Monster no Goshujin-sama (LN) – Tome 7 – Chapitre 22 – Partie 1

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Chapitre 22 : Identifié à vue

Partie 1

Heureusement, le temps que j’arrive dans la ruelle, la situation n’avait pas beaucoup changé depuis que je regardais par la fenêtre. Il n’y avait personne en vue à part Shiran, Fukatsu Aketora et Thaddeus. Pour commencer, cela ressemblait à un chemin peu fréquenté où cela s’était produit.

Le bruit que j’avais fait en claquant la porte pour y arriver avait résonné dans la ruelle silencieuse. Le sang de Fukatsu lui montait à la tête et il était trop occupé à se disputer avec Shiran pour le remarquer, alors que Thaddeus semblait m’avoir entendu, étant un peu plus proche de la porte.

Le jeune homme portant un tissu vaguement drapé sur son torse avait cessé de faire l’intermédiaire entre les deux et s’était tourné vers moi. Il semblait aussi se souvenir de moi. Il m’avait regardé courir, avait jeté un coup d’oeil à Rose… puis s’était à nouveau tourné vers moi, les yeux écarquillés et l’expression figée. Son état d’ébahissement m’irritait. Je n’avais aucune idée de ce qui l’avait choqué, mais Shiran et Fukatsu se disputaient toujours. En tant que compagnon de voyage, c’était la responsabilité de Thaddeus de les arrêter. Il n’y avait aucune raison de se plaindre, alors j’avais serré les dents et accéléré le pas.

« Pourquoi voulez-vous savoir ça !? »

« Je te dis que j’ai des raisons, bon sang ! »

À cette distance, je pouvais maintenant les entendre clairement.

« Ce n’est pas si compliqué que ça ! Réponds juste à mes foutues questions ! C’est tout ce que tu as à faire ! »

Il semblerait que Fukatsu essayait d’obtenir quelque chose de Shiran, mais qu’elle refusait d’obtempérer, ce qui avait conduit à la dispute actuelle. J’avais l’impression qu’il était venu chercher la bagarre parce qu’elle était ma connaissance, mais cela ne semblait pas être le cas.

Qu’est-ce qu’un visiteur comme Fukatsu pourrait bien vouloir à Shiran ? J’avais commencé à me le demander, mais, quelle que soit la raison, je devais d’abord aller l’aider. Au moment où j’avais pris une inspiration pour les appeler, Fukatsu avait craqué.

« Ça suffit ! Dis-moi juste ce que je veux savoir ! »

Il s’était rapproché de Shiran et avait essayé d’attraper son bras. Son approche violente semblait être alimentée par le sang qui lui montait à la tête. Shiran semblait vouloir y faire face. Elle avait déjà affronté un autre tricheur, Juumonji Tatsuya. Même si ce n’était pas en plein combat et qu’elle n’avait pas le soutien des esprits, son adversaire ne l’attaquait pas sérieusement. De plus, il s’élançait vers elle sans aucun sang-froid. Shiran avait été préparée à tout ce qui pouvait arriver, alors même si c’était un événement soudain, elle avait les moyens d’y faire face. Cela aurait dû être le cas, de toute façon.

Cependant, Shiran n’était plus la même que lorsqu’elle était dans la fleur de l’âge. Elle m’avait dit que sa condition s’était détériorée. Son potentiel de combat était autrefois égal à celui de Gerbera, mais elle était tombée depuis à peu près au niveau de Rose. Même si cela la classait comme très forte dans ce monde, elle était mal assortie contre un tricheur.

Shiran n’avait pas pu tordre son corps assez vite, et Fukatsu avait réussi à attraper son avant-bras avec grossièreté.

« Je te dis de…, Hein ? » Fukatsu avait commencé à dire quelque chose, mais avait soudainement ravalé ses mots. « Qu’est-ce que… ? »

Je ne pouvais pas voir son visage d’où j’étais, mais je pouvais entendre la suspicion dans sa voix. Il avait baissé son regard sur le bras qu’il tenait.

« Froid… ? »

Le visage de Shiran avait eu un spasme. À cet instant, un feu s’était allumé en moi.

« Fukatsu ! » J’avais hurlé à pleins poumons.

Cela avait finalement attiré son attention. Fukatsu s’était retourné, choqué par le bruit soudain. Alors qu’il le faisait, Rose et moi avions couru jusqu’à lui. Je n’avais pas eu le temps de reprendre mon souffle. Je m’étais arrêté et j’avais immédiatement parlé.

« Fukatsu, laissez-la partir. »

Il avait l’air profondément mécontent de cette intrusion. « Bon sang, je dois écouter… »

« Laissez-la partir », avais-je répété d’une voix grave.

Pour la première fois depuis longtemps, mon esprit bouillonnait d’émotions violentes. Malgré cela, j’avais réussi à garder mon calme. Si je devais dégainer mon épée ici, Rose se joindrait certainement à la mêlée. Néanmoins, il serait toujours considérablement difficile pour nous de gérer un tricheur. Si je devais le faire, je n’hésiterais pas, mais ce n’était pas le moment de poser ma main sur la poignée de mon épée.

« Laissez-la partir, » avais-je répété une fois de plus.

La dernière fois que je l’avais rencontré, Fukatsu Aketora semblait me détester. Pourtant, lors de notre première rencontre à l’auberge, il avait semblé totalement désintéressé. C’était plutôt comme s’il n’avait pas voulu être impliqué dans quoi que ce soit de gênant. Même s’il ne pouvait pas être qualifié d’amical, il n’avait pas été hostile envers nous. Il n’avait commencé à montrer du dégoût qu’à notre deuxième rencontre… quand il était tombé sur Rose et moi alors que nous nous promenions en ville.

« En tout cas, ce type est une ordure comme les autres. Traîner un tas de nanas comme des trophées en est la preuve. »

Je ne les voyais pas et ne les traitais pas comme ça, alors je ne me sentais pas bien d’être incompris de cette façon. Pourtant, je pouvais comprendre son dédain. Au moins, il avait assez de dignité pour trouver les gens comme ça désagréables. Il était brut de décoffrage, mais ce n’était pas un hors-la-loi sans scrupules. En tant que tel, il serait imprudent de sa part de dégainer son épée ici.

« Tch. »

Après m’avoir dévisagé un moment, Fukatsu avait lâché le bras de Shiran. Elle s’était immédiatement éloignée de lui et avait titubé.

« Takahiro…, » dit-elle, son unique oeil bleu me regardant avec frayeur.

« Est-ce que tu vas bien, Shiran ? » avais-je demandé, ignorant Fukatsu et marchant vers elle.

« T-Takahiro. Je suis vraiment désolée de t’avoir causé des problèmes… »

Elle était clairement secouée. Elle avait serré le bras que Fukatsu avait attrapé. Cela semblait être un acte inconscient. Le fait que Shiran soit un monstre mort-vivant était l’un des plus grands secrets que notre groupe gardait, et cet événement pourrait le révéler. Elle n’avait pas peur des actions de Fukatsu, elle avait peur de nous causer des problèmes. Je savais très bien que c’était le genre de fille qu’elle était.

« Ce n’est pas ta faute, Shiran. »

Elle n’avait pas eu de chance en étant impliquée avec un tricheur ici. On ne pouvait rien y faire. C’était simplement une catastrophe naturelle. En même temps, c’était aussi une chance qu’il soit un visiteur. Fukatsu Aketora ne savait pas ce qui était considéré comme du bon sens dans ce monde. Tant qu’il ne connaissait pas d’autres elfes, il n’avait aucun moyen de savoir s’ils avaient simplement une température corporelle différente de la normale. Il ne savait pas non plus que j’avais le pouvoir d’apprivoiser les monstres.

Il avait été surpris par sa froideur et l’avait peut-être trouvée suspecte, mais il était très peu probable qu’il ait eu l’idée ridicule qu’elle était un monstre mort-vivant.

« Rentrons, Shiran, » avais-je dit d’un ton tranchant.

« D-D’accord. »

Shiran avait hoché la tête, mais sa démarche était inhabituellement timide. Ses pensées auto-condamnantes l’avaient complètement saisie.

« Hé ! Attendez ! » Fukatsu avait crié, irrité.

Si on me pousse à le dire, on dirait qu’il était en colère d’être ignoré, mais Shiran ne l’avait pas pris comme ça. Son visage pâle s’était considérablement raidi. En voyant cela, mon esprit avait vagabondé vers la nuit de l’arrestation de la commandante.

« Est-ce que ça va vraiment bien ? »

« Si mon identité est découverte, cela vous causera des problèmes. »

Cette nuit-là, Shiran m’avait paru si fragile que j’avais l’impression qu’elle allait disparaître dès que je la quitterais des yeux. Elle donnait la même impression maintenant. J’avais tout de suite su que les choses ne pouvaient pas rester comme ça.

« Ah. »

Stimulé par cette compulsion, j’avais inconsciemment tiré Shiran dans une étreinte latérale. La moitié était due au fait que je sentais qu’elle allait disparaître si je ne la tenais pas, et l’autre moitié était due au fait que je voulais la protéger.

Heureusement, Shiran ne m’avait pas rejeté. Au contraire, elle s’était appuyée contre moi. Elle avait marmonné doucement et s’était cachée contre mon corps. Ses mains raides s’étaient accrochées fermement à moi. Encouragé par le fait qu’elle comptait sur moi, je m’étais tourné vers Fukatsu une fois de plus.

« Que voulez-vous ? » avais-je demandé.

« Je ne veux rien de toi, » répondit-il, le visage semblable à celui d’une bête hargneuse.

Je n’aurais pas survécu à tant de situations de vie ou de mort si c’était tout ce qu’il fallait pour me faire peur.

« Pensez-vous vraiment que je vais reculer juste à cause de ça ? Ne voyez-vous pas qu’elle a peur ? » avais-je dit. Shiran n’avait pas vraiment peur de Fukatsu, mais je n’avais pas vraiment de raison de lui dire ce qui l’effrayait vraiment. « Si vous avez quelque chose à dire, revenez après vous être calmé. »

« Ce n’est pas acceptable », avait-il dit, ne montrant aucun signe de recul. J’avais froncé les sourcils devant son attitude étonnamment persistante, mais ses mots suivants m’avaient fait ressentir une légère inquiétude. « Nous avons nos propres problèmes aussi. »

Sa voix était un peu plus calme, peut-être parce qu’il avait réussi à se calmer un peu à cause de notre interruption. Il y avait un son sérieux dans sa voix maintenant. Pour la première fois depuis que j’étais ici, j’avais regardé le visage de Fukatsu.

« Je ne peux pas reculer, mec », a-t-il dit, le désespoir se mêlant à ses traits acérés. Je pouvais voir à son expression qu’il y avait une bonne raison à cela. « Nous devons entendre parler du plan de l’armée royale pour une opération de subjugation des monstres, et cette femme est au courant. »

« Une opération ? »

J’avais ressenti l’envie de me tourner et de regarder Shiran, mais je m’étais empêché de le faire à la dernière seconde. Je devais agir de manière appropriée pour m’en sortir. Shiran n’était pas la personne dont j’avais besoin d’une confirmation en ce moment.

« Et pourquoi pensez-vous que Shiran est au courant de ça ? » avais-je demandé.

« Ne fais pas l’idiot, » grogna Fukatsu en montrant les dents. « Cette femme est un grand chevalier de l’ordre de l’Alliance ou autre, non ? Je l’ai vue sortir d’un bâtiment de l’armée en ville. J’ai déjà découvert qu’ils planifient une opération de grande envergure à proximité. Elle va leur donner un coup de main, non ? Si c’est le cas, elle doit connaître les détails. »

Sa logique était correcte, mais même si je le pensais, je ne le montrais pas sur mon visage.

« Et alors ? Pourquoi voulez-vous le savoir ? » avais-je demandé.

« Je… ne peux pas le dire, » répondit-il en se mordant la lèvre avec impatience. « J’ai des raisons dont je ne peux pas parler. »

« Alors c’est hors de question. Pensez-vous vraiment que vous pouvez obtenir ce que vous voulez comme ça ? »

« Il faut que je le sache ! »

Il semblait comprendre à quel point il était déraisonnable. Néanmoins, il n’avait pas l’intention de reculer.

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Un commentaire :

  1. merci pour le chapitre

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