Jinrou e no Tensei – Tome 16– Chapitre 16 – Partie 26

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Chapitre 16

Partie 26

Une fois arrivé à l’endroit indiqué par Fumino, Parker porta ses mains à sa bouche et cria : « Je suis général de l’Armée démoniaque, Parker Pastier ! Ô grand Valkaan, Neptotes, où êtes-vous ? »

Bien sûr, Parker parlait cette langue ancienne, et Mao ne comprenait rien. Cependant, il avait une idée assez précise de ce qui se disait, car ils avaient répété leurs répliques à l’avance.

Le vent porta les paroles de Parker au loin, et quelques secondes plus tard, un vieil homme vêtu d’une robe en lambeaux apparut dans un tourbillon de poussière. Son apparition soudaine surprit Mao, mais il fit de son mieux pour ne rien laisser paraître de sa surprise et de sa peur.

« Angu yuitche uzdaat. Votu yuitche man narume ? »

Le vieil homme prononça des paroles incompréhensibles pour Mao. Heureusement, Parker put traduire pour lui.

« Il dit savoir que nous sommes des mages et il nous demande où nous avons appris son nom. »

« Compris. Réponds honnêtement », répliqua Mao.

Honnêtement était un code, et ils utilisaient ce code au cas où Neptotes connaîtrait le Meraldien et le dissimulerait.

« Comme tu le souhaites. » Parker acquiesça et les négociations commencèrent.

 

« Vous êtes mage vous aussi. Où avez-vous appris mon nom ? » Voilà la traduction exacte des paroles de Neptotes.

« J’ai entendu le rapport du Roi Loup-garou Noir, Veight. Cependant, vous ne reverrez plus cet homme », dit Parker d’une voix suave.

Neptotes fixa Parker d’un air soupçonneux pendant quelques secondes, puis se tourna vers Mao.

« Et qui est cet homme ? » demanda-t-il.

« Toutes mes excuses, j’ai oublié de vous le présenter. Voici Mao, l’un des marchands les plus influents de Meraldia. Il se trouve qu’il est l’un de mes complices. Je crains qu’il ne parle que la langue des barbares, c’est pourquoi je suis là pour traduire. »

« Je vois. » Neptotes lança un regard noir à Mao, visiblement peu impressionné.

Mao l’ignora et écouta attentivement la traduction de Parker, cherchant le meilleur moyen de manipuler Neptotes et de l’amener à faire ce qu’ils voulaient. D’après ce que Veight a dit, même si Neptotes est vêtu comme un moine, il nourrit des ambitions plutôt classiques. Pas très différent de moi sur ce point, mais cela devrait faciliter les choses. Bien que Neptotes soit un Valkaan ayant vécu des siècles et pratiquant une magie ancienne, il restait un humain. Et cela signifiait qu’il pouvait être manipulé comme n’importe qui d’autre. Du moins, c’est ce que pensait Mao.

« Le Roi Loup-garou Noir, Veight, est vénéré comme un héros à Meraldia, mais si vous le demandez à un marchand comme moi, ce n’est qu’un importun. Il est incorruptible et refuse d’assouplir ses règles pour des hommes d’affaires comme moi », lança Mao, mettant tout son venin dans sa voix.

Même si Neptotes ne comprenait pas ses paroles, il pouvait néanmoins déchiffrer la voix et l’expression de Mao. Ces négociations dépendaient de bien plus que de la simple interprétation de Parker. En vérité, Mao appréciait Veight précisément pour son intégrité, mais évidemment, il ne le dirait pas à Neptotes.

« Parker, de l’Armée démoniaque, comprend qu’une bonne gouvernance exige une approche plus… indulgente. Et tout comme vous, ô, grand Valkaan, il est immortel. Veuillez m’excuser de m’avancer ainsi, mais à mon humble avis, je crois que ce sont des gens comme vous et lui qui sont vraiment aptes à diriger des nations… » Mao marqua une pause pour laisser Parker traduire pour Neptotes. L’expression de Neptotes s’illumina légèrement et il répondit par un seul mot.

Ça fonctionne ? se demanda Mao.

Parker se retourna vers Mao et traduisit : « Il a dit : Continue. »

C’était une bonne nouvelle, mais Mao savait qu’il devait procéder avec prudence.

« À cause des politiques restrictives du Roi Loup-garou Noir, nous n’avons pas pu récolter les fruits que nous méritions légitimement de notre commerce avec Kuwol. Je suis venu vous remercier d’avoir éliminé cette épine dans notre pied. » Mao afficha son sourire le plus docile, celui-là même qu’il avait arboré lorsqu’il avait supplié le Sénat de l’autoriser à commercer avec Meraldia.

Alors, comment allez-vous répondre ? Neptotes fronça les sourcils, ayant percé à jour le sourire hypocrite de Mao. Bien, vous ne soyez pas complètement idiot. Mais j’excelle à tromper ceux qui se croient plus intelligents qu’ils ne le sont.

Neptotes parla, et Parker traduisit pour lui. « Il a dit : Je vois bien que tu manigances quelque chose. Quel est le véritable but de ta venue ? »

Parfait, il a mordu à l’hameçon. Il n’y avait rien de plus stupide que de demander à quelqu’un qui esquivait les questions ce qu’il pensait vraiment. Après tout, s’il essayait de cacher quelque chose, il y avait peu de chances qu’il avoue la vérité.

Mao s’inclina devant Neptotes en signe d’excuses et dit : « Je vois que vous êtes très perspicace, ô, honorable Valkaan. La vérité est que je souhaite faire tomber la famille royale de Kuwol. »

C’était le scénario que Veight lui avait préparé. Gehei disait toujours qu’il fallait mettre la marchandise de moindre qualité dans les plus beaux emballages, et je suppose qu’il avait raison après tout. L’ancien employeur de Mao était un traître, un vrai salaud, mais il donnait de bons conseils sur l’art de l’escroquerie. Et le plan visant à renverser la famille royale de Kuwol était le parfait écrin pour dissimuler leurs biens.

Neptotes lança à Mao un regard surpris, visiblement intrigué.

« Il a dit : Et pour cela, tu souhaites te servir de moi ? » Parker traduit.

Mao acquiesça, et Neptotes se frotta le menton, pensif.

« En effet, Seigneur Neptotes. Mais je crois que cette proposition vous sera également profitable. Je n’ai aucune envie de régner moi-même sur Kuwol, et la nation aura besoin d’un nouveau souverain une fois la famille royale destituée. Je suis convaincu que vous feriez un excellent roi, Votre Majesté. » Mao y allait fort en matière de flatterie, mais il avait deviné la véritable nature de Neptotes.

Comme prévu, la réponse de Neptotes fut favorable.

« Il a dit : Je vois, cela semble prometteur. Mais pourquoi devrais-je m’allier à toi pour faire ce que j’avais déjà prévu de faire ? »

L’arrogance classique de ceux qui sont ivres de leur propre pouvoir. Bien sûr, Mao ne laissa rien paraître de son dédain et dit avec un sourire sincère : « N’ayez crainte, Seigneur Neptotes, je n’ai aucune intention de contrecarrer vos plans. Je vous propose simplement mon aide pour que le peuple vous reconnaisse comme son souverain légitime. Vous aurez également besoin d’un interprète, et je crois que mon ami Parker est parfaitement qualifié pour cette tâche. Vous souhaitez tout de même régner sur une nation, et non massacrer ses habitants et gouverner des ruines, n’est-ce pas ? »

Neptotes fronça les sourcils et prononça quelques mots.

« Il a dit : La manière de pensée superficielle d’un vulgaire marchand habituel. Soit. Je suppose que je te laisserai vivre tant que tu me seras utile. »

« Merci… Mais je suis inquiet au sujet de l’autre Valkaan des environs, Burbelga. Étant immortel, Parker n’a pas à craindre d’être tué par lui, mais il n’a pas la force de le vaincre. »

Parker traduisit les propos de Mao à Neptotes, puis traduisit la réponse de ce dernier.

« Il a dit : alors tu veux que je m’occupe de lui ? Quelle impudence ! Tu es vraiment un vaurien. »

Comme si vous étiez en position de dire ça. Curieusement, chaque fois que Veight l’insultait ainsi, Mao trouvait ça attendrissant. Au contraire, Mao prenait plaisir à provoquer Veight, car il savait qu’il n’y avait aucune méchanceté réelle derrière ses paroles.

Mao s’inclina de nouveau devant Neptotes et dit : « Merci d’avoir accueilli ce vaurien dans votre camp, Seigneur Neptotes. N’ayez crainte, je comprends comment fonctionne le monde. Les faibles servent les forts. »

« Il a dit : Au moins, tu connais ta place. Je tapprécie. »

Je suppose que les Valkaan ne sont pas si spéciaux après tout. J’espère que cela t’aidera, Veight. Mao adressa à Neptotes un autre sourire flatteur, mais Neptotes posa alors une question à laquelle il ne s’attendait pas.

« Il a demandé : Au fait, qui est cette fille derrière vous ? »

Neptotes fixait Friede, quelques pas derrière Parker et Mao. Maintenant que les négociations avaient abouti, il prêtait davantage attention aux détails. Mao, quant à lui, prit la question avec philosophie.

« Oh, c’est la fille unique du Roi Loup-garou Noir, Veight. La pauvre, elle n’est qu’une demi-loup-garou, elle ne peut donc pas se transformer. Du coup, son père la déteste. »

Les yeux de Friede s’écarquillèrent de surprise, mais elle comprit vite où Mao voulait en venir et se mit à parler à Neptotes dans l’ancienne langue. Parker traduisit ses paroles pour Mao.

« Elle dit à quel point elle déteste son père. »

« Je regrette d’avoir choisi cette histoire », murmura Mao. Il savait combien Friede aimait et respectait son père, mais le destin de Kuwol dépendait de leur succès, il devait donc user de tous les moyens à sa disposition. Nous avons un général traître, un marchand corrompu et une fille amère. Ce groupe de personnes devrait suffire à convaincre Neptotes de notre sincérité. À défaut, cela suffirait à lui faire croire que des luttes intestines couvaient au sein du régime.

Le monologue de Friede se prolongea longuement, puis Neptotes leva la main et prit la parole.

« Il a dit : Je comprends que vous ayez tous des griefs. Vous êtes les bienvenus pour me suivre, mais ne vous mettez pas en travers de mon chemin. »

« Bien compris, mon seigneur. Alors, allons-y », répondit Mao en s’inclinant.

 

* * * *

Une fois que Parker et les autres étaient partis convaincre Neptotes, nous avions engagé le combat avec Burbelga. Bien sûr, nous savions qu’une attaque frontale ne nous mènerait à rien, alors nous avions élaboré un plan.

Veight, esquive à gauche.

Compris. J’avais esquivé à gauche, et après une feinte, Burbelga avait décoché un crochet du droit. Si j’avais esquivé à droite, ce coup m’aurait tué sur le coup.

Il attaque ensuite avec sa jambe droite. Jerrick me transmettait des informations par ses hurlements.

On ne peut pas formuler des phrases complexes avec des hurlements de loup-garou. Mais des années auparavant, j’avais trouvé comment condenser un maximum d’informations dans la gamme vocale disponible, et j’avais enseigné ce nouveau langage codé à tous les loups-garous de mon escouade. L’avantage de communiquer par hurlements, c’est que l’immense réserve de mana d’un Valkaan ne perturbait pas les communications.

Bien entendu, c’était Fumino qui prédisait toutes les attaques de Burbelga. Elle ne pouvait voir qu’une minute ou deux à l’avance, tout au plus, mais ses prédictions étaient d’une précision redoutable. En fait, elle pouvait prédire quelques secondes avec une exactitude parfaite. Bien sûr, même si nous savions comment Burbelga allait frapper, il possédait la vitesse immense d’un Valkaan. Je devais donc me transformer et utiliser toute la magie de renforcement à ma disposition pour effectuer les esquives nécessaires à temps. Personne d’autre n’aurait pu y parvenir.

Kite a dit de faire attention où tu mets les pieds, le sol est fragile. Un Valkaan pourrait créer un cratère dans un sol pareil.

Compris, merci.

Kite me supportait également grâce à sa magie d’epoch. Il était inégalé pour analyser rapidement les informations. Bien qu’il ne puisse pas se battre, ses vastes connaissances et ses capacités étaient largement supérieures à celles de n’importe quel Valkaan. Avec l’expérience accumulée au cours de la dernière décennie, Kite était probablement la personne la plus savante au monde à l’heure actuelle. Pendant ce temps, Burbelga semblait complètement absorbé par le combat et lança un coup de pied du pied droit, comme Jerrick l’avait prédit.

« Tu es rapide comme l’éclair, hein ?! On va voir si tu peux esquiver ça ! » rugit Burbelga.

Tacle hurla Jerrick.

Bien reçu.

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Un commentaire :

  1. merci pour le chapitre

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