À la recherche sérieusement d'une sœur ! La Princesse Vampire Ultime – Tome 1

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Prologue: La fille normale autoproclamée vole à la coopérative

Le continent d’Ephenia était autrefois beaucoup plus avancé qu’à l’époque actuelle. Bien que perdues de nos jours, à l’époque, il existait de la magie au-dessus du niveau trois et des techniques incroyables, et les tribus qui les exerçaient étaient très répandues sur les terres.

Même si plusieurs tribus avaient elles-mêmes essayé de devenir le dirigeant du continent, l’époque était relativement paisible. Et tout cela grâce à une famille de vampires qui régnait en maître, surpassant les capacités des autres tribus — les Sangs Véritables.

Cependant, ces temps de paix approchaient d’une fin.

« … Attends ! C’était quoi ça ? Ristia, de quoi parles-tu ? »

Dans la salle du trône du château où résidaient les Sangs Véritables, le Roi des Sangs Véritables ouvrit les yeux avec incrédulité en étant assis sur son trône. Reflétée dans ses yeux rouges flamboyants était… une jeune fille, balançant ses cheveux noir de jais. Elle était une Princesse des Sangs Véritables, une fille qui captivait le cœur de tous ceux qui la regardaient. Elle était aussi la fille bien-aimée du roi. La princesse — Ristia, comme on l’appelait — serrait ses poings en boule et faisait une crise de colère.

« Je te l’ai dit, je veux une petite sœur mignonne, » déclara Ristia.

« J’espérais que tu clarifierais les choses, mais hélas, une “petite sœur mignonne” est emblématique de toi, n’est-ce pas ? Tu dis que tu la veut pour toi-même, Ristia. Alors je demande : De quoi parles-tu, bon sang ? »

« Père, c’est toi dont les mots n’ont pas de sens, pas moi ~ ! »

« Une silhouette adorable, de belles manières, et une voix produite par une paire de douces lèvres qui apaise l’âme de tous ceux qui l’entendent. Quelqu’un d’aussi mignon qu’un ange. Et cette personne dont je parle, c’est toi, ma chèrie, » déclara le roi.

« Je ne suis pas un ange, je suis une vampire. Et une fille normale, pour ton information ! Aussi, je ne veux pas être celle qu’on dorlote, je veux être celle qui dorlote ~ ! » déclara Ristia.

Ristia devait avoir 17 ans cette année. Pour les Sangs Véritables, qui étaient capables de vivre plusieurs milliers d’années, elle n’était rien de plus qu’un enfant à peine sorti du ventre de sa mère. Il était pratiquement inévitable que ses parents et ses sœurs aînées dorlotent Ristia, l’enfant née il y a à peine une décennie et demie. Cependant, contrairement à leurs désirs, Ristia était une enfant précoce et très intelligente.

Malgré cela, les sœurs aînées de Ristia étaient fidèles à sa forme de sœur docile, souvent en caressant et en dorlotant Ristia (la petite sœur) tout en la comblant d’éloges sur sa beauté. C’est pour cette raison que Ristia elle-même avait développé le désir d’avoir sa propre petite sœur.

« Attends ! N’essaie pas de changer de sujet ici ~ ! Je veux tout simplement une petite sœur ! » déclara-t-elle.

« Je ne peux pas imaginer qu’une petite sœur plus mignonne que toi puisse naître. Par conséquent, je n’ai pas l’intention d’avoir une autre fille. Même si ce n’était pas le cas, les enfants ne poussent pas simplement dans les arbres. Ce n’est pas aussi facile, » jadis, on pouvait dire que c’était l’inconvénient pour leur famille de pouvoir vivre pendant des millénaires et de posséder une quasi-immortalité. Un seul enfant pourrait naître chaque décennie, ou chaque siècle, si le destin ne jouait pas en leur faveur.

« Je ne te demande pas d’en faire un, Père ~ ! Donne-moi juste ta permission, et j’en ferai une toute seule, » déclara-t-elle.

« — Tu vas quoi… !!? Att-Att-Att, Quoi… ! Tu veux dire que tu as déjà un partenaire pour ça !? Inacceptable, tout simplement inacceptable ! Qui est-ce !? Il est déjà comme mort !! » cria le roi.

« … Qu’est-ce que tu racontes ? Je vais trouver un partenaire — de préférence maintenant, » répliqua-t-elle.

« Tu vas en chercher un ? Alors, tu ne me laisses pas le choix. Cela signifie la guerre. Je massacrerai jusqu’aux derniers hommes de ce monde ! » Le Roi des Sangs Véritables déclara ça, en faisant une déclaration scandaleuse. Cependant, Ristia n’avait pas bronché. Au contraire, elle avait simplement baissé la tête d’une manière confuse, mais adorable en réponse à sa déclaration.

« Hein ? Mais je veux faire une petite sœur, alors il faut que ma partenaire soit une fille plus jeune, » déclara-t-elle.

« … Hm ? Qu’est-ce que tu racontes ? » demanda son père.

« Je veux trouver des humains ou des elfes ou quelqu’un de la tribu des oreilles de chien, faire d’eux des parents, et leur bébé sera comme ma petite sœur ~ ! » déclara-t-elle.

« F-Famille ? » demanda le roi.

« C’est exact ~ eh bien ? Eh bien ? Tu me laisseras faire, d’accord ? » Ristia persuadait son père de son désir sincère, comme un enfant suppliant ses parents de garder un animal domestique. C’était un spectacle qui s’est avéré positivement adorable pour le Roi des Sangs Véritables, qui s’est trouvé prêt à lui donner la bénédiction dont elle avait besoin.

— Jusqu’à ce qu’il secoue la tête et s’arrête à la dernière seconde.

« … Je crois que tu confonds les membres de ta famille avec un animal de compagnie ou quelque chose du genre, n’est-ce pas ? » demanda son père.

« Oh, ne sois pas bête. Je ne suis pas ~ je vais m’assurer de trouver une fille seule et m’assurer d’obtenir la permission de ses parents avant de les transformer en parents, » répliqua Ristia.

« Non, ce n’est pas la question qui nous occupe… Ils seront de la famille. Les parents de la fille d’une fille des Sangs Véritables, rien de moins. »

Le Roi des Sangs Véritables montrait sa désapprobation, mais Ristia ne reculait pas, en fait, elle leva les yeux vers le roi avec ses yeux rouges scintillants.

« Tu veux bien, s’il te plaît ? Si tu es d’accord, alors Mère et toutes mes sœurs consentiront à faire une petite sœur. Alors, s’il te plaît, Père ~ ? »

« Eh bien, c’est comme je l’ai dit. Je, eh bien, tu sais… »

« S’il te plaît ? Puis-je ~ ? »

« Mnghh..., » Ma fille est beaucoup trop innocente et adorable, le Roi des Sangs Véritables avait gémi.

En tant que père de Ristia, il se sentait obligé d’exaucer les souhaits de sa fille, mais il y avait néanmoins des raisons pour lesquelles il ne pouvait pas se permettre d’obéir.

D’abord : Les Sangs Véritables ne possédaient pas les faiblesses d’un vampire ordinaire, ce qui en faisait littéralement la famille ultime — la plus forte de toutes.

D’un autre côté : Les subalternes gagnent aussi du pouvoir proportionnellement à leur maître. Cela s’ajoute au fait que les Sangs Véritables avaient éclipsé les autres races par la quantité de technologie qu’ils possédaient. Avec tous les avantages qui l’accompagnent, il n’y aurait pas de pénurie de gens qui voudraient se joindre à cette famille.

Et la cerise sur le gâteau : Ristia n’avait aucune idée de ce qui l’attendait, mais à l’âge de dix-sept ans, on lui avait déjà inculqué des compétences qui la plaçaient au sommet de la tribu des Sangs Véritables. Fondamentalement, tous les humains, elfes, personnes aux oreilles de chien — peu importe de quelle race elle aurait choisi, il ne serait pas exagéré de dire que n’importe quelle fille qui aurait gagné la faveur de Ristia régnerait sur ce continent. Il n’y avait pas moyen qu’il puisse donner à sa fille l’autorisation frivole de créer une petite sœur parente, tout bien considéré.

« Pourquoi pas ? Je jure que je prendrai très bien soin d’elle, » déclara Ristia

« Non veut dire non, » déclara son père.

« Et je me demande pourquoi. Je veux connaître la raison ~, » demanda-t-elle.

« Si je dis que non veut dire non, alors ça veut dire non. C’est clair et simple, » pour expliquer pourquoi il l’interdisait, il lui faudrait aussi expliquer que les pouvoirs de Ristia étaient supérieurs à ceux de toute la tribu. Bien qu’il soit assez sûr que cela n’arriverait pas dans le cas de Ristia, il ne pouvait pas garantir qu’elle ne deviendrait pas arrogante si elle savait qu’elle était la plus forte de toutes. C’est pourquoi son père n’avait pas pu révéler son raisonnement, choisissant à la place de lui refuser catégoriquement sa demande. Ristia avait pratiquement supplié son père, mais la réponse déraisonnable qu’il avait donnée commençait à l’irriter.

« Grrrrrrr, tu es méchant, méchant, méchant, méchant ~ ! Tu es un grand méchant et je te déteste ~ ! Si tu ne dis pas oui, alors j’ai une idée qui te fera changer d’avis ~ ! » déclara Ristia.

« Tu me détestes !? » s’écria-t-il.

Le Roi des Sangs Véritables avait été choqué. Sa fille bien-aimée venait de crier qu’elle le « détestait ». C’était assez de dommages pour presque transformer le puissant souverain en un frêle tas de cendres.

« Je vais m’enfuir ! Et je ne reviendrai pas tant que tu ne m’auras pas laissé faire une petite sœur !! » déclara Ristia.

« T-T’enfuir !? Mais je ne pourrai pas te couvrir d’amour et d’affection si tu me fais ça ! Attends, attends une minute ! Ristia !? » déclara le roi.

En jetant un coup d’œil à son père alors qu’il se précipitait pour la tenir en échec, Ristia s’envola du château de sa famille.

— Après cela, Ristia avait poursuivi sa fuite face aux poursuivants de la famille, utilisant la magie pour s’envoler vers un donjon souterrain situé dans un coin du continent. Bien que techniquement cela soit un « donjon », c’était Ristia elle-même qui l’avait créé. Elle creusa les passages de ce donjon tout en pratiquant sa magie du Huitième Niveau, et à l’intérieur de celui-ci se trouvait un endroit inconnu de quiconque.

« Quel culot, après lui avoir dit que j’en trouverais une toute seule et que je m’en occuperais ! Père est un crétin indifférent ! Maintenant qu’on en est là, je vais combattre cette injustice jusqu’au bout ! » Ristia avait déclaré ça, crachant des remarques d’une manière abrasive, mais adorable alors qu’elle réfléchissait à la façon dont elle allait s’y prendre pour faire sa nouvelle petite sœur.

La première chose qu’elle devait faire, c’est de créer sa sœur sans que son père le sache. Il y avait toujours la possibilité d’aller dans une ville, d’aller chercher une fille sans parents dans la rue et de lui donner autant d’amour qu’elle le pouvait.

« Ça… ne va pas marcher, » Ristia avait abandonné ce plan.

Avec la puissance et l’énergie de Ristia, l’acte de faire sa petite sœur était une tâche simple, mais si elle faisait une petite sœur alimentée par la rage juste pour que sa famille s’y oppose, cela rendrait probablement sa nouvelle sœur triste. Ces pensées l’avaient rendue contre l’idée.

Ristia avait une personnalité plutôt outrancière, mais c’était une fille bienveillante par nature.

Ristia décida de passer à son idée suivante : Agir sur le long terme. Elle pouvait arrêter le temps avec la magie du temps, et soit une petite sœur naissait, soit elle continuait à dormir jusqu’à ce que son père craque.

« C’est… en fait une option, » Ristia avait décidé de réaliser ce plan. Avec ses pouvoirs, arrêter le temps pour elle-même était une tâche simple. Si elle continuait ainsi pendant quelques décennies, même son père craquerait et lui permettrait de se créer une petite sœur. Ces pensées l’avaient poussée à le faire.

Ristia était une fille au bon cœur par nature, mais elle avait une personnalité plutôt outrancière.

Elle posa ensuite son doigt sur sa joue, pencha sa tête et commença à concocter les détails de son plan en agitant ses longs cheveux noirs. Tant qu’elle avait sa puissance des Véritables Sangs, arrêter le temps était facile pour elle-même. Mais le revers de la médaille, c’est que la famille de Ristia pouvait tout aussi bien briser le sort. Pour commencer, elle devait appliquer un sceau pour se défendre contre ce qui se passait. Il y avait naturellement une chance que même ainsi, le sceau soit brisé, mais il leur faudrait encore beaucoup de temps pour forcer le sceau. Même s’ils employaient un sorcier avec des compétences plus grandes que les siennes, cela devrait lui faire gagner au moins quelques décennies. De plus, même s’ils brisaient immédiatement le sceau, tout ce qu’elle avait à faire était de répéter le processus jusqu’à ce que son père craque. C’est la conclusion qu’elle en tira puisqu’elle ne savait pas qu’elle était la plus forte des Véritables Sangs. Elle ne pouvait pas non plus négliger la chance que sa petite sœur potentielle puisse naître alors qu’elle avait arrêté le temps. Il lui serait également insupportable que sa sœur naisse et grandisse en devenant plus âgée qu’elle alors qu’elle avait son propre temps arrêté.

Ristia avait alors décidé de prendre des mesures pour cette partie de son plan. Il ne restait plus qu’à arrêter le temps pour elle-même, mais… arrêter le temps était une tâche fatigante. Même si c’était peu probable, il y avait aussi la possibilité que sa petite sœur vienne la rencontrer, alors elle s’était dit qu’elle devait se préparer au cas où elle aurait à l’accueillir. Elle avait sorti le matériel pour son sort de son sac à objets et commença à préparer le sort du huitième niveau qu’elle connaissait déjà bien. Elle avait comprimé le carbone à haute température, formant une cage transparente qui reflétait la lumière de l’arc-en-ciel et qui l’avait enveloppée.

« Cage en cristal, complète ~ ♪ » déclara-t-elle.

Comme elle utilisait la compression à haute température sur du carbone, c’était en fait une cage en diamant, mais Ristia pensait que « Cage en Cristal » avait un nom plus chic que « Cage en Diamant ». C’était une erreur à son apogée quant à la qualité du matériel. « Je devrais peut-être fermer les yeux quand je me mets ce sceau sur moi ? » Bien que l’arrêt du temps n’ait été qu’instantané pour la personne concernée, pour les yeux des visiteurs, elle semblait essentiellement endormie, alors elle avait également pris en considération cette partie du processus.

« Bon, voyons voir… Je vais faire en sorte que, si une certaine condition est remplie, la cage se brise en mille morceaux. Le côté théâtral est important, après tout. »

Les conditions de son réveil, sa pose de sommeil, etc. — tout ce qu’elle essayait de prendre en compte pour une exécution parfaite. Finalement, apparemment satisfaite, elle passa ses doigts dans ses tresses pour redresser ses cheveux et prit une pose de prière.

« Eheh, maintenant tout est prêt. Ouaip. »

Avec la pose parfaite choisie, Ristia avait utilisé la magie du plus haut niveau qui permettait d’arrêter le temps, espérant qu’elle aurait une jeune sœur qui l’attendrait à son réveil suivant.

Les saisons passèrent, et passèrent, et passèrent, et passèrent encore. Un nombre incalculable d’années s’étaient écoulées dans l’éther.

« Si ce n’est pas faux… alors ce sont des ruines d’une époque très ancienne… »

Une bande d’aventuriers était apparue dans le donjon construit par Ristia.

***

Épisode 1 : La fille normale autoproclamée se réveille de son profond sommeil

Partie 1

« J’avais de l’espoir parce que j’ai entendu dire que c’était des ruines anciennes, mais qu’est-ce que c’est que ça !? Pas un seul meuble, et ne parlons même pas des trésors qui n’existent même pas ! »

Un homme d’âge moyen vêtu d’une tenue d’épéiste crachait du vitriol alors qu’il traversait la partie la plus profonde du donjon. Il s’appelait Gawain, un membre de l’équipe de reconnaissance envoyée pour enquêter sur ce donjon.

« S-s’il vous plaît, calmez-vous, Monsieur Gawain. Nous n’avons pas encore fouillé toute la zone, il y a peut-être quelque chose de caché quelque part. »

« Dans ce cas, tu vas le trouver ! Petite stagiaire insolente, n’oublie pas que je t’ai laissée participer à cette expédition par pitié ! » déclara Gawain.

« Argh ! Je-Je suis désolée…, » la personne qui tremblait parce que Gawain lui avait crié dessus était Nanami, une frêle fille vêtue d’une robe de sorcier.

Nanami était jeune, et elle était à l’âge tendre de quinze ans, une aventurière néophyte. Bien que la raison pour laquelle elle avait été choisie pour faire partie de cette équipe de reconnaissance soit parce qu’ils avaient reconnu ses compétences et non parce qu’on lui avait permis d’y participer par pitié, mais… en raison de sa personnalité fragile, elle ne pouvait trouver en elle-même le moyen de s’opposer à la déclaration de Gawain. Elle faisait partie de l’équipe de reconnaissance tout comme Gawain, mais l’équipe elle-même était un méli-mélo formé dans toute la guilde, et donc le sens de la camaraderie faisait défaut. Pour couronner le tout, ils avaient finalement atteint le niveau le plus bas du donjon. Ils avaient été attaqués par le dragon qui habitait à l’étage, anéantissant le reste des membres. Gawain et Nanami étaient les deux seuls à avoir réussi à entrer dans cette pièce. Pour empirer les choses, le dragon leur bloquait le chemin, il n’y avait donc pas de retour en arrière possible. Malgré sa personnalité grossière, Gawain avait des compétences et une technique supérieures, de sorte qu’il n’y avait aucune chance que Nanami puisse s’y opposer. De plus, Gawain avait essayé de se maintenir en vie, abandonnant même ses camarades pour le faire.

Si je ne gère pas cette situation, il va m’utiliser comme appât et me laisser mourir pour y échapper, pensa Nanami, ayant ses doutes. Nanami fouilla la pièce à la recherche de tout ce qu’elle pouvait utiliser pour renverser la situation. Et ainsi, elle avait traversé dans l’arrière-salle attenante — c’est là qu’elle l’avait trouvée.

En plein milieu de la pièce relativement vide se trouvait une cage transparente reflétant toutes les couleurs de l’arc-en-ciel. La cage, éclairée par une source de lumière inconnue, semblait extrêmement précieuse, ne serait-ce que par sa beauté, mais l’aspect le plus choquant de la cage était sans doute ce qu’elle contenait. Ses longs cheveux noir de jais, sa peau blanche effervescente — et pendant que ses yeux étaient fermés, son nez était mince, et ses lèvres étaient belles et décorées avec ce qui semblait être du rouge à lèvres rose. Puisqu’elle semblait trop préparée, il y avait un sentiment d’incomplétude en tant qu’œuvre d’art. C’était la beauté du mannequin contenu dans la cage transparente.

« Qu’est-ce que… c’est… ? ? » Nanami s’était trouvée captivée par sa beauté malgré le fait d’être du même sexe. Et alors que Nanami restait stupéfaite, Gawain la remarqua.

« Quoi ? As-tu trouvé quelque chose ? » demanda Gawain.

« Dans la pièce à côté…, » commença Nanami.

« — Dégage le passage ! » Gawain repoussa Nanami et se précipita dans la pièce voisine. Nanami avait chuté en conséquence. Se relevant après ça, comme si elle allait pleurer, elle poursuivit Gawain.

« … Qu’est-ce que c’est que ça ? » demanda Gawain.

Tout comme Nanami il y a quelques secondes, Gawain s’était trouvé captivé par la jeune fille dans la cage.

« Je ne sais pas, Monsieur. Mais je pense que c’est une sorte d’artefact, » déclara Nanami.

« Un artefact !? » demanda-t-il.

« Je n’en suis pas certaine, mais… Je sens une sorte de mana, » répondit-elle.

« Artefact » faisait référence à des reliques des temps anciens, comme leur nom l’indiquait. Plus précisément, ils se référaient à des objets magiques créés par d’anciennes civilisations et enchantés d’une multitude de capacités magiques différentes. Bien que leurs capacités soient vastes et variées, on disait qu’il y avait des artefacts qui pouvaient réduire toute une région en cendres. C’est pourquoi les yeux de Gawain s’étaient illuminés lorsque Nanami lui avait dit que c’était peut-être un artefact.

« D’accord, je sors cette poupée ! » Gawain avait commencé à toucher la cage transparente pour tenter de l’ouvrir, mais il n’y avait pas une seule marque dessus, et encore moins une entrée ou une ouverture.

« Grk, qu’est-ce qui se passe ici !? » s’exclama Gawain, irrité en frappant la cage avec son épée. Le claquement strident de son épée contre la cage résonna dans toute la pièce.

« Comment avez-vous pu penser à faire ça !? » demanda Nanami.

« Quoiiii !? » Gawain la regarda avec dédain, mais c’était quelque chose que même le Nanami, normalement introverti, ne pouvait regarder sans rien dire.

« Que feriez-vous si vous mettiez trop de force dans votre élan et endommagiez la poupée à l’intérieur ? » demanda Nanami.

« Si la poupée est un artefact, alors pourquoi un simple coup d’épée l’aurait-il cassée ? » demanda Gawain.

« Malgré tout, il n’y a aucune garantie absolue qu’elle ne se briserait pas, n’est-ce pas ? » demanda Nanami.

« Putain de merde, tu me tapes sur les nerfs. Pour commencer, je n’ai même pas fait une égratignure sur cette foutue cage ! » Comme Gawain l’avait dit, il n’y avait pas une éraflure sur la cage — pas un millimètre. Cependant, en y pensant, c’était de la sagesse… Non, ce que Gawain avait dit était peut-être vrai. Il aurait en premier lieu très bien pu se retenir sur sa frappe pour ne pas endommager la poupée. Néanmoins, Nanami s’inquiétait pour la poupée à l’intérieur de la cage.

… Attends, ma vie est en danger en ce moment, et là, je m’inquiète pour cette chose ? Qu’est-ce qui ne va pas chez moi ? Nanami s’était cogné la tête, revenant à la raison.

« Hey, toi, » déclara Gawain.

« Oh, hein ? O-oui ? » demanda Nanami.

« Tu es un peu sorcier, alors utilises ta magie et fais quelque chose contre cette cage débile ! » ordonna Nanami.

« Ce n’est pas possible, Monsieur, » c’est vrai que Nanami avait été saluée comme une personne talentueuse. Cependant, même les génies modernes n’étaient pas comparables aux sorciers des temps anciens. Nanami était dans une classe supérieure pour un mage novice, mais elle n’avait aucune chance.

« Peu importe, fais ce que je t’ai dit ! Si tu ne sers à rien, je peux te jeter devant le dragon comme appât ! » déclara Gawain.

Nanami était restée sans voix. C’était peut-être une option répréhensible, mais il n’y aurait pas de salut pour eux deux à ce rythme. En pensant à cela, les menaces n’avaient pas de sens. Nanami savait que si les choses continuaient comme ça, elle serait forcément utilisée comme appât, vu sa faiblesse. Cependant, même s’il n’y avait pas d’autre option, la question de savoir si elle accepterait ou non était différente. Je ne veux pas être dévorée par ce monstre, pensa Nanami en tremblant.

« S’il vous plaît. S’il vous plaît, tout sauf ça, » déclara Nanami.

« Tais-toi ! On s’en fout de ça maintenant !? Je te dis que si tu ne veux pas finir en nourriture du dragon, tu vas faire quelque chose pour cette foutue cage ! » déclara Gawain.

« D’accord, » déclara Nanami.

Si Nanami n’avait pas accepté ce travail, comme son frère aîné le lui avait dit, elle ne serait pas dans ce pétrin. Cette pensée lui traversait l’esprit, mais le fait de regretter ses décisions maintenant n’allait pas l’aider dans sa situation. Je dois juste me concentrer pour sortir d’ici vivante, pensa Nanami en décidant d’inspecter la cage.

« … Hein ? » s’exclama Nanami.

« Quoi ? As-tu trouvé quelque chose ? » demanda Gawain.

« Il y a un texte écrit ici. » C’était aussi écrit dans un langage standard. C’était la langue que les tribus, y compris les humains, utilisaient depuis toujours, de sorte que Nanami était capable de le lire sans aucun problème, étant donné le temps qu’elle avait étudié. Cela dit, Nanami avait lu l’inscription à haute voix. « Il est écrit ici : “La seule qui puisse briser ce sceau, c’est une petite sœur”. »

« Petite sœur ? Si je me souviens bien, tu es la petite sœur de Rick, n’est-ce pas ? Dans ce cas, tu devrais pouvoir l’ouvrir. Essaye de toucher la cage, » ordonna Gawain.

« … D’accord, je le ferai, » déclara Nanami.

Rick était le demi-frère de Nanami qui s’occupait d’elle, pas son vrai frère. Peu importe cela, en y réfléchissant rationnellement, cette inscription avait dû être destinée à un parent consanguin de celui qui l’avait écrite. Il n’y avait pas moyen que ça s’applique à n’importe quelle petite sœur.

C’est ce qu’elle pensait, mais elle avait peur de mettre Gawain en colère, alors elle avait fait ce qu’on lui avait dit. Effectivement, c’était finalement la bonne réponse, car dès que Nanami avait effleuré la cage avec sa main, la belle cage de cristal s’était brisée en un million de petits morceaux.

« — Eeek !? » cria Nanami.

« C’est quoi ce bordel !? » s’exclama Gawain.

Là, devant les yeux choqués de la paire, la belle poupée, libérée des contraintes de la cage, s’était assise sur le sol lentement, mais avec élégance, comme si elle ignorait les lois de la gravité.

***

Partie 2

Dans l’instant qui avait suivi, Ristia avait senti que la Cage de Cristal se brisait. Peu importe combien de temps s’était écoulé dans le monde extérieur avant sa libération, puisque le temps était figé pour elle, tout s’était passé comme si c’était en une seconde. Ayant réalisé ce fait, Ristia s’était délibérément assise d’une manière lente, tout cela pour une raison vitale.

C’était parce que le fait de s’asseoir lentement donnait un air plus attirant.

Cependant, dans son esprit, elle était follement excitée. Ristia avait senti que son sceau avait été brisé de façon naturelle. Cela signifiait pour ainsi dire que sa petite sœur qui avait brisé le sceau était potentiellement juste devant elle. Remplie d’attentes, Ristia ouvrit lentement les yeux pourpres.

Debout, il y avait une charmante, adorable — non, en fait, une fille absolument adorable avec de longs cheveux châtains et des yeux verts. Elle avait une expression légèrement effrayée en regardant Ristia de haut.

U-Une petite sœur ! Non, sans aucun doute, c’est ma mignonne petite sœur ! Super, une petite sœur ! Ma première petite sœur ! Super, elle est si mignonne ! Elle est mignonne comme un bouton en fleur ~ ! Ristia pensa, ravie et étourdie, sachant que si sa famille était là, elle interjetterait. « Bon sang, mon enfant, tu es bien plus mignonne ! » Elle était sur le point de se lever et d’aller faire un câlin à sa présumée petite sœur, mais… elle s’était quand même arrêtée juste avant elle. Elle s’était rendu compte qu’une sœur aînée distinguée ne devrait rien faire de puéril devant sa petite sœur. Ristia avait souri à sa présumée petite sœur avec une expression posée.

« Enchantée de faire ta connaissance. Tu dois être ma petite sœur, » dit-elle d’un ton digne avec un sourire élégant sur son visage. Elle se comportait parfaitement comme une sœur aînée aimable. Maintenant, je suis une grande sœur ! se dit Ristia. Cependant…

« La poupée a parlé !? » La réaction de la fille n’était pas tout à fait ce à quoi Ristia s’attendait.

« Hum, pardon, mais… de quoi tu parles ? Je ne suis pas une poupée, » déclara Ristia.

« O-Oh, tu ne l’es pas ? » demanda l’autre fille.

« Je ne le suis pas. Connais-tu des poupées qui parlent comme ça ? » demanda Ristia.

« Eh bien, non… Ce n’est pas le cas, » répondit l’autre.

« Comme je m’y attendais. » Ristia acquiesça d’un signe de tête satisfait, s’éclaircissant la gorge. « Eh bien, une fois de plus, recommençons. »

« Hein ? De quoi ? » Sa présumée petite sœur était embrouillée par ses paroles, mais Ristia s’était raclé la gorge avec une adorable petite « Hmm ». Assise sur ses genoux, elle leva les yeux vers sa sœur présumée et sourit avec élégance.

« Enchantée de faire ta connaissance. Tu dois être ma petite sœur, » déclara Ristia.

« N-Non, je ne le suis pas, » répondit Nanami.

« … Hein ? T-Tu ne l’es pas ? » Ristia avait demandé à sa sœur présumée avec l’intention de faire un nouveau départ, mais elle avait été rejetée, ce qui l’avait déstabilisée.

« Euh… oui. Je m’appelle Nanami. Je ne suis pas ta petite sœur, » déclara Nanami.

« P-Pas possible ~…, » l’image d’une sœur aînée raffinée et gentille n’était plus qu’un souvenir éphémère. Ristia s’était pris un choc si fort que quiconque la regardait serait sympathique alors qu’elle s’affalait sur le sol recouvert d’éclats de diamant. Elle pouvait entendre une querelle alors qu’elle faisait ça.

Un homme avait demandé. « Hé, pourquoi n’as-tu pas prétendu être sa petite sœur ? »

Et la fille répondit. « Je ne pouvais pas dire un mensonge aussi évident. »

Néanmoins, Ristia était dans un marasme, et cela avait à peine attiré son attention. Ristia avait commencé à tripoter un éclat de diamant avec ses doigts.

« Attends, tu vas certainement te blesser si tu touches ces éclats ! » Une Nanami agitée avait remonté le haut du corps de Ristia. Le comportement de Nanami ressemblait à celui d’une petite sœur qui s’inquiète pour sa sœur aînée.

« Euh… es-tu sûre que tu n’as aucune chance que tu sois ma petite sœur ? » demanda Ristia.

« … Oh, euh… Je suis désolée, » répondit Nanami.

« … Quel fiasco, » déclara Ristia, clairement déçue. Son visage mignon, déformé par la tristesse, suffisait à stimuler l’instinct parental chez tous ceux qui le regardaient. Il était difficile d’expliquer pourquoi — peut-être que c’était l’expressivité extrême, ou peut-être que c’était juste parce que c’était trop dur à résister face à ça. Mais c’était probablement pour cela que ses parents et ses sœurs aînées la dorlotaient et la couvraient toujours de leur affection.

« C’est quoi ce bavardage et ce papotage ? » Soudain, une voix grossière avait retenti. Ristia s’était tellement entichée de la perspective d’une petite sœur que l’homme d’âge moyen ne s’était même pas inscrit à ses yeux, mais il se tenait là dans la pièce.

Il semble avoir à peu près… le même âge que Père. Il a peut-être quelques millénaires ? Ristia, ne réalisant pas qu’ils étaient tous les deux humains, pensait cela, et interprétait mal la situation. Bien sûr, en les inspectant avec une tête plus calme, elle aurait dû savoir qu’il ne s’agissait pas de Sang Véritable, mais… Ristia ne pensait qu’à sa petite sœur. Il n’est pas plus jeune que moi. Ce n’est même pas une fille, pensa Ristia alors qu’elle faisait disparaître une fois de plus l’homme de son esprit. Elle avait alors commencé à réfléchir à ses prochaines actions.

En vérité, elle connaissait déjà la raison pour laquelle elle avait été réveillée malgré l’absence d’une petite sœur. Elle ne s’attendait pas à ce que quelqu’un d’autre que des membres de sa famille vienne visiter ce donjon, alors elle avait mis en place le sceau pour qu’il puisse être brisé par quiconque tant qu’il était une fille plus jeune qu’elle. Elle aurait dû lancer une contre-mesure à cela… Mais peut-être qu’elle pourrait s’en tirer sans. Après tout, les gens venaient rarement ici, et arrêter le temps pour elle n’était que trop simple. Ristia se leva alors et commença à reconstruire sa Cage de Cristal.

« Hé, ne nous ignore pas ! Nanami, fais quelque chose ! » ordonna l’homme.

« Argh ! » s’écria Nanami.

L’homme avait crié sur Nanami, la faisant sursauter de peur. Cela attirant l’attention de Ristia qui se tourna vers Nanami.

« Euh, Nanami, c’est ça ? Nanami, es-tu dans un pétrin ? » demanda Ristia.

« Hein ? Pourquoi penses-tu cela ? » demanda Nanami.

« Ben, c’est que… je te vois frissonner, » répondit Ristia.

« O-Oh, eh bien… euh… euh…, » balbutia Nanami.

« Si tu es dans le pétrin, je peux t’aider, » elle n’était pas sa petite sœur, mais cela n’avait pas changé le fait que Nanami était mignonne. Il était inévitable que Ristia, fan de tout ce qui était mignon, s’intéresse à Nanami. Cependant, malgré la gentillesse de Ristia, Nanami frissonnait encore.

« C’est un dragon. Un dragon est dehors et nous cause des problèmes ! » répondit Nanami.

« … Un dragon ? Est-ce la raison de ta situation difficile actuelle de Nanami ? » Elle avait demandé à l’homme dont elle ne voulait pas entendre le nom.

« Ouais, c’est vrai ! On a été pourchassés par ce satané dragon et on a couru dans cette pièce. Maintenant, il attend dehors, et on ne peut pas sortir d’ici ! » répliqua l’homme.

« Vous avez été poursuivi par le dragon… et vous avez couru dans cette pièce !? » Le dragon qui était venu à l’esprit de Ristia était du type qui mesurait quelques dizaines de mètres de haut et pouvait transformer toute une région en une mer de flammes avec son souffle. Et en apprenant qu’il y avait un dragon géant à l’intérieur de son donjon, la seule façon pour Ristia de l’imaginer était d’imaginer un dragon squelettique qui se retrouvait coincé dans les couloirs étroits du labyrinthe si serré qu’il ne pouvait même pas bouger… Hee hee, j’aimerais bien voir ça. Je ne peux pas imaginer qu’un humble dragon puisse ruiner le donjon que j’ai construit, mais peut-être devrais-je vérifier juste pour être sûre ? pensa Ristia quand l’homme ouvrit à nouveau la bouche.

« Hé, qui es-tu, au fait ? » demanda l’homme.

« Qui suis-je ? … Juste une fille normale, » répondit Ristia.

« Une fille normale !? Tch, tu ne sers à rien. Ne connais-tu pas au moins une sortie de secours ? » demanda l’homme.

« Il n’y a pas de sortie de secours, » répondit Ristia.

« Hmph, tu es vraiment inutile, » répliqua l’homme.

« Mais je peux tuer un simple dragon pour vous, » répondit Ristia.

Juste après que Ristia ait déclaré cela, le visage de l’homme avait indiqué qu’il était abasourdi… avant de démontrer sa colère.

« Essaies-tu de te foutre de nous, ou as-tu perdu la tête ? Tu n’es même pas une aventurière, petite fille. Il n’y a aucune chance que tu puisses battre ce monstre ! » s’écria l’homme.

« Nanami, est-ce que tuer ce dragon t’aidera ? » demanda Ristia à une Nanami effrayée.

« Le tuer… Ne me dis pas que tu as l’intention de vaincre ce dragon !? » demanda Nanami.

« C’est ce que je vais faire. Qu’est-ce qu’il y a ? » demanda Ristia.

« T-Tu ne peux pas ! Les dragons sont des ennemis redoutables qui ne peuvent être vaincus que par un effort combiné de plusieurs aventuriers entraînés ! » s’écria Nanami.

« Hehehehe, je vois que tu t’inquiètes pour moi. Je t’en remercie. » Ristia s’était sentie heureuse, caressant gentiment la tête d’une Nanami un peu plus petite qu’elle.

« Ce n’est pas une question d’inquiétude en soi. Mais attends, pourquoi me caresses-tu ? » demanda Nanami.

« C’est par ce que ta sollicitude m’a rendu heureuse. Mais ne t’inquiète pas. Je vais m’en sortir. Battre un dragon est une tâche facile. Une fois que j’aurai vaincu ce dragon, tu me diras si ça t’aide ou pas, Nanami-chan ? » demanda Ristia.

« Eh bien, ça me rendrait heureuse si tu étais vraiment capable de le vaincre, mais…, » répondit Nanami.

« Hmm, alors c’est bon, » Ristia répondit avec une expression calme comme elle réfléchissait d’une manière calculée. Si je défais le dragon, elle serait heureuse. En d’autres termes, si je défais le dragon, Nanami sera impressionnée. Elle pourrait même m’appeler « Grande Soeur » ! Tandis que ces pensées lui passaient par la tête, elle ouvrit sa boîte à objets et sortit une rapière magique qu’elle avait fabriquée par le biais lors d’un entraînement à l’enchantement qu’elle avait fait il y a bien longtemps.

« Quoi ? D’où sors-tu ça ? » demanda Nanami.

« Hm ? D’où ? De ma boîte à objets, idiote, » déclara Ristia.

« Boîte à objets ? Parles-tu de cette magie légendaire du stockage ? » demanda Nanami.

« … Légendaire ? Hmm, mais ce n’est qu’une vieille boîte à objets ordinaire, n’est-ce pas ? » Pour Ristia, une boîte à objets était une magie de niveau 4 et n’était pas du tout rare, et encore moins légendaire. Elle n’avait jamais imaginé que quelqu’un la traiterait comme telle, alors elle avait penché la tête avec perplexité. Eh bien, de toute façon, tout ce que j’ai à faire, c’est de battre ce dragon, pensa-t-elle, en se retournant et en se dirigeant vers la porte menant à l’extérieur de la pièce.

« Attends un peu, s’il te plaît ! Comme nous l’avons dit, il y a un dragon juste à l’extérieur de la pièce ! » s’écria Nanami.

« J’apprécie ton inquiétude pour moi, mais ça va aller. » Nanami lui tendit la main pour l’empêcher de partir, mais Ristia l’évita agilement et posa sa main sur la poignée de la porte menant à l’extérieur. D’ailleurs, tout ce que ce donjon avait à offrir était protégé par la magie de Ristia, alors rien ne se briserait facilement tant qu’il ne serait pas pourri. C’est pourquoi l’ancienne porte s’était lentement ouvert, sans même laisser entendre un seul grincement. Cela menait sur une vaste pièce. La zone que Ristia utilisait pour son entraînement magique faisait des mètres de large, et s’enfonçait loin, avec au milieu… un dragon de cinq mètres de haut en attente.

« … Qu’est-ce que c’est que ça ? » s’écria Ristia.

« Le dragon ! Je te l’ai dit il y a une seconde ! » répliqua Nanami.

« … Tu veux dire l’enfant… d’un dragon, exact ? » demanda Ristia.

« De quoi parles-tu !? C’est un dragon adulte, peu importe comment on le découpe ! » Nanami soutenait avec véhémence que c’était un adulte, pratiquement les larmes aux yeux, mais ce que Ristia voyait par terre, c’était un jeune dragon, âgé de quelques siècles seulement, peu importe comment elle le regardait. S’il avait été vrai que le dragon avait quelques siècles de plus que Ristia, il n’en était pas moins un enfant en termes de dragon. Ce n’était pas une grande menace, mais… Nanami semblait sincèrement avoir peur de ce bébé dragon.

Avoir peur d’un dragon de ce calibre est évidemment étrange ! Ristia y avait réfléchi longuement, jeta un autre coup d’œil à Nanami et comprit qu’elle était un être humain normal. Un être humain ? Une fille humaine… dans le pétrin… ? Si je l’impressionne, elle va sûrement m’adorer. Si c’est le cas, elle pourrait se permettre d’être une parente et ma demi-sœur officielle ! Oh oui !

S’accrochant à sa dernière chance, Ristia avait enfoncé sa rapière dans le sol, avait sorti un ruban normal de sa boîte à objets et avait noué ses longs cheveux brillants ensemble. Non pas parce qu’elle pensait que ça la gênerait, mais parce qu’elle pensait que ça la rendait plus cool. En fait, ça la rendait moins cool et plus mignonne.

« Très bien, tout est prêt. J’y vais ~ ! » déclara Ristia.

Ristia avait repris sa rapière et elle commença sa marche vers le dragon.

***

« Je te le dis, c’est dangereux ! … Attends, pourquoi ne me laisses-tu pas t’attraper ?? » Évitant que la main de Nanami ne l’arrête, la jeune fille s’apprêtait à défier le dragon avec une imprudence monstrueuse. Gawain avait vu cela, pensant que c’était leur chance, et avait attrapé la main de Nanami.

« Fuyons de là pendant que cette fille se fait attaquer ! » déclara Gawain.

« Qu’est-ce que vous racontez ? Voulez-vous qu’on l’abandonne ? » demanda Nanami.

« Whuh !? Alors, veux-tu être l’appât ? Il n’y a aucune chance de battre ce dragon. Dans ce cas, sacrifier quelqu’un est le seul moyen ! » Gawain cria de colère, faisant grimacer Nanami de peur. Voyant la faiblesse de Nanami, Gawain claqua sa langue avec dégoût. Une douzaine d’aventuriers expérimentés attaquant tous en même temps étaient nécessaires pour vaincre un dragon. Et même si vous en aviez autant, vous deviez vous préparer à subir de lourdes pertes. Peu importe le nombre de sorciers à la volonté faible et de petites filles bizarres qui étaient présentes, tout ce qu’ils pouvaient faire était de servir de boucliers.

 Bien sûr, je choisis l’option où le plus de gens possible peuvent s’échapper ! pensa Gawain.

Naturellement, la raison pour laquelle il poussait Nanami à s’échapper était de l’utiliser comme appât s’il n’était pas capable de s’enfuir pendant que la fille bizarre se faisait tuer. En fin de compte, il donnait la priorité à sa survie.

« Quoi qu’il en soit, partons d’ici ! » Gawain avait essayé de tirer sur le bras de Nanami et de commencer leur fuite. Nanami, cependant, avait résisté.

« … Qu’est-ce que tu crois faire ? » s’écria Gawain.

« E-Euh, je… »

C’était peut-être la culpabilité de laisser la jeune fille se faire tuer et la peur de mourir en conflit les uns avec les autres qui la faisait geler sur place. Décidant que tout argument supplémentaire serait une perte de temps, Gawain décida d’abandonner Nanami et de partir seul.

« Très bien, fais ce que tu veux. Je m’en vais d’ici ! » Gawain commença à se retourner, le corps gigantesque du dragon s’élança vers l’avant pour attaquer la mystérieuse fille.

« Attention !! » cria Nanami.

Les yeux de Gawain s’étaient écarquillés lorsqu’il avait entendu le cri d’avertissement de Nanami, qui était venu alors que le dragon était en plein milieu de sa charge vers elle. En réponse à l’avance précipitée du dragon, la jeune fille avait placé sa rapière à peu près au niveau de la hanche, prête à frapper.

Espèce d’abrutie ! Tu ne vas pas faire une bosse sur un dragon avec une rapière fragile ! Si tu veux faire une attaque aussi inutile, autant essayer d’éviter une ou deux attaques et me laisser plus de temps pour sortir d’ici, bon sang ! Dans son esprit, Gawain crachait autant d’abus qu’il pouvait imaginer.

Cependant…

« Hee-yah ! » La fille avait frappé avec sa rapière avec un joli petit cri. Après quoi… tout avait dérapé.

Le sol de la zone avait été enveloppé d’une lumière rouge alors que le bruit d’une explosion et d’une vague de chaleur atteignait l’endroit où se trouvait Gawain. Il détourna les yeux face à l’onde de choc massive, et il ne fallut pas longtemps avant que le sol ne soit recouvert… par le silence. Lorsque Gawain regarda en arrière, il vit… la fille aux cheveux noirs, immobile et silencieuse. Et autour d’elle, des morceaux de sol qu’elle ne devrait jamais pouvoir détruire étaient retournés et éparpillés — jusqu’aux coins de la pièce.

Quant au dragon ? Il n’était trouvable nulle part.

Attends, qu’est-ce que c’est que ce bordel !? Elle a volatilisé un dragon d’un seul coup !?? Pas possible, c’est tout bonnement impossible, c’est de la folie ! Un monstre qui ne serait abattu que par plusieurs centaines d’attaques d’une douzaine d’aventuriers chevronnés et qui se ferait abattre d’un seul coup par une petite fille est à peu près aussi incroyable que cela peut l’être ! Je dois rêver !

Ça n’avait pas de sens.

Pour commencer, l’anéantissement d’un dragon d’un seul coup était impossible, encore moins en raison de l’attaque d’une petite fille délicate qui faisait un adorable petit « hee-yah ». Bien sûr, il y avait des héros dans l’histoire qui poussaient un cri avant de lancer leurs attaques fougueuses, mais ce n’était qu’une fille angélique qui agitait une petite rapière adorable en faisant « hee-yah ». C’est tout ce qu’il y avait à dire sur elle. Malgré cela, l’étage était en ruine et il ne restait aucune trace du dragon.

 

 

« … C’est quoi ce bordel ? Est-ce que je rêve ou quoi ? » La situation à laquelle il était confronté était si incroyable que Gawain se sentait empli par un sentiment indescriptible de peur.

***

Partie 3

La frappe de Ristia, anéantissant le dragon d’un seul coup, avait fait souffler un violent coup de vent dans toute la zone. En plein milieu de l’étage, Ristia laissa l’ourlet de sa jupe flotter dans le vent, tandis qu’elle jubilait d’un air suffisant.

« … Eheh, ehehe. »

Parfait ! J’étais tout simplement parfaite ! Je suis sûre que c’était suffisant pour que Nanami m’appelle « Grande Soeur » ! Pensa Ristia alors qu’elle se retourna pour voir Nanami debout, les yeux écarquillés et positivement rayonnants — en fait, c’était plus des yeux écarquillés et positivement horrifiés.

… Quoi ? Pourquoi me regarde-t-elle comme ça ? Peut-être que c’était un peu exagéré, alors elle pense que je suis une sorte de monstre ? Peut-être aurais-je dû être plus précise et le tuer avec le moins de puissance possible ? Pour commencer, les filles humaines n’étaient pas capables d’abattre un dragon, mais c’était quelque chose que Ristia, maintenant agitée, n’avait pas réalisé. Ainsi, l’aventurier avait ouvert timidement la bouche pour parler à une Ristia ahurie.

« C-C’était quoi, tout à l’heure ? » demanda-t-il.

« Qu’est-ce que c’était… ? Quoi ? » Ne comprenant pas vraiment la situation, Ristia pencha la tête dans la confusion. Elle avait l’air incroyablement mignonne, mais ses actions tout à l’heure l’avaient rendue plus flippante. La peur de l’aventurier masculin avait atteint ses limites.

« Ne fais pas l’imbécile ! Je parle évidemment de l’attaque qui a massacré le dragon en un seul coup ! Je te demande comment tu as réussi à lancer une attaque aussi monstrueuse ! » s’écria l’aventurier.

« M-Monsieur Gawain ! » Nanami avait désespérément essayé d’arrêter l’aventurier au corps difforme — son nom étant apparemment Gawain. Et ce n’était pas par souci pour Ristia, c’était parce qu’elle ne voulait pas agacer Ristia, la même fille qui avait abattu un dragon. Ristia elle-même, d’un autre côté, ne se souciait pas du tout des raisons. Il y avait des questions plus urgentes, après tout. Ristia commençait à paniquer maintenant qu’elle avait compris que ce qu’elle avait fait était exagéré et avait fait peur aux deux humains. C’était évident d’après ce petit va-et-vient qu’ils avaient eu.

A-Ah, c’est vrai. Considérant que le bébé dragon était suffisant pour les effrayer, ils trouveront forcément effrayant quelqu’un qui l’abattrait d’un seul coup. Ça a dû être un choc. Bon sang, j’aurais dû me battre plus intelligemment ~ ! Ristia avait paniqué et avait essayé de penser à une bonne réplique…

« O-Oh, ça ? C’était… euh… Oui, c’est grâce à cette rapière ! » Elle avait fini par insister sur le fait que c’était la puissance de la rapière.

« C’était… la rapière ? » demanda l’homme.

« O-Oui, c’est bien ça ! Cette rapière a des effets qui augmentent les capacités physiques, ainsi que d’augmenter la force des attaques, c’est pourquoi c’est cette rapière qui est incroyable, je suis juste une fille normale ! » déclara Ristia.

« Cette arme a ce genre de capacité… ? » Les yeux de Gawain s’étaient fixés sur la rapière. Ristia, voyant cela, pensa avec espoir, Se pourrait-il qu’il croie à mon histoire ?

« D-Désolée, mais es-tu vraiment une fille normale ? » demanda timidement Nanami à la place de Gawain, maintenant silencieux.

Ristia avait saisi la main de Nanami et porta les doigts de la fille à sa joue.

« Qu-Qu’est-ce que tu fais !? » s’écria Nanami.

« J’ai pensé que tu pourrais savoir que je suis une fille normale si tu me touchais un peu. Tu vois comme je suis douce ? Si je n’étais pas amélioré par quelque chose d’autre, je me ferais des bleus immédiatement, comme tout le monde. Je te dis la vérité. » Elle essayait de toutes ses forces de prouver qu’elle n’était qu’une fille normale. Si la famille de Ristia était là, elle jetterait un coup d’œil aux supplications désespérées de Ristia et s’évanouirait à cause d’une surcharge de gentillesse. Cependant, il n’y avait pas beaucoup de différence entre les capacités physiques des humains d’hier et d’aujourd’hui. La seule différence notable, en fait, était que leur magie et leur technologie étaient beaucoup plus avancées qu’elles ne l’étaient maintenant. Le couple, qui n’aurait jamais imaginé la possibilité que Ristia puisse être une princesse de Sang Véritable, avait accepté son histoire à propos du fait que c’était l’arme et non elle-même qui était à l’œuvre. Et ainsi, cette idée fausse était un carrefour dans le destin de l’homme — pour Gawain.

« Ne me dis pas que cette arme est… un artefact, » s’exclama Gawain.

« Hein ? Ce n’est rien d’extravagant. Cela renforce les attributs physiques et possède une capacité de tranchant accrue. Oh, il a aussi des propriétés autoréparatrices, et en le balançant, il libère des flammes qui rôtissent les ennemis, mais c’est vraiment tout ce que cette arme peut faire, » répondit Ristia.

« Je suis convaincu que c’est un artefact vraiment monstrueux comme je n’en ai jamais entendu parler ! » s’écria Gawain.

« Hein… ? » Ristia était confuse. L’image d’un artefact qui lui était venue à l’esprit était un véritable trésor sacré, le genre d’objet qui, d’un seul coup, pouvait sculpter un canyon si grand qu’il devait être tracé sur des cartes. Il n’y avait aucun moyen pour que cette arme qu’elle avait elle-même créée pendant sa pratique de l’enchantement puisse passer pour un artefact. Mais pour les humains de cette époque, la description par Ristia des capacités de la rapière la classait comme un véritable artefact, si ce n’est presque au-delà de cette catégorie — qui sonnait comme une chimère. Par conséquent…

« Me laisses-tu voir cette rapière ? » demanda Gawain.

« Hein ? Eh bien… bien sûr ? Ça ne me dérange pas, » Ristia avait facilement passé l’arme à Gawain.

« H-Hey, es-tu sûre de ça ? » Une traction sur sa manche l’avait incitée à se retourner pour voir une Nanami déconcertée qui la regardait dans les yeux.

« Oh, euh… quelque chose ne va pas ? » demanda Ristia.

« Non, “quelque chose ne va pas ?” n’est pas tout à fait la bonne réponse à cela… Es-tu sûre que tu aurais dû le lui donner sans poser de questions ? » demanda Nanami.

« Hein ? Qu’est-ce que tu veux dire par là ? » demanda Ristia.

« … Elle est à moi !! »

Slack ! Un bruit brutal avait retenti pendant que Ristia était poignardée par-derrière. Au même moment, une légère douleur avait traversé sa poitrine. Ristia se demandait ce qui se passait alors qu’elle tournait son attention vers le bas pour voir une rapière germer depuis le haut de son torse.

« A-Aah… » En voyant la réalité de la situation, elle avait poussé un gémissement amer.

« Monsieur Gawain, comment avez-vous pu ? » demanda Nanami.

« Keh, keh hah hah hah hah hah ! Maintenant, l’artefact est à moi ! » Gawain arracha la rapière, provoquant instantanément un jaillissement de sang rouge vif de la poitrine de Ristia. Alors…

« Tu as fait un trou dans ma robe préférée — !? » Ristia hurla avec intensité en provenance du fond de son cœur.

« S’il te plaît, tiens bon ! Je vais utiliser de la magie de guérison sur toi tout de suite ! » Nanami était sur le point de jeter un sort en pleine panique… mais elle avait réalisé l’étrangeté du cri de Ristia à mi-chemin et s’était arrêtée avant elle. « … Un trou dans ta robe ? »

« C’est exact ~ ! Bon sang, cette robe était l’une de mes préférées ~, » déclara Ristia.

En regardant Ristia bouder et pleurnicher, les deux humains étaient à la fois choqués et déconcertés. « Attends, attends un peu. Tu ne devrais pas t’énerver pour ta robe, tu viens de te faire poignarder à la poitrine. »

« … Oh, oui. Et ? » demanda Ristia.

« Et… Je veux dire, tu as été poignardée. Ta poitrine. Il t’a poignardé… non ? » demanda Nanami.

« Gah, c’est sûr qu’il l’a fait ~ ! Et à cause de ça, j’ai un nouveau trou dans ma robe, comme je l’ai dit, » déclara Ristia.

« Non, ce que je veux dire…, » déclara Nanami.

« … Oh, oui. Et ? » demanda Ristia.

« Et normalement, on meurt quand on a un nouveau trou dans la poitrine ! » C’était le commentaire de bon sens que Nanami voulait faire, mais elle n’arrivait pas à trouver en elle la force de l’exprimer. Surtout parce qu’elle s’était rendu compte que l’effusion de sang initiale commençait à s’arrêter toute seule.

Il convient de mentionner que Ristia, étant une Sang Véritable, était pratiquement immortelle. Elle n’avait aucune des faiblesses que les vampires normaux possédaient. Même si vous lui transpercez le cœur, cela ne représenterait pas grand-chose, voire rien du tout. Quoi qu’il en soit, le flux sanguin et d’autres résultats normaux étaient quand même arrivés à la suite d’un coup de couteau, de sorte qu’elle serait toujours blessée comme une fille normale le serait. C’était un fait… Eh bien, le « fait » était subjectif, il était donc plus sûr de dire que ce n’était pas nécessairement un mensonge. C’était juste une question de vitesse incroyable à laquelle elle se régénérait après s’être blessée par rapport à ce qu’une fille normale pourrait faire. Toutes ces pensées traversaient l’esprit de Ristia, mais elles étaient simplement cela — les pensées de Ristia. Nanami et Gawain, deux personnes tout simplement normales, avaient commencé à soupçonner que Ristia était loin d’être normale. Et c’était Gawain qui avait été le plus choqué par ce fait. Son plan était de tuer Ristia, une fille normale, et de voler l’artefact pour lui. Malgré ce plan, Ristia était restée en bonne santé même après avoir été poignardée avec sa propre rapière.

« C’est quoi ce bordel !? Qu’est-ce que tu es, bon sang !? » cria Gawain.

« Hein ? Je te l’ai dit, je ne suis qu’une fille normale, idiot, » répliqua Ristia.

« Ce n’est pas vrai !! » En proie à la peur, Gawain avait perdu son sang-froid.

« Calmez-vous, M. Gawain, » déclara Nanami.

« Ferme ta gueule ! Je te dis de rester en dehors de ça, bonne à rien ! » Avec son tempérament bouillonnant, Gawain balança légèrement la rapière. Cette simple frappe suffisait non seulement à couper à travers le bâton que Nanami tenait, mais aussi à lui couper le corps.

« Oww !! » Nanami s’était effondrée alors que du sang coulait partout. Ristia en fut témoin et fut surprise, agenouillée aux côtés de Nanami.

« Nanami, vas-tu bien ? Peux-tu… te régénérer ? » demanda Ristia.

« … Un peu, si j’utilise la magie. Mais, aah, mon bâton est cassé, » répliqua Nanami, sa voix faible alors que de minuscules fleurs rouges commençaient à fleurir sur le sol du donjon. C’était une blessure que Ristia pouvait guérir instantanément si cela lui était arrivé. Cependant, on ne pouvait probablement pas en dire autant de Nanami. Consciente de cette possibilité, Ristia s’était sentie mal à l’aise.

« Keh, keh heh heh heh… J’avais raison de penser que c’était un artefact. Dans ce cas, la raison pour laquelle tu n’es pas morte avant, c’est parce que tu caches un artefact différent sur toi. Ça doit être ça, » déclara Gawain avec un gloussement strident. Gawain avait, bien sûr, compris la nature anormale de Ristia, mais comme il n’était pas assez fort pour accepter la réalité telle qu’elle était, il essayait de donner une explication plus pratique pour lui-même. « D’après ce que je vois, tu n’as pas de bijoux sur toi, donc ça exclut ça. Et à en juger par ta réaction il y a une minute… Ouais, maintenant je vois le tableau. Ta robe est l’artefact. »

« Ma robe ? Eh bien, oui, elle est enchantée, » répondit Ristia.

« Keheh, donc j’avais raison. Dans ce cas… déshabille-toi, sauf si tu veux que je te tue. » L’homme d’âge moyen essayait d’enlever les vêtements de l’adorable jeune fille. Cela s’était transformé en un véritable dilemme. Ristia n’avait cependant pas vraiment ressenti quoi que ce soit de la phase qu’il avait dite. Au contraire, elle s’était dite, Si je lui donne mes vêtements, ça le convaincra peut-être que je suis vraiment une fille normale ? Mais cela devait attendre.

« Désolée, mais ça devra se faire plus tard. Pour l’instant, s’occuper des blessures de Nanami passe en premier, » avait-elle déclaré par-dessus son épaule alors qu’elle était assise devant Nanami. Ristia avait affirmé qu’elle était une fille normale parce qu’elle ne voulait pas que Nanami ait peur d’elle, mais tout cela serait inutile si Nanami devait mourir. Le fait de prioriser Nanami était le choix évident.

« Arrête de te foutre de moi ! Pas question que je te donne le temps de faire ça ! Enlève cette robe ! Maintenant ! » cria l’homme.

« Je viens de te dire que je l’enlèverais si tu étais patient, n’est-ce pas ? » demanda Ristia.

« Tch ! Si c’est comme ça que ça va se passer… Je vais devoir te l’enlever par la force, » Gawain s’installa en position d’attaque avec la rapière, la tenant à hauteur de hanche. Réagissant à son intention d’attaquer, la rapière avait activé la capacité dont elle avait été enchantée, ce qui avait fait monter en flèche les capacités physiques de Gawain.

« Goûte à mon nouveau pouvoir, salope ! » cria Gawain, balançant la rapière à pleine force. Le niveau était loin d’être le même que lorsque Ristia maniait la lame, mais l’attaque était quand même imprégnée de mana — une attaque qui était dirigée directement sur Ristia. Mais c’était là que c’était arrivé…

***

Partie 4

Dès que Gawain avait frappé avec la rapière, Ristia avait lancé son propre sort. La magie offensive de niveau quatre déployée par Ristia avait englouti l’attaque de Gawain… ainsi que Gawain lui-même, brûlant tout son corps sans même laisser une seule cendre derrière. Il ne restait plus que les échos des derniers cris de Gawain qui résonnaient dans la vaste salle.

« Okie dokie, c’est réglé, » déclara Ristia.

Ristia venait d’effacer un être humain de la surface de la planète, mais elle n’avait pas montré une once de sentiment lorsqu’elle s’était à nouveau tournée vers Nanami. Nanami saignait abondamment. Son visage était déjà pâle et presque sans vie. Elle était sur la voie rapide vers les portes de la mort. Tandis que ces pensées lui traversaient l’esprit, elle se tourna vers Nanami, jusqu’à ce que…

« N-Ne me touche pas ! » s’écria Nanami.

« Quoiii !? » s’exclama Ristia.

Nanami l’avait rejetée si brutalement en dépit de sa respiration laborieuse, ce qui avait porté un coup terrible à Ristia. C’était un tel choc qu’elle s’était retrouvée agenouillée sur le sol, désespérée. Argh… Je n’arrive pas à croire que Nanami me déteste maintenant. Cela me secoue au plus profond de moi-même ~ ! Peut-être que le tuer était une erreur ? Mais j’avais peur que si je n’agis pas vite, Nanami meure… Si je n’agis pas vite, Nanami mourra. Je ne veux pas qu’elle me déteste encore plus qu’elle ne le fait probablement déjà, mais c’est mieux que de la voir mourir ! pensa Ristia en rassemblant les petits restes de force mentale qu’il lui restait et elle s’approcha de Nanami.

« Reste en arrière. Recule ! » s’écria Nanami.

« Je suis désolée. Tu dois être terrifiée. Mais essaie de contenir un peu ta peur, d’accord ? Je vais guérir tes blessures pour toi, » déclara Ristia.

« … Hein ? As-tu l’intention de guérir… mes blessures ? » demanda Nanami.

« Hmm-hmm, c’est exactement ce que je vais faire. » Pour Ristia, les humains n’étaient pas très différents des autres animaux. Si c’était mignon, elle l’aurait fait. Si c’était une affaire ne la concernant pas, elle ne mettrait pas la main dessus. Et si cela menaçait son bien-être, elle riposterait sans pitié. C’était son état d’esprit.

Pour l’instant, cette jeune fille était absolument tombée dans la catégorie « voulant faire un câlin » pour Ristia.

« Donc sur cette note, ça te dérange si j’utilise la magie ? » demanda-t-elle gentiment. L’espoir s’était formé dans les yeux effrayés et désespérés de Nanami.

« S’il te plaît… aide-moi… aide-moi…, » déclara Nanami.

« Ouais, laisse-moi m’en occuper, » déclara Ristia.

Maintenant qu’elle avait obtenu son consentement, Ristia avait posé sa main sur la blessure béante de Nanami et avait lancé le sort de guérison le plus puissant dont elle était capable, une magie de régénération de niveau huit. Une lumière divine avait enveloppé Nanami alors que sa blessure avait été instantanément cautérisée. Mais ce n’était pas la seule chose qu’il avait faite. Elle avait également éliminé toute anomalie dans son corps et remplacé le sang qu’elle avait perdu. De plus, il enlevait toutes les taches ou tous les dégâts sur ses vêtements et renforçait son corps délicat. Peu de temps après, la lumière était revenue dans les yeux flous de Nanami, et son teint était encore meilleur que la normale.

« W-Whoa…, » Nanami avait commencé à examiner son corps avec une expression d’incrédulité totale.

« Eh bien ? Es-tu bien guérie là ? » demanda Ristia.

« O-Oui. Tout… Tout est guéri. Même les cicatrices que j’ai depuis mon enfance. Vraiment tout. De plus, j’ai l’impression d’avoir un corps extraordinairement léger maintenant, » répondit Nanami.

« Génial, c’est une merveilleuse nouvelle ~, » Ristia avait célébré comme si c’était pour elle, et une fois que Nanami l’avait vu, ses joues avaient commencé à rougir.

« Euh… euh, merci beaucoup. Pour m’avoir sauvé la vie, bien sûr ! » déclara Nanami.

« Hmm-hm, tu n’as pas besoin de me remercier. » Tant que tu m’adores en tant que ta sœur aînée, alors tu n’as pas besoin de me remercier ! pensa Ristia, mais elle ne l’avait pas dit tout haut. Rien de tout cela ne servait à rien si elle lui demandait de l’appeler « Grande Soeur » par obligation pour une faveur. Elle voulait que Nanami l’appelle « Grande Soeur » de son plein gré. C’était ainsi qu’elle voulait que ça marche.

En échange, elle s’était présentée avec le meilleur attrait possible. « Je m’appelle Ristia. »

« Ristia. D’accord, Mademoiselle Ristia, » déclara Nanami.

« Mademoiselle… Ristia…, » elle avait penché la tête en signe de déception.

« Hein ? N’étais-je pas censée t’appeler comme ça ? » demanda Nanami.

« Euh… non, ça ne me dérange pas, c’est juste que…, » Ristia avait gardé l’espoir qu’elle l’appellerait peut-être « Grande Soeur Ristia », alors elle était un peu déprimée pour ça, mais elle avait rassemblé son énergie et avait essayé de l’utiliser.

« Qu’es-tu exactement, Mlle Ristia ? » demanda Nanami.

« Hein ? Je suis une fille normale, » répliqua Ristia.

« Une fille “normale” ne va pas bien après avoir reçu une perforation dans la poitrine par une épée ! » s’écria Nanami.

« Grr…, » Ristia commençait à avoir l’air triste. Pour Ristia, résister à une attaque dans le cœur était tout à fait normal. En fait, mourir à la suite d’une coupure serait plus étrange. Cependant, voyant que Nanami ne pouvait même pas imaginer que ce soit le cas, elle avait poussé un soupir.

« Tu ne peux pas balayer ça sous le tapis avec une moue mignonne. Tout à l’heure, tu as dit que c’était l’œuvre de la rapière, mais Monsieur Gawain avait cette rapière, et tu l’as tué sans problème. Ai-je tort ? » demanda Nanami.

« Par hasard, est-ce que le fait de tuer ce Monsieur Gawain, n’était pas bien ? » demanda Ristia.

« E-Euh… C’est lui qui a essayé de te tuer, donc je pense… que ce n’est pas forcément mauvais, » déclara Nanami.

« Ah, Ok…, » l’expression de Nanami alors qu’elle disait « je pense » semblait plutôt incertaine. En gros, c’était techniquement correct, mais c’était considéré comme exagéré. C’est ainsi que Ristia le perçoit.

« … Attends, alors revenons au sujet, n’as-tu pas balayé les choses sous le tapis de cette façon ? Mademoiselle Ristia, dis-moi. Qu’est-ce que tu es ? » demanda Nanami.

« Mais je suis une fille normale…, » répliqua Ristia.

« D’accord… permets-moi de changer ma phrase. Mademoiselle Ristia, tu n’es pas humaine, n’est-ce pas ? » demanda Nanami.

« Je veux dire, je…, » répondit Ristia.

Ristia était dans une situation délicate. Après tout, elle savait que si sa petite démonstration de force était suffisante pour lui faire peur, le fait de devenir une princesse de Sang Véritable lui ferait probablement encore plus peur.

« Je suppose que tu ne veux pas le dire ? J’ai… raison, n’est-ce pas ? Après les choses odieuses que Monsieur Gawain essayait de te faire tout à l’heure, je suppose que je ne peux pas te reprocher de ne pas me faire confiance, » Nanami subissait à sa façon la trahison qu’avait faite l’autre. Elle mentirait si elle disait qu’elle n’avait pas ses préoccupations, mais elle en était venue à la conclusion qu’il était grossier de poser des questions à la personne qui lui avait sauvé la vie. Bien que, malgré cela… Ristia transpirait des grosses gouttes avec l’interaction de Nanami. Après tout, Ristia savait qu’amener Nanami à l’appeler « Grande Soeur » serait une impasse complète si Nanami croyait qu’elle cachait des faits simplement parce qu’elle était prudente à son égard.

« Ce n’est absolument pas une question de confiance ! » répliqua Ristia.

« Tu n’as pas besoin de te forcer. Tu viens d’être poignardée par une épée, donc c’est normal que tu aies des doutes à mon sujet, » déclara Nanami.

« Je dis la vérité ! Nanami, je ne te soupçonne de rien ! » Ristia était désespérée, elle voulait se rapprocher de cette fille. « Je te jure que je ne te soupçonne pas. C’est juste que, euh, eh bien… tu sais. Si je te disais qui j’étais, tu pourrais avoir peur de moi comme avant… peut-être. »

« Peur ? Tu veux dire que j’aurais peur même si c’est moi qui t’ai demandé qui tu es ? » demanda Nanami.

« M-M-Mm-hmm. Tu veux dire que… n’auras-tu pas peur ? » Elle avait demandé à Nanami avec des yeux de chiot nerveux. Avec le regard de Ristia sur elle, les joues de Nanami rougissaient.

« J-J’admets que tu m’as l’air un peu intimidante, néanmoins, je te dois la vie. Je n’aurai pas peur, » déclara Nanami.

« … Vraiment ? » demanda timidement Ristia.

« Je suis désolée d’avoir perdu la tête tout à l’heure. Je pourrais finir par être surprise ou quoi que ce soit d’autre, mais tu ne me verras pas avoir aussi peur comme je l’ai fait avant. Je te le promets. » C’est pourquoi Nanami s’était empressée d’encourager Ristia, qui semblait nerveuse et mal à l’aise. En conséquence, Ristia accepta de tout cœur les paroles de Nanami.

« Oh, merci ~ ! En vérité, je suis la plus jeune fille des Sangs Véritables, » déclara Ristia.

Nanami s’était pétrifiée.

« … Hein ? S-Sangs Véritables ? Par “Sangs Véritables”, tu ne veux pas dire… la première tribu de vampires qui a gouverné ce continent jusqu’à il y a un millénaire… n’est-ce pas ? » demanda Nanami.

« Ouaip ! Je suis de la royauté vampirique ! » répondit Ristia.

Le visage de Nanami s’était figé comme jamais auparavant.

« Hein ? Euh, pardon… quelque chose ne va pas ? » demanda Ristia.

« O-Oh, rien ! Pas du tout ! Je n’ai pas le moins du monde… peur… Non ! » Nanami s’était forcée pour affirmer cela alors qu’elle frissonnait de partout. Elle avait manifestement peur, mais elle essayait probablement de faire semblant pour sa chère vie parce qu’elle avait promis qu’elle n’aurait pas peur.

« Euh, euh… Je suis désolée, » déclara Ristia.

« Non, c’est moi qui devrais être désolée. Tu m’as sauvée, donc je sais que tu n’as pas l’intention de me tuer, et pourtant…, » murmura Nanami, puis sursauta quand elle réalisa ce qu’elle avait dit. Elle avait ensuite regardé Ristia d’un air nerveux. « Ça te dérange si je te demande une chose ? »

« Hein ? Tu n’as pas besoin d’être gênée pour de telles choses. Tu peux m’en demander autant que tu veux, mais… oui, qu’est-ce que c’est ? » demanda Ristia.

« Lady Ristia, vous êtes la plus jeune fille des Sangs Véritables… ce qui voudrait dire que vous êtes une princesse vampire, n’est-ce pas ? » demanda Nanami.

« … Lady Ristia…, » murmura Ristia.

Elle soupira, déplorant que sa sœur s’éloigne encore plus de son emprise.

« … Hum, quelque chose ne va pas ? » demanda Nanami.

« Non, non, ce n’est rien. Tu me demandes si je suis un vampire, c’est ça ? C’est ce que je suis. Je suis la princesse de Sang Véritable. Un vampire, » répondit Ristia.

« Alors, est-ce que ça pourrait être que… vous m’avez sauvé la vie parce que vous allez, euh… faire de moi votre parente ? » demanda Nanami.

« Hein !? Eh bien, euh, euh…, » balbutia Ristia.

Vu que Ristia avait un peu songé à lui demander. « Ça te dérangerait de devenir ma parente et ma petite sœur ? » elle avait hésité à dire la vérité. Une fois que Nanami avait vu cette hésitation visible, son visage était rempli d’une sorte de désespoir — comme si elle savait que le monde touchait à sa fin. C’était là que la tragédie avait frappé.

Devenir la parente de Ristia, une Sang Véritable, signifierait être presque immortelle, posséder des capacités physiques avancées, ainsi qu’une longue durée de vie sans presque aucune pulsion vampirique. Cela signifiait gagner le corps ultime. Cependant, dans l’esprit de Nanami, devenir la parente des vampires de bas étage qui hantaient actuellement les terres signifiait acquérir des capacités physiques légèrement améliorées, mais introduisait une foule de faiblesses et signifiait même devoir boire le sang des gens pour avoir une chance de survie — et, dans le pire des scénarios, cela signifiait même perdre la raison. Il s’agissait de devenir ce qui était pratiquement un cadavre vivant.

Il y avait une énorme disparité dans ce qui leur venait à l’esprit quand il s’agissait de parents vampires pour les deux. Malheureusement, Ristia n’avait pas considéré que cet aspect s’ajoutait à l’équation, alors en voyant Nanami tomber dans le désespoir, elle avait cru que Nanami la rejetait.

« Désolée, tu n’aimes pas l’idée de parents, oui !? C’est bon, je ne ferai pas de toi une parente ! » s’exclama Ristia.

« V-Vraiment ? » demanda Nanami.

« Euh-hmm, euh-hmm-euh ! Je t’assure que je ne ferai rien que tu ne veuilles pas, Nanami ! » déclara Ristia. Waaaah, faire cette promesse signifie que je ne peux pas faire de Nanami ma petite sœur ~ ! Mais, mais… Nanami a l’air vraiment paniquée, donc je ne peux pas me permettre de lui faire faire quelque chose qu’elle n’aime pas. Sinon, je serais l’échec pour une sœur aînée. Je n’aime pas ça, mais c’est la vie. Une vie sans sœur… Sniff…

Ristia pleura intérieurement en jurant qu’elle ne ferait pas de la fille une parente.

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