgeron à proximité. À côté des épées et des armures utilisées par les Chevaliers Angéliques et les soldats, il y avait une montagne de bibelots de métal empilés ensemble.

Et parmi eux, il y avait également des colliers d’esclaves.

« Nous entrons dans ce magasin, » déclara Zagan.

« D’accord, » tandis que Zagan marchait vers le forgeron, Néphy le suivait.

L’intérieur ressemblait à n’importe quel atelier un peu ancien. Les murs présentaient une grande quantité de marchandises alignées sur les étagères et, dans les profondeurs de l’atelier, plusieurs hommes frappaient du métal surchauffé.

Après avoir appelé les hommes, l’un d’entre eux avait sursauté, clairement surpris.

Cependant, cette réaction était tout à fait naturelle que lorsqu’un sorcier vous avait soudainement appelé.

Alors qu’il avait l’air terrifié, l’homme se retourna vers Zagan.

« Que puis-je faire pour vous aider ? » lui demanda l’homme après avoir marché vers eux.

« Alors, il y a un sujet sur quoi je voudrais ton avis, » celui qui était venu auprès de lui était un nain. Il n’avait pas de barbe, et à cause de cela, il était difficile de lui donner un âge. Il avait l’air d’être un jeune homme, mais il était peut-être aussi d’un âge bien plus important.

Les nains étaient agiles de leurs mains, et on disait qu’ils étaient fiers d’eux-mêmes lorsqu’il s’agissait des bijoux et d’objets délicats.

Zagan avait placé Néphy devant lui.

« Je veux que tu jettes un coup d’œil au collier de cette fille... Sais-tu comment l’enlever ? » Le corps de Néphy s’était mis à trembler avec une unique secousse.

Et puis, elle avait regardé Zagan comme si elle n’y croyait pas.

Hm ? Maintenant que j’y pense, ai-je dit à Néphy que j’enlèverais son collier ? Il avait l’impression de n’avoir jamais rien dit à ce sujet.

Même s’il ne pouvait pas l’enlever tout de suite, si elle savait qu’il avait l’intention de le faire, elle serait probablement plus à l’aise, de sorte que Zagan était découragé par son niveau déplorable quand il s’agissait de ses compétences sociales.

Néphy avait alors ouvert nerveusement la bouche pour parler. « Maître... »

« Si tu continues à porter ce collier, tu seras à jamais la propriété de Marchosias, n’est-ce pas ? Tu n’en as plus besoin. » Ayant une fois de plus fait référence à Néphy en tant qu’objet, Zagan se couvrit le visage.

Et pourtant, les joues de Néphy rougirent légèrement quand elle hocha la tête.

« ... Oui, » répondit-elle.

« ... Bien. » Il ne savait pas ce qu’il y avait quelque chose de bien à ce sujet, mais il avait fallu tous les efforts de Zagan pour prononcer cette réponse.

Après cela, le forgeron nain avait haussé la voix d’une manière troublée. « L’enlever, vous dites ? Voulez-vous parler de ce collier ? »

« Tout à fait, » répondit Zagan.

« ... S’il vous plaît, épargnez-moi les blagues. N’est-ce pas un dispositif de sorcellerie ? Nos mains ne peuvent pas faire face à ça. » L’épaule de Néphy s’était légèrement affaissée, mais Zagan en savait déjà beaucoup plus grâce à ça.

« Je veux entendre parler de sa structure. Est-ce que c’est quelque chose qui peut être enlevé en cassant la serrure ? » Après avoir entendu cette question, le forgeron observa fixement le collier.

Finalement, il avait désigné la serrure qui reliait le collier ensemble. La masse de métal reliée au trou de serrure avait six fûts qui en sortaient, et semblait lier ensemble les deux bouts du collier.

« Jetez un coup d’œil à cette serrure. Ce collier est structuré de telle sorte qu’il est fixé sur ce point central. Dès que la serrure sera enlevée, elle se séparera en morceaux. Normalement, c’est ainsi. » En ajoutant normalement, cela signifiait probablement qu’il ne savait pas quel genre de mécanisme avait été ajouté avec la sorcellerie.

Zagan répondit alors par un grognement. « Et précisément parce que la sorcellerie est un pouvoir qui a pour but de renverser les notions naturelles, elle est faite pour ressembler à l’original. Vis-à-vis d’un collier possédant une telle structure, la serrure n’est probablement pas seulement une décoration, n’est-ce pas ? »

« Et aussi, c’est un peu difficile à vous dire, mais..., » le forgeron avait fait une grimace comme s’il hésitait à parler.

Il semblait qu’il ne voulait pas que Néphy l’entende. Et après s’être éloigné d’elle, il chuchota à l’oreille de Zagan.

« Il est probable qu’il y a un piège dans ce truc, » murmura le nain.

« Un piège ? » demanda Zagan en un murmure.

« Oui, s’il n’est pas enlevé avec les bonnes procédures, alors un mécanisme s’activera... Dans le pire des cas, il y a une probabilité que quelque chose d’horrible arrive au cou de cette petite dame..., » répondit le nain.

Zagan ne voulait même pas penser à ce que cette horrible chose impliquerait.

C’était probablement la raison pour laquelle le forgeron était aussi quelque peu évasif dans ses réponses.

Comme je le pensais, il sera dangereux de l’enlever par la force..., pensa-t-il.

S’il s’agissait simplement de détruire le collier, alors la puissance de Zagan était plus que suffisante.

Cependant, il avait décidé de faire preuve de prudence puisque le collier avait été laissé par un Archidémon, et il semblait qu’il avait pris la bonne décision.

« Je pense que la meilleure option serait d’utiliser la clé d’origine pour l’ouvrir, » déclara le nain.

« Je parie que oui, » Zagan le savait déjà, mais même les employés de la vente aux enchères ne l’avaient pas.

Quant aux indices, eh bien, ce n’est pas comme si je n’en avais pas..., pensa-t-il.

Cependant, il était vrai qu’il n’y avait pas de carte en main qu’il pouvait réellement jouer en ce moment.

Pour l’instant, Zagan avait découvert tout ce qu’il voulait savoir, puis il avait sorti quelques pièces d’argent de sa poche. C’était la monnaie de quand il avait acheté les vêtements de Néphy.

« Tu as mes remerciements. Prends-le, » déclara Zagan.

« Non ! Je n’ai rien fait qui vaille la peine de vous faire payer. En plus, il n’y a aucun moyen que je puisse vous prendre de l’argent, » déclara le nain.

« Euh... ? Qu’est-ce que tu veux dire par là ? » Tout en affichant un sourire amer, le forgeron nain avait déclaré ce qui avait suivi.

« Après tout... j’ai été... sauvé par vous avant ça, » Zagan ne se souvenait pas du tout d’une telle chose, alors il avait incliné la tête sur le côté.

« Ça fait déjà... c’était il y a environ un an. Quand notre chariot a été attaqué, vous nous avez sauvés, ma fille et moi. À l’époque, nous avons paniqué et nous nous sommes enfuis, mais vous nous avez ignorés sans vous mettre en colère. S’il vous plaît, pardonnez-nous pour ça, » déclara le nain.

Il semblait que parmi la racaille se présentant devant ses yeux, Zagan avait donné des coups de pied parce qu’il trouvait qu’ils étaient des horreurs pour ses yeux, que cela soit un sorcier ou autre chose qui s’était présenté devant lui. Et comme résultat, cet homme et sa fille avaient fini par être sauvés par Zagan.

Il n’avait pas véritablement l’intention d’exiger d’eux de la gratitude, mais il était reconnaissant de ne pas vouloir être payé maintenant. Zagan avait ensuite replacé dans sa poche les pièces d’argent qu’il avait sorties.

« Alors, je vais ranger ça. Tu devrais aussi oublier cette chose insignifiante. Je ne m’en souviens pas non plus. » En disant cela, il donnait l’impression qu’il essayait de passer sous silence le fait qu’il n’avait pas donnée de pièces, mais le forgeron avait laissé échapper un rire étrange.

« Je ne l’oublierai pas, vous savez ? Si vous avez besoin de quoi que ce soit d’autre, n’hésitez pas à passer. » Après cela, Zagan et Néphy avaient quitté le magasin.

Qu’est-ce qui se passe aujourd’hui ? Les individus autour de lui étaient beaucoup trop amicaux au point où cela en faisait peur. Était-ce que le fait d’emmener Néphy avait vraiment changé les choses de façon aussi drastique ?

Zagan ne semblait pas réaliser la terrible vérité, du point de vue d’un sorcier.

Il ne semblait pas savoir que lui, qui avait toujours fait un visage comme si tout dans le monde méritait sa colère, faisait maintenant une expression terriblement douce et affectueuse.

***

Partie 7

Après cela, ils avaient continué à faire tous les achats dont ils avaient besoin et à la toute fin, le soleil commençait à se coucher.

Il n’était pas si tard dans la journée. Mais il était assez tard qu’il serait déraisonnable de retourner au château et de faire préparer un repas par Néphy. Et ainsi, tous les deux étaient allés dans un petit restaurant.

Et peut-être à cause de l’heure de la journée, il n’y avait pas trop de clients présents. Si l’on incluait Zagan et Néphy, il n’y avait qu’une dizaine de personnes dans les lieux. Les planchers de bois grinçaient au fur et à mesure que les employés du restaurant marchaient, et les poutres atteignaient jusqu’au toit de la bâtisse. Les lampes suspendues aux poutres éclairaient faiblement les différentes tables.

Zagan n’avait rien compris de ce qui était écrit sur le menu. Après tout, même les noms de tous ces plats lui étaient étrangers. Pourtant, pour l’instant, il avait essayé de commander quelque chose qui était probablement de la viande, ainsi que quelque chose comme une salade et du pain.

Il n’avait pas vraiment l’habitude de manger des légumes, mais il n’avait pas besoin de s’imaginer ce qui arriverait à la silhouette de Néphy si elle ne mangeait que de la viande.

En attendant la nourriture, Zagan s’était rendu compte que Néphy le regardait comme si elle avait quelque chose à dire.

« Qu’est-ce qu’il y a ? » lui demanda Zagan.

« Non, euh..., » elle hésitait à parler, mais Néphy avait quand même touché son collier avant de se remettre à parler.

« Maître, avez-vous l’intention d’enlever ce collier ? » demanda Néphy.

« Hm ? Oh, maintenant que tu en parles, je n’en ai jamais vraiment parlé, non ? Oui, c’est tout à fait exact, » parce qu’il l’avait dit d’une manière si détournée auparavant, il semblait qu’elle n’était pas sûre de ce fait.

Alors qu’il se sentait un peu gêné de la voir lui poser cette question en face à face, Zagan répondit en agissant de façon un peu trop brusque. « Bien sûr que oui ! » ou d’autres mots qui lui apporteraient la paix de l’esprit ne sortiraient pas facilement.

Néphy avait ouvert la bouche plusieurs fois comme si elle était quelque peu en conflit, mais elle n’avait pas vraiment trouvé les mots qu’elle voulait lui dire.

Cependant, comme si elle rassemblait sa résolution, la jeune fille à l’allure d’une servante avait ouvert la bouche pour parler.

« Ne vous inquiétez-vous pas... que si le collier m’est enlevé, je m’enfuirais ? » lui demanda-t-elle.

Néphy était une elfe. Non seulement cela, mais elle était un individu aux cheveux blancs comme neige, qui possédait d’énormes quantités de mana en eux. Si le collier lui était retiré, elle pourrait probablement utiliser la sorcellerie.

Ce collier lui-même était aussi la preuve qu’elle était liée à Zagan. Cependant, Zagan avait essayé de faire enlever ce collier.

Il n’y a aucune chance que je ne m’inquiète pas pour ça, hein ? pensa-t-il.

Bien sûr, même Zagan avait pensé à ce risque. Il avait dépensé une somme d’argent scandaleuse, un million de pièces d’or, pour l’acheter. Il n’avait pas les moyens de la perdre après tout ça. En tant qu’homme, et en tant que sorcier, ce serait une énorme perte à son image.

Il pensait aussi qu’en réalité, ça finirait ainsi. Après tout, contrairement à Zagan, Néphy n’avait aucune affection pour lui.

C’était tout à fait le cas. Mais même si c’était le cas, si par exemple elle s’était échappée — .

Mais même ainsi, je veux l’enlever, pensa-t-il.

Zagan n’avait pas l’intention de traduire ses sentiments en mots.

C’est pourquoi, à la fin, tout ce qui sortait de sa bouche était les mots suivants.

« Hmph... Quoi qu’il en soit, ce n’est pas quelque chose qui peut être enlevé dans l’immédiat. Ne garde donc pas d’espoirs futiles, » il était vraiment à bout de nerfs.

Mais dans un tel cas, ne disait-il pas « Mais même ainsi, je veux quand même enlever le collier, » ?

C’est probablement parce que je veux rester à ses côtés. C’est probablement pour cela qu’il lui avait dit de ne rien attendre de ce côté-là.

Cela mis à part, l’utilisation du mot « futile » allait vraiment trop loin. N’y avait-il pas quelque part un grimoire du genre « Comment tenir une conversation avec une fille pour les nuls et les sorciers » ? À cette occasion, Zagan souhaitait de tout son cœur que quelqu’un lui dise une telle chose, même si elle était fausse.

Et pourtant, Néphy hocha la tête comme si elle était satisfaite de la réponse.

« D’accord. » Zagan avait l’impression d’avoir dit quelque chose de cruel à la fille, et il était, encore une fois, de plus en plus perplexe.

Pourtant, cette fois-ci, la période de temps qu’il avait passé à se tourmenter par l’angoisse se termina plus rapidement.

Leur repas leur fut rapidement apporté.

Il s’agissait d’un menu qu’il n’avait jamais vu auparavant, mais c’était quelque chose dont il avait rêvé de mangé il y a longtemps. Il ne se souvenait même pas de la dernière fois qu’il avait utilisé un couteau et une fourchette, mais il se souvenait au moins comment les utiliser.

Même lorsque Zagan avait commencé à couper sa viande, Néphy était restée immobile tout en regardant la nourriture de manière détournée.

« Qu’est-ce qu’il y a ? Ne sais-tu pas comment utiliser une cuillère et une fourchette. » S’il se souvenait bien, il avait entendu dire que dans les pays du Nord, ils utilisaient des bâtonnets de bois appelés « baguettes » pour manger leurs repas.

Donc, il se pouvait que les elfes, qui vivaient vraiment très au Nord, n’utilisaient pas non plus de couteaux et de fourchettes.

C’était ce que Zagan pensait en lui demandant ça, mais Néphy secoua la tête sur les côtés avec énergie.

« Non, ce n’est pas le..., » commença Néphy.

« Alors, mange. Il n’y a aucune chance que tu n’aies pas faim, n’est-ce pas ? » Il l’avait dit une fois de plus d’une manière où il avait l’impression de la presser à le faire, mais il semblerait que Néphy s’était aussi habituée à sa manière de parler. Elle n’avait fait qu’une curieuse expression et n’avait pas semblé avoir peur de lui cette fois-ci. Il s’agissait probablement de quelque chose qu’il aurait dû réaliser plus tôt.

En tant que sorcier, Zagan était capable d’utiliser la sorcellerie pour atténuer sa sensation de faim, mais Néphy avait son mana scellé par le collier, donc ce n’était pas possible. De plus, elle n’avait pas l’air d’avoir beaucoup de force physique. En premier lieu, elle n’avait eu rien d’autre à manger depuis ce matin que de la viande séchée et du lait, ce qui était quelque chose qu’on ne pouvait même pas appeler un repas.

Comme s’il confirmait ce que Zagan avait dit, l’estomac de Néphy avait émis un adorable grognement.

À ce moment-là, les oreilles pointues s’étaient légèrement teintes en rouge.

« Est-ce que même moi, je peux manger ? » lui demanda Néphy.

« Quoi... ? Y a-t-il une raison de ne pas le faire ? » lui demanda Zagan.

En fait, se pourrait-il que ce soit un choix de menu trop frugal ? Cependant, sa réaction cette fois-ci semblait être différente de celle qu’elle avait eue le matin.

Et puis, Zagan s’était soudainement souvenu de sa situation.

« ... Se pourrait-il que ce soit la première fois que tu aies un repas comme celui-ci ? » Néphy avait fait un simple signe de tête.

Ah, je vois... Néphy était... comme ça aussi..., pensa-t-il.

Zagan avait l’impression qu’il avait enfin compris pourquoi il était tombé amoureux de Néphy au premier regard.

Elle était la même chose que lui.

Elle était la même que Zagan à l’époque où il n’avait aucun pouvoir, aucun endroit auquel il appartenait, alors qu’il était désespéré face à la dureté du monde.

C’est pourquoi Zagan avait pu lui donner la réponse suivante comme si ce n’était rien.

« Alors, ne t’inquiète pas pour ça. Je suis également semblable à toi dans ce sens. C’est bien si tu manges tout ce qui a l’air bon. Ici, il n’y a personne face à qui tu dois faire preuve de retenue, » déclara Zagan.

« Pourtant, je..., » commença Néphy.

« C’est assez, mange. Il s’agit d’un petit restaurant, mais cela reste beaucoup mieux que la viande séchée de ce matin, » en disant cela, Zagan avait apporté une tranche de viande à sa bouche, mais en vérité, il ne pouvait pas vraiment en saisir le goût.

Ne se sent-elle pas déprimée à la suite des discussions sur le collier ? Et aussi, franchement, comment l’inviter normalement à un repas à deux ? Tandis que ses questions et ses angoisses tournoyaient dans son esprit, Zagan ne pouvait même pas goûter quoi que ce soit.

Néphy avait posé sa petite main serrée contre sa bouche. Les coins de ses yeux se relevaient aussi, et c’était peut-être l’imagination de Zagan, mais ces actions semblaient indiquer qu’elle riait.

Après cela, Néphy avait mis ses deux mains ensemble et avait pris la fourchette.

« Merci pour le repas, » la première chose qu’elle avait tenté de saisir avait été une petite tomate. Elle avait essayé de la poignarder avec la fourchette, mais cela ne s’était pas très bien passé et la tomate avait glissé.

L’expression de Néphy ne semblait pas du tout changer, mais l’extrémité de ses oreilles pointues était légèrement teintée en rouge. Il semblait qu’elle était embarrassée à sa façon.

« ... » Après avoir remarqué le regard de Zagan, le corps de Néphy avait tremblé en un léger frémissement, et cette fois elle avait pris une cuillère à la main. Après avoir ramassé délicatement la tomate, elle l’avait finalement portée à ses lèvres roses.

« Hein... ? » En le plaçant sur sa langue, Néphy avait fait un visage empli de curiosité. Il était probable que la tomate n’avait aucun goût.

Il n’a pas de goût si on lèche la peau... Mords dedans ! Zagan n’était pas assez confiant pour lui donner de gentils conseils comme il le souhaitait. Et, par-dessus tout, Néphy elle-même aurait probablement été embarrassée s’il avait essayé de le faire.

Tandis qu’il la regardait attentivement et l’encourageait dans son cœur, Néphy avait finalement enfoncé ses dents dans la tomate.

Avec le son de quelque chose de juteux écrasé, les yeux de Néphy s’étaient ouverts en grand.

« C-Comment est-ce que c’est... ? » Incapable de répondre, après avoir déplacé la bouche silencieusement pendant un certain temps, Néphy avait fait un simple signe de tête. En raison de ce mouvement, ses cheveux blancs comme neige s’étaient déplacés le long de sa poitrine.

« Je pense... que c’est délicieux. » Après qu’il eut dit ça, trouvant peut-être ses mots insuffisants, elle secoua la tête.

« C’est la première fois... que je mange... ça. » Maintenant qu’il y avait pensé, quand elle avait dit qu’elle allait cuisiner pour lui, elle avait dit qu’elle avait appris en observant. Il se pouvait aussi qu’elle ne fût pas dans un environnement où elle pouvait manger n’importe quoi.

Un tel environnement était quelque chose à déplorer, mais au contraire, le visage de Zagan semblait se relâcher en raison de l’affinité qu’il ressentait envers elle.

« L’aimes-tu bien ? » lui demanda-t-il.

« Je ne sais pas... vraiment. » En disant cela, elle avait ramassé une autre tomate dans sa cuillère.

« Je pensais... que ce serait une sorte de douceur. Mais... manger quelque chose de si juteux comme ça... est une première pour moi, » déclara-t-elle.

Eh bien, je suppose que la petite tomate ressemble à une boule de bonbons, pensa-t-il.

Zagan avait également vécu un événement comprenant le vol d’une tomate dans un magasin alors qu’il pensait avant ça qu’il s’agissait d’un bonbon. Il avait été déçu du goût aigre après l’avoir mangé. Et juste après ça, il s’était fait attraper et pour couronner le tout, il avait été tabassé.

Je vois. Après tout, c’est une fille. Je pense donc qu’elle aime les sucreries, pensa-t-il.

Zagan avait l’impression que c’était la première fois qu’il apprenait quelque chose sur ce que l’on pourrait appeler les goûts de Néphy. Il avait pensé à commander une sorte de dessert sucré plus tard.

Tout en pensant à de telles choses, Zagan avait également étiré sa fourchette vers une tomate.

« Argh..., » cependant, tout comme pour Néphy, elle avait été poussée plus loin.

Il avait essayé de l’attraper deux ou trois fois, mais comme prévu, il ne pouvait pas bien la poignarder. Zagan n’utilisait généralement pas de fourchette, donc sa lutte avait du sens.

Alors qu’il s’était résigné et qu’il pensait à la place à utiliser la cuillère... Néphy avait ramassé cette tomate avec sa cuillère. Puis, elle avait présenté cette cuillère à Zagan.

« ... Je vous en prie, » déclara Néphy.

« Qu’est-ce que... c’est... !? » Les yeux de Zagan s’étaient ouvert en grand.

— Est-ce qu’elle... me nourrit... ? Il essaya de se rappeler pourquoi la scène lui paraissait si familière. Il était sûr d’avoir déjà vu ça avant.

Un homme et une femme qui semblaient très proches et qui utilisaient une cuillère pour se nourrir mutuellement d’une confiserie — bien qu’il s’agissait dans ce cas d’une tomate.

À ce moment-là, un sentiment de haine s’était développé en lui, qu’il ne pouvait même pas expliquer correctement, mais il savait qu’il n’avait pas de sentiments particuliers envers l’action elle-même, mais à propos de quelque chose de différent. Pourtant, il pensait bien qu’un jour viendrait où il serait lui-même confronté à cela.

Elle faisait un visage calme, mais le bout des oreilles de Néphy était rouge vif. Après l’avoir regardée un peu plus longtemps, il avait remarqué que ses joues avaient aussi commencé à rougir légèrement.

Attends, n’est-ce pas la cuillère que Néphy a mise dans sa bouche ? N’avait-elle pas indiqué qu’il pouvait la mettre dans sa propre bouche ?

Zagan avait rapproché sa bouche de la cuillère, alors que la tension l’avait presque submergé. Finalement, la tomate était arrivée sur sa langue.

Mordant dedans, des gouttelettes remplies d’un goût acide avaient inondé sa bouche.

« ... Est-ce bon, hein ? » demanda Néphy.

« ... Oui, » répondit-il.

Après cela, Néphy s’adressa à lui d’une voix basse comme si elle chuchotait. « Maître, n’allez-vous pas me donner d’ordres ? »

« C-C’est vrai. » Avant ça, il ne savait même pas de quoi parler. Même s’il pensait vouloir lui donner une tâche, il n’avait aucune idée de ce qu’elle devait faire.

Tout en gardant la même expression, Néphy hocha la tête comme si elle vérifiait quelque chose.

« Maître, pourriez-vous me pardonner... de penser que je pourrais vous être utile ? » C’était le tout premier moment où Néphy avait mis son désir dans des mots de son propre chef.

Cependant, le fait d’avoir exprimé cela avec des mots ne lui avait pas mystérieusement donné l’impression qu’elle essayait de le flatter.

Elle était sûrement dans une position où elle hésitait même à s’accrocher à n’importe quelle sorte d’aspiration.

Et pourtant, il ne s’agit pas d’elle... Elle pose des questions sur moi, n’est-ce pas ? Pour une fois, Zagan avait été capable de répondre en toute honnêteté.

« Je te l’autorise. Néphy, tu peux faire ce que tu veux, » déclara Zagan.

... En fin de compte, il n’avait pu lui parler que sur un ton arrogant.

Malgré tout, Néphy acquiesça d’un signe de tête avec une expression sérieuse.

« D’accord. J’y mettrai tous mes efforts. » C’était une réponse terriblement formelle, mais Zagan était heureux de voir qu’elle faisait preuve de sa propre volonté.

« T-Très bien. Alors, je te laisse faire, » alors qu’il pointait sa fourchette vers une autre tomate pour tenter de cacher sa gêne, il avait réussi à l’embrocher.

Zagan était sur le point de le porter à sa bouche, mais il arrêta ses pensées et il la plaça devant Néphy.

« Euh... ? » Comme si elle ne comprenait pas le sens de ce geste, Néphy avait incliné la tête sur le côté.

Ne l’a-t-elle pas elle-même fait ? se demanda-t-elle.

Peut-être que par un pur hasard, l’avait-elle fait sans le remarquer ? Cependant, malgré cela, elle semblait assez embarrassée.

Pourtant, tout cela était aussi assez embarrassant pour Zagan. Le fait de maintenir une telle posture pendant une longue période de temps était difficile, même en utilisant le pouvoir de la sorcellerie.

« Ne l’as-tu pas aimée ? Alors peut-être que tu le voudrais, » après qu’il eut dit cela, Néphy avait finalement semblé avoir remarqué qu’il retournait ce qu’elle avait fait juste avant.

Non seulement ses oreilles, mais même ses joues étaient devenues rouges quand elle avait timidement ouvert la bouche.

Avec ses lèvres roses ouvertes, il avait aperçu ses dents blanches scintillantes, et la langue qui s’étirait de là semblait étrangement coquette. Pendant qu’elle faisait entendre une voix comme si elle haletait, la tomate était tombée dans les profondeurs au-delà de ses lèvres.

Après avoir retiré la fourchette, certaines gouttelettes s’étaient répandues, puis elles avaient transité le long de sa mâchoire.

Comme si elle n’était pas capable de supporter la timidité, Néphy se couvrit le visage.

D’une certaine manière, c’était comme s’il la taquinait, mais au lieu de ressentir des remords, Zagan voulait encore plus la voir faire ce genre de visage.

« Comment est-ce ? » Tandis qu’il essayait de lui demander cela, Néphy avait regardé à travers les ouvertures de ses doigts avec une expression trop sérieuse et avait hoché la tête.

« C’est... délicieux, » répondit-elle.

« ... C’est sûr, hein ? » murmura Zagan.

Zagan n’arrivait pas à se débarrasser du sentiment qu’il lui avait fait du tort d’une manière ou d’une autre. Et ce petit échange avait été vu par toutes les personnes à l’intérieur du restaurant. Lorsqu’ils s’en étaient finalement rendu compte, ils avaient fini par quitter le restaurant dans un certain état d’agitation.

Après tout cela, la paire maladroite s’était placée avec la perception mutuelle qu’ils étaient pour le moment à leur manière, maître et serviteur.

***

Chapitre 3 : C’est terrifiant quand un enfant normalement silencieux se met en colère

Partie 1

C’était arrivé il y a une semaine — le matin du jour où Zagan et Néphy s’étaient rencontrés.

Dernièrement, il y avait eu des enlèvements en série de jeunes femmes dans la ville commerçante de Kianoides. Les criminels n’étaient qu’une poignée de sorciers, et il semblait que les filles étaient utilisées comme sacrifices pour une sorcellerie particulièrement répugnante.

Le groupe de Chastille était l’escouade assignée pour l’asservissement de ces criminels. Après avoir vaincu les grands sorciers impliqués dans le crime, ils avaient sauvé les filles capturées. Il s’agissait vraiment du retour triomphal des héros — et quelque chose d’étrange s’était produit immédiatement après ça.

Les filles sauvées avaient été laissées aux renforts venant de l’église. Au petit matin, alors que l’escouade de subjugation revenait à Kianoides avant eux, Chastille s’était retrouvée dans une situation problématique alors qu’elle ne portait pas son équipement, car elle venait de finir de se baigner.

À ce moment-là, l’un des hommes qui l’avaient souvent protégé jusque là avait soudainement dégainé son épée et il avait attaqué ses alliés. Grâce à l’aide de ses autres camarades, elle avait réussi à s’enfuir de cet endroit, mais elle ne possédait pas d’armes décentes et s’était immédiatement retrouvée acculée.

Cependant, il s’était avéré que cet homme était quelqu’un d’autre, un sorcier qui avait pris la propre peau de l’ancien soldat pour se faire passer par lui. Un jour plus tard, l’enveloppe sans peau de cet homme serait découverte alors qu’elle avait été emportée sur le rivage par la rivière proche du lieu de l’incident.

Et en ce moment, Chastille était sur le point d’éprouver la même douleur... Non, elle savait qu’elle subirait un sort pire que lui, étant donné qu’elle était une femme, mais à ce moment-là, « quelqu’un » avait fini par la sauver.

Ça ne pouvait pas être... un simple rêve, pensa-t-elle.

Il s’agissait d’un homme aux yeux beaucoup plus cruels que celui qui l’avait attaquée. En vérité, il avait tué un adversaire qui mendiait pour sa vie sans aucune hésitation, comme si pour lui, il n’était rien, une nuisance, ou un déchet.

Mais malgré ça, elle pensait à quelque chose d’étrange quand elle se remémorait de son sauveur. D’une façon ou d’une autre, il avait l’air d’être accablé par une profonde solitude.

Après une petite enquête, elle avait très rapidement découvert que son sauveur était un sorcier bien connu dans les environs nommé Zagan. Et depuis, pour quelques raisons inconnues, Chastille ne pensait qu’à lui.

Oui, ce matin-là, quand elle avait été attaquée dans la Forêt des Perdus, Zagan avait sauvé Chastille.

Tout en rabattant ses cheveux roux, elle s’était écrasé face contre son bureau.

« Haaaa..., » et après ça, elle avait poussé un profond soupir.

 

 

« Vous inquiétez-vous à propos de quelque chose, Archange Chastille ? » En entendant une voix l’appeler depuis derrière elle, cela avait fait sursauter Chastille.

« M-Mes excuses, Votre Éminence Clavwell ! » Un vieil homme vêtu de la tenue de cérémonie d’un prêtre de haut rang se tenait là. Un Cardinal — en fait, une personne parmi les plus hauts dignitaires de l’Église, et le supérieur direct de Chastille.

Le vieil homme avait alors fait un léger sourire et secoua la tête.

« S’il vous plaît, ne soyez pas si formelle. Si l’héroïne qui a subjugué les criminels derrière l’enlèvement en série devait s’humilier ainsi, alors j’aurais l’hostilité de la population dirigée vers moi. Sans parler du fait que vous êtes aussi la Vierge de l’Épée Sacrée, n’est-ce pas ? » Vierge de l’Épée Sacrée — c’était le titre conféré à Chastille.

Pouvant couper à travers les cercles magiques des sorciers, annulant les effets de la sorcellerie, il était dit que si les douze Épées Sacrées étaient réunies, ils étaient même capables d’affronter un Archidémon avec une chance de victoire. Les Épées Sacrées étaient les armes ultimes de l’Église.

Contrairement à l’époque où elle avait été sauvée par Zagan, Chastille portait son Armure Sacrée, et à côté d’elle se tenait une grande épée dont la longueur couvrait à peu près sa propre taille. Ils étaient tous deux de l’équipement anti-sorcière et servaient aussi de tenue vestimentaire formelle pour des lieux nécessitant un certain respect de l’étiquette.

Chastille secoua la tête sur les côtés.

« ... J’ai même perdu quatre des Chevaliers Angéliques qui m’ont été confiés par Votre Éminence. C’est un échec dû à mon inexpérience. Pourquoi serais-je récompensé pour cela ? » Meyers, Emilio, Jamilio, et Doran étaient tous des Chevaliers Angéliques fiers et vaillants.

Ce matin-là, s’il n’y avait pas eu l’attaque-surprise, ils auraient probablement facilement remporté la victoire même contre ce sorcier.

Leur mort était un événement tragique causé par l’insouciance de Chastille.

Le vieux Cardinal secoua alors la tête d’une manière affectueuse.

« Ce n’est pas de votre faute. Ceux qui devraient être abhorrés sont ces sorciers damnés qui manipulent une telle sorcellerie répugnante. Vous avez splendidement vengé vos camarades tombés au champ d’honneur et vous êtes revenue. C’est une bonne chose que vous soyez fière de cela, » déclara le Cardinal.

« ... Compris. » Avec une expression compliquée sur son visage, Chastille lui fit un signe de tête.

Ce n’est pas elle qui avait vengé ses camarades tombés au champ d’honneur. C’était un sorcier de passage. Sans lui, même Chastille n’aurait pas été présente.

Et pourtant, c’était Chastille qui avait été reconnue ici comme étant celle ayant réalisé ce haut fait.

Chastille était une fervente croyante dans l’Église, mais elle comprenait aussi que l’Église n’était pas aussi saine et sacrée qu’ils le prétendaient. Elle avait des responsabilités en tant qu’Archange, un titre qu’elle avait gagné en raison de son talent avec une Épée Sacrée, mais elle n’avait pas l’intention de rejeter sa propre volonté.

Elle savait au moins faire la différence entre les mots qu’elle devrait dire et ceux qu’elle ne devrait pas dire.

Le Cardinal fixa alors Chastille d’un regard fixe.

« Chastille, il semble que vous enquêtiez sur le sorcier Zagan, n’est-ce pas ? » lui demanda le Cardinal.

« Tout à fait, » Chastille lui répondit clairement avec un signe de tête l’accompagnant.

« Le sorcier qui nous a attaqués se nomme Zagan, » déclara-t-elle. C’était d’ailleurs le nom qu’il leur avait donné. Mais Zagan est en vérité le nom du sorcier qui m’a sauvée.

En d’autres termes, il prenait ce nom et commettait des crimes.

L’une des raisons pour lesquelles Chastille enquêtait sur Zagan était qu’elle voulait prouver son innocence. Et face au Cardinal, elle avait étalé les documents sur lesquels elle enquêtait.

« Cependant, d’après ce que j’ai compris, le sorcier connu sous le nom de Zagan semble être une personne complètement différente, » Le Cardinal acquiesça alors comme s’il le savait déjà.

« Il est probable que c’était le sorcier connu sous le nom de “Peleur de Visage”. Comme son nom l’indique, il épluche la peau fraîche des gens et l’utilise pour alimenter sa sorcellerie répugnante. Un ordre avait été envoyé pour l’assujettir. Il semble qu’il soutenait aussi les enlèvements en série, » en raison de ces mots, Chastille avait compris que le Cardinal avait aussi enquêté sur l’affaire.

« Écoutez-moi Chastille. Cette affaire... n’a pas été classée. Il semble qu’à part les sorciers que nous avons amenés à la lumière, il y a toujours le véritable coupable derrière tout cela, » déclara le Cardinal.

« ... Pff, est-ce que d’autres victimes sont apparues ? » Le Cardinal secoua alors négativement la tête comme pour la réconforter.

« Ne soyez pas téméraire, Chastille. Grâce aux efforts de votre escouade, les plans de ces maudits sorciers ont certainement été entravés... Cependant, d’après notre enquête sur leur cachette, nous en sommes arrivés à la conclusion qu’il y a toujours un véritable coupable qui a été négligé. » Il y avait encore des survivants autres que le « Peleur de Visage » qui avait attaqué Chastille.

Ai-je encore la chance de venger mes camarades ? Après avoir avalé sa salive en raison de la tension, le Cardinal prononça son nom d’une voix solennelle.

« Le sorcier Zagan — un sorcier qui a construit le pouvoir à un rythme effrayant ces dernières années, » déclara-t-il.

« Quoi —, » sans le vouloir, Chastille avait haussé sa voix.

« Cet homme ne devrait pas être lié au coupable, » déclara-t-elle.

« Le nom d’un sorcier sans lien de parenté est apparu deux fois au cours des mêmes incidents. Il ne peut s’agir d’une simple coïncidence, » et par cette déclaration, le Cardinal avait transmis ce qui suivait sur un ton lourd.

« Les sorciers sont mauvais. Ils doivent être détruits. Même s’il n’est pas lié à l’incident, rien ne change le fait qu’il est un homme maléfique qui doit être traduit en justice. Ainsi, notre branche Kianoides réalisera la subjugation du sorcier Zagan, » déclara-t-il.

« Tch..., » c’était un précepte de conformité absolue vanté par l’église.

En vérité, il aurait même pu être approprié d’appeler cela une malédiction.

Jusqu’à ce que les sorciers soient annihilés, l’église continuera à les chasser, pensa-t-elle.

Même si Zagan avait été faussement accusé d’un crime, une fois que l’église avait décidé de le chasser, il n’y avait pas de révocation de cette décision. Même si un manieur d’une Épée Sacrée comme Chastille était vaincu, même si des milliers et des dizaines de milliers de cadavres étaient empilés, l’Église ne s’arrêterait pas jusqu’à ce que le sorcier soit tué.

Compte tenu de ce fait, il n’y avait aucun sens pour Chastille à revendiquer son innocence.

Au contraire, il était tout à fait possible qu’elle soit considérée comme une traîtresse et jugée comme hérétique.

Je n’ai pas l’intention de tenir ma propre vie trop chèrement, mais rien ne changera si j’agis sans prudence, pensa-t-elle.

Si elle voulait rendre la faveur à celui qui lui avait sauvé la vie, elle ne pouvait pas simplement râler ou protester ici et se faire mal voir.

Elle avait dû prendre des mesures pour le protéger et le laisser s’échapper.

Après avoir fermé les yeux pendant une courte période, Chastille avait ouvert la bouche.

« Alors, Votre Éminence, par tous les moyens, veuillez accorder à l’Archange Chastille le devoir de soumettre ce Zagan. S’il vous plaît, donnez-moi l’occasion d’effacer la disgrâce de mon échec antérieur. » En réponse à ces paroles, le Cardinal avait fait entendre une voix d’admiration avec un « Oooh... ».

« Bien parlé. Comme on peut s’y attendre de notre Archange, la Vierge de l’Épée Sacrée, » déclara le Cardinal.

Chastille savait que sa décision pouvait ruiner sa vie. Mais même ainsi, elle avait ses propres convictions.

Même si elle allait à l’encontre de l’église, elle avait des choses sur quoi elle ne céderait jamais.

Même si personne ne la remerciait pas, même si les gens du monde lui crachaient dessus, si elle devait jeter ses convictions juste pour protéger sa propre vie, alors elle aurait préféré choisir la mort.

C’est précisément parce qu’elle était ce genre de femme qu’on lui avait accordé une Épée Sacrée à l’âge mûr de dix-sept ans. Et en plus...

Cet homme... avait des yeux emplis de solitudes, pensa-t-elle.

C’était comme si, même si au fond de son cœur, il cherchait la chaleur, il ne pouvait pas l’accepter et repoussait tout. C’étaient les yeux d’un chien errant.

À cette époque, celui qui avait vraiment besoin d’être sauvé n’était pas Chastille, mais cet homme. C’était au point où elle pensait de telles choses...

C’est pourquoi Chastille avait fait de cette mission sa propre quête.

***

Partie 2

« Maître, peut-être, êtes-vous réveillé ? » Zagan était celui qui dormait plus ou moins alors qu’il était assis là.

Le trône du château était au centre de la barrière, donc c’était également le point où toutes ses fonctionnalités étaient concentrées. S’il était assis là, peu importe l’attaque qu’il recevrait, il ne perdrait pas la vie en une seule frappe. Et surtout, si une présence suspecte s’approchait de lui, il pourrait immédiatement la sentir.

En d’autres termes, sous la protection solide de son château se trouvait un espace encore plus vraiment sécurisé au sommet du trône.

Ainsi, plutôt que de dormir dans une autre pièce, ou même juste à côté du trône, il pourrait mieux réagir s’il était assis normalement dessus. C’est pourquoi, avant même qu’il ne s’en rende compte, c’était devenu une habitude d’y dormir ainsi.

Et c’était maintenant le matin.

« Bonjour, Maître ! » Néphy, vêtue de sa tenue de servante, l’avait saluée ainsi.

Ce n’est pas comme si elle l’avait réveillé.

« O-Oui, » quand Zagan lui avait répondu, Néphy avait fait un geste de la tête puis elle avait incliné son corps.

« Les préparatifs pour le petit-déjeuner sont terminés. Venez-vous manger ? » lui demanda-t-elle.

« Hein, petit-déjeuner ? L’as-tu préparée, Néphy ? » lui demanda Zagan.

« Tout à fait, » certes, hier matin, elle avait dit qu’elle ferait les repas, mais il n’aurait pas pensé qu’elle serait prête à le faire immédiatement dès le lendemain...

Et là, une question lui était venue à l’esprit.

« Se pourrait-il que tu attendes que je me réveille depuis tout ce temps ? » lui demanda Zagan.

« Oui, » répondit Néphy.

« ... Tu peux me réveiller dans des moments comme ceux-là, » déclara Zagan.

« Mais vous aviez l’air endormi..., » après lui avoir dit cela, Zagan avait ressenti quelque chose d’étrange.

Maintenant que j’y pense, le fait d’avoir quelqu’un devant moi sans que cela me réveille... c’est plutôt étrange, n’est-ce pas ? se demanda-t-il.

Il savait que le simple fait de négliger le sommeil pendant une journée ne suffisait pas à le faire tomber dans un sommeil aussi profond.

Tout en baissant la tête dans l’étonnement, il s’était souvenu que Néphy était encore debout là où elle se tenait tout le temps.

« Si tu es restée là, ne te sens-tu pas fatiguée ? » lui demanda-t-il.

« Je vais très bien. Je crois que c’est grâce au mana dans mes bottes, » maintenant qu’il s’en remémorait, la vendeuse du magasin de vêtements avait dit qu’elles avaient le pouvoir de réduire la fatigue. Cela avait certainement eu cet effet.

« Pendant que tu attendais mon réveil, étais-tu immobile pendant tout ce temps ? » lui demanda-t-il.

« Non, je regardais votre visage, Maître, » déclara Néphy.

« Je vois..., » alors qu’elle lui avait dit ça, Zagan s’était couvert le visage.

Cependant, puisqu’elle avait fait des pieds et des mains pour préparer un repas, il ne pouvait pas la faire attendre indéfiniment.

« Le petit-déjeuner, c’est ça ? » demanda-t-il.

« Oui, » tandis que Zagan se levait, Néphy s’avançait sur le côté et s’inclinait.

Elle avait déjà les manières d’une femme de chambre professionnelle.

Alors qu’il se dirigeait vers la salle à manger du château, Zagan lâcha un léger « Ah ! »

« Euh... ? Il y a un problème ? » lui demanda Néphy.

« Ah, euh, Néphy, » balbutia Zagan.

« Oui, » en réponse à la fille qui inclinait la tête sur le côté tout en le regardant fixement, Zagan se gratta la nuque et l’appela d’une voix agitée.

« ... Bonjour, Néphy, » il s’agissait des mots qu’il ne pouvait pas lui dire la veille.

Néphy cligna deux fois des yeux comme si c’était inattendu, puis elle parla d’une voix enchanteresse.

« Oui. Bonjour, Maître. » D’une manière ou d’une autre, l’intérieur de la poitrine de Zagan était chaud et il se sentait étrangement bien.

 

◇◇◇

 

La porte du côté droit du hall d’entrée donnait accès à une salle à manger.

La salle spacieuse de l’autre côté possédait une unique longue table qui pouvait accueillir une vingtaine de personnes, et un lustre extravagant était suspendu au-dessus.

Cet endroit aurait aussi dû être un cimetière rempli de squelettes et de toiles d’araignée, mais à l’heure actuelle, c’était incroyablement propre. Même la nappe n’avait pas un seul pli, comme si elle était toute neuve.

Il semblait que Néphy était le genre de fille qui, lorsqu’on lui donnait un travail, se déplaçait et l’exécutait méticuleusement.

Sur la table maintenant immaculée, il y avait une salade saupoudrée d’huile et du pain moelleux. Juste au moment où Zagan pensait que l’un des bols était vide, Néphy y avait versé de la soupe réchauffée. Elle semblait tenir compte du fait que Zagan pourrait ne pas se réveiller tout de suite.

Il s’agissait d’une quantité modérée de nourriture, mais même Zagan avait compris que c’était un menu avec un bon équilibre nutritionnel.

Et puis, il avait incliné la tête sur le côté.

« Hm ? Hier, est-ce qu’on a acheté quelque chose comme du pain ? » lui demanda Zagan.

« Non. Je l’ai fait cuire il y a un instant, » répondit Néphy.

« Peux-tu même faire du pain ? Toute seule ? » Zagan avait fait une tête comme s’il n’arrivait pas à le croire, et Néphy avait incliné sa tête sur le côté comme un petit oiseau.

« Est-ce que c’est étrange ? » lui demanda Néphy.

« Je n’en sais rien. C’est la première fois que je rencontre quelqu’un qui sait si bien cuisiner. Du moins, il n’y avait personne autour de moi qui pouvais faire un aussi beau repas, » répondit-il.

« Est-ce que c’est le cas ? » Bien qu’elle murmurait cela d’une voix monotone, Zagan ne négligeait pas le fait que ses longues oreilles tremblaient.

Est-ce que c’est peut-être un signe... qu’elle est ravie ? Il était certain que lorsqu’elle était gênée, le bout de ses oreilles devenait rouge.

On disait que les yeux en disaient beaucoup plus sur une personne que sa bouche, mais dans le cas de Néphy, il aurait été plus facile d’observer ses oreilles.

Tout en trouvant une telle découverte agréable, Zagan remarqua que Néphy était toujours debout.

Sur la table, seule la portion de nourriture de Zagan avait été préparée.

« Néphy, as-tu déjà mangé ? » lui demanda Zagan.

« Non, » répondit-elle.

« Alors, maintenant, mange avec moi, » au contraire, Zagan se sentait mal à l’aise s’il mangeait tout seul.

Néphy avait légèrement remué sur elle-même comme si elle était troublée.

« Qu’est-ce qui ne va pas ? » lui demanda-t-il.

« C’est... j’ai seulement fait assez... pour la part du Maître, » répondit Néphy.

« N’avais-tu pas l’intention de manger ? » lui demanda Zagan.

« Eh bien, j’ai tout simplement oublié de faire ma propre portion. » Ça ressemblait vraiment à quelque chose que cette fille ferait.

Et laisser une fille digne d’éloges sans rien et manger tout seul n’était pas quelque chose que Zagan pouvait supporter.

« Alors, c’est correct de le partager en deux, n’est-ce pas ? » Zagan avait séparé le pain en deux.

Le pain fraîchement cuit était encore un peu chaud, et il s’était facilement séparé alors qu’il s’étirait un peu. Tandis que l’arôme parfumé frottait vers le nez de Zagan, il poussait un soupir avec un « Hooo ».

Cependant, Néphy n’avait toujours pas pris place.

« Et si tu t’asseyais ? » lui demanda Zagan.

« ... La seule chaise que j’ai réussi à préparer... est celle que vous utilisez, Maître. » Au début, cette pièce était tellement sale qu’elle ne pouvait pas être considérée comme un bon environnement pour un repas. Si Néphy avait nettoyé le dessus pour la nourriture, alors elle n’avait pas encore eu le temps de préparer toutes les chaises, surtout qu’elle n’avait pas prévu cette situation.

Zagan aurait pris un autre siège sans se soucier de se salir, mais toutes les autres chaises avaient déjà été rangées ailleurs.

Si je lui cède la seule chaise à table... Non, Néphy ne s’assiérait jamais à la table qu’elle a faite juste pour moi, hein ? pensa-t-il.

Cependant, il ne pouvait rien voir qui ressemblait à un siège dans la zone. Et donc, pour l’instant, il avait pensé que c’était bien de partager la chaise. Cependant, la chaise n’avait pas semblé être faite de façon assez large. Si les deux s’asseyaient dessus, il était clair qu’elle basculerait.

Non, il devrait être possible de le garder stable, n’est-ce pas ? pensa-t-il.

Même s’il était inutile d’essayer de s’asseoir sur la moitié de la chaise, cela fonctionnerait peut-être si elle s’asseyait sur ses genoux. Vu le poids de Néphy, cela ne l’aurait pas dérangé du tout si elle s’était assise sur lui pendant qu’ils mangeaient, et puisqu’ils seraient tous les deux face à la nourriture, c’était une bonne idée. Pour le dire franchement, Zagan venait de se réveiller et il était peut-être encore à moitié endormi.

C’est pourquoi il n’avait pas douté une seule seconde que c’était la meilleure solution.

Après s’en être assuré, Zagan hocha la tête.

« Alors tu peux t’asseoir ici, » déclara-t-il.

« P-Par ici, vous voulez dire... ? » Néphy avait tressailli.

En entendant la voix perplexe de Néphy s’échapper, Zagan indiqua irrémédiablement ses propres genoux.

Il était évident de constater que les yeux azur de Néphy tremblaient en raison du malaise ressenti lorsqu’on lui avait dit de s’asseoir sur ses genoux. On aurait même dit que les pointes de ses cheveux blancs comme neige étaient en train de pousser.

Mais en raison de la réaction de cette fille, Zagan s’était finalement rendu compte qu’il disait quelque chose d’étrange.

Hm ? Non, attends ! Assise sur mes genoux... N’est-ce pas pratiquement la même chose que de s’enlacer tous les deux ? Revenant à la raison, il s’était quand même rendu compte que c’était une idée terrible, ce qui lui avait donné envie de se mettre en boule et de mourir.

Cependant, Néphy avait alors ouvert la bouche avec résolution pour parler.

« Je ne peux pas commettre un acte aussi grossier. » C’était tout simplement raisonnable. C’était aussi la meilleure réponse possible à donner dans une telle situation. Si Zagan avait simplement hoché la tête, tout aurait été réglé.

Cependant, le tact et l’efficacité de la réponse de Néphy avaient perturbé Zagan, de sorte qu’il avait fini par être complètement obstiné face à elle.

« Ne t’inquiète pas de ça. Je te dis que c’est très bien ainsi, » déclara-t-il

Qu’est-ce que je dis !? C’était peut-être simplement qu’il ne voulait pas admettre sa propre erreur. Franchement, si c’était quelque chose qu’il pourrait s’arracher, il était sûr qu’il se serait arraché la bouche après avoir dit cela.

« M-Mais..., » les bouts d’oreilles de Néphy étaient teints en rouge. Et tandis qu’il regardait son visage dont les yeux semblaient former de petites larmes...

Qu’est-ce que c’est ? J’ai l’impression que je vais la pousser dans un coin un peu trop cette fois-ci, pensa-t-il.

Même s’il savait que c’était impoli de sa part, après l’avoir vue si secouée, il avait envie d’en voir plus.

S’éclaircissant la gorge en toussant, Zagan avait encore une fois giflé le haut de ses jambes.

« Dépêche-toi de venir. Les aliments deviendront froids si tu prends trop de temps, » déclara-t-il.

« Euh..., » avec un soupir long et délicat, les oreilles pointues de Néphy s’affaissèrent.

Il semblait qu’elle avait abandonné.

« Maître, tout est... comme vous le demandez..., » Néphy s’était assise avec timidité sur les genoux de Zagan.

Elle l’a vraiment fait ! La douceur de ses fesses se transmettait à travers sa jupe. Il voulait l’étreindre par-derrière et doucement la caresser.

Sans le vouloir, les bruits de Zagan déglutissant avaient retenti.

Mais même ainsi, puisque c’était son ordre, Zagan avait fait semblant d’être calme et avait pris un morceau de pain.

« Tiens, tu peux le manger, » déclara-t-il.

« ... Maître, c’est... assez embarrassant, » les oreilles de Néphy étaient d’un rouge vif jusqu’aux racines.

« En effet. Je peux le dire en te regardant, » répondit-il.

« ... Maître, c’est méchant, » Néphy avait rapproché son visage de la paume de Zagan. Et puis, elle avait pris le morceau de pain avec ses lèvres roses et l’avait mangé.

« Je peux manger le reste tout seul, donc..., » commença-t-elle.

« D-D’accord, » il voulait regarder Néphy être timide un peu plus longtemps, mais il était arrivé au moment où le cœur de Zagan atteignait ses limites à cause des sentiments de culpabilité et de honte.

Et puis, il avait remarqué que les oreilles pointues de Néphy tremblaient.

C’était en effet embarrassant, mais il semblait qu’elle ne le détestait pas tant que ça.

Se sentant en quelque sorte soulagé de constater cela, Zagan avait ensuite pris la parole.

« La prochaine fois, assure-toi de préparer ta propre portion de nourriture, » déclara-t-il.

« ... D’accord, » répondit-elle.

« Ça ne me dérange pas non plus de refaire ça la prochaine fois, » continua-t-il.

« Je vais faire les préparatifs nécessaires pour la prochaine fois, » il s’agissait d’une réponse résolue.

Zagan avait ensuite tendu la main pour prendre de la soupe avant qu’elle ne soit froide, mais Néphy avait poussé la cuillère de côté avant qu’il ne puisse le faire.

« Néphy ? » Tandis que Zagan plissait ses sourcils, la fille habillée en servante avait ramassé de la soupe dans sa propre cuillère.

 

 

Après avoir doucement soufflé dessus pour la refroidir, elle l’avait tenue devant Zagan.

« Je vous en prie, profitez-en, Maître, » son expression était aussi inorganique que d’habitude, mais on aurait dit qu’elle était en colère.

Ainsi, il s’agit de sa vengeance pour ce que je lui ai fait ? se demanda-t-il.

Quoi qu’il en soit, la personne qui l’avait fait était également embarrassée. Les bouts de ses oreilles étaient teints en rouge comme s’ils brûlaient, et sa main, qui tenait la cuillère, tremblait légèrement. En pensant à la façon dont elle avait soufflé affectueusement sur la soupe pour la refroidir, plutôt que de se venger, cela ressemblait plus à une récompense.

J’ai le sentiment de vouloir qu’elle le fasse à chaque fois, pensa-t-il.

C’est pourquoi Zagan avait ouvert sa bouche et l’avait laissée faire ce qu’elle voulait.

Avec des mouvements un peu maladroits, Néphy avait porté la cuillère sur ses lèvres.

Il semblait être un mélange de viande d’agneau et de légumes racines qui avaient été bouillis dans du lait, mais après l’avoir placé dans sa gorge, Zagan pouvait sentir une sensation de chaleur s’étendre jusqu’à son estomac.

« Est-ce chaud, hein ? » lui demanda-t-il.

« Oui ? » lui demanda-t-elle en retour.

« Ah ! Non, je parle de la soupe ! » Bien sûr, il y avait également la chaleur de Néphy assise sur ses genoux, mais Zagan l’avait nié avec une grande agitation.

Néphy le fixait d’un air vide, mais après un petit moment, elle hocha lentement la tête.

« ... Oui. C’est... assez chaud, » comme si elle mordait dans quelque chose, Néphy l’avait dit à haute voix.

Ce serait bien... si ce genre de choses pouvait continuer pour toujours, pensa-t-il.

Et dans son cœur, elle s’était également dit ça à elle-même.

***

Partie 3

Ce jour-là, la chambre de Néphy était enfin impeccable.

Elle avait insisté pour faire toute seule le nettoyage, mais il lui était difficile de transporter avec ses bras minces des objets lourds comme les meubles. C’est pourquoi Zagan avait lui-même transporté des choses comme le lit et les commodes.

Cela étant dit, même aujourd’hui, les seuls vêtements qu’elle possédait étaient la robe qu’elle portait à l’origine, les vêtements de bonne et une poignée de sous-vêtements. Zagan voulait lui offrir un peu plus de variété par rapport à ce qu’elle avait là.

Je pense que je devrais réfléchir à la façon de gagner de l’argent, pensa-t-il.

Vendre ses connaissances en sorcellerie était la méthode la plus rentable pour gagner de l’argent, mais elle avait le défaut qu’il était facile de remonter jusqu’à lui. Bien que cela avait été possible quand il était seul, si l’Église intervenait maintenant et qu’il arrivait quelque chose à Néphy, cela ne pourrait pas être défait même s’il massacrait tous ses ennemis.

Dans ce cas, tout comme faire office de garde contre les bandits de l’autre jour, il serait rapide et facile de se faire embaucher par quelqu’un, mais il y avait aussi de longues heures de trajet, et il y avait des jours où il ne pourrait pas retourner au château.

Les gens disaient toujours qu’il y avait des choses qu’on ne pouvait pas acheter avec de l’or, mais c’était une réalité qu’il ne reste plus d’argent pour vivre correctement.

Il lui restait encore un peu d’argent de la récompense qu’il avait reçue pour avoir sauvé le chariot, de sorte qu’il n’aurait plus de problèmes de nourriture pour tout de suite, mais il lui fallait quand même penser rapidement à une contre-mesure.

Et puis, tout en continuant à nettoyer le château avec Néphy, quelques jours s’étaient écoulés.

Tandis que Zagan était dans les archives du château, parcourant des textes sur la sorcellerie qui s’étalaient devant lui, Néphy lui posa une question.

« Maître, que recherchez-vous depuis tout ce temps ? » Même s’il était absorbé dans sa vie heureuse avec Néphy, Zagan n’oubliait pas de se consacrer à l’étude de la sorcellerie.

Néphy s’occupait sans relâche de choses comme la cuisine et le nettoyage, donc même s’il l’aidait un peu, c’était rendu au point où il avait pu faire encore plus de progrès dans ses recherches.

En réponse, Zagan avait incliné la tête sur le côté. « Même si tu demandes quoi, est-ce que ça ressemble à autre chose que de la sorcellerie ? »

« Je crois... que c’est le cas, mais je ne vois pas la raison de dessiner de tels cercles..., » en entendant cela, Zagan avait été assailli par un certain émerveillement.

« La sorcellerie elfique est-elle différente ? » lui demanda-t-il.

Néphy secoua la tête, et ses cheveux blancs comme neige se balançaient dans l’air. « C’est parce que... Je ne peux pas utiliser la sorcellerie. » Il s’agissait d’une réponse inattendue.

Même si elle est censée posséder un mana de bien meilleure qualité que la plupart des autres..., pensa-t-il.

Il pensait que c’était vraiment dommage. Cependant, même si cela ne pourrait pas lui servir, Zagan indiqua le cercle magique qu’il était en train de dessiner.

« C’est ce qu’on appelle un cercle magique. C’est le “schéma” utilisé par les sorciers pour provoquer des phénomènes de la manière dont ils voudraient qu’ils arrivent, » déclara-t-il.

« Sch... éma? » Il semblait que c’était du vocabulaire qu’elle n’avait jamais entendu auparavant. Et ainsi, Zagan avait commencé à expliquer dès le début.

« Voyons voir. Par exemple, il y a des dispositifs en ville comme des roues à eau et des chariots, n’est-ce pas ? Ces choses sont différentes des simples outils tranchants et marteaux dans la mesure où ils sont composés de nombreux composants. Si ces composants ne sont pas tous assemblés correctement, l’objet ne fonctionnera pas. Le document qui indique toutes les mesures et autres pour consolider ces composants s’appelle un schéma, » expliqua-t-il avec douceur.

Une carriole possédait des mesures comme la taille des roues et de la boîte et elle comprenait des composants tels que la porte, les sièges faits de nombreux morceaux de bois assemblés avec des clous et des morceaux métalliques. Une roue à eau était encore plus complexe, et la taille et le nombre d’engrenages devaient être correctement réunis pour la créer. Ce n’était pas quelque chose que l’on pouvait faire avec juste de la pratique. Non, il fallait avoir un dessin que tout le monde peut comprendre d’un seul coup d’œil.

Néphy acquiesça d’un signe de tête lorsqu’elle parvint à le comprendre.

« La sorcellerie n’est pas si différente. Tout commence par le dessin du plan — dans notre cas, un cercle magique, » tout en parlant, Zagan avait dessiné un symbole sur le sol poussiéreux.

« Il y a une notion que de tels symboles possèdent du pouvoir. Le symbole de croix qui est vanté par l’Église est à peu près dans le même cas. On dit qu’il s’agit de lettres laissées par les dieux, ou de preuves de contrat avec le diable, mais je ne sais même pas ce qu’ils sont réellement. » Ou peut-être, la simple croyance qu’il y avait du pouvoir ou du divin en eux avait donné naissance au véritable pouvoir.

Après avoir touché à la sorcellerie, les lois du monde étaient devenues ambiguës, et il était devenu clair qu’il avait une structure insondable présente en toile de fond.

Après ça, Zagan avait entouré le symbole qu’il avait dessiné avec un cercle.

« Ceci... est le cercle magique avec la forme la plus simple. Celui-ci provoque un éclair de foudre, et après avoir versé du mana dedans, cela se produira, » déclara-t-il.

« Euh, quoi..., » elle ne pensait probablement pas qu’il l’activerait dans cet endroit, alors une voix paniquée s’était échappée de Néphy.

Mais même ainsi, alors que Zagan touchait le cercle magique, une petite étincelle crépitante se répandit.

Après s’être mise sur la défensive, Néphy avait cligné des yeux comme s’il s’agissait de quelque chose de totalement inattendu.

« Est-ce... un éclair ? » lui demanda-t-elle.

« Oui. Cela dit, il se disperse tout de suite dans l’air, de sorte qu’il n’a pas l’air d’être un éclair, » répondit-il.

« Haaaa..., » en voyant Néphy faire une réponse insatisfaite, un sourire semblait se glisser sur le visage de Zagan.

« Tout cela n’est pas si différent des feuilles qui flottent à la surface de l’eau. Tu ne peux pas donner naissance au feu juste en frappant le silex ensemble, n’est-ce pas ? C’est pourquoi nous ajoutons des symboles pour amplifier l’effet. Il y a des symboles pour déterminer la direction de la puissance, des symboles pour définir la portée et des symboles qui définissent le moment de l’activation, » tout comme lorsqu’il avait dessiné le symbole pour la foudre, Zagan avait continué à dessiner plusieurs symboles alignés ensemble, puis avait tracé un cercle autour du tout.

« Maintenant, avec ces symboles en plus, nous pouvons enfin créer un phénomène digne de ce nom, » alors qu’il déversait du mana, des traînées d’éclairs descendirent en provenance du plafond.

« Hya, » en entendant Néphy laisser sortir un petit gémissement, Zagan avait légèrement ri.

« Désolé, désolé. Cependant, grâce à ce cercle, n’importe qui peut utiliser la sorcellerie en versant la bonne quantité de mana. C’est pourquoi, même si tu traces un cercle magique, cela n’a pas de sens si ton ennemi le vole avant que tu ne puisses l’utiliser. C’est aussi pourquoi l’étape suivante est d’ajouter des contraintes pour que toi seul puisses l’utiliser, » d’une certaine manière, il s’agissait de la sorcellerie qui protégeait de la sorcellerie.

L’autre jour, lorsque Barbatos s’était introduit dans la barrière et que Zagan avait annulé l’effet de la sorcellerie de son ennemi, cela avait été fait en écrasant cette partie du cercle magique et en la volant.

« Cette chose doit être compliquée, sinon elle sera tout de suite saisie par un autre sorcier. À partir de là, c’est directement lié aux compétences de l’individu. Ainsi, un cercle magique avec ce genre de composition s’appelle un “circuit”, comprends-tu ça ? » La véritable force d’un sorcier était basée sur l’efficacité des circuits de haut niveau, ainsi que sur la capacité à protéger les symboles de son noyau.

On pouvait aussi dire que l’altération d’un cercle magique afin de remplacer le sort inscrit était une autre démonstration de force.

Après avoir entendu tout cela, Néphy semblait fixer le cercle magique avec un profond intérêt.

« Quelque chose ne va pas ? » lui demanda Zagan.

« Eh bien, Maître, vous avez ajouté le “circuit” à l’extérieur. Est-il possible de l’ajouter à l’intérieur ? » Avec un « Hooo », Zagan avait poussé un soupir d’admiration.

« C’est un bon point sur lequel se concentrer. La réponse est que c’est impossible, mais c’est également possible, » répondit-il.

« ... Quoi ? » Néphy avait incliné la tête sur le côté comme s’il disait n’importe quoi.

Mais Zagan avait continué sur un ton quelque peu étrange.

« Pour l’instant, ce serait comme prendre un cercle magique complété et créer un autre cercle magique en son sein. Mais en faisant cela, le flux de mana deviendra chaotique et ni l’un ni l’autre ne s’activera, ni ne se libérera spontanément. Cependant, comme la sorcellerie elle-même est basée sur le flux du pouvoir contenu dans le mana, cela devrait en théorie être possible, » Néphy ruminait un peu là dessus.

Après cela, elle avait ouvert la bouche comme si elle n’était pas entièrement convaincue.

« Est-ce que cela aide à mieux contrôler la sorcellerie activée ? » Cette fois, c’était Zagan qui avait ouvert en grand ses yeux.

« Correct. Et si cela pouvait être fait, cela signifierait qu’aucune sorcellerie ne pourrait être volée. » Toutes les attaques nées de la sorcellerie seraient une simple source d’énergie pour celui qui était attaqué. C’était à un autre niveau que de détourner un cercle magique. C’était comme si vous pouviez jouer au jeu de pierre-papier-ciseaux après que votre adversaire ait choisi.

Non seulement cela, mais la sorcellerie pourrait être activée sans échec possible et il n’y aurait aucun moyen de l’empêcher.

« En d’autres termes — en théorie, ce serait la forme ultime de la sorcellerie, » après avoir dit ça, Zagan haussa les épaules.

« Mais ce n’est qu’une théorie. S’il était si facile à mettre en pratique, personne ne connaîtrait de difficultés, » continua Zagan.

« Oh... ? On dit que les sorciers vivent longtemps et qu’ils consacrent tout à la recherche de la sorcellerie. Mais même ainsi, cela ne peut pas être fait ? » lui demanda Néphy.

« Hmm, eh bien, je dirais que c’est plus parce que personne ne fait de recherches sérieuses sur cette théorie, » Néphy avait incliné la tête sur le côté comme si ce qu’il disait avait encore moins de sens que ses déclarations précédentes.

« Les sorciers ne sont pas des chiens de guerre comme les soldats ou les Chevaliers Angéliques. Ils font des expériences par désir pour des choses comme l’immortalité, ou pour savoir jusqu’à quel point ils peuvent aller avec un miracle qu’ils peuvent créer avec la sorcellerie, ou pour savoir s’il est possible de ressusciter les morts. » En d’autres termes, les sorciers ne pensaient qu’à eux-mêmes. C’était une race égoïste.

Les gens qui ne reconnaissaient rien en dehors de leur propre monde ne ressentaient même pas la signification de la compétition avec les autres.

« Naturellement, il y a ceux comme le sorcier d’hier qui sont engagés par d’autres ou qui coopèrent dans les guerres. Mais ce n’est que le moyen, pas la fin en soi. Ils ne font cela que parce qu’une bonne recherche coûte de l’argent. Le seul but dans leur esprit est de savoir comment en faire plus pour qu’ils puissent financer leurs recherches, » déclara Zagan.

Néphy avait ouvert la bouche comme si elle avait du mal à traduire ses pensées en mots.

« ... J’ai déjà entendu dire que les sorciers torturent les autres, » déclara Néphy.

« Ouais. Il y a probablement des idiots qui font ça pour se distraire ou pour tuer le temps. Cependant, il n’y a aucun d’eux qui étudient la sorcellerie pour uniquement pouvoir faire ça. Après tout, il y a une montagne d’outils plus efficaces quand il s’agit de torture. » L’histoire des appareils de torture était longue. Se procurer des secrets en faisant ouvrir la bouche des autres était une tradition de longue date.

Ils avaient été en grande partie nettoyés, mais même ce château était rempli d’une montagne d’appareils de torture.

Il existait une sorcellerie qui utilisait l’angoisse et la haine des gens comme catalyseur.

« Pour en revenir au sujet original, la sorcellerie ultime que j’ai mentionnée tout à l’heure est quelque chose qui vous aiderait à lutter contre d’autres sorciers. Il peut être utile pour voler les recherches d’autres sorciers, mais il n’a pas d’autre utilité. C’est pourquoi personne ne se donne la peine de faire des recherches, » déclara Zagan.

Eh bien, ce n’est pas comme s’il n’y avait pas d’idiots qui font des recherches sérieuses..., pensa-t-il.

Zagan avait décidé qu’il n’y avait pas de sens à en parler et donc, il l’avait mis de côté.

Après lui avoir expliqué cela, Néphy lui avait fait un signe de tête convaincu.

Cependant, elle marmonnait encore quelque chose, comme si elle n’était pas entièrement satisfaite. « J’ai l’impression de comprendre la théorie derrière la sorcellerie, mais... »

« Quoi ? Je t’écoute, » lui demanda Zagan.

D’un ton quelque peu empli de curiosité, Néphy avait dit ce qui suit. « Mais, tant que l’on connaît la structure, une personne ne peut-elle pas l’utiliser ? »

Néphy semble avoir un vrai talent pour la sorcellerie, hein ? pensa-t-il.

Sûrement que si elle n’avait pas ce collier, elle aurait l’étoffe d’une sorcière exceptionnelle. Et c’était peut-être même au-delà de Zagan.

Après cela, Zagan hocha la tête comme s’il faisait l’éloge d’un étudiant qui s’était bien débrouillé.

« Oui, très bien. Lorsque nous, sorciers, nous acquérons des connaissances, il y a un lien direct avec le pouvoir que nous acquérons. Le degré d’efficacité et de rendement de l’utilisation de ces ressources dépend toutefois des compétences individuelles. » Ce n’était pas comme si Zagan était un sorcier dès sa naissance.

S’il était devenu un sorcier renommé à l’âge de dix-huit ans, c’était parce qu’il avait volé le savoir d’un certain sorcier.

Ça fait déjà... dix ans depuis... hein... ? pensa-t-il.

C’était quelque chose qui s’était produit quand Zagan avait huit ans.

Mais même ainsi, cela n’avait rien à voir avec le sujet à l’étude. Et après avoir secoué la tête, il avait continué à parler.

« C’est pourquoi nous avons mis en place une montagne de pièges et d’astuces pour qu’elle ne puisse pas être volée... Néphy, fais attention quand tu touches à quelque chose dans cette pièce, d’accord ? » déclara-t-il.

« ... Hein. » Néphy avait réagi avec surprise en entendant ça.

« Je plaisante, je plaisante. C’est réglé pour que les pièges ne s’activent pas même si tu les touches, » déclara Zagan.

« ... Maître. C’est méchant, » il s’agissait d’un ton délicat, comme si c’était un reproche et un soulagement en même temps.

Ensuite, l’extrémité des oreilles pointues de Néphy avait frémi comme si elle était heureuse.

« Oh... ? Tu as l’air heureuse. S’est-il passé quelque chose de bien ? » lui demanda Zagan.

« Hyuuuuu ? » Tandis que Zagan inclinait la tête sur le côté, Néphy sursauta et perdit sa présence d’esprit. Elle avait ensuite touché son propre visage comme si elle trouvait cela étrange.

« Comment le savez-vous ? » lui demanda Néphy.

« C’est que je peux le dire juste juste en te regardant. » Cette fois, l’extrémité des oreilles pointues de Néphy s’était affaissée avec découragement, puis s’était tortillée et avait été se replacer comme s’il s’agissait d’un cycle. Elle semblait à la fois bouleversée et heureuse.

Tout en couvrant son visage, Néphy regarda timidement Zagan à travers l’espace entre ses doigts.

Franchement, il admirait le fait que son expression de base n’avait pas changé du tout au cours de tout ce processus.

Après s’être un peu arrêtée, elle s’était mise à parler. « Maître, c’est parce que c’est la première fois... que vous m’avez tellement parlé... » Zagan savait que son propre visage était devenu rouge. Et, en même temps, il était tourmenté par un fort sentiment de regret.

C’est vrai, n’est-ce pas !? Je ne parle qu’en termes détournés, pas vrais ? Tout comme Zagan était troublé de pouvoir lire l’expression de Néphy, elle aussi était probablement troublée par le fait qu’elle ne pouvait jamais comprendre ce qu’il essayait de dire.

Après s’être éclairci la gorge avec une toux, Zagan avait retrouvé son sang-froid.

« Après tout, je n’ai rien d’autre que la sorcellerie. Comme c’est mon domaine d’expertise, mes lèvres vont se relâcher un peu plus, » déclara Zagan.

« D’accord. » Il ne savait pas exactement de quoi elle était convaincue, mais Néphy hocha la tête et il pouvait savoir qu’elle était heureuse sans même regarder ses oreilles.

Après cela, tout en montrant de légers signes d’hésitation, Néphy avait ouvert la bouche avant de lui parler.

« Maître, me permettez-vous de poser une question ? » Quand elle agissait d’une manière si cérémoniale, cela signifiait qu’elle avait pris la résolution de demander quelque chose à sa façon.

Et ainsi, Zagan corrigea sa posture en hochant la tête.

« Qu’est-ce que c’est ? Écoutons ce que tu as à me dire, » déclara-t-il.

« Maître, il me semble que vous possédez déjà un grand pouvoir. Et pourtant, en ce moment même, vous faites des recherches pour devenir encore plus fort. » S’arrêtant brièvement, après avoir dégluti, la jeune fille avait dit ce qui avait suivi. « Maître, que désirez-vous ? Qu’espérez-vous gagner en devenant plus fort ? »

Zagan n’avait pas été en mesure de répondre immédiatement à cette question. Qu’est-ce qu’il désire... ? Pourquoi exercerait-il ce pouvoir ?

L’expression de Néphy s’était assombrie en attendant qu’il réponde.

« Mes excuses. Ce n’est pas quelque chose que j’aurais dû demander, » déclara Néphy.

« Non, c’est très bien, vraiment. » Alors qu’il se grattait la nuque, Zagan avait ouvert la bouche comme s’il avait du mal à exprimer ses pensées.

« Franchement, je n’y ai jamais vraiment pensé, » déclara Zagan.

« Jamais... pensé à ça ? » Quand elle l’avait dit comme ça, cela semblait vraiment stupide.

Tandis que son regard dérivait dans les airs, Zagan hocha la tête.

« Si je devais dire quelque chose, alors... peut-être... pour vivre ? » déclara Zagan.

Néphy avait avalé ses paroles.

« Pour... vivre ? » lui demanda-t-elle.

« Tout à fait. Quand j’étais gosse, je n’avais pas d’argent ou d’endroit où vivre, alors j’ai survécu en volant des choses. À l’époque, eh bien, je ne pouvais pas défier les adultes ou les gens avec un vrai pouvoir, mais je me sentais quand même assez chanceux. Ce que j’entends par là, c’était qu’au moins, j’étais en vie. » Maintenant qu’il y avait repensé, il pensait qu’elles étaient toutes de bonnes personnes.

Il y avait eu des moments où il avait été jeté en prison, mais même à ce moment-là, il avait reçu au moins de la nourriture et n’avait jamais été menacé de mort.

« Et puis un jour, j’ai été capturé par un sorcier. Même si je ne suis pas une elfe comme toi, les enfants font toujours de bons sacrifices, » déclara Zagan.

« Ah ! » Après avoir dit cela, il avait réfléchi sur le caractère irréfléchi de ses paroles.

Il y a quelque temps, Néphy avait été capturée pour le même usage.

Quoi qu’il en soit, il serait contre nature d’arrêter de parler ici. Et ainsi, Zagan avait continué à parler à un rythme légèrement plus rapide.

« Eh bien, alors que j’étais sur le point d’être tué, j’ai trouvé une ouverture et j’ai retourné la situation, » continua-t-il. « Et puis j’ai réalisé que pour survivre, le seul choix qui s’offrait à moi était d’acquérir du pouvoir. C’est pourquoi je voulais devenir fort. Si nous parlons de désirs, alors cela serait limité à ça. Cela peut sembler cliché, mais c’est cette petite chose qu’on appelle l’immortalité. »

Avait-elle été déçue ? Néphy s’était tenu la poitrine et avait baissé sa tête.

« ... J’ai été... incapable... de devenir... si forte que ça. » Certes, les circonstances de Zagan et de Néphy étaient peut-être assez similaires.

Et parce qu’elle n’avait jamais réussi à acquérir toute seule le pouvoir, même maintenant Néphy se regardait avec dédain

Zagan avait ensuite essayé de briser la glace avec audace. « Hé, Néphy. »

« Oui, Maître, » répondit-elle.

« Si la sorcellerie t’intéresse, alors — Hm ? » Quand il avait commencé à dire ça, l’expression de Zagan était devenue sinistre.

« Y a-t-il un problème ? » demanda Néphy.

« ... On dirait qu’on a des invités non désirés. Néphy, je vais aller les saluer, alors je te laisse t’occuper du dîner, » déclara Zagan.

« Comme vous le souhaitez. Combien de portions dois-je préparer ? » lui demanda-t-elle.

« Juste assez pour nous deux, c’est parfait. Quoi qu’il en soit, ce lot devrait partir immédiatement. » En laissant Néphy alors qu’elle inclinait la tête sur le côté, Zagan était sorti des archives.

Sans pouvoir, je ne peux pas survivre, pensa-t-il.

Il avait serré ses dents comme s’il détestait ce fait lorsque l’idée lui avait traversé l’esprit.

***

Partie 4

« Il y a une demeure de sorcier dans un tel endroit..., » un homme avait haussé la voix en raison de sa perplexité.

Il y avait quatre personnes qui pénétraient dans la forêt qui s’étendait autour du château de Zagan. Trois hommes et une femme. Les hommes étaient dans la vingtaine ou la trentaine et Zagan pouvait dire que chacun d’entre eux était un Chevalier Angélique compétent. Il était probable que les trois hommes escortaient la femme.

Cependant, ce qui était gênant, c’était la femme qu’ils protégeaient.

Bien qu’elle avait l’air assez jeune, elle portait une grande épée sur son dos. Il était évident que ses bras minces ne contenaient pas la force nécessaire pour la déplacer, mais la jeune fille portait l’équipement de l’église appelé « Armure Sacrée ». Quiconque revêtait une telle armure gagnait des capacités physiques rivalisant avec celles d’un sorcier.

L’Armure Sacrée était certainement gênante, mais le plus gros problème était cette grande épée sur son dos.

Les Chevaliers Angéliques de l’Église utilisaient des épées qui possédaient une grande résistance à la sorcellerie, et elles avaient même la capacité de franchir les défenses d’un sorcier. Cependant, ce qu’elle présentait, c’était une aura de force qui s’échappait d’elle et qui se situait clairement à un tout autre niveau.

Est-ce l’une de ces Épées Sacrées... ? se demanda-t-il.

Il avait l’impression d’avoir déjà vu le visage de la jeune fille, mais avec son attention attirée par l’Épée Sacrée, il n’a pas réussi à se souvenir de qui il s’agissait.

L’un des chevaliers avait alors grogné. « Le vrai coupable derrière les enlèvements en série, hein ? Dire qu’il rôdait dans ce genre d’endroit. »

« ... Cela n’est pas encore clair. Nous sommes venus ici pour vérifier ce fait. » En entendant la conversation des Chevaliers Angéliques, Zagan était parvenu à une compréhension.

Maintenant que j’y pense, Barbatos a dit que j’étais l’un des suspects, n’est-ce pas ? Et il semblerait qu’ils se rendaient dans son domaine pour atteindre la gloire de subjuguer le coupable.

Il semblait qu’il avait raison, et même si tout était faux, l’Église n’était pas du genre à reculer.

Ils avaient déclaré l’existence même des sorciers maléfiques. Même s’il prouvait son innocence, le résultat ne changerait pas. Zagan était un sorcier. C’est pourquoi il était un ennemi qu’ils devaient abattre.

En réponse à la jeune fille, qui haussa la voix pour leur faire des reproches, un autre des Chevaliers Angéliques éclata de rire.

« Comme on peut s’y attendre de notre Vierge à l’Épée Sacrée, Lady Chastille. Vous faites preuve d’une telle compassion, même pour un sorcier, » déclara l’homme.

« Nous sommes fiers d’avoir eu l’honneur de nous battre à vos côtés, Lady Chastille. » Alors que les chevaliers la louaient d’une manière extravagante, la jeune fille avait fait une expression compliquée. Et finalement, ils avaient arrêté de marcher et s’étaient figés.

« C’est encore ce buisson. On ne peut pas continuer comme ça. » Il semblerait qu’ils avaient des difficultés avec l’une des barrières mises en place pour éviter les intrus. Alors qu’ils perdaient leur sens de l’orientation, ils tournaient en rond depuis un moment.

Zagan regardait cette scène de l’intérieur de la forêt, très amusé.

Le chemin qui menait au château s’étendait devant Zagan. L’autre jour, il avait sauvé une fille attaquée par un sorcier dans la même zone. Et les chevaliers se déplaçaient en pleine confusion sur le sentier de bifurcation se trouvant à cet endroit.

En regardant ces chevaliers, un doute lui était soudain venu à l’esprit.

Comment le sorcier de l’époque... a-t-il franchi ma barrière ? C’était une barrière qui pouvait même gêner les Chevaliers Angéliques. Il était impossible d’arriver dans une telle profondeur par chance ou par pur hasard.

De plus, il n’avait pas l’air d’un sorcier qui possédait assez de pouvoir pour franchir la barrière de Zagan. Après tout, il était le type d’homme qui avait commencé à mendier pour sa vie juste parce que Zagan s’était confronté à lui.

Quoi qu’il en soit, le vrai problème de Zagan était les Chevaliers Angéliques.

Ce serait bien qu’ils abandonnent et partent d’ici..., cependant, même si c’était évident, ils n’étaient pas des adversaires aussi capricieux.

« S’il vous plaît, écartez-vous. Il s’agit probablement d’une barrière faite par la sorcellerie. Je vais..., » la jeune fille s’avança, dégainant la grande épée à son dos.

Il y avait des symboles gravés le long de la surface de l’épée. C’était très différent de ceux utilisés en sorcellerie, mais la théorie était probablement la même. Si les symboles de la sorcellerie étaient semblables à des lettres, alors celle de son épée venait d’un alphabet différent. Et ces symboles présentaient un éclat pâle.

« J’y vais ! » L’épée de la fille s’était déplacée dans les airs.

Peu de temps après son attaque, Zagan pouvait dire que la barrière qui recouvrait le château s’était effondrée. La moitié... a été détruite, hein ?

Plusieurs des éléments qui fortifiaient sa puissance subsistaient encore, mais tous ceux destinés à chasser les intrus avaient été détruits avec cette seule frappe.

Comme la barrière qui trompait les yeux des chevaliers avait été détruite, Zagan n’avait pas d’autre choix que de les rencontrer.

« ... Mon Dieu. Les gens de l’Église ne connaissent-ils pas les bonnes manières ? Vous venez chez moi, et c’est ce que vous choisissez de faire ? » Il semblait que cette phrase les avait finalement alertés de la présence de Zagan, de sorte que les chevaliers avaient fait entendre leur voix en étant agités.

Les hommes s’étaient mis en travers de son chemin comme une tentative de protéger la fille, mais elle les avait simplement tenus en arrière avec sa main.

Après avoir regardé Zagan droit dans les yeux, elle murmura d’une voix amère. « Comme je le pensais... c’est vous. »

« Pardon, s’est-on déjà rencontrés ? » Il avait l’impression de l’avoir déjà vue, mais...

Après avoir regardé son visage un peu plus longtemps, il s’était finalement souvenu.

Je vois... C’est la fille qui allait être tuée l’autre jour, hein ? pensa-t-il.

Elle était d’une beauté considérable, mais à cette époque, elle ne portait pas d’Épée Sacrée et ne portait certainement pas d’Armure Sacrée. Actuellement, elle avait aussi les cheveux attachés, donc sa coiffure était très différente.

Mais même ainsi, s’il se souvenait bien, elle possédait un pendentif avec le symbole de l’église.

Si j’avais su qu’elle était un Chevalier Angélique, je ne l’aurais pas renvoyée comme ça..., il s’était rendu compte qu’il avait commis une grave erreur. Cependant, il serait inesthétique de s’arrêter là-dessus après si longtemps. Zagan avait donc décidé de faire comme s’il ne la connaissait pas.

« Je ne sais pas qui vous êtes ni d’où vous venez, mais disparaissez de là. Je suis occupé en ce moment, » Zagan avait levé rapidement son doigt, comme s’ils étaient simplement irritants, puis l’avaient ramené directement vers le bas sans un seul avertissement.

« Quoi ? » Immédiatement après cela, la foudre s’était abattue sur le groupe. Il s’agissait de la même sorcellerie qui avait réduit en cendres le dernier sorcier qu’il avait combattu.

S’ils portent une Armure Sacrée, ils ne mourront probablement pas, pensa-t-il.

L’armure qu’ils portaient avait des capacités défensives extrêmement élevées. S’il s’agissait d’une sorcellerie mineure, il était même capable de la refléter. Même s’il semblait plutôt brutal, Zagan essayait de se retenir à sa façon. Cependant — .

« Je vois, lancer d’une attaque-surprise. Comme je le pensais, les sorciers ne sont que des lâches dans l’âme. » Un Chevalier Angélique brandissant un grand bouclier avait protégé la fille. La fille qu’il couvrait était une chose, mais cela n’avait pratiquement eu aucun effet même sur les autres chevaliers.

Eh bien, c’est tout simplement évident, en fin de compte, il s’agissait toujours d’un groupe qui avait franchi la barrière de Zagan. S’ils n’étaient pas capables de supporter une telle attaque, ils n’auraient jamais pénétré aussi profondément dans son domaine.

« ... Quelle bande d’idiots ! Ce serait bien si vous arrêtiez simplement avec des bluffs aussi ennuyeux et rentriez chez vous, » Zagan avait soudain plissé les yeux et avait dit tout cela d’une manière si autoritaire que c’était pratiquement une attaque.

Si je n’en finis pas rapidement, je ne reviendrai pas à temps pour le dîner que Néphy me prépare ! S’il ne pouvait pas le manger alors qu’il était encore chaud, ce ne serait pas une bonne chose pour Zagan et Néphy.

« Argh..., » sentant cette vigueur anormale, la fille avait pris du recul.

Comme s’il remplissait cet espace, le Chevalier Angélique avec le grand bouclier s’avança. Puis, les deux autres l’avaient rejoint.

« Lady Chastille, reculez. Nous, les Chevaliers du Ciel d’Azur, sommes plus que suffisants pour lui, » se nommant d’un surnom exagéré, les chevaliers avaient fait face à Zagan.

Maintenant qu’ils en avaient parlé, Zagan avait remarqué qu’ils portaient tous les trois une armure bleue.

L’homme qui haussait la voix était un homme considérablement grand, et il tenait une hache dans sa main droite. Derrière lui se trouvait un grand et mince guerrier portant une lance. Cependant, plus loin derrière eux se trouvait quelqu’un avec une épée longue dégainée.

Il semble que leur tactique était d’utiliser le bouclier pour fatiguer leur adversaire, arrêter leurs mouvements à l’aide de la lance, puis d’utiliser l’épée longue pour porter le coup de grâce.

C’était une stratégie assez conventionnelle, tout bien considéré, et elle avait été largement utilisée en raison de son efficacité. On pourrait même dire que c’était la formation parfaite pour affronter un adversaire seul.

Cependant, Zagan s’était gratté la tête comme si c’était tout simplement ennuyeux.

« Allez-vous rentrer chez vous si je vous tabassais un peu ? » En entendant ce bref commentaire, qui pourrait être pris pour une provocation, les visages des Chevaliers Angéliques étaient teints de colère.

« Espèce de petit impudent ! » Celui avec le grand bouclier avait chargé en disant ça.

Le bouclier et l’armure pesaient probablement plus de cent kilos, mais il fonçait quant même à la vitesse d’un cheval rapide.

Ce n’était en aucun cas possible pour un humain ordinaire. Non, l’exploit n’avait été possible que grâce à la puissance de l’Armure Sacrée, que tous les Chevaliers Angéliques portaient.

L’armure et l’écu avaient été baptisés par l’Église et des symboles y étaient inscrits. La sorcellerie de bas étage serait incapable de percer leurs défenses, et ce n’était pas non plus une situation où il avait le temps d’invoquer quoi que ce soit de puissant.

« Fuhahahaaaaa ! Je t’écraserai avant même que tu ne puisses utiliser la sorcellerie. » Le grand bouclier de l’homme avait été mis en avant alors qu’il chargeait. C’était comme affronter un boulet de canon. Même s’il était un sorcier, Zagan savait qu’il serait transformé en viande hachée lors d’un coup direct. De plus, même s’il avait encaissé le bouclier, la longue lance derrière lui était à l’affût. Et puis, s’il avait miraculeusement survécu à l’attaque de la lance, l’épée longue à la toute fin serait inévitable.

Une victoire certaine était à leur portée grâce à cette méthode, mais Zagan ne montrait aucun signe de panique. À la place, il avait juste serré sa main droite.

Il avait brandi cette main vers le haut comme s’il s’apprêtait à lancer une pierre, puis il s’élança vers le bouclier.

Le poing et le grand bouclier étaient entrés en collision.

Arborant un sourire victorieux, le chevalier avait crié.

« Imbécile, tu mourras ic..., », mais, au moment même, le grand bouclier s’était brisé comme du verre.

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