Le Dilemme d’un Archidémon – Tome 17 – Chapitre 2 – Partie 1

Bannière de Le Dilemme d’un Archidémon ***

Chapitre 2 : La rencontre avec un Archidémon est trop difficile pour deux débutants en amour

Partie 1

« Haah… Qu’est-ce que je dois faire à partir de maintenant ? »

Chastille dînait chez elle, ce qui était rare, et laissa échapper un profond soupir. Elle avait un jour de congé, alors elle avait les cheveux lâchés et portait une chemise et une jupe simples. Sa relation avec Barbatos, les détails de leur rendez-vous et à peu près tout ce qui concernait leur association s’étaient répandus sur tout le continent il y a un mois. Après une série constante d’erreurs insignifiantes au travail, Nephteros l’avait finalement forcée à quitter son bureau pour se reposer convenablement.

Depuis, les choses étaient tellement gênantes que Chastille n’avait pas pu parler à Barbatos. Il était encore dans l’ombre à ses pieds, alors il avait l’œil sur elle. Chastille ébouriffa ses cheveux écarlates, ses yeux également écarlates étant constamment remplis de larmes depuis quelque temps.

La nourriture qu’elle avait préparée distraitement avait l’air bien plus atroce que d’habitude. Si Néphy voyait la substance dangereuse, elle risquerait de mettre la cuisine en quarantaine. Un jour, elle avait dit à Chastille : « Les esprits risquent de mourir, alors permets-moi de prendre le relais » à propos de sa cuisine, puis elle avait expulsé Chastille de la cuisine. Le goût était horrible, bien sûr, mais Chastille ne pouvait rien goûter dans son état actuel.

En tant qu’archange et chef de la faction d’unification, elle avait d’innombrables choses à faire. Et pourtant, une simple histoire d’amour avait tout interrompu.

Reprends-toi, Chastille ! Ta détermination se résume-t-elle à cela après avoir pris l’épée sacrée et poursuivi ton frère !? Elle se tapa les joues pour se réconforter, mais…

« Au fait, Chasty, Barbatos ne se joindra-t-il pas à nous pour le dîner ? »

« Pffft !? »

Les mots que sa mère avait lancés depuis l’autre côté de la table avaient fait cracher à Chastille des fragments de viande brûlés — ce qui était censé être un steak. Chastille avait hérité ses yeux écarlates de sa mère. Mais contrairement à sa fille, la mère de Chastille ne comprenait pas le concept de tension. Elle arborait toujours un sourire insouciant, et malgré sa quarantaine, il lui arrivait de se perdre en ville à la poursuite de papillons ou autres. Elle paraissait plus jeune qu’elle ne l’était, mais on pouvait facilement penser que son âge mental était égal ou inférieur à celui de Chastille.

« Qu-Qu-Qu-Qu-Qu’est-ce que tu dis, maman !? »

« Oh là là ! Barbatos n’est-il pas la fée qui prend toujours le thé dans ta chambre ? Tu ne manges pas souvent à la maison, alors tu aurais dû l’emmener. »

La mère de Chastille était une personne très douce et calme, et pour le meilleur ou pour le pire, elle ignorait tout du monde. Un chevalier angélique ne pouvait pas avoir de relation avec un…

« Attends. Comment es-tu au courant de ça ? » demanda Chastille.

« Hm ? Essayais-tu de le cacher ? Oh là là, tu dois faire plus attention. Nos murs sont minces, alors tu devrais au moins baisser le ton. »

« Hwah ? Je pensais que la maison elle-même était correctement construite. »

« C’était le cas, mais les petits termites l’ont rongé et il est tout usé maintenant. Tous les sons sont assez faciles à entendre. »

Chastille se couvrit le visage. Elle n’avait rien fait qui puisse la faire culpabiliser, mais c’était extrêmement gênant qu’on le lui fasse remarquer comme ça.

« Tu aurais pu me le dire si tu m’avais entendu…, » se plaignit-elle.

« Mais tu es toujours en train de bavarder si joyeusement. Je ne voulais pas me mettre en travers de ton chemin… »

À vue de nez, sa mère avait tout entendu depuis le début.

« Je n’ai rien fait d’indécent. »

« C’est bon, c’est bon. Ne t’inquiète pas pour ça. Chasty ma chère, tu as toujours été si dévouée au travail que ta mère s’inquiétait de te voir arrêter d’être une fille. »

« Ce n’est pas… »

Elle avait essayé de le nier, mais n’y était pas parvenue.

Nous ne sortons pas ensemble, mais j’étais si heureuse qu’il ait fêté mon anniversaire avec moi… Ses mains s’étaient naturellement dirigées vers son oreille, touchant la boucle d’oreille qu’il lui avait offerte.

« Et ne portes-tu pas tous les jours ces boucles d’oreilles qu’il t’a offertes ? »

« On m’a dit que les trous se scellent si je ne les porte pas constamment ! »

Il lui avait percé les oreilles pour son anniversaire, mais il s’est avéré que la façon dont Barbatos l’avait fait n’était pas correcte. Vepar était ensuite passé la voir et l’avait correctement désinfectée. C’était vraiment quelqu’un de bien.

Est-il vraiment un homme… ? Chastille lui avait parlé comme s’il s’agissait d’une autre amie féminine sans vraiment y penser, mais avait éprouvé des sentiments mitigés après coup lorsqu’elle s’était souvenue qu’il s’agissait d’un homme.

Non, je ne serai jamais aussi féminine. Sois réaliste. Elle secoua la tête pour éloigner ces désirs disgracieux comme celui de vouloir lui ressembler, puis remarqua que sa mère avait dit quelque chose d’étrange tout à l’heure.

« Maman, qu’est-ce que tu entends par fée ? » demanda Chastille.

« Veux-tu parler de Barbatos ? Tu as refusé de me dire son nom, mais je me suis dit que ce ne serait pas bien de demander. Sais-tu qu’il m’aide de temps en temps quand je fais tomber les assiettes ? C’est pour ça que j’ai cru qu’une fée vivait soudainement dans la maison. »

Sa mère rit. Tout comme sa fille, elle était plutôt maladroite. C’est en partie à cause d’elle que la maison était en si mauvais état. Cependant, sa maladresse était d’une autre dimension que celle de Chastille.

« Ah. »

Comme pour le prouver, elle renversa le moulin à poivre. Chastille le faisait elle-même assez souvent… non, juste de temps en temps. Cependant, la maladresse de sa mère ne s’arrêtait pas là.

« Ah, ah, ah ? »

Le moulin à poivre était tombé sur une fourchette, la faisant basculer dans les airs au-dessus de la table. La fourchette heurta ensuite un vase à fleurs et le renversa. Le vase tomba de la table, juste au-dessus d’un rat qui se baladait sur le sol. Le rat fit alors un bond de côté sous le choc, puis s’enfuit et heurté l’étagère, faisant tomber un cadre photo. Le cadre se heurta à une épée décorative sur le mur, brisant le loquet qui le retenait. Chastille et sa mère regardent, hébétées, l’épée décorative s’écraser sur le sol avec un bruit strident, et d’autres objets s’éparpiller.

Cependant, alors même qu’elles croyaient que c’était enfin terminé, elles remarquèrent qu’un ornement en laiton qui ornait l’étagère avait maintenant été envoyé dans les airs. Il se heurta au lustre au-dessus de la table comme s’il y était aspiré, produisant un autre bruit désagréable. La chaîne d’événements provoquée par le renversement d’un moulin à poivre était presque artistique, s’achevant avec la destruction du lustre.

« Oh là là ! »

« Pourquoi ? »

Chastille cria quand le lustre s’écroula sur elles, quand l’ombre à ses pieds frétilla.

« Hé… Ta mère n’est-elle pas maudite ? »

Le lustre s’arrêta en plein vol juste avant de s’écraser contre la table. Barbatos sortit son visage pâle de l’ombre, oubliant la tension gênante qui l’avait empêché de parler.

« Ne parle pas de ma mère comme si c’était un mauvais présage », lui répondit Chastille en chuchotant. « Mais merci de m’avoir sauvée. »

« Regarde-moi dans les yeux et essaie de répéter la première partie. »

Chastille détourna les yeux.

« En tout cas, Chasty, c’est ça ? » ajouta Barbatos avec amusement.

« Argh, c’est, hum… Elle a tendance à donner des surnoms bizarres aux gens. »

« Ce n’est pas bizarre », déclara sa mère d’un ton irrité, en entendant clairement leurs chuchotements. « C’est joli et mignon, n’est-ce pas monsieur la fée ? »

« Fée… ? Me parles-tu ? »

Maintenant qu’elle lui parlait, Barbatos sortit à contrecœur de l’ombre. Naturellement, ses cheveux étaient défaits et il portait sa robe et ses amulettes, montrant clairement qu’il était un sorcier. Il ne portait pas de boucles d’oreilles.

« Oh là là ! Vous êtes terriblement grand, monsieur la fée. Vous vous êtes enfin montré sous votre vrai jour. Vous êtes bien plus cool que ce que le torchon à ragots vous a fait paraître. »

« S-Salut… »

Ne sachant pas trop comment réagir, c’est tout ce que Barbatos avait réussi à dire. La mère de Chastille avait bien sûr vu le torchon à ragots. Elle en avait même orné sa chambre. Chastille aurait vraiment préféré qu’elle ne le fasse pas, mais elle avait obtenu de sa mère qu’elle retire les exemplaires de partout en dehors de sa chambre, alors elle ne pouvait pas insister davantage.

La mère de Chastille tira une chaise de la table, mais elle n’avait pas été utilisée depuis si longtemps qu’elle était couverte de poussière. Elle l’avait balayée d’un revers de main, éparpillant la poussière sur toute la table à manger.

« Hak, hak. Désolée, c’est la seule chaise dont nous disposons. »

« Non, ne faites pas attention à moi… s’il vous plaît. »

« S’il vous plaît… ? »

Chastille était déconcertée par le phénomène bizarre de Barbatos qui se montrait respectueux.

« Ferme-la, Chasty. »

« Pourquoi dois-tu dire des choses comme ça ? Je ne te pardonnerai pas si tu m’appelles ainsi à l’extérieur ! »

« Quoi ? N’est-ce pas bien ? C’est un surnom mignon. »

« Mignon ? C’est… ? »

« Waaaah !? Je n’ai pas dit ça ! »

« Tu viens de le faire ! »

« C’est sûr », intervint la mère de Chastille. « Chasty est mignonne, c’est clair et net. »

« On n’est pas allé aussi loin ! », lui crièrent les deux à l’unisson.

« Non, non, vous deux », dit sa mère, quelque peu troublée par leur comportement. « Les voisins vont vous entendre, alors baissez un peu le ton. »

Réalisant à peine que toute leur conversation puisse être entendue à l’extérieur, Chastille et Barbatos se couvrirent le visage.

« Peut-être devrions-nous aussi donner un surnom à Monsieur la Fée ? » poursuit sa mère, sans une once de timidité dans la voix.

« Non, je n’en ai pas besoin… merci. »

« Voyons… Je suppose que Tossy n’est pas tout à fait juste. Mais Batey ne sonne pas très bien… »

Elle ne l’écoutait pas du tout. Barbatos se tourna vers Chastille avec amertume. Ne me regarde pas, je n’y peux rien. Dès le départ, Chastille n’aurait pas eu autant de mal avec sa mère si elle en était capable.

***

Si vous avez trouvé une faute d’orthographe, informez-nous en sélectionnant le texte en question et en appuyant sur Ctrl + Entrée s’il vous plaît. Il est conseillé de se connecter sur un compte avant de le faire.

Un commentaire :

  1. merci pour le chapitre

Laisser un commentaire