La Croix d’Argent et Dracula – Tome 2

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Prologue

« Le club risque d’être dissous... ! » Rushella Dahm Dracula avait déclaré ça aux membres du club se tenant devant elle. Son visage digne et beau était contorsionné par le chagrin.

Ils se trouvaient actuellement après l’école. Leurs emplacements étaient une salle de classe vide dans un coin du bâtiment de l’école. En d’autres termes, il s’agissait d’une salle pour les activités du club.

Debout devant le tableau se tenait la soi-disant « présidente de club » Rushella qui avait fondé le club plusieurs semaines plus tôt.

Néanmoins, pendant tout ce temps depuis la création du club ni le nom ni ses activités n’avaient pu être finalisés.

« Tout cela, c’est parce que vous avez été négligents ! Surtout toi ! » déclara Rushella.

« Hein !? Moi !? » s’exclama Hisui.

Hisui Kujou lisait un manga avec son dos tourné vers Rushella. Alors qu’il entendait les accusations portées contre lui, il se retourna involontairement. « Pourquoi me blâmes-tu... Je n’ai absolument rien fait ! »

« C’est exactement ça le problème, » dit-elle. « Tu n’as absolument rien fait ! De plus, tu as même ignoré toutes mes suggestions. Tels que donner au club un nom plus amical comme le “Club ○○○”, ou de donner à chacun des brassards différents en fonction de leurs responsabilités individuelles, ou d’aller dans les “Concours de rédaction inter-écoles” ou en définissant “l’université nationale” comme but, ou d’avoir un “accueillant milieu d’été”, ou d’accepter un match décisif avec un “rival” lors de la phase finale du tournoi, mais de perdre contre un adversaire sournois en demi-finale, ou d’avoir un “coéquipier” mourant dans un accident de la route, et de sortir un “incroyable, pour un si beau personnage qui meurt là.”... !? » [1]

« Tes suggestions sont tellement ridicules que j’ai abandonné le fait de les rétorquer ! » déclara Hisui. « En plus, les choses que tu dis dans la deuxième moitié de ta liste ne comptent guère comme des suggestions ! »

« ... Au fait, n’a-t-elle pas appris des choses plutôt obscures ? » Appuyée contre Hisui et essayant de faire la conversation se trouvait une autre membre du club, Mei Sudou.

Comme Hisui, elle avait ignoré les diverses suggestions de Rushella et passait ses journées dans la classe du club à paresser.

« ... C’est probablement à cause de sa forte curiosité, » murmura-t-il. « Afin de combler les lacunes de sa mémoire, elle a enquêté sur toutes sortes de choses... Malheureusement, elle n’est pas bonne avec le kanji, même si elle semble pouvoir lire d’une manière assez fluide quand il s’agit de livres étrangers. De plus, le fait qu’elle ne semble pas aimer les livres sérieux l’a amenée à se faire laver le cerveau par des animés, des mangas, des spectacles de variétés et autres... »

« ... selon le résultat que je vois, a-t-elle placé le club sous l’influence de ces choses là ? » Murmura Mei.

« He ! Vous, là-bas, les chuchotements ne sont pas autorisés ! » cria Rushella. « Et aussi, vous n’êtes pas autorisée à vous envelopper autour du bras de mon serviteur sans ma permission ! »

Rushella pointa rapidement cette scène avec son doigt, mais Mei serra nonchalamment Hisui encore plus fortement, amenant ses lèvres près du lobe de l’oreille d’Hisui qui était aussi mignon que celui d’une fille.

« Oh ! mon Dieu ! Pourquoi tout a besoin de ton approbation ? » demanda Mei. « D’ailleurs, quand est-il devenu ton serviteur ? »

« Je l’ai mordu, alors il est à moi ! » déclara Rushella. « Et avant de venir à l’école aujourd’hui, nous avons déjà partagé un baiser ! »

« N’oubliez pas d’ajouter le mot “vampire” après le mot baiser, » déclara Hisui. « S’il te plaît, ne dis pas les choses qui pourraient causer des malentendus, en particulier devant des camarades de classe. »

Se souvenant de la douleur de ce matin, Hisui tendit instinctivement la main vers le côté gauche de son cou... où restaient des traces du « baiser ».

Normalement, la seule trace qu’un baiser pourrait laisser derrière... serait une marque de baiser tout au plus.

... Cependant, les baisers de Rushella n’étaient pas le genre inoffensif.

C’étaient des marques de crocs sculptées sur la peau par des canines blanc comme la neige que l’on pouvait apercevoir derrière ces brillantes lèvres cramoisi.

Non seulement ça... mais elle avait aussi aspiré du sang.

Tout était vrai... même si c’était incroyable, la fille devant ses yeux était une véritable vampire.

Peu importe à quel point l’uniforme du lycée lui convenait, ou à quel point son comportement était conforme à la société moderne... elle était encore une créature surnaturelle inhumaine.

Elle avait mordu Hisui alors qu’il rentrait chez lui après la cérémonie d’entrée au lycée, avait fait sienne de sa maison et l’avait même suivi à l’école. Et actuellement... elle était son maître et la présidente du club se trouvant ici.

« Boire imprudemment tous les jours autant que tu le souhaites... si ce n’était pas moi qui sais ce qui pourrait arriver, » déclara-t-il.

« ... Au fait, Hi-kun, tu te fais sucer le sang tous les jours, et pourtant tu es toujours sain et sauf ? » demanda Mei.

Mei demandait ça alors qu’elle regardait le cou de Hisui.

Sa peau blanche immaculée était suffisante pour faire honte à la plupart des filles qui admettaient leur infériorité. Ne laissant rien dans la zone de la morsure, il n’y avait même pas une seule tache.

Si le sang avait été prélevé comme indiqué, il devrait y avoir dans tous les cas une blessure.

Plus important encore, le fait d’être mordu par un vampire impliquait la perte de l’identité humaine pour ainsi devenir une créature surnaturelle inhumaine.

Comme les anciennes légendes l’avaient décrit, une personne qui avait été mordue par un vampire allait aussi se transformer en vampire.

C’était une règle éternelle et une malédiction qu’aucun humain ne pouvait désobéir.

Mais Hisui était la seule exception.

« C’est le genre de constitution que j’ai, » répondit-il simplement. « Laisse-moi vous rappeler un truc. Même si je ne vais pas devenir un vampire et que mes blessures se rétablissent plus vite, perdre du sang fait quand même très mal ! Et si je souffre d’une blessure mortelle, alors je vais quand même mourir. En raison de ce ravageur envahissant ma maison, je suis récemment obligé de manger beaucoup de foie afin de reconstituer mes nutriments. »

« Ne devrais-tu pas aussi prendre des suppléments de fer ? » demanda Mei. « Mais souffrir ainsi chaque jour est vraiment terrible. Les vampires sont vraiment gênants ! »

« Qui appelez-vous gênant ! » déclara Rushella. « Ma race existe depuis des millénaires, avec un prestige absolu depuis plus de mille ans. Comment osez-vous dire quelque chose d’aussi grossier ? Vous, la fausse humaine avec seulement quelques siècles d’histoire ! »

« Qu’est-ce que tu as dit... ! », cria Mei.

Son bouton Berserk ayant été poussé, Mei se leva brusquement.

En même temps, elle avait fait claquer ses mains sur la table.

C’était simplement un mouvement naturel qui ne nécessitait aucune emphase.

Mais à l’instant où ses mains avaient touché la table... la table avait été séparée en deux.

Ce n’était pas parce que la table était à l’origine vieille et usée, ou bricolée bout à bout... elle avait été détruite par la force brute.

« ... Pas encore ça, » déclara Hisui. « S’il vous plaît, arrêtez-vous maintenant. Sudou, plus vous faites ça, et plus vous serez humaine, vous le savez ? S’il vous plaît, pourriez-vous montrer un peu de pitié à la propriété publique qui se trouve ici ? Votre force ne peut être comparée à des humains normaux ! »

« Je n’ai pas choisi ce corps, » déclara Mei. « D’ailleurs, n’est-ce pas déjà beaucoup mieux qu’avant ? »... En disant cela, Mei avait pulvérisé le stylo à bille se trouvant dans sa main.

S’il avait simplement été brisé en deux, cela pourrait être considéré comme une démonstration de force.

Mais pour que sa légère prise de main transforme le stylo en fine poudre, cela avait complètement dépassé le domaine humain.

Plus précisément, elle n’était pas humaine. Et cela, peu importe qu’elle pût être séduisante et que son apparence fût tentante.

En d’autres termes, tout comme Rushella, Mei était en fait une créature surnaturelle inhumaine.

Une créature parfaite faite à l’image de l’humanité et destinée à surpasser l’humanité. Mais pour une raison quelconque, que ce soit la blague de Dieu ou la malédiction du diable, il était né en tant qu’un monstre très laid. Mei était la descendante du monstre infâme de Frankenstein.

« Hmph, peu importe comment vous vous déguisez, un faux est un faux, » déclara Rushella. « En fin de compte, vous ne pouvez pas devenir humaine ! »

« ... Tais-toi, je me fiche de ce que tu en penses, » répondit Mei. « Mon souhait est précisément de devenir humaine ! Devenir unis avec un humain ! Ou devrais-je dire, avoir des bébés avec Hi-kun ❤. »

« Désolé, c’est impossible à faire, » Hisui secoua la tête sans expression alors qu’il disait ça.

Si elle le serrait trop dans ses bras, il y aurait vraiment un risque de blessures. C’était ainsi qu’était Mei Sudou.

« Pourquoi ? » demanda Mei. « Tu te fais déjà sucer le sang par ce vampire tous les jours, n’est-ce pas !? Alors, pourquoi ne peux-tu pas insérer un peu de liquide blanc en moi !? »

« Hum ! désolé ! Mais pourriez-vous arrêter ces descriptions pornographiques si flagrantes !? » demanda Hisui. « Et bien sûr, la réponse à votre question est non ! »

« Je t’interdis de m’ignorer ! » déclara Rushella alors qu’elle se plaçait dans la mêlée. « En outre, se coller l’un à l’autre ne vous est pas autorisé ! »

Les choses étaient toujours aussi chaotiques quand les trois étaient présents. Les activités du club n’avaient probablement pas progressé à cause de ça.

Mais comme toujours, la situation avait été maîtrisée par la voix monotone du dernier membre.

« ... Je n’ai pas d’objection à vos querelles, mais si vous voulez vraiment empêcher le club d’être dissous, ne devriez-vous pas penser à un plan avec plus de sérieux ? » demanda Eruru.

Celle qui venait de parler s’appelait Eruru Kariya.

Elle était assise dans un coin de la classe, évitant ainsi le chahut bruyant. Elle regardait un ordinateur portable sans dire un mot, tapant sur le clavier de manière audible.

Son visage était aussi mignon et adorable qu’une poupée française, mais sa manière froide de parler était complètement sans émotion.

« Il ne reste pas beaucoup de temps, » continua-t-elle. « Si vous voulez continuer à utiliser cette salle de classe, le club doit d’abord être catégorisé et toutes sortes de documents doivent être remplis. Alors, que diriez-vous d’avoir une discussion plus sérieuse ? »

« « « ... D’accord... » » » clamèrent les trois autres membres.

Sa suggestion irréfutable avait fait taire les trois autres personnes.

De retour à leurs propres sièges, ils avaient commencé à se souvenir de la cause de l’incident.

Alors qu’ils avaient parlé de la crise sur la dissolution du club, il fallait maintenant commencer par une question particulière que quelqu’un avait annoncée.

Notes

  • 1 La dernière partie de la liste de Rushella fait référence au manga de baseball Touch.

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Chapitre 1 : La Réunion de Monstres

Partie 1

« ... Au fait, je ne me souviens pas avoir autorisé ce genre de club ? » Le quatuor agissait comme d’habitude dans la « salle des activités du club », quand une fille vint soudainement dans la pièce avant de déclarer cela.

Regardant avec dédain le quatuor surpris, elle continua à parler d’une manière encore plus impitoyable. « Alors, s’il vous plaît, renoncer à cet endroit dès maintenant. Réalisez-vous que vous occupez illégalement une salle de classe ? »

« Pourquoi ? Pourquoi mon club n’est-il pas autorisé ? Tout ce qui nous manque, c’est de confirmer le nom et la description des activités, n’est-ce pas vraie !? » Demanda Rushella.

« Permettez-moi de vous dire ceci, » répliqua-t-elle. « Dans ce cas, vous ne qualifiez même pas ce groupe de passe-temps, et encore moins de clubs ! »

Avant que les trois autres puissent même répliquer, la fille avait déjà répondu à Rushella directement en leur nom.

Cette personne exsudait une aura de dignité qui différait de Rushella. Avec des cheveux légèrement ondulés enroulés derrière sa tête, elle était vêtue de son uniforme d’une manière à la mode, mais strictement conforme aux règles. Une existence que tout le monde dans l’école connaissait.

La Vice-Présidente du Conseil des Étudiants, Kirika Uno.

Ayant rejoint le conseil des élèves en première année, elle était maintenant une étudiante de deuxième année du lycée. Aux dernières élections, elle avait été en mesure d’accéder au poste de vice-présidente.

D’après le bref échange d’introduction, il était évident que sa personnalité était dure, intransigeante et dévouée. En conséquence, le manque total de soutien de la part des étudiantes avait entraîné sa perte automatique du poste de présidente. Mais en même temps, en raison de sa combinaison de beauté, de talent et de ses manières originales, son taux d’approbation parmi les étudiants masculins aurait été le plus élevé dans l’histoire de l’école.

Parmi les membres actuels du Conseil des Étudiants, en raison du fait qu’elle était la seule à avoir de l’expérience dans tout le conseil et de sa personnalité d’homme d’affaires, les rumeurs avaient spéculé comme quoi elle était le vrai patron dans le groupe.

Face à son annonce impitoyable, Rushella avait été la première à s’opposer.

« Que se passe-t-il !? » demanda-t-elle. « Pourquoi ne pouvez-vous pas approuver notre club !? »

« Que se passe-t-il là ? Parce qu’il n’y a pas de trace de demander sur les papiers. D’ailleurs, comment envisagez-vous même d’envoyer une demande sans nom ni contenu confirmé ? » demanda Kirika. « N’est-ce pas des questions qu’il faut réglé avant de demander l’approbation ? En outre, réalisez-vous les défis à surmonter pour la création d’un club à partir de zéro comme vous le faites là ? Même si vous êtes approuvée, vous finirez par devenir à coup sûr un groupe de passe-temps sans classe pour leur club ni budget. »

Une explication totalement exacte.

Même sans sa dignité d’élève plus âgée ainsi que celle de vice-présidente du Conseil des Étudiants, son raisonnement était sans faille.

« Mmmmmmm... Vous osez me parler de cette manière, » répliqua Rushella.

« Excusez-moi, mais elle nous informe avec de bonnes informations, » déclara Hisui. « Au fait, as-tu même rempli la demande ? Selon le bon sens, le nom et les activités ne devraient-ils pas être confirmés avant que le club soit créé ? »

L’interrogation de Hisui avait fait que Rushella affichait une expression mécontente.

« Je l’ai déjà dit au principal ! » répliqua Rushella. « Je courus à son bureau et déclarai : “Je vais créer un nouveau club !” Puis, avec un regard vide, il a répondu : “Tout ira selon vos désirs...” et il l’a approuvé ! »

« Il est clair que tu as utilisé tes “Yeux Mystiques” pour le forcer à accepter ! » répliqua Hisui. « C’est encore pire que de jouer avec le système ! »

« Tais-toi ! Si le directeur est déjà d’accord, il n’y a pas de problème, pas vrai !? » dit Rushella.

« Je dis ça, mais même si nous le faisons à ta façon... L’effet des “Yeux Mystiques” ne dure qu’une journée, n’est-ce pas ? » demanda-t-il. « Se frayer un chemin jusqu’au lycée avant de devoir courir jusqu’au bureau du directeur afin d’utiliser les Yeux Mystiques chaque jour serait trop long. C’est pourquoi j’ai demandé à Kariya de prendre soin de la paperasse... »

« Hmm... Eh bien, le club ne peut pas être traité de la même manière, » répliqua Rushella.

« Vous devez créer le club correctement selon les règles de l’école, » Eruru avait affirmé ça sans expression. « Ce serait trop visible si on se mêlait de cette affaire. Et même que ce serait gênant pour nous si votre zone de déplacement s’étendait après l’école, nous ne pouvons pas vous aider dans cette affaire. »

Dans des circonstances normales, elle parlait rarement au groupe, mais ses mots étaient toujours impitoyables.

Après tout, elle ne fréquentait cette école que pour surveiller Rushella et Hisui.

 

Appartenant à une division non divulguée du Département de la police métropolitaine, en tant que consultante spéciale de la Section des Enquêtes Surnaturelles et expertes en combat contre les vampires... voici l’identité d’Eruru Kariya.

En entendant le rejet catégorique d’Eruru, Hisui ignora la moue de Rushella et n’eut d’autre choix que de tenter des négociations avec Kirika.

« Et donc, en mettant de côté l’affaire concernant le club... pourquoi êtes-vous venue ici ? » demanda-t-il

« Même si notre école a été touchée dans le passé par la baisse du taux de natalité et par la baisse des tendances du nombre d’étudiants, les inscriptions ont augmenté au cours des dernières années en raison du réaménagement de la station dans la zone, » dit-elle. « Cela en soi ne pose aucun problème. Mais en même temps, le problème des clubs opérant avec un manque de transparence a progressivement fait surface. Ma visite d’aujourd’hui pourrait être décrite comme faisant partie de mon enquête. »

« ... Que voulez-vous dire ? » demanda-t-il.

« Les clubs de sport sont fondamentalement corrects, mais nous avons des problèmes pour recenser le nombre de clubs culturels et de groupes de loisirs ainsi que leurs membres, » dit-elle. « Certains d’entre eux sont dissous dans la réalité et pourtant ils continuent à avoir un budget alloué. Il y a aussi des cas chaotiques de groupes de passe-temps en plusieurs exemplaires effectuant des activités similaires. Et encore plus outrageusement, il y a des clubs dont les activités et l’existence sont encore inconnues. Étant donné la malveillance de ces personnes, on pourrait facilement détourner le budget du club de l’école sous le couvert d’autres clubs. »

« ... je vois. C’est vraiment un problème, » dit-il.

« Beaucoup d’enseignants qui étaient autrefois conseillers de club ont quitté l’école pour diverses raisons telles que la retraite ou l’abandon, » continua-t-elle. « Pour être honnête, l’administration de l’école n’a aucun moyen de connaître la situation réelle de tous les clubs. Par conséquent, le Conseil des Étudiants a décidé de mener une enquête. Comprenez-vous maintenant ? »

« ... Je comprends, » dit-il.

Il n’y avait clairement aucune place pour des négociations.

Manipulé avec négligence, ce problème pourrait finir par faire de l’école entière leur ennemi.

« Même si les salles de classe peuvent être actuellement inutilisées, compte tenu de l’augmentation du nombre d’étudiants qui va aller en augmentation, nous devons commencer à les gérer afin qu’elles puissent être distribuées de manière logique selon les besoins, » dit-elle. « Ou peut-être, une fois l’enquête sur les clubs terminée, les salles de classe peuvent être retournées à l’administration de l’école, pour être assignées à des clubs officiellement reconnus. Dans tous les cas, nous ne pouvons pas vous laisser utiliser cette salle de classe pour des activités complètement improductives d’un groupe qui ne se qualifie même pas comme étant un club. »

« ... Faible humaine, » murmura Rushella. « Vous osez parler de cette manière à un vampire exalté telle que moi... Eh bien ! Grâce à mes Yeux Mystiques, vous m’obéirez ! »

Face à l’attaque verbale de Kirika, Rushella qui avait gardé le silence tout ce temps murmura soudainement ces horribles mots.

Alarmé, Hisui lui tira frénétiquement la main et essaya de l’apaiser.

« Idiote, arrête-toi là..., » dit-il. « Même si tu l’obliges à faire ça en maintenant, elle va revenir, n’est-ce pas ? »

« C’est exactement comme Kujou-san l’a déclaré, » dit Eruru. « Même si vous utilisez les Yeux Mystiques pour contrôler seulement elle, il y aurait trop de cibles une fois que tout le Conseil des Étudiants et le personnel enseignant seront en mouvement. En outre, l’effet des Yeux Mystiques ne dure pas assez longtemps, ce qui entraîne un cercle vicieux. N’êtes-vous pas d’accord avec ça ? Et si vous le gérez mal, vous pouvez même exposer votre identité. »

Eruru avait pu contenir la rage de Rushella avec ces paroles emplies de raison.

Étant incapable d’objecter, Rushella n’avait d’autre choix que de rester immobile, serrant son poing.

« ... Comme je l’ai dit avant, si vous n’avez pas d’autres questions, s’il vous plaît, dépêchez-vous et... » déclara Kirika.

« Ha ! Senpai, attendez ! » Juste au moment où Kirika était sur le point de mettre fin à la conversation, Mei entra dans la discutions. « Nous comprenons l’actuelle situation. Mais n’est-ce pas méchant de nous jeter comme ça ? Même si un club non officiel ou un groupe de passe-temps non reconnu par l’école n’est pas correct, mais honnêtement, bien que nous semblions accompagner notre présidente de club qui est un peu malheureuse en ce qui concerne le cerveau, alors que nous prétendons nous engager dans des activités de club, en réalité, tout ce que nous faisons est de discuter entre nous. »

« Hé... !! » cria Rushella. « Je ne comprends pas ce que vous voulez dire par là, mais parlez-vous en mal de moi ? »

Ignorant les dents terrifiantes de Rushella qui grinçait derrière elle, Mei continua. « ... Inversement, ce que nous faisons ne cause de problèmes à personne. Il n’y a pas de règle interdisant aux élèves de bavarder dans les salles de classe après l’école, n’est-ce pas ? »

Complètement improductif.

Stupide à l’extrême.

Absolument inutile.

Dits d’une manière simple, ils étaient en train de tuer le temps.

C’est précisément à cause de cela, ils n’étaient liés par aucune règle.

Mei s’opposait à l’utilisation de la tragique vérité, un acte de réalisme impitoyable.

Au moins, jusqu’à ce que la classe ait un but officiel... ils voulaient rester ici.

Vraisemblablement, voyant à travers les intentions de Mei, Kirika avait détendu le ton de sa voix et avait répondu. « ... C’est vrai. En effet, il n’y a pas de telle règle. Cependant, les règles conseillent : “les élèves qui n’ont rien à faire doivent rapidement quitter l’école”, mais l’application de ce genre de chose est inutile. Plutôt que d’obéir à des règles sans signification, il serait plus utile de les améliorer. »

« Vous êtes d’accord, n’est-ce pas ? Alors nous pouvons... » déclara Mei.

« ... La raison pour laquelle je suis venue ici aujourd’hui n’est pas seulement dans le but d’enquêter sur les clubs et l’utilisation en classe. La semaine dernière, la boîte à plaintes du Conseil des Étudiants a été remplie de lettres anonymes concernant cette classe vide après l’école. »

« Des lettres anonymes... Qu’ont-elles dit ? » Hisui avait été le premier à demander alors que le quatuor était tombé dans la perplexité.

Kirika les avait regardés comme si elle les avait regardé grandir, puis avait continué. « Laissez-moi voir... La première lettre... une beauté plantureuse avait poussé un étudiant mince sur le sol, puis avait léché son cou avec sa langue... Il s’agissait d’un rapport d’un témoin oculaire. D’autres ont mentionné des occurrences d’acte de mordre et de lécher son cou, ou des situations hardcores qui rivalisent avec les films étrangers. »

« Qu’est-ce que vous racontez... !? » s’écria Rushella. « Dans ce lieu d’apprentissage, qui aurait osé commettre de tels actes malsains et immoraux !? »

« Je suis désolé, mais ils parlent à coup sûr de toi, » murmura Hisui. « Ceci doit être au moment où la classe d’éducation physique enseignait le basketball dans la salle de gym où tu n’avais donc pas à te soucier de la lumière du soleil. Par conséquent, tu étais dans un état d’esprit très élevé, en disant que “je suis fatiguée et que je veux boire du sang ! Alors, dépêche-toi et laisse-moi sucer ton sang !” Après l’école, tu es venue pour un gros repas de sang, tu te souviens ? »

Rushella avait montré une grande indignation alors qu’Hisui avait répliqué ça avec étonnement.

Même si cette salle de classe était relativement éloignée et peu fréquentée, en raison de la résistance désespérée de Hisui, il était possible que les personnes soient venues voir ce qui causait le bruit.

« Il y a plus que ça, » déclara Kirika. « Une beauté avec une queue de cheval, dépassant de loin les lycéennes quant à la sensualité, qui a guidé la main d’un étudiant mince vers sa poitrine, ses cuisses et même sa jupe. Ce corps séduisant était assis sur lui comme si elle faisait une danse ou quelque chose dans le genre. »

« Wôw... Pour que quelque chose comme ça se produise dans une école, » rétorqua Mei. « Cette personne doit être encore pire qu’une nymphomane ! »

« Je suis désolé, mais elle parle à coup sûr de vous, » dit-il à Mei. « Ce doit être au moment ou vous m’avez dis. “Une fois par mois, il y a toujours cette période où je suis consumée par le désir” et que vous vous jetez sur moi, n’est-ce pas ? Cette force et cet élan m’ont presque écrasé alors que je ne pouvais plus respirer, et que vous avez essayé de prendre ce jour-là ma virginité, n’est-ce pas ça ? »

Alors que Mei affichait de l’exaspération, Hisui rétorqua ça avec un visage tordu.

Grâce à l’arrivée de Rushella, sa virginité était restée intacte. Après cela, les étincelles de la guerre avaient été allumées entre les deux filles. La scène était comme un tournoi afin de gagner le trône de la créature surnaturelle la plus forte. Il était possible que les personnes soient venues voir ce qui causait ce raffut.

« En outre ! Un étudiant mince a été aperçu alors qu’il se faisait battre avec férocité par une étudiante encore plus mince et plus petite que lui, » déclara Kirika. « Malgré les excuses et les appels à la pitié de l’étudiant, la jeune fille continua sans relâche à le frapper, finissant même par le piétiner. »

« Comme c’est effrayant !! », s’exclama Eruru. « Eh bien ! Étant donné que la victime de l’agression est quand même vue comme un homme, jusqu’à quel point est-il totalement inutile et incompétent ? »

« Je suis désolé, mais elle parle à coup sûr de vous, » dit-il à Eruru. « Ça devait être au moment où j’essayais d’empêcher Rushella et Sudou de se disputer et qu’elles m’ont envoyé voler avant que vous vous acharniez sur moi. Car j’avais fini par toucher votre poitrine en raison d’un coup du destin irrésistible. C’était totalement un accident, mais vous m’avez battu sans montrer la moindre pitié, vous vous en souvenez maintenant ? »

Hisui rétorqua ça avec son visage complètement pâle.

Il pouvait se souvenir de ses cris emplis de douleur, il était donc possible que des personnes viennent voir la cause de ce bruit.

« Il y a aussi de nombreux cas similaires à ceux de “Riajuu Kujou doit mourir.”. “Kujou est un idiot.” “Je ne suis pas jaloux de lui !” En outre, il y avait même des personnes qui disaient “Au fait, ne seriez-vous pas d’accord avec le fait qu’Hisui soit plutôt mignon ?” “Pour être franc, si je devais être seul avec cet enfant... ce serait dangereux.” “Franchement... le genre compte-t-il réellement ?” et des “Hé... pouvez-vous le faire... avec moi ?” Ce genre de choses, » déclara Kirika.

« Effrayant !! » s’exclama-t-il. « Hey, qu’est-ce que c’est que ces dernières choses !? Quel genre d’attitude est-ce envers moi !? Bien sûr, je ne veux pas être l’ennemi public, mais ces regards sont encore plus terrifiants ! Qui sont ces personnes qui se plaignent ainsi de moi !? »

« Afin de protéger la vie privée de chacun, aucun de ces détails ne peut être divulgué, » dit-elle.

« Hé hé hé ! Ma virginité est en jeu ici ! » s’exclama-t-il. « D’ailleurs, n’est-ce pas aussi une mauvaise chose pour votre Conseil des Étudiants !? »

« Mis à part les relations hétérosexuelles impures, les règles de l’école ne disent rien sur les relations homosexuelles impures, » répondit-elle. « En ce qui concerne les questions de comportement liées à “H” et “L”, la position officielle du conseil étudiant est une politique de non-ingérence. »

Le dernier coup de Kirika avait complètement détruit les espoirs de Hisui.

S’effondrant afin de s’asseoir sur le sol, impuissant, il se prit la tête entre ses deux mains.

Sans même le regarder, Kirika continua de parler sans pitié aux trois autres qui étaient enracinés sur place.

« En tout cas, je vous interdis d’utiliser cette salle de classe, » dit-elle. « Si vous voulez participer aux activités du club, vous devez respecter les règles de l’école à la lettre : rassembler au moins cinq membres, confirmer le nom et les activités du club, puis aller le faire valider par le conseiller pédagogique et enfin présenter une demande au Conseil des Étudiants. Nous ferons ensuite un examen minutieux, nous veillerons à ce qu’il n’y ait pas de chevauchement avec d’autres activités de club, et nous assurerons que cela soit un thème positif. Ce n’est qu’à ce moment-là que le processus d’approbation officiel commencera. C’est tout ce que j’ai à dire, d’autres questions ? »

« ... Aucune, » Hisui répondit avec tristesse au nom de tout le groupe.

En réalité, ni Mei ni Eruru n’avaient été très affectées par ça.

Seule Rushella avait le visage empli de dégoût.

« Eh bien, vous devez immédiatement quitter cette salle. Si vous n’avez rien à faire, s’il vous plaît, veuillez rapidement quitter l’école, » déclara Kirika.

Concluant avec une grande solennité, la vice-présidente du Conseil des Étudiants, Kirika Uno, quitta la pièce.

Et ainsi, avant même qu’il ne puisse commencer officiellement, le club faisait déjà face à une crise liée à sa dissolution.

†††

Partie 2

Le lendemain, le groupe d’Hisui contenant quatre personnes s’était à nouveau réuni dans la classe vide afin de discuter de la façon de gérer la crise.

« ... Au fait, ça ne fait qu’un jour, et pourtant nous venons à nouveau dans cette salle de classe, n’est-ce pas une mauvaise chose ? » déclara Rushella. « Ce vice-président est célèbre pour faire les choses d’une manière très stricte. Combiné avec son excellence académique et son intégrité, elle est essentiellement la représentante des enseignants, n’est-ce pas ? Si nous nous opposons à elle ainsi, alors, n’allons-nous pas obtenir une situation encore pire ? »

« Je suis d’accord. D’ailleurs, pourquoi es-tu si obsédé par le club ? » demanda Mei.

En premier lieu, Hisui et Mei n’étaient pas intéressés par le club. Avec un enthousiasme proche de zéro, ils avaient demandé ça à Rushella.

« Tout est de ta faute pour ne pas avoir mis plus d’effort ! » déclara Rushella. « Que ce soit pour m’assister dans la vie de l’école ou pour sérieusement enquêter sur mes souvenirs, pourquoi ne montres-tu pas un peu plus d’enthousiasme ? »

« Même si je ne suis pas dans ce club, j’ai pris soin de ton espace de vie et de toutes sortes de tâches quotidiennes, et nous avons vraiment travaillé dur sur la question de tes souvenirs, n’est-ce pas ? » dit-il.

Vivant une vie merveilleuse de cohabitation avec une magnifique vampire, Hisui avait cherché l’accord d’Eruru se trouvant à côté de lui. Comme toujours, totalement immergée devant son ordinateur portable, elle hocha légèrement la tête après avoir entendu la question de Hisui.

« Nous, de la Section des Enquêtes Surnaturelles, y travaillons à plein temps, » déclara Eruru. « Mais nous sommes déjà à court de personnel, donc nos efforts n’ont pas porté ses fruits. Quoi qu’il en soit, nous avons rassemblé toutes les rumeurs sur les vampires dans cette région. »

« Quoi, il y a d’autres membres de mon espèce ici !? » s’écria Rushella.

En entendant la déclaration d’Eruru, non seulement Rushella, mais aussi Hisui et Mei se penchèrent plus près afin de pouvoir écouter.

« Oui... ou peut-être “oui, dans le passé” serait plus juste, » répondit Eruru. « De nombreux témoignages oculaires indiquent qu’au cours de la dernière décennie, il y avait autrefois une femme avec une peau extrêmement pâle qui portait des gants noirs même en plein été pour éviter l’exposition au soleil. Même si la plupart des témoins l’ont vue la nuit, en résumant les divers récits, son visage était assez beau pour qu’en la voyant, tous les cœurs s’arrêtent momentanément de battre. Malgré le port de lunettes de soleil dans la plupart des situations, sa beauté a laissé une vive impression sur les autres. Selon certaines sources, certains ont même été témoins de son “visage sans masque” quand elle a enlevé ses lunettes la nuit, et ils ont affirmé... une telle beauté ne pouvait appartenir qu’aux cieux. »

« Mmmmmmm... Sur la base de sa beauté, en effet, elle doit être de mon espèce... ou plutôt, elle est plus que probable du même sang. Y avait-il d’autres caractéristiques !? » demanda Rushella.

« Des lèvres rouges vives, des yeux qui semblaient à l’occasion cramoisis, ainsi qu’une peau d’une blancheur éblouissante... c’est essentiellement l’apparence tout à fait classique d’un vampire, » annonça Eruru. « Apparemment, elle avait toujours apporté dans ses affaires un parasol, et compte tenu de son style de robe inhabituel, la possibilité d’être de votre espèce est plutôt élevée. D’autres témoins ont décrit son apparence comme celle d’une personne d’environ vingt ans. Au cours de la dernière décennie, tous les rapports concernant son âge ont tous déclaré la même chose. »

« Pas de changement d’apparence sur dix ans... En d’autres termes, elle est une vampire immortelle sans âge réel ? Vraiment, dans cette région... » Mei s’était également exclamée alors qu’elle hochait la tête.

Même si les prétentions de Rushella qui avait dit qu’elle s’était soudainement réveillée dans un cercueil dans les montagnes étaient tout à fait incroyables, au moins il était certain qu’un membre de sa race existait dans cette région.

« Y a-t-il d’autres descriptions de cette femme, d’autres détails ? » demanda Rushella. « Si nous étudions cela minutieusement, peut-être que cela pourrait être lié à mes souvenirs ! »

« En fin de compte, ce sont tous des témoins oculaires, » répondit Eruru. « Bien sûr, certains ont été obtenus après un contre-interrogatoire, mais il n’y avait rien en ce qui concerne vos origines. Cependant, il y a eu plusieurs témoignages qui se sont démarqués. »

« Quoi !? » Rushella se pencha pour demander, mais Eruru répondit avec indifférence.

« Dans la plupart des situations, elle n’était pas seule, » répondit Eruru. « Un compagnon a été aperçu à ses côtés. Selon les premiers récits, elle tenait par la main un enfant qui avait cinq ans ou peut-être un peu moins. »

« ... Est-ce que cet enfant pourrait-il également être de mon espèce !? » demanda Rushella.

« Non, selon des témoignages ultérieurs, cet enfant a montré des signes de croissance, » déclara Eruru. « Basé sur l’apparence et la carrure, cela devrait être la même personne qui accompagnait cette femme lors de ces différents témoignages. »

« Un humain qui reste aux côtés d’un représentant de mon espèce... !? » déclara Rushella. « Cette personne est plutôt préoccupante... Qui cela pourrait-il être !? »

« ... Je suis désolé, mais cet enfant, c’est probablement moi, » Hisui leva la main avec une expression peinée visible sur son visage.

Confrontés à cette vérité soudainement révélée, tous les yeux s’étaient concentrés sur lui.

« C’est toi... ? » Demanda Rushella. « Mais alors qui est ce vampire présumé... »

« ... C’est très probablement mon parent adoptif, » Hisui sourit avec ironie, son ton de voix semblait impuissant. « Elle était consciente que sa Jeunesse Éternelle serait facilement découverte, alors elle a essayé autant que possible d’éviter d’être vue... Néanmoins, il semble que ses efforts aient été vains. »

Il voulait cacher d’une manière subtile que c’était des moments emplis de tristesse, mais les trois autres personnes l’avaient remarquée.

Hisui était la seule personne présente qui était un humain pur... cependant, il était aussi différent des humains ordinaires dans ce domaine.

Il avait été élevé par une vampire.

Quand il était jeune, il avait été sur le point d’être assassiné par ses parents quand ce vampire avait tué ses parents afin de le sauver de son injuste destin, prenant par la suite la responsabilité de le faire vivre.

Son sauveur, le meurtrier de ses parents, et également le parent adoptif qui l’avait élevé... une vampire.

À la fin, elle avait rencontré la mort afin de sauver la vie de Hisui.

« J’avais déjà deviné que c’était quelque chose comme ça, » déclara Eruru. « Après tout, la plupart des témoignages ont eu lieu autour de votre maison. Très probablement que c’était quand vous avez accompagné le vampire tard le soir pour ses promenades ? »

« ... Les personnes n’ont-elles pas inévitablement envie d’aller à la supérette ou de visiter un étal de ramen au bord de la route le soir ? » Hisui détourna son regard et murmura. « Apparemment, les vampires ont aussi des habitudes similaires. »

Son ton nostalgique était vraiment rempli du genre d’affection que l’on avait envers un être cher.

« ... Hmph, j’avais une lueur d’espoir quand j’ai entendu que vous aviez trouvé certains indices, mais il s’avère que c’était quelque chose d’inepte et de stupide, » Rushella affichait une colère non dissimulée alors qu’elle disait ça.

Mei essaya frénétiquement de calmer la situation avec une question franche. « ... Mais le vampire qui a élevé Hi-kun n’est peut-être pas forcément sans rapport avec vous, n’est-ce pas ? Vous êtes toutes les deux apparues dans la même région, et même si vous vous êtes manquées en raison de la séparation du temps, vous avez toutes deux vécu dans la même maison. Cela n’implique-t-il pas une sorte de relation de sang ? »

« Non non non, » Hisui avait catégoriquement nié. « Elles sont complètement différentes contrairement aux apparences. Si vous deviez me forcer à faire une comparaison, leurs seuls points communs sont un massif buste et leur attitude arrogante. En outre, la personne en question a déclaré qu’elle n’avait pas de parents par le sang. »

Voyant son désir d’harmonie se briser, Mei ne put que hausser les épaules.

D’un autre côté, Rushella avait continué à faire face à Hisui avec une expression rigide. « Une beauté d’un autre monde, et pourtant tu dis qu’elle est en apparence, complètement différente de moi, qu’est-ce que tu veux dire par là ? Es-tu en train d’essayer de dire que je suis une super beauté d’un autre monde que même cette beauté d’un autre monde ne se rapproche même pas ? »

« Je pense que les normes de beauté sont très subjectives, mais en termes de charme et de bon sens..., » dit-il. « Mon parent adoptif vous bat à plate couture... »

Hisui avait de nouveau affirmé ça comme étant un fait. Réalisant immédiatement qu’il avait dit quelque chose de mal, il s’était placé dans une pose défensive.

Défense préparée... Cependant, l’attaque n’était jamais arrivée.

Rushella tourna son visage vers lui, puis retourna à sa position d’origine, sans même lui jeter un coup d’œil après ça.

« ... Que se passe-t-il ? » Hisui avait demandé à Mei qui était à côté de lui.

« Je ne sais pas ~. » répondit-elle. En entendant le ton de sa voix, elle faisait clairement semblant.

Mais Hisui était toujours désemparé, se grattant la tête, il avait maladroitement déclaré leur future direction. « En tout cas, concernant tes souvenirs et ton passé, nous continuerons d’enquêter comme avant... Mais il n’y a pas besoin de le faire en club, n’est-ce pas ? Ce n’est pas comme si l’école n’avait pas de clubs. »

L’analyse raisonnable de Hisui avait provoqué le vagabondage du regard de Rushella.

Sa voix était beaucoup plus timide qu’avant, elle demanda. « Toi... Est-ce à cause de ça ? As-tu autre chose que tu veux faire... un autre club ? »

« Non pas du tout..., » répondit-il. « J’ai déjà mentionné que j’espérais rejoindre le club “Rentrer à la Maison”, n’est-ce pas ? »

« ... Mais, euh..., » dit-elle. « Tu aurais pu changer d’avis et vouloir rejoindre un autre club, n’est-ce pas ? »

Elle avait été arrogante et égocentrique juste avant, mais maintenant, elle regardait Hisui avec des yeux suppliants... comme si elle avait peur de le mettre en colère.

Mais Hisui n’avait pas remarqué ce changement chez Rushella et avait simplement répondu avec indifférence.

« Hé bien... Si je tombe sur des amis avec des intérêts similaires et qu’ils m’invitent..., » dit-il. « Je considérerais leurs propositions. Ah ! Mais je ne suis pas bien avec les clubs sportifs. Quant aux culturels, je deviendrais simplement un membre de nom. Mais si je fais ça, je soupçonne que la vice-présidente va m’attraper pour me discipliner. Honnêtement, je préférerais avoir un emploi à temps partiel. Ou peut-être obtenir un permis de conduire pour acheter une moto ou quelque chose du genre. »

« ... Et alors, est-ce que tu vas aller te coller avec cette fausse ou une autre femme pour pouvoir jouer les tourtereaux... ? » déclara Rushella.

« Hein !? » s’exclama Hisui. « Quelque chose comme ça... Eh bien, je ne peux pas nier que je ne voudrais pas une petite amie. Mais ce n’est pas comme si nous devions le faire tout le temps. Il suffit de marcher ensemble jusqu’à la maison après l’école. Selon moi, ce genre de chose est ce que ferait un couple. »

Alors qu’Hisui s’imaginait toutes sortes d’images épanouissantes dans sa vie scolaire, Mei et Eruru soupirèrent tout en secouant la tête.

« Je le savais ! » s’exclama Rushella. « C’est pourquoi tu me traites comme une faible priorité, pas vraie !? »

« Hein !? Je n’ai jamais dit ça..., » répondit Hisui.

« En tout cas, n’oublie pas que tu es mon serviteur, alors tu dois correctement me suivre après l’école ! » déclara Rushella. « Tu entends cela ! Alors, participe également au club avec moi ! »

Rushella le pressa d’agir ainsi.

Même si elle était intimidante, Hisui avait décidé de riposter face à ce maître déraisonnable.

« Alors que veux-tu que je fasse ? » demanda Hisui. « Et pourquoi dois-tu continuer à parler comme si je devais être seul avec toi !? Tu veux que je sois derrière toi, que je sois à ton service et que je sois avec toi après l’école ! »

En entendant ses paroles, Rushella avait instantanément rougi.

« H-Hum..., » murmura Rushella.

Pour une raison inconnue, son aura intimidante avait instantanément disparue, Rushella baissa les yeux et commença à faire bouger ses doigts.

« En fait, tu dois avoir l’intention de me faire quelque chose, n’est-ce pas !? Qu’est-ce que tu veux me faire après l’école !? » demanda Rushella.

Rushella ne pouvait pas s’empêcher de se retirer face à l’interrogatoire de Hisui.

« C-Ce n’est pas comme si je voulais te faire quelque chose, je veux dire que..., » dit-il.

« Que veux-tu dire ? » demanda-t-elle.

« Simplement que..., » dit-il.

« Simplement que ? » Demanda Rushella.

Hisui avait fait un pas en avant.

Maintenant, la distance entre eux était la même que chaque matin... en d’autres termes, la distance intimement proche où son sang pouvait être sucé à tout instant.

Même s’ils étaient si proches qu’ils pouvaient sentir le souffle de l’autre, Hisui ne bougea pas, afin de regarder Rushella droit dans le visage.

« ... T-Tais-toi !! » cria-t-elle. « Tu n’es pas autorisé à me désobéir ! Tu es mon serviteur, alors reste à mes côtés et c’est tout !! »

« Hein !? Et puis zut ! » Au moment où Hisui avait incliné la tête à cause de sa perplexité, Rushella était revenue avec son attitude habituelle.

Son visage avait rougi et elle regarda Hisui avec une certaine agitation... puis elle regarda les deux filles qui se tenaient à côté de lui.

Les deux autres filles restèrent silencieuses et regardèrent simplement Rushella avec une certaine expression d’étonnement.

En tant que filles, elles avaient compris les sentiments de Rushella.

Il y avait un sentiment de résonance et de sympathie entre elles.

En utilisant des termes faciles à comprendre, c’était...

*

Cette fille avait vraiment dit ça.

*

Cela semblait être ce que les yeux des deux filles disaient de concert.

« Arrêtez ça, vous n’avez pas le droit de me regarder avec ce genre de regard ! » cria Rushella.

« ... C’est bon, je n’ai rien entendu, » déclara Eruru.

« La pièce semble un peu chaude et étouffante, allons ouvrir un peu la fenêtre, » répliqua Mei.

Les deux filles s’étaient efforcées de feindre l’ignorance.

Mais même Hisui pouvait dire qu’elles s’empêchaient de peu de rire.

« Oooh, oooooooooooh~~!! » Se lamentant, avec sa voix défaillante, Rushella se précipita vers la porte.

« Ah, où vas-tu ? » demanda Hisui.

« T-Tais-toi, ne me suis en aucun cas ! Je t’interdis de me suivre ! » cria-t-elle.

Puis elle avait couru à vive allure dans le couloir, se précipitant loin de cette salle.

Actuellement, toujours stupéfait par la réplique annoncée lors du départ précipité de Rushella, Hisui s’était assis sur son siège, complètement perplexe.

« Qu’est-ce qui se passe avec elle ? » demanda-t-il.

« Elle est tout simplement... possessive. Les personnes n’aiment-elles pas toujours attacher leurs animaux de compagnie avec des laisses ? » Mei avait répondu comme si elle avait compris.

Ses mots étaient plutôt piquants pour les oreilles de Hisui.

« Je ne comprends toujours pas. Qu’est-ce que tu essayes de dire ? Cette fille me traite non seulement comme de la nourriture, mais aussi comme un animal de compagnie avec lequel jouer !? » Demanda Hisui, le visage pâle.

Mei haussa simplement les épaules et demanda à Eruru. « Eruru, avez-vous entendu sa déclaration tout à l’heure ? »

« Oui Sudou-san, je l’ai bien sûr entendue. Quel déchet absolument inutile qu’il est, » répliqua Eruru.

« Hé, de quoi parlez-vous ? » demanda Hisui. « Ai-je fait quelque chose à cette fille !? »

« ... Bien que je déteste avec une grande passion les vampires, je sympathise toujours avec elle en tant que membre du même sexe, » répliqua Eruru. « Vous êtes essentiellement comme sa poupée préférée que l’on souhaite étreindre toute la journée. Ses sentiments sont simplement l’extension de cela. »

« Hein !? À la place, je suis maintenant un objet inanimé ! » répliqua Hisui. « Quelle dignité ai-je !? »

« Ce genre de chose n’a jamais existé nulle part dans votre personne et cela dès le premier jour, » répliqua Eruru. « Oui, c’est le cas depuis le jour de votre naissance. »

« Ma vie entière depuis ma naissance vient d’être simplement complètement ignorée !? » s’exclama Hisui.

« Comme elle est partie, je vais aussi y aller, » déclara Eruru. « Vous feriez mieux de vous dépêcher et de repartir, sinon la vice-présidente vous fera une autre conférence. »

Après ça, Eruru avait éteint son ordinateur et se leva.

Hisui et Mei échangèrent un regard et se préparèrent à quitter l’école.

Avec cette réunion, aucune solution n’avait été trouvée afin de résoudre la crise de dissolution du club... avant même que le club dirigé par une vampire n’eût même officiellement commencé, il était déjà au bord d’une disparition naturelle.

†††

Partie 3

« Pourquoi me suivez-vous ? » Eruru demanda ça avec beaucoup de mécontentement clairement perceptible dans sa voix.

« Je n’ai pas de raison en particulier, » répondit Hisui. 

Malgré la demande d’Eruru, Hisui continua à la suivre avec une expression nonchalante.

Rushella s’était enfuie pendant que Mei rentrait chez elle comme à son habitude.

Mais Eruru avait continué à rester au sein de l’école.

Et par conséquent, Hisui avait commencé à la suivre.

Leur distance était trop proche pour être considérée comme s’il l’observait de loin, mais ils ne marchaient pas non plus ensemble. Il y avait une séparation nette entre eux deux.

« Si vous n’avez pas d’activité à faire ici, alors rentrez chez vous ! » déclara Eruru. « À ce propos, est-ce correct que vous ne la pourchassiez pas rapidement ? »

« N’a-t-elle pas dit que je devais ne pas la suivre ? Alors pourquoi devrais-je gaspiller mon énergie pour... ? » déclara Hisui.

« Il existe un dicton “Vous ne devez pas appuyer sur le bouton, donc vous devez absolument ne pas appuyer sur le bouton”. Avez-vous entendu parler de cela ? » déclara Eruru.

« Hein !? Ne l’ai-je pas déjà dit, » répondit Hisui. « Même si je la rattrapais maintenant, elle va certainement avoir une mauvaise attitude envers moi. Elle pourrait même avoir recours au coup de poing et au coup de pied. Et dans le pire des cas, je vais me faire sucer le sang. »

« Je ne vais nullement réfuter vos spéculations. Cependant, si vous ne la retrouvez pas rapidement, je crains que des problèmes encore plus grands puissent en découler, » répondit Eruru.

« Je vous appellerai si j’ai des ennuis. Oui, je compte sur vous afin de me sauver, » répondit-il. « N’oubliez pas d’apporter une arme à feu et des balles en argent. »

« Je vais de ce pas bloquer votre numéro de portable, » répondit Eruru.

« ... En premier lieu, vous ne m’avez jamais donné votre numéro, n’est-ce pas ? » demanda-t-il.

Physiquement, ils étaient à portée de main, mais il y avait clairement un fossé infranchissable entre eux.

D’un côté se trouvait le garçon qui avait été élevé par une vampire et qui était actuellement le serviteur d’une vampire. Et de l’autre coté se trouvait une demi-vampire qui détestait les vampires avec passion. Pour le dire simplement, ces deux-là étaient complètement incompatibles.

« Vous devriez reconnaître vos limites et cesser de me suivre, d’accord ? Sinon je vais devoir appeler la police, » déclara Eruru.

« Mais n’êtes-vous pas la police ? » demanda Hisui. « Mais de toute façon, vous étiez la première à dire que vous partiez. Alors pourquoi êtes-vous toujours dans l’école ? »

« Ceci ne vous concerne nullement. Est-ce la raison qui fait que vous me suivez ? » Demanda-t-elle.

« Vous... Est-ce que vous avez vraiment été honnête avec tout ce que vous avez découvert lors de votre enquête concernant cette fille ? » demanda-t-il.

L’ambiance devint instantanément tendue entre eux. Eruru se retourna et regarda Hisui avec froideur.

« ... Est-ce que vous me traitez de menteuse ? » demanda-t-elle.

« Je n’ai jamais dit que vous mentiez. Cependant, je ne suis pas sûr que vous avez dit toute la vérité. » Hisui avait immédiatement répliqué.

Bien qu’il ne croyait pas qu’Eruru soit une personne qui trompait le monde avec désinvolture, le fait de s’attendre à ce qu’elle soit honnête et franche envers un vampire était une tout autre affaire.

« Votre intelligence bornée restera toujours la même. Est-ce que c’est cela qui fait que vous m’avez suivi jusque là afin de me le demander ? » demanda-t-elle.

« J’ai également une autre question... aujourd’hui, avez-vous participé au cours d’éducation physique ? » demanda-t-il.

« Hein... !? Pourquoi me parlez-vous de ça ? » demanda-t-elle. Elle ne comprenait pas où voulait aller Hisui avec cette question.

En l’après-midi, Eruru avait effectivement participé à la classe d’éducation physique. Le cours consistait uniquement en de simples exercices effectués en plein air.

Il s’agissait principalement de la course, ce qui pourrait être assez difficile, mais il n’y avait rien de spécial concernant cette activité.

« Est-ce étrange pour moi d’aller au cours d’éducation physique ? » demanda-t-elle. « Certes, mes fonctions consistent à vous surveiller plutôt que d’aller véritablement en classe, mais précisément à cause de cette mission, je dois interpréter correctement le rôle de l’étudiante. Donc le fait d’assister à un banal cours d’éducation physique devrait être parfaitement naturel, n’est-ce pas ? »

« ... La pique-assiette qui vit avec moi a regardé le cours, mais sans y participer aujourd’hui, » répondit-il.

« Bien sûr ! Vu le temps clair et ensoleillé que nous avons eu aujourd’hui, comment voulez-vous qu’un vampire puisse être actif ? » demanda-t-elle. Il s’agissait d’une réponse parfaitement logique.

Rushella refusant de participer à ce genre de cours était tout simplement naturelle.

Elle détestait la lumière du soleil parce qu’il s’agissait de l’une de ses vulnérabilités qui pouvaient lui être fatales.

C’était tout à fait correct... car la lumière du soleil était le fléau des vampires.

Alors..., qu’en est-il de quelqu’un qui avait hérité de la moitié de la lignée ?

Qu’en est-il d’un demi-vampire né de l’union d’un humain et d’un vampire ? En d’autres termes, d’Eruru Kariya ?

« Ces derniers temps, vous n’avez pas procédé à beaucoup d’observations. Dormez-vous assez ? » demanda-t-il.

« Contrairement à un étudiant insouciant tel que vous, je suis extrêmement occupée, » répliqua-t-elle. « Ne sous-estimez jamais les fonctionnaires. »

Avant qu’elle puisse finir sa phrase, Eruru s’arrêta.

Sa vision devint instable, sa conscience s’estompa progressivement.

Son teint pâle, encore plus blanc que celui d’Hisui, avait perdu toute la couleur provenant de son sang.

Voyant Eruru défaillir ainsi que le fait qu’elle était en train de s’effondrer, Hisui attrapa à temps son minuscule corps avant qu’il heurte le sol.

« ... Comme je venais de le dire à l’instant, » déclara-t-il.

La dernière image qu’Eruru put capter avant qu’elle ne perde conscience fut le visage de Hisui, empli d’inquiétude.

***

« ... ? »

À son réveil, Eruru s’était retrouvée allongée sur un banc se situant derrière le bâtiment de l’école.

Le banc se trouvait dans un endroit ombragé par la présence d’arbres tout autour de lui. Ici, même pendant la journée, il faisait assez sombre, et il n’y avait pratiquement pas de lumière après l’école à cause du dense feuillage.

« Êtes-vous réveillée ? » La voix de Hisui la ramena instantanément à la raison.

En observant les environs, elle pouvait voir que le soleil était encore dans le ciel malgré le changement de décor. Par conséquent, peu de temps aurait dû s’écouler depuis sa perte de conscience.

Très probablement qu’elle ne s’était évanouie que pendant quelques minutes.

Puis, pendant qu’elle était inconsciente, Hisui l’avait transportée jusqu’ici.

« Quelles sont vos intentions !? Je n’aurais jamais imaginé que vous souhaitiez kidnapper une fille... est-ce que c’est bien ça vos intentions !? » demanda Eruru.

« ... C’est quoi ce genre de choses étranges que vous imaginez en ce moment ? » demanda-t-il. « Je vous ai seulement un peu aidé en vous éloignant de la lumière directe du soleil. Ou peut-être... préféreriez-vous que je vous emmène à l’infirmerie et que vous expliquiez tout ça à l’enseignante ? »

Les paroles de Hisui avaient rendu Eruru silencieuse. Après tout, il avait pris la bonne décision. L’amener ici était en effet la mesure la plus appropriée qu’elle aurait elle aussi approuvée.

« On dirait que vous savez probablement pourquoi vous vous êtes évanouie, » déclara-t-il. « Alors s’il vous plaît, prenez un peu mieux soin de votre santé. »

« ... »

Même si elle savait que Hisui s’inquiétait réellement pour elle, ces paroles ne faisaient que lui rappeler sa constitution si particulière, l’obligeant à serrer les dents et à éviter tout contact visuel.

La caractéristique des demi-vampires... comme les vampires, ils avaient peur de la lumière du soleil.

Cependant, leurs corps ne se transformeraient pas en cendres au contact de la lumière du soleil.

Néanmoins, la lumière du soleil, et en particulier la lumière intense du soleil, érodait petit à petit leurs corps, sapant ainsi leur force. Même s’ils pouvaient pendant un certain temps supporter par la seule volonté d’être ainsi exposés à une si vive lumière, l’évanouissement était inévitable après quelques heures.

En évitant la lumière du soleil intense et en prenant suffisamment de repos ainsi que de la nourriture appropriée, il n’y avait pas d’effets graves qui en résulteraient... mais Eruru avait dû faire face au travail et au cours, d’où un manque de sommeil qui était devenu sa routine quotidienne.

Combiné avec les exercices effectués pendant le cours d’éducation physique... sa fatigue accumulée avait finalement explosé, provoquant le résultat qui venait de se produire.

« Je sais que votre constitution est comme celle d’un vampire. Elle est donc nocturne, » déclara Hisui. « Mais puisque pendant la journée vous avez encore besoin d’aller à l’école, il serait préférable de dormir suffisamment. En outre, lorsque des cours d’éducation physique se déroulant à l’extérieur, vous devriez vous reposer à l’intérieur. »

« Ce que vous voulez dire est..., est-ce parce que je suis une demi-vampire ? Oh Mon Dieu ! Je suis vraiment désolée d’être une non-humaine, » Eruru rétorqua en étant agitée.

Plutôt que de dire quoi que ce soit face à ça, Hisui lui lança une boisson pour sportifs qu’il avait achetée plus tôt dans un distributeur automatique.

« C’est pour vous, » déclara-t-il. « Au départ, je pensais qu’il serait préférable d’utiliser un genre de thérapie de réhydratation orale, mais il n’était pas disponible. »

« ... » Tout en restant silencieuse, Eruru attrapa la bouteille et commença à la boire.

Une fois réhydratée, Eruru tourna son regard hostile vers Hisui. « ... Quelle est la profondeur de vos préparatifs. Aviez-vous prédit que je m’évanouirais ? »

« Je l’ai achetée pendant que vous étiez inconsciente, » répondit-il. « Au contraire, devrais-je dire que je connais mieux mon propre corps ? Même une personne ordinaire s’effondrerait si elle ne se reposait pas après être épuisé. Et surtout avec le soleil flamboyant qu’il y avait aujourd’hui, c’est encore plus évident que cela se produirait. »

« Et alors ? » demanda-t-elle. « Me dites-vous que juste parce que je suis une demi-vampire, je ne me suis pas occupé de ce qui s’est passé avant ça ? »

« Tout à fait. Qu’ils soient humains ou demi-vampires, tous ceux qui s’entraînent sans connaître leurs limites sont tout simplement des enfants pourris gâtés qui causent des troubles aux autres, » répliqua-t-il. Derrière le ton relativement doux présent dans sa voix se trouvaient de sévères remontrances.

En réponse, Eruru fronça les sourcils, mais Hisui continua de rester imperturbable.

« Mais je ne suis pas arrivé à savoir ça par moi-même. C’est ce que mon parent adoptif, une vampire qui a vécu mille ans dans la société humaine, m’a dit, » déclara Hisui.

« ... Il était clair qu’elle n’était pas qu’une vampire, » répondit-elle. « Mais je ne souhaite pas qu’on m’enseigne la façon de vivre ma vie en utilisant les leçons qu’elle a tirées en vivant dans la société humaine. Après tout, elle devait être quelqu’un qui se cachait dans le noir, l’ancêtre des exclus et des marginaux sociaux. »

« Pas vraiment, » répondit-il. « En fait, elle a occupé pratiquement tous les postes où il y a du travail la nuit. Cela allait du commis dans des dépanneurs jusqu’à hôtesse dans des bars. À un moment donné, elle avait même été la meilleure courtisane de Ginza. »

« ... » Eruru était restée silencieuse, s’imaginant probablement cette idée.

Si les rapports étaient vrais, étant donné sa beauté, elle devait être très populaire auprès de la gent masculine.

Quand elle avait travaillé dans un dépanneur, elle serait la mieux adaptée quant à la prévention du vol et des attaques à main armée. Même si un voleur armé était venu avec une arme à feu, elle aurait pu gérer la situation avec une grande facilité.

« Quel genre de vampire était-elle... !? » demanda Eruru. « Était-ce vraiment un “Véritable Ancien” ? Si la fille qui vit avec vous entendait cela, elle en perdrait la voix à cause de l’étonnement ! »

« Apparemment, elle pensait que même en tant que vampire, il fallait se conformer à la société capitaliste afin de survivre, » répondit Hisui. « Et puisque ses expériences de vie étaient plutôt importantes, elle avait tendance à donner beaucoup de cours. Par exemple, si l’on devait compromettre son travail ou savoir connaître ses limites, c’étaient des questions complètement distinctes selon elle. »

« ... Venant de votre bouche, un tel conseil perd complètement toute persuasion, » répliqua-t-elle. « Si votre parent adoptif entendait parler de cela depuis l’au-delà, elle doit sûrement soupirer. »

« Les vampires sont réduits à néant lorsqu’ils sont détruits... n’est-ce pas ce qui arrive ? Ou peut-être ont-ils également une âme qui leur permet d’aller au paradis ou en enfer ? » L’expression désinvolte de Hisui avait disparu quand il demanda ça.

Lorsque les vampires étaient détruits, ils se transformaient en poussière inorganique, ne laissant aucun corps derrière eux.

Personne ne le savait mieux que Hisui.

Parce qu’elle était incapable de regarder droit dans ses yeux, Eruru déplaça son regard au loin.

« Avoir surestimé ma propre résistance physique... est-ce ma négligence ? Je vous... ais causé des problèmes, » murmura-t-elle.

« Ne vous inquiétiez pas à ce propos, » à nouveau, Hisui avait répondu avec désinvolture avant de commencer à boire l’eau minérale qu’il avait achetée dans la distributrice.

En le regardant de côté, Eruru se remit à parler après une assez longue période de silence.

« N’avez-vous pas... peur ? » demanda-t-elle.

« Hein !? » s’exclama-t-il

« En effet, j’avais besoin de réhydratation, » déclara-t-elle. « Mais si c’était possible, un réapprovisionnement approprié en sel serait également nécessaire. »

« ... ? Eh bien, je suppose que pour vous, cela peut compter comme un coup de chaleur. Alors, quel est le problème ? N’êtes-vous pas satisfaite de la boisson sportive ? » demanda Hisui.

« En fin de compte, cela reste quelque chose pour la consommation humaine, » répondit Eruru. « Pour une demi-vampire, il y a un liquide bien mieux adapté. » Eruru regarda le cou de Hisui tout en disant ça.

Cette peau délicate et pâle qui rivalisait avec celle d’une femme.

Ce liquide qui circulait à travers ces vaisseaux sanguins subtilement visibles..., était-ce qu’en ce moment, Eruru désirait ça de toute urgence... ?

Contenant aussi bien de l’eau que du sel, mais également la vie elle-même, il s’agissait du sang frais.

« Heureusement, mes symptômes ne sont pas graves... Mais si je devais perdre ma raison et vous mordre, que feriez-vous ? » demanda Eruru.

« C’est bien vrai... Qu’est-ce qui se passerait une fois que vous auriez aspiré le sang et récupéré votre santé mentale ? » demanda-t-il. « Je peux déjà imaginer votre perte de sang-froid qui en découlerait. »

« ... Êtes-vous un imbécile !? Avant de sauver quelqu’un, veuillez prendre en compte les risques évidents. Vous devriez être assez familier avec les caractéristiques des demi-vampires, n’est-ce pas ? » demanda-t-elle.

« Allez-y et mordez. C’est d’accord de mon côté. Tant que vous ne m’arrachez pas ma chair ou que vous ne me suciez pas à mort, » répondit-il.

Hisui était complètement indifférent.

En raison de sa constitution bien particulière, faire ce genre de déclaration n’était pas vraiment un problème. En fait, en premier lieu, il n’avait jamais craint Eruru... il n’avait jamais craint les demi-vampires.

« Vous êtes un incurable stupide, » répliqua-t-elle. « Vous savez, je ne serai pas responsable des conséquences. Pensez-vous que vous puissiez utiliser votre philanthropie ridicule pour construire un pont entre deux races différentes ? »

« Je ne suis nullement ce genre de saint homme, » répondit-il. « Pour être honnête, je ne m’inquiéterais pas si un grand méchant était entièrement vidé de son sang par un vampire. De même que je ne m’impliquerais pas si je voyais un vampire mourir de soif. »

« Menteur ! » cria-t-elle. « Si vous aviez vu un incurable méchant être menacé par les crocs d’un vampire, vous le sauveriez quand même. Et si vous aviez vu un vampire affamé, vous offririez votre propre cou. Voilà le genre de personne que vous êtes. »

« ... Est-ce que vous me complimentez là ? » demanda-t-il.

« Je ne faisais que vous critiquer. Ouvrez les yeux sur cette vérité, » déclara-t-elle.

Ayant fini sa conversation, Eruru se leva du banc.

†††

Partie 4

Elle avait retrouvé sa force et était à nouveau capable de bouger librement. Maintenant que le soleil se couchait, le moment le plus actif de la journée pour les demi-vampires allait enfin commencer.

« Désolé de vous avoir troublé. Je vais bien maintenant, » déclara Eruru.

« Alors il est temps que vous me disiez pourquoi vous êtes restée à l’école, n’est-ce pas ? » Hisui avait demandé tout cela avec une expression sérieuse. « Si c’était afin de nous surveiller, alors cela ne servirait à rien si nous sommes déjà partis. N’auriez-vous pas dû partir et nous suivre ? Mais aujourd’hui, hier ainsi que la veille, vous êtes restée à l’école. Nous avons tous quitté la salle de classe lorsque les activités du club ont pris fin, mais à l’armoire pour les chaussures qui se trouve l’entrée, vous vous êtes séparés de nous. Pourquoi ? »

Finalement, Eruru se rendit et haussa les épaules. « Vos compétences d’observation sont toujours aussi affûtées que l’autre jour. J’ai une mission. Même si je dois vous surveiller tous les deux, j’ai expressément été transféré ici, je parle de cette école — ou plutôt devrais-je dire, à cette zone de la ville de Seidou afin de mener des enquêtes. »

« Quelles enquêtes... ? Y a-t-il quelque chose dans cette ville qui vaille la peine de mobiliser le Département de Police Métropolitaine ? Eh bien ! Je suppose que l’incident précédent compte dans le lot, » déclara Hisui.

« Avant cet incident, des enquêtes secrètes menées dans la région étaient déjà en cours. La raison pour laquelle nous, de la Section des Enquêtes Surnaturelles, étions stationnés ici au poste de police, était à cause de cette affaire bien particulière, » déclara Eruru.

« ...! »

C’était exact... la première rencontre entre Eruru et Hisui s’était produite au poste de police le plus proche... le poste de police de Seidou.

À l’origine, il pensait qu’ils avaient été envoyés ici en raison de l’apparition de Rushella... Mais il semblait qu’il avait tort.

« Et elle concerne quoi cette affaire ? » demanda-t-il.

« Les affaires liées à la criminalité dans le quartier ainsi que les personnes disparues ont récemment augmenté, » répondit-elle. « Cependant, l’augmentation n’est que légèrement supérieure aux normes, ce qui n’est pas digne de mention. Néanmoins, au fur et à mesure que l’enquête progressait, nous avons découvert qu’une partie des cas était fortement liée à des êtres surnaturels. Parmi eux, il y avait des cas clairs où les vampires étaient coupables... les cadavres qui avaient été vidés de tout leur sang. »

« Soupçonnez-vous... Rushella ? » demanda-t-il.

« C’était bien avant son réveil, » répondit-elle. « Même si nous ne pouvons pas croire tout ce qu’elle dit, étant donné sa personnalité franche, elle ne semble pas mentir. Ces cas sont très probablement sans rapport avec elle. Mais cela rend les choses encore plus difficiles, car après tout, il y avait un vampire qui travaillait dans la pénombre et la Section des Enquêtes Surnaturelles n’a pas pu le débusquer. »

« C’est vrai, » répondit-il. « Mais je vis dans cette ville depuis que Miraluka m’a adopté, et c’est la première fois que j’entends quelque chose comme ça. Quand j’étais jeune, je n’ai jamais entendu parler d’événements étranges ou de phénomènes surnaturels. Pourquoi voudriez-vous que ces personnes... ? »

Alors que Hisui croisait les bras, Eruru continua. « C’est exact. L’incident qui a attiré notre attention n’est survenu que récemment. Cependant, vous pouvez également le penser de cette façon. Le parent adoptif qui vous a élevé... en d’autres termes, l’existence du vampire nommé Miraluka, pourrait-il avoir agi comme une sorte de pouvoir répressif qui a protégé la zone jusqu’à sa mort ? »

« ...!? »

« Réfléchissez bien à cela. Si un vampire de rang “Véritable Ancêtre” vit quelque part, alors, tout d’abord, tous les autres vampires resteraient le plus loin possible de lui, » déclara Eruru. « Tant qu’ils ne sont pas liés par un lien, ils garderaient tous leur distance. Cela s’appliquerait à d’autres créatures surnaturelles... car après tout, personne ne voudrait s’approcher de la résidence de l’existence couronnée comme étant le roi de la nuit, le plus haut rang de la race des morts-vivants. Même si on ne sait pas si cela a été fait consciemment ou non, simplement en vivant ici, elle a créé une sorte de zone de sécurité. C’est précisément à cause de cela que vous avez reçu sa protection et que vous étiez naturellement inconscients des troubles liés au surnaturel. Qu’est-ce que vous en pensez ? »

« ... Ce que vous dites est logique, » dans son cœur, Hisui était fondamentalement d’accord avec les déductions d’Eruru.

Bien qu’il ne soit pas trop clair sur l’état d’esprit des créatures surnaturelles, il était plausible qu’il y ait un manque de fauteurs de troubles se rapprochant imprudemment d’un vampire de rang « Véritable Ancêtre ». Si une créature surnaturelle devait s’approcher de lui et lui causer des problèmes, elle serait à coup sûr exterminée.

« En outre, avant que vous et votre parent adoptif déménagé ici, toutes sortes de rumeurs étranges existaient déjà dans la région, » déclara-t-elle.

« Vraiment !? » s’exclama-t-il. « Quel genre de rumeurs !? Est-ce ce genre d’histoires de fantômes effrayants qui sont communs parmi le folklore ? »

« Non, complètement différent de ce genre de rumeur, » répondit-elle. « Plutôt que des contes étranges folkloriques, elles ressemblent plus à des légendes urbaines... et pour une raison inconnue, ils impliquent principalement des entités surnaturelles occidentales plutôt que des youkai de l’est. »

« Quoi... !? » s’exclama Hisui. « J’ai entendu dire que cette zone avait l’habitude d’interagir avec des pays étrangers, car ils effectuaient des échanges commerciaux très fréquents. Serait-ce la raison ? Je ne connais pas vraiment l’histoire locale. »

Les bras croisés, Hisui se rappelait des souvenirs de cette ville qu’il avait eue lors de sa petite enfance.

« Comme prévu, vous ne savez pas non plus, » déclara-t-elle. « Au contraire, il est très probable que tout le monde de votre âge n’a aucune information concernant ça. »

« ... Donc quelque chose existait dans cette ville avant l’arrivée de Miraluka, » déclara-t-il. « Après cela, soit elle a quitté la zone, soit elle a caché ses traces. Est-ce que vous vouliez dire avant ça ? »

« Néanmoins, ce vampire n’est plus là, » répondit-elle. « Le moment de sa disparition... ha, c’est vrai. C’était après vos vacances d’été pendant votre troisième année du collège. »

Hisui pâlit instantanément en entendant ces paroles. Des images avaient émergé depuis ses souvenirs qu’il ne voulait nullement se rappeler.

« J’ai enquêté sur votre dossier d’immigration, » déclara-t-elle. « Avant vos vacances d’été en troisième année du collège, vous avez vraiment voyagé partout dans le monde. Mais plutôt que de dire que c’était des vacances à l’étranger, il serait plus approprié de décrire vos séjours comme une série de sessions d’études à court terme à l’étranger. Cependant, à partir de cet été particulier, vous n’avez plus jamais quitté le pays. »

Hisui n’avait rien répondu face à ça.

Il s’attendait déjà à ce qu’on déterre son passé. Naturellement, Eruru n’avait épargné aucun effort dans ce domaine. Cela n’avait pas vraiment d’importance.

Mais cela faisait ressurgir de vieux souvenirs de Hisui.

« La dernière fois que vous êtes rentré de l’étranger, vous étiez sous la protection de l’ambassade d’un certain pays. Vous avez été transféré par un autre pays avant d’arriver au Japon, » déclara-t-elle. « C’était naturel, vu que le pays dans lequel vous étiez allé était rentré dans une période de guerre civile et qu’il était tombé dans un chaos total. Sans votre Vampire, un humain comme vous devrait avoir subi beaucoup de difficultés pour y survivre. »

« ... »

« Quand vous êtes revenu... Vous étiez seul, » continua-t-elle. « Les documents indiquaient que vous aviez également quitté le Japon seul, alors cela aurait pu être logique. Cependant, un enfant se dirigerait-il vraiment vers ce genre de pays tumultueux ? Même si les enregistrements de sortie ne l’indiquaient pas... Peut-être qu’il y avait un tuteur légal qui vous accompagnait ? »

Tuteur légal... c’était vrai. C’était son parent adoptif qui était beaucoup plus âgé que lui.

Celle qui avait joué le rôle de la mère et la sœur aînée, et qui était plus proche de lui que toute autre personne.

« Cependant... vous êtes retourné seul, portant deux objets que vous n’aviez pas quand vous aviez quitté le Japon, » continua-t-elle.

« ... Ça suffit, » déclara-t-il.

« Le premier est une grande croix. C’était très probablement cette épée qui se trouve dans votre sous-sol. Et le deuxième objet était..., » déclara Eruru, mais ne put l’achever.

« Taisez-vous !! » cria Hisui.

L’explosion soudaine avait totalement réduit Eruru au silence. Ou plutôt, elle avait avalé le reste de ses mots.

Les émotions de Hisui la surprirent.

« S’il vous plaît, arrêtez de parler de mon passé. Voulez-vous être pris pour une harceleuse ? » demanda Hisui.

« ... Toutes mes excuses, » répondit Eruru. « Je n’aurais pas dû dire ces choses inutiles. Quoi qu’il en soit, il existe quelque chose dans cette ville. Quelque chose qui s’est abrité pendant que votre parent adoptif vampire vivait ici, mais est désormais agité comme avant sa venue. »

« Après tout, nous avons déjà une étrange vampire ainsi qu’un golem de Frankenstein, » répondit Hisui. « Mais en dehors d’eux, quoi d’autre se trouve ici ? D’ailleurs, enquêtez-vous dans l’école ? »

Sans répondre, Eruru entra dans la forêt derrière le banc.

Hisui l’avait suivi tout en étant perplexe.

Assez vite, Eruru arrêta de marcher et se pencha.

« Il est aussi apparu ici aujourd’hui, » déclara-t-elle.

« ... Quoi !? » s’exclama Eruru.

Tendant son cou, Hisui regarda ce qui se trouvait devant les yeux d’Eruru.

Puis, il ne put s’empêcher de froncer les sourcils et d’éviter de regarder la chose.

Après avoir repris son calme, il regarda à nouveau la chose se trouvant par terre.

Allongé sur le sol... se trouvait le cadavre d’un chat noir.

On dirait qu’il avait été écrasé par les pneus d’une voiture, avec une énorme dépression se situant au niveau de son ventre. La vue était vraiment des plus tragique.

Sur la base de sa taille, cela devrait être un chaton, ce qui avait suscité encore plus de pitié.

« Étiez-vous à la recherche de ça ? » demanda-t-il. « Au fait, comment saviez-vous que cela serait dans ce genre d’endroit ? »

« Parce que, y compris celui d’aujourd’hui, c’est la troisième occurrence de cet événement, » répondit-elle.

« Hein !? » s’exclama-t-il

« Il y a environ une semaine... Je me promenais dans l’école et je suis passée par cette zone. En sentant l’odeur du sang, je suis venue jeter un coup d’œil ici... et j’ai trouvé le cadavre d’un chat noir. Par rapport à celui d’aujourd’hui, son apparence était encore plus pitoyable, car tout son ventre avait été ouvert. »

« ... »

Eruru avait parlé avec indifférence. Très probablement, elle avait agi de la même manière qu’aujourd’hui, regardant fixement ce mort.

« Trois jours après ça, j’ai marché ici... Et j’ai trouvé un autre cadavre très similaire, » expliqua-t-elle. « Bien qu’il n’y ait eu aucune blessure externe visible, il avait été probablement empoisonné à en juger par l’odeur étrange provenant de sa bouche. Après ça... un nouveau est apparu aujourd’hui. »

« Qu’est-ce qui se passe ici ? C’est complètement époustouflant... Est-ce que vous me dites qu’il y a un fou dans l’école qui tue avec cruauté les chatons et laisse leurs corps traîner dans cette zone déserte !? Non, attendez une minute... puisque vous êtes venue enquêter, le coupable est-il une créature surnaturelle ? » demanda-t-il.

« Ce n’est pas clair pour le moment, mais une chose est certaine. Il s’agit d’un chat qui a été sacrifié vivant, » dit-elle.

« ... !? » En entendant l’assertion d’Eruru, Hisui regarda à nouveau le cadavre du chat noir.

L’apparence tragique du chaton... sur le sol se trouvant en dessous, d’étranges motifs avaient été creusés.

Un cercle juste assez grand pour entourer le corps du chaton, avec des symboles écrits dedans ainsi que diverses formes ayant un motif triangulaire.

Même sans connaissances spécialisées, la plupart des personnes comprendraient la signification de ce cercle.

Ça devait être... un cercle de magie.

Ce symbole avait été tracé pour faire de la magie.

Le détail très précis qui avait été tracé faisait qu’il était difficile de croire que c’était simplement une sorte de farce.

En outre, le plus alarmant de tous était la façon dont le Cercle Magique avait été dessiné.

L’auteur n’avait pas utilisé un outil comme une branche afin de tracer ces motifs sur le sol. Naturellement, il n’avait pas été dessiné en utilisant la craie comme dans les leçons d’éducation physique.

C’était noir avec une légère nuance de rouge, et une odeur qui flottait dans l’air. Hisui savait déjà ce qui avait été utilisé pour dessiner le cercle.

C’était du sang.

Le sang qui avait légèrement taché le sol de rouge, sculptant le Cercle Magique se trouvant sur le sol.

« C’est complètement insipide. Qu’est-ce que c’est, le sang du chat ? Ou est-ce... ? » demanda-t-il.

« Du sang humain à en juger par l’odeur, » répondit-elle. « Je déteste admettre que je suis en fait assez sensible à tout ce qui concerne le sang, mais cela doit être clarifié. De plus, c’est... »

Eruru avait ramassé une poignée de terre et l’avait dispersée au hasard sur le Cercle Magique.

En tombant, la terre avait recouvert une partie du cercle.

Cependant..., très rapidement, des lignes rouges étaient apparues sur la terre obscurcissant le cercle.

Il était clair que lorsque le sang s’était infiltré dans le sol, et qu’il aurait dû disparaître s’il était recouvert de terre fraîche ou si le sol taché de sang avait été déplacé... mais le Cercle Magique n’avait cependant pas disparu.

« Qu’est-ce qui se passe ici... ce n’est donc pas une blague... ? Se pourrait-il vraiment que cela soit... ? » demanda Hisui.

« Cela ressemble bien à ça... Ça devrait être une sorte de magie. C’est ce qu’on appelle la magie noire, » répondit-elle. « En tout cas, il faut entreprendre des... hé, que faites-vous ? »

Ignorant les appels d’Eruru, Hisui ramassa le chaton mort.

« S’il vous plaît, ne le touchez pas imprudemment ! » demanda Eruru. « À quoi pensez-vous !? »

« À la même chose que vous, » répondit-il.

Hisui avait pointé du doigt les profondeurs de la forêt.

« Après tout, c’est sûr que vous allez l’enterrer, comme les deux précédents. S’il y avait des fleurs dans le coin, j’aimerais bien les offrir, » déclara Hisui.

« Hmm..., » Eruru avait rougi. Elle détourna son visage.

Hisui avait souri avant de faire une tombe juste comme elle l’avait fait avant ça.

À cet instant, le chaton ouvrit les yeux. Ses pupilles dorées brillaient intensément.

Plissant ses yeux dans une ligne droite, le regard du chat sembla percer Hisui.

« Quoi... !? » s’exclama-t-il

« Ceux qui s’impliquent imprudemment dans la voie de la magie seront maudits..., » murmura une voix inconnue.

« Toi..., » s’exclama Hisui.

Le chaton avait vraiment parlé alors qu’il était clair qu’il était mort.

Il n’aurait pas dû être capable de faire le moindre son.

Néanmoins... il avait parlé avec une voix humaine très rauque.

Puis, tout en utilisant ce ton de voix, emprunt d’un mélange de haine et de colère, il continua à parler. « Vous serez maudits... vous serez maudits... »

Cette fois-ci, le chaton avait non seulement parlé, mais il avait également déplacé l’une de ses pattes avant, faisant une égratignure sur le poignet droit d’Hisui.

« Hmm... »

Hisui ne put s’empêcher de le lâcher, laissant tomber le chaton sur le sol.

Et alors que cela arrivait, le chaton ferma les yeux.

Puis il resta par la suite immobile. Le chaton était revenu à l’état d’un mort silencieux.

« ... les deux d’avant, ont-ils aussi parlé ? » Tremblant, Hisui demanda à Eruru, mais elle secoua la tête avec une expression sérieuse.

« ... Non. Rien de ce genre ne s’était produit avant aujourd’hui, » ne répondit-elle.

Ils restèrent silencieux pendant un moment. Hisui frottait la blessure causée par la griffe.

Il semblait que rien de grave ne lui arriverait.

La blessure s’étendait du poignet jusqu’à l’avant-bras. En raison de sa constitution, le saignement s’était très rapidement arrêté.

« ... Serai-je maudit ? » demanda-t-il.

« Je ne sais pas, » Eruru était incertaine.

L’atmosphère gênante leur avait fait perdre l’usage de la parole. Hisui avait tendu une fois de plus la main pour ramasser le chaton.

Mais il semblait que cette fois-ci, il n’allait plus bouger.

« Vous le faites quand même... déjà maudit ? » demanda Eruru.

« Ne dites pas des choses si négatives, » répliqua-t-il. « Et bien... En regardant les choses de son point de vue, il doit vraiment nous détester. Les humains sont tous les mêmes à ses yeux... La suite, je peux m’en occuper seul. »

« Non, je vais également vous aider, » répondit-elle.

Après cela, Hisui et Eruru avaient fait une simple tombe pour le chaton et étaient rentrés à la maison.

En se séparant, Eruru lui dit. « S’il vous plaît, gardez l’incident d’aujourd’hui secret vis-à-vis de la fille qui vit avec vous. Je ne souhaite pas être harcelée par ses questions. »

« D’accord, » répondit Hisui.

« Tôt ou tard, Sudou-san se joindra pour nous aider... Mais pour l’instant, vous ne devriez pas agir seul. Si quelque chose arrivait, signalez-le-moi immédiatement. Compris ? » demanda Eruru.

« ... J’ai compris, » répondit-il.

Puis ils étaient partis chacun dans une direction différente.

Sur le chemin du retour, Hisui s’était soudainement souvenu de certaines paroles de son parent adoptif.

Quand il avait été adopté par Miraluka, alors qu’ils commençaient à vivre dans cette maison, il lui avait demandé... pourquoi vivre ici?

Parce qu’il sentait que les vampires semblaient plus aptes à vivre dans d’anciens châteaux au fond des montagnes.

Après avoir entendu sa question, Miraluka avait réfléchi pendant un moment avant de répondre de la manière suivante. « Eh bien ! Les raisons sont difficiles à décrire. Mais d’abord, c’est parce que c’est plus intéressant. »

« Intéressant ? » demanda le petit garçon.

« Exact. Une personne étrange vit ici, » avait-elle répondu.

« Quel genre ? » avait-il demandé.

« Elle se trouve dans la cité, » répondit-elle.

Arrivée à ce moment-là, elle avait légèrement souri avec une signification profonde derrière son acte. Puis, séparant ses lèvres afin de révéler ses crocs d’un blanc immaculés qui brillaient d’un éclat glacial, Miraluka se pencha et murmura avec douceur à l’oreille d’Hisui.

« Une sorcière vit ici. Et même maintenant, son sang continue de pulser. »

†††

Chapitre 2 : Recette de la Sorcière

Partie 1

« Trop lent ! Que se passe-t-il pour que tu sois arrivé si tard !? » s’exclama Rushella.

... Même s’il s’attendait à cela, dès que Hisui était arrivé chez lui, il avait été confronté aux réprimandes de Rushella.

Elle ressemblait à un sévère dieu protecteur de la porte en se tenant debout à l’entrée avec ses bras croisés.

Pas de réponse, pas d’entrée... voilà le genre d’aura exsudé par Rushella.

« Hmm... c’est juste quelque chose de peu important qui m’est arrivé, » dit-il.

« Et pourquoi ne m’as tu pas poursuivie quand je suis partie !? Si tu savais le nombre de fois que je me suis arrêtée et que j’ai regardé derrière moi, mais je n’ai jamais vu ton ombre, » déclara-t-elle.

« ... Quoi ? N’as-tu pas dit que je ne devais pas te suivre ? Et finalement, tu m’attendais afin que je te suive ? » demanda Hisui.

La question de Hisui avait rendu écarlate le visage de Rushella.

« T-Tais-toi ! Tu es obligé de rester à mes côtés en tout temps ! C’est évident ! » déclara Rushella.

« ... Si ennuyante, » marmonna Hisui alors qu’il avait enlevé ses chaussures et était entré dans la maison.

Il posa son sac et projeta de rentrer directement dans sa chambre quand Rushella l’attrapa par le poignet.

« ... Quoi ? » demanda Hisui.

« Que s’est-il passé à ton poignet ? » demanda Rushella.

Le poignet droit de Hisui était enveloppé dans des bandages médicaux noirs. Ce serait gênant si d’autres voyaient l’égratignure du chat noir, donc il les avait achetés le long du chemin jusqu’à la maison pour couvrir les griffures.

À l’origine, il avait l’intention d’utiliser un protège-poignet à usage sportif qui était plus à la mode, mais la blessure était trop longue pour être couverte par des protège-poignets ordinaires.

Rushella l’avait tout de suite découvert.

« C’est juste une légère entorse, rien de plus, » déclara Hisui.

« Sur ton corps... il y a l’odeur du sang, » demanda Rushella solennellement.

Hisui savait très bien qu’il ne pouvait pas lui cacher des choses de cette nature.

Après tout, en ce qui concerne toute question liée au sang, les vampires étaient des experts.

« Un humain a tué un chaton, alors je lui ai donné quelques derniers rites d’une manière humaine, » déclara Hisui.

« Qu’est-ce que c’est !? Je t’interdis de me cacher quelque chose ! » s’exclama Rushella.

« Je ne te cache rien, » déclara Hisui. « Ce n’est certainement pas du sang humain, ne devriez-vous pas pouvoir le dire par toi-même ? »

« Effectivement. Mais il y a aussi l’odeur de ton sang, » déclara Rushella.

« C’est simplement une petite égratignure quand je me suis foulé le bras droit. Rien de bien grave, » déclara Hisui.

Le fait d’expliquer le chat noir, le Cercle Magique ainsi que le réveil du chat et sa malédiction seraient assez problématiques. Et le fait d’informer Rushella équivaudrait à faire ses adieux à la paix et à la tranquillité. Dans le pire des cas, elle pourrait même le ramener de force jusqu’à l’école.

« ... Eh bien, peu importe. J’ai autre chose à te demander, » déclara Rushella.

« Quoi !? » demanda Hisui.

« Tu as aussi une odeur de femme sur toi..., c’est différent de celle de la fausse... cela provient de cette femme nommée Eruru, » Rushella attira son visage près de la poitrine de Hisui, le regarda dans les yeux et l’interrogea.

« ... Quel est ton sens spécial de l’odorat ? » demanda Hisui. « Je connais bien les vampires grâce à des circonstances indépendantes de ma volonté, mais c’est la première fois que j’entends parler de ce genre de capacité ? »

« Je sais ce que je sais. Et donc, étais-tu avec cette femme ? » demanda-t-elle.

« ... Oui, » répondit-il.

Ce n’était pas comme s’il avait fait quelque chose d’incorrect avec Eruru. De plus, il n’avait aucune obligation de rapporter à cette vampire arrogante tous ceux avec qui il avait été.

Néanmoins, pour une raison inconnue... Hisui ne pouvait pas se résoudre à regarder directement dans ses yeux cramoisis qui se concentraient sur lui.

« La dernière fois, n’es-tu pas allé ensemble à l’hôpital !? » demanda Rushella.

« C’était seulement pour un simple contrôle de routine, » répondit-il. « D’un autre côté, puisque tu es celle qui suce mon sang tous les jours, ne pourrais-tu pas montrer à la place un peu plus de considération pour ma santé ? »

« Qu’y a-t-il de si bien dans ce genre de femme ? » demanda Rushella. « Si courte et si plate, c’est presque comme si elle était une petite enfant ! »

« ... Depuis que je vous ai rencontré toi et Sudou, j’ai réalisé que la silhouette d’une femme n’occupait qu’une fraction extrêmement minime de son charme, » Hisui s’était exprimé avec sincérité.

Il s’agissait de son expérience personnelle.

« Que veux-tu dire par là !? » demanda-t-elle. « N’avais-tu pas pensé que je réaliserais la véritable identité de cette femme !? »

La véritable nature d’Eruru était celle d’un demi-vampire. C’était quelque chose que Hisui n’avait pas encore dit à Rushella.

Il n’y avait aucune obligation de le lui révéler. Ceci comptait également comme l’une des raisons. Mais ce qui était plus important encore, Eruru détestait tellement ses origines qu’il n’était pas approprié de dévoiler son secret.

Selon Eruru, les seules personnes conscientes de ce fait étaient les échelons supérieurs de la Section des Enquêtes Surnaturelles. Apparemment, même Mei n’était pas au courant de ce fait. Cependant, il était possible que ses instincts aiguisés aient déjà pris le dessus.

Quant à Rushella... Elle avait l’air de déjà le savoir.

Les vampires étaient nés avec des yeux enflammés et des pupilles dorées qui leur permettaient de discerner les humains des existences non humaines. Elle avait dû ressentir quelque chose envers Eruru qui avait hérité de la moitié du sang de sa race.

« Si cette femme Sudou s’appelle un faux, alors cette femme devrait être appelée..., » déclara Rushella.

« Ne le dis pas. Je te l’interdis. Si tu le dis, je te détesterais pour ça, » Hisui avait simplement déclaré ça avec indifférence en utilisant son ton caractéristique.

Mais la volonté implacable et inhérente de ses paroles fit que Rushella cessa de parler.

Elle savait que Hisui était quelqu’un qui devenait presque comme une personne différente dans des situations critiques, et ne devrait jamais être sous-estimé.

« Pff, en premier lieu, il n’y a aucun problème au fait d’être aimé ou haï dans notre relation ! » répondit Rushella. « Entre un maître et un serviteur, ce genre de sentiments n’est pas nécessaire ! »

« Ah, c’est donc ainsi ? » demanda Hisui. « Eh bien, je suppose que c’est vrai qu’il ne manque pas de serviteurs qui n’aiment pas leurs maîtres. »

« ... J’ai faim. Alors, va préparer le souper, » déclara Rushella.

« D’accord, d’accord, » répondit-il.

Hisui n’avait pas désobéi à une Rushella mécontente et il s’était immédiatement dirigé vers la cuisine.

Après qu’il n’y eut quasi aucune conversation au cours du repas, Hisui était allé faire la vaisselle après que Rushella fut montée afin d’aller prendre un bain.

Rushella aimait profiter de ces moments-là en prenant son temps ce qui résultait par des bains de longues durées. En attendant qu’elle finisse, Hisui sortit afin de récupérer le linge suspendu qui avait séché, et il commença à les repasser.

À mi-chemin de ses corvées, Hisui défit ses bandages afin d’examiner les griffures du chat.

Ce qui était à l’origine une coupure peu profonde était maintenant une subtile ligne rose. Cependant, en raison de son teint pâle, elles étaient plutôt visibles.

Normalement, cette gravité de blessure devrait disparaître après un certain temps, mais pour Hisui, c’était déjà une situation plutôt inhabituelle.

Ce genre de blessure mineure aurait dû immédiatement guérir.

C’était dû à la constitution de Hisui.

Même des baisers maudits qui ne devraient jamais disparaître jusqu’à ce que le vampire soit détruit étaient instantanément guéris par le corps de Hisui. Mais pour une raison inconnue, la blessure infligée aujourd’hui guérissait très lentement.

« ... Ai-je vraiment été maudit ? » murmura-t-il.

Puis, regardant vers le haut, Hisui soupira, légèrement instable, et continua à repasser.

Il avait hoché la tête avec satisfaction alors qu’il tenait une chemise déployée qu’il avait fini de repasser. À ce moment-là, quelqu’un arracha la chemise depuis à côté de lui.

« Bien joué ! »

Il n’avait nullement besoin de se tourner pour regarder qui s’était. À en juger par la voix et la sensation de chaleur, il savait que c’était Rushella.

Pour elle, les chemises que portait Hisui sous sa veste d’école étaient sa tenue de tous les jours. Dès qu’il avait fini de la repasser, sa chemise était arrachée de ses mains et c’était chaque fois comme ça.

« Dis-moi ! Pourquoi dois-tu tout le temps porter ma chemise !? » demanda Hisui. « Au moins, choisit quelque chose de vieux avec des couleurs délavées, d’accord !? Pourquoi dois-tu continuer à arracher celle que je viens de repasser !? »

« Les vêtements repassés sont plus confortables ! » déclara Rushella. « Et cela serait inconvenant de porter quelque chose de froissé !? »

« Pourquoi faut-il être obtus pour ce genre de chose !? » déclara-t-il. Puis Hisui se tourna vers elle avant de réaliser instantanément son erreur. Car Rushella était encore en train d’ajuster ses vêtements décontractés d’intérieur.

En d’autres termes, jusqu’à présent, elle n’avait été vêtue que d’une serviette de bain.

Puis après avoir jeté cette serviette sur le côté, elle était dans le merveilleux moment de son habillage.

Ses seins voluptueux et la région secrète au-dessous de sa taille étroite sortaient de sa chemise boutonnée.

« Regarder t’est interdit... !! » cria-t-elle.

Des coups de poing sans raison avaient bombardé le visage d’Hisui telle une pluie, l’enfonçant dans le sol.

« Qu’est-ce que tu fais !? C’est ta propre faute, car tu te changes tout à coup juste à côté de moi ! » Hisui avait formulé des objections.

Il avait l’intention de se lever et de défendre contre cette injustice... mais ne pouvait pas se lever.

Rushella le maintenait contre le sol et attira son visage près du sien.

Ses gigantesques seins, pressés contre la poitrine de Hisui, semblaient désespérément appeler l’attention sur sa taille et sa souplesse.

Combiné avec le parfum savonneux d’une beauté fraîchement sortie du bain, ainsi que l’odeur émanant de ses cheveux humides, les pensées de Hisui avaient été projetées dans un complet désordre.

« Pourquoi es-tu assise sur moi ? » demanda Hisui.

Le fait de repousser le corps glamour de Rushella n’aurait pas été particulièrement difficile pour lui.

Même s’il était sûr de subir une contre-attaque du vampire après le coucher du soleil, mais à part ça... pour une raison qu’il ne comprenait pas, Hisui ne pouvait pas lui résister.

« ... Si je déplace mon corps, tu ne vas pas arrêter de me regarder, » déclara Rushella. « Ne crois-tu pas que je remarquerais que tu me regardes en train de sortir de mon bain ? »

« Tu ne portes rien d’autre qu’une serviette dans le bain, et pour ce qui est des vêtements, tout ce que tu as c’est ma chemise drapée sur toi, » déclara Hisui. « Et après tout, je crains que tu puisses attraper un rhume. Tu devrais te dépêcher et me remercier pour mes soins et mon intérêt que je te porte, qui sont même plus vastes que l’océan. »

« Qui sait si c’est vrai ou non ? » demanda Rushella.

Rushella évita le regard de Hisui, mais pressa contre lui son corps avec encore plus de force.

Afin d’empêcher Hisui de s’échapper, elle emmêla ses jambes fines et agiles autour des jambes de Hisui.

« Hmm... N’est-il pas temps de me libérer ? » demanda Hisui.

« Le club... ne peux-tu pas le sauver ? » demanda Rushella.

« Hein !? » Face à l’attitude de soudaine supplication de Rushella, Hisui fut pris de court pendant un instant.

Rushella tourna la tête sur le côté de la poitrine de Hisui, évitant son regard.

Puis, tout en faisant la moue, elle avait continué. « Comme cette femme arrogante l’a dit, toutes sortes de choses devaient être faites correctement... Mais si nous faisons tout cela, alors le club peut-il continuer ? »

« ... »

« Pourquoi ne pouvait-elle pas fermer les yeux et oublier notre cas ? » demanda Rushella. « Je déteste cette femme. » Puis, marmottant à plusieurs reprises pour elle-même, Rushella commença à tracer des cercles sur la poitrine de Hisui avec son doigt.

L’anxiété pouvait être ressentie dans les mouvements de ses doigts, vu que son ongle l’avait légèrement égratigné de temps en temps.

« Pourquoi es-tu si obsédée par le club ? » demanda Hisui. « Veux-tu autant découvrir ton passé ? Tu sais, je vais également t’aider même sans ça ! Même s’il y a de la force quand on est plus nombreux, n’oublie pas que Sudou a ses propres affaires à régler, et Kariya... doit donner la priorité aux affaires liées à la Section des Enquêtes Surnaturelles. Et en fonction de la vérité présente dans ton passé... Elle pourrait finir par devenir ton ennemie. »

« ..., » Rushella avait probablement déjà compris cela au plus profond de son cœur.

Eruru avait déjà essayé de la tuer à un moment donné.

Même si les soupçons étaient dissipés pour le moment, dès que Rushella aspirerait le sang d’un humain en dehors de Hisui, ce membre de la Section des Enquêtes Surnaturelles la viserait sûrement sans hésitation avec cette arme chargée de balles d’argent.

Le fait de regarder le passé de Rushella n’était finalement qu’une partie de son enquête. C’était seulement dans le but d’établir une politique appropriée face à la menace du vampire de classe « Véritable Ancêtre », Rushella Dahm Dracula.

« ... Je ne me soucie pas vraiment de ça, » déclara Rushella. « Oui, je veux récupérer mes souvenirs, mais le fait d’être impatiente n’aidera pas. D’ailleurs, en premier lieu, je n’ai jamais voulu compter sur ces personnes-là. »

« Alors pourquoi veux-tu un club ? » demanda Hisui.

« Je n’ai pas encore décidé... mais je veux le faire, » répondit-elle.

« Faire quoi ? » demanda Hisui.

Rushella était devenue silencieuse.

Puis elle avait enterré son visage contre la poitrine de Hisui.

« Excuse-moi... Rushella ? » demanda-t-il.

« Les personnes qui rejoignent les clubs... elles ont toutes l’air très heureuses, » avoua-t-elle.

« Hein !? Bien sûr, les étudiants rejoignent les clubs en raison de leur intérêt, » déclara Hisui. « Même si les horaires de pratique des clubs sportifs pouvaient être assez difficiles... Cependant... cela compte toujours comme une satisfaction au milieu des difficultés, n’est-ce pas ? »

« En d’autres termes... Ils s’engagent dans la “jeunesse”, n’est-ce pas ? » demanda-t-elle.

« Hein... !? » s’exclama Hisui.

Le terme prononcé par Rushella rendit les yeux de Hisui écarquillé par la surprise. Ce terme était clairement la dernière chose que l’on associerait aux vampires.

« Qu’est-ce que c’est que ce regard, des objections !? » demanda-t-elle.

« Non non non... Je ne m’attendais jamais à ce que tu dises quelque chose comme ça si ouvertement, » déclara Hisui. « Qu’est-il arrivé, as-tu été influencée par les dramas scolaires que tu as vus à la télévision ? »

« Tu es ennuyeux, tais-toi ! » s’exclama Rushella. « Je n’ai rien dit de mal ! Pour les personnes de ton âge, la “jeunesse” est indispensable !! »

« Oui, eh bien, pour ainsi dire..., » déclara Hisui.

Basé sur la définition du dictionnaire, c’était fondamentalement correct. Quant à savoir si elle s’appliquait aux faits, c’était ouvert aux débats.

« Qu’est-ce que ça fait dans ce cas que... même quelqu’un comme moi, euh... Aimerait profiter de cette “jeunesse” avec délectation ! » déclara-t-elle.

« En vérité, je ne sais même pas quel âge tu as maintenant ! » déclara Hisui. « Peu importe comment tu le regardes, il ne serait pas surprenant si tu avais plus d’un siècle d’existence. Pour toi, la jeunesse s’est probablement envolée il y a longtemps tel un oiseau pour ne plus jamais pouvoir revenir... »

Hisui essayait de montrer des images poétiques, mais il découvrit que Rushella le dévisageait dès qu’il eut fini.

« Ah... Au fait, tu n’as toujours pas... expérimenté la jeunesse, n’est-ce pas ? » demanda-t-il.

Plus précisément, elle n’avait pas de souvenirs de sa jeunesse.

Peut-être était-elle en effet centenaire, ou même plus ancienne que cela.

Pour Rushella qui n’avait pas de souvenirs, le présent était tout ce qu’elle avait.

Ce qu’elle possédait était uniquement la période d’un mois qu’elle avait connue après avoir rencontré Hisui, ainsi que l’âge mental qui correspondait à son apparence d’adolescente.

Pour cette raison, le fait de voir d’autres personnes dans son groupe d’âge qui participait avec enthousiasme aux activités du club l’avait particulièrement affectée.

Ce passé qu’elle avait déjà goûté alors qu’elle essayait de retrouver des souvenirs perdus, elle avait voulu créer ses propres souvenirs de jeunesse.

Hisui avait fondamentalement compris ses intentions, et avait commencé à se gratter la tête avec impatience.

« Très bien, je l’ai compris. Je vais faire de mon mieux, d’accord ? » demanda-t-il.

« Vraiment !? D’accord, comme c’est obéissant de ta part ! » Les yeux de Rushella brillaient instantanément de joie.

Tandis qu’elle était encore de bonne humeur, Hisui décida de revenir sur la question qu’il avait posée depuis qu’il était entré dans cette position... Ou plutôt, depuis qu’il avait commencé à vivre avec elle.

« Dis-moi..., » commença-t-il.

« Quoi ? » demanda-t-elle.

« Jusqu’à maintenant, je ne t’ai pas posé cette question, » commença-t-il. « En fait, je ne pense pas que ce soit actuellement le meilleur moment, mais... »

« Qu’essayes-tu de me dire là ? Si tu as une question, sors là, et arrête de bégayer ! » rugit-elle.

« ... As-tu déjà porté correctement des sous-vêtements ? » demanda-t-il.

L’expression de Rushella se gela.

Hisui fit de son mieux pour éviter de regarder son visage alors qu’il se rappelait tout ce qui s’était passé jusqu’à présent.

Étant donné que les chemises qu’elle portait comme vêtements d’intérieur étaient blanches, il était naturellement assez facile de les voir.

Néanmoins, peu importe combien il regardait fixement, il ne pouvait jamais entrevoir ce tissu insaisissable, mais ô combien hypnotisant.

Les seules images reflétées dans ses yeux étaient les courbes voluptueuses de ce corps sexy.

Depuis le jour où il avait commencé à vivre avec elle, Hisui avait été consumé par ce doute présent dans son cœur, alors cela pourrait être possible que...

Plus important encore, quand elle avait mis tout à l’heure la chemise, elle avait quitté le bain vêtue de rien d’autre qu’une serviette.

Basé sur le bon sens... Que ce soit en haut ou en bas, elle ne devrait donc rien porter en ce moment.

« ... Pourquoi ne me réfutes-tu pas ce que je dis ? » demanda-t-il. « Pourrais-tu être réellement... »

« T-Tais-toi, et quelle importance !? » déclara-t-elle. « N’es-tu pas à moitié nu après avoir pris un bain ? D’ailleurs, tu ne peux rien voir pendant que je porte une chemise... Eh bien, c’est de ta faute si tu me regardes comme ça, alors c’est toi qui as tort !! » Rushella avait soutenu cette discussion avec son visage devenu tout rouge.

Alors qu’il trouvait sa réaction exactement comme prévu, Hisui leva les yeux vers le haut et regarda le plafond.

« Dis, j’ai entendu dire que les femmes ne portent généralement pas de soutien-gorge pour dormir, alors ce n’est pas un problème pour moi... Aussi longtemps que tu le portes quand tu es à l’école ou quand tu sors, » déclara Hisui.

Rushella frissonna après avoir entendu ces paroles et tourna sèchement son visage pour éviter le regard de Hisui.

« Voyons... cela ne peut être que ça !? » murmura Hisui.

Sans répondre, elle comptait simplement sur ses doigts et regarda encore une fois vers Hisui.

« ... C’est bon, ce n’est pas grave ! » déclara-t-elle.

« Que veux-tu dire par, c’est bon !? » demanda Hisui. « Qu’est-il arrivé... ? Combien de fois quoi !? Est-ce le nombre de fois où tu es allée à l’école sans porter de sous-vêtements !? »

« Enterrons le passé..., » déclara-t-elle.

D’une manière inhabituelle, Rushella n’avait pas bruyamment rétorqué, mais à la place, elle avait regardé en avant tout en restant silencieuse.

« ... J’essaye de t’aider dans la vie scolaire, mais c’est un domaine que je ne peux pas vraiment t’aider... alors, s’il te plaît, tu devrais y faire attention par toi-même, » déclara Hisui.

« Tellement ennuyeux ! Alors, tais-toi ! » déclara Rushella.

Rushella avait crié et avait levé son poing au-dessus de sa tête. Elle s’était ensuite levée du corps de Hisui, et elle était sur le point de le battre comme à son habitude.

Mais cet acte était devenu le début de la tragédie.

Pour Hisui, à savoir...

La chemise de Rushella... était encore déboutonnée.

Si elle avait maintenu la position précédente où elle était serrée contre lui, il aurait encore été possible de dissimuler ses zones sensibles.

Mais maintenant... C’était juste une chemise drapée sur ses épaules.

La poitrine voluptueuse de Rushella était non voilée devant les yeux de Hisui, sautant pleinement dans son champ de vision.

Des gouttelettes d’eau du bain étaient encore présentes sur son corps. Elles coulaient sur sa peau blanche immaculée, ruisselaient le long des bourgeons floraux de ses seins, et finalement, elles tombaient sur le front de Hisui.

« HU-Ummm..., » murmura-t-il.

« I-Insolent valet... !! » Rushella le battait sans pitié avec ses deux poings tout en criant.

Des plaques rouges avaient commencé à fleurir sur le visage de Hisui.

« A-Attends une minute... Mets d’abord tes vêtements ! » cria Hisui. « Boutonne-toi aussi ! Ils tremblent... Pendant que tu me frappes, ils tremblent sans arrêt ! »

« Tu es tellement ennuyeux, tais-toi ! Et le fait de me regarder t’est interdit... !! » cria-t-elle.

« Je parle de tes..., » répliqua Hisui.

Alors que les cris et les gémissements de Hisui retentissaient dans le salon, Rushella ignora ses protestations.

Après cela, inutile de dire qu’elle avait bu le sang de Hisui pour se réhydrater après son bain.

†††

Partie 2

« ... Sur la base de ce qui précède, ma vie est actuellement en péril, alors ne pouvez-vous pas réfléchir à un moyen d’aider ? » Tout en affichant une expression lugubre, Hisui suppliait Kirika qui était en train d’arroser les plates-bandes de fleurs. Il avait vraiment l’air pitoyable.

« De quoi parlez-vous si soudainement ? » demanda-t-elle. « Quelque chose est-il arrivé ? »

« ... Rien, » répondit-il.

Tôt le matin, Hisui était allé voir Kirika. La fatigue et la faiblesse étaient écrites sur tout son visage. Son visage androgyne était également couvert de blessures dues aux coups reçus.

Rushella était vraiment en colère hier, et vu que la nuit était le meilleur moment possible pour les activités des vampires, son calvaire avait duré un certain temps.

Grâce au rétablissement surhumain de Hisui, la plupart des hémorragies internes avaient rapidement guéri, mais la douleur des contusions persistait encore dans son corps et elle était incapable de se dissiper.

S’il devait laisser son sang être aspiré le matin conformément à sa mission quotidienne, ce serait certainement trop dur à supporter. Par conséquent, Hisui se leva avant que Rushella se réveille, laissant le petit-déjeuner et une note derrière lui, avant de quitter la maison seul.

« Senpai, vous devez sûrement arriver tôt ici. Est-ce que tout le conseil des élèves est comme ça ? » demanda Hisui.

« Bien sûr que non ! Je suis la seule personne du conseil qui agit ainsi, » répondit-elle. « Même si les autres arrivent tôt, ils ne le font qu’en raison de leurs activités de clubs. Ils viennent à l’école tôt à cause de la pratique du matin, puis ils utilisent le bureau du conseil des élèves comme leur zone de stockage, et disparaissent... Fondamentalement, c’est comme ça que cela fonctionne. »

Kirika avait continué à arroser les plates-bandes sans interruption alors qu’elle parlait.

Après avoir fini un carré, elle passa au suivant. Chaque fois qu’elle avait trouvé des signes évidents de mauvaises herbes, elle les avait également arrachées.

Bien que Hisui ne sache pas grand-chose du jardinage, il pouvait dire à travers les actions de cette vice-présidente qu’elle connaissait non seulement les plantes, mais elle les aimait aussi profondément. Sans se soucier du fait que ses mains blanches et pâles soient souillées de terre, Kirika accomplissait un travail de jardinage avec un dévouement total.

« Serait-ce que le fait d’arroser tous les parterres de fleurs de l’école... ? Est-ce que c’est une chose que vous faites seule ? » demanda-t-il.

« Tout à fait, » répondit-elle. « C’est une bonne chose pour l’école d’avoir des fleurs qui poussent partout, mais les concierges sont trop occupés. Et comme il n’y a pas de budgets supplémentaires pour embaucher plus de personnel, la prise en charge des plantes a été confiée au conseil des élèves. »

« ... Eh bien ! Pourquoi est-ce seulement vous qui le faites ? N’est-ce pas trop fatigant ? » demanda Hisui.

« C’est parce que personne d’autre ne veut le faire, » s’exclama Kirika, boudeuse, continuant à s’immerger dans le travail.

En la regardant ainsi, Hisui se souvient de l’une des rumeurs que sa voisine en classe, Sera Reina, lui avait dites.

Kirika Uno, qui agissait encore plus souvent que le véritable président, avait été ostracisée par les autres membres du conseil des élèves. Ils étaient sûrs que leurs relations avec elle étaient plutôt mauvaises.

Alors que Kirika s’était immergée dans le travail du conseil des élèves avec une grande ferveur, les autres membres du conseil avaient simplement accompli leurs tâches avec un minimum d’efforts, ce qui avait entraîné un énorme conflit.

« Ça doit être dur pour vous, » déclara Hisui.

« Tout ceci est mon propre choix, » répondit-elle. « D’ailleurs, n’ai-je pas atteint cette position qu’à travers les votes de tous les autres ? Si je ne voulais vraiment pas le faire, j’aurais abandonné depuis le début. En outre... »

« En outre ? » demanda Hisui.

« ... Rien ! Ça ne vous concerne nullement, » bien que Kirika ait froidement refusé de répondre, Hisui pouvait deviner à peu près quelle était sa raison non prononcée.

Il s’agissait également d’une rumeur qu’il avait entendue de la part de Reina.

Cette fille responsable et talentueuse qui avait toujours strictement respecté les règles de l’école et la discipline... elle avait agi de cette façon pour une raison très simple.

Parce qu’elle aimait l’école.

Par conséquent, elle avait accompli les devoirs du conseil des élèves plus sérieusement que quiconque.

Mais par conséquent, elle était une redoutable adversaire.

« ... Alors ? Avez-vous d’autres affaires à voir avec moi ? » demanda-t-elle.

« Haha, eh bien... Pour le club, pourriez-vous montrer un peu de clémence... ? » demanda-t-il.

« Plutôt que de venir me parler, ne devriez-vous pas à la place trouver un professeur ? » demanda-t-elle. « Car après tout, un conseiller pour le club est essentiel. »

« ... Vous avez raison, » dit-il.

« De toute façon, quel genre de club voudriez-vous faire ? » demanda-t-elle.

« ... Je suppose qu’on pourrait appeler ça, le club de recherche occulte, » dit-il.

Ce fut le résultat après une nuit de contemplation agonisante.

Après tout, étant donné le groupe de non-humains présents, ils appartenaient plus ou moins à ce qui avait trait à l’occulte.

Il y avait une vampire, une humaine artificielle et une demi-vampire, et sans oublier lui qui avait une constitution inhabituelle qui l’empêchait de se transformer en vampire.

« Que me sortez-vous là !? » s’exclama-t-elle. « Pensez-vous vraiment que l’école approuvera quelque chose d’aussi peu scientifique ? »

« ... Mais c’est la vérité, » il déclarait ça avec désinvolture, mais se retrouva face à un refus catégorique. Pourtant, il s’était déjà attendu à ce résultat.

« Ah... Mais je pense qu’il en existait un avant. Mais c’était juste un groupe de passe-temps non officiel, » déclara Kirika.

« ... Vraiment ? » s’écria Hisui.

Les yeux de Hisui s’étaient illuminés comme s’il avait été frappé par une soudaine inspiration.

Hier, il avait entendu parler par Eruru à propos de créatures surnaturelles errantes dans la zone, et il avait été témoin d’un rituel de malédiction.

C’était un peu exagéré, mais il avait l’impression qu’il y avait une sorte de lien entre toutes ces choses-là.

« Cependant, je ne connais pas vraiment les détails, » déclara la jeune femme. « Ce sont des légendes urbaines... Ou devrais-je plutôt dire que se sont d’étranges rumeurs présentes dans l’école. Cela doit probablement compter comme l’une des sept merveilles de nos écoles... le club de recherche occulte cherchait à résoudre le mystère de la “sorcière”... C’était peut-être quelque chose comme ça, non ? »

« Sorcière !? » s’écria Hisui.

En l’entendant déclarer ce terme, Hisui s’était involontairement rapproché de Kirika.

Instantanément, leurs visages se touchèrent presque, et ils pouvaient sentir le souffle de l’autre. Puis une expression de peur passa momentanément sur le visage de Kirika alors qu’elle repoussait rapidement Hisui.

« ... Ne vous approchez pas si soudainement de moi ! » s’écria Kirika.

« Ah... Désolé, » déclara Hisui.

En la voyant effrayée, Hisui recula tout en restant silencieux. L’étudiante aînée qui semblait d’habitude si puissante et intimidante pour les autres parlait actuellement avec une telle docilité..., quelle inhabituelle jeune fille !

À ce moment-là, une autre rumeur qu’il avait entendu de Reina avait fait surface dans sa mémoire.

Elle détestait énormément les garçons, surtout les faibles.

« Ce club de recherche occulte... n’est après tout qu’une rumeur. Une rumeur datant d’avant la reconstruction de l’école, » déclara Kirika.

« ... ? » Hisui resta sans voix.

« Ne le saviez-vous pas ? » demanda Kirika. « Juste avant que je m’inscrive, notre lycée venait de subir un remodelage et une reconstruction à grande échelle. En conséquence, la disposition actuelle des bâtiments est très différente d’avant. Grâce à ça, que ce soit les Sept Merveilles ou le Club de Recherche Occulte ou tout autre genre de rumeurs ineptes ont pratiquement toutes été effacées de la surface de cette école. »

« Je vois... Voilà pourquoi je n’en ai jamais entendu parler, » déclara-t-il.

« Si cela vous intéresse, demandez à votre professeur principal Horie-sensei. Elle est probablement la personne la plus âgée de cette communauté, » conseilla Kirika.

« Vraiment..., » dit-il.

On aurait dit que le professeur de petite taille à face d’enfant avait un côté méconnu.

« N’avez-vous plus rien à me dire ? J’ai encore d’autres tâches dont je dois m’occuper. Je voudrais terminer l’arrosage avant l’assemblée du matin. » En disant cela, Kirika s’était chargé du désherbage des plates-bandes.

Puis Hisui s’était joint à elle.

« ... Qu’est-ce que vous faites ? » demanda-t-elle. « S’il vous plaît, ne vous approchez pas si près de moi, d’accord ? »

« Je vais vous aider. Cela ne va-t-il pas vous salir les mains ? » demanda-t-elle. « Regardez, elles sont déjà sales. »

« ... »

« N’avez-vous pas fini d’arroser ? Pourquoi ne faites-vous pas en premier les autres places ? » demanda-t-il.

Et sans attendre que Kirika réponde, Hisui s’agenouilla et se mit au travail.

« Même si vous faites ça... Ne pensez surtout pas que je vous ferais la moindre faveur, d’accord ? » déclara Kirika. « Il n’y a plus rien à discuter concernant votre club. »

« Dès le départ, je ne m’attendais pas à ce que cela fasse le moindre changement, » répondit Hisui, imperturbable, se concentrant sur la tâche à accomplir.

Kirika le fixa un moment, puis pointa du doigt les bandages se trouvant sur son poignet et demanda.

« ... Qu’est-il arrivé à votre poignet ? » demanda Kirika.

« Une blessure mineure, rien de plus, » répliqua Hisui.

« ... Méfiez-vous de l’infection. Vous devez tout le temps vous laver les mains correctement, » déclara Kirika.

« Vous ressemblez vraiment à une infirmière scolaire, » déclara Hisui tout en souriant.

En entendant cela, Kirika se mit à rougir.

Alors qu’Hisui prévoyait de continuer à travailler, il entendit des pas mécontents.

« Je t’ai finalement trouvé ! Comment oses-tu échapper à tes devoirs du matin et t’enfuir en me laissant seule !! »

« Merde... ! » s’exclama-t-il.

Après s’être retourné, il trouva Rushella debout derrière lui alors qu’elle tenait un parasol.

Puis, se précipitant dans un accès de colère, elle attrapa Hisui par-derrière et le souleva par ses aisselles.

« Hier, tu m’as quitté, et encore aujourd’hui, pourquoi !? » demanda Rushella.

« C’est une longue histoire..., » répondit Hisui.

« Tellement ennuyeux ! Tais-toi ! » s’exclama Rushella.

Rushella ignora les efforts d’Hisui pour s’expliquer et elle fit avancer ses lèvres vers le cou d’Hisui.

Ses devoirs du matin... En d’autres termes, la période pour aspirer son sang allait se dérouler à l’école.

« Hé, attends, considère d’abord la situation ! » s’exclama Hisui.

Naturellement, Rushella ne pouvait pas être arrêtée, d’où ses lèvres rouge vif pressées sur le cou de Hisui.

Puis elle avait dévoilé ses crocs et s’était préparée à mordre.

Hisui hurla frénétiquement. « J’ai dit stop ! Senpai nous regarde !! »

« Mmmm... Qu’est-ce que vous regardez !? » demanda Rushella.

« Le méchant lance-t-il des accusations en premier !? » s’exclama Hisui.

Hisui regarda Kirika d’un air coupable... Comme prévu, elle le regardait avec dérision.

« Les devoirs du matin, hein ? Donc vous faites cela tous les jours ? » demanda Kirika.

« Oui ! Même si ce type hurle toujours et se plaint tout en résistant au début. Mais il cède toujours et devient docile à la fin ! » répondit Rushella.

« Arrête d’utiliser une description si facilement mal comprise... Finalement, tu me retiens toujours par la force, non !? » s’exclama Hisui.

« Dans ce cas, pourquoi ne verrouilles-tu pas ta porte ? En vérité, tu as hâte que j’arrive auprès de toi, n’est-ce pas !? » demanda Rushella.

« Parce que si je verrouille la porte, c’est la porte qui subira un triste sort... Il n’y a donc pas d’échappatoires pour moi, » répondit Hisui.

Hisui grogna d’une voix trop assez faible pour que seule Rushella l’entende, puis il regarda de nouveau Kirika avec une certaine appréhension.

Le dégoût présent sur son visage n’avait pas besoin d’explication, et son regard était comme si elle regardait quelque chose de sale.

« ... Vous deux êtes vraiment entichés l’un de l’autre, » s’exclama Kirika. « Donc, en voulant créer un club, comptez-vous aussi faire ce genre de chose à l’école ? »

« Oui, c’est exact, » répondit Rushella. « J’ai toujours l’envie de sucer qui revient de temps en temps. Avec une salle de club, je n’aurai pas besoin de me soucier de tant de choses... »

« Idiote..., » déclara Hisui.

La déclaration de Rushella révélait son identité secrète.

Hisui couvrit frénétiquement la bouche de Rushella avec ses mains, mais Kirika avait déjà cessé de regarder dans leur direction.

« Je suis désolée, vous n’avez droit ni au budget ni à la salle de classe. Si vous voulez le faire, s’il vous plaît, faites-le en dehors de l’école, » puis elle était partie sans regarder en arrière.

Hisui soupira alors qu’il se grattait la tête.

« Tu es vraiment... venue ici et tu as tué tout espoir, » déclara-t-il. « On dirait que la question est scellée... Je pense que même si nous faisons maintenant tout correctement, la demande sera directement rejetée. »

« Arrête de t’en faire, » répondit Rushella.

« Je dis que tout ça, c’est de ta faute... Hé, pourquoi tu commences à sucer mon sang ! Hé ! Ça fait mal, arrête ça..., » déclara Hisui.

Les cris de Hisui résonnèrent jusqu’à ce que finalement, Rushella ayant bu ce qu’elle voulait, elle le jeta au sol.

Puis, incapable au début de bouger, il attendit un moment avant de retourner en classe tout en appuyant une main contre son cou.

Il ne s’en était pas rendu compte, mais une silhouette regardait chacun de ses mouvements depuis l’ombre.

***

« Bon ~ Cher étudiant, s’il vous plaît, faites attention. Essayez de ne pas vous blesser pendant que vous travaillez ~, » Jyuri Horie qui était leur enseignante principale conseillait aux étudiants de travailler avec sa voix mignonne.

La classe de Hisui avait l’économie domestique pendant les périodes trois et quatre et ils étaient en plein dans un cours de cuisine.

Jyuri était elle-même une professeur d’histoire mondiale. Si l’on demandait pourquoi elle se tenait devant le pupitre, un bandana autour de la tête, vêtue d’un tablier, c’était parce que le professeur d’économie domestique était soudain tombé malade et était au lit chez lui.

Dans la classe d’économie domestique entièrement équipée, les étudiants s’étaient formés en groupes de quatre ou cinq, travaillant sur les tâches culinaires assignées.

Même si c’était considéré comme un cours, on avait toujours eu l’impression qu’il y avait beaucoup d’occasions de se relâcher.

Chaque fois qu’ils avaient eu cette leçon, les étudiants avaient bavardé joyeusement pendant qu’ils travaillaient devant leur plan de cuisine.

La classe de Hisui n’était naturellement pas une exception. Cependant, puisque les fruits de leurs labeurs d’aujourd’hui serviraient de repas pou midi, tout le monde faisait un effort un peu plus important quant à la cuisine.

... Tous, sauf une personne.

« Bien bien, tout le monde montre de l’enthousiasme, très bien ! » s’exclama Rushella.

« ... Hé toi, dépêche-toi de venir aider ! » En entendant Rushella qui se tenait sur le côté et qui agissait sévèrement comme un commandant, Mei ne put pas s’empêcher de rétorquer face à ça.

Sachant que de tels mots étaient futiles, Hisui se concentra simplement sur l’épluchage des pommes de terre sans rien dire. La représentante de la conscience collective de la classe, Sera Reina ne savait que faire et son regard oscillait entre les deux alors qu’elle était très embarrassée.

« D’ailleurs, tu n’es même pas dans notre groupe. Les groupes sont mixtes selon le sexe et en fonction du nombre d’étudiants. Alors pourquoi es-tu encore là ? » demanda Mei.

« Quelqu’un a accepté volontiers d’échanger avec moi. Y a-t-il un problème ? » demanda Rushella.

« Oui, n’aurais-tu pas à coup sûr utilisé tes Yeux Mystiques ? » demanda Hisui.

Hisui regarda un garçon dont les yeux étaient encore vitreux.

Cet étudiant était à l’origine dans le même groupe que Hisui, mais avait fini par se faire attraper par Rushella et avait ensuite échangé sans rien dire avec un autre groupe.

« Franchement, est-ce que c’est correct de la laisser faire ce qu’elle veut ? » Mei se rapprocha de Hisui et parla assez faiblement pour ne pas être entendue par les autres.

« ... Bien sûr que non. Mais laisser cette fille aller avec d’autres groupes serait encore plus terrifiant, » répondit-il. « Puisque Kariya n’est pas dans notre groupe, si une situation critique se présente, seulement toi et moi pouvons aider à la désamorcer. Ne laissons pas la représentante de classe découvrir ce secret. Alors je compte sur toi. »

« Pas de problème, » répondit Mei. « Dans ce cas, c’est notre tâche partagée, hehe !? »

« On dirait que je suis tombé dans une sorte de piège. Quoi qu’il en soit, pourrais-tu m’aider à couper les légumes ? » demanda Hisui.

« Bien sûr, » répondit Mei.

Hisui avait fini de peler et les deux étudiants avaient commencé la découpe des légumes.

Pour Hisui qui avait pris en charge la cuisine à la maison, ce genre de travail était tout simplement du gâteau. Et en raison de la façon dont Mei manipulait le couteau de cuisine pour trancher les légumes, elle était clairement qualifiée.

« Eh... Comme c’est inattendu, » déclara-t-il.

« Oh ! Mon Dieu, qui penses-tu que je suis ? » demanda Mei. « En tant que dernier modèle de poupée gonflable et humaine artificielle, dans le but de satisfaire tous les désirs masculins, que ce soit des formules secrètes afin d’éveiller ta moitié inférieure ou le tablier nu, tout cela fait partit des équipements standards. »

« Euh désolé ! J’espère sincèrement que tes fonctions restent scellées pour toujours, » déclara Hisui.

« Hé ! Vous deux, là-bas ! Vous tenir si proche vous est interdit, » Rushella se faufila entre eux. « Pas de bavardage, au travail ! »

« Hé, attention là... Je tiens en ce moment un couteau... ! » s’exclama-t-il.

Même si Hisui était au courant, il réagissait encore un peu trop lentement. Après avoir été poussé par Rushella, son index avait été coupé par le couteau de cuisine.

« Outch..., » s’exclama-t-il.

« Est-ce que tu vas bien, Hi-kun ? Hé ! Vous là, faites attention à la situation ! » Réprimandée par Mei, Rushella se retira avec une expression contrite.

« Kujou-kun, allez-vous bien ? Dois-je aller le dire à l’enseignante afin d’obtenir un pansement pour vous ? »

Reina, qui était en train de préparer le chaudron pour le ragoût, s’était dépêchée de venir auprès de lui, très inquiète.

Bien que le doigt de Hisui ait été coupé, compte tenu de sa constitution, ce n’était pas une grosse affaire.

« Ah... ça va vraiment bien, » répondit-il. « Dans un moment, ça va automatiquement... »

Hooooo.

Avant qu’il puisse finir sa phrase, Hisui sentit le bout de son doigt se faire envelopper par des lèvres moites et douces.

Alors que des gouttes de sang s’échappaient de ce doigt, Rushella les aspirait lentement dans sa bouche. Alors qu’elle soutenait son poignet avec ses fines mains, ce n’était même pas une légère morsure, mais une douce succion.

« Hé... !? » s’exclama-t-il.

†††

Partie 3

Ne suce pas du sang dans ce genre d’endroit — était ce qu’il voulait dire, mais à la fin, il l’avait laissée faire sans rien dire.

Rushella n’avait pas fait sortir ses crocs comme à son habitude, mais avait caressé simplement son doigt en douceur avec ses lèvres et avec l’intérieur de sa bouche.

Tout en étendant sa langue comme pour chercher sa blessure, elle caressa avec une grande légèreté dans le toucher.

Puis, elle avait alors prélevé du sang ou plutôt, elle suçait en ce moment du sang seulement afin d’apaiser la douleur causée par la blessure.

Avec la constitution particulière de Hisui, ce genre de blessure commencerait immédiatement à guérir.

Mais en ce qui concernait la douleur, depuis le moment où la blessure avait été faite jusqu’à son rétablissement, il n’était pas différent d’une personne ordinaire.

Rushella aspirait des quantités infimes de douleur et de sang entre le bout de sa langue et ses lèvres.

Comme s’ils étaient hypnotisés par la faible lueur cramoisie de ses yeux, tout le monde dans les environs se tenait immobile. 

Enveloppé par cette atmosphère calme, seul le son de la langue et des lèvres léchant le doigt d’Hisui avec une tendre affection retentit dans la pièce. 

Très vite, le bref rendez-vous galant, mais précieux avait pris fin. Avec un léger coup de langue, Rushella écarta ses lèvres du doigt de Hisui.

La blessure ayant disparu, Rushella compléta tout ça avec un léger baiser sur le doigt nouvellement baptisé.

« C’est bon maintenant, » déclara Rushella. « Je t’ai aidé à arrêter le saignement. Tu devrais te sentir honoré. En outre, tu n’es pas autorisé à saigner avec insouciance. Le sang de tout ton corps, chaque goutte m’appartient ! »

« M-Merci beaucoup..., » c’était clairement de la faute de Rushella, mais d’une manière ou d’une autre, il avait fini par la remercier, alors que son cœur battait la chamade.

Mais dans l’instant suivant, il retrouva ses sens et examina frénétiquement les environs... Le reste de la classe se détourna l’un après l’autre alors qu’ils étaient tous embarrassés.

Pour une raison inconnue, quelques garçons étaient courbés vers l’avant. Et les filles cachaient leurs joues rougissantes.

Même Eruru... n’était pas une exception. Mei avait également affiché un visage plein de lamentations.

« ... Quel mouvement ! On dirait qu’elle me bat légèrement quant aux compétences avec une langue, » commenta Mei dans un murmure.

Et puis, Reina, celle qui représentait la conscience collective de la classe avait murmuré de façon inintelligible avec son visage qui rougissait intensément. « C-C’est... c’est cette chose, non ? Alors... à l’étranger, est-ce très commun ce genre de chose, non ? »

« ... J’imagine que oui, » dans un éclair d’inspiration, Hisui s’était soudainement rappelé qu’il avait présenté Rushella comme sa parente éloignée qui était revenue de l’étranger.

« C’était... donc simplement un traitement de plaies... C’est vrai. Ce genre de chose... très commun... Tout le monde..., » balbutia Reina

Bien qu’il savait dans son cœur que c’était sûrement très rare, Hisui ne pouvait que hocher la tête en signe d’accord.

« Oh, savez-vous également comment faire ça ? » demanda Rushella. « Je le fais tous les matins avec ce garçon. Alors, vous aussi, avez-vous ce genre d’habitude ? »

L’atmosphère dans la salle de classe s’était instantanément gelée. Et surtout, Reina qui était entrée dans son mode rigide avait vu ses pensées complètement bloquées.

« Il est toujours obéissant après avoir été sucé, mais il se bat toujours avant l’acte, » déclara Rushella. « Franchement, cela me trouble énormément. Avez-vous de bonnes solutions pour améliorer ça ? »

« Q-Qui sait... Je n’ai pas, euh, vraiment connaissance de ce genre de chose..., » balbutia Reina.

Reina détourna son regard face aux yeux pleins d’innocence de Rushella et courut pour faire bouillir l’eau, puis ajouta une base de soupe, des légumes et une saucisse.

Le thème d’aujourd’hui était une soupe bien épaisse... et un long temps de cuisson était l’une des caractéristiques majeures.

« Quoi, ne le savez-vous pas ? » demanda Rushella. « Mais chaque fois que l’enseignant vous pose une question en classe, vous répondez toujours avec aisance. Ne soyez pas avare et dépêchez-vous de tout me dire. »

« M-Mais, c’est..., » balbutia Reina.

« Quel est le problème, êtes-vous timide ? » demanda Rushella.

Reina versait soigneusement de l’eau gazeuse quand Rushella alla la harceler.

Voyant son pitoyable regard qui suppliait, le reste des étudiants regarda silencieusement Hisui d’une manière menaçante.

« ... Quel désastre ! » s’exclama Hisui.

« ... Tout à fait, » Mei posa une main sur l’épaule de Hisui alors qu’il baissait la tête, perdant toutes ses forces.

C’était comme si ce jour-là, il avait perdu quelque chose de précieux. Heureusement, la soupe une fois finie s’était avérée très bonne. Il y avait donc une lumière au milieu de tous ses malheurs.

« Ouah, bien joué ! C’est vraiment délicieux, » s’exclama Mei.

« Dépêchez-vous et remerciez le représentant de classe qui était en charge du ragoût. C’est certainement merveilleux. Je veux vraiment découvrir la recette en détail, » déclara Hisui.

En entendant les louanges de Hisui, Reina agita modestement ses mains. « Ce n’est vraiment rien de spécial. J’ai simplement ajouté un peu d’assaisonnement à la base de soupe prête à l’emploi vendue au marché. N’est-ce pas parce que les légumes et la viande ont été très bien tranchés ? »

Pendant que Reina conversait, elle distribuait avec diligence à tous une tasse en carton et versait de l’eau dans une bouilloire.

Les élèves avaient été autorisés à apporter leurs propres boissons, mais l’école avait également préparé de l’eau chaude et des bouilloires.

« Ah ! Mais c’est vraiment génial. Avez-vous ajouté un assaisonnement secret à la recette ? » demanda Hisui.

« Eh bien..., » commença Reina. Elle était sur le point de répondre quand on entendit le bruit d’un plat qui s’écrasait sur le sol. « Qu’est-il arrivé ? »

L’assiette de Rushella était tombée au sol. La soupe était déjà terminée et heureusement l’assiette ne s’était pas cassée, donc le sol n’avait pas besoin d’être nettoyé.

« Eh bien... cette chose... ma main a juste glissé, » Rushella tapota son visage, puis elle but un peu d’eau avant de ramasser l’assiette et de la remettre sur la table.

Puis... elle se leva d’une façon instable.

« Je suis pleine. C’est déjà la pause déjeuner. Hmm... il faut que je prenne un peu l’air..., » Rushella quitta en titubant la classe d’économie domestique alors qu’elle parlait.

Hisui et Mei échangèrent un regard et acquiescèrent.

Quelque chose n’allait pas.

« Je suis désolé pour la vaisselle et le nettoyage... Mais puis-je te les laisser ? » demanda Hisui à Mei.

« Aucun problème. Mais j’attends après ça à avoir une récompense, » répondit Mei.

« OK. » Après avoir dit ça, Hisui avait fini le reste de l’épaisse soupe en deux gorgées et avait bu l’eau se trouvant dans sa tasse en carton. « J’ai fini. Mademoiselle la représentante de classe, nous parlerons de la recette la prochaine fois. »

« D-D’accord, très bien..., » balbutia Reina.

Tout en ignorant la représentante de classe hésitante, Hisui sortit précipitamment de la salle de classe afin de chercher Rushella.

Il ne lui fallut pas longtemps pour la trouver.

Non loin de la classe d’économie domestique, Rushella avait un peu avancé dans le couloir.

Elle s’appuyait contre le mur du couloir, haletant lourdement.

« Hé, qu’est-ce qui se passe !? » demanda Hisui.

« Hisui, c’est toi..., » Rushella avait faiblement prononcé son prénom puis s’était effondrée contre la poitrine de Hisui.

« Hé..., » dit-il.

Elle ne lui avait pas répondu. Sa peau d’une grande pâleur était trempée de sueur, et Rushella avait complètement perdu connaissance.

« Qu’est-il arrivé ? » demanda Eruru.

Hisui avait regardé en arrière pour y trouver Eruru. Elle avait probablement remarqué l’attitude inhabituelle de Rushella et avait suivi.

« Elle s’est évanouie... et elle ne bouge plus du tout, » déclara Hisui. « Que se passe-t-il... se réveillera-t-elle si je lui donne de mon sang... ? »

« Même si le sang est le remède ultime et la nourriture pour les vampires, gardez-le en dernier recours, » répondit Eruru. « Commençons par l’emmener à l’infirmerie afin de la laisser dormir sur un lit. Quant à la raison... le fait de dire qu’il s’agit d’un manque de sommeil et d’une petite anémie devrait être correct. »

« Vous avez raison, » déclara Hisui.

Avec l’aide d’Eruru, Hisui avait porté Rushella jusqu’à l’infirmerie, prenant ainsi en charge le premier défi.

« ... Est-ce que les vampires tombent malades ? » demanda-t-il.

« Qui peut le savoir..., car si même vous ne le savez pas, il en est de même pour moi, » après avoir été froidement exhorté par Eruru, Hisui avait quitté l’infirmerie.

†††

Partie 4

Il s’agissait en quelque sorte d’une étrange sensation.

Ma conscience est dans le brouillard. Mon corps n’écoute pas non plus mes ordres, pensa Rushella. C’était comme si tout mon corps était ligoté avec des chaînes, mais en même temps, c’était différent des chaînes sacrées d’argent que j’avais déjà expérimenté.

À la place que le corps soit lié depuis l’extérieur, la chaîne semblait être produite à l’intérieur du corps.

En utilisant des termes humains, cela ressemblerait probablement à une maladie comme une grippe.

Mais il était complètement inutile de considérer une telle possibilité, car c’était tout simplement impossible.

Bien que les vampires puissent être blessés, le concept de maladie n’existait pas pour eux.

Si l’on devait vraiment forcer une comparaison, seul le désir de sang frais comptait pour quelque chose comme ça.

Même s’il s’agissait d’un phénomène ressemblant à l’instinct, il n’était pas déraisonnable de le considérer comme une maladie. Et si le sang n’était pas aspiré, le sentiment de fatigue du corps augmenterait.

Néanmoins, ce matin, elle s’en était déjà nourrie. Et à midi, cela avait peut-être été une infime quantité, mais cela avait quand même compté comme une deuxième fois.

En ce qui concerne le volume, cela devrait amplement suffire, mais son corps donnait l’impression d’être sans force.

Que m’arrive-t-il ? Que se passait-il ? pensa-t-elle.

Alors que des questions tourbillonnaient dans son esprit, un parfum doux pourrait être senti en ce moment. Il s’agissait d’un arôme envoûtant qui était si fort qu’il donnait des maux de tête.

« Que se passe... ? » murmura Rushella.

Comme si elle était guidée par l’odeur, Rushella s’était assise sur le lit. Elle avait d’abord examiné son environnement et elle constata qu’elle était actuellement dans une pièce inconnue.

Le mobilier de la chambre était blanc et propre, avec de nombreuses armoires remplies de médicaments. Il y avait des rideaux qui séparaient les lits, et même si elle n’avait jamais été là auparavant, elle savait que cela devrait être l’infirmerie.

En cherchant dans ses souvenirs, la dernière image qu’elle avait était qu’elle avait été tenue dans les bras de Hisui.

Il est probablement à côté de... Rushella regarda à la droite du lit avec ce faible espoir en tête.

Ce qui entra dans son champ de vision fut seulement le rideau blanc qui marquait les frontières entre les lits.

À travers le rideau, on pouvait voir la silhouette d’une personne.

À ce moment-là, une bouffée de cet arôme arriva jusqu’à elle. Cela ressemblait à la combustion de l’encens. De la fumée pourpre pourrait être vaguement vue flottante en haut du rideau.

« Qui êtes-vous... ? » demanda Rushella.

« Faible vampire, vous n’êtes pas digne de connaître mon nom, » la voix ressemblait en même temps à celle d’une vieille femme et d’une jeune fille. À travers le rideau, l’apparence de l’autre personne ne pouvait pas être discernée. Pas même sa silhouette ou les contours de son visage étaient apparents.

« Comment osez-vous me parler de cette manière ? Dépêchez-vous de vous montrer ! » Rushella rugit et tendit la main afin de tirer le rideau. Mais même si ses mots étaient intimidants, ses mouvements étaient lents. L’arôme perturbait ses pensées.

« ... » Elle resta sans voix. Après avoir tiré le rideau de côté... elle vit qu’il n’y avait personne.

Seul un bougeoir qui semblait très ancien avec une bougie violette brûlait. Sa flamme flamboyait doucement.

« Pourquoi... ? » Rushella murmura et remarqua en même temps que quelqu’un était derrière elle.

Puis, se retournant rapidement, elle trouva cette « personne » debout dans le coin de la pièce.

En se basant sur l’apparence, elle devrait être une femme, mais Rushella ne pouvait pas être complètement certaine. Tout cela était probablement dû à ses pensées confuses, et au fait que l’intégrité du corps de la personne était vêtue d’une étrange robe rouge, exposant seulement le visage qui était tourné vers Rushella. Sa tête était également recouverte d’une capuche qui, non seulement masquait son regard, mais rendait son expression impossible à lire.

« ... Votre tenue est vraiment pittoresque, » déclara Rushella. « À l’époque où nous, les vampires, dominions le monde, il y avait beaucoup de personnes qui vous ressemblaient, exposant une merveilleuse magie. Tout ça est présent dans ma mémoire. »

« C’est exact... Je suis une rénovatrice des arts perdus, » déclara l’autre personne. « Cependant, il n’est pas nécessaire que votre race soit ici. Pourquoi êtes-vous revenue ? Pourquoi... êtes-vous dans cette école ? »

« Qui sait ? Je voudrais aussi demander, qui suis-je en réalité ? » déclara Rushella.

« Ne plaisantez pas..., » elle sortit une main hors de sa robe, aussi blanche que de la neige. Même si son âge ne pouvait pas être déterminé par sa voix, cette peau appartenait clairement à une femme dans la fleur de l’âge.

Elle avait une sphère noire de la taille d’une bille dans sa main et l’avait lancé sur Rushella.

« ... ! » Instinctivement, Rushella avait réalisé le danger. Rushella avait glissé sa main à l’intérieur de sa jupe. Quand elle portait son uniforme, c’était là qu’elle gardait son épée courte favorite.

Avant que la sphère n’arrive sur elle, elle frappa avec son épée afin de l’intercepter. Au moment où la lame heurta la sphère, de minuscules étincelles s’étaient éparpillées alors que des flammes violettes semblaient sortir de là.

« Quoi... !? » s’exclama Rushella.

Les flammes violettes n’étaient pas grandes et elles avaient rapidement disparu dans l’air. Mais ce qui accompagna la hausse de l’intensité du parfum fut un engourdissement des cinq sens de Rushella.

« Cet arôme... Comme tout à l’heure... Mais plus fort... C’est quoi ? » demanda Rushella.

« Pour l’instant, appelez-moi juste — Sorcière, » répliqua-t-elle. « Votre race n’est pas la seule qui vit dans la société moderne. »

« Je vois... un vestige des anciens lanceurs de sorts ! Mais pourquoi me traitez-vous comme une ennemie ? » demanda Rushella.

« C’est vous qui avez pénétré dans mon territoire, » répondit la sorcière. « Fichez le camp d’ici et retournez à l’endroit d’où vous venez. Sinon — je vais vous exécuter ici. »

Puis, tout en laissant ces mots derrière elle, la sorcière fit pivoter son corps recouvert de sa longue robe et sauta par la fenêtre.

Rushella voulait lui courir après, mais son corps léthargique ne pouvait pas suivre sa volonté.

L’arôme de plus en plus intense dans la pièce rendait ses paupières de plus en plus lourdes.

Tout en serrant les dents, Rushella ne put rien faire alors que sa conscience s’enfonçait dans les ténèbres.

***

La leçon d’économie domestique avait pris fin, et maintenant, c’était une réunion en classe.

« ... Donc, la salle de biologie semble avoir un spécimen manquant. J’ai entendu dire qu’il s’agissait d’un objet précieux envoyé en cadeau par l’un des anciens professeurs, » la voix enfantine de Jyuri, la plus impropre possible pour l’enseignement, retentissait. Dans la classe. « Si quelqu’un le trouve, remettez-le à un enseignant ~. Vous devez vous demander à quoi cela ressemble. C’est semblable à ceci, conservé dans un bocal, immergé dans du formaldéhyde. La forme ressemble un peu au ginseng. Alors, s’il vous plaît, aidez-nous à le chercher. »

Peut-être parce que personne n’était intéressé par le sujet, aucun des étudiants n’avait porté une attention particulière à cette affaire.

Normalement, les leçons n’avaient presque jamais eu lieu dans la salle de biologie. Cet endroit était essentiellement équivalent à une salle de stockage. Et très probablement, en raison du conseil étudiant, ou plutôt, de l’enquête de Kirika, cette pièce allait disparaître.

« Alors le cours se conclura maintenant, » avec sa voix mignonne, Jyuri avait déclaré la conclusion des cours d’aujourd’hui.

Les élèves avaient commencé à quitter la classe les uns après les autres, partant pour rentrer chez eux ou pour se rendre à leur club. D’autre part, Mei et Eruru étaient restées dans la classe.

« ... Alors Eruru-chan, pourquoi Rushella s’est-elle sentie mal ? » demanda Mei.

« ... Je ne suis pas sûre, » répondit Eruru. « Et aussi, Sudou-san, pourriez-vous s’il vous plaît arrêter de m’appeler “Eruru-chan” ? Je suis dans la même année que vous ! »

Eruru parla tout en poussant ses lunettes, tandis que Mei protestait obstinément. « Qu’importe ? Ne me faites pas participer aux distinctions sociales stratifiées de la police. Au fait, où est Hi-kun ? »

« Il est allé voir Rushella, » répondit Eruru. « Elle est après tout une vampire, donc je ne crois pas que ce soit quelque chose de sérieux... alors, pourquoi est-il si inquiet ? »

Pendant les cours de l’après-midi, Eruru avait beaucoup réfléchi sur ça.

Si elle se sentait simplement souffrante, il n’y avait pas lieu de s’inquiéter, mais pour une vampire, la chance de cela soit quelque chose d’essentiel était proche de zéro.

En d’autres termes, elle devait avoir mangé quelque chose qui avait provoqué des symptômes anormaux dans son corps de vampire.

« Avant que les symptômes apparaissent, qu’est-ce qu’elle a mangé... ? Pour commencer, il y avait le sang de Kujou-san, et cela, c’est quelque chose qui est sans danger, » déclara Eruru. « Et en plus, comme il prend en considération le fait que son sang est bu par Rushella, il évite même de manger de l’ail, n’est-ce pas ? »

« C’est vrai, » répondit Mei. « Ce type semble avoir gravé son identité de serviteur jusqu’à la moelle. Alors ça doit être la soupe épaisse ? Mais je l’ai trouvé assez savoureuse, donc, pas de problème de ce côté-là. »

« C’est la seule chose à considérer, » déclara Eruru. « Mais nous avons nous-même apporté les ingrédients et la base de la soupe a été achetée au marché. Les assaisonnements peuvent varier d’une personne à l’autre, mais cela ne devrait pas poser de problème. Naturellement, de l’ail n’a pas été rajouté à ça, n’est-ce pas ? »

« Bien sûr que non, » répondit Mei. « Hi-kun était très attentionné, et d’ailleurs, la fille elle-même l’aurait sûrement remarqué. Et à une telle distance, même votre sens de l’odorat peut remarquer cela, n’est-ce pas Eruru-chan ? »

« ... Effectivement, » répondit Eruru. « On dirait que la raison de son malaise doit sûrement être présente dans cette salle de classe d’économie domestique. Mais qu’est-ce qui peut bien lui causer ça... »

Eruru commença à sérieusement réfléchir à ça, alors que Mei la regardait avec une expression éloquente.

« ... Qu’y a-t-il ? » demanda Eruru.

« Pas grand-chose. Je suis juste surprise que vous réfléchissiez si sérieusement à propos des vampires, et c’est quand même l’objet de votre plus grande haine. Si cela s’était passé il y a longtemps, Eruru-chan, vous auriez sûrement dit que les vampires devraient juste mourir et que c’était tout ce qui m’importait... Ai-je raison ? N’avez-vous pas été influencé par Hi-kun ? »

« A-Arrêtez de vous moquer de moi ! Ce n’est pas du tout ce que vous pensez..., » Eruru murmura et évita son regard alors que Mei continuait à la regarder avec amusement. « Je-je m’inquiète tout simplement pour le problème en lui-même ! »

« Le problème en lui-même ? » demanda Mei.

« ... Les humains allaient bien, mais seule la vampire présentait des symptômes, » expliqua Eruru. « Si tout ça a été fait délibérément, alors quelqu’un doit posséder des connaissances et des compétences spécialisées pour cibler les créatures surnaturelles. »

« ... »

« Si cette personne visait seulement à détruire une créature surnaturelle, il n’y a pas trop de raisons de s’inquiéter, » continua Eruru. « Cependant, ce pouvoir... est très dangereux, extrêmement dangereux... »

Puis, voyant qu’Eruru était devenue silencieuse, Mei était également devenue sérieuse.

Après être passée à son expression solennelle, elle avait offert des encouragements en tant que collaboratrice externe de la Section des Enquêtes Surnaturelles. « Je vais vous aider, mais pas gratuitement. »

« Aucun indice précis n’a encore été trouvé, » déclara Eruru. « En tout cas, nous devrions également aller rejoindre Kujou-san. Je suis aussi un peu préoccupée par son état de santé. »

Eruru se leva de son siège. En même temps, un étrange visiteur était arrivé dans la classe.

Tout en faisant de mignons miaulements, un chaton noir s’était glissé dans la pièce.

« Oh mon dieu, quel mignon chaton ! Es-tu perdu ? » déclara Mei. Puis elle tendit la main vers le chaton noir alors qu’il essayait de le sortir de la pièce.

Elle s’était approchée du chat noir se trouvant devant eux.

Eruru ne faisait que regarder cette scène avec désinvolture, mais en se remémorant la scène d’hier, elle parla immédiatement afin d’arrêter Mei. « Arrêtez-vous... Éloignez-vous de lui ! »

« Hein !? » s’exclama Mei. Alors qu’elle tournait la tête, le chat noir apparut à côté de son visage. Il avait instantanément sauté sur son épaule.

En voyant de tels mouvements, il semblait être en apesanteur. Mei et Eruru avaient été prises de court par cet acte.

À ce moment-là, une voix provenant du chat avait clairement atteint leurs oreilles. « Vous deux... êtes-vous aussi les compagnons du vampire ? »

Les deux filles se regardèrent sous le choc.

Incontestablement, une voix humaine provenait de la bouche du chat. Elle ressemblait à celle d’une femme âgée totalement mélangée avec celle d’une jeune fille. Le seul fait certain était que cela provenait d’une femme.

« Si vous êtes les compagnons du vampire, hâtez-vous et partez d’ici ! Ou sinon... » continua le chat.

« Ou sinon !? » demanda Eruru.

Eruru s’était lentement approchée afin d’attraper le chat. Dans le pire des cas, elle n’hésiterait pas à utiliser les balles de son arme sacrée bien-aimée, Argentum. Il s’agissait d’une arme remplie avec des balles d’argent, et bien que sa spécialisée soit les vampires, elle était tout de même très efficace contre d’autres créatures surnaturelles.

« La mort, » le chat se moqua d’elles.

C’était clairement le corps d’un chat, mais le visage ressemblait à celui d’un humain. Il affichait ce qui semblait être les expressions humaines.

Face à ce regard plein de confiance, même Eruru et Mei sentirent un lambeau de terreur malgré leur courage inébranlable.

À l’instant suivant, le chat sauta depuis l’épaule de Mei et il cracha quelque chose vers le sol. Puis il avait quitté la salle de classe avec des enjambées rapides et fugaces.

« Qu’est-ce que c’était... à l’instant ? » demanda Mei.

« ... »

« Il a parlé, n’est-ce pas... ? Cela pourrait-il être, un chat-démon ? Ou l’esprit d’un chat ? » demanda Mei.

« Non, ce n’est probablement qu’un chat tout à fait ordinaire, » répondit Eruru. « La seule chose spéciale le concernant est que c’est un “familier”. Ou vous pourriez aussi l’appeler un messager. »

« Quoi... !? Eh, alors est-ce de la ventriloquie !? » demanda Mei. « Est-ce que quelqu’un en coordination avec les mouvements du chat a parlé en se tenant à proximité !? Où quelqu’un a-t-il effectué un tour de magie ? »

« Il y a certainement un truc et une astuce pour ça, mais ce n’est vraiment pas un tour de magie, » répondit Eruru.

Eruru avait attrapé un mouchoir et avait ramassé ce que le chat avait craché. Il s’agissait d’un ancien morceau de parchemin.

Après avoir étalé le parchemin qui avait été plié à plusieurs reprises, elles virent le même cercle magique dont Hisui avait été témoin hier, mais il s’agissait là d’une version de petite taille.

Eruru avait vite compris en raison de la légère puanteur provenant de là qu’il avait été fait avec du sang.

Il y avait aussi un léger arôme d’actinidia polygama [1] ainsi que diverses herbes.

« Est-ce... une chute ? Quoi !? Cela me donne l’impression d’être magique. Et le fait d’utiliser un chat noir comme un familier, c’est fondamentalement comme..., » commença Mei.

« “Sorcière”... Vous avez raison, » l’énoncé de ce mot par Eruru envoya un frisson dans la colonne vertébrale de Mei. « Nous devrions nous dépêcher et aller rejoindre Kujou-san. Une enquête doit commencer dès que possible. »

« Allons-y... ! » s’écria Mei.

Les deux filles se précipitèrent hors de la salle de classe et elles avaient couru vers l’infirmerie.

Notes

  • 1 actinidia polygama : Actinidia polygama est une espèce dioïque de lianes de la famille des Actinidiaceae. L’espèce se trouve en Asie de l’Est, plus particulièrement en Chine et au Japon. On la trouve principalement dans les zones boisées montagneuses du Japon. Connu sous le nom de Vigne d’Argent.
    Du fait de certaines substances, certains chats sont comme drogués par les feuilles d’actinidia polygama. Elles sont aussi utilisées comme sédatifs pour les lions (dans certains zoos).
    Les feuilles d’actinidia polygama peuvent aussi être consommées en infusion ou après avoir été roulés puis séchées, avec un effet stimulant désiré : le nom japonais Matatabi (マタタビ?) désigne littéralement « Voyage de nouveau », c.-à-d. on est de nouveau capable de voyager après en avoir pris.

†††

Chapitre 3 : Chasse aux sorcières

Partie 1

« Est-ce que ça va ? » demanda Reina.

Rushella ouvrit les yeux pour trouver Reina assise sur une chaise à son chevet, s’inquiétant de son état de santé. Elle avait l’air de surveiller l’instant où Rushella allait se réveiller.

« ... Quoi ? Ah, c’était vous. Franchement, où est-ce que Hisui est allé..., » tout en exprimant son insatisfaction, Rushella s’assit.

Le sentiment d’épuisement était parti. Probablement parce qu’elle venait juste de réveiller, elle se sentait un peu étourdie, mais à part ça, elle ne sentait rien d’inhabituel.

« À l’heure actuelle... Quelle heure est-il ? Qu’en est-il de classe... ? » demanda Rushella.

« Nous sommes déjà après l’école. Je pense que Kujou-kun devrait bientôt être ici, » répondit Reina.

« Vraiment... Attendez ! Où est-ce que cette femme est partie !? » s’exclama Rushella.

« Femme... ? Qui ? Si vous voulez parler de l’infirmière, elle semble être partie..., » répondit Reina.

« Non... ! Cet arôme... n’est plus là, Hmm ? Hé ! Voyez-vous une bougie là-bas ? Celle qui dégage une odeur étrange..., » déclara Rushella.

« ... ? Je ne vois rien du genre. La bougie que vous avez mentionnée... voulez-vous parler d’une bougie parfumée ? » demanda Reina. « Ah, j’ai entendu dire que l’infirmière de l’école aime ces choses. Chaque fois que des étudiants déprimés viennent la voir pour parler de leurs problèmes, elle les utilise pour les aider à se calmer. Vous voyez, il y a un pot d’aromathérapie ici... »

Reina avait pointé du doigt le bureau de l’infirmière de l’école après avoir dit ça. Comme elle l’avait décrit, ce type d’objet était bien présent là.

« Non, pas ce genre de chose... Elle a dû être rangée..., » répondit Rushella.

La salle était dépourvue de tous les signes de la « sorcière ».

« Dépenser autant d’efforts pour me tendre une embuscade... Quelle audace de la part d’un humain, » déclara Rushella.

« Excusez-moi... Quelque chose est arrivé ? » demanda Reina. « Allez-vous vraiment... bien maintenant ? Euh, ça pourrait être à cause de ma cuisine... »

Reina avait demandé ça avec une expression emplie d’excuses. Il était très probable que son cœur avait été chargé d’inquiétude tout au long de ses cours de l’après-midi.

« Non... C’est sans rapport avec ça, » répondit Rushella. « D’ailleurs, je ne suis pas la seule à avoir essayé votre cuisine. Vous et Hisui l’avez également mangée. Et vous savez, le goût était vraiment pas mal ? »

« ... Vraiment ? C’est bon à savoir..., » répondit Reina.

« Ne vous préoccupez pas de ces choses ineptes, » déclara Rushella. « Hisui n’a-t-il pas également apprécié le goût ? »

« Oui..., » répondit Reina.

Dès que le nom de Hisui fut mentionné, Reina semblait heureuse, mais également embarrassée.

Quelque chose au sujet de son sourire avait envoyé le cœur de Rushella dans la tourmente.

« Qu’est-ce qui ne va pas avec vous ? Quelque chose est-il arrivé à Hisui ? » demanda Rushella.

« R-Rien... Hmm, vous deux... vous vivez ensemble, n’est-ce pas ? » demanda Reina.

« C’est tout à fait vrai. Cet individu est mon serviteur ! » s’exclama Rushella.

En entendant le slogan habituel de Rushella, l’expression de Reina devint légèrement sombre.

« C’est vrai... Vous êtes toujours ensemble, votre relation doit être déjà si proche..., » murmura Reina.

« ... ? Eh bien, assez bonne, » déclara Rushella. « Bien que ce gars ne soit pas trop obéissant, il est au moins prêt à prendre soin de ma vie quotidienne. Ce gars, quand je finis de prendre un bain, ou quand je vais dans sa chambre le matin, il regarde toujours sans arrêt mon corps. »

« ... »

En s’imaginant simplement la scène dans son esprit, le visage de Reina devint rouge comme une pomme. La vapeur s’élevait presque de sa tête. Cependant, il y avait un sentiment de solitude présent dans son expression.

« C’est aussi vrai... Rushella-san... votre silhouette est tellement exceptionnelle..., » déclara Reina.

« Eh bien, c’est assez vrai... Un jour, je vais m’assurer que ce mec se pavane et me vénère complètement ! » Rushella avait fièrement exprimé son souhait pendant que Reina baissait les yeux et se levait de sa chaise.

« ... Je suis contente que vous alliez bien. Alors je... vais prendre congé, » déclara Reina.

« ... ? D’accord..., » déclara Rushella.

Tout en évitant le regard de Rushella, Reina se précipita vers la porte... mais elle tomba nez à nez avec Hisui au niveau de la porte de l’infirmerie.

« Eh ! Représentante de Classe ? Quoi de neuf ? Pourquoi avez-vous l’air si triste ? » demanda Hisui.

« Kujou-kun... » Une lueur d’espoir était apparue sur le visage déprimé de Reina alors qu’elle disait ça.

Mais rapidement, elle évita timidement son regard et s’éloigna.

« Rushella-san semble aller bien maintenant... je pars en première..., » déclara Reina.

« Ah, bien sûr..., » Hisui avait regardé avec perplexité pendant que sa silhouette avait diminué de taille alors qu’elle prenait de la distance.

Alors qu’il se retournait et était sur le point d’entrer dans la pièce.

« Trop lent !! Pourquoi n’es-tu pas arrivé plus tôt !? » Rushella jeta son oreiller aussi fort qu’elle le pouvait alors qu’elle lui criait dessus.

Cela avait presque bosselé son visage tel un puissant rugissement, et un cri se fit entendre, le plus impropre possible pour une infirmerie, qui avait accompagné l’acte violent.

« Qu’est-ce que tu fais !? Qu’importe si je suis arrivé plus tôt ou plus tard, ne vas-tu déjà pas bien là ? » demanda Hisui.

« J’avais des ennuis ! Je veux dire par là que j’ai été attaqué par quelqu’un juste avant ça !? » s’exclama Rushella.

« Hein !? Quoi, un autre vampire !? » s’écria Hisui.

« Non, c’est probablement une..., » commença Rushella.

« Une sorcière, c’est ça ? »

« Kariya..., » se retournant, Hisui trouva Eruru et Mei debout derrière lui.

En se basant sur ce qu’elle avait dit tout à l’heure, Eruru semblait avoir compris la situation.

« On dirait que nous avons été impliqués par la même personne, » déclara Eruru.

« Quoi ? Suis-je impliqué dans tout ça ? » s’exclama Hisui. « Si je devais dire quelque chose, c’est que les seules personnes qui sont récemment devenues des sources de malheur sont vous trois, les vampires et les humains artificiels. »

Ignorant la réponse de Hisui, Eruru s’approcha et s’assit sur la chaise de l’infirmerie. Puis elle avait commencé à parler avec une expression impassible. « J’espérais que mon enquête secrète n’aboutirait à rien... Mais maintenant, il semble que je dois enquêter sérieusement. Pouvez-vous me dire en détail ce qui s’est passé plus tôt ici ? Nous allons également vous dire ce que nous avons découvert jusqu’à présent. »

« C’est ce qu’on appelle “l’échange d’informations”, n’est-ce pas ? Très bien, je vais vous le dire, » répondit Rushella.

Au cours des quelques minutes suivantes, Rushella et Eruru avaient échangé des informations sur les événements étranges qui leur étaient arrivés après le cours de cuisine.

En comprenant que la menace qu’ils rencontraient était réelle au-delà de tout doute, toutes les personnes présentes hochèrent la tête.

Puis Eruru avait déclaré ses conclusions. « Cette école... abrite une sorcière. Et cette véritable sorcière est hostile envers les vampires. »

En entendant la déclaration d’Eruru, Rushella et Mei, qui avaient toutes deux rencontré la sorcière, affichèrent des expressions tendues... Seul Hisui leva négligemment la main, complètement perplexe face à tout ça.

« Sensei, j’ai une question, » demanda Mei.

« ... Quelle question ? » demanda Eruru.

« Même si je ne l’ai pas rencontrée... Oh, je ne doute pas de son existence, mais pourquoi n’est-elle pas venue me chercher ? » demanda Mei.

« Voulez-vous la rencontrer ? » demanda Eruru.

« Pas vraiment, j’espère aussi qu’elle m’ignorerait, mais je suis juste un peu curieuse, » demanda Mei.

« Elle considère les vampires comme des ennemis, et celle-là est à vos côtés... Eh bien, toute personne un peu avertie réalisera sa véritable identité. Étant donné son nom si particulier, » expliqua Eruru.

« Votre description est vraiment grossière, » s’exclama Rushella.

« Naturellement, l’autre partie sera concernée, s’il y a d’autres vampires en dehors d’elle, » déclara Eruru. « Par conséquent, très malheureusement, Sudou-san et moi qui sommes toujours proches d’elle avons été jugées comme étant ses compagnons, et nous avons été avertis. C’est essentiellement ce qui est arrivé. Quant à vous, cela ne sert à rien de donner un avertissement. Vous ressemblez à un serviteur, peu importe ce que vous dites. Même à l’école, votre sang a été bu plusieurs fois, n’est-ce pas ? Êtes-vous sûr que vous n’avez jamais été vu ? »

« Aucune confiance dans ça, » tout en se rappelant diverses « occasions où elle lui avait bu son sang », Hisui secoua la tête, pleine d’angoisse.

Le premier jour de classe, un groupe de filles, dirigé par Reina, avait déjà été témoins de la scène d’une succion de sang avortée. Même si personne d’autre ne voyait directement cet acte, les nouvelles se seraient répandues parmi tous les autres étudiants.

« ... Quoi, alors vous dites qu’elle m’a déjà condamné sans procès !? » s’exclama Rushella.

« Si j’étais à sa place, moi aussi, j’avais ignoré l’avertissement Miranda [1] de “Vous avez le droit de garder le silence”, etc. et vous aviez été directement arrêté, peut-être même en vous récompensant d’une balle pendant le processus. Votre attention s’il vous plaît, » déclara Eruru.

« Euh désolé ! Avez-vous entendu parler du terme, les Droits de l’homme ? » demanda Hisui.

« ... ? Ah, excusez-moi, mais êtes-vous réellement humain ? » demanda Eruru.

Hisui ne pouvait que docilement se taire en réponse à la question sérieuse d’Eruru.

On dirait qu’il devrait être plus prudent à partir de maintenant surtout lors des nuits sombres et orageuses.

« Mais... les Sorcières ou quoi que ce soit d’autre, existent-elles vraiment ? » demanda Mei. « Je pensais que des trucs comme la sorcellerie étaient vraiment que des superstitions, n’est-ce pas ? »

« Est-ce qu’une humaine artificielle a le droit de dire ça ? » demanda Hisui.

Hisui rétorqua contre la question de Mei. Cependant, elle avait à la place fièrement gonflé sa poitrine spectaculaire.

« Hé hé, Hi-kun, tu as sûrement dû lire sur mon ancêtre dans l’histoire de Frankenstein ? » demanda-t-elle. « Les humains artificiels comptent clairement comme un produit de la science. Il y a des personnes qui appellent ce livre le premier roman de science-fiction au monde ! »

« Mais en même temps, il y a des personnes qui l’appellent un homoncule moderne, » répondit Hisui. « D’ailleurs, du point de vue de la science, comment la vie est-elle réellement créée ? Et si c’était vraiment un produit de la science, pourquoi cette créature de première génération était-elle si laide au-delà de toute croyance ? »

« Alors c’est une union de science et de magie. Vous pouvez l’appeler un hybride, » déclara Mei.

« Au fait, de quoi est fait votre corps ? » demanda Rushella. « Ah, je suis simplement curieuse. Même si cela ressemble complètement à un humain normal au toucher, mais que... matériel ou le genre, comment est-il réellement fait... »

En entendant cette question, l’expression de Mei se raidit. Il s’agissait d’une expression inhabituellement sérieuse.

« Quelles sont vos intentions en demandant cela ? » demanda Mei.

Rushella avait répondu dans un ton complètement sans émotion. « Rien... Oubliez ça. C’est mieux pour tout le monde. »

« Bien sûr, c’est mieux comme ça, » déclara Mei. « Alors... En fin de compte, les sorcières existent-elles vraiment ? Même si elles existaient, quels dangers posent-elles ? »

« Les sorcières existent en effet, » répondit Eruru. « Les sorcières blanches qui n’utilisent que des herbes et lancent des sorts, et les sorcières noires qui forment des contrats avec les démons et invoquent des désastres, ce genre de catégorisation n’a aucun sens. Les véritables sorcières ne sont ni blanches ni noires. Ce sont des êtres qui ont hérité de rituels antiques au lieu d’adhérer à l’idéologie de toute religion, alors si l’on devait définir les sorcières, ce serait quelque chose comme ça. »

Hisui hocha la tête en accord avec l’explication d’Eruru.

« J’ai aussi entendu parler par mon parent adoptif qui a personnellement été témoin des chasses aux sorcières en Europe, » déclara Hisui. « Les personnes qui avaient été rassemblées et persécutées comme des sorcières, pratiquement aucune d’entre elles était en réalité de vraies sorcières. Malgré tout, il semblerait qu’il y avait eu un très petit nombre de sorcières parmi elles. Pour les personnes impliquées dans cette chasse, c’était suffisant pour considérer qu’elles avaient atteint leurs objectifs. Même si cela signifiait sacrifier des dizaines de milliers d’innocents, tant qu’une vraie sorcière n’est pas relâchée dans la nature, alors elle était considérée comme digne d’intérêt. Et même si elles n’étaient pas capables d’exterminer complètement les sorcières, tant que les êtres connus sous le nom de sorcières furent après ça bannis dans les recoins les plus reculés de l’histoire, cela leur suffisait pour ainsi envoyer leur pouvoir en déclin. Comme les vampires, la société moderne dans ce pays n’a plus de pures sorcières. Même s’il y en avait, ce sont simplement des amateurs qui ont appris grâce à quelque grimoire ou par tradition orale. »

« ... C’est donc ainsi, » déclara Eruru. « Je ne crois pas qu’il y ait de vraies sorcières qui pourraient complètement raviver les anciens rituels des temps anciens. Cependant, quelqu’un est au moins capable de rendre un vampire évanoui... En plus, nous pouvons voir qu’elle a déjà atteint un bon niveau quant à la production d’illusions. De plus... elle est dans cette école. Nous devons la trouver avant que la situation dégénère. En tout cas, commençons à enquêter sur des endroits où il pourrait y avoir des indices. Nous allons nous séparer... »

« Alors je vais faire équipe avec Hi-kun, ❤ » Mei s’était immédiatement enroulée autour du bras gauche de Hisui, pressant son énorme poitrine contre lui.

« Chose stupide, celle qui est dans son équipe c’est moi ! » cria Rushella. « Allons, Hisui, et attrapons ce coupable insolent qui a osé m’empoisonner ! » Refusant d’être en reste, Rushella enlaça le bras droit de Hisui. Pour une raison inconnue, elle avait également positionné ses seins dans la même posture que Mei.

« ... Excusez-moi, mais je suis désolé. Je vais faire équipe avec Kariya. Vous deux, allez ensemble afin de trouver des indices, » déclara Hisui.

« Hein !? » Le duo de beauté indignée s’écria puis elles firent des protestations alors que Hisui se débattait avec beaucoup de difficultés pour récupérer sa liberté.

« Allons-y, Kariya. Vous deux, il faudrait mieux que vous reveniez avec des résultats respectables, » déclara Hisui. En agitant sa main, il avait exhorté les deux autres personnes à se rendre au travail.

Puis, tirant Eruru par la main, il sortit précipitamment de l’infirmerie.

Après s’être assuré que les deux filles ne le suivaient pas, il poussa un soupir de soulagement.

Eruru se libéra de sa main avec mécontentement. « S’il vous plaît, ne me touchez pas avec tant de désinvolture... »

« Ah... désolé. Je voulais commencer à enquêter avec vous avant que la situation ne devienne encore plus gênante, » répondit Hisui.

La remarque insouciante d’Hisui fit rougir Eruru.

Très rapidement, elle avait retrouvé son sang-froid habituel et avait parlé dans un ton calme. « Que voulez-vous dire par là ? Si vous vous inquiétez de l’état de mon corps, c’est inutile. »

« Ce n’est pas ça. De plus, je ne pense pas que de toute façon, vous feriez la même erreur deux fois, » répondit Hisui. « Mais si je veux faire les choses avec sérieux, je pense qu’il est plus efficace de faire équipe avec vous. Même si laisser Rushella seule m’inquiète en vérité... il y a Sudou qui l’accompagne après tout, alors cela devrait aller. Cette fille est assez intelligente, et même si le ciel tombait, sa force brute devrait être capable de le supporter et de gérer ça. »

« Votre ingéniosité à l’esprit étroit ne cessa donc jamais, » répliqua Eruru. « Mais je comprends, alors nous devrions commencer dès maintenant. »

Après avoir assigné des rôles, Eruru était entrée en action avec Hisui qui la suivait de près.

Avec une compréhension silencieuse, ils n’avaient pas besoin de parler pour savoir où ils devaient chercher.

Il s’agissait de la scène de l’incident, la salle de classe d’économie domestique et la salle de préparation qui se trouvait à côté.

Comme ils savaient que Jyuri avait soudainement demandé de s’occuper de la classe, cela signifiait que le professeur d’origine était absent. Et heureusement, la pièce n’était même pas fermée.

Ils s’inclinèrent silencieusement l’un envers l’autre puis ils se glissèrent dans la salle de préparation de l’économie domestique.

C’est là que l’enseignant en économie domestique préparait habituellement ses cours. C’était aussi la salle où diverses ressources pédagogiques et ingrédients de cuisine étaient stockés. Naturellement, elle contenait également un réfrigérateur.

Mais à la place d’avoir la taille d’un réfrigérateur habituel pour un usage domestique, c’était seulement un modèle de très petite taille habituellement utilisé par des célibataires. Sur le plan de l’apparence, il était identique aux réfrigérateurs dans les autres salles de préparation et la salle du personnel. Rien de suspect n’était visible à ce sujet.

Hisui avait alors ouvert la porte avant de vérifier l’intérieur du réfrigérateur.

Les pommes de terre et les carottes avaient été les premières choses à entrer dans son champ de vision, les mêmes ingrédients que ceux utilisés dans le cours de cuisine d’aujourd’hui.

« Je pense que personne n’a oublié d’apporter ses propres ingrédients, donc les ingrédients de secours dans le réfrigérateur n’ont pas été utilisés, n’est-ce pas ? » demanda Hisui.

« C’est bien ça. Même si elle est une sorcière, connaissant toutes sortes d’herbes magiques... Cela poserait toujours un défi assez important pour elle d’agir sur les ingrédients que nous avons apportés. »

« Puisque Rushella n’a pas remarqué de problèmes lorsqu’elle mangeait, cela signifie qu’elle ne contenait pas d’ail ni d’eau bénite, » déclara Hisui. « En d’autres termes, le problème ne provient pas de l’utilisation d’aliments qui ciblent les faiblesses des vampires ni d’objets liés à l’église... Serait-ce une herbe magique utilisée par les sorcières ? »

Hisui avait confirmé les faits déjà établis alors qu’il continuait à examiner l’intérieur du réfrigérateur.

En plus de ces ingrédients, la seule chose qui restait était la base de soupe de secours préparée en cas ou des étudiants avaient oublié d’en apporter.

Aucun autre ingrédient lié à la pratique culinaire d’aujourd’hui n’avait été trouvé dedans.

« Rien d’utile. Hmm... Eh bien, les choses que l’enseignant a préparées n’ont après tout pas été utilisées, » déclara Hisui.

« En d’autres termes, pour quelqu’un qui n’a pas participé au cours de cuisine, faire une préparation sur les ingrédients du réfrigérateur serait dénué de sens, » déclara Eruru. « Cela signifie que ce doit être quelqu’un sur les lieux et au sein de votre groupe pour avoir eu cette circonstance opportune. »

« ... Ne nous précipitons pas aux conclusions, » répondit Hisui. « Après tout, les élèves des autres groupes ne nous observaient-ils pas ? Et après tout, même si je n’ai remarqué personne de suspect, je ne m’attendrais jamais à ce que Rushella s’évanouisse, alors je ne faisais pas attention. »

« ... La possibilité existe, si c’est ce que vous croyez, » répondit Eruru.

« Vous n’avez pas l’air convaincu, » répondit Hisui. « Eh bien, pensons à d’autres zones suspectes. Et si au lieu de la nourriture, c’était les ustensiles qui étaient empoisonnés ? »

« C’est vrai ça, » répondit Eruru. « Les ustensiles étaient fournis par l’école... mais il n’y avait aucun moyen de savoir à l’avance qui les utiliserait. Même s’il était empoisonné, s’assurer que l’ustensile empoisonné atteigne la cible exigerait que l’agresseur soit l’un de ceux qui étaient présents sur les lieux. »

« Sudou et moi étions ceux qui avons utilisé les ustensiles, puis la représentante de classe a réparti la nourriture, » déclara Hisui. « Des boissons ont été versées dans des gobelets en cartons dont la boîte venait d’être ouverte, donc ils ne devraient pas être en cause. »

« Dans ce cas, nous devrions enquêter sur le chaudron... Mais il devrait déjà être lavé, » déclara Eruru.

Il serait plutôt excessif d’appeler cela de la destruction de preuves, mais tous les ustensiles de cuisine avaient déjà été lavés et remis en place. Comme aucun récipient ne peut être trouvé dans le réfrigérateur, il devait déjà être lavé avec les couteaux, les fourchettes et la vaisselle.

« Je suppose que si nous faisons appel aux membres du département de médecine légale pour aider, ils devraient être capables de l’analyser... Pas vrai ? » demanda Hisui.

« Des obstacles substantiels se dressent sur le chemin, » déclara Eruru. « Bien sûr, je n’aurais aucun problème si je prends des choses ici afin de les analyser. Mais le fait de simplement prendre un ou deux articles serait inutile. En outre, puisque cet incident n’a pas été rendu public, tout confisquer comme preuve pour l’enquête... est impossible. »

« Je suppose que nous devons d’abord réduire la zone possible, puis récupérer les preuves suspectes... c’est le maximum que nous pourrions faire, » déclara Hisui.

Alors qu’Hisui avait résumé la situation, la porte de la salle de préparation de l’économie domestique avait été soudainement ouverte.

Les deux intrus avaient sursauté en raison de la surprise et s’étaient préparés à faire face au visiteur.

Note

  • 1 Avertissement Miranda : Les droits Miranda (Miranda rights) et l’avertissement Miranda (Miranda warning) sont des notions de la procédure pénale aux États-Unis dégagées par la Cour suprême des États-Unis en 1966 dans l’affaire Miranda v. Arizona.
    Ces droits se manifestent par la prononciation d’un avertissement lors de l’arrestation d’un individu, lui signifiant notamment son droit à garder le silence et le droit de bénéficier d’un avocat. Le recours systématique à cet avertissement par la police et sa portée symbolique font que sa présence dans de nombreux films et téléfilms américains ont contribué à sa diffusion mondiale et à sa notoriété.

†††

Partie 2

Sous leurs regards, Kirika entra dans la pièce.

Avec un sac en papier sous un bras, elle tenait la clé de la pièce dans sa main. Il s’agissait très probablement d’une clé obtenue par les canaux appropriés.

« Eh, pourquoi est-ce ouvert... ? Que faites-vous tous les deux ici ? » demanda Kirika.

« Hmm, c’est..., » alors que Hisui bégayait, Eruru le poussa sur le côté et répondit calmement et d’une manière fluide.

« En fait, nous avons oublié quelque chose dans la salle de cours d’économie domestique... Nous pensions que si le professeur le ramassait, il était probablement conservé ici, alors nous sommes venus le chercher, » fut la réponse d’Eruru.

« ... Je vois. Mais venir ici tout seul quand l’enseignant n’est pas là n’est pas tout à fait correct, n’êtes-vous pas d’accord ? » demanda Kirika.

« C’est notre faute d’être trop impatient... à l’avenir, nous serons plus attentifs, » Eruru inclina la tête et s’excusa.

Ses parfaits talents d’actrice avaient donné à Hisui l’envie d’applaudir.

Kirika semblait avoir accepté l’explication et avait arrêté de les sermonner. « Soyez plus attentif la prochaine fois. »

« Oui... Au fait, pourquoi êtes-vous ici, vice-présidente ? » demanda Eruru.

« J’apportais quelque chose pour l’enseignante, » répondit Kirika. « Le professeur m’a demandé de préparer des bougies parfumées, des huiles essentielles, ainsi que de la tisane que j’ai faite. »

Kirika désigna le sac en papier dans ses bras. Puis, posant le sac sur le bureau de l’enseignant, elle y laissa une note. « Maintenant, tout est fait... »

« ... Vice-présidente, pourquoi l’enseignante veut-elle ces choses ? Vous avez dit... vous a-t-elle demandé de les préparer ? » demanda Eruru.

« Il s’agit du passe-temps de l’enseignante, » répondit Kirika. « Il semble qu’elle est récemment tombée amoureuse de tout ça à la suite de la recommandation d’autres enseignants. Apparemment, cette mode semble avoir affecté toute la salle du personnel. »

« Le passe-temps personnel de cette enseignante... Alors pourquoi avez-vous été envoyée ici, vice-présidente ? » demanda Eruru.

« Parce que mon père est dans l’importation de diverses marchandises, il a donc accès à des objets rares, » répondit Kirika. « En tant qu’intermédiaire, j’aide l’enseignante à acheter ce qu’elle veut et je les livre ici. »

« Je vois, » répondit Eruru. « Mais vous avez aussi mentionné que vous avez fait vous-même des tisanes... De quoi s’agit-il ? » Jouant le rôle d’une cadette inquisitrice et innocente... Eruru avait continué la conversation.

Grâce aux parfaites compétences d’actrice d’Eruru, Kirika n’avait pas refusé de répondre à ses questions qui sortaient les unes après les autres.

« C’est mon hobby, » répondit Kirika. « Quand ma grand-mère cultivait des herbes, je l’aidais souvent et j’ai naturellement appris à les utiliser tout au long du processus. J’en avais donné une fois à l’enseignante et elle l’a aimé dès qu’elle y a goûté. Par la suite, j’ai commencé à lui en envoyer assez régulièrement. Peut-être qu’elle pourrait même vous en faire goûter un jour ? J’ai entendu dire que lorsqu’elle préparait des collations pendant les cours de cuisine, et elle fait souvent de la tisane afin de les accompagner. »

« ... Je vois, » déclara Eruru. « Vous devez être assez proche de cette enseignante. »

« Parce que le conseiller pédagogique du conseil étudiant m’ignore la plupart du temps... Mais ce professeur écoute souvent mes problèmes, » répondit Kirika. « Elle est également très familière avec l’entretien des plates-bandes, donc nous partageons pour ainsi dire un langage commun. Je lui donne simplement les choses que j’aime comme cadeau en retour. De plus, j’aide l’enseignante à préparer l’eau utilisée pour cuisiner, j’emprunte des articles pour le thé et des trucs comme ça. »

« ... Je vois, » les yeux d’Eruru s’étaient illuminés derrière ses lunettes en raison de sa perspicacité. Même si son expression était toujours celle d’une jeune fille innocente, il semblait y avoir un subtil changement.

« Je pars maintenant, alors vous devriez bientôt partir, » déclara Kirika. « Puisque la professeur n’est pas là, vous ne devriez pas rester trop longtemps ici. Les objets trouvés devraient tous être conservés dans le cabinet là-bas. »

« Je vous remercie. Nous partirons dès que nous l’aurons fouillé, » Eruru regarda Kirika quitter la pièce tout en étant souriante.

Après avoir fermé la porte, une fois que les pas de Kirika ne pouvaient plus être entendus, Eruru avait immédiatement entrepris une fouille méthodique du sac afin d’enquêter.

« ... Qu’est-ce que vous faites ? » demanda Hisui.

« N’est-ce pas évident ? Je suis à la recherche de preuves. Hmm... Comme il y a tellement d’articles, si l’on prend un peu de chacun, personne ne devrait le remarquer. Nous devons les prendre pour immédiatement les analyser. »

Eruru tenait à la main ce que Kirika décrivait comme étant le passe-temps du professeur, des bougies parfumées, des bocaux remplis d’huiles essentielles, ainsi que des contenants ayant des feuilles de thé à l’intérieur.

Puis, après avoir disposé les trois types d’objets sur la table, elle les avait placés dans des sacs en plastique et des éprouvettes. Ses mouvements étaient exactement comme une policière qui rassemblait des preuves sur une scène de crime. Apparemment pour ces missions d’enquête, elle avait toujours gardé ces outils à proximité.

« Dites... Les choses que vous avez là ne sont-elles pas sans rapport avec la pratique de la cuisine d’aujourd’hui ? » demanda Hisui.

« En effet, les bougies parfumées et les huiles essentielles ne sont pas liées, » répondit Eruru. « Même si les bougies parfumées étaient allumées d’une façon ou d’une autre pour nous faire sentir le gaz ainsi libéré, nous le remarquerions à cause de l’odeur. Même si l’arôme était extrêmement faible, il aurait été impossible d’échapper à mon odorat ou à celui d’un vampire. Et aussi, aujourd’hui, notre professeur n’a pas sorti de tisane pendant la pratique. »

« Alors pourquoi faites-vous ça ? » demanda Hisui.

« Ne le comprenez-vous toujours pas ? » demanda Eruru. « Il n’y a pas besoin d’ingérer ces choses directement dans le corps. Grâce à l’utilisation d’autres herbes, il aurait suffi de faire entrer ces substances dans le corps du vampire d’une autre manière. »

« Attendez une minute, comment ces trois choses pourraient-elles aider à atteindre cet objectif ? » demanda Hisui. « Hypnotiser le vampire et lui faire elle-même boire la drogue ? »

Hisui avait demandé ça en plaisantant et Eruru avait doucement répondu. « Pas mal ! Mais pas non plus tout à fait correct. Il n’y a pas besoin d’hypnotiser le vampire lui-même. Puisque le vampire ne l’a pas ingéré, elle n’aurait pas été hypnotisée. Cependant... L’enseignante de substitution impromptu... aurait pu être hypnotisée. »

Hisui la regarda avec les yeux écarquillés.

À propos des anciennes légendes des sorcières..., sans même être un expert, mais en ayant reçu des connaissances de son parent adoptif qui avait vécu à la même époque que les sorcières, Hisui comprenait ce qu’Eruru laissait entrevoir.

« Que ce soit des huiles essentielles ou des herbes, les deux sont des spécialités transmises par les anciennes sorcières, » déclara Hisui. « En utilisant leurs effets, renforcés par un peu de magie, de simples suggestions pourraient être faites à l’enseignante, réalisant ainsi l’objectif de la manipulation. C’est ce que vous voulez dire, n’est-ce pas ? »

« Exactement, » répondit Eruru. « L’enseignante pouvait se déplacer entre les groupes de manière factuelle, tout en examinant le processus et les résultats de la cuisine. Si elle avait eu de mauvaises intentions, elle aurait pu faire tout ce qu’elle voulait. »

« C’est possible, » répondit Hisui. « Mais pourquoi nous aurait-elle dit quelque chose d’aussi crucial pour ce puzzle ? Si la vice-présidente était une sorcière, elle devrait savoir que vous et moi sommes les amis de Rushella, n’est-ce pas ? »

« Votre suggestion est raisonnable, » répondit Eruru. « Cependant, elle aurait pu le dire délibérément pour dissiper les soupçons. Quoi qu’il en soit, il est possible que ce qu’elle a apporté dans le sac en papier aujourd’hui ne soit que des articles tout à fait ordinaires. Cependant, ceux qui sont restés dans cette pièce à cause d’utilisations antérieures pourraient être différents. Je ne m’attends pas à ce que l’analyse scientifique soit en mesure d’expliquer les techniques utilisées par les sorcières, mais si l’analyse identifie des composants qui sont incroyablement scientifiquement soit renfermant des éléments inconnus, alors une conclusion peut être atteinte. »

« ... Je vois. Comme c’est bien pensé, » Hisui croisa les bras, acquiesça et s’exclama.

Comparé à Eruru dont l’esprit avait été en mouvement tout ce temps, il semblait complètement improductif.

« Allez un peu utiliser votre cerveau ! Rien n’est totalement sûr à ce stade. Dépêchez-vous et aidez-nous à réfléchir s’il y a d’autres preuves que nous aurions pu ignorer ? » Eruru désigna un seau en plastique dans le coin de la pièce.

Les déchets de la cuisine étaient vidés tous les deux jours, mais les poubelles de cette journée étaient toujours dans le seau.

Hisui comprit ce qu’Eruru voulait dire et tordit son visage avec dégoût. « Me demandez-vous de fouiller dans la poubelle !? »

« Dans un certain sens, toutes les preuves ne pourraient-elles être là ? Dépêchez-vous, puisque votre cerveau est inutile, alors contribuez un peu avec votre force, » Eruru ordonna sans pitié, son ton de voix n’offrant aucune place pour le compromis.

Avec beaucoup de réticence, Hisui avait commencé à fouiller dans la poubelle.

Comme mesure de sécurité minimale, il portait les gants en caoutchouc de l’évier de la classe d’économie domestique alors qu’il mettait ses mains dans le seau en plastique.

« Quoi !? Tout cela, n’est-ce pas que les feuilles de légumes ? Sont-ils vraiment liés à ça ? » demanda Hisui.

« Alors, vous devez trouver quelque chose d’autre qui soit suspect. Voulez-vous dire par là que comme vous êtes du même genre qu’eux, alors vous ne pouvez pas voir la différence ? » demanda Eruru.

« Que voulez-vous dire par là, pensez-vous que je sois un déchet !? » s’exclama Hisui.

« Ah ! Excusez-moi, je suis allée trop loin, » déclara Eruru.

« ... C’est bien tant que vous vous en rendez compte, » déclara Hisui.

« Je m’excusais pour les déchets, » répondit Eruru.

« Hein... !? » s’exclama Hisui.

Alors qu’Hisui avait été choqué d’entendre qu’il était pire que des ordures, il avait trouvé quelque chose qui était différent des feuilles de légumes.

Tout en retenant son souffle, il attrapa l’objet se trouvant dans un sac en papier assez petit pour tenir dans la paume de la main.

À travers le sac en papier, on pouvait dire qu’il contenait des feuilles déchiquetées de certaines plantes.

Était-ce un sachet de thé japonais, ou un peu de tisane aimée par le professeur d’économie domestique ?

Alors qu’Hisui examinait ce qui était dans sa main, Eruru l’avait enveloppé dans du papier de soie et l’avait mis de côté.

« Dites..., » commença Hisui.

« Rien d’autre de suspect ? » demanda Eruru.

« Je n’ai encore rien trouvé d’autre..., » répondit Hisui.

« Alors, arrêtons pour l’instant la fouille ici. Je vais aussi prendre cela pour l’analyse. Y a-t-il un autre endroit auquel vous pouvez penser ? » demanda Eruru.

En entendant la question d’Eruru, Hisui s’arrêta un instant avant de répondre. « Je suppose qu’il y en a un endroit en plus que j’aimerais fouillé. »

« Lequel ? » demanda Eruru.

« La bibliothèque... Ou plutôt, la salle de préparation de la bibliothèque, » répondit Hisui.

†††

Partie 3

« Pourquoi dois-je faire équipe avec vous ? » demanda Rushella.

« J’allais exactement dire la même chose ! » s’exclama Mei. « C’est une chance rare pour moi de visiter l’école avec Hi-kun, comme le lit de l’infirmerie, le magasin de sport, le vestiaire des filles, un moment très attendu après l’école, à la fois dangereux et adulte... Ou plutôt, une joyeuse période après l’école, j’étais impatiente d’y être ! »

« Que comptez-vous faire à mon serviteur !? » demanda Rushella. « Tant que la lumière cramoisie de mes yeux continue à briller, vous ne réaliserez jamais vos ambitions ! »

« Quoi, est-ce une sorte de version vampire d’un dicton cliché !? » demanda Mei.

Après plusieurs échanges d’arguments, Rushella et Mei avaient fait un « Pfff ! » l’une à l’autre, détournant leurs visages en même temps et s’arrêtant de parler.

Une vampire et une humaine artificielle, cette équipe de rêve contenant une paire d’individus qui représentait une promesse exceptionnelle en tant que futures stars d’Hollywood, étaient vraiment en mauvais terme.

N’ayant pas d’autre choix que de marcher ensemble, Mei avait commencé à prendre la tête alors que Rushella la suivait.

« Où allons-nous ? Avez-vous une idée ? » demanda Rushella.

« Bien sûr que non, » répondit Mei. « Eh bien, ces deux-là devraient être en mesure de trouver quelque chose. Ce que je peux seulement faire, c’est la base des investigations sur la scène de l’incident. »

« La scène ? » demanda Rushella.

Alors que Rushella était perplexe, Mei avait arrêté de marcher.

Le couple était arrivé à la cour arrière où Hisui et Eruru avaient découvert hier le cadavre du chat.

Mei avait déjà eu des informations de la part d’Eruru, donc elle avait décidé d’enquêter sur cette « scène de l’incident » une fois de plus.

Mais aucun indice n’était à première vue visible.

Il n’y avait pas de nouvelles victimes de chat ni de symboles semblables au cercle magique.

Alors qu’elle visitait cet endroit pour la première fois, Rushella avait erré au hasard dans la petite forêt. Puis, elle ouvrit brusquement les yeux alors qu’elle pointait du doigt vers le sol.

« Hé... Est-ce une tombe ? » demanda Rushella.

« Hmm ? ... C’est vrai. Eruru-chan m’a dit qu’elle a fait une tombe pour chaque incident. Celle-ci devrait être celle qu’elle avait fraîchement faite avec Hi-kun. Qu’en est-il ? »

« Quelqu’un a offert des fleurs, » déclara Rushella.

« Hein... !? » s’exclama Mei.

Avec curiosité, Mei avait regardé les trois monticules de terre se trouvant devant elle. Tout comme Rushella l’avait dit, quelqu’un avait placé plusieurs belles fleurs sur elle.

« Si ces deux-là ont fait ça... ? » demanda Mei. « En y pensant, ne semblent-ils pas être en bons termes tous les deux ? »

« ... Je ne sais pas, » répondit Rushella.

« Je ne m’attendais pas à ce qu’ils s’entendent si bien, » déclara Mei. « Ils sont tous deux assez familiers avec les connaissances occultes, et aujourd’hui, ils ont fini par prendre des mesures ensemble. Hi-kun est vraiment... »

« Je vous l’ai déjà dit, je ne sais pas !! » rugit Rushella, faisant que Mei cessa de parler.

Puis Rushella était allée plus loin en colère, avec un visage plein de mécontentement.

Mei haussa les épaules et la suivit.

« Quoi !? Ai-je appuyé sur le mauvais bouton ? » demanda Mei.

« ... » Rushella ne répondit rien face à ça.

« Même si je ne sais pas ce que pense Hi-kun, nous ne devrions pas sous-estimer Eruru-chan, » continua Mei. « En fait, elle se soucie vraiment beaucoup de Hi-kun. Est-ce que vous le saviez ? Bien que ce ne soit pas vraiment clair dans quelle mesure cela va... »

« Et alors..., » commença Rushella.

« Rien de plus, » répondit Mei. « C’est juste que comparé à une vampire, elle est une compatibilité bien meilleure. Je dois également faire plus attention. »

« Qu’est-ce que cela... a comme rapport avec moi..., après tout, l’individu qui me sert est comme ça et il devrait être..., » cela avait été déclaré très doucement. Cela avait fait paraître la magnifique silhouette de Rushella encore plus vulnérable et fragile que d’habitude.

« ... Croyez-vous vraiment cela ? Alors vous êtes vraiment naïve et optimiste, » déclara Mei. « En tout cas, revenons à la tâche et aidons à l’enquête. Cela a commencé à cause de vous, c’est pourquoi nous travaillons en équipe. Est-ce que vous vous en rendez compte ? Que savez-vous de la sorcière ? »

Mei passa à un ton grave. Peut-être était-il inutile de demander à Rushella de lui fournir des souvenirs perdus. Mais elle n’était pas une âme bienveillante qui pouvait endurer indéfiniment l’obstination d’un vampire.

« ... Je ne sais pas grand-chose, » répondit Rushella. « Cependant, ma race a eu des contacts avec des humains en dehors de leur besoin de se nourrir de leur sang. Les humains connus comme sorcières étaient un tel groupe. »

« Qu’est-il arrivé ? » demanda Mei.

« Ma race possède des corps beaucoup plus résistants que les humains, » répondit Rushella. « Mais malheureusement, nos “faiblesses” nous rendent également incroyablement fragiles. Et les techniques afin de compenser ça n’ont pas été entièrement créées par ma race, mais plutôt par des mains humaines. »

Rushella leva son parasol favori et l’agita. C’était celui qu’elle utilisait toujours à l’extérieur pendant la journée.

« Ce type d’outil de protection solaire a été créé par des artisans humains, » continua Rushella. « L’objet qui est en ma possession a reçu un traitement spécial pour entièrement neutraliser les effets du soleil et repousser la pluie. Il existe également des objets qui ont été modifiés comme des armes ou des zones magiques, ces choses impliquent souvent les techniques de sorcières. »

« Je vois..., » répondit Mei.

Dans l’ouest, le fait de traiter les sorcières et les vampires de la même manière était profondément enraciné. Il n’était pas surprenant que les humains et les vampires forment une sorte de relation symbiotique en exploitant chacune de leurs forces.

« La dernière fois, ce baron que Hisui et moi avons détruit, j’ai entendu dire qu’il appliquait quelque chose sur sa peau pour bloquer la lumière du soleil, » déclara Rushella.

« Ah, la préparation de la crème solaire. Qu’en est-il ? » demanda Mei.

« Bien que la version moderne soit probablement différente, des choses similaires existaient dans l’antiquité, » répondit Rushella. « En appliquant un onguent spécial sur la peau, cela permet une liberté de mouvement temporaire sous le soleil. Le processus de fabrication était tout à fait unique et extrêmement important pour nous, mais malheureusement, notre race n’était pas au courant de ça et pouvait seulement demander de l’aide aux sorcières. »

« N’est-ce pas la préparation secrète des sorcières qui a traversé les âges, la version de l’onguent des sorcières !? » demanda Mei.

« Eh bien... probablement, » répondit Rushella. « Je ne savais pas que ma race et les sorcières avaient une histoire si profonde et entrelacée. »

En entendant Rushella parler du passé dans un rare moment, Mei hocha la tête avec emphase.

Pour être honnête, son opinion sur le vampire s’était légèrement améliorée.

Mais apprendre ces choses avait fait apparaître de nouvelles questions.

« Mais alors, je me demande pourquoi votre race a dû compter sur les sorcières de la race humaine, » demanda Mei. « N’aurait-il pas été plus simple de les asservir en utilisant des Yeux Mystiques ou en suçant leur sang ? Cela les aurait forcés à vous révéler la méthode de production, ou simplement en faire des serviteurs. »

« Je crois que beaucoup de membres de ma race l’ont tenté, mais leurs efforts ont tous échoué, » répondit Rushella. « Et probablement en raison des effets de la “chasse aux sorcières”, les sorcières agissent avec une grande prudence. En outre, ils sont très bien informés sur les façons de gérer ma race. Ils savent comme neutraliser l’effet des Yeux Mystiques ou utiliser du poison pour nous affaiblir. Même si nous possédons des corps de morts-vivants et ne serons pas tués, cela nous cause de grandes souffrances. Selon les témoignages, il y a même un poison qui peut envoyer des vampires en animation suspendue telle une mort temporaire. »

« Je vois... En passant, ne vous souvenez-vous pas de connaissances du passé ? Est-ce que votre mémoire a été récupérée ? » demanda Mei.

« ... Non. C’est simplement les connaissances de base, » répondit Rushella. « Tout vampire pur sang le saura par son ascendance, mais c’est simplement la connaissance, rien de plus que ça. Même si je peux m’en souvenir, il n’y a pas de sens concret à tout ça... » Expliqua Rushella avec une sombre expression.

Elle semblait dire la vérité. Tout ce qu’elle racontait était simplement une connaissance emmagasinée dans son esprit. Autre que cela, il n’y avait pas d’expériences ou de sensations, seulement des connaissances vides composées mécaniquement de termes et de phrases.

« Cependant... Cette connaissance n’est-elle pas maintenant utile ? » demanda Mei. « Même si ces deux-là sont très bien informés, il y a des choses que vous seule connaissez en tant qu’authentique vampire, n’est-ce pas ? Je suppose... que Hi-kun serait heureux de le savoir ? »

« Est-ce vraiment le cas... je l’espère..., » un soupçon de plaisir était revenu sur le visage de Rushella.

Alors que Mei se réprimandait secrètement pour l’acte naïf de remonter le moral de sa rivale, elle continua à réconforter Rushella.

« ... ! »

« Qu’est-ce qu’il y a maintenant ? Pourquoi avez-vous arrêté ? » Alors qu’elle était presque rentrée en collision avec le dos de Rushella, Mei demanda ça.

Rushella se tenait là avec une expression sévère.

Elle regardait le coin d’un parterre de fleurs qui était relié au bâtiment de l’école.

« Tout à l’heure, je vous ai mentionné un type de poison qui pourrait causer la mort temporaire d’un vampire, n’est-ce pas... ? » demanda Rushella.

« ... Oui. Différent de l’eau bénite ou de l’ail... Vous avez dit qu’il s’agissait d’un poison de sorcières, n’est-ce pas ? »

« Oui, » répondit Rushella. « Ma race se méfie beaucoup de ce poison et nous connaissons ses ingrédients. Même si la procédure et la concoction exacte diffèrent d’une sorcière à l’autre, l’aspect le plus important est la matière première. Sans un ingrédient particulier, le poison ne peut pas être fait et il n’y a rien à craindre pour ma race. Je ne sais pas si c’est la fortune ou le malheur, mais cet ingrédient n’est pas seulement rare, mais il est également limité à une sorte. »

Il y avait une seule fleur qui fleurissait dans le coin du parterre de fleurs.

La fleur était visiblement différente des autres plantes, isolée dans un coin, et ses pétales violets semblaient vénéneux.

Très alertée par ce qu’elle avait vu, Rushella regardait cette fleur en forme de cloche.

« Attendez une minute... Ne dites pas... que cela serait cette... chose qui est devant nos yeux !? » demanda Mei.

« Tout à fait... Je ne m’attendais jamais à le trouver ici, » répondit Rushella.

Une fleur dont le poison menaçait même les vampires.

Transmis depuis l’Antiquité, la fleur vénéneuse de la mort.

Les lèvres rouge vif de Rushella avaient lentement prononcé son nom. « La mandragore. »

†††

Partie 4

« Pardonnez-nous pour notre intrusion ~, » même s’il n’y avait pas de personnes présentes, Hisui déclara ça au cas où cela n’aurait pas été le cas. Il l’avait fait d’une voix extrêmement faible.

Même ses mouvements étaient légers et il avait essayé de ne pas faire de bruit pendant qu’il marchait.

« Qu’est-ce que vous faites ? » demanda Eruru.

« Ah, je me conforme à l’atmosphère... car après tout, cela fait partie de la bibliothèque ? » demanda Hisui.

« En théorie, vous êtes autorisé à parler librement dans la salle de préparation de la bibliothèque, » Eruru avait expliqué la situation. Sa voix était aussi beaucoup plus calme que d’habitude. « Bien sûr, cela dépend du fait que vous ne causez aucune nuisance aux personnes de la bibliothèque qui se trouve juste à côté. »

Après avoir fini leur enquête dans la salle d’économie domestique et dans sa salle de préparation, ils s’étaient tous les deux rendus à la bibliothèque puis à la salle de préparation qui lui était affectée.

C’est là que le bibliothécaire faisait son travail préparatoire et aussi où les étudiants du comité de la bibliothèque qui aidait le bibliothécaire se réunissaient pour ça. En principe, il était fermé aux étrangers.

Heureusement, Eruru avait rapidement été nommée au comité de la bibliothèque dès qu’elle avait été transférée à l’école, alors ils avaient une excuse s’ils étaient pris ici.

Le professeur faisant office de bibliothécaire n’était pas présent à cause d’une réunion du personnel, par conséquent le duo avait pu emprunter la clef dans la salle du personnel et ils s’étaient glissés ici. Par chance, aucun autre étudiant ne les avait vus.

« Mais pourquoi venir à cet endroit ? » demanda Eruru. « Je suis venue ici plusieurs fois en raison de mes fonctions... Mais je ne pense pas que cet endroit possède des indices liés à l’incident. Vous ne pouvez quand même pas croire qu’il pourrait y avoir des grimoires cachés ici, n’est-ce pas ? »

« ... Cette possibilité ne peut être complètement niée, mais ce n’est pas la raison pour laquelle je me suis senti intéressé par le fait de venir ici. C’est de ça que je suis en train de parler. »

Hisui avait pointé du doigt les profondeurs de la pièce.

Un meuble massif servant de bibliothèque se tenait devant le mur, marquant un espace vide qu’une personne pouvait passer à travers.

La bibliothèque était pratiquement remplie de livres. Toutes leurs couvertures étaient décolorées de l’âge, et beaucoup d’entre eux montraient des signes de dommages.

« Cet endroit... est une zone restreinte, » déclara Eruru. « En principe, aucun des livres ici n’est en circulation et ne peut être lu dans la bibliothèque sauf avec une autorisation préalable... En effet, il existe de nombreux livres anciens ou rares, mais y a-t-il un problème ? »

« Non, non, la clef de tout ça est derrière la bibliothèque, » répondit Hisui.

Hisui avait marché jusqu’à aller derrière la bibliothèque. Parce que la bibliothèque ne se tenait pas contre le mur, il y avait un espace sombre et étroit derrière elle.

« Est-ce votre première visite ici ? » demanda Hisui.

« Oui... Mais c’est quand même juste un débarras, » répondit Eruru.

Comme Eruru l’avait décrit, l’endroit était rempli de divers articles non triés. Couvert de poussière, il faudrait beaucoup de travail pour nettoyer ou trouver quelque chose en particulier.

« Auparavant, l’enseignant avait besoin d’une sorte d’anciennes informations, donc la représentante de classe a été envoyée pour les localiser, » déclara Hisui. « J’ai remarqué qu’elle passait un moment difficile, alors je suis venu l’aider. Puis j’ai découvert cet inhabituel spectacle, alors je me suis posé la question de savoir quelles choses étaient conservées ici. »

« ... Quelles choses ont été gardées ici ? » demanda Eruru.

« Toutes sortes de choses, mais surtout des résumés, » répondit Hisui.

« Des résumés !? » s’écria Eruru.

« Tout à fait, » répondit Hisui. « Je ne sais pas si les étudiants actuels le font encore ou non, comme les personnes des clubs culturels comme le Club de Littérature ou la Société de Recherche de Manga. Chaque fois que des clubs dans le passé avaient accompli toutes sortes de réalisations, ils les avaient consignées, et donc, tout ça serait probablement ici. Cela inclut le Club de Recherches Occultes. »

« Le Club de Recherches Occultes... Une telle chose existait-elle réellement une fois à l’école ? » demanda Eruru.

« Je l’ai seulement entendu mentionner par la vice-présidente, » répondit-il. « Bien sûr, cela pourrait être sans rapport avec l’incident actuel et être simplement un club de recherche. Mais au cas où, voyons cette piste. »

Après qu’Hisui avait dit ça, il s’était retourné vers la pile d’articles assortis. Mais la vue lugubre de cette pile d’objets proche d’être cataloguée comme des déchets avait instantanément tué son enthousiasme.

« ... Je suppose que nous allons à la place partir, » déclara Hisui.

« N’avez-vous pas de courage ? » demanda Eruru.

« Je pense juste que mes efforts seront futiles, » répondit Hisui.

« Même si dès le départ je n’avais aucun espoir en vous, vous ne m’avez pas encore déçu, » Eruru soupira en marchant vers la petite montagne de documents.

Devant elle, une pile désordonnée de livres avec d’innombrables fascicules ouverts, des livrets éparpillés sur le sol, des cartons non identifiés — mais Eruru s’avança sans peur.

« Je comprends, je comprends, je vais aussi vous aider. Mais ça va prendre une éternité..., » déclara Hisui.

« Pas nécessairement. C’est tout pour aujourd’hui, » parla-t-elle avec son visage impassible habituel. Puis, Eruru avait extrait un livret de la pile et l’avait montré à Hisui.

*

« Le Carnet Noir — Le rapport d’activité du Club de Recherches Occulte — »

*

La couverture avait ces mots écrits en rouge vif sur un fond noir. Évidemment, c’était aussi différent des clubs culturels typiques que la nuit et le jour.

Il n’y avait pas de décoration sur la couverture autre qu’une ligne isolée de mots. On ne pouvait même pas commencer à deviner quel genre de contenu y était inscrit. Comparé aux résumés de clubs ordinaires, ce livret était nettement plus épais et se situait au niveau d’un livre relativement mince.

« Comment l’avez-vous trouvé !? » demanda Hisui. « Vous avez bien trop de chance ! »

« Ce résultat ne vient pas de la chance, mais de l’inévitable, » répondit Eruru. « Comparés au reste, seuls les environs de ce livret n’avaient pas de poussière. Il est très probable qu’il a été récemment pris par quelqu’un. »

« ... Je vois. Attendez une minute, » déclara Hisui. « Si quelqu’un l’a déjà pris, pourquoi quelqu’un le remettrait-il ici ? »

« Parce que cette pièce contient aussi une photocopieuse, il a simplement copié tout le livre ou seulement les pages nécessaires, » répondit Eruru. « Afin de ne pas éveiller les soupçons, il a été replacé là où il a été trouvé. Comme il a mis autant d’efforts, le contenu de cette brochure devrait être prometteur. » Eruru avait parlé alors qu’elle l’avait ouvert et avait commencé à parcourir le contenu.

Hisui avait également approché son visage afin de pouvoir jeter un coup d’œil.

« ... Trop proche, » déclara Eruru.

« Ah, désolé, » répondit-il. « Mais votre peau est vraiment très lisse. Comment la maintenez-vous si belle ? »

Eruru rougit à la suite de la quasi-collision avec le visage de Hisui. Alors qu’Hisui lui caressa la joue et s’exclama, elle le gifla.

« ... Pourquoi m’avez-vous frappé !? » s’exclama Hisui.

« ... Vous le savez bien, » répondit Eruru.

Eruru essaya désespérément de faire semblant d’être calme, mais son doux visage afficha soudainement la surprise.

Au centre de la couverture du livret, des flammes rouges avaient soudainement commencé à brûler.

« Quoi... !? » s’exclama Eruru.

« Hé, dépêchez-vous et débarrassez-vous-en ! » s’écria Hisui.

Entendant le cri de Hisui, Eruru jeta frénétiquement le livret au sol.

Dès que le livret avait quitté sa main, des flammes avaient également jailli de l’intérieur et le livret entier avait commencé à s’incinérer.

Au moment où il était tombé sur le sol, la plupart des pages avaient brûlé et étaient devenues en cendres.

Afin d’empêcher le feu de se propager, Hisui avait enlevé sa veste pour couvrir le livret et étouffer les flammes.

Heureusement, les flammes n’avaient fait que légèrement brûler les planches sans incident majeur.

« Allez-vous bien !? Avez-vous été brûlée... ? » demanda Hisui.

« Je vais bien, » répondit Eruru. « Mais c’était quoi ça... ? Cela ne devrait pas être une sorte de piège mécanique. C’est de la magie... »

« Est-ce que ça pourrait aussi être l’œuvre de la sorcière ? Je parle du fait d’essayer de brûler à mort les personnes qui enquêtent avec imprudence ? » demanda Hisui.

« Ce petit feu ne brûlerait jamais une personne à mort, » répondit Eruru. « Il s’agit simplement de la destruction de preuves, ainsi que d’un avertissement. Oui, il ne sert qu’un double objectif qui consiste à détruire les preuves après qu’elles ont délibérément pu être vues. Le plus susceptible est que cela sert d’avertissement. »

« On dirait que nous sommes totalement tombés dans ce piège, » déclara Hisui. « Alors qu’elle est le résultat, les restes nous donnent-ils des indices ? »

Avant même que Hisui ne le lui demande, Eruru examinait déjà les quelques pages laissées par le feu.

« Hmm. Basé sur la reliure, le contenu et la structure de l’écriture, il ne fait aucun doute qu’il s’agit d’un condensé écrit par des lycéens, » répondit Eruru.

« ... Euh, » répondit Hisui.

« Cependant, le contenu se trouvant à l’intérieur est du sérieux ! » continua Eruru.

« Quoi !? » s’exclama Hisui.

Eruru avait soulevé délicatement l’une des pages les moins endommagées pour qu’Hisui puisse la regarder.

Bien que la page ait été fortement endommagée, les choses dessinées sur elle étaient encore discernables — un cercle magique.

Il était identique à celui qu’ils avaient trouvé sur la scène du chat mort.

Au bas de la page, il y avait même des explications sur la sorcellerie et le cercle magique.

Tout comme Eruru l’avait décrit, c’était au mieux un résumé. C’était trop grossier pour être appelé un grimoire.

Néanmoins, son contenu était capable d’expliquer les phénomènes observés hier.

Eruru avait lu à haute voix les mots sur la page avec indifférence. « Placez le cadavre d’un petit animal sur le cercle magique tracé avec du sang et lancez un sort de renaissance simple. Ceci imprègne le cadavre d’une vie simulée, qui ne durera qu’au plus un jour, lui permettant d’être commandé comme s’il était un simple familier. Cependant, les actions du familier se limitent à un comportement extrêmement simple. Et aussi, la renaissance elle-même est particulièrement difficile et encline à l’échec. De plus, préparer le cadavre n’est pas une tâche facile. Ce n’est qu’une simple magie de base, à améliorer... C’est ce qui est écrit là. »

« Ça se révèle vraiment être de la magie... Et avec des explications écrites par un ancien élève..., » déclara Hisui.

« En me basant sur la page sous-jacente, cela a été écrit il y a dix ans, » dit Eruru. « La liste des membres du club... ne peut être lue, car cela a brûlé. Cependant, c’est... ! »

Eruru fut d’un coup grandement surprise.

Hisui avait déplacé son regard vers le livret et avait confirmé le nom inscrit dessus.

Alors que les deux étudiants se regardèrent comme pour se prouver l’un à l’autre qu’ils n’imaginaient pas quelque chose, ils désignèrent l’endroit où c’était inscrit pour confirmer à nouveau ce qu’ils avaient vu.

À l’endroit que leurs doigts avaient désigné, il y avait un nom qui leur était familier...

— Horie Jyuri —

Il s’agissait du nom du professeur principal de Hisui.

C’était le seul nom lisible au bas de la liste des membres.

« Horie-sensei... faisait partie du Club de Recherches Occultes ! » s’exclama Hisui.

« Et aussi... Elle avait étudié la véritable magie. Cela augmente notre nombre de suspects par un, et qui plus est, un suspect de taille, » murmura Eruru.

À ce moment-là, le son vibrant de son téléphone portable mise en sourdine avait pu être entendu en provenance de la poche se trouvant à intérieure de ses vêtements.

« Il s’agit d’un message texte de Sudou-san, » déclara Eruru. « Ils semblaient avoir découvert quelque chose... Nous devrions y aller rapidement. »

« D’accord, » répondit Hisui.

Tout en prenant le livret, les deux individus avaient quitté la salle de préparation de la bibliothèque.

En raison du message texte de Mei, ils s’étaient précipités vers une zone spécifique d’un parterre de fleurs proche du bâtiment de l’école.

Et dès qu’ils furent arrivés...

†††

Partie 5

« Il y a une mandragore qui pousse ici !! » Rushella avait rapporté cette information avec une grande fierté.

Le visage de poker d’Eruru était imperturbable, mais Hisui affichait une grande incrédulité.

« Je dis, Rushella-san, par mandragore, vous voulez dire cette plante particulière, n’est-ce pas ? » demanda Eruru. « Même les personnes qui ne connaissent pas grand-chose de l’occulte devraient le savoir, c’est une plante vénéneuse notoire, presque considérée comme une créature fantastique, en tout cas c’est une chose super célèbre, non ? »

« C’est bien ça, » répondit Rushella. « Même si je ne suis pas clair sur les petits trucs des humains, même pour les vampires, cette plante est extrêmement dangereuse ! »

« L’infamie = danger ? Eh bien, je ne peux pas nier complètement ce point de vue... Mais comment ce genre de chose pourrait-il se développer dans un endroit comme celui-ci... ? » demanda Eruru.

« Doutez-vous de mes yeux ! » s’exclama Rushella. « En effet, il semble être une chose rare et précieuse, mais la vérité se tient devant vos yeux ! »

« Même si vous le dites... je ne suis pas très sûre, mais les conditions de croissance de la mandragore ne devraient-elles pas être particulièrement strictes ? » demanda Hisui. « Comme la croissance à côté d’une potence et d’autres conditions en plus. »

« Oh, vraiment ? Alors qu’est-ce que c’est en vérité ? » demanda Rushella.

« ... Pourquoi me demandez-vous ça ? » demanda Eruru.

Rushella avait soudainement poussé la question à Eruru qui avait évité d’y répondre. Cela n’était pas un bon signe.

« Parce que vous semblez être la plus compétente ! » s’écria Rushella. « Je m’intéresse aussi à savoir quelles sont les conditions de croissance requises de la mandragore ! »

« ... Il y a différentes explications, fondamentalement, ceci..., » commença Eruru.

« Ceci ? » demanda Rushella.

« Des endroits où cette chose... en provenance de mâles, ça... La sécrétion, dégoulinant sur le sol, c’est là où ça pousse, quelque chose comme ça..., » balbutia Eruru.

« Sécrétion... Qu’est-ce que c’est que ça !? » demanda Rushella. « Sang, salive !? Si c’est le cas, c’est très normal qu’il grandisse ici ! »

« Ah, p-pas ceux que vous avez listés, ça... c’est..., » Eruru rougissait alors qu’elle parlait.

Pour une raison inconnue, elle lance furtivement des regards sur la partie inférieure du torse de Hisui.

« Alors, qu’est-ce que c’est !? Ne soyez pas avare en information, dépêchez-vous et dites-le-moi ! » s’écria Rushella.

« A -Arrêtez ! Ne me regardez pas avec ces yeux purs et innocents..., » déclara Eruru.

« Alors, sortez-moi ça !? » demanda Rushella.

« C-C’est cette chose... que... les mâles..., » balbutia Eruru.

« Les mâles, quoi ? » demanda Rushella.

« La Sem..., » à mi-chemin de la réponse, Eruru court-circuita en raison de l’embarras.

Son visage était si rouge qu’il semblait presque sur le point de faire sortir de la vapeur. Elle donnait l’impression qu’elle allait bientôt s’évanouir.

Heureusement, Hisui s’avança et l’interrompit. « ... C’est assez. Arrête de lui donner du fil à retordre. »

« Arrête de l’interrompre, elle était vraiment sur le point de le dire ! » déclara Rushella. « Les personnes qui ne savent rien devraient se retirer ! »

« ... En voyant sa réaction, je l’ai deviné. Demande à Sudou de te le dire plus tard, » déclara Hisui.

Hisui avait parlé comme s’il avait compris quelque chose. Eruru avait finalement récupéré son calme après ça et avait pointé du doigt la fleur alors qu’elle avait parlé avec mécontentement. « Arrêtez avec cette chose qui fait tourner en bourrique les esprits des personnes. Kujou-san, dépêchez-vous et arrachez-la. »

« Hein !? » s’exclama Hisui.

« Sortez-le de là, et alors, son authenticité pourra facilement être vérifiée à vue, » déclara Eruru. « Si c’est la vraie chose, il ne peut pas être laissé ainsi. »

« Ah, ça a du sens... alors, tout le monde devrait pouvoir le savoir, n’est-ce pas ? Que se passe-t-il quand une mandragore est déracinée ? » demanda Hisui.

La plante vénéneuse très connue datant de l’antiquité... était aussi connue pour ses propriétés médicinales, et c’était la plante elle-même qui était la plus importante dans les légendes.

Ses racines ressemblaient beaucoup à la forme humaine. En d’autres termes, la partie principale de la mandragore. Si elles étaient arrachées du sol, les racines émettaient d’horribles cris qui étaient assez fort pour tuer ceux qui l’entendaient.

Même quelqu’un qui n’était pas particulièrement au courant des plantes vénéneuses comme Hisui savait cela.

Même si Eruru et Rushella ne disaient rien, Mei elle-même saurait probablement aussi quelque chose comme ça.

Cependant...

« Que voulez-vous dire par déraciné ? » demanda Hisui.

« De toute façon, d’après votre brillante idée, cela devrait être un faux, n’est-ce pas ? » demanda Eruru.

« Bien, cela a été dit... Mais vous savez, juste au cas où... D’accord ? » Hisui chercha pitoyablement leurs consentements, mais les trois filles étaient complètement indifférentes à ses prières, et se retirèrent même en arrière.

« Hé, c’est tellement injuste ! Pourquoi ce genre de tâche laborieuse doit être prise par un homme !? » demanda Hisui.

« Eh bien ! Cela ne compte pas vraiment comme laborieux. Mais le fait de faire de ton mieux est une bonne chose, Hi-kun ❤, » Mei envoya un sourire doux et tendre comme encouragement, mais elle ne voulait pas rester à proximité.

« Hé, avez-vous bien réfléchi, vous trois ? » demanda Hisui. « Ce n’est pas une question de blagues. Si cela s’avère être une vraie mandragore, n’est-ce pas totalement injuste d’avoir le plus faible ici qui fait le travail !? Nous avons un vampire immortel ici ! »

« Ne t’inquiète pas... Tu n’es pas un homme qui mourrait face à quelque chose d’aussi insignifiant ! » Rushella encouragea Hisui tout en serrant les poings, mais elle ne voulait pas rester à proximité.

« Pourquoi faites-vous preuve d’une telle confiance envers moi dans ce genre de situation !? » demanda Hisui. « Hé ! Vous admettez donc que c’est dangereux, n’est-ce pas !? C’est assurément dangereux ! Quoi qu’il en soit... Saviez-vous que les mandragores sont généralement déracinées en utilisant des chiens... »

« Oseriez-vous sacrifier d’autres petites créatures vivantes pour préserver votre misérable vie ? Comme c’est totalement éhonté ! » Eruru avait sévèrement critiqué Hisui. Naturellement, elle ne voulait pas non plus rester à proximité.

« Arrêtez de parler de principes quand tout ce que vous faites est d’abord d’assurer votre propre sécurité ! » s’écria Hisui. « Je ne veux pas non plus sacrifier de petits animaux, mais au moins, je pourrais prendre quelques précautions ? Sinon, à la place de le tirer... Pourquoi, à la place, n’utilisons-nous pas quelque chose comme une bêche pour le déterrer avec la terre environnante ? Allons emprunter une bêche ! »

Hisui avait essayé de négocier avec sérieux, mais le trio l’avait complètement ignoré.

Ou plutôt... Il semblerait qu’elles ne pouvaient pas entendre un seul mot.

« ... !? »

Hisui regarda attentivement.

Voilà pourquoi elles ne pouvaient pas m’entendre, pensa-t-il.

Rushella se bloquait les oreilles avec ses doigts.

Mei avait mis ses écouteurs et était engagée dans une conversation.

Eruru utilisait un lecteur portable pour écouter de la musique.

« Vous, les filles ! Vous êtes vraiment très bien équipées ! Ne pouvez-vous même pas me prêter une paire d’écouteurs !? » Les cris pitoyables de Hisui n’avaient naturellement reçu aucune réponse.

Afin d’aggraver les choses, il avait reçu un message texte en provenance d’une adresse inconnue.

« Dépêchez-vous et sortez-la de là. »

Il l’avait exhorté avec ces mots à le faire. En se basant sur la manière d’écrire, il était plus que probable que cela soit Eruru.

« C’est le premier message texte que vous m’envoyez et il s’avère que c’est ça ! » s’exclama Hisui. « Comme je l’ai dit, donnez-moi au moins une paire d’écouteurs ! Je voudrais écouter de la musique se trouvant sur mon téléphone portable, mais je n’ai pas d’écouteurs ! »

... Il transforma ses émotions indignées en un message texte, et il obtint rapidement une réponse.

« Quand vous sortez la mandragore, il suffit de vous boucher les oreilles avant que les cris “de la racine” ne se fassent entendre, d’accord ? Tout ce que vous devez faire est d’agir plus vite que la vitesse du son dans l’air et tout ira bien. »

« Ah, c’est vrai, je vois... Hé, comme si c’était possible ! » s’exclama Hisui. « Me demandez-vous de bouger avec une vitesse supersonique ! Faire un pas avec le pied gauche avant que le pied droit touche le sol, puis marcher avec le pied droit avant que le pied gauche atterrisse... Cette sorte de théorie ridicule ! Ce n’est pas scientifique ! En outre, boucher les oreilles avec des doigts supersoniques va certainement éclater les tympans et les canaux semi-circulaires, d’accord !? »

... puis, transformant le cri ci-dessus en mots, il avait répondu, et cette fois, il reçut un message de retour signé par les trois filles.

« « «  Arrêtez de dire n’importe quoi et sortez-le ! » » »

« Qu’est-ce que c’est que ce puissant coup de combo triple ? N’est-ce pas une autre façon de me dire d’aller mourir !? » s’exclama Hisui.

Hisui avait abandonné le fait d’essayer de les convaincre et n’avait pas eu d’autre choix que de se tourner vers la mandragore.

Pas d’autre choix...

Même s’il essayait de courir, il serait sûrement attrapé par l’une des trois filles et férocement battu.

Prenant une profonde inspiration, il se dirigea lentement vers la fleur, un pas à la fois.

Saisissant fermement la racine de la tige, il avait vérifié le contact et avait examiné les environs.

À part Rushella et les filles, il n’y en avait pas d’autres personnes à proximité.

Le sol où poussait la mandragore était assez mou, donc il devrait facilement arracher la « racine » sans trop user de force.

Mais le problème était... Après cela.

Si c’était vraiment la vraie chose, elle hurlerait.

Et quiconque entendrait ce son serait mort.

« ... Bon, peu importe ! » dit-il.

Hisui avait retiré la « racine » en un seul coup, et l’avait immédiatement lancée dans les airs aussi fort qu’il le pouvait.

Puis il courut aussi vite que possible vers Rushella et les autres filles.

Cette série d’actions avait été réalisée dans le but de s’éloigner le plus possible de la racine. Même un centimètre valait mieux que rien.

Afin de réduire autant que possible le volume des cris de mort, il s’était désespérément distancié.

Le plan avait réussi.

Probablement parce qu’il avait bouché ses oreilles avec ses doigts, Hisui n’avait pas entendu un son, et son corps était resté correct.

Je suis en sécurité... Hisui ne pouvait pas s’empêcher de penser cela. Puis, il remarqua soudainement où la racine était partie et regarda en l’air.

« Hein !? »

Après avoir atteint le sommet de son vol, la racine commençait sa descente. En voyant son apparence, non seulement Hisui, mais aussi toutes celles qui étaient présentes avaient été stupéfaites.

Selon la tradition, les racines de la mandragore ressemblaient à une forme humaine. Mais cette chose n’avait en aucune façon l’air humaine. Il était indiscernable d’un légume tout à fait commun.

C’était ce qui avait été utilisé il y a pas si longtemps dans le cours de cuisine effectué plus tôt. Une carotte tout à fait ordinaire qu’on pouvait trouver sur n’importe quelle table.

Alors que les quatre étudiants regardaient ça fixement, la chose avait finalement atterri sur le sol.

Eruru avait été la première à se précipiter sur le lieu de l’atterrissage pour ramasser le spécimen problématique afin de le montrer à Hisui et aux deux filles.

Peu importe comment vous le regardiez, c’était une carotte.

« Hein !? » Hisui criant de surprise regardait ça avant tant de force que ses yeux semblaient aussi larges que des ampoules.

Mei s’efforça de ne pas rire alors qu’elle tapotait son épaule. « Hé, c’est quoi ça... une carotte !? Hi-kun était tellement effrayé qu’il doit avoir tout lâché dans son pantalon ! »

« Franchement ! Avoir eu cette peur d’une chose comme ça... comme c’est inesthétique de ta part ! » Rushella s’était jointe aux réprimandes contre Hisui.

En parlant de ça, tout avait commencé avec elle.

« Vous sécurisez votre propre vie et maintenant, vous sermonnez sur ceci et cela... Je risquais ma vie ici ! » s’écria Hisui. « Quoi qu’il en soit, quel genre de blague de mauvais goût est-ce !? Qu’est-ce que c’est que ça de déguiser délibérément une carotte comme s’il s’agissait d’une mandragore !? Hé, Rushella, comment as-tu pu confondre cela avec le vrai !? »

Les grognements de Hisui se précipitèrent comme une marée, mais Eruru l’arrêta calmement. « C’est la véritable mandragore. »

Hisui ainsi que les autres étaient devenus incrédules.

Eruru avait pris la racine... ou plutôt, la fleur qui poussait après la carotte pour là leur montrer.

« Au moins, la fleur est réelle, » déclara Eruru. « Même si je ne l’ai vu que dans d’anciens croquis, c’est la première fois que je vois la vraie mandragore... Si Rushella a décidé sur cette même base, cela devrait être réel au-delà de tout doute. Bien sûr, la partie “racine” est fausse, mais ce n’est probablement pas une farce, mais un type de “greffage” en jardinage. Greffer la fleur d’une mandragore sur un faux, afin de pouvoir produire une véritable racine. »

« Comment quelque chose comme cela pourrait-il réussir... ? » Hisui ne savait rien du jardinage, mais son intuition lui disait que c’était impossible. Si ce genre de truc pouvait produire en masse la légendaire plante vénéneuse, ce serait trop facile.

« Comme vous le dites, c’est impossible, » répondit Eruru. « Et en réalité, cela a échoué. Cependant, le problème est différent. En effet, il y a quelqu’un qui fait ceci à savoir. La sorcière. Plus important encore, puisqu’il y a une vraie fleur ici, alors il est fort probable qu’elle possède aussi la vraie racine. »

Les paroles d’Eruru avaient fait froncer les sourcils d’Hisui.

On pouvait se moquer de l’incident de tout à l’heure, mais on ne savait pas où se trouvait la racine si importante dont Rushella se méfiait.

« J’ai beaucoup de choses à vérifier, mais comme je le pensais, il n’y a toujours pas assez d’informations, » déclara Eruru. « De plus, je ne suis pas une experte en magie et je n’ai pas de ressources sous la main. Quel genre d’endroit aurait ce genre d’informations, et permettrait de s’asseoir et de faire des recherches tranquillement sans être dérangé... »

Eruru soupira avec désespoir. À ce moment-là, Hisui leva légèrement la main.

« Qu’est-ce qu’il y a ? » demanda Eruru.

« Je connais un endroit comme ça à proximité, » déclara Hisui.

« Où ? » demanda Eruru.

Tous les regards étaient concentrés sur Hisui. Il se désigna et déclara. « Chez moi ! »

†††

Chapitre 4 : Camp d’entraînement du printemps

Partie 1

Une nuit, pendant un certain congé au cours du mois de mai, la maison de Hisui avait accueilli ses premiers invités depuis que Rushella avait emménagé ici.

« ... Je vous remercie pour votre hospitalité, » déclara Eruru.

« De même ici, merci pour ton hospitalité, » déclara Mei.

En totale opposition, Eruru était entrée dans la maison sans expression alors que Mei la suivait en affichant une grande joie.

Les bagages qu’elles transportaient étaient également complètement différents. Eruru avait avec elle un simple sac de voyage de taille moyenne qui contenait probablement l’essentiel, tandis que Mei traînait une grosse valise à roulettes, comme si elle partait dans un voyage à l’étranger.

« Qu’est-ce qui ne va pas chez vous ? Pourquoi devez-vous apporter autant de bagages !? » demanda Rushella qui se tenait à l’entrer à côté des deux autres filles. « Et à ce propos, pourquoi êtes-vous venue ? » Elle semblait très mécontente alors qu’elle pointait du doigt la grande valise de Mei.

Il s’agissait là de la suggestion de Hisui qui leur avait dit de venir chez lui afin de permettre d’effectuer des recherches et pouvoir également mettre en commun toutes leurs informations à propos de la sorcière... mais Rushella semblait insatisfaite pour une raison inconnue, et elle le démontrait avec rage avant même que le soleil ne se soit levé.

« Oh mon Dieu ! Ne devais-je pas venir aussi, car je suis l’assistante d’Eruru-chan ? Et laisser un jeune homme et une femme passer du temps seul sous le même toit... et si quelque chose devait arriver ? » demanda Mei.

« ... À mon avis, c’est quand je suis seule avec toi que quelque chose peut m’arriver, et cela me fait tellement peur..., » se tenant fermement dans le camp de Rushella, Hisui rétorqua ça pour exprimer sa propre anxiété.

Le style d’Eruru était direct et expédient, toujours basé sur des commentaires mordants ou de la violence. De l’autre côté, Mei était disposée à effectuer un harcèlement sexuel contre lequel il était impossible à se défendre, ce qui dans un certain sens était bien plus problématique.

« Ne sois pas comme ça, » répondit Mei. « Après tout, ce n’est qu’une partie du travail, ainsi qu’une chance pour moi d’étudier mes futures conditions de vie. »

« ... Je sais déjà tout ça. Quoi qu’il en soit, allons à l’intérieur, » impuissant, Hisui avait laissé Mei et Eruru entrer dans la maison.

Mei regarda dans la maison avec un grand intérêt, observant et touchant les choses ici et là. « Hmm... hmmm... Je vois, les pièces sont décorées avec beaucoup de goût, et tout est impeccablement entretenu. »

« Bien sûr ! C’est après tout ma maison ! » répliqua Rushella.

« De quoi êtes-vous si fière ? » demanda Mei. « N’est-ce pas à coup sûr tout le travail de Hi-kun ? »

Mei avait ainsi rejeté la fière déclaration de Rushella, mais la vampire arrogante était restée imperturbable. « N’est-il pas naturel que mon serviteur prenne soin de ma vie quotidienne ? Le fruit de son labeur est donc mon accomplissement ! »

« ... Hmph. Au fait, puisque tout le ménage est fait par Hi-kun, fait-il également la lessive ? » demanda Mei. « Y compris le fait de suspendre le linge afin de le sécher ainsi que le fait de le plier, non ? »

« Bien sûr ! Ces tâches subalternes font naturellement partie de son travail, » répliqua Rushella.

« ... Alors ça ne vous dérange-t-il vraiment pas ? » demanda Mei.

« Qu’est-ce qui me dérangerait ? » Alors qu’elle entendait Mei essayer de lui faire comprendre quelque chose, Rushella demanda ça avec un certain étonnement.

Mei avait continué avec un visage de poker et avait souligné un fait scandaleux. « Qu’en est-il de vos sous-vêtements ? Est-ce qu’il les sèche et les plie également ? »

Un moment de silence fut alors présent.

Puis, le visage de Rushella devint complètement rouge alors qu’elle se précipitait et attrapait Hisui par le col.

« Toi, tu-tu-tu, je n’aurais jamais imaginé que tu étais allé si loin que de faire ça... ! » rugit-elle.

« Eh !? Pourquoi parles-tu de ça après tout ce temps !? Je pensais que tu ne t’en souciais pas ! » répliqua Hisui.

« Tout cela est tellement ennuyeux, tais-toi ! » cria Rushella. « Toi, mon humble serviteur... je n’aurais jamais pensé que tu aurais pris ainsi mes sous-vêtements... ! »

« Oh Mon Dieu ! Qui sait ce qu’il a fait avec eux en secret ! » demanda Mei. « Dites, les avez-vous comptés afin de voir s’il y en avait qui avait disparu ? »

Alors que Mei ajoutait de l’huile sur le feu, le visage de Rushella devint encore plus rouge alors qu’elle martelait Hisui avec ses poings.

« Hé ! Ça fait mal, alors, arrête ! » cria Hisui. « Sudou, pourrais-tu arrêter de dire ces choses inutiles !? »

« Oh ! Mon Dieu, ça doit être tellement stimulant pour un garçon en pleine puberté, n’est-ce pas ? » demanda Mei. « Alors, qu’est-ce que tu as réellement fait avec eux ? »

« ... Le fait de plier ce genre de choses pour elle serait un peu trop dur pour moi, donc je les ai simplement mis dans une boîte qui se trouve dans sa chambre, » répondit Hisui. « Cela a toujours été le cas, non ? »

Hisui avait expliqué cela comme s’il essayait d’apaiser Rushella en l’incitant à se rappeler comment les choses avaient été faites jusqu’à maintenant.

« ... Oh, c’est vrai. Mes sous-vêtements sont toujours livrés ainsi. Et je les plie moi-même..., » murmura-t-elle.

« Tu vois ? Regardez comme je suis attentionné. En les lavant, je mets aussi tes sous-vêtements dans un sac de lavage séparé, » déclara Hisui.

« ... !! »

Dès qu’il avait parlé, le menton de Hisui avait été frappé par une autre série de coups de poing de la part de Rushella.

Tout en étant hébété par les impacts, il avait protesté face à ce traitement. « Qu’est-ce qui te prend ? »

« Tu es tellement ennuyeux, tais-toi ! » Rushella était au bord des larmes alors qu’elle criait ça.

Mei hocha la tête afin de montrer qu’elle était d’accord avec elle et même Eruru, qui avait regardé cela comme si elle était non impliquée, avait alors pris la parole. « Vous êtes vraiment insensible ! »

« Hi-kun, tu as tort là, » déclara Mei.

« Quel genre de réponses est-ce que vous me faites toutes les deux !? » demanda Hisui. « Ma vie n’est pas facile, d’accord !? Ce sont simplement les sous-vêtements de Rushella, ce sont simplement les sous-vêtements de Rushella, ce sont simplement les sous-vêtements de Rushella... Savez-vous combien de fois je dois le dire à moi-même et les efforts qu’il m’a fallu afin d’éviter de les regarder et pour rester calme ? Pensez un peu à ma situation ! »

Hisui avait libéré ses émotions en pleurnichant, mais Mei avait continué à agir comme un trouble fait. « Franchement, tu es dans telle une vie de souffrance. Puisque tu dois avoir lavé les sous-vêtements de ton parent adoptif, ne devrais-tu pas y être habitué dans une certaine mesure ? »

« ... Eh bien, comparées aux sous-vêtements noirs ou rouges de cette personne, qui était vraiment avec des décorations appropriées pour une vampire et qui avaient un style adulte, les couleurs pastel de Rushella sont plus dans la variété des choses mignonnes..., » répondit Hisui.

... Avant qu’il ne puisse finir sa phrase, Hisui avait été frappé par l’attaque spéciale de Rushella alors qu’elle sanglotait et pleurait.

Hisui tenait son visage douloureux, tandis que Mei et Eruru soupiraient d’exaspération alors qu’elles regardaient du côté.

Mei déclara alors. « ... C’est totalement... et véritablement de la faute de Hi-kun. »

Ce à quoi Eruru acquiesça tout en rajoutant. « Je suis d’accord avec vous. Je n’ai jamais vu une créature aussi insensible que lui. »

« ... Plus personne ne voudra m’épouser après ça..., » Rushella gémissait d’une voix à peine audible, couvrant son visage avec ses deux mains.

Et c’est seulement alors qu’Hisui avait finalement compris le problème. « ... Désolé, c’est ma faute. »

Bien qu’Hisui avait cédé et s’était excusé, les regards pénétrants du trio de filles étaient restés les mêmes. Afin d’éviter leurs regards brûlants, Hisui avait décidé d’éliminer le problème à sa racine.

« ... En vérité, si tu ne veux pas que je voie tes sous-vêtements, alors tu devrais toi-même les laver ! Ce n’est pas comme si tu en avais beaucoup ! » déclara-t-il.

« ... Effectivement. Cela pourrait être plus fatigant, mais comparé à laisser ce gars les laver..., » Rushella avait essuyé ses larmes alors qu’elle commençait à accepter la suggestion de Hisui.

Mais c’est alors que Mei avait versé plus de combustible sur les feux mourants de la rage. « N’est-ce pas effectivement un dilemme ? Je pense que vous devriez examiner cela plus attentivement avant de décider ? »

« Comment ça ? » demanda une Rushella confuse.

Mei avait alors répondu avec un sourire espiègle. « Dans ce cas, cela sera à vous de laver les sous-vêtements de Hi-kun. » Mei avait pointé du doigt l’entrejambe de Hisui alors qu’elle lui parlait.

Le regard de Rushella avait suivi son doigt puis ses joues étaient devenues de plus en plus chaudes et rouges, puis elle commença à frapper Hisui comme s’il s’agissait d’un sac de sable.

« Toi, tu es mon serviteur humble !! Pourquoi me demandes-tu de faire de telle chose ? » cria-t-elle.

« Eh bien, je ne t’ai jamais demandé de faire la moindre chose pour moi ! » cria Hisui. « D’ailleurs, ce n’est pas une si grosse affaire ! Arrête de t’énerver ! Comme tu peux être innocente sur certains sujets !? »

« Tu es tellement ennuyeux, tais-toi ! » cria Rushella.

Rushella tenait Hisui fermement contre le sol alors qu’elle le martelait continuellement.

« ... Je le savais, la cohabitation ne fonctionne pas vraiment pour vous deux, non ? Et si je changeais avec elle ? » demanda une Mei fière d’elle.

« ... Non, » répondit Hisui.

« Je suis différente de cette enfant, tu sais ? » déclara Mei. « Hi-kun, même si tu mettais des sous-vêtements avec d’étranges substances collantes sur eux dans la machine à laver, alors je les sortirais avec soin et je les laverais personnellement à la main pour toi. »

« Donnez-moi une pause, d’accord ? Pourrais-tu arrêter de piétiner l’endroit le plus sensible de la psyché d’un garçon !? » demanda Hisui.

« Je n’avais pas encore fini de parler ! Tu es grossier ! » cria Rushella.

Hisui avait alors encore une fois souffert d’un autre passage à tabac. Puis, finalement libéré, il fut accueilli par le regard plein de dérision d’Eruru.

« Arrêtez de nous faire perdre du temps avec une telle farce... Où est la collection de votre parent adoptif ? » demanda Eruru. « Je voudrais pouvoir y aller dès que possible, compris ? »

« ... Quel est donc cet empressement ? Attendre un moment ne ferait pas de mal, non ? C’est quand même l’heure du dîner, alors pourquoi ne mangeons-nous pas en premier avant d’y aller ? » demanda Hisui.

« Je souhaite simplement que la tâche soit terminée le plus rapidement possible, » répondit Eruru.

« Je comprends ce que vous ressentez, mais si vous bousculez l’horaire des repas, Rushella va se lancer dans une nouvelle crise. Pourriez-vous nous accompagner d’abord pour le dîner, d’accord ? » demanda Hisui.

« ... J’ai compris, » Eruru avait accepté à contrecœur et avait pris place à la table avec Mei.

†††

Partie 2

Lors de cette occasion rare où il y avait autant de monde pour le dîner, le repas était un pot-au-feu japonais.

En utilisant du bouillon de poulet comme base à la soupe, les deux ingrédients principaux du pot-au-feu consistaient de boulettes et de morceau de poulet. Des légumes verts soigneusement disposés flottaient au milieu de la soupe blanche et onctueuse.

« C’est parfait. S’il vous plaît, profitez bien du repas, », Hisui avait parlé alors qu’il apportait le pot à la table.

Pour Rushella, ce souper était une première expérience depuis son réveil et c’était la première fois qu’elle partageait un repas à la table dans le cadre de ce groupe de quatre personnes.

« ... Dans un certain sens, j’ai l’impression que ce repas est plus somptueux que d’habitude ? » demanda Rushella. « Serait-ce que tu as fait un effort particulier juste parce que ces deux-là sont venues ? »

« Ce n’est pas comme si je faisais un effort particulier, » répondit Hisui. « Bien que le pot-au-feu donne un sentiment de luxe et des estomacs bien remplis, en réalité, il n’est pas du tout difficile à préparer et c’est un moyen très efficace de cuisiner. Il utilise également pleinement les restes de légumes. Au fait, vous les filles, vous devriez vraiment manger vos légumes. »

Ignorant la moue de Rushella, il commença à profiter du repas avec tout le monde.

Hisui s’était occupé des ingrédients et de la soupe pour le pot-au-feu. Afin de maintenir le sentiment de fraîcheur de la soupe, il avait utilisé un filtre afin de ramasser la mousse et l’excédent d’huile présente dans le liquide. Puis, avec diligence, il avait ajouté du poulet frais, des boulettes de viande ainsi que divers légumes.

« Hi-kun, tu es vraiment pro quant à la cuisine. En ce moment, je te prendrais volontiers comme ma jeune épouse ❤ ! » déclara Mei.

« Ce n’est pas quelque chose que tu peux dire à un garçon, je ne suis pas une fille ! » répliqua Hisui.

« Oh ! Mon Dieu ! Comme tu peux être trop sérieux ! Quant tu es comme ça, je pourrais te dévorer ici et maintenant ❤ ! » Tout en disant ça, Mei lécha ses lèvres pulpeuses et humides.

Hisui savait très bien qu’elle ne plaisantait pas et détourna son regard sans dire un mot. Peut-être que comme Rushella l’avait dit, le fait de la laisser entrer dans la maison n’était pas une sage décision.

« Hmm... Eh bien, le goût n’est pas mauvais. Tu as vraiment fait un effort supplémentaire aujourd’hui, non ? » Même si Rushella était satisfaite du goût après avoir goûté au pot, elle n’était toujours pas de bonne humeur, et donc, c’était avec un mécontentement évident sur son visage lorsqu’elle lui parlait.

« J’ai déjà dit que je n’avais rien fait de spécial, » déclara Hisui. « Comme toujours, j’ai pris des raccourcis en raison de la paresse. En outre, le pot-au-feu comme choix est en lui-même déjà de la paresse. »

« Menteur ! Alors comment cela pourrait-il être si savoureux !? » s’écria Rushella.

« Je n’ai pas menti, » répondit Hisui. « Si tu dois dire que quelque chose est différent, alors c’est simplement en raison du fait que j’ai cuisiné un pot-au-feu. »

« ... ? »

« Ou est-ce peut-être en raison du fait que nous avons pour une fois de la compagnie pour manger ? » continua Hisui.

« Qu’est-ce que cela a à voir avoir avec le goût ? » demanda Rushella.

« Car c’est le genre de situation parfaite pour un pot-au-feu en tant que plat, » déclara Hisui.

Hisui avait pris l’assiette que Rushella avait posée devant lui et il lui avait servi divers aliments dans des proportions équilibrées. Naturellement, il avait également placé une bonne quantité de légumes que Rushella voulait toujours éviter.

« Qu’est-ce que tu fais !? Ne me donne pas ce que tu as choisi au hasard ! » s’écria Rushella.

« Comme je l’ai déjà dit, mange plus de légumes. De plus, arrête de briser le tofu soyeux en petits morceaux, » déclara Hisui. « Si tu ne peux pas les ramasser avec tes baguettes, alors utilise simplement une culière. »

Hisui avait fait cette petite conférence tout en ajoutant une bonne quantité de tofu dans son assiette.

« ... C’est parce que c’est bien trop difficile... Tout cela est à cause de ces ustensiles ! » cria Rushella.

En dépit de se plaindre verbalement, Rushella continua à fourrer dans sa bouche le tofu que Hisui lui avait servi.

Même Eruru, qui n’avait pas dit un seul mot, consommait sans s’arrêter la nourriture avec ses baguettes. Apparemment, la cuisine de ce soir était plutôt adaptée à ses goûts.

« Mais tu... n’as jamais fait de pot-au-feu pour moi avant aujourd’hui. Pourquoi l’as-tu fait aujourd’hui ? » demanda Rushella.

La question de Rushella avait obscurci l’expression de Hisui.

« ... Car le fait de manger du pot-au-feu quand nous ne sommes que deux est un peu trop difficile pour moi, » répondit Hisui.

« Que veux-tu dire par là !? As-tu quelque chose contre le fait de manger avec moi !? » demanda Rushella.

« Le pot-au-feu me fait me souvenir de certaines choses que je préfère oublier..., » Hisui avait déclaré cela avec indifférence avant de se lever.

« Il est temps de terminer ce repas de pot-au-feu avec du porridge, » tout en disant cela, il était entré dans la cuisine afin de préparer les ingrédients.

Tout en regardant le dos d’Hisui alors qu’il partait, Rushella s’imaginait la vie du garçon avant qu’elle ne le rencontre.

Et très probablement qu’elle n’était pas trop différente de sa vie de nos jours qu’il avait avec elle.

Deux personnes qui prenaient un repas face à face.

Avec qui ?

Avec sa famille.

Avec une vampire.

Mais après ça, il s’était retrouvé seul.

Et quel type de cuisine ferait-il le mieux ressortir cette sensation déchirante de solitude ?

Et la réponse était très certainement une cuisine qui exigeait au moins deux participants pour pouvoir l’apprécier.

Et par exemple, le pot-au-feu était clairement ce genre de plat.

Même avec un nouveau membre dans sa famille, et alors même que Rushella avait rejoint la table, la solitude de Hisui ne pouvait-elle toujours pas être dissipée ?

« ... Quel faible lâche ! » Rushella grogna de mécontentement, plaçant le reste de la nourriture trouvable dans le plat du pot-au-feu dans son assiette.

Un peu plus tard, après avoir fini de manger le porridge qu’il avait préparé, Hisui avait consciencieusement nettoyé la table et avait commencé à laver la vaisselle et la table.

Juste au moment où il lavait la cuisine, Eruru s’approcha soudain de lui avant de dire. « Laissez-moi vous aider. Accepter l’hospitalité de quelqu’un sans rien faire en retour ne convient pas à mon style. »

« Merci... Bien que je vous remercie sincèrement pour votre offre, qu’est-ce qui se passe avec cette expression plaintive sur votre visage ? » demanda Hisui.

« Je ne me plains nullement à propos de votre cuisine, » répondit Eruru. « Cependant, je souhaite commencer dès le possible ce qui concerne le véritable but qui m’a fait venir à cet endroit. »

« J’ai compris, » répondit Hisui. « Laissez-moi d’abord finir tout ça et après on y va. »

« Voilà la raison qui fait que je vous aide maintenant. Ainsi, vous aurez fini plus rapidement avec cela, » répliqua Eruru.

Tout comme Eruru était prompte verbalement, elle était aussi très efficace dans l’action. En peu de temps, toute la vaisselle avait été lavée et elle allait finalement pouvoir passer au but principal de cette venue et commencer son travail.

« ... Alors, allons-y. Tous les documents se trouvent dans le sous-sol, » déclara Hisui.

Hisui l’avait ainsi menée à travers le salon.

Et il avait fini par être intercepté par Rushella qui comme toujours l’observait. « Qu’allez-vous faire tous les deux !? »

« Oh, mon Dieu ! Vous allez quelque part tous les deux afin de rester seuls. N’avez-vous pas fait équipe assez souvent ces derniers temps ? » Mei s’était également jointe à la conversation, interrogeant Hisui alors qu’elle posait son menton sur ses mains.

Hisui ne semblait pas dérangé alors qu’il lui répondit. « C’est pour du travail, je le répète, du travail. Je ne sais pas combien de temps elle va prendre, mais je reviens immédiatement après l’avoir emmené au bon endroit. Vous deux, vous devriez prendre dès maintenant un bain. »

« J’ai compris. Et je vais t’attendre après ça dans ton lit. Alors, s’il te plaît, dépêche-toi de venir me rejoindre, » déclara Mei.

« ... Je dors sur le canapé du salon ce soir, d’accord ? » Hisui grommela en réponse aux tentations emplies de séduction de Mei, puis il conduisit Eruru au sous-sol.

En descendant l’escalier, l’éclairage était passé des ampoules électriques à des chandeliers à l’ancienne. Avec beaucoup d’intérêt, Eruru avait scruté son environnement.

« Ce style et cette atmosphère sont plutôt efficaces, » constata Eruru. « J’ai finalement l’impression que je visite le château d’un vampire. »

« Tout cela n’est que du passé. Maintenant, il s’agit de la maison d’un humain, moi, » répondit Hisui.

« N’y a-t-il pas une vampire qui vit ici actuellement ? Est-ce qu’elle est déjà descendue ici ? » demanda Eruru.

« Y a-t-il des vampires dans ce monde qui iraient volontiers à un endroit où il y a une croix géante plantée dans le sol ? » demanda Hisui. « Elle était curieuse à l’origine, mais une fois que je lui ai dit cela, elle a décidé d’éviter cet endroit. »

« ... » L’explication de Hisui avait rendu Eruru mal à l’aise. Après tout, elle avait également peur des croix.

« Ne vous inquiétez pas pour ça, car je l’ai déplacée ailleurs pour aujourd’hui, » déclara Hisui.

« ... Merci beaucoup, » déclara Eruru.

« Nous sommes arrivés ! » déclara Hisui tout en s’arrêtant, puis en pointant du doigt quelque part devant lui.

Illuminée par la lueur des bougies, on pouvait voir une bibliothèque qui comprenait d’innombrables étagères bien remplie.

Il y avait également des livres dispersés sur le sol qui devaient être là, car ils ne pouvaient pas aller sur les étagères qui étaient déjà bien trop lourdement chargées de livres. Cela affichait clairement le nombre très important de livres, et l’ancienneté de cette collection.

La collection de livres de la bibliothèque était assez variée et approfondie, avec la plus grande part des ouvrages qui étaient écrits dans des langues étrangères, exposant clairement les vastes connaissances de l’ancienne propriétaire.

« C’est..., » commença Eruru.

« Je suppose que cela compte comme l’héritage laissé par mon parent adoptif, » déclara Hisui. « Elle aimait vraiment les livres et elle restait parfois enfermée pendant des jours en ne faisant que lire. Donc, ce que vous cherchez devrait être là-bas, non ? »

Hisui se dirigea vers un certain coin de la bibliothèque et demanda à Eruru en montrant un endroit spécifique de la vaste collection de livres.

« C’est probablement quelque part ici... que vous trouverez des livres sur les sorcières, » déclara-t-il.

Eruru avait soigneusement parcouru les titres sur les couvertures des livres, à la recherche du mot-clé « sorcière ». Même avec ses capacités en langues étrangères, elle ne pouvait en lire que la moitié, mais elle avait vite trouvé un livre sur les sorcières.

« Une vampire collectionnant des livres sur les sorcières... ? Quel but avait-elle en faisant ça ? » demanda Eruru.

« À mon avis, c’était purement par curiosité ? » répondit Hisui. « De plus, elle a elle-même vécu des “chasses aux sorcières”. Elle a mentionné qu’elle avait failli être confondue avec une sorcière. »

« J’ai entendu parler de traditions qui considèrent que les vampires et les sorcières sont les mêmes, est-ce que cela pourrait venir de votre parent adoptif ? » demanda Eruru.

« Cela me vexe, mais je n’ai aucun moyen de réfuter cette possibilité..., » répondit Hisui. « Eh bien, faites des recherches autant que vous le voulez. Si nécessaire, vous pouvez même les emprunter et les emporter avec vous. »

« Alors j’accepterai respectueusement votre offre, » répondit Eruru.

Eruru s’était alors assise par terre puis elle commença à feuilleter un livre qu’elle avait saisi au hasard.

Cela allait être une tâche plutôt ardue, mais il n’y avait pas d’hésitation dans ses yeux.

« ... Ne vous surmenez pas avec toutes ces recherches, d’accord ? » déclara Hisui.

« Je n’ai pas besoin que vous vous inquiétiez pour moi, » répondit Eruru.

Puis, en entendant la réponse froide d’Eruru, Hisui avait froncé les sourcils puis il avait quitté le sous-sol.

†††

Partie 3

Alors que Hisui était entré dans le sous-sol, Rushella était allée prendre un bain. Pendant ce temps, Mei avait profité de l’occasion pour aller à l’étage.

Dès le départ, elle n’avait aucun intérêt quant à la tâche d’Eruru.

Bien sûr, quand son aide serait nécessaire, elle allait remplir ses fonctions par respect pour son salaire, mais la raison pour laquelle elle était venue aujourd’hui dans la maison de Hisui était une affaire purement personnelle.

C’était bel et bien le cas. Tout cela était pour son plan de procréation.

« Chez lui alors que je suis en vacances... ce jour inévitable est enfin arrivé..., » Mei avait souri avec malveillance alors qu’elle disait ça puis elle avait commencé à explorer l’étage.

Elle avait déjà pu confirmer que cet étage était l’emplacement où se trouvait la chambre de Hisui.

Comme il s’agissait du champ de bataille principal où se déroulerait sa lutte extatique afin de fabriquer un bébé, il était tout à fait nécessaire de déterminer à l’avance son emplacement physique.

« Hmm... Serait-ce celle-là ? » se demanda-t-elle alors qu’elle ouvrait la première porte coulissante du couloir.

Le style de la poignée était plutôt luxueux et démodé. En entrant dans la pièce, ce qu’elle vit alors était encore plus étonnant, et elle ne put s’empêcher de s’exclamer. « Wôw... ! »

Cette pièce rivalisait avec ce que l’on trouverait dans des palais où la royauté et la noblesse résideraient.

Il y avait un très grand lit à baldaquin. De plus, il y avait des antiquités inestimables et œuvres d’art qui étaient placées un peu partout dans la pièce. Le lit était recouvert d’un beau drap de velours rouge qui avait l’air extrêmement doux. Aussi bien que le papier peint que les moindres détails et objets dans la pièce eussent été choisis avec un grand soin quant à l’esthétique.

La chambre était assez grande pour prendre la plus grosse part de l’étage. Mais peu importe la manière dont vous regardez cette pièce, elle ne semblait pas être la chambre de Hisui.

Au contraire, cette esthétique était plutôt celle d’une femme.

Cependant, l’endroit manquait de miroirs et d’une coiffeuse, éléments essentiels trouvables dans la chambre d’une fille, ce qui donnait un sentiment étrange avec tout le reste de la pièce. Mais dès qu’elle avait vu le cercueil de jet noir placé à côté du lit, Mei avait immédiatement compris la raison. « C’est... »

Elle venait de comprendre que la pièce servait de chambre d’une vampire.

Il s’agissait de la raison évidente quant au manque de miroirs dans la pièce. Comme les miroirs ne reflétaient pas le reflet du maître de la maison, ils étaient sans importance pour elle.

Il s’agissait de l’une des caractéristiques d’un vampire, il n’avait pas de reflet dans les miroirs. En outre, il y avait également la peur de la lumière du soleil d’où la présence de rideaux dans cette pièce qui étaient faits d’un tissu très épais afin de bloquer totalement la lumière.

« Est-ce une mauvaise supposition, hein ? » murmura-t-elle.

Mei se prépara à partir déçue, mais elle heurta malheureusement Rushella alors qu’elle retournait dans sa chambre après son bain. Naturellement, elle portait comme d’habitude uniquement une chemise en tant que vêtements décontractés.

« Que faites-vous dans ma chambre !? » demanda Rushella.

« Rien du tout. Mais votre chambre coûte sûrement une fortune. Les finances de Hi-kun pourraient-elles être assez importantes pour ça ? » demanda Hisui.

« Cette pièce était à l’origine comme ça ! Grâce à ça, j’ai été très satisfaite dès le départ, » démontrant qu’elle était clairement satisfaite de la chambre, Rushella croisa les bras alors qu’elle hochait la tête en lui répondant ça.

D’un autre côté, Mei leva les yeux au plafond en affichant une expression sérieuse.

« Qu’est-ce qu’il y a ? Y a-t-il un problème ? » demanda Rushella.

« Si c’est comme vous dites... alors cela, veux dire que Hi-kun a toujours gardé la pièce dans son état d’origine, n’est-ce pas ? Et cela même après la mort de cette vampire, » déclara Mei.

« ... ! » En entendant cela, Rushella avait été choquée et elle s’était retrouvée bloquée sur place.

Effectivement... C’était vrai.

En y repensant, tout le mobilier était exempt de poussière et la chambre était très propre quand elle avait emménagé ici.

Pendant tout ce temps, Hisui devait avoir... régulièrement nettoyé la pièce.

« Cela s’annonce mal..., » déclara Mei.

« Que voulez-vous dire par là... ? » demanda Rushella.

« Avez-vous entendu parler de Hikaru Genji [1] ? » demanda Mei.

« Je le connais en raison d’un cours sur lui à l’école, » répondit Rushella. « C’est ce gars-là qui a essayé de poursuivre en même temps sa belle-mère en plus de diverses femmes. Il est même allé jusqu’à kidnapper une jeune fille afin de l’élever selon ses préférences. Parlez-vous de cet homme vraiment méprisable ? »

« ... Eh bien, oui, même si certaines parties du contenu sont indéniables..., » déclara Mei. « Néanmoins, il s’agit encore d’un classique mondialement connu de la littérature japonaise. De plus, ce conte ne contient-il pas une vérité cachée applicable à ce qui se passe aujourd’hui ? »

« Que voulez-vous dire par là ? » demanda Rushella.

« Ce que je veux dire par là est que les hommes sont incapables de se libérer de l’ombre de leur mère, » répondit Mei. « Ne devriez-vous pas comprendre cela un peu mieux que moi ? »

Mei regarda Rushella comme si elle avait discerné quelque chose.

Rushella se contenta de détourner le visage et grogna avec impatience. « ... Je ne sais pas. »

« ... Vraiment ? Même si Hi-kun ne s’intéresse pas à vous en tant que Lady Fujitsubo, qu’en est-il de l’autre ? » demanda Mei. « Peut-être a-t-il l’intention d’élever sa propre Murasaki [2], qui sait ? Mais cela peut être le contraire. »

« Franchement, qu’essayez-vous de dire par là... ? » demanda Rushella.

« Une vampire élèverait-elle un enfant humain sans raison ? » demanda Mei. « Qu’auriez-vous fait si vous étiez à sa place ? »

« ..., » Rushella resta sans voix.

« Normalement, cette situation serait impossible. Cependant, pour une immortelle vampire ayant la jeunesse éternelle, le fait d’attendre une décennie ou deux n’est rien, non ? » demanda Mei. « Peut-être... qu’elle attendait simplement le bon moment. »

« Attendre pour quoi ? » demanda Rushella avec douceur. Elle ne voulait pas le demander, mais elle devait savoir... telles étaient les émotions qui étaient transportées dans sa voix.

« Elle devait attendre que Hi-kun soit élevé pour être un homme à son goût, » répondit Mei. « Puis elle aurait aspiré son sang et elle l’aurait facilement converti en un membre de sa race. De plus, Hi-kun ne peut probablement pas ignorer ses intentions... Mais même après l’avoir réalisé, il est toujours resté avec elle, donc cela signifie que Hi-kun est aussi... »

En disant ça, Mei jeta un coup d’œil suggestif sur Rushella.

Rushella se tenait simplement là avec ses poings serrés.

Mei ne l’avait pas provoquée plus que ça puis elle était retournée à son but original. « Puisque c’est votre chambre... La chambre de Hi-kun... est-ce que cela pourrait être celle là-bas ? »

« Ah, attendez un peu, vous..., » déclara Rushella.

Avant que Rushella ne puisse l’arrêter, Mei avait pénétré dans la chambre de Hisui.

Il s’agissait d’une chambre de style occidental très ordinaire. Son espace vital était également standard pour un lycéen, sans rien de spécial à ce sujet.

Il y avait un bureau ainsi qu’une bibliothèque en acier. Des mangas ainsi que des Cds étaient dispersés sur le sol au milieu de vêtements. Peu importe comment vous aviez regardé la pièce, il s’agissait de la chambre d’un lycéen tout à fait ordinaire.

« Hmm... Rien d’extraordinaire à première vue, » déclara Mei.

« Je vous demande..., à quoi pensez-vous !? Pourquoi êtes-vous venue dans la chambre de ce type ? » demanda Rushella.

« Je fais tout simplement de la reconnaissance, » répondit Mei. « Afin de pouvoir permettre la réussite de la fabrication d’un bébé, je dois avoir une compréhension complète quant à ses préférences. N’est-ce pas le bon sens de penser ainsi ? »

« Je-je ne sais pas vraiment ça ! » répondit Rushella.

Le terme « fabrication d’un bébé » avait clairement fait rougir le visage de Rushella.

Mei avait lâché un « Hmph », puis elle avait jeté un coup d’œil vers Rushella avant de reprendre l’exploration de la pièce.

« Je dois vraiment parvenir à une meilleure compréhension de Hi-kun..., » déclara Mei. « Je dois regarder par ici ! »

Mei plongea sous le lit comme si elle faisait une glissade de coureur de baseball. Rushella l’avait alors suivie.

« Hey, pourquoi me suivez-vous !? » demanda Mei.

« Taisez-vous ! Je suis libre de le faire ! Faites vite, mais que pensez-vous trouvé ici ? » demanda Rushella.

« Vous plaisantez, ne saviez-vous pas ça ? » demanda Mei. « Quand il s’agit de tout ce qui est sous le lit, c’est l’espace privé d’un homme... Les dispositions sexuelles et ce genre de choses seront entièrement révélées si vous pouvez regarder ce qui s’y trouve ! Eh bien, en bref, il s’agit d’un trésor qui contient le pire genre de publications. »

« Que voulez-vous dire par le “pire genre de publications” !? » demanda Rushella.

« ... Voulez-vous vraiment que je vous l’explique ? » demanda Mei.

« Parlez-vous de ces “dourinshi” dont j’ai entendu parler. Des livrets très minces, est-ce bien ça ? » demanda Rushella.

« Vous avez à moitié raison, » répondit Mei. « Après tout, ils peuvent être conçus afin de cibler tous les groupes d’âge, alors vous devriez arrêter avec cet étrange sentiment de préjudice. Quoi qu’il en soit, ce n’est pas le sujet, dépêchons-nous de vérifier les goûts de Hi-kun... ! »

Mei avait tendu la main vers les profondeurs que représentait la zone sous le lit.

Alors qu’elle était peut-être conduite par un sentiment d’opposition provocatrice, Rushella se joignit à la mêlée.

« Que faites-vous ? Cherchez-vous aussi avec moi ? » demanda Mei.

« Taisez-vous ! Le fait de mieux comprendre mon serviteur fait partit de mes devoirs ! » répliqua Rushella.

Sous le lit, leur escarmouche avait finalement atteint une impasse.

Ces filles frêles luttaient ensemble, se disputant le trésor connu comme le pire genre de publications.

Néanmoins, leurs efforts avaient fini sans que cela soit un succès.

Pour le dire plus précisément, rien n’était caché sous le lit de Hisui.

« ... N’y a-t-il vraiment rien ici ? » demanda Mei. « Ou est que c’est caché dans un endroit plus complexe !? »

« Hmph, après tout, c’est tout ce qu’une personne de votre niveau peut faire ! » s’exclama Rushella. « Moi, d’un autre côté, j’ai pu trouver quelque chose, comprenez-vous ? »

Rushella avait souri victorieusement puis elle rampa afin de sortir de sous le lit avant de finalement lever son butin en l’air.

« Qu’est-ce que c’est ? » demanda Rushella.

La main de Rushella ne contenait ni le pire genre de publications ni l’une de ces minces brochures, à la place, il s’agissait d’une bouteille qui pouvait tenir dans sa paume. La bouteille avait été scellée avec un liège pittoresque et le contenu était plutôt ordinaire, des cendres.

« Alors, qu’est-ce que ça pourrait être ? » demanda Mei.

« Je suis celle qui l’a d’abord demandé, alors ne demandez pas ça à votre tour ! » répliqua Rushella.

« Mais même si vous demandez ça..., » murmura Mei.

Les deux beautés avaient commencé à réfléchir ensemble à cela.

Puis, à ce moment-là, le maître de cette pièce se plaça à la porte, complètement étonné.

Ayant terminé sa tâche de servir de guide pour Eruru, il avait quitté le sous-sol avant de retourner dans sa chambre.

« ... Tous les deux, que faites-vous dans la chambre de quelqu’un d’autre ? » demanda Hisui.

« « ... » »

Les deux filles avaient alors baissé la tête en raison de la honte.

Après tout, qu’avaient-elles fait ?

L’atmosphère gênante qui pesait sur le trio avait persisté pendant un moment, jusqu’à ce que Hisui remarque la bouteille présente dans la main de Rushella et qu’il décide de briser le silence. « Donne-la-moi... »

Hisui se dirigea vers Rushella, essayant de reprendre la bouteille.

Face au comportement énergique de Hisui, même Rushella avait tranquillement obéi sans offrir la moindre résistance.

Hisui avait ignoré la vampire choquée et avait simplement placé la bouteille dans sa poche.

« Ne traînez pas dans une pièce qui n’est pas la vôtre, » déclara-t-il bruyamment. « Si vous n’avez pas d’autres choses à faire ici, alors dépêchez-vous et sortez. »

En réponse, Rushella avait repris ses airs habituels et s’était opposée à lui. « Comment oses-tu me parler d’une telle manière !? Et aussi, c’est quoi ce truc ? »

« Ah, c’est peut-être le sable d’une plage qu’ils ont déjà visitée ensemble ? » Mei avait essayé de calmer la situation et avait suggéré ça en plaisantant à moitié.

Cependant, Hisui avait réfuté à ça avec une expression glaciale. « ... Je suppose que cela peut compter comme étant les cendres d’un mort. En tout cas, en des termes humains. »

Cette déclaration avait fait que Rushella et Mei se regardèrent avec un certain malaise.

Elles connaissaient toutes deux son passé. Plus précisément, elles savaient à peu près ce qui s’était passé, même si Hisui lui-même parlait rarement de ses expériences.

Mais elles savaient toutes deux que la vampire qui avait élevé Hisui était déjà détruite. Quant à la disparition d’un vampire, les deux avaient parfaitement compris qu’il s’agissait d’une destruction complète et totale.

Un corps qui était autrefois béni avec une vigueur éternelle s’était transformé en poussière puis il s’était éparpillé dans l’oubli, ne laissant finalement rien derrière.

« J’ai seulement été capable de rassembler... tout cela, » déclara Hisui.

À la fin, tout ce qui restait dans la paume de sa main, c’était cette quantité.

En ce moment, le vent impitoyable l’avait dépouillé de ses restes, les entraînant dans l’oubli.

« Tout cela est complètement inepte, » déclara Rushella.

Ses paroles impitoyables avaient fait frémir le corps de Hisui. Mei aussi se tourna vers Rushella avec une expression choquée.

« Pour quelqu’un qui est déjà détruit, quel sens reste-t-il dans ses trucs ? Toi... Combien de temps vas-tu te laisser enchaîner comme ça ? » demanda Rushella.

« ... Ce n’est rien de tout cela. Cela compte simplement comme un attachement familial ou devrais-je dire, un rituel... Rien de plus, » déclara Hisui.

« Ma chambre... Tu l’as toujours gardée dans le même état que lorsque cette femme était en vie, n’est-ce pas ? » demanda Rushella. « Tu dois l’avoir nettoyée pendant tout ce temps. Tu es totalement inutile, le sais-tu ? »

Rushella avait continué à le gronder.

Mei avait fait un signe avec ses yeux afin de dire à Rushella de s’arrêter, mais elle était complètement inconsciente.

« Ces meubles et ce lit... Je vais tous les jeter et en acheter à neuf, » Rushella continua avec sa rhétorique arrogante. « Pourquoi dois-je utiliser des biens d’occasion de quelqu’un d’autre !? »

Mais le regard qu’elle faisait dans la direction de Hisui avait en lui de la pitié.

Après s’être retourné, Hisui ne remarqua pas son regard et répondit simplement avec indifférence. « Fais ce que tu veux avec ces objets. »

« ... !? »

« Si tu veux les changer, alors vas-y et achetons-en de nouveau. Pour être honnête, je suis aussi fatigué d’eux, » continua Hisui.

« ... »

« Mais tu devrais toi-même les payer, » continua-t-il. « En outre, tu devras t’occuper de te débarrasser des vieux meubles. Ah, pourquoi ne pas simplement les vendre pour récupérer une partie du coût ? Cela devrait nous faire économiser une partie de la somme. »

Puis il y avait eu un lourd silence.

Sans rien dire, le regard de Mei commença à errer.

Finalement, Rushella avait pris la parole. « Est-ce une blague ? Si l’argent est gaspillé imprudemment, il n’y a aucune chance de survivre dans le monde humain. »

« Vraiment..., » Hisui avait dit cela avec indifférence puis il avait quitté la pièce.

Les deux filles ne l’avaient pas suivi.

Hisui retourna dans le salon vide et s’assit sur le canapé, regardant la télévision pendant un moment. Puis il avait sorti la bouteille de sa poche.

Eruru avait mentionné auparavant qu’il transportait deux articles à son retour de l’étranger et le second était cet objet.

Les chérir à ses côtés à tout moment, se rappelant de tristes souvenirs de temps en temps... cela n’était pas quelque chose qu’il avait fait.

Hisui avait simplement recueilli les cendres, les avait versées dans une bouteille, les avait ramenées à la maison, et les avait gardées sous le lit... et rien de plus.

Peut-être ne les aurait-il jamais revues.

Tout comme Rushella l’avait dit, c’était totalement inutile.

C’était clairement seulement des cendres plutôt que Miraluka elle-même.

Hisui avait alors dissipé sa mélancolie puis il s’était levé.

Le fait d’agoniser en raison du passé n’allait rien changer. Par conséquent, Hisui avait décidé de d’abord prendre un bain, se laver les cheveux, et se rafraîchir. Il était aussi un peu préoccupé par Eruru qui était encore en bas.

Hisui se dirigea vers la salle de bain et enleva ses vêtements devant la porte.

Rushella et Mei étaient probablement encore au deuxième étage. Il ne pouvait rien entendre en provenance d’elles.

***

Eruru travaillait dur au sous-sol.

Alors le fait de rencontrer quelqu’un au moment où il enlevait ses vêtements... était une chose qui ne devrait jamais arriver.

La porte coulissante de la salle de bain était ouverte et les lumières étaient éteintes. Il avait appelé afin de confirmer qu’il n’y avait personne à l’intérieur.

Tout était bon... du moins en théorie.

Jusqu’au moment où il s’était assis sur le tabouret de bain, il n’y avait pas eu de problèmes.

Mais dès qu’il s’était assis sur le tabouret, il avait entendu un bruit venant de derrière lui et quelque chose lui était tombé dessus depuis le plafond.

« ... Hein !? » s’exclama-t-il.

Notes

  • 1 Hikaru Genji : (光源 氏) : le protagoniste du roman japonais classique « le Conte de Genji ». Perdant sa mère dans la petite enfance, il a continué à développer des relations romantiques avec de nombreuses femmes, l’un d’eux étant sa belle-mère, Lady Fujitsubo, qui ressemblait beaucoup à sa mère et devint son idéal féminin. Plus tard, Hikaru rencontrait la nièce de sa belle-mère, Murasaki, qu’il ramena chez lui pour élever et éduquer afin de devenir la femme de ses rêves.
  • 2 Murasaki : Comme décrit dans la note précédente, Lady Fujitsubo est la belle-mère tandis que Murasaki est la nièce de la belle-mère dans le Conte de Genji.

†††

Partie 4

Hisui allait se retourner afin de voir ce qui s’était passé, mais la douce sensation de quelque chose qui se pressait sur son dos le figea sur place.

Puis de souples bras s’étendirent vers l’avant depuis derrière lui, lui enlaçant la taille.

De plus, une douce haleine soufflait à son oreille.

« Excuse-moi ~ Sudou-san ? » demanda Hisui.

« Oh, mon Dieu ! T’es-tu rendu compte que c’était moi simplement en raison de la sensation de mon étreinte ? » demanda Mei.

« Il y a seulement toi qui ferais une telle chose ! Et depuis où es-tu sortie pour arriver ainsi ? » demanda Hisui.

« Pendant tout ce temps, je me suis plaquée contre le plafond en utilisant seulement la friction statique et la puissance musculaire. Je me suis maintenue ainsi contre le mur, mais c’est tellement fatigant ❤ ! » répondit Mei.

« Qu’y a-t-il avec cette puissance terrifiante et cette persistance qui sont tiennes ? » demanda Hisui. « Pourquoi dois-tu utiliser ta force artificielle dans les pires endroits possible !? »

Dans le passé, la créature de Frankenstein, née dans un laboratoire froid et stérile, avait envahi en raison de la haine, la vie de son créateur avec une férocité qui aurait fait honte aux harceleurs modernes. Et maintenant dans différents temps et lieux, la persistance de ces créatures semblait avoir été redirigée vers la procréation.

Ici, dans cette salle de bain, les deux individus étaient totalement nus.

« J’ai tant attendu, attendant le moment même où toi, Hi-kun, tu te déshabillerais de toi-même... ! » déclara Mei. « Enfin, veux-tu bien accepter ton destin !? »

« Cela devait être ton objectif depuis le début..., » répondit Hisui. « Cela pourrait-il être possible que la sorcière était à mes côtés pendant tout ce temps !? »

« Hi-kun, tu es tellement bête... Toutes les femmes sont des sorcières, ne le savais-tu pas ? » tout en disant ça, Mei pressa son corps encore plus fortement contre lui.

Hisui pouvait sentir ces fruits extrêmement rebondissants et lourds contre son dos.

Puis, mobilisant tous les nerfs présents dans son corps afin de couper les sensations ressenties dans son dos, il avait banni cette chaleur diabolique de son esprit.

C’était vide.

Il n’y avait plus rien sur son dos.

Par conséquent, il n’y avait rien de pressé contre lui.

« Ah, arrête, Hi-kun, arrête de bouger..., » déclara Mei. « Tu te frottes contre mes mamelons, peux-tu les sentir là... »

« De quoi parles-tu, Sudou-san... ? » demanda Hisui. « Je ne ressens rien, tu sais ? Ça doit être mon imagination, mais j’ai l’impression de ressentir un peu de douceur et de chaleur sur mon dos, mais cela doit être quelque chose comme des petits pains à la viande, n’est-ce pas ? Il semble qu’il y ait quelque chose d’un peu dur en leur centre, cela doit être ça, des pois au sommet du shumai, non ? Décidément, cela ne peut pas être cette chose que les bébés sucent, n’est-ce pas !? »

« ... Eh bien, n’es-tu pas pleinement conscient de ça ? Hey, ne m’ignore pas comme ça... C’est tellement injuste, » déclara Mei.

La main de la tentatrice Mei avait atteint la zone entre les jambes de Hisui. Avec tout son corps nu à l’exception de la serviette couvrant cet endroit, Hisui avait à peine réussi à maintenir sa dernière ligne de défense.

La magnifique main mince et pâle de Mei caressait la main de Hisui qui gardait désespérément la serviette en position.

« Sérieusement... Tu te retiens bien trop désespérément. Hi-kun, laisse ton sang remplir cette zone... Et transforme-toi pour passer en mode Anti-Drac, est-ce ainsi... ? » demanda Mei.

« Arrête d’utiliser la constitution particulière de mon corps pour faire des blagues salaces..., » répliqua Hisui.

« Ce petit gars est aussi timide que son maître !! Face à une situation aussi soudaine, il ne sait pas comment réagir ! » déclara Mei.

Avec l’autre bras de Mei fermement enroulé autour de sa taille, Hisui ne pouvait pas s’échapper même s’il essayait. La force d’un bras humain artificiel était complètement différente de ce que cette diabolique peau souple suggérerait. S’il offrait la moindre résistance, il était alors très probable qu’il perdrait instantanément deux ou trois côtes.

« Eh... N’est-il pas temps que tu cesses toutes résistantes !? » demanda Mei.

« Arrête avec ça... Et ne souffle pas dans mon oreille ! Ah, ahhhh je t’ai dit d’arrêter ça... Ne mords pas le lobe de mon oreille..., » déclara Hisui.

Déjà en tenant le lobe d’oreille d’Hisui dans sa bouche, Mei avait continué à légèrement le mordre. Les lèvres et la langue de Mei avaient habilement joué avec le lobe de l’oreille, faisant progressivement disparaître la conscience de Hisui.

« Je l’ai déjà dit, je suis la poupée gonflable équipée de quarante-huit modes de plaisir différents..., » déclara Mei. « Face à ma légère morsure diabolique, ta conscience s’envolera bientôt jusqu’aux firmaments... »

« Je te l’ai dit, la déclaration que tu viens de faire est une insulte envers tes ancêtres humains artificiels..., » la voix de protestation de Hisui était déjà extrêmement faible.

Alors qu’elle sentait que sa victoire était à portée de main, Mei avait commencé à prendre des mesures plus intenses.

Puis, faisant glisser du savon à travers son décolleté, elle avait généré une grande quantité de mousse.

Puis, elle avait utilisé ses seins recouverts de bulles savonneuses afin de se frotter contre le dos de Hisui.

« Comme je le pensais, les jeux dans la salle de bain doivent être faits ainsi ❤, » déclara Mei. « Mes superbes compétences, qui surpassent de loin celles des dames de massage, on dirait que tu les apprécies beaucoup ! »

« ... ! »

Il s’agissait probablement de l’une de ses quarante-huit modes de plaisir. En effet, il se sentait extrêmement bien là. C’était insondable et agréable.

Alors que la mousse de savon et les seins exécutaient une symphonie d’extase, deux protubérances se frottaient contre lui de temps en temps, jouant une note grave, et Hisui ressentait ça comme des éclairs traversaient son dos.

Ce n’est pas bon.

Ce n’est pas bon... ce n’est pas bon... Ce n’est pas bon... Ce n’est pas bon... Ce n’est pas bon... Ce n’est pas bon..., ce n’est vraiment pas bon du tout !

En utilisant les restes de sa santé mentale, Hisui tendit la main vers l’évier. Puis, tournant le robinet au maximum, il avait commencé à le remplir,

Après ça, il avait envoyé toute l’eau vers le visage de Mei se trouvant derrière lui.

« Ah, c’est si froid ! » s’écria Mei.

Surpris par l’attaque soudaine, Mei avait finalement relâché Hisui.

Puis, profitant de l’occasion, Hisui ouvrit la porte de la salle de bain et tenta de s’échapper.

Cependant, Mei avait étreint la taille d’Hisui par-derrière, le traînant vers l’arrière. Seul le haut de son torse avait réussi à franchir la porte, mais il n’y avait pas d’échappatoire pour lui.

« Attends un peu, Hi-kun... Est-ce que tu essayes de déshonorer une fille !? » demanda Mei.

« Pourquoi ne prends-tu pas en compte d’abord ma propre honte !? Hé ! Que quelqu’un se dépêche et me sauve ~~ ! » Hisui avait abandonné sa fierté et avait directement crié pour avoir de l’aide.

À sa grande surprise, ses renforts avaient fini par arriver assez rapidement.

Cependant, Hisui avait immédiatement regretté sa décision hâtive.

« Quoi !? Est-ce que la sorcière nous a poursuivis jusqu’à votre domicile !? » demanda Eruru.

« Que se passe-t-il !? » demanda Rushella. « Je venais juste de faire une courte pause, et maintenant, il y a une telle situation ! »

Rushella et Eruru avaient ouvert la porte de la zone intermédiaire où l’on se changeait, et elles s’étaient précipitées à l’intérieur de la salle de bain.

Les héroïques sauveuses étaient arrivées en toute hâte, mais elles se figèrent à la vue d’un Hisui nu qui était étalé sur le sol à l’entrée de la salle de bain.

Heureusement, son torse était toujours dans la salle de bain, donc elles ne voyaient pas tout... mais les deux filles s’étaient immédiatement rendu compte que c’était Mei qui était à l’intérieur et qui tirait le corps d’Hisui.

« Ah, excusez-moi, mes deux héroïnes, mais permettez-moi d’expliquer..., » déclara Hisui.

« Hi-kun m’a demandé de l’aider afin de lui laver le dos, c’est pourquoi je..., » Mei avait soudainement agi d’une manière plutôt docile et elle avait maladroitement croisé ses doigts.

Hisui avait instantanément pâli en entendant ça.

« Je lui avais dit que j’étais gênée de faire ça, mais il a tellement insisté..., » continua Mei.

« Hein !? ... C’est quoi ce mensonge ? Comme si quelqu’un te croirait..., » déclara Hisui.

Elles le croyaient...

Sans changer d’expressions, Rushella avait sorti son épée courte préférée et elle s’était placée en position. Eruru avait sorti son pistolet sacré anti-vampire, Argentum, et avait enlevé la sécurité.

« Hé, attendez une seconde, n’est-ce pas trop étrange !? » demanda Hisui. « C’est ma virginité qui est en danger ici ! Vous ne pouvez pas comprendre ce genre de situation ! Hey, pourquoi ne parlez-vous pas ? Pourquoi êtes-vous si inexpressives !? Calmez-vous et arrêtez-vous ! Ne faites pas ça, arrêtez-vous maintenant... ! »

Avant que l’eau du bain ne se soit refroidie, Mei avait déjà quitté la scène.

Après cela, dans une baignoire qui était assez grande pour contenir deux ou trois personnes, flottait le corps d’un garçon qui ressemblait au cadavre d’un noyé. Il s’agissait d’Hisui qui avait été longuement battu et qui avait maintenant son visage entièrement meurtri.

Le sang provenant de ses blessures avait teint le rouge du bain, soulignant la fin tragique qu’il avait connue.

Hisui Kujou, conformément à son nom [1], avait été submergé dans de l’eau teinte d’écarlate en raison de l’addition de sang frais à ce bain.

Notes

  • 1 Kujou Hisui (紅城緋水) : Le kanji de son nom, ku () et hi () signifient la couleur rouge/écarlate, tandis que signifie eau.

†††

Partie 5

Tard dans la nuit...

Alors que Rushella et Mei étaient allées au lit, Eruru avait continué à lire dans le sous-sol tout en restant seule.

Grâce au fait qu’elle avait une partie de son sang qui était celui d’un vampire, il n’y avait aucune trace de fatigue sur son visage. Alors qu’elle utilisait l’éclairage produit par une chandelle, elle avait lu des livres anciens sans faire la moindre pause.

Tout en ayant perdu le compte du nombre de livres qu’elle avait déjà lus, Eruru en avait fermé un autre et l’avait placé sur le sol.

Au moment où elle entendit les pas s’approchant d’elle, un clair mécontentement était apparu sur son visage.

« Pour quelle raison êtes-vous là Kujou-san ? » demanda Eruru. « Vous qui avez trompé, non seulement, des filles pour qu’elles entrent dans votre maison, mais qui leur avez même ordonné d’entrer dans la salle de bain ? »

« Qu’est-ce que c’est que ce ton dans votre voix ? » demanda Hisui. « Peut-être que, comme l’a dit Rushella, je n’aurais pas dû vous faire venir chez moi. Je souffre toujours en raison de ces blessures. »

Agissant presque tel le fantôme d’un noyé, Hisui grommela alors qu’il faisait bouger ses épaules. Il s’attendait presque à mourir quand elles avaient fait ça.

« Il est déjà tard, que diriez-vous d’aller dormir ? » demanda Eruru. « Allez-y et vous pouvez aller dans le même lit que Sudou-san. »

« Pour qui me prenez-vous... ? Essayez-vous d’envoyer le petit chaperon rouge dans la tanière du loup affamé ? » demanda Hisui.

« Mais serait-il mieux si vous étiez mangé par un loup ? Bon, pourquoi êtes-vous ici ? » demanda Eruru.

« Je suis seulement venu voir si vous alliez bien et aussi pour vous apporter ceci, » répondit Hisui.

Hisui avait levé un plateau avec sur le dessus, une assiette et une tasse de café. L’assiette contenait un sandwich aux algues tandis que la tasse de café contenait du lait chaud avec du sucre qui y avait été ajouté.

« Il s’agit de votre collation de minuit, » déclara Hisui. « Ne restez pas debout trop tard, d’accord ? »

« Tout comme celle qui habite chez vous, je suis plus énergique la nuit. Mais dans tous les cas... merci ! » répondit Eruru.

Eruru avait pris le plateau puis elle était retournée à la lecture de ses livres.

Mais puisque Hisui lui avait préparé une collation qui pouvait facilement être mangée pendant qu’elle travaillait, Eruru tenait le sandwich dans une main en réponse à son offre tacite de prendre soin d’elle.

« Alors... avez-vous obtenu des résultats jusqu’à présent ? » demanda Hisui.

« ... Rien d’important à ce stade, » répondit Eruru. « Même si les ressources ici sont grandes, en fin de compte la plupart des informations sur les sorcières sont écrites par des tiers. Considérant le taux d’alphabétisation de l’Europe au moment où ils ont été écrits, ainsi que les manières d’agir dans le secret des sorcières, on ne peut pas y faire grand-chose... »

« Je vois..., » répondit Hisui.

Ses espoirs déçus, Hisui affaissa ses épaules en raison de la déception.

Comme prévu, le savoir des sorcières avait été transmis de mère en fille, de maître à disciple. Leurs rituels secrets n’avaient jamais été divulgués à des étrangers.

« Cependant, il existe de nombreuses inscriptions intéressantes ici, » déclara Eruru. « Par exemple, il y a des informations sur la lutte contre les Yeux Mystiques dans le cadre de leurs stratégies anti-vampires. Apparemment, cela résume simplement les résultats à travers des essais et des échecs répétés. Par exemple, on pourrait mettre en place une barrière pour se cacher derrière et éviter les effets. Cependant, le lanceur de sorts est ainsi rendu immobile, ce qui rend cette technique peu pratique. Cependant, même si l’on portait un talisman, il n’y aurait pas beaucoup d’utilisation possible. Afin de contrer les Yeux Mystiques, une méthode plus directe afin d’y résister est nécessaire... c’est ce que cela dit. »

« N’ont-ils pas réussi ça à l’heure actuelle ? Comme ces documents ont été écrits il y a des siècles, alors peut-être que cela aurait déjà pu être réalisé ? Et qu’en est-il des autres ? » demanda Hisui.

« D’autres informations dignes d’être dites comprennent diverses annotations sur les drogues et les potions concoctées par les sorcières, » déclara Eruru. « Bien que les effets de ces concoctions varient considérablement, le fait de les rendre inodores et insipides semble être impossible. Même s’ils sont mélangés avec de la nourriture ou des boissons, beaucoup de travail doit être fait en ce qui concerne le goût, sinon la cible le remarquerait instantanément. Si la drogue provient d’une herbe, alors les autres ingrédients doivent correspondre à ça. Et idéalement, cela serait celui dont le goût ne serait pas gâché par les huiles essentielles de l’herbe. »

« Je vois. Donc, si vous voulez que quelqu’un mange la pomme empoisonnée d’une sorcière, faites-en une tarte aux pommes..., » déclara Hisui. « Est-ce quelque chose comme ça ? »

« Dit simplement, oui, » répondit Eruru. « L’efficacité d’une drogue est inversement proportionnelle à sa concentration. Si ce n’est pas une drogue particulièrement puissante, il n’est pas nécessaire de dépenser beaucoup d’efforts en la cuisinant. »

« Mais si on l’ajoute à de l’eau pure, alors toutes sortes techniques de dissimulations doivent être faites. Cependant, comment les sorcières le font-elles... ? » demanda Hisui.

Hisui s’était assis sur le sol et avait commencé à réfléchir. Eruru avait sorti l’un des sacs en plastique utiliser pour mettre les preuves récolté pour la police et le lui avait montré.

Hisui avait rapidement reconnu l’objet se trouvant à l’intérieur du sac.

Il s’agissait du sac en papier qu’il avait trouvé dans la poubelle de la salle de préparation d’économie domestique.

« Avant de venir chez vous, cela avait déjà été analysé, » déclara Eruru.

« Hmm. Alors, quel est le résultat ? Avez-vous trouvé quelque chose ? » demanda Hisui.

« ... En fait, aviez-vous déjà compris ce que c’était depuis le début ? » demanda Eruru. « Vous saviez ce que c’était et à quoi cela servait. »

Eruru avait regardé Hisui alors qu’elle lui demandait ça.

En voyant ses yeux déterminés qui disent « N’ose surtout pas me tromper, », Hisui n’avait d’autre choix que de parler sérieusement. « C’était probablement... des herbes aromatiques ? »

Des herbes aromatiques... pour le dire simplement, un mélange d’herbe utilisé pour la cuisine.

Elles étaient utilisées pour éliminer les odeurs désagréables du poisson et de la viande, ainsi que pour rendre les plats plus savoureux. Elles étaient souvent utilisées en Europe et pouvaient être considérées comme un type d’épices.

Les combinaisons d’herbes allaient varier d’un plat à l’autre. Les herbes nécessaires avaient été attachées avec une ficelle, et le tout avait été placé dans la soupe en ébullition au même moment que la viande.

Ceux-ci avaient été vendus au marché, et on pouvait trouver de nombreux assaisonnements au supermarché qui étaient scellés dans des sacs en papier.

« Après tout, mon parent adoptif venait d’Europe, alors je l’ai vue les utiliser dans sa cuisine de tous les jours, » déclara Hisui. « La dernière fois, la cuisson consistait à faire de la soupe épaisse, donc le fait d’utiliser des herbes aromatiques ne devrait-il pas être parfaitement raisonnable ? »

« Dans mon cas, mon groupe ne les utilisait pas, » répondit Eruru. « Et il est probable qu’aucun des autres groupes ne les a utilisés... Et qu’en est-il du vôtre ? Comme vous l’avez préparé, vous devriez le savoir, non ? »

« ... »

C’était vrai... le goût de la soupe épaisse était encore vif dans ses souvenirs.

Pour le niveau d’un cours de pratique en cuisine dans une telle école, c’était bien trop incroyable.

Alors qu’il se souvenait de tout ça, il constata que beaucoup d’effort devait avoir été mis dans l’assaisonnement pour en arriver là. Il semblait qu’il y avait un léger goût d’herbes. En tout cas, la chose se trouvant dans la main d’Eruru avait vraiment été utilisée par le groupe de Hisui.

« Même si cela a été utilisé... et alors ? » demanda Hisui. « Vous pouvez l’acheter au marché, et il n’y a pas de problème. Vous le faites bouillir dans la soupe, puis vous le jeter après usage. N’est-ce pas parfaitement normal ? »

« Mais dans ce cas, qui était celui qui l’utilisait ? » demanda Eruru. « En excluant la grande Rushella Dahm Dracula qui n’a pas participé avec sérieux à la cuisine, était-ce vous ? Ou Sudou-san ? »

L’interrogatoire tranchant d’Eruru avait provoqué l’apparition de doutes en Hisui.

Naturellement, il savait qui l’avait utilisée.

Il savait qui était responsable du potage et dont les fonctions incluaient également l’assaisonnement général. Tout cela avait été fait par Sera Reina.

« ... C’est la représentante de la classe qui les ait utilisés. Mais en quoi est-ce mal ? Elle essayait seulement de rendre le plat plus savoureux, et elle a ajouté une étape supplémentaire, non ? » demanda Hisui.

« Selon les résultats de l’analyse, en plus des herbes ordinaires, des feuilles de mandragore ont également été détectées, » annonça Eruru.

« ... !? » Hisui avait écarquillé les yeux en entendant ça.

Pourquoi !? Pourquoi Reina aurait-elle ce genre de fleur vénéneuse en sa possession... !? Se demanda Hisui.

« Que se passe-t-il là... ? » demanda Hisui.

« Je ne sais pas du tout, » répondit Eruru. « En tout cas, selon la légende, les feuilles de la mandragore n’ont pas de propriétés médicinales. Et en réalité, ni vous ni Sudou-san n’avez été touchés par le moindre effet secondaire. En premier lieu, cela ne devrait affecter que les vampires... »

Sur ce point, Eruru semblait manquer d’hypothèse pour l’instant. Intriguée, elle secoua la tête.

Cependant, une vérité avérée se trouvait devant leurs yeux.

« Mais comment obtenir les feuilles de la mandragore... ? Hé, cela pourrait-il être cette chose que nous avons trouvée hier ? » demanda Hisui.

« C’est possible. Après cela, j’ai pris la fleur que vous aviez déracinée et j’ai trouvé des indices comme quoi plusieurs feuilles avaient été arrachées, » répondit Eruru. « En sachant que la fleur n’avait aucune utilité, quelqu’un l’a greffée comme une expérience dans le parterre de fleurs. C’est probablement ce qui s’est passé. Mais encore une fois, si les propriétés médicinales étaient son but, elle aurait au moins dû récupérer la fleur. »

Alors qu’Eruru avait fait à haute voix ses déductions, Hisui ne pouvait pas dissiper le doute présent dans son esprit.

Pourquoi Reina... ?

Il n’y a pas si longtemps, elle avait été transformée un sacrifice par un vampire. Elle devrait être une fille innocente et pure.

Selon les témoignages, ses deux parents étaient des chrétiens pieux et elle-même venait d’une école catholique.

Une fille calme et douce qui devrait être la personne la plus éloignée des sorcières, pourquoi aurait-elle fait cela ?

« Je comprends votre refus d’accepter la vérité, mais c’est un fait solide, » déclara Eruru. « J’ai testé beaucoup de choses, mais dans tous les cas, c’est elle qui a ajouté des feuilles de mandragore dans le plat... c’est indéniable. »

« ... Et alors ? Êtes-vous en train de dire que la représentante de classe est la sorcière ? » demanda Hisui. « Quoi qu’il en soit, qu’en est-il de la tisane et des bougies parfumées que vous avez recueillies auprès de la vice-présidente ? »

« Bien sûr qu’elles ont été analysées, » répondit Eruru. « Rien d’inhabituel n’a été trouvé dedans. J’ai également fait infuser la tisane et l’ai bue, et je peux vous dire que le goût est assez bon, et tout est normal. J’ai également testé les bougies parfumées depuis un moment et apparemment, il n’y a pas de problème avec elles. » En disant cela, Eruru avait désigné le chandelier présent sur le mur.

Maintenant qu’elle l’avait mentionné, Hisui avait remarqué qu’il y avait un léger parfum dans l’air.

« ... Hé, ne soyez pas si téméraire, » déclara Hisui. « Qu’auriez-vous fait s’il y avait eu un problème ? N’avez-vous jamais entendu parler de cette courte histoire de Sherlock Holmes intitulée “L’aventure du pied du diable” ? Afin de tester un poison, Holmes a souffert le martyre. »

« Elle avait déjà été analysée avant ça, » déclara Eruru. « D’ailleurs, il n’y a aucun problème quand j’ai bu cette tisane. Même si le poison ciblait des humains ou des vampires, alors il n’a pas été efficace contre une métisse comme moi. »

« Ne le dites pas comme ça, » déclara-t-il. Les paroles d’Hisui provoquèrent un brin de morosité sur le visage d’Eruru.

Le sang maudit qui coulait dans ses veines était ce qu’elle détestait le plus.

« ... Après tout, il s’agit de la vérité. Je ne peux donc pas le nier, » déclara Eruru.

« ... »

« Après enquête, apparemment la vice-présidente est en vérité la seule étudiante qui fréquente la salle de préparation pour l’économie domestique, » déclara Eruru. « Mais les choses qu’elle a apportées étaient normales. La seule personne que nous devrions étudier est Horie-sensei qui supervisait la cuisine. »

« Pour notre groupe inclus, elle vérifiait le processus de cuisson de tout le monde, et elle goûtait un peu à chacune des préparations sous prétexte de pouvoir ajuster le goût, » déclara Hisui. « Peut-être qu’elle aurait pu faire quelque chose à ce moment-là. »

Et plus important encore, elle avait été membre de ce Club de Recherches Occultes.

Son nom était écrit sur la dernière page et cela avait été profondément gravé dans les souvenirs d’Hisui et d’Eruru.

« En ce qui concerne son cas, les investigations auront lieu après les vacances, » déclara Eruru. « En tout cas, vérifier ces ressources est en ce moment notre priorité. »

« Faisons ainsi ! Dans ce cas... puis-je vous aider en quoi que ce soit ? » demanda Hisui.

Hisui s’attendait à ce qu’elle réponde « Non » ou « S’il vous plaît, partez et arrêtez de vous mettre au travers de mon chemin », mais Eruru n’avait pas refusé son aide. À la place, elle avait tendu la tasse de café vide.

« ... S’il vous plaît, une autre tasse, » déclara Eruru.

« D’accord, » répondit Hisui.

Hisui avait souri à sa demande puis il avait pris la tasse et avait quitté le sous-sol.

†††

Chapitre 5 : Mon sang

Partie 1

Tôt le matin.

Alors que tout le monde était encore endormi, une certaine fille s’était levée d’elle-même.

Avec de légers mouvements, sans faire le moindre bruit, elle traversa le couloir et monta les escaliers... en direction de la chambre de Hisui.

Elle n’avait qu’un seul but en tête... faire des bébés.

Mei Sudou était de retour avec sa vengeance !

Après avoir appris de ses erreurs dans la salle de bain, elle était déterminée cette fois-ci à aller jusqu’au bout avec lui.

« Hmm, cette fois, je vais séduire Hi-kun avec cette tenue, m’assurant une victoire grandiose, ❤ ! » déclara Mei.

Vêtue d’une chemise de nuit attrayante et colorée, Mei avait souri d’une manière séduisante.

En plus de la coupe érotique qui utilisait un minimum de tissu, la finesse de sa lingerie offrait des aperçus fugaces de ce qui se trouvait dessous.

Le fait de dormir sous le même toit ce jour-là était une occasion parfaite pour réaliser son souhait depuis si longtemps chéri.

Tranquillement, calmement, elle s’approcha de la chambre de Hisui et agrippa la poignée de la porte.

La porte n’était pas même verrouillée.

Naturellement, même si elle avait été verrouillée, la force d’un bras humain artificiel pourrait facilement la détruire. Mais puisqu’il serait préférable de ne pas faire de bruit inutile, c’était pour elle une chance inespérée.

Mei, toujours sur la pointe des pieds, poussa lentement la porte afin d’entrer dans la chambre.

Afin de ne pas alarmer sa cible, elle n’avait pas allumé les lumières, se reposant plutôt sur l’œil nu afin de vérifier sa situation dans la pièce. Bien que n’étant pas au niveau d’un vampire, sa vision nocturne était encore bien supérieure à celle des humains ordinaires.

Activant son excellente vision, l’humain artificiel avait balayé son regard dans la pièce avant de se fixer vers le lit... qui avait sa couverture bombée.

La cible dormait paisiblement dans le lit.

Mei s’approcha prudemment du lit... et arracha d’un coup la couverture !

« Hi~kun ❤ ! » murmura-t-elle.

Le loup vorace avait alors bondi avant de se presser avec force contre Hisui.

Étant peut-être trop profondément dans son sommeil, l’agneau sans défense ne s’était pas réveillé.

Dans ce cas, il sera conquis pendant son sommeil !

Étendant sa main gauche vers la poitrine d’Hisui tandis que sa main droite... s’était progressivement glissée le long du chemin menant vers la région entre les jambes.

Il s’agissait actuellement de l’heure du jour où les jeunes mâles étaient incapables de contrôler la moitié inférieure de leur corps.

Peu importe combien ils essayeraient de se réfréner, il y aurait assurément une réaction !

Sûrement qu’il y aura une réaction quant à son acte ! ... Mais en réalité, la sensation que la main droite de Mei ressentit alors n’était pas une tige brûlante qui se dressait vers le ciel, mais une douce touffe de pâturage.

Quant à la main gauche qui s’attendait à toucher la poitrine d’une blancheur spectaculaire, elle avait découvert une énorme chaîne de montagnes. Cette sensation apparemment familière de douceur et d’élasticité était loin d’une poitrine musclée.

« Hein !? » s’exclama-t-elle.

Quelque chose n’allait pas dans cette situation.

Mei avait alors appliqué une pression sur sa main gauche afin de confirmer la situation. Elle avait également pincé avec sa main droite afin de permettre de recueillir certaines informations.

« Ah... Nnn... » Un gémissement séduisant... ou plutôt, des bruits d’une respiration au moment du sommeil seraient la manière la plus appropriée de le décrire.

En plus, il s’agissait d’une voix familière.

... Cela ne peut pas être le cas.

Mei avait concentré son regard afin de confirmer l’identité du corps qui se trouvait sous elle. Les contours de celle qui était allongée dans le lit étaient progressivement entrés dans la vision de l’humaine artificielle.

Il s’agissait d’une silhouette élancée avec un buste voluptueusement massif, ainsi que de longues jambes minces d’une grande beauté.

Avec des lèvres rouge vif qui surpassaient la rougeur du sang et une beauté élégante de première classe, cette vue était impossible à oublier.

Et pour finir la description, le corps d’un autre monde n’était vêtu que d’une mince chemise, sans le moindre autre morceau de tissu.

« Pourquoi... !? » se demanda-t-elle.

Celle qui dormait dans le lit était Rushella.

Après qu’elle eut ainsi été tâtée par les mains de Mei, la belle endormie s’était réveillée.

Lentement, elle avait ouvert les yeux.

Après s’être réveillé, son regard erra d’une manière instable.

Juste au moment où Rushella réalisait lentement qui était allongé sur elle et où les mains de cette personne la touchaient... elle s’était mise à crier. « Ahhhh... !! »

« Hé, calmez-vous !! Il est encore très tôt, alors, faites moins de bruit !! » déclara Mei.

« V-Vous, que faites-vous en ce moment !? Se pourrait-il que vous vouliez... avec moi !? » demanda Rushella.

Rushella repoussa Mei et se pelotonna en boule. Cette réaction était tout à fait naturelle.

« ... Bien sûr que non ! » répliqua Mei. « Je suis venue ici afin d’avoir des activités nocturnes avec Hi-kun ! Mais pourquoi dormez-vous ici ? »

« Je me suis réveillée trop tôt aujourd’hui alors je suis venue avec l’intention de prendre un verre de sang, » répondit Rushella. « Mais il n’était pas dans la pièce ! Alors, tout en tournant encore et encore dans le lit en attendant qu’il revienne, je... »

« ... vous vous êtes endormies là, » déclara Mei. « Quand votre amoureux est absent, vous vous délectez de la chaleur qui reste dans son lit. Hé, à quel point aimez-vous vraiment Hi-kun !? »

« Taisez-vous ! Ce type n’est que mon serviteur, » répondit Rushella. « L’aimer est donc tout à fait naturel ! Vous n’êtes pas autorisée à lui sauter dessus ! »

« Pourquoi dois-je écouter vos ordres !? » demanda Mei. « Et à ce propos, où est Hi-kun !? »

« Comment pourrais-je le savoir !? » s’exclama Rushella.

La bataille verbale entre la vampire et la créature de Frankenstein avait ainsi commencé à l’aube.

Les tambours de guerre se firent entendre dans la chambre de Hisui afin de signaler une confrontation des étoiles ayant un grand potentiel hollywoodien.

« D’ailleurs, qu’est-ce que c’est que cette façon éhontée de vous habiller !? » demanda Rushella. « Vous exposez vos sous-vêtements pour que les autres puissent parfaitement les voir, c’est totalement effronté ! »

« Ouais, c’est vrai, comme si j’avais envie d’entendre ça de la part de la fille qui est presque nue avec seulement une chemise sur le corps ! » répliqua Mei. « Vous devez vraiment le faire exprès ! »

« Je le porte ainsi parce que c’est confortable ! » répliqua Rushella. « Quant à vous, portez-vous cela parce que vous avez l’intention de faire quelque chose à ce gars... ? Ou également à moi... »

À mi-chemin, Rushella avait finalement réalisé ce qu’elle lui avait fait.

D’abord, ses seins avaient été caressés, puis sa partie privée la plus importante avait été...

« Garce... !! » s’écria Rushella. Rougissante, elle prit l’oreiller de Hisui et le balança contre le visage de Mei.

Ayant été frappée de plein fouet, Mei l’attrapa avant de le relancer avec colère. « Vous voulez vraiment un combat... Vous, la vampire lubrique ! »

« Taisez-vous, la Frankenstein perverse ! » cria Rushella.

Alors que leur dispute s’intensifiait, des intentions de meurtres étaient devenues détectables dans la pièce.

La bataille pour la domination entre les plus grandes créatures surnaturelles était sur le point de débuter.

Le contrecoup de l’impact avait fait trembler toute la pièce, ou plutôt, toute la maison avait tremblé.

« ... Hmm !? » Le tremblement du plafond avait fait se réveiller Hisui.

Puisque la source de la secousse venait d’en haut, ce n’était probablement pas un tremblement de terre, alors que s’était-il passé à l’étage ?

Frottant ses yeux emplis de sommeil, il remarqua plusieurs couvertures drapées sur lui.

Hisui s’était apparemment endormi alors qu’il aidait Eruru dans sa recherche d’informations. Les couvertures qui le couvraient devaient être de son fait.

Eruru dormait également sur le côté.

Alors qu’elle utilisait les livres dispersés sur le sol comme oreiller, elle respira paisiblement.

Son apparence pure et innocente semblait vraiment appartenir à quelqu’un de l’âge de Hisui. Rien de son attitude froide habituelle ne pouvait être vu de son visage en ce moment.

Allongée sur le sol, la jeune fille n’était ni l’un des officiels importants du Département de la Police Métropolitaine, ni celle de la personne qui endossait un destin maudit, mais une fille tout à fait ordinaire qu’on pouvait trouver n’importe où.

« ... Ne vous forcez pas trop, » murmura Hisui alors qu’il couvrit avec douceur le corps d’Eruru avec des couvertures.

Puis il avait commencé à déplacer les livres environnants. Juste à ce moment-là, il entendit des pas frénétiques qui descendaient les escaliers.

« Ah, tu étais ici ! » s’écria une voix féminine.

Rushella était arrivée. Quelque chose avait dû arriver pour que sa chemise soit rendue dans un tel désordre. De plus, elle haletait comme si elle était épuisée.

« ... Que s’est-il passé ? » demanda Hisui. « En passant, arrête de prendre chaque fois mes chemises sales... »

« Tais-toi ! Tout cela est de ta faute. C’est parce que tu n’étais pas dans ta chambre que j’ai... !! » Rushella serra son corps avec ses bras, parlant avec des larmes aux yeux.

Hisui n’avait aucune idée de ce qui s’était passé, mais il semblerait que quelque chose de grave s’était produit.

Alors qu’Hisui avait essayé de donner un sens à la situation, un autre visiteur était descendu au sous-sol.

« Alors c’est donc là que vous êtes allées, vampire !? Nous n’avons pas encore décidé du vainqueur ! » s’écria la nouvelle venue.

... Alors que son visage semblant indiquer qu’elle était épuisée, Mei apparut en portant une chemise de nuit sexy alors qu’elle était également toute couverte de sueur.

« Euh, que s’est-il passé ? » Hisui fit de son mieux pour éviter de regarder Mei alors qu’il demandait ça.

Rushella avait fait des accusations alors qu’elle faisait la moue et qu’elle était au bord des larmes. « Cette femme m’a fait plein de choses pendant que j’étais endormie... ! »

« Hein, es-tu également intéressée par ça !? » demanda Hisui à Mei.

« Bien sûr que non ! » répondit Mei. « Les lesbiennes appartiennent au domaine des vampires femelles [1], d’accord !? D’ailleurs, pourquoi n’étais-tu pas dans ta propre chambre, Hi-kun !? À cause de ça, tout mon plan est tombé à l’eau ! »

« C’est vrai, tu devrais dormir docilement dans ta chambre !! » s’écria Rushella.

« Pourquoi êtes-vous toutes deux d’accord sur ce genre de chose, et cela même quand vous vous disputez ? » Hisui n’avait pas pu s’empêcher de rétorquer cela.

À ce moment-là, Eruru se réveilla également, se frottant les yeux. « ... Que se passe-t-il en ce moment... »

« Ne vous embêtez pas avec ça ! Retournez vous coucher. Ah, mais dormir ici est inconfortable et vous pourriez même attraper un rhume, alors vous devriez aller dormir en haut, » Hisui lui avait suggéré cela.

Toujours endormie, Eruru acquiesça et accepta facilement la proposition.

« Hmm, vous êtes sûre d’être bien traitée là-haut. » Rushella se moqua méchamment de ce qu’il venait de dire et elle commença à regarder ce qui se trouvait autour d’elle dans le sous-sol.

« Hé... N’est-ce pas une cave à vin !? » demanda Rushella. « Tu ne m’as jamais permis de venir ici avant, cela pourrait-il être la raison ? »

« Pour être franc, oui, c’est l’un des facteurs ayant contribué à ça, » répondit Hisui. « Ah, hé, arrête de jouer négligemment avec les objets présents ici ! »

Rushella l’avait alors ignoré et avait envahi la cave à vin présent dans l’un des coins du sous-sol.

« Hmm... Quelle collection chic ! Il y a essentiellement du vin rouge, je vous le dis, c’est vraiment de bon goût ! » s’écria Rushella.

Les boissons alcoolisées devaient être automatiquement du vin rouge pour qu’elle les aime... c’était peut-être ainsi en raison des instincts d’un vampire, mais même sans ses souvenirs passés, Rushella insistait toujours pour avoir du vin rouge.

Bien que la cave à vin fût assez petite, la température et l’humidité étaient vraiment contrôlées méticuleusement. Sans avoir manqué le moindre millésime très prisé, il s’agissait en effet d’une collection privée très bien garnie.

Notes

  • 1   Lesbiennes... vampires femelles : Ceci est une référence à un célèbre roman fantastique nommé Carmilla qui met en scène une femme vampire du même nom qui se nourrit uniquement de jeunes femmes. Ce livre a été écrit par l’écrivain irlandais Joseph Sheridan Le Fanu, paru en 1872 dans le recueil In a Glass Darkly (Les Créatures du miroir). Roman appartenant au mouvement gothique. À été repris dans de nombreuses adaptations et œuvres annexes (dont Fate/Grand Order et Castlevania).

†††

Partie 2

« Super, cette bouteille à l’air vraiment bonne ! » En voyant une bouteille de vin particulière qui se démarquait et qui semblait vraiment précieuse et préservée, Rushella l’avait arraché de sa zone de stockage et avait commencé à quitter la cave à vin.

« Qu’est-ce que tu es en train de faire là !? Ah, celle-là est... ! » Alors que Rushella sortait de la cave à vin, Hisui avait remarqué la bouteille de vin rouge qu’elle tenait dans sa main. « Rends-la-moi ! »

Avec une expression sévère présente sur son visage, Hisui tendit la main et tenta d’attraper la bouteille.

« Quel est le problème ? Il y en a tellement là-bas, j’en prends juste une ! » répliqua Rushella.

« Ce n’est pas une boisson pour une enfant, » répondit Hisui.

« Tu sais, je suis une vampire. Quel âge penses-tu que j’ai !? » demanda Rushella.

« Je n’en ai aucune idée, mais ton âge mental est juste celui d’une enfant. Même si tu ne peux pas mourir d’une intoxication alcoolique aiguë, tu seras quand même ivre. Dépêche-toi de me la rendre, » demanda Hisui.

« Tais-toi ! » cria Rushella.

Alors que les deux individus refusaient de reculer, une bataille avait commencé afin de savoir qui obtiendrait la bouteille.

Mais avant qu’un vainqueur puisse être décidé, la lutte s’était terminée de façon inattendue. Glissant hors de la main de Rushella, la bouteille avait volé dans les airs.

« Ah... ! »

Avant qu’elle ne puisse la rattraper, la bouteille avait frappé le sol avec un son vif du verre se brisant.

Le liquide violet foncé éclaboussa le plancher, libérant un riche arôme.

Quelqu’un avec une mauvaise tolérance à l’alcool serait probablement éméché par cette simple odeur. Voilà à quel point le parfum du vin était concentré et fantastique. Un connaisseur de vin rouge serait en mesure de dire que c’était certainement un millésime inestimable simplement avec l’odeur.

Hisui resta figé sur place, sous le choc, contemplant la disparition du vin.

La tristesse présente sur son visage fit que Rushella et toutes les filles devinrent totalement silencieuses.

Finalement, Rushella avait détourné son regard et avait brisé le silence. « C-C’est de ta faute, d’accord... ! Ne me blâme pas, car tu es celui qui a essayé de le prendre par la force... »

Son calme déni présenta un ton plein d’excuses.

« Bien, peu importe, » déclara-t-il froidement.

Hisui avait approché les restes de la bouteille et avait trempé un doigt dans le vin résiduel au fond de la bouteille. Puis il y avait légèrement goûté.

« ... Donc, c’était donc ça que cela goûtait ? » déclara-t-il.

Après ça, Hisui avait commencé à ramasser les fragments présents sur le sol.

En le regardant par-derrière, Mei s’avança vers lui d’un air désolé. Effectivement, elle se sentait en partie responsable de l’accident.

« ... Laisse-moi t’aider ? » demanda-t-elle.

« C’est bon. Je n’en ai pas besoin, » répondit Hisui.

Hisui n’était pas fâché. À la place, il était complètement sans aucune émotion.

Ce n’était pas bon.

C’était même le pire cas possible.

« Cette bouteille de vin... Était-ce quelque chose de vraiment précieux... ? » demanda Mei avec inquiétude alors que Hisui avait continué à tout ramasser.

Puis, Hisui avait répondu. « Ce millésime est celui de l’année de ma naissance. Le plan original était de l’ouvrir et de le boire le jour de mon vingtième anniversaire. »

« « ... !! » » Rushella et Mei se regardèrent.

Quant à savoir qui avait acheté le vin et qui avait planifié afin de célébrer le vingtième anniversaire de Hisui... la réponse était évidente.

C’était le parent adoptif qui avait élevé Hisui et l’ancien maître de la cave à vin... ce vampire.

« Elle m’a dit le jour de mon dixième anniversaire qu’elle était vraiment impatiente. Le concept de temps d’un vampire est vraiment différent. À la fin, elle est morte avant cet événement, » poursuivant sa tâche, Hisui avait parlé avec indifférence.

L’humeur des trois filles qui se tenaient derrière lui devenait de plus en plus sombre.

Mei et Eruru avaient fustigé Rushella avec des regards emplis de reproches, l’amenant à se sentir mal à l’aise.

« ... Je vais devoir prendre un chiffon pour l’essuyer plus tard. Ah, y a-t-il des fragments de verre là-bas ? Vous êtes-vous fait mal ? » Hisui avait fini de ramasser le verre et avait demandé à Eruru.

Il était naturel pour lui de s’inquiéter pour elle parce qu’elle venait juste de se réveiller.

Mais Rushella avait répondu avec mécontentement. « ... Tu n’as pas besoin de t’inquiéter pour elle. Même si elle est inférieure à moi, ses blessures guérissent assez rapidement. »

« ... Ne dis pas des trucs comme ça. Tout le monde ressent la douleur de la même manière, » répondit Hisui.

« Pourquoi n’étais-tu pas dans ta chambre ? » demanda Rushella. « Au lieu de cela, tu as couru vers ce genre d’endroit pour passer du temps avec cette femme ! Si tu n’avais pas fait ça, je n’aurais pas subi ce qui s’est passé dans la chambre, et le vin n’aurait pas... ! »

Rushella lança un regard haineux à Hisui et continua. « Donc tu as une préférence pour ce genre de métis ? Ni humain ni vampire, une espèce entre les deux ! »

Dès qu’elle avait fini de parler, un Hisui sans expression avait fait une pichenette sur la tête de Rushella.

C’était une très faible pichenette, rien d’extraordinaire... mais le visage d’Hisui était emplie d’une froide et impitoyable colère.

« Qu’est-ce que tu fais !? » demanda Rushella.

« Excuse-toi immédiatement ! » Hisui désigna Eruru alors qu’il ordonnait ça à Rushella.

« Tais-toi ! » Rushella avait frappé Hisui au niveau de la poitrine.

Ne se retenant pas du tout... elle avait utilisé toute sa force pour effectuer ce coup.

Repoussé par l’impact, le corps mince de Hisui s’était instantanément envolé et il était allé s’écraser dans le mur.

Malheureusement, cela avait frappé sa tête.

« Hé, que faites-vous !? » cria Mei

« N’allez-vous pas trop loin !? » demanda Eruru.

Les paroles de Mei et d’Eruru avaient fait que Rushella avait retrouvé ses sens. Réalisant ce qu’elle venait de faire, elle regarda son propre poing.

« T-Tout cela est parce que..., » Rushella avait à peine commencé à se justifier quand Hisui se leva.

Apparemment, son front avait été blessé, car du sang coulait en provenance d’une coupure, teignant son visage pâle de rouge.

Son apparence tragique avait choqué toutes les personnes présentes.

D’un pas chancelant, Hisui avait marché jusqu’à venir devant Rushella et il avait répété la même phrase. « Excuse-toi immédiatement ! »

Après avoir dit cela, il s’était évanoui et s’était effondré sur le sol.

Mei et Eruru s’étaient précipitées à ses côtés.

Rushella, d’un autre côté, tremblait de tous ses membres alors qu’elle sortait du sous-sol.

« Vas-tu bien, Hi-kun !? » demanda Mei.

« Dans tous les cas, le saignement doit être arrêté en premier. Aidez-moi, » déclara Eruru.

Après avoir porté Hisui au rez-de-chaussée, Eruru avait effectué les premiers soins.

Heureusement, la blessure n’était pas très profonde, et combiné avec sa constitution, le saignement s’était rapidement arrêté.

« Je vais bien maintenant. Je vois juste double en regardant les choses, » déclara-t-il.

« Cela ne peut-il pas être une commotion cérébrale !? S’il vous plaît, restez assis là ! » Chaque phrase d’Eruru exprimait son inquiétude lorsqu’elle déplaça Hisui pour qu’il s’allonge sur le canapé du salon.

« ... Où est Rushella ? Elle semble avoir directement fui, » demanda Eruru.

« Vraiment !? » s’exclama Hisui.

« Pourquoi avez-vous dû la forcer à s’excuser ? » demanda Eruru. « Je sais très bien comment les vampires pur sang sans parler les Véritables Anciens, voient les demi-vampires. Ça ne me dérange pas vraiment. Après tout, je la considère comme une abomination méprisable. Mais vous... »

« Je ne l’ai pas fait pour vous, » Hisui hurla et l’arrêta.

C’était la vérité.

Il ne l’avait pas vraiment fait pour Eruru.

« J’étais simplement en colère, c’est tout, » déclara Hisui.

« ... »

« J’étais en colère contre elle pour avoir dit quelque chose comme ça. Que ce soit un humain ou un demi-vampire n’a pas d’importance. Mais le fait de la voir insulter insensiblement d’autres comme cela m’a mit en colère, » continua Hisui.

Le visage de Hisui avait affiché une faible tristesse.

En tant que l’une des responsables, Mei avait parlé afin de briser l’ambiance lugubre.

« En tout cas... Je dois d’abord m’excuser. J’ai joué un rôle dans la cause de l’incident du vin. Désolée, » déclara Mei

« Cela n’a vraiment pas d’importance. J’ai déjà décidé il y a longtemps si j’avais besoin d’argent, je vendrais cette collection, » les paroles de Hisui n’avaient pas la moindre trace de sarcasme ou d’autodérision.

Mais Mei soupira profondément en les entendant. « ... Comme je le pensais. Je pense que je peux plus ou moins comprendre comment Rushella se sent. »

« Quoi ? Je suis totalement la victime là, » déclara Hisui.

« Je le sais, » répondit Mei. « Tout est de sa faute. Cependant, ce n’est pas comme si je ne pouvais pas comprendre ce qu’elle ressentait. Quand un mec parle de son ex à sa copine actuelle, il est normal qu’elle soit mécontente. »

« Qu’est-ce que vous racontez ? » demanda Hisui. « Très malheureusement, je n’ai ni une petite amie actuelle ni un ex. »

Hisui afficha une expression perplexe alors qu’Eruru soulignait calmement les choses.

« En d’autres termes, ce qui était important pour vous n’était pas la bouteille de vin, mais la promesse, » déclara Eruru. « La promesse que vous avez faite avec la vampire qui a acheté la bouteille. Ai-je raison ? Donc le vin est sans conséquence. Même casser la bouteille ce n’est pas un problème. La raison réside dans le fait que la belle femme avec qui partager le grand vin n’existe plus. Donc, la chose la plus importante est... »

« Ne parlez pas comme si vous compreniez tout, » répliqua Hisui. « Arrêtez d’analyser ça ainsi. D’ailleurs, je n’ai aucun intérêt pour le vin. »

« Même si c’est vrai, Rushella comprend les choses différemment, » répondit Eruru.

« Quand une petite amie actuelle découvre que vous chérissez encore des souvenirs de l’ex, un pandémonium en résulterait-il pas automatiquement ? » demanda Mei.

« Comme je l’ai dit, je ne sais pas ce que vous êtes en train de faire !? » demanda Hisui. « Ne transformez pas chaque relation interpersonnelle en une sorte d’échange d’amour équivalent !? »

Hisui s’écria avec énervement, mais Mei et Eruru le regardèrent avec une expression affirmant qu’elles avaient tout compris.

« Quel genre de regard est-ce ? Que voulez-vous que je fasse ? » demanda Hisui.

« Ne vas-tu rien faire ? Je me demande simplement si tu vas la laisser seule comme ça, » demanda Mei.

« Moi aussi, je sens que vous ne pouvez pas la laisser seule. Dans un certain sens, la garder à vos côtés est la condition pour maintenir sa liberté, » déclara Eruru.

« ... Comment en est-ce arrivé là ? » demanda Hisui.

« Non non, tu n’es pas obligé de faire quoi que ce soit, d’accord ? » demanda Mei. « Penses-y de cette façon, si la petite amie actuelle s’enfuit de la maison après une dispute, le petit ami est responsable de la poursuivre et de la ramener à la maison. Cela n’a rien à voir avec qui a raison ou qui a tort. »

« Êtes-vous vraiment le type qui peut résister quand vous entendez quelqu’un dire. “Ne pas appuyer sur le bouton sous aucune circonstance” ? » demanda Eruru.

Agissez vite... c’était ce que Mei et Eruru lui avaient demandé.

Incapable de résister à leur pression sans paroles, Hisui n’avait pas d’autre choix que de soupirer vers les cieux.

« ... Je sors pour acheter du jus, » déclara-t-il.

« « Faites attention ! » »

†††

Partie 3

Tout est la faute de ce type..., la fille avait répété la même phrase encore et encore dans son cœur, murmurant parfois à voix haute.

Mais l’agitation présente dans son cœur n’avait fait qu’augmenter.

Après avoir quitté la maison, elle avait regardé en arrière pour une raison inconnue.

Mais personne n’était venu depuis derrière elle. C’était tout à fait naturel.

Mais quand même, encore une fois, elle avait regardé en arrière.

« Tout cela... est la faute de ce gars..., » elle le disait encore une fois à haute voix.

C’est vrai, tout est la faute de ce gars.

Non seulement était-il encore lié à la vampire détruite il y a longtemps, mais il agissait aussi intimement avec d’autres femmes.

Mais même ainsi, ce qui était arrivé maintenant était aussi...

« Eh, Rushella-san ? » Reina lui avait alors parlé.

Même un jour de congé, elle portait toujours son uniforme scolaire. À l’opposé, Rushella portait une robe de tous les jours avec un large décolleté.

« Vous... Quelle est la raison de votre présence ici ? » demanda craintivement Rushella.

Rushella pouvait sentir une présence terrifiante venant de sa camarade de classe qui était debout à côté d’elle et elle recula instinctivement afin de garder une certaine distance.

En regardant attentivement, elle avait constaté que Reina tenait une croix dans sa main.

La plus grande faiblesse d’un vampire.

Un ornement à la mode serait inoffensif, mais celle qui était dans la main de Reina était différente.

Celle-ci avait été bénie et sanctifiée, imprégnée de sa foi et ainsi, c’était extrêmement menaçant pour un vampire.

« Oh, voulez-vous dire ça ? C’est parce que je reviens de l’église..., » répondit Reina en pointant du doigt une certaine direction.

Sentant la même présence indescriptible dans cette direction, l’expression de Rushella était devenue sérieuse.

« Taisez-vous ! Entendre ce mot me met mal à l’aise ! J’ai délibérément changé mon cheminement afin de ne pas approcher de cela..., » déclara Rushella.

« Hein !? Ne vous sentez-vous pas bien quelque part ? Il y a un parc là-bas. Allons-y et reposons-nous un peu, » exprimant ses préoccupations, Reina s’était approchée d’elle, avec sa croix à la main.

« N-Ne vous approchez pas de moi ! Et rangez cette chose ! » cria Rushella.

« Hein !? Que se passe-t-il ? Est-ce qu’il y a quelque chose qui ne va pas ? » demanda Reina.

« Ne venez pas ici, cachez-moi ça !! Ne me laisser pas la voir !! » cria Rushella.

... Face à cette dispute incompréhensible, Reina avait fini par placer sa croix dans ses habits afin de régler la situation même si son visage indiquait qu’elle était totalement perplexe.

Fatiguée par ce conflit, l’apparence de Rushella avait convaincu Reina qu’elle était malade, alors elle avait dirigé Rushella afin qu’elle aille s’asseoir sur un banc dans un parc à proximité.

« Allez-vous bien ? Je peux voir que vous tenez un parasol. Avez-vous eu un coup de chaleur ? Je vous ai acheté une boisson pour sportifs..., » déclara Reina.

« Comme je l’ai déjà dit, je me serais senti mieux si vous aviez masqué cette chose plus vite..., » répondit Rushella.

En dépit de se plaindre verbalement, Rushella avait pris la boisson sportive et l’avait bue.

Puis elle avait réalisé que c’était la première fois qu’elle buvait quelque chose comme ça.

« Alors, les humains boivent ce genre de chose ? » demanda Rushella. « Pourtant, je pense que ce serait mieux si cela goûtait plus sucré. »

« Ah, je suppose que les gens veulent boire quelque chose de sucré quand ils sont fatigués, » répondit Reina.

« Oui, surtout du sang si sucré, » déclara Rushella.

Reina n’avait clairement pas compris les paroles de Rushella.

Une vampire et une vierge pieuse..., c’était sûrement une combinaison impossible qui ne pourrait pas communiquer sur la même longueur d’onde.

« Aujourd’hui... Pourquoi Kujou-kun n’est pas avec vous ? » demanda Reina. « Vous deux... vivez-vous bien ensemble ? »

« ... Qui sait. Après tout, il se mêle probablement avec cette fausse ou la métisse, » répondit Rushella.

« ... ? En parlant de ça, il semble être en bons termes avec Sudou-san et Kariya-san. Ils discutent toujours ensemble..., » Reina baissa les yeux alors qu’elle parlait.

Incapable de comprendre ce que Reina impliquait, Rushella avait parlé sans tact d’une question qui pesait sur son esprit depuis longtemps. « Au fait, vous semblez tout le temps regarder Hisui. Quel est le problème, êtes-vous préoccupée pour lui ? »

« N-Non, pas vraiment. Ce n’est pas comme si j’étais concernée. Hmm... Vous voyez, la dernière fois, quand j’ai été kidnappée, c’est lui qui m’a sauvée, n’est-ce pas ? Bien que je ne me souvienne pas vraiment de tout. »

« Ah, c’est vrai... c’est quelque chose comme ça, » répondit Rushella.

En fait, Reina avait à la place été mordue par un vampire.

Parce que ses souvenirs après avoir été mordus étaient devenus flous, Reina elle-même avait pratiquement oublié tout ce qui s’était passé.

Par conséquent, Hisui et ses compagnons avaient profité de son amnésie pour fabriquer une histoire sur la façon dont elle avait été kidnappée dans laquelle, heureusement, Hisui l’avait découvert par hasard et avait empêché une tragédie... Ce fut l’histoire plausible qu’ils avaient dite à Reina sans jamais mentionner le mot « vampire ».

Ainsi, selon elle, elle avait été enlevée puis droguée pour être ainsi rendue inconsciente. C’était ce qui expliquait les souvenirs flous. Cette explication semblait avoir été acceptée, alors Reina n’était toujours pas plus informée sur la réalité.

Hisui en avait également parlé à Rushella, espérant qu’elle ne révélerait pas la vérité par imprudence.

« Mais alors... Hmm... Je me souviens vaguement de Kujou-kun... Hmm... C’est lui qui m’a sauvée, n’est-ce pas... ? Mais quand je le lui ai demandé, il a refusé de me dire quoi que ce soit de plus, » déclara Reina.

« Il vous a non seulement sauvée, mais moi également. Mais il est censé..., » déclara Rushella.

« Hein !? Étiez-vous également impliquée dans cet incident, Rushella-san !? » demanda Reina.

« Non, hmm... En tout cas, ce type m’appartient !! » répliqua Rushella.

Rushella avait rapidement sorti son joker pour esquiver la question de Reina.

D’une certaine manière, elle se sentait mal à l’aise d’être en présence de Reina.

« Franchement... Vous avez tous deux une relation tellement proche..., » déclara Reina.

« Hmph, mais dernièrement, il me prend toujours à la légère ! » répliqua Rushella.

« Vraiment ? Je pense qu’il a toujours tellement pris soin de vous, » déclara Reina.

« C’est difficile à dire, » déclara Rushella. « Au fait, quand vous regardez ce type, pourquoi détournez-vous toujours votre regard dès qu’il se retourne ? »

« P-Pour rien ! C’est juste... Hmm..., » murmura Reina.

« Regardez-le droit dans les yeux si vous voulez vraiment le regarder. Et dites ce que vous voulez dire. Qu’est-ce qui ne va pas avec ça ? » demanda Rushella.

N’étant pas préparée à voir son secret de vierge ainsi exposé, Reina afficha une expression inquiète.

Inconsciente du tact et des affaires du monde, la vampire avait lancé des attaques directes les unes après les autres.

« ... Je ne comprends pas vraiment non plus. Je n’ai jamais vécu ça avant... J’ai été éduquée afin d’ignorer ce genre de choses et de ne pas les considérer dans la vie... »

« De quoi s’agit-il ? Est-ce l’enseignement de cette divinité particulière ? » demanda Rushella.

« Oui, ma famille..., » répondit Reina. « Notre foi est profonde. Quand je vais à l’église le dimanche, ils me disent que je dois porter mon uniforme... Il y a aussi diverses règles sur toutes sortes de choses. Certaines pratiques comme dire la bonne aventure sont interdites. C’est un peu agaçant... »

La jeune demoiselle surprotégée avait ses propres problèmes.

Mais il était impossible pour Rushella de les comprendre.

« La bonne aventure ne change rien. Seuls les humains comptent sur quelque chose comme ça. Êtes-vous l’une de ses personnes à penser ainsi ? » demanda Rushella.

« Vraiment... ? Je pense que cela fonctionne dans une certaine mesure..., » répondit Reina.

« Si vous avez quelque chose à dire, dites-le. Si vous avez quelque chose que vous voulez faire, faites-le, » répliqua Rushella. « Ne tournez surtout pas autour du pot. Celui que je regarde..., la cible suivra toujours mes ordres docilement ! »

C’était clairement en utilisant tes « Yeux Mystiques », n’est-ce pas ? C’était ce que Hisui aurait dit s’il avait entendu la fin.

Mais le dialogue familier qui lui avait déjà été dit ne se fit pas entendre, ce qui fit que Rushella regarda autour d’elle tout en pensant à Hisui.

En ce moment, ses propres paroles s’étaient poignardées dans le cœur.

Si vous avez quelque chose à dire, dites-le.

Que devait-elle le lui dire ?

« ... Les choses ne sont pas toujours aussi simples, » déclara Reina.

« C’est vrai..., » répondit Rushella.

Bien que les visages des deux filles ne correspondaient pas, elles étaient en accord sur un point plutôt crucial.

Rushella se leva et demanda à Reina avec une expression impénétrable. « J’aimerais vous demander quelque chose. »

« Tant que je suis capable de vous aider..., » commença Reina.

☆☆☆

{Je sors pour aller acheter du jus.} Laissant ces mots derrière, Hisui avait quitté la maison.

Mais il n’était pas encore revenu même après un énorme laps de temps.

Parce que... il n’avait toujours pas trouvé Rushella.

Il avait essayé de lui attacher un dispositif de traçage avant aujourd’hui, mais elle lui avait fait une crise de colère après avoir découvert qu’il voulait faire ça, donc il avait abandonné l’affaire.

Et elle n’avait toujours pas de téléphone portable.

Hisui n’avait pas d’autre choix que de suivre les pas des anciens chasseurs de vampires et de chercher Rushella en se basant sur les tendances et les caractéristiques d’un vampire.

Rushella était partie après avoir changé de vêtements, ne prenant aucun bagage avec elle. Elle était pratiquement sans le sou.

Selon toute vraisemblance, elle retournerait probablement à la maison par elle-même. Dans ce cas, Mei et Eruru postées à la maison informeraient Hisui.

En tout cas, Hisui avait décidé de vérifier les endroits où Rushella aurait pu visiter.

« ... Dans quel genre d’endroit pourrait-elle être ? » se demanda Hisui.

Il n’avait aucune idée.

Après tout, ils étaient toujours sortis ensemble. Maintenant qu’il devait imaginer où elle pourrait se promener seule, et il n’en avait pas la moindre idée.

Son plus grand désir... le sang était fourni par sa personne. À part ça, Hisui ne pouvait pas penser à une autre activité pour elle pendant son absence.

Jetant un coup d’œil à tous les endroits qu’elle avait visités... le chemin jusqu’à l’école, le quartier commerçant... tout, Hisui ne put trouver aucun signe d’elle.

Du côté de Mei et Eruru, elles n’avaient pas appelé, donc elles n’avaient pas eu de nouvelles de leurs côtés.

« Qu’est-ce que je devrais faire maintenant... ? » se demanda-t-il.

Le soleil était sur le point de se coucher, signalant l’arrivée de l’heure du jour d’un vampire.

Une fois que Rushella serait devenue pleinement active, son domaine d’activité allait être beaucoup plus large.

Je ferais mieux de d’abord rentrer à la maison pour planifier... Hisui avait pris cette décision et il s’était dirigé vers la maison.

Tout en marchant le long du chemin, alors qu’il tournait à un coin de rue, il avait marché dans une personne qu’il n’avait pas vue.

†††

Partie 4

« « Ah ! » » Les deux individus s’exclamèrent en regardant l’autre.

Puis il y avait eu un moment de silence.

Hisui fut le premier à briser le silence en se mettant à parler. « ... Où es-tu allée ? »

« Ce ne sont pas tes affaires, » les paroles de Rushella étaient mordantes.

Elle n’avait pas l’air différente de quand elle était sortie, sauf qu’elle tenait maintenant un sac de papier brun dans ses bras.

« Qu’est-ce que c’est ? » demanda Hisui.

« C-C’est... Je suis de retour du “shopping” ! » répondit Rushella.

« Donc tu as même appris un nouveau mot comme celui-là..., » déclara Hisui.

« Qu’est-ce que tu es en train de faire !? Et pourquoi es-tu ici !? » demanda Rushella.

« Cela, c’est ma question, » répliqua Hisui.

Sous le réverbère, ils se regardaient l’un et l’autre.

Alors qu’ils étaient tous deux sur le point de parler simultanément...

Un riche et dense arôme sucré avait rempli leur environnement.

C’était si épais que l’air avait été teinté d’une couleur rose, et ce gaz semblait porter du poison.

Hisui sentit instinctivement le danger et examina frénétiquement son environnement.

La nuit, la rue était dépourvue d’autres personnes, à l’exception des contours d’une silhouette dans une robe rouge de conception ancienne, qui se tenait tranquillement debout.

Dans sa main droite, elle tenait un petit couteau dont le tranchant brillait. Et dans sa main gauche se trouvait une petite bouteille, la source apparente de l’arôme.

« Est-ce que ça pourrait être... Êtes-vous la Sorcière ? » demanda Hisui.

« Fais attention... Cette tenue et cette fragrance, je m’en souviens !! » s’écria Rushella.

La silhouette s’approcha lentement de la paire. Hisui et Rushella étaient devenus de plus en plus sur leur garde.

Ensuite, la Sorcière avait agi d’une manière inattendue. Bien que plus lent qu’un vampire, elle était encore beaucoup plus agile que Hisui.

« ... ! »

Alors que les deux personnes là regardaient avec inquiétude, elle fouilla dans sa robe avec sa main gauche et sortit une nouvelle bouteille.

Cette bouteille était légèrement plus grande que la précédente et était juste assez grande pour reposer sur sa paume. Il contenait un liquide aussi rouge que du sang frais.

La Sorcière avait jeté la bouteille à leurs pieds.

Ils n’avaient pas été directement frappés par le projectile ayant réussi à se déplacer avant ça. Ainsi, la bouteille s’était simplement brisée contre le sol.

Au moment où ils avaient remarqué l’odeur qui en résultait, c’est seulement alors que Hisui et Rushella avaient réalisé que la Sorcière avait l’intention de produire cette odeur plutôt que de les frapper directement.

Les contes de fées racontaient que des lézards et des grenouilles séchés au soleil étaient cuits dans des chaudrons pour concocter des potions de sorcières. Actuellement, le gaz toxique se trouvant devant eux était en train de recréer une potion secrète des sorcières légendaires.

Hisui fronça les sourcils et couvrit frénétiquement sa bouche et son nez.

Malgré la puanteur écrasante, il n’y avait pas d’effet grandement débilitant.

Il devrait être capable de le supporter. Mais à côté de lui, Rushella semblait plutôt malade. Appuyant sa main contre sa poitrine, elle s’était effondrée sur un genou.

« Qu’est-ce que... si déplaisant... ! » s’exclama-t-elle.

« Hé, vas-tu bien !? Ressaisis-toi !! » s’écria Hisui.

« Qu’en est-il de l’odeur... il s’agit d’une potion magique que j’ai cuisinée avec du sang dans une recette secrète ? » demanda la sorcière. « Ne me blâmez pas, mais c’est votre sens aigu de l’odorat qui a intensifié la puanteur désagréable. En particulier, votre réaction envers le sang devrait être plus importante. »

« C’est... un poison ciblant les vampires ? » demanda Rushella.

« C’est exact... Même votre race sera rendue immobile pendant un moment après l’inhalation. C’est bien... assez pour moi !! » cria la Sorcière avant de passer à l’action.

Afin de protéger Rushella qui était incapable de se mouvoir, Hisui s’était placé devant elle.

« Attendez, stop... ! » Les cris de Rushella étaient futiles.

La Sorcière avait le visage masqué par le capuchon, révélant seulement le sourire empli de tentation qui pendait au coin de ses lèvres.

Elle avait alors frappé avec sa lame tranchante.

La lame avait entaillé le bras de Hisui qui protégeait une Rushella dans un état de vulnérabilité.

« ... Huuuunnn ! » Hisui avait ressenti une douleur aiguë.

Cependant, la blessure n’était pas très profonde.

À l’origine, il avait l’intention de lancer une contre-attaque avec son autre main, mais son opposante avait attrapé son poing. Sans aucun doute, la sensation sur son poing ressemblait à celle d’une femme, mais il y avait une sorte de pommade donnant une sensation glissante.

« Vous souhaitez la protéger... Dans ce cas, vous serez d’abord “maudit” à sa place ! » s’écria la sorcière.

Tout en faisant tournoyer la lame, elle taillada le bras de Hisui, laissant une traînée cruelle et sanglante qui ressemblait à un texte.

Hisui ne pouvait pas du tout le déchiffrer, mais il était sûr que c’était des « mots » d’une langue.

« C’est... que se passe-t-il... ? » se demanda-t-il.

La blessure était peu profonde... mais Hisui s’était immédiatement effondré.

« Salope... !! » cria Rushella.

Rushella s’était finalement libérée des effets de la potion et avait brandi son épée courte préférée.

Puis elle avait activé ses Yeux Mystiques.

La lumière cramoisie avait pénétré la Sorcière, la plaçant sous sa domination absolue.

« Reste docilement là... Regarde-moi prendre soin de toi personnellement ! » déclara Rushella.

Mais complètement imperturbable, la Sorcière avait simplement fait claquer ses lèvres.

« Pff... votre serviteur vous a sauvé, » s’exclama la sorcière.

Réalisant que la situation n’était pas en sa faveur, la sorcière se fondit dans l’obscurité et se retira.

Une autre raison pour laquelle elle s’était retirée était probablement parce qu’elle avait senti quelqu’un approcher.

Mais c’était simplement la conclusion de cette chasse particulière.

« Soyez-en sûre, je vais vous détruire la prochaine fois. Fichez le camp... Vampire !! » cria la sorcière.

« ... !! »

Rushella était totalement réticente quant à accepter le résultat, mais elle n’avait d’autre choix que de voir la sorcière s’échapper devant ses yeux.

Frénétiquement, elle se précipita vers Hisui et le prit dans ses bras.

« Ressaisis-toi ! Avec ta constitution, cette blessure mineure ne devrait même pas être un problème, n’est-ce pas !? » demanda Rushella.

« Ce n’est pas censé... Mais... le saignement ne veut pas s’arrêter... Que se passe-t-il... ? » déclara Hisui.

« Soit fort ! Tout ton sang n’appartient qu’à moi... Ne le gaspille pas à le laisser couler ainsi !! » s’exclama Rushella.

Les mots de Rushella étaient arrogants comme toujours, mais le ton de sa voix indiquait qu’elle était déjà en train de sangloter.

« Pourquoi, pourquoi m’as-tu protégée !? Tu sais, je suis une vampire !? Je suis immortelle ! De plus, c’est actuellement la nuit... Tu es le plus grand des idiots ! » s’écria Rushella.

« Tais-toi... Le fait d’être un vampire ou un humain n’a aucune importance. C’est quelque chose... que je devais faire..., » Hisui était toujours conscient, mais il trouvait qu’il était extrêmement difficile de parler.

Quelque chose d’invisible, plus terrifiant que la blessure, érodait son corps.

« Aussi, ne devrais-tu pas... avoir quelque chose à dire, à la place... ? Dis-le... correctement... pour moi... Tu n’as qu’à... faire cela en premier..., » finissant sa phrase avec beaucoup de difficulté, Hisui s’évanouit.

« Hé... Que se passe-t-il ? Ressaisis-toi !! » Rushella avait pleuré hystériquement alors qu’elle secouait le corps de Hisui dans son étreinte.

Mais il ne s’était pas réveillé.

***

Le lendemain... dans une chambre de l’hôpital Seidou.

Hisui avait été transporté à l’hôpital le plus proche de la scène. Ce lieu était également étroitement associé à la « Section des Enquêtes Surnaturelles » à laquelle Eruru appartenait.

Après avoir transporté Hisui dans ses bras, Rushella avait raconté à Eruru et à Mei ce qui s’était produit et elles avaient immédiatement appelé une ambulance pour lui.

Afin de garantir une paix absolue, Hisui était en quarantaine dans la même pièce où Reina avait autrefois été confinée.

Cela impliquait qu’il ne souffrait d’aucune maladie ordinaire.

En réalité, le corps de Hisui n’avait qu’une petite égratignure... et il devrait normalement guérir instantanément et être sorti de l’hôpital.

Cependant, il était resté inconscient.

Sous la supervision d’Eruru, Hisui avait subi toutes sortes de tests. D’un autre côté, Rushella et Mei avaient obtenu un congé quant à l’école et avaient attendu tranquillement à côté de lui afin de connaître les résultats.

Assis sur le banc devant sa chambre, les visages des deux filles étaient remplis de chagrin.

« Les résultats des tests sont sortis. La blessure n’est pas sérieuse. Compte tenu de sa constitution, il aurait dû guérir il y a longtemps. Cependant, il continue à saigner sans arrêt. Quant à la raison... le couteau a probablement été empoisonné, » Eruru tenait la fiche du patient dans une main alors qu’elle déclara ça aux deux filles. Son visage était tout aussi solennel.

« Poison... ? Que diable... ? » demanda Mei.

« Basé sur l’analyse du poison, son ingrédient principal est la mandragore. Naturellement, c’est la partie la plus puissante de la plante... la racine. C’est très probablement la racine manquante de la fleur que nous avons trouvée dans le parterre, » Eruru avait répondu à la question de Mei avec un ton lugubre alors qu’elle feuilletait les papiers.

« Le poison de la mandragore est plus efficace lorsqu’il est ingéré par voie orale, » continua-t-elle. « À condition que le poison soit correctement préparé, la cible, même un vampire, serait immobilisée pendant un certain temps. Mais en raison du goût, il est extrêmement difficile de le faire boire à un vampire sans qu’il le remarque. D’où le fait qu’il soit enduit sur le couteau. En outre, il ne s’agit pas purement d’un “poison”, mais d’un moyen de placer une “malédiction”. »

« Malédiction... que voulez-vous dire par là ? » demanda doucement Rushella.

Elle était la cible initiale prévue de la malédiction. Mais Hisui avait souffert de ça à la suite de l’avoir protégée.

« Des saignements sans interruption, » répondit Eruru. « Peu importe comment nous essayons d’étancher la blessure, le sang continue à couler. Ceci est probablement une malédiction destinée à neutraliser des vampires. Un simple poison ne peut pas vaincre un vampire, mais en faisant saigner ses blessures sans arrêt, un vampire peut être affaibli en permanence. Pour un vampire, le sang est la source de la vie et la racine de son pouvoir. Même si la perte de sang à grande échelle ne mènera pas à la mort, un vampire sera toutefois immobilisé. Puis saisissant l’occasion, un coup mortel peut être porté... c’était probablement le plan de la sorcière, non ? »

« Comme il vise un vampire... Que se passe-t-il quand il est utilisé sur un humain ? » demanda Rushella.

« Le résultat est le même, » répondit Eruru. « Cependant, les dommages sont naturellement beaucoup plus importants contre un humain. Plus précisément, un humain saignait rapidement jusqu’à sa mort. La seule raison pour laquelle Kujou-san vit encore est grâce à sa constitution qui lui confère une régénération et une hémoptysie supérieures, offrant ainsi une certaine résistance à la malédiction. »

Parce que c’était Hisui, il pouvait encore le supporter pendant un petit moment. Mais la mort était simplement une question de temps.

« Bien sûr, nous avons essayé des transfusions, mais pour une raison inconnue, son groupe sanguin ne cesse de changer, rendant tous les groupes sanguins incompatibles, » continua Eruru. « Ceci est probablement une sorte de malédiction produite par le poison. En d’autres termes, une fois qu’il saigne, il n’y a pas d’espoir de guérison. Même maintenant, la perte de sang vide lentement sa vie goutte à goutte. Si cela continue..., il n’a probablement plus qu’un jour à vivre. »

Les paroles d’Eruru étaient complètement sans émotion. Mais son visage était rempli de souffrance.

Mei était de même.

Seule Rushella se détourna sans expression et marcha vers l’ascenseur. « Quel mec stupide ! Il n’est même pas conscience de lui-même en tant que serviteur ! »

« Hé, vous allez vraiment trop loin ! » Mei se précipita et la retint par l’épaule.

Mais Rushella n’avait pas regardé en arrière. Seules ses épaules tremblaient sans arrêt.

« Pour qu’il meure et abandonne ses devoirs de prendre soin de moi, c’est complètement impardonnable ! Rester vivant pour me servir est la plus grande prérogative d’un serviteur ! » déclara Rushella.

« ... » Sentant les véritables sentiments de Rushella, Mei resta silencieuse.

Cette fois, Eruru avait pris la parole et avait fait une suggestion. « Sur la base de toutes les informations que j’ai rassemblées chez Kujou-san, il y avait un point important... la sorcière qui a créé un poison possède certainement l’antidote correspondant. Celui qui maudit les autres sait toujours comment lever la malédiction. Trouver la sorcière et la traduire en justice... est maintenant le seul moyen de sauver Kujou-san. »

« ... »

« Et aussi... Lorsque vous utilisez les Yeux Mystiques, vous devez d’abord perturber la concentration de la cible, » continua Eruru. « Peu importe la force mentale qu’elle possède, tant que vous la prenez par surprise, même votre pouvoir peut la rendre impuissante. »

« ... Je le sais, » déclara Rushella avant de rentrer dans l’ascenseur.

Alors que Mei regardait Rushella partir, Eruru l’avait mise en garde. « J’espère que vous pourriez rester à ses côtés afin de l’aider. L’ennemie doit être attrapé vivante, sinon cela ne servirait à rien. Maintenant que Kujou-san n’est pas disponible, quelqu’un doit la soutenir. »

« Pas de problème, » répondit Mei. « Je compte sur vous pour me mettre au courant de la situation, Eruru-chan. »

« Très bien... Je vais continuer mes recherches afin de voir s’il y a d’autres solutions, » répondit Eruru.

Alors que les trois filles poursuivaient leurs objectifs respectifs, elles priaient dans leurs cœurs pour la sécurité de Hisui.

Avec sa vie à la croisée des chemins, la survie de Hisui était encore incertaine.

†††

Chapitre 6 : Dracula contre la Sorcière

Partie 1

 Au moment où Rushella et Mei étaient arrivées à l’école, les cours avaient déjà pris fin.

Après avoir emballé ses affaires, Reina avait quitté la salle de classe vide.

Saisissant cette opportunité, Rushella lui avait parlé en se tenant derrière elle.

« Vous êtes ici, jeune fille ! » s’exclama Rushella.

« Hmm ? »

À l’instant où Reina se retourna, elle fut percée par le regard cramoisi de Rushella. Il s’agissait de ses Yeux Mystiques possédés par tous les vampires et capables d’hypnotiser les humains.

En tant que prestigieux Véritable Ancien, Rushella possédait des yeux portant un pouvoir magique absolu, lui permettant d’obtenir facilement des informations à partir des réponses de sa cible.

Eruru avait seulement permis à Rushella de venir ici parce qu’elle était consciente de ce fait.

En principe, Eruru hésitait à utiliser les « Yeux Mystiques » pour enquêter, mais pour Hisui, elle n’avait d’autre choix que de le permettre.

« Répondez-moi... Êtes-vous la Sorcière ? » demanda Rushella.

Reina hocha négativement la tête.

« Eh bien ! Pourquoi avez-vous mélangé des feuilles de mandragore dans la cuisson la dernière fois... ? » continua Rushella. « Pourquoi diable l’avez-vous fait... ? »

Rushella avait déjà entendu de Mei les résultats des investigations d’Eruru.

Par conséquent, elle s’était précipitée afin de découvrir la vérité.

« C’était simplement... un petit sort, » Reina murmura avec un regard creux.

« ... !? »

Même quand une personne était contrôlée par les Yeux Mystiques, cela n’entraînait pas une perte totale d’émotions.

L’expression de Reina avait affiché de la tristesse.

« Bien que ce livre d’images ait été confisqué, je... me souviens encore... autrement dit, la recette de la décoction magique... donc, pourvu que j’utilise ça, Kujou-kun allait sûrement... encore plus..., » balbutia Reina.

Encore plus..., elle avait pris une éternité, mais n’avait toujours pas fini sa phrase.

Peut-être même qu’elle-même ne l’avait pas encore pleinement réalisée.

C’était le simple fait que son cœur avait été volé cette nuit-là, par le chevalier qui avait apporté son épée et l’avait sauvée du vampire.

De l’admiration ou bien était-ce de l’engouement... ? Peut-être afin de vérifier ses propres sentiments, elle avait décidé d’utiliser ce sort secret impliquant des herbes.

Un petit sort secret... que toutes les adolescentes touchées par l’amour auraient à un moment ou à un autre utilisé pour une telle situation.

« C’est assez..., » Rushella s’éloigna de Reina.

Alors que Reina s’effondrait avant de s’asseoir par terre, Rushella lança un regard de pitié avant de poursuivre son chemin.

« ... Était-ce assez ? Peut-être que poser plus de questions pourrait révéler quelque chose..., » demanda Mei.

« C’est assez, » déclara Rushella. « Si elle voulait me faire du mal, elle aurait dû le faire pendant la journée. Mais ce jour-là, cette fille m’a accompagné jusqu’au coucher du soleil et elle ne m’a jamais rien fait de mal. C’est suffisant pour prouver son innocence. »

« Je vois..., » Mei sourit en suivant Rushella dans les couloirs.

Leur prochaine destination... la salle du personnel.

Horie Jyuri, professeur titulaire, était dans un coin de la pièce, face à un ordinateur.

Vraisemblablement fatiguée du travail, elle avait enlevé ses lunettes et se frottait les yeux.

Rushella lui tapota l’épaule par-derrière.

Jyuri se retourna par réflexe.

À l’instant suivant, elle avait été percée par la lumière des Yeux Mystiques.

« Répondez-moi... Êtes-vous la Sorcière ? » demanda Rushella.

« ... Peut-être..., » répondit Jyuri.

Rushella et Mei échangèrent des regards de surprise.

Maintenant l’effet des Yeux Mystiques cramoisis, Rushella avait continué l’interrogatoire.

« Que voulez-vous dire par là... ? Expliquez-le clairement ! Pourquoi votre nom était-il sur ce résumé !? Qui êtes-vous !? Quel était le sujet du Club de Recherches Occultes ? » demanda Rushella.

« Nous avons étudié... Les sept mystères... et les légendes... Ensuite, on a cherché à entrer en contact avec la sorcière... Cependant, nous étions trop impliqués... Je me suis retirée... À mi-chemin... Mais les autres étudiants..., » répondit Jyuri.

« Dites, pourquoi le discours de l’enseignant est-il fragmenté ? Êtes-vous sûre que votre pouvoir fonctionne ? » demanda Mei.

« Mes Yeux Mystiques ne sont pas omnipotents, » répondit Rushella. « Si la personne ne sait pas ou a déjà oublié, alors aucune réponse ne peut être obtenue. Les souvenirs profondément enfouis peuvent prendre beaucoup de temps à être récupérés. Dépêchez-vous et continuez à expliquer ! »

« Les autres étudiants..., » continua Jyuri. « Je ne suis pas sûre non plus... Après le transfert des écoles... Nous avons perdu le contact... Il y avait aussi des enfants qui ont disparu... Sorcière ? Devenue sorcières... ? La vraie sorcière... Ou peut-être, tué par la sorcière... ? »

« Qui est la sorcière ? ... N’est-ce pas vous !? » Complètement indifférente au regard des autres, Rushella avait saisi le col de Jyuri et demanda.

Désireuse de recevoir une réponse, Mei ne l’avait pas arrêtée.

Un autre étudiant dans la salle des professeurs s’était avancé pour intervenir.

« Hé, qu’est-ce que vous deux faites au professeur !? » Kirika s’était impliquée.

En tant que vice-présidente du conseil étudiant, elle était allée dans la salle du personnel pour des affaires officielles.

Posant sur une table la pile de livres qu’elle portait dans ses bras contre sa poitrine, la vice-présidente regarda Rushella et demanda.

Naturellement, elle était devenue la prochaine victime des Yeux Mystiques.

« ... Vous pourriez être impliqué dans l’incident du cours de cuisine. Répondez-moi, êtes-vous une sorcière ? » demanda Rushella.

« Non... Qu’est-ce que c’est... ? » Kirika avait immédiatement perdu son comportement orgueilleux habituel, répondant alors qu’elle secouait la tête.

Rushella avait fait claquer sa langue et avait fait signe avec son menton pour que Kirika parte. « Alors, partez d’ici ! Vous n’êtes plus nécessaire ici. »

De manière instable, Kirika avait quitté la salle du personnel.

Après avoir confirmé que la vice-présidente était partie, Rushella se tourna à nouveau pour interroger Jyuri... mais la foule rassemblée augmentait de plus en plus.

« Hey... Pouvons-nous sortir un peu ? » demanda Mei. « Après tout, utiliser des Yeux Mystiques pour contrôler tout le monde serait trop difficile. D’ailleurs, l’enseignante ne semble pas être une sorcière... »

« ... » Rushella avait l’air très mécontente, mais elle n’avait pas d’autre choix que de laisser là Jyuri et de quitter rapidement la salle du personnel.

Puis elle avait couru à toute vitesse dans les couloirs et dans la cour de l’école.

Mei l’avait poursuivi tout le long du trajet et elle lui avait demandé en haletant. « Qu’est-ce qu’on fait maintenant ? Nous n’avons pas d’autres suspects. Ce n’est pas pratique d’utiliser les Yeux Mystiques pour interroger tous ceux qui sont impliqués dans l’école, n’est-ce pas ? »

« J’ai un plan ! » Rushella avait dégainé son épée courte préférée et avait tenu le bord contre son poignet.

« Hey, qu’est-ce que vous avez l’intention de faire ? » demanda Mei.

Rushella ne répondit pas, mais s’égratigna le poignet avec l’épée courte, produisant une ligne rouge.

Des gouttelettes de sang s’étaient échappées de la plaie et avaient coulé sur le sol.

Ignorant les lois de la physique, les taches de sang sur le sol s’étaient rassemblées pour former un emblème mystique.

C’était la preuve de son identité de « véritable ancêtre ».

Un doux parfum émanait du sang frais, obligeant Mei à se couvrir la bouche.

Je me sens obligée de le boire. Pensa Mei.

Si elle ne s’était pas retenue, il était très probable qu’elle l’aurait déjà fait.

Si elle continuait à sentir l’odeur du sang, elle perdrait probablement toute raison.

« En tant que “Vrai ancêtre”... Mon sang est très doux, » déclara Rushella. « Tellement doux que n’importe qui aurait soif, voulant boire, et cela sans exception. »

Rushella avait souri sans crainte.

Comme pour prouver ce qu’elle venait de dire, ils avaient commencé à se rassembler dans la cour de l’école.

Dans cette école presque vidée de ses occupants humains... il existait des êtres avec un sens de l’odorat plus vif envers le sang par rapport aux humains, et maintenant ils se rassemblaient autour d’elle.

Chiens.

Chats.

Insectes.

D’innombrables animaux se rassemblaient ici en un essaim.

Rassemblés par ce désir de sang, ils s’agenouillèrent devant elle.

La vue inhabituelle rendit Mei muette tandis que Rushella souriait.

Utilisant ses yeux cramoisis, elle annonça à ses fidèles sujets qui s’étaient précipités auprès d’elle.

« Écoutez bien, vous tous..., » avait-elle commencé.

***

Un rêve.

En fait, j’avais des rêves tous les soirs, même si le fait de me souvenir ou non était une tout autre question. Mais récemment, j’avais soudainement réalisé des rêves dont je me souvenais des détails et ils étaient pour la plupart désagréables.

Évidemment, la raison était parce que... j’avais rêvé de mon parent adoptif.

Dans le rêve d’aujourd’hui, c’était cette scène particulière pendant le dîner.

Elle m’avait demandé de verser un peu de son vin préféré. Elle avait apprécié le parfum libéré du riche liquide violet alors qu’elle avait élégamment bu du verre.

« Tu sembles vraiment aimer le vin. Est-ce parce que tu es une vampire et que le vin ressemble au sang ? »

« Probablement. Mais peut-être que la principale raison est que cela me rappelle cet homme qui a appelé le vin “ceci est mon sang !” »

Ce parent adoptif disait des choses étranges de temps en temps.

Comme attendu d’une sage dans les voies du monde, elle était bien versée dans l’art de la communication implicite.

« Qu’est-ce que tu racontes ? »

« Rien que de vieux souvenirs qui datent de deux mille ans dans le passé. C’était un homme bon. Peut-être que c’était pour ça que je ne pouvais pas le vaincre, même en tant que vampire. »

« Je suis complètement perdu là. Et lui, était-il un bel homme ? »

« Ses longs cheveux et sa barbe lui allaient très bien. Mais le plus louable... était son esprit noble. Hisui, combien penses-tu que cet homme vaudrait si on devait lui fixer un prix ? »

« Comment les personnes peuvent-elles être mesurées avec le prix ? »

« Trente pièces d’argent, c’était son prix. À la lumière de son influence sur le monde futur, ce prix était vraiment une aubaine. C’était bien trop bon marché. Mais le problème ne réside pas dans l’argent, mais dans la philosophie de vie de cet homme. Très probablement, je suis devenu proche de lui parce que je respectais son état d’esprit. »

...

« ... »

« Par conséquent, Hisui, tu dois aussi devenir un homme bon. Même si tu devais être vendu pour trente pièces d’argent, tu dois sauver ceux qui souffrent autour de toi. »

***

« ... Que diable essayes-tu de me dire... ? »

Hisui s’était réveillé dans une chambre de malade quasi vide.

Il avait arraché les tubes reliés à son corps et s’était levé de façon instable.

« Sérieusement, tu es déjà morte, et pourtant tu me sermonnes toujours même dans mes rêves... Suis-je vraiment si peu fiable ? »

Hisui se changea afin de porter ses propres vêtements décontractés qui reposaient sur la table puis il marcha tranquillement vers la porte.

Le sang s’était écoulé continuellement depuis son poignet droit bandé.

Il était sur le bord... Au bord de la mort en raison d’une trop importante perte de sang.

Sa pression artérielle, et son pouls étaient tous à leurs limites.

C’était précisément à cause de cela qu’il s’était éveillé en ce moment même.

Il s’était réveillé afin d’obtenir un corps qui pourrait encore être actif même sous les effets d’une malédiction. Il s’était réveillé dans un corps résilient qui pourrait rivaliser avec n’importe quels vampires... le mode Anti-Drac...

« Je sais, d’accord... Ce genre de questions... Si je devais compter sur les filles... Absolument... Tu me gronderais sans fin. »

Traînant son corps qui gisait à la porte de la mort, Hisui quitta la chambre de malade.

En quittant le bâtiment, il s’était traîné dans un taxi... Et il était retourné à la maison.

Pendant ce temps, il avait contacté Mei par téléphone portable.

Bien que sa main ne semblait plus suivre les ordres, il parvient quand même à composer le numéro. Heureusement, Mei avait également très rapidement pris son téléphone.

« Hi-kun !? Hey, ça va ? » demanda Mei.

« Parlons de cela plus tard... Où est Rushella ? » demanda Hisui.

« Ah, elle est actuellement... C’est sérieux ! Tous ces animaux se sont réunis... Ah, mais maintenant au moins nous connaissons l’identité de la sorcière..., » répondit Mei.

« Les Yeux Mystiques ont été utilisés, n’est-ce pas ? » demanda Hisui.

« Hein... ? » s’exclama Mei.

« Elle a dû utiliser ses Yeux Mystiques pour enquêter. Dépêche-toi et indique-moi le résultat et la situation là-bas, » demanda Hisui. « Ne néglige aucun détail, même le plus petit. »

« ... »

« S’il te plaît..., » demanda Hisui.

« J’ai compris, » déclara Mei.

Après avoir obtenu toutes les informations nécessaires, Hisui avait raccroché.

Les pièces du puzzle étaient maintenant toutes rassemblées. La seule action restante consistait à les assembler.

†††

Partie 2

Un peu après ça, Eruru avait appris que Hisui avait disparu.

Puis immédiatement après ça, elle en avait déduit qu’il devait être rentré à la maison sur la base des rapports de témoins oculaires, alors elle avait sauté dans une voiture de police pour se précipiter jusqu’à la maison de Hisui.

« Kujou-san !? » cria-t-elle.

L’entrée n’était pas fermée à clé et Eruru s’était précipitée à l’intérieur.

Personne n’avait répondu, alors elle avait décidé de chercher d’abord au sous-sol, et comme prévu, Hisui était là.

Il se tenait devant l’épée sainte en forme de croix, et il avait l’air de confesser ses péchés.

Agenouillé devant la croix encastrée dans le sol, Hisui appuyait son front contre une pierre précieuse rouge vif.

« Qu’est-ce que vous faites... ? » Comme il lui était impossible de regarder directement la croix, Eruru n’avait pas d’autre choix que de demander avec son visage détourné.

« Je réfléchis... Je fais des déductions. Il s’agit de l’endroit où je peux le mieux me concentrer, » Hisui tourna la tête pour répondre. Actuellement, une sorte de tatouage se trouvait autour de son cou, et sa forme ressemblait à des épines.

Eruru avait déjà vu cette scène.

« Êtes-vous actuellement... ? Arrêtez ça immédiatement, votre état actuel s’apparente à la luminosité finale d’une bougie juste avant qu’elle ne s’éteigne. Même si vous vous réveillez, vous ne retardez votre mort que de quelques instants ! »

« C’est bien assez... vraiment assez. Je dois concentrer le sang restant à ma disposition, ici, » dit-il en tapant doucement sur ses tempes.

La quantité de sang circulant dans le cerveau prenait normalement quinze pour cent du volume de sang total du corps.

En utilisant le mode Anti-Drac afin de contrôler le flux sanguin, il avait été capable d’augmenter la proportion et le taux de circulation.

Utilisant toute la puissance de son sang restant, il avait tout offert à son cerveau.

« Si j’utilise cette opportunité pour réfléchir, je devrais pouvoir obtenir une réponse satisfaisante. Laissez-moi trouver la sorcière..., » déclara-t-il.

« Quelle idiotie êtes-vous en train de dire... ? Il ne reste plus de temps. Essayez-vous de rendre les efforts des filles vains ? » demanda Eruru.

« Si c’est ce que vous pensez, alors dépêchez-vous de retourner à l’hôpital. J’ai oublié de prendre quelque chose, » déclara Hisui.

« Hein !? » s’exclama Eruru.

« Aidez-moi à la récupérer, » demanda Hisui.

À ce moment-là, Eruru avait réalisé les intentions de Hisui.

Hochant légèrement, elle se retourna et se dirigea vers les escaliers. « ... S’il vous plaît, ne faites rien d’imprudent. »

« Je suis déjà imprudent, » déclara Hisui.

Après le départ d’Eruru, Hisui concentra son esprit une fois de plus sur sa tâche.

Il avait mobilisé tous les nerfs de son corps afin de confirmer toutes les informations à sa disposition.

Il avait exploré toutes les possibilités. Ignorant toutes les conséquences... il avait concentré son sang dans son cerveau autant que possible.

Le sang avait traversé ses vaisseaux sanguins. Son cœur battait à sa limite, suivant un rythme rapide.

Quelques instants plus tard... en réalité, c’était juste une pensée extrêmement brève, un éclair illumina son esprit.

« ... Donc c’est ce qui se passe, » murmura-t-il.

Renvoyant le flux sanguin à la normale, il avait permis à son sang de retourner à son torse.

Hisui avait poussé avec ses bras tout en soutenant son corps instable avec la croix. Après ça, il avait sorti la lame de Tzara du sol et l’avait portée sur ses épaules.

Puis, il était sorti de la maison en marchant mètre après mètre tout en ressentant de la douleur.

En sortant de l’entrée, juste au moment où il traversait la cour... Eruru revint en toute hâte.

Derrière elle se trouvait un véhicule d’escorte utilisé pour le transport des prisonniers.

« Quel gros taxi... ! » s’exclama Hisui.

« Si vous voulez transporter cette épée, ce type de véhicule serait le plus pratique. Mais ne laissez pas cette épée trop près de moi, » demanda Eruru.

Hisui hocha la tête avant de se placer sur un siège du véhicule.

***

J’étais encore à l’école.

Qui sait si c’était une bonne ou mauvaise chose ?

En tout cas, il était très probable que je serais bientôt localisée.

Au début, seul un chien errant était entré dans la classe et avait commencé à aboyer follement.

Ces hurlements semblaient presque avoir invoqué ses compagnons.

Puis, comme s’il transmettait des ordres, on entendait les cris des chiens et des chats tout autour de moi.

Des essaims d’insectes pouvaient être vus volants à l’extérieur de la fenêtre, emplissant le ciel.

Je n’avais pas tout de suite compris la situation.

Ce qui s’était passé dans les environs, je n’avais pas la moindre idée.

Mais dès que j’avais entendu des pas, des pas uniques et presque inaudibles d’un vampire, j’avais compris les raisons derrière tout ça.

Peu importe, je pouvais le dire vu ce que j’entendais, j’avais été découverte.

En donnant des ordres à ces petits animaux, elle avait réussi à me localiser.

Maintenant que j’y avais pensé, les sorcières étaient vraiment liées aux animaux de multiples façons.

Le familier que j’avais envoyé à Mei Sudou et Eruru Kariya, ainsi que le chat que j’avais utilisé pour avertir Hisui Kujou m’était revenu en mémoire.

Pour les questions concernant les animaux, demander directement aux animaux était le plus efficace.

En utilisant les Yeux Mystiques pour dominer les animaux qui étaient en relation intime avec la Sorcière, les animaux qui avaient vu la Sorcière avaient docilement indiqué l’identité de la Sorcière. Mon emplacement actuel était dans tous les cas diffusé par les aboiements de chiens.

Cela dit, en premier lieu, je n’avais aucune intention de me cacher.

Cet endroit était une fois leur salle d’activités de club, mais je l’avais maintenant prise. La vampire... Rushella Dahm Dracula avait ouvert la porte et s’était précipitée dans la pièce alors qu’elle était suivie par son compagnon, Mei Sudou.

« Êtes-vous... la sorcière ? » demanda Mei.

En entendant la question de Mei, j’avais souri et j’avais répondu. « Très certainement. Alors que vous êtes la vampire et son compagnon. »

« Comment osez-vous faire du mal à mon serviteur ? » demanda Rushella. « Je vais vraiment vous faire regretter ça ! Kirika Uno. »

« C’est bien ça... Laissez-nous régler cela, vampire, » répondis-je.

En effet, j’avais souri face à mes ennemies.

***

« La vice-présidente est la sorcière !? » La conclusion de Hisui avait causé une grande surprise chez Eruru.

« C’est vrai, même si je n’ai aucune preuve, » déclara Hisui.

« Mais j’ai entendu du rapport de Sudou-san que sous l’influence des Yeux Mystiques, elle a dit qu’elle n’était pas une sorcière, donc..., » répliqua Eruru.

« Les Yeux Mystiques sont inefficaces contre elle, » répondit Hisui. « De la même manière que nous l’avons découvert lors de votre recherche, elle est préparée. Mais Rushella ne l’a probablement pas remarquée. »

« ... Je vois. Voulez-vous dire qu’elle a prétendu qu’elle était sous l’influence des Yeux Mystiques, et qu’elle a menti ? » demanda Eruru.

« Exactement, » répondit Hisui. « Bien que les Yeux Mystiques soient très pratiques, si quelqu’un prétend être sous leur effet, il est en fait assez difficile à le voir. Mais les Yeux Mystiques ont dû fonctionner sur la représentante de classe et le professeur. »

« Comment pouvez-vous être si sûr ? » demanda Eruru.

« Pour la représentante de classe, c’est juste comme Rushella l’a dit, » répondit Hisui. « Si elle était la coupable, alors toutes ces choses qu’elle a faites étaient futiles et trop artificielles. Cependant, j’ai toujours des doutes concernant l’incident avec la mandragore. »

« Sudou-san n’a pas dû le mentionner..., le pourquoi elle a ajouté cela dans le repas ? » demanda Eruru.

Il semblait que même pendant un tel état d’urgence, Mei était toujours très attentionnée envers Reina.

Naturellement, elle avait compris le cœur d’une jeune fille amoureuse.

« Qu’est-ce que c’est ? Elle faisait secrètement quelque chose à mon insu ? » demanda Hisui.

« ... Ce n’est rien d’important. S’il vous plaît, continuez. Et l’enseignante ? » demanda Eruru en retour.

« Rushella et Mei ont suivi vos conseils utiles et l’ont prise par surprise, » répondit Hisui. « De plus, c’est arrivé pendant qu’elle avait retiré ses lunettes. Bien qu’il soit possible pour les personnes d’échapper aux Yeux Mystiques à travers la résistance mentale, cela nécessite une condition préalable majeure... être préparé... “Je vais faire face aux Yeux Mystiques, très bien, je vais me concentrer en préparation.”... ce genre de préparation mentale est nécessaire. Rushella la prit par surprise par-derrière à ce moment-là. Peu importe la force de sa volonté mentale, elle aurait succombé. »

« Je vois, » répondit Eruru. « Qu’est-ce que c’était à propos des lunettes ? Sans tenir compte des lunettes de soleil, des lunettes ordinaires et des lentilles de contact ne devraient pas entraver la puissance des Yeux Mystiques. Êtes-vous en train d’insinuer que les lunettes de l’ennemi ont subi un traitement spécial ? » Eruru tapota ses lunettes et demanda.

« C’est ma conjecture, » répondit-il. « Les talismans sont inutiles, les barrières sont impraticables. Pour échapper aux Yeux Mystiques, appliquer un traitement spécial aux lunettes qui se tiennent entre les yeux serait la meilleure stratégie. Si cela était fait, même des rencontres inattendues avec des Yeux Mystiques pourraient être bloquées. Mais l’enseignante avait enlevé ses lunettes à ce moment-là. Cela dit, il est possible que ces lunettes fussent simplement des leurres et qu’elle portait des lentilles de contact... mais je pense que c’est aller trop loin. »

« Je suis d’accord, » répondit Eruru. « Avec ce processus d’élimination, cela ne laisse que la vice-présidente. Cela signifie qu’elle porte des lentilles de contact, même si c’est seulement de la spéculation. Qu’en est-il des autres indices ? Et comment a-t-elle réellement empoisonné Rushella ? »

« La vice-présidente visite fréquemment la salle de préparation pour le cours d’économie domestique. Elle doit avoir fait quelque chose à l’avance à la nourriture ou à la boisson que nous avions, » répondit Hisui.

« Nous avons déjà étudié cette possibilité. Les résultats ont montré que rien n’était empoisonné, non ? » demanda Eruru.

Les deux personnes avaient déjà vérifié cela... mais Hisui n’était pas d’accord.

« Nous avons manqué une chose. N’a-t-elle pas dit quelque chose comme “j’aide l’enseignante à préparer l’eau utilisée pour cuisiner” ? » demanda Hisui.

Eruru se souvint soudain de leur conversation qu’ils avaient eue à l’époque.

En effet, elle avait mentionné cela la dernière fois.

« Le cours de cuisine nécessite de l’eau provenant de la cruche, » expliqua Hisui. « Normalement, la préparation est aussi simple que d’ajouter des glaçons à l’eau minérale, alors pourquoi aurait-elle besoin de se préparer vraiment très à l’avance ? Cela pourrait être fait simplement avant le cours. Sur la base de ce qui a été dit à l’époque, le professeur d’économie domestique a demandé à la vice-présidente de l’aider à préparer ça et à mettre l’eau dans le réfrigérateur parce que la vice-présidente connaissait bien les herbes et était très familier avec la préparation de l’eau. »

« Qu’en est-il de l’eau... ? » demanda Eruru. « Êtes-vous en train de dire que des substances extraites d’herbes ont été ajoutées ? Que l’eau que votre groupe utilisait pour cuisiner avait été mélangée avec la décoction de la sorcière ? »

« Si c’est le cas, il aurait été immédiatement remarqué par le goût... c’est ce que nous avons appris de vos recherches, » répondit Hisui. « Mais considérez ces maisons de gâteaux occidentaux ou les restaurants avec un meilleur service, vous devez avoir vu ces pots d’eau avec des citrons ou des herbes flottant dans eux. »

« Ah oui, je l’ai vu quelques fois..., » répondit Eruru.

« C’est ce qu’on appelle l’eau aromatisée aux plantes, non ? » demanda Hisui. « Comme les herbes utilisées en cuisine, elles peuvent être ajoutées à l’eau afin d’ajouter une légère saveur distinctive. Ce n’est pas du tout au niveau d’un jus de fruits, c’est encore plus ou moins fondamentalement de l’eau. La plupart des gens pensent simplement que c’est bon quand ils le boivent. Afin d’éviter de susciter des soupçons lorsque les gens buvaient de l’eau, la vice-présidente a dû consacrer beaucoup d’efforts. Même moi, je n’ai rien remarqué. Cependant, en raison des herbes dans l’eau, cela a provoqué une réaction indésirable dans le corps d’un vampire. Cela devrait être quelque chose comme ça. »

« Je vois..., » comprenant comment tout l’incident s’était produit, Eruru hocha la tête avec emphase.

« Et aussi, à l’époque où la vice-présidente a vu mon bras qui avait été griffé par le chat, elle m’a conseillé : “Méfiez-vous de l’infection”, » continua Hisui. « Mais j’utilisais des bandages pour cacher la plaie, donc la plupart des gens s’attendaient à une entorse ou une ecchymose à la place, non ? Mais dans son cas, elle le savait déjà... Elle savait comment j’étais blessé. »

« Autant que je ne veuille pas l’admettre, ce sont des déductions assez brillantes, » répliqua Eruru. « Nous n’avons aucune preuve physique, mais étant donné tous ces faits, nous avons seulement besoin d’enquêter sur son environnement. Ou lui demander en personne. Cependant, pourquoi êtes-vous si pressé ? Pourquoi ne pas nous laisser ça ? »

Tout au long de la conversation, le visage de Hisui devint de plus en plus hagard.

Quelque chose l’inquiétait encore plus que sa propre vie.

« Si nous ne nous dépêchons pas... Quelque chose de grave va arriver. Rushella fera sûrement quelque chose d’imprudent, » répondit Hisui.

†††

Partie 3

« Êtes-vous la sorcière... ? Alors, comment Hisui peut-il être guéri ? » demanda Mei.

« Pensez-vous vraiment que je vais vous le dire ? Vampire et vos semblables, fichez le camp de cette école. Et vous aussi, » répliqua Kirika.

« Je comprends maintenant... Alors je ne me retiendrai pas, » déclara Rushella.

L’affrontement entre les deux était imminent.

Kirika était vêtue de la robe rouge qu’elle avait déjà portée avant.

Ayant réalisé qu’elle était suivie, elle avait déjà fait des préparatifs.

Plutôt que d’être réfugié dans un coin sans aucun endroit où fuir, elle s’était placé son terrain de chasse pour pouvoir tuer des vampires.

« Quoi ? Cette odeur est..., » Mei avait remarqué le parfum vénéneux qui remplissait la salle de classe.

L’odeur qui avait immobilisé Rushella la dernière fois était libérée des bougies parfumées brûlantes dans les quatre coins de la pièce.

« C’est bien ça... C’est une odeur que les vampires craignent. Qu’allez-vous faire ? » demanda Kirika en souriant sans peur.

Mais Rushella avait commencé à bouger tout en étant complètement imperturbable face à cette odeur.

Voyant que sa mobilité n’était pas affectée, Kirika réalisa alors ce qui se passait.

La jeune femme... retenait simplement sa respiration.

Avec une frappe éclair de l’épée courte, la lame était venue trancher l’avant du corps de la sorcière. Instantanément, une longue incision avait été faite sur la robe.

Le corps ainsi exposé de Kirika était vêtu d’une tenue noire.

Cette couleur était représentative du mal des sorcières. Toutes les parties vitales de son corps étaient enveloppées de cuir noir qui ressemblait à des bandages couverts d’incantations magiques. Le reste de sa peau était de couleur normale et exposée à la vue de tous.

Sur sa peau se trouvait un éclat huileux brillant et glissant.

Quelque chose était étalé sur elle.

Complètement indifférente à tout ça, Rushella chargea à nouveau Kirika sans lui laisser le moindre répit. Comme si elle jouait avec elle, Kirika courait librement et sans encombre dans la salle de classe.

Ce genre de vitesse était si rapide... que même Mei ne pouvait pas la rattraper.

« Connaissez-vous l’onguent de la sorcière ? » demanda Kirika. « Une décoction secrète appliquée sur le corps dans le but de voler. Mais en réalité, elle ne produit pas un tel effet miraculeux. Mais c’est plus que suffisant pour rester loin de vous... »

Kirika n’en croyait pas ses yeux.

Rushella se rapprochait d’elle jusqu’à arriver devant elle très facilement. Ces yeux flamboyaient d’une lumière cramoisie. Les Yeux Mystiques.

Bien que les lentilles de contact de Kirika aient bloqué les effets des Yeux Mystiques...

Apparemment, en raison de la puissance excessive des yeux, les lentilles avaient commencé à se fissurer, ce qui avait amené Kirika à trouver son champ de vision fragmenté et brisé.

Comme il n’y avait pas de place pour les négociations et que les Yeux Mystiques ne fonctionnaient pas... Rushella décida de recourir à la succion du sang.

« Vous ne pouvez pas ! » cria Mei.

Les mots d’avertissement de Mei avaient été ignorés par Rushella. Rushella était comme un cheval déchaîné.

« Non..., » la peur s’était répandue sur le visage de Kirika.

Il n’émanait plus d’elle la présence d’une sorcière, elle était maintenant simplement une fille ordinaire.

Malgré les larmes qui montaient dans les yeux de Kirika, Rushella dévoila sans pitié ses crocs et les tendit vers le cou de Kirika.

« ... !! » Un visiteur inattendu avait fait irruption à travers le seuil de la porte.

Rushella ferma par réflexe les yeux et relâcha Kirika.

Une croix.

Quelqu’un avait lancé une croix massive. Et cela avait permis à sa proie si cruciale de s’échapper.

Rushella sentit le contact de Kirika disparaître de ses griffes.

« Ne vous interposez pas ! Si nous ne nous dépêchons pas, Hisui... ! » cria Rushella.

Pour éliminer l’ennemi, Rushella avait frappé avec son épée afin de poignarder l’intrus.

Vint ensuite la sensation de la lame entrant dans la chair et un léger gémissement.

« Idiote~ »

Même après avoir entendu cette voix, Rushella était restée dans un état de désorientation et n’était pas revenue à elle.

Son esprit était totalement submergé par Hisui.

Ces pensées et sentiments combinés avec ses instincts de vampire, la transformant en une bête sauvage qui ne savait qu’anéantir les ennemis se tenant devant elle.

Dans l’instant suivantes, ses lèvres furent scellées.

Dès que Rushella réalisa que ses lèvres étaient pressées contre les lèvres d’un autre, elle sentit un goût familier se répandre dans sa bouche.

Le goût du sang.

C’était le goût de sang auquel elle s’était habituée, le premier sang qu’elle avait goûté après s’être réveillée dans les temps modernes.

La sensation du sang riche et épais avait permis à Rushella de retrouver sa santé mentale.

« Ah...! » ayant secrètement peur à l’intérieur d’elle, Rushella ouvrit les yeux.

Les lèvres qui verrouillaient les siennes étaient celles de Hisui.

Celui qui se tenait devant Kirika afin de la protéger n’était nul autre que lui. Quant à l’épée courte de Rushella, elle avait été poignardée dans la poitrine d’Hisui.

« Vous... Pourquoi ? » demanda Rushella.

Hisui n’avait pas répondu, ou plutôt, il ne pouvait pas répondre, car il s’était effondré sur place.

« Pourquoi ? » redemanda Rushella.

En larmes, Rushella enlaça la tête de Hisui, caressant légèrement sa tête.

« C’est... cela a fonctionné comme je le pensais. Un pack de transfusion sanguine fabriqué à partir de mon propre sang... Kariya l’a apporté ici pour moi, c’était vraiment une bonne décision, » murmura-t-il.

« ... !? »

« Elle a dit que parce que mon groupe sanguin est si rare, je devrais en stocker en cas de besoin si par exemple j’avais des blessures inattendues. Oh eh bien... Je suppose que cela fonctionne aussi comme stockage de nourriture pour toi, » déclara Hisui.

« Toi... ! » Le visage de Rushella était couvert de larmes.

Hisui avait ressorti avec soins ses mots. « C’est bon... Parce que comme tu peux le voir, j’avais ceci dans ma poche de poitrine. »

Hisui avait tenu le petit pot contenant les cendres des restes de Miraluka. L’épée courte de Rushella avait percé le pot, provoquant la dispersion des cendres dans l’air.

« C’est ta précieuse..., » murmura Rushella.

« C’est bon. Je prévoyais à l’origine de l’utiliser comme un porte-bonheur... Mais dans ce cas, j’ai déjà ça, » répondit Hisui.

Hisui avait sorti une pièce d’or.

Un souvenir ayant une signification extraordinaire.

C’était la pièce d’or qu’il avait reçue de Rushella le premier jour où elle avait emménagé chez lui.

« Comment cela peut-il arriver, ce genre de chose... ! » s’exclama Rushella.

« ... Au fait, il y a quelque chose d’important à ne pas oublier... Pourquoi allais-tu sucer le sang de quelqu’un en dehors de moi... ? » demanda Hisui. « Je te détesterais si tu fais ça. »

« Mais, mais, tu étais déjà... ! » répondit Rushella.

« Eh bien, je suis à peine vivant. Tu devrais avoir quelque chose à dire, n’est-ce pas ? » Hisui regarda directement Rushella. Utilisant ses dernières braises de vie, il lui demanda ça.

Rushella hocha la tête à plusieurs reprises alors que des larmes coulaient de ses yeux.

« ... solé, » dit-elle.

« Je ne peux... pas t’entendre..., » répondit Hisui.

« Désolée..., » déclara Rushella.

Les larmes avaient jailli comme s’il s’agissait de la rupture d’un barrage. Alors que Rushella répétait ce mot, elle enfouit son visage contre la poitrine de Hisui.

Hisui avait forcé sa gorge à faire sortir une phrase fragmentée alors qu’il parlait à Kirika qui regardait fixement les deux autres. « Donc c’est ça... Eh bien, vous pouvez lui pardonner... N’est-ce pas... Elle s’est excusée... à présent... »

« Vous... Qu’est-ce que vous êtes... ? » répliqua Kirika.

« Je suis juste un humain et non pas un vampire, d’accord ? Vous étiez celle qui a fait une erreur. Eh bien... Être vu avec une vampire qui me mordait le cou... Un malentendu est tout simplement normal. Je suppose que pour un producteur de pommade de sorcière comme vous... Mon manque de peur pour le soleil n’allait pas vous convaincre de mon innocence. »

Effectivement.

Tout était un malentendu.

Toute personne suffisamment attentive réalisera naturellement l’identité de Rushella.

Il va sans dire qu’étant donné la relation inséparable entre Hisui et Rushella, combiné avec le fait qu’elle avait sucé son sang devant Kirika, il était naturel pour elle de conclure que Hisui était un monstre baptisé par le sang maudit.

« Basé sur la personnalité de Senpai, si vous aviez découvert qu’il y avait des vampires à l’école... Vous prendriez sûrement des mesures pour les exterminer, » continua Hisui. « Surtout que vous êtes une sorcière possédant ce pouvoir. Mais quand même, c’était assez étrange. Pourquoi avez-vous tué des chats ? Pourquoi avez-vous incinéré le condensé ? Et la mandragore... Pourquoi le planter dans le parterre de fleurs ? »

« C’est..., » commença-t-elle.

« Sans rapport... avec Rushella, » continua Hisui. « Je suppose que c’était un avertissement pour certains utilisateurs amateurs de magie noire. Senpai, vous avez consacré votre cœur et votre âme à l’école depuis longtemps. Je n’avais jamais réalisé la vérité pendant tout ce temps sans jamais penser que Senpai serait une sorcière maléfique. C’est pourquoi c’est seulement maintenant que j’ai décidé... »

Hisui avait compris.

Basé sur la manière de penser de Kirika, ainsi que sur les différents fragments de preuves, il savait qu’elle n’était pas une chasseuse de vampires, mais une autre sorte d’existence.

« La cause de l’incident... est probablement le document du Club de Recherche Occulte, » continua-t-il. « Bien que cela ne compte pas comme un grimoire, il y avait quelques sortilèges inscrits dessus. Ce livre a fini par être lu par quelqu’un et le fou a essayé d’appliquer les connaissances écrites dans le livre. Cela a abouti au début au corps des deux premiers chats. Les chats morts ont été trouvés non seulement par Kariya, mais aussi par vous, Senpai. Vous vouliez arrêter cette personne. Vous vouliez donner un avertissement. C’est pourquoi vous avez jeté cette magie pour que les autres en soient témoins. Puisque vous êtes une sorcière authentique, naturellement le sort a réussi. Ensuite, vous vous attendiez à ce que la personne ait peur après avoir approché le chat et qu’il décide de ne plus toucher à la magie. Eh bien ! Il s’est avéré que c’était moi qui suis entré dans votre piège. »

« ... C’est vrai. Voyant quelqu’un faire quelque chose de si terrible, je ne pouvais pas me tenir à l’écart sans rien faire... ! c’est pourquoi..., » répliqua Kirika.

« ... Par coïncidence, vous avez trouvé un chat qui avait été écrasé par un véhicule en mouvement, alors vous avez jeté de la magie dessus, » déclara Hisui. « Quand j’ai entendu l’histoire de Rushella, je l’avais trouvé assez étrange. Quelqu’un qui a fait quelque chose de si cruel n’aurait pas le cœur d’offrir des fleurs. En fait, c’était vous, Senpai, qui aviez offert des fleurs aux chatons, n’est-ce pas... ? »

« ... »

« Vous avez aussi fait quelque chose pour que la personne la voie. Pour qu’ainsi, la prochaine fois elle soit effrayée... Un peu de magie jetée dessus. Mais désolé, je suis devenu l’heureux gagnant cette fois si aussi, » continua Hisui.

« Vous... ! » s’exclama Kirika.

« Comme pour la mandragore... C’était probablement un accident. Horie-sensei a dit quelque chose comme... Un spécimen avait disparu. Était-ce la... mandragore ? » demanda Hisui. « L’héritage d’une sorcière, probablement laissé par ces gens du Club de Recherche Occulte. Senpai, vous devez l’avoir volée et détruite afin qu’il ne soit pas vu par les autres, non ? »

« ... C’est vrai. Mais j’ai simplement jeté la “fleur”. Comme je suis négligente..., » répondit Kirika.

« ... Puis un imbécile l’a ramassé et l’a planté dans le parterre de fleurs en tant qu’expérience, » expliqua Hisui. « En fin de compte, j’étais celui qui l’a sorti de là. Ce genre de truc enfantin n’aurait pas pu être fait par une vraie sorcière. Après cela, la représentante de classe l’a vu par hasard et pour une raison inconnue, elle a placé des feuilles dans la cuisine en tant qu’herbes. »

La voix de Hisui devint de plus en plus faible.

Il était vraiment à ses limites. La lueur de la bougie de la vie scintillait et était sur le point de s’éteindre.

« Vous... Qui êtes-vous vraiment... ? De toute évidence, vous êtes juste un humain ordinaire, mais pourquoi... !? » demanda Kirika.

« Qui sait ? Je comprends que vous voulez protéger l’école contre les vampires... Mais ce n’est pas nécessaire de le faire avec Rushella. Et aussi... Pouvez-vous nous permettre d’utiliser cette pièce ? Je mets ma vie en jeu ici en échange, » demanda Hisui.

Tout le monde restait silencieux.

Et les signes de vie disparaissaient rapidement du visage de Hisui.

« Bien que je veuille pouvoir exprimer mes griefs envers vous... Mais maintenant... Je n’en ai plus la force... Je ne peux vraiment pas continuer... Et si je dis quelque chose de haineux avant de mourir... Ce serait un peu... Donc, s’il vous plaît... Ne faites... pas attention à moi, » en finissant de dire cela, Hisui s’était effondré.

Laissant ses derniers mots insignifiants, ses dernières pensées étaient toujours prévenantes envers les autres.

L’esprit de Rushella était totalement vide alors qu’elle regardait fixement son serviteur.

D’autre part, Mei était entrée en action. « Dépêchez-vous... Dépêchez-vous et donnez-nous l’antidote ! Vous devez l’avoir avec vous, n’est-ce pas !? »

Elle s’était précipitée vers Kirika qui avait finalement été ramenée à ses sens de son état de stupeur.

« Dépêchez-vous et donnez-le-nous... Rapidement ! » Eruru pressa le canon de son arme contre la tempe de Kirika et cela même si elle savait que cette arme n’était pas autorisée à tirer sur des humains. Mais pour Hisui, c’était la seule chose qu’elle pouvait faire.

« Ah, oui. J-Je l’ai ! » Kirika avait finalement retrouvé son sang-froid et leur avait donné un petit pot contenant un liquide transparent.

Rushella l’avait instantanément arraché des mains, avait ouvert le couvercle et avait versé le liquide dans sa propre bouche sans hésitation. Puis elle l’avait transmis à Hisui au travers de sa bouche.

Dépêche-toi et réveille-toi !!

Pendant ce long baiser, elle avait prié du plus profond de son âme.

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Illustrations

 

Illustrations Couleur 2 dispo quand tome fini.

 

 

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