Épilogue
Table des matières
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Épilogue
Partie 1
Il s’en est fallu de peu. Mon Ciel avait failli m’être enlevé.
D’où venait cette information ? Kukuri et les siens ne l’auraient sûrement pas partagée contre mes ordres, et ils auraient su qu’il n’y aurait pas de problème à laisser Ciel tranquille de toute façon.
Elle ne m’aimait pas et essayait de me mettre des bâtons dans les roues, mais avec ses capacités, il y avait des limites à ce qu’elle pouvait faire. De plus, c’était une bonne personne, ce qui limitait les méthodes d’interférence dont elle disposait. Si elle avait été méchante, je me serais débarrassé d’elle tout de suite. C’est parce qu’elle était bonne que je la laissais vivre et que je la gardais près de moi.
Ciel était le pion parfait pour danser dans le creux de ma main. Je ne pouvais pas facilement lui trouver une remplaçante, et je ne voulais pas chercher quelqu’un d’autre comme elle, de toute façon. Elle était précieuse parce qu’elle était apparue naturellement. Elle ne m’avait pas fait de lèche, malgré mon pouvoir. Elle n’avait jamais été influencée par moi, restant toujours fidèle à elle-même. Son existence était une véritable rareté, ce qui la rendait précieuse.
« D’où vient cette fuite ? » m’étais-je encore demandé. « Dois-je demander à Kukuri d’y jeter un coup d’œil ? »
Alors que je contemplais l’importance potentielle de cette fuite d’informations, Eulisia entrait dans mon bureau. « Seigneur Liam, j’aimerais vous consulter au sujet de la force de sécurité de Lady Rosetta. »
En mode travail, Eulisia portait un tailleur avec une jupe et avait l’air d’une femme beaucoup plus compétente que d’habitude. Je voulais lui dire qu’elle devrait toujours prendre son travail plus au sérieux, mais j’avais l’impression qu’elle perdait un peu de son individualité quand elle était sérieuse. Je ne savais pas trop quoi faire face à ce dilemme.
« Oui ? »
J’avais regardé les documents qu’elle m’avait donnés. La force de sécurité semblait tout à fait normale, sans rien d’intéressant du tout. Ce n’était pas mauvais, mais ce n’était pas bon non plus. Il semblait que l’unité serait assez compétente, mais elle n’avait aucun flair.
« C’est tout à fait comme elle : tellement inoffensif que c’en est ennuyeux. »
« Ça a été un travail assez difficile de mettre tout ça ensemble, vous savez. » Eulisia boudait, mais le travail n’avait pas de sens en soi.
« Les résultats comptent plus que le travail acharné. Donne-moi des résultats. »
« Vous êtes terrible ! Je vous ai pourtant donné des résultats cette fois-ci ! »
Non seulement elle avait soutenu Rosetta, mais elle avait aussi livré le Graf Nemain à la planète Augur. Cela ne me dérangeait pas de reconnaître son travail acharné et ses résultats dans cette entreprise, mais en fin de compte, j’avais été privé de cet engin.
« Le Graf Nemain ne compte plus maintenant. Il a été confisqué. »
« C’est de votre faute, Seigneur Liam ! »
« D’ailleurs, je t’ai récompensé pour cela. Alors, ne te plains pas ! »
« Vous ne pouvez pas acheter mon cœur ! »
« Es-tu sûre de cela… ? »
N’avait-elle pas l’habitude de dépenser mon argent à gauche et à droite, juste pour affirmer sa domination sur les personnes avec lesquelles elle travaillait ? Elle l’utilisait pour séjourner dans des hôtels de luxe et s’offrir des produits haut de gamme. Bien sûr, même cela ne pouvait pas vraiment être considéré comme extravagant, étant donné l’argent que je gagnais. En fait, j’étais probablement beaucoup plus dépensier en achetant des navires et des chevaliers mobiles. Mais c’était mon argent, alors personne ne pouvait s’en plaindre.
« Vous vous trompez si vous pensez pouvoir m’acheter aussi facilement ! »
Cette conversation devenait ennuyeuse, alors j’avais décidé de la couper.
« Peu importe. L’important, c’est que je cherche à obtenir des résultats. C’est valable pour la garde rapprochée de Rosetta et pour tout le reste. »
C’était ça — mais, bien que j’ai essayé de mettre fin à la conversation proprement, Eulisia continua, inconsciente. « Oh. Alors il y a quelque chose dont vous pourriez me féliciter. »
« Toi ? Qu’est-ce que c’est que ça ? »
Pourquoi devrais-je la féliciter ? Tout ce qu’elle faisait pour moi allait de soi. Elle menait une vie luxueuse grâce à mon argent, alors je voulais qu’elle travaille un peu plus assidûment. En fait, elle était douée pour certaines choses, et j’aurais aimé qu’elle se mette plus souvent au travail.
« Le truc avec Ciel ! » dit-elle. « C’est moi qui ai cherché à savoir comment elle essayait d’influencer la force de sécurité de Lady Rosetta, et c’est moi qui l’ai signalé, vous savez. »
En la voyant gonfler fièrement sa poitrine, j’étais resté sans voix. Je m’étais levé de ma chaise et je m’étais dirigé vers elle.
« Hm ? » dit-elle avec espoir. « Est-ce que vous allez vous mettre à genou devant moi ? Alors, soyez gentil — aie ! »
J’avais donné une pichenette à son front suffisant avec mon doigt.
Elle s’était effondrée sur le sol, se tenant la tête à deux mains. « Qu’est-ce que c’était que ça !? »
« Qu’est-ce que tu as fait, espèce de déchet !? » Elle avait dénoncé Ciel au baron Exner ! Je ne m’attendais pas à ce que la traîtresse soit aussi proche de moi. Je lui avais donné un coup de doigt sur les joues. « Prends ça ! Et ça ! Et ça ! »
Eulisia protesta contre mon traitement injuste, les larmes aux yeux. « Arrêtez ça ! Je ne mérite pas ça ! J’ai trouvé la preuve de quelque chose de dangereux et je l’ai signalé ! »
Ciel a failli être expulsée à cause de tes efforts inutiles ! Je t’ai dit de l’ignorer, alors pourquoi as-tu agi derrière mon dos ? Contrairement à toi, Ciel est un réconfort pour moi !
« Considère-toi comme chanceuse que je te pardonne à ce sujet ! Je ne veux plus que tu aies affaire à Ciel à partir de maintenant. Tu as compris ? Je le pense vraiment ! »
Eulisia leva les yeux vers moi, sans voix, la main sur la joue. Je ne savais pas exactement ce qui l’avait tant surprise, elle se faisait complètement des idées sur tout.
« Vous ne me félicitez pas quand je me tue à la tâche pour vous, mais vous pardonnez à Ciel de vous avoir trahi ? Est-elle vraiment tellement meilleure que moi !? »
Elle ne pouvait pas accepter que je préfère Ciel à elle. As-tu oublié de me dire que tu voulais que je tombe amoureux de toi, pour pouvoir me rejeter ? Tu crois vraiment qu’il y a de l’amour entre nous ? Quand j’avais sérieusement comparé les deux filles… « Oui, je dirais qu’elle est meilleure que toi. »
Ciel était un baume précieux qui compensait les défauts de Rosetta, et en cela, elle avait plus de valeur qu’Eulisia.
Maintenant que j’avais exprimé si franchement son infériorité, Eulisia se mit à sangloter. « Voilà que vous recommencez à vous en prendre à d’autres femmes ! »
« Je ne me souviens pas de m’en être pris à toi une seule fois. » Ne me fais pas rire ! Amagi est la seule pour moi.
Alors qu’Eulisia et moi faisions du tapage, Rosetta entra. « Chéri, as-tu terminé ta discussion ? Je voulais te parler de ma sécurité — ! »
Elle était entrée en souriant, mais son expression s’était rapidement refroidie lorsqu’elle avait vu Eulisia faire une scène, les larmes aux yeux. Je m’étais demandé si elle avait mal compris ce qui se passait, mais son regard froid était en fait dirigé vers Eulisia.
« Mlle Eulisia, que faites-vous exactement ? »
« Moi ? Est-ce que j’ai l’air d’être celle qui est en tort ici ? C’est la faute de Lord Liam, parce qu’il ne regarde que les autres femmes ! »
Pourquoi agit-elle comme si elle était le centre de l’univers ? Elle est sérieusement obsédée par elle-même.
En tout cas, j’avais eu peur que Rosetta n’ait pas douté le moins du monde de moi en découvrant un tel spectacle. Normalement, on devrait se ranger du côté de la femme en pleurs dans une telle situation, n’est-ce pas ? Sa foi en moi — sa confiance — était un fardeau.
« Eh bien, d’après votre comportement habituel, je ne peux que supposer que vous causiez des ennuis à Chéri. » Rosetta savait comment Eulisia se comportait habituellement, alors elle avait pensé que je n’étais pas en faute.
Tu as raison. Tu as raison, mais… tu devrais douter un peu plus de moi ! Pourquoi es-tu si crédule ? Fais preuve d’un peu de méfiance à mon égard ! Je veux que tu me soupçonnes de malversations ! Argh… tout le monde est toujours en deçà de mes attentes.
« Peu importe », avais-je répondu. « Veux-tu quelque chose ? »
« Oh, hum… c’est à propos de Ciel. »
Ciel ?
☆☆☆
Après un long sermon de son père et de son frère, Ciel avait été priée d’aller réfléchir à ses actes dans sa chambre. Elle trempait son oreiller de larmes, mais ce n’est pas le sermon qui l’avait fait pleurer.
« Pourquoi mon frère est-il jaloux de moi ? » pleura-t-elle. « Tu ne devrais pas m’envier, mon frère ! Tes sentiments deviennent ceux d’une femme ! »
Elle pleurait de désespoir. Chaque fois qu’elle voyait son frère bien-aimé, il semblait être en train de devenir quelqu’un d’autre. De plus, il lui était difficile de supporter que sa famille ne la croie pas au sujet de Liam.
« Tout cela est de sa faute ! Il a séduit mon frère ! »
Pour ne rien arranger, c’est Liam qui était venu à son secours. Si elle avait été punie pour ce qu’elle avait fait, elle aurait été envoyée très loin et n’aurait probablement jamais revu sa famille. C’est dire à quel point elle était en danger.
Cependant, Liam l’avait laissée impunie. En fait, il avait supplié son père de lui pardonner, brouillant la notion même de la façon dont son crime devait être poursuivi.
Liam avait sauvé Ciel, elle continuerait donc à recevoir son éducation dans son foyer. Elle pleura de se sentir si pathétique… pleura sur son frère qui, malgré sa fiancée, avait sérieusement envisagé de changer de sexe… pleura jusqu’à ce que ses yeux soient rouges, et que sa porte s’ouvre.
Elle l’avait fermée à clé, mais Liam se tenait néanmoins dans l’embrasure de la porte.
« Hé, » dit-il en souriant. Il devait être évident pour lui que Ciel se sentait mal, mais il avait l’air de vraiment apprécier la vue de ses larmes de frustration.
« T-tu… »
« Une servante devrait au moins saluer son maître correctement. »
« Qui te montrerait le moindre respect !? De toute façon, je suis confinée dans ma chambre en ce moment, donc je ne suis pas de service en tant que femme de ménage ! »
En temps normal, Ciel aurait été sévèrement punie rien que pour avoir parlé ainsi à Liam, mais il s’était contenté de la regarder avec amusement, comme s’il se réjouissait de ce comportement.
« Ne t’ai-je pas dit que personne ne te croirait ? »
« Argh ! »
Toute autre personne qui interagissait avec Liam réagissait à l’affirmation qu’il était un méchant avec une simple confusion ou une fureur indignée. Tout le monde croyait en lui. Pourtant, Ciel ne pouvait pas abandonner.
« Je te jure que je dévoilerai ce que tu es vraiment pour que tout le monde puisse le voir ! »
En entendant Ciel jurer qu’elle ferait la lumière sur sa méchanceté, Liam approcha son visage du sien. Ciel lui lança un regard noir, tandis que Liam souriait. Les deux s’étaient regardés fixement, leurs nez se touchant presque.
« J’ai hâte d’y être. J’espère que tu feras de ton mieux, Ciel. »
« Je te ferai regretter cela ! Tu regretteras de m’avoir épargné ! » Ciel ne pardonnerait jamais à Liam d’avoir séduit son frère en l’éloignant d’elle. Je ne laisserai pas mon frère devenir ma sœur ! Kurt semblait songer sérieusement à changer de sexe, à se transformer en sœur plutôt qu’en frère dont Ciel pourrait se vanter. Ciel ne l’acceptera jamais. Elle devait dévoiler la vraie nature de Liam pour réveiller son frère bien-aimé.
« Je serai vraiment impressionné si tu me fais regretter quoi que ce soit », ricana Liam. Il avait l’air ravi que Ciel le défie encore.
Il se retourna et quitta la pièce, juste comme ça.
Ciel essuya ses larmes, décidant que ce n’était pas le moment de pleurer.
« Je te le ferai regretter — je le jure ! Je ne perdrai pas face à toi ! Pas après que tu as conduit mon frère sur le mauvais chemin ! »
Pendant ce temps, une forme canine lumineuse observait Ciel dans un coin. Le chien pencha la tête, sa silhouette s’estompant sous l’effet d’une douce lumière. Tandis que Ciel s’agitait, hurlant son vœu au plafond, le chien quitta la pièce.
***
Partie 2
Le chien se dirigea ensuite vers la chambre de Chino. Là, la fille argentée de la tribu des loups — qui possédait également les qualités d’une prêtresse — dormait profondément sur son lit, roulée en boule.
« Hmm… Père… » Elle devait rêver de sa famille. Ils lui manquaient peut-être, puisqu’elle vivait si loin de son pays natal.
Le chien s’approcha de Chino et approcha son nez, comme s’il la reniflait. Peut-être voulait-il la rassurer, mais à ce moment-là…
« Hyaugh ! »
Les yeux de Chino s’ouvrirent brusquement et elle se mit à quatre pattes sur le lit. Elle regarda autour d’elle comme une bête méfiante, baissa les yeux sur ses bras et ses jambes et jeta un coup d’œil curieux ici et là. Lorsqu’elle aperçut un miroir, elle s’y fixa, envoûtée, et se mit sur deux pattes, hésitante. Elle bougea la queue et les oreilles, puis ouvrit et ferma la bouche, mais s’aperçut qu’elle ne pouvait pas bien parler.
« Wah... auh... wauh ! » Finalement, elle renonça à essayer de parler.
Chino ne se comportait pas du tout comme elle le faisait d’habitude. Cependant, au bout d’un moment, l’esprit du chien quitta son corps. Chino s’était alors effondrée sur le sol, retournant à son sommeil. Le chien tourna autour du corps de Chino avant de disparaître ailleurs.
☆☆☆
Après avoir regagné ma chambre, j’avais bu le thé qu’Amagi m’avait préparé. C’était le moment le plus relaxant de ma journée.
En m’apportant des friandises, Amagi me demanda : « Alors, Ciel s’est calmée ? »
« Quand j’ai entendu à quel point elle était bouleversée, j’étais un peu inquiet, mais son esprit ne s’est pas brisé », avais-je répondu. « Elle est exceptionnelle. J’ai eu raison de la garder auprès de moi. »
Ciel était restée déterminée à dévoiler ma vraie nature, même si elle n’y parviendra jamais. Même si elle en était capable, cela n’aurait pas d’importance. Les gens croyaient à tort que j’étais un souverain sage et juste. À l’intérieur, j’étais vraiment un seigneur maléfique.
Je voulais que Ciel fasse de son mieux. J’avais aussi trouvé incroyablement attachant qu’elle ne se rende même pas compte que je jouais avec elle. Elle était aussi mignonne qu’un chihuahua essayant de se battre avec un tigre.
« Maître, tu ne devrais pas la taquiner à ce point », répliqua Amagi.
« C’est bon. De toute façon, le prince Cléo est sûr de faire quelques mouvements dans mon dos aussi, n’est-ce pas ? »
« Le prince Cléo, Maître ? »
« Il distribue l’aide financière que je lui ai fournie, à des nobles et des chevaliers soi-disant dans le besoin. J’ai demandé à Kukuri et à ses hommes de se pencher sur la question. On dirait qu’il essaie de rassembler des gens qui lui seront loyaux. »
Il n’allait donc pas se contenter d’être ma marionnette. Ce ne serait pas un problème s’il voulait seulement étendre un peu son influence, mais s’il prévoyait plus que cela, nous pourrions avoir des problèmes.
Amagi m’observait, et bien que son visage soit inexpressif, elle semblait préoccupée.
« Ne t’inquiète pas », lui avais-je dit. « Cléo n’est pas de taille contre moi. »
« Ce n’est pas ce qui m’inquiète. Tu as l’air très confiant, sachant que tu es face à l’empereur lui-même maintenant. »
Il est vrai que si j’avais dû me battre contre l’Empire tout entier, un simple noble chétif comme moi n’aurait pas tenu une seconde. Mais s’il se cachait dans les coulisses, c’est parce qu’il ne pouvait pas encore me défier ouvertement. Ou alors, il s’amusait juste un peu.
Le Guide m’avait mis en garde il y a quelque temps contre mon « véritable ennemi ». Si l’empereur était à l’origine de la maison Berkeley, alors tout s’expliquait. Si c’était vrai, l’empereur serait un ennemi bien plus redoutable que Calvin, et je comprenais pourquoi le Guide avait décidé de me mettre en garde.
« Si Cléo veut bien être ma petite marionnette obéissante, alors je laisserai l’Empire en l’état, mais s’il ne veut pas… » Je laissais mes mots s’envoler.
Même si la possibilité que mon véritable ennemi soit l’empereur de ma propre patrie était apparue, je devais simplement faire tout ce qu’il fallait pour gagner. Je serai le vainqueur à la fin.
Amagi semblait toujours mal à l’aise, alors je l’avais réconfortée, la voix douce. « Ne t’inquiète pas. J’ai confiance en mes capacités à le battre. »
« Il semblerait que tu ne manques pas d’ennemis. »
« N’est-ce pas la vérité ? »
Ce n’était vraiment pas le meilleur moment pour se terrer à la maison et faire des bêtises. Je n’avais vraiment pas le temps de faire des bêtises. Mais quand je repensais à mon séjour à l’université, tout ce dont je me souvenais, c’était que j’avais été très occupé à mettre sur pied la faction de Cléo. J’avais donc toujours l’intention de prendre le temps de m’amuser sur la Planète Capitale. C’était une petite période de grâce que je m’accordais.
Amagi semblait curieuse de savoir comment j’allais m’y prendre avec Cléo. « Vas-tu donner un avertissement au prince Cléo ? Je recommande de faire quelque chose. Tu devrais parvenir à un accord mutuel avec lui dès que possible. »
Elle voulait que Cléo et moi soyons honnêtes l’un envers l’autre. Ce serait une façon valable d’aborder la question, mais en vérité, je n’avais pas de problème avec ce que faisait Cléo en ce moment.
« Je vais le laisser tranquille pour l’instant », lui avais-je dit. « J’ai l’impression que ce sera plus amusant, de toute façon. C’est divertissant, n’est-ce pas ? Il essaie de rassembler une force qui pourrait m’affronter. »
Quiconque s’opposerait à moi serait un type fondamentalement bon. Je rassemblais une équipe de seigneurs maléfiques à mes côtés, de sorte que ceux qui se rebelleraient contre nous seraient des nobles éthiques et intègres. Cléo agirait comme un aspirateur, les aspirant tous pour moi, et une fois qu’ils seraient rassemblés, je pourrais tous les jeter.
« Je vais aussi développer mes propres forces pendant un certain temps. Je dois entraîner Ellen à me suivre dans la Voie du Flash, et — ! »
J’avais baissé les yeux sur ma main. J’avais réussi à utiliser le Flash par l’intermédiaire de l’Avid, mais ce n’était pas ce qui me faisait grandir, et je n’avais rien accompli d’autre ces derniers temps. Mon propre Flash n’arrivait toujours pas à la cheville de celui de mon maître. Il me manquait encore quelque chose.
« Je veux devenir plus fort, Amagi. Je dois trouver mon maître et lui demander plus d’instructions. »
« Je ne vois pas en quoi cela est nécessaire. Tu possèdes déjà une force incroyable, maître. »
« L’espace est vaste. Il y a plein de gens de mon niveau qui existent. Je veux dire qu’il y a des gens comme le Maître. Alors… »
« Je suppose que c’est vrai. »
J’avais besoin de m’entraîner à nouveau avec le maître. J’avais vaincu Isel, mais je ne pouvais pas encore dire que j’étais capable de couper ce qui ne l’était pas. Enfin, j’en étais peut-être capable, selon les conditions, mais je ne pouvais pas le faire sur commande, et la force était quelque chose que l’on devait posséder à tout moment. Je voulais que le maître me forme davantage pour que je puisse dépasser mes propres limites.
Pendant que je réfléchissais, Amagi déclara :" J’ai un rapport à te faire concernant le prince Cléo. »
« Il y a autre chose ? »
« Oui. Notre enquête a conclu qu’il fait la même chose que Lady Rosetta. »
« Rosetta ? Comment ça ? »
« Il contacte des chevaliers et des nobles en position difficile afin de constituer une sorte de force de sécurité. Il leur fournit de l’aide pour mettre en place cette force. »
« Hmm… »
Je ne m’attendais pas à ce que le prince Cléo fasse la même chose que Rosetta. Rosetta avait Eulisia pour l’aider, je me demandais quel genre de force le prince Cléo mettrait en place tout seul.
« Cependant, rien ne prouve qu’il enquête soigneusement sur chaque personne, comme le fait Lady Rosetta. Par conséquent, des rumeurs ont circulé selon lesquelles il donnerait simplement de l’argent à tous ceux qui le demandent. »
L’argent que le prince Cléo distribuait était donc destiné à sa force de sécurité — mais apparemment, contrairement à Rosetta, il ne cherchait qu’à faire du chiffre avant tout. Quand je les avais comparées sur ce point, Rosetta m’avait semblé beaucoup plus intelligente. Elle avait vraiment pris la bonne décision en demandant à Eulisia de l’aider.
« Eh bien, dis-moi si cela semble être un problème. »
« J’ai compris. » Amagi inclina la tête, puis la releva et me regarda fixement.
« Qu’est-ce qu’il y a ? »
« Être avec toi comme ça me rappelle simplement le passé, Maître. »
« Le passé ? »
« Oui. Je t’ai servi pendant un bon bout de temps maintenant. »
Je n’avais même pas encore cent ans, mais j’avais passé près de quatre-vingt-dix ans avec elle. « Nous resterons ensemble encore longtemps. »
« Oui. »
Je ne savais pas trop ce que je pensais du fait que celui qui était resté le plus longtemps avec moi était Brian… Mais il était avec moi depuis plus longtemps qu’Amagi.
Pendant que je réfléchissais à cette pensée désagréable, Amagi avait souri. Puis, avec un air un peu triste, elle murmura : « J’espère que nous pourrons… Non, ce n’est rien. »
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