Épilogue
Partie 2
Le chien se dirigea ensuite vers la chambre de Chino. Là, la fille argentée de la tribu des loups — qui possédait également les qualités d’une prêtresse — dormait profondément sur son lit, roulée en boule.
« Hmm… Père… » Elle devait rêver de sa famille. Ils lui manquaient peut-être, puisqu’elle vivait si loin de son pays natal.
Le chien s’approcha de Chino et approcha son nez, comme s’il la reniflait. Peut-être voulait-il la rassurer, mais à ce moment-là…
« Hyaugh ! »
Les yeux de Chino s’ouvrirent brusquement et elle se mit à quatre pattes sur le lit. Elle regarda autour d’elle comme une bête méfiante, baissa les yeux sur ses bras et ses jambes et jeta un coup d’œil curieux ici et là. Lorsqu’elle aperçut un miroir, elle s’y fixa, envoûtée, et se mit sur deux pattes, hésitante. Elle bougea la queue et les oreilles, puis ouvrit et ferma la bouche, mais s’aperçut qu’elle ne pouvait pas bien parler.
« Wah... auh... wauh ! » Finalement, elle renonça à essayer de parler.
Chino ne se comportait pas du tout comme elle le faisait d’habitude. Cependant, au bout d’un moment, l’esprit du chien quitta son corps. Chino s’était alors effondrée sur le sol, retournant à son sommeil. Le chien tourna autour du corps de Chino avant de disparaître ailleurs.
☆☆☆
Après avoir regagné ma chambre, j’avais bu le thé qu’Amagi m’avait préparé. C’était le moment le plus relaxant de ma journée.
En m’apportant des friandises, Amagi me demanda : « Alors, Ciel s’est calmée ? »
« Quand j’ai entendu à quel point elle était bouleversée, j’étais un peu inquiet, mais son esprit ne s’est pas brisé », avais-je répondu. « Elle est exceptionnelle. J’ai eu raison de la garder auprès de moi. »
Ciel était restée déterminée à dévoiler ma vraie nature, même si elle n’y parviendra jamais. Même si elle en était capable, cela n’aurait pas d’importance. Les gens croyaient à tort que j’étais un souverain sage et juste. À l’intérieur, j’étais vraiment un seigneur maléfique.
Je voulais que Ciel fasse de son mieux. J’avais aussi trouvé incroyablement attachant qu’elle ne se rende même pas compte que je jouais avec elle. Elle était aussi mignonne qu’un chihuahua essayant de se battre avec un tigre.
« Maître, tu ne devrais pas la taquiner à ce point », répliqua Amagi.
« C’est bon. De toute façon, le prince Cléo est sûr de faire quelques mouvements dans mon dos aussi, n’est-ce pas ? »
« Le prince Cléo, Maître ? »
« Il distribue l’aide financière que je lui ai fournie, à des nobles et des chevaliers soi-disant dans le besoin. J’ai demandé à Kukuri et à ses hommes de se pencher sur la question. On dirait qu’il essaie de rassembler des gens qui lui seront loyaux. »
Il n’allait donc pas se contenter d’être ma marionnette. Ce ne serait pas un problème s’il voulait seulement étendre un peu son influence, mais s’il prévoyait plus que cela, nous pourrions avoir des problèmes.
Amagi m’observait, et bien que son visage soit inexpressif, elle semblait préoccupée.
« Ne t’inquiète pas », lui avais-je dit. « Cléo n’est pas de taille contre moi. »
« Ce n’est pas ce qui m’inquiète. Tu as l’air très confiant, sachant que tu es face à l’empereur lui-même maintenant. »
Il est vrai que si j’avais dû me battre contre l’Empire tout entier, un simple noble chétif comme moi n’aurait pas tenu une seconde. Mais s’il se cachait dans les coulisses, c’est parce qu’il ne pouvait pas encore me défier ouvertement. Ou alors, il s’amusait juste un peu.
Le Guide m’avait mis en garde il y a quelque temps contre mon « véritable ennemi ». Si l’empereur était à l’origine de la maison Berkeley, alors tout s’expliquait. Si c’était vrai, l’empereur serait un ennemi bien plus redoutable que Calvin, et je comprenais pourquoi le Guide avait décidé de me mettre en garde.
« Si Cléo veut bien être ma petite marionnette obéissante, alors je laisserai l’Empire en l’état, mais s’il ne veut pas… » Je laissais mes mots s’envoler.
Même si la possibilité que mon véritable ennemi soit l’empereur de ma propre patrie était apparue, je devais simplement faire tout ce qu’il fallait pour gagner. Je serai le vainqueur à la fin.
Amagi semblait toujours mal à l’aise, alors je l’avais réconfortée, la voix douce. « Ne t’inquiète pas. J’ai confiance en mes capacités à le battre. »
« Il semblerait que tu ne manques pas d’ennemis. »
« N’est-ce pas la vérité ? »
Ce n’était vraiment pas le meilleur moment pour se terrer à la maison et faire des bêtises. Je n’avais vraiment pas le temps de faire des bêtises. Mais quand je repensais à mon séjour à l’université, tout ce dont je me souvenais, c’était que j’avais été très occupé à mettre sur pied la faction de Cléo. J’avais donc toujours l’intention de prendre le temps de m’amuser sur la Planète Capitale. C’était une petite période de grâce que je m’accordais.
Amagi semblait curieuse de savoir comment j’allais m’y prendre avec Cléo. « Vas-tu donner un avertissement au prince Cléo ? Je recommande de faire quelque chose. Tu devrais parvenir à un accord mutuel avec lui dès que possible. »
Elle voulait que Cléo et moi soyons honnêtes l’un envers l’autre. Ce serait une façon valable d’aborder la question, mais en vérité, je n’avais pas de problème avec ce que faisait Cléo en ce moment.
« Je vais le laisser tranquille pour l’instant », lui avais-je dit. « J’ai l’impression que ce sera plus amusant, de toute façon. C’est divertissant, n’est-ce pas ? Il essaie de rassembler une force qui pourrait m’affronter. »
Quiconque s’opposerait à moi serait un type fondamentalement bon. Je rassemblais une équipe de seigneurs maléfiques à mes côtés, de sorte que ceux qui se rebelleraient contre nous seraient des nobles éthiques et intègres. Cléo agirait comme un aspirateur, les aspirant tous pour moi, et une fois qu’ils seraient rassemblés, je pourrais tous les jeter.
« Je vais aussi développer mes propres forces pendant un certain temps. Je dois entraîner Ellen à me suivre dans la Voie du Flash, et — ! »
J’avais baissé les yeux sur ma main. J’avais réussi à utiliser le Flash par l’intermédiaire de l’Avid, mais ce n’était pas ce qui me faisait grandir, et je n’avais rien accompli d’autre ces derniers temps. Mon propre Flash n’arrivait toujours pas à la cheville de celui de mon maître. Il me manquait encore quelque chose.
« Je veux devenir plus fort, Amagi. Je dois trouver mon maître et lui demander plus d’instructions. »
« Je ne vois pas en quoi cela est nécessaire. Tu possèdes déjà une force incroyable, maître. »
« L’espace est vaste. Il y a plein de gens de mon niveau qui existent. Je veux dire qu’il y a des gens comme le Maître. Alors… »
« Je suppose que c’est vrai. »
J’avais besoin de m’entraîner à nouveau avec le maître. J’avais vaincu Isel, mais je ne pouvais pas encore dire que j’étais capable de couper ce qui ne l’était pas. Enfin, j’en étais peut-être capable, selon les conditions, mais je ne pouvais pas le faire sur commande, et la force était quelque chose que l’on devait posséder à tout moment. Je voulais que le maître me forme davantage pour que je puisse dépasser mes propres limites.
Pendant que je réfléchissais, Amagi déclara :" J’ai un rapport à te faire concernant le prince Cléo. »
« Il y a autre chose ? »
« Oui. Notre enquête a conclu qu’il fait la même chose que Lady Rosetta. »
« Rosetta ? Comment ça ? »
« Il contacte des chevaliers et des nobles en position difficile afin de constituer une sorte de force de sécurité. Il leur fournit de l’aide pour mettre en place cette force. »
« Hmm… »
Je ne m’attendais pas à ce que le prince Cléo fasse la même chose que Rosetta. Rosetta avait Eulisia pour l’aider, je me demandais quel genre de force le prince Cléo mettrait en place tout seul.
« Cependant, rien ne prouve qu’il enquête soigneusement sur chaque personne, comme le fait Lady Rosetta. Par conséquent, des rumeurs ont circulé selon lesquelles il donnerait simplement de l’argent à tous ceux qui le demandent. »
L’argent que le prince Cléo distribuait était donc destiné à sa force de sécurité — mais apparemment, contrairement à Rosetta, il ne cherchait qu’à faire du chiffre avant tout. Quand je les avais comparées sur ce point, Rosetta m’avait semblé beaucoup plus intelligente. Elle avait vraiment pris la bonne décision en demandant à Eulisia de l’aider.
« Eh bien, dis-moi si cela semble être un problème. »
« J’ai compris. » Amagi inclina la tête, puis la releva et me regarda fixement.
« Qu’est-ce qu’il y a ? »
« Être avec toi comme ça me rappelle simplement le passé, Maître. »
« Le passé ? »
« Oui. Je t’ai servi pendant un bon bout de temps maintenant. »
Je n’avais même pas encore cent ans, mais j’avais passé près de quatre-vingt-dix ans avec elle. « Nous resterons ensemble encore longtemps. »
« Oui. »
Je ne savais pas trop ce que je pensais du fait que celui qui était resté le plus longtemps avec moi était Brian… Mais il était avec moi depuis plus longtemps qu’Amagi.
Pendant que je réfléchissais à cette pensée désagréable, Amagi avait souri. Puis, avec un air un peu triste, elle murmura : « J’espère que nous pourrons… Non, ce n’est rien. »
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