Dans un autre monde avec un Smartphone – Tome 1

Table des matières

***

Prologue

« Je déteste être porteur de mauvaises nouvelles, mais je suis désolé de vous dire que vous êtes mort. »

« Je vois. »

Le vieil homme baissa la tête devant moi. Nous étions là, dans une mer de nuages. Elle s’étendait à perte de vue, peut-être même bien plus loin que ça. Au milieu de tout cela, nous étions assis ensemble sur un petit carré de tatamis. Quatre tatamis et demi, pour être plus précis. C’était une petite pièce simple, bien que cette description soit un peu exagérée, car elle n’avait ni murs ni toit, et elle flottait dans les nuages. Elle était meublée d’une petite table à thé, d’un ensemble de tiroirs, d’une vieille télévision à tube cathodique et d’un téléphone vintage. Tout était très classique, sans rien de plus.

Mais tout cela mis à part, revenons au Seigneur Dieu. Ou tout du moins, à l’homme qui prétendait être Dieu. Celui-ci a déclaré que j’étais mort dans un accident dont il est responsable. Mais honnêtement, pour un homme mort, je ne me sentais certainement pas décédé.

D’après mes souvenirs, la pluie avait soudainement commencé à tomber pendant que je rentrais de l’école. Je faisais un détour par le parc communal, quand j’avais été touché par une lumière aveuglante et un rugissement tonitruant.

« J’ai bien peur de dire que j’ai fait une petite erreur quand j’ai laissé tomber un éclair dans le monde d’en bas. Vraiment, j’en suis désolé. Je n’ai jamais eu l’intention de frapper quelqu’un... les chances que cela arrive sont si faibles pour commencer ! Vraiment, je ne peux suffisamment m’excuser. » (Dieu)

« Alors la foudre m’a touché, est-ce ce qui m’a tué ? Eh bien, cela a du sens. Alors... est-on au paradis ? » 

« Ah non. Ceci est réellement loin au-dessus du Ciel. C’est là que vivent tous les dieux. Je suppose que vous pourriez l’appeler le Royaume Divin. En fait, je devais vous appeler ici moi-même. Les humains ne peuvent généralement jamais espérer venir ici, vous voyez. Maintenant, euh, Mo... Mo-chi-zu-ki... » (Dieu)

« Ah, Mochizuki. Mochizuki Touya. Touya est mon prénom. » (Touya)

« Oui, oui, jeune Touya. » Ce Dieu âgé m’avait adressé la parole pendant qu’il nous versait une tasse de thé.

Oh, regarde ça. Ma tige de thé est droite. Que je suis chanceux, pensais-je.

« Jeune Touya, n’êtes-vous pas un peu trop calme dans cette situation ? Vous êtes réellement mort. Je pensais que vous auriez été plus paniqué, ou peut-être même furieux. » (Dieu)

« Je suis un homme mort qui parle. Très franchement, j’ai du mal à croire que c’est même réel. Pourtant, ce qui est fait est fait. Pas besoin de le montrer du doigt. » (Touya)

« C’est une perspective plutôt philosophique. » (Dieu)

Même ainsi, je n’aurais jamais pensé mourir à quinze ans... J’avais siroté mon thé alors que cette pensée me traversait l’esprit. Ah, délicieux.

« Alors, que se passe-t-il ensuite ? Paradis ou Enfer, dans quel endroit m’envoyez-vous ? » (Touya)

« Oh non ! Tout cela était de ma faute, et je prendrai volontiers la responsabilité de cela. Vous serez ressuscité dans un instant, alors ne vous inquiétez pas à ce sujet. Mais... » Dieu hésita sur ses mots pendant un moment.

Je ne pouvais m’empêcher de me demander ce qui n’allait pas.

« Je peux certainement vous rendre la vie, mais je ne peux pas simplement vous renvoyer d’où vous venez. Il y a des règles sur ce genre de chose, vous comprenez ? Encore une fois, permettez-moi de m’excuser sincèrement pour cette situation... Maintenant, venons-en au fait. » (Dieu)

« Continuez, » lui dis-je, d’une manière encourageante.

« Il est possible de vous accorder la vie dans un monde différent. Pour ainsi dire, c’est une chance de tout recommencer. Bien sûr, je comprendrai si vous n’aimiez pas l’idée, mais… » (Dieu)

« Cela me semble bon. » (Touya)

« ... Vraiment ? » Trouvant des excuses sans fin, le visage de Dieu était maintenant presque comiquement vide.

« Si c’est comme ça que ça doit être, alors c’est tout ce qu’il y a à faire. Je suis honnêtement heureux d’avoir une nouvelle chance, alors ça me va. » (Touya)

« Vous êtes vraiment un jeune homme incroyable... Vous auriez certainement pu faire quelque chose de vous-même si vous étiez encore en vie là-bas... S’il vous plaît, pardonnez mon insouciance. » Le pauvre Dieu semblait vraiment accablé. J’étais très proche de mon propre grand-père, donc c’était aussi un peu mauvais pour moi.

Je savais que c’était idiot, mais j’ai vraiment sympathisé avec lui. D’ailleurs, je parlais au Dieu. Je n’avais jamais été très religieux, mais je n’étais pas assez stupide pour me lever et me mettre à crier après ce type, lui demandant de tout réparer. Je me sentais très triste de ne plus jamais pouvoir revoir ma famille ou mes amis, mais ce n’était pas quelque chose qui pouvait être corrigé en blâmant Dieu. Mon grand-père m’a demandé de devenir une bonne personne, le genre de personne qui pardonnait aux autres quand elles faisaient des erreurs. De toute évidence, les dieux étaient aussi des personnes. Probablement.

« Permettez-moi au moins de me rattraper en quelque sorte. Je suis autorisé à vous accorder de petites faveurs comme ça... Est-ce que quelque chose vous vient à l’esprit ? » (Dieu)

« Hm... eh bien, vous m’avez mis sur la sellette ici. » Pouvoir rentrer à la maison serait bien, mais c’était contre les règles. En tant que tel, je n’avais pas d’autre choix que de penser à autre chose. Quelque chose qui pourrait m’être utile dans ce nouveau monde.

« Le monde où vous m’envoyez... quel genre d’endroit est-ce ? »

« Ah, comparé à votre monde, il n’est pas aussi développé. Hm... votre monde était celui qui avait eu un Moyen Âge, n’est-ce pas ? Je suppose que c’est proche de ce niveau, du point de vue de la société. Eh bien, la moitié au moins ! Cela varie un peu par endroit. » (Dieu)

Eh bien... c’était certainement une baisse en ce qui concerne la qualité de vie. Entendre cela m’avait un peu inquiété. Pourrais-je vraiment survivre juste en étant jeté dans ce genre de paysage à l’improviste, obligé de me débrouiller seul ? Oh, c’est ça, j’ai réalisé.

« Hum, il y a une chose. » (Touya)

« Oh ? Et c’est ? Dites-le et je verrai ce qui peut être fait. » (Dieu)

« Ceci, pouvez-vous faire en sorte que je puisse encore l’utiliser pendant que je suis là-bas ? » J’avais sorti l’article que je désirais de ma poche d’uniforme. Un objet semblable à une petite plaque de métal, l’appareil connu sous le nom de téléphone cellulaire tout-puissant ! Eh bien, vraiment, c’était juste mon smartphone.

« C’est tout ? Eh bien, je suppose que c’est possible... Je devrais imposer quelques restrictions sur son utilisation, cependant, si cela est acceptable. » (Dieu)

« Quel genre ? » (Touya)

« Vous ne serez pas en mesure de communiquer directement avec quiconque à travers lui. En termes plus simples, je devrais dire que vous ne pouvez pas l’utiliser pour interagir avec votre ancien monde. Pas de SMS, pas de publication sur les sites Web et pas d’appels sortants. Cependant, vous serez toujours en mesure d’observer, de parcourir et d’utiliser les fonctions de recherche et autres joyeusetés. Quoi d’autre ... Oh, je vais aussi vous donner mon numéro de téléphone. » (Dieu)

« Cela me semble correct. » Toutes les informations de mon ancien monde constitueraient une arme puissante. Je ne savais pas exactement comment à ce moment, mais j’étais sûr que cela se révélerait utile.

« Je vais relier la batterie directement à votre magie afin de la garder chargée en tout temps. Vous n’aurez pas à vous soucier de manquer d’énergie ». (Dieu)

« Désolé, venez-vous bien de dire magie ? Est-ce que vous dîtes que les gens de mon nouveau monde peuvent lancer des sorts et des choses du même genre ? » (Touya)

« Hé bien oui. Ne craignez rien, vous devriez pouvoir l’utiliser librement en temps voulu. » (Dieu)

J’allais devenir un sorcier. Incroyable. J’allais vraiment devenir un sorcier alors que je commençais une vie dans un autre monde.

« Très bien alors. Nous devrions vraiment voir comment vous remettre sur pied, hein? » (Dieu)

« Merci pour tout ça, vraiment. » (Touya)

« Pas du tout. Toute cette situation était pour commencer le résultat de mon erreur. Ah, en parlant de ça, une dernière chose. » Dieu leva doucement le bras vers moi. J’avais été enveloppé dans une lumière chaude et douce pendant un moment.

« Ce serait vraiment tragique si vous deviez mourir de nouveau immédiatement après avoir été ressuscité, alors j’ai donné un petit coup de pouce à toutes vos capacités de base. Votre corps sera plus fort, votre esprit plus affûté, et ainsi de suite. De cette façon, il devrait être beaucoup plus difficile pour vous de mourir à nouveau. Eh bien, à moins qu’un vieux Dieu stupide ne laisse tomber un éclair sur votre tête ! » Le bon vieux sourit ironiquement. Et je m’étais aussi retrouvé à sourire.

« Je serai incapable de faire directement beaucoup pour vous une fois que vous serez dans le monde inférieur. Alors, considérez ça comme un petit cadeau de ma part. » (Dieu)

« Merci encore. » (Touya)

« Je ne suis peut-être pas capable d’interférer grandement avec les royaumes inférieurs, mais je peux toujours vous conseiller si vous en avez besoin. » Dieu avait pointé mon téléphone en parlant.

C’était un peu dur. Je ne pouvais pas vraiment appeler Dieu tous les soirs pour demander comment faire ceci ou cela, alors je me suis dit que je devrais attendre pour l’appeler à moins que la situation ne soit particulièrement grave.

– Eh bien, jusqu’à la prochaine fois. Dieu me vit avec un saint sourire et je m’évaporais en un instant.

***

Chapitre 1 : Un nouveau monde

Partie 1

J’avais repris connaissance, allongé et regardant le ciel. Les nuages flottaient doucement, et j’entendais des oiseaux qui gazouillaient au loin.

Je me levai, remarquant que mon corps ne me faisait pas mal du tout. En observant mon environnement, j’avais remarqué des montagnes et des plaines herbeuses tout autour de moi. Je pouvais voir un grand arbre au loin. De plus, j’avais pensé qu’une route pourrait être proche de celui-ci.

Il n’y avait pas de doute, j’étais dans un autre monde.

« Je suppose que je vais juste marcher sur la route et voir si je rencontre quelqu’un. » Avec mon point de repère immédiat en vue, je m’étais dirigé vers le grand arbre. En l’atteignant, j’avais ainsi pu mieux voir les choses. J’avais raison ! Il y avait une route à proximité.

« Maintenant... à gauche ou à droite, telle est la question. » J’avais réfléchi à mes options sous l’ombre de l’arbre géant.

Le point de repère le plus proche à ma droite semblait être à une heure de marche. À gauche, je pouvais distinguer une ville. C’était probablement à huit heures à pied... Alors que je me perdais dans mes pensées, mon smartphone se mit à sonner. L’identification de l’appelant était répertoriée comme ‘Dieu’.

« Bonjour ? » (Touya)

« Ooh! C’est passé ! Je vois que vous êtes arrivé sain et sauf. » Je pouvais entendre la voix de Dieu alors que je tenais le téléphone près de mon oreille. Nous venions de nous séparer, mais c’était comme si nous parlions pour la première fois depuis longtemps.

« J’ai oublié de mentionner une chose. Les cartes et compas et autres sur votre téléphone devraient être maintenant compatibles avec ce monde. J’espère qu’ils vous aideront ! » (Dieu)

« Oh vraiment ? C’est pile au bon moment, en fait. J’étais un peu perdu et je me demandais où je devais aller. » (Touya)

« Je l’avais supposé ainsi. J’aurais pu tout aussi bien vous laisser tomber au milieu d’une ville, mais penser à la panique qui s’ensuivrait. Je pensais que vous préféreriez éviter cela, alors je vous ai laissé tomber à la place là où personne ne vous verrait. Bien sûr, cela nous amène au fait que tu es perdu en pleine campagne. » (Dieu)

« Hé, oui, » répondis-je avec un sourire un peu ironique. C’était naturel que je sois perdu. Je n’avais pas de destination, de ville natale ou même de connaissances.

« Si vous suivez votre carte, vous devriez pouvoir rejoindre la ville la plus proche sans incident. Faites de votre mieux là-bas. Au revoir. » (Dieu)

« Ça ira. À plus tard. » À la fin de l’appel, j’étais retourné à l’écran d’accueil, j’avais trouvé l’application cartographique et l’avais ouverte. Mon emplacement était affiché au centre même de la carte. Une route s’étirait juste à côté de ce point. Cela devait être la route que je regardais en ce moment. En zoomant plus loin, j’ai pris note de la ville à l’ouest. C’était... Reflet ? La ville de Reflet.

« Eh bien, je suppose que c’est là que je me dirige. » Allumant une simple application boussole, j’en avais tenu compte et je m’étais dirigé vers l’ouest.

Après avoir marché un peu, je commençais finalement à comprendre la réalité de la situation. Pour commencer, je n’avais pas de nourriture. Sans parler du fait que je n’avais pas d’eau. Et une fois en ville, que se passerait-il ensuite ? Je n’avais pas d’argent. J’avais toujours mon portefeuille, mais à quoi cela servirait ? Y avait-il un taux de change pour l’argent de mon pays ? D’un point de vue logique, tout cela ne valait plus rien maintenant. Que faire…

Alors que je me perdais dans mes pensées, un son s’approchait de derrière. Je m’étais retourné pour vérifier et j’avais vu quelque chose au loin. Il se dirigeait par ici, et il semblait être... une calèche tirée par des chevaux. Je n’avais jamais vu de calèche auparavant, mais c’était sûrement quelque chose qu’une personne pouvait conduire.

Ce serait mon premier contact avec un être vivant dans ce nouveau monde. Réfléchis, que dois-je faire? Tentez de l’arrêter ? J’aurais pu demander de m’emmener en ville, mais j’avais rejeté cette idée. Pourquoi ? Pour une raison assez simple.

Comme la voiture se rapprochait, je pouvais dire d’un coup d’œil que c’était une calèche haut de gamme. Par son aspect extérieur magnifiquement orné et construit avec le plus grand savoir-faire technologique. Même moi, je pouvais dire d’un coup d’œil qu’il était le type de véhicule conduit par un noble, ou tout au moins par une personne riche de haut rang.

Si je devais arrêter une voiture comme celle-là, on me répondrait par une phrase comme : « Insolent ! Je te ferai pendre pour ça ! », ce qui n’est pas drôle. J’avais décidé que c’était dans mon meilleur intérêt que de céder la place, alors je m’étais simplement déplacé sur le bord de la route.

La calèche passa devant moi, soulevant un nuage de poussière dans son sillage. Bien. J’étais content d’avoir réussi à éviter tout problème. Cependant, alors que je me retournais pour reprendre la route, j’avais remarqué qu’elle s’était arrêtée un peu plus loin.

« Toi ! Oui toi, là-bas ! » Un homme avait fait claquer la porte de la calèche et en était sorti. C’était un homme assez âgé avec des cheveux gris et une magnifique moustache. Il portait une écharpe et un manteau élégant, et une broche rose sur sa poitrine.

« Hum, oui ? Qu’est-ce que c’est... ? » Clairement excité à propos de quelque chose, le monsieur plus âgé avait rebroussé chemin. Quelque part dans le fond de mon esprit, j’étais surtout soulagé que nous ayons l’air de parler la même langue. L’homme avait fermement saisi mes épaules et m’avait maintenu en place. Ses yeux parcourraient tout mon corps comme s’ils savouraient lentement quelque chose. Euh, attends... quoi ? Cela pourrait être mauvais…

« Dans quel magasin as-tu-eu ces vêtements ?! »

« Pardon ? » J’avais été surpris, tout à fait déconcerté par sa question. Le monsieur était tellement immergé dans la lecture de mon uniforme scolaire sous tous les angles qu’il ne prêtait même pas attention à ma confusion.

« Je n’ai jamais vu un design comme celui-ci. Et la façon dont ça a été cousu... Comment cela a-t-il pu être fait... ? Hrmm... »

Et puis tout avait commencé à avoir un sens. Pour le dire simplement, mon uniforme était rare. Peut-être que rien d’autre n’existait dans ce monde. Dans ce cas…

« Vous pouvez l’avoir, si vous le souhaitez. » (Touya)

« En êtes-vous sûr ?! » Le vieil homme moustachu avait mordu à l’hameçon.

« J’ai acquis ces vêtements auprès d’un marchand ambulant. Si vous préférez les avoir, cela ne me dérange pas de vous les remettre. Cependant, cela me sera une perte, car je n’aurais rien à porter. Si vous pouviez bien m’amener en ville et m’aider à trouver de nouveaux vêtements, je vous en serais très reconnaissant. » (Touya)

Je n’aurais pas pu lui dire que mes vêtements venaient d’un autre monde, alors j’avais été obligé de trouver une excuse. Si je réussissais à vendre mes vêtements et à en tirer un peu d’argent, cela serait un problème de résolu. De plus, ça m’aiderait à avoir des vêtements qui ne se démarqueraient pas tellement. Cela ferait d’une pierre deux coups, pour ainsi dire.

« Très bien ! Montez à bord et accompagnez-moi en ville ! Je vous ferais préparer de nouveaux vêtements aussi vite que possible. Vous pouvez vendre vos vêtements actuels une fois que cela sera pris en charge. »

« Marché conclu » répondis-je sévèrement. Le gentilhomme moustachu avait fermement serré ma main en réponse.

Après cela, il n’avait fallu que trois heures pour rejoindre la ville de Reflet en calèche. Pendant le voyage, le vieil homme, qui s’était présenté comme étant Zanac, avait pris ma veste et avait passé ses mains au-dessus de lui plusieurs fois, l’examinant jusqu’à la dernière couture. Il semblait extrêmement intéressé par la confection des vêtements. Une fois que j’avais appris son travail, tout avait un sens. Apparemment, Zanac travaillait dans l’industrie de la mode. Cela explique sa réaction initiale et tout son comportement curieux. Aujourd’hui, il semblait qu’il revienne d’une réunion quelconque.

Pour moi, j’avais passé le temps à regarder par la fenêtre de la voiture. Le décor d’un tout nouveau monde. Un monde qui était ma nouvelle maison.

◇ ◇ ◇

Cela faisait trois heures que j’avais rencontré Zanac pour la première fois. Après avoir été secouée dans tous les sens, la voiture était arrivée en toute sécurité à Reflet.

Un soldat, peut-être une sorte de portier, nous avait rencontrés à l’entrée et nous avait interrogés avant de rapidement nous permettre de passer. En raison de sa réaction, il semblerait que Zanac était assez célèbre.

La calèche, alors que nous avancions dans les rues de la ville, résonnait bruyamment. Comme les routes étaient de vieux pavés, cela avait beaucoup bougé. Tout en avançant, nous avions fini par aboutir dans ce qui semblait être un quartier commerçant prospère avec de nombreux magasins alignés. La voiture s’arrêta devant un de ces magasins.

Nous étions arrivés, maintenant, nous allions avoir de nouveaux vêtements. J’avais fait ce que Zanac avait demandé et nous étions sortis dans la rue. Le panneau du magasin affichait le dessin d’aiguille et de fil, mais c’était l’écriture ci-dessous qui m’avait alerté d’une réalité effrayante.

« Je ne peux pas le lire... » Je ne pouvais pas lire ce qui était écrit sur le panneau. Ce n’était sûrement pas une bonne nouvelle.

Je pensais que ça irait bien puisque j’étais capable de parler correctement, mais cela ne semblait pas être le cas. Cela aurait pu être pire, supposai-je, car au moins pouvoir réussir à avoir une conversation signifiait que je pouvais encore apprendre à lire et à écrire. C’est mon premier jour dans ce nouveau monde et j’avais déjà quelque chose à étudier…

Zanac m’avait conduit dans la boutique, et plusieurs membres du personnel étaient venus nous saluer.

« Bienvenue, gérant ! » J’avais été surpris par ce qu’ils avaient dit.

« Gérant... ? » (Touya)

« Ah, je dirige ce magasin. Mais ça n’a aucune importance, on va vous changer ! Que quelqu’un choisisse de nouveaux vêtements pour ce garçon ! » Zanac m’avait emmené dans une cabine d’essayage, qui était une petite pièce avec une porte, et pas seulement une boîte avec un rideau qui la séparait.

Après cela, il s’était précipité avec un tas de vêtements. J’avais enlevé mon blazer, ma cravate et ma chemise pour que je puisse commencer à me changer. Je portais un simple T-shirt noir en dessous, qui semblait avoir aussi attiré l’attention de Zanac.

« Est-ce que je peux vous suggérer de me vendre aussi ces sous-vêtements... ?! » La canaille.

En fin de compte, j’avais été obligé de vendre tout ce que je portais sur moi. Tout y comprit mes chaussettes et chaussures. Au moment où mes sous-vêtements avaient été ajoutés à sa liste de demandes, cette épreuve m’avait laissé à moitié fatigué. J’avais compris ce qu’il ressentait, j’aurais juste aimé qu’il comprenne ce que je ressentais…

Les vêtements et les chaussures qu’il m’avait préparés en retour étaient confortables et faciles à porter. Je n’avais aucune plainte à leur sujet. Pantalon noir et chemise blanche, avec une veste noire par dessus. Une tenue chic qui n’était pas trop voyante. Je l’aimais. Ça me permettait de ne pas me démarquer.

« Maintenant, à combien me vendez-vous vos vêtements ? Je ne regarderais pas le prix, bien sûr, mais avez-vous un montant particulier en tête ? »

« Eh bien... j’ai peur de ne pas avoir une bonne estimation en tête. Ce n’est pas mon domaine d’expertise, voyez-vous. Je peux seulement supposer qu’ils seraient chers, mais... Pour être complètement honnête, je suis sans le sou maintenant. »

« Je vois... C’est plutôt triste à entendre. Eh bien ! Dix pièces d’or, est-ce convenable ? » Sans aucune connaissance de la monnaie dans ce monde, je n’avais aucun moyen de juger la valeur de dix pièces d’or. En tant que tel, j’avais accepté.

« Ça m’a l’air bien. »

« Formidable ! Eh bien, voici, » répondit Zanac, clairement satisfait de ma réponse.

Dix pièces d’or sonnèrent dans la paume de ma main. Chacune était de la taille d’une pièce de 500 yens et avait des gravures d’une chose ressemblant à un lion. C’était mes économies de toute une vie. Quelque chose que je devais dépenser sagement.

« Au fait, vous ne savez pas où je pourrais trouver un endroit pour dormir, comme une auberge ? J’aimerais trouver un endroit pour me reposer avant que le soleil ne se couche. »

« Une auberge, bien sûr ? Tournez à droite en sortant dans la rue, puis longez la route. Vous devriez voir le panneau de l’auberge de la lune d’argent, ce ne sera pas difficile à trouver. » Même si je l’avais repéré, je ne le saurais pas puisque je ne pouvais pas lire... Eh bien, ce ne serait pas un problème puisque je pouvais continuer à demander aux gens mon chemin. Même si je ne pouvais pas lire, je pouvais encore parler.

« C’est noté, merci. Je vais alors poursuivre ma route. »

« Très bien. Si vous rencontrez d’autres vêtements inhabituels, s’il vous plaît amenez-les-moi. »

J’avais fait mes adieux à Zanac et avais quitté son magasin. Le soleil était encore haut dans le ciel. J’avais sorti mon smartphone et l’avais allumé. Il devait être aux environs de 14 h.

« Je me demandais ça dans la calèche, mais... l’heure devrait être exacte aussi, n’est-ce pas ? » Guidé par le soleil, ça n’aurait pas pu être trop loin de la vérité.

Juste alors, quelque chose m’était soudainement venu à l’esprit. J’avais rouvert l’application cartographique. Il montrait mon emplacement actuel sur la carte de la ville, et bien sûr, les noms des rues et des magasins étaient également affichés. Je ne serais certainement pas perdu maintenant. J’avais trouvé l’auberge de la lune d’argent sur l’application assez rapidement. Oh, attends une minute…

Je m’étais retourné et j’avais regardé le magasin de Zanac. "..." MOI ZANAC ROI DE LA MODE « C’est sérieusement ce qu’indiquait l’enseigne... ? » J’étais parti pour l’auberge, tout en me sentant mal pour le pauvre Zanac et son terrible sens de la dénomination.

◇ ◇ ◇

Après un peu de marche, j’avais trouvé l’enseigne de la lune d’argent. Le logo était une forme de Croissant de lune. Assez standard, tout compte fait. Le bâtiment, qui était fait de brique et de bois, avait l’air d’avoir trois étages. Cela semblait en tout cas certainement assez robuste.

J’avais traversé les portes à deux vantaux. La pièce à l’intérieur ressemblait à un bar ou à une salle à manger avec un grand comptoir sur la droite. À gauche, il y avait des escaliers menant vers les chambres.

« Bienvenue. Êtes-vous ici pour un repas, ou une chambre ? » La dame derrière le comptoir m’avait appelé. Ses cheveux roux étaient attachés en queue de cheval et elle avait l’air assez vive. Une femme d’une vingtaine d’années, du moins je l’avais supposée.

« Ah, j’aimerais louer une chambre s’il vous plaît. Combien pour la nuit ? »

« Deux pièces de cuivre ! Les repas sont inclus dans le prix. Oh, tu devras aussi payer d’avance. »

Deux pièces de monnaie en cuivre... ? Je ne pouvais pas dire si c’était cher ou pas cher. Logiquement, c’était moins cher qu’une pièce d’or, mais je ne pouvais pas deviner à combien de pièces de cuivre correspondait une pièce en or.

Sans autre option, j’avais pris une pièce d’or de mon portefeuille et l’avais placée sur le comptoir.

« Cela me donne droit à combien de nuits ? »

« Whaddya veut dire, combien ? Cinquante, n’est-ce pas ? »Elle avait répondu, clairement exaspérée.

« Cinquante ?! »

Je m’étais senti irrité par le soudain regard qu’elle m’avait lancé, j’avais l’impression qu’elle me disait en gros : « Hé, tu ne peux pas compter ? », ou un truc de ce genre. Alors... une pièce en or équivaut à cent pièces en cuivres. Je pourrais avoir cinq cents nuits avec mes dix pièces d’or. Je pourrais ainsi vivre confortablement pendant environ un an et demi sans lever le petit doigt. Eh bien, cela signifiait que j’avais beaucoup d’argent, n’est-ce pas ?

« Bien ? Que désirez-vous ? »

« Euh... un mois de logement, s’il vous plaît. »

« Très bien ! Un mois de logement. Je n’ai pas eu beaucoup de clients ces derniers temps, donc vous êtes actuellement en train de nous sauver la vie. Haha merci. Je n’ai plus de pièces d’argent, alors je vais vous rendre la différence en pièces de cuivre. »

La dame avait pris ma pièce d’or et m’en avait rendu quarante en cuivre. Si elle prenait soixante pièces en cuivre, cela signifiait aussi qu’un mois compte trente jours dans ce monde aussi. Assez proche alors de mon monde d’origine.

Maintenant que tout était réglé, la dame avait sorti ce qui semblait être un registre d’hôtel de derrière le comptoir. Elle l’avait ouvert devant moi, puis m’avait tendu un stylo plume.

« D’accord, alors. Si vous pouviez simplement signer ici, s’il vous plaît. »

« Oh, excusez-moi... le fait est que je ne peux pas écrire. Pourriez-vous le remplir pour moi, s’il vous plaît ? »

« Vraiment ? Eh bien, c’est bon. Quel est votre nom ? »

« C’est Mochizuki. Mochizuki Touya »

« Mochizuki ? C’est un nom assez inhabituel. »

« Ah, attends, non. Mon prénom est Touya. Mochizuki est mon nom de famille... mon nom de famille. »

« Ooh, d’accord! Votre prénom et votre nom de famille sont inversés. Êtes-vous d’Eashen ? »

« Euh... quelque part dans les environs, » bien sûr. Je n’avais pas la moindre idée de l’endroit où Eashen se trouvait dans ce monde, mais je ne pouvais rien trouver de mieux, alors j’en suis resté là. Je résolus de parcourir ma carte plus tard pour voir si je pouvais trouver dessus ce fameux Eashen.

« D’accord. Votre chambre est au troisième étage, au fond à droite. Elle a le meilleur ensoleillement de toutes nos chambres ! Voici votre clef, assurez-vous de ne pas la perdre. Les toilettes et la baignoire sont toutes les deux au premier étage, et cette salle est la salle à manger. En parlant de ça, allez-vous déjeuner aujourd’hui ? »

« Oh s’il vous plaît. Je n’ai pas mangé depuis ce matin... »

« Je vais alors préparer quelque chose de très rapide. Vous pouvez utiliser ce temps pour aller voir votre chambre, peut-être vous reposer un peu. »

« J’ai compris », dis-je. J’avais ensuite pris la clef de ma chambre, j’étais monté au troisième étage et j’en avais ouvert la porte. C’était à peu près la taille d’une pièce de six tatami avec un lit, un bureau, une chaise et un placard. J’avais ouvert la fenêtre et regardé dans la rue. La vue était vraiment belle. De plus, cela faisait chaud au cœur de voir des enfants courir et jouer en dessous.

Revigoré, et d’une humeur étonnamment bonne, je quittai ma chambre et la fermai à clef. Alors que j’étais retourné en bas, j’avais été accueilli par une odeur agréable.

« Voilà ! Je suis désolé pour l’attente ». Je m’assis dans la salle à manger et la dame me porta mon repas. Il y avait de la soupe, quelque chose qui ressemblait à un sandwich et une salade. Le pain était un peu dur, mais très bon en tant que premier pain que j’avais mangé dans ce nouveau monde. Délicieux, même. Je l’avais entièrement dévoré.

Après cela, j’avais réfléchi à mon prochain plan d’action. J’allais rester à l’auberge pendant un moment, donc je m’étais dit que je devrais aller voir comment les choses se passaient en ville.

« Je pars me promener »

« Très bien ! Alors, à plus tard. » Après ça, l’aubergiste m’avait dit que son nom était Micah. Elle m’avait vu sortir alors que j’étais parti pour aller explorer le reste de la ville.

Étant une ville dans un autre monde, tout était inhabituel et fascinant. Mon regard errant faisait que certaines personnes me regardaient avec suspicion, et chaque fois que j’en prenais conscience, mon regard vagabondait encore plus. Poursuivre comme cela me mettrait dans une boucle sans fin... Ce n’était pas bon.

Une chose que j’avais remarquée chez les habitants de cette ville, c’était le nombre d’hommes portant des armes. Certains avaient des épées ou des haches, d’autres avaient des couteaux, et quelques-uns portaient même des fouets. Cela m’avait semblé quelque peu dangereux, mais je m’étais dit que c’était comme cela que fonctionnait ce monde. J’avais pris note d’aller acheter une arme personnelle.

« Une chose après l’autre. Je dois commencer à gagner de l’argent. Je ne peux pas très bien vivre dans ce monde sans une source de revenus... »

Je n’aurais jamais pensé que je chercherais un emploi si tôt. Honnêtement, ça aurait été bien si j’avais une spécialité quelconque... Hélas, ma meilleure discipline à l’école était l’histoire, et l’histoire d’un autre monde n’était pas vraiment d’une grande aide.

La seule autre chose qui me vint à l’esprit était la musique. Ce monde avait-il des pianos ? Eh bien, même s’il y en avait dans la zone, ce n’était pas comme si j’étais particulièrement talentueux.

« Hmm ? » Quelque chose avait soudainement attiré mon attention. Des bruits... Des voix, mêmes. De fortes voix venant d’une des ruelles de la route principale. Cela ressemblait à une dispute.

« ... Je suppose que je peux vérifier ça. » Avec cette pensée, j’étais allé dans la ruelle.

***

Partie 2

Quand j’étais arrivé au bout de l’étroite ruelle, j’avais trouvé quatre personnes. Il semblerait que deux hommes se disputaient avec deux filles. Les deux hommes semblaient méchants, très grossiers, mais les filles étaient exceptionnellement belles.

Les filles semblaient avoir mon âge, peut-être plus jeune. Les deux étaient si semblables que je pensais presque que j’avais vu double. Je me demandais si peut-être elles étaient jumelles. Mais en y regardant de plus près, elles avaient des différences. Elles en avaient au niveau des yeux, de plus l’une avait de longs cheveux tandis que l’autre les avait courts. Mais même là, elles avaient les mêmes cheveux argentés.

Toutes deux portaient la même veste noire et la même blouse blanche, mais la fille aux cheveux longs portait un short culotte avec des chaussettes noires, tandis que la fille aux cheveux courts portait une jupe évasée avec des collants noirs. Il était facile de dire que la fille aux cheveux longs était pleine d’énergie, tandis que la fille aux cheveux courts était plus soignée et calme.

« Ce n’est pas ce dont nous avons convenu ! Vous avez dit que vous l’achèteriez pour une pièce d’or ! » La jeune fille aux cheveux longs avait hurlé sur les hommes, qui tous les deux étaient restés debout en souriant avec arrogance comme s’ils voulaient se moquer d’elles. Un des hommes tenait quelque chose comme un bois de cerf en verre.

« Hmm ? Qu’est ce que cela signifie ? J’ai dit que nous achèterions le bois de votre cerf de cristal pour une pièce en or s’il était en parfait état. Mais regarde ici, c’est rayé ! Un bois endommagé ne vaut qu’une pièce en argent, c’est ce que nous vous payons. Vas-y, prends-la ! » Une seule pièce d’argent roula sur le sol aux pieds des filles.

« Cela ne compte même pas comme une égratignure ! Vous n’aviez jamais prévu de nous donner un accord équitable, n’est-ce pas... ! » La jeune fille aux cheveux longs lança un regard menaçant aux hommes, tandis que la jeune fille aux cheveux courts se mordit la lèvre de frustration.

«  ... Bien. Je ne veux pas de ton argent. Redonne-nous juste le bois ». La fille aux cheveux longs avait dit cela et avait fait un pas en avant. Des gantelets disproportionnés apparurent sur ses bras alors qu’elle s’avançait vers eux.

« Oh, j’ai bien peur qu’on ne veuille pas ça. C’était un accord équitable, tu sais ? Je n’ai jamais accepté de le rendre... »

« Ah, excusez-moi. Avez-vous un moment ? » J’avais pris la parole, et les yeux de tout le monde s’étaient tombés sur moi. Les filles semblaient confuses, mais les hommes semblaient presque prêts à me sauter dessus.

« Hein ? Qu’est ce que tu veux, gamin ? » déclara l’un des hommes avec un grognement.

« Ah, non pas toi. Je parlais à la fille là-bas », lui répondis-je calmement.

« Quoi ? Moi ? » Fut la seule réponse que je reçus d’elle tandis que j’ignorais l’homme grimaçant et appelais la fille derrière lui.

« Je me demandais juste si vous pourriez me vendre ce bois pour une pièce d’or. » Pendant un moment, elle resta bouche bée. Puis mes mots avaient finalement semblé porter ses fruits, et elle m’avait répondu avec un sourire.

« Marché conclu ! »

« Par tous les diables ! Ne va pas vendre des choses qui appartiennent à d’autres personnes »... Soudain, le bois de cristal se brisa en mille morceaux dans les mains de l’homme. La pierre que j’avais jetée avait atteint sa cible.

« Quo... ?! Que diable penses-tu faire ?! »

« Que veux-tu dire ? Je suis libre de traiter mes affaires comme je le voudrais. Oh, bien que je suppose que je n’ai pas encore payé. Je vais le faire maintenant. »

« Je vais te tuer ! » L’un des hommes hurla alors qu’il tirait un couteau et chargea sur moi. J’avais réussi à l’esquiver facilement en faisant attention à ses mouvements. Pour une raison quelconque, je savais juste que je serais capable d’esquiver son attaque. Je pouvais tout voir, des mouvements de l’homme à la trajectoire du couteau.

Cela devait être le résultat d’un de ces dons que Dieu m’avait donné pour renforcer mon corps et mes sens. Je m’étais penché et lui avais balayé les jambes de l’homme à son insu. Il s’était effondré sur le sol le visage vers le haut, puis je lui avais enfoncé mon poing dans son corps en un mouvement rapide.

« Gah ...! » Il s’était évanoui à l’endroit où je l’avais assommé avec ce dernier grognement. Il semblait que le geste que j’avais appris de mon grand-père m’était utile.

Quand je m’étais retourné, j’avais remarqué que l’autre combattait la fille aux cheveux longs. Il luttait à l’aide d’une hachette, mais il n’arrivait pas à placer un bon coup et ceux-ci continuaient à rebondir sur ses gantelets. Quand elle vit une ouverture, la fille s’avança, rapide comme l’éclair, et balança un énorme crochet du droit directement dans le visage de l’homme.

Il s’effondra sur le sol avec ses yeux qui se sont retournés dans leurs orbites. Incroyable.

Eh bien... si j’avais su que ce serait aussi facile, je n’aurais peut-être pas brisé ce bois en cristal... Je regrettais vraiment de l’avoir fait. Mais il ne sert à rien de regretter les décisions passées. J’avais pensé à calmer la situation pacifiquement en supprimant la source de la dispute, mais il semblerait que c’était un mauvais plan. J’avais pris une pièce d’or de mon portefeuille et je l’avais remise à la fille aux cheveux longs.

« Voici, une pièce d’or. »

« ... En êtes-vous sûr ? Je veux dire, ça nous aiderait vraiment, mais... »

« C’est bon. Je suis celui qui a brisé le bois en morceaux. Ce ne serait pas juste de revenir sur ma parole maintenant. »

« Dans ce cas... merci. » Avec cela, elle accepta la pièce avec sa main gantelée.

« Oh, et merci de nous avoir aidés ici. Je suis Elze Silhoueska, et voici ma sœur jumelle cadette, Linze Silhoueska. »

« ... Merci beaucoup ! » La fille aux cheveux courts lâcha ces mots, s’inclina et me fit un petit sourire.

Elles semblaient être des jumelles, comme je le pensais. La fille aux cheveux longs se nommait Elze, et celle aux cheveux courts Linze. C’était assez facile à retenir, bien que je ne pouvais toujours pas les distinguer, sauf par la coiffure et les vêtements.

« Je m’appelle Mochizuki Touya. Oh, euh, Touya est mon prénom. »

« Hmm... Ton prénom et ton nom de famille sont à l’envers ? Es-tu d’Eashen ? »

« Ah... euh, ouais. Quelque part dans les environs. » Alors que je rencontrais la même réaction que Micah de l’auberge, je l’avais simplement laissée ainsi. Cependant, toutes ces réactions avaient placé les pensées à propos d’Eashen au premier plan de mon esprit. Je voulais savoir quel genre de pays c’était.

« Oh je vois. Donc tu es aussi juste arrivé en ville, hein, Touya. » J’avais discuté avec Elze au sujet du jus de fruits. Dans mon cas, cependant, c’était moins le fait d’être arrivé dans cette ville, mais plutôt d’être arrivé dans ce monde.

Après les événements dans la ruelle, nous étions retournés à l’auberge de la lune d’argent. Les filles m’avaient dit qu’elles cherchaient une auberge, alors je les ai ramenées avec moi. Micah était ravie quand elle m’avait vu revenir avec plus de clients. Tellement que ça se voyait clairement sur son visage.

Puisque nous étions tous ensemble de toute façon, nous avons décidé de partager un repas. Nous avions beaucoup parlé en mangeant le dîner que Micah avait préparé, et après le dîner, nous avions tous du thé à boire. 

« Tu vois, nous sommes venues ici pour livrer un bois de Cerf après que ces gars en aient fait la demande, mais ça ne s’est pas bien passé comme tu as pu le voir. Je veux dire, leur demande était très suspecte, alors j’ai compris que quelque chose se tramait, mais quand même... »

« ... C’est pourquoi j’ai dit que nous ne devrions pas accepter leur demande... Mais frangine, tu ne m’écoutais pas... » Linze prit la parole pour réprimander sa sœur aînée. Elle semblait être celle qui avait la tête sur les épaules. Pendant ce temps, Elze semblait avoir une personnalité plus imprévisible. Elze la sœur aînée intrépide et Linze la petite sœur timide. Au moins, c’était comme ça qu’ils me semblaient.

« Alors pourquoi accepteriez-vous leur demande si vous saviez que cela semblait suspect ? » J’avais exprimé mes doutes pour que les filles l'entendent. Je ne pouvais pas m’empêcher de me demander pourquoi elles prendraient la peine d’essayer de conclure n’importe quel accord avec des personnages douteux comme ces gars-là.

« Histoire drôle, en fait... Voyez-vous, nous venions juste de battre un Cerf de Cristal et d’attraper un de ses bois quand nous avons entendu dire qu’il y avait quelqu’un qui cherchait à en acheter un. Cela semblait presque trop beau pour être vrai. Eh bien, je suppose que c’était le cas, étant donné que nous avons été dupés et tout... Supposons que nous accepterions seulement des demandes comme celle-là par le biais de la guilde à partir de maintenant. Avec un peu de chance, nous aurions beaucoup moins de problèmes. » Elze baissa les yeux et laissa échapper un gros soupir.

« Veux-tu saisir cette opportunité pour t’inscrire à la guilde, Linze ? »

« ... Ça a l’air d’être une bonne idée. Mieux vaut prévenir que guérir, après tout. Allons-y dès demain. »

La guilde... De ce que je me rappelais dans les jeux, c’était quelque chose comme une sorte de pôle emploi qui servirait de médiateur pour les aventuriers potentiels. Ils auraient beaucoup de quêtes affichées et les compléter vous rapporterait de l’argent. Hmm…

« Si cela vous va, pourrions-nous y aller ensemble ? Je dois aussi m’inscrire auprès de la guilde. »

« Bien sûr ! Je ne vois pas de problème. »

« Ouais... On peut tous y aller ensemble..., » toutes les deux acceptèrent gentiment.

Bien. Je serais enregistré avec cette guilde et je verrais si je pouvais gagner de l’argent en travaillant avec eux. Cela aurait pu être mon billet pour gagner un revenu stable qui me permettrait de vivre confortablement.

Maintenant que tout était décidé, nous nous étions séparés tous les trois, alors j'étais retourné dans ma chambre. Ma longue première journée dans ce monde avait enfin pris fin. Ça avait été aussi une journée bien remplie…

J’avais été transporté dans un nouveau monde, j’avais été obligé de vendre mes vêtements, j’avais cherché une auberge, j’avais aidé deux filles et je m'étais bagarré. Que va-t-il se passer avec tout ça ?

Pour le moment, j’avais décidé de noter tout ce qui s’était passé ce jour-là dans mon smartphone et non dans un journal intime. Après cela, j’avais ouvert quelques sites d’informations et vérifié comment les choses se passaient dans mon ancien monde.

Oh, les Giants sont en train de gagner. Oh, ce groupe va se briser... Quelle honte.

J’avais éteint mon téléphone une fois que j’avais trouvé le bon moment pour arrêter de lire, puis j’avais rampé jusqu’au lit. Je m’inscrirais à la guilde le lendemain, alors je me demandais à quoi ça ressemblerait... Des pensées comme ça me traversèrent l’esprit jusqu’à ce que le sommeil finisse par me rattraper.

« Zzz… »

◇ ◇ ◇

La sonnerie du réveil de mon smartphone m’avait fait sortir lentement de mon futon. Je m'étais ensuite lavé le visage, je m’étais habillé et j’étais descendu dans la salle à manger. Elze et Linze étaient déjà réveillées et prenaient leur petit-déjeuner. Je m'étais assis tandis que Micah m’apportait de la nourriture. Le menu du matin était du pain avec du jambon et des œufs, une soupe de légumes et une salade. Quelle manière agréable de commencer la journée !

Nous nous étions dirigés tous les trois vers la guilde dès que nous avions fini de manger. C’était assez bondé, car c’était assez proche du centre-ville.

Le premier étage du bâtiment de la guilde était aménagé comme un restaurant. C’était beaucoup plus gai que je ne le pensais. J’avais en tête l’image d’un bar fréquenté par des bandits, mais j’avais l’impression que mes craintes étaient sans fondement. La réceptionniste nous avait accueillies avec un sourire charmant au fur et à mesure que nous nous approchions du comptoir.

« Uhm, nous aimerions nous inscrire auprès de la guilde, s’il vous plaît. »

« Très bien alors. Ce n’est pas un problème du tout. Serait-ce alors trois personnes pour l’enregistrement  ? »

« Oui, pour tous les trois », répondit Linze.

« Est-ce que ce sera votre première inscription à la guilde ? Si oui, je peux fournir une explication de base de ce que cela représente de s’inscrire chez nous. »

« Faites-le s’il vous plaît ». L’idée générale était que la guilde acceptait les demandes des individus ou des groupes, les publiait, puis prenait une petite somme à la fin de l’opération.

Les demandes avaient été divisées en rangs en fonction de la difficulté qu’elles étaient censées avoir, de sorte qu’une personne ayant un faible rang personnel ne pouvait pas accepter les demandes visant ceux d’un rang supérieur. Toutefois, tant que la moitié de son groupe était d’un rang suffisamment élevé, ils seraient en mesure d’accepter de telles demandes même si les autres membres du groupe ne respectaient pas les exigences de grade.

À la fin d’une quête, un paiement serait reçu. Si une personne échouait dans une quête, elle serait accusée de rupture de contrat. Hum... Je dois choisir mon travail prudemment.

De plus, si un aventurier continuait d’échouer à plusieurs reprises, il serait considéré comme un aventurier de qualité médiocre, et son enregistrement au sein de la guilde serait révoqué à titre de sanction. Si cela arrivait, on ne pourrait plus jamais se réinscrire auprès d’une branche de la guilde d’une ville quelconque.

D’autres stipulations incluaient :

  • Si l’on n’acceptait aucune requête pendant cinq ans, alors l’enregistrement de la guilde expirait

  • On ne pouvait pas accepter plusieurs demandes en même temps

  • En ce qui concerne les demandes d’assujettissement, il faut chasser les monstres dans la zone désignée, sinon le travail serait considéré comme invalide

  • En règle générale, la guilde ne s’impliquerait pas directement dans les oppositions entre aventuriers, à moins que cette distension ne soit jugée nuisible à la guilde elle-même... De toute façon, nous avons reçu une explication assez détaillée du règlement.

« Avec cela s’achève l’explication de base. Si vous avez d’autres questions, veuillez vous diriger vers les personnes compétentes. »

« D’accord, j’ai compris, » répondis-je.

« Très bien. Veuillez remplir et renvoyer ces formulaires avec tous les détails requis ». La réceptionniste nous avait remis trois formulaires vierges, mais je ne pouvais pas en lire un seul mot. Quand j’avais informé Linze que je ne savais ni lire ni écrire, elle avait accepté de m’aider à remplir mon formulaire. Hmm... Je savais qu’être analphabète allait me causer des problèmes tôt ou tard.

La réceptionniste avait alors pris les formulaires d’inscription et avait tenu une carte de couleur noir ébène sur chacun d’eux à tour de rôle, semblant jeter une sorte de sortilège. Ensuite, elle avait sorti une petite épingle et avait dit à chacun de nous de répandre un peu de notre sang sur les cartes.

J’avais fait ce qu’on m’avait demandé, j’avais pris la petite épingle à la main et je m’étais piqué le doigt, puis j’avais frotté une petite quantité de sang sur la surface de la carte. Quelques lettres blanches flottaient dessus... mais je ne comprenais pas grand-chose à ce qu’elle disait.

« Chacune de vos cartes de guilde personnelles a un petit sort qui la rendra grise si elle est manipulée par une autre personne que son vrai propriétaire pendant plus de quelques secondes. C’est un simple mécanisme antifraude. De plus, si vous perdez votre carte, veuillez en informer la guilde le plus rapidement possible. Pour une somme dérisoire, nous serons en mesure de vous en délivrer une autre. »

La réceptionniste avait saisi ma carte et s’était tenue là pendant quelques secondes. Juste comme elle l’avait dit, elle était finalement passée d’un noir profond à un gris terne. Au moment même où elle avait remis la carte dans mes mains, elle était redevenue noire. C’était un truc vraiment cool. Je me demandais comment cela fonctionnait.

« Avec cela, votre inscription de guilde est terminée. Toutes les demandes de travail disponibles sont affichées sur le tableau là-bas. Si vous en voyez une que vous aimeriez prendre, veuillez confirmer tous les détails et postuler par l’intermédiaire de notre greffier. »

On se tenait tous les trois devant le tableau où les quêtes étaient affichées. Nos cartes de guilde étaient toutes noires, ce qui signifie que nous étions au niveau débutant. Nos cartes changeraient apparemment de couleur au fur et à mesure que nos rangs augmenteraient, mais pour l’instant nous ne pouvions accepter que des quêtes destinées aux débutants.

Elze et Linze avaient parcouru chaque avis de quête un par un, mais moi, d’un autre côté…

« ... Ce n’est pas bon. J’ai sérieusement besoin d’apprendre à lire et à écrire, et vite... » Si je ne pouvais pas comprendre les détails d’une quête, je n’irais jamais nulle part. J’avais pris note mentalement de mettre de côté les soirées pour apprendre à lire et à écrire.

« Hé, hé, Linze, regarde un peu celle-là. La récompense est assez décente, et cela semble être un bon point de départ. Et à propos de ça ? »

« ... Ouais. Celle-là ne semble pas si mauvaise. Qu’en penses-tu, Touya ? »

« ... Pardon. Je n’y comprends rien ». Elze pointait avec joie la requête en question, mais son doigt tomba légèrement quand je dis cela. Ngh…

« ... Hum, voyons. C’est une demande pour sortir et vaincre des bêtes-monstres dans la forêt à l’est. Ils veulent que nous chassions cinq Loups à cornes solitaires. Ils ne sont pas très forts, donc je pense que nous pouvons gérer. Ah oui, la récompense est de dix-huit pièces de cuivre. » Linze était assez polie pour me lire les détails de la quête.

Dix-huit pièces de cuivres, hein... répartis équitablement entre nous, ça ferait six pièces chacun. Cela pourrait nous payer trois nuits à l’auberge. Pas mal du tout.

« Très bien, faisons comme ça, » décidai-je.

« Oki Doki! Je vais apporter ça au greffier. » Elze déchira l’avis de demande et se dirigea vers celui-ci.

Loups à cornes solitaires... Apparemment, c’étaient des loups avec une seule corne sur la tête, c’était plutôt évident étant donné leur nom. Mais j’étais un peu inquiet quant à savoir si je pouvais les vaincre ou pas…

... Hein ? « Oh, c’est vrai... j’ai complètement oublié... »

« Qu’est-ce qui ne va pas ? » Linze demanda curieusement pourquoi j’étais ainsi, visiblement abasourdi.

« Je, euh... je n’ai pas encore d’arme. » Cela m’avait totalement échappé.

Essayer d’accomplir une quête d’assujettissement sans arme aurait été le comble de la bêtise. Par conséquent, nous avions décidé d’aller tout droit chez l’armurier une fois que nous aurions quitté la guilde.

Nous avions pris une rue du nord et finalement un logo plus qu’évident sur un panneau était apparu dans notre champ de vision. Comme on pouvait s’y attendre, ce panneau était décoré d’une épée et d’un bouclier. De plus, comme on pouvait s’y attendre également, je ne pouvais pas déchiffrer le nom du magasin imprimé en dessous du logo.

L’ouverture de la porte de la boutique fit tinter une petite cloche, annonçant notre arrivée. Le bruit provoqua l’apparition d’un vieil homme barbu et massif depuis les entrailles du magasin. Il était énorme. En fait, je l’avais presque confondu avec un ours.

« Bienv’nue. Tu cherches quelque chose ? »

L’homme-ours semblait être le propriétaire du magasin. Bon sang, il est énorme. Il devait mesurer au moins deux mètres de haut. Était-il une sorte de lutteur professionnel ou quelque chose du genre ?

« Nous cherchons une arme pour ce gars. Ça te dérange si nous regardons autour de nous ? » Demanda Elze dans une tentative évidente de m’assister.

« Allez-y. Sentez-vous libre de prendre quoi que ce soit qui attire votre attention. » M. Ours lui avait répondu avec un doux sourire.

Quel gentil ours... je veux dire personne. Quelle belle personne ! Je me demandais s’il apprécierait le miel…

La boutique était bondée du sol au plafond avec des armes. Il y avait aussi toutes sortes d’objets exposés. Tout, des épées aux lances, des arcs, des haches, même des fouets. Tant d’armes…

« Y a-t-il des armes avec lesquelles tu es bon, Touya ? »

« Hum... Rien de particulier ne vient à l’esprit, mais... eh bien, j’ai été entraîné avec des épées. Mais un tout petit peu. » Des pensées négatives se formèrent dans mon esprit lorsque je répondis à la question d’Elze. J’avais dit des épées, mais je n’en avais jamais tenu qu’une dans des cours de kendo. Je n’avais jamais reçu de formation adéquate. Je connaissais probablement certaines des bases de l’épée, au mieux. J’avais sûrement le niveau d’un amateur.

« ... Dans ce cas, je pense qu’une épée serait la meilleure solution. Touya semble être plus un combattant agile que celui qui utilise la force brute, donc, je pense, peut-être une épée à une main... » Linze avait indiqué une allée du magasin où les épées à une main étaient exposées.

Je pris l’une des épées, toujours dans son fourreau, et la tenais par la poignée d’une main. C’était trop léger. J’avais senti que peut-être une épée un peu plus lourde me conviendrait mieux.

Juste à ce moment, une épée en particulier avait attiré mon attention. En fait, ce n’était pas une simple épée... C’était un katana. Une lame mince et incurvée avec un garde-main circulaire magistralement conçu. Une gaine noire avec un cordon en forme de ceinture. En y regardant de plus près, il y avait des parties qui différaient des katanas japonais que je connaissais, mais elles étaient remarquablement similaires.

« ... Qu’est-ce qui se passe ? »

« Oh, tu regardes cette épée d’Eashen ? Je suppose que c’est logique que tu sois attirée par une arme de ton pays ». Remarquant mon intérêt sur ce katana, Linze et Elze m’appelèrent.

Ah, donc cette épée provient d’Eashen, apparemment. Pas sûr que ce soit en fait mon pays... Mais, eh bien, il semblait qu’Eashen et le Japon aient beaucoup de points communs. Plus j’en ai entendu parler, plus je me suis intéressé à ce pays.

J’avais pris le katana et l’avais délicatement retiré de son fourreau. Le motif sur la lame brillait magnifiquement dans la lumière, me captivant un instant. La lame était un peu plus épaisse que ce que j’avais supposé, donc le katana lui-même était assez lourd. Néanmoins, pas au point où je ne serais pas capable de le balancer correctement.

« Combien coûte celui-ci ? » La tête de M. Ours apparut soudainement depuis le fond du magasin dès que ces mots sortirent de ma bouche.

« Euh, celle-là, hein ? Ce sera exactement deux pièces d’or. Cependant, ce n’est pas exactement l’arme la plus facile à utiliser. Ce n’est certainement pas quelque chose que je suggérerais pour un novice. »

« D-Deux, pièces d’or ?! N’est-ce pas un peu cher ? » Elze avait plaidé en mon nom.

« Eh bien, ce n’est pas comme si je les avais souvent en stock, et même quand je le fais, il n’y a presque personne qui puisse utiliser ce truc. Il est évident que ce n’est pas donné ! » Elze bouda les mots de M. Ours, mais il resta ferme.

En y réfléchissant, c’était sûrement un prix raisonnable. Même moi, je pouvais dire qu’une arme comme celle-là avait une valeur intrinsèque.

« Je vais la prendre. Vous avez dit que ça coûtait deux pièces d’or ? »Je remis le katana dans son fourreau et tirai deux pièces d’or de mon portefeuille, les plaçant sur le comptoir du magasin.

« Un plaisir fait des affaires avec vous. Pendant que vous y êtes, êtes-vous intéressé par tout équipement de protection ? »

« Non, ça devrait suffire pour le moment. Je reviendrai quand j’aurai un peu plus d’argent sur moi. »

« Entendu. Eh bien, ici, j’espère que l’épée vous aidera à en gagner une tonne. » L’ours se mit à rire en parlant.

Maintenant, j’avais trouvé ce que je recherchais, mais Elze et Linze avaient fini par choisir des choses pendant que nous étions là. Elze était allée chercher une armure de jambe appelée « Jambières », une protection qui couvrait la jambe d’un pied à l’autre, et Linze avait acheté une baguette d’argent. Il semblerait qu’Elze combattait en avant-poste, tandis que Linze soutenait de l’arrière avec de la magie.

Une fois correctement armés, nous avions décidé que le magasin d’articles général serait notre prochain point d’arrêt. En cours de route, j’avais été désireux de connaître une chose, j’avais lancé mon application cartographique pour vérifier le nom du magasin que nous venions de quitter.

« Armurerie aux huit ours »... Est-ce que tout le monde dans la ville a partagé cette étrange convention de nommage ?

Au magasin d’articles, j’avais acheté une petite pochette, une cantinière, un panier-repas, un hameçon et une canne à pêche, une paire de ciseaux, un couteau, une boîte à outils avec beaucoup de petites choses pratique comme des allumettes, des herbes médicinales, des antidotes et d’autres petites choses dans ce sens. Elze et Linze en avaient déjà sur elles, alors j’étais le seul à y avoir acheté quelque chose.

Et ainsi, nos préparatifs étaient enfin terminés. Méfiez-vous, Loups à cornes solitaires, nous venons dans la forêt pour vous éliminer !

***

Partie 3

La forêt orientale était à environ deux heures de marche de Reflet. J’avais espéré que nous serions en mesure de faire de l’auto-stop si nous en voyons-une, mais aucun chariot n’était passé. Exactement deux heures plus tard, nous étions arrivés dans la forêt.

Nous progressions dans cette forêt dense, tout en prenant conscience de l’environnement qui nous entourait. Au début, j’étais effrayé par chaque petit bruit, des oiseaux qui pleuraient aux petits animaux qui se déplaçaient parmi les arbres. Mais peu à peu, cependant, je m’étais rendu compte de quelque chose.

Légèrement, mais sûrement... je pouvais détecter la présence de choses autour de moi. Je ne pourrais pas dire ce que c’était ou si cela nous avait vus... Toutes sortes de trucs comme ça. Je me demandais ce que cela pouvait être... Une sorte de sixième sens, peut-être ? Cela aurait pu être tout simplement un autre de ces petits cadeaux de Dieu.

Tout en méditant là-dessus, j’avais remarqué une présence hostile envers nous un peu en avant et vers la gauche. Je pouvais sentir son agressivité.

« Attendez, il y a quelque chose. » Les filles s’étaient arrêtées dans leurs élans quand j’avais parlé.

J’avais continué à regarder dans cette direction alors que mon groupe se mettait en formation de combat. Comme s’il s’y attendait, une ombre noire jaillit et nous attaqua.

« Hup ! » Je paniquais et pivotais mon corps pour esquiver, me rassurant intérieurement qu’après tout, tout allait bien.

Je pouvais prédire ses mouvements. Il faisait à peu près la taille d’un gros chien, avec de la fourrure grise et une seule corne noire sur la tête. Cependant, la bête devant moi était bien trop féroce pour être un simple chien... Voilà donc à quoi ressemble un loup solitaire.

Alors que je me retournais pour faire face, un second avait sauté de l’autre côté et avait attaqué Elze. Elle se tenait devant la créature et enfonçait son poing droit dans le museau de celui-ci. Prenant un coup foudroyant de son poing vêtu d’un gantelet, le loup solitaire fut jeté à terre et toute la vie en lui fut retirée. Tué en un seul coup.

Pensant que j’étais distrait alors que je regardai le combat d’Elze, le loup devant moi découvrit ses crocs et bondit à nouveau pour attaquer. J’étais resté calme, simplement en train de bouger dans le même tempo que son attaque, puis j’avais dégainé le katana de ma hanche. Mon attaque s’était engagée alors que nos corps se croisaient. À cet instant, la tête du loup avait été tranchée de son corps et envoyée voler dans les airs. La pièce décapitée avait rebondi au sol comme un ballon de basket.

J’avais ressenti de la culpabilité et d’autres émotions désagréables après avoir tué un animal pour la première fois de ma vie, mais quatre autres loups étaient apparus avant que j’aie eu le temps de laisser pénétrer ces émotions. Deux d’entre eux s’étaient précipités sur ma position.

« Sors, Feu ! Grêle des pierres rouges : [Ignis Fire] ! »

Au moment même où j’avais entendu ces mots, l’un des loups qui m’attaquaient avait soudainement pris feu. Il semblait que Linze m’avait soutenu par-derrière avec sa magie. Merde ! J’ai raté ma première chance de voir la magie en action ! Zut…

L’autre loup avait chargé sur moi, mais j’avais encore une fois esquivé son attaque et l’avais trucidé avec mon katana. Il était tombé au sol et son corps était devenu inerte.

Je me retournai pour voir l’un des autres loups bondir sur Elze, qui riposta avec un coup de pied circulaire envoyé dans son estomac et l’envoya voler. À proximité, le dernier loup restant avait été brûlé comme une chips. Merde, j’ai encore une fois manqué une autre chance de voir la magie…

« Je suppose que nous en avons fini ici. La demande était de vaincre cinq loups, mais nous avons fini par en prendre un de plus, hein, » déclara Elze en claquant ses gantelets ensemble.

Nous en avions battu six au total, chacun d’entre nous en ayant tué deux. Pour notre premier combat, c’était plutôt bien. Bien qu’en vérité, c’était mon tout premier combat.

Donc, pour prouver que nous avions terminé la quête, nous devions ramener avec nous les cornes de loup. Nous avions coupé les six cornes et les avions placées dans nos sacs. Notre seul travail restant était de les livrer à la guilde pour compléter la mission.

En quittant la forêt, j’avais physiquement senti mon corps se détendre. C’était comme si quelque chose d’étouffant avait disparu de l’air. C’était probablement simplement un autre sentiment auquel je devais m’habituer.

Heureusement cette fois nous avions rattrapé une charrette sur le chemin qui allait vers la ville, et alors nous avions pu faire de l’auto-stop.

Grâce à cela, nous étions revenus à la ville beaucoup plus rapidement. Après notre arrivée en ville, nous nous étions rendus à pied à la guilde, où nous avions signalé la fin de la demande de chasser cinq loups solitaires. J’avais fini par garder la corne restante en commémoration des événements de la journée.

« C’est bon, toutes les cornes semblent être là. Maintenant, présentez vos cartes de guilde. » Quand nous avions présenté nos cartes à la réceptionniste, elle avait pressé quelque chose comme un timbre sur chacune d’elles. Pendant ce temps, un cercle magique était apparu brièvement sur les cartes avant de s’effacer.

Lorsque j’avais posé la question plus tard, j’avais découvert que le timbre différait selon la difficulté de la demande. Les cartes avaient sauvegardé l’information sur ce que nous avions fait, de sorte que nous avions accumulé des timbres, finalement notre rang augmenterait et la couleur de notre carte changerait.

Nous étions seulement au rang noir, celui des débutants. Apparemment, l’ordre ascendant était Noir, Violet, Vert, Bleu, Rouge, Argent et enfin Or.

« Voici votre récompense, dix-huit pièces de cuivre. Eh bien, la demande a été satisfaite. Bon travail là-bas ! » La réceptionniste nous avait remis notre récompense, que nous avions rapidement divisée en six pièces chacune. Avec cela, nous avions gagné trois jours de nourriture et d’hébergement. Et j’avais finalement senti que je serais capable de me débrouiller dans ce nouveau monde.

« Hey, hé, tu veux aller manger un morceau pour fêter notre première quête ? » Elze proposa ce plan d’action en quittant la guilde.

C’était un peu tôt pour le dîner, mais il m’était venu à l’esprit que nous avions manqué le déjeuner, alors j’avais supposé que ce n’était peut-être pas une si mauvaise idée. De plus, j’avais une faveur à demander, donc cela semblait être une bonne occasion.

Nous avions décidé d’aller dans une petite maison de thé en ville. J’avais commandé un sandwich chaud et du lait, Elze avait commandé ce qui semblait être une tarte à la viande et un jus d’orange, et Linze avait commandé une crêpe et un thé noir. Après avoir passé notre commande, j’avais commencé à parler.

« Hey, puis-je vous demander une faveur ? »

« Une faveur ? » Répondit Elze.

« Ouais. Pensez-vous que vous pourriez m’apprendre à lire et à écrire ? Ça m’aiderait vraiment. J’ai déjà des problèmes ici et là, donc je me dis que plus tôt j’apprendrai, mieux ce sera. »

« Hmm... c’est un bon point ! Si vous ne pouvez pas lire les informations sur les quêtes, alors je suppose... » Elze et Linze acquiescèrent à l’unisson. C’était dans des moments comme celui-là que l’on pouvait vraiment dire qu’elles étaient jumelles.

« Dans ce cas, demande à Linze de t’apprendre. Elle est intelligente, alors je suis sûre qu’elle sera une bonne enseignante. »

« Ce... Ce n’est pas... je veux dire... Si tu es d’accord avec moi… »

« Merci beaucoup. Tu vas vraiment m’aider. »

Bien. Donc, je serais capable d’œuvrer en vue d’atteindre mon but : pouvoir lire et écrire. Je devais juste faire face à mes études sérieusement. J’étais content d’avoir trouvé un professeur si gentil. En parlant de…

« Oh ouais, Linze. Pendant que nous y sommes, penses-tu que tu pourrais m’apprendre de la magie ? J’aimerais pouvoir lancer des sorts et toutes sortes de choses. »

« Quoi ?! » Ces fichues jumelles parlaient même à l’unisson... Quoi ? Est-ce que ce que j’ai dit était vraiment bizarre ?

◇ ◇ ◇

« T’enseigner de la magie... ? Eh bien... Touya, quelle est ton aptitude ? »

« Aptitude ? »

« La magie est fortement influencée par... l’aptitude avec laquelle tu es né ! Les gens sans le don... ne pourront pas du tout utiliser la magie... »

Hmm... Donc, la magie n’était pas quelque chose que n’importe qui pouvait utiliser. Eh bien, c’était logique. Après tout, si tout le monde pouvait utiliser la magie, alors la civilisation aurait été beaucoup plus basée autour de cela.

« Le don pour ça, hein... Tu sais, je pense que ça ira sur ce point. Quelqu’un, euh, a garanti que je serais capable d’utiliser la magie si je le voulais. »

« Qui t’a dit ça ? »

« Oh euh... juste une personne très, très importante. » C’était Dieu, en fait.

Hah. Oui en effet. Elles penseront que je suis fou si je leur dis cela. Je pensais que ce serait mieux de garder cette partie pour moi.

« Je veux dire, y a-t-il un moyen de tester si quelqu’un a des aptitudes pour la magie ? »

À réponse à ma question, Linze avait sorti des pierres translucides de la poche autour de sa taille. Rouge, bleu, jaune et parfaitement translucide ; ils brillaient presque comme si elles étaient en verre. Chacune avait environ un centimètre de diamètre. En les regardant, je me souvins qu’il y en avait une semblable sur la baguette d’argent de Linze. Cependant, celle sur sa baguette était plus grande que les pierres qu’elle plaçait devant moi.

« OK, alors qu’est-ce que c’est ? » Demandai-je, clairement confus par ses actions.

« Ce sont, euh, des pierres magistrales. Elles peuvent être utilisées pour amplifier, stocker et libérer de l’énergie magique. Nous pouvons les utiliser pour tester si tu as ou non une aptitude à la magie. Mais ça ne peut fournir qu’une estimation approximative, d’une manière ou d’une autre... » Linze murmura quelque chose comme : « Je me demande si l’eau serait la magie la plus facile à mettre en évidence... » avant de ramasser la pierre bleue. Elle le tint au-dessus de la tasse dont elle avait fini de boire son thé.

« Sors, Eau ! »

À l’ordre de Linze, une petite quantité d’eau avait coulé depuis la pierre d’attraction dans la tasse de thé.

« Ouah. »

« C’est comme ça que tu lances un sort. Tout à l’heure, la pierre magique a répondu à mon énergie magique et a créé de l’eau. »

« Au fait... » Elze intervint, puis prit la pierre magique de sa sœur. Après cela, elle a essayé de lancer le même sort.

« Sors, Eau ! »

La pierre magique a refusé de s’activer. Pas même une goutte d’eau avait coulé.

« C’est ce qui arrive quand tu n’as aucune aptitude pour un élément. Tu vois, cela signifie que je ne peux pas utiliser la magie de l’eau. »

« Tu ne peux pas l’utiliser même si ta sœur jumelle le peut ? »

« Mec, tu ne réfléchis vraiment pas avant de parler, hein ? Je veux dire, n’y vois aucune offense, mais quand même... »

Oups. C’était un assez mauvais lapsus. Il ne semblait pas qu’elle soit sérieusement en colère contre moi, mais cela ressemblait plus à une bouderie. J’étais juste content que mon commentaire irréfléchi ne l’ait pas blessée.

« Elle n’est peut-être pas capable d’utiliser la Magie de l’Eau, mais en échange, ma sœur peut utiliser la magie de Fortification... personnellement, je ne peux pas utiliser ce type... Tu as aussi besoin de l’aptitude appropriée pour utiliser la magie de Fortification. »

Les choses étaient soudainement devenues beaucoup plus logiques. Je me demandais d’où, avec son corps mince, sortait toute cette force, mais le mystère avait été résolu.

« Chacun a de l’énergie magique à l’intérieur d’eux, mais à moins qu’ils aient l’aptitude de l’utiliser, ils ne seront pas capables de le canaliser en sorts. » On aurait dit que tout dépendait de si vous aviez ou non le don. Ceux qui n’avaient pas de talent n’avaient pas de chance. Il semblait que ce monde était aussi injuste que mon ancien.

« Donc, nous serons en mesure de tester mon aptitude si je fais la même chose ? »

« Oui. Prends simplement la pierre dans ta main et concentre-toi dessus. Après ça scande : Sors, Eau ! Alors, si tu as l’aptitude... l’eau devrait sortir. » Elze me tendit la pierre magique bleue en disant cela. J’avais mis une assiette sous ma main pour empêcher la table d’être trempée, puis j’avais maintenu la pierre au-dessus et j’avais commencé à me concentrer. Je jetais le sort que l’on venait de m’apprendre.

« Sors, Eau ! »

Avant que je puisse même cligner des yeux, l’eau avait commencé à jaillir de la pierre d’attraction comme un robinet cassé.

« Euh-oh-huh-wha — ?! »

Je lâchai précipitamment la pierre magique et la cascade cessa immédiatement. Malheureusement, il était trop tard. La table avait l’air d’avoir été aspergée à l’aide d’un tuyau d’incendie et la nappe était trempée.

« ... Que diable cela signifie-t-il ? » J’avais regardé les deux sœurs devant moi, cherchant une explication pour cette scène bizarre. Cependant, aucune des deux ne m’avait répondu. Elles restaient assises là, regardant avec étonnement le spectacle devant eux. Il semblait honnêtement que les expressions sur leurs visages avaient été copiées-collées. En fait, tout était tellement absurde que je m’étais presque trouvé en train de rire.

« ... Touya, tu as tellement d’énergie magique que c’est presque comme une source bouillonnante... c’est ce que je pense. Pour provoquer une réaction si forte avec une si petite pierre et seulement le fragment d’une incantation... et aussi à ton premier essai... C’est juste que... ton énergie magique semble être d’une puissance phénoménale... Je n’en crois pas mes yeux, même si je viens de le voir. »

« ... Je crois que tu es vraiment plus apte à être un mage. Sérieusement, je n’ai jamais rien vu de tel dans ma vie. »

Après tout, il semblerait que j’avais le potentiel, tout comme Dieu m’avait dit que je l’aurais. Mon talent sur le terrain était sûrement aussi l’œuvre de Dieu. Ça aurait dû l’être. Je n’étais pas sur le point de me plaindre, j’étais juste content de savoir que je pouvais vraiment utiliser la magie.

Faisant des excuses pour avoir inondé la table, nous nous étions précipités hors du café. Le soleil s’était déjà couché au moment où nous étions revenus à l’auberge, donc mes leçons de magie devaient être laissées pour le jour suivant et au-delà.

Une fois mon dîner terminé, Linze commença à m’apprendre à lire et à écrire. J’avais eu la permission de Micah d’utiliser la salle à manger pour la leçon. Pour commencer, j’avais demandé à Linze d’écrire une phrase simple pour moi. À côté de cela, j’avais écrit la même chose en japonais.

« ... Je n’ai jamais vu une écriture comme celle-là avant. Où l’as-tu appris ? »

« Hm... C’est une écriture originaire de ma ville natale et de la région environnante. Je suis probablement le seul dans ces régions à pouvoir la lire. » Peu importe ces éléments, j’étais probablement la seule personne au monde capable de comprendre cette écriture. C’était presque si ce langage n’avait uniquement de sens que pour mes yeux.

Linze avait l’air un peu perplexe, mais il semblait qu’elle croyait mon histoire pour le moment. En continuant, elle m’avait enseigné quelques phrases plus simples, que j’avais régulièrement jumelées avec leurs homologues japonais. Linze avait dû être une enseignante talentueuse, parce que les mots venaient de se mettre en place dans mon cerveau.

Attends, ma mémoire a-t-elle toujours été aussi bonne ? Est-ce une autre action de Dieu... ? Si c’est vraiment grâce à Lui, alors ça aurait été bien mieux qu’il me le fasse savoir dès le début. De telles pensées me traversaient l’esprit, mais j’étais sûr que Dieu avait ses raisons. De toute façon, je n’étais pas vraiment en mesure de demander plus que ce que j’avais déjà obtenu de Lui.

Nous avions passé un bon moment, puis Linze et moi étions retournés dans nos chambres respectives pour la nuit.

J’avais sorti mon smartphone et noté les événements de la journée dans mon journal de fortune. J’avais alors décidé de jeter un coup d’œil à ce qui se passait dans l’autre monde. Oh, cette personne a gagné un prix d’honneur du public. Ah, je voulais voir ce film…

Finalement, j’étais soudainement revenu à moi et je m’étais souvenu que je devais ouvrir ma carte et vérifier pour Eashen. J’avais découvert sur la carte que c’était un pays insulaire très à l’est d’ici, tout au bord du continent. Je n’avais jamais pensé que cela ressemblerait au Japon jusque dans ces moindres détails, mais c’était presque identique. J’avais décidé d’y aller si j’en avais l’occasion.

Entre chasser ces monstres et toute cette marche, j’étais mort. Je sentis bientôt que la somnolence s’emparait de moi, alors je me glissai dans le lit et laissai le marchand de sable faire son travail. Bonne nuit.

« Zzz… »

***

Partie 4

« Euh... eh bien, commençons. » Linze semblait un peu nerveuse, s’efforçant presque d’annoncer le début de nos leçons. Elle m’a paru plus que timide, presque docile même. Peut-être qu’elle aurait pu apprendre de sa sœur... avec raison, de toute façon. Elle s’était un peu ouverte car nous avions appris à nous connaître, mais je ne pouvais pas m’empêcher de penser qu’elle était encore distante.

Aujourd’hui, nous faisions une pause dans les quêtes de la guilde pour nous consacrer à un cours intensif d’entraînement à la magie. Nous nous étions installés à une petite table usée à l’arrière de l’auberge, car il semblait qu’elle n’était plus utilisée par les clients. Oh, et comme Elze n’avait rien à faire, elle était allée à la guilde et avait pis un simple travail de cueillette de plantes, qu’elle pouvait gérer seule.

« Alors, Madame Silhoueska, je serai entre vos mains aujourd’hui. »

« M-Mme. Silhoueska est un peu trop... A-Ah...! » Mon adorable professeur baissa la tête et rougit jusqu’aux oreilles. Merde, elle est mignonne.

« D’accord, que va-t-il se passer en premier ? »

« Oh, c’est vrai. Eh bien, nous devrions partir des bases, alors... Tu sais qu’il y a différents éléments de magie, n’est-ce pas ? »

« Éléments ? » Je l’avais questionnée, pas entièrement au courant des distinctions.

« Tu sais, comme le feu et l’eau. Eh bien, euh... les sept éléments de base sont le Feu, l’Eau, la Terre, le Vent, la Lumière, l’Ombre et le Néant. Nous savons déjà que tu maîtrises la magie de l’eau, comme nous l’avons apprise hier. » Elle se référait clairement à l’incident de la pierre magique de la veille. Je devais manifestement être compétent avec la magie de l’eau, vu que j’avais été en mesure de faire ressortir autant d’eau.

« Nous avons appris immédiatement que tu peux utiliser la magie de l’eau, ce qui est bien. Si tu ne pouvais pas utiliser la Magie de l’Eau, le plan était de vous tester en utilisant une pierre magique d’un élément différent. »

« Donc même si quelqu’un peut utiliser la magie, ils sont limités à certains éléments...? »

« C’est vrai. En passant, les éléments que je maîtrise sont le Feu, l’Eau et la Lumière. Quant aux quatre autres, je ne peux même pas lancer les sorts les plus basiques. Même parmi les trois que je peux utiliser, je suis douée avec les sorts de Feu, mais la magie de la Lumière est un peu complexe. »

Donc, même dans ce monde, il y avait les riches et les pauvres. Vous ne pouviez pas choisir de talents pour vous-même. Dieu a dû décider de ces choses à leur place. Je me sentais désolé pour ce pauvre Dieu âgé.

« Bon, alors j’ai obtenu des informations sur le Feu ou l’Eau, mais qu’en est-il de Lumière, l’Ombre ou le Néant ? Que font ces éléments ? »

« La lumière est également connue sous le nom de magie sacrée, qui utilise la lumière comme support. La magie de guérison tombe dans cette catégorie. L'Ombre est avant tout une magie d’invocation... Tu peux l’utiliser pour former des contrats avec des bêtes magiques ou des monstres et les faire se battre pour toi. Quant à Néant... c’est un peu différent des autres éléments. Il est principalement composé de sorts uniques au magicien. Ma sœur peut utiliser la magie de la fortification, ce qui est un bon exemple. »

Cela avait du sens. Quelque chose comme ça me semblait assez utile dans l’ensemble.

« En dehors de Néant, chaque élément dépend de ton énergie magique et de ton aptitude à l’utiliser, et ne sortira que lorsque le sort approprié sera lancé. Tu ne peux rien faire si tu ne connais pas les éléments avec lesquels tu es compatible, alors nous allons faire un test pour ça. » Alors qu’elle parlait, Linze sortit les pierres magiques de sa poche et les aligna sur la table. Sept au total, de couleur rouge, bleu, brun, vert, jaune, violet et translucide.

« Les éléments de ces pierres sont, dans l’ordre : Feu, Eau, Terre, Vent, Lumière, Ombre et Néant. Nous allons les tester tous dans cet ordre. »

Tout d’abord était la pierre magique rouge. Je l’ai saisi dans ma main et me suis concentré, récitant le sort que Linze m’avait appris.

« Sors, Feu ! »

La pierre cracha des flammes comme un four à mes mots. J’avais paniqué et laissé tomber la pierre, ce qui a fait disparaître le feu en un instant. C’était dangereux !

« C’est bon, le feu magique ne fera pas de mal à celui qui le lance. Eh bien, seulement si tes vêtements ne prennent pas feu, bien sûr. Assure-toi que cela n’arrive pas... »

« Huh, est-ce ainsi ? » Je pris la pierre magique dans la main et jetai le sort une fois de plus.

Une flamme avait éclaté à nouveau, mais elle avait raison. Ce n’était pas chaud au toucher. Donc, si une flamme magique se propageait sur une autre chose, alors même le lanceur de sorts serait blessé, hein ? Peut-être que ça voulait dire que quand quelque chose prenait feu à cause de la magie, ça ne comptait plus comme des flammes magiques... Mais la flamme n’était-elle pas un peu trop grande ?

« On dirait que tu as beaucoup trop d’énergie magique... Je suis sûre que tu pourras mieux contrôler ça avec la pratique, mais pour l’instant, il serait peut-être plus prudent de ne pas trop te concentrer et de laisser ton esprit se détendre un peu... »

Donc, fondamentalement, si j’y allais un peu plus détendu, l’effet de la magie serait beaucoup moins extrême ? Son conseil me paraissait étrange, mais ça valait le coup d’essayer. Quoi qu’il en soit, la pierre bleue avait été la suivante, mais nous avions déjà confirmé pour celle-ci, alors nous étions passés à la pierre brune. Cette fois, j’avais pris la pierre dans la main sans trop me concentrer, et jetai le sort d’une manière plus fade et sans inspiration.

« Sors, Terre. »

Le sable avait commencé à se répandre hors de la pierre magique. Eh bien, il y a du sable partout sur la table. Je savais que nous devions nettoyer tout ça plus tard…

Ensuite, il y avait la pierre verte.

« Sors, vent. »

Une petite rafale avait éclaté et avait soufflé tout le sable de la table dès que j’avais parlé. Sympa, vu que je n’aurais plus à nettoyer, mais ça avait aussi renversé les pierres magiques partout. Bon sang.

« Sors, Lumière. »

La pierre d’enchantement s'était transformée en une lumière stroboscopique. Aie, mes yeux !

« Sors, Ombre. »

Maintenant, je n'avais plus rien compris. Une sorte de brume noire s'était mise à jaillir de la pierre d’enchantement et s’accrocha à son environnement. C’était super effrayant.

Après avoir parcouru les six éléments, j’avais finalement remarqué un petit changement dans l’expression de Linze. Elle avait célébré avec moi après chaque élément pendant un moment, mais avait progressivement commencé à parler de moins en moins, et il y avait actuellement une expression grave sur son visage.

« ... Que se passe-t-il ? » Demandai-je, avec une inquiétude évidente dans ma voix.

« Eh ? Non, ce n’est rien. Je n’ai jamais rencontré quelqu’un qui maîtrise jusqu’à six éléments... Je veux dire, je peux en utiliser trois, et même cela est considéré comme rare... Mais toi... tu es tout à fait autre chose. »

Donc, c’était ça. Hum... Je veux dire, c’était un cadeau de Dieu après tout, mais j’avais l’impression de tricher un peu. Il y avait probablement des gens qui ne pouvaient pas utiliser la magie même s’ils le voulaient vraiment, alors j’avais l’impression de complètement piétiner leurs sentiments.

Pourtant, s’inquiéter comme ça ne changerait rien. Passant au test final, j’avais attrapé la pierre d’attraction claire.

« ... Huh? Attends, comment est-ce que j’utilise celui-ci ? »Je venais de chanter « Viens, quelque chose ! » jusqu’à maintenant, mais est-ce que ça aurait vraiment du sens ? « Venez, Néant ! » n’est-ce pas clairement une contradiction ? Cela semblerait néanmoins étrange, tout au moins.

« L’élément Néant est un peu spécial. Il n’a pas d’incantation particulière. Au lieu de cela, il s’active en fonction de ton énergie magique et du nom de ton sort. » Hm... c’était comme ça que ça fonctionnait.

Cela semblait assez puissant, cet élément Néant…

« Par exemple, la magie Fortifiante que sœurette utilise est activée en criant [Renforcement] et c’est tout. Il y en a d’autres comme [Augmentation de puissance] qui augmentent la force musculaire brute, et des sorts plus rares comme [Porte] qui permettent de se déplacer sur de grandes distances, mais frangine ne peut pas les utiliser. »

Donc, en gros, tous les petits sorts pratiques qui ne rentraient sous aucun élément étaient listés sous l’élément Néant.

« ... Eh bien, comment puis-je comprendre quels sorts de type Néant je peux lancer, alors ? »

« Selon ma sœur, pour une raison quelconque elle connaît le nom du sort. La magie de type Néant est aussi appelée magie personnalisée, donc très peu de gens peuvent utiliser les mêmes sorts que les autres. Il y a des gens avec plusieurs sorts de type Néant, mais ils sont extrêmement rares. »

Décidément, il semblait assez puissant, cet élément Néant…

« Donc, il n’y a pas de moyen rapide d’apprendre quels sorts de type Néant je peux lancer, alors...? »

« Non, nous devrions toujours pouvoir tester cela. Si tu saisis la pierre magique et essayes de lancer n’importe quel sort de type Néant, même s’il échoue, la pierre devrait briller légèrement ou vaciller un peu. Il devrait y avoir au moins une sorte de petite variation. »

« Et si rien ne se passe ? »

« ... Alors j’ai bien peur que tu n’aies aucune aptitude pour cet élément. » Eh bien, je suppose qu’il n’y a rien de mieux à faire que d’essayer. Un sort qui te permettrait de traverser de grandes distances semblait très pratique. Si j’avais cela, nous n’aurions pas à marcher jusqu’à la forêt comme nous l’avions fait la veille.

D’accord. Je pris la pierre magique translucide en main, puis nommai le nom d’un sortilège.

« [Porte] ! »

Soudainement, la pierre magique avait brillé et avait formé un mur de lumière translucide à côté de moi. Le mur avait à peu près la taille d’une porte. En réalité, je pensais que c’était un mur au début, mais en y regardant de plus près, j’avais remarqué qu’il n’avait même pas un centimètre d’épaisseur. C’était plus comme une feuille, pour être honnête.

« ... Ça a marché. »

« ... C’est ce que je vois, » répondit Linze, complètement abasourdie.

J’avais effleuré timidement la surface de la feuille de lumière. Les ondulations avaient coulé de la zone contre laquelle mes doigts avaient été au contact. C’était presque comme une mince membrane d’eau. J’avais passé mon bras à travers la membrane et l’avais retiré. Après avoir confirmé que c’était sûr, la prochaine chose que j’avais faite a été de passer ma tête à travers. Après l'avoir fait, mon champ de vision avait été rempli par une vaste forêt, et Elze assise sur ses fesses, les yeux en état de choc.

« ... Quoi de neuf Elze. »

« Qu-Qu-Qu’est-ce que... Touya ?! Qu’est-ce qui se passe ?! » Je reculai la tête pendant un moment, pris Linze par la main et nous entrâmes ensemble dans la forêt.

« Linze, toi aussi ?! Eh ? Eeehh ?! Qu’est-ce qui se passe, d’où es-tu sorti ?! »

Linze expliqua calmement la situation à Elze qui paniquait. Il semblait que nous étions dans la même forêt de l’Est que celle où nous étions la veille. Apparemment, Elze avait voyagé dans la région pour cueillir des plantes médicinales pour accomplir la requête de la guilde, mais un mur de lumière était soudainement apparu devant elle. Après cela, un bras en était sorti, puis il était ensuite parti, cette simple vision l'avait fait tomber à plat sur ses fesses. Honnêtement, j’aurais probablement réagi de la même façon.

« Le sortilège [Porte] est supposé être capable de transporter le lanceur de sorts dans n’importe quel endroit qu’il a déjà visité... Selon toute vraisemblance, Touya a probablement pensé à cette forêt quand il l’a lancé. »

Elle avait mis en plein dans le mille. À ce moment précis, je pensais au bien que cela serait si nous n’avions pas à marcher jusqu’ici.

« Haaah ... Donc, fondamentalement, tu peux utiliser l’intégralité des sept éléments ? C’est un peu bizarre... »Elze parla comme si elle venait de s’habituer à toutes mes excentricités à ce moment-là. J’avais en quelque sorte partagé le même sentiment là-bas.

« Je n’ai jamais entendu parler de quelqu’un qui maîtrisait tous les éléments auparavant. Touya, tu es vraiment génial ! » Linze, à l’opposé de sa sœur, réagit par pure admiration. Je pouvais seulement la voir avec un sourire désabusé.

Elze semblait en avoir fini avec sa cueillette, et comme si j’étais un passeur escortant des passagers, je les avais toutes ramenées par la porte jusqu'au jardin derrière l’auberge.

« Il m’a fallu deux heures entières pour arriver là, mais maintenant nous sommes tous de retour en un instant. C’est un sort pratique que tu as là. » Là-dessus, Elze est partie pour rapporter sa quête complétée à la guilde.

Nous avons décidé que mon cours intensif de magie se terminerait là pour aujourd’hui, puis qu’on retournerait à l’intérieur de l’auberge. De toute façon, c’était presque l’heure du déjeuner. Je me demandais ce qui serait sur le menu. J’avais vraiment faim…

◇ ◇ ◇

Quand nous étions retournés à l'auberge, Micah était là avec une femme inconnue qui semblait avoir à peu près le même âge qu’elle. Elle avait des cheveux noirs ondulés, et à en juger par le tablier blanc qu’elle portait, j’en ai déduit qu’elle travaillait très probablement avec de la nourriture.

Assises toutes les deux en face de divers plats. Elles les goûtaient à l’aide d’un couteau et d’une fourchette, ayant continuellement des airs désapprobateurs sur leurs visages. Micah leva la tête, puis nous remarqua et appela.

« Oh, hé, juste au bon moment. »

« Quoi de neuf ? » Demandai-je, tandis que Micah nous amenait l’autre dame.

« Le nom de cette fille est Aer, elle tient un petit café en ville, c’est une parente. »

« Ah, nous y étions hier. C’était un endroit vraiment sympa. » Je décidai de garder le silence sur le fait d’avoir presque inondé la salle. Je n’avais vu Aer nulle part à ce moment-là, donc je suppose qu’elle était probablement en cuisine. Les choses auraient été un peu gênantes si elle nous avait vus à ce moment.

« Nous essayons de trouver de nouveaux plats pour son menu, alors nous avons pensé que nous demanderions votre avis sur le sujet. J’espérais qu’une personne d’un autre pays pourrait connaître des plats que nous n’avons pas dans les environs, vous voyez ? »

« Je serais très reconnaissant si vous pouviez penser à quoi que ce soit. » Aer inclina la tête en parlant. J’avais regardé Linze, et nous avions tous les deux hoché la tête.

« Ça ne me dérange pas. »

« ... Je vais aider du mieux que je peux. » Pour être honnête, je n’étais pas sûr que nous étions en mesure de l’aider.

« Quel genre de plat penses-tu mettre au menu ? »

« Voyons voir... D’accord, je suppose quelque chose de simple, de préférence. En quelque sorte, un dessert, quelque chose qui serait un succès auprès des jeunes femmes... »

« Hmm... quelque chose que les jeunes femmes aimeraient, hein... Je ne peux pas vraiment penser à quelque chose de mieux que des crêpes ou des crèmes glacées, pour être honnête... » Wôw, c’était une suggestion simple, même selon mes critères. Mais ce n’était pas comme si j’en savais beaucoup sur la cuisine en premier lieu.

« Jr... crée ? » Répondit Aer, apparemment confuse.

« Non non. Crème glacée. Tu sais, le genre que tu manges ? »

« Crème glacée ? »

Huh? Pourquoi tout le monde fait-il des visages si étranges ? Est-il possible que la crème glacée n’existe pas dans ce monde ?

« Quel genre de dessert est-ce ? »

« Hum, c’est comme du sucré et du froid, blanc... tu sais, de la crème glacée à la vanille ? »

« Pas vraiment... Je n’ai jamais entendu parler de ça auparavant. » Il semblait que mes soupçons avaient été confirmés.

En fait, c’était tout simplement logique, car après tout, ce monde n’avait même pas de réfrigérateurs. En réalité, ils avaient de simples boîtes semblables à des réfrigérateurs qui stockaient de la glace faite avec de la magie et les utilisaient pour garder les choses au frais. Mais ce n’étaient pas vraiment des réfrigérateurs, cela ressemblait plus à des glacières.

« Seriez-vous capable de savoir comment le faire ? »

« Non, j’ai peur de ne pas en savoir autant... Si je me souviens bien, le lait était l’un des ingrédients... » J’hésitai un peu à la question d’Aer. Comment étais-je censé savoir de quels ingrédients la crème glacée était composée ?

... Non attends. Je n’ai peut-être pas su comment le faire, mais j’avais un moyen de le savoir !

« S’il vous plaît, attendez juste une minute. Je pense que je pourrais arriver à quelque chose. Uhm, Linze. Pourriez-vous m’aider pendant ce temps ? » 

« Hein ? E-Eh bien, ça ne me dérange pas, mais... »

J’avais attrapé Linze et l’avais traînée dans ma chambre, puis j’avais sorti mon smartphone et j’avais fait une recherche rapide « comment faire de la crème glacée » sur internet. D’accord, bien. Je l’ai.

« ... Euh, quel est cet objet ? » Linze avait semblé assez perplexe quand elle m’avait vu pianoter sur mon smartphone.

« Euh... c’est un petit objet magique pratique ! Cependant, je suis le seul à pouvoir l’utiliser. Je serais vraiment reconnaissant si tu prenais la peine de ne pas y prêter beaucoup d’attention. »

Elle semblait un peu méfiante à mon égard, mais elle ne chercha pas plus loin. On dirait qu’elle avait été rapide à la détente.

« Ok, peux-tu écrire tout ce que je vais te dire ? »

« Aucun problème. »

« Trois œufs, deux cents millilitres de crème fraîche, soixante à quatre-vingts grammes de sucre... Est-ce que cela te semble peu familier ? » J’avais posé cette question à Linze en énumérant les ingrédients.

« Désolé... que sont les millilitres et les grammes ? »... J’étais sûr que cela arriverait.

« Les millilitres sont une unité de mesure que nous utilisons dans mon pays lorsque nous mesurons la quantité d’un liquide. Les grammes sont une unité de poids. Je suppose que je vais devoir aller avec mon instinct sur cela à partir de maintenant... Oh, c’est vrai. Linze, peux-tu utiliser la magie de la glace ? »

« Oui, je le peux. Les sorts de glace sont considérés comme de la magie de l’eau, tu vois. »

Alors, il n’y avait pas de problèmes. Après avoir énuméré les ingrédients, j’avais demandé à Linze de transcrire les instructions pour faire de la glace à la vanille.

En suivant les instructions, Aer avait commencé à fabriquer la crème glacée. C’était un pari beaucoup plus sûr que d’avoir un amateur complet comme moi essayant de le faire. Bien que j’avais quand même aidé à mixer, ce qui m’avait demandé beaucoup plus d’efforts que je ne le pensais au départ.

Pour la dernière étape, le mélange avait été placé dans un récipient et scellé avec un couvercle. Linze y jeta sa magie et congela le récipient dans un bloc de glace. Nous l’avons laissé pendant un moment jusqu’à ce que la glace prenne, puis nous avions ouvert le bloc de glace et récupéré le conteneur. La crème semblait avoir correctement prise.

J’avais pris une cuillère et l’avais goûtée. La saveur était légèrement moins prononcée, mais j’avais pensé que cela pourrait convenir pour de la crème glacée à la vanille.

J’en avais mis dans une assiette et l’avais offert à Aer. Après une seule cuillerée, ses yeux s’ouvrirent en grand. Soudainement, son visage s’était illuminé d’un grand sourire.

« C’est délicieux... ! » La dame semblait satisfaite de mon offre, ce qui me rendait heureux.

« Quelle est cette sensation ?! C’est frais, mais... c’est incroyable ?! »

« C’est vraiment bon... » Micah et Linze semblaient y avoir également pris goût. Honnêtement, je pensais que ça aurait pu être beaucoup mieux. Bien que je suppose qu’il aurait été impossible de recréer le type de crème glacée vendu dans les magasins célèbres avec notre premier essai.

Un seul problème était resté. Y avait-il quelqu’un dans le magasin d’Aer qui pouvait utiliser la magie de la glace ? Après l’avoir demandé, elle m’avait expliqué que sa plus jeune sœur le pouvait. Il n’y aura donc aucun problème de ce côté-là.

« Je suis sûre que ce dessert sera populaire auprès des jeunes femmes, et j’espère qu’il répondra aux exigences de la carte de notre restaurant. »

« Bien sûr ! Merci beaucoup ! Je vais tout de suite ajouter la crème glacée à la vanille au menu  ! »

Puisque nous n’avions pas utilisé d’extrait de vanille, l’appeler crème glacée à la vanille était techniquement incorrect... Mais, bien, pourquoi nous inquiéter pour des détails ?

Aer avait fait un rapide au revoir, puis se précipita à son magasin. Il semblerait qu’elle voulait essayer de le faire elle-même.

Quand Elze était revenue de la guilde et avait entendu toute l’histoire, elle avait failli exploser, se plaignant qu’elle était la seule à ne pas en avoir goûté. Micah intervint et dit que nous allions en faire plus, et avec ça, je devais tout de suite refaire la recette. Je m’étais retrouvé à regarder au loin, souhaitant sincèrement avoir ce petit ustensile de mon monde connu sous le nom de mixeur manuel... Mon pauvre bras…

D’après ce que j’avais vu jusque là, ce monde dégageait l’impression étrange d’être en décalage par endroits. Ils avaient beaucoup progressé dans certains domaines, mais étaient encore bloqués au Moyen Âge dans d’autres.

Prenez, par exemple, l’oreiller dans ma chambre. C’était un oreiller incroyablement doux et indéniablement de haute qualité. Et, d’après ce que j’avais entendu, c’était l’un des oreillers les moins chers. Les matières premières utilisées pour le fabriquer avaient été produites en traitant la peau de bêtes magiques que vous pourriez trouver n’importe où. Fabriqué à partir de matériaux communs, il était à peu près aussi ordinaire qu’un oreiller pourrait être. Mais si c’était ce qui passait pour de l’ordinaire, alors je ne pouvais même pas commencer à imaginer la sensation ou la texture qu’un oreiller de haute qualité aurait pu avoir.

Les mondes n’ont pas les mêmes perceptions des valeurs. Je dois essayer de m’habituer sur ce point. Ce monde est ma maison maintenant, donc je dois faire de mon mieux.

***

Chapitre 2 : Plus on est de fous, plus on rit ! Doublement de joie, moitié moins de chagrin

Partie 1

Diverses quêtes avaient été affichées sur le tableau de la guilde. Certains impliquaient la chasse aux monstres, tandis que d’autres impliquaient la cueillette d’herbes ou même l’exploration d’endroits inconnus. Il y en avait aussi quelques-uns plutôt simples, comme faire de la garde d’enfants ou faire des corvées.

Puisque nous avions déjà accompli plusieurs quêtes, notre rang avait augmenté la veille. Et ainsi, nos cartes étaient devenues pourpres, ce qui signifiait que nous n’étions plus de simples débutants.

Fondamentalement, cela signifiait que nous pouvions accepter des demandes de niveau supérieur. Nous n’étions plus limités aux quêtes noires, puisque nous pouvions aussi faire des quêtes pourpres.

Pourtant, nous ne pouvions pas relâcher notre vigilance. Nous pourrions échouer dans nos quêtes et, selon la mission, cela pourrait aussi entraîner la mort. Nous avions vraiment besoin de tenir le coup.

« Du nord... ruines... quête de chasse... méga... slimes ? » J’ai essayé de lire l’une des listes de quête pourpre. Avec l’aide de Linze, j’avais finalement atteint un point où je pouvais lire de simples mots. La récompense pour la quête était... huit pièces d’argent. Eh bien, cela ne semblait pas trop mal du tout.

« Hey, alors pourquoi pas celui-ci... »

« Absolument pas. » Les filles refusèrent à l’unisson.

Eh bien, d’accord alors. Elles avaient tous deux des expressions complètement dégoûtées sur leurs visages. Vraiment ? Était-ce si mauvais ? Il s’est avéré que les filles ne supportaient pas d’être dans les alentours de créatures collantes et visqueuses.

« Ces choses dissolvent les vêtements, vous savez ? Nous n’allons en aucun cas nous approcher d’eux ! » Elze avait crié sur moi.

« Ce serait... si bon... »

« Et à propos de ça ? Une demande de livrer une lettre à la capitale. Les frais de voyage sont couverts... La récompense est de sept pièces d’argent... Qu’en penses-tu ? »

« Sept pièces d’argent... nous ne pouvons pas partager cela de manière égale entre nous. »

« Eh bien, nous pouvons juste dépenser le reste pour quelque chose pour nous trois, » répondis-je. Cela avait du sens pour moi.

J’étais allé confirmer les détails de la mission qu’Elze avait signalée. Celui qui avait posté la demande s’appelait Zanac Zenfield... Attendez, est-ce le même Zanac ? J’avais vérifié l’adresse, et en effet elle indiquait « ZANAC LE ROI DE LA MODE ». Eh bien, il n’y avait aucun doute sur ce sujet.

« Combien de temps faut-il pour arriver à la capitale d’ici ? »

« Hm... environ cinq jours de charrette, je suppose ? »

C’était assez loin... La mission allait être mon premier long voyage depuis mon arrivée dans ce monde. Mais bon, j’avais toujours eu la possibilité de faire une [Porte] pour le voyage de retour, ce qui n’était pas si mal. De plus, si je visitais la capitale une seule fois, je serais en mesure d’y retourner quand je le souhaiterais grâce à ce petit sort pratique. J’avais le sentiment que ce serait un atout à l’avenir.

« D’accord, alors, allons-y pour celle-ci. Je connais le gars qui a fait la demande. »

« Vraiment ? Alors, nous allons le prendre. » Elze déchira l’avis de la mission du tableau et le porta à la réceptionniste. Quand elle était revenue, elle nous avait dit que nous allions entendre les détails de la requête lorsque nous irions rencontrer la personne qui l’avait affichée.

Après tout, on dirait que je le reverrai.

« Ah, rebonjour ! Cela fait longtemps. Comment vas-tu ? »

« Très bien, merci pour votre aide cette fois. »

Dès que nous sommes entrés dans le magasin, Zanac m’avait repéré et m’avait appelé. Quand j’avais mentionné que nous étions là en réponse à sa demande de quête, il nous avait conduits dans une pièce à l’arrière du magasin.

« Pour ce travail, je voudrais que vous livriez une lettre au Vicomte Swordrick se trouvant dans la capitale. Si vous mentionnez mon nom, il devrait savoir de quoi il s’agit. Je voudrais aussi que vous reveniez avec une réponse du vicomte. »

« Est-ce une affaire urgente ? »

« Je n’appellerais pas vraiment ça une urgence, mais ce serait problématique si vous laissez traîner ça trop longtemps », dit Zanac. Puis il avait pris la lettre d’un petit tube et l’avait placé sur la table. Celui-ci était scellé avec une substance identique à de la cire et portait d’étranges cachets.

« Du reste, voici vos frais de voyage. J’aurais pu en inclure un peu plus que prévu, mais vous n’avez pas à me retourner ce qu’il reste. Vous pouvez utiliser cet argent pour faire du tourisme dans la capitale, si vous le souhaitez ! »

« Merci beaucoup. »

Après avoir reçu la lettre et l’argent pour nos frais de voyage, nous nous étions mis en route afin d’aller préparer le voyage. Je m’étais procuré un chariot, Linze était allée acheter de la nourriture pour le voyage, et Elze était retournée à l’auberge pour récupérer tous les articles dont nous pourrions avoir besoin le long du chemin.

Une heure plus tard, nos préparatifs étaient terminés, alors nous étions partis en direction de la capitale.

Nous roulions dans une calèche de location, mais cela ressemblait plus à une charrette qu’autre chose, car elle n’avait même pas de toit. Pourtant, c’était bien mieux que de marcher sur toute cette distance.

Je ne pouvais pas contrôler les chevaux, mais heureusement, les jumelles étaient des expertes. Elles m’avaient dit qu’elles avaient côtoyé des chevaux dès leur plus jeune âge parce qu’un de leurs parents possédait une ferme. En conséquence, les deux filles s’étaient relayées sur le siège du conducteur et j’étais simplement resté dans la charrette, m’autorisant à être bercé pendant tout ce temps. Je me sentais mal de ne pas pouvoir aider.

Nord, nord, nous nous sommes dirigés en direction du Nord. Le voyage s’était bien déroulé le long de la route principale, et nous avions parfois échangé des plaisanteries avec d’autres chariots qui passaient.

Nous avions laissé Reflet derrière nous et avions traversé la prochaine ville, un endroit appelé Nolan. Après cela, il ne fallut pas longtemps avant d’arriver juste avant le coucher du soleil à la ville d’Amanesque. Je pensais qu’on devrait passer une nuit à l’auberge, mais... attendez une seconde, j’ai complètement oublié...

Ne pouvais-je pas simplement utiliser [Porte] pour retourner à Reflet et passer la nuit à l’auberge de la lune d’argent ? Ne pouvais-je pas juste le refaire demain pour revenir ici, donc ce n’est pas grave, non ? Malheureusement, quand j’avais proposé l’idée aux filles, elles l’avaient carrément rejetée. Pourquoi... ?

Selon eux, ça aurait été un voyage pour rien.

« Tu ne comprends pas. Les bonnes choses à propos d’un voyage sont la visite de magasins inconnus dans des villes non visitées avant de passer la nuit dans une auberge que l’on ne connaît pas. C’est l’essence même du voyage ! » Elze fut choquée d’avoir même dû me suggérer l’idée.

Même si nous n’avions pas d’argent, il y avait les frais de voyage qui nous avaient été donnés. Elle semblait croire fermement que nous pourrions aussi bien utiliser l’argent par considération envers celui qui nous l’avait donné en premier lieu. Était-ce comme ça que ça fonctionnait... ?

Eh bien, maintenant que c’était réglé, nous étions allés chercher une auberge avant que le soleil ne soit complètement tombé. Nous en avions profité pour rester dans un endroit un peu plus haut de gamme que la lune d’argent. Les filles avaient pris une chambre pour deux personnes pour elles-mêmes, pendant que je louais une chambre individuelle plus petite.

Après avoir réglé notre hébergement, nous avions attaché notre charrette et nous étions allés dîner. L’homme à l’auberge nous avait dit qu’ils faisaient de super nouilles dans les environs. Je me demandais si quelque part, ils servaient des ramens…

Alors que nous cherchions un bon endroit pour manger, nous avions remarqué une bagarre à proximité. Un groupe de spectateurs s’était rassemblé à cet endroit, alors on avait l’impression qu’il y avait du grabuge.

« Qu’est-ce qui se passe ? » Cela avait attiré notre attention, nous avions donc décidé d’aller y jeter un coup d’œil. Nous nous étions frayé un chemin à travers la foule pour trouver la cause de cette agitation. Ce que nous avions trouvé était une fille à l’air étranger entourée de plusieurs hommes.

« ... Cette fille... elle porte des vêtements assez étranges. »

« ... C’est une samouraï ! » Je ne pouvais que donner cette brève explication à Linze.

La jeune fille portait un kimono rose vif avec un hakama bleu foncé, des chaussettes blanches à bout échancré et une paire de sandales avec des bretelles geta noires. Une paire d’épées de type Daisho pendait autour de sa taille. Ses longs cheveux noirs flottants étaient attachés en une queue de cheval et étaient coupés avec une frange droite qui nivelait juste au-dessus de ses sourcils. Sa queue de cheval avait également été coupée directement à son extrémité, se terminant juste au-dessus de ses épaules. La simple petite épingle à cheveux qu’elle portait lui allait bien.

J’avais dit qu’elle était une samouraï, mais elle ressemblait un peu plus au personnage principal de Haikara-san, ce manga shoujo du Japon dans les années 1920. Pourtant, elle ressemblait définitivement à une samouraï à la base.

Une dizaine d’hommes entouraient la samouraï, chacun avec un regard dangereux. Certains d’entre eux avaient déjà tiré leurs épées et leurs couteaux.

« Nous sommes ici pour exprimer nos remerciements pour ce petit incident produit plus tôt, fillette ! »

« ... Qu’‘est ce que cela signifie ? Je n’ai pas souvenir d’avoir fait une telle chose. » Quelle est donc cette manière de parler ? Elle ressemblait à un personnage de film !

« Ne joue pas l’idiote ! Ne crois pas que tu puisses t’en tirer après avoir joué un sale tour à nos copains comme ça ! »

« ... Aah, vous devez être les compagnons de ces bandits que j’ai remis à la garde de la ville plus tôt dans la journée. En vérité, cet incident était entièrement leur faute. Ils n’auraient pas dû se promener en état d’ébriété en plein milieu de la journée. »

« Ferme-la ! Attrapez-la ! » Les hommes chargèrent tout d’un coup, comme si ses paroles étaient le signal qu’ils attendaient.

La samouraï esquiva prestement chacune de ses attaques avant de saisir un homme par le bras, de le faire pivoter et de le lancer. L’homme s’évanouit de douleur alors que son dos percutait directement le sol.

Elle avait bougé dans le même rythme que son adversaire, avait cassé sa posture, puis l’avait jeté... Était-ce... de l’Aïkido ? Du Jujitsu, peut-être ? La fille jeta un deuxième homme, puis un troisième, puis tituba un peu. Ses mouvements étaient devenus un peu lents.

En repérant une occasion, un homme l’avait approchée par-derrière pour l’attaquer avec son épée. Fais attention !

« Venez, Sable ! Tempête de sable obscure : [Sable Aveuglant] ! »

J’avais sorti par réflexe une incantation et canalisé mon sortilège.

« Ah, mes yeux...! » L’homme hurla. »

C’était un simple sort que j’avais appris récemment. Tout ce qu’il avait vraiment fait était de jeter du sable dans les yeux de l’adversaire. Ce n’était pas beaucoup, mais c’était suffisant pour se tirer d’un mauvais pas.

Alors que l’homme avec l’épée était aveugle, je l’avais frappé avec un saut chassé. La samouraï fut surprise par ce soudain nouveau challenger qui s’était lancé dans la bagarre, mais elle semblait avoir jugé que je n’étais pas un ennemi, alors elle reporta son attention sur ceux devant elle.

« Aah, bon sang, pourquoi est-ce que tu dois toujours mettre ton nez là où tu ne le devrais pas ? » Elze laissa échapper un commentaire perplexe alors qu’elle se joignait à la mêlée avec un coup de poing rapide mais lourd. Mais malgré toutes ses plaintes, elle souriait beaucoup.

Il ne fallut pas longtemps avant que tous les hommes soient à plat sur le sol... la moitié d’entre eux avait mordu la poussière en raison de ma bonne amie Elze. Elle m’avait terrifiée alors qu’elle faisait ça.

Les gardes de la ville étaient finalement arrivés, alors nous leur avions laissé le reste et nous avions quitté cette zone.

« Vraiment, je vous suis redevable. Je m’appelle Kokonoe Yae. Ah oui, Yae est mon prénom et Kokonoe est mon nom de famille. »

La samouraï, Kokonoe Yae, se présenta et inclina profondément la tête. Sa présentation de soi m’avait donné un sentiment de déjà-vu.

« Oh, vous venez d’Eashen ? »

« J’en viens, en effet. Je suis venu ici d’Oedo. »

Oedo ? L’ancien nom de Tokyo ? Eashen est-il sérieusement semblable au Japon ?

« Je suis Mochizuki Touya. Touya est mon prénom, et Mochizuki est mon nom de famille. »

« Ooh! Touya — dono, vous êtes aussi d’Eashen, n’est-ce pas ?! »

« Ah, nah. C’est un endroit similaire, mais je viens vraiment d’ailleurs. »

« Huh ?! » Les sœurs jumelles derrière moi avaient été surprises par ma réponse. Oh, c’est vrai... Expliquer d’où je venais était une douleur, alors je leur laissais croire que j’étais d’Eashen.

« Laisse tomber... Tu semblais avoir des pertes d’équilibre dans ce combat là-bas. Tu n’es blessée nulle part, n’est-ce pas ? »

« Non, je suis indemne, j’en suis certaine. Cependant... j’avoue à ma grande honte que j’ai abandonné mon argent de voyage. Par conséquent... » *Grrrrooowwwwllll*

Comme si c’était fait exprès, l’estomac d’Yae laissa échapper un énorme grondement. Son visage devint tout rouge presque immédiatement et elle hissa curieusement ses épaules vers l’intérieur.

Et ainsi, la samouraï affamée avait rejoint notre groupe.

***

Partie 2

Comme de toute façon, nous devions chercher un endroit pour manger, alors nous avions décidé de prendre Yae avec nous. Yae avait répondu en nous disant quelque chose à propos de ne pas vouloir profiter de la gentillesse d’autrui. Alors elle n’avait même pas eu l’idée au départ d’accepter notre proposition.

« Bien alors, raconte-nous des histoires à propos d’Eashen. En retour, nous allons t’inviter au restaurant. Ce n’est pas de la charité, c’est du donnant-donnant, » avais-je proclamé. Elle avait dit que c’était acceptable, et avait commencé à commander quelque chose... Cela s’est passé plus facilement que prévu.

« ... Je vois. Alors, Yae, tu es dans un périple afin de devenir plus fort ? »

« Oui... Munch... en effet. Je suis issue d’une famille de guerriers depuis des générations. Mon frère aîné doit hériter du patrimoine, et donc, je suis partie en voyage afin d’améliorer mes compétences. Donc oui, c’est effectivement le cas. »

« Ouah, ça a l’air difficile, tu dois être d’un bon niveau dans ta famille, hein ? » Elze regarda Yae, visiblement émerveillée par la fille qui se jetait bruyamment sur des brochettes de bœuf. J’étais plutôt indifférent en écoutant son histoire, je voulais simplement qu’entre manger et parler, elle en choisisse un et garde l’autre pour plus tard !

« Alors, Yae, as-tu un plan de bataille pour l’avenir ? Par exemple, est-ce qu’il y a un endroit en particulier où tu dois aller ? »

« ... Il y a quelqu’un, dans la capitale de ce pays, qui a beaucoup fait pour aider mon père dans le passé. J’envisageais de rencontrer cette personne moi-même. » Yae avait répondu à ma question entre plusieurs pauses, alors qu’elle s’extasiait devant son bol de ce qui ressemblait être du kitsune udon.

Oh, franchement, est-ce que personne ne t’a jamais appris à ne pas parler avec la bouche pleine ?

« Eh bien, n’est-ce pas une coïncidence ? Nous nous dirigeons vers la capitale afin de terminer une quête. Veux-tu venir avec nous ? Il devrait encore y avoir de la place pour une autre personne dans la charrette. Ce serait plus facile pour toi aussi, n’est-ce pas, Yae ? »

« Dites-vous la vérité ? Je ne pourrais espérer avoir une offre plus attrayante, je ne pourrais pas... Cependant, êtes-vous tous d’accord, avec une personne comme moi ? » Yae répondit à la suggestion d’Elze alors que ses joues étaient remplies d’une substance ressemblant à du takoyaki. Attendez une seconde. Combien cette fille avait-elle même mangé exactement jusqu’à présent ?!

« Ça ne te dérange pas, n’est-ce pas, Touya ? »

« Moi ? Non, ça ne me dérange pas vraiment, mais... » Je semblais être le seul présent qui craignait que le coût moyen de nos repas augmente de façon exponentielle avec cette fille.

Yae semblait être satisfaite pour le moment, ayant dévorée sept tranches de pain, des brochettes de bœuf, du yakitori, du kitsune udon, du takoyaki, du poisson grillé, un sandwich et un steak de bœuf. Nous avions donc réglé l’addition et avions quitté le restaurant. Merde... je n’ai jamais pas tenu compte de cela dans notre budget de voyage...

Sur le chemin du retour, nous avions décidé de nous revoir le lendemain juste avant de partir. Juste au moment où les jumelles et moi étions sur le point de retourner à l’auberge, quelque chose m’avait traversé l’esprit. J’avais alors demandé une dernière chose à Yae avant de nous séparer.

« Yae. Où as-tu réservé pour la nuit ? »

« Oh, eh bien, j’avais prévu de dormir dehors, je pensais faire ainsi... » Bien sûr qu’elle le pensait. La fille n’avait pas un sou.

« Dormir dehors, sérieusement... ? Écoute, viens dormir dans la même auberge que nous. Nous te prêterons l’argent, alors rends-le-nous plus tard. »

« C’est dangereux de dormir dehors tout seul... » murmura Linze humblement.

« Pas du tout, je ne pourrais pas vous être encore plus redevable, je ne le pourrais pas. » À cause de sa nature trop polie, tout la faisait ressembler de plus en plus à une personne qui était originaire du Japon. Même si nous essayions de lui donner l’argent pour l’auberge, elle refuserait poliment de le prendre. Je devais trouver une solution... Une idée me vint soudainement à l’esprit alors que je réfléchissais à la situation.

« Yae, est-ce que tu envisagerais de me vendre cette épingle à cheveux ? »

« Mon... épingle à cheveux, c’est ça ? » Yae prit son épingle à la main. Il y avait un motif avec des taches jaunes et brunes.

« C’est une épingle à cheveux bekko, non ? Je l’ai vraiment voulu pendant un moment. Je pense que ce serait un bon cadeau pour quelqu’un à qui je dois beaucoup. »

« Bekko ? Qu’est ce que c’est ? » Elze s’adossa, cherchant apparemment une explication de ma part sur ce mot inconnu.

« C’est un accessoire fabriqué à partir d’une carapace de tortue. Ce sont des choses très précieuses là d’où je viens. » Je n’étais pas vraiment sûr de cela, mais j’étais sûr d’avoir au moins entendu quelque chose comme ça dans le passé.

Bien évidemment, le fait que j’en voulais une depuis longtemps était un mensonge. C’était juste un prétexte pour que cette fille accepte de l’argent. Elze et Linze avaient toutes les deux compris cela rapidement, et avaient décidé qu’il serait préférable de jouer le jeu avec mon histoire à dormir debout.

« Si vous voulez vraiment un humble bijou comme celui-ci, alors ça ne me dérange pas, je ne... »

« Très bien, marché conclu ! Alors, je vais l’acheter pour une grosse somme. » Elle me passa l’épingle à cheveux bekko et, en échange, je pris une pièce d’or de mon portefeuille et la lui enfonçai dans la main.

« C’est beaucoup trop ! Je ne peux pas accepter autant pour ça, je ne peux tout simplement pas ! »

« C’est bon, c’est bon. Regarde, Touya cherche une de ces épingles depuis si longtemps, tu sais ? Cela montre juste à quel point cela vaut pour elle. Maintenant, allez, nous allons t’emmener dans cette auberge. »

« Non, atte- Elze-dono ?! » Elze saisit Yae par le bras et l’entraîna. Au fur et à mesure que leurs silhouettes disparaissaient, Linze s’approcha de moi pour me parler.

« ... Cette épingle à cheveux est-elle vraiment précieuse ? »

« Qui sait ? Si c’est vrai, alors ce serait très utile d’où je viens, mais je ne suis pas vraiment expert dans les prix courants des bijoux. »

« Tu ne connais pas sa valeur, mais tu as payé une pièce d’or pour ça... ? »

« Eh bien, ça semble plutôt bien fait. Même si je ne connais pas son prix, je suis sûr que c’était un prix raisonnable. À tout du moins, je n’ai pas l’impression d’avoir fait une mauvaise affaire ici, n’est-ce pas ? » J’ai souri avant de glisser l’épingle dans ma poche, puis nous étions retournés tous les deux à l’auberge.

Yae avait pu réserver une chambre pour la nuit et ainsi, elle avait pu avoir une bonne nuit de repos. Et ainsi, elle avait rejoint notre groupe hétéroclite le jour suivant.

Nous sommes partis d’Amanesque et nous nous sommes dirigés encore plus au nord. Le pays où nous étions était le Royaume de Belfast, situé sur la partie occidentale du continent. C’était aussi le deuxième plus grand des pays occupant cette région. Peut-être à cause de cela, il n’a pas fallu longtemps après avoir quitté une ville pour que tous les bâtiments disparaissent complètement hors de notre vue. Bientôt, il n’y avait plus que des montagnes et des forêts à l’horizon. Peut-être que la population n’était tout simplement pas assez grande pour combler la surabondance de terres.

Nous étions tombés sur une seule personne ou un seul chariot une fois par paire d’heures, et parfois nous n’avions rencontré personne au cours d’une journée entière. Cela changerait sûrement à mesure que nous nous approchions de la capitale.

J’avais réchauffé mon siège dans le chariot comme d’habitude, jetant parfois des coups d’œil à Yae, qui était assise sur le siège du conducteur. Elle était aussi douée avec les chevaux, c’était ce qu’elle nous avait dit, alors les trois filles avaient décidé de se relayer en tenant les rênes. J’avais presque honte de mon manque d’expérience. Je commençais à comprendre les sentiments de ces personnages qui seraient toujours juste bons à réchauffer le chariot...

Comme pour compenser cela — enfin, en partie, de toute façon — je m’étais assis sur les fesses et m’étais plongé dans mes études de magie. De mes leçons avec Linze, il était apparu que j’étais capable d’utiliser différents types de sorts qui rentraient dans la catégorie Néant, c’est-à-dire, la magie sans élément.

Notre premier indice était venu quand j’avais essayé d’imiter le sort [Puissance] qu’Elze avait utilisé, et il s’était activé pour moi sans problème. Plus tard, j’avais entendu parler d’un sort appelé [Augmentation de puissance] par un autre aventurier de la guilde qui pouvait l’utiliser, et ça s’était passé sans accroc quand je l’avais testé.

De manière simplifiée, cela signifiait que tant que je connaissais le nom du sort et son effet, je pouvais utiliser à peu près n’importe quelle sorte de magie non élémentaire. Les jumelles étaient depuis longtemps surprises par l’une de mes capacités, alors elles l’avaient traitée comme l’un de mes traits de caractère à ce stade. Bien, peu importe. C’était très pratique, donc je n’avais eu aucune plainte. Merci Dieu.

Néanmoins, il y avait quelques problèmes. Néant, ou magie non élémentaire étaient une catégorie magique presque entièrement personnalisable. Fondamentalement, chaque sort individuel pourrait facilement être quelque chose que tout le monde, à l’exception des utilisateurs eux-mêmes, n’avait jamais entendu parler.

En ce sens, c’était comme leur atout. Il y avait évidemment des gens qui voulaient garder quelque chose comme ça secret, sinon les autres pourraient s’en rendre compte à l’avance. D’un autre côté, il y avait des personnes comme cet aventurier qui m’avaient appris le sort [Augmentation de puissance], des gens qui supposaient que les autres seraient incapables de l’imiter de toute façon, donc il n’y voyait aucun mal à en parler. Désolé d’avoir volé ton sort [Augmentation de puissance], mec.

Pourtant, malgré leur rareté, il y avait beaucoup de sorts de type Néant qui étaient très largement connus. J’avais acheté des livres sur des sorts non élémentaires enregistrés à travers l’histoire, et je m’étais mis à les étudier pour essayer d’en acquérir autant que possible.

Maintenant, le deuxième problème. Il y en avait beaucoup trop. Même les sorts non élémentaires connus étaient suffisants pour remplir un annuaire téléphonique.

Parce que la majorité des sorts non élémentaires étaient de la magie personnalisée, il y avait toutes sortes de sorts avec un usage extrêmement limité. Magie pour garder les bâtonnets d’encens brûlant plus longtemps ; la magie pour rendre la couleur du thé plus attrayante ; magie pour lisser la surface du bois éclaté... La liste s’allongeait encore et encore, et ces types de sorts mondains constituaient la majorité d’entre eux.

En outre, il y avait beaucoup de sorts qui possèdent des effets similaires. Même [Augmentation de puissance] et [Puissance] se chevauchent un peu. Les deux étaient après tout des sorts utilisés pour fortifier physiquement l’utilisateur. Pourtant [Puissance] était plus facile à utiliser, car il avait aussi des effets comme augmenter la capacité de saut ou accorder des niveaux explosifs de puissance dans les attaques physiques.

Comme je n’avais aucun moyen de savoir quel sortilège serait utile dans quelle situation, je pensais que je les passerais en revue un par un. Mais même si Dieu m’avait amélioré la mémoire, je ne savais toujours pas que je pourrais mémoriser tout un répertoire de sorts.

Faire face à face avec ce répertoire pour trouver des sorts qui me semblaient utiles était un vrai cauchemar. C’était comme chercher des aiguilles dans une botte de foin. C’était ennuyeux ! Là encore... mais ce n’était pas comme si j’avais mieux à faire. Je parcourais le livre quand un sortilège en particulier se démarquait. Oh-ho...

« Un sort qui permet au lanceur de récupérer de petits objets de loin, hein... Je me demande si je peux utiliser celui-ci. »

« Pourquoi ne pas l’essayer ? » Linze jeta un coup d’œil à la page. Bon point, cela semblait assez simple à tester.

« [Apportez] ! » M’exclamai-je.

Cependant, rien ne s’était passé. Huh? J’avais vraiment ressenti la sensation de quelque chose qui m’attirait...

Elze m’appela quand elle remarqua que le sort n’avait pas réussi à s’activer correctement.

« Qu’est-ce que tu as essayé d’attraper ? »

« Le katana d’Yae. Je pensais essayer de lui faire une petite frayeur. Hmm... Oh, peut-être que c’était trop gros ? Il dit que cela ne fonctionne que sur de petits objets, après tout. » J’avais essayé encore une fois avec une image plus claire à l’esprit.

« [Apportez] ! »

« Fwah?! » J’entendis la voix paniquée d’Yae venant du siège du conducteur.

Dans ma main se trouvait le cordon qu’elle utilisait pour attacher ses cheveux en arrière.

« On dirait que ça a marché. Cela pourrait être un sort assez pratique, mais c’est aussi une chose assez redoutable », avait averti Linze.

« Qu’est-ce qui est effrayant à propos de moi, utilisant ce sort ? »

« Je veux dire, il saisit les choses sans laisser de trace derrière lui. Avec une telle habileté, quelqu’un pourrait voler tout ce qu’il voulait. »

« Je vois... C’est en fait un peu effrayant, hein ? Vous pourriez utiliser ce pouvoir pour voler librement tout l’argent et les bijoux que vous vouliez. »

« ... N’ose pas l’utiliser pour ça. »

« ... S’il te plaît, ne l’utilise pas pour cela... » Elze et Linze me rencontrèrent toutes les deux avec mépris. Quelle accusation grossière !

« Ne soyez pas ridicule, je ne ferais jamais ça ! Oh... Je me demande si les sous-vêtements sont une cible valable pour ce sort... » Elze et Linze se redressèrent toutes les deux et s’éloignèrent un peu plus de moi. Oh, allez, c’était une blague !

« Euh... mes cheveux volent partout dans le vent en ce moment, c’est... » Yae se tourna vers moi, demandant clairement que je lui rende son cordon pour qu’elle puisse attacher ses cheveux. Oups, j’avais oublié ça pendant un instant.

***

Partie 3

Dès lors, nous avions traversé plusieurs petites villes, et trois jours s’étaient écoulés depuis notre départ.

J’avais confirmé sur ma carte que nous étions juste à mi-chemin de notre destination. J’avais l’impression que plus de gens et de voitures passaient aussi récemment.

Quant à moi, je poursuivais mon combat acharné contre l’annuaire des sorts. Grâce à mes efforts, j’avais réussi à en maîtriser deux nouveaux intéressants. Un qui avait considérablement réduit les effets de la friction sur le sol pendant une courte période de temps, et qui avait élargi les sens de l’utilisateur pour couvrir une zone de détection plus grande.

L’avantage au sujet de ce dernier sort était que si je me concentrais vraiment, je pourrais depuis ma position percevoir des événements spécifiques se produisant sur une portée d’un kilomètre.

Maintenant, avant de parler des dangers de ce sort, j’avais seulement décidé de l’apprendre parce que je sentais que la capacité de voir, d’entendre et d’enquêter sur des choses sans avoir à y aller directement était évidemment utile. Les filles, cependant, avaient exigé avec véhémence que je jure de ne jamais l’utiliser pour lorgner les femmes. Pour quel genre de personne me prenaient-elles... ? Je testais les effets de ce sort [Sensibilité élargie], et j’avertissais quand quelque chose d’étrange se produisait dans un rayon d’un kilomètre.

C’est... C’était... l’odeur du sang ? Mon sens aigu de l’odorat l’avait détecté très clairement. Quand je m’étais mis à regarder vers l’endroit à l’origine de l’odeur, j’avais vu une calèche de standing, entourée d’hommes en armure... Ils ressemblent à des soldats, pensai-je. Ils étaient attaqués par une meute de ce que je ne pouvais décrire que comme des hommes-lézards portant une armure de cuir. Bien qu’il y avait aussi un homme en robe noire parmi eux.

La moitié des soldats étaient déjà abattus et couchés par terre. Les autres se battaient pour protéger la voiture contre les hommes-lézards qui marchaient vers elle, clairement armés de lances et d’épées incurvées.

« Yae ! Il y a des gens qui sont attaqués par des monstres ! Pleine vitesse ! »

« Ah... ! Compris, Ok ! » Yae avait fouetté les chevaux et nous avions accéléré. J’avais gardé ma vision sur cette zone lorsque nous nous étions rapprochés, afin que je puisse garder un œil sur la situation. Les hommes-lézards avaient transpercé les soldats un par un. Il semblait y avoir un vieil homme blessé et un enfant dans la voiture. Serions-nous capables de le faire à temps... ?! Ils sont là... !

« Venez, Feu ! Spirale tourbillonnante : [Tempête de feu] ! » Linze avait lancé un sort de feu depuis l’intérieur du chariot. Quelques dizaines de mètres plus loin, une tornade de feu avait éclaté au centre de la meute des hommes-lézards.

En utilisant ceci comme signal, nous avions sauté du chariot au moment où il avait traversé la meute. La première à en sortir fut Elze, suivi de moi, enfin Yae ferma la marche. Nous avions laissé les rênes dans les mains de Linze.

« Kshaaaaa !!! » Un seul Homme-Lézard s’était tourné vers nous, se jetant directement sur moi. J’avais concentré mon énergie afin de lancer l’un des nouveaux sorts que je venais d’apprendre.

«  [Glissade] ! »

Toutes les zones de contact entre les pieds de l’Homme-Lézard et le sol avaient disparu en un instant, et cela s’était terminé par une pirouette tellement ridicule qu’elle aurait même été exclue d’un spectacle de comédie.

« Gurghagh !!! » J’avais porté le coup mortel au premier Homme-Lézard, puis en avais abattu un second au moment où il bondissait pour m’attaquer.

À côté, Elze avait attrapé l’épée incurvée d’un troisième Homme-Lézard avec ses gantelets, tandis qu’Yae profitait de l’ouverture ainsi créée pour trancher le flanc du monstre. Beau travail d’équipe.

Alors que j’étais totalement absorbé par cette scène, une lance de glace fila à toute allure devant moi et empala un quatrième Homme-Lézard, qui s’était faufilé sur moi alors que j’avais le dos tourné. Cela devait signifier que Linze avait réussi à arrêter les chevaux et s’était jointe à la bataille.

Alors que l’issue du combat penchait en notre faveur, nous avions coupé les Hommes-Lézards les uns après les autres. Pourtant, il y avait quelque chose d’étrange dans toute cette situation... Il y avait beaucoup trop d’ennemis dans cet endroit, non ? Nous avions déjà fortement réduit leur nombre. Les hommes-lézards eux-mêmes n’étaient pas des monstres particulièrement forts, mais c’était assez compliqué de combattre autant d’ennemis à la fois...

« Sortez, Ombre ! Je cherche le vrai héros : [Homme-Lézard] ! » L’homme à la robe noire était derrière l’armée d’Hommes-Lézards, et il incantait. Quand il eut fini, plusieurs autres Hommes-Lézards sortirent de l’ombre autour de ses pieds. Qu’est-ce que c’était que ça ?!

« Touya, c’est de la magie d’invocation ! Cet homme en robe noire est celui qui invoque tous les hommes-lézards ! » Cria Linze dans ma direction.

Les invoquant... Il a donc utilisé la magie de type Ombre. Pas étonnant que nous n’ayons pas été capables de réduire leur nombre. Il aurait pu continuer à invoquer des monstres aussi longtemps que sa magie reste en place, quelle plaie... Très bien, alors. Je sais ce qu’il me reste à faire.

« [Glissade] ! »

« Gah ?! » Les pieds de l’homme vêtu s’envolèrent sous lui et il fut projeté à terre avec un bruit sourd. Il se dépêcha de se relever, mais s’effondra de nouveau sur le sol une fois de plus.

« Grr...! »

« Prépare-toi. » Yae lui sauta dessus à une vitesse incroyable et coupa proprement la tête de l’homme. Whoa, c’est devenu un petit peu lugubre là-bas... La tête de l’homme était tombée par terre et avait roulé un peu avant qu’elle ne s’arrête. Repose en paix.

Puisque le cas de l’invocateur avait été réglé, les hommes-lézards restants s’étaient simplement évaporés. Je supposais qu’ils étaient retournés là où il les avait pris.

« On dirait que c’est fini... Tout le monde va bien ? »

« Je vais bien, » répondit Elze.

« Je-je vais bien aussi, » marmonna doucement Linze.

« Tout comme moi aussi. » Nous nous en étions sortis, mais les personnes qui avaient été attaquées avaient subi de lourdes pertes. L’un des soldats restants se dirigea vers moi, traînant la jambe derrière lui.

« Merci, vous nous avez sauvés... »

« Ne le mentionne pas... Quel est le nombre de victimes ? »

« De dix gardes du corps... ils en ont tué sept d’entre nous... Bon sang ! Si seulement nous les avions remarqués plus tôt... ! »  L’homme avait tremblé de frustration et avait serré le poing. Je ressentais la même chose, d’une certaine manière. Si seulement nous étions arrivés un peu plus tôt... mais il ne servait à rien d’insister sur de telles choses plus longtemps.

« Que quelqu’un ! Est-ce qu’il y a quelqu’un ? Papy... Papy est... ! » Nous nous étions tous tournés vers la calèche quand nous avions soudainement entendu la voix d’une fille. En pleurant et en criant, une petite fille aux longs cheveux blonds en descendit. Elle avait l’air d’avoir seulement dix ans.

Nous courûmes vers la calèche, et à côté de la petite fille vêtue de blanc, il y avait un vieillard aux cheveux gris, vêtu d’un costume noir. Le sang coulait de sa poitrine alors qu’il souffrait de douleur.

« S’il vous plaît, sauvez Papy ! Il a été frappé par une flèche... ! » La jeune fille, le visage trempé de larmes, nous avait suppliés de l’aider. Ce vieil homme devait être très important pour elle.

Les soldats avaient fait descendre le vieil homme de la voiture et l’avaient étendu sur l’herbe.

« Linze ! Tu ne peux pas utiliser ta magie curative sur lui ?! »

« ... Je-je ne peux pas. La flèche doit avoir cassé, et une partie de celle-ci est encore logée dans la plaie. Si je le guéris dans cette condition, la pointe de la flèche sera coincée dans son corps... Même ça, à part... ma magie ne serait pas efficace sur une blessure aussi grave... ! » Les paroles de Linze étaient entrecoupées d’excuses et de regrets.

Dès que la petite fille avait entendu ce que Linze avait à dire, son visage s’était empli de désespoir. Elle agrippa fermement la main du vieil homme alors qu’elle pleurait, et il semblait qu’elle n’arrêterait jamais de pleurer.

« Mademoiselle... »

« Papy... ? Papy ! »

« J’ai peur... que nous devions nous séparer ici... Mais sachez que... les jours que j’ai passés avec vous... étaient parmi les plus heureux de ma vie ! Ack ...! »

« Papy, ça suffit ! » Bon sang... le vieil homme toussait et crachotait. N’y avait-il vraiment rien que nous puissions faire ? Je n’avais jamais essayé de magie majeure auparavant, mais j’avais étudié le sujet grâce aux livres que Linze m’avait laissé emprunter. Je connaissais l’incantation aussi. Ce n’était pas impossible pour moi de le lancer... probablement.

Devrais-je prendre un pari ici ? Mais même si je le guéris avec la flèche cassée toujours logée dans sa blessure, on ne sait pas ce qui pourrait arriver. La blessure qui guérit pourrait même faire enfoncer la flèche plus profondément, ce qui lui ferait percer le cœur... Attends... si je pouvais juste tirer la flèche... hors de la plaie... C’est tout !

« S’il vous plaît, éloignez-vous ! » J’avais repoussé les soldats et je m’étais agenouillé devant le vieil homme. Après cela, j’avais rapidement sorti l’une des autres flèches d’un des côtés de la calèche et j’avais gardé la forme de la pointe de la flèche en mémoire. Ensuite, je m’étais concentré sur cette image dans mon esprit.

« [Apportez] ! »

En un instant, j’avais fermement saisi une pointe de flèche sanglante et brisée dans ma main.

« Incroyable ! Tu as utilisé le sort pour récupérer la flèche ! » Elze regarda ma main et faillit crier de joie. Mais je n’avais pas encore fini, il y avait un pas de plus.

« Venez, Lumière ! Confort apaisant : [Magie curative] ! »

Alors que je jetais le sortilège, la blessure dans la poitrine du vieil homme commença doucement à se régénérer. C’était presque comme regarder une vidéo se rembobiner. Cela continua comme ça jusqu’à ce que l’ouverture déchiquetée soit complètement fermée.

« ... Qu’est-ce que c’est ? La douleur... disparaît ? Qu’est-ce qui se passe, ça ne me fait plus mal ? Ça ne fait plus mal... Je suis guéri ? »

« Papy ! » Le vieil homme était assis là, complètement déconcerté, mais indemne, alors que la petite fille l’entourait de ses bras. Elle pleura d’innombrables larmes de joie, refusant de lâcher le vieil homme pendant tout ce temps. Regarder ce spectacle nous avait tous fait sortir des soupirs de soulagement. Nous nous étions effondrés sur le sol.

« Ouf... » Eh bien, j’étais content que tout se soit bien passé.

***

Partie 4

Nous avions aidé à faire des tombes dans la forêt voisine pour les sept soldats qui étaient morts. Je n’aurais pas pu les laisser là, mais les emmener avec nous n’était pas une option non plus.

Des trois survivants, le plus jeune soldat avait creusé des tombes dans un silence complet. Apparemment, son frère aîné avait été parmi ceux qui étaient décédés. Quand nous avions fini d’ériger les tombes, il s’était incliné profondément devant nous. Le vieil homme se tenait à côté de lui et s’inclina aussi.

« Vraiment, vous avez été de la plus grande utilité pour nous. Comment pouvons-nous même faire pour vous remercier...? »

« S’il vous plaît, ne vous inquiétez pas à ce sujet. Mais le plus important encore, j’ai guéri ta blessure, mais tu as encore perdu pas mal de sang. Tu devrais vraiment te reposer maintenant. »Je trébuchai un peu sur moi-même alors que le vieil homme gardait la tête baissée. C’était comme ça avec Dieu aussi, mais il semblait vraiment que j’étais faible face aux vieillards.

« Merci, Touya ! Tu n’as pas seulement sauvé Papy, tu m’as sauvé la vie aussi ! » La petite fille blonde m’avait adressé des paroles de remerciements comme si elle était la reine du monde. J’avais adressé un sourire en coin et pensé en moi-même qu’elle devait être la jeune fille de quelque noble ou autre.

La calèche était de qualité supérieure à celle de Zanac. De plus, il y avait un grand nombre de gardes du corps, un vieil homme à la recherche de sa famille, et une petite fille hautaine, donc j’avais senti que je n’étais probablement pas loin de la vérité.

« Toutes mes excuses pour ces présentations tardives. Mon nom est Leim, et je suis un serviteur de la noble famille Ortlinde. La jeune fille est la fille du duc, Sushie Urnea Ortlinde. »

« Je suis Sushie Urnea Ortlinde ! C’est un plaisir de faire votre connaissance ! » La fille d’un duc ? Je suppose que j’avais mis en plein dans le mille. Elle avait l’air d’être de la noblesse, après tout.

Alors que je confirmais intérieurement ma théorie, les jumelles et la samouraï à mes côtés restaient toutes figées comme si elles avaient été transformées en pierre.

«  ... Quoi de neuf ? »

« Comment peux-tu être aussi familier ? C’est la fille du duc, tu sais ! »

« ... Le rang de duc est... le plus haut rang social qui puisse être attribué... Contrairement aux autres titres, celui de duc n’est généralement donné qu’aux membres de la famille royale... »

La famille royale... Hein ?

« Oui en effet ! Mon père est le duc Alfred Urnes Ortlinde, frère cadet de Sa Majesté le Roi ! »

« Alors, je suppose que ça fait de vous la nièce du roi. C’est plutôt incroyable. »

« ... Tu ne sembles pas surpris. Tu dois être toi-même une personne accomplie, Touya. » Hein ? Je me retournai pour trouver les jumelles et la samouraï à genoux, inclinant la tête vers le sol.

Quoi, nous prosterner maintenant ? Est-ce ainsi que je suis censé agir ici ?

« Euh... Mlle Sushie ? Devrais-je être... sur le sol avec eux ? »

« Vous pouvez m’appeler Sue. Nous ne sommes dans aucun cadre formel, donc vous n’avez pas besoin vous incliner. Vous n’avez pas besoin de parler formellement non plus. Comme je l’ai déjà dit, je te dois ma vie. Au contraire, je devrais être celle qui devrait incliner la tête. Je vous en prie, relevez-vous. » Les filles se relevèrent et levèrent la tête comme Sue l’avait indiqué. Il semblait qu’une partie de la tension dans l’air avait été dissipée, mais ils avaient toujours des expressions rigides sur leurs visages.

« Alors, que fait la fille du duc dans un endroit comme celui-ci ? »

« Nous revenions de chez ma grand-mère... du côté maternel. Il y avait une question que nous examinions, vous voyez. Nous sommes restés un mois et nous retournions dans la capitale. »

« Et puis vous avez été attaqué dans les parages... Ça ne ressemble pas vraiment à une attaque d’un vieux groupe de voleurs. »

Je ne pouvais pas vraiment imaginer des voleurs attaquant avec de la magie d’invocation. De plus, alors qu’il y avait beaucoup d’hommes-lézards, il n’y avait qu’un seul homme en robe noire qui les commandait. Il était plus logique de supposer que l’assaillant savait que la fille du duc était dans cette calèche. Dans ce cas, son motif était probablement un assassinat ou un enlèvement…

« Eh bien, l’assaillant est mort maintenant. Nous n’avons aucun moyen de savoir qu’il y était ou sur les ordres de qui il agissait. »

« Je m’excuse de l’avoir fait... » Yae baissa la tête d’un air découragé. Oh, c’est vrai, Yae avait été celle qui envoyait sa tête voler. Cela aurait eu certainement plus de sens d’essayer de le retenir pour l’interroger. Après tout, il y avait toujours la possibilité que nous puissions savoir qui l’avait envoyé ou démêler une grande conspiration qui se passait ou quelque chose comme ça.

« Ne vous dispersez pas en réflexions inutiles. Je vous l’ai dit, je vous suis reconnaissante. Vous avez mes louanges pour avoir vaincu cette menace. »

« Ces mots gentils... vous les gaspillez. » Yae s’inclina de nouveau.

« Eh bien, Sushi, Sue. Que comptez-vous faire ensuite ? »

« En ce qui concerne cette question... » Leim, qui avait reculer de quelque part dans les environs, s’exprima d’un ton contrit.

« Plus de la moitié des gardes ont été abattus, et si nous sommes à nouveau attaqués, je crains que nous ne soyons pas capables de garder la jeune demoiselle en sécurité. Envisageriez-vous de nous prêter vos services en tant que gardes du corps ? Je veillerai à ce que vous soyez correctement payé dès que nous atteindrons la capitale en toute sécurité. Voulez-vous nous aider ? »

« Travail de garde du corps, hein... » Eh bien, nous allions tous au même endroit de toute façon, et je ne pouvais pas me résoudre à les laisser là. Cela ne me dérangeait pas vraiment, mais j’avais besoin de savoir ce que les autres pensaient.

« Ça a l’air bien, non ? Je veux dire, nous y allions de toute façon », déclara clairement Elze.

« Ça ne me dérange pas du tout. »

« Je ne suis déjà qu’une passagère, je vais donc vous laisser la décision, Touya-dono. » On aurait dit que nous étions tous d’accord.

« D’accord, nous allons prendre le travail ! À la capitale, alors ? »

« Effectivement ! Nous nous placerons entre tes mains compétentes ! »Le visage de Sue laissa paraître un large sourire.

Donc, nos deux véhicules avaient continué. Le vieux chariot avançait derrière la calèche de Sue, et, devant nous, il y avait deux soldats à cheval, qui ouvraient la route.

Le soldat restant avait pris son cheval et était parti en avant pour livrer une lettre que Sue avait écrite expliquant la situation à la famille du duc.

J’étais monté dans la voiture comme garde du corps personnel de Sue. Comme je maîtrisais à la fois la magie et l’épée, il avait été décidé que c’était la meilleure position possible pour moi.

Je me suis assis dans un siège de grande classe qui m’était totalement inconnu, Sue s’était assise directement en face de moi, Leim étant à ses côtés pendant tout ce temps.

« ... Et avec cela, le vaillant Momotaro a tué le méchant Oni et a ramené divers trésors au village. »

« Ooh! Incroyable ! » Sue battit des mains en écoutant mon récit. Je me demandais si cela était bon. On m’avait demandé de raconter une histoire. Tout en expliquant que c’était un conte héroïque transmis dans ma ville natale, je récitais l’histoire de Momotaro. Je ne savais pas comment elle réagirait, mais Sue semblait assez contente.

Sue avait parlé assez étrangement pour quelqu’un de son âge. Apparemment, son discours était comme ça parce qu’elle essayait toujours d’imiter sa grand-mère, alors sa grand-mère devait aussi être quelqu’un de très haut placé.

« Voulez-vous me permettre d’entendre une autre histoire, Touya ? »

« Bien, d’accord. Voyons voir... Il y a longtemps, dans la ville-château d’un royaume lointain, vivait une fille nommée Cendrillon... » Je n’aurais jamais cru que je raconterais des histoires de sorcières ou de magiciens dans un monde où la magie existait vraiment... Pourtant, Sue semblait assez heureuse, alors ça ne me dérangeait pas vraiment.

Après cela, je m’étais épuisé en récitant tous les contes de fées imaginables, et avant que je le sache, je m’étais retrouvé à raconter les histoires de mangas célèbres et de films d’animation populaires.

Je n’en étais pas revenu quand Sue avait crié vouloir partir à la recherche du Château dans le Ciel, mais Leim avait réussi à la calmer.

Il semblait que la jeune femme aimait particulièrement les histoires d’aventure. Quelle fille étrange.

Et donc, nous avions passé le temps paisiblement dans la calèche alors que nous nous dirigions vers la capitale.

***

Partie 5

« Ooh, nous sommes presque arrivés ! C’est la capitale ! » Sue poussa un cri alors qu’elle passait la tête par la fenêtre. Je regardais dehors et au loin je distinguais un château blanc entouré de hauts murs, bordés par une grande cascade à l’arrière.

La capitale royale, Alephis. Située sur la rive du lac Palette, un grand plan d’eau qui s’est formé à la base de la chute d’eau, était également connue comme « La capitale au lac ».

Situé sur la partie occidentale du continent, le royaume de Belfast possédait un climat agréable. Cela plus les lois justes du roi régnant en avait fait un pays relativement paisible. Les produits en soie fabriqués dans la région de Killua à Belfast étaient réputés comme étant de la plus haute qualité au monde. Ils étaient légers et doux, robustes et beaux. Ces marchandises étaient populaires parmi les nobles et même des familles royales étrangères, ainsi ce commerce était la fierté du royaume, et soi-disant une source indispensable de revenu.

En y repensant, Zanac n’avait-il pas des vêtements de soie à vendre dans sa boutique ?

Alors que nous nous rapprochions de plus en plus de la capitale, j’avais été une fois de plus choqué par la hauteur des murs du château. Jusqu’où pouvait-elle aller ? Elle avait l’apparence d’une forteresse de fer conçue pour repousser tous les assaillants. Je ne voulais pas dire qu’elle était faite de fer ou de quoi que ce soit.

Plusieurs soldats effectuaient des inspections aux portes de la ville avant de permettre aux gens d’entrer dans la capitale. Cependant, nous avions été autorisés à passer dès que le garde avait aperçu les visages de Sue et Leim. On dirait qu’ils étaient assez bien connus dans ce quartier. Sans doute que les armoiries de la famille du duc sur le flanc de la calèche jouaient aussi un rôle.

La voiture continua tout droit en direction du château, traversant un pont de pierre qui enjambait une grande rivière en bas du chemin. Il y avait un autre point de contrôle au milieu du pont, mais nous étions encore une fois passés à travers.

« Au-delà de ce point est le quartier résidentiel des nobles. » J’avais donné un petit « je vois » à l’explication de Leim. Ainsi, la capitale avait été divisée en deux zones : le quartier des roturiers, et le quartier des nobles. Ce qui signifiait que l’endroit que nous venions de quitter devait être le quartier le plus fréquenté.

Nous avions voyagé à travers une rue remplie de rangées de beaux bâtiments et nous étions arrivés en face d’un imposant manoir. Les murs aux alentours étaient aussi énormes. Quand nous nous étions finalement arrêtés devant l’entrée, cinq, puis six soldats avaient lentement ouvert les très grandes portes, vraisemblablement lourdes. Ce n’était que maintenant que nous étions en face d’elle, que je constatai que le blason sur la porte était exactement le même que celui présent sur le flanc de la calèche.

Donc c’était la propriété du duc. C’était imposant. Tout du jardin à la maison était inutilement immense. Pourquoi tout était-il si vaste ?

La calèche s’arrêta devant l’entrée, et Sue ouvrit la porte avec grand enthousiasme.

« Bienvenue, jeune mademoiselle ! »

« Pourquoi cet accueil ! » Un mur de servantes apparut et inclina la tête à l’unisson. Je m’étais simplement assis dans la voiture, complètement ébahi jusqu’à ce que Leim me pousse à sortir. Je me sentais... complètement et totalement pas à ma place. Quand nous étions entrés dans le hall, un homme était descendu de l’escalier rouge devant nous.

« Sue ! »

« Père ! » Sue s’était dirigée droit vers l’homme et avait bondi pour l’embrasser.

« Dieu merci... Dieu merci, tu es saine et sauve ! »

« Je vais bien, père. Ne te l’ai-je pas écrit dans ma lettre ? »

« Quand cette lettre est arrivée, j’avais l’impression que mon cœur s’était arrêté dans ma poitrine... » Il semblerait que l’homme était le père de Sue, le duc Alfred Ortlinde, le frère du roi. Il avait des cheveux blonds, un corps fort qui m’informa d’un coup d’œil de sa bonne santé, mais malgré sa robustesse, il avait un visage doux qui lui donnait un air charmant.

Finalement, le duc se sépara de son étreinte avec Sue et se dirigea vers nous.

« ... Vous devez être les aventuriers qui ont sauvé ma fille. Vous avez ma plus sincère gratitude. Vraiment, merci beaucoup pour votre aide. » J’étais surpris. Le duc nous avait approchés seulement pour incliner la tête. Le frère du roi s’inclinait devant nous.

« S’il vous plaît, il n’y a pas besoin de baisser la tête. Nous avons seulement fait ce que n’importe qui ferait dans cette situation ! »

« Je vois. Vous êtes assez modeste, n’est-ce pas ? Néanmoins, vous avez toute ma gratitude. » Après qu’il eut fini de parler, le duc prit ma main dans la sienne et la secoua fermement.

« Vous le savez sans doute déjà, mais permettez-moi de me présenter officiellement. Je m’appelle Alfred Urnes Ortlinde. »

« Je suis Mochizuki Touya. Oh, Touya est mon prénom et Mochizuki est mon nom de famille. »

« Oh, seriez-vous d’Eashen ? »

... S’il vous plaît. Pas encore ça.

« Je vois... Alors vous êtes venus dans la capitale pour livrer une lettre à la suite d’une demande de la guilde ? » Nous nous étions assis sur la terrasse du deuxième étage donnant sur le jardin, en dégustant une tasse de thé.

Bien que les seuls qui appréciaient réellement leur thé étaient le duc et moi, car les trois autres étaient tendues et s’assirent comme des planches de bois. Sue avait quitté son siège et n’était plus là. Je me demandais où elle s’était enfuie.

« Si vous n’aviez pas accepté cette requête, Sue aurait très bien pu être kidnappée ou assassinée... Je suis reconnaissant à la personne qui vous a demandé de venir ici. »

« Avez-vous une idée de qui aurait pu être derrière l’attaque ? »

« Je souhaiterais presque pouvoir dire que je ne le sais pas... mais compte tenu de ma position, je suis sûr qu’il n’y a pas pas mal de politiciens véreux qui me voient comme une gêne. Il pourrait même y en avoir parmi les nobles qui chercheraient à kidnapper ma fille et à l’utiliser comme levier contre moi pour me faire agir selon tous leurs caprices. » Le duc fit une grimace amère et sirota son thé en disant cela. On aurait dit qu’il y avait toutes sortes d’individus, même parmi la noblesse.

« Je suis de retour, Père. Désolé pour l’attente. » Sue était sorti sur la terrasse. Elle portait une robe à volants rose pâle et, dans ses cheveux, un bandeau orné d’une rose très pâle assortie. Cela lui allait très bien.

« As-tu parlé avec Ellen ? »

« Oui, je l’ai fait. Cependant, je me suis bien gardée de lui dire que j’avais été attaqué. Je ne voulais pas l’inquiéter. » Sue sortit et s’assit à côté du duc. Leim arriva un instant plus tard en portant plus de thé avec lui.

« Ellen ? »

« Je suis désolé qu’elle ne puisse pas venir à votre rencontre, même si vous êtes venu au secours de notre fille... Elle est devenue totalement aveugle, vous voyez ».

« Votre femme est aveugle, est-elle ? » Yae prit la parole, on sentait clairement le cœur lourd derrière ses mots.

« Elle est tombée malade il y a cinq ans... Ils ont réussi à lui sauver la vie, mais pas sa vue. » Le duc laissa tomber son regard en parlant de son histoire triste. Sue le remarqua, et posa sa main sur la sienne. Elle devait être inquiète pour son père. Elle était vraiment une charmante petite fille.

« ... A-Avez-vous essayé de le traiter avec de la magie ? »

« J’ai appelé les pratiquants de la magie de guérison à travers tout le pays, mais... c’était inutile. Ils ont dit que si cela avait été causé par une blessure physique, alors la magie aurait peut-être aidé dans une certaine mesure, mais cela n’aurait eu aucun effet sur les séquelles d’une maladie. » Le duc répondait implacablement à la question de Linze.

Donc, même la magie de guérison ne pouvait pas l’aider... Je pensais que nous pourrions être en mesure de guérir avec [Soin Réparateur] ou quelque chose de ce genre, mais... Ce sont dans des moments comme ceux-là où je ressentais plus que jamais ma propre incompétence.

« Si seulement mon grand-père était encore en vie... » murmura Sue d’une petite voix regrettable. Elle avait dû remarquer ma curieuse expression, parce que le duc s’était levé pour expliquer.

« Le père de ma femme... Le grand-père de Sue, c’est-à-dire mon beau-père, pourrait utiliser une sorte de magie très spéciale. Il était capable de guérir toute anomalie dans le corps. La raison pour laquelle Sue est partie en voyage était d’en savoir plus sur sa magie et de trouver un moyen de la recréer. »

« Si nous avions la magie de grand-père, nous serions capables de guérir les yeux de maman. Même si nous ne pouvions pas utiliser cette magie, il y avait la possibilité que le fait d’en savoir plus à ce sujet nous ait permis de le remplacer par un sortilège d’une autre école de magie. C’est ce que j’ai entendu de la magicienne de la cour, tout au moins. Sinon nous pourrions essayer de trouver quelqu’un qui pourrait utiliser la même magie que grand-père... » Sue serra le poing de frustration.

« Elle a dit que cette possibilité était malheureusement assez faible, Sue. La magie non élémentaire est principalement de la magie personnalisée. Il n’y a presque pas deux personnes qui peuvent utiliser exactement le même sort. Mais je suis sûr qu’il doit y avoir quelqu’un qui peut utiliser un sort similaire. Je vais certainement trouver cette personne, d’une manière ou d’une autre... »

« “‘AAAAH !!!’” » Les trois filles assises à côté de moi avaient soudainement sauté de leurs sièges et avaient laissé échapper des bruits très forts. Whoa, ça m’a fait peur ! Mais que diable se passe-t-il ici ?!

« C’est Touya ! »

« Touya, c’est toi ! »

« Touya-dono, ça doit être toi, sûrement ! »

« De quoi parlez-vous ? » Les filles me pointèrent du doigt à toute vitesse, et je m’éloignai par réflexe.

Vous m’effrayez sérieusement... Est-ce que toute cette tension vous a rendue folle ? Regardez, le duc et sa fille s’éloignent aussi. Vous faites peur à tout le monde ici !

« Vous pourriez être en mesure d’utiliser ce sort ! » S’exclama Elze.

« La magie non élémentaire est principalement de la magie personnalisée... ce qui signifie que deux personnes ne peuvent pas utiliser le même sort. À part... ! »

« Touya-dono, tu peux utiliser n’importe quel sort de type Néant, n’est-ce pas ?! »

« Hmm... ? Oh ! Alors c’est donc la signification de tout ce raffut ! » J’avais finalement compris ! Oui, si le sort n’était pas élémentaire, alors...

« De quoi... parlez-vous ...? Voulez-vous dire que vous pouvez...? »

« Touya ! Pouvez-vous vraiment guérir ma mère ? » S’exclama Sue. Le duc me regarda avec une expression de stupéfaction sur son visage. Pendant ce temps, Sue s’accrochait à mon bras comme si elle n’allait jamais le lâcher.

« Honnêtement, je ne serai pas capable de vous dire si je peux la soigner ou non sans avoir essayé d’abord. Mais s’il y a un espoir... Du moment que je connais le nom du sort et les détails de ce qu’il fait. »

« Oh, mon dieu, avons-nous des invités ? » La dame assise sur le lit dans la chambre où nous étions entrés ressemblait beaucoup à Sue. La regarder m’avait presque fait entrevoir à quoi ressemblerait Sue à l’avenir. La seule différence était qu’elle avait les cheveux châtain clair contrairement à sa fille qui était blonde.

Sa blouse blanche et sa jupe bleu pastel lui donnaient un air éphémère. Pour la comparer à une fleur, elle ressemblait moins à une rose ou à un lys, et ressemblait plus à une gypsophile. Elle était encore jeune. Probablement pas encore trente ans. Mais j’avais l’impression que sa jeunesse focalisait davantage l’attention sur ses yeux aveugles. Ses yeux étaient toujours ouverts, mais son regard donnait l’impression de ne jamais se poser sur rien. Cela m’avait presque poussé à demander ce que ces yeux pouvaient contempler.

« Je m’appelle Mochizuki Touya. C’est un plaisir de vous rencontrer, Duchesse Ellen. »

« Tout le plaisir est pour moi. Chéri, ce jeune homme est-il un de tes amis ? »

« Effectivement, c’est quelqu’un qui s’est occupé de Sue pendant son voyage... et en entendant parler de vos yeux, il a dit qu’il aimerait voir ce qu’il pouvait faire. »

« Mes yeux...? »

« Mère, s’il te plaît, détends-toi un moment. » Dit Sue. Je levai tranquillement ma main et la portai devant les yeux de la duchesse Ellen. Mon esprit se concentrait entièrement sur eux alors que je jetais le sort que j’avais appris il y a un instant. Allez, s’il te plaît, marche...

« [Restauration]. »

Une douce lumière sortait de la paume de ma main pour aller dans les yeux de la Duchesse Ellen. Quand la lumière s’était évanouie, j’avais retiré ma main.

Son regard erra un moment avant de s’installer progressivement. Après avoir cligné des paupières plusieurs fois, elle se tourna doucement vers son mari et sa fille.

« ... Je-je peux... voir ? Chéri...! Je peux voir ! » Les larmes avaient commencé à couler des yeux de la Duchesse Ellen.

« Ellen...! »

« Mère ! » Ils se serrèrent tous les trois et se mirent à pleurer. En voyant enfin son mari et sa fille pour la première fois en une demi-décennie, la duchesse Ellen sourit brillamment à travers ses larmes. Elle avait simplement continué à regarder leurs visages à travers ses yeux embués de larmes. Les visages de sa famille bien-aimée.

Leim, qui observait tranquillement la scène de près, tourna son visage vers le haut et commença à renifler aussi.

« Uwah... Je suis tellement heureuse ! » Elze s’étrangla.

« Je suis tellement content pour eux aussi... »

« Je suis vraiment content pour eux... ! »

Attends, pourquoi es-tu en train de pleurer ? Huh? Attends, est-ce que le fait d’être le seul à ne pas pleurer peut faire de moi une horrible personne ? Je me sens très ému par toute cette scène aussi, tu sais ! C’est juste que je mettais mis tellement de pression pour m’assurer d’obtenir un résultat que je suis plus soulagé qu’heureux maintenant... Ah, oublie ça.

Pour le moment, nous avions juste regardé chaudement la famille se réjouir.

***

Partie 6

« Je vous suis grandement redevable. Vraiment, vous n’avez aucune idée de ce que tout cela signifie pour moi. Vous avez non seulement sauvé ma fille, mais vous avez en plus guéri ma femme... Merci, merci beaucoup. » Le duc s’inclinait à nouveau. Je n’étais vraiment pas bon dans des situations comme ça. Je ne pouvais pas supporter le fait de voir cet homme s’incliner devant moi.

Sue était toujours dans la chambre de la duchesse Ellen. Nous avions été amenés dans le salon, où nous étions assis dans de luxueuses chaises, en face du duc.

« S’il vous plaît, n’en parlons plus. Sue est en sécurité, et votre femme est guérie. Je suis juste content que tout aille mieux maintenant. »

« Non, je ne peux pas en rester là. Je dois vraiment vous montrer toute ma reconnaissance. Leim, amenez-le. »

« Bien sûr, monsieur. » Leim avait apporté un plateau d’argent avec plusieurs objets disposés dessus.

« Tout d’abord, prenez ceci. C’est votre récompense pour avoir sauvé ma fille. En plus de l’avoir escortée jusqu’à sa maison en toute sécurité. » Leim m’avait tendu un sac dans lequel je supposais avoir de l’argent à l’intérieur.

« Vous devriez trouver quarante pièces de monnaie en platine. »

« Hein ?! » « Quoi ?! » « Eh ?! » Les filles semblaient saisir immédiatement la situation, mais je n’étais pas sûr de ce que le duc voulait dire. Je connaissais tout à propos des pièces d’or à ce moment-là, mais qu’est-ce qu’une pièce de platine ? J’avais demandé à Elze, qui était assise à côté de moi.

« Hey Elze, qu’est-ce qu’une pièce de platine ? »

« ... C’est une pièce se situant un niveau au-dessus des pièces d’or. Une seule pièce de platine équivaut à dix pièces d’or... »

« Dix pièces d’or ?! »

De tout mon temps passé dans ce monde jusqu’à présent, je savais qu’une pièce en or équivaut à peu près à cent mille yens... Donc, si une pièce en platine équivaut à un million de yens, alors j’ai... quarante... millions... yens... ?! 

« Att-Attendez, je ne peux pas accepter ça ! C’est beaucoup trop ! » Après avoir réalisé la valeur de ce que l’on nous donnait, je m'étais empressé de le refuser. Il n’y avait aucun moyen que le travail que nous avions accepté valait autant d’argent que cela.

« Ne dites pas cela, s’il vous plaît, acceptez-le. Si vous envisagez de gagner votre vie en tant qu’aventuriers, je suis sûr que vous atteindrez un point où vous aurez besoin d’argent comme ceci. Considérez ceci comme un fonds de réserve pour les moments difficiles. »

« Eh bien... » Il avait raison, l’argent serait probablement utile. Je détestais l’admettre, mais il y avait des choses dans ce monde qui ne pouvaient être résolues qu’en faisant circuler de l’argent. D’ailleurs, d’après ce que je savais de la personnalité du duc, il n’allait pas laisser tomber jusqu’à ce que j’accepte la récompense.

« En outre, je voudrais donner à chacun d’entre vous l’une d’elles. » Le duc aligna quatre médailles sur la table devant lui. Chacune avait un diamètre d’environ cinq centimètres. La conception de la médaille comportait un bouclier au centre et une paire de lions face à face. Attendez... n’est-ce pas...

« Ce sont des médailles arborant le blason de ma famille. Avec cela, vous serez en mesure de passer à travers n’importe quel point de contrôle avec une relative facilité, et vous serez également en mesure d’accéder à des établissements normalement réservés aux nobles. Si quelque chose devait vous arriver, elles vous garantiraient du soutien de ma famille. C’est une sorte de pièce d’identité, on pourrait tout à fait le dire. »

Selon le duc, ces médailles étaient normalement distribuées aux marchands exclusifs de la famille ou à d’autres personnages puissants. Un seul mot unique était gravé sur chacune d’elles, ce qui signifiait qu’il ne pouvait y avoir de doublons. C’était apparemment pour s’assurer qu’ils ne pourraient jamais donner lieu à des abus si jamais nous les perdions.

Ma médaille portait le mot « Tranquillité », celle d’Elze « Ferveur », celle de Linze « Philanthropie » et celle d’Yae « Sincérité ». La tranquillité, eh... Eh bien, la paix est ce qu’il y a de mieux, après tout.

Quoi qu’il en soit, ces médailles avaient certainement l’air de choses très utiles à posséder. En fait, il nous sera ainsi plus facile de rendre visite à Sue. Être arrêté aux points de contrôle tout le temps devait être pénible. Bien qu’en cas d’urgence, je pourrais de toute façon toujours lancer [Porte] pour contourner tous les points de contrôle.

Nous avions divisé l’argent à parts égales entre nous, donc dix pièces de platine chacun. Pourtant, une pièce en platine équivalait à dix pièces d’or, donc cela représentait un million de yens... Je devais être absolument sûr de ne jamais en laisser une tomber.

Nous avions décidé que c’était trop risqué de se promener avec autant d’argent, alors nous avions chacun pris une seule pièce et avions demandé au duc de livrer le reste à la guilde pour nous. Apparemment, cela avait été mis en place afin que nous puissions retirer notre argent de n’importe quel bureau de guilde dans n’importe quelle ville. Je pensais que c’était comme l’équivalent d’une banque dans notre monde.

Nous avions décidé qu’il était temps de continuer notre route, et lorsque nous étions retournés au hall, Sue et la duchesse Ellen étaient venues nous voir.

« Venez bientôt nous visiter ! C’est un ordre, vous entendez ?! » Après une scène d’adieu émouvante, nous étions remontés dans notre chariot et nous nous étions rendus dans le domaine du vicomte Swordrick afin de livrer cette lettre, juste comme Zanac nous l’avait demandé.

« Eh ? La lettre que l’on vous a demandé de remettre était donc pour le vicomte Swordrick. » Oh, nous n’avions pas encore parlé de ça à Yae ? Étrangement, j'avais croisé le regard surpris d’Yae alors que le chariot nous balançait d’un côté à l’autre.

« Est-ce que tu le connais ? »

« Est-ce que je le connais ? L’homme que j’ai déjà mentionné, c’est lui. Celui qui a aidé mon père dans le passé, l’homme que je suis venu rencontrer ici, c’est lui ! » Huh, c’était une curieuse coïncidence. Le monde est petit après tout.

Nous fûmes ballottés à l’arrière du chariot tandis qu’Elze nous conduisait dans un quartier huppé, suivant les indications que le duc nous avait données avant de s’arrêter devant la propriété du vicomte.

Cela peut sembler impoli, mais venant avant ça du domaine du duc, celui du vicomte avait semblé beaucoup plus... étroit, comparativement. Pourtant, il n’y avait aucun doute que c’était un endroit vraiment génial. Il était assez ancien, ou plutôt, chargé d’histoires. J’avais entendu dire que beaucoup de nobles ayant des biens dans la capitale possédaient aussi des terres ailleurs, donc cela pouvait même être juste la villa du vicomte.

Quand nous avions donné le nom de Zanac au portier, il avait dit qu’il ferait en sorte que le vicomte nous rejoigne. Peu de temps après, nous avions été conduits dans le manoir, où un homme que j’avais supposé être un majordome nous avait conduits dans la salle de réception.

Une fois de plus, comparé au salon de la maison du duc, l’endroit était un peu... eh bien... Des pensées impolies coururent dans ma tête pendant que nous attendions, quand sortit un homme héroïque aux cheveux roux. Ce gars... était fort. Je pouvais dire même à travers ses vêtements que sa musculature était assez importante. Même ses yeux étaient pointus, nous surveillant comme un faucon qui repère sa proie.

« Je m’appelle Carlossa Galune Swordrick. Êtes-vous les messagers envoyés par Zanac ? »

« Nous le sommes. Nous sommes ici pour vous livrer cette lettre à sa demande. On nous a aussi demandé de recevoir une réponse de votre part que l’on doit prendre avec nous. » Je lui tendis le tube contenant la lettre de Zanac. Le vicomte l’avait pris et avait enlevé le cachet de cire avec un couteau avant de lire le contenu.

« Attendez ici un moment. Je dois écrire une réponse. » Après avoir parlé, le vicomte quitta la pièce. En sortant, une femme de ménage y entra et nous prépara du thé, mais comparer au thé que nous avions eu chez le duc... Non, c’était assez. Pas besoin de manquer de respect au vicomte. Je n’aurais pas dû le comparer au duc en premier lieu.

« Désolé de vous avoir retenue. » Le vicomte était revenu avec une lettre scellée à la main.

« C’est entendu, donnez ceci à Zanac. Aussi, attendez un moment. Avant que vous partiez... » Alors que le vicomte me tendait la lettre, son regard se porta sur Yae.

« Depuis que j’ai posé les yeux sur toi la première fois, je me demandais... Avons-nous... Non, je ne pense pas que nous nous soyons déjà rencontrés auparavant. Pourtant... Comment t’appelles-tu ? » Le vicomte pencha la tête comme s’il essayait de se souvenir de quelque chose. Yae le regarda droit dans les yeux et lui donna son nom.

« Je m’appelle Kokonoe Yae ; je suis la fille de Kokonoe Jubei. »

« ... Kokonoe... Oh, Kokonoe ! Je vois. Alors tu es la fille de Jubei ! » Le vicomte plia le genou, laissa échapper un large sourire, et donna à Yae une fois de plus un sourire radieux sur son visage.

« Oui. Il n’y a pas de doute. Tu es l’image crachée de Nanae. Je suis content que vous preniez les traits de votre mère et non de ce vieil homme ! »Le vicomte rit comme s’il avait soudain été mis de bonne humeur, et Yae avait simplement souri sans un mot.

« Uhm... alors comment connaissez-vous Yae ... ? » Demandai-je.

« Hmm ? Oh, c’est vrai. Vous voyez, son père, Jubei, était un instructeur épéiste pour la famille Swordrick. À l’époque où je n’étais encore qu’un morveux pleurnichard, il m’a vraiment fait passer à la moulinette. C’était un vrai défi, je vous le dis. Difficile à croire que c’était il y a vingt ans maintenant. »

« Mon père parle toujours de la façon dont, parmi les escrimeurs qu’il a formés, aucun n’était aussi sage ou aussi talentueux que vous, Vicomte-dono. »

« Ohoho? Je suis content d’entendre ça ! Même si c’est de la flatterie, c’est réconfortant de savoir que mon vieux professeur parle si bien de moi. » Le vicomte sourit joyeusement, fidèle à ses paroles. Mais Yae continua à lui parler avec une expression sérieuse sur le visage.

« Il m’a aussi dit que si jamais j’avais l’occasion de vous rencontrer, je devrais demander votre avis en matière d’épée. »

« Oho... » Le vicomte plissa les yeux, apparemment enthousiasmé par les paroles d’Yae.

Huh? Qu’est-ce qui se passe avec ce changement dans l’atmosphère tout à coup... ?

***

Partie 7

Le jardin du vicomte possédait un dojo.

En entrant, je ne pouvais pas retenir ma surprise. Après tout, il ressemblait exactement à un dojo de kendo japonais.

Un plancher de bois poli, plusieurs épées de bois accrochées au mur... avec un véritable sanctuaire.

« Ce bâtiment a été planifié par M. Jubei, et il a été construit par mon père. Il a été conçu pour avoir une esthétique d’Eashen, comme vous pourriez le constater. »

« Cela me rappelle le dojo à la maison... Ça me rend nostalgique. »

Comme ça on est deux, Yae. Aller à Eashen va bientôt être en tête sur ma liste des priorités.

« Choisissez l’épée en bois qui vous convient le mieux. Ils sont alignés par la taille de leur prise. » Après s’être vêtu d’une tenue d’entraînement, le vicomte fixa sa ceinture et saisit une épée de bois. Yae, d’un autre côté, prit quelques épées et essaya plusieurs fois de les balancer avant de décider laquelle lui conviendrait le mieux. Peu de temps après, elle se tenait face à face avec l’homme.

« Est-ce que l’un de vous maîtrise la magie de guérison ? »

« ... Nous connaissons un ou deux sorts. » J’avais répondu en levant ma main et en regardant Linze.

« Alors il n’y aura pas besoin de se retenir. Viens à moi avec tout ce que tu as. » Quand il avait dit cela, nous étions allés nous asseoir au bord du dojo pour ne pas entraver leur combat.

Frappé par une idée subite, j’avais sorti mon smartphone. Très bien...

« Qu’est-ce que tu fais ... ? » S’exclama Linze, l’air confus.

« Juste un petit quelque chose pour le futur. » Pendant que je répondais, Elze avait pris le rôle de l’arbitre et avait pris sa place entre les combattants.

Après avoir confirmé qu’ils étaient complètement prêts, elle avait signalé le début.

« Maintenant alors... commencez ! » Alors que la voix d’Elze résonnait dans le dojo, Yae se précipita vers le vicomte à la vitesse d’une balle. Il avait arrêté le premier coup de plein fouet et paré soigneusement chacune des nombreuses attaques qui avaient suivi.

Yae recula momentanément et tenta d’adapter sa respiration. Cependant, malgré l’occasion en or, le vicomte ne l’avait pas attaquée. Au lieu de cela, il avait juste regardé ses mouvements.

Face à face, ils se serrèrent les uns contre les autres comme s’ils dessinaient une spirale intérieure. Peu à peu, la distance entre eux se rétrécit jusqu’à atteindre un point qui provoqua un autre échange d’épées de bois... commençant une autre série de coups vicieux.

Cependant, Yae était la seule qui attaquait réellement. Le vicomte avait simplement paré, esquivé et dévié, ne montrant aucun signe de prise d’initiative.

« Je vois... Alors c’est comme ça. » Il déplaça son épée dans une position inférieure. Yae avait fixé sa cible et avait respiré pendant que ses épaules se déplaçaient de haut en bas dans une succession rapide. Il était évident qu’elle manquait d’endurance.

« Votre maîtrise de l’épée est correcte. J’irais même jusqu’à l’appeler exemplaire, car je ne vois même pas un seul mouvement inutile. C’est exactement la manière dont Jubei m’a appris. »

« Y a-t-il un problème avec ça, n’est-ce pas ? »

« Pas le moindre. Cependant... vous n’avez pas dépassé ce niveau. »

« Quoi — ?! » Le vicomte avait déplacé son épée dans une position aérienne et avait montré son premier geste d’agressivité. Je pouvais même sentir son aura électrique.

« En garde ! » Il fit un pas en avant, et avant même que je ne le remarque, bondit rapidement et réduisit la distance entre lui et Yae. L’épée qu’il tenait au-dessus de sa tête descendit rapidement vers sa tête. Yae avait répondu en positionnant son épée au-dessus d’elle-même.

Cependant... au moment suivant, elle était tombée par terre avec un son très déplaisant. Je l’entendais gémir alors qu’elle tenait un de ses côtés.

« À-assez ! » Elze avait proclamé la fin du match. Si cela avait été une vraie bataille, Yae aurait été soigneusement divisée en deux.

« Guh... »

« S’il vous plaît, évitez de bouger trop. J’ai probablement cassé quelques-unes de tes côtes. Si tu leur en donnes la possibilité, ils peuvent percer tes poumons. Vous ! Venez la guérir. »

« Ah, c’est vrai. »

Alors qu’Yae se tordait de douleur, j’avais placé ma main sur son flanc et lancé un sort de Guérison. Plus tôt que prévu, probablement en raison de la douleur déclinante, son expression était devenue calme.

« Je vais bien maintenant » après m’avoir remercié, Yae se leva et salua sincèrement le vicomte.

« Je suis reconnaissante pour vos conseils. »

« Ta maîtrise de l’épée n’a pas de côté obscur. Tu mélanges des feintes et des attaques réelles, charges et recules si nécessaire... C’est à la fois féroce et ouvert. Cependant, la manière dont tu manies l’épée ne rompt pas les limites de l’entraînement de dojo. Maintenant, je ne dis pas que c’est une mauvaise chose. Après tout, la vraie force diffère d’une personne à l’autre. » Les yeux perçants du vicomte transpercèrent Yae.

« Qu’attendez-vous de votre épée ? » Elle n’offrit aucune réponse à ses paroles. Au lieu de cela, elle leva simplement les yeux vers son épée de bois.

« C’est la première chose que tu dois apprendre. Ensuite, tu trouveras ton vrai chemin. Et quand tu l’auras fait, n’hésite pas à revenir vers moi. » Avec ces derniers mots, le vicomte sorti du dojo

« Hé, eh bien... Ça ne te dérange pas trop ! Les batailles sont toutes basées sur la chance. Si tu as perdu, tu étais vouée à l’échec de toute façon ! »

« ... Elze-dono... vous ne m’aidez pas du tout, là... » Yae regarda Elze avec une expression sévère, ce qui la fit éclater de rire.

Linze avait pris le contrôle du chariot pour nous amener au poste de contrôle par lequel nous pouvions quitter le quartier noble.

« Que vas-tu faire à partir d’ici, Yae ? Nous retournons à Reflet », avait proclamé Elze.

« Qu’est-ce que je devrais faire, je me le demande... »

Merde, elle a l’air vraiment faible. Cela me rappelait un employé inutile qui avait perdu tout espoir. Assise du côté de nos bagages, Yae regardait le ciel au loin avec son menton posé sur ses mains.

« Si tu n’as nulle part où aller, tu devrais venir avec nous à Reflet ! Ensuite, tu pourras rejoindre notre guilde, faire la fête et même parfois t’entraîner avec nous ! » Parfois ? Eh bien, j’ai un peu compris ce qu’allait faire Elze. Nous étions devenus de bons amis, donc ça aurait été un peu dommage si nous nous séparions à ce moment-là.

« Ce n’est peut-être pas une mauvaise idée, sûrement pas. »

« D’accord, c’est décidé ! »

« Vous, vous êtes si puissant... » L’efficacité d’Elze m’avait fait adopter un sourire ironique. Elle avait profité pleinement de la déprime d’Yae... ou peut-être qu’elle était juste attentionnée à sa façon ? Tout en y réfléchissant, notre chariot avait atteint le point de contrôle. Les soldats au poste étaient venus vers nous, et quand Linze leur avait timidement montré la médaille que nous avions reçue du duc, ils n’avaient pas hésité à nous laisser passer. Mon Dieu, ce duc vaut le coup.

« Le monde est un très grand endroit, c’est... Je ne pensais pas que je faisais face à quelqu’un de si fort... J’ai un long chemin devant moi, je le sens... » Yae murmura lentement ces mots.

Alors elle était toujours accrochée à ça... Ça a dû être un choc.

« Le coup final surtout... Je ne comprends pas comment c’est arrivé, je ne comprends pas. Je pensais que j’allais parer l’épée telle qu’elle venait d’en haut... mais elle m’a frappé sur mon côté... »

« C’était quelque chose ! J’étais juste à côté de toi, mais je n’ai même pas vu ce qu’il s’est passé ! C’était comme si je clignais des yeux et que tu étais soudainement allongé sur le sol, tu sais ? » Pour aider Yae à le traiter, Elze commença à expliquer avec enthousiasme ce qu’elle voyait.

« C’est vraiment dommage... Si seulement je pouvais voir cette attaque une fois de plus, si seulement... »

« Mais tu le peux, » expliquai-je.

« ... Excuse-moi ? » Mes mots nonchalants poussèrent Yae à adopter une expression plutôt stupide et à cligner des yeux à plusieurs reprises.

J’avais sorti mon smartphone, puis j'avais affiché le match que je venais d’enregistrer, et j’avais lancé la vidéo pour elle.

« Qu-Qu’est-ce que c’est ?! Ah ! Att-Attends ! Ça, c’est moi ! Et vicomte-dono ! Elze-dono, elle aussi ! »

« Whoa, c’est quoi ce bordel ?! Ça bouge ! Mais je suis juste là ! Eh ? Attends, c’est vraiment Linze ?! Sœurette ?! Non, elle est ici aussi ! Que se passe-t-il ?! »

« Calmez-vous. »

« Ow! » « Aïe...! » J’avais laissé tomber une tape légère sur le dessus de leurs petites têtes paniquées. Elles avaient vraiment besoin de se calmer. Cependant, ce n'était pas comme si ce n’était pas drôle.

« C’est... un peu comme une magie Néant personnalisée qui permet l’enregistrement d’événements pour que vous puissiez les revoir plus tard. Je l’ai utilisé pour enregistrer votre match. »

« Cette magie est réellement incroyable ! »

« Eh ? Quel est le nom de ce sort ? »

« Ah... smartphone, je suppose ? »

« Smawtforn... n’a jamais entendu parler de ça avant. Bien, peu importe. C’est une magie non élémentaire après tout. » Elze croisa les bras et inclina la tête. Yae, d’un autre côté, prit mon smartphone et regarda intensément l’écran. Assez tôt, elle était arrivée au moment où elle avait été vaincue.

« Juste ici, oui ! » L’épée qui était censée tomber sur sa tête était en fait sur mon côté tout le temps. Huh? J’étais tout à fait sûre que c’était une frappe aérienne...

« Qu’est-ce que ça veut dire...? »

« Je ne sais pas... » Demandai-je à Elze, qui la regardait à mes côtés, mais elle semblait aussi ignorante que moi.

« T-Touya-dono ! C’est possible de le revoir, n’est-ce pas ?! »

« Bien sûr que oui. Autant de fois que tu veux. Devrais-je revenir au début ? Ou juste avant ta défaite ? »

« Avant ma défaite ! »

J’avais défini le point de départ et remis le téléphone à Yae. Le vicomte s’approcha d’Yae et la frappa directement sur le côté. Il n’avait jamais visé la tête. Mais j’étais tout à fait sûr que...

« Épée de l’ombre... »

« Épée de l’ombre ? » J’étais troublée par les mots qu’elle murmura tranquillement.

« C’est une technique qui transforme un fort esprit combatif en une lame. Étant une illusion, elle n’a aucune substance. Cependant, puisqu’il est fait d’esprit, elle a une présence que vous pouvez ressentir, sûrement... C’est pourquoi, avant de le réaliser, vous reconnaissez son existence. Le vicomte a probablement attaqué avec l’ombre par le haut alors qu’il a frappé avec sa vraie lame dans mon côté. L’attaque d’en haut était constituée de son puissant esprit combatif... tandis que la vraie, que je ne pouvais pas sentir, venait du côté, il l’a fait ! Oui... J’ai mordu à l’hameçon qu’il a posé, moi ! »

Alors on lui avait montré une illusion ? Je pensais que cette douche froide la rendrait encore plus déprimée, mais elle souriait réellement. Et ça ne ressemblait pas au sourire de quelqu’un qui avait abandonné... C’était comme si elle avait réalisé quelque chose. Ses marmonnements me firent pourtant sérieusement peur.

« Mon sabre n’a pas de côté obscur, c’est sur. Maintenant, je vois ce qu’il voulait dire, oui. Parfois, vous n’attendez pas l’ouverture chez votre ennemi, mais créez-la vous-même... C’est intéressant, réellement... »

« Hey, Yae. Ça va ? »

« Je vais bien, oui. Merci, Touya-dono. Vous m’avez vraiment aidé, sincèrement. » Comme Yae semblait satisfaite, j’avais repris mon smartphone et l’avais placé dans ma poche. Eh bien, c’était bon de l’aider à retrouver le moral.

« Je vais m’entraîner beaucoup et devenir encore plus forte... Avec vous tous à mes côtés, je le ferai ! »

« C’est mieux comme ça ! Je ne l’aurais pas dit autrement ! » Yae et Elze avaient échangé un tope-là. Ah, les joies de la jeunesse.

« H-Hey, ne m’oublie pas... » Une voix légèrement amère était venue de l’avant du chariot. Oh, ce n’est pas comme si l’on t’avait vraiment oublié ! Désolé, Linze.

***

Partie 8

Puisque nous étions déjà dans la capitale royale, nous avons décidé de ne pas louper cette occasion. Nous n’étions certainement pas à court d’argent, nous avions donc ainsi décidé de faire du shopping. Ou plutôt, cela avait été décidé à ma place. Il me manquait ce qu’il fallait pour résister à la volonté des trois filles.

Nous avions laissé notre chariot à l’auberge, même si cela allait nous coûter un peu d’argent parce que nous n’avions pas prévu de rester la nuit, et avions décidé que nous nous réunirions là dans trois heures.

Les trois filles étaient allées quelque part ensemble, mais j’avais choisi de faire quelque chose par moi-même. Je ne voulais vraiment pas être leur porteur. Sans oublier qu’il y avait quelque chose que je voulais m’acheter moi aussi.

J’avais donc sortit mon smartphone, trouvé ma position sur la carte et... j’avais réalisé que la capitale était énorme. Honnêtement, je n’aurais pas attendu à moins. Y a-t-il une fonction de recherche ? Très bien, a-r-m-u-r-e-r-i-e...

Assez rapidement, plusieurs épingles étaient apparues sur la carte, montrant les emplacements des boutiques d’armures dans la région. La plus proche était... juste en face de moi ? J’avais levé la tête pour voir une boutique d’armure avec un signe de bouclier devant elle. Je n’avais même pas eu à la chercher...

« Bienvenue ! » J’étais entré dans le magasin pour voir une abondance absolue de boucliers, d’armures, de gantelets et de casques. Derrière le comptoir au fond de la pièce, j’avais vu un commerçant à l’air chaleureux qui me souriait.

« Excusez-moi, puis-je jeter un coup d’œil ? »

« N’hésitez pas ! Essayez aussi ce que vous voulez. » M’ayant donné sa permission, j’avais commencé à regarder attentivement les pièces d’armure. Je m’étais dévolu à l’armement depuis que j’avais acheté un katana pour effectuer ma première requête de la guilde, et à ce moment-là, j’avais en quelque sorte remis l’achat de l’armure à plus tard. Mais être ici m’avait donné une bonne occasion d’en profiter, et je n’étais pas sur le point de la manquer. C’était la capitale royale, après tout, alors je pensais que je pourrais aussi bien obtenir quelque chose de génial.

D’accord, maintenant... J’apprécie beaucoup la mobilité, donc je ne pense pas que je sois adapté à une sorte d’armure métallique. Se déplacer en armure complète doit être un véritable enfer.

Mon choix allait donc se porter sur des types d’armures plus légères, comme le cuir...

« Excusez-moi, quelle est la meilleure armure que vous avez ? Ah, non métallique, je veux dire. »

« Non métallique ? Ce serait probablement cette armure de rhinocéros tacheté. »

« Rhino tacheté ? »

« Exactement, un rhinocéros avec des taches dessus. L’armure faite à partir de sa peau est plus dure et plus durable que celle fabriquée à partir de cuir standard. » J’avais essayé de frapper avec mes poings sur l’armure et c’était très dur, en effet.

« Et c’est encore plus léger que l’armure métallique ? »

« Eh bien... à moins que ça ne soit enchanté, c’est comme ça la plupart du temps. »

Enchanté... C’est la chose où ils ajoutent des effets magiques à l’équipement, non ? J’avais entendu dire que certains objets enchantés hautement convoités pouvaient être trouvés dans des ruines antiques, mais le royaume magique en Extrême-Orient les avait produits en grand nombre.

« Vendez-vous des armures enchantées ? »

« Désolé, mais nous n’en vendons pas. Un équipement comme celui-là est vraiment cher. Je pense que Berkut, l’armurerie de l’avenue de l’Est, vend des choses comme ça, mais c’est exclusif aux nobles. » Le commerçant avait répondu avec une expression troublée.

Exclusif aux nobles, hein ? Assez problématique — attendez. « Me laisseraient-ils entrer si je leur montrais ça ? »

« Qu’est-ce que c’est... ? c-c’est le duc... ! Êtes-vous un proche du duc, monsieur ? » En voyant la médaille que j’avais reçue du duc, le commerçant avait immédiatement changé d’expression.

« Tout devrait aller, alors. Si le duché vous approuve, il n’y aura pas de problème du tout. » Je lui avais donné une pièce d’argent pour compenser le temps perdu, puis j’avais quitté le magasin. Après cela, en faisant référence à ma carte, j’étais parti à la recherche de l’armurerie Berkut.

En traversant la capitale royale, je ne pouvais cacher ma surprise face à toutes les races non humaines qui erraient ici et là. Il y en avait beaucoup, toutes avec leurs traits uniques, mais ce qui attira davantage mon attention étaient les hommes bêtes.

Je n’en ai pas vu un seul dans Reflet, mais ici, vous ne pouviez pas les manquer même si vous essayiez. Ces hommes bêtes n’étaient pas ceux avec des corps humains et des têtes d’animaux, comme, disons, le Minotaure — ils étaient comme la fille-renard marchant devant moi. Les oreilles et la queue mises à part, elle n’était pas différente d’un humain normal. Grande, cheveux blonds avec des oreilles de renard tout aussi lumineux, sauf pour les pointes noires. Une grande queue moelleuse avec une extrémité blanche. Elle avait également une autre paire d’oreilles, des oreilles humanoïdes, tout comme les nôtres. Linze avait dit quelque chose à propos des deux paires ayant une relation principale-subordonnée, mais je n’avais pas vraiment compris les détails...

Oh ? Cette fille-renard semblait vraiment perdue et confuse... Cherchait-elle quelqu’un ? Son expression semblait vraiment troublée. Et pourtant personne ne l’aidait. Les gens de la capitale semblaient aussi froids que ceux de mon monde.

C’est bon, je suppose que je vais devoir aller lui parler.

« Euh... tout va bien ? »

« O-Oui ?! Qu’est-ce que ch'es ?! »

Oups, je l’ai tellement surprise qu’elle a oublié comment prononcer des mots. Elle m’avait regardé avec les yeux grands ouverts. Je devais la faire se calmer. Après tout, je n’étais pas un pervers bizarre ou quoi que ce soit... Ou du moins, c’est ce que je pensais. Pourquoi était-elle si effrayée, j’avais commencé à perdre confiance dans ma réussite.

« Eh bien, il semblait que tu avais des ennuis. Je me demandais juste ce qui se passait. »

« Ah, euh... j’ai... j’ai perdu mon compagnon... »

Ah, alors elle était perdue après tout.

« N-Nous avons décidé où nous allions nous rencontrer si jamais nous étions séparés, m,-mais je ne sais pas où est cet endroit... »

La voix du petit renard devenait peu à peu faible. Je pourrais jurer que je venais de voir ses oreilles et sa queue s’affaisser d’une manière profondément triste.

« Comment s’appelle cet endroit ? »

« Euh... je pense que c’était un magasin de magie appelé Luca... ? »

Un magasin de magie nommé Luca... j’ai compris. J’avais sorti mon smartphone, j’avais fait une recherche sur la carte... Et voilà. C’était sur le chemin vers celui de Berkut. Pratique.

« Je peux t’y conduire. C’est de toute façon sur le chemin de l’endroit où j’allais. »

« Vraiment ?! Merci inchiniment ! » Oh, elle a mal prononcé à nouveau. Quelle charmante petite créature ! Elle était probablement plus jeune qu’Elze et Linze. Douze, peut-être treize ans... ?

En suivant la carte, nous avions marché dans les rues. Sur le chemin, j’avais appris qu’elle s’appelait Arma.

« Êtes-vous un touriste ici, monsieur Touya ? »

« Non, j’avais du travail à faire. Cependant, il est déjà terminé. Et toi, Arma ? »

« Ma sœur avait du travail à faire ici, et je l’ai rejointe. Je voulais voir la capitale, » Arma laissa paraître un sourire éclatant. C’était presque comme si l’expression troublée d’avant n’avait jamais existé.

Comme nous passions notre temps à bavarder, nous arrivâmes assez rapidement à la boutique de magie. Il y avait une bête en face d’elle. En remarquant Arma, elle avait rapidement couru vers nous.

« Arma ! »

« Ah, Sœurette ! » Arma courut directement dans la poitrine de sa grande sœur. La dame l’avait instantanément étreinte. Aussi évident que cela puisse paraître, elle était aussi une femme-renard et aussi clairement plus âgée. Probablement une adulte. L’aura de dignité qui l’entourait la faisait ressembler à un soldat.

« J’étais si inquiète ! Comment peux-tu te perdre... ?! »

« Je suis tellement désolée... Mais ça va ! Monsieur Touya m’a aidé à arriver ici. » Constatant enfin ma présence, la dame me fit un salut sincère.

« Avez-vous aidé ma sœur ? Merci beaucoup. »

« Ce n’est rien, vraiment. Je suis juste content de l’avoir rencontrée. »

Elle avait voulu me récompenser, mais j’avais refusé parce que j’avais des affaires à régler. Ce que j’avais fait ne valait pas le moindre remboursement. Après une brève présentation, j’avais pris congé. Arma ne pouvait pas s’arrêter de me faire des signes de la main alors que je m’éloignais.

Alors que je me dirigeais vers Berkut après les avoir laissées derrière, je ne pouvais pas m’empêcher de remarquer que les bâtiments et les magasins autour de moi devenaient de plus en plus raffinés. Après un moment, j’avais finalement atteint ma destination.

« Bon sang, cet endroit a l’air vraiment cher... » Ce bâtiment officiel en brique m’avait fait me sentir un peu timide. C’était comme un magasin de marque.

Je ne me sentais pas à ma place. Il me semblait qu’ils prendraient même un droit d’entrée. Eh bien, ce n’était pas comme s’il y avait des gardes ou quoi que ce soit. Sachant que rester planté là ne m’amènerait nulle part, j’avais pris une profonde inspiration et je suis entré.

En franchissant la porte grandiose, j’avais été rapidement accueilli par une jeune femme.

« Bienvenue à Berkut. Êtes-vous ici pour la première fois, monsieur ? »

« Effectivement. Je n’ai jamais été ici auparavant. »

« Eh bien. Pourriez-vous avoir un moyen de prouver votre statut social ou une invitation vous permettant de faire des achats ici ? »

Je vois. Aucun opportun autorisés, hein ? Uniquement les nobles et leurs invités. J’avais sorti la médaille du duc et l’avais montrée au commerçant. Contrairement à l’homme du magasin précédent, la dame n’était pas du tout perplexe et ne faisait que baisser la tête.

« Tout est pour le mieux, alors. Merci beaucoup. Maintenant, pour quelle affaire êtes-vous venu ici ? »

« J’aimerais jeter un coup d’œil à vos armures enchantées. »

« Entendu. » Je l’avais suivie jusqu’à un coin de la boutique, où j’avais rencontré un éventail d’armures variées, des plaques brillantes avec une lueur mystificatrice aux gants de cuir bon marché qui ne semblaient en aucune manière spéciaux.

« Sont-ils tous enchantés ? »

« C’est exact. Par exemple, ce Bouclier de Miroir d’Argent est enchanté pour réfléchir les sorts offensifs, alors que ce Gantelet de Force de Demi-Dieu a un enchantement de renforcement musculaire placé directement dessus. » ... Eh bien, je pourrais certainement ressentir de la magie venant d’eux. Maintenant, quand est-ce que je suis devenu capable de percevoir cela ? Probablement une intervention divine. Je ne devrais pas trop y penser.

« Monsieur, que cherchez-vous exactement ? »

« Ah, quelque chose de non métallique... Fondamentalement, une armure légère, mais durable. »

« Dans ce cas... pourrais-je suggérer cette veste en cuir ? Elle est enchantée pour résister aux lames, aux flammes et à la foudre. » Hmm... Ça sonnait bien, mais le design était juste... Le mot ringard était un bien faible mot pour dire à quel point c’était de mauvais goût. En outre, la broderie draconique sur le dos était tout simplement embarrassante.

Soudainement, j’avais remarqué un manteau blanc qui pendait au coin de la boutique. C’était un long manteau avec des fourrures sur les manches et le col.

« Et à propos de celui-là ? » Dis-je en pointant du doigt le manteau que j’avais remarqué.

« Il est enchanté pour être résistant à la lame, la chaleur, le froid et les coups. De plus, il a une résistance élevée à la magie offensive, mais il y a un petit problème avec ça... »

« Qu’est-ce que c’est ? »

« La résistance à la magie ne fonctionne qu’avec les affinités magiques du porteur. Non seulement cela, mais cela leur fait subir des dommages doubles pour des affinités qu’ils n’ont pas. »

... Donc, quelqu’un avec une affinité au Feu serait très résistant au feu, mais s’il n’avait pas d’affinité avec le Vent, la résistance à la foudre serait non seulement inefficace, mais aussi lui ferait double dommage... Une vraie épée à double tranchant. Cela ferait des merveilles si le porteur combattait des monstres du même élément, mais quand ils allaient au-delà, les risques étaient bien trop grands...

Eh bien, ce n’est pas comme si cela avait de l’importance pour moi ! Après tout, j’ai une affinité pour tous les éléments ! Gagné !

« Puis-je l’essayer ? »

« Allez-y. »

J’avais pris le manteau, examiné la texture et l’avais mise sur moi. La taille était bonne. J’avais essayé de bouger un peu, et cela n’avait pas semblé nuire à ma mobilité, et je ne l’avais pas senti non plus. Je l’avais donc bien aimé.

« Combien pour celui-ci ? »

« Nous le faisons bon marché et nous le vendrons pour huit pièces d’or. »

Chacun d’eux avait à peu près la taille d’une pièce de cinq cents yens et avait la gravure d’un animal ressemblant à un lion. Et c’était après l’avoir rendu bon marché ? C’était un sacré coup à mon portefeuille, si vous me le demandez... était-ce un prix correct, cependant, compte tenu des effets. Mon sens de la valeur de l’argent était vraiment déformé...

« D’accord, je vais le prendre. Voici le paiement. »

« Une pièce de platine, comprise. S’il vous plaît, attendez un moment. » Elle retourna au comptoir et revint avec un plateau d’argent contenant deux pièces d’or. Je les pris, les plaçai dans mon portefeuille et me dirigeai vers la sortie.

« Merci beaucoup pour votre achat. Nous attendons avec impatience votre prochaine visite ! » Elle inclina la tête et me vit partir alors que je quittais Berkut.

Et donc, j’ai finalement eu une bonne armure. Elle m’a coûté un bras et une jambe, bien que…

***

Partie 9

Après avoir acheté le manteau, j’avais pris un repas dans un restaurant voisin et j’étais retourné visiter le magasin de magie, Luca, où j’avais laissé Arma. Cependant, ni elle ni sa sœur n’étaient là.

Après en avoir fait tout le tour pendant un moment, j’avais acheté un livre sur la magie Néant. En ce qui concerne les six éléments, les gens achetaient normalement des livres d’affinité appropriée, apprenaient les sorts, pratiquaient et en faisaient les leurs. Cependant, la magie Néant était unique à chaque individu. N’y avait-il pas quelque chose de particulier à propos de cette publication ?

Il y a même eu un dictionnaire énumérant tous les sorts mystérieux jamais signalés dans ce monde. Et, bien sûr, une très grande partie était non-élémentaire. C’était un vrai trésor pour quelqu’un comme moi.

Plutôt bon marché aussi. Mais c’était tout simplement évident. Après tout, ce n’était pas vraiment destiné à enseigner la magie. Je n’aurais pas été surpris si cela avait été écrit en pensant aux touristes.

Par la suite, j’avais acheté un souvenir pour Micah — une boîte assortie de biscuits — et j’étais retourné là où je devais retrouver les autres. Il commençait à faire nuit.

« Ah, il est enfin là. Tu es trop lent ! » Dis Elze, me réprimandant clairement.

« Hein ? Vous êtes toutes en avance. Ce n’est même pas l’heure à laquelle nous nous sommes mis d’accord. » Les trois m’attendaient à l’auberge, à côté de notre chariot, transportant clairement une charge plus importante qu’avant. Simplement combien ont-elles payé ?

« Oh ? C’est quoi ce manteau, Touya ? » Elze parla d’un ton espiègle et commença à examiner mon achat.

« Ah, ce manteau est enchanté. Il réduit les effets de toute magie offensive... et donne de la résistance face aux lames, à la chaleur, au froid et aux attaques contondantes. »

« Résistance à toute la magie offensive ? Waouh... Combien cela a-t-il coûté ? »

« Huit pièces d’or. »

« Huit ?! Vous vous êtes fait avoir o — attendez, en fait, compte tenu de l’effet, cela pourrait être acceptable... » Apparemment, les sens des affaires d’Elze n’étaient pas les meilleurs non plus.

Après que nous soyons finalement tous rassemblés, nous étions montés sur le chariot et nous étions partis. Yae avait pris les rênes et, comme nous étions un peu surchargés, j’avais décidé de m’asseoir à côté d’elle.

Nous pourrions utiliser une [porte] pour retourner instantanément à Reflet, mais je ne voulais pas que nous nous démarquions trop. Par conséquent, nous avons décidé de l’utiliser après notre départ de la capitale royale.

En partant, nous n’avions même pas eu à montrer nos médailles lorsque nous avions franchi à nouveau le point de passage. Conduisant nonchalamment le chariot, j’attendis que la capitale soit vraiment à une certaine distance avant de demander à Yae de s’arrêter.

« Qu’est-ce que nous allons faire ici, Touya-dono ? » Yae, n’ayant pas la moindre idée à propos de la [Porte], me le demanda avec une expression perplexe sur le visage.

« Devrais-je choisir l’une des routes près de la ville au lieu de la ville elle-même ? »

« Ouais, ça a plus de sens. » En entendant la confirmation d’Elze, j’imaginai l’endroit où je voulais apparaître et concentrai ma magie.

«  [Porte]. »

Une gigantesque porte de lumière apparut devant nous. Je l’avais remodelée pour que le chariot puisse passer.

« Qu-Qu’est-ce que c’est, qu’est-ce que c’est ? »

« Bien, avance, avance. » Ignorant le regard perplexe d’Yae, je l’avais poussé pour qu’elle fasse déplacer le chariot à travers la [Porte]. Une fois que nous avions traversé le portail, nous avions pu admirer la vue d’un beau coucher de soleil caché derrière les montagnes à l’ouest de Reflet.

« Cette magie est tellement utile... Je ne peux pas assez insister sur ça ! », proclama Linze.

« Après tout, il réduit un voyage de cinq jours à un seul moment. »

« Dommage que tu ne puisses pas aller dans des endroits que tu n’as pas encore visités auparavant... »

« Quelqu’un va-t-il enfin me dire ce qui se passe ici, n’est-ce pas ? » Alors qu’Yae se perdait dans une confusion totale, nous étions submergés par le soulagement de pouvoir finalement rentrer à la maison. Il faisait déjà nuit, nous avions donc décidé de laisser le rapport à Zanac pour demain.

Nous nous étions arrêtés devant la Lune d’Argent et étions entrés afin d’informer Micah de notre retour. Aussi évident que cela puisse paraître, l’endroit n’avait pas changé d’un iota. Après tout, cinq ou six jours n’étaient pas une longue durée. Cependant, il y avait eu un changement qui s’était vraiment démarqué.

« Bienvenue ! Vous restez ? » La personne qui nous saluait derrière le comptoir était un homme à l’air dur avec une barbe rousse.

Huh? Qui est-ce ?

« ... Euh, nous restons ici... et nous venons de rentrer d’un travail... »

« Ahh, alors vous étiez là avant, hein ? Désolé, c’est après tout la première fois que je vous vois. »

« Hum, où est Micah ? »

« Hein ? Vous êtes déjà de retour ? Vous travaillez tellement vite. » Une Micah vêtue d’un tablier sortit de la cuisine.

« Ah oui, vous ne l’avez pas encore rencontré, n’est-ce pas ? C’est mon père. Quand vous êtes parti, il est revenu à ce moment-là d’un réapprovisionnement à longue distance. »

« Mon nom est Dolan. Heureux de vous rencontrer. »

« Je... vois. » Il tendit la main, et je lui répondis par réflexe.

Eh bien, lui et Micah avaient la même couleur de cheveux. Et il semblait qu’ils pourraient aussi partager beaucoup de traits de caractère... Comme le manque de soin pour les petits détails. Mais honnêtement, j’étais juste content qu’elle n’ait pas hérité de son visage. Apparemment, Dolan achetait des épices dans les terres du sud. Il était difficile d’obtenir du sel, du poivre et d’autres assaisonnements localement, alors il allait souvent en acheter beaucoup, assez pour tous les magasins d’ici.

« Oui, très bien ».

Je poussai doucement Yae devant le comptoir. Au cours du processus d’enregistrement, nous avions commencé à transporter nos affaires dans nos chambres. Elze était partie pour garer le chariot.

« Oh, Micah. Je t’ai apporté un souvenir. »

« Wôw merci ! Comment était la capitale ? »

« C’était énorme. » Je lui avais donné des biscuits et, en plaisantant, j’avais donné une réponse simple à sa question.

Nous avions après tout quitté l’endroit assez rapidement. On n’avait même pas passé une journée là-bas. J’avais toujours eu la possibilité d’y retourner avec la [Porte], donc j’avais envisagé de faire une visite plus correcte la prochaine fois.

Micah avait célébré notre retour avec un dîner copieux. Nous avions tous mangé beaucoup de ce qu’elle nous avait apporté, mais aucun d’entre nous n’avait pu tenir la comparaison avec Yae, qui avait mangé plusieurs fois autant que chacun d’entre nous. Son métabolisme était vraiment quelque chose d’extraordinaire. Même Micah et Dolan étaient complètement sans voix.

En fin de compte, Yae avait été la seule à devoir ajouté des frais de nourriture à ses frais d’hébergement. Et c’était tout à fait justifié, si vous voulez mon avis.

***

Chapitre 3 : La créature en cristal

Partie 1

Le lendemain, nous étions allés au magasin de Zanac pour terminer la demande que nous avions acceptée de sa part. Au début, il avait été surpris par notre retour rapide, mais il l’avait rapidement compris une fois que je lui avais expliqué l’utilisation du sort [Porte]. Les téléporteurs étaient certainement rares, mais après tout pas sans précédent.

« Voici la lettre contenant la réponse du vicomte. » J’avais remis la lettre à Zanac. Il inspecta le sceau et confirma qu’il était authentique avant d’ouvrir la lettre et de la parcourir brièvement.

« En effet, ça l’est. Merci pour ce travail bien fait. »

« Ah oui ! Monsieur Zanac, vous devriez prendre ça. Comme nous n’avons utilisé que la moitié des frais de voyage, je me suis dit que nous devions vous rendre le reste, » dis-je en lui remettant le sac avec l’argent de voyage restant.

« Vous êtes un garçon honnête, n’est-ce pas ? Si vous n’aviez pas mentionné votre utilisation de ce sort [Porte] en revenant, vous auriez facilement pu garder cet argent pour vous. »

« Je me suis dit que votre confiance me serait plus profitable que de l’argent rapide. En tant que marchand, je suis sûr que vous comprenez. »

« ... Très juste en effet. Un marchand vaut seulement autant que la confiance que les gens ont de lui. Peu de gens auraient été disposés à faire du commerce avec quelqu’un ayant la réputation d’être un tricheur. Prendre à la légère ce fait ne peut jamais mener à de bonnes choses. »Pendant qu’il parlait, Zanac avait pris l’argent.

Après cela, il m’avait remis une carte de la guilde avec un numéro imprimé dessus, pour servir de preuve que nous avions remplie la demande. Tout ce que nous avions à faire était de remettre cette carte au bureau de la guilde pour réclamer notre récompense.

Nous avions remercié Zanac, puis nous avions quitté son magasin. De là, nous étions allés directement au bureau de la guilde.

Lorsque nous étions entrés dans la guilde, nous avions été accueillis par la vue familière des tableaux de demandes et des gens qui regardaient de tous les côtés. Nous nous étions dirigés vers le bureau de la réceptionniste. Yae agissait nerveusement pendant tout ce temps, puisque c’était la première fois qu’elle était présente.

J’avais remis la carte que j’avais reçue de Zanac, et ainsi, notre quête était terminée.

« S’il vous plaît, présentez vos cartes de guilde. » En même temps que le bruit fort de trois coups de poing, la réceptionniste avait pressé le tampon magique sur nos cartes.

« Et voici la récompense de sept pièces d’argent. Comme toujours, merci pour votre travail acharné. » J’avais pris notre prime, puis j’avais appelé Yae à la réception.

« Pendant que nous sommes ici, cette fille veut également s’inscrire auprès de la guilde. »

« Une nouvelle inscription, alors ? Très bien. » Pendant qu’Yae recevait l’explication sur son enregistrement au sein de la guilde, nous nous étions divisé la récompense. Nous avions chacun pris deux pièces d’argent et avions décidés de dépenser le reste pour la nourriture pour nous tous plus tard.

« Pourtant, ça fait un peu bizarre, tu sais ? Une récompense de deux pièces d’argent représentait soudainement beaucoup moins d’argent que ça ne l’est réellement..., » marmonna Elze.

« Je sais exactement ce que vous voulez dire. Soudainement, le fait d’avoir obtenu ces pièces de platine vous a fait totalement perdre votre perception de leur valeur..., » avait répondu Linze.

Je ne pouvais m’empêcher de sourire à la réaction amusée d’Elze. C’était tout bête, honnêtement. L’argent que nous avions reçu du duc était finalement un bonus, et rien de plus. Je devais m’assurer d’être responsable sur le plan financier et de ne pas trop m’en fier dans ma vie de tous les jours.

« Je me suis inscrite, je l’ai fait ! » Yae agita joyeusement sa carte alors qu’elle se dirigeait vers nous.

Sa carte était la noire des débutants, contrairement au reste de notre groupe. On aurait dit qu’elle se sentait légèrement écartée quand elle avait remarqué ce fait. Pourtant, nous n’étions pas encore à un très haut niveau. J’étais sûr que l’écart serait réduit en un rien de temps, car nous continuions à faire plus de quêtes ensemble.

Puisqu’Yae était si impatiente de commencer tout de suite, nous étions tous allés à l’un des tableaux de demandes.

Lorsque des personnes avec des cartes de guilde de différentes couleurs s’associaient pour accepter une demande, leur niveau global serait jugé par la couleur de la carte qui était la plus répandue dans leur équipe. Puisque trois d’entre nous avaient des cartes mauves et qu’un seul d’entre nous avait une carte noire, nous pouvions accepter les demandes de niveau mauve même avec Yae à son niveau actuel.

J’avais lu les demandes postées avec tout le monde.

« Les ruines du Nord... Chasse, Mega... Slimes ? Hey, celle-ci est toujours à prendre. Et nous... »

« Pas question ! » « S’il vous plaît, arrêtez. » « Je ne pense pas. »

Répondre en parfaite synchronisation, n’est-ce pas ? Je vois ce que c’est. Et vous avez même amené une nouvelle recrue à vos côtés cette fois. On dirait qu’Yae n’est pas bonne avec les choses collantes et visqueuses non plus... Vraiment dommage…

À la fin, nous étions partis avec une demande de chasse pour une certaine espèce de bête magique appelée ours-tigre. Avec un nom comme ça, je me demandais quelles parties appartenaient au tigre et à l’ours... Leur habitat était à quelques minutes à pied si nous utilisions une [Porte]. Donc, nous nous y étions facilement rendus.

Eh bien, j’avais vite découvert que les ours-tigre étaient de grands ours ayant la fourrure rayée du tigre. En outre, ils avaient des crocs comme des tigres à dents de sabre !

J’avais été surpris quand ils nous avaient tendu une embuscade dans les montagnes Rocheuses, mais Yae avait fini par les battre presque toute seule.

Nous avions cassé leurs crocs afin de les ramener à la guilde comme preuve que nous avions pris soin d’eux, et j’avais utilisé « [Porte] » une fois de plus pour nous ramener à la guilde. Nous avions remis les crocs et la quête était ainsi terminée. Tout cela ne nous avait pas pris plus de deux heures, nous donnant une récompense de douze pièces d’argent. Honnêtement, la vitesse à laquelle nous effectuions ces quêtes commençait à devenir folle.

Naturellement, nous avions été interrogés quant à savoir si nous avions vraiment vaincu ces monstres à l’endroit spécifié dans la demande. J’avais soigneusement informé la réceptionniste que je pouvais utiliser une magie de téléportation, et elle avait accepté mon explication. Apparemment, il y avait plusieurs autres aventuriers avec différents types de magie de téléportation, bien que chacune de ses magies avait ses propres restrictions. Dans le cas de mon sort [Porte], il ne pouvait m’emmener que vers des endroits où j’avais déjà été au moins une fois auparavant.

Yae avait continué à nous demander pour faire une autre quête, car il nous restait encore beaucoup de temps, mais je n’étais pas vraiment prêt pour d’autres combats à ce moment-là. J’avais réussi à la calmer en suggérant que nous allions tous chercher quelque chose à manger à la place. Et donc, nous nous étions arrêtés au café, à l’origine, pour célébrer la demande de Zanac, ainsi que l’inscription à la guilde d’Yae, ainsi que pour sa première quête de chasse réussie.

Nous avions tous commandé de petites collations et des boissons, ainsi qu’une crème glacée à la vanille pour chacun d’entre nous. Yae était choquée par son premier contact avec cette nourriture, mais elle l’engloutissait comme tout le monde en très peu de temps.

Au moment où nous allions partir, Aer avait demandé si je pouvais trouver un nouveau plat pour le menu. Hmm... qu’est-ce qui va être bon cette fois ? Je suppose que je vais chercher quelques idées quand nous reviendrons à l’auberge.

◇ ◇ ◇

Cela faisait deux semaines que nous étions rentrés de la capitale. Il pleuvait dehors. Il pleuvait depuis trois jours, en fait. Apparemment, ce monde avait aussi eu une saison des pluies, mais ce n’était pas ça. Juste une période pluvieuse particulièrement longue.

Jusqu’à ce que la pluie cesse, nous avions arrêté de faire les quêtes de la guilde. Au lieu de cela, je m’étais immergé dans mes études de magie. Fondamentalement, je repérais de nouveaux sorts utilisables de ce livre que j’avais acheté dans la capitale.

C’était un livre de cinq cents pages. J’en avais lu environ un tiers, mais je n’avais réussi à trouver que quatre sorts utiles. Il y avait une cinquantaine de sorts par page, donc vingt-cinq mille en tout... Parmi ces vingt-cinq mille, il n’en restait que quatre utilisables parmi les quelque huit mille trois cents que j’avais examinés.

Les sorts que j’avais acquis étaient :

[Enchanter] — Un sort pour infuser des propriétés magiques dans les objets.

[Paralyser] — Un sort pour paralyser un adversaire pour l’empêcher de bouger.

[Modélisation] — Un sort pour changer les formes de minéraux, de bois ou apparentés.

[Recherche] — Un sort pour localiser les objets proches.

Seulement ces quatre.

Parmi eux, la [Modélisation] et la [Recherche] s’étaient révélés les plus utiles. Cependant, aucun d’entre eux n’était parfait.

[Modélisation] était une compétence pour transférer son image mentale afin de reformer un objet solide, mais cela ne prenait pas mal de temps si vous n’y étiez pas habitué. De plus, perdre l’attention à mi-chemin produisait habituellement des résultats bizarres.

J’avais essayé de faire un set de shogi pour la pratique, mais le plateau lui-même était trop long et les pièces étaient trop grandes pour tenir dans les carrés.

C’était difficile à moins d’avoir une image claire en tête lors de l’exécution du sort. Il aurait été beaucoup plus facile de créer quelque chose en regardant à quoi ressemblerait le produit fini, alors j’avais réussi à obtenir un ensemble de shogi plutôt bien fait en cherchant une image d’un tel set sur mon smartphone.

[Recherche] était un sort que j’avais appris en pensant que cela serait utile pour essayer de localiser des objets perdus, mais il s’était avéré que le sort lui-même pouvait aussi effectuer des recherches incroyablement vagues.

Je pensais qu’il n’y avait pas de vanille dans ce monde, alors comme test, j’avais utilisé la [Recherche] sur le marché et j’avais fini par instantanément en trouver.

Ce que j’avais trouvé n’était pas la vanille à laquelle j’étais habitué, mais un fruit étrange ressemblant à une tomate cerise qui s’appelait apparemment un Koko. Néanmoins, il avait le même goût et la même odeur que la vanille, ainsi il s’était avéré être très utilisable comme substitut.

Même si le nom ou la forme étaient différents, si c’était quelque chose que mon esprit jugerait comme étant de la vanille, alors mon sort le détectera... Il ratissait large.

Mais même ce sort avait des inconvénients. Sa portée d’action était incroyablement réduite. Il agissait seulement dans un rayon d’environ cinquante mètres. Je ne pouvais pas vraiment l’utiliser pour trouver des personnes disparues.

« J’ai faim... » J’avais vérifié quelle heure il était, et j’avais remarqué que l’heure du déjeuner était déjà passée. Pas étonnant.

Je fermai le livre, fermai ma chambre et descendis les escaliers. Dans la salle à manger, Dolan et Barral, le propriétaire de la boutique d’armement des huit ours, étaient assis l’un en face de l’autre. Entre eux se trouvait une planche de bois couverte de carrés.

« Tu joues encore au shogi ? »

« Ouais, » répondit Dolan, son regard rivé au tableau tout le temps. Je ne pouvais pas m’empêcher de hausser les épaules.

En ce qui concerne le set de shogi que j’avais préparé, Dolan était celui qui s’y intéressait le plus. Une fois que je lui avais appris les règles, il s’était immergé dans le jeu, et avait même commencé à se faire des relations en jouant contre lui. Barral s’était aussi pris au jeu, alors ils s’affrontaient tous les deux quand ils avaient du temps libre.

Pour être honnête, j’avais vraiment eu de la chance quand Barral s’était aussi pris au jeu. Jusqu’à ce qu’il arrive, j’avais été forcé d’être l’adversaire de Dolan, étant la seule autre personne qui connaissait vraiment les règles.

Même si je connaissais les règles, je n’étais moi-même pas du tout bon au shogi. Je n’avais même pas l’habitude d’y jouer très souvent. J’avais d’abord gagné quelques parties, mais je ne pouvais plus gagner face à Dolan. J’avais deviné ce qu’était la signification de devenir bon à quelque chose parce que vous aimiez le faire.

J’avais passé ma commande pour le déjeuner à Micah dans la cuisine, puis j’avais pris un siège de l’autre côté de la salle à manger pour ne pas déranger Dolan et Barral.

« Monsieur Barral, qu’en est-il du magasin ? »

« Il n’y a pas beaucoup de gens qui marchent sous la pluie, alors j’ai laissé ma femme responsable des affaires. Peu importe, cependant. Tôuya, penses-tu que tu pourrais en fabriquer d’autres ici, des planches de shogi ? »

« Eh ? Je n’en ai pas déjà fait un pour toi ? » J’aurais pu jurer que je lui en avais fait un juste l’autre jour puisqu’il avait dit qu’il voulait aussi s’entraîner chez lui.

« Simon du magasin d’objets a dit qu’il en voulait aussi un. Fais-moi une faveur, d’accord ? »

« Bon, d’accord alors... » Ne peux-tu pas obtenir un artisan pour en faire un... ? Bien que j’y pensais, je m’étais rendu compte que le faire normalement pourrait s’avérer être un véritable problème.

« Vraiment. Merci beaucoup, gamin. »

« Échec et mat. »

« Hum ?! » Dolan laissa échapper ce mot, croisa les bras et regarda le tableau, et Barral réagit à son tour. Ces deux étaient complètement accroc. Je n’avais aucune idée que ça irait dans cette mesure.

Pendant que je les regardais tous les deux, Micah avait porté mon repas.

« Tiens, désolée pour l’attente. Et vous deux, dépêchez-vous et mettez déjà cette chose de côté. »

« Désolé... Juste une partie de plus. » Dolan fit un geste comme s’il suppliait Micah de les laisser continuer à jouer. Pour être justes, ils ne joueraient probablement pas autant par temps normal. D’un autre côté, il se pourrait que la pluie fournisse une excuse pratique...

Le repas que Micah avait fait aujourd’hui était des pâtes aux herbes sauvages et une soupe de tomates avec deux tranches de pomme.

« J’y pense, Micah, où sont les autres ? »

« Linze est toujours dans sa chambre, tandis qu’Elze et Yae sont sorties plus tôt. »

« Sous cette pluie ? »

« Elles sont allées acheter les nouveaux desserts de Parent, apparemment. » Oh, voilà l’explication. Comme j’avais réussi à trouver de la vanille, j’en avais parlé avec Aer et j’avais créé un gâteau à la vanille comme nouveau dessert du menu.

Comme la fois précédente, tout ce que j’avais vraiment fait était de trouver la recette et noter les instructions sur la façon de le faire. Même ainsi, il s’était avéré délicieux. Tellement délicieux que je m’étais laissé emporter et lui avais fait faire un roulé aux fraises.

Quand Elze avait entendu parler de ça, elle m’avait presque tenu par le cou, exigeant de savoir pourquoi je n’en ramenais pas avec moi. Elle était si déraisonnable...

Le fait de voir ces nouvelles créations en vente ne signifiait pas que vous deviez courir et les obtenir le jour de leur sortie. Eh bien, je suppose qu’il ne faut jamais sous-estimer la ténacité d’une fille gourmande.

« Nous sommes de retour ! Ahh, nous sommes trempées ! »

« Nous sommes de retour » quand on parle du loup, les deux filles étaient de retour. Elles secouèrent leurs parapluies et les plantèrent à l’entrée.

Ce monde n’avait pas les parapluies de vinyle auxquels j’étais habitué. Il y avait des parapluies, mais ils étaient essentiellement faits de tissu et de bois. Bien que ceux qu’elles avaient étaient infusés de résine de pin, ils étaient toujours aussi résistants à l’eau que ceux auxquels j’étais habitué.

« Content de vous revoir. Avez-vous trouvé ? »

« Bien sûr que nous l’avons trouvé. Il y avait moins de monde à cause de la pluie, donc c’était beaucoup plus rapide que d’habitude. » Elze brandit fièrement le sac de friandises. La pauvre, regardez-moi ce sourire.

« C’était délicieux, en effet. »

« Je sais, pas vrai ? » Elles en avaient même mangé sur le chemin du retour ? Quelle paire de gloutons.

« Tiens, Micah, celui-ci est pour toi. »

« Je vous remercie. Je vais vous donner l’argent pour ça plus tard, d’accord ? » Elze sortit quatre petites boîtes blanches du sac et en tendit une à Micah. On aurait dit que Micah avait demandé à Elze de l’avoir aussi.

« Pour qui est le restant ? »

« Un pour Linze, un autre que je vais partager avec Yae... Et ce dernier est celui que tu dois livrer au duc. »

« Attendez, livrez ? » Peu importe, avez-vous l’intention d’en manger plus ?!

« Qui d’autre que toi va arriver à la capitale sous cette pluie ? Nous devons leur donner des cadeaux en échange de leur hospitalité de la dernière fois, c’est du bon sens. » Quand j’avais dit qu’elles devraient venir aussi bien dans ce cas, j’avais été poliment repoussé. Il semblait qu’elles soient toujours nerveuses en face du duc Alfred. Dépêchez-vous à la fin !

Sans réel choix en la matière, j’étais parti seul. Comme c’était un produit frais, plus tôt je le lui remettrais, meilleur en sera le goût.

Oh, d’accord... Je pensais que je livrerais aussi un tableau de shogi au duc. Tel un souvenir de ce genre.

J’avais informé Dolan et lui avais demandé la permission d’utiliser quelques-uns des débris de bois provenant de dehors dans le jardin. J’avais lancé la [Modélisation] et j’avais fait deux autres ensembles de shogi. Je les avais déjà faits plusieurs fois, donc je m’y étais habitué.

J’avais fini de les faire en une dizaine de minutes. Je les avais vérifiés juste pour être sûr. Ouais, ils me vont bien. J’avais accidentellement fait une tour de trop la dernière fois, donc je devrais faire attention.

J’étais retourné à la salle à manger et avait remis un ensemble à Barral. J’avais mis le gâteau et la boîte contenant les morceaux de shogi dans un sac, puis j’avais mis le plateau de shogi sous mon bras.

« D’accord, je pars, alors. » J’avais pris mon parapluie et j’étais sorti dans le jardin pour me préparer à lancer la [Porte]. Il était toujours préférable d’éviter de se démarquer en faisant cela.

Le meilleur endroit pour apparaître serait, je suppose... dans l’ombre de la porte d’entrée.

« [Porte] ».

« Délicieux ! C’est délicieux ! »

« Tiens-toi correctement, Sue. Mais tu n’as pas tort... Ce gâteau roulé est vraiment délicieux. » Sue et la Duchesse Ellen avaient joyeusement dévoré mon offrande de gâteau roulé. Cela valait la peine de le prendre comme ça. Le duc en avait mangé aussi, et il avait semblé approuver.

« Je suis vraiment jaloux des gens de Reflet qui sont capables de manger ça tous les jours. Si je pouvais seulement lancer [Porte] comme vous, alors je serais aussi capable de l’acheter tout le temps. »

« Si vous le souhaitez, je pourrais enseigner la recette et les instructions de cuisson aux chefs de ce domaine. Ce n’est pas vraiment un secret commercial ou quoi que ce soit du genre. »

« Vraiment, Touya ?! Mère, tu entends ça ?! Nous pourrons manger ça tous les jours ! » Sue s’accrocha à mes paroles plutôt fermement. Excusez-moi, jeune mademoiselle, mais la bave s’échappe de votre bouche.

« Pas maintenant, Sue. Tu vas grossir si tu le manges tous les jours. Restons-en à tous les deux jours, d’accord ? » La Dame de la maison avait son mot à dire, même si je ne pensais pas que tous les autres jours feraient une différence par rapport à tous les jours... Je me sentirais assez coupable si Sue s’était complètement engraissé la prochaine fois que j’irai leur rendre visite.

« Maintenant, vous avez appelé cette chose shogi, n’est-ce pas ? »

« C’est exact. C’est un jeu qui se joue à deux... un passe-temps en quelque sorte. Voulez-vous essayer ? » J’avais installé mon côté du tableau pendant que le duc Alfred inspectait le tableau et les pièces.

« Père, laisse-moi aussi jouer ! »

« Attends maintenant ton tour, je vais y aller en premier. » Le duc m’avait copié et mis en place son côté de la planche…

Sauf que les tours et les fous étaient dans les mauvaises cases.

« Tout d’abord, je vais vous apprendre comment chaque pièce peut bouger. Cette pièce est un pion et indique un fantassin régulier. Il ne peut bouger que d’une case à la fois. Mais si vous le placez du côté de l’adversaire, alors... »

« Hm, je vois... » Lentement mais sûrement, j’avais enseigné au duc les mouvements de base de chaque pièce. Il s’était avéré être un étudiant précoce. J’étais certain qu’il s’améliorerait rapidement étant donné sa vivacité d’esprit. Hélas, je n’allais pas tarder à regretter mes actions.

« Une partie de plus ! Juste une de plus ! Nous aurons fini après ça ! » Vous m’avez dit la même chose il y a juste une minute, pensai-je... Le résultat était que, tout comme Dolan, le duc était devenu accroc au shogi. Et, pour la deuxième fois, j’avais été forcé de jouer plusieurs parties de shogi à un rythme rapide. Le soleil s’était couché depuis longtemps, et Sue s’était même endormie sur le canapé alors qu’elle nous attendait.

Je repensai à quel point ce monde avait peu de distractions et je me demandai brièvement si c’était la raison pour laquelle les gens étaient si prompts à se concentrer sur des choses comme le shogi.

« C’est un jeu très intéressant. Je dois aussi faire jouer mon frère ! » Il était tard dans la nuit avant que je ne sois finalement relâché. Mais le duc commença à me causer une grande surprise avec cette déclaration troublante. Je ne pouvais qu’espérer que le roi ne deviendrait pas aussi accro au shogi. Il n’ignorera pas la politique de l’État pour peaufiner son jeu, n’est-ce pas ?

Oh, la pluie s’était finalement calmée.

***

Partie 2

« Yae, il se dirige vers toi ! »

« Compris ! » Il avait disparu de mon champ de vision en utilisant le mur de château en ruines comme un bouclier.

Après ça, j’avais entendu un clang métallique provenant de l’autre côté du mur, et quand j’avais fait le tour du mur, j’avais vu la créature engagée dans un combat contre Yae.

Elle portait une armure de plaque noire et frappait les environs avec une énorme épée menaçante. Une aura de puissance brute jaillissait de son torse alors que ses puissantes jambes s’accrochaient au sol sans jamais céder. Ses deux bras déplaçaient sans effort la lourde épée sans la présence de la moindre miséricorde dans tout son être.

Et bien, depuis le départ, il lui manquait un sentiment de pitié, car ce chevalier noir n’avait pas de tête.

Un Dullahan, voilà donc son nom. Il s’agissait d’une créature issue d’un chevalier qui avait été décapité alors qu’il conservait en lui de nombreux regrets. Par la suite, il avait en quelque sorte ressuscité sous cette forme de monstre et il avait commencé à décapiter les autres afin d’essayer de trouver une nouvelle tête qu’il pourrait placée sur lui. C’était différent des légendes sur cette créature qu’on trouvait dans mon ancien monde.

Mais ce Dullahan était désormais notre cible. Yae et moi avions attrapé le Dullahan dans une attaque en tenaille. Je lui avais envoyé un signal avec mes yeux, et elle avait vérifié que la lumière se rassemblait bien entre mes doigts avant de se replacer rapidement à sa place.

« Frappe-le, Lumière ! Lance Sacrée Étincelante : [Javelot Brillant] ! » Une lance aveuglante de lumière avait alors jailli de mes doigts que j’avais dirigés vers le Dullahan. La lance heurta l’épaule gauche de la créature, lui arrachant le bras.

Mais contrairement à un humain, aucune goutte de sang ne s’écoula de sa blessure. À la place, un miasme noir s’était répandu dans l’air ambiant alors qu’il se déplaçait pour me frapper avec son épée massive avec son bras droit restant.

Soudainement, au bon moment, une ombre avait surgi de côté afin d’intercepter le chevalier sans tête avec un coup de poing brutal en plein dans son flanc. Puis, ne laissant pas le monstre récupérer son équilibre, l’ombre avait continué avec une rafale de coups de pied réalisés avec brio.

« Elze ! T’es-tu occupé des loups cornus ? »

« Ouais, j’ai déjà nettoyé tout ça ! Mais tu sais, il y avait une vingtaine de ces choses-là ? » Un peu après ça, Linze était venue en courant depuis un peu plus loin du champ de bataille. Eh bien, c’était le moment pour l’épreuve de force.

Le Dullahan avait un peu chancelé en raison de la série d’attaques d’Elze, mais il avait rapidement corrigé sa posture et avait envoyé sa lame voler horizontalement au niveau du cou de sa nouvelle cible. Elze remarqua ce fait et elle avait alors à peine réussi à se dégager, se jetant dans une roulade effectuée dans ma direction.

« Sors, ​​Feu ! Sphère de flammes du purgatoire : [Boule de Feu] ! » Linze avait alors lancé une boule de feu qui avait directement touché le dos du Dullahan.

À cet instant, Yae se déplaça afin de le frapper, mais son épée frappa seulement l’épée ennemie alors que son attaque était repoussée au loin.

« Cette chose est solide ! Nous n’aurons aucune chance face à elle si cela se transforme en une bataille d’endurance ! »

Contrairement à l’ennemi, nous ne pouvions pas nous permettre de prendre un seul coup de cette arme. S’il le faisait, cela nous fendrait en deux, et même une égratignure suffirait sans aucun doute à nous arracher un membre ou deux.

Le Dullahan était déjà une créature sans vie, un être de la mort. En d’autres termes, un monstre de type mort-vivant. En règle générale, les monstres morts-vivants étaient extrêmement faibles contre la magie de type lumière. Linze pouvait également utiliser la magie de lumière, mais elle n’était pas particulièrement compétente. Et donc, je devais être celui qui l’achèverait… mais j’avais eu à ce moment-là une idée.

« Linze ! J’ai besoin de toi pour geler les jambes de cette chose ! Il faut que tu me fasses gagner quelques secondes ! »

« Hein !? Hmm… j’ai compris ! » En entendant cela, Yae et Elze avaient fait un mouvement de concert. Elles avaient ainsi attiré l’attention du Dullahan afin qu’il ignore Linze et moi. Notre travail d’équipe avait finalement atteint un niveau impressionnant.

« Entrelace le, Malédiction Gelée : [Prison de glace] ! »

Le sort de Linze avait gelé le sol aux pieds de Dullahan en un éclair. Le chevalier sans tête avait mis toute sa force dans ses jambes afin de se libérer de la contrainte, et la glace avait commencé à se fissurer autour de lui. Comme si je gâcherais cette chance unique !

« [Multiple] ! » J’avais alors activé l’un de mes sorts non élémentaires. Quatre cercles magiques flottant dans les airs étaient apparus autour de moi à cet instant. Après ça, j’avais commencé à incanter un sort issu de la magie de lumière.

« Frappe-le, Lumière ! Lance Sacrée Étincelante : [Javelot Brillant] ! » À la suite de mon ordre, quatre lances de lumière étaient sorties en provenance des quatre cercles magiques. Chaque lance avait alors suivi une trajectoire directe vers le Dullahan. L’effet de [Multiple], l’une de mes acquisitions les plus récentes dans ma magie du Néant, avait permis de multiplier les effets d’un unique sort lancé après coup.

Le chevalier sans tête tenta de se déplacer afin d’esquiver les lances de lumière, mais la glace de Linze le maintenant fermement au sol.

Le Dullahan avait ainsi encaissé l’intégralité de l’attaque, perdant du même coup son bras droit, un morceau de son torse, sa jambe gauche, et il avait également eu un trou dans sa poitrine avant de finalement s’effondrer sur le sol. Des miasmes noirs sortaient de l’armure vaincue avant de se faire disperser par les vents. Le chevalier sans tête ne bougera plus après ça.

« On dirait qu’on a fini ici. »

« Cela s’est révélé être un travail difficile, » Elze laissa échapper un soupir de soulagement et Yae se laissa tomber sur le sol de terre battue. C’était à prévoir. Yae avait été celle qui avait dû constamment esquiver toutes les attaques de Dullahan en combat rapproché au cours de la majorité de ce combat.

« … Nous ne nous attendions pas à ce qu’une meute de loups à cornes apparaisse en plus de ça. Il s’agissait d’une dangereuse erreur de calcul... » Quand elle avait dit ça, Linze avait tenu sa main contre sa poitrine, montrant le soulagement qu’elle ressentait en ce moment.

Au cours des derniers mois, nous avions amélioré notre rang de guilde jusqu’au rang vert. Avec comme cette suite de couleur pour les cartes : noir, violet, vert, bleu, rouge, argent et doré. Nous étions donc maintenant au troisième rang le plus bas de la pyramide. D’après ce que je savais, le fait d’atteindre ce rang signifiait que les personnes autour de vous vous reconnaîtraient en tant qu’aventuriers à part entière.

Nous étions tout de suite prêts à accepter une requête verte quand Elze était arrivée avec la suggestion d’essayer pour la prochaine fois une quête issue d’un siège de la guilde se trouvant dans une ville différente.

Et ainsi, nous avions décidé d’aller dans le bâtiment de la guilde se trouvant dans la capitale. Là-bas, nous avions trouvé une requête verte demandant l’élimination des monstres présente dans ces ruines.

Apparemment, il s’agissait de ruines de ce qui était autrefois l’ancienne capitale du pays il y a plus de mille ans. Le roi de cette époque avait décidé d’abandonner cette terre et il avait fait construire une nouvelle capitale ailleurs. En gros, il avait décidé de relocaliser.

Je n’avais aucun moyen de savoir à quoi cela ressemblait à l’époque où c’était encore la capitale du pays, mais en ce moment, l’endroit était couvert de lierre et les murs du château étaient criblés de trous. Il y avait encore de faibles traces du sol pavé et quelques bâtiments pouvant vous donner l’impression que c’était autrefois une ville, et au centre de tout ça se trouvait ce qui devait avoir été le château royal... même si ce n’était en ce moment que des décombres royaux. C’était l’image même d’une ville en ruine.

Au fil du temps, des monstres étaient venus vivre dans les ruines, et les aventuriers comme nous étaient envoyés là-bas afin de les pourfendre. Mais d’ici peu, les monstres seraient de retour, ce qui conduirait d’autres aventuriers à les tuer, formant ainsi un curieux cycle.

Pourtant, il était vrai que si on les laissait en paix, les monstres finiraient par accumuler assez d’effectifs pour devenir une menace pour les zones environnantes. Il était probable qu’il soit préférable de les chasser de temps en temps afin d’apporter la sécurité dans ces terres.

« Même s’il s’agit de la vieille capitale, il n’y a vraiment pas grand-chose ici, hmm…, » en regardant autour de moi, tout ce que je voyais, c’était des murs qui s’effondraient, des murs brisés et des murs fissurés. Au sommet de cette zone, sur le haut de la seule colline ayant une vue décente sur les environs, il y avait le site où se dressait l’ancien château royal. Je me demandais si les ancêtres de Sue avaient vécu là à un moment donné.

Mais est-il normal que cela se détériore ainsi en de telles ruines sans traits distinctifs ? Était-ce peut-être comme dans les Trois Royaumes quand Dong Zhou avait rasé jusqu’au sol la vieille capitale, y compris les murs et les maisons, alors qu’il déplaçait sa capitale à Chang'an ?

« Ce serait drôle s’il y avait un trésor de la famille royale caché en ses lieux. »

« Eh bien, je ne crois pas que ce sera le cas. Ce serait différent si le pays était tombé, mais une simple relocalisation de la capitale ne serait pas si complexe qu’ils oublieraient par mégarde de précieux trésors au cours du processus. »

« Je le sais bien. Je pensais tout simplement que ce serait drôle s’il y avait quelque chose comme ça ici, » Elze bouda face à l’argumentation sonore d’Yae. Un trésor, hein !?

Si je pensais à mon ancien monde, il y avait les trésors enfouis de Tokugawa, Takeda, etc., mais il semblait que de tels concepts étaient aussi familiers dans ce monde. Quant à moi, je n’étais nullement opposé à l’idée. L’idée d’une chasse au trésor n’avait jamais manqué de frapper quelque chose présente dans le cœur d’un homme.

À ce moment-là, une idée avait surgi dans ma tête. Mais je pourrais tout à fait utiliser ce sortilège !

« [Recherche] : Trésor, » je venais à ce moment-là d’utiliser un sortilège de localisation.

S’il y avait quelque chose que je pourrais considérer comme étant un trésor dans la zone autour de moi, alors ce sort le détecterait et me l’indiquerait. Mais dans notre cas, ce n’était pas le cas. Eh bien, c’était à prévoir que cela ne trouve rien.

« As-tu utilisé un sort de [Recherche] !? Qu’est-ce que cela à indiquer ? A-t-il trouvé quelque chose ? »

« Tout ce que j’ai appris c’est que s’il y a un trésor, c’est loin d’ici, » j’avais annoncé avec un sourire amer les résultats de ma recherche à une Elze surexcitée.

« Je vois… c’est nul ! »

« M-Mais cela ne fonctionne-t-il pas seulement pour des choses que Touya verrait lui-même comme un trésor ? Et il pourrait y avoir d’autres choses de valeur en dehors de la portée de ce sort... » Oh, mon dieu, il semblait que la jeune sœur était impatiente de partir à la chasse au trésor. J’aurais dû m’y attendre de la part des jumelles.

En fait, c’était exactement comme Linze venait de déclarer. Par exemple, disons qu’il y avait une peinture extrêmement précieuse réalisée par un artiste célèbre qui traînait dans la zone. Si je devais regarder cette peinture et penser quelque chose du genre « c’est juste bon pour la poubelle, » alors mon sort de recherche ne le verrait nullement comme un objet de valeur.

Les résultats étaient donc entièrement basés sur l’état d’esprit du lanceur du sort. Cette flexibilité incroyablement vaste était à la fois la plus grande force de ce sort et la faiblesse la plus importante. Si l’on reprend l’exemple de la peinture, le sort serait probablement capable de réagir positivement une fois après avoir découvert après coup la véritable valeur de la peinture.

Dans tous les cas, elle n’avait pas du tout tort. Mon système de référence pour le trésor était principalement composé de choses comme des pierres précieuses, des couronnes en or, des épées décoratives, ou des piles d’argent ancien. Dans ce cas, le terme que je devrais utiliser serait plutôt...

« [Recherche] : Reliques historiques. » De cette façon, il devrait détecter des objets ayant une valeur historique dans son champ d’action... Alors que je venais de me rendre compte que je n’avais aucun moyen de le savoir en un coup d’œil. Attends… « … Hein !? J’ai détecté quelque chose ! »

« Hein !? » « Quoi !? » « Pourrais-tu répéter !? » fut leurs réactions.

Il était là, présent dans les lieux. Je parlais bien entendu d’un objet d’importance historique. Les ruines elles-mêmes étaient également incluses dans les résultats, mais il y avait quand même quelque chose d’autre à proximité. J’avais alors affiné mes sens. Oui, il était bien là.

« Dans quelle direction est-ce !? » s’exclama Elze.

« … C’est par là. Je peux le sentir dans cette direction. C’est quoi ce truc ? Cela me semble être assez gros ! » dis-je.

« Est-ce gros !? » Elles avaient toutes crié cela à l’unisson. Nous avions progressé à tâtons à l’intérieur des ruines alors que nous avancions au sein des décombres. Tout le monde avait suivi mon exemple jusqu’à ce que nous finissions par arriver devant un gros tas de gravats. Hmm... ?

« Au-dessous de ça ? Est-ce que ça vient de sous ces décombres ? » Juste au moment où je me demandais quoi faire des tonnes de débris se trouvant devant nous, Linze s’avança et se mit alors à incanter un sort.

« Disperse tout, Flamme ! Éruption cramoisie : [Explosion] ! » Les gravats avaient été soufflés en petits morceaux à la suite d’un énorme boom. Linze, est-ce que ce n’est pas un peu trop puissant là ?

« … Je m’en suis chargé, » tout en ne tenant aucun compte de mon étourdissement, Linze se mit à examiner le sol là où les décombres avaient été retirés violemment. D’où vient tout ce soudain zèle ?

Alors que je me tenais là où les décombres se trouvaient avant ça, j’avais senti que le signal se renforçait encore plus. Était-ce donc bien en dessous de ça ? En regardant attentivement, j’avais pu remarquer quelque chose à moitié enfouie dans la terre…

J’avais appelé toutes les filles et nous avions commencé à dégager l’objet. Après avoir finalement pu retirer la terre qui recouvrait l’objet, il s’était avéré qu’il s’agissait d’une double porte en acier qui aurait facilement recouvert deux tatamis aussi bien en taille que par leur forme. Pourquoi était-elle cachée dans un endroit comme celui-ci... ?

Nous avions alors combiné notre force afin d’ouvrir les portes. Pour une raison inconnue, elle s’était ouverte avec douceur, ne montrant quasi aucune trace de rouille quand à sa structure. Il était tout à fait possible qu’elle ne soit pas faite d’acier.

Après avoir fini d’ouvrir les portes, ce que nous avions trouvé nous attendait devant nous. Il s’agissait d’un escalier de pierre nous faisant étrangement entrer dans les profondeurs.

***

Partie 3

« Apparais, ​​Lumière ! Minuscule illumination : [Sphère de Lumière] ! » Linze avait créé une petite lumière qui flottait dans l’air. Nous avions descendu d’une allure prudente les escaliers en pierre se trouvant devant nous.

L’escalier était en spirale et il semblerait que cela allait durer éternellement. Alors que nous avancions, j’étais rempli d’anxiété. C’était presque comme si nous allions dans les entrailles de la terre elle-même.

Après un certain temps, les escaliers s’étaient arrêtés pour laisser place à un long passage en pierre. Le chemin était droit et si sombre que je ne pouvais rien voir là-dedans. C’était humide, moisi et cela avait une apparence douteuse… Il émanait de cet endroit une atmosphère qui m’avait donné la chair de poule.

« C-Cet endroit me fait peur. Y a-t-il des fantômes ici ? » demanda Elze.

« Q-Qu’est-ce que tu dis, Elze-dono ? L-Les fantômes ne viendraient pas ici, ils ne le feront pas ! » Yae avait répondu aux murmures d’Elze d’une manière hyperbolique. Cela mit à part... Est-ce que les filles peuvent arrêter de tirer sur mon manteau ? C’est difficile de marcher quand elles font ça tout le temps...

Linze, d’un autre côté, marchait résolument dans le couloir. Elle a de la volonté celle-là.

La lumière produite par Linze était la seule chose qui éclairait la zone, donc nous la suivions en nous tenant très près d’elle. Alors que nous avions continué le long de ce passage, le plafond était progressivement devenu plus haut jusqu’à ce que le chemin débouche sur une grande salle.

« Qu’est-ce que c’est ça... ? » J’avais vu ce qui semblait être une sorte d’écriture tracée sur le mur devant nous. Elle faisait quatre mètres de haut et dix mètres de large... les lignes tracées à travers elle avaient séparé l’écriture en colonnes. Chaque colonne avait une trentaine de centimètres de largeur et contenait chacun des éléments d’écriture.

En y regardant de plus près, tout cela ressemblait plus à des pictogrammes qu’à des lettres. Cela m’avait fait me souvenir des langues anciennes, comme celle des Mayas ou des Aztèques.

« Linze… peux-tu lire ces symboles ? » demandai-je.

« Je ne peux pas… Je ne comprends pas ce que sont ces lettres. Dans tous les cas, cela ne semble pas être une ancienne langue utilisée pour la magie…, » Linze ne m’avait pas regardé quand elle avait répondu à ma question, elle avait tout simplement gardé son attention dirigée vers le mur.

Cet endroit était clairement d’importance historique. Même un œil non entraîné comme le mien pourrait reconnaître un tel fait. Plutôt que de trouver en ces lieux un trésor ou du butin, c’était quelque chose de très différent. Mon sort de [Localisation] devait avoir reflété ce sentiment quand je l’avais utilisé précédemment.

Oh, c’est vrai. Je devrais capturer ce moment en faisant une photo, avec mon smartphone en main, j’avais appuyé sur le bouton de mon application photo, et un flash éblouissant avait illuminé la pièce pendant un moment.

« Ah ?! C’était quoi !? » Yae et les autres avaient été surprises par le soudain flash. J’avais levé mon smartphone pour montrer que tout allait bien, et elles avaient toutes poussées un soupir.

Je suppose qu’elles se sont enfin habituées à mes excentricités. Attends, je ne devrais pas dire des choses comme ça à propos de moi.

J’avais pris plusieurs photos des différentes sections du mur, en m’assurant d’avoir au moins une photo de chaque partie. C’était vraiment difficile... Pourquoi quelque chose d’aussi inhabituel se trouvait-il dans un endroit comme celui-ci ?

« Hé ! Venez ici une seconde ! » Elze, qui cherchait ailleurs, avait soudainement fait entendre sa voix. Elle pointait une partie du mur du côté droit de la pièce.

« Il y a quelque chose d’enterré ici, » là où je regardais, il y avait une pierre brun clair qui était toute boueuse et qui était encastrée dans le mur. Elle faisait environ deux centimètres de diamètre. Une gemme… ? C’était possible que cela en soit une de mauvaise qualité et tout sale...

« Il s’agit… d’une pierre de sort. C’est même une pierre avec un attribut de Terre ! Si nous y injectons de la magie, il devrait se passer quelque chose ! » déclara-t-elle.

« Quelque chose… ? Ne serait-ce pas un piège ? » demandai-je.

« Je ne peux pas le dire avec certitude que cela n’est pas un piège... mais quelque chose comme ça ne serait pas considéré comme classique en ce qui concerne la lutte contre les intrus, » l’explication de Linze avait clairement du sens… Mais je ne pouvais toujours pas enlever cette anxiété. Quand il y avait un tel bouton, naturellement vous voudriez le pousser, non ? Dans ce cas, ça aurait pu être un piège… Eh bien, peut-être que je suis juste en train de me faire des idées...

« Eh bien, Touya. Faites circuler un peu de fluide magique dedans ! » demanda Elze.

« Pourquoi moi !? » Je m’étais vite tourné vers Elze en réponse à sa remarque désinvolte. Ne penses-tu pas que ça pourrait être piégé, jeune fille ?

« C’est un sort de Magie de Terre, donc ce n’est pas pour n’importe qui, mais tu peux quand même le faire, n’est-ce pas ? » demanda Elze.

Hmm… Je pense qu’elle marque un point, Linze avait une affinité pour la Lumière, l’Eau et le Feu… Elze avait une affinité avec Néant, et Yae n’avait aucune capacité pour la magie. Et moi, j’avais évidemment une affinité pour tous les éléments. Donc je suppose que je n’ai vraiment pas le choix, hein.

« … Pourquoi avez-vous toutes reculé maintenant ? » demandai-je.

« C’est juste au cas où... » « On sait jamais ! » « C’est mieux d’être sûre que d’être désolée ! » Tout le monde s’éloignait de moi tout en souriant légèrement alors qu’elles plissaient leurs yeux en raison de l’anticipation. Tout en poussant un soupir, j’avais canalisé de la magie à travers l’ancienne pierre magique.

Bzzzzzzzz… Le sol lui-même avait commencé à gronder et avait tremblé, puis soudain, le mur devant moi s’était transformé en sable tout en révélant un trou béant. Belle ouverture de porte que nous avons là…

« Qu’est-ce que c’est ? » Nous avions regardé à travers le trou laissé par le mur défait, et nous avions vu quelque chose au milieu d’une autre pièce. Il s’agissait de quelque chose qui était couvert de poussière et de sable.

La meilleure façon de le décrire était… Je suppose que la première chose qui m’était venue à l’esprit était le corps d’un insecte. Un criquet, peut-être ? Oui, cela ressemblait à un criquet. Il avait un corps central rond, un peu comme un ballon de rugby ou une amande, avec six jambes minces qui en sortaient. Cependant, certaines pattes étaient cassées.

Il était de la taille d’une petite voiture. Imaginez un criquet mort avec tous ses membres arrachés, c’était un peu quelque chose comme ça… ?

Mais il avait également eu une forme simplifiée et rationalisée... C’était plus comme si cela avait été conçu comme une machine que comme une créature vivante. Cela semblait franchement être un peu comme une œuvre d’art abstrait.

« Quelle est cette chose ? Une sorte de statue ? » Elze regardait la chose sous différents angles. En regardant de plus près, il y avait un orbe rouge proche de la taille d’une balle de baseball visible à l’intérieur de la tête de la chose ? Torse ? Eh bien, il était à l’intérieur de ce qui aurait pu être soit la tête ou le torse de la chose.

Je ne pouvais pas le dire à cause de la poussière et du sable recouvrant la surface, mais il semblait être fait d’un matériau semi-transparent… Est-ce fait en verre ? Je ne pouvais pas vraiment le voir très clairement à cause de l’obscurité.

« Linze... combien de temps es-tu en mesure de maintenir cette [Sphère de Lumière] ? » demandai-je.

« Euh !? Eh bien… La magie de lumière n’est pas mon fort… mais je devrais être capable de la tenir pendant environ deux heures, » Linze gonfla ses joues, levant les yeux vers la sphère de lumière suspendue dans les airs.

« Hein ? La lumière ne devient-elle pas un peu plus sombre ? » demandai-je.

« Il n’y a pas de variation à ce sujet. Il est devenu plus sombre… A-Attendez…, » déclara Linze.

« Touya-dono ! » Après le cri d’Yae, mon regard se tourna pour voir l’orbe rouge qui commençait à briller à l’intérieur de la tête du criquet. Le criquet avait commencé à remuer et à faire tomber la poussière et le sable présent sur lui.

« Touya ! Il absorbe la magie de la [Sphère de Lumière] ! » Voilà pourquoi la lumière devient plus faible ! L’éclat de l’orbe à l’intérieur de la chose avait commencé à s’intensifier et à s’éclairer, et assez rapidement, il avait commencé à remuer encore plus violemment.

En aucune façon... cette chose n’est-elle pas réellement vivante ?

Ses pattes cassées se régénéraient lentement. Était-il en sommeil, attendant que le pouvoir magique vienne et le soigne ?

Sssskkkkrrrrreeeeeeee ! Sssskkkkrrrrreeeeeeee ! Sssskkkkrrrrreeeeeeee !

« Gah...! Qu’est-ce que… !? » Un soudain bruit aigu s’était réverbéré à travers la pièce, assaillant directement mes oreilles en produisant une douleur. Le bruit avait déchiré la pièce, assez fort pour faire frémir mon corps comme si j’avais été électrocuté. Le son avait même commencé à endommager la pièce. Oh merde ! Nous allons être enterrés vivants !

« [Porte] ! » La porte de lumière était apparue à la suite de mon ordre. Tout le monde avait couru l’un après l’autre afin d’atteindre une zone sûre au-dessus du sol. J’avais été le dernier à entrer dans la [Porte], mais pas avant que je ne vois le criquet se lever et se diriger vers moi avec une vitesse monstrueuse. Comme une lance projetée sur sa cible, il avait foncé vers moi et avait réduit l’écart jusqu’à arriver à cinq mètres de moi en un instant.

J’avais foncé pour sauter dans ma [Porte] et j’avais atterri à plat ventre. J’avais alors désactivé mon sort de [Porte] dès que les ruines au-dessus du sol étaient arrivées dans mon champ de vision. Nous avions à peine évité d’être enterrés vivants.

« Qu’est-ce que c’était ? »

« Je n’ai jamais vu un tel monstre auparavant, je n’ai pas…, » Elze et Yae avaient regardé vers l’entrée des ruines souterraines, alors que toutes deux étaient emplies de tension et d’anxiété. Un grondement profond était venu du sous-sol. Quelque chose comme un tremblement de terre se déroulait en ce moment.

Un son rugissant résonna du fond des ruines, accompagné de plusieurs projections de débris et d’un nuage de poussière. La chambre souterraine avait probablement cédé. Dans tous les cas, ce monstre maudit avait été définitivement écrasé là dessous.

Il n’y avait que du silence autour de nous alors que tout le monde reprenait leur souffle.

......Rrrrreeeeee...

Ce bruit... Aucune chance… !

Kkkrrreeeeee...

Cela devient de plus en plus proche.

Sssskkkkrrrrreeeeeeeeeee !!!

Alors que la terre se fendait soudainement en produisant un important bruit, la créature avait traversé le sol et était apparue devant nous.

***

Partie 4

Un corps en forme d’amande avec six pattes allongées qui sortaient de là. Un corps de cristal, magnifiquement scintillant et brillant comme de l’eau sous le soleil. Cet être translucide était vivant, et c’était une sorte de créature en cristal.

La créature avait déplacé ses pattes et avait commencé un déplacement latéral. Les murs en ruines s’effondraient alors qu’il se déplaçait, coupés tel un couteau qui passait à travers du tofu. Franchement, c’est vraiment tranchant !

« Apparais, ​​feu ! Duo cramoisi : [Flèche de feu] ! » Linze avait attaqué la créature avec un barrage répété de flèches enflammées. Mais la créature n’avait même pas essayé d’esquiver ces tirs, choisissant simplement de les encaisser tout en restant stoïque. Non attends... cela les absorbe. Les flèches de feu étaient aspirées dans la créature, les unes après les autres !

« Absorbe-t-il les attaques magiques ? » demandai-je.

« Zut... Dans ce cas... ! » Yae s’élança, frappant le criquet avec une force meurtrière. Cependant, ce qui était censé être une frappe de mort sûre n’était rien de plus qu’une égratignure pour lui.

« C’est extrêmement solide ! » déclara-t-elle.

« Prends ça… ! » Elze avait suivi l’attaque d’Yae avec un énorme coup de poing qui avait touché le côté du criquet. Cependant, même si elle l’avait poussé un peu sur le côté, son coup de poing n’avait eu aucun réel effet.

Une des jambes de cristal de la créature semblait viser Elze. Elle avait alors esquivé ça. C’était une bonne chose qu’elle fasse ça, car sinon elle aurait été embrochée.

« Comment pouvons-nous arrêter cette chose !? » Cette créature absorbait la magie... et les lames ne pouvaient pas l’endommager. Que devrais-je faire... ? Attends... si la magie d’attaque frontale ne fait rien, alors... peut-être que nous puissions essayer une approche indirecte.

« [Glissement] ! » Au moment où j’avais lancé le sort, ciblant le sol sous les pieds du criquet, il avait trébuché et s’était écrasé sur le sol. Parfait !

« Linze ! Il ne faut pas lancer des sorts directement sur lui, mais utiliser indirectement l’environnement pour l’affecter, » dis-je.

« Je vois… Compris ! Viens à moi, Glace ! Grande Masse de Glace : [Rocher de Glace] ! » Linze avait décidé de lancer un sort de glace. Puis, une énorme masse de glace était apparue au-dessus de la créature… et elle lui était tombée dessus ! Outch. Cela doit faire mal. La créature pouvait absorber directement la magie quand elle était lancée contre elle, mais elle ne pouvait pas absorber des objets qui avaient été créés à l’aide de la magie.

Skree ! Créant un bruit étrangement semblable aux charnières d’une porte rouillée, la créature était clairement enragée. Mais il semblait que même des objets créés par magie ne pouvaient que causer des dégâts mineurs, cette créature était vraiment trop solide !

Profitant de sa brève incapacité, Elze avait sauté vers lui à la vitesse d’une balle. « [Accélération]… ! Pleine Accélération ! » En utilisant [Accélération], une magie du Néant qui permettait d’augmenter les capacités physiques de son lanceur, Elze avait effectué une frappe dévastatrice sur l’une des pattes de la créature.

La patte avait été détruite en un battement de paupière, accompagné par le bruit de verre qui se brisait.

« Impressionnant ! » Bien sûr, cette chose pourrait être endommagée. Même si nous ne pouvions que lui faire que de faible dommage chaque fois, cela signifiait que nous serions en mesure de gagner !

« Skkrrrr... Sssskkkrreeeeee ! » Le criquet laissa échapper un autre cri perçant, et l’orbe rouge dans sa tête commença à doucement luire. Presque comme si cela réagissait à la lueur, la jambe brisée s’était régénérée sans effort. Hé… impossible que cela se produise ainsi...

« Elle se régénère…, » Elze resta stupéfaite pendant un moment, donnant à la jambe nouvellement régénérée l’occasion de frapper. En un instant, la patte s’était déplacée et avait transpercé en profondeur son épaule droite. Comme son rythme de combat avait été brisé, elle n’avait pas réussi à l’éviter.

« Gwagh...! »

« Merde ! » Elze avait bondi afin de se mettre hors de portée d’autres attaques opportunistes. Du sang avait commencé à couler de la plaie sur son épaule, tachant ses vêtements d’un cramoisi profond. Elle avait été mise à genoux avec de la sueur sur son front.

« Yae ! Linze ! Bloquer cette chose ! » Les deux filles avaient hoché la tête et s’étaient mises au travail. Yae l’avait distraite avec la vitesse pure pendant que Linze avait conjuré plus de blocs de glace. Pendant que les deux filles distrayaient la créature, je me dirigeai vers Linze et jetai de la magie curative. Une douce lumière enveloppa son épaule et le sang cessa de couler de la blessure alors qu’elle se refermait.

« Merci… je vais bien maintenant, » comment peux-tu dire ça ? Même si la plaie s’était refermée, le dommage était toujours présent.

Régénération... la propriété d’absorber la magie... une carapace anormalement solide... comment pourrions-nous le battre ? Avait-il vraiment un point faible ?

« Même si on le brise, ça peut se régénérer ! Comme c’est futile ! »

« … Attends… quand nous avons trouvé la créature, elle était cassée à plusieurs endroits, alors pourquoi est-ce qu’elle va bien maintenant… ? » Je m’étais souvenu qu’il avait absorbé le sortilège de Linze puis qu’il avait régénéré. Attendez, avait-il besoin d’énergie magique pour se régénérer ? L’orbe à l’intérieur de sa tête brillait chaque fois que cela s’était produit. Se pourrait-il que l’orbe fût le noyau, en quelque sorte du genre ?

« Elze, » j’avais après ça dit à Elze le plan que j’avais imaginé.

« Huh? Peux-tu réellement faire cela ? »

« Je ne suis pas sûr… Mais ça vaut le coup, non ? »

« … Tu as raison. »

J’avais stabilisé mon souffle et j’avais regardé la créature, concentrant mon esprit sur ce que je voulais faire. Parce qu’elle avait un corps transparent, je pouvais parfaitement distinguer ma cible !

« [Récupération]. » Soudain, le petit orbe rouge doux était dans mes mains. Je l’avais donc fait ! « Elze, je l’ai ! »

« [Accélération] ! » J’avais lancé le petit orbe dans les airs, où il rencontra bientôt le poing d’Elze. Se trouvant pris en sandwich entre le poing d’Elze et le sol, le petit orbe avait finalement été brisé en morceaux.

« Et maintenant ? » Après que son noyau avait été détruit, la créature avait cessé de bouger. Finalement, des fissures s’étaient répandues sur son corps qui s’était brisé avant de s’effondrer en provoquant un fort bruit. La créature en cristal était finalement vaincue, alors que ses restes scintillaient au soleil.

Nous avions attendu un moment pour voir si ça se régénérerait, mais cela ne s’était jamais produit.

« Hm... » Il y avait un soudain manque de tension dans l’air en raison de notre victoire, alors je m’étais assis par terre.

J’étais tout simplement content que l’idée que j’avais soudainement eue à ce moment-là ait tellement bien réussi. Si le sort de [Récupération] avait échoué, je ne savais pas comment cela aurait finit. J’avais lancé mon sort plus vite qu’il ne pouvait l’absorber, et cela avait apparemment bien fonctionné, étant donné que j’avais réussi à retirer le noyau.

J’avais levé la tête pour voir qu’Yae et Elze étaient aussi assises par terre. Pendant ce temps, Linze semblait être occupée à chercher parmi les fragments brisés du monstre.

« Cela... pourrait effectivement être un matériau semblable à de la pierre de sort ! »

« De la pierre de sort, vraiment ? »

« Oui. Les propriétés de ces pierres incluent également l’amplification de la magie, l’accumulation de la magie et la réutilisation de cette magie comme s’il s’agissait d’énergie. Le monstre avait absorbé les énergies magiques des autres sorts et l’avait utilisé pour se régénérer... ou peut-être c’était plus une capacité défensive. Peu importe, la créature a aussi utilisé l’énergie magique pour attaquer. Amplification, accumulation et utilisation… ce sont les trois propriétés de cette pierre. »

Se pourrait-il qu’il n’eût pas la capacité de faire de l’énergie magique par elle-même... ? Était-ce la raison pour laquelle elle était restée bloquée dans les ruines ? Mais attendez, l’énergie magique circulait à travers le monde. Est-ce que cette pièce bloquait cette magie terrestre en ayant une sorte de sceau anti-magie ? Toute cette scène était une énigme enveloppée dans l’incertitude.

« Ne devrions-nous pas signaler ce genre de chose à la guilde ? »

« Non. Étant donné que cela impliquait les anciennes ruines trouvées dans l’ancienne capitale, nous devrions probablement informer directement le gouvernement. Je pense que nous devrions rapporter cela au duc, » eh bien, cela avait un sens pour moi. Cela semblait un choix judicieux compte tenu de la situation. Avec ça, nous étions partis voir le duc.

« [Porte] ! »

*

« Je vois... Donc, il y avait de telles ruines dans l’ancienne capitale..., » le duc Alfred croisa les bras comme s’il réfléchissait en ce moment, puis il se pencha en arrière dans sa chaise. Sue et la duchesse Ellen étaient allées faire une promenade, donc malheureusement je n’avais pas eu l’occasion de les voir. Nous étions allés dans le salon où nous avions annoncé au duc l’essentiel de ce qui était arrivé.

« Très bien. Cette situation peut concerner la famille royale. Je prendrai des dispositions pour qu’un groupe de recherche au nom du pays soit envoyé afin d’enquêter. Bien sûr, nous allons aussi essayer d’en savoir plus sur ce monstre. »

« Oh ! Hmm, les ruines souterraines se sont effondrées, il pourrait donc être un peu difficile d’enquêter. »

« Quoi !? Oh mon cher… je suis curieux de savoir ce qui avait pu être écrit sur ce mur que vous avez mentionné…, » le duc baissa ses épaules en raison de sa déception. Nous avons fait quelque chose de mal là-bas. Non attendez ! Nous n’avons rien fait ! Ce monstre a détruit l’endroit, et non pas nous !

« Oh, le texte sur le mur. Ne vous inquiétez pas, nous pourrions encore être en mesure de le faire. J’ai pris une photo de celui-ci. »

« Pho-to...? » J’avais ouvert la photo dans l’application galerie de mon smartphone et je lui avais montré le texte.

« Qu-Qu’est-ce que c’est que ça !? »

« C’est un sort de la magie du néant. Il permet d’afficher des images qui ont été captées par cette chose-là. »

« J-Je vois… vous êtes toujours plein de surprises, n’est-ce pas ? » Le duc Alfred avait été merveilleusement trompé par mon mensonge. Je suis désolé. Je m’étais excusé dans ma tête. C’est un peu difficile à expliquer autrement.

« Si vous me donnez du temps, je peux le transcrire pour vous. »

« S’il vous plaît, faites ainsi. Cela pourrait justement être la clé afin de résoudre le mystère de la délocalisation de la capitale qui a été effectué il y a mille ans. » Oh, il semblerait que même les personnes du pays ne savaient même pas pourquoi la capitale avait été déplacée.

Je pensais qu’ils auraient laissé une trace d’un événement aussi important quelque part dans certaines archives officielles. Là encore, s’il avait raison, alors ce texte pourrait même être exactement ce que nous venions de trouver. Il pourrait même avoir eu des informations sur la créature de cristal que nous avions rencontrée.

J’avais compris la faiblesse de la créature. J’étais confiant dans le fait que je pourrais probablement le battre si jamais nous devions combattre une autre de ces créatures.

Mais je ne pouvais toujours pas sortir quelque chose de mon esprit. J’avais le sentiment que la vieille capitale qui se trouvait dans cet état avait quelque chose à voir avec la créature de cristal…

Tout en ayant un sentiment d’incertitude sur l’ensemble de l’épreuve qui nous attendait, nous avions laissé le reste entre les mains de Duc Alfred et nous avions quitté sa propriété.

***

Chapitre 4 : La famille royale

Partie 1

Quelques jours plus tard, j’avais fini de transcrire la peinture sur papier.

Ce qui s’était avéré utile pendant ce temps était un petit sortilège de magie que j’avais appris appelé [Dessin]. Cela m’avait permis de prendre tout ce que j’avais vu et de le reproduire parfaitement sur papier. Bref, j’étais devenu un photocopieur.

En fait, je n’avais même pas posé la plume sur le papier. Le sort avait fonctionné en évoquant les symboles directement sur le papier, donc j’étais vraiment comme un photocopieur. J’avais même dû regarder l’image sur l’écran de mon smartphone pour finir de la copier. Le sort était moins [Dessin] et plus [Impression], mais je ne me souciais pas trop du nom de toute façon.

Le plus important était qu’avec ce sort, j’avais effectivement acquis une imprimante. Comme test, j’avais pris plusieurs nouvelles recettes de sucreries et les avais données à Aer, et elle avait presque explosé de joie. J’étais reconnaissant de pouvoir traduire les mots dans le cadre du processus d’impression, si je me concentrais suffisamment. Le seul inconvénient était que je devais utiliser [Recherche] pour trouver les noms réels des ingrédients un par un.

J’avais appris à utiliser l’une des pièces de cent yens que je portais pour faire face à tout ce qui concerne le poids. J’aurais dû le savoir plus tôt, idiot, me suis-je dit.

Mon prochain travail était de livrer la transcription murale à la capitale. J’avais demandé aux filles si l’une d’entre elles voulait venir, mais il semblerait que l’idée de rencontrer le duc les rendait trop nerveuses, alors elles avaient refusé.

C’est à ce moment-là que j’avais vraiment senti la différence dans ma perception de ce qu’était un noble, comparé à ce que tout le monde pensait d’eux. Je veux dire, il n’y avait pas vraiment de nobles au Japon. Bien que, à proprement parler, il y en avait eu dans le passé.

J’avais pris le paquet de papiers transcrits en main et avais jeté mon fidèle sort de [Porte]. Passant la lumière, j’étais arrivé directement devant la porte du domaine du duc.

« Qu’est-ce que...? »

« Oups, désolé pour ça... » Le garde avait été surpris par mon apparition soudaine. À vrai dire, j’avais surpris ce pauvre gardien chaque fois que je venais dans la propriété du duc. J’aurais aimé qu’il s’habitue, mais ça allait encore prendre du temps.

Attends une seconde... La porte s’était ouverte et une calèche était sortie. Est-ce qu’ils partaient quelque part ? Je m’étais dit que j’avais mal choisi le moment pour ma visite.

« Touya, c’est toi ?! Je remercie le ciel ! S’il te plaît, entre ! »

« Hein ? Attends... Quoi ?! Que se passe-t-il ? » La porte du chariot s’ouvrit et le duc s’abattit comme un oiseau de proie, me saisit par le bras et m’emmena dans la voiture en un éclair. Sérieusement, c’est quoi ce bordel ?!

« Penser que vous apparaîtriez à un moment aussi parfait... ! Vous êtes vraiment un don du ciel. Je lui rends grâce. » Le duc commença à prier avec ferveur.

Je veux dire, techniquement, Dieu m’a envoyé ici, alors... En tout cas, le comportement du duc n’était certainement pas normal. Je ne l’avais jamais vu aussi frénétique auparavant. Je me demandais ce qu’il y a pu arriver.

« Que s’est-il passé, exactement ? » À ma soudaine question, de la sueur apparut sur le front du duc alors qu’il répondait d’un ton plutôt paniqué.

« Mon frère a été empoisonné. »

... Pardon, le roi ? Le frère du duc n’était-il pas... le roi ? Était-ce un cas d’assassinat royal ?

« Heureusement, le traitement a été délivré rapidement, alors il s’accroche toujours... Pour l’instant. » La voix du duc en sortit tremblante alors qu’il était assis face cachée, serrant fermement ses mains l’une contre l’autre. Je veux dire, son frère était sur le point de mourir. Tout le monde serait inquiet dans cette situation.

« Avez-vous une idée de qui aurait pu être le coupable ? »

« ... Il y a un suspect principal, mais nous n’avons aucune preuve. Vous vous souvenez sûrement de la tentative d’agression sur Sue, oui ? Je crois que ces deux crimes ont été orchestrés... par le même individu. »

« Mais pourquoi voudraient-ils tuer le roi ? Oh, attendez, ça aurait pu être un assassin envoyé de l’extérieur du pays ou... »

« Si seulement c’était aussi simple... » Le duc laissa échapper un soupir et leva la tête. Il portait une expression terrible sur son visage.

« Notre royaume de Belfast est entouré de trois autres pays. À l’ouest se trouve l’Empire Refreese, à l’est en sandwich dans la chaîne de montagnes Melicia se situe l’Empire Regulus, et au sud par la rivière Great Gau se trouve le Royaume de Mismede. Parmi ceux-ci, nous avons toujours été en bons termes avec l’Empire Refreese pendant de nombreuses années. »

« Je vois, je vois. »

« Quant à l’Empire Regulus, nous avons signé un pacte de non-agression il y a vingt ans après la guerre, mais je ne peux pas vraiment dire que nous sommes en bons termes. Ce ne serait pas étrange s’ils nous lancent une autre attaque à tout moment. Maintenant, comme pour le Royaume de Mismede, c’est là que les choses se compliquent. »

« Compliqué, mais de quelle manière exactement ? »

« Mismede est un nouveau royaume qui a été établi il y a vingt ans pendant la guerre avec Regulus. Mon frère a essayé de former une alliance officielle avec ce nouveau royaume, en partie pour conjurer la menace de Regulus, et en partie pour ouvrir plus de routes commerciales entre nos deux royaumes. Cependant, il y a des nobles qui sont très mécontents de sa décision. »

« Quel est leur problème ? » Si l’Empire Regulus pouvait à nouveau attaquer à n’importe quel moment, il serait plus logique de gagner autant d’alliés que possible avant que cela n’arrive. Peut-être que ce n’était pas si simple, cependant.

« Mismede est un royaume de semi-humains gouvernés par un roi-bête. Certains nobles plus âgés méprisent l’idée de... former une alliance avec un royaume comme celui-là. »

« ... D’accord, mais pourquoi ? » Ces nobles feraient même tout leur possible pour entraver les choses qui profiteraient au pays simplement parce qu’ils n’aimaient pas l’idée d’une alliance avec des semi-humains ? Je ne pouvais pas du tout comprendre ce raisonnement. Si c’étaient de simples bêtes avec lesquels on ne pouvait pas raisonner, c’était une chose, mais les hommes bêtes étaient parfaitement capables de tenir une conversation. Et cette petite fille-bête, Arma, était aussi gentille.

« Dans le passé, les semi-humains étaient considérés comme une race inférieure et étaient la cible de nombreuses discriminations. Ils ont été traités comme une race de grossier barbare. Cependant, tout a changé durant la génération de notre père. Une loi a été créée pour que les semi-humains ne soient plus traités comme inférieurs ou discriminés. Avec cela, les vieilles habitudes se sont éteintes, et les semi-humains ont pu se promener la tête haute sans s’inquiéter. En ce moment même, il y en a beaucoup dans la ville fortifiée. À première vue, la discrimination à leur encontre est presque terminée, mais en réalité, il y a encore des nobles coincés dans le passé qui refusent de les traiter équitablement. »

« Discrimination, hein... »

« C’est exact. Leurs opinions sont que nous ne devrions pas avoir tendu la main à un pays de barbares. Certains insistent même pour que nous détruisions simplement leur royaume et réclamions la terre pour nous-même. Pour ces nobles, mon frère est une très grande nuisance. » C’était logique. Donc les coupables derrière cette tentative d’assassinat étaient probablement ces vieux nobles, mais était-ce vraiment nécessaire pour eux d’aller si loin ? J’avais senti que tout allait mal. La situation pourrait-elle être si mauvaise qu’ils devaient tuer le roi en prime ? Bon sang, si le roi mourait, ces nobles ne seraient-ils pas ceux qui en souffriraient le plus ?

« Si mon frère mourait, le trône irait à sa fille unique, la princesse Yumina. Les nobles plus âgés cherchent probablement à faire épouser la princesse à l’un de leurs fils ou de leurs proches afin de se frayer un chemin dans la lignée royale. Après cela, ils seraient libres d’abuser de leur pouvoir pour purger tous les semi-humains du pays... Je commence à penser que ceux qui ont tenté de kidnapper Sue n’essayaient pas de me mettre sous pression, mais au contraire sur mon frère. »

Donc une sorte de « Faites ce que nous vous disons si vous appréciez la vie de votre nièce ». Ils voulaient interrompre les relations avec Mismede en prenant subitement des otages. La princesse avait probablement une garde personnelle la protégeant, alors ils auraient visé un parent comme la nièce du roi à la place... Et puis ils se seraient peut-être laissés emporter et ils auraient exigé que le roi marie sa fille à l’un de leurs fils. Toute cette histoire ressemblait au scénario d’un idiot maléfique de dessin animé par exemple. Le coupable était probablement un idiot complet.

S’ils étaient attrapés, ils seraient immédiatement condamnés à la peine de mort. Je pourrais presque les imaginer comme le méchant dans un « drame d’époque ». Comme un marchand avide ou un magistrat corrompu, quelque chose comme ça.

« Alors, euh, qu’est-ce que vous avez besoin que je fasse ? »

« J’ai besoin de vous pour expulser le poison du corps de mon frère, en utilisant le même sort que celui que vous avez usé pour guérir Ellen. » Le sortilège qui guérit toutes les maladies de statut [Récupération]. Cela avait du sens. Avec ce sortilège, non seulement le poison lui-même, mais tous les effets qu’il avait sur le corps reviendraient à la normale. Cela explique pourquoi le duc m’avait emmené dans sa calèche. Et aussi d’une manière aussi précipitée.

Pendant que nous discutions de tout cela, la calèche du duc traversa les portes du château, traversa le pont-levis et pénétra dans le parc du château. Le duc m’avait alors amené dans le château, et nous avions été accueillis par un immense hall couvert de tapis rouge vif. C’était mon premier séjour dans un château. Tout était énorme.

De là où l’on était dans le centre de la salle, je pouvais voir une paire d’escaliers à gauche et à droite, courbé autour et menant à l’étage suivant. Au plafond, il y avait un lustre brillant, étincelant comme des étoiles dans le ciel nocturne. Cependant, il ne semblait pas y avoir de bougies. Avait-il été imprégné de magie de lumière ? Le duc et moi nous nous étions précipités dans l’escalier rouge et nous étions montés sur un petit palier où nous avions croisé un homme.

« Bien, si ce n’est pas Votre Altesse le Duc. C’est bon de vous revoir. »

« Tsk ...! Le comte Balsa... » Le duc rencontra l’homme devant lui avec un regard intense. C’était un petit bonhomme grassouillet aux cheveux fins, dans une tenue voyante. Son apparence évoquait l’image d’un crapaud. Le crapaud nous regardait avec un large sourire visqueux.

« Vous pouvez vous reposer maintenant. Nous avons capturé celui qui a tenté d’assassiner Sa Majesté. »

« Qu’est-ce que vous avez dit ?! »

« C’est vrai, c’était l’ambassadeur de Mismede. Son Altesse s’est effondrée après avoir bu un verre de vin, et nous avons découvert plus tard que c’était le vin même que l’ambassadeur avait offert comme cadeau. »

« C’est absurde... » L’expression du duc changea. Il avait clairement douté de ce qu’il venait d’entendre. Si cette histoire était vraie, alors cela n’ouvrirait pas seulement un fossé entre les deux royaumes, cela pourrait facilement mener à une guerre totale.

Je doute vraiment que ce soit arrivé. Cela n’a pas de sens pour l’autre royaume de faire quelque chose comme ça.

« L’ambassadeur est actuellement confiné dans une autre pièce. Nous devrions faire immédiatement exécuter cet animal immonde. Je dis qu’il faut couper sa tête et la renvoyer à Mismede... »

« Nous ne ferons pas une telle chose ! Ces décisions sont prises par mon frère ! Vous garderez l’ambassadeur vivant dans cette pièce jusqu’à ce que mon frère prenne une décision ! »

« Très bien... Vous montrez vraiment beaucoup trop de sympathie à des personnes comme ces hommes bêtes... En tout cas, je veillerai à ce qu’elle soit retenue pour l’instant. Cependant, si le pire devait arriver, je ne serais pas capable de garder les autres nobles sous contrôle. Ils répondront probablement tous exactement comme je le souhaitais. » Le comte Balsa se tenait là avec un sourire répugnant sur le visage. Je vois... Donc il est l’un des anciens nobles qui s’opposent au décret du roi sur le traitement des espèces semi-humaines. Non, il pourrait même être le cerveau même derrière l’empoisonnement...

De la façon dont le duc avait regardé fixement le crapaud, il semblait que mon avis était en plein dans le mille. Ouaip. Ce mec ? Coupable. Affaire classée.

« Alors, permettez-moi de prendre congé. Il semble que les choses soient sur le point d’être très excitantes ici. » Avec ces mots, le crapaud commença à descendre les escaliers avec une démarche lourde. Les choses allaient devenir passionnantes ? Pourquoi, parce que le roi allait mourir ? Les mains du duc tremblaient de rage en voyant le comte Baldy. D’accord, donnons à ce crapaud un petit avant-goût de la justice.

« [Glissade]. »

« Urrbuoah ?! » Le crapaud avait glissé magnifiquement et avait dévalé les escaliers avec une grâce inégalée. Rien ne pouvait l’arrêter lorsqu’il dégringolait, dévalant les escaliers jusqu’à ce que son élan le catapulte sur le tapis du rez-de-chaussée.

« Oof! » En atteignant le rez-de-chaussée, le crapaud avait essayé de mettre une apparence calme alors que ses pieds titubaient. Les servantes environnantes et les chevaliers de garde étaient tous tremblants essayant de réprimer leurs rires. Merde... Il s’en est sorti plutôt bien...

Le duc resta de marbre et se tourna vers moi quand il m’entendit claquer ma langue, et me demanda.

« L’avez-vous poussé ? » Aucun mot n’était nécessaire. J’avais levé les pouces avec un sourire aussi clair que le ciel bleu du jour. Au début, le duc était absolument stupéfié par moi, mais finalement son visage s’adoucit avec un sourire.

***

Partie 2

« Maintenant, nous ne pouvons pas rester ici toute la journée. Nous devons nous dépêcher ! » Nous avions repris notre marche vers le haut de l’escalier et nous avions continué dans le long couloir. Au bout du couloir se trouvait une porte gardée par les plus forts gardes personnels du roi. Ceux-ci remarquèrent que le duc s’approchait et inclinèrent respectueusement la tête en ouvrant la grande porte derrière eux.

« Frère ! » Ce que j’avais vu en entrant dans la pièce avec le duc était un magnifique et grand lit à baldaquin, baignant dans les rayons du soleil et entouré d’un certain nombre de personnes. Toutes les personnes dans la pièce regardaient la silhouette sur le lit, probablement le roi lui-même, avec des expressions douloureuses.

Une jeune fille saisissait la main du roi alors qu’elle était assise à ses côtés. À côté d’elle, une femme assise sur une chaise pleurait. Les autres personnes présentes étaient : un vieil homme vêtu d’une robe grise avec une expression grave, une femme aux cheveux de jade avec des yeux baissés tenant un khakkhara (bâton de moine) en or, et un homme magnifiquement moustachu en uniforme militaire dont les épaules semblaient trembler de rage.

Le duc s’avança vivement sur le côté du lit et commença à parler au vieillard en robe grise.

« Quel est l’état de mon frère ?! »

« Nous avons fait tout ce que nous pouvions, mais aucun des poisons que nous connaissons n’a ces symptômes... À ce rythme, je crains le pire..., » le vieil homme ferma les yeux et secoua légèrement la tête. À ce moment, le roi commença à parler d’une voix très rauque.

« Al... »

« Je suis là, mon frère. »

« ... Je laisse ma femme et ma fille... entre tes mains... L’alliance avec Mismede... tu dois... »

« Touya, aidez-nous, s’il vous plaît ! » J’avais quitté le mode observation et m’étais précipité aux côtés du roi. L’homme militaire avait fait des mouvements pour m’arrêter, mais le duc l’avait retenu.

Le roi se reposa là, me regardant avec des yeux voilés comme un poisson mourant, et il articula d’une voix faible : « Qui est-ce ? » entre son teint pâle, ses lèvres desséchées et sa respiration incroyablement faible, il était l’image même de la mort elle-même. Je n’avais pas de temps à perdre. Concentrant ma magie, j’avais tendu la paume de ma main vers lui.

« [Récupération]. »

Une douce lumière coula de ma main et entra dans le roi. Finalement, la lumière s’éteignit et le roi recommença à respirer facilement. Son teint était devenu de plus en plus sain devant nos yeux. Après avoir cligné plusieurs fois des yeux, la lumière était revenue dans ses yeux. Soudainement, il s’était levé d’un coup du lit comme s’il avait dormi sur un tremplin.

« Père ! »

« Chérie ! » Le roi ouvrit et ferma la main en regardant la femme et la jeune fille qui s’accrochaient à lui. 

« ... je me sens très bien. Toute cette souffrance est partie sans laisser de trace... »

« Votre Majesté ! » Le vieil homme en robe grise se précipita vers le roi. Il prit la main du roi, mesura son pouls et examina ses yeux, parmi divers autres examens. Donc, cette personne était le médecin royal. Cela avait du sens.

« ... Vous êtes l’image même de la santé. Comment cela pourrait-il être... ? » Ignorant le médecin stupéfait, le roi se tourna vers moi.

« Al... Alfred... Qui est ce garçon ? »

« C’est le même jeune Mochizuki Touya qui a guéri la vue de ma femme. Par pure coïncidence, il était venu visiter ma propriété. Je l’ai amené avec moi, sachant qu’il serait capable de te guérir. »

« ... Aha... ooooui. Je m’appelle Mochizuki Touya. » N’ayant aucune idée de comment me présenter à un monarque, j’avais tenté de répondre de manière appropriée. Comme un nigaud. Ce n’est qu’après coup que je m’inquiétais d’avoir fait quelque chose d’horriblement inconvenant.

« Je vois. Alors c’est le garçon qui a guéri Lady Ellen... ! Vous m’avez sauvé la vie, et pour cela vous avez ma plus sincère gratitude ! » Je ne savais pas comment agir après avoir été remerciée par le roi, et avant que je le sache, l’homme moustachu s’approcha et me tapa sur le dos avec une vigueur injustifiée. Hey, whoa, ça fait mal, tu sais !

« Vous avez rendu un grand service en sauvant la vie du roi, mon garçon ! Sire Touya alors, c’est ça ?! J’aime l’aura autour de vous ! » déclara le vieillard moustachu alors qu’il continuait inlassablement ses efforts afin de briser tous les os de mon dos. Franchement, ça fait vraiment mal !

« Général, c’est assez de ça maintenant. Pourtant, penser que je serais capable de voir le sort non élémentaire [Récupération] de nos jours... Comme c’est curieux... » La dame au khakkhara d’or sourit alors qu’elle mettait fin à l’assaut impitoyable du général. Vous avez sauvé ma colonne vertébrale, madame.

« Maintenant frères, nous devons parler tout de suite de l’ambassadeur de Mismede... ! »

« Qu’en est-il de l’ambassadeur ? »

« Il est actuellement détenu captif par le comte Balsa en tant que meneur présumé de cette tentative d’assassinat. Qu’en penses-tu, mon frère ? »

« Que c’est complètement absurde ! Qu’est-ce que Mismede pourrait espérer gagner de ma mort ?! C’est sans doute l’œuvre de ceux qui me voient comme un obstacle ! » Dans ce cas, ce vieux crapaud était le plus suspect finalement.

« Malheureusement... le fait est que Votre Majesté s’est effondrée en buvant le vin apporté par l’ambassadeur. Il y avait plusieurs témoins présents à ce moment-là. À moins que nous puissions éclaircir ces soupçons... »

« Hum... » Le roi se mit à réfléchir aux paroles du général Whiskers. Eh bien, il était naturel qu’ils ne puissent pas libérer un suspect sans d’abord prouver son innocence.

« Nous ne savons même pas quel type de poison a été employé. Cela aurait même pu être un type spécial de poison animal. Nous aurions besoin d’enquêter pour savoir... » Le maréchal marmonna d’une voix troublée.

Apparemment, ils avaient déjà utilisé toutes les méthodes connues de détection et d’identification du poison, mais le vin n’avait montré aucune réaction. Sans connaître le type de poison, il n’y avait aucun moyen de savoir quel type d’antidote était nécessaire. En conséquence, le roi était sur le point de mourir depuis près d’une heure.

La magie de la guérison ordinaire ne pouvait pas guérir les maladies de l’état physique comme la paralysie ou le poison. Si je n’étais pas arrivé, le roi aurait été au ciel en ce moment même. Tout comme le coupable avait prévu.

« Pour l’instant, j’aimerais rencontrer l’ambassadeur. Général Léon, escortez-le jusqu’à moi. »

Il était presque certain que l’ambassadeur avait été piégé. Liquider le roi encombrant et faire porter commodément le crime sur l’ambassadeur. Cela créerait une cassure entre les deux royaumes, et Belfast serait libre de faire la guerre sous le prétexte d’une juste cause... Ouais, c’était probablement le plan. À ce moment-là, c’était vraiment presque clair comme le jour.

« Hum... » Alors que j’étais plongé dans mes pensées, une fille m’interpellait. J’avais levé la tête pour voir que c’était la princesse — la princesse Yumina, comme je me souvenais — qui était debout et qui me fixait.

Elle semblait avoir deux ou trois ans de plus que Sue. Peut-être autour de douze ou treize ? Elle portait une robe blanche moelleuse et, dans ses cheveux, étincelait un bandeau d’argent. Elle avait les mêmes magnifiques cheveux blonds que Sue, et ses grands yeux étaient très captivants. En regardant de plus près, j’avais remarqué que ses yeux gauche et droit étaient en fait de couleurs différentes. Son œil droit était bleu vif, tandis que son œil gauche était vert clair. J’avais entendu parler de situations comme celle-là auparavant ; on l’appelait hétérochromie.

« Merci beaucoup d’avoir sauvé la vie de mon père. » La princesse me remercia et s’inclina rapidement dans ma direction. Elle était sûrement bien élevée. J’avais été inquiet qu’elle puisse être une princesse capricieuse et tyrannique.

« S’il vous plaît, ne vous inquiétez pas à ce sujet. Je suis juste content qu’il se sente mieux. » La façon dont tout le monde me remerciait me gênait, alors j’avais essayé de m’en sortir. Mais la princesse ne faisait que me regarder fixement de près. Quoi, y avait-il quelque chose sur mon visage ?

Conteeempler...

Conteeeempler...

Conteeeeempler...

Conteeeeeempler...

« Euh... puis-je vous aider ? » Je ne pouvais plus supporter d’être engloutie par son brûlant regard, alors j’avais changé de regard lorsque j’avais posé cette question. La princesse avait légèrement rougi et elle parla presque à voix basse.

« ... N’aimes-tu pas les femmes plus jeunes ? »

« ... Pardon ? » Incapable de comprendre le sens de sa question, je penchai la tête de confusion. Juste à ce moment-là, la porte s’ouvrit, et le général Whiskers arriva avec une femme-bête qui semblait avoir une vingtaine d’années. Hmm ? Je ne t’ai pas vue avant ?

« Moi, Olga Strand, je suis arrivé comme vous me l’avez demandé. » La femme-bête s’agenouilla devant le roi, qui était toujours au lit. Au sommet de sa tête, une paire d’oreilles d’animaux se tenait debout, et une queue dépassait d’une partie de son dos. La queue d’un renard.

« Allons droit au but. Es-tu venu dans ce pays avec l’intention de m’assassiner ? »

« Je jure sur ma vie, je ne considérerais pas une telle action. Je ne penserais jamais à empoisonner Votre Majesté ! »

« Je me le disais aussi. Il ne m’a pas semblé que vous n’étiez le genre de personne assez stupide pour faire une telle chose. En tant que tel, je vous fais confiance. » Le roi parla avec un sourire, et l’expression de l’ambassadeur de Mismede se transforma en une expression de soulagement.

« Pourtant, le fait demeure que le poison était contenu dans votre vin. Comment expliqueriez-vous la tournure des événements ? »

« C... c’est... » Incapable de répondre aux mots de la femme avec le khakkhara d’or, la femme-renarde laissait simplement sa tête pencher. Bien sûr, elle n’avait aucun moyen de prouver son innocence. Cependant, il ne semblerait pas que la dame au khakkhara l’accusait pour cette raison. On aurait plutôt dit qu’elle demandait « Que pouvons-nous faire quelque chose pour tirer cela au clair ? » Ou quelque chose du genre. Hmm...

« Euh, excusez-moi un moment ? »

« Attends, c’est toi Touya ? » questionna la femme-renarde.

« Alors c’était donc toi... ! » Dis-je. La femme-renarde s’était tournée vers moi quand j’avais crié, et avait été surprise quand elle avait vu mon visage. Oh, on dirait que c’était vraiment la même femme qu’à l’époque. Elle était la sœur aînée de cette jeune fille-renarde, Arma, que j’avais trouvée errante perdue dans la capitale lors de ma première visite. Donc, le nom de la grande sœur était Olga, hein ?

« Connaissez-vous l’ambassadeur ? »

« J’ai un lien d’amitié avec sa petite sœur, mais nous ne nous sommes rencontrés qu’en passant, vraiment. Quoi qu’il en soit, mettons ça de côté pour un moment... » Je faisais un geste en ramassant une boîte et en la déplaçant sur le côté pendant que je balayais la question du duc. Hmm, personne ne semblait comprendre. Passons à autre chose, j’avais demandé au Général Whiskers quelque chose qui m’avait dérangé.

« Dans quelle pièce du château le roi s’est-il effondré ? »

« C’était la salle à manger principale... À quoi pensez-vous ? »

« La scène du crime a-t-elle été laissée intacte ? »

« Hein ? Eh bien, oui, c’est exactement comme c’était au moment de l’incident... Non, attendez, nous avons enlevé le vin afin de le tester pour le poison. Les tests sont toujours en cours... » Ce qui signifiait qu’ils n’avaient encore trouvé aucune trace du poison.

J’étais à peu près sûr d’avoir tout compris, alors. C’était une technique habituelle. Bon sang, cela ne peut même pas être compté comme un piège. Au moment où quelqu’un se rendrait compte qu’il n’y avait aucun poison dans le vin, la vérité serait flagrante. Ce plan avait tellement de trous qu’il aurait fait un bon filet de pêche. Cependant, je voulais vérifier une dernière chose, juste pour en être vraiment sûr.

« Pourriez-vous me guider jusqu’à cette pièce ? Je pourrais être en mesure de prouver l’innocence de l’ambassadeur. » Tout le monde dans la pièce avait échangé des regards, mais le roi avait donné sa permission, alors le général Whiskers m’avait conduit dans la pièce.

C’était une très grande salle. Il y avait une grande cheminée en briques blanches et une seule fenêtre massive, ornée de rideaux bleus et donnant sur les jardins. Les murs étaient tapissés de plusieurs peintures onéreuses et un magnifique lustre étincelant était au plafond. La longue table était couverte d’une nappe blanche au sommet de laquelle reposaient des bougeoirs en argent, des assiettes et des couverts avec de la nourriture toujours dedans.

À ma demande, le général m’avait apporté le vin en question.

« Ce vin est-il rare ? »

« Je ne suis pas trop sûr de moi, mais oui apparemment. Selon l’histoire de l’ambassadeur, il n’est produit que dans un certain village de Mismede. En raison de ce fait, c’est censé être très précieux. »

« Très bien alors. » Bon, il est temps de tester ma théorie.

« [Recherche] : Poison »

J’avais activé mon sort de recherche. Je regardai le vin, puis j’avais continué à observer à travers le reste de la pièce et passai mon regard sur toute la table. Ouais, comme je l’avais pensé. J’étais à peu près sûr que cela aurait été découvert finalement, mais j’étais le seul à pouvoir utiliser la magie de la recherche pour le confirmer rapidement.

Le fait que je puisse le trouver avec le sort [Recherche] aurait signifié que j’en aurais consommé avant ça, et que j’aurais été empoisonné. La pensée ne m’avait jamais donné envie d’essayer ça.

Maintenant, que fallait-il faire ? Au rythme où les choses allaient, la chance que la vérité reste inconnue était relativement élevée. Le crime avait probablement été planifié avec cette idée en tête. Même si cela échouait, au pire, le vrai coupable s’en sortirait avec juste quelques soupçons, et pas grand-chose d’autres. Je pourrais prouver l’innocence de l’ambassadeur avec ce que j’avais, mais nous ne serions pas capables d’attraper le vrai coupable de cette façon... D’accord, je pense que j’ai compris.

« Je pense que je comprends l’essentiel. Général, pourriez-vous demander au roi de convoquer tout le monde dans la salle à manger ? Oh, au fait, y compris le comte Balsa. Et aussi, j’ai une petite faveur à demander... »

« Une faveur ? » Le général pencha la tête d’un air interrogateur, mais il entendit ma demande. S’il n’y avait pas de preuves solides, alors tout ce que nous devions faire était d’amener le coupable à se confesser.

Tout va bien alors, il est temps de mettre en place mon petit numéro…

***

Partie 3

« V-Votre Majesté ! Vous êtes déjà rétabli et de nouveau sur pieds ?! »

« C’est exact, comte Balsa. Comme vous pouvez le voir, je suis l’image même de la bonne santé. Bien que je semble avoir causé beaucoup d’inquiétude à tout le monde. » Le crapaud avait fait irruption dans la grande salle à manger, et Sa Majesté le roi avait répondu à son inquiétude de manière désinvolte. Il avait même battu son poing contre sa poitrine afin de le prouver.

« Je... vois... Hahaha, eh bien, c’est quelque chose. Je suis très content de voir ça... » Le comte était déjà couvert de sueur froide alors que son sourire se contractait et qu’il se frottait nerveusement les mains. Le roi le regarda avec des yeux complètement sobres. Oh, il semblerait que le roi l’avait remarqué aussi. Ce gars était sans aucun doute le vrai coupable.

« Pendant un moment, je pensais que ma fin était proche, mais le jeune Touya est arrivé et en un clin d’œil a dissipé le poison de mon corps ! Je dois dire que j’ai eu énormément de chance aujourd’hui. » À ces mots, le comte Baldy me regarda comme s’il haïssait mon existence même. Oh, allez, il est pratiquement en train de l’annoncer ! Maintenant, je ne peux même pas imaginer quelqu’un d’autre que lui comme le coupable.

« Très bien, Touya. Tout le monde est rassemblé. Qu’est-ce qui va suivre ? » Tenant son khakkhara doré, Miss Charlotte, la magicienne aux cheveux de jade me le demanda.

Les personnes rassemblées dans la salle à manger étaient : Sa Majesté le Roi, la Princesse Yumina, la Reine Yuel, le Duc Ortlinde, le Général Léon, Charlotte, le Docteur Raul, Olga et le Comte Balsa. Je les avais tous mis debout devant moi, puis j’avais commencé à parler.

« Le coupable est juste ici parmi nous. »

J’avais toujours voulu avoir une chance de dire cette phrase ! L’atmosphère de la pièce changea en un instant et Olga pâlit. Ses oreilles se redressèrent et elle regarda autour d’elle avec des yeux suppliants, comme si elle essayait de dire « Tu as tort, ce n’était pas moi ! » Ne t’inquiète pas, nous le savons déjà.

Quand il vit le visage pâle d’Olga, les lèvres du comte Balsa se recroquevillèrent en un sourire.

Allons, mec, c’est presque comme si tu voulais être attrapé. Il n’avait pas semblé le remarquer lui-même depuis qu’il regardait Olga, mais tous les autres dans la pièce avaient déjà regardé le comte Baldy comme s’ils étaient unanimement reconnus comme s’il était le coupable. Franchement, que tout le monde, à part Olga, connaissait déjà l’identité du coupable avait en quelque sorte réduit une partie du plaisir...

« Pour commencer, nous avons le vin empoisonné. » Le général m’avait tendu une bouteille de vin, et je l’avais levé pour que tout le monde puisse le voir.

« Maintenant, Olga. C’est, sans aucun doute, le vin que vous avez apporté, ai-je raison ? »

« C’est vrai, c’est le vin que j’ai apporté, mais je n’ai rien fait pour l’empoisonner... ! »

« Silence, misérable bête ! As-tu toujours l’intention de faire l’innocente ? N’as-tu pas honte ?! Tout le monde est d’accord, n’est-ce pas... ?! » Regardant le crapaud insulter verbalement Olga avec un regard en coin, j’avais pris une grosse gorgée directement de la bouteille de vin et l’avais avalée.

Je suis mineur, mais ce n’est pas grave ! Après tout, je suis dans un autre monde !

« Ah, c’est délicieux ! » J’avais fait claquer la bouteille sur la table. Pour être tout à fait honnête, je ne savais pas à quel point le vin était délicieux, parce que je n’avais rien d’autre pour la comparer. Je viens de te dire que je suis mineur ! En regardant autour de moi, j’avais vu que la bouche de tout le monde indiquait une surprise tandis qu’ils me regardaient fixement.

« S-Sire Touya, est-ce que ça va ?! »

« Je vais bien, général. Je veux dire, après tout, il n’y avait pour commencer jamais eu de poison dans ce vin ! »

« Quoi ?! » Tout le monde regarda autour d’eux, essayant de comprendre de quoi je parlais. Tout le monde sauf le comte, qui était maintenant en train de transpirer à grosses gouttes. Bon, je l’ai totalement effrayé.

« Maintenant, j’ai avec moi une bouteille de vin d’Extrême-Orient. C’est un type de vin très rare né d’une formule secrète, et c’est le vin le plus raffiné auquel je puisse penser. » J’avais pris dans ma main une bouteille portant l’étiquette « Bowjolly Noovoe ». L’étiquette avait été fabriquée par moi et simplement collée sur le côté d’une bouteille de vin bon marché. Comme pour montrer que mon vin était plus précieux, j’avais pris un verre vide de la table et y avais versé du vin.

« Ce vin va mettre à nu le coupable. » Je tendis le verre de vin vers le lustre, ce qui provoqua une série de lumières éblouissantes qui rebondirent dans toute la pièce. Je m’étais dirigé vers les autres et j’avais offert le verre au général.

« Puis-je vous demander de boire ça ? » Le général me lança un regard douteux, mais il but le verre malgré ça.

« Comment est la saveur ? »

« Oh oh ! C’est merveilleux ! C’est mieux que n’importe quel autre vin que je n’ai jamais goûté ! Délicieux ! Comte, en voudriez-vous ? » Oh, mon dieu, sa voix était complètement monotone. C’était complètement monotone, mais le général avait fait exactement ce que j’avais demandé plus tôt et avait offert du vin au comte.

« Eh ? Err, eh bien, d’accord... » Après que le comte eut hoché la tête, je me dirigeai vers la table et ramassai le verre qui était à la place du roi et y versa du vin. Au moment où je l’avais fait, le visage du comte avait immédiatement changé.

« Je suis extrêmement intéressé d’entendre vos impressions sur mon meilleur vin. »

« Ah, non, en fait je crois que c’est bon ! »

« Allons, juste un verre ! » J’avais attrapé le compte alors qu’il commençait à reculer et j’avais forcé le verre de vin dans sa main.

« Bois-le avec entrain, mon ami ! » Je lançais un sourire aussi brillant que le soleil dans les yeux du comte pendant que je parlais. Mais il se contenta de rester là, inondé de sueur froide, ne déplaçant pas son verre pour boire.

« Quel est le problème, comte ? Vous ne voulez pas boire ce verre ? »

« Euh, eh bien, tu vois... c’est juste... » Le comte commença à balancer légèrement le verre avec des yeux fuyants alors que le roi parlait. Oups, je ne voudrais pas que ça tombe sur le sol maintenant.

« ... Ne pouvez-vous pas le boire ? Dans ce cas, cela peut être plutôt direct de ma part, mais je vais simplement devoir vous aider. »

« Quoi ?! Mgh ! Argh ?! » J’avais forcé le verre jusqu’aux lèvres du comte et versé le vin dans sa gorge. En s’étouffant tout le temps, le comte avalait par réflexe une partie du vin qui essayait de descendre dans son gosier. Réalisant ce qui venait de se passer, il était terrifié.

« Pouah ! Uwah ! Uwaaah ! A-Aide-moi ! Le poison ! Il coule à travers mes veeeiiines ! Je meurs ! Je meuuurs ! » Le crapaud s’était tortillé, agrippant sa gorge tout le temps. L’angoisse couvrait son visage alors qu’il continuait à se tortiller. Que c’est embarrassant ! Je me demande ce qu’il en est des humains et de nos pouvoirs d’imagination qui peuvent nous pousser à nous conduire de manière si exagérée.

« Urrrgggh! J’ai du mal de respire ! Le poison ! Le poooiiisooon ! Q-Quelqu’un, aide-moi... ! »

« Très bien, vous pouvez vous calmer maintenant. Ce verre que vous venez de boire ? C’était un verre tout neuf. »

« Je meuuuurs, je suis... pardon ? » Le comte déconcerté cessa de se tordre et se leva, se tapotant légèrement la gorge.

« ... Je me sens très bien. »

« Bien évidemment que vous allez bien. C’était juste un verre de vin bon marché. Je suis désolé de vous avoir forcée à l’avaler, mais... » Je laissai un vide délibéré avant de poser la question décisive.

« Qu’est-ce qui vous a fait penser que c’était empoisonné ? »

« Euh... » Le visage du comte se figea. Échec et mat. Cet homme s’était démasqué avec sa petite comédie. Craignant un poison inexistant qu’il croyait avoir été forcé de boire, il se tordait sur le sol sans raison apparente. Quiconque ne connaissait pas l’astuce n’aurait jamais réagi comme ça. Je l’avais forcé à dévoiler son jeu.

« ... Qu’est-ce que cela signifie, alors ? » Le duc prit la parole tout à coup.

« Le poison n’était pas dans le vin qu’Olga a apporté, il était enduit à l’intérieur du verre lui-même. »

« Dans le verre... ? Je vois. Pas étonnant que nous ne puissions pas trouver de traces de poison dans le vin. »

« J’ai un sort qui me permet de détecter du poison, alors j’ai tout de suite découvert l’astuce. Le coupable était probablement l’un des chefs ou l’un des serveurs, j’imagine. Ils avaient probablement l’intention de jeter le verre après l’incident lui-même, mais notre bon général ici a été très rapide pour sécuriser la scène du crime, ce qui veut dire qu’ils ne pouvaient pas récupérer le verre sans éveiller les soupçons... Il ne me restait plus qu’à trouver un moyen de coincer l’organisateur... ce qui a fini par être bien plus facile que je ne le pensais. » Puis, regardant à nouveau le gars, je ne pouvais vraiment pas imaginer quelqu’un d’autre comme coupable. Je m’étais dit que tout ce que j’avais à faire était de créer une situation à laquelle il ne pourrait pas échapper, mais le fait de la résoudre si facilement était vraiment une déception. Après tout, l’astuce, si vous pouviez l’appeler ainsi, était d’une telle simplicité.

Zut, même si je n’avais rien fait, quelqu’un aurait finalement découvert la vérité une fois qu’ils se seraient rendu compte que le vin lui-même ne contenait pas de poison. À la fin de la journée, je voulais vraiment jouer le rôle du détective au moins une fois dans ma vie, même si le coupable était un bouffon maladroit, vous savez ?

« .. Gah ! » Le crapaud jeta un coup d’œil sur la porte et se précipita sur elle. Il ne savait vraiment pas quand abandonner. Vraiment, tout ce que cela signifiait était qu’il était une canaille incompétente de troisième zone, qui n’envisageait jamais les conséquences, parce qu’il s’était trompé en croyant qu’il était meilleur que tout le monde. Néanmoins, ce plan idiot faillit causer la mort du roi. Le prix de ce crime serait lourd.

« [Glissade]. »

« Uohwhah?! » Le comte avait glissé avec une vigueur incroyable et avait frappé la nuque contre le sol.

« Toi petit... ! » Presque comme si elle canalisait tout son ressenti pour l’homme dans ses propres forces, Olga se jeta sur le comte avec un coup de pied terriblement puissant directement dans l’intestin. Il avait instantanément perdu conscience. Oof, ça fait mal.

Les actions d’Olga étaient plutôt indignes pour une ambassadrice, mais pas une âme dans la pièce n’avait l’impression d’exprimer des plaintes.

***

Partie 4

« Selon le général, il y avait deux complices : le serveur et le testeur de poison. Ils ont également trouvé du poison du même type qui avait été enduit dans un verre dans la résidence du comte Balsa. Et enfin, le comte Balsa lui-même a avoué avoir tenté de kidnapper Sue. On dirait que cette affaire est close. » Le duc parla joyeusement assis sur une chaise dans l’une des pièces du château royal.

Nous étions accompagnés dans la salle par Sa Majesté le Roi, la princesse Yumina, la reine Yuel et Charlotte, qui étaient tous assis autour de la même table et qui buvaient tranquillement leur thé.

« Que va-t-il arriver au comte ? »

« Une tentative d’assassinat du roi n’est pas moins qu’un crime de haute trahison. L’homme lui-même sera exécuté, sa résidence et ses biens seront confisqués, et son domaine sera détruit. » Eh bien, en réalité c’était tout à fait normal. Les sentiments de culpabilité... ne m’avaient curieusement même pas traversé l’esprit. Probablement parce que ce gars avait eu ce qu’il méritait. C’était difficile de montrer de la sympathie pour un homme comme lui.

« Et sa famille ? »

« Les traiter comme des complices et les exécuter tous... serait plutôt excessif. Au minimum, ils perdront leur statut de nobles et seront bannis du pays. Cela dit, l’homme n’avait pas de femme ou d’enfants, et ses autres parents étaient tous activement opposés à l’intégration des semi-humains dans notre société. Maintenant qu’ils seront partis, les choses devraient être un peu plus faciles pour mon frère. » Le duc garda son ton enjoué pendant qu’il parlait.

Je vois. Cet incident pouvait être utilisé afin de donner l’exemple à tous les autres nobles qui s’opposaient à l’alliance avec les hommes bêtes et les garder sous contrôle.

« Honnêtement, mon garçon, je vous suis sincèrement redevable. Je voudrais bien faire un cadeau à l’homme à qui je dois la vie. Y a-t-il quelque chose que vous désirez ? » Le roi semblait presque suppliant, mais honnêtement, je ne voulais absolument rien pour le moment.

« S’il vous plaît, ne vous inquiétez pas pour ça. J’étais, à ce moment-là, en route pour voir le duc quand tous ces évènements se sont produits. C’était juste un coup de chance pour Votre Majesté. Il suffit de considérer ceci comme une pure coïncidence. » Je n’avais pas vraiment fait grand-chose avec mon propre pouvoir, cela avait l’avantage d’être exact. La seule raison pour laquelle je pouvais même utiliser le sort [Récupération] était grâce à Dieu. Si j’essayais de profiter d’une compétence injuste comme ça, le karma se serait sûrement retourné contre moi...

Hmm ? Minute, pensais-je, ses choses là n’étaient-elles pas dans le domaine d’expertise de Dieu ? Juste, épargne-moi un autre coup de foudre. Sérieusement. Merci de ne plus jamais faire ça.

« Un homme qui n’a aucune cupidité comme toujours, hein, jeune Touya ? » déclara le duc en reposant sa tasse de thé sur la soucoupe posée sur la table.

« N’est-il pas naturel d’aider un ami dans le besoin ? Ce n’est pas comme si j’avais fait ça parce que je voulais une récompense. Je voulais le faire, ni plus ni moins. » C’était vraiment ce que je ressentais à propos de tout cela. Si, d’un autre côté, le comte Balsa était venu me demander de l’aide, je n’étais pas sûr que j’aurais fait quelque chose pour lui. Dans le cas du duc, je ne connaissais le genre de personne qu’il était, et le voyant en difficulté m’avait donné envie de l’aider au mieux de mes capacités. C’était tout ce qu’il y avait à faire.

« Vous êtes vraiment une personne curieuse. La possibilité d’utiliser deux sorts Néant, à la fois [Récupération] et [Glissade]... C’est vraiment un don rare. » Charlotte m’avait parlé avec un sourire éclatant. Être loué pour ma magie par la magicienne de la cour en personne m’avait fait tourner tout rouge.

« Deux ? Bien sûr que non, le jeune Touya peut utiliser bien plus que deux sorts uniques. Même lorsqu’il est venu me rendre visite, il l’a fait au moyen du sort [Porte]. Puis il en utilisa un autre pour détecter le poison, et je me rappelle qu’il me disait que les sets de shogi qu’il apportait en cadeau étaient aussi fabriquées à travers des sorts non élémentaires. »

« Qu-quoi ? » Plus le duc parlait, plus Charlotte devenait visiblement plus tendue. Hmm... Imaginant que c’était la meilleure manière d’agir ici, j’en avais conclu qu’il faudrait être honnête sur ce sujet.

« Euh, eh bien, à propos de ça... Voyez-vous, il me semble que je puisse utiliser tous les sorts non élémentaires. Bien qu’il y ait toujours une chance que certains sorts ne fonctionnent pas, je ne suis pas sûr des détails. » Au moins, je n’avais jamais manqué d’apprendre aucun des sorts que j’avais essayé d’acquérir jusqu’à présent. Eh bien, excluant cette fois où j’ai échoué à lancer [Apportez] correctement. Cependant, là encore, j’avais finalement réussi à ajouter ce sort à mon répertoire.

« Tous... ?! Si c’est réellement le cas, alors cela pourrait être une occasion mémorable... ! S-S’il-vous-plaît, excusez-moi juste un peu ! » Charlotte s’était frayé un chemin hors de la pièce, clairement dans une certaine frénésie... J’espère que je n’avais pas dit juste quelque chose que je n’aurais pas du dire maintenant...

« Alors, c’est vous qui avez fabriqué ce set de shogi, Touya, mon garçon ? Al l’a apporté et l’a loué grandement, et après avoir pris la planche, j’ai été absolument fasciné par ce jeu ! C’est vraiment une activité intéressante. Alors, c’est quoi cette histoire d’un objet uniquement construit par la magie ? »

Ouais, juste ce dont je m’inquiétais. Le roi était aussi devenu accroc à ça. Ces frères sont vraiment du pareil au même.

Afin de le démontrer, j’avais pris un verre de la table et j’avais lancé [Modelage] dessus. Le verre changea peu à peu de forme, et en trente secondes j’avais achevé mon interprétation du roi lui-même. C’était une sculpture en verre de dix centimètres de haut qui, si je le disais, captura vraiment son aura majestueuse.

« Et, eh bien, c’est à peu près comme ça que ça fonctionne. » J’avais remis la figurine au roi. Comme le modèle de la pièce était assis juste en face de moi, j’avais pu capturer même le moindre détail. Le seul vrai problème était que, étant fait de verre, il se briserait encore s’il tombait.

« C’est incroyable... Je crois me rappeler qu’il y avait quelqu’un de Refreese qui pouvait utiliser la même magie, mais voir une telle perfection se déverser dans sa création jusqu’au moindre détail... » Refreese... Était-ce l’Empire Refreese ? Si ma mémoire était bonne, c’était l’un des pays frontaliers. Non élémentaire, la magie Néant était principalement composée de sorts uniques et personnalisés. Il était tout à fait possible pour plusieurs personnes de partager des formes similaires, mais avec de subtiles différences dans les sorts personnels non élémentaires.

Le roi tenait sa petite figurine au soleil et s’émerveillait de la façon dont elle scintillait. Voyant cela, je sentais que je devais vraiment compléter le décor, car le roi serait un peu triste tout seul, alors j’avais pris deux autres verres à la main et je m’étais mis au travail.

Peu de temps après, j’avais complété deux autres figures de verre : l’une de la reine et l’autre de la princesse. Je les avais donnés à leurs propriétaires respectifs. Elles les avaient acceptés avec des sourires radieux, puis avaient bavardé joyeusement en comparant les figurines des autres avant de les aligner toutes les trois sur la table. Ouais, je savais que c’était une bonne idée de faire confiance à mon instinct. L’ensemble terminé donnait vraiment une belle image avec toute la famille ensemble au même endroit.

« C’est vraiment un cadeau merveilleux. »

« Nan, les verres que j’ai utilisés pour les fabriquer étaient les vôtres pour commencer. Au contraire, je suis désolé de les avoir utilisés comme matériaux d’artisanat sans vous l’avoir demandé d’abord. » J’avais baissé la tête vers le roi pour montrer ma modeste excuse. Quand je relevai la tête, le petit visage suppliant du duc attira immédiatement mon attention. Il était vraiment le type qui ne faisait aucun effort pour cacher ses émotions.

« ... Je ferai aussi quelques figurines de la famille ducale, la prochaine fois que je viendrai vous rendre visite. Je vous le promets. »

« Ça ne vous dérangerait vraiment pas ?! Vous avez toute ma gratitude ! » Si je devais faire plus de statuettes de toute façon, ce serait beaucoup plus facile de les fabriqué avec les modèles présents devant moi.

J’adressai un sourire ironique à l’assaut calculé du duc quant à ma générosité, quand tout à coup un fort bruit retentit dans la pièce et la porte s’ouvrit, Charlotte chargea, portant un grand nombre de choses dans ses bras. Elle s’approcha de moi ayant l’aspect d’un fantôme terrifiant et me tendit un parchemin avec quelque chose d’écrit dessus.

« Enfant... p-peux-tu lire ça ?! » Charlotte se rapprochait de plus en plus. Quoi ? Qu’est-ce que c’est, qu’est-ce qui se passe ? Pourquoi est-ce que je me retrouve toujours dans ces situations effrayantes ?! Donnant suite au comportement compulsif soudain de Charlotte, j’avais parcouru des yeux le parchemin. Tout ce qui était écrit était dans une langue que je n’avais jamais vue auparavant. Je ne pouvais pas distinguer un seul mot.

« ... Tout ceci n’a ni queue ni tête. Qu’est-ce que c’est, exactement ? »

« Donc vous ne pouvez pas le lire, n’est-ce pas ? Très bien, que diriez-vous de ce sortilège non élémentaire ? Pensez-vous être capable de l’utiliser ? » Cette fois, elle avait sorti un gros volume et se tourna vers une page spécifique. Je pourrais lire celui-ci. Voyons voir... Sortilège magique... [Lecture] ? Selon le livre, c’était un sort qui permettait de lire un certain nombre de langues différentes. La seule nécessité était que le lanceur devait tout au moins connaître le nom de la langue sur laquelle il essayait d’utiliser le sort. Oh, c’était logique. Il était possible que je puisse déchiffrer le parchemin avec ce sort.

... Attends une minute. Si j’avais eu ce sort plus tôt, je n’aurais pas dû compter sur Linze pour m’apprendre à lire et à écrire...

« Je pense que je peux probablement l’utiliser maintenant, mais... savez-vous dans quelle langue ce parchemin est écrit ? »

« Il est écrit dans la langue sacrée antique. Il n’y a presque personne dans le monde qui puisse le lire. » Hmm... Eh bien, ça valait le coup.

« [Lecture] : langue sacrée antique »

J’avais activé le sort... Mes yeux s’étaient précipités vers le parchemin. Euh... mm...

« C’est... »

« P-Pouvez-vous le lire ? » Charlotte avait bloqué les yeux sur moi alors que je remarquais des étoiles plein ses yeux. En comparaison, j’avais probablement dans les miens quelque chose qui ressemblait plus à un ciel nocturne nuageux.

« Désolé... je peux distinguer les caractères maintenant, mais je n’ai aucune idée de ce qui est écrit ici. »

« Vous pouvez le lire... mais vous ne savez pas ce qu’il dit ?! Qu’est-ce que vous voulez dire ?! »

« Eh bien, voyons... En prenant un élément, qui n’implique aucun art significatif pour accéder à l’Origine de la Magie, et en introduisant cela dans les procédés artistiques naturels de la méthode Soma afin de provoquer un changement dans les combinaisons. ... Et bien, ce ne sont que des choses de ce genre. Tout ceci n’a pour moi ni queue ni tête. » Je n’avais vraiment pas compris un seul mot. En premier lieu, lire quelque chose et le comprendre étaient deux choses différentes. Peu importe ce que ce parchemin avait écrit, c’était un sujet beaucoup trop difficile à comprendre.

« Alors vous pouvez vraiment le lire ! Touya, c’est incroyable ! Avec cela, notre recherche commencera à progresser à pas de géant... ! Désolé, pourrais-je vous demander de lire celui-ci aussi ? »

« Attends, attends, patientez une seconde ! » Je rompis le déluge de demandes de Charlotte alors même qu’elle se dirigeait à nouveau vers moi avec encore plus de documents. Évidemment, elle était tellement excitée que je pouvais presque voir de la vapeur sortir de son nez ! Bon sang, madame ! Calmez-vous un peu ! « Charlotte, est-ce que vous allez vous calmer un moment ? »

« O-Oui, bien sûr ! Je-je-je suis vraiment désolée pour tout ça ! J’ai l’impression de m’être un peu laissé embarquer sur le coup...! »Après avoir retrouvé ses sens, Charlotte baissa la tête alors qu’une énorme rougeur se répandait sur son visage.

« Je suis bien conscient que vous avez étudié avec passion le domaine de la magie de l’esprit antique depuis très longtemps, donc ce n’est pas comme si je ne comprenais pas votre sentiment à ce sujet. »

« C’est exactement ça ! Jusqu’à présent, nous nous démenons pour recoller les morceaux, un mot après l’autre, parfois sur plusieurs mois, voire même des années, notre recherche étant parsemée de problèmes tels que les erreurs de traduction occasionnelles ou autres... Mais Touya, il l’a lu en un instant ! Touya, je vous en prie, s’il vous plaît, aidez-nous à traduire ces textes dans l’intérêt de notre recherche ! » Hein ? Elle veut que je continue à lire ce genre de choses...? Sans fin, est-ce donc ce qui m’est réservé dans un avenir proche ?

« À propos de ça... Approximativement combien y en a-t-il à traduire ? »

« Voyons voir... Eh bien, il y a d’innombrables documents qui doivent encore être traduits... Si nous devions commencer par les documents relatifs à l’ancienne civilisation de Palteno, alors... »

« C’est assez ! Merci, mais sans façon ! » Dès le moment où elle prononça le mot « innombrable », j’avais déjà jeté mentalement l’éponge. Cela ne me dérangeait pas d’aider de temps en temps, mais je n’avais aucune intention d’en faire une carrière ! Je n’avais pas l’intention de travailler en tant que traducteur de sitôt.

Face à mon refus, Charlotte avait fait un visage qui aurait facilement pu convaincre n’importe qui que la fin du monde était proche. Je ne pourrais pas me regarder dans la glace si je la laissais comme ça...

Oh, il y avait une solution...

« Excusez-moi, Votre Majesté. Pourrais-je emprunter un verre de plus ? »

« Ça ne me dérange pas, mais qu’est-ce que vous prévoyez de faire avec cette fois ? » Je m’étais occupé de la partie en verre, il ne restait plus que du métal... Je supposais que des pièces d’argent suffiraient.

Prenant mes pièces d’argent et les plaçant à côté du verre, j’avais lancé mon sort [Modelage] et j’avais commencé à remodeler les matériaux. J’avais fabriqué le cadre en pièces d’argent, puis inséré deux disques de verre dans les ouvertures sur le devant. Avec ça, ma création était complète.

***

Partie 5

Bien qu’ils soient conçus avec toute modestie, je venais d’inventer les lunettes. Eh bien, les lentilles étaient faites de verre ordinaire, donc cela n’était que des faux verres. Pour l’instant...

Charlotte était la seule à être vraiment étonnée de ce que je venais de faire, mais je venais tout juste de commencer.

Pour l’étape suivante, je lançais [Enchantement] sur les lunettes afin de leur donner un effet spécial.

« [Enchantement]. Imprégnez-vous de [Lecture] : langue sacrée antique. »

Les lunettes brillèrent faiblement pendant un moment avant qu’elle ne se dissipe peu à peu. Je pris les lunettes complétées et les portai sur mon visage avant de jeter un autre regard sur le parchemin d’avant. Oui, un succès retentissant. Je pourrais le lire à nouveau. Ayant confirmé ce fait, j’avais pris les verres et les avais donnés à Charlotte.

« S’il vous plaît, essayez de les porter comme je l’ai fait. »

« Hm ? Eh bien, d’accord... » Charlotte enfila mes lunettes spéciales comme je l’avais demandé. Oooh, c’est au-delà de mes attentes ! Elles lui conviennent parfaitement ! En ce jour, ce monde est témoin de la naissance de la beauté portant des lunettes !

Finalement, j’avais remis le parchemin à Charlotte.

« Maintenant, s’il vous plaît, lisez exactement ce que vous voyez écrit ici. »

« Eh... ? Hum... En prenant un élément, qui n’implique aucun art significatif pour accéder à l’origine de la Magie, et en introduisant cela dans les procédés artistiques naturels de la méthode Soma afin de... Je-je peux le lire ! Je peux vraiment le lire ! » Et bien, encore un travail bien fait. Et ainsi, ce jour-là, des lunettes de vision-translation avaient été apportées au monde.

Voir Charlotte devenir de plus en plus heureuse alors qu’elle regardait rapidement plusieurs autres documents la rendait si adorable qu’il était difficile de croire qu’elle était une femme adulte.

« L’effet devrait tout au moins être semi-permanent, je pense, mais si ça s’estompe, alors n’hésitez pas à me les rapporter et je les enchanterai à nouveau pour vous. »

« Je vais ! Je-je veux dire, attendez, est-ce que ça veut dire que vous me donnez ça ?! »

« Bien sûr. Elles sont entièrement à vous maintenant. »

« Merci beaucoup ! Vraiment, merci ! » Bon sang ! Eh bien, au moins, j’ai réussi à échapper au sombre destin de devenir traducteur officiel de tous ces documents.

Charlotte était d’une telle bonne humeur qu’elle avait laissé échapper quelque chose comme : « J’aimerais tout de suite les utiliser dans le cadre de mes recherches ! » Et elle avait quitté la pièce comme un doux vent d’été.

« Mes excuses pour ça. Une fois que quelque chose capte l’intérêt de cette fille, elle a tendance à faire la sourde oreille à tout ce qui se passe autour d’elle... Elle est la chercheuse magique la plus talentueuse que nous ayons, ainsi que la fierté de notre équipe de recherche, mais quand même... »

« Oh, mon Dieu, je dirais plutôt que c’est précisément ce qui la rend si attirante, n’est-ce pas ? »

« ... Eh bien, je suis juste content qu’elle ait été satisfaite de mon petit cadeau. » À ce moment le roi et la reine avaient eu une expression amusante, lui, secouant la tête comme pour dire « Que dois-je faire avec cette fille ? », et elle qui éclatait de rire à ses côtés à cause de tout l’échange. Leur vue m’avait permis de me détendre sur ma chaise une fois de plus, ce qui m’avait fait porter le thé glacé à mes lèvres pour en boire. Même tiède, il était délicieux. Je supposais que cela faisait probablement partie de ce qui le rendait de première classe.

Conteeempler...

Conteeeempler...

Conteeeeempler...

Conteeeeeempler…

... Maintenant, à qui appartient ce regard brûlant et intense qui s’affûtait sur moi durant tout ce temps ? Bah, bien sûr, c’était la princesse.

Elle m’avait complètement enveloppé de ses yeux bleus et verts dépareillés, et ne montrait aucun signe de relâchement. C’était comme si elle était fixée sur moi comme sur une sorte de cible. Avais-je fait quelque chose qui aurait pu l’irriter... ? En fait, il semblait que son visage était un peu rouge...

Son agression visuelle s’était tout à coup terminée. Je jetai un coup d’œil dans sa direction, et elle s’était levée de son siège. Elle se tenait maintenant face à ses parents, le roi et la reine.

« Quel est le problème, Yumina ? »

« Père. Mère. J’ai pris ma décision, » avait déclaré la princesse Yumina.

Je me demande quelle est cette décision dont elle parle, pensai-je en prenant une autre gorgée de mon thé froid, regardant la conversation d’un coup d’œil en coin.

Le visage de la princesse devint rouge vif alors qu’elle parlait encore une fois. « Je-je voudrais... je voudrais prendre Mochizuki Touya comme époux ! »

Pffffffft !!! La princesse avait largué une bombe qui avait explosé sous la forme de thé froid planant dans l’air. Ah, quelle présentation gracieuse !

« Qu’est-ce qu’elle vient de dire ? Mari ? Cent ? Chasseur ? Oh, ça devait être otage. »

« Je voudrais prendre Mochizuki Touya comme otage. » Oui. Cela n’avait absolument aucun sens.

« ... Pardon. Yumina, peux-tu répéter ça encore une fois ? »

« Comme je l’ai dit, Père. Je voudrais prendre Mochizuki Touya comme époux. »

« Oh, mon Dieu ! Oh, mon Dieu ! » marmonna la reine, visiblement amusée. Yumina avait répété à la demande de son père, Sa Majesté le Roi. La reine Yuel, toujours assise à côté du roi, ouvrit de grands yeux et regarda sa propre fille.

Regardant tout cela de côté, le duc était complètement bouleversé alors que son regard dérivait à plusieurs reprises entre son frère et sa nièce.

« Tes raisons ? »

« Eh bien, c’est lui qui a sauvé ta vie, Père. Cela à beaucoup peser dans la balance... Mais plus que cela, mon Touya a un étrange charisme qui redonne le sourire à tous ceux qui l’entourent. Ne serait-ce qu’avec ses interactions avec l’oncle Alfred ou Charlotte, il n’a rien fait d’autre que de leur apporter de la joie. Je trouve sa gentillesse attirante au-delà des mots, et pour la première fois de ma vie, j’ai pensé que... je serais heureuse de vivre le reste de mes jours au côté d’une telle personne. »

« ... Je vois... Si c’est ta décision, alors loin de moi l’envie de t’arrêter. Je ne vous souhaite à tous les deux que du bonheur ! »

« Merci, père ! »

« Une petite minute ! » J’avais levé la main afin d’intervenir à ce moment-là. Si je ne les coupais pas, les choses auraient sûrement échappé à tout contrôle. En fait, c’était déjà bien au-delà de tout contrôle.

« Excusez-moi, mais j’aimerais vraiment avoir mon mot à dire dans tout cela ! »

« Ahh, mes excuses, fils. Je te fais confiance pour prendre soin de ma fille. »

« Non, non, non, non, par pitié non. Tout cela est perturbant ! Votre Majesté, avez-vous perdu la tête ? »Je comprenais très bien que je venais de dire des choses scandaleuses au roi, mais je n’avais pas vraiment le temps de me préoccuper des mœurs. Mon avenir entier était en jeux !

« Vous ne savez même presque rien de moi ! Êtes-vous vraiment d’accord de donner votre fille, une princesse avec ça, à un complet inconnu ?! Je pourrais même être le pire brigand de tous les pays, si ça se trouve ! »

« Non, il n’y a aucun risque. Yumina vous a approuvé, donc au moins il est certain que vous n’êtes pas une mauvaise personne. Ma fille a de cette façon une capacité qui lui permet de voir la vraie nature d’une personne. » Hein ? Elle pourrait saisir la nature d’une personne ? Qu’est-ce que cela voulait dire ?

« Vous voyez, Yumina est née avec les Yeux Mystiques. Ils lui permettent de voir la vraie nature ou la personnalité de quelqu’un sur qui elle pose ses yeux. Je dirais que c’est un peu similaire à l’intuition, mais dans le cas d’Yumina, elle n’a jamais eu tort. » Le duc m’avait expliqué la situation de la sorte. Donc, simplement, pourrait-elle instinctivement dire si quelqu’un était une bonne personne ou une mauvaise personne ? Je n’avais aucune idée que ses yeux bizarres tenaient un tel pouvoir. Eh bien, dans le cas du comte Balsa, même moi, d’un coup d’œil, je pouvais dire que c’était une canaille, mais si ce pouvoir était authentique, alors Yumina ne serait jamais prise en charge par des types douteux.

Être reconnu comme une bonne personne par une fille comme celle-là ne me gênait pas, mais cela n’avait aucun rapport avec la situation.

« ... De plus, je veux dire, quel âge a la Princesse Yumina ? »

« Elle a eu douze ans, il n’y a pas longtemps. »

« Ne pensez-vous pas qu’il est un peu tôt pour qu’elle pense au mariage... ?! »

« Pas du tout, il est assez fréquent que la famille royale trouve leurs conjoints à l’âge de quinze ans. Je me rappelle que j’avais quatorze ans quand je me suis mariée avec ma femme. » Gah... C’était le problème avec les autres mondes... Comme j’avais dû faire une grimace identique à celle que l’on fait en avalant un moustique, j’avais senti une main tirer sur la manche de mon manteau.

« Touya, est-ce que tu ne m’aimes pas... ? » La princesse Yumina s’accrocha à ma manche et me donna à voir le regard triste habituel des chiots. Attendez, arrêtez tout de suite ! Faute ! Carte rouge ! Hors-jeu ! De toute façon, c’est seulement injuste !

« Eh bien... je ne vous déteste pas vraiment ou quoi que ce soit, c’est juste... » Ce n’est même pas une question d’aimer ou de ne pas aimer ! Je ne te connais même pas très bien.

« Dans ce cas, ça ne devrait pas être un problème ! » Le visage d’Yumina revint immédiatement à un sourire béat... Mec, elle est trop jolie... Non ! Reprends tes esprits, idiot !

Que devrais-je faire ? Il est vrai que je n’avais pas vraiment de raison de la détester pour le moment, et ce n’était pas comme si j’avais quelqu’un avec qui j’étais amoureux non plus. Ses parents l’avaient approuvé, et je n’aurais plus jamais à lutter pour les frais de subsistance. Attend quoi ? Attendre. En y pensant, je n’avais absolument aucune raison de refuser du tout !

Non ! Le mariage est le moment ou ton futur meurt ! C’est mon cousin plus âgé qui le dit ! Il a accidentellement rendu une femme enceinte, alors il s’est marié avec elle, seulement pour se voir imposer le divorce trois ans plus tard ! Il en ignorait même la raison ! Et puis, après avoir contracté un emprunt énorme dans le cadre de ses demandes irréalistes pour l’achat d’une maison, il en a été chassé sans y avoir son mot à dire. Comme un dernier clou dans le cercueil, il a fini par devoir payer des pensions alimentaires pour un enfant qu’il n’était même pas autorisé à voir. Et comme si cela ne suffisait pas, il s’est avéré que son ex-épouse avait principalement utilisé les versements de la pension alimentaire pour elle-même plutôt que pour l’enfant. La situation était si mauvaise que chaque fois que les parents se réunissaient au Nouvel An, tout le monde essayait de lui remonter le moral en le réconfortant avec de l’alcool.

Je n’arrivais pas à me débarrasser de l’image du visage flétri de mon cousin...

D’accord, j’ai décidé ! Je vais vivre comme un roi en tant que célibataire pour le reste de ma vie ! Je ne deviendrai jamais membre de la royauté, bien entendu ! ... D’où je viens, les hommes ne peuvent pas se marier avant d’avoir dix-huit ans, et les femmes ne peuvent pas se marier avant l’âge de seize ans. D’ailleurs, je ne connais pas la moindre chose de la princesse, et certainement pas assez pour prendre des décisions sur le mariage !

« Quel âge as-tu en ce moment, Touya ? »

« J’ai quinze ans. J’ai bientôt seize ans, je suppose. » J’avais répondu à la question de la reine Yuel. Si je me souvenais bien, mon anniversaire aurait dû être dans environ deux mois. Bien sûr, tout cela supposait que les dates de ce monde correspondaient à celles de mon ancien monde. Je n’en savais pas assez sur ce monde pour le dire à coup sûr.

« Ce qui signifie que la cérémonie de mariage aura lieu dans deux ans. Jusque-là, vous pouvez simplement rester fiancé pour vous donner le temps de réfléchir. Ces deux années devraient vous donner amplement le temps de mieux connaître ma fille Yumina. » Hé, je vois que tu essaies de m’embobiner, pas vrai ?! Même après deux ans, Yumina aura seulement quatorze ans ! Mec, cette reine à telle aussi perdue la boule !

« Touya, mon garçon. »

« Questcequejais ?! » J’avais failli avoir une crise cardiaque et avais fini par laisser sortir une voix bizarre quand le roi m’avait appelé. Je ne peux pas m’en empêcher, d’accord ? Regardez juste cette situation ! Même moi, je peux dire que je suis en train de m’enfoncer dans la panique !

« Pourquoi ne pas prendre deux ans pour mieux connaître ma Yumina ? Si, après ces deux années, tu ne peux toujours pas envisager le mariage, alors nous abandonnerons l’idée. Qu’est-ce que tu en penses pour le moment ? »

« Euh, eh bien... je suppose que ça a l’air d’une idée plus raisonnable... » C’était beaucoup mieux que de considérer quelque chose comme le mariage dès le départ. J’étais sûr que, après un certain temps, Yumina pourrait se calmer ou peut-être même trouver quelqu’un qu’elle aimait vraiment... Et d’ailleurs, peut-être que si elle regardait un peu la réalité, elle se rendrait compte à quel point l’idée du mariage était ridicule à son âge. Il ne semblait pas que je pourrais négocier avec eux plus loin... Et donc, j’avais décidé de me résigner à ces plans pour le moment.

« C’est bon pour toi, Yumina. Maintenant, tu as deux ans. Fais de ton mieux et vole le cœur de ce garçon, tu m’entends ? Si tu n’arrives pas à arracher son cœur même après deux ans, alors prépare-toi à vivre le reste de tes jours en tant que religieuse ! »

« Bien sûr, Mère ! »

« Attendez, quoi ?! » Je savais qu’accepter cette proposition était une mauvaise idée ! J’étais trop rapide ! Lourd ! La charge que cela représentait était trop lourde pour ma pauvre personne ! Maintenant, je vois ! Ils essaient de couper toutes mes issues de secours une à la fois ! Pourquoi est-ce que le refus de sa demande l’obligerait à devenir une nonne ? Elle pourrait sûrement juste chercher quelqu’un de mieux !

« Je serai à ta charge à partir de maintenant, mon Touya... » La Princesse émit un sourire qui valait mieux qu’un sac de bijoux inestimables. Le mieux que je pouvais faire en réponse était de lui offrir un sourire.

Aaahh, je pouvais entendre mon cousin m’appeler, me disant : « Ne finis jamais comme moi ».

***

« Bon sang... mais qu’est-ce que tu as foutu durant tout ce temps ? »

« Tu sais, je me suis posé la même question toute la journée... » De retour à l’auberge de la Lune d’Argent, je racontai l’histoire de mes exploits au reste de mon groupe. Elze semblait exaspérée sur le coup.

« Alors Touya-dono va se marier, n’est-ce pas... »

« N’est-ce pas un vrai choc... ? » Yae et Linze firent toutes deux des regards stupéfaits vers la fille qui semblait être attachée à mon bras gauche.

Oui. C’est exactement ce à quoi ça ressemble. Je l’ai amenée avec moi. J’ai ramené la princesse fugueuse de ce pays avec moi.

Ouaip. La princesse Yumina Urnea Belfast, la seule et unique. Génial.

« Un plaisir de vous rencontrer tous. Je m’appelle Yumina Urnea Belfast, » agissant avec de la bonne manière, la princesse Yumina s’inclina devant tout le monde en se présentant. Son sourire rayonnant était une arme mortelle qui rendait ma poitrine lourde.

« Alors, Princesse, que faites-vous ici en ce moment ? »

« Oui et bien mon père a décrété que je devais vivre avec mon Touya dans le cadre de la préparation de la noce. Je suis sûre que mon ignorance du monde extérieur peut causer des problèmes de temps en temps, mais j’aimerais vraiment mieux vous connaître tous. » Et donc, c’était la situation. La princesse m’avait été ainsi remise. Mais jusqu’à quel point ce roi y songeait-il ?

***

Partie 6

Je semblais me souvenir qu’il parlait de la manière la plus rapide d’apprendre à mieux connaître quelqu’un ou une autre absurdité de ce genre. Il aurait pu au moins assigner un garde ou deux ! Ne s’inquiétait-il pas de la sécurité de sa fille ? Non attends. Et si elle avait un garde qui lui était affecté, et qu’il s’agissait d’un ninja caché au-dessus du plafond tout ce temps ? Juste au moment où cette pensée m’avait traversé l’esprit, j’avais entendu quelque chose claquer au-dessus de moi. C’était probablement juste un rat... non ?

« Vivre ensemble ? Vous voulez dire, comme ici, je veux dire, vous êtes une princesse et tout... Allez-vous être... Est-ce que vous serez d’accord pour vivre dans un endroit tel que celui-ci ? » Elze était la seule qui soit capable de jugement ici. J’étais tout à fait d’accord avec elle : je ne pouvais tout simplement pas imaginer une princesse entourée de serviteurs qui répondaient à tous ses besoins, s’adaptant soudainement à une vie où elle devait tout faire seule.

Pour être tout à fait honnête, une petite partie de moi espérait que les difficultés de la vie seule la frapperaient assez fort pour la convaincre de vite retourner à la maison...

« S’il te plaît, tu n’as pas besoin d’être si coincé quand tu me parles, Elze. Pour l’instant, je vais essayer de faire de mon mieux dans tout ce que je peux faire, et si jamais j’ai besoin d’aide, je suis sûre que je peux compter sur mon Touya pour m’épauler. Je ferai tout mon possible pour m’assurer de ne pas être un poids pour tout le monde ! » La princesse avait serré ses deux petits poings et les avait tenus jusqu’à sa poitrine, prenant une pose démontrant qu’elle débordait de motivation... Bon sang, c’est vraiment une gentille petite femme... ARRÊTE ÇA ! Ressaisis-toi !

« ... Hum, avez-vous quelque chose en tête ? » Linze leva la main et posa une question simple.

« Eh bien oui. Je pensais que je pourrais m’inscrire à la guilde pour commencer, et essayer d’arriver à un stade où je peux être utile lors de toute demande que nous prenons. »

« QUOI !? » « Euh... » « Hein ?! » « Pardon... ?! » Nos réactions de surprises devenaient de plus en plus harmonieuses de jour en jour. Pour que la princesse dise qu’elle voulait s’inscrire à la guilde... Avait-elle l’intention de vivre la vie d’un aventurier ?!

« Excusez-moi, princesse ? Vous réalisez ce que cela signifie de vous inscrire à la guilde, non ?! Il y a un certain nombre de situations dangereuses dans lesquelles nous pourrions nous retrouver, et... »

« Je suis bien consciente de cela. Et s’il te plaît, ne m’appelle pas Princesse tout le temps. J’aimerais beaucoup que tu m’appelles Yumina, mon chéri. »

« Eh bien, j’aimerais beaucoup que vous découpiez le mon Touya et mon truc chéri ! »

« Alors, s’il te plaît, appelle-moi Yumina à partir de maintenant. » La princesse... Non, Yumina le déclara avec un doux sourire sucré. Hum... La fille pourrait être étonnamment obstinée sur ces choses. J’avais réalisé que je ne pouvais pas me permettre de la sous-estimer juste parce qu’elle était plus jeune que moi.

Quoi qu’il en soit, je lui avais fait arrêter de m’appeler « mon Touya », et bien sûr « mon chéri » était hors de question. Nous avions opté respectivement pour Touya et Yumina.

« J’ai appris les bases de la magie de Madame Charlotte, et je suis aussi bien entraînée avec un arc. Je te ferai savoir que je suis plutôt forte malgré mon apparence. »

« Des arcs et de la magie... En effet, une puissance offensive à longue portée serait un atout merveilleux pour notre groupe actuel, ça serait effectivement le cas ! Quels pourraient être vos tracés magiques, alors ? »

« Le vent, la terre et l’obscurité. Cependant, je ne peux invoquer que trois types de bêtes contractuelles. » Vent, Terre et Sombre, cela comblerait certainement parfaitement nos lacunes, car il s’agissait de tous les éléments avec lesquels Linze n’avait aucune affinité. Bien que nous ne connaissions toujours pas quelles étaient réellement les capacités magiques de Yumina…

« Hmmm... Alors, quelle est la décision ? » Elze croisa les bras en parlant à Linze et Yae. Ce qu’elle demandait vraiment était : « Est-ce que nous laissons cette fille rejoindre notre groupe ou pas ? » Et d’échanger avec les autres sur ce point.

« ... Pour l’instant, pourquoi n’acceptons-nous pas une demande... et voyons comment vont les choses... » marmonna lentement Linze.

« Je vois. Est-ce que ça va être une mise à l’épreuve ? »

« J’imagine que oui... Eh bien, si cela devient dangereux, alors je suis sûr que Touya va sauter à sa rescousse. Alors, dans ce cas mettons-nous d’accord. » Il y avait tellement de choses qui ne marchaient pas dans cette situation, mais j’avais l’impression que tenter d’argumenter serait comme mettre le feu aux poudres, alors j’avais obéi docilement à la décision du groupe. Bien que, bon sang, quelque chose dans l’atmosphère me dise que je n’ai pas le droit d’exprimer mon opinion pour commencer.

Les filles décidèrent de leur plan d’action, et nous irions donc au bureau de la guilde le lendemain pour faire enregistrer Yumina.

Ce problème étant réglé, nous étions allés parler à Micah, afin que Yumina puisse avoir sa propre chambre. Elle avait insisté sur le fait qu’elle serait heureuse de partager une chambre avec moi, mais je devais vraiment lui fixer des limites pour toutes sortes de raisons, alors elle avait été enregistrée dans une chambre séparée. Après cela, nous avions tous dîné et étions allés nous coucher pour nous préparer à la prochaine quête.

J’étais retourné dans ma chambre, enfin seul, et je m’étais effondré dans mon lit. Les événements de la journée m’avaient laissé épuisé... mais vraiment très, très épuisé…

Tout comme je sentais que j’étais entraîné dans les profondeurs troubles du sommeil, j’avais entendu la sonnerie de mon smartphone pour la première fois depuis longtemps. Elle avait été fixée sur la cavalerie légère de Suppe. Un petit air optimiste qui, à l’heure actuelle, ne servait qu’à m’irriter un peu.

J’avais retiré mon smartphone de ma poche et j’avais vu les mots sur l’écran du téléphone : Identification de l’appelant : Dieu.

« ... Bonjour ? »

« Aaah, cela faisait un moment. Félicitations pour tes fiançailles, Touya mon garçon. »

« ... Comment savez-vous à propos de ça... ? Oh, mais je suppose que cela ne serait pas si étrange que Dieu sache ces choses, hein... ? »

« Hahaha. C’était une simple coïncidence, je te le promets. J’avais pensé veiller sur toi, et je te trouve uniquement mêlé à ce genre d’affaire plaisante. » Je pouvais imaginer le visage du vieil homme tout en parlant.

« Il n’y a rien d’amusant... Je ne peux pas me résoudre à penser au mariage à cet âge. »

« Elle a l’air d’être une gentille fille. Que pourrais-tu vouloir de plus ? »

« Ce n’est pas comme ça. Oui, Yumina est vraiment mignonne, et je suis sûre qu’elle deviendra une très belle femme. Sa personnalité honnête et directe fait d’elle aussi mon type. Mais ça n’a rien à voir avec tous ces trucs de mariage. »

« Comme tu es têtu. Tu sais, dans ce monde, la polygamie est parfaitement normale et largement acceptée. Dans ces conditions, tu devrais prendre n’importe quelle fille qui frappe ton imagination et en faire tes épouses ! » Huh, je ne savais pas que... Le duc et le roi avaient chacun une seule femme, alors je pensais à coup sûr... Non, non, ce n’était pas le vrai problème. Je n’avais absolument aucune intention de transformer ma vie en histoire de harem.

« En tout cas, tout le monde a hâte de voir comment les choses vont se passer d’ici. Fais de ton mieux, d’accord ? »

« C’est facile à dire pour vous... Attendez une seconde... Qu’est-ce que vous voulez dire, tout le monde ? »

« Voyons, tous les dieux du Royaume Divin, bien sûr. Quand je t’ai montré à eux, ils se sont tous intéressés à toi, tu sais ? Même si je suis sûr que la plupart d’entre eux ne font que te voir de temps en temps pour s’amuser un peu. » Attends, hein ? Qu’est-ce que ça voulait dire ? Il y avait plus d’un Dieu ?

« Vous avez dit des dieux, n’est-ce pas ? Cela veut-il dire qu’il y a d’autres personnes à part vous ? »

« Mais bien sûr. Bien que je voudrais dire que je suis le Dieu des mondes, le plus haut de tous. Outre moi, il y a les dieux inférieurs tels que le dieu de la chasse, le dieu de l’amour, le dieu des épées, le dieu de l’agriculture, et beaucoup, beaucoup plus. Oh, et le Dieu de l’Amour, en particulier, a pris un certain intérêt pour toi. » N’allez pas vous mêler de la vie amoureuse des gens, Dieu de l’Amour.

« Nous parlions de la façon dont nous allions tous venir pour ta cérémonie de mariage en tant que tes proches. C’était très amusant, je dois dire. Oh, et je serais comme ton grand-père, bien sûr. »

« Maintenant, vous écoutez ça... » Ces dieux devaient passer beaucoup de temps les bras croisés. À quoi tout ceci pourrait-il ressembler dans ce monde ? Une salle de mariage remplie de rien d’autre que des dieux de toutes sortes. Je veux dire, ouais, ce n’était pas comme si j’avais des parents dans ce monde ou quoi que ce soit, mais quand même.

« J’ai l’impression de vous rappeler que vous n’avez pas pu intervenir une seule fois depuis que j’étais ici, ou est-ce que je me trompe ? »

« Je crois t’avoir dit que je serais incapable de faire beaucoup pour toi directement. Il n’y a aucun problème pour moi à descendre dans ce monde sous forme humaine si je le souhaite. » J’étais sûr qu’il y avait une montagne de problèmes avec un plan comme ça... Mais j’avais l’impression que commenter le sujet ne ferait que me donner l’impression d’être le fou. Quand j’y avais pensé, les dieux de la mythologie de mon ancien monde avaient aussi soi-disant visité le monde humain à l’occasion.

« De toute façon, je suis là à veiller sur toi, mon garçon. Prends ton temps pour penser à des choses telles que tu vas vivre une vie que tu pourras regarder avec émotion dans tes dernières années. Je te souhaite tout le meilleur et espère que tu trouveras ton propre chemin vers le bonheur. Avec ça, je suppose que je dois vraiment y aller. Je reviendrais à nouveau vers toi. Au revoir. »

« Ouais... » J’avais coupé l’appel après avoir donné une réponse vague. Vivre une vie que je peux regarder avec émotion un jour, hein...?

Est-ce que cela signifiait même de m’être fiancé à une enfant de douze ans... ? En pensant à elle en me basant sur la vision d’un étudiant, un étudiant de première année de lycée et une fille dans sa sixième année de l’école primaire, la différence d’âge semblait accablante. D’un autre côté, en considérant cela comme une simple différence d’âge, quatre ans, était-ce vraiment un gros problème, non ? Même mes parents avaient une différence d’âge de six ans. Je semblais aussi me souvenir d’avoir entendu parler de certains artistes dont les épouses avaient jusqu’à trente ans de moins qu’eux.

Revenant à la situation actuelle, je n’étais même pas sorti avec une fille, même une fois dans ma vie. On ne pouvait pas s’attendre à ce que je comprenne le concept du mariage.

Bon sang, je ne comprends plus ce qui se passe. Je devrais juste y réfléchir pour le moment. Oui, je pense que c’est ce que je vais faire.

***

Partie 7

Le lendemain, nous nous étions tous dirigés vers la guilde.

Les vêtements d’Yumina étaient trop voyants pour qu’elle puisse porter en public, alors elle avait emprunté des vêtements à Elze et Linze.

Elle portait un chemisier blanc avec un ruban bleu et un haut noir dessus. Elle portait également une jupe-culotte bleu foncé et des chaussettes noires. Ils lui convenaient très bien étant donné que c’étaient des vêtements empruntés, même s’ils semblaient toujours un peu trop larges pour elle.

Elle avait également regroupé ses longs cheveux blonds en une seule grande tresse afin que ses mouvements soient moins restreints.

Personnellement, j’avais été inquiet que son hétérochromie soit la chose qui pouvait la trahir, mais apparemment l’hétérochromie n’était pas le signe d’une personne possédant les yeux mystiques.

Et donc, nous avions réussi à la faire ressembler à une fille ordinaire. Eh bien, son apparence était toujours de classe mondiale, ce qui rendait difficile de la classer comme une fille normale, donc il était difficile de la juger sur la base de telles normes.

« Je me le demandais depuis un moment maintenant, mais si Touya et Yumina se mariaient, cela ne ferait-il pas de Touya un prétendant pour le trône ? », Pensait Elze.

« Oui, c’est vrai. Je serais heureuse si cela arrivait. Mais pour que cela devienne une réalité, il faudrait que les nobles et les citoyens l’approuvent d’abord. D’un autre côté, si mes parents me donnaient un petit frère, il serait le prochain à hériter du trône à sa place. » Sur le chemin de la guilde, j’avais surpris la conversation d’Elze et Yumina. J’avais prié du fond du cœur pour qu’Yumina ait un petit frère.

Je suis désolé, mon Roi, vous devez faire tout de suite un petit frère pour cette fille ! Je vais même chercher la recette pour les boissons d’endurance sur mon smartphone pour vous... Non, bon sang, pas encore ce motif ! Faire des plans comme celui-là revient à admettre la défaite dans cette lutte acharnée concernant son mariage !

« Juste pour que tu le saches, je n’ai vraiment aucune intention de devenir le roi où que ce soit. »

« Je suis au courant de ça. Il en serait de même si mon oncle avait un fils, ou même si, euh, si notre enfant était un garçon, alors il serait celui qui succéderait au trône ! »

Vraiment, as-tu dit : « si notre enfant était un garçon » ?! Aussi, n’allez pas rougir quand vous êtes celle qui l’a dite ! Maintenant, tu me mets mal à l’aise !

Avant de nous rendre à la guilde, nous avions fait un détour par le magasin d’armes, huit ours, afin que nous puissions donner à Yumina un équipement approprié. Quand je lui avais demandé si elle avait de l’argent sur elle, Yumina avait sorti un sac de pièces de monnaie et avait dit que son père le lui avait donné comme cadeau de départ. J’avais un très mauvais pressentiment à ce sujet, et bien sûr, quand j’avais ouvert le sac pour vérifier, il était rempli de cinquante pièces de platine. De retour dans mon monde, cela aurait représenté environ cinquante millions de yens..., n’était-ce pas un peu trop pour un simple cadeau de départ... ?

Une fois dans le magasin, j’avais demandé à Barral de nous montrer sa sélection d’arcs. Sa sélection n’était pas aussi variée que ces magasins dans la capitale, mais ils stockaient toujours des armes de haute qualité. Yumina ramassa quelques arcs et testa attentivement les cordages. À la fin, elle avait choisi un arc composite léger en forme de M.

Plutôt que de prioriser la distance de tir, elle avait choisi un arc qui était facile à manipuler et avec lequel on pourrait tirer rapidement. Ce qui était réellement logique, car elle ne pourrait probablement pas gérer un énorme arc long correctement à cause de sa carrure.

Elle avait également acheté un carquois, qui était vendu avec une série de cent flèches. Enfin, elle avait acheté une cuirasse en cuir blanc et des bottes blanches assorties.

Parfait alors, on dirait que nous étions presque prêts à partir.

Nous avions amené Yumina dans le bureau de la guilde, qui était grouillant de vie comme toujours.

Une autre chose qui était constamment là, c’était le nombre de regards intimidants qui se fixaient sur moi. En fait, certains des aventuriers masculins m’avaient tiré des regards particulièrement désagréables.

Au début, je n’avais aucune idée de la raison pour laquelle cela m’arrivait chaque fois que je venais ici, mais à ce moment-là, je comprenais que trop bien.

Tu n’avais pas besoin de chercher bien loin pour savoir qu’Elze, Linze — et Yae, aussi — était toute de jolies filles. Et j’étais le « chanceux » qui était dans le même groupe qu’elles. C’est pourquoi, en particulier, j’étais l’objet de leur ressentiment. De tous les côtés, je sentais leurs regards se plantant en moi comme des poignards.

Pour dire la vérité, il y avait déjà eu quelques incidents où d’autres aventuriers s’étaient approchés de moi et avaient dit et fait des choses comme : « Des gens comme toi m’énervent vraiment » ou « Tu peux venir avec moi un instant ». Ils essayent de me faire tomber ou n’importe quel genre de choses que ces gens faisaient dans ce monde. Naturellement, j’avais poliment refusé en faisant semblant de ne pas les voir, mais la vraie solution à tout cela était de ne même pas donner aux gens comme ça un moment de ma journée.

J’avais guidé Yumina vers le bureau de la réceptionniste et je l’avais aidée pendant le processus d’inscription. Pendant ce temps, Elze et les autres étaient allés voir les détails de certaines demandes actuellement disponibles.

Quand l’enregistrement d’Yumina fut terminé, elle et moi retournâmes au reste du groupe pour trouver Elze en possession d’un papier de demande de rang Vert.

« Avez-vous réussi à trouver une demande raisonnable ? »

« Hmm... Je me suis dit que celle-ci pourrait être un bon point de départ. » Elle me tendit le papier. C’était une mission de chasse aux monstres. Voyons voir cela...

« Vaincre cinq singes royaux... Quel genre de monstre étaient-ils encore ? »

En gros, c’était de grands singes. Ils avaient tendance à se déplacer en groupe et à attaquer en utilisant des tactiques de meute. C’était des monstres assez stupides, donc les pièges étaient très efficaces contre eux. La seule chose à surveiller était leurs attaques de pure force brute. Sur la base de nos expériences jusqu’ici, je croyais que nous pouvions les vaincre sans problème. Donc, c’était un type de monstre qui comptait sur la force brute. Pourtant, ce qui me frappait le plus, c’était que des monstres ayant le mot « Roi » dans leur nom pouvaient former des groupes. De telles pensées me traversèrent l’esprit alors que j’écoutais l’explication de Linze, et je passai le papier de demande à Yumina.

« Bien ? T’en penses quoi ? »

« Pas de problème. Acceptons celle-là. » Notre carte de guilde était le vert de l’aventurier, alors que celle d’Yumina était celle du débutant. Il n’y avait aucun besoin réel de l’amener sur l’une de nos demandes de plus haut niveau, mais Yumina avait insisté, alors nous avions simplement cédé à ses demandes.

Je me rappelai que les rangs allaient dans l’ordre croissant de Noir, Pourpre, Vert, Bleu, Rouge, Argent et Or. Fondamentalement :

Noir — Débutant.

Pourpre — Aventurier en formation.

Vert — Aventurier.

Bleu — Aventurier vétéran.

Rouge — Aventurier de premier ordre.

Argent — Aventurier d’élite.

Or — Héros.

Et c’était à ça que ressemblaient les rangs. Naturellement, chaque fois que vous aviez monté d’un rang, le temps qu’il faudrait pour passer au suivant deviendra de plus en plus long. D’ailleurs, il n’y avait pas d’aventurier dû rang Or dans tout le pays, apparemment. Il semblait que les Héros n’étaient vraiment pas faciles à trouver.

Pour le moment, nous avions montré à la réceptionniste la demande d’extermination des singes et l’avions officiellement acceptée. L’emplacement était quelque part au sud, de l’autre côté de la rivière Alain.

Malheureusement, nous n’avions jamais été aussi loin au sud auparavant, donc nous ne pouvions pas utiliser mon sort [Porte] pour nous déposer là où nous devions être comme nous le faisions habituellement. Au lieu de cela, nous nous étions contentés de louer un chariot.

Elze et Linze s’assirent sur le siège du conducteur, tandis qu’Yae, Yumina et moi étions assis à l’arrière. Au fait, il s’était avéré qu’Yumina était également bonne avec les chevaux. Même si elle était une princesse. Non, peut-être parce qu’elle était une princesse ? Avait-elle l’habitude de voyager sur de longue distance ? C’était peut-être parce que ceux qui ne pouvaient pas s’y prendre avec les chevaux étaient une minorité dans ce monde…

« Hum... Nous louons beaucoup de chariots ces jours-ci. Peut-être qu’il est temps pour nous d’aller nous en acheter un ? »

« Il y a toutes sortes de chariots, mais même le moins cher nous coûterait assez cher. Sans parler de la nécessité de soigner les chevaux. Et nous ne pouvions certainement pas laisser un chariot garé à la Lune d’Argent tout le temps non plus. » Yae marquait un point. Il y avait des mérites et des démérites à posséder un wagon. Bon sang, je ne savais pas comment soigner un cheval. Quelqu’un comme moi ne devrait certainement pas être autorisé à garder son propre cheval.

Trois heures s’étaient écoulées alors que nous bavardions les bras croisés à l’arrière du chariot, avant de finalement franchir la rivière Alain et d’arriver aux bois du sud.

Maintenant, où étaient ces singes royaux ? Ça aurait été bien si ma magie [Recherche] les localisait, mais s’ils étaient à portée de ce sort, alors nous les aurions déjà remarqués même sans avoir à le lancer. J’avais aussi [Détection lointaine] à ma disposition, mais ce sort fonctionnait un peu comme si je créais mon clone, sous la forme d’une augmentation des sens. Cela signifierait aussi que je serais le seul à chercher dans la forêt. Il y avait, cependant, certainement moins de danger de cette façon.

En regardant la carte de mon smartphone, j’étais très surpris par la taille étonnamment grande de cette forêt. Il serait assez difficile de trouver un type de monstre en particulier dans un endroit aussi vaste. Pas comme si je ne pouvais pas utiliser la fonction de recherche sur la carte de mon téléphone pour localiser des animaux ou des monstres...

Nous n’avions pas d’autre choix que de fouiller la forêt à pied. Mais au moment où nous allions le faire, Yumina nous arrêta.

« Désolé, pensez-vous que je pourrais utiliser ma magie d’invocation avant de nous diriger vers la forêt ? »

« Magie d’invocation ? Tu vas appeler une bête contractée ? »

« Oui, c’est vrai. Je pense que j’ai justement la bête idéale pour nous aider à retrouver ces singes royaux. » Yumina avait fait de la place entre nous et avait commencé son incantation.

« Sortez, Ombre ! Je cherche les fières bêtes à pelages argentés : [Loup argenté] ! »

Quand elle eut terminé l’incantation, un certain nombre de loups argenté sortit de l’ombre au pied d’Yumina. Cinq au total. Chacun mesurait environ un mètre de la tête à la queue. Ils remuaient joyeusement leur queue alors qu’ils tournaient en rond autour de leur invocateur. Parmi eux, un des loups en particulier était légèrement plus grand que les autres, et il avait une marque en forme de croix sur son front.

« Je vais demander à ces loups de chercher les monstres. Nous sommes liés mentalement de sorte que même si nous sommes séparés, je serai capable de savoir immédiatement quand ils auront trouvé l’ennemi. »

Je vois... Les chiens... non, les loups avaient un bon sens de l’odorat. Ils seraient probablement capables de trouver les monstres que nous cherchions assez rapidement.

« Très bien, les gars, je compte sur vous ! » Ils aboyaient en réponse à l’ordre d’Yumina et se précipitèrent dans la forêt. Donc c’était de la magie d’invocation. Me souvenant de l’incident avec les hommes lézards, je m’étais déjà demandé si je pouvais aussi invoquer des créatures comme ça. J’avais décidé de le demander à Yumina pendant que nous traversions la forêt.

« Tout se résume à savoir si tu peux ou non conclure un contrat avec la créature que tu peux invoquer. Si tu peux former un contrat, tu peux invoquer et contrôler ce monstre à volonté. La condition pour entrer en contact avec ces loups était assez simple, donc je n’ai eu aucun problème avec eux. Certaines des conditions pour contracter un monstre incluent le combat pour montrer ta propre force ou même juste pour répondre correctement à une question. Ils peuvent varier assez sauvagement. Mais en règle générale, plus le monstre est fort, plus il est difficile de le garder sous ton contrôle ». Donc, plus la bête invoquée que tu veux était forte, plus les conditions pour passer un contrat avec elle étaient sévères. Même si je suppose que c’était juste l’évidence.

Je cherchais dans les alentours, avec toutes ces pensées traversant ma tête, quand Yumina s’arrêta brusquement.

« ... On dirait que l’un d’eux a trouvé l’ennemi. Hmm, il y en a plus que la demande stipulée... Sept au total. »

« Sept, hein...? Alors comment voulez-vous le faire ? Nous avons seulement besoin d’en battre cinq pour la demande. » Elze frappa ses gantelets ensemble avec un fort bruit métallique.

« Nous devrions probablement nous occuper d’eux tous, juste par précaution. Si même un seul s’en tire, il y a une chance qu’il puisse revenir avec des renforts. » J’étais d’accord avec l’opinion de Linze. Il y avait toujours la possibilité qu’il y en avait plus que sept dans la région. Nous devrions charger et en finir avec eux aussi rapidement que possible.

« Yumina, est-ce que tu serais capable d’attirer les singes royaux de cette façon ? »

« Je peux, mais... as-tu un plan ? »

« Mettons en place des pièges. Nous pouvons les faire en utilisant la magie de la Terre. » Après qu’Yumina et moi ayons utilisé notre magie de la Terre pour établir quelques pièges, je m’étais caché dans l’ombre d’un arbre. Peu de temps après, nous avions tous entendu un grand rugissement, et les loups d’Yumina étaient sortis en trombe avec plusieurs grands singes qui les poursuivaient.

Ils étaient légèrement plus gros que les gorilles et avaient des dents plus grandes, avec des oreilles pointues et des yeux rouges. Ils avaient poursuivi les loups d’une manière absolument féroce.

Les loups sautaient par-dessus les pièges cachés et les évitaient parfaitement. Ne remettant pas en question leur comportement, les singes royaux chargèrent en toute insouciance et tombèrent directement dans les pièges.

« Goh-gruagh ?! »

« Maintenant ! » Saisissant notre chance, Yae, Elze et moi avions sauté de derrière les arbres. Il y avait trois singes pris dans les pièges. Ils avaient été enterrés dedans jusqu’à leurs poitrines, luttant pour grimper et s’enfuir.

L’un de ces singes avait été immédiatement frappé avec une flèche à l’œil. Ça devait être Yumina. En s’approchant de son angle mort, Yae avait tranché une artère dans son cou.

« Sors, Feu ! Spirale tourbillonnante : [Tempête de feu] ! »

Les deux singes restants dans les pièges avaient été dévorés par la tempête de feu que Linze avait appelé. Brûlés, complètement carbonisés, mais toujours vivants, Elze et moi les achevions.

Les quatre autres singes royaux étaient venus nous charger avant même que nous ayons eu le temps de reprendre notre souffle. Ils étaient venus à nous tout en balançant sauvagement leurs bras énormes et volumineux, rugissant tout le temps et provoquant de petits tremblements dans la terre.

« [Glissade]. »

« Grruaaah ?! » Le Roi-singe que j’avais visé tomba sur le sol de tout son poids dès que mon sortilège l’atteignit. Avant qu’il puisse se relever, une tempête de flèches avait percé son large corps. Comme un coup final, Yae avait mis tout son poids en un seul et unique coup visant la poitrine de la bête, transperçant son cœur.

« [Puissance] ! »

Elze activa sa magie à proximité et chargea directement l’un des autres singes royaux, avant de lancer une série de coups terriblement lourds sur son abdomen. Incapable de résister à son assaut brutal, le singe s’était effondré au sol et les loups d’Yumina étaient revenus pour finir le travail. Plus que deux.

« Sortez, Éclair ! Pur Javelot Scintillant : [Javelot du tonnerre] ! »

« Venez, Feu ! Javelot cramoisi des flammes : [Lance de feu] ! »

Les magies d’Yumina et de Linze jaillirent alors. Deux lances magiques avaient glissé dans les airs — l’un type de vent, et l’autre type de feu — et avaient frappé leurs cibles en plein milieu de leurs poitrines. Les deux singes tombèrent au sol, se tordant et rendant leurs derniers souffles alors qu’ils s’écroulaient sur le sol.

Ouah, c’était incroyable. On dirait que la magie d’Yumina était au moins aussi puissante que celle de Linze. Ensemble, elles étaient bien meilleures que moi avec mes six principaux éléments magiques. Apparemment, mon problème était que je n’avais pas un très bon contrôle de ma production magique, et comme résultat direct, je devais encore acquérir un sort de haut niveau. La magie offensive était particulièrement difficile pour moi. Eh bien, au moins, j’étais assez compétent avec la magie de type Lumière.

Nous avions éliminé l’intégralité des sept singes royaux. Notre bataille était terminée pour le moment. Nous nous en étions occupés plus facilement que je ne l’aurais cru.

Les cinq loups convoqués regagnèrent l’ombre d’Yumina et disparurent.

« Hum, comment ai-je été ? » Ce qu’Yumina essayait de demander, c’était si elle nous avait retenus de quelque façon que ce soit durant cette bataille. Honnêtement, c’était le contraire. Elle s’était avérée être un grand atout pour le groupe. Je n’avais aucune idée que le tir de couverture pourrait être si efficace.

« C’est certain, il n’y a aucun problème en ce qui concerne ses capacités », aboya Elze avec enthousiasme.

« Ta magie était aussi, euh, assez impressionnante... »

« Comme je le soupçonnais, le soutien à longue portée est incroyablement utile. » Toutes avaient approuvé successivement ses capacités. Elles avaient toutes données des arguments valables, mais... je me sentais mal à l’idée d’exposer une fille de douze ans dans un environnement aussi dangereux... Hum.

La fille en question s’immisça dans mes pensées profondes en me fixant longuement avec une expression anxieuse. Franchement, voyez-vous, ces yeux de chien battu, ce n’est pas du jeu ! ... Elle ne pouvait pas le faire exprès, n’est-ce pas ?

« ... Je compte sur ton soutien à partir de maintenant, Yumina. »

« Bien sûr ! Laisse-moi faire, Touya ! » Yumina s’enroula autour de moi avec son plus grand sourire présent sur son visage. Ouah, hé, temps mort ! Pourrais-tu au moins ne pas le faire pendant que tout le monde regarde ?! Une fois que j’avais finalement réussi à extirper Yumina de moi, nous avions commencé à recueillir les oreilles des singes comme preuve que nous avions remplis la demande.

« Mais maintenant qu’Yumina a rejoint le groupe, ça fait quatre filles avec moi comme seul garçon ici... » Je laissai échapper un petit soupir.

« Hum, est-ce un problème ? » Linze pencha la tête. Le fait qu’elle n’avait pas compris ce que je voulais dire était un problème en soi.

« Il ne semble pas que vous l’ayez remarqué, mais nous nous distinguons vraiment à la guilde... et les regards durs des autres aventuriers me piquent vraiment. »

« Hm ? Pourquoi cela arriverait-il, Touya-dono ? »

« Eh bien, je veux dire, si un mec est entouré de jolies filles tout le temps, alors il y a un tas de types qui seraient jaloux. Vous savez, Elze, Linze et également Yae, vous êtes exceptionnellement belle, le saviez-vous ? »

« Quoi ?! » « E-Excusez-moi ? » « Qu’est ce que tu dis... ? » Tout le monde se figea. Quoi ? Ai-je dit quelque chose ? Mais c’est vrai, si j’étais l’un de ces gars à la guilde et que je voyais un mec aller et venir, toujours avec des filles mignonnes, même moi, je deviendrais plutôt jaloux.

« Qu’es-tu en train de dire, Touya ? Je n’ai toujours pas ton sens de l’humour. C’est méchant de me taquiner et de m’appeler mignonne comme ça... » marmonna Elze, clairement énervé par mes mots.

« Hein ? J’étais sérieux. »

« ... » « ... » « ... » Pourquoi tout le monde devient-il rouge vif ? Est-ce qu’elles sont venues avec de la fièvre ou quelques autres maladies ? « D-De toute façon, on devrait vraiment revenir maintenant, t-t tu ne le penses pas ?! »

« O-on devrait, sœurette ! »

« S-Soyons en route, ef-effectivement ! » Les trois partirent, fermant la marche dans la forêt. ... Qu’est-ce qui vient de se passer ?

Je sentais une légère secousse sur la manche de mon manteau.

« Touya, et moi ? Suis-je mignonne ? »

« Hein ? Eh bien, je veux dire, oui. Bien sûr que tu l’es. »

« Ehehe ... » Yumina rougit, sourit, et enroula ses bras autour de moi. S’il vous plaît, arrêtez de faire ça, c’est mauvais pour mon cœur ! Finalement, nous étions retournés au chariot. J’avais jeté le sort de [Porte], et nous étions de retour dans Reflet en un instant.

Alors, que diriez-vous de cette magie d’invocation, hein ? Mon premier contact avec celle-ci avait été cet homme qui invoquait des nuées d’Hommes-Lézard, ce qui me donnait une assez mauvaise impression des sorts de type Ombre. Pour cette raison, je n’avais pas essayé de m’occuper de ça. Mais depuis que j’avais appris qu’il y avait des animaux comme les loups d’Yumina parmi les créatures qui pourraient être contractées, j’avais décidé que ce n’était pas une mauvaise idée d’essayer de passer un contrat avec un seul monstre dans le but d’un peu tâter le terrain. Je devrais demander à Yumina de m’en apprendre plus à ce sujet plus tard.

***

Partie 8

« La première chose à faire lorsque tu manipules les sorts d’invocation propres à la magie de type Ombre est de dessiner un cercle magique puis d’invoquer une créature. La créature que tu invoques est complètement aléatoire, bien que certains disent qu’elle est influencée par la magie du lanceur ou qu’elle reflète le lanceur lui-même. Ce ne sont que des suppositions, donc nous ne savons pas vraiment pourquoi les gens se retrouvent avec les bêtes contractées qu’ils ont. » Dans le jardin arrière de la Lune d’Argent, Yumina avait dessiné un grand cercle magique tout en expliquant comment la magie fonctionnait. Elle tenait un livre dans une main et un morceau de craie dans l’autre alors qu’elle traçait un cercle magique rempli de motifs complexes. La craie était censée contenir des fragments de pierre magique durant son processus de fabrication.

« Le plus dur est de former le contrat lui-même. Afin de passer un contrat avec succès avec la créature que tu as invoquée, tu dois d’abord passer une sorte de test. Ces tests sont de toutes formes. De l’incroyablement simple à la quasi-impossibilité en fonction de la force de la créature elle-même. Le test que je devais passer pour contracter avec mes Loups Argentés était de les nourrir jusqu’à ce que leurs estomacs soient pleins. » Yumina avait fini de dessiner le cercle magique, puis se dirigea vers lui et tapota la tête du Loup Argent qu’elle avait invoqué il y a quelques instants. C’était le loup avec la marque en forme de croix sur la tête que j’avais déjà vu dans la forêt. Apparemment, c’était le premier des loups avec qui elle avait conclu un contrat. Les autres loups qu’elle avait convoqués étaient ses subordonnés. Soit dit en passent, il s’appelait Silva. S’il vous plaît, quelqu’un dans ce monde, vous auriez du réfléchir davantage pour trouver des noms qui conviennent, avais-je plaidé en interne.

Si vous réussissiez à passer un contrat avec une créature puissante, apparemment vous pourriez invoquer un certain nombre d’autres pour travailler en tant que subordonnés de la bête principale. Cet invocateur de lézard qui avait attaqué Sue avait probablement passé un contrat de cette manière avec un Homme-Lézard fort qui agissait en tant que chef du groupe qu’il n’arrêtait pas d’invoquer.

« Si tu ne respectes pas les conditions du contrat, la créature que tu auras invoquée disparaîtra. Après cela, il n’apparaîtra plus jamais devant toi. Tu as seulement une chance pour remplir les conditions de leur contrat. » J’avais donc dû profiter au maximum de notre rencontre et faire de mon mieux pour remplir les conditions... Attends une seconde.

« Ce n’est pas dangereux ou quoi que ce soit, n’est-ce pas ? Par exemple, la chose que j’invoque ne m’attaquera pas soudainement ou quoi que ce soit, n’est-ce pas ? »

« Sans un contrat pour les lier à ce monde, les bêtes invoquées ne peuvent exister en dehors des limites du cercle magique. Les attaques à longue portée seront également absorbées par la barrière du cercle magique, ce qui en fait une protection parfaitement sûre. La seule exception est si l’invocateur lui-même met les pieds dans le cercle magique. Après tout, les conditions pour certaines créatures peuvent parfois être sur le modèle d’un combat afin de prouver ta force. »

Ouais, ça a l’air un peu violent à mon goût. Eh bien, si je finissais par invoquer une créature comme celle-là et que je jugeais que je n’avais aucune chance de la gagner, je supposais que je pouvais toujours poliment refuser et la laisser revenir d’où elle venait. Cela avait peut-être semblé être une perte, mais c’était ma décision.

« La bête invoquée avec laquelle je me retrouve ne sera pas déterminée uniquement par mes prouesses magiques ou quoi que ce soit ? »

« C’est vrai. Il y a beaucoup d’histoires de débutants complets invoquant des créatures incroyablement puissantes lors de leur première tentative. » Ce qui signifiait qu’il y avait aussi une chance pour moi. Bien qu’à la fin c’était encore essentiellement une tombola...

« Très bien, je suppose que je vais faire de mon mieux, alors. » Je m’étais tenu devant le cercle magique et j’avais battu mes mains ensemble pour me gonfler à bloc pendant un moment. Ensuite, j’avais concentré toute ma magie Ténèbres simultanément et dirigé le flux de ma magie au centre du cercle magique. Un brouillard noir s’était lentement accumulé dans les limites du cercle magique jusqu’à ce qu’il remplisse complètement l’espace, quand soudainement une impulsion d’énergie magique absolument explosive avait émergé de l’intérieur.

« ... Es-tu celui qui m’a convoqué ? » Le brouillard sombre s’était dispersé devant mes yeux pour révéler un unique grand tigre blanc. Ce tigre était-il la source de cette voix ? Ses yeux étaient vifs et perspicaces, dégageant une aura incroyablement intimidante. Il semblait également avoir des crocs et des griffes exceptionnellement acérés. Génial. J’avais encore fait n’importe quoi. J’avais invoqué quelque chose de complètement ridicule avec ma magie maudite par Dieu... Je pouvais sentir l’énergie magique du tigre émaner comme des vagues qui couraient dans l’air même. Ce n’était pas un tigre de variété de zoos, c’était sûr.

« Cette aura, ce visage blanc... Ça ne peut pas être... le monarque blanc... !? »

« Ho. Tu me connais ? » Derrière moi, Yumina se blottissait contre le sol, serrant son loup pour le réconforter tandis que le tigre la regardait fixement. Le loup, Silva, avait également assumé une position complètement soumise, abaissant ses oreilles et enroulant sa queue par peur. Bien, être regardé si intensément par un tigre aurait fait peur à quelqu’un. Hey, attendez une seconde. Il y avait un dicton japonais qui allait comme ça ! « Un tigre devant et un loup à l’arrière. » C’était l’image même de cette situation ! Eh bien, pas vraiment, puisque le sens derrière ce dicton était plus proche de « Coincé entre un rocher et un endroit difficile. », à ce que j’en savais.

« S’il vous plaît, essayez de ne pas les regarder si intensément. Vous les effrayez. »

« ... Vous êtes terriblement calme compte tenu des circonstances. Penser que vous êtes toujours debout après avoir pris le poids de mon regard chargé de magie... c’est très intrigant. »

« Eh bien, je veux dire, j’étais un peu surpris au début. Je suis à ce stade habitué à ce genre de choses, je suppose, alors ça ne me touche plus vraiment beaucoup. De toute façon, Yumina. Qu’est-ce que tu viens de dire sur ce monarque blanc ? » Yumina regarda dans ma direction et essaya de répondre, mais sa voix tremblait... Elle ne pouvait même pas parler correctement ! Cela avait sûrement un rapport avec l’immense aura de peur que le tigre blanc déchargeait continuellement.

« Écoute, pouvez-vous arrêter avec ça une seconde ? Je ne peux même pas obtenir une conversation appropriée avec cette pauvre fille. Je ne peux pas dire qu’intimider les personnes plus faibles que soi est une chose particulièrement louable, le savez-vous ? »

« ... Très bien. » J’avais protesté contre le tigre blanc, et l’air oppressant avait disparu en un instant. Eh bien, regardez-moi ça. On dirait que c’est un tigre assez raisonnable après tout.

« Très bien alors. Yumina, qu’est-ce que c’est que cette histoire de monarque blanc ? »

« Parmi tous les monstres... qui peuvent être invoqués par la magie noire... c’est l’un des quatre plus fort, l’une des bêtes les plus sacrées... C’est le Gardien de l’Ouest et des Rues Principales des villes, le Souverain de toutes les bêtes... Vraiment, ce n’est même pas un monstre du tout ; c’est une bête céleste... » Toujours tremblante dans ses bottes, Yumina tenta maladroitement de répondre à ma question. Une bête céleste, hein ? Ce serait intéressant si c’était un animal de compagnie de Dieu ou quelque chose du genre.

« D’accord, alors comment pourrais-je faire pour passe un contrat avec vous ? »

« ... Vous souhaitez conclure un contrat avec moi ? Est-ce que vous êtes même conscient de ce que vos paroles peuvent sembler insensées pour vos camarades en ce moment ? »

« Eh bien, je pense que ça vaut au moins le coup. Si je ne peux pas répondre à votre demande, alors je vais docilement abandonner mon idée. »

« Hmm... » Le tigre me fixa intensément, fronça légèrement le nez et inclina la tête.

« Comme c’est curieux... je ressens un pouvoir plutôt étrange en vous. La protection des esprits... ? Non, quelque chose de bien plus puissant que ça... Qu’est-ce que ce curieux pouvoir ? » La protection des esprits ? Désolé, mon pote, mais je n’ai pas vraiment de fantômes avec lesquels je suis particulièrement en bons termes.

« ... Très bien. J’aimerais voir une démonstration de la qualité et de la quantité de votre énergie magique. Vous prétendez après tout ce qu’il faut pour pouvoir signer un contrat avec une Bête céleste. Si votre magie est peu convaincante, alors toute cette négociation tombera sans aucune hésitation. »

« Vous voulez mesurer ma magie ? »

« C’est correct. Mets votre main sur moi et verse-moi autant de magie que possible. Continuez jusqu’à ce qu’il n’y ait plus la moindre once de magie en vous. Si vous avez même le montant minimum requis pour me satisfaire, alors je vais envisager de conclure un contrat avec vous. » Je pourrais presque voir le tigre rire à lui-même. Dois-je considérer cela ? Ce qui veut dire que ce n’était même pas le test principal en lui-même, juste un échauffement ?

Pourtant, le tigre avait proposé un exercice d’échauffement dangereux. Il voulait que je canalise toute ma magie ? Donc, en termes de jeux vidéo, il voulait que je la réduise à 0 MP ? Je ne serais pas capable d’utiliser la magie du tout pendant un moment après cela. Non, attendez, dit-il jusqu’à ce que je puisse à peine forcer un petit peu, ce qui signifie que je pourrais garder 1 MP en réserve au cas où.

Non, attends une seconde. La magie était-elle même une chose qui diminuait au fur et à mesure que vous l’utilisiez ...? Je n’avais jamais ressenti quelque chose comme ça pendant tout mon temps où je lançais des sorts. Je m’étais souvenu que Linze disait que j’avais une quantité anormalement grande d’énergie magique. Était-ce la raison pour laquelle je ne l’avais jamais ressenti auparavant ?

Mettant cela de côté, j’étais entré dans les limites du cercle magique et avait placé ma main sur la tête du tigre. Oooh, qui est cette mignonne petite boule de poil ?

« Alors, vous voulez juste que je mette autant de magie que possible dans vous, c’est ça ? »

« Correct. Vous avez juste à canaliser toute votre magie directement en moi. Je serai le juge de celui-ci. Et je vais le dire à l’avance : si vous manquez de magie et que vous vous effondrez pendant l’examen, le contrat ne sera plus d’actualité. » Hmm... Je n’étais pas vraiment désespéré de conclure un contrat avec lui ou qui que ce soit. Si je commençais à me sentir malade pendant tout l’examen, j’avais décidé que j’abandonnerais tout simplement. Je n’avais pas vraiment envie d’être au bord de l’effondrement pour quelque chose comme ça.

« D’accord, je vais le faire. Préparez-vous. » Je dirigeai toutes mes réserves magiques vers la paume de ma main et commençai à la diriger progressivement vers le tigre. Bon, je n’en ressentais aucun effet négatif jusqu’ici. 

« Hum... C’est... Quoi ?! C’est quoi cette ridicule énergie magique sans aucune clarté...?! »  Le tigre semblait commenter ma magie. En y réfléchissant, Linze avait déjà dit quelque chose de similaire. Bien, peu importe. Les choses semblaient bien se passer, alors j’avais décidé que c’était bien d’aller un peu plus loin. J’avais ouvert les vannes de mon esprit et envoyé un énorme jet de magie directement dans le tigre.

« Hum !!! Qu’est-ce que c’est ?! » Hmm... je n’avais pas l’impression que ma magie avait beaucoup diminué. Avais-je besoin d’en empiler plus avant de ressentir des effets négatifs ? J’avais mis le feu à mon tuyau d’arrosage mental et l’avais mis à fond.

« Argh... c-c’est... À-Attendez un moment... ! » Ouais, toujours rien. J’avais eu recours à la méthode du robinet cassé.

« S-S’il-vous-plait... Ar... À-Arrêtez et... aahhh...! » C’était l’heure pour mon dernier recours. J’avais enlevé mon limiteur et j’avais fait déferlé autant d’énergie magique que je pouvais rassembler directement dans le tigre... Oh, je pense que je commençais à le sentir un peu. Je commence à être un peu fatigué maintenant. C’était donc un avant-goût de ce que l’on ressenait lorsqu’on manquait de magie.

« ... S-S’il vous plaît, je vous en supplie... arrête...! »

« Touya ! » J’étais revenu à moi quand j’avais entendu la voix d’Yumina et j’avais regardé le tigre devant moi. Son corps était en convulsion et de la mousse sortait de sa bouche. Ses yeux étaient roulés en arrière et il semblait que la seule raison pour laquelle il était encore debout était parce qu’il en était forcé en raison de l’impossibilité de retirer sa tête de ma paume.

J’avais paniqué et j’avais immédiatement coupé le flot de magie que j’avais déversé. Au moment où j’avais enlevé ma main, le corps du tigre avait tremblé violemment quand il s’était effondré sur le sol.

« ... Euh ? » Avais-je fait quelque chose de mal ? Devais-je essayer d’utiliser la magie de guérison ? Le gros chat tressautait sur le sol... sa langue pendait…

« Apparaissez, Lumière ! Confort apaisant : [Guérison réparatrice] ! »

J’avais instinctivement lancé un sort de soins. Après l’avoir fait, les yeux du tigre étaient redevenus normaux et il s’était relevé de façon instable avant de s’approcher de moi.

« ... Je voudrais juste demander une chose. Cette énergie magique que vous me donniez... En aviez-vous encore un peu de disponibles à la fin, n’est-ce pas ? »

« Hein ? Eh bien, je me débrouillais bien. Honnêtement, on dirait à peine que mes réserves magiques aient à peine diminué... Euh, attendez. J’ai l’impression que c’est déjà rempli. »

« Quoi...?! » Le tigre était sans voix. Je vois. Alors c’était donc ça ! La raison pour laquelle je n’avais jamais senti que ma magie était consommée par mes sorts jusqu’à présent, c’était parce qu’elle se récupérait passivement à des vitesses phénoménales ! C’était un mystère résolu.

« Alors oui, à propos des conditions du contrat... »

« ... Pourriez-vous m’honorer de votre nom ? »

« Hmm ? Mochizuki Touya. Oh, c’est vrai, Touya est mon prénom. » Je jetai un coup d’œil curieux sur le tigre, qui était soudainement devenu si humble, et il se prosterna devant moi.

« Maître Mochizuki Touya. D’après mon jugement, de toutes les personnes que j’ai pu croiser sur ma route, il n’y en a aucune autre qui soit autant qualifiée que vous pour devenir mon maître. Je serais honoré si vous deviez former un pacte Maître-Serviteur avec moi. » Ah ouais, le tigre blanc a rejoint le groupe !

« Alors, euh, quelles sont les conditions du contrat ? »

« S’il vous plaît, donnez-moi un nom. Ce sera la preuve qui scelle le contrat. Cela servira aussi de lien qui me permettra d’exister librement dans ce monde. »

« Un nom, hein... ? Hmmm... Un tigre. Un tigre blanc... Voyons voir ceci... »

« Kohaku. Que pensez-vous de Kohaku comme nom ? »

« Kohaku ? »

« C’est un nom provenant de mon pays. Ça signifie Ambre, et c’est écrit comme ça... » J’avais dessiné les pictogrammes de Kohaku sur le sol en japonais, comme. 琥珀.

« Le pictogramme à gauche est tiré du mot pour tigre, et celui de droite est pris du blanc. Les petits caractères collés sur le côté gauche de chacun d’eux signifient le roi. Mettez tout ensemble et, dans ma langue, il se lit comme Kohaku. Qu’est-ce que vous en pensez ? »

« Le tigre blanc qui se tient aux côtés du roi. Vraiment, il ne pourrait y avoir aucun autre nom plus approprié pour moi. Ma gratitude à vous. Désormais, appelez-moi du nom de Kohaku. » Le contrat était scellé. Kohaku sortit lentement des limites du cercle magique et pénétra dans notre royaume.

« ... Touya, c’était incroyable...! Tu as réussi à conclure un contrat avec le monarque blanc...! »

« Jeune fille, je ne suis plus le monarque blanc. S’il vous plaît, appellez-moi Kohaku. »

« Hum, bien sûr... Kohaku. » Le monarque blanc — maintenant nommé Kohaku — corrigea Yumina stupéfait. Derrière Yumina, Silva le Loup d’argent se recroquevillait de peur au regard de Kohaku. Paniqué, il se retira dans l’ombre de Yumina et disparut.

« Maître, je n’ai qu’une humble demande. »

« Quel est le problème ? »

« J’aimerais vous demander la possibilité de rester dans ce monde en permanence. »

« Hmm ? Comment cela fonctionnerait-il ? »

« Dans des circonstances normales, un être invoqué peut seulement rester dans ce royaume aussi longtemps que la magie de l’invocateur le permet. Nous consommons la magie de notre maître simplement en nous matérialisant dans ce monde. Une fois que l’énergie magique de notre maître est épuisée, nous revenons dans l’autre camp. C’est la manière normale des choses. Cependant, depuis que notre contrat a été formé et que j’ai mis les pieds dans ce monde, j’ai senti que votre énergie magique était à peine épuisée. Cela étant, je voudrais humblement demander votre permission de rester dans ce royaume indéfiniment. »

Oui, je pense que je sais pourquoi. En bref, mon énergie magique se recharge si vite qu’elle contrecarre même la quantité de magie normalement nécessaire pour garder une Bête céleste dans ce royaume. Eh bien, je ne vois aucun problème à garder Kohaku matérialisé tant qu’il ne pose aucun problème, mais...

« Ça ne me dérange pas de vous laisser matérialiser si c’est ce que vous voulez, mais, je ne sais pas vraiment ce que je ressentirais en marchant dans les rues avec un énorme tigre blanc en laisse... le savez-vous ? »

« Je vois... Dans ce cas, je vais changer de forme. »

« Change votre quoi maintenant ? » Avant même d’avoir fini ma phrase, Kohaku s’était métamorphosé en un petit tigre blanc. Je n’avais aucune idée que ça pouvait faire des trucs comme ça.

Ce qui était autrefois un grand tigre était devenu gros comme un petit chien. Avec ces petites pattes trapues et cette petite queue trapue, son aura d’intimidation avait diminué de 100 %, et son aura d’adorabilité avait bondi de 100 %.

Kohaku était tellement adorable, en fait, que je ne pouvais pas résister de prendre le petit chat et de le serrer dans mes bras. Oh, mon Dieu, oh, mon Dieu, c’est tellement moelleux ! Je suis si content d’avoir convoqué Kohaku, pensais-je, des sentiments jaillissaient du fond de mon cœur.

« Je crois que je ne devrais pas attirer l’attention excessive dans cette forme. » Oh mon dieu, il a parlé ! c’est tellement mignooooon !

« Je pense que vous allez attirer l’attention d’une manière totalement différente sous cette forme, mais c’est O-Ok selon moi ! »

« Très bien alors. Merci beaucoup de me permettre de... Gufhu ?! »

« Kyaaaa ! Tellement, mignoooooon !!! » Celle qui avait arraché Kohaku de mes bras dans le but de beaucoup l’étreindre n’était autre que le voleur fantôme Yumina. Elle frotta son visage contre la fourrure de Kohaku et l’étreignit fermement alors même que Kohaku luttait pour se libérer des techniques de câlins de niveau Fort Knox qu’Yumina pratiquait sur moi.

« Attendez, arrêtez ! Cessez cette insolence immédiatement ! Qui êtes-vous pour oser commettre de tels agissements ?! »

« Oh, c’est vrai, je ne me suis pas encore présentée. Je m’appelle Yumina. Je suis la femme de Touya. »

« La femme du Maître ? » Même le visage abasourdi de Kohaku ressemblait à un trésor national à mes yeux. Attende une minute, Yumina ! Tu ne peux pas te présenter comme ma femme comme ça !

Kohaku avait souffert le fait d’avoir été caressé par Yumina pendant un moment.

Il semblait que Kohaku avait des scrupules à opposer une réelle résistance à la femme autoproclamée de son maître, alors il cessa bientôt de se débattre et laissa Yumina jouer à son gré.

Sa dose de fluffy-wuffy satisfait, Yumina libéra le prisonnier Kohaku... seulement pour qu’Elze et les autres apparaissent et, comme si un coup de feu avait été échangé dans chacun de leurs cerveaux, elles devinrent exactement ce qu’Yumina avait été juste quelques instants auparavant. Seulement cette fois-ci, l’assaut des câlins était triple de ce qu’il y avait quelques minutes à peine.

« M-Maître ! S’il vous plaît, aidez-moi ! »

« Prends ton mal en patience. Elles vont se calmer une fois qu’elles seront remplies. »

« Maiiiitre ! » Et ainsi, notre groupe avait gagné un nouveau membre ce jour-là. Eh bien, peut-être « gagné une mascotte » était une façon plus appropriée de le dire.

Une fois que tout le monde avait eu leur temps de fluffy-wuffy, j’avais décidé d’en prendre moi-même.

Je levai les yeux vers le ciel tandis que les cris agréables de Kohaku remplissaient mes oreilles. Quel adorable beau temps nous avons !

Dieu est dans Son Ciel, tout est bien dans le meilleur des mondes !

***

Interlude 1 : Les aventuriers

Partie 1

J’avais pris la journée pour aller visiter la salle de lecture de la guilde, afin que je puisse lire l’Encyclopédie des monstres qu’ils avaient. Avec l’aide de Linze, mon niveau d’alphabétisation s’était considérablement amélioré.

Dans mon monde, une encyclopédie des monstres serait comme un grand livre plein de créatures mythologiques et de complots pour les films de kaiju. C’était vraiment amusant à lire.

Il y avait des entrées pour tous les différents types de monstres, bêtes magiques, esprits, et même les animaux divins, chacune avec leurs propres illustrations détaillées. Cependant, il y en avait quelques-unes qui manquaient d’illustrations, ce qui, je suppose, signifiait qu’elles n’étaient pas encore identifiées.

Parmi tous les monstres du monde, ceux sur lesquels je pouvais trouver le moins d’informations étaient les dragons.

Les dragons étaient des monstres, mais pas que cela. Cela avait suffi pour faire d’eux un autre type de forme de vie. Il avait été écrit que le meilleur moyen de faire face à un dragon était de s’enfuir. On aurait dit qu’ils étaient considérés comme les choses les plus fortes, même dans ce monde... Parce qu’il n’y avait jamais eu de vrais dragons dans mon ancien monde.

La guilde ne permettait à personne de vérifier les livres à l’extérieur du bâtiment. Si vous vouliez vraiment vous référer à quelque chose que vous auriez lu, il vous suffisait de le noter. Cependant, j’avais eu l’allié ultime en la personne de mon Smartphone.

J’avais utilisé l’appareil photo de mon smartphone pour photographier toutes les pages contenant des informations sur les monstres locaux. C’était pour que je puisse y revenir plus tard pour voir leurs traits comportementaux, leurs parties de corps précieuses et leurs caractéristiques générales. N’essayez pas de faire ça à la maison, les gars. J’aurais bien fait de simplement copier les pages avec mon sort [Dessin], mais la pièce était protégée par une barrière empêchant les sorts d’être lancés. Ces genres d’ouvrages étaient apparemment très précieux, il était donc tout à fait plausible que certaines personnes aient essayé d’utiliser la magie pour les voler dans le passé. Cela ne me dérangeait pas vraiment de photographier les pages à la place, car cela prenait moins de place de toute façon en plus d’être beaucoup plus facile à trier.

J’avais aussi trouvé des livres avec des détails sur les demi-humains. Cela m’avait surpris de découvrir que ce monde avait même des démons.

Ces démons n’étaient pas intrinsèquement mauvais ; ils semblaient juste être un autre sous-ensemble d’espèces semi-humaines ayant des caractéristiques uniques.

Vraiment, le terme de démons dans ce contexte se référait à des choses telles que les vampires, les loups-garous, mandragore, lamias et ogres. Ces races n’étaient pas immédiatement hostiles aux humains comme le faisaient les monstres, mais elles ne semblaient pas non plus en bons termes. La plupart de ces soi-disant démons s’étaient apparemment tenus dans un endroit connu sous le nom de Royaume des Démons Xenoahs, loin au nord. Ils avaient rarement approché des pays habités par des humains.

Je ne pouvais pas être sûr qu’ils soient isolés ou qu’ils se soient délibérément tenus à l’écart des humains... Mais, par exemple, même les hommes-bêtes avaient été discriminés. Les démons semblaient être traités d’une manière encore pire.

Une chose que j’avais trouvée intéressante était la différence entre les loups-garous et les hommes-loups. Fondamentalement, un homme-loup était comme un humain, sauf qu’ils avaient des oreilles de loup et une queue. Un loup-garou était un loup de taille humaine debout sur ses pattes de derrière, avec des mains à cinq doigts et des pieds à cinq doigts. En d’autres termes, les loups-garous avaient encore les visages des loups.

De plus, les loups-garous ne s’étaient pas transformés sous la lumière de la lune ou quoi que ce soit du genre. Ils portaient des vêtements et pouvaient toujours parler comme n’importe quel autre semi-humain.

Pourtant, entre un humain avec des oreilles de loup et un homme avec le visage d’un loup, je pouvais voir le premier être accepté parmi une communauté humaine beaucoup plus facilement. Bien que si nous partagions des langues et pouvions toujours communiquer avec eux, alors les apparences physiques ne me semblaient pas si importantes.

D’autres types de demi-humains comprenaient des races ailées, des fées, des races aquatiques, des races cornues, des hommes-dragons, des elfes et des nains.

Même les hommes-bêtes pouvaient être divisés en sous-types comme le chien ou le renard, il était donc difficile de comprendre combien de sortes de semi-humains il y avait.

Regarder une carte du monde m’avait appris que même si le monde était assez grand, son climat était un vrai désastre. Les pays n’étaient pas plus froids dans le nord ou plus chaud dans le sud, ou suivant une logique cohérente comme celle-là.

Ce climat aurait été causé par les esprits habitant dans les terres, mais les détails étaient inconnus. Bordel, je ne pouvais même pas être sûr que ce monde était même sphérique comme la Terre. N’était-il pas porté par des éléphants ou des tortues ou quelque chose comme ça, n’est-ce pas ? J’avais encore été surpris de découvrir qu’il y avait des cartes du monde de grande précision. Là encore, même sans dirigeables ni avions, il y avait sûrement des semi-humains ailés et probablement même de la magie permettant à l’homme de voler, donc ce n’était pas vraiment une surprise.

Oh, le temps est écoulé... La guilde allait facturer des frais d’extension si vous aviez utilisé leurs services pendant trop longtemps, alors j’avais fermé le livre et j’avais décidé qu’il était temps de partir.

Il y avait une bande d’aventuriers qui parlaient devant le tableau des demandes quand j’étais retourné au premier étage. Plus qu’il y en aurait normalement à cette heure de la journée. Était-ce parce que c’était le week-end ? Je m’étais dirigé vers le tableau des demandes pour voir s’il y avait des emplois exceptionnellement bons ou quoi que ce soit, bien que je n’eusse aucune intention réelle d’en accepter.

Nous avions décidé de prendre une journée de congé, car Elze ne se sentait pas très en forme. Ça avait dû être difficile de gérer... des problèmes de filles comme ça. Même mon sort [Restauration] n’avait eu aucun effet. Probablement parce qu’il n’était pas classé comme une condition de statut anormal, c’était ce que j’avais pensé. En tout cas, ce genre de douleur était la preuve que son corps fonctionnait correctement.

J’avais regardé par-dessus le tableau des demandes quand j’avais entendu des cris de colère venant de l’extérieur.

Les bureaux des guildes se tenaient généralement à côté des bars, dont la plupart restaient ouverts toute la journée. Ils vendaient principalement des repas légers pendant la journée, mais ils servaient toujours de l’alcool, peu importe le moment.

Il y avait aussi une plus grande auberge que la Lune d’Argent dans les environs, et ses clients fréquentaient le bar en raison de son emplacement pratique.

Toutes ces choses combinées signifiaient qu’il y avait des ivrognes à tous les moments de la journée. Cela devrait aller de soi, mais la plupart des gens qui voulaient juste un repas léger n’allaient généralement pas dans un bar. C’était tellement évident.

Je n’avais même été dans cette auberge qu’une poignée de fois tout au plus. Je ne buvais pas d’alcool et je détestais avoir affaire à des ivrognes.

Le nombre élevé d’ivrognes signifiait également que les querelles étaient monnaie courante. Les gens à l’intérieur du bâtiment de la guilde s’y étaient habitués, ce qui avait peut-être suscité quelques plaintes au maximum. Dans des circonstances normales, du moins. C’était une histoire différente quand vous pouviez entendre le bruit des épées qui s’entrechoquaient.

J’avais fini par quitter le bureau de la guilde pour rejoindre la foule des spectateurs. Devant le bar, deux aventuriers se regardaient avec colère. L’un était un homme barbu à tête chauve, et l’autre avait une crête et un visage long. Les deux avaient déjà dégainé leurs épées.

« Que se passe-t-il ? Un duel ? » Ils avaient sorti leurs épées en plein milieu de la route, donc ce n’était pas seulement une simple échauffourée. Dans le pire des cas, quelqu’un pourrait se retrouver mort.

Honnêtement, ce n’était pas la première fois que j’assistais à un duel. Généralement, pour obtenir un duel vous deviez énoncer votre nom ainsi que la raison, puis vous deviez obtenir le consentement de l’autre partie. Après que cela ait été établi, les étrangers s’abstiendraient de s’en mêler. Mais ce n’était pas aussi raffiné qu’un duel. C’était juste une paire d’ivrognes se disputant. Aucun d’eux n’avait de témoins suppléants, donc il n’y avait clairement aucune altercation formelle.

Les citadins les traitaient aussi comme un couple d’animaux nuisibles. Si ce n’était pas un duel, un chevalier patrouilleur serait probablement là pour l’arrêter dans peu de temps.

« ... Tellement stupide. Ils devraient au moins tenir leur combat à l’abri du regard des autres. »

« D’accord, où est le petit malin qui a dit ça ? » Le chauve barbu se tourna dans ma direction, semblant sur le point d’exploser. Il semblait m’avoir entendu.

Les autres spectateurs se mettaient à l’écart comme une mer qui se séparait. Tous ces derniers avaient fui comme s’ils me disaient explicitement de ne pas vouloir en être mêlé. Bon sang, ce n’est pas cool.

« Es-tu celui qui nous a appelés stupide ?! »

« Il nous a appelés comment ?! »

« Non, j’ai dit que ce que tu faisais était stupide. Je ne voulais pas offenser personnellement l’un ou l’autre d’entre vous..., » j’avais fait une petite tentative pour m’expliquer. C’était vrai que je pensais qu’ils étaient une paire d’idiots, cependant.

« Attends... Tu es ce gamin qui a rejoint la guilde récemment, celui qui est toujours suivi par un tas de filles ! Tu me commences à me les gonfler depuis un moment maintenant, tu sais ? Tu essayes de montrer à quel point tu es populaire ? Tu t’amuses bien avec la plupart d’entre nous ?! Alors, tu te plains ? »

« Ouais, M. Je-sais-tout ! Contrairement à vous, il y a de vrais aventuriers qui mettent leur vie en jeu ! La guilde n’est pas votre terrain de jeu, alors va voir ailleurs ! »

« ... Je vois. Alors, être adulte, c’est se saouler et s’acharner avec ses épées en plein milieu de la ville ? Ça me donne vraiment l’air enfantin quand tu le dis comme ça, n’est-ce pas ? » J’avais fini par cracher un peu de sarcasme après ce que ces gars m’aient fait quelques ennuis.

Ne faites pas de sermons aux gens d’être puérils quand vous allez provoquer des incidents partout avec des enfants mineurs. C’est à peu près aussi immature que possible.

Les deux hommes qui s’étaient battus il y a quelques instants nourrissaient la même hostilité à mon égard. Apparemment, ils m’avaient vu comme une menace commune.

« Bâtard... Tu as de vraies tripes, tu le sais ? Envie de découvrir de quelle couleur ils sont, pas vrai? » Le chauve barbu s’approcha de moi. Il y avait des veines sur son front. Il mesurait plus de deux mètres et j’avais fini par me déboîter le cou pour rencontrer son regard.

L’homme devant moi avait des muscles comme un catcheur professionnel. De plus, son comportement avait donné l’impression qu’il était un vrai méchant. Mais en toute honnêteté, je n’étais pas du tout intimidé. J’avais des souvenirs de mettre fait crier dessus par mon défunt grand-père qui était bien plus effrayant que le gars devant moi. Quand j’avais réalisé cela, j’avais par mégarde laissé échapper un rire.

« Tu es le fils d’une... ! » Comme je le pensais, le gars avait hésité à tirer son épée sur moi. Au lieu de cela, il balança son énorme poing gauche droit vers mon visage.

Ouais, je peux lire chacun de ses mouvements. Je penchai légèrement la tête vers la droite et évitai proprement son coup de poing.

Utilisant l’élan de mon adversaire contre lui, je lui avais saisi le bras et le tirai afin de briser son équilibre avant de balayer ses jambes sous lui. Le chauve barbu qui venait de me charger tomba par terre d’un seul souffle. D’accord, j’avais réussi à m’en sortir. Heureusement que j’avais Yae pour m’apprendre comment faire ça.

« Viens par ici, morveux ! » Cette fois, l’homme à la crête se jeta sur moi avec son épée. Vous ne devriez pas pointer des choses pointues sur d’autres personnes.

« [Glissade]. »

« Ghwah ?! » J’avais abattu l’homme fou à la crête en utilisant mon sort de trébuchage, faisant que l’épée s’envole de sa main dans le processus. J’avais ramassé l’épée et, très prudemment, pour ne pas me faire remarquer, jetai [Modelage] pour plier sa forme avec mes mains comme si elle était faite en caoutchouc. Ce sort m’avait permis de changer la forme de tout objet devant moi en quelque chose d’autre. Toute nouvelle forme complexe ou sculpture prenait beaucoup de temps, mais quelque chose de simple était un jeu d’enfant.

J’avais jeté l’épée recourbée devant le mec à la crête.

« Quelle ?! Eep !!! » L’homme à la crête laissa échapper un cri de terreur alors qu’il rampait. On aurait dit qu’il avait tellement peur qu’il ne pouvait même pas se tenir debout. Il pensait probablement que j’avais une force surhumaine après un tel spectacle.

« Toi, putain...! » Cette fois-ci, le chauve barbu était venu en me chargeant par-derrière, balançant son épée sur moi sans une once de pitié. Est-ce que personne ici n’avait de manières ? Je m’écartai pour éviter l’attaque du barbu barbu et passai derrière lui, balayant les jambes par l’arrière cette fois.

« Ngwuh ?! » Il laissa échapper un grognement après être tombé en arrière et se fracasser la nuque contre le sol. Il avait probablement eu une commotion mineure. Il était déjà ivre, mais il ne pouvait même plus garder la tête droite pendant qu’il sautillait d’un côté à l’autre.

J’avais ramassé l’épée du barbu barbu et j’avais employé mon sort, comme avec le mec à la crête. L’homme devint pâle tandis qu’il regardait son épée se déformer devant ses yeux.

« B-Bordel! Tu me paieras ça ! » Avec les mots d’adieu d’un voyou à deux balles, les deux idiots s’enfuirent.

Ne sois pas un ivrogne en colère au milieu de la journée, pour l’amour du ciel. Vous créez des problèmes pour tout le monde.

« Hey, ça va aller, mec ? »

« Oui je vais bien. Pas comme s’ils avaient réussi à me frapper. » L’un des spectateurs avait montré ce qui semblait être préoccupé pour ma santé, alors j’avais agité ma main pour lui montrer que tout allait bien.

« Non, pas ça... Je veux dire, ces types étaient avec les Crocs d’Acier et les Serpents Venimeux, non ? Ils vont probablement amener tout un tas de gars effrayants pour se venger de toi. » Crocs d’Acier ? Serpents Venimeux ? Je ne comprends pas. Mais il s’était avéré que c’étaient une paire de groupes d’aventuriers qui étaient assez bien connus dans la région. Pas comme si je n’avais jamais entendu parler d’eux. Nous n’avons jamais vraiment interagi avec d’autres groupes en dehors du nôtre. Et nous n’avions aucune raison de traîner dans les bars non plus. Je suppose que nous manquions de connaissances locales sur des petites choses comme ça. D’après ce que j’avais entendu dire, les Crocs d’Acier et les Serpents Venimeux étaient tous deux composés principalement d’aventuriers de rang Bleu.

***

Partie 2

Nous étions une équipe d’aventuriers du rang vert, donc techniquement ils nous surpassaient de deux rangs.

Votre rang de guilde augmentait en fonction des points que vous aviez gagnés en remplissant vos demandes, et il augmentait à partir du rang noir, passant par le violet, le vert, le bleu, le rouge, l’argent et l’or, dans cet ordre. Cela ne signifiait pas que les gens de haut rang étaient plus étonnants par défaut, mais naturellement, monter dans les rangs devenait de plus en plus difficile au fur et à mesure que vous progressiez à travers eux.

Il était devenu si difficile d’atteindre les rangs les plus élevés que presque personne ne l’avait jamais atteint le rang Argent, et encore moins le rang Or. Bordel, il n’y avait qu’une seule personne dans le monde entier qui détenait actuellement le statut d’aventurier de rang or. Il avait fallu une quantité absurde de points, même juste pour passer du rouge à l’argent.

C’est pourquoi les aventuriers de rang rouge étaient généralement considérés comme parmi les meilleurs. Ceux qui se trouvaient en dessous d’eux dans le rang bleu étaient généralement considérés pour la plupart comme des vétérans.

... Cependant, aucun de ces gars en ce moment ne m’avait semblé être des vétérans. Ils étaient tous deux stupidement faibles. Là encore, le fait d’être à un rang supérieur n’avait rien à voir avec le niveau de force qu’ils avaient en réalité.

Honnêtement, je ne croyais pas que l’un ou l’autre de ces groupes avait autant de temps libre pour se donner la peine de se venger. Les querelles entre aventuriers étaient pratiquement quotidiennes, et ce n’était pas comme si j’avais blessé grièvement l’un ou l’autre.

À ce moment-là, je n’avais aucun moyen de savoir à quel point j’avais tort...

« Tu veux bien m’expliquer ce que tu as fait, le veux-tu bien, Touya-dono ? »

« Eh bien, je ne me souviens pas vraiment d’avoir fait quoi que ce soit qui nous mettrait dans ce genre de situation... » Le lendemain, juste après Elze, Linze commença à avoir ses propres « problèmes de filles », alors j’étais allée avec Yumina et Yae à la forêt orientale sur une quête de chasse.

« Notre cible était un monstre appelé un renard-vent. Il s’agit d’un renard qui attaquait avec des lames de vent comme un kamaitachi youkai. » Je pensais que ce mythe était l’esprit-belette ? Pourquoi est-ce qu’un tel renard existe dans ce monde ?

Nous avions vaincu le monstre sans aucun problème et nous lui avions coupé la queue comme preuve quand nous avions été soudainement entourés par un groupe d’aventuriers méchants.

« Hé là, morveux. Nous sommes venus pour te faire payer pour hier, » parmi le groupe d’aventuriers, il y en a un que j’avais reconnu. C’était le chauve barbu qui avait causé un tas d’ennuis dans la rue devant le bar l’autre jour.

Huh? Est-ce que c’est ce que je pense ? Est-ce que tous ces gars sont venus ici pour une petite raison comme ça ?

« ... Hmm... Donc, au fond, vous étiez tellement gêné hier que vous avez amené tous vos amis en pensant à me donner une leçon, est-ce exact ? Choisir un enfant, je peux vous faire passer comme immature, mais c’est juste pathétique. »

« Tais-toi, bordel ! Si je laissais les choses telles qu’elles étaient, ce serait comme de la boue sur toute notre réputation ! Je vais te montrer ce que cela veut dire de se battre contre les Crocs d’acier ! » Les aventuriers autour du chauve barbu ricanèrent tous en préparant leurs armes. Il y en avait pas mal. Un, deux, trois, quatre... Neuf au total. On aurait dit que les Crocs d’Acier étaient après tout un groupe assez important.

« Amener tout un groupe de personnes pour régler ses comptes avec quelqu’un est un prétexte pathétique pour un homme — non, un aperçu d’une misérable pourriture à forme humaine. Touya, quel est le plan ici ? » Bon sang, Yumina, elle a de tels sentiments même quand elle est provocatrice. Je veux dire, regarde ce pauvre vieux barbu. Être fustigé par une fille de douze ans le rend rouge au visage. Regarde la vapeur qui s’élève de lui, je pourrais probablement cuire un œuf sur sa tête ! J’avais été surpris par le caractère d’Yumina. Très honnêtement, je pensais qu’elle aurait un peu plus peur dans ce genre de situations. Je suppose qu’elle n’était pas seulement une princesse pour faire joli.

« Eh bien ! Dans ce cas, c’est de l’autodéfense justifiée. Alors je pense que nous pouvons nous permettre d’aller un peu plus fort du moment que nous ne tuerons personne, » déclara Yumina.

« Effectivement. Ils sont absolument odieux, » Yae tira son épée et retourna la lame pour faire face à l’ennemi. En voyant son mouvement, les crocs d’acier avaient fait leur mouvement.

Avant même qu’ils ne puissent nous atteindre, l’une des flèches d’Yumina avait percé l’épaule droite d’un homme.

« Urgh! » Au moment où l’homme avait lâché son arme, je m’étais rapproché et j’avais pressé mon doigt contre lui.

« [Paralyser]. »

« Hrngh?! » Avec ma magie de paralysie qui sapait toute la force de son corps, l’homme s’était effondré sur place.

« Approche-toi, petit...! » Un homme brandissant d’énormes haches était venu me charger, balançant ses armes follement, mais il n’y avait absolument aucun avantage à faire ce genre de mouvements. Peut-être que c’était parce que j’avais commencé à m’entraîner avec Yae récemment, mais il semblait qu’il bougeait au ralenti.

En trouvant la première ouverture appropriée entre ses attaques, je m’étais précipité dedans et lui avais donné un coup de poing dans le ventre tout en activant [Paralyser] encore une fois. Tout comme le premier gars, celui-ci était tombé au sol avec un bruit sourd.

[Paralyser] était un excellent sort pour rendre un adversaire inoffensif, mais il avait une grande faiblesse en ce sens qu’il me demandait d’avoir un contact physique avec la cible. De plus, si l’ennemi avait un talisman de défense magique de quelque sorte que ce soit, alors peu importe, la faiblesse de ce talisman, le sort de [Paralyser] n’aurait aucun effet.

Bien que les talismans, même les plus faibles disponibles, se vendaient à un prix assez élevé, il n’y en avait pas beaucoup qui étaient susceptibles d’en avoir un sur eux.

« Frappez, Terre ! L’abîme du fou : [Piège] ! »

« Arrghhhhh... !!! »

« Noooooon ...! » Je jetai un coup d’œil derrière moi pour voir Yumina lancer un sort de piège de type Terre. Étant donné que les voix des hommes résonnaient littéralement en tombant, ça devait être assez profond... Seraient-ils encore conscients après une chute comme celle-là ? « Hrgh! »

« Gwah ...?! » Sur le côté, Yae avait déjà renversé deux hommes avec le côté émoussé de son épée et était en train de s’occuper d’un troisième. À ce moment-là, les Crocs d’acier avaient déjà perdu leur avantage numérique, nous laissant seulement avec le chauve barbu et deux autres hommes.

« C-C’est ridicule... ! Nous sommes des aventuriers de rang bleu ! Pourquoi nous débattons-nous si difficilement contre une bande de gamins comme ça...?! » Encore une fois avec le classement, hein ? Je ne savais pas depuis combien de temps ils faisaient des quêtes de guilde, mais si on leur donnait assez de temps, n’importe quelle personne semi-capable n’atteindrait-elle pas le rang bleu sans problème ? Avec un grand nombre de membres de groupe et en n’acceptant que des demandes simples, vous pourriez graduellement, mais régulièrement, gagner des points et monter dans les rangs de cette façon. D’un autre côté, cette méthode ne vous mènerait pas loin. Si vous vouliez vraiment viser le rang rouge ou supérieur, cela prendrait une éternité.

En fin de compte, tout ce que cela signifiait était qu’il n’y avait pas de véritable corrélation entre le rang de la guilde et ses capacités réelles. Au moins pour ceux qui sont en dessous du rang rouge, de toute façon. Atteindre le rang rouge ou un rang supérieur nécessitait d’avoir des compétences et de capacités réelles, sinon vous ne seriez probablement jamais allé si loin.

« Mrgh ?! »

« Ugaaah !!! » Yae avait sorti deux autres hommes, laissant juste le chauve barbu face à nous trois.

« Quelle douleur ! Vous êtes encore des aventuriers même si ce n’est que sur le papier, n’est-ce pas ? N’avez-vous pas honte d’avoir choisi un combat sérieux contre un groupe d’enfants ? »

« Tais-toi, morveux ! Tu vas mourir pour... »

« Oh, ferme-là maintenant. [Paralyser]. »

« Gfhuuh ?! » Je n’avais pas envie de recommencer la même conversation, alors j’avais frappé le gars avec une application rapide de la magie. Il était inutile d’essayer de raisonner avec des voyous comme lui. Même si vous les aviez retardés une ou deux fois, ils continueraient probablement à revenir en plus.

Dans ce cas, la seule façon de vraiment les chasser était d’écraser complètement leurs esprits. Heheheh…

« Je crois que c’est un peu exagéré, ne penses-tu pas... ? » Murmura Yae en détournant le regard, les joues rouges.

« Vraiment ? Ils se rassemblent en groupe. Alors, ils devaient être prêt à ce qu’un jour, ils leur arrivent quelque chose comme ça. N’est-ce pas évident ? » J’avais installé neuf poteaux au bord de la route menant à Reflet. Un membre nu des Crocs d’acier était suspendu par les chevilles à chaque poteau.

Pour compléter l’affichage, j’avais mis en place un panneau qui disait : « Nous sommes le groupe d’aventuriers appelé les crocs d’acier ! On recrute actuellement de nouveaux membres. »

« Dites Cheese ! » J’avais pris une photo d’eux avec mon smartphone, puis j’avais lancé [Dessin] pour transférer l’image sur le papier. Quand j’avais montré cette image aux perdants des crocs d’acier, ils avaient commencé à pleurer et à pleurnicher à travers leur bâillon qui bloquait la bouche.

« Si tu continues à nous déranger, je répandrai cette image dans les rues de Reflet... Non, je pense que je la posterai tout autour de la capitale pour que tout le monde puisse la voir. Si cela vous convient, n’hésitez pas à venir chercher plus de combats avec nous. J’ai encore plein de punitions en tête, tu sais ? » Je laissai échapper un « Heheheh ... » délibérément diabolique, comme je le criais aux hommes. Avec cette menace toujours en suspens dans l’air, j’avais souri aussi innocemment que possible et avant de livrer le coup final.

« ... La prochaine fois que tu essayeras quelque chose comme ça, je te couperai le tuyau avec une lame de rasoir. » L’idée en soi étant trop dure à supporter, un homme avait fait dans sa culotte. Comme il était à l’envers, il avait fini par salir tout son corps.

« Tu es vraiment impitoyable aujourd’hui. Avais-tu besoin d’aller aussi loin ? »

« Tu ne comprends pas ? La prochaine chose que des gars comme ça ont tendance à faire c’est d’attaquer tout ce qu’ils pourraient considérer comme un point faible. Cela pourrait signifier qu’ils essayent d’enlever l’une de vous ou vous prendre en otage. Je ne veux absolument pas que cela se produise, alors je les écrase totalement afin qu’ils n’aillent même pas considérer l’idée. » Ce combat était mon problème et seulement le mien. Je ne voulais pas qu’Yumina ou les autres soient impliquées plus loin. Quiconque oserait mettre le doigt sur mes précieux compagnons ne méritait aucune pitié, sans même y réfléchir. « Quand vous écrasez quelqu’un, assurez-vous qu’il soit écrasé totalement et soigneusement. » C’était quelque chose que mon grand-père m’avait appris.

... Attends une seconde. Cet autre gars du combat d’hier n’appartenait-il pas à une autre équipe ? Je pense que c’était les serpents venimeux. Attends... ne me dis pas...

« [Porte] !!! »

J’avais eu un mauvais pressentiment sur ses choses là. Alors, j’avais ouvert une [Porte] directement sur la Lune d’Argent et j’avais immédiatement ramené Yumina et Yae avec moi.

Nous étions sortis de la [Porte] et étions restés à l’extérieur de la Lune d’Argent.

Ce que nous avions trouvé là était un groupe de sept hommes inconscients au milieu de la rue.

J’avais reconnu l’un des gars sur le terrain. C’était ce stupide mec à crête. Attends, est-ce que ça voulait dire que ces types étaient des Serpents venimeux ?

Mais qu’est-ce... ?

« Oh, bon retour. Cela a dû être rapide, pour sûr. »

« Ça va, Touya ? » Nous étions de retour. Le maître de l’auberge de la Lune d’Argent, Dolan, et le propriétaire du magasin d’armes, Barral étaient tous les deux là. Ils étaient assis sur un banc devant la Lune d’Argent, faisant une partie de shogi avec une pile d’hommes inconscients juste à côté d’eux.

« Que s’est-il passé ici ? »

« Eh bien, ces gars sont venus en marchant pendant que nous jouions au shogi et ont exigé que j’emmène Elze et Linze immédiatement. Je leur ai dit que les filles ne se sentaient pas bien et qu’ils devaient s’en aller, mais ils y sont allés et ont fait irruption dans l’auberge. Je me suis retourné contre eux et ça a fini comme ça. »

« Nous nous sommes un peu disputés avec eux et ils se sont effondrés. On n’a même pas eu à se battre bien longtemps. Étaient-ils vraiment des aventuriers ? » Murmura Barral. Je baissai les yeux sur les gars des Serpents venimeux, complètement stupéfaits. Je m’étais trouvé très surpris par la force de Dolan et Barral, bon sang…

Cela dit, les deux étaient plutôt bien musclés, et ils travaillaient respectivement dans une auberge et une boutique d’armes, donc ils étaient probablement habitués à faire face à ces types de durs à cuire. S’ils ne pouvaient pas s’adapter au travail, ils pourraient facilement faire faillite.

« Alors, quoi qu’il en soit, quel est le problème avec ces gars ? »

« Euh... Eh bien, je pense qu’ils sont venus pour régler leur compte avec moi. Ils ont probablement prévu de détenir les filles en otage ou un truc de ce genre... »

« Quoi, alors c’étaient un troupeau de déchets humains ? Dans ce cas, nous aurions dû les tabasser un peu plus. » Dolan claqua sa langue en disant cela. Micah était sortie dehors peu de temps après. Elle avait une expression agacée sur son visage. Eh bien, c’était compréhensible. Après tout, il y avait un tas de déchets devant son auberge.

« Oh, bon sang, ce n’est qu’une nuisance. Touya, n’est-ce pas de ta faute si ces gars sont là ? Peux-tu faire quelque chose à ce sujet ? »

« Oh, bien sûr. Juste une seconde. » Je savais instinctivement qu’il ne fallait pas essayer de discuter vu la situation. J’avais utilisé [Augmentation de puissance] pour ramasser tous les hommes inconscients, puis je les avais jetés à travers une [Porte].

En arrière sur la route, j’avais pendu les serpents venimeux de la même manière que les crocs d’acier — simplement nu et par les chevilles. Ils revinrent à la raison et remarquèrent immédiatement leur pitoyable état.

Quand ils avaient alors remarqué les crochets d’acier qui pendaient en face d’eux, ils étaient devenus complètement pâles.

J’avais fait toute la routine une seconde fois, en mettant un panneau, en prenant une photo, et en les ayant terrifiés.

Ils avaient essayé de crier quelque chose, mais je m’en foutais. Ils pourraient rester là toute la semaine à se repentir pour tout que cela ne m’intéressait pas.

D’après ce que j’avais entendu plus tard, il semblait que Dolan et Barral étaient tous les deux d’anciens aventuriers. Tous deux avaient atteint le rang bleu, mais n’avaient jamais atteint le rang rouge. Bien qu’étant tous deux des aventuriers en solo, c’était quand même impressionnant.

Je ne pouvais pas oublier que ces perdants avaient le même rang que Dolan et Barral. Les aventuriers prenaient vraiment différentes formes et tailles.

Tu ne pouvais pas juger un livre par sa couverture... sauf que Dolan et Barral étaient tous deux aussi forts qu’ils en avaient l’air ? L’un était un homme rouquin géant et l’autre était bâti comme un ours, après tout...

J’avais ignoré ses idiots suspendus et étais retourné à la Lune d’Argent à travers ma [Porte].

« Hmm, on dirait que tu t’en es occupé. » En pleine santé, Elze écoutait l’histoire des événements de l’autre jour d’Yae et Yumina.

Linze n’était pas tout à fait de retour à son état normal, mais ça n’avait plus l’air si terrible, alors elle nous a rejoints à la table du dîner.

« Pourtant, c’était un spectacle que je ne pourrais pas oublier avant longtemps. Vous auriez dû voir le visage de Touya-dono au moment où il pensait qu’Elze-dono et Linze-dono avaient des ennuis. »

« Il avait l’air très sérieux, n’est-ce pas ? C’était presque effrayant. » Oh s’il te plaît ! N’en as-tu pas déjà assez parlé  ? Me trouvant tout agité, j’avais avalé le reste de mon jus de fruits d’un trait.

« Hmmmm ? Est-ce que tu t’es inquiété à propos de nous quand tu pensais que nous avions des ennuis ? » Elze se rapprocha de moi, sans doute pour me taquiner encore plus. Écoutez-moi, vous tous...

« Bien sûr que j’étais inquiet. Je sentais que mon cœur allait éclater quand je pensais que quelque chose pouvait vous arriver. Dolan et Barral ont sauvé la mise cette fois, mais s’ils n’avaient pas été là et que quelque chose vous était arrivé, je suis sûr que j’aurais fait quelque chose d’épouvantable à ces voyous. »

« H-Huh ? Oh, c’est comme ça... »

« Ah... » Elze et Linze se tournèrent toutes les deux vers le bas, rouges comme des tomates. Huh? Était-ce en raison de ce que j’avais dit ?

« Touya, et si c’était moi ou Yae qui étions en danger, aurais-tu réagi pour nous de la même manière ? »

« Ben ouais, bien sûr que je l’aurais fait. Toi et Yae êtes mes précieux compagnons. Je ferais n’importe quoi pour vous sauver si jamais vous aviez des ennuis. »

« E-Est-ce que c’est le cas, est-ce...? »

« C’est mon Touya ! » Cette fois, Yae tourna son visage rouge vif vers le bas, tandis qu’Yumina me lança un sourire radieux. Qu’est-ce que c’est que cette ambiance... ? Enfin, peu importe.

« M-Maintenant que j’y pense, ces deux groupes semblent s’être désintégrés après ce que vous avez fait, Touya-dono. Tous leurs membres ont également quitté la ville comme s’ils fuyaient un monstre horrible. C’est ce qu’ils ont fait. » Eh bien ouais ! C’était une réaction assez naturelle. Je m’attendais à ce que cela arrive quand j’y étais allé et leur avais fait ces choses horribles. Bien que cela m’avait rendu un peu infâme par la même occasion. Mais cela ne me dérangeait pas vraiment, car cela signifiait que moins de gens étaient susceptibles de nous cibler.

Ces groupes n’étaient pas particulièrement appréciés parmi les membres de la guilde, donc personne n’avait porté plainte contre moi ou quoi que ce soit du genre. En règle générale, la guilde ne s’impliquait pas dans les conflits entre aventuriers.

« Je n’ai jamais pensé que tu étais capable de telles choses aussi dégoûtantes. »

« Vous avez réduit deux groupes d’hommes aux larmes, vous l’avez fait... Cela a sûrement été un spectacle très dissuasif. »

« Je comprends que les méchants de ce genre aient besoin d’une leçon pour qu’ils n’essayent pas quelque chose de plus idiot, mais quand même... »

« Je pense toujours... ça me semble un peu trop... » Linze me lança un petit sourire assez rigide.

Non, tu vois, ce n’est pas comme ça, non ? J’avais besoin de leur donner une bonne leçon... Non, la manière de le dire ne me donne toujours pas l’air d’un méchant... Hrm... Je l’ai fait pour qu’ils n’essayent plus jamais quelque chose de stupide comme ça. ..? C’est pour me protéger, moi et mes amis ! Je les ai psychologiquement torturés jusqu’à la soumission pour protéger mes amis ! Je n’en ai tiré aucun plaisir sadique !

... Je ne mens pas, d’accord ?

***

Interlude 2 : Une journée dans la capitale

Partie 1

« La raison pour laquelle j’ai choisi Touya... ? »

« Oui, oui. Je veux dire, vous êtes une princesse et tout, et il est juste un aventurier. Normalement, vous n’imaginez pas un couple comme ça se marier, pas vrai ? Quelle était la raison qui vous a donné envie de l’épouser ? Y avait-il même une chose en particulier, ou était-ce vraiment juste un coup de foudre ? » Yumina était assise dans la salle à manger de la Lune d’Argent, inclinant sa tête d’un air narquois face à l’interrogatoire d’Elze.

Elle était capable de l’expliquer, bien sûr, mais elle n’était pas entièrement sûre de pouvoir le faire comprendre aux autres. Assis à côté d’Elze, Linze et Yae regardaient Yumina dans l’attente de sa réponse.

« Voyons voir... Eh bien, est-il exact que vous connaissiez mes Yeux Mystiques ? »

« Je me souviens d’avoir entendu de la part de Touya-dono que vous pouviez utiliser vos yeux pour juger la nature d’une personne. » Il y avait une théorie selon laquelle les Yeux Mystiques étaient une autre forme de magie Néant. C’était soi-disant sa propre magie personnalisée fusionnée en permanence avec l’une de ses parties du corps — dans ce cas, les yeux.

Par exemple, si le sort[Mer de Feu] résidait dans les yeux d’une personne, cela leur donnerait les Yeux Mystiques de conflagration. Et si le sort Néant [Paralysie] devait demeurer dans les yeux, ils deviendraient les Yeux Mystiques de pétrification. Yumina était d’accord avec cette hypothèse et pensait à ses propres Yeux Mystiques de la même manière.

« Mes propres yeux sont connus comme les Yeux Mystiques de l’intuition. Ils me permettent de percevoir visuellement la corruption de l’âme d’une personne. »

« Donc, en résumé... est-ce fondamentalement un sens aigu de l’intuition ? Comme quand on peut regarder quelqu’un et penser “cette personne a l’air gentille” ou “cette personne me semble suspecte...” qui serait poussée à l’extrême ? »

« Oui. C’est la meilleure façon de l’expliquer, » Yumina acquiesça aux paroles de Linze. En vérité, ce n’était pas aussi simple que cela, mais Yumina décida qu’il serait déroutant d’essayer de l’expliquer davantage.

« Je peux comprendre maintenant pourquoi vous regardez Touya-dono et constater qu’il n’est pas une mauvaise personne. Cependant, ce qui nous intéresse, voyez-vous, c’est de savoir comment cela conduirait immédiatement à une décision de mariage. » Cette fois, les jumelles acquiescèrent d’un signe de tête.

« Alors je vais continuer. Vous voyez, c’est quand mon père était sur le point de mourir que Touya est apparu et a sauvé sa vie comme si c’était la chose la plus naturelle au monde. Pensant naturellement qu’il était peut-être en train de comploter quelque chose, j’ai utilisé mes Yeux Mystiques pour essayer de détecter ces arrière-pensées, mais je n’ai pas ressenti une seule pensée corrompue dans son esprit. »

« Eh bien, je veux dire, normalement dans cette situation, tu aurais au moins une idée derrière la tête vis-à-vis de ce que tu serais capable de réclamer, n’est-ce pas ? Une sorte de récompense pour avoir sauvé la vie du roi en quelque sorte ? »

« Je le crois aussi, oui. Même si ce n’était pas le véritable motif, je pense que l’idée me traverserait au moins brièvement l’esprit, » cela, en soi, n’était pas nécessairement une mauvaise chose. Toutes les personnes dans le monde avaient tendance à avoir au moins un petit sentiment de risque et de récompense, un désir égoïste de calculer les choses à faire dans leur meilleur intérêt.

Yumina avait vu beaucoup de types de personnes de son temps dans le château. Parfois, il était nécessaire de faire appel à des personnes talentueuses pour maintenir le pays, même si ces personnes travaillaient sous des motifs totalement corrompus. Même si Yumina utilisait ses Yeux Mystiques et jugeait que quelqu’un était un méchant complet et une fripouille, elle ne pouvait en aucun cas s’en servir comme une excuse pour chasser quelqu’un du château. Si c’était si simple, des gens comme le comte Balsa auraient été renvoyés il y a très longtemps.

Yumina avait appris dès son plus jeune âge qu’il était nécessaire que le roi d’un pays — et aussi par extension, la famille royale — soit assez ouvert d’esprit pour s’associer avec des gens de tous les milieux.

Et au milieu de tout cela apparut un garçon mystérieux chez qui les yeux d’Yumina ne reflétaient pas des choses aussi complexes que la pureté ou la corruption. Il était ce genre de personne qu’Yumina n’avait jamais vu auparavant dans sa vie. Le fait que son visage si paisible était vraiment à son goût était tout simplement la cerise sur le gâteau.

« Pour m’écarter du sujet un instant, je devrais mentionner que la famille royale de notre royaume n’a actuellement aucun héritier masculin au trône. Si les choses continuent comme elles sont, je finirai par être couronné reine régnante, et je devrais prendre un mari comme Prince Consort... et alors notre fils aîné succéderait au trône. C’est comme ça que ça se passe normalement, mais je ne veux pas avoir à épouser quelqu’un pour qui je n’ai même pas de sentiments. » C’était un trait relativement particulier de la famille royale de Belfast, mais il y en avait beaucoup parmi eux, en particulier — qui étaient monogames dans leurs relations.

Dans ce monde, la polygamie était considérée comme la norme. Bien que naturellement, il fallait être capable de soutenir financièrement leur ménage pour autant de partenaires qu’ils avaient.

En dépit de cette liberté, le roi de Belfast et même son frère cadet, le duc Ortlinde, ne prirent chacun qu’une seule femme.

Mis à part le duc, il était beaucoup plus logique pour un roi d’avoir plusieurs concubines pour augmenter les chances de naissance d’un digne successeur, mais le roi rejeta fermement l’idée.

Quand on remonte dans l’arbre généalogique, le père des deux frères monogames — l’ancien roi, le grand-père d’Yumina — n’avait également pris qu’une seule femme et n’avait eu que deux fils.

Même son prédécesseur, et le prédécesseur avant cela, remontant des générations, l’arbre généalogique royal était comme une longue et étroite marche sur la corde raide. C’était presque un miracle que leur lignée ait duré si longtemps, mais maintenant qu’il n’y avait pas encore de successeur masculin, la famille royale commençait à sentir le poids de cette responsabilité.

« Alors, parce que tu ne voulais pas épouser quelqu’un pour qui tu n’as pas de sentiments, tu as décidé de tirer parti de Touya ? » Linze fronça légèrement les sourcils.

« Non, ce n’est pas ça non plus. Mon père n’aurait jamais donné sa bénédiction si cela avait été le cas. Mais il aurait eu du mal à traiter les cas de prétendants potentiels si je les rejetais simplement parce que je ne les aimais pas vraiment. Il serait [...] quelque peu difficile de faire croire à la société que c’était simplement parce que nous n’étions pas faits pour être ensemble. »

« Hm...? Ahh je vois. À cause de tes Yeux Mystiques, c’est ça ? »

« Oui, c’est vrai. Parce que mes Yeux Mystiques sont connus du public, la société verrait potentiellement quelqu’un que j’ai rejeté comme étant inapte à succéder au trône. Ils pourraient facilement être soupçonnés d’avoir des motifs immondes ou une personnalité tordue, même si ce n’était pas vraiment le cas. Cela pourrait potentiellement causer des ennuis non seulement pour l’homme lui-même, mais même pour ses amis et parents. » Si le prétendant était un aristocrate du même pays, alors les choses auraient pu encore fonctionner, mais s’il était le prince d’un autre pays, alors de la manière, de gros problèmes pourraient se déchaîner. La vérité était qu’Yumina elle-même voulait trouver un partenaire romantique avant qu’elle atteigne l’âge où des problèmes comme celui-là pourraient commencer à apparaître.

« La première fois que j’ai posé les yeux sur Touya, je me suis dit : “C’est lui.” Je ne peux pas dire avec certitude si c’était un effet secondaire de mes Yeux Mystiques, si c’était un coup de foudre ou une décision calculée pour mon propre intérêt égoïste. Le fait est que je suis vraiment et complètement tombée amoureuse de lui. »

« L’amour dès le premier regard est une chose, mais un mariage au premier regard, n’est ce pas un peu extrême ? »

« Si je n’avais pas pris une décision aussi extrême, alors ma relation avec Touya aurait pris fin à ce moment-là. Comme tu l’as dit avant, Elze, je suis une princesse et Touya est un simple aventurier. Je devais être la seule à agir, sinon notre relation serait restée celle de la Princesse et de l’Aventurier ; ni plus ni moins. Le problème de notre différence de statut social reste encore aujourd’hui, mais cela le deviendra de moins en moins au fil des jours. » Touya était un génie - des niveaux de compétence dans tous les types de magie élémentaire, et avait même le monarque blanc lié à lui en tant qu’esclave. Ces faits seuls l’avaient placé dans une ligue catégorielle totalement différente de l’aventurier lambda. Il était clair comme le jour à quiconque avait des yeux pour voir qu’il continuerait à faire des choses magnifiques. Seul Touya lui-même était ignorant de tout cela.

« Il semble que vous ayez dû prendre en compte de nombreux facteurs lorsque vous avez demandé Touya-dono en mariage. »

« C’est vrai, mais je n’ai aucun regret. J’ai déjà décidé que je ferais tout ce qui est en mon pouvoir pour que Touya tombe amoureux de moi. »

« Et si... juste, hypothétiquement, que se passerait-il si Touya tombait amoureux d’une autre personne ? » S’exclama Linze, ses mots teintés de nervosité. Yumina, d’un autre côté, répondit avec un sourire sur son visage et sans aucune hésitation.

« Ça ne me dérangerait pas du tout. Je devrais juste faire l’effort supplémentaire de me faire aimer au même niveau que cette fille. Je ne suis pas particulièrement décidée à garder Touya pour moi, compte tenu des circonstances. Cela ne me dérangerait pas du tout s’il avait une maîtresse, voire deux ou trois. » Les trois filles assises de l’autre côté de la table s’étaient retrouvées complètement muettes par la déclaration de la jeune princesse.

« Pourquoi demandez-vous cela, est-ce que quelqu’un en particulier vous est venu à l’esprit ? »

« N-Non, pas du tout ! Je voulais juste dire, eh bien, tu sais, c’était purement hypothétique... » Linze donna à la hâte une réponse aussi évasive que possible. Yumina sourit légèrement alors qu’elle regardait le visage de Linze devenir rouge vif.

« Par curiosité, quelle sorte d’impression laisse Touya sur vous, en tant que personne ? »

« Hmm... eh bien, il a beaucoup de connaissances vraiment étranges dans le crâne. Juste l’autre jour, il est allé et a donné un petit outil bizarre à Aer. »

« Un Ex-Ricer, c’était comme cela qu’il l’a nommé ? » L’objet auquel Yae faisait référence ici était un trancheur d’œufs. Un ustensile de cuisine pour trancher des œufs durs rapidement et uniformément.

« Aussi, récemment, il aidait Micah à gérer le livre de comptes de la Lune d’Argent. Il a dit que c’était juste parce qu’il s’ennuyait. Il était très rapide avec ses calculs mathématiques. Il semble être extrêmement instruit dans ces domaines. »

« Je suis sûr que Touya a dit qu’il venait d’Eashen... Pensez-vous qu’il est le fils d’une importante famille aristocrate d’Eashen ? » Si c’était le cas, alors la différence de statut social entre eux serait pratiquement devenue sans intérêt. Hélas, Yae qui venait d’Eashen secoua la tête.

« Non, il a prétendu ne pas être d’Eashen lui-même quand je lui ai posé la question. Même s’il l’était, il n’y a pas de clan Mochizuki à ma connaissance, j’en suis certaine. Je crois qu’il est plus de chance qu’il soit de sang d’Eashen, mais je devine qu’il est né et élevé dans un autre pays. » Chaque fois que Touya lui-même a été interrogé sur sa patrie, il avait balayé la question avec une réponse vague. Tout le monde avait simplement supposé qu’il avait ses raisons, et avait décidé de ne pas fourrer notre nez plus loin.

« Et bien qu’il ait toutes ces connaissances bizarres en tête, il y a plein de choses dont il n’avait aucune idée. »

« Savais-tu qu’au début, il ne connaissait même pas les bases les plus fondamentales de la magie ? »

« Il ne peut même pas gérer correctement un cheval, en fait. Crois-tu donc qu’il a peut-être tout simplement mené une existence recluse ? »

« Non, je pense avoir mené une vie bien plus recluse. » Yumina baissa les épaules avec un certain sens d’échec, alors Elze essaya précipitamment de suivre ce qu’Yae avait dit.

« Nah, tu vois, tu es une princesse, Yumina, alors c’est naturel pour toi. Cependant, Touya, eh bien... Vous pensez qu’il est secrètement le prince d’un pays ou d’un autre. Ne nous cache-t-il pas quelque chose sur ce point ? » Malgré ses aspects princiers, concrètement la plupart du temps Touya dégageait l’aura d’un roturier. Toutes ces caractéristiques incompatibles s’étaient réunies pour former une image patchwork de la personne connue simplement comme Mochizuki Touya.

« En bref, c’est juste un drôle de type. »

« Je pense que c’est une étrange personne... »

« En effet, il a un drôle de caractère en lui. »

« Il peut être bizarre, mais il est mon prince charmant. » Les trois filles regardèrent Yumina sourire et rougir, et étaient à ce moment-là convaincues que c’était simplement un coup de foudre pour elle. En même temps, tous les trois se sentaient un peu embarrassés par le fait qu’elles comprenaient en quelque sorte ce qu’elle ressentait.

***

Partie 2

« Atchoum ! »

« As-tu pris froid ? »

Je ne pense pas... J’ai juste ressenti un frisson dans mon dos. Est-ce que quelqu’un parle de moi quelque part... ? J’avais répondu à Dolan, le propriétaire de la Lune d’Argent, en lui disant que j’allais bien.

J’étais dans la capitale pour la journée.

J’avais été spécifiquement nommé pour une quête de guilde spéciale en aidant les commerçants locaux à faire le plein de marchandises dans la capitale. Dolan et Barral étaient naturellement présents, mais beaucoup d’autres commerçants étaient également venus. La raison pour laquelle ils m’avaient spécifiquement demandé était à cause de ma capacité à utiliser le sort [Porte].

« Tu sais, tu ne dois pas avoir vraiment l’occasion d’aller à la capitale aussi souvent ? »

« Aller et revenir en un seul jour est comme un rêve devenu réalité. » Barral, du magasin des Huit Ours et Simon, le propriétaire du magasin d’objets, bavardaient joyeusement sur les sièges avant.

Nous roulions dans un assez grand chariot, soi-disant le plus grand de tout Reflet. C’était logique quand vous pensiez que nous étions en route pour ramasser un tas d’armes et de vivres.

J’avais regardé autour de moi et j’avais remarqué que tout le monde agissait comme une bande de jeunes impatients. Qu’est ce qu’il y avait de si excitant ? Ce n’était pas comme si c’était leur première visite dans la capitale ou quoi que ce soit du genre.

Le chariot s’arrêta devant une grande auberge à quelques pas de la route principale. Apparemment, ils s’occuperaient de votre chariot pendant un petit moment si vous payiez pour cela.

Huh? N’allons-nous pas juste stopper le chariot devant toutes les boutiques ? Tous les commerçants étaient brillants d’excitation lorsqu’ils sortaient du chariot.

« Très bien, alors, retrouvons-nous ici dans environ, oh, environ cinq heures. Cela vous convient ? »

« Hein ? Nous ne faisons pas le tour des magasins en groupe ? Je veux dire, avec tous les bagages que nous aurons à transporter, ne serait-il pas plus efficace de se déplacer en tant qu’unité... ? » Simon, le propriétaire du magasin d’objets, avait vu ma réaction surprise et m’avait parlé à voix basse.

« Je ne te comprends pas, Touya ? Nous ne sommes pas allés à la capitale depuis longtemps. On veut jouer un peu, tu vois ce que je veux dire ? Dolan est un veuf et tout. Tu comprends ce que cela veut dire, non ? Ah, et garde cela secret vis-à-vis de Micah, d’accord ? »

Pour jouer ? Veuf... ? Attends, ceci ne peut pas vouloir dire... ?!

« Tu as envie d’en visiter une aussi, Touya ? Si tu veux, je peux t’emmener à cet endroit génial que je connais. Ils sont même ouverts pendant la journée. » Je m’étais surpris à avaler inconsciemment à pleine gorge en prévision de ce qui allait suivre.

« Visiter... quoi, exactement ? »

« Un bordel. » Je le savais ! C’est pourquoi tout le monde avait été agité jusqu’à maintenant ?! Alors que ma bouche s’ouvrait et se refermait comme un poisson hors de l’eau, Barral intervint un instant.

« Bien alors, maintenant que tu es au courant, je voudrais juste te rappeler de garder cela secret vis-à-vis des femmes ! Je pense que vous constaterez que cet élément est aussi noté sur le papier de la quête. » C’est un coup bas ! Maintenant, je savais pourquoi vous ne vouliez pas que j’emmène Elze ou l’une des filles ! Je savais que c’était suspect de votre part de l’avoir précisé !

« D’accord alors, on se revoit tous dans cinq heures ! » Les gars descendirent gaiement la rue et sortirent dans la rue principale. Cette situation justifie-t-elle vraiment de sauter au sens propre ? Sérieusement ? Simon m’avait invité à aller avec eux, mais j’avais poliment refusé. Je veux dire, j’étais techniquement engagé avec la princesse de ce pays. Je ne pouvais pas me permettre de faire quoi que ce soit d’imprudent comme visiter un bordel. Vous ne sauriez jamais où les subalternes du roi pourraient regarder dans l’ombre.

Au moins, c’était l’excuse que j’avais donnée. En vérité, je n’avais pas eu le courage. Oui, j’étais un froussard.

« Eh bien, j’imagine que j’ai cinq heures à tuer... » J’aurais aimé pouvoir au moins emmener Kohaku. Kohaku se reposait probablement, ou plutôt récupérait, sur mon lit, dans ma chambre, avec la porte fermée et sécurisée.

Étant donné que les filles avaient continué à flirter avec ce tigre sans arrêt depuis plusieurs jours, j’avais senti qu’un jour de repos était plus que mérité pour donner même un moment de paix dans cet enfer.

J’avais décidé de faire une promenade autour de la capitale. Contrairement à la petite ville de Reflet, la grande capitale était pleine de gens de races différentes. Il y avait des hommes-bêtes que j’avais vus auparavant, mais en dehors d’eux, je pouvais aussi repérer des gens avec des cornes qui sortaient de leurs fronts, et des gens avec de longues oreilles pointues. Ces derniers... étaient probablement des elfes. Je ne les avais vus que dans des jeux vidéo auparavant, mais je pouvais voir toutes sortes de gens comme ça se promener.

Ce royaume parvenu de Mismede... il était supposé composé principalement de semi-humains, avec une majorité d’hommes-bêtes. Étant donné que Belfast essayait d’établir des relations amicales avec eux, il était logique que la capitale voie plus de semi-humains en visite comme conséquence directe.

Il y avait encore beaucoup de pays qui les discriminaient assez farouchement, donc Belfast était à cet égard un endroit beaucoup plus accueillant pour eux.

« Hum... Dois-je aller chercher une simple quête auprès de la guilde locale ? Je vais juste me fatiguer à marcher pendant cinq heures, de toute façon... » Mis à part les quêtes de chasse aux monstres et de collecte d’herbes, il y avait beaucoup d’autres quêtes inhabituelles qui ont trouvé refuge à la guilde. D’aider quelqu’un à déménager, à faire de la publicité pour un magasin ; certains des plus bizarres impliquent des choses comme la recherche de chats perdus. Naturellement, les récompenses pour des quêtes comme celles-ci étaient assez faibles, mais elles étaient de toute façon généralement destinées aux débutants. C’étaient moins des quêtes, mais plus des emplois à temps partiel.

Mon sort [Recherche] pourrait aider à trouver immédiatement des chats perdus. Non, attendez, ça ne semble pas être une si bonne idée après tout. J’avais presque oublié que [Recherche] scanne seulement une très petite zone autour de moi.

J’avais déjà été à la guilde dans la capitale. La quête que nous avions acceptée était celle de l’extermination de Dullahan, qui avait été par la suite hors de contrôle.

J’avais marché dans la rue principale et finalement le bureau de la guilde est apparu. Il était beaucoup plus grand que celle de Reflet...

Attaché à l’immeuble, on trouvait un bar, détenu et géré par la guilde. Apparemment, vous pourriez obtenir des rabais sur la nourriture et les boissons en montrant simplement votre carte de guilde. Je n’avais jamais utilisé cette fonction.

À la fin de la journée, il y avait beaucoup de hooligans parmi les aventuriers. Je ne voulais pas prendre le risque d’être à nouveau pris dans des bagarres d’ivrognes, et je n’étais pas non plus très enthousiaste à l’idée de me saouler moi-même. Et si je voulais manger, alors j’irais dans un restaurant ordinaire.

L’entrée de la guilde de la capitale était une paire de portes battantes en bois ressemblant à celle d’un film occidental démodé. Je les avais traversées comme un cow-boy et jusqu’à l’intérieur de la guilde elle-même.

Il y avait moins de monde que ce à quoi je m’attendais. C’était logique cependant, quand j’ai considéré que l’heure était quelque part autour de 10 heures. Les gens qui accepteraient des quêtes d’une journée seraient déjà en chemin depuis longtemps, et il était encore trop tôt pour que quelqu’un revienne après avoir terminé quoi que ce soit.

Pour le moment, j’étais allé voir le tableau de quêtes. J’étais actuellement de niveau Vert, ce qui signifie que je ne pouvais toujours accepter que les quêtes de niveau Noir, Pourpre ou Vert.

La plupart des quêtes vertes étaient des chasses aux monstres, mais comme, en tout cas, on avait besoin de quitter la capitale pour les accomplir, je les ai abandonnés. Entre les quêtes Pourpre et Noire, il y en avait beaucoup qui semblaient faisables dans une période assez courte.

Vous n’aviez pas envie de devenir baby-sitter... Réparation du toit ? Je pouvais probablement gérer quelque chose avec mon sort [Modelage], mais... Oh ? Celle qui avait attiré mon attention était une quête de démolition de maison. Pour le travail manuel, mon sort [Renforcement] semblait définitivement être à la hauteur de la tâche.

Là encore, le [Renforcement] n’était resté actif que pendant de courtes périodes de temps, donc ça n’avait peut-être pas été à la hauteur... Eh bien, même si ça ne l’était pas, j’avais toujours eu le sort d’amélioration musculaire [Augmentation de puissance] pour me couvrir, donc j’étais sûr que cela fonctionnerait. J’avais descendu le rouleau de quête du tableau et je l’avais porté jusqu’au bureau de la réception.

Le lieu de travail était juste à côté du quartier ouest des riches. C’était un bâtiment assez vieux, et plusieurs hommes avaient déjà travaillé pour le démolir. Quand je m’étais présenté au contremaître du site et lui avais dit que je venais de la guilde, il m’avait demandé d’aller retirer toute la marchandise du magasin situé dans le coin de la propriété.

Apparemment, les fondations du bâtiment principal avaient pourri au fil des ans, il avait donc fallu les démolir pour des raisons de sécurité, mais le hangar qui servait de magasin était encore largement utilisable s’il était un peu réparé.

Il semblait que le propriétaire de l’endroit était décédé, et tout ce qui se trouvait dans le hangar devait être éliminé de toute façon, je n’avais donc pas à m’en occuper avec soin, car c’était effectivement de la camelote. Si je faisais vite mon travail... il me resterait du temps, alors j’avais décidé d’y aller à un rythme un peu plus tranquille.

« Mec, ça empeste la moisissure ici. » J’avais utilisé un mouchoir comme un masque anti-poussière de fortune et je m’étais mis à enlever toutes les ordures du bâtiment, en commençant par les choses les plus proches de la porte.

Une vieille commode, une table cassée, une horloge murale sans mains, une casserole avec un trou énorme, un lit avec des pieds cassés, une poupée sans bras, une tasse de thé ébréchée... c’était vraiment juste un tas d’ordures inutile.

Sauf pour cette épée là-bas ! ... Ou alors je l’avais pensé, jusqu’à ce que je la retire de son fourreau pour constater que la lame était cassée. Je ne savais pas à quoi je m’attendais.

J’avais aussi trouvé un bouclier, mais il y avait une énorme fissure dedans. Il y avait aussi des armures en plaques, mais elles étaient déformées à plusieurs endroits et ne pouvaient plus être portées. Il y avait toujours une hache de guerre en relativement bon état, mais elle était tellement rouillée qu’elle ne valait probablement plus grand-chose.

***

Partie 3

Le hangar entier venait d’être utilisé comme entrepôt pour un tas de vieilles ordures. Cependant, une grande partie de celles-ci semblaient être des armes et des armures. Je me demandai brièvement si l’ancien propriétaire du domaine avait été un chevalier ou quelque chose du genre. Après tout, un seul chevalier aurait-il vraiment besoin de tant d’armes et d’armures ? Cela aurait peut-être du sens s’il était une sorte de collectionneur, mais alors pourquoi seraient-ils dans ce hangar à déchets ?

Clang.

« Hm ? » ai-je entendu quelque chose à l’instant... ? J’entendais encore les travaux de démolition à l’extérieur, mais j’aurais pu jurer avoir entendu un bruit venant de l’intérieur du hangar. J’avais regardé autour de moi et écouté attentivement...

... Rien. Ce doit avoir été mon imagination. J’étais retourné au travail. Je m’étais retourné et j’avais enlevé un tissu d’un grand miroir, et le reflet avait clairement montré la vue d’une hache de combat visant directement mon dos, tenue en l’air par une silhouette en pleine armure de plaque.

« Ah... ?! » J’avais réussi à esquiver la hache quand elle était tombée avec une force telle qu’elle avait brisé le plancher de bois à mes pieds. Putain de merde...! C’était trop proche. Je pouvais voir une sorte de brume noire s’échapper d’entre les fentes de l’armure. Ce n’était pas la même armure inanimée qu’il y a une seconde.

Avec un creeeaaak tranchant, l’armure se tourna vers moi. Euh-oh, j’avais l’impression que nos regards se rencontraient tout à l’heure…

« Whoa-hoh ?! » Tordant mon corps pour éviter une seconde attaque de la hache, je m’étais jeté hors du hangar en panique.

L’armure était venue me poursuivre avec un bruit bruyant, clank, clank, balançant sa hache comme en proie à une rage déchaînée.

« Q-Qu’est-ce que c’est que ça ?! »

« Un m-monstre ?! »

« Est-ce que vous plaisantez ? Est-ce sérieusement... une armure vivante ?! » L’équipe de démolition avait vu l’armure me poursuivre et avait laissé échapper des cris terrifiés.

Armure vivante ?! Ces monstres ne sont-ils pas nés de ceux qui sont morts et ont laissé de lourds regrets ?! Je m’étais rappelé ce que j’avais lu à leur sujet dans les documents de référence de la guilde et j’avais fait claquer ma langue. Eh bien, au moins maintenant je savais que c’était un monstre de type mort-vivant comme le Dullahan. Strictement parlant, l’armure vivante était fondamentalement un niveau inférieur à celui d’un monstre tel que le Dullahan, bien que je n’étais pas encore convaincu que je pourrais en vaincre un par moi-même... Eh bien, de toute façon, je devais essayer !

Je m’étais souvenu que les monstres de type mort-vivant étaient faibles face à la magie de type Lumière.

« Ta force, Lumière ! Lance scintillante : [Javelot brillant] ! »

J’avais pointé mon index et mon majeur ensemble dans la direction de l’armure vivante et j’avais lancé des lances de lumière.

Les lances déchiraient violemment l’Armure Vivante à la taille, faisant voler ses moitiés supérieures et inférieures dans des directions opposées. Les lances avaient ensuite poursuivi leur trajectoire et s’étaient écrasées magnifiquement sur le côté du hangar, causant d’énormes dégâts. Oups...

Une brume noire s’était échappée des moitiés supérieure et inférieure de l’armure vivante, se dissipant dans l’air. L’ai-je vaincue ?

« Hey, gamin ! Qu’avez-vous fait au juste ? »

« Je n’ai rien fait ! Cette chose vient de m’attaquer à l’improviste ! Que fait donc une armure vivante dans un endroit comme ça, de toute façon ?! Ce n’est pas comme si c’était un cimetière ou un champ de bataille ici ! » On disait que les armures vivantes étaient nées là où les âmes des morts pleins de regrets erraient. À cause de ça, elles n’apparaîtraient que dans des endroits où de tels regrets s’accumulaient. Des endroits comme les anciens champs de bataille ou les cimetières délabrés.

« Non, ça ne pouvait pas être... »

« On dirait que vous avez une idée de l’origine de cette chose. » Le contremaître reporta son regard sur l’armure brisée, et il semblait qu’il se souvenait de quelque chose.

« L’ancien propriétaire de ce domaine était un vicomte bienveillant. Un jour, ce vicomte a été trompé par un comte corrompu, et a fini par se faire voler cette propriété avec toute sa fortune. Le vicomte est tombé dans le désespoir après cela, et lui et toute sa famille se sont suicidés... Si sa haine du vicomte reste encore maintenant, alors peut-être... »

Il n’y a pas de « peut-être » ou de « ne peux-être pas » à ce sujet. C’était clairement le seul endroit où une armure vivante aurait pu venir ! Ce qui signifiait quoi ? La haine du vicomte vis-à-vis du comte maléfique était assez intense pour engendrer une armure vivante ?! Les armures vivantes étaient nées des émotions négatives des gens comme le regret ou la haine, mais elles étaient en premier lieu des êtres complètement séparés des morts qui avaient produit ces émotions. De telles pensées s’étaient simplement attardées dans le monde après la mort comme le cadavre de son passé. Ce n’était pas juste pour nous d’être attaqués à cause de quelque chose qu’un comte d’idiot avait fait il y a longtemps, mais essayez d’expliquer cela à un cadavre.

Mes pensées s’arrêtèrent aussitôt que les mots du contremaître coulèrent. Le suicide de la famille. Si toute la famille mourait pleine de regrets, alors le nombre d’Armures Vivantes qui seraient nées de cela était...

Ne m’attendant à rien d’autre qu’à de mauvaises nouvelles, ma vision ne revint au hangar que pour voir une autre armure vivante qui traînait déjà lentement vers nous. Je le savais !

« Pourquoi cela m’arrive-t-il toujours... ? Hé ! Si l’on offrait ce comte corrompu aux armures vivantes, pensez-vous qu’ils nous laisseraient partir... ? »

« J’ai peur que ça n’arrive pas, gamin. Ce même comte a été exécuté récemment... Pour crime de lèse-majesté ainsi que d’autres choses. » Le comte Balsa, putain de crapaud glissant, je te tuerais encore si je le pouvais ! Maintenant que je savais qui avait causé ce gâchis, je ne pouvais m’empêcher de sympathiser avec ce pauvre vicomte. Pourtant, je devais nettoyer ce gâchis d’une manière ou d’une autre. 

Encore plus d’Armures Vivantes étaient venues chanceler hors du hangar. Que devais-je faire... ? Si je lançais de nouveau [Javelot brillant], cela pourrait finir par causer plus de dégâts à l’environnement...

J’avais réfléchi à ce que je pouvais faire dans cette situation... et puis je m’étais souvenu de quelque chose. Je pourrais utiliser mon sort [Enchantement] pour imprégner mon épée de magie de lumière. J’avais décidé d’essayer la magie de guérison, car cela n’endommagerait pas du tout l’environnement.

« [Enchantement]. Imprégnez-vous de lumière : [Soin Magique]. »

J’avais enchanté ma lame avec de la magie de Guérison, puis j’avais esquivé une attaque venant d’une lance rouillée et j’avais frappé avec mon épée avec suffisamment de force pour couper le bras du monstre.

Mon épée traversa l’Armure Vivante comme un couteau chaud dans du beurre et son bras s’envola. Oui ! Ça marche ! Attends, ça ne veut pas dire que je peux juste lancer [Soin Magique] sur eux sans avoir à enchanter mon arme ? J’y avais réfléchi une seconde, mais j’avais finalement décidé de ne pas y aller. Puisque la [Soin Magique] avait besoin d’une incantation pour s’activer et ne fonctionnait que de très près, il était plus rapide et plus facile d’en imprégner mon épée et de l’enlever.

Bien, peu importe. En ce moment, je devais en quelque sorte m’occuper de ce bazar. J’avais pris une position de combat alors que les armures vivantes restantes arrivaient en marchant vers moi…

« Qu’est-ce qui vous a épuisé ? Ho ho, laissez-moi deviner. Vous avez le fait d’avoir refusé mon offre et vous avez trouvé un endroit par vous-même, c’est ça ? Alors comment était-ce ? Vous vous sentez rafraîchi ? Parce que c’est mon cas ! Gahahaha. » J’étais là, effondré dans le chariot, sans l’énergie nécessaire pour corriger les suppositions erronées de Simon.

J’avais réussi à vaincre toutes les armures vivantes, mais je m’étais fait sermonner plus tard pour avoir brisé le mur du hangar avec ma première attaque. Comme je protégeais tout le monde des armures vivantes, je n’étais pas du tout pénalisé, mais j’aurais dû être capable de gérer calmement la situation avec beaucoup plus d’attention. À défaut de mieux, l’épreuve tout au moins m’avait appris à quel point l’enchantement était vraiment flexible. Cela pourrait potentiellement être utilisé pour faire toutes sortes de choses.

[Enchantement] pourrait être utilisé pour appliquer temporairement ou définitivement les effets d’un sort différent à un objet de mon choix. Par exemple, je pourrais ramasser un bâton quelconque et l’enchanter avec le sort [Sphère de lumière] pour créer une ampoule...! Ou tout au moins c’était ce que j’avais pensé jusqu’à ce que je remarque la faille fatale dans ce plan. Il serait extrêmement ennuyeux d’avoir une ampoule que vous ne pourriez jamais éteindre. De plus, l’activation d’un objet enchanté nécessitait aussi une petite quantité de magie.

J’avais enchanté ma lame avec [Soin Magique], donc tout ce que je devais faire à l’avenir était de diriger un peu de ma magie et ça deviendrait une puissante arme Anti-Mort-vivant. En tout cas, cela ne me semblait pas une si mauvaise idée que d’avoir quelques objets enchantés a portée de la main.

... Un de ces éléments qui me venait à l’esprit était mon Smartphone. Est-ce que [Enchantement] fonctionnerait dessus...?

« Très bien, nous voilà ! Dolan, Touya, c’est votre arrêt, la Lune d’Argent. » Mes réflexions furent interrompues alors que Barral appela mon nom. Je descendis paresseusement de l’arrière du chariot et aidai à décharger les provisions que Dolan avait achetées pour la Lune d’Argent. Il s’agissait surtout de vivres et de produits de première nécessité, mais il y avait aussi des tonneaux d’alcool.

« Contente de vous revoir. Avez-vous réussi à repérer de bonnes affaires ? »

« Je suis de retour... Non, à ce sujet, je ne pouvais pas vraiment trouver beaucoup de bonnes affaires. Pourtant, je pense que j’en ai assez pour tenir un moment. »

« C’est ainsi ? Je me demande alors si la capitale subit aussi une récession. » Micah était venue nous rencontrer pendant que nous déchargions les provisions. Elle avait salué Barral et les autres avant de nous aider à porter les marchandises à l’intérieur.

Bon sang, j’étais fatigué. Je voulais juste aller me coucher...

« Vous avez sûrement pris votre temps pour récupérer le peu que vous avez acheté. Je pensais que la magie de la téléportation vous permettait de passer d’ici et de là instantanément ? »

« Hein ? Oh, oh oui, c’est vrai, il y avait des choses que nous avions du mal à trouver, tu vois... »

« Hmm... » Micah pointa son regard acéré sur Dolan, qui n’arrangeait pas la situation en agissant de manière si clairement suspecte.

Apparemment incapable de le supporter plus longtemps, Dolan ramassa quelques tonneaux et les emporta au magasin. Ne s’était-il pas rendu compte que cela le rendait encore plus suspect ?

« Alors, Touya. Parlez-moi de la fille avec qui vous êtes sorti aujourd’hui. »

« Je n’avais aucune aventure avec qui que ce soit ! Je veux dire, oui, j’ai été invité à y aller, mais je... » Ohcrapohcrapohcrap. J’avais essayé de boucher ma grande gueule aussi vite que possible, mais les mots incriminés avaient déjà été prononcés. Micah me lança un sourire mauvais. J’ai été eu !

« Je le savais. J’avais le sentiment que c’était ce qui se passait. Je veux dire, je comprends que mon père a été seul depuis que ma mère est morte, donc je ne vais pas le gronder pour ça ou pour quoi que ce soit. » Wôw... Monsieur Dolan, vous êtes un homme chanceux d’avoir une telle femme compréhensive.

« ... Maintenant, ce que je vais devoir lui demander, c’est s’il a dépensé de l’argent pour les fournitures importantes de notre auberge, avant d’essayer de me mentir sur ce sujet. N’a-t-il aucune idée de combien j’essaie de réduire les dépenses inutiles ici ? J’ai l’impression qu’il a besoin d’une longue conversation, donc je te verrai plus tard. » Micah portait le sourire d’un ange alors qu’elle s’éloignait avec Dolan... avec, pour une raison quelconque, un grand pilon en bois à la main.

Il ne fallut pas longtemps avant que j’entende une voix très bruyante, vraiment pathétique, qui implorait le pardon. Je ne pouvais rien faire pour l’homme. Il récoltait ce qu’il avait semé et obtenait ce qui allait lui arriver. Je me sentais mal pour le pauvre vieux Dolan, mais je n’avais rien à voir là-dedans.

Alors que je m’apprêtais à monter dans ma chambre, j’avais remarqué quelque chose qui sortait du sac de Dolan sur le comptoir. Cela ressemblait à une sorte de brochure. Quand je l’avais sorti pour jeter un coup d’œil, il s’était avéré être un dépliant publicitaire pour l’un des bordels de la capitale. Il énumérait chacune des filles travaillant là avec des détails tels que leurs mensurations et leurs personnalités. Les illustrations nues de chaque fille étaient incroyablement réalistes et incroyablement excitantes.

Qu’est-ce que tu penses même ramener ici, mon vieux... ? Tu aurais été découvert tôt ou tard même si je n’avais rien dit si tu es assez idiot pour ramener la preuve incriminante chez toi.

« Oh, Touya, tu es de retour. »

« Hmm ? Oh, hé, Yumina. Salut tout le monde. Ouais, je viens de rentrer il y a... une minute... » Je devais cacher cette brochure à tout prix. Ce n’était qu’après avoir refoulé par réflexe ma main derrière mon dos que j’avais réalisé à quel point je me faisais regarder de façon incroyablement suspecte. Trop tard pour m’arrêter, je devais la jouer à l’envers en quelque sorte. Je me disais : je dois même songer à le cacher dans un premier temps alors que ce n’est même pas le mien ! Mais si j’essayais de l’expliquer, personne ne me croirait !

« ... Qu’est ce que c’est que cette attitude, Touya ? »

« NON, CE N’EST RIEN DU TOUT. »

« Tu es dégoulinant de sueur. »

« JE SUIS JUSTE CREVÉ. D’ACCORD. »

« Pourquoi parles-tu comme ça... raidement ? »

« CELA DOIT ÊTRE VOTRE IMAGINATION. HA HA HA. »

Elze, Yae et Linze m’interrogèrent à tour de rôle tandis que je marchais en arrière vers l’escalier. Les quatre filles me dévisageaient, essayant de comprendre ce que je faisais, mais je ne pouvais pas me permettre de me laisser prendre. Je continuai mon ascension vers l’escalier.

« ... Pour quelle raison concevable es-tu en train de remonter les marches à reculons ? »

« C-C’est juste plus facile pour moi de cette façon ! Ouais ! BIEN — hum — alors, je vais au lit ! Bonne nuit ! »

« Eh ? Attends, Touya ?! » J’avais monté les escaliers à toute vitesse. En arrière. Qu’est-ce que je pensais que j’étais, une sorte de coquillages ?!

« ... Certainement un excentrique. »

« ... Oui, une personne étrange. »

« Il a en effet caractère bizarre bien à lui. »

« Il peut être bizarre, mais c’est mon prince charmant. » J’entendais les filles parler de quelque chose au bas de l’escalier, mais je ne pouvais pas comprendre ce qu’elles disaient exactement. Ne m’en souciant pas du tout, j’avais déverrouillé ma chambre et m’étais frayé un chemin à l’intérieur. Kohaku était recroquevillé et dormait profondément sur mon lit.

Je m’étais effondré sur le lit à côté du petit tigre. Kohaku se leva presque quand je secouai le lit, mais il se calma dès que je commençai à tapoter cette petite tête moelleuse.

Mec, tout ce que j’avais fait était de réussir à me fatiguer encore plus...

Je n’avais même plus la force de regretter mes actions. J’avais été englouti la tête la première par le manque de sommeil, car je n’avais même pas pris la peine de résister.

J’avais dormi jusqu’au lendemain matin, alors que toutes les filles étaient venues me réveiller. Elles avaient découvert la brochure sur le sol de la chambre. En fin de compte, j’avais été interrogé pendant près d’une heure dessus de différentes façons et par plusieurs bourreaux. J’avais décidé dans mon for intérieur que jamais je n’irais plus avec ces types dans un voyage à la capitale.

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4 commentaires




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    Tiens, il y a également de grosses différences par rapport à l'animé 🙂 Merci pour la traduction.




  2. 0



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    Je pense que le tutoiement entre Touya et les filles qui l'accompagne, est bien mieux que le vouvoiement. Sinon, merci pour cette bonne traduction.

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