Dans un autre monde avec un Smartphone – Tome 8

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Chapitre 1 : Les Archives de la Sagesse

Partie 1

Depuis que Lestia avait rejoint l’alliance occidentale, le nom officiel avait été changé en Alliance est-ouest pour refléter son nouveau statut.

Et à partir d’aujourd’hui, le Roi Chevalier Reinhard prendra sa place au conseil.

« Je suis honoré d’être parmi vous, même si j’espère que mon inexpérience en la matière ne sera pas un trop lourd fardeau. »

« Vous n’avez pas besoin de vous inquiéter pour ça. Le but de ce rassemblement est de partager nos opinions d’égal à égal et de s’entraider, alors n’hésitez pas à dire ce que vous avez en tête. »

Le Pape rencontra le Roi Chevalier avec un sourire doux et courtois. Avant même que je m’en rende compte, tout cela s’était transformé en une sorte de club, mais techniquement, nous l’utilisions pour discuter de choses importantes, alors je fis plutôt comme si de rien n’était.

« J’ai moi-même succédé au trône qu’il y a peu, voyez-vous. J’espère que nous pourrons nous entendre. »

« Tout comme moi, Votre Majesté. »

Les nouveaux rois de Lihnea et de Lestia partagèrent une poignée de main ferme. Il y avait sûrement beaucoup de choses à apprendre les uns des autres. Je veux dire, techniquement, j’étais moi-même un membre de la royauté, mais j’étais presque sûr que je ferais un terrible modèle, alors j’avais pensé qu’il était dans l’intérêt de tous qu’ils ne suivent pas trop mon exemple.

« Voir Lestia nous rejoindre en tant qu’alliée est déjà assez surprenant, mais j’ai entendu dire que tu as récemment conquis les tribus de la mer des arbres. Tu ne manques jamais de me prendre par surprise, Touya. »

Le Roi Bestial de Mismede décida de se joindre à la conversation des jeunes Rois. Mec, la rumeur s’était déjà si vite répandue, hein ? Mais je ne devrais pas être trop surpris vu le nombre d’hommes bêtes à Mismede. D’après ce que j’avais entendu dire, ils étaient restés en contact avec les tribus qui habitaient la mer des arbres depuis un certain temps, alors il l’avait probablement entendu directement de source sûre, pour ainsi dire.

« Je ne sais pas si je dirais que je les ai convaincus ou quelque chose comme ça. J’ai fini par les aider et ils m’en ont remercié. Je n’ai pas vraiment l’intention de fourrer mon nez dans leurs affaires. »

Je ne voyais pas vraiment de raison de le cacher, alors j’avais continué en expliquant ce qui s’était passé exactement.

Nous avions parlé de tout, de l’état des réfugiés qui avaient dérivé de Yulong jusqu’à un incident récent au cours duquel j’avais prêté un Frame Gear pour aider à dégager le passage qui s’était bloqué à cause d’un glissement de terrain. Une fois tout cela terminé, tout le monde emmena Reinhard au stade de baseball pour assister à l’événement principal du jour : Un match d’exhibition pour souhaiter la bienvenue à notre nouveau membre, le match du jour opposait Refreese à Regulus.

Alors que les gardes et les soldats se dirigeaient tous vers l’arène, je m’étais soudainement souvenu de quelque chose que je devais probablement mentionner au Pape. Je l’appelai à voix basse pour ne pas trop attirer l’attention de notre entourage.

« Votre Sainteté, j’ai juste senti que je devrais mentionner ceci, mais euh… En fait, il y a deux dieux ici présents, sous forme humaine, bien sûr, mais quand même… Veux-tu que je te les présente ? »

« Eh, vraiment !? »

Incapable de cacher sa surprise, elle acquiesça vigoureusement à ma proposition. Je l’avais emmenée voir mes sœurs aînées, Karen et Moroha, qui buvaient du thé à une table voisine. J’avais présenté une Pape très nerveuse aux deux Déesses, et à leur tour, les deux Déesses à une Pape très nerveuse.

« Ces filles sont mes sœurs aînées… Ou, eh bien, c’est l’histoire qu’on raconte. Elles sont en fait respectivement la Déesse de l’Amour et le Déesse de l’Épée. »

« Touya, tu nous traites pour une fois comme des dieux ? C’est assez flippant, vois-tu ? »

« Ouais, je ne sais vraiment pas comment réagir quand tu me mets dans cet état. Prenons ces choses moins au sérieux, d’accord ? C’est valable pour toi aussi, ma petite dame. C’est dur de te voir aussi nerveuse. »

Mes sœurs attrapèrent la Pape au moment où elle était sur le point de se prosterner sur le sol devant elles, et l’avaient amenée à s’asseoir à table à la place. Après les présentations, la Pape commença à poser toutes sortes de questions sur les Dieux et le Royaume divin, trébuchant sur ses mots de temps en temps, mais quand même, voir mes sœurs répondre avec tant de légèreté en mangeant des friandises aurait dû l’aider à se calmer un peu, car elles semblaient au moins avoir une conversation plutôt animée entre elles. Je ne pouvais m’empêcher de me demander si les femmes s’adaptaient plus rapidement à des groupes du même sexe comme celui-ci.

Je m’étais brièvement demandé si cela entrait dans la catégorie de l’ingérence dans les affaires du royaume humain, mais je m’étais dit que c’était probablement bien puisqu’elles n’utiliseraient pas leurs pouvoirs divins juste pour avoir une conversation légère.

Je veux dire, je suppose que cela pourrait techniquement être interprété comme le fait qu’elle reçoive une sorte de Révélations Divines… Mais je n’ai jamais entendu parler de révélations aussi stupides que « Le Dieu du commerce est bien trop mesquin » ou « Le Dieu des liqueurs a besoin de se détendre en buvant beaucoup » avant dans ma vie. Les laisser à leur conversation pendant que je vais regarder le match était probablement une bonne chose.

Ayant jugé sûr de laisser la Pape avec mes sœurs, je m’étais rendu au stade.

Le stade entier commençait déjà à chauffer pour le premier vrai match en un mois.

J’avais pu voir des gens de notre pays, mais aussi des gens qui avaient l’air d’avoir fait le chemin depuis Refreese et Regulus pour voir le match. Les gens qui vendaient du pop-corn et de la bière faisaient d’énormes profits, tandis que le public se balançait entre acclamations de joie et cris de déception à l’unisson. Je n’aurais jamais pu prévoir à quel point cela allait bien se passer avec les gens de ce monde quand j’en avais eu l’idée pour la première fois.

Dans l’espace VIP, Reinhard était déjà complètement subjugué par le jeu. Il me rappela la fois où Cloud avait vu son premier match. En parlant de Cloud, on pouvait parfois voir Reinhard lui poser des questions sur le jeu alors que les deux partageaient leurs opinions sur le match qui se déroulait comme une sorte de commentaire en cours.

Était-ce dû au fait qu’ils n’avaient obtenu leurs trônes respectifs que très récemment, mais tous les deux semblaient déjà s’entendre. Ce serait bien qu’ils deviennent de bons amis comme le roi de Belfast et l’empereur de Refreese.

En parlant de Refreese, je pouvais déjà imaginer cette princesse saignant du nez tout en écrivant toutes sortes de livres indécents si elle pouvait entrevoir cette scène. Je veux dire, merde, ils sont tous les deux le portrait craché du livre d’histoire Les Charmes du Prince (Les charmes du Roi dans ce cas, le fait est que)… Tch. Même avec plein de filles prêtes à devenir mes femmes, un homme a le droit d’être jaloux de beaux gars comme ça. Quoi ? Quoi ? Ne me jugez pas.

Un son fort et clair, suivi d’une formidable acclamation, m’avait ramené à la raison. Le frappeur de l’équipe Régulus venait de frapper un home run. Les joueurs qui pouvaient frapper un home run à un moment aussi critique n’avaient jamais manqué d’enthousiasmer le public.

Reinhard sauta même de son siège avec excitation. D’un autre côté, le roi de Belfast, ami de l’empereur de Refreese, à cette vue, baissa sa tête, consternée, presque comme si la balle qui s’envolait dans les airs lui avait sauté dans les tripes.

Toutes rivalités sportives amicales mises à part, j’étais heureux de voir que tout le monde s’entendait bien. J’avais décidé de faire un kit complet d’équipement de baseball à donner à Reinhard une fois le match terminé.

◇ ◇ ◇

Le lendemain, je m’étais réveillé face à une vague de froid mordante et une véritable merveille hivernale qui s’étendait devant ma fenêtre.

Oui, c’était vrai. Il neigeait. Et en plus à gros flocons. Ce n’était pas assez pour pouvoir bloquer les portes, mais cela devait mesurer au moins dix centimètres de haut.

Le terrain d’entraînement des soldats était pratiquement inutilisable dans cet état, cependant, les chevaliers déblayaient la neige hors du terrain d’entraînement et de la caserne. J’avais suggéré de simplement faire fondre tout cela avec de la magie du feu, mais on m’avait dit de réfléchir un peu à la façon dont la transformation de la neige en eau allait résoudre le problème. Rétrospectivement, cela n’aurait certainement pas été le bon moment.

J’avais décidé d’aller vérifier l’état des habitations de la ville et, tout comme les chevaliers, les adultes étaient occupés à pelleter la neige devant leurs maisons. Pendant ce temps, les enfants s’amusaient à mener des batailles de boules de neige.

On m’invita à jouer avec eux et, n’ayant aucune raison de refuser, j’avais décidé de leur enseigner d’autres choses amusantes à faire pour jouer dans la neige. J’avais d’abord pris une caisse en bois vide et des planches de bois pour construire un simple petit traîneau. Ensuite, j’avais pris toute la neige pellée et j’en avais fait une petite colline pour permettre aux enfants de glisser. Une fois qu’ils avaient appris à s’en servir, ils devinrent tout de suite accros à ce nouveau jeu.

Laissant les enfants s’amuser avec leur nouveau jouet, j’étais sorti pour vérifier l’état des routes principales. Comme je le pensais, les routes étaient enneigées au point où je pouvais à peine dire que c’était censé être une route. Je supposais que cela signifiait que nous ne verrions plus aucun commerçant passer pendant un certain temps. Eh bien, en supposant qu’il ne neigeait plus, les routes seraient probablement à nouveau très praticables lorsque la neige aura fondu au cours des deux ou trois jours suivants.

Ce n’était pas tous les jours qu’il y avait de la neige comme ça, alors j’avais décidé de me rendre au stade de baseball pour voir s’il y avait quelque chose d’amusant que je pouvais en tirer.

Voici les 3 étapes nécessaires pour construire votre propre patinoire de fortune : d’abord, niveler les monticules du terrain de baseball enfouis sous la neige. Ensuite, faites fondre légèrement une fine couche de neige jusqu’à l’obtention d’une couche uniforme d’eau dans le champ. Enfin, recongeler la neige fondue tout en maintenant la surface aussi plate que possible. Et comme ça, c’est fini !

« Ouais, ça a l’air plutôt bien. Voyons si c’est assez solide pour rest-EEEEER WAH ! »

J’avais à peine fait un pas sur la patinoire que je perdais complètement pied et que je tombais sur le dos. Était-ce une sorte de vengeance karmique pour tous ces gens que j’ai tourmentée avec mon sort [Glissade] jusqu’à maintenant !? Ça fait vraiment mal !

« … Qu’est-ce que vous faites cette fois ? », demanda Logan, qui, à en juger par les pelles qu’il portait et les chevaliers derrière lui, était probablement venu creuser le terrain du stade de baseball.

Et le pire, c’est qu’ils avaient l’air d’avoir tout vu… Je n’allais probablement pas m’y tenir pendant un moment, mais bon.

« Oh, tu sais, je pensais juste faire une simple patinoire. »

« Une patine noire ? Est-ce une sorte de nouvelle magie ? »

« Hein ? Il n’y en a aucune par ici ? Tu sais, c’est un endroit où tu glisses sur la glace avec des bottes ayant des petites lames attachées au fond. »

« Oh, vous voulez dire les arts du vol à voile. Maintenant que j’y pense, ils utilisent beaucoup cette technique dans le nord du royaume d’Elfrau. J’ai entendu dire que les cours d’eau ont tendance à geler l’hiver là-haut, alors ils en tirent le meilleur parti en glissant sur leur surface pour se déplacer plus rapidement. »

En d’autres termes, ce monde avait quelque chose de semblable, mais ils ne l’avaient jamais vu que comme un moyen de transport alternatif. C’était logique, car c’était certainement une façon rapide de se déplacer, mais ils n’avaient pas l’air d’avoir pensé que cela pouvait être assez amusant de simplement profiter de la sensation de glissade sur la surface de l’eau. Maintenant, je devais leur présenter ça.

***

Partie 2

J’avais commencé par créer une simple paire de bottes de patinages en attachant des lames de fortune au bas de mes chaussures, puis j’avais marché sur la patinoire pour faire une démonstration. Contrairement à avant, j’avais glissé cette fois-ci un peu plus gracieusement sur la surface glacée.

J’entendais des voix émerveillées à plusieurs reprises, mais tout ce que je faisais vraiment, c’était de patiner en ligne droite… Mais cela me donnait envie de me vanter un peu, alors je fis quelques tours du périmètre extérieur de l’arène tout en faisant de simples petits tours et cascades ici et là. Ne sous-estimez pas un enfant élevé dans le nord, wahahaha ! Eh bien, je dis cela, mais ma ville natale était du côté du Japon, plus près de l’océan Pacifique, alors je n’ai pas la résistance folle au froid que l’on trouve chez les gens plus au nord…

J’avais ensuite fabriqué un jeu complet de lames pour Logan ainsi que les autres personnes présentes et je les avais donné. C’était une sorte de pince que vous attachez au bas de vos chaussures, par opposition au type de chaussures de patinage fournies avec les lames fixées en permanence. Alors que les gars entraient timidement sur la patinoire, ils commencèrent à dégringoler, comme une scène tout droit sortie d’un vieux dessin animé. Ha ha ha ha ha ! Je parie que tu ne riras plus de ma petite erreur de tout à l’heure, pas vraie !?

Mais avant que je puisse pleinement profiter de ce spectacle stupide, tout le monde s’y était progressivement habitué avec un peu de pratique.

Les gens de ce monde n’avaient jamais manqué de trouver de nouveaux moyens de me surprendre par la rapidité avec laquelle ils s’habituaient à mes nouveaux jouets et astuces. Encore une fois, ils étaient dès le départ tous assez sportifs, alors je devrais vraiment avoir vu cela venir. Avant même que je le sache, même les citadins avaient commencé à se montrer pour regarder notre ordre des chevaliers glisser gracieusement sur ma patinoire. Je m’étais dit que ce serait plus amusant de laisser tout le monde participer à volonté. J’avais donc préparé un grand lot de lames de patinage amovibles et les avais laissées de côté pour que les gens puissent les utiliser gratuitement, car cela aurait été pénible d’en remettre une paire à chacun.

« Urgh ... Qu’est-ce que j’ai fait ? »

Je m’étais mis à grogner en m’asseyant sur l’un des bancs du stade. Peu de temps après, ma patinoire s’était lentement mais sûrement remplie de jeunes couples et de couples mariés. Mon terrain de jeu amusant s’était transformé en un point de rencontre pour couples d’amoureux juste sous mon nez.

Les célibataires désespérés par cette vue commencèrent peu à peu à partir, les uns après les autres, leurs patins étant repris par de nouveaux couples arrivés pour rejoindre les autres au-dessus de la glace. C’était un cercle vicieux pour les célibataires.

Parmi ceux-ci, cependant, les héros présents dans les rangs des célibataires solitaires y virent une occasion d’inviter les filles à venir sur la patinoire afin de leur apprendre à patiner.

En ce moment, l’endroit n’était plus qu’un grand lieu pour rencontre amoureuse. Eh bien, les plus jeunes semblaient s’amuser de façon innocente et enfantine, ce n’était donc pas seulement un événement pour les couples.

En regardant de plus près, j’avais remarqué un nombre disproportionné de filles qui ne semblaient pas capables de patiner, inévitablement invitées sur la patinoire par des gars qui avaient déjà complètement maîtrisé les bases et qui leur proposaient de les enseigner. Juste comme ça, ils seraient ensemble pour s’amuser ensemble… En d’autres termes, les gars y voyaient l’occasion parfaite de draguer les filles.

Quand j’y réfléchissais, c’était logique. Sous le couvert d’un noble acte de gentillesse dans l’enseignement du patinage aux filles, les garçons avaient l’excuse parfaite pour donner la main à de jolies filles sans attirer l’attention de leur entourage. En regardant les choses de cette manière, j’avais trouvé ceci plutôt rusé.

Parmi les filles, il y avait aussi celles qui avaient compris cela et qui simulaient très clairement qu’elles étaient incapables de patiner pour attirer des hommes. Eh bien, tant que les deux parties étaient d’accord, je me suis dit que c’était l’une de ces fois où la bonne ligne de conduite était d’éviter d’en parler, car cela ruinerait le plaisir de tous.

« J’avais le sentiment que je te trouverais au cœur de toute cette agitation, Touya. »

« Je ne sais pas ce que je dois ressentir à l’idée d’être ton suspect numéro un chaque fois que des foules se rassemblent pour une raison quelconque, mais je ne peux nier que c’était mon œuvre. »

Alors que Yumina était sortie de nulle part pour me taquiner une fois de plus, j’avais décidé qu’il était plus sage de laisser glisser. Je veux dire, je ne pense pas être à l’origine de tout le vacarme dans ce monde, mais elle a raison cette fois-ci, m’étais-je dit.

Maintenant que j’avais moi-même une partenaire, je ne voyais aucune raison réelle de sauter l’expérience d’un rendez-vous de patinage sur glace moi-même. J’avais donné à Yumina une paire de lames de patin et nous étions allés directement sur la patinoire.

« Tu veux te joindre à moi pour faire du patinage, ma princesse ? »

« … Tu crois que je pourrai le faire ? Ça a l’air plutôt difficile… » demanda nerveusement Yumina.

Je ne pouvais pas vraiment lui en vouloir, puisque c’était sa première fois. Pour l’instant, je l’avais emmenée sur la patinoire en lui tenant la main et je lui appris les astuces, une petite étape à la fois.

 

 

Au début, elle ne semblait pas sûre de savoir comment garder son équilibre, mais elle s’était peu à peu habituée à cette nouvelle sensation et elle glissa dans tous les sens avant que je ne m’en rende compte. J’étais prêt à mettre cela sur le compte de la nature naturellement athlétique des gens de ce monde, mais en y réfléchissant de façon plus critique, je m’étais demandé si la raison pour laquelle cela me surprenait toujours était peut-être parce que mon ancien monde avait été un endroit tellement pratique que les gens étaient devenus de plus en plus suffisants au fil des ans.

À cette époque, je n’avais aucun moyen de savoir que les séances de patinage sur glace deviendraient l’une des attractions hivernales standard de mon propre duché de Brunhild.

***

« Tu as trouvé d’autres ruines de Babylone ? Où ça ? »

« Effectivement. Elle est située au milieu du Royaume Démon de Xenoahs, dans une zone montagneuse. »

Kougyoku me rapporta cette information, j’étais alors tombé dans une profonde réflexion.

Le Royaume Démon de Xenoahs… C’était une nation isolée habitée par des démons.

Sous la domination du Seigneur, c’était un pays qui évitait fortement d’interagir avec le monde extérieur. Bien qu’il s’agisse d’une région dangereuse avec de nombreuses défenses naturelles en raison de sa géographie unique, il avait été dit que toutes sortes de races y vivaient en paix. Non seulement des races démoniaques, mais de nombreuses sous-espèces de monstres et de bêtes magiques erraient dans la région en grand nombre. Il y avait toutes sortes de rumeurs dangereuses sur cet endroit.

J’hésitais à charger aveuglément en territoire inconnu, alors j’avais appelé l’un des démons de mon ordre de chevalerie pour voir s’il pouvait me donner des informations utiles sur le lieu.

« Xenoahs, dites-vous ? »

Le garçon que j’avais appelé était un jeune vampire aux yeux rouges, à la peau blanche claire et aux oreilles pointues. Il s’appelait Lushade.

Bien qu’étant un vampire, il était un peu excentrique et ne supportait pas vraiment la vue du sang. Selon lui, le sang était plus un aliment de luxe pour les vampires qu’un élément essentiel à leur survie.

C’était un type qui avait détruit à lui seul l’image des vampires que j’avais toujours gardée dans ma tête. D’abord, le soleil ne le dérangeait pas du tout. Il avait beaucoup apprécié les repas préparés avec de l’ail, certains étaient même ses plats préférés. Il savait très bien manier les croix ou les crucifix, et les armes en argent étaient à peu près aussi efficaces sur lui qu’elles le seraient sur à peu près n’importe qui d’autre. Il ne pouvait pas se transformer en chauve-souris, et pour couronner le tout, il ne pouvait même pas supporter la vue du sang.

Mis à part le dégoût excessif de Lushade pour le sang, il semblait que tous les vampires de ce monde étaient à peu près les mêmes que lui. Les gens dont le sang était aspiré par des vampires ne se transformeraient même pas en vampires dans ce monde.

Apparemment, ils étaient encore bénis avec de nombreuses capacités puissantes, telles qu’une vision nocturne incroyable, une force surhumaine, et d’énormes capacités d’autorécupération pour n’en nommer que quelques-unes… Mais en regardant ce jeune homme, j’avais trouvé ça plutôt difficile à imaginer dans ma tête.

Quoi qu’il en soit, j’avais entendu dire que les vampires avaient tendance à avoir un statut social très élevé dans le royaume de Xenoahs, c’était pourquoi j’avais appelé Lushade, en espérant que je pourrais obtenir des informations utiles de lui.

Jusqu’à ce jour, je ne comprenais toujours pas pourquoi quelqu’un d’aussi haut placé socialement était venu jusqu’ici juste pour rejoindre mon Ordre de Chevaliers. Lorsque nous l’avions interviewé pour le poste, j’avais eu l’impression qu’il avait dit quelque chose au sujet de son désir de pouvoir mener sa vie de manière autonome.

« Alors, il n’y a pas d’humains à Xenoahs ? »

« Non, il y en a quelques-uns. Même des demi-humains y vivent. Ce n’est pas parce que Xenoahs ne s’implique pas dans les affaires des autres pays qu’elle s’isole totalement du monde extérieur. C’est juste que c’est un endroit où il est difficile de survivre pour n’importe quelle race. »

« Qu’est-ce que ça veut dire ? »

« Eh bien, tout d’abord, et ce n’est pas le moins important, le climat y est quelque peu extrême. La température à midi est très élevée, tandis que les nuits peuvent facilement atteindre des températures inférieures à zéro. Sans parler du fait que des bêtes magiques habitent le pays en masse. Il suffit de sortir de la ville pour être quasiment certain d’être attaqué par des paquets entiers de monstres. En plus, il y a le problème de l’approvisionnement alimentaire. Il n’y a pas grand-chose que la plupart des humains mangeraient volontiers s’ils n’avaient pas d’autre choix. Je veux dire, mangeriez-vous volontairement de la gelée de slime ou de la viande d’orc ? »

De la viande d’orc ? Par Orc, il veut dire ces orcs, n’est-ce pas ? Ceux avec des têtes de cochons et des corps humanoïdes ? Tu peux vraiment manger ces trucs ? Je veux dire, allez ! Tu devrais au moins manger du porc ordinaire dans ce cas ! Quant à la gelée de slime… Ouais, non merci. C’est tout simplement dégoûtant. Comme il l’a dit, je peux comprendre pourquoi il est difficile pour des humains ordinaires de s’habituer à leur cuisine locale.

« … Les Orcs ne comptent-ils pas comme race démoniaque ? »

« Bien sûr que non. Ils ne peuvent même pas communiquer avec les mots, vous en souvenez-vous ? Les démons se réfèrent à des races suffisamment intelligentes pour avoir au moins une conversation cohérente. Tout le reste est classé comme bêtes magiques ou monstres. »

Son explication avait du sens.

J’avais demandé à Lushade s’il y avait un peu plus… d’aliments appétissants à choisir. Il me parla alors de la soupe Mini-Wyrm et de chauves-souris géantes grillées, etc. Je sentais mon estomac se retourner rien qu’en entendant ça. Il était impossible que je puisse me résoudre à manger ça, même si tu me payais 100 pièces de platine dans un défi. Pour autant que je sache, cela pouvait être délicieux, mais l’apparence à elle seule me coupait l’appétit.

« Cela dit, il m’a aussi fallu un peu de temps pour m’habituer à la cuisine d’ici. C’est bien maintenant que j’y suis habitué, mais il m’arrive parfois d’avoir envie de retrouver la cuisine de mon pays natal », déclara Lushade en souriant de force.

J’imagine que ce qu’on dit sur le désir ardent de retrouver le goût de son terroir natal est vrai, m’étais-je dit.

Poussant ce discours troublant sur les aliments horribles hors de mon esprit, j’avais rappelé mon objectif principal. S’il y avait déjà des humains vivants dans ce pays, je supposais que je ne me démarquerais pas autant que je le pensais au départ si j’allais y faire un voyage. Je m’étais dit que je pourrais peut-être me faufiler dans le pays assez facilement pour aller enquêter sur ces ruines de Babylone.

Si je me faisais prendre, je pourrais trouver une excuse. Je prétendrais être un noble errant sans le sou. Je n’avais pas l’intention de semer le trouble, et ce n’était pas comme si mon apparence me donnait l’impression d’être quelqu’un de particulièrement important.

***

Partie 3

Sur ce, j’avais décidé de partir en expédition rapide à la recherche des lieux. Malheureusement, Lushade n’était jamais allé directement sur les ruines lui-même, alors je n’avais qu’à sauter à Yulong et utiliser mon sort [Vol] pour couvrir le reste de la distance.

Comme je voyagerais en volant cette fois-ci, j’avais fait attendre le reste du groupe au château. Au cas où quelque chose se produirait et que je devais contacter quelqu’un pour obtenir de l’aide, j’avais décidé d’emmener Kohaku ou l’une des autres bêtes avec moi, mais comme je ne pouvais emmener qu’un seul d’entre eux, cela avait failli provoquer une dispute. Briser leur petite dispute était vraiment chiant.

Yumina organisa une loterie pour rendre la décision la plus juste possible, et c’était Kohaku qui m’accompagnait cette fois-ci. Une fois cette décision prise, j’avais ouvert une [Porte] vers Yulong. Au même endroit où nous avions déjà combattu la Phase la dernière fois.

Comme d’habitude, c’est toujours un vieux terrain vague, me suis-je dit. N’ayant rien à faire ici, nous nous étions mis en route sans hésitation vers notre objectif initial. Après avoir lancé [Lévitation] sur Kohaku, j’avais lancé mon sort [Vol]. Nous nous étions dirigés directement vers Xenoahs.

Pour plus de sécurité, pour que nous ne soyons pas pris et/ou retenus comme des individus suspects, je m’étais assuré de jeter le sort [Invisibilité] sur nous deux. On n’était jamais trop prudent en territoire inconnu.

Dès que nous étions entrés dans l’espace aérien de Xenoahs, quelque chose s’était dirigé droit sur nous. Pendant un moment, j’avais craint que nous ayons déjà été repérés, mais à y regarder de plus près, cela n’avait pas semblé être le cas. Juste pour éviter tout risque inutile, j’avais ralenti notre vitesse de vol et j’avais décidé d’observer à distance pendant un moment. C’était alors que j’avais remarqué que ce qui se dirigeait vers nous, c’était deux races démoniaques. Les moitiés supérieures de leur corps étaient celles d’une femme, tandis que leurs bras et leurs jambes étaient de type oiseaux.

« Ce sont des harpies. Les serres sur leurs pieds ont assez de force pour déchiqueter les ours, mais il est peu probable qu’elles nous attaquent si nous ne les provoquons pas d’abord. »

Comme Kohaku l’avait dit, les harpies nous avaient dépassés sans même jeter un regard dans notre direction. En y réfléchissant bien, elles n’auraient même pas pu nous traquer par la magie à cause de la sphère magique que nous avions et qui nous aidait à dissimuler complètement notre présence.

D’après ce que j’avais pu voir, les harpies devaient être une espèce de démon. Elles n’avaient certainement pas l’air de bêtes magiques, du moins pour moi. Je ne savais pas encore très bien ce qui séparait les démons des bêtes magiques, mais selon Lushade, tout humanoïde avec lequel on pourrait avoir une conversation cohérente serait un démon, alors que des créatures comme le Dullahan, où la communication avec eux était totalement impossible, étaient des monstres. Mais dans le même temps, les créatures non humanoïdes avec lesquelles vous pouviez encore communiquer, comme les licornes, faisaient toujours partie de la catégorie des bêtes magiques. Je ne comprenais pas encore parfaitement toutes les distinctions entre eux, mais j’avais l’impression d’avoir au moins une compréhension de base de la logique qui les sous-tend maintenant.

« Essayons d’être prudents juste au cas où. On ne sait pas quelles sortes de bêtes magiques étranges on peut rencontrer jusqu’ici, et je suis prêt à parier qu’il y en a beaucoup avec lesquelles nous n’avons jamais eu à faire face auparavant. »

Une fois les harpies hors de vue, nous avions poursuivi notre vol vers notre destination. En contemplant le paysage en contrebas, nous n’avions rien vu d’autre que des terrains vagues, des montagnes dangereuses et d’épaisses zones boisées à perte de vue. Je commençais à comprendre pourquoi vivre dans un tel endroit serait un réel défi pour une personne moyenne.

Il y avait des routes qui ressemblaient à des chemins parsemés ici et là, mais même ceux-là semblaient assez traîtres, comme s’ils étaient juste là parce qu’ils avaient été bien foulés au fil des ans, au lieu d’être fait délibérément pour rendre le passage entre deux zones spécifiques plus facile ou plus sûr.

« Cet endroit a l’air assez impitoyable pour les non-initiés. Je veux dire, je m’attends à ce que la capitale ne ressemble pas du tout à ces routes d’arrière-pays, mais je peux voir d’où ces terres tirent leur réputation intimidante. »

« Les particules magiques sont épaisses dans l’air ici, ce qui attire peut-être les bêtes magiques en si grand nombre. C’est certainement le genre d’endroit où les humains auraient du mal à survivre même quelques jours, d’après ce que je peux voir. Cela pouvait parfaitement convenir aux races démoniaques, qui avaient une résistance contre nature et une bonne résilience physique, mais d’autres races ne s’en sortiraient probablement pas aussi bien dans ces conditions… »

D’une certaine manière, cette description me donnait l’impression que c’était exactement le genre d’environnement idéal pour établir un royaume pour les races démoniaques.

Ne fait-il pas encore un peu trop chaud ici ? J’aurais juré qu’on était au plein milieu de l’hiver quand on a quitté Brunhild… Je veux dire, le soleil affiche sa pleine puissance et pourrait même m’aveugler si je ne faisais pas attention. Est-ce que les cieux de cette région ont obtenu un statut spécial ou quelque chose comme ça ? Serait-ce dû à la densité de particules magiques dans l’air par ici, ou est-ce que cela a quelque chose à voir avec les esprits de la Terre présents dans cette partie du monde ?

C’est dans ces moments-là que je suis content que ma veste résiste aux éléments naturels, me suis-je dit, tout en remerciant secrètement mon partenaire de longue date.

Alors que je continuais mon excursion, je remarquais que quelque chose d’autre volait dans notre direction. D’autres harpies, me demandais-je ? En y regardant de plus près, c’étaient de grands oiseaux bleus ressemblant à des condors. Ça devait être des partisans de Kougyoku.

En dissipant mon sort [Invisibilité], les oiseaux semblaient nous avoir reconnus. Ils changèrent de direction pour voler vers l’est comme pour nous guider vers l’endroit où nous allions.

Finalement, nous avions atteint une région montagneuse. Les oiseaux nous avaient emmenés dans une petite vallée.

« Qu’est-ce que c’est... »

Niché dans un recoin entre les montagnes, il y avait une grande structure qui ressemblait à l’Arc de Triomphe.

J’étais descendu afin de vérifier la composition de la structure. Il était certainement fait avec les mêmes matériaux que les autres. Il semblerait que nous avions raison d’y croire.

Cela mesurait environ trois mètres de haut, et quand j’étais passé en dessous, je m’étais retrouvé dans une petite pièce avec des lettres gravées sur le mur. À ma gauche, il y avait cinq objets différents empilés les uns sur les autres.

(NdT : des casse-têtes vont se succéder à partir de là, je vous conseille de les résoudre avant de regarder la solution donnée. Attention il y a des pièges !!)

Le milieu de la pièce avait un petit pilier de pierre qui montait jusqu’à ma taille. Il y avait une pierre magique de feu au sommet. Cela ressemblait à un hokora, un petit sanctuaire shintoïste pour les offrandes. Il avait été cependant fait avec les mêmes matériaux que le reste de la structure.

« Hm… C’est vraiment nouveau. De quoi s’agit-il ? »

J’avais canalisé la magie dans la pierre, mais ça n’avait pas marché. J’entendis une forte sonnerie, signifiant que j’avais fait quelque chose de mal. C’était comme le genre de son que l’on entendait dans un jeu-questionnaire si quelqu’un donnait une mauvaise réponse. Je m’étais dit que c’était la façon de me dire que je faisais mal les choses.

« Hm… Peut-être que ces symboles sont un indice. Oh… Je devrais lire les lettres… [Lecture] : Ancien language magique. »

C’était ainsi que les lettres devinrent lisibles.

« Voyons voir… Alignez les formes à droite dans le bon ordre, de haut en bas. Vous n’avez pas besoin de les déplacer physiquement. Il suffit de l’imaginer en canalisant votre magie dans la pierre de feu. Quoi… »

Que se passe-t-il… ? Un quizz ? Ces formes de style bizarre s’empilent sur le mur à gauche ?

Il y avait un carré, un demi-cercle, une étoile, un cercle entier et un triangle. Tous avaient des points sur eux aussi. Cinq pour le carré, trois pour le demi-cercle, un pour l’étoile, quatre pour le cercle et deux pour le triangle.

« Si ces points sont la clé… Cela pourrait-il vraiment être aussi simple ? »

J’imaginais les formes dans mon esprit dans l’ordre suivant. Étoile, triangle, demi-cercle, cercle, carré. Puis j’avais versé mes pouvoirs magiques dans la pierre. Bzzt. J’avais tort. Ça aurait été trop facile.

« … Peut-être que c’est par le nombre de côtés droits ? »

Le cercle n’avait pas de bords droits, le demi-cercle en avait un, le triangle en avait trois, le carré en avait quatre… et l’étoile en avait cinq. Mais il n’y avait pas de forme à deux. C’était un peu ennuyeux. Mec, je ne comprends rien à tout ça… Quoi qu’il en soit, j’avais essayé l’ordre suivant : cercle, demi-cercle, triangle, carré, étoile.

Bzzt. Encore faux !

« Bon sang… Dans ce cas, est-ce les points ? »

« Peut-être que les formes ont des significations particulières. »

« Euh… Signification ? Le cercle… C’est peut-être le soleil… ? Alors le demi-cercle est la lune… Alors l’étoile est… une étoile… une étoile… C’est une sorte de truc astrologique ? Et le triangle et le carré ? »

Peut-être que si je les arrange de haut en bas… C’est leur distance par rapport à la planète ? Donc le plus éloigné, ce sont les étoiles, puis le soleil… Puis la lune… Si le triangle est une maison… ? Alors sa place est sur la planète elle-même ! J’avais essayé de les aligner comme ça.

Bzzt.

« Argh… Allez… Les points doivent être l’indice, mais qu’est-ce que ça veut dire !? »

Après cela, j’avais passé un peu de temps à regarder les formes. C’est devenu un processus fastidieux d’essais et d’erreurs. Mais surtout d’erreurs. Un long moment s’était écoulé, jusqu’à ce que…

Ding ding ding !!

« QUOI !? DONNEZ-MOI UNE PUTAIN DE CHANCE ! »

« Mon seigneur… Je comprends votre frustration, mais calmez-vous. »

Un fort grondement se fit entendre alors que le mur de formes se déplaçait sur le côté, s’ouvrant pour moi. Franchement, j’aurais aimé pouvoir le faire tomber. Mais l’imploration de Kohaku m’avait arrêté.

« C’était une question stupide ! Qu’est-ce que c’était censé être comme réponse !? »

« Je suis d’accord, mais quand même… »

Kohaku soupira de résignation. La réponse au puzzle m’avait mis en colère. Et c’était tellement simple…

« Il n’y a pas de formes à droite. »

C’était tout ce que j’avais à dire. Je me suis senti idiot, mais c’était vrai. Les formes étaient à ma gauche, et la question me demandait de trier les formes à ma droite… C’était juste une devinette stupide ! Je m’étais calmé et j’avais progressé vers l’intérieur jusqu’à la pièce d’à côté. Je m’étais retrouvé face à un spectacle familier. Un mur avec des lettres gravées dessus, et un pilier avec une pierre magique bleue au milieu de la pièce.

ENCORE !

***

Partie 4

« Il y a huit pièces de monnaie et une seule balance. L’une des pièces est contrefaite. La pièce contrefaite est plus légère qu’une pièce légitime, il est donc facile de la découvrir en la pesant. La question est toutefois de savoir quel est le nombre le plus faible de tentatives nécessaires pour déterminer la fausse pièce de monnaie. Une réponse incorrecte vous ramènera à l’entrée. »

Celle-ci est un peu plus délicate… Je vais devoir y réfléchir.

Mais ça ne devrait pas être difficile à résoudre ! C’est exact, la réponse est… Attendez… Attendez un peu, euh…

J’avais canalisé mes pouvoirs magiques dans la pierre bleue en imaginant la réponse dans mon esprit.

Ding ding ding, nous avons un gagnant !

Comme je m’y attendais… Elle essayait de me piéger. J’avais légèrement rétréci les yeux quand le mur suivant se fut ouvert.

« Monseigneur, quelle était la réponse ? »

Kohaku me regarda, curieux. Hm ? Tu ne l’as pas trouvé ?

« Eh bien, réfléchis-y. Combien d’essais faut-il faire ? »

« Eh bien, à la première tentative on devra peser quatre pièces de chaque côté. Ensuite, on utilisera une deuxième tentative en divisant les quatre pièces et en les pesant par piles de deux. Et au troisième essai on pèse à nouveau les deux dernières pièces du côté le plus léger. Il faudra trois tentatives au total. »

« Je vois… Oui, c’est effectivement le cas. Mais tu pourrais prendre six pièces de monnaie et les peser en deux piles de trois. Si la balance est à l’équilibre, cela signifie que l’une des deux restantes était fausse. Tu n’auras besoin que d’une seconde tentative pour confirmer la réponse. Si la balance n’est pas équilibrée, il suffira de placer une pièce de la pile la plus légère de chaque côté. Si la balance est à l’équilibre, la dernière est la fausse. Si la balance est déséquilibrée, la fausse sera la plus légère. Quoi qu’il en soit, il faudrait deux mesures. Je pense que c’est la réponse généralement acceptée. »

L’accent est mis sur…

« Alors veux-tu dire que ça pourrait être fait en moins de deux ? »

« La réponse est qu’il en faut une. Tu peux prendre au hasard deux pièces sur les huit, et mesurer leur poids. Si tu as de la chance, tu pourras la trouver en une fois. » (NdT : Après calcul 25 % de chance de réussir en une fois)

« Quoi ? De la chance ? »

« La question ne spécifiait rien sur la garantie du succès, elle demandait juste d’utiliser le moins de fois possible la balance. »

C’est exactement le genre de bêtises que j’attendais d’une ruine de Babylone. C’est désagréable jusqu’au bout… Ça me rappelle vraiment comment la femme elle-même agissait. Je me sens un peu sale, comme si je savais ce qu’elle pensait en ce moment… Je suis un peu mal à l’aise à ce sujet, mais… J’ai l’impression de bien la connaître.

Quelque temps plus tard…

« Veuillez suivre les règles de calcul suivantes. Dans ce système, qu’est-ce que X vaut ? »

36 = 1, 108 = 3, 2160 = 2, 10 800 = X. La question semblait assez simple, et je ne savais pas si elle y avait caché une sorte de ruse sournoise ou pas.

Mais au final, il n’y avait pas eu de piège. La réponse était 5.

(NdT : il y avait bien un piège… mais je vais vous laisser chercher. 10 800/2160 = 5)

Ce n’était pas vraiment un puzzle, juste une question standard. Ce n’était pas un problème difficile, mais je ne pouvais pas me permettre de me tromper et de me retrouver à l’entrée. Le mur s’était de nouveau ouvert, et je m’étais dirigé vers mon prochain problème. Je voulais que tout cela s’arrête.

Ding ding ding… Nous avons un gagnant !

J’avais finalement percé la dernière pièce, celle avec une pierre magique Néant, et je m’étais retrouvé face à un cercle magique familier.

« Enfin… Cela a pris beaucoup plus de temps que cela n’aurait dû… »

Même si c’était juste une farce stupide du Docteur, c’était vraiment chiant. Je grommelais légèrement tout en laissant la magie couler de mon corps dans les six piliers de pierre. Puis, en m’assurant que Kohaku était avec moi au milieu du cercle, j’avais laissé la magie Néant se répandre à mes pieds.

Un éclair de lumière nous engloutit avant de s’estomper progressivement. J’avais ouvert les yeux pour voir la vue familière de Babylone. Le ciel était calme et nuageux, et je pouvais voir les arbres se balancer dans la brise.

J’avais regardé autour de moi, curieux, et j’avais repéré un immeuble au loin. Je me demandais si j’avais trouvé l’entrepôt, la bibliothèque ou peut-être même le laboratoire de recherche.

J’avais commencé à marcher vers le bâtiment et, peu à peu, j’étais parvenu à le voir.

C’était rond, comme une grosse boîte de thon. Mais le plus frappant, c’était qu’il était entièrement en verre. Je pouvais tout voir à l’intérieur. Et je ne vis à l’intérieur que des étagères. Des douzaines, peut-être des centaines. L’intérieur était tellement bourré d’étagères remplies de livres que je pouvais à peine comprendre ce que je regardais.

Il était clair que j’avais trouvé la bibliothèque.

J’avais fait le tour de l’immeuble, à la recherche d’un moyen d’entrer. Finalement, j’avais trouvé un ensemble massif de portes doubles.

Je les avais poussés pour trouver une autre porte à l’intérieur. Après l’avoir ouverte et l’avoir traversée, je m’étais retrouvé dans la bibliothèque proprement dite.

« Whoa... »

« Bonté… »

Kohaku et moi avions été surpris. Il y avait des livres partout. Des livres à perte de vue.

Les rangées d’étagères mesuraient toutes au moins dix mètres de haut. L’endroit ressemblait presque à un labyrinthe de littérature.

De plus, je ne voyais aucun système d’échelle ou de marchepied, je n’avais aucune idée de la façon dont j’étais censé atteindre les étagères les plus hautes.

Je m’étais promené sur le beau tapis rouge, essayant de me rendre au centre de l’immeuble. Naturellement, ce n’était pas aussi facile que d’y aller en ligne droite, j’avais dû naviguer dans les étagères encombrées de la bibliothèque. Je me demandais si c’était intentionnel ou non.

Pourtant, regarder le plafond m’avait aidé à me faire une idée de la direction que j’allais prendre.

Après un certain temps d’exploration dans cette jungle de livres, nous étions arrivés dans une clairière parmi les étagères. Il n’y avait qu’un bureau et une chaise, et une énorme pile de livres sur le dessus du bureau. Une fille était enterrée parmi eux.

Elle semblait assez absorbée par l’un des tomes, refusant de lever les yeux ne serait-ce qu’un instant. Ses cheveux étaient coupés court, colorés d’un bleu glacial. Elle portait des lunettes sur le visage. Dans l’ensemble, elle ressemblait par sa tenue vestimentaire et sa stature aux autres gynoïdes que j’avais rencontrées auparavant. J’avais alors supposé que c’était le gynoïde terminal de la bibliothèque.

« Euh… »

« J’en aurai fini avec ce livre dans environ trente minutes. D’ici là, n’essayez pas de me parler. »

« Euh, d’accord… »

Elle était glaciale. Tu me traites comme une peste, hein ? Je veux dire… Dois-je attendre ?

Je m’asseyais dans la pièce tranquille, le bruit occasionnel d’une page qui tournait me hantait les oreilles. Je m’ennuyais, alors j’avais décidé de prendre un livre et de le feuilleter.

Lorsque j’avais tourné la page, la qualité du papier m’avait semblé inhabituelle. Hm… Qu’est-ce que c’est que ça ? C’est un livre très ancien… Attends, c’est quoi ces lettres ?

« Il m’est impossible de lire ça… »

Hm… C’est quoi cette langue ? Cela ne ressemble pas à l’écriture de l’esprit ou à l’ancienne langue magique… Est-ce la langue utilisée à l’époque, le Parthénon ?

« [Lecture] : langue ancienne Parthénon. »

Oh, j’ai compris. Mais… oh. Je ne comprends même pas de quoi cela parle… On dirait un rapport un peu compliqué sur des bêtes magiques ou quelque chose comme ça… ?

J’avais quand même jeté le sort maintenant, pour pouvoir parcourir librement les titres des livres voisins et enfin avoir une idée de ce quoi ils parlaient. Cela signifiait que tous les livres ici étaient écrits dans l’ancienne langue de Parthénon.

« Manipulation de fluide mystique pour les nuls… »

« Herbes et épices magiques secrètes… »

« Astuces coquines nocturne, manuel pour débutants… »

Hm… Le titre avait attiré mon attention, alors je pris ce livre et je m’étais mis à le lire. Il s’agissait, comme il était indiqué par le titre, d’un simple guide pratique.

« Le principal problème est d’apaiser les tensions. Vous pouvez vous faire plaisir l’un et l’autre si vous êtes plus détendus… Si vous êtes majeur, essayez de boire un peu d’alcool pour vous détendre. Pas trop, cependant. Un excès d’alcool causera un désastre, alors pratiquez l’intoxication avec modération. Deuxième étape : Comment toucher leur… »

Hmhm… Hohohoho… Je… Je vois, oui… C’est une bonne chose… C’est… Étonnamment… Informatif, oui… Oh mon… Attends, tu peux faire ça ? Quoi... Cela rentre là ? Hm… C’est difficile, être décontracté semble exiger beaucoup de préparation…

« Vous aimez votre livre, n’est-ce pas ? »

« Gah !! »

Je sursautais vers le haut en entendant cette voix soudaine. Whoa, quoi !? Agh ! Ça fait déjà une demi-heure que je lis !? La jeune fille me regarda, clairement perplexe, en penchant la tête.

« Bienvenue à la bibliothèque de Babylone. Je suis le Gynoïde terminal de cette institution, Irisfam. Vous pouvez cependant m’appeler Fam. »

« O-Oh, d’accord… Je m’appelle Mochizuki Touya. Enchanté, Fam. »

J’avais remis le livre que j’avais emprunté sur son étagère, espérant désespérément que la fille n’avait pas vu ce que c’était.

« Eh bien, vous êtes ici… Cela signifie que vous avez résolu toutes les énigmes du Docteur. Ainsi, les droits de propriété du gynoïde 24, Irisfam, vous seront transférés. J’ai hâte de travailler avec vous, Maître. »

Comme je le pensais, le docteur Babylon était vraiment responsable de ces questions stupides. Pourquoi ferait-elle ça ? C’était juste ennuyeux… C’est quand même bien mieux que tous ces trucs érotiques débiles qu’elle m’avait fait faire jusqu’à présent… C’était vraiment le pir — hagh !! Avant que je puisse finir cette pensée, les lèvres de Fam étaient pressées contre les miennes. Notre salive s’était mêlée quand elle avait pénétré sa langue collante dans mes lèvres, la faisant tourbillonner autour de la mienne. Cependant, contrairement à Liora, elle fit en sorte que cela soit bref.

« Inscription terminée. Vos gènes sont stockés dans ma mémoire, Maître. Maintenant, la Bibliothèque est formellement votre propriété. »

J’aurais dû m’y attendre. Pourquoi ne m’y suis-je pas préparé ? Eh bien, ce n’était pas comme si j’avais le choix… Elle aurait prélevé mon échantillon génétique d’une façon ou d’une autre, donc embrasser était probablement le meilleur résultat pour tout le monde.

« Alors, j’aimerais savoir. Combien de Babylons ont été assemblés ? »

« Hm ? Oh, euh… J’ai le jardin, l’atelier, le laboratoire d’alchimie, le hangar, la tour, le rempart… Maintenant, j’ai la bibliothèque ! Ça fait sept. »

« Oh. Dans ce cas, venez avec moi. »

Fam tapa quelque chose dans le terminal au bureau central, et la bibliothèque avait soudainement pris vie. Elle avait commencé à se déplacer, probablement pour s’amarrer avec les autres au-dessus de Brunhild.

« Maître. J’ai une requête. La bibliothèque a besoin de plus de livres, voyez-vous. »

« Plus ? Il n’y en a pas déjà assez ici ? »

« La bibliothèque possède actuellement que 20 millions de livres. »

Quoi !? Même la bibliothèque nationale du Japon ne possède qu’environ dix millions… Bien que si vous incluez des choses comme les journaux, les magazines et d’autres choses du genre, cela représente probablement plus de 30 millions.

« J’ai lu tous les livres de la bibliothèque. C’est pourquoi il est urgent que j’aie du nouveau matériel. »

« Attends… Tu as lu 20 millions de livres ? »

« Il me faut en moyenne deux heures pour lire un seul livre. Je le fais depuis cinq mille ans. »

C’est absolument insensé. Tu ne dors pas ou quoi !? Cesca et Flora dormaient ou restaient immobile, et même Noël dormait régulièrement… De quoi es-tu fait !?

« Je ne bouge pas énormément, alors je dépense peu d’énergie. Cela dit, je suis autonome depuis cinq mille ans. Une fois que nous aurons le laboratoire de recherche, j’aurai besoin d’un entretien. »

Lire des livres depuis plus de cinq mille ans… Elle était plutôt hardcore. Je suppose qu’elle doit vraiment aimer la littérature… C’est exactement le genre de personne que je m’attends à rencontrer ici.

Je m’étais décidé à rentrer chez moi afin de faire mon rapport, car j’avais trouvé la bibliothèque. Après tout, Leen l’attendait depuis si longtemps…

◇ ◇ ◇

« Enfin !! C’est enfin arrivé ! C’est finalement arrivé ! »

Une jeune fille vêtue d’une tenue de lolita gothique sautait d’enthousiasme, agitant les bras en l’air. Naturellement, c’était Leen.

Près d’elle se tenait un ours en peluche, tout aussi excité et dansant comme un maniaque.

« Nous allons maintenant manger le fruit délicieux de la connaissance interdite ! Ancienne histoire autrefois inconnue ! C’est à moi maintenant, à moi, je te dis ! »

« … je sais que tu es toute excitée, mais je dois te dire que je mets temporairement une interdiction de lire les livres de la bibliothèque. »

« Qu’est-ce que tu viens de dire !? »

Leen me fixa, le feu dans les yeux.

Nous étions actuellement au château de Brunhild. Je n’avais encore emmené personne à la bibliothèque. J’avais décidé d’amener Leen (et Paula, apparemment) dans ma salle d’audience. J’avais annoncé la nouvelle de ma découverte à ce moment-là.

***

Partie 5

« J’ai besoin d’y penser de façon pragmatique. Tu es une ambassadrice de Mismede. Ce serait irresponsable de ma part de te donner un savoir ancien indescriptible. En plus, que vas-tu m’offrir exactement ? »

« Oh, donc c’est comme ça… Eh bien, je peux comprendre ce raisonnement, alors… Laisse-moi te faire une proposition. J’aimerais devenir le magicien de la Cour de Brunhild. »

« Hein ? »

Attends, quoi ? Je veux dire, je suppose que notre pays n’a pas de magicien de cour, mais… Hm. Je veux dire… c’est la matriarche des fées, donc ses capacités sont à tous les coups élevées…

Mais c’est une ambassadrice de Mismede, j’avais l’impression que ça compliquerait les choses. C’était une matriarche de clan et une personnalité influente d’une nation étrangère.

« Ce ne sera pas un problème. C’est vrai que je suis la matriarche du clan des fées, mais c’est plus un titre honorifique que n’importe quoi d’autre. Éris est celle qui s’occupe de la plupart du travail à Mismede. »

« Éris ? »

« La magicienne de la cour de Mismede. Je pensais lui donner le statut de matriarche du clan de toute façon, donc c’est très bien. J’aimerais prendre ma retraite et me consacrer entièrement à la poursuite de la connaissance. »

Hmph… Si c’est un titre honorifique, alors je suppose que ça ira… Ce n’est pas comme si je volais quelque chose comme des secrets d’État.

Je doutais que le roi Bestial s’en soucie aussi. Il voulait que les Demi-Humains soient plus respectés dans le monde entier, alors en prendre une comme magicienne de cour ferait du bien aux relations publiques. Honnêtement, il n’y aurait probablement pas de problèmes.

« Hm… Je ne serai pas impolie. Ce n’est évidemment pas suffisant pour te convaincre. Je promets d’utiliser toutes les connaissances que je trouverai dans la bibliothèque pour le bien de Brunhild. Et, pour adoucir l’histoire, je deviendrai aussi ta femme. »

« Non, non merci. En fait, maintenant que j’y pense… Tu n’es pas encore mariée, Leen ? »

« Tu es incroyablement habile pour esquiver une confession, Touya… N’y penses-tu même pas ? »

Elle se plaignait, mais je n’allais pas la distraire. Elle était en vie depuis environ 600 ans, alors j’étais sûr qu’elle aurait été mariée au moins une fois. Je n’aurais pas été surpris d’apprendre qu’elle avait des enfants.

« Je n’ai jamais été mariée et je n’ai jamais accouché. Comme je l’ai dit, la croissance d’un corps de fée s’arrête entre la fin de l’adolescence et le début de la vingtaine. J’ai été un peu précoce dans ma floraison… Par conséquent, je n’ai pas vraiment été considérée comme une personne pouvant se marier. Je reçois de temps en temps des propositions inhabituelles d’hommes douteux, mais j’ai ma fierté. Je ne m’inclinerai pas devant leurs fantasmes. »

C’était assez logique. Leen n’aurait pas changé jusqu’à sa mort. Sans parler du fait qu’elle était matriarche de clan, il fallait donc bien réfléchir au choix d’un partenaire.

Il y avait un vieux dicton qui disait de poursuivre une femme plus âgée jusqu’à ce que ses chaussures s’usent, mais… Je n’étais pas tout à fait sûr d’être aussi enthousiaste à l’idée.

« … N’aimes-tu pas les femmes plus âgées ? »

Leen me regarda avec une expression un peu mignonne.

« Ah, eh bien… Non. Je suppose, pas dans ton cas, mais, je veux dire… Ne te sens-tu pas trop vieille pour moi ? Mais en ce qui concerne le mariage, c’est une tout autre histoire. Je te fais confiance, Leen, et je t’aime beaucoup, mais… Eh bien… »

« Hm ? Je te trouve cependant tout à fait à mon goût. Je serais plus qu’heureuse de t’épouser. Ne l’as-tu pas remarqué ? Je t’aime beaucoup, Touya… »

Gah ! Ne dis pas quelque chose comme ça… !

Leen sauta et me regarda droit dans les yeux. C’était le chaos derrière son regard. Mon Dieu, je ne pouvais pas détourner le regard. Je me sentais comme une petite grenouille, hypnotisée par un serpent prédateur.

Juste au moment où j’allais lui dire qu’elle était trop proche, je sentis un petit baiser.

 

 

« Gh !? »

« Hehe... Tu as eu peur, comme un petit bébé… Tu as sept fiancés, n’est-ce pas ? Tu devrais être habitué à ce genre de petits gestes. »

Malgré son allure juvénile, elle avait définitivement un charme qui ne pouvait venir qu’après des années d’expérience…

C’est dangereux. Mon visage est rouge, c'est vraiment mauvais… Si c’était une étrangère, je ne me sentirais pas si en conflit, mais… C’est Leen ! Je la connais, c’est vraiment bizarre et gênant !

Alors que je me tenais là, figée, incapable de penser à quoi que ce soit pour répliquer, Leen sourit.

« Tu n’as pas besoin de me donner une réponse tout de suite. Si ça te convient, je serai ta maîtresse ou ton amante… Mais j’aimerais me marier au moins une fois dans ma vie. Tu verras que je suis du genre dévoué, tu sais… »

Elle s’était retirée complètement, mais pas avant de m’avoir donné un coup de poing sur la joue. Gh… C’était dangereusement mignon. J’ai failli oublier qu’elle a plus de 600 ans…

« Alors, mon chéri… Je peux utiliser la bibliothèque sans contrainte si je suis ta femme, pas vraie ? »

« C’était ton but depuis le début, hein !? »

« Eh bien, pas entièrement… Je te promets que je ne mentais pas quand je te disais que je t’aime bien. Tu pensais que je ne disais pas la vérité ? »

« H, hey maintenant, ça suffit… Tu peux jeter un coup d’œil à la bibliothèque. Mais ne partage rien de ce que tu apprendras là-bas. »

« Merci, mon chéri… Je t’aime. »

C’est suspicieux… Attends. Merde. Vient-elle de me piéger ? Je m’étais fait séduire !? … Non, disons que j’ai réussi à recruter une alliée puissante. Même si je viens d’être piégé, c’est mieux si je le justifie comme ça.

Tandis que je soupirais doucement, réfléchissant à des choses compliquées dans ma tête, Paula secoua lentement la tête comme pour dire « Bonté divine ». Hmph…

« Ooh... »

« Wôw… »

Leen et Hilde avaient laissé échapper leur surprise en entrant dans la bibliothèque. Les autres aussi avaient été stupéfaites, mais pas tout à fait autant.

Leen était stupéfaite par la bibliothèque et ses étagères, mais Hilde était plus surprise par Babylone elle-même. C’était après tout son premier voyage là-bas.

« Comment est-ce possible !? Il vole dans le ciel… !? Incroyable ! Incroyable ! Y a-t-il aussi des Frame Gears !? »

« Taisez-vous. C’est une bibliothèque. S’il vous plaît, on doit faire silence dans la bibliothèque. »

« Oh… Désolé. »

Hilde avait parlé fortement, mais Fam l’avait immédiatement fait taire. Elle se détendait sur un canapé tout près, le nez fortement enfoncé dans un livre. Elle était en train de lire des livres que j’avais récupérés du Lecteur Lunatique. Bien que j’aie fait en sorte qu’aucun des titres les plus… peu recommandables n’arrive dans cet endroit.

« Oh, comment suis-je censée prendre un livre de l’étagère du haut ? Y a-t-il un escabeau ? »

« Oh, touchez l’étagère et imaginez l’étagère dont vous avez besoin. »

Leen toucha l’étagère selon les instructions, et l’une des rangées de livres s’enfonça lentement à portée de main.

« Incroyable… Pour que cela puisse réagir comme ça, hein ? Attendez, ce livre… ! »

Les yeux de Leen s’ouvrirent alors qu’elle arrachait l’un des livres. Je ne pouvais pas lire le titre, et j’avais supposé que Leen non plus. Quoi qu’il en soit, elle avait commencé à feuilleter furieusement les pages.

« Quel genre de livre est-ce ? »

« C’est une encyclopédie sur la magie ancienne ! C’est écrit dans une ancienne langue magique, mais je peux lire ça… En quelque sorte ! Tu ne vois pas à quel point c’est incroyable !? Il y a des références non seulement sur la magie moderne, mais aussi sur la magie perdue dans le temps ! »

« C’est une bibliothèque. Silence. »

« Ah, désolée… »

Fam nous donna un autre avertissement. Elle n’avait même pas regardé son livre. C’était un peu grossier de sa part, mais au moins elle aimait la littérature.

« Le nombre de livres ici est incroyable, c’est… Ne serait-il pas difficile de trouver un livre ici ? »

« Non, c’est bon, regarde. Bibliothèque… recherche de livres sur les épées. »

En réponse à mes paroles, une flèche s’éleva jusqu’à la surface du tapis rouge. Il ne nous restait plus qu’à la suivre afin d’atteindre le livre que nous voulions.

De plus, remettre un livre sur n’importe quelle étagère le remettait à sa place. En gros, il y avait un service de tri automatisé. C’était très pratique.

Yumina sortit plusieurs livres et commença à les feuilleter avant de les jeter rapidement. Je me demandais si elle essayait de mettre Fam en colère.

« Ces livres sont écrits dans une langue que la plupart d’entre nous ne savent pas lire… On va devoir demander à Touya de nous créer des lunettes de lecture. »

« Les faire n’est pas un problème. J’ai juste besoin de savoir sur quelles langues les accorder. Peux-tu m’aider, Fam ? »

J’avais appelé Fam, celle-ci leva la tête. La fille s’approcha de moi. J’étais son maître, après tout, elle ne pouvait pas refuser mes ordres.

D’ailleurs, je lui avais donné une sélection de vêtements de Zanac, comme je l’avais fait avec Cesca et les autres filles. Je ne savais pas pourquoi elle avait choisi un uniforme de marin, mais c’était simplement une question de goût. Elle avait l’air d’une fille très studieuse.

« Dans quelles langues sont écrits les livres ici ? »

« Nous avons des livres disponibles en langue magique ancienne, écriture de l’esprit ancien, parthénois, langage caché de Remilia, langage divin de Lastia, langage divin, dialecte de Deigarese, pictogramme de Lorad, l’évangile, hiéroglyphes d’Esteba, langue abanese, karnar, Markur, Salieri Tradespeak, Urdenian, Gazur, la langue du continent des démons, et… Je ne me souviens d’aucun autre livre écrit dans une autre langue. Après tout, j’ai tout lu ici. »

C’est de la folie ! Mais je suppose que par rapport aux langues de la Terre, nous en avons plus. Ce monde est un peu plus uni que le mien.

Si je me souvenais bien, le Docteur venait de Parthénon, un ancien royaume magique qui régnait sur la moitié du continent. En gardant cela à l’esprit, il était facile de comprendre pourquoi la plupart des livres étaient écrits en parthénois.

C’était un royaume qui avait prospéré il y a environ cinq mille ans. Mais il avait été ravagé par la Phase. Oh, j’ai une idée.

« Montre-moi des livres en rapport avec la phase. »

J’avais essayé d’effectuer cette recherche comme test, et une flèche était apparue sur le tapis. C’était facile.

Le pays avait été dévasté, mais les survivants avaient dû écrire quelque chose.

J’avais suivi la flèche et m’étais dirigé vers l’étagère désignée. J’avais sorti un livre, qui était légèrement mis en avant dans la rangée. Puis j’avais invoqué [Lecture] pour comprendre l’ancienne langue du peuple parthénois. Ainsi, le titre du livre m’était visible.

« Les Cristaux magiques. »

J’avais parcouru le contenu du livre. Il mentionnait comment ils chassaient les humains, discutaient de leurs points faibles, parlaient de leur capacité à se régénérer et à absorber la magie, mais en fin de compte il n’y avait rien de plus qu’Ende ne m’avait pas déjà dit. Il n’y avait cependant aucune mention de la phase souveraine ou du fait qu’ils venaient d’un autre monde.

On y parlait de villes et même de villes ravagées par la Phase, mais l’information m’était largement inutile. Il semblerait que la phase avait tout simplement disparu du monde avant qu’une véritable solution puisse être trouvée. Tout ce qu’ils avaient laissé derrière eux, c’était du carnage et de la destruction. C’était tout ce qu’on avait pu enregistrer.

La Phase avait anéanti l’humanité. Humains, Demi-Humains, et Races démoniaques… De nombreuses nations avaient perdu leurs capitales, et les grands dirigeants du monde avaient pour la plupart tous été tués.

Il y avait beaucoup de récits enregistrés sur les derniers agissements des grands héros, mais aucun d’entre eux ne contenait de nouvelles informations que je pouvais utiliser à mon avantage. Les auteurs avaient simplement considéré la Phase comme de mystérieux êtres magiques. C’était vraiment logique.

« Oh mon… »

J’étais arrivé à la fin du livre, et j’avais trouvé plusieurs illustrations. Chaque type connu de Phase avait été dessiné, avec une petite étoile noire à côté indiquant sa force, sa taille et sa vitesse.

Comme je m’y attendais, ils n’étaient pas restés assis à ne rien faire. Ils cherchaient vraiment des moyens de prévenir la catastrophe.

Les types qu’Ende avait appelés Petites Constructions étaient ici. Je pouvais voir un grillon, un serpent, un coléoptère, une mante, une autruche, et divers autres constructions. Il y avait beaucoup de variété dans leurs formes, mais elles étaient certainement les plus faciles à abattre.

J’avais regardé un peu plus loin et je vis des croquis des Constructions intermédiaires. Les images étaient aussi nombreuses… il y avait une raie manta, une araignée, un requin, un chien, une libellule, une coccinelle, etc. J’avais remarqué quelques croquis de types que je n’avais jamais vus. Je me demandais si la civilisation antique avait réussi à les contrer efficacement.

De puissants sorts indirects les tuaient assez facilement. Mais ils étaient quand même massifs. Il fallait un Frame Gear pour les tuer sans dommages collatéraux.

Viennent ensuite les Constructions supérieures. Je vis un croquis du crocodile que j’avais combattu, mais qui ressemblait aussi à un ptérodactyle, un hérisson, un sanglier et quelques autres. S’ils étaient tous aussi puissants que le crocodile, ce n’était pas une mince affaire. S’opposer à ces choses avec une puissance de feu moins que monstrueuse serait tout simplement suicidaire.

J’avais encore une fois tourné la page. Le croquis que j’avais vu m’avait mis en état de choc. J’avais suffoqué d’horreur tout en murmurant lentement.

« Quoi... Est-ce que c’est… ? »

À côté de l’esquisse, il y avait une seule annotation.

« Construction humanoïde. »

Les individus esquissés ressemblaient à des gens normaux, à l’exception de minuscules protubérances de cristal sur diverses parties de leur corps. Quand j’avais vérifié leurs statistiques, elles étaient beaucoup plus fortes que les Constructions supérieures.

« … je n’avais aucune idée… »

J’avais pensé qu’ils devraient s’appeler Phase Humaine ou quelque chose comme ça. Selon le livre, ils apparaissaient rarement et étaient reconnus comme les êtres les plus puissants jamais vus dans le monde.

Je ne savais pas combien il y en avait. Mais je pouvais ressentir le danger. J’avais besoin d’améliorer nos défenses, et vite.

Inquiet, mais déterminé, j’avais fermé le livre.

***

Chapitre 2 : Donjons et Dragons

Partie 1

« Avance, Feu ! Barrage explosif : [Explosion de la fusée éclairante] ! »

Linze prononça les mots, et immédiatement cinq endroits au loin s’enflammèrent. Tout ce qui s’y trouvait était anéanti.

Ce nouveau sort était une version améliorée de l’[Explosion] ou peut-être serait-il plus approprié de dire que c’était la version originale du sort. C’était à tous les coups à un autre niveau… Le fait que nous ayons décidé de le tester dans les plaines plutôt que sur le terrain d’entraînement me rendait heureux.

« Tu l’as fait ! Hmm… Je me demande finalement si le Feu te va mieux que l’Eau, Linze. »

« Et bien… Je n’ai pas fait tout ça tout seul, tu sais… Je dois surtout remercier Leen de m’avoir amenée jusqu’ici. »

« Je vous ferai savoir que le feu est mon pire élément. Et cela ne m’est pas exclusif. Tous les membres du clan des fées partagent la même faiblesse. Seul un petit nombre d’entre nous peut en faire usage. Cela pourrait avoir un rapport avec le fait que nous sommes historiquement une espèce qui a vécu dans la forêt. »

Hmm… Mais au fait, Leen n’a-t-elle pas une affinité avec six éléments ? Si je me souviens bien, le seul qu’elle ne peut pas utiliser est Ténèbres. Elle avait dit quelque chose à propos d’utiliser Paula pour compenser le fait qu’elle ne puisse pas utiliser la magie d’invocation.

Paula était restée debout, les mains sur les hanches, triomphante, alors que les explosions retentissaient une fois de plus… Mais elle ne semblait pas vraiment être un substitut pour quelqu’un comme Kohaku.

« Leen, as-tu mémorisé des variantes de sorts anciens ? »

« Bien sûr. Bien que le mien soit un sort de type Eau. »

Leen se tenait devant Linze, étendant ses deux bras devant son corps et se concentrant aussi fort qu’elle le pouvait.

« Avance, Eau ! Tourbillon enragé : [Maelstrom] ! »

Une énorme tornade d’eau tourbillonnante apparue, déchirant le sol et dévorant la terre. Elle n’avait pas de cible précise, mais cela semblait de toute façon être une sorte de sort destructeur à grande échelle. Il était incroyablement fort, tout comme celui du feu…

« L’inconvénient est la vitesse à laquelle il draine mes réserves magiques. Mais vu ce qu’il fait, ce n’est que justice. »

Il était logique que des sorts plus puissants sapent rapidement la magie. C’était pourquoi un bon mage savait s’adapter et utiliser les sorts nécessaires pour la situation requise. Ils devaient également tenir compte de la quantité d’énergie magique qu’ils possédaient.

Il n’y avait pas que Leen et Linze qui avaient amélioré leurs compétences grâce à la lecture… Monica et Rosetta ayant assimilé beaucoup d’informations sur les technologies magiques, elles tentaient aussi de nouvelles expériences. Certains livres étaient même écrits par le Docteur Babylone elle-même.

Récemment, Leen avait même enseigné un peu de magie à Sue. Sue avait seulement une affinité pour les sorts de lumière, mais son pouvoir magique était apparemment assez élevé. Leen avait décidé d’enseigner principalement la magie curative, et Sue l’avait pratiquée sur les chevaliers à leur retour d’entraînement.

Mais elle faisait encore son stage de bonne avec Lapis et les autres… Je n’avais vraiment aucune idée du genre de carrière que cette fille espérait poursuivre.

Fam était descendue à la surface et s’était rapidement cachée dans la bibliothèque du château. C’était vraiment un rat de bibliothèque… Même les fous de livres dont j’avais entendu parler chez moi ne pouvaient pas lui tenir tête. Elle s’était aussi adonnée à cette activité pendant environ cinq mille ans, c’était donc une maladie qui s’était répandue dans tout son corps. Pour dire les choses simplement, son affection de type livre était incurable.

Cet après-midi, j’étais parti à la guilde. J’avais décidé de m’y rendre au moins une fois par semaine.

J’avais même accepté quelques quêtes de temps en temps pour me tenir occupé, mais mon principal travail consistait à obtenir des informations du maître de la guilde, Relisha.

Je portais une cagoule dans la guilde, pour essayer de dissimuler mon identité. Honnêtement, j’étais sûr que les gens savaient qui j’étais, même avec la capuche sur la tête… Pourtant, il valait mieux ne pas se faire remarquer.

« Salaud ! Tu veux te battre !? »

« Amène-toi, punk ! »

Deux hommes s’étaient saisis par le col et avaient rapidement décidé de sortir.

Encore une fois… ? On dirait qu’il y a une bagarre chaque fois que je viens ici. Eh bien, je suppose que ça fait partie de la vie de la guilde…

Les aventuriers avaient toujours voulu prouver leur valeur, alors c’était tout naturel. Tant qu’ils s’en occupaient eux-mêmes et qu’ils ne dérangeaient pas les habitants, je les laissais s’en occuper.

« Bonjour. »

« Ah ! Votre A — je veux dire, euh, Touya… Bonjour. »

Je parlais à la réceptionniste aux oreilles de chat. Si je me souvenais bien, elle s’appelait Misha. Ses oreilles de chat bougeaient d’avant en arrière, ce qui était assez mignon.

« Comment se porte la guilde ces derniers temps ? »

« Laissez-moi réfléchir… Il y a beaucoup de quêtes générales qui circulent. Nous avons aussi des missions d’escorte occasionnelles. Mais il n’est pas vraiment possible de faire un gros bénéfice vu la faible quantité de quête que nous avons. Certaines personnes ont été irritées par cela, et la plupart partent après avoir fait quelques missions. Personne ne traîne dans les parages, donc c’est surtout un afflux de nouveaux visages chaque jour. »

En parlant, ses yeux s’étaient tournés vers les deux hommes qui se battaient à l’extérieur. Je vois…

Pour une raison quelconque, beaucoup de débutants avaient tendance à penser qu’ils devaient agir en machos. Ils ne voulaient probablement pas être sous-estimés ou méprisés, mais naturellement, c’était une cause majeure de conflit, car il y avait trop de gens qui mesuraient leur ego.

Cela aurait été bien si ces gens n’étaient que des débutants, mais il y avait beaucoup de gens qui ne pouvaient pas accéder aux rangs supérieurs à cause du manque de diversité des quêtes, donc vous aviez surtout un tas de gens tendus qui se frappaient avant de passer à autre chose.

Ce serait beaucoup mieux si nous avions des aventuriers chevronnés qui traînaient dans le coin pour contrôler les choses… Mais je ne pouvais pas m’attendre à ce que les gens viennent chez nous si nous n’avions rien à leur offrir.

Misha m’emmena au deuxième étage. J’entrais alors dans les quartiers de Relisha. L’elfe, chef de la guilde, était en train de ranger quelques papiers lorsque j’étais entré dans la pièce. Cependant, dès qu’elle me remarqua, elle se dirigea immédiatement vers un canapé voisin.

« C’est bon de vous voir. En fait, vous êtes arrivé juste au bon moment. »

« Oh ? »

Elle posa les documents sur son bureau et en prit un. Elle s’assit ensuite à côté de moi sur le canapé.

« J’ai deux nouvelles, et une proposition. Tout d’abord, des dragons ont été aperçus. »

« Des dragons ? »

« L’un d’eux est apparu au sud de la mer des arbres, dans le royaume brûlant de Sandora. D’après ce qu’on m’a dit, il a semé le chaos dans un petit village du désert, puis s’est envolé vers des régions inconnues, ce qui est assez normal. Mais nous avons ensuite entendu des rapports de Yulong et de Roadmare selon lesquels des dragons attaquaient des villages dans la région. Trois dragons, pour être précis. »

C’est étrange… Les dragons ont tendance à vivre dans les montagnes, loin de la société, et ils attaquent rarement les territoires humains. Même parmi les dragons, il y a des aînés et des juniors. D’après ce que j’ai compris, c’étaient les dragons plus jeunes qui se comportent plus comme des animaux sauvages et qui attaquent les choses de manière imprudente.

À Mismede, il y avait ce dragon noir, et c’était un jeune. Le dragon rouge que j’avais rencontré par la suite était plus âgé, et il semblait être un type beaucoup plus raisonnable.

« C’est peut-être une coïncidence, mais c’est difficile à le dire. Il y a beaucoup de choses que nous ne savons pas sur la race des dragons. Cela pourrait être la saison des amours pour eux, ou un autre événement migratoire. Nous allons quand même poursuivre l’enquête. Passons maintenant à la deuxième question… Eh bien, celle-ci s’accompagne d’une proposition. »

Relisha étala le document sur la table, révélant ainsi qu’il s’agissait d’une carte. Elle ressemblait à une carte maritime, mais il y avait des îles parsemées ici et là.

« C’est un archipel récemment découvert au sud de Sandora. Nous avons trouvé plusieurs ruines anciennes sur ces îles, mais il y a un problème… C’est un endroit éloigné, donc les fouilles et l’exploration sont extrêmement difficiles. »

« Avez-vous utilisé des bateaux ? »

« Oui, mais les îles ne sont pas adaptées aux séjours prolongés. L’environnement fluctue à l’extrême, les températures brûlantes deviennent rapidement glaciales en quelques minutes. La vie sauvage y est aussi plus que dangereuse. Je me suis demandé pourquoi chaque île avait de petites ruines, mais il est possible qu’il s’agît d’une seule grande île à l’époque antique. »

Hm… Une île engloutie ? Ce n’est certainement pas impossible. C’est peut-être aussi la raison pour laquelle elles ne sont plus habitées. Puis les monstres s’y sont installés et le reste appartient à l’histoire… je suppose que c’est possible.

« L’autre problème est le suivant : les ruines sont des donjons de taille considérable. Nous supposons que ce sont des constructions humaines, probablement créées par d’anciens mages ou des individus d’une influence considérable. Si c’est le cas, on peut supposer qu’il y ait un trésor dans les donjons. Naturellement, la guilde ne peut pas manquer une occasion de piller ces vieilles ruines. »

C’est tout à fait vrai. Il pourrait y avoir toute une montagne de trésors en bas. Personnellement, je n’ai jamais plongé dans un donjon, mais d’après ce que j’ai compris, il y a beaucoup de ruines éparpillées dans le monde entier.

« Habituellement, nous publions des avis de quêtes pour des cas comme celui-ci, car c’est à peu près la norme pour l’exploration de donjon. Cependant, l’emplacement des ruines pose un problème… Et c’est là que ma proposition entre en jeu. »

Relisha se pencha un peu plus près de moi.

Qu’est-ce que… C’est mon espace personnel, madame… ? Bien que je suppose qu’avoir une femme comme ça qui se presse contre moi n’est pas la pire chose au monde.

« Je me demandais s’il vous serait possible de relier ces donjons à Brunhild en utilisant l’un de vos sorts de [Porte], Votre Altesse. »

« Hein ? »

Quoi ? Pourquoi relierais-je Brunhild à une série de donjons dangereux ?

« Ce que j’essaie de dire, c’est que j’aimerais que nos aventuriers puissent accéder facilement aux donjons et les défier. Si les aventuriers se rassemblent ici pour explorer un territoire jusqu’alors inexploré, alors la ville se développera également. La compréhension du donjon par la guilde se développera également à mesure que nous y enverrons d’autres aventuriers, et nous profiterons tous de ce qui sera ramené. Qu’en pensez-vous ? »

Oh… C’est vraiment une bonne idée.

Si je faisais quelque chose comme ça, nous aurions une tonne d’aventuriers qui viendraient chercher un moyen de gagner de l’argent rapidement, ce qui augmenterait aussi le chiffre d’affaires de nos auberges et de nos magasins. De plus, le fait que plus de gens soient ici finirait par attirer encore plus de monde. Je ne vois pas d’inconvénient.

Je pourrais facilement faire en sorte que les créatures de l’autre côté ne puissent pas non plus passer par le portail. En d’autres termes, nous utiliserions l’accès au donjon comme un moyen de promouvoir Brunhild.

« J’ai néanmoins quelques questions ? Tout d’abord, est-ce que les îles appartiennent à une nation ? »

« Elles sont actuellement sous la surveillance provisoire de la guilde, et ne sont affiliées à aucune nation, non. Cependant, si vous acceptez cette proposition… Je pense qu’il ne serait pas déraisonnable de considérer que ces terres soient accordées au duché de Brunhild. Eh bien, si vous pouvez promettre que la guilde aura des droits exclusifs sur les trésors excavés et toute information de valeur découverte. »

« Très bien, alors. Une autre question. N’avez-vous pas envisagé le fait que je puisse aller explorer personnellement ces donjons ? Je pourrais facilement monopoliser des trésors et des informations importantes de cette façon. »

« Heheh... Je ne crois pas qu’un homme qui a réuni les dirigeants du monde pour s’opposer à la menace de Phase ferait une chose aussi horrible. Je n’ai pas eu ce travail juste pour mon joli physique, vous savez ? J’ai l’œil pour juger le caractère. »

Huh. Je suppose qu’elle a une très bonne opinion de moi. Eh bien, il vaut mieux ne pas la laisser tomber…

C’était certainement une perspective intéressante. Ce n’était pas moi qui allais explorer l’endroit, mais les aventuriers, les marchands et les membres de la guilde qui avaient intérêt à visiter les lieux.

Même l’explorer au hasard et le cartographier serait profitable. Je ne serais pas surpris de voir des cartographes se joindre aux expéditions.

Plus le donjon était profond, plus les monstres étaient forts. D’après ce que j’avais compris, la densité de la magie dans l’air était d’autant plus forte que l’on voyageait plus profondément, c’était pourquoi les bêtes magiques les plus fortes préféraient se cacher sous terre.

Cependant, tout aventurier digne de ce nom serait conscient des risques, c’était pourquoi j’avais décidé de ne pas trop m’inquiéter des gens qui se blessaient.

« Très bien, alors. Je vais coopérer. »

« Merci beaucoup ! Nous aimerions que vous placiez la [Porte] menante aux donjons près de la guilde, à la périphérie de la ville. »

Nous avions donc acquis une nouvelle attraction, qui était une série de donjons. Avec un peu de chance, la ville allait encore plus prospérer grâce à cela. J’avais décidé de faire un peu d’exploration préventive.

***

Partie 2

Après avoir demandé à Relisha de m’indiquer l’emplacement des îles, j’avais ouvert une [Porte] vers le Désert de Rabbi, qui se trouvait juste à l’extérieur de Sandora. Ensuite, j’activais [Vol] afin de me diriger vers le sud.

Après avoir volé pendant un certain temps, je rencontrais finalement les îles. Elles étaient aussi éloignées qu’elle l’avait imaginé. Même un bateau venant directement de Sandora mettrait beaucoup de temps à arriver.

« Hm… Il devrait y en avoir trois, non ? »

Chaque île avait un donjon différent, et il y en avait trois au total. On m’avait demandé de les nommer, mais j’avais repoussé l’idée. J’espérais un éclair d’inspiration.

« Oho ? »

Je regardais les îles et je vis un bateau au large des côtes. En regardant de plus près, je vis un groupe camper sur la plage d’une des îles. J’avais supposé qu’il s’agissait des responsables de la guilde qui surveillaient les îles. Je débarquais dans le camp. Les hommes surpris sortirent leurs armes.

« Qui êtes-vous ? »

« Je donne suite à une demande du chef de guilde Relisha. En ce moment, je suppose que je suis un aventurier, alors… voici ma carte. »

« Quoi... Or !? Alors vous devez être de Brunhild… Pardonnez-nous, monsieur ! »

Les responsables de la guilde avaient immédiatement rengainé leurs armes. Le pouvoir de la carte de la guilde était vraiment quelque chose. Il semblait impossible de la falsifier, donc la crédibilité d’une carte de guilde était absolue. Mais je me demandais s’il était possible de tromper un officiel de la guilde avec une fausse carte assez convaincante…

« Relisha m’a demandé de relier ces îles à Brunhild… Hm, peut-être que je devrais juste l’amener ici. »

J’ouvrais une [Porte] et j’y fis passer Relisha.

« … C’est effectivement ce que j’ai proposé, oui, mais je n’arrive pas à croire que vous soyez arrivé si vite… »

Je laissais la discussion à Relisha. Celle-ci dit aux responsables de la guilde que leur travail était officiellement terminé.

Ces îles étaient désormais le territoire étendu de Brunhild… Mais elles étaient plutôt stériles. Elles n’étaient composées que de montagnes, de plages de sable, d’un ciel bleu et d’une jungle agitée.

« Alors, où est le donjon ? »

« Allez tout droit dans la jungle et vous arriverez à un flanc de montagne. Grimpez un peu et vous arriverez à une grotte. Là, vous trouverez des escaliers rocheux qui mènent vers le bas. C’est l’entrée du donjon. Cette île étant entourée d’une grande plage de sable, une grande partie est submergée, mais elle est aussi très étroite. Le donjon se trouve probablement sous le niveau de la mer. Il est sûrement relié aux donjons des autres îles. »

S’il était vrai que cet endroit était autrefois une grande île, il serait logique que les cachots soient reliés d’une manière ou d’une autre. Mais il n’y avait qu’une seule façon de le savoir avec certitude.

« Je vais essayer d’y aller pour l’instant, mais qu’en est-il des autres ? »

« Je vais m’occuper de la procédure à Brunhild, si vous pouvez me renvoyer. Ah, désolé, mais pourriez-vous aussi renvoyer les autres membres de la guilde à Sandora ? »

Ce n’était pas du tout un problème. J’avais rapidement renvoyé Relisha à Brunhild.

Après cela, les autres démontèrent leur camp et montèrent à bord de leur navire. Ils semblaient tous assez heureux de partir. Je pouvais imaginer que rester assis à attendre les ordres était probablement ennuyeux. Je pouvais comprendre cela.

Une fois tout le monde à bord, j’avais transféré le navire au port principal de Sandora. C’est tout.

Et maintenant, la partie la plus amusante, j’allais visiter le donjon.

J’avais décidé d’y aller à pied. Ce serait plus facile de voler, mais j’avais profité de la promenade pour abattre des arbres et créer une route pavée en utilisant la magie de terre.

J’avais été attaqué pendant ce temps par un loup à six pattes et un serpent à deux têtes, mais il s’agissait de menu fretin et il n’avait pas fallu beaucoup d’efforts pour les tuer.

Finalement, j’étais sorti de la jungle et je fis un chemin lisse jusqu’à la montagne. Ensuite, je gravais des escaliers dans la falaise pour terminer le chemin vers le donjon.

Une fois là, j’entrais dans la grotte et je regardais les marches qui menaient à l’abîme.

« … Mec, c’est sombre. Ce n’est cependant pas trop surprenant. »

Je lançais une [Orbe de lumière]. Celle-ci émit une petite sphère de lumière. Le donjon devenait de plus en plus humide à mesure que je descendis à l’intérieur. Mais j’étais probablement sous la mer, donc l’humidité était naturelle.

Après avoir erré un moment, je m’étais retrouvé dans une vaste pièce. L’endroit était certainement fait par l’homme. J’avais pu voir à quel point les murs et le plafond étaient anormalement sculptés.

Je regardais autour de moi et je trouvais trois chemins différents. Gauche, droite et tout droit. Allons donc… Une division en trois dans la première pièce ? Si c’est un jeu, ce ne serait pas aussi compliqué… Mais je suppose que ce n’est pas un jeu, alors je devrais arrêter de m’en faire.

Je ne voulais pas me perdre, alors j’étais allé tout droit. Il m’était évidemment impossible de me perdre puisque j’avais accès à la [Porte] et tout.

J’avais continué tout droit jusqu’à ce que j’atteigne une autre bifurcation. Cette fois-ci, c’était à droite ou à gauche.

Hm… Je suppose que c’est de ma faute, j’ai pensé que le chemin serait droit. Attends…

« Ça ne marchera peut-être pas, mais… affichez la carte. Affichez le premier sous-sol de ce donjon, et ma position actuelle. »

« Affichage. »

Mon smartphone répondit. Il projeta une carte de l’étage actuel à côté de ma position actuelle. Cela a fonctionné… Wôw, ça a vraiment marché ! Attends, merde… Je ne voulais pas que ça marche.

Il montrait aussi les escaliers qui menaient au deuxième étage. Il semblait y avoir quatre étages au total.

Argh… Je viens de me spoiler moi-même, non ? Je peux probablement faire du profit en vendant cette carte, mais… je ne le ferai pas. Il serait préférable que les aventuriers découvrent les secrets de cet endroit par eux-mêmes sans que je gâche tout le plaisir. En plus, ce serait bien plus cool de les regarder explorer cet endroit, comme un parc d’attractions. Bon, peu importe… je suppose au moins que je peux toujours explorer le premier étage.

« Whoa ! »

Je m’étais tourné vers le passage menant à l’escalier du deuxième étage, et je m’étais retrouvé face à face avec des monstres. Il s’agissait de petites créatures à tête de chien appelées Kobolds, et il y en avait deux au total.

Les Kobolds étaient des monstres instinctifs qui ne comprenaient pas mes mots. D’autres créatures comme les loups-garous ou les vampires, par contre, comprenaient.

Les Kobolds m’attendaient, apparemment. Du moins, c’était ce qu’il semblait d’après leur timing d’expert, alors qu’ils descendaient leurs haches de pierre vers ma tête. J’avais rapidement sorti Brunhild et je les avais tous les deux touchés. Heureusement pour eux, j’avais fait charger des balles de paralysie. Ils avaient échappé de justesse à une fin douloureuse.

J’avais réalisé que mon orbe de lumière était probablement un moyen facile de savoir que j’arrivais. C’était pratiquement une balise qui disait « embuscade » ou quelque chose du genre. J’aurais vraiment dû y penser.

Je passais les Kobolds effondrés et je commençais à me diriger vers les escaliers. Je m’étais arrêté un moment quand je découvris un petit passage latéral avec un ensemble de doubles portes au fond. J’avais pris la décision d’aller voir. Après tout, il n’y avait rien de mal à faire un détour.

Je m’étais dirigé vers le passage et j’ouvris les deux portes au bout. Là, je trouvais une petite pièce avec un coffre au trésor dans le coin. Ce genre de chose était assez courante dans les jeux vidéo, mais c’était un peu bizarre à voir dans la réalité.

Je voulais en quelque sorte demander pourquoi il y avait un coffre au trésor dans un endroit comme celui-ci, mais j’avais décidé de l’ouvrir à la place.

Mon cœur battait plus vite quand je me suis approché du conteneur, et… Je fis une pause pendant un moment, craignant brièvement un piège. Je ne voulais vraiment pas exploser. J’avais décidé de soulever un peu le couvercle, histoire de ne pas tenter le diable. Il n’était en tout cas pas verrouillé. J’avais donc ouvert le couvercle en faisant un petit clin d’œil, mais aucun piège n’était posé ! En regardant dans le coffre ouvert, je vis…

« Qu’est-ce que… »

Un couteau rouillé, une sacoche sale, un morceau de poteau qui semblait bancal et une hache en pierre faite à la main. La hache ressemblait à celle que les Kobolds d’avant brandissaient. Il semblerait que je sois tombé sur leur cachette secrète. Eh bien, c’était des déchets pour moi, mais probablement un trésor pour eux. Pourtant, il n’y avait aucune chance que la guilde veuille acheter ce genre de merde. Je regardais de plus près et je vis quelque chose qui brillait dans le coin du coffre. Ce que je vis n’était autre qu’une petite bande d’or. Il n’y avait pas de bijoux incrustés dedans, mais c’était certainement une bague en or. Si elle était vraie, elle aurait certainement une valeur.

En y pensant, où ont-ils trouvé le coffre au trésor ? Il était possible que le coffre ait contenu un trésor à un moment donné, mais les monstres avaient pu y retirer des choses une par une… En peu de temps, les Kobolds n’avaient plus qu’à s’en servir comme d’un autre récipient de stockage.

Le coffre au trésor aurait même pu provenir d’un autre étage. Il était possible que quelqu’un, ou… quelque chose l’ait traîné tout en haut depuis un étage inférieur.

Le véritable trésor aurait pu être pillé par les habitants du donjon et caché dans différentes cachettes… Il était tout à fait possible que les vrais trésors soient maintenant en possession de monstres.

Je pris l’anneau, mais je laissais le reste des affaires derrière moi. Bonne chance, petits Kobolds… Beaucoup de gens vont passer par chez vous et essayer de vous tuer.

Une fois au deuxième étage, j’utilisais la [Porte] pour retourner au bureau de Relisha.

« C’est une bague ordinaire sans enchantement particulier… Bien que, c’est effectivement de l’or. »

Wôw, c’est donc authentique… Je suppose que ça veut dire que les donjons contiennent de vrais trésors.

Le but de tout aventurier était de trouver des trésors dans les anciennes ruines et les donjons, et aussi de récolter des matériaux rares auprès des monstres. Il semblerait que beaucoup de créatures vivant dans les donjons avaient différemment évolué, et que les matériaux rares soient donc monnaie courante dans les niveaux inférieurs.

« Alors, puis-je vous acheter la bague ? »

« Bien sûr, allez-y. Combien vaut-elle ? »

« Voyons voir… Étant donné le mauvais travail manuel et la surface éraflée… Deux pièces d’argent est un bon prix. »

Hm… Deux pièces d’argent pour une bague en or… Ce serait le tarif demandé pour une semaine dans une auberge. Vu que je n’ai pas passé beaucoup de temps à explorer, ça semble assez juste. Mais j’ai peut-être eu de la chance de trouver ça…

Je m’étais rappelé que, si nous avions plus d’aventuriers, je devrais probablement améliorer nos logements. La Lune d’Argent n’avait probablement pas assez de chambres disponibles.

« Il y a autre chose, Votre Altesse. Les portes qui relient Brunhild et les îles… Qu’allons-nous faire pour le péage ? »

« Euh, le péage ? »

« Oui, le péage qu’un aventurier doit payer. Je pense que vous devriez au moins faire payer un droit d’entrée… Aviez-vous prévu de le rendre gratuit ? »

« Hm… Je suppose qu’une pièce de cuivre est probablement suffisante, non ? »

Elle me répondit que c’était assez bon marché, mais qu’il y avait toujours une chance que l’aventurier ne revienne pas. Je voulais que le plus grand nombre possible de personnes puissent rentrer chez elles en toute sécurité et utiliser les services disponibles à Brunhild.

La gratuité aurait été gênante, car nous n’aurions pas pu suivre les allées et venues. Je ne voulais pas que nous perdions la trace de ceux qui passaient et ne revenaient jamais, c’était pourquoi il valait mieux prévoir une redevance pour la tenue de la comptabilité. La carte de guilde était le moyen le plus simple de contrôler cela. En fin de compte, le péage ne générait pas beaucoup de revenus, mais de toute façon ce n’était pas vraiment son but.

Nous aurions probablement besoin de potions, de médicaments, d’armes, et d’armures aussi… Je ne voulais pas m’avancer, mais j’avais décidé de parler aux commerçants de la ville pour faire des provisions pour l’avenir. Il était possible que je finisse par avoir besoin d’un maître forgeron pour réparer les armes et aussi les armures.

J’étais un peu excité de voir où ce projet allait nous mener.

***

Partie 3

De gros flots d’aventuriers avaient commencé à se rassembler à Brunhild. Pourquoi ? Parce que la nouvelle concernant les donjons s’était rapidement répandue.

Après tout, c’était un territoire inexploré. Et en raison de leur situation isolée, ils étaient non répertoriés et intacts. L’attrait des trésors était bien trop grand pour qu’on y renonce, tant de gens étaient venus chercher fortune.

En fait, c’était le premier arrivé, premier servi. Tous les aventuriers voulaient être les premiers à explorer les donjons. Au fait, je les avais nommés Amaterasu, Tsukuyomi et Susanoo.

Dans le passé, j’avais délibérément limité les connaissances de mon sort [Porte] parce que je ne voulais pas être regardé avec attention ou suspicion. Mais il semblerait qu’il était aujourd’hui reconnu comme ma magie « signature ». Je suppose que c’était inévitable, j’avais fini par l’utiliser énormément pendant l’invasion de Yulong.

Quoi qu’il en soit, j’étais déjà dans une position de grande puissance. Je ne m’attendais pas à ce que quelqu’un se retourne contre moi à ce moment-là. Il n’y avait donc pas de réel problème à révéler mes merveilles. Même s’ils essayaient, je les remettais à leur place.

Tout bien considéré, les portails qui reliaient Brunhild aux donjons étaient simplement acceptés comme quelque chose de lié à mon pouvoir.

Les donjons n’étaient pas seulement vastes, ils étaient dangereux. En raison de l’absence de civilisation dans la région depuis si longtemps, l’endroit était devenu un lieu de reproduction privilégié pour les bêtes magiques. Et bien que l’exploration n’ait pas duré très longtemps, il semblerait que certains groupes étaient déjà arrivés jusqu’au troisième étage.

La guilde était satisfaite, car elle voyait un accroissement des objets rares, des matières premières précieuses et des trésors.

Au début, je m’inquiétais du nombre d’aventuriers en ville, ce qui perturbait l’ordre public, mais ce n’était pas aussi grave que je le pensais. Il y avait néanmoins quelques rudes types et quelques fauteurs de troubles aux côtés des chercheurs de fortune.

Donc, même si ce n’était pas à grande échelle, il y avait une augmentation lente, mais constante des imbéciles qui pensaient pouvoir déranger mes citoyens et harceler les ouvriers des magasins.

Je ne connaissais pas les normes en vigueur dans les autres pays, mais je ne les laisserais certainement pas faire à leur guise. Quiconque était pris en train de causer des ennuis était traîné à la prison de Whisper (un espace clos rempli du bruit constant de clous sur un tableau noir), ou au Hellish Aroma Pen (un autre espace clos rempli d’une fraction d’un slime d’odeur). Cela leur donnerait amplement le temps de réfléchir à leurs attitudes.

J’avais aussi construit un hôpital en ville, et pas seulement à l’intention des aventuriers. J’avais plusieurs spécialistes de la magie de type de Lumière et quelques médecins qui y étaient stationnés, pour soigner les blessures et les maladies. J’avais aussi demandé à Flora de créer plusieurs médicaments pour les habitants de la ville.

Nous les facturions à un prix raisonnable, mais les enfants dont les parents étaient citoyens de Brunhild étaient soignés gratuitement. Si vous aviez moins de treize ans dans ce monde, alors vous étiez encore un enfant. Je ne voulais pas les exclure des soins de santé simplement parce qu’eux ou leurs familles n’en avaient pas les moyens.

J’avais dit que c’était gratuit, mais cela signifiait simplement que cela ne leur coûterait pas d’argent. Leurs parents devraient quand même travailler un jour ou deux sur des projets nationaux pour compenser. Mais s’ils pouvaient se permettre de payer en liquide, ils pourraient toujours éviter cela et payer les médicaments comme tout le monde.

Il y avait quelques stands alignés le long des portails, remplis d’huile à lampe, de corde, de rations, de médicaments, de bandages et d’autres produits de première nécessité pour les aventuriers. Il semblerait que chaque stand avait une spécialité différente. L’un vendait des couteaux, un compas, une cantine, etc.

Je m’étais approché de l’un des étalages et j’avais appelé le marchand. Celui-ci se tourna vers moi.

« Salut. Comment vont les ventes ? »

« Ah, pas mal du tout… Je pourrais bien finir par changer de carrière à ce rythme ! »

Cet homme était l’un des ninjas de Brunhild. En d’autres termes, c’était un ancien agent de Takeda, et un subordonné de Tsubaki.

Je l’avais fait assigner ici. Il était déguisé en vendeur et surveillait les gens qui passaient. Je ne voulais pas paraître suspect en lui parlant trop longtemps, alors j’avais commencé à ramasser des articles sur son étal pendant que je parlais.

« Des problèmes ? »

« Non, rien de grave. Bien qu’il y ait eu, ici et là, diverses disputes entre les groupes. Des choses mineures. »

Les combats liés aux trésors n’étaient pas vraiment des sujets nouveaux. Les conflits individuels étaient acceptables, à condition qu’ils n’impliquent pas des spectateurs sans lien de parenté.

« Quand je suis allé au donjon, il n’y avait que des kobolds au premier niveau. Quelle est la situation dans les étages les plus profonds ? »

« Les monstres communs au premier niveau comprennent les kobolds, les gobelins, les rats géants, les chauves-souris géantes et les lapins solitaires. Les monstres communs du deuxième niveau comprennent les hobgoblins, les archers gobelins, les squelettes et les orcs. Quant au troisième étage… J’ai entendu dire qu’il y avait des mantes tueuses et des Dullahans. »

Hein, Dullahans ? Je me souviens d’avoir combattu l’un d’entre eux il y a une éternité. J’avais eu beaucoup de mal à l’époque. Il pourrait être difficile de combattre sans un utilisateur de magie de lumière, ou au moins sans armes anti-morts-vivants.

« Les monstres dans chaque donjon semblent être très variés. Amaterasu semble avoir une abondance de bêtes magiques, tandis que Tsukuyomi a un afflux de morts-vivants. Susanoo, par contre, semble avoir des types de monstres plus génériques. »

Apparemment, la différence entre un monstre ordinaire et une bête magique tenait simplement aux caractéristiques bestiales qu’ils possédaient. Je ne savais pas vraiment pourquoi ils avaient pris la peine de faire une telle distinction. Mais je me demandais quand même pourquoi les différents donjons semblaient favoriser différents types de monstres. C’était peut-être simplement un cas d’instinct de prédateur. Les bêtes magiques se mangeaient même entre elles, alors peut-être que les autres classifications de monstres gravitaient loin de leur terrain principal.

J’avais remercié le ninja et m’étais dirigé vers le portail. Il y avait maintenant trois portes au total, chacune menant à l’entrée d’un donjon différent.

Cependant, l’emplacement réel des îles était en fin de compte la même. Rien n’empêchait quelqu’un de nager vers une autre plage ou de construire un bateau pour se rendre aux autres endroits. Mais la plupart des aventuriers trouvaient plus pratique de revenir à Brunhild et de passer par une autre [Porte].

Même s’ils devaient présenter leur carte de guilde et payer une pièce de cuivre, c’était toujours plus facile que de se déplacer d’île en île à l’ancienne.

Une seule pièce de cuivre était l’équivalent d’un repas dans ce monde, alors je m’étais dit que cela représentait environ mille yens. Mais si c’était le cas, alors j’avais l’impression que faire payer deux pièces de cuivre par nuit à la Lune d’argent était probablement un peu bon marché. D’autant plus que cela comprenait trois repas. Mais cela signifiait quand même que cela coûterait environ soixante mille yens pour un mois entier. Vu sous cet angle, le prix était probablement assez élevé. Hmph…

Quoi qu’il en soit, comparer la monnaie entre ce monde et mon ancien monde était un exercice inutile. J’avais décidé de ne pas trop y penser.

« Touya-dono ! »

« Touya… ! »

« Hm ? Yae et Hilde ? Quoi de neuf ? »

Je m’étais retourné pour trouver un duo d’épéistes qui courait vers moi. Elles semblaient vraiment plus proches ces derniers temps, probablement parce qu’elles s’affrontaient toujours ensemble.

« Nous avons convenu de nous mettre en route et d’enquêter sur les ruines tout en nous entraînant en même temps. Hilde-dono n’a néanmoins pas autant d’expérience que moi dans le combat contre les bêtes magiques. »

« Oui ! Regardez, j’ai même reçu une carte de guilde ! Bien qu’elle soit encore noire… Elle n’est pas tout à fait comparable à la tienne, Yae. »

Hilde brandit timidement sa carte de guilde. Elle semblait heureuse.

 

 

Sa carte était noire, la couleur du débutant. Le niveau le plus bas possible… Le fait de penser que la Princesse chevalière de Lestia était considérée comme débutante était un peu drôle. Ça ressemblait à une mauvaise blague. J’avais décidé qu’on allait travailler pour réparer ça. Celle de Yae était rouge. Cela était dû au fait qu’elle avait vécu des aventures avec moi pendant un certain temps.

Cela dit, passer au niveau rouge en si peu de temps était pratiquement impensable. Pourtant, je ne pouvais pas être si surpris que ça. Yae était remarquablement puissante, elle l’était même avant que je ne l’aie rencontre.

« Qu’est-ce qui t’amène ici, Touya-dono ? »

« Oh, moi ? Je fais juste une petite inspection de sécurité. »

« Ah, si tu as fini, voudrais-tu venir avec nous ? »

« Oh, bien sûr. Allons-y. »

Nous avions franchi la porte d’Amaterasu et étions arrivés sur les sables blancs nacrés.

Ne vous inquiétez pas, j’avais payé la redevance comme tout le monde. Je ne voulais pas qu’on fasse des histoires, du genre que mes fiancées et moi avions eu un traitement spécial. Cela nous ferait trop remarquer aussi. Normalement, je n’aurais utilisé que ma propre [Porte], mais j’avais décidé d’en profiter pour vérifier que celles-là fonctionnaient bien.

L’archipel était composé de sept îles. Certaines grandes, d’autres petites. Il n’y avait cependant pas de donjon sur la plus grande île. C’était juste une région sauvage, gouvernée par des monstres et des bêtes magiques.

Il y avait beaucoup de monstres végétaux sur cette île, alors les gens devaient faire très attention quand ils regardaient autour d’eux. Il semblerait qu’il y avait quand même des gens qui s’aventuraient sur l’île principale. Ceux-ci finissaient parfois par se blesser, mais en fin de compte, ce n’était pas mon problème.

Il semblerait que l’île contenait des herbes, des noix et des baies inhabituelles, il y avait parfois des quêtes de guilde visant à aller les chercher.

J’avais invoqué [Orbe de lumière] alors que nous approchions de l’entrée du donjon. Amaterasu était le donjon dans lequel j’étais entré à l’origine, et il semblerait y avoir une quarantaine d’aventuriers à l’intérieur en ce moment. Si je suppose qu’un groupe était composé de quatre personnes, cela signifie qu’il y avait une dizaine de groupes en bas.

« Il y a forcément des conflits avec tant de groupes en bas, n’est-ce pas ? »

« Eh bien, c’est assez grand là-bas. Même s’ils se croisent, ils peuvent se saluer et se séparer à nouveau. Ils pourraient même s’échanger des provisions. Je suis sûr qu’ils n’auront pas encore de lutte de territoire pour les trésors. »

Trois loups solitaires sautèrent et nous attaquèrent alors que nous entrions dans le donjon. Avant que Yae ou moi n’ayons pu réagir, Hilde avait sauté en première ligne et les tua tous. Elle devenait de plus en plus coriace.

« Que dois-je faire avec ça ? Ces cornes n’ont-elles pas de la valeur ? »

« Oui, mais juste les cornes. Leur viande est trop dure à manger, et leur peau est trop fibreuse. »

« On peut donc prendre la corne et laisser le reste ? »

« Oui, il suffit de les pousser contre les parois pour que personne ne trébuche dessus. J’imagine qu’ils deviendront des repas pour d’autres bêtes magiques. Sinon, elles attireront les slimes quand elles commenceront à se décomposer. »

***

Partie 4

Les slimes vivaient apparemment dans toutes sortes de donjons. Ils attaquaient les gens de temps en temps, mais pour la plupart, c’était des charognards inoffensifs. En gros, ils mangeaient et dissolvaient les déchets des donjons.

Les cadavres et les déchets ne faisaient pas non plus exception à cette règle. Par conséquent, la plupart des donjons restaient assez propres. Que les slimes soient loués.

Même si les slimes fonctionnaient comme des aspirateurs vivants, il semblerait qu’ils évitaient le contenu des coffres aux trésors. Mais ils avaient aussi tendance à éviter le métal en général. Si je me souvenais bien, les slimes purifiaient en fait les masses d’eau dans lesquelles ils entraient. Il s’agissait donc probablement de différents slimes ayant des spécialités de nettoyage différentes.

Il y avait une théorie selon laquelle les slimes étaient en fait des créations humaines de l’époque antique. C’était certainement possible. Après tout, je n’avais aucune idée de l’origine des slimes. C’était probablement l’œuvre d’un stupide magicien. J’avais décidé de faire des recherches dans la bibliothèque plus tard.

Hilde traîna les loups solitaires sur le côté et leur coupa les cornes. Les cornes ne valaient pas grand-chose, mais la guilde était tout à fait disposée à nous les retirer des mains.

Par la suite, Hilde avait habilement tué des chauves-souris géantes, des rats géants et de nombreux lapins. Il y avait effectivement beaucoup de bêtes magiques ici. Bien que nous ayons vu de temps en temps un gobelin ou un kobold sortir sa tête.

J’avais décidé de ne pas afficher la carte, ni même de révéler que j’en avais une aux filles. Après tout, nous n’étions pas là pour dresser la carte du donjon. En plus, c’était plus amusant de faire une visite aveugle de l’endroit… Bien que les filles aient fini par découvrir les escaliers du deuxième étage beaucoup plus vite que je ne l’avais prévu.

Nous descendîmes les escaliers et arrivâmes dans une autre grande salle. Il y avait un chemin à gauche et un chemin à droite. Nous avions décidé de nous diriger vers la droite. Nous étions arrivés à un autre carrefour, puis à un autre.

« Maintenant que j’y pense… Nous devrions investir à la fois dans une carte et une boussole. Si vous vous perdez, vous risquez de ne pas pouvoir revenir. »

Hilde avait raison, la plupart des aventuriers avaient certainement fait cela. Moi, en revanche, je pouvais me permettre d’être paresseux sur des sujets comme celui-ci. Je n’avais pas à m’inquiéter de me perdre grâce à mon sort [Porte].

Nous avions continué avec désinvolture, jusqu’à ce que nous soyons arrivés devant une grande paire de doubles portes. Nous entrâmes et nous nous retrouvâmes dans une petite pièce. Il y avait aussi un coffre au trésor dans le coin. Je m’étais demandé si c’était la cachette secrète d’un monstre.

J’imaginais un personnage de jeu stéréotypé envahissant la maison de quelqu’un et ouvrant tous ses meubles à la recherche d’un trésor.

Hilde avait l’air extrêmement excitée. C’était, après tout, son tout premier coffre au trésor. Moi, par contre, je me sentais juste mal à l’aise.

Le coffre contenait des poignards. Beaucoup, beaucoup de poignards. Certains étaient rouillés, d’autres n’étaient que des manches de poignard. Il n’y avait que des déchets. C’était ce que je pensais. Rien de tout cela n’avait de la valeur.

Mais je ne savais pas pourquoi, il n’y avait que des poignards… Peut-être que la personne ou la créature qui les avait cachés là n’était qu’un fanatique. Mais certains animaux comme les corbeaux et les chiens aimaient collectionner des trucs bizarres.

« Comme c’est décevant… »

« Voyons, Hilde. Les vrais trésors ne sont pas si faciles à trouver. »

« Patiente un peu, Touya-dono. N’est-ce pas un poignard en argent ? »

J’avais regardé ce que Yae me montrait, bien sûr, et même si c’était poussiéreux et au tout au fond du coffre… il y avait un poignard en argent pur. C’était un simple poignard, pas très orné, mais il serait certainement assez bon pour être vendu. Un trésor était un trésor, après tout.

« Je ne pense pas qu’il se vendra cher, mais qu’en penses-tu ? »

« Non… Je vais garder ça en souvenir. Un souvenir du jour où j’ai commencé à ma vraie carrière d’aventurière. »

Hilde glissa la lame dans une poche à sa taille. Si elle ne voulait pas la vendre, je n’allais pas l’en empêcher.

Comme Hilde souriait, je souriais aussi.

◇ ◇ ◇

« Voilà, ça devrait le faire. »

« Wôw… Tu es fou… Mais je suppose que c’est la norme maintenant, hein… »

Je venais de finir de rénover la Lune d’argent, alors j’avais sauté du toit.

Il y avait trop d’aventuriers et trop peu de chambres, alors j’avais agrandi le premier bâtiment et j’en avais construit un deuxième pour faire bonne mesure.

En plus de cela, le nouveau bâtiment avait été officiellement reconnu comme une auberge d’aventuriers affiliée à la guilde. En d’autres termes, la deuxième bâtisse était associée à la guilde et construite près des portails pour que les aventuriers puissent facilement y séjourner après être sortis des donjons.

J’avais apporté quelques modifications à la bâtisse principale et augmenté un peu le prix du séjour, afin qu’elle puisse être le lieu de séjour principal pour les commerçants et les voyageurs. Je n’avais pas trop augmenté le prix, je ne voulais pas que les gens nous traitassent d’escrocs. Compte tenu de ce que l’endroit offrait en termes de commodités, le prix était plus qu’équitable.

« Vous êtes seulement venu demander si quelques rénovations seraient acceptables… Je ne m’attendais pas à ce que vous fassiez tout ça en quelques heures. Je suis étonné… »

« Oui… C’est vraiment quelque chose… »

Micah, la propriétaire, et Fleur, l’une de ses employées, regardaient la nouvelle Lune d’Argent améliorée avec de grands yeux émerveillés.

« Oui, c’est facile. Il ne reste plus qu’à décider du nombre de personnes à embaucher. »

« Ah, dans ce cas… J’ai en fait quelques lettres de candidature ici. Il y a quelques personnes de chez nous à Reflet qui ont exprimé le désir de s’installer ici. »

Des amis de chez Reflet, hein… Ça me paraît bien. J’avais ouvert une [Porte] et j’avais emmené Micah dans la ville endormie de Reflet.

Nous avions commencé à parler avec les gens dont Micah avait parlé, et il semblerait qu’ils étaient tous plus qu’heureux de venir travailler à Brunhild.

Certains d’entre eux avaient même dit qu’ils voulaient commencer à travailler tout de suite, alors nous les avons envoyés faire leurs bagages et nous les avions fait revenir avec nous sur le chemin du retour. C’était un peu comme voler des citoyens, mais bon, ils voulaient travailler.

Nous avions du temps libre après cela, alors Micah était allée parler à Dolan, son père. J’avais décidé de faire une petite promenade, car je ne voulais pas m’immiscer dans les affaires père-fille.

Je ne m’étais pas rendu à Reflet depuis longtemps, alors c’était un peu nostalgique. En marchant, j’avais pensé un peu à l’avenir de Brunhild.

« Je suppose que nous devons nous réapprovisionner en armes, en armures et en marchandises pour aventurier… Le magasin d’Olba à Brunhild est aussi probablement en train de se vider… Mais quand même, le transport des marchandises vers et depuis Brunhild prend du temps… Les transports ne peuvent pas aller plus vite. »

Olba avait un artefact qui lui permettait de transporter des marchandises plus petites plus rapidement que les autres marchands, mais il avait quand même ses limites.

J’avais abandonné l’idée au départ… Mais peut-être que je devrais après tout faire une voiture ? Non, si je devais faire quelque chose, ce devrait être un train…

Mais bon… les voitures à chevaux sont assez rapides, peut-être que si je pourrais augmenter leur capacité de transport… Attendez. Je ne peux pas appliquer la [Gravité] pour alléger les voitures ? Oui, c’est une excellente idée. Je peux faire une voiture à chevaux légère et polyvalente. Olba l’achèterait, même si c’était cher. En plus, si je l’enchantais avec [Stockage], elle pourrait en transporter beaucoup plus !

Je m’étais demandé quelles étaient les variantes de véhicules que je pouvais réaliser. Il serait possible de faire un carrosse avec des enchantements défensifs pour les membres de la famille royale ou les nobles. Cette idée me fit penser que mes écuries royales ne contenaient pas de chevaux. Vu que nous utilisions la [Porte] pour nous déplacer, ce n’était donc pas nécessaire.

Tout cela mis à part, les choses s’amélioraient à Brunhild. Les donjons connaissaient un grand succès. Personne n’était encore mort, mais il y avait un certain nombre de blessés qui passaient chaque jour. Apparemment, après le premier étage, la puissance des monstres et des bêtes magiques s’était considérablement accrue. Si les aventuriers ne pouvaient pas faire le bon choix, ils finissaient par être gravement mutilés.

D’après ce que j’avais entendu, Amaterasu avait été exploré jusqu’au quatrième étage. Plusieurs groupes avaient acquis des trésors précieux dans des salles isolées à ce niveau également. Les rumeurs s’étaient répandues, et le nombre de chercheurs de trésors ne tardera certainement pas à augmenter à nouveau.

Alors que je réfléchissais en moi-même, je regardais vers ma gauche et je me retrouvais devant le magasin de Zanac. Comme c’était nostalgique. C’était le premier magasin que j’avais vu en me retrouvant dans ce nouveau monde.

Mais c’était un peu différent maintenant. Pour commencer, il était presque deux fois plus grand qu’à l’origine. Et maintenant, ils vendaient des choses comme des uniformes scolaires et des maillots de bain, ils faisaient donc probablement beaucoup de profit avec leurs designs inhabituels et exotiques. J’avais décidé de jeter un coup d’œil à l’intérieur.

« Bienvenue ! Bienvenue au roi de la mode Zanac ! »

J’étais entré dans la boutique et j’avais été accueilli par une fille un peu plus âgée et souriante… Je supposais que c’était dans sa description de poste de saluer les gens comme ça…

Ce magasin avait également une succursale à Brunhild, je savais donc très bien à quel point l’endroit était tape-à-l’œil et surfait.

J’avais demandé à la servante d’appeler Zanac, et peu de temps après, l’homme lui-même était là devant moi.

« Ohoho. Eh bien, si ce n’est pas Son Altesse en personne. Qu’est-ce qui vous amène à Reflet en cette belle journée ? Une question urgente, peut-être ? »

« Nous cherchions simplement à recruter d’autres employés pour travailler à la Lune d’argent à Brunhild. J’ai fini par venir avec Micah pour en parler à quelques personnes. Maintenant, je suis là, puisque j’avais du temps à tuer. »

« Oho, je vois… Est-ce que ça veut dire que vous pourriez commander des uniformes d’employés ? »

Oh, il marque un point. Ça m’avait complètement échappé. Mais Zanac était très fort. Il avait l’œil opportuniste d’un trader.

Je n’avais pas pu me décider à l’époque, car je ne connaissais pas la taille des nouveaux employés, alors j’avais dit à Zanac que je passerais la commande à la succursale de Brunhild de son magasin plus tard.

« Oh, c’est vrai. J’avais une petite affaire dont je pensais pouvoir vous parler, Votre Altesse. Un noble de Roadmare a passé commande d’une robe au design inhabituel et unique. Si cela ne vous dérange pas, je me demandais si vous pourriez avoir… des idées créatives sur des robes qui ne ressemblent à aucune autre. »

« Un design de robe unique, hein… Hmm. Puis-je avoir du papier blanc ? »

Alors que l’employé s’enfuyait pour aller me chercher du papier, j’avais sorti mon smartphone et j’avais commencé à chercher des robes fantaisies. J’avais choisi une vingtaine de modèles intéressants. J’avais ensuite utilisé [Dessin] pour imprimer les dessins et les avais remis à Zanac.

« Bonté divine… Je n’ai jamais rien vu de tel. Je suis sûr que le client sera satisfait de l’un d’eux, merci ! »

« Oui, je suis presque sûr qu’aucune des familles royales n’a de robes comme celles-ci. Donc si c’est quelque chose d’unique qu’il recherche, alors il ne trouvera sûrement pas mieux ailleurs. »

Si le noble voulait quelque chose d’unique, il avait de la chance que sa commande arrive au bon moment pour que je l’aide.

Et au moment où j’imprimais quelques dessins pour des gants et des chaussures assortis, un homme fit soudain irruption par la porte d’entrée avec une présence et une force excessives.

***

Partie 5

Il s’agissait de Barral, le propriétaire de l’armurerie des Huits Ours. C’était une surprise. Mais, avant même que je puisse réagir à l’imposante entrée dramatique de l’homme…

« Z-Zanac ! Il y a un dragon ! Un Dragon attaque Reflet, tu dois sortir d’ici ! »

« Quoi !? »

Un dragon !? J’étais sorti en trombe et je levais les yeux. Je vis une créature verte qui tournait au-dessus de moi.

Elle avait des yeux rouges profonds, une peau rugueuse et des épines qui dépassaient de sa queue. Elle était à peu près de la même taille que le dragon noir que j’avais affronté à Mismede.

La seule différence était que ce dragon vert avait deux pattes arrière, et que ses ailes fusionnaient avec les deux membres de devant. Contrairement au dragon noir que j’avais combattu auparavant, qui avait quatre pattes et un ensemble d’ailes séparé, celui-ci était visuellement distinct. C’était une wyverne !

« Groaaargh ! »

La ville était tombée dans la panique lorsque la bête poussa un terrible rugissement. Elle se couvrit le cou et commença à lancer des germes de flamme de sa bouche.

« Gh… ! »

J’utilisais [Vol] pour m’envoler et, me faufilant habilement entre les projectiles enflammés, je m’étais approché de la créature. Puis, j’avais tendu mon bras droit.

« [Absorption]. »

Les boules de feu se dissipèrent rapidement, s’écoulant dans mon corps comme une énergie magique brute. [Absorption] était une autre de mes récentes acquisitions de la magie Néant. Elle transformait les effets magiques en énergie magique, et l’accordait à celui qui lançait le sort d’absorption. Le souffle d’un dragon était simplement la conversion de l’énergie magique en flammes, il était donc naturellement affecté.

Mais c’était encore très proche. Si l’une de ces explosions avait touché la ville, cela aurait été une catastrophe totale.

« GRAUUUUUUURGH !! »

Les yeux de la Wyverne se braquèrent sur moi. Il me regardait avec des yeux qui disaient : « Ne t’approche pas de moi, peste ».

Hé, ne me regarde pas comme ça ! C’est toi qui es le fauteur de troubles ici !

J’accélérais vers la wyverne. Je lui donnais un coup de pied sévère dans les tripes. J’avais aussi appliqué un certain effet magique à côté du contact.

« [Gravité]. »

La créature s’était soudainement précipitée vers le bas en raison de l’amplification de son propre poids. Il s’écrasa dans la rue principale. Heureusement pour moi, l’endroit avait été complètement évacué. La bête n’avait plus maintenant aucun moyen de s’échapper.

Je regardais la wyverne avec un ricanement. Elle luttait désespérément pour s’envoler, mais son corps était bien trop lourd. J’invoquais [Gravité] sur moi-même pour augmenter massivement mon propre poids et, d’une hauteur de plusieurs dizaines de mètres, je m’étais effondré sur la pathétique créature. J’avais entendu un bruit de craquement distinct lorsque la colonne vertébrale de la créature se brisa et éclata. Elle était morte.

« Purée… Quel emmerdeur ! »

Des acclamations jaillirent de tous les côtés alors que j’examinais le corps draconique qui tremblait. Peu à peu, une fois le danger passé, les habitants de la ville étaient venus se rassembler autour de moi.

« Bonté divine… Incroyable… Vous avez tué un dragon comme ça, un dragon en l’air en plus… Dieu merci, vous étiez en visite aujourd’hui, Votre Altesse… »

Zanac marmonnait doucement en regardant de haut en bas la wyverne morte. Barral me regardait fixement, perdu dans ses mots. Micah et Dolan se précipitèrent hors de la foule.

« Ce… Seigneur, vous êtes parti et vous avez encore fait quelque chose de fou. Je suis content que la ville aille bien, mais… qu’est-ce que vous allez faire avec ça ? »

« Je n’en ai pas vraiment besoin. Tu peux prendre la viande, Dolan. D’après ce que j’ai entendu, la chair de dragon est censée être très savoureuse. Zanac, tu peux avoir sa peau. Si tu la tannes, tu devrais pouvoir faire de bonnes vestes et ainsi de suite. Barral, tu peux avoir les os. Ils feront de bons matériaux pour la fabrication d’armes. »

Tout le monde dans les environs avait été choqué par mes paroles, mais c’est Micah qui avait vraiment pris la parole.

« A-A-Attendez une seconde ! Vous savez que les matériaux de dragon sont de première qualité, n’est-ce pas ? ! Êtes-vous sûr que ça ne vous dérange pas de le donner comme ça ? »

« Oui, comme je l’ai dit, je n’en ai pas besoin. Cela devrait aider un peu tout le monde. Je serais heureux que vous le preniez tous. Après tout, vous avez été gentils avec moi quand je suis arrivé. »

Je n’avais passé qu’un peu de temps à Reflet, mais c’étaient vraiment des gens bien. J’avais une dette envers eux. Alors s’ils acceptaient quelque chose comme ça, cela m’aiderait à donner l’impression de redonner un peu.

« Ah, fais attention quand tu enlèves la queue, d’accord ? Ces barbes ont l’air venimeuses. »

« Oh ? J’ai compris. Merci. »

Après mon avertissement, Dolan commença à enlever soigneusement les barbes de la queue de la bête.

Pourtant… Pourquoi y avait-il une wyverne ici ? Si elle avait faim, il y avait une bande de loups solitaires dans la forêt du sud… On dirait qu’elle visait directement cette ville.

Relisha m’avait dit que des témoins oculaires avaient rapporté d’autres attaques de dragons ces dernières semaines.

De faibles dragons étaient apparus dans Yulong, Sandora et Roadmare. Les wyvernes étaient une sous-espèce de dragon, mais étaient toujours classées comme des dragons faibles. Je m’étais cependant demandé pourquoi elles attaquaient les gens. Il devait sûrement y avoir une raison cachée à tout cela.

« Hm. Qu’est-ce que c’est... »

Dolan leva le front en pelant quelques écailles. Il avait enlevé la tête, mais s’arrêta quand il remarqua quelque chose d’inhabituel sous la peau.

J’avais regardé ce qui préoccupait Dolan, et j’avais trouvé quelque chose enfoncé profondément dans le crâne du dragon.

Je le retirais. C’était une sorte d’objet pointu, d’une trentaine de centimètres de long. Cela ressemblait vaguement à une brochette, c’était assez épais. D’après l’aspect des choses, il avait creusé dans le crâne du dragon et pénétré dans son cerveau. Je pouvais sentir une très faible, mais très réelle impulsion de pouvoir magique parcourir l’étrange dispositif.

« … Ne me dites pas que le dragon était contrôlé par cette chose. »

Je regardais ce pieu étrange, en fronçant un peu les sourcils. Une idée m’était venue. C’était peut-être un autre objet qui était tombé de l’entrepôt. Cette pensée m’avait troublé pendant un moment. Je mis l’objet dans le [Stockage]. J’avais décidé de demander à Cesca et aux autres gestionnaires si elles le reconnaissaient plus tard. Si c’était un objet de l’entrepôt, elles le connaîtraient sûrement.

Mais quand même, la présence de cette chose était troublante en soi. Si le dragon était manipulé par cet artefact, alors il y avait une sorte de personne qui le contrôlait. Un marionnettiste qui tirait potentiellement les ficelles de toute une espèce.

J’étais inquiet. Surtout parce que je le sentais dans mes os. C’était un sentiment sombre, le sentiment que quelque chose, quelque part, était sur le point de mettre en danger beaucoup de gens. À mon grand regret, j’avais su à ce moment-là que mes sentiments n’étaient pas faux. Quelque chose de terrible allait se produire. J’aurais parié ma vie là-dessus.

◇ ◇ ◇

« Je peux dire avec une absolue certitude que ce n’est pas l’une des créations du Docteur Babylone. »

« Sérieusement, Cesca ? Ça ne vient pas de l’entrepôt ? »

« C’est exact. »

Une wyverne avait attaqué Reflet. Il avait une étrange aiguille dans le cerveau, alors j’avais décidé de la montrer à Cesca. Elle avait immédiatement rejeté ma théorie. Rosetta prit alors l’aiguille dans sa main, et l’étudia avec soin.

« Monsieur ! Il semble que ce soit une Aiguille à Résonance Dominante ! Sûrement l’œuvre du Professeur Elks, oui, messieur ! »

« Euh… Professeur Elks ? »

« Professeur Deborah Elks. Au temps de la splendeur de Partheno, elle était connue comme un maître des artefacts magiques. Elle était cependant plusieurs degrés inférieurs à notre cher Docteur Babylone. »

Huh… Je suppose qu’il ne m’est jamais venu à l’esprit qu’il pourrait y avoir plus de gens comme elle. Je suis quand même content de savoir que ça ne vient pas de l’Entrepôt. Je me sens un peu moins responsable de ça, maintenant. En fin de compte, un outil n’est pas plus méchant que son possesseur, donc le responsable est évidemment celui qui a mis ce truc dans la tête de cette wyverne !

Le bracelet protecteur, le bracelet draineur, et ce bijou bizarre qui rendait les gens immortels… Ils étaient tous maniés par des gens méchants qui finissaient par être consumés par leurs désirs. L’Épée Sainte Lestienne, par contre, était justement maniée par un roi juste qui était aimé de tous ceux qui le suivaient. Il ne s’agit en fait que de la personne qui se trouve derrière l’objet. Mais même si c’est le cas… ce n’est pas comme si j’allais rater le gynoïde terminal à l’entrepôt. C’est de sa faute, elle a été si négligente au départ !

« Il y a beaucoup à dire sur le professeur Elks, monsieur ! Elle tenait madame Babylone en très basse estime, oui monsieur ! Elle fabriquait beaucoup d’artefacts, et Madame Babylone disait toujours qu’ils étaient solides, mais elle négligeait toujours les dispositifs de sécurité, ou les imprégnait d’effets étranges qui finissaient par causer des ennuis à leurs utilisateurs ! Chaque fois que le Professeur Elks apportait des objets à Madame Babylone, elle lui disait que ses objets étaient intéressants, mais sans inspiration ! »

« Oui, le Docteur Babylone a eu une relation tendue avec Elks. Les créations du docteur étaient toujours de bien meilleure qualité, au grand dam d’Elks. »

Mais c’est probablement comme ça que ce satané docteur était. Elle a probablement pris un réel plaisir à taquiner Elks. Ça me rappelle un peu le cas d’Akechi Mitsuhide et Oda Nobunaga. Un génie et un jeune prodige ne sont pas du tout dans la même classe. Babylone ne considérait probablement même pas Elks comme un adversaire ou une rivale… Ça devait être nul d’être le moindre des deux.

« Alors, c’est quoi cette histoire d’aiguille à résonance dominante ? »

« Ah, oui monsieur ! Une Aiguille de Résonance Dominante est un artefact conçu pour prendre le contrôle de bêtes magiques, monsieur ! Elle est remplie de magie et une fois transpercée à travers le crâne, permet à l’utilisateur de contrôler la créature affectée à volonté ! Elle fait ressortir le plus grand potentiel de la créature affectée, mais diminue aussi rapidement sa durée de vie. Il y avait également des risques associés à l’atteinte de l’esprit de l’utilisateur, puisqu’il force un lien mental entre les deux, monsieur ! C’est pourquoi il a finalement été jeté à la poubelle ! »

Je vois… C’est solide, mais aussi extrêmement dangereux. J’ai compris. Quiconque essaierait de l’utiliser finirait par porter un fardeau incroyable. Mais je ne pense pas que Babylone était en mesure de juger, vu qu’elle a fabriqué ce gros bijou d’immortalité… Mais attendez, cela signifie-t-il que la personne qui contrôlait la wyverne ne savait pas ce qu’elle faisait ? Ou peut-être qu’il est toujours conscient du risque. Quand bien même, contrôler un dragon est mauvais. Ils sont censés être les plus forts, donc en avoir un tas sous votre contrôle est un danger certain… Si un dragon rouge comme celui que nous avons rencontré à Mismede était sous le contrôle de ce mystérieux homme… Ce serait terrible. Pourtant, je ne pense pas qu’une créature intelligente comme ça puisse être si facilement influencée, artefact ou pas.

« Est-ce que je vous dérange ? »

« Hein ? Kougyoku ? Quoi de neuf ? »

Kougyoku était entré en volant par une fenêtre voisine. Après s’être perchée sur la table, elle tourna la tête vers moi.

***

Partie 6

« Si je peux me permettre, puis-je suggérer que nous fassions appel au monarque d’azur et que nous nous renseignons sur des questions de nature draconienne ? »

Attendez… Le monarque d’azur ? Comme… l’un autre des quatre monarques ? Le Dragon d’azur de l’est, n’est-ce pas ? Kohaku règne sur les bêtes, Sango et Kokuyou règnent sur les créatures aquatiques et à écailles… et Kougyoku est le maître des oiseaux, n’est-ce pas… ? Ensemble, ils forment les Bêtes célestes, mais je ne pensais pas qu’ils contrôlaient les bêtes magiques…

« Strictement parlant, les dragons ne sont pas vraiment des bêtes magiques. Ce sont des créatures indépendantes et elles sont toutes liées au monarque d’azur. Les ramifications de leur espèce comprennent les lézards, les crocodiles, etc... Mais ces créatures relèvent davantage du domaine du monarque noir. En tout cas, j’ai pensé que nous pourrions faire appel au monarque d’azur si nous nous opposons aux dragons. Je n’ai pas non plus vu son visage depuis un certain temps, donc ça pourrait être une réunion agréable. »

« Seigneur, je refuse humblement ! »

Kohaku fit soudainement irruption dans la pièce, claquant les portes à pleine puissance sous la forme d’un tigre blanc.

Allez, mec ! Je t’avais dit de ne pas te montrer comme ça dans le château !

« Le Seigneur Touya peut absolument résoudre ce problème sans avoir à faire appel à ce misérable, Kougyoku ! Mon seigneur, je vous demande humblement de reconsidérer votre décision. »

Whoa, du calme ! Et ne t’approche pas de moi sous cette forme avec ces yeux ! Tu es terrifiant en ce moment ! Ne me mange pas !

« Allons, le monarque d’azur nous aiderait bien, n’est-ce pas ? »

« La petite chatte est toujours en mauvais termes avec Bluey-wuey, hm… ? Quel délicieux désespoir, mon chéri... Hehehehee... »

Sango et Kokuyou avaient rapidement suivi, nageant gracieusement dans les airs. Soudainement, j’avais compris pourquoi Kohaku flippait.

« Ghh… C’est vrai, mais quand même… Les choses iraient mal si cette stupide bête à grosse cervelle s’interposait entre nous, mon seigneur ! Ce n’est rien d’autre qu’un bavardage mélancolique, comprenez-vous !? Même me souvenir du monarque d’azur me fait bouillir le sang ! »

Kohaku avait réduit sa taille, mais ne s’était pas moins fâché. Honnêtement, il ressemblait à un gamin faisant une énorme crise de colère… J’avais été étonné de voir Kohaku y apporter des sentiments, surtout après avoir été d’habitude si cool et si recueilli.

« Le monarque d’azur est sage et rationnel… C’est un mélange terrible pour Kohaku qui est impétueux et impulsif. Les deux sont comme de l’eau et de l’huile. Mais plutôt que d’être en mauvais termes tous les deux, je pense que c’est plutôt qu’ils ont du mal à coopérer. Ils reconnaissent sûrement les qualités de l’autre, et ils sont tous les deux aussi têtus. »

« Assez, Kougyoku ! La seule chose que je reconnais chez cet idiot bleu stupide, c’est son incapacité totale à lire l’ambiance ! »

Kohaku sauta sur la table et se mit à crier sur Kougyoku.

Très bien, ça suffit. On n’arrivera à rien comme ça.

« Kohaku, je comprends tes sentiments… mais je vais quand même essayer la convocation. »

« Nooon ! »

« Oui. Je ne vais pas vous forcer à vous entendre, donc vous n’avez pas besoin d’être amis. Mais je veux saisir cette chance, alors au moins tolérez-vous les uns les autres. Je vais m’énerver si vous vous disputez, compris ? »

Je m’étais dirigé vers la cour, Kohaku m’avait suivi tranquillement, la queue entre les jambes. Il n’y avait personne autour, alors j’avais immédiatement commencé la convocation.

Je dessinais le cercle d’invocation en utilisant une pierre de magie comme craie, et j’y avais versé de la magie élémentaire noire.

Un nuage noir s’était formé et commença à s’épaissir progressivement. Nous avions alors mélangé la magie de Kohaku et des trois autres. Ainsi, la préparation était bel et bien terminée.

« Le maître du printemps, des arbres, du domaine de l’Est et des rivières à grand débit… Tenez compte de mon appel. Apparaissez devant moi ! »

En réponse à mes paroles, le brouillard noir commença à se gonfler puis se dispersa. À sa place se trouvait un énorme dragon azur. Ses écailles étaient comme des saphirs, ses yeux étaient du plus profond des bleus. Contrairement à la wyverne, il était clairement à quatre pattes et avait de magnifiques ailes qui dépassaient de son dos. Compte tenu de ses similitudes mythologiques avec les légendes de mon monde, je m’attendais à ce qu’il ait l’air d’un dragon chinois, mais c’était plutôt un dragon d’apparence plus typiquement occidentale.

« … Hmhm. J’ai cru sentir un soudain élan de nostalgie m’envahir. Quand je pense que c’était vous… Pourquoi m’avez-vous appelé ici ? »

Le dragon d’azur parla d’une voix calme et sereine. On aurait dit une gentille maîtresse. Ou du moins une femme en position de pouvoir.

« Ça fait un moment, monarque d’azur. »

« Ça fait longtemps qu’on ne s’est pas vu, Bluey. »

« Tu as l’air en forme, monarque d’azur. »

Sango, Kokuyou et Kougyoku saluèrent le nouvel arrivant, mais Kohaku tourna la tête et il grogna légèrement.

Allons… N’est-ce pas un peu grossier ?

« Hm, bien alors… Il semblerait qu’il y ait une voix calme qui ne veut pas parler. Mais ça n’a pas d’importance. Je suis celle qui s’élève au-dessus de telles questions. »

« Tais-toi ! Espèce de lézard bleu insolent ! Tu n’es au-dessus de rien, compris !? »

« Hm ? Il a décidé de parler après tout ? Dommage… Si tu n’as rien de gentil à dire, tu ne devrais rien dire du tout. »

« Quoi !? »

« Très bien, vous deux, calmez-vous. »

J’avais soupiré, en ramassant le mini-Kohaku. Les yeux du dragon d’azur étaient intenses, mais elle ne bougeait pas. Finalement, elle se tourna vers moi et me parla.

« C’est vous qui m’avez convoqué ici, humain ? Nommez-vous, si vous le voulez bien. »

« Je suis Mochizuki Touya. Je suis le grand-duc de cette nation. »

« Intéressant. Je pourrais comprendre le cas de Kougyoku ici, mais je me demande comment vous avez réussi à obtenir la coopération du duo Tigre blanc et Tortue noire. »

« Ce n’est pas une question de coopération. C’est notre adorable maître, comprends-tu ? »

« … Pardon ? »

Le dragon d’azur s’arrêta net. Elle me regardait avec des yeux larges et curieux.

En un éclair, elle commença à dégager une aura intimidante. Cela ne m’avait pas vraiment affecté, mais j’avais senti l’atmosphère changer. Cela m’avait rappelé la force que j’avais ressentie lorsque j’avais invoqué Kohaku pour la première fois. Finalement, elle s’arrêta et poussa un petit soupir.

« … Pour résister à ma pression spirituelle à ce point… Qui donc êtes-vous, mon garçon ? »

Avant que j’aie pu répondre au Dragon d’azur, Kohaku avait soudain pris la parole.

« Pourquoi ne pas le découvrir par toi-même, lézard bavard ? Après tout, notre seigneur ici présent veut conclure un contrat avec toi. Ne veux-tu pas goûter par toi-même au pouvoir auquel nous obéissons ? »

« Hmph… Bien que je déteste tes bavardages, petit chaton, je suis certainement curieuse. Très bien. Je vais tester vos capacités, humain. »

Je n’avais pas manqué le sourire qui se formait sur le visage de Kohaku. Je pouvais dire exactement ce que le petit tigre espérait.

Comme la cour était un peu exiguë pour qu’un événement majeur se produise, j’avais tracé un autre cercle de convocation dans les plaines de l’ouest et j’avais appelé le monarque d’azur.

Nous avions décidé que nous allions nous affronter dans un combat. Les plaines étaient suffisamment éloignées de la ville pour ne déranger personne, et les seules personnes ici étaient les autres Bêtes célestes.

« D’accord, c’est bon ? Êtes-vous prêts ? »

« Hmph. Je suppose que c’est le cas. En tout cas, tout ce que je souhaite, c’est de mesurer vos compétences. Ne vous inquiétez pas, humain. Je ne vous tuerai pas. »

En réponse à l’audacieuse déclaration du Dragon d’azur, les bêtes célestes spectateurs éclatèrent de rire.

Oh mec, c’est plutôt bien, en fait. Incroyable, même…

« Très bien, alors, allons-y. Je vais venir. Es-tu sûr que tu es prête ? »

« Il n’est pas nécessaire d’attendre davantage. Venez vers moi, humain. »

« Très bien. Je ne me retiendrai pas, alors. [Accélération]. »

Je donnais un coup de pied au sol et je courais à fond vers le dragon. Je ne voulais pas qu’elle s’envole, après tout. J’avais décidé de mettre fin à la bataille aussi vite que possible.

« Quoi !? »

« [Gravité]. »

« Gwuagh !? »

J’avais touché le corps du dragon et j’avais déclenché mon sort de modification du poids. En quelques secondes, elle avait été clouée au sol, en tremblant violemment. Ma stratégie était bonne. Je l’avais simplement battue avant qu’elle ne puisse battre des ailes. C’était facile comme bonjour.

« Guh… Quel genre de… m-magie est-ce… !? Comment pouvez-vous… manier quelque chose de ce… niveau !? »

« Gaahahahahaha !! Tu l’as vraiment mal jugé, sale lézard bavard ! Tu n’as pas pensé à lire l’ambiance ? Nous sommes tous ici, nous sommes tous matérialisés, et nous sommes tous maintenus par la magie de notre seigneur. Es-tu si stupide ? Ne réalises-tu pas ce que cela signifie ? »

« Oh… ! »

Le dragon d’azur ouvrit les yeux en état de choc. Kohaku continua à la taquiner tout en faisant des cercles autour de son corps immobilisé. Il semblait un peu trop content, en toute honnêteté.

« En y repensant… Non, ce n’est pas possible ! Pour que vous restiez tous matérialisés dans le royaume des mortels… et moi aussi… ! Combien de magie possède cet homme !? »

« Huhuhu… Laisse-moi te dire quelque chose, grosse tronche. La magie de notre seigneur ne s’est même pas un peu affaiblie, même avec nous tous ici. Même si nous étions des centaines, ça ne ferait aucune différence ! »

« I-Impossible… ! »

« Bwahahaaa ! Tu as l’air désolée maintenant ! C’est le pouvoir de notre seigneur ! Du Seigneur Mochizuki Touya ! Qu’est-ce que tu disais à propos de ne pas le tuer ? ! Bwahaha ! Idiote, idiote ! »

je veux dire, c’est vrai, mais… tu ne devrais pas faire le con sur ce sujet, allez. De toute façon, tu ne devrais pas faire de l’esbroufe comme si c’était toi qui avais le pouvoir… Je veux dire, je suppose que tu as beaucoup de pouvoir toi-même, mais quand même !

« Tu sembles heureux, petit tigre… Heheh... »

« Eh bien, tes sentiments sont certainement compréhensibles, Kohaku. »

« Je pense que vous devriez vous calmer un peu. Laissez-la tranquille, hein ? »

Tu vois, non ? Même les autres pensent que tu vas un peu trop loin.

Le dragon d’azur semblait frustré par les taquineries constantes de Kohaku, alors elle fit une nouvelle tentative pour se lever. Lentement mais sûrement, ses genoux et sa queue tremblèrent lorsqu’elle se leva. J’avais été impressionné.

Mais ensuite, j’appliquais plus de poids, et elle s’effondra à nouveau comme un essuie-tout mouillé.

« G-Gaaah ! »

« Alors, vas-tu déjà abandonner ? »

« … O-Oui, je vais… Je cède. Formons un contrat, humain. »

Après avoir parlé, je l’avais libéré des liens de la [Gravité]. Libéré du poids écrasant, le dragon d’azur s’était lentement levé.

« … C’était mon erreur de vous sous-estimer. Très bien, Mochizuki Touya. Donnez-moi un nom, et je serai à votre service. »

« Un nom… Oh, c’est vrai. Kohaku, Sango, Kokuyou et Kougyoku sont tous nommés d’après des pierres et des minéraux précieux, alors… je vais t’appeler Luli. »

« … Luli ? Je… vois. »

« Ouep. C’est une contraction de Lapis Lazuli. C’est une pierre bleue précieuse, comprends-tu ? »

***

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Un commentaire

  1. juste pour signalier une erreur de traduction,qui perd le sens du contexte
    « Hm… Peut-être que ces symboles sont un indice. Oh… Je devrais lire les lettres… [Lecture] : Language des Esprits anciens. »

    sachant que c est un language magique et non un language des esprit cela aurai plus de sens que la traduction soit [Lecture] : Ancien language magique . »

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