Je suis le Seigneur maléfique d’un empire intergalactique ! – Tome 9 – Chapitre 3 – Partie 2

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Chapitre 3 : Jouer le jeu

Partie 2

J’avais l’eau à la bouche et j’avalai bruyamment ma salive. Rien qu’à voir le plat que le propriétaire était en train de préparer, il s’agissait clairement de maquereau au miso.

Je m’assis, en essayant de rester calme.

« Patron… Je vais en prendre une grande portion, » dis-je au restaurateur d’un ton grave.

Riho et Fuka me lancèrent un regard bizarre, mais elles devaient sûrement avoir faim, elles aussi.

« Je vais prendre la même chose que lui », répondit Riho. « Une grande portion pour moi aussi, merci. »

Fuka hésita un instant, puis commanda la même chose que Riho. « Oui, je prendrai la même chose. Du maquereau au miso, c’est ça ? Je n’ai jamais goûté ça, alors je prendrai une grande portion, moi aussi. »

Je ne m’attendais pas à ce qu’elles commandent la même chose que moi. Je regardai Ellen, assise à côté de moi. « Commande ce que tu veux, Ellen. »

« Je prendrai la même chose que toi, maître », répondit-elle immédiatement.

Nous avions fini par commander tous les quatre du maquereau au miso, ce qui me convenait. « Quatre grandes portions de maquereau au miso, s’il vous plaît, patron. »

Alors que je passais commande, le propriétaire me regarda d’un air perplexe. « Euh… ce n’est pas du maquereau au miso. J’ai cru que c’était le plat dont vous parliez, alors je l’ai préparé, mais êtes-vous sûr que c’est ce que vous voulez ? »

Apparemment, malgré la ressemblance entre les deux plats, celui-ci s’appelait autrement. « Oui, je veux bien le poisson que tu es en train de mijoter, j’en suis sûr. Chez moi, on appelle cette recette maquereau au miso. »

« Oh. Ah bon ? » répondit l’homme, un peu gêné. Je ne pouvais pas lui en vouloir, car il était probablement très inquiet pour sa fille.

Sa femme nous apporta notre repas. En voyant le maquereau au miso devant moi, je sentis ma main trembler.

Amagi me regarda d’un air étrange. « Il n’y a pas de plat appelé “maquereau au miso” sur ta planète, Maître. Es-tu sûr de ne pas le confondre avec autre chose ? »

Je pris un morceau de poisson avec mes baguettes et le portai à ma bouche. Le goût du miso et du gingembre se répandit sur ma langue. Le maquereau avait même la même saveur qu’à l’époque. Le goût, la texture, l’odeur… Tout était parfait.

J’avais enfin retrouvé un plat que je pensais ne plus jamais goûter. Plusieurs fois par le passé, j’avais demandé à des chefs de cet univers de me le préparer, mais comme les ingrédients étaient différents, le résultat n’était jamais parfait. Ces légères différences m’agaçaient encore plus que s’ils avaient préparé un tout autre plat. À un moment, j’avais envisagé de préparer moi-même ce plat, mais j’avais abandonné cette idée, car j’avais un objectif plus important : maîtriser la Voie du Flash.

Pourquoi étais-je si obsédé par le maquereau au miso, me demandes-tu ? À cause de ma vie passée. À l’époque, j’avais été piégé et endetté, et vers la fin de ma vie, je ne pouvais plus bien manger. Il y avait même des jours où je ne mangeais rien du tout.

Je me rappellerai toujours de ce petit restaurant simple, mais très sympa, devant lequel je passais, affamé, en rentrant du travail. Je n’oublierai jamais l’odeur du maquereau au miso qui flottait dans l’air lorsque je passais devant. Parfois, j’avais tellement faim que cette odeur me faisait mal et je commençais à saliver rien qu’en sentant le miso.

J’entendais la voix de quelqu’un à l’intérieur du restaurant appeler le client qui avait commandé ce plat. Je vérifiais alors l’argent que j’avais dans ma poche, mais je n’avais même pas 100 yens. Je me sentais tellement misérable en m’éloignant de cet endroit, serrant dans ma main les quelques pièces de 10 yens que j’avais sur moi. J’avais même rêvé qu’un jour, j’y goûterais. Mais je n’en avais jamais eu l’occasion avant de mourir.

Mais aujourd’hui, j’avais enfin eu ma chance. J’avais enfin trouvé le maquereau au miso parfait ! J’avais souri instinctivement. J’avais soudain pensé que ce n’était peut-être pas si mal de jouer les héros de temps en temps.

« Patron, pour te remercier de m’avoir rassasié, je vais sauver ta fille », déclarai-je.

En réponse, le restaurateur me lança un regard perplexe. « Euh, vous n’avez pas entendu ce qu’on a dit tout à l’heure ? Le Dieu de l’Épée l’a enlevée et le baron n’a aucune envie d’aider des gens comme nous. Si vous les offensez, qui sait ce qu’ils pourraient vous faire ? »

J’avais soupiré en regardant cet homme. Il avait peur d’un imposteur du Maître et d’un simple baron. « Ne t’inquiète pas, tout sera terminé avant que tu ne t’en rendes compte. Marie ? » Je m’étais retourné.

Marie, qui attendait à côté maintenant que les chevaliers aient fini de nettoyer, vint à mes côtés. « Oui, mon seigneur Liam ! Ta fidèle Marie, à ton service ! »

« Peu importe. Bref, on part en raid. »

À ces mots, le regard de Marie devint tranchant. Elle esquissa un léger sourire. « Comme tu le souhaites, mon seigneur. »

 

***

Dans une pièce de la résidence du baron, Yasushi s’apprêtait à violer la jeune fille qu’il avait enlevée. « Hé hé hé. Je m’appelle Yasushi de la Voie du Flash et je peux faire tout ce que je veux ! J’ai touché le jackpot ! »

À la façon dont l’homme parlait, Yuri comprit qu’il s’agissait d’un imposteur. Mais, les bras et les jambes liés, elle ne pouvait pas bouger.

« Tu es un imposteur ?! » demanda-t-elle.

C’était la mauvaise question à lui poser. « Fais attention à ce que tu dis ! Je suis peut-être plein de défauts, mais je suis aussi un chevalier. N’oublie pas que je peux tuer une fille comme toi quand je veux. »

L’imposteur tendit la main vers Yuri lorsque la porte de la pièce s’ouvrit brusquement.

« Maître Dieu de l’Épée, des intrus ! Des personnes se sont infiltrées dans le château ! Personne ne peut les arrêter ! Prêtez-nous votre force, s’il vous plaît ! Et puis, Maître Dieu de l’Épée, on dirait qu’ils vous cherchent… »

En entendant cela, le faux chevalier fit claquer sa langue. « Des idiots essayent de nous défier ? »

Il n’arrivait pas à croire que quelqu’un puisse être assez bête pour s’introduire dans la résidence du baron. Mais l’imposteur ne s’inquiétait pas pour autant. « As-tu contacté l’armée ? »

« Oui, bien sûr. »

« Très bien. Je vais leur faire gagner du temps. Mais tout sera peut-être terminé avant leur arrivée. » L’imposteur n’avait rien à craindre, car l’armée du baron le protégerait. « Gwah ha ha ha ! Voyons voir les visages de ces idiots qui cherchent à se battre avec moi ! Je vais peut-être les capturer et les découper pour m’amuser ! »

Alors que le cruel imposteur quittait la pièce, Yuri pleura. « Maman… Papa… Je veux rentrer chez moi… »

 

***

Dans la salle d’audience du château, j’étais assis sur le trône du baron, mon épée posée sur l’épaule, et je regardais mes camarades. Riho, furieuse, donnait des coups de pied sans pitié au faux maître Yasushi, recroquevillé en boule sur le sol.

« Comment oses-tu te faire passer pour le Maître alors que tu es si faible ! »

L’imposteur avait subi des modifications corporelles complètes pour ressembler au Maître. Il était désormais le sosie parfait du Maître, mais ses compétences n’étaient pas à la hauteur. Il avait autrefois été un chevalier de premier ordre, mais lorsqu’il avait connu des moments difficiles, il avait décidé de se faire passer pour « Yasushi de la Voie du Flash » afin de retrouver une partie de sa gloire perdue. Dans l’univers en général, ses compétences à l’épée étaient impressionnantes, mais elles n’étaient rien comparées aux nôtres.

Les cheveux hérissés, Fuka abattit son épée dans son fourreau sur l’imposteur. « Comment oses-tu salir ainsi le nom du Maître ?! »

Les élèves du faux maître gisaient autour des deux filles surexcitées, dans des flaques de leur propre sang. Riho et Fuka avaient même abattu les gardes du baron.

Alors que je les observais, Ellen regardait la scène macabre à côté de moi, le visage pâle.

« Euh, Maître… »

Je devinais ce qu’elle voulait demander. « Tu te demandes pourquoi je ne les arrête pas, c’est ça ? »

« Oui. »

Je comprenais ce que Riho et Fuka ressentaient face à cette fraude qui salissait le nom de leur maître bien-aimé, mais elles manquaient un peu de classe. Ellen ne voulait pas les arrêter parce qu’elle les trouvait dégoûtants, mais simplement parce qu’elle ne voulait plus en voir.

« Laisse-les tranquilles. J’ai des affaires à régler ici. » Je m’adressai au baron. « Alors, as-tu une excuse ? »

Le baron s’était prosterné devant moi. « Je ne savais pas que vous visitiez mon territoire, Seigneur Liam. Je suis vraiment désolé pour les ennuis que je vous ai causés. Nous allons nous occuper de ces criminels et veiller à ce qu’ils soient punis. Je vous en supplie, ayez pitié de moi… »

Kunai m’avait appris que le baron en question faisait apparemment partie de la faction de Cléo. Mais même s’il avait été trompé par ce faux baron, le fait qu’il ait invité Maître Yasushi restait un problème. Il savait que j’étais un épéiste de la Voie du Flash; s’il savait quoi que ce soit sur le Maître, il avait le devoir de m’en informer.

« Pas question », répondis-je. « Tu aurais dû m’en parler avant d’inviter Maître Yasushi. »

« Mais c’est ridicule ! » protesta le baron en levant la tête. « Pourquoi devrais-je vous dire qui j’invite sur mon territoire ? Ça n’a rien à voir avec ce qui s’est passé ici aujourd’hui ! »

Il avait raison, mais c’était tout ce qu’il avait à dire. « Tu as raison. Mais je n’aime pas qu’un petit noble comme toi s’oppose au chef de ta faction. Je te vire donc de cette faction. »

« Quoi ?! »

Le nom et le visage du baron ne méritaient même pas d’être retenus, mais il ne pouvait pas en dire autant de moi. Je l’aurais peut-être laissé partir s’il avait fait un peu plus d’efforts pour me rallier à sa cause. « Tu as demandé une aide financière à la maison Banfield, n’est-ce pas ? Nous allons également rejeter cette demande. »

Le baron baissa la tête, les poings serrés. Quand il releva la tête, son visage était rouge de rage. « Ne me sous-estime pas, petit morveux ! C’est mon domaine ! C’est mon territoire ! Peu m’importe qui tu es, tu ne peux pas me battre avec si peu de monde ! »

Il s’attendait à des ennuis, car il leva la main droite et claqua des doigts. Une seconde plus tard, un chevalier mobile défonça le mur. Des débris et de la poussière tombèrent du plafond; je tirai alors Ellen vers moi pour la protéger. Puis, je coupai les débris et soufflai la poussière, nous laissant tous les deux indemnes. Riho et Fuka fixèrent le chevalier mobile du regard.

Pensant que les rôles étaient désormais inversés, le baron se mit à parler. « Contemplez le chevalier mobile que j’ai réussi à obtenir ! Un engin de nouvelle génération qui surpasse le Moheive : le Zohei ! »

Les Moheives étaient des chevaliers mobiles produits en série, vraiment très facile à obtenir. Ils étaient bon marché et faciles à entretenir, mais ils étaient peu performants et offraient peu de protection à leurs pilotes. Le modèle Moheive avait autrefois été très répandu et était surnommé avec dérision « chef-d’œuvre ».

Le successeur de nouvelle génération du Moheive avait un design simple. Sa tête et son corps formaient un seul bloc et il avait des membres épais et puissants. Il semblait assez résistant, mais en comparaison avec le Moheive, il paraissait faible.

Riho et Fuka s’avancèrent. Cependant, avant qu’elles n’aient pu faire le moindre geste, une lame apparut dans la poitrine du Zohei. Mes apprenties semblaient penser qu’il s’agissait de l’arme du chevalier mobile, mais je savais ce qui se passait réellement.

« Tu es en retard, Marie. »

« Je m’excuse. »

Le Zohei transpercé fut poussé de côté et l’un des Teumessas de la maison Banfield le remplaça. Le Teumessa était un chevalier mobile à tête de renard. Il appartenait probablement à la même génération que le Zohei, mais ses caractéristiques semblaient supérieures.

En voyant le Teumessa, le baron paniqua. « Vous avez amené un chevalier mobile dans mon domaine ?! À quoi pensiez-vous ? »

C’était moi qui risquais techniquement d’avoir des ennuis pour avoir introduit une telle arme dans le royaume d’un autre noble sans permission. J’avais gravement enfreint l’étiquette noble… mais qui allait vraiment me tenir responsable de cela ? « C’est vrai, j’ai enfreint tes droits. À qui vas-tu te plaindre ? Tout ce que tu as à faire, c’est de dire que Liam de la maison Banfield t’a provoqué. »

Le baron tremblait tandis que je lui adressais un sourire cruel. Il semblait sans voix. Pour un idiot, il comprenait vite.

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Un commentaire :

  1. merci pour le chapitre

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