100 en Chance et une Compétence en Domptage de Dragons – Tome 1

***

Chapitre 1 : Le message de mauvais augure

Entendez-moi, mortels de ce monde ! Dans trente ans, une espèce belliciste entourera votre planète et détruira votre civilisation.

Quand chaque humain sur terre avait entendu ce message inquiétant résonner dans leur esprit, plusieurs réactions étaient apparues. Certains avaient cru que c’était une blague de leur imagination débordante, d’autres comme un cauchemar, et très peu avaient pris cela au sérieux, mais ceux l’ayant pris au sérieux avaient vite compris que tout cela était réel.

Quand je l’avais entendu, j’étais en train de jouer à Dragon Hunt. Ce message bizarre m’avait fait perdre ma concentration pendant une seconde. Je n’avais pas pu esquiver à temps et j’avais servi de collation au boss final du second donjon le plus difficile du jeu. Et ainsi, près de trois heures d’efforts avaient été détruites. Ce n’aurait pas été un problème si je jouais en groupe, mais je jouais à ce moment-là en solo.

Le choc était tel que j’étais resté à bout de souffle devant mon écran pendant cinq minutes jusqu’à ce que l’avertissement AFK apparaisse au milieu de mon écran.

J’avais soupiré et l’avais fermé. Après quelques cliques aléatoires autour de mon personnage, j’avais fait savoir au système que j’étais toujours présent.

« Marius, as-tu sorti les poubelles comme je te l’ai demandé ? » avait crié ma mère depuis la cuisine.

En grognant derrière ma chaise, cela m’avait ennuyé qu’elle me demande ça. Immédiatement, mes os et mes muscles douloureux m’avaient averti que j’étais resté assis trop longtemps. Je m’étais un peu étiré, essayant de me débarrasser de la douleur. Une fois remis, j’étais sorti de ma chambre et étais allé vers la cuisine. En regardant le sac poubelle sous l’évier, j’avais réalisé que j’avais oublié de faire comme elle me l’avait demandé. Là encore, je ne pouvais me souvenir de quand ma mère m’avait demandé de faire cela en premier lieu.

En frottant l’arrière de ma tête, j’avais répondu, « J’ai oublié... »

Ma mère se trouvant devant les plaques de cuisson abaissa la flamme sous la marmite. Après un long soupire, elle me lança un regard noir.

« Désolé. J’ai été distrait. » Dis-je en haussant les épaules.

« Va le sortir maintenant. » Me dit-elle d’une voix calme, mais au fond, je pouvais sentir la pression écrasante et je savais instinctivement que ce n’était pas une requête, mais un ordre.

J’étais retourné dans ma chambre, avais cliqué sur l’écran quelquefois de plus pour réinitialiser le minuteur d’AFK, puis avais sorti la poubelle.

Ma famille vivait dans un appartement de trois pièces dans un immeuble de quatre étages au milieu de Bucarest, la capitale de la Roumanie. Je me sentais chanceux d’avoir un ascenseur dans le bâtiment parce que monter cinq étages n’était pas un plaisir, pour ne pas dire que j’aurai été incapable de remonter avant de repasser en AFK, peu importe la vitesse à laquelle je montais les escaliers.

Les bennes à déchets se trouvaient derrière le bâtiment. Après m’être débarrassé de la poubelle, je m’étais précipité à la maison, espérant que le compte à rebours de l’AFK ne me forcerait pas à quitter les donjons. Si j’étais dans un groupe, cela ne poserait pas problème. Habituellement, j’allais dans les donjons en compagnie de quelques amis en ligne ainsi que des membres de guilde, et il ne fallait pas plus d’une demi-heure pour atteindre le boss, mais le faire en solo était un vrai cauchemar.

« Je suis rentré ! » Ai-je dit en ouvrant la porte.

« Marius, as-tu entendu une voix étrange il y a un moment ? Le journaliste a dit que beaucoup de personnes l’ont entendu, » avait demandé ma mère en me regardant l’air inquiet.

J’avais levé un sourcil.

« Euh ! Quelle voix ? » Demandai-je en me posant la question si c’était cette voix qui m’avait fait échouer.

« Cette voix a dit quelque chose comme quoi une espèce belliciste va attaquer la planète dans trente ans. » A-t-elle dit.

Maintenant que j’y pense, j’avais entendu quelque chose comme ça, mais est-ce que ça disait vraiment quelque chose de si absurde ?

J’avais répondu d’un petit signe de tête, ne m’en souciant pas trop, mais cela me fit me demander si ce n’était pas une sorte de blague ? Avec toute la technologie que nous avions à la maison, il n’aurait pas été surprenant que quelqu’un ait simplement piraté notre réseau et ait envoyé ce message inquiétant par tous les haut-parleurs.

Ma mère fit une expression troublée après que j’eus répondu. Les nouvelles télévisées ne facilitaient pas non plus les choses, car la confirmation du même message venait du monde entier. Les chaînes d’informations et réseaux sociaux avaient explosé.

« Peut-être que c’est une grande blague ? » Lui dis-je avec un sourire ironique, espérant que ça la calmerait.

« Je ne pense pas que ce soit une blague... » Dit-elle en s’asseyant devant la télé.

J’avais soupiré en secouant la tête.

Donnez-lui un peu de temps. Le coupable de cette farce sera révélé, les choses vont se calmer d’un coup et tout le monde rira en se souvenant de ces moments. C’était ce que je pensais à ce moment.

« La marmite est en train de déborder ! » Ai-je crié en me précipitant afin de remuer la soupe avec la cuillère en bois.

« Merci, Marius ! Je m’en occupe à partir d’ici. » A-t-elle dit.

J’avais soupiré de soulagement et étais retourné dans ma chambre.

« Oh, merde ! Le compteur ! » Je venais de le réaliser en courant vers mon clavier. « Pfiou… à la dernière seconde... » Dis-je en m’asseyant.

Il était temps de commencer une seconde fois le boss final.

***

Chapitre 2 : Kidnappé

Trois jours étaient passés depuis que le monde avait reçu le message inquiétant concernant notre destin, mais personne n’avait encore découvert l’envoyeur. Les fanatiques religieux prenaient cela comme une manière de faire progresser leurs religions à quiconque voulait bien écouter ou non. Même à l’école, les gens agissaient bizarrement. L’un des professeurs ne s’était pas présenté en classe, et certains de mes camarades étaient restés chez eux. Tout le monde s’en fichait ou croyait que cela n’avait rien à voir avec eux. Je faisais partie de ceux qui s’en fichaient.

Étonnamment, les mathématiques restaient un facteur d’ennui. Ce n’était pas comme si j’étais faible en math ou que je détestais le sujet, c’était plutôt à cause de notre professeur. Il s’agissait d’un homme de 60 ans qui parlait à peine et gribouillait constamment des chiffres et des équations sur la table. C’était le véritable : « cœur de la fête ».

Après la fin des cours, j’avais décidé de me rendre au parc avec certains de mes camarades de classe. J’avais rangé mes affaires, et nous étions sur le point de quitter le campus quand tout à coup, il y avait eu ce flash lumineux. J’avais rapidement fermé les yeux et arrêté d’avancer.

Qu’est-ce que c’est ? pensai-je.

Je n’avais aucune idée de ce qui venait de se passer, mais quand je m’étais réveillé, je n’étais plus au Kansas ni en Roumanie d’ailleurs…

Tout ce que je pouvais voir, c’était des centaines si ce n’était des milliers d’autres personnes autour de moi. Ils avaient tous entre 16 et 30 ans, je pouvais le supposer d’après leur apparence. Il y avait ici des hommes et des femmes, même une fille ressemblant à une lycéenne typique.

Est-elle cosplayeuse ? Me demandai-je.

J’avais essayé de bouger et de parler, mais pas un seul muscle ne m’avait obéi. Je ne pouvais que déplacer les yeux et la tête, mais il ne fallut pas longtemps avant que je commence à paniquer.

Oh mon Dieu ! Qu’est-ce qui m’arrive ? Pourquoi ne puis-je pas bouger ? Où suis-je ? Qui sont ces gens ? Qu’est-il arrivé ? Pensai-je alors que la panique m’envahissait.

D’après ce que je pouvais voir, les autres étaient dans le même état que moi, ils ne pouvaient pas bouger. Tout le monde cherchait désespérément une réponse, mais certains étaient simplement en train de regarder vers le ciel. Je n’avais aucune idée de ce qui était si intéressant dans le ciel ou vers le plafond, alors j’avais aussi levé les yeux.

Qu’est-ce que… ça ne peut pas être vrai… pensai-je.

Abasourdi, je regardais ce qui était affiché au-dessus de moi, mais ce n’était pas le plafond d’un entrepôt rempli de néons, mais ce n’était pas le ciel bleu habituel, non, ce que je voyais était un monde. Nous regardions une planète inconnue, un monde mystérieux avec de nombreuses îles avec un océan sans fin. Je n’avais aucune idée de sa taille, mais à en juger par les nuages blancs et les tâches vertes occasionnelles, je pensais que ça ressemblait à la terre.

Un monde étranger ? Un hologramme ? Qu’est-ce ? pensai-je, mais j’avais l’impression de répondre à mes propres questions.

« Test ! Test ! Est-ce que cette chose fonctionne ? Eh bien, ce n’est pas comme si j’utilisais un micro ou quelque chose comme ça ! » La même voix que nous avions tous entendue il y a trois jours avait attiré notre attention.

Tout le monde avait regardé en direction de la voix. Nous avions vu un nuage blanc flottant et un être fait de pure lumière se tenant dessus. Cette entité étant en faîte un géant d’au moins 10 fois la taille d’une personne. Il n’avait pas de visage, de vêtement ou d’autres caractéristiques particulières. Il s’agissait juste d’un mélange de lumière jaune et d’éclairs sous la forme d’un être humanoïde.

« Très bien alors ! Je suis sûr que vous pouvez tous m’entendre ! Pour commencer, je suis un être semblable à un Dieu. Aux fanatiques religieux parmi vous, pas un Dieu, pas Dieu, mais un être semblable ! Ce qui signifie que je suis très puissant, je sais beaucoup de choses, et pour vous, simples mortels, je pourrai être votre soi-disant Dieu. Quoi qu’il en soit, en continuant les présentations, je suis sûr que la plupart d’entre vous ne sont pas intéressés par mon histoire, mais plutôt par la raison de votre présence ici et de ce qui va vous arriver à partir de maintenant ! » avait dit l’entité, puis avait créé une sorte d’écran géant holographique dans le ciel. Là-dessus, la Terre était affichée vue depuis l’espace. « Vous avez tous reconnu cette belle perle bleue, non ? Pour ceux d’entre vous qui n’ont aucune idée de ce qu’ils regardent, voici la Terre, la planète sur laquelle vous viviez jusqu’à maintenant. Donc, la dernière fois, je vous ai dit qu’une espèce extraterrestre puissante s’approchait de la Terre et la conquérait bientôt. Eh bien, comme les choses sont, beaucoup d’espèces avancées ont estimé que vous, singes glabres, méritiez une chance d’évoluer ! » L’image changea en une carte politique de la Terre actuellement. « Vous êtes assez désordonné, malheureusement. Dooonc beaucoup d’états… Bordel ! Quoi qu’il en soit, le Conseil Galactique a demandé mon aide afin de résoudre votre petit problème ! Et j’ai dit, pourquoi pas ?! » Il avait ensuite ri, et la carte se changea en une version de la carte politique dans le futur jusqu’à l’année 0AD. « Alors je suis retourné dans le passé et ai donné à l’humanité d’innombrables épreuves ! Ils étaient plusieurs à découvrir de nouvelles technologies, à conquérir, à trouver de différents saints et prophètes, etc. ! » Quand il l’avait dit, la carte changea pour montrer diverses figures importantes du passé ainsi que leurs influences sur la carte. De puissants dirigeants et personnalités religieuses importantes avaient été affichés. Il semblerait que cette entité avait joué dans d’innombrables moments décisifs de notre histoire.

Alors qu’il parlait des nombreuses épreuves qu’il avait imposées aux humains et à quel point nous nous détruisions lors de la Seconde Guerre mondiale et même après la première utilisation de l’arme atomique. J’avais regardé autour de moi afin de voir comment les autres réagissaient. Pour ma part, j’étais plutôt calme et détendu alors que je devrais paniquer comme un poulet en face d’un renard. C’était étrange, mais c’était peut-être grâce à l’aura apaisante de cette entité. Peu importe où je regardais, personne ne tournait la tête pour chercher une issue ou un sauveur. Ils étaient tous calmes et détendus.

« Maintenant que j’en ai fini avec la leçon d’histoire, je crois qu’il est temps pour moi d’expliquer votre rôle dans tout ça ! » annonça-t-il.

Mon instinct me disait que je n’allais pas apprécier ce que j’allais entendre.

« Vous allez tous être sacrifiés à un dragon mangeur d’homme afin de sauver 10 % de la population de la Terre ! » Avait-il annoncé.

Que vient-il de dire ? Me suis-je demandé en le regardant horrifier. Nous devions être quoi ? Nononon ! Cela doit être une sorte d’erreur ! Que veut-il dire par sacrifier ? Serons-nous jetés dans un volcan ? Mangé ? Tué sur un autel ?

Les pensées de notre destin imminent avaient surgi dans mon esprit et la panique s’était à nouveau installée en moi. Je ne pouvais bouger, je ne pouvais fuir, seulement déplacé ma tête et mes yeux. Tout le monde se regardait avec de la peur dans les yeux, essayant désespérément de s’enfuir. Pendant ce temps, celui qui se proclamait une entité semblable à Dieu nous regardait comme de petits moutons sans défense envoyés à la boucherie.

« Je plaisante ! Je plaisante ! Haaa ~ ! J’ai toujours voulu faire ça ! » Dit-il alors qu’il se mit à rire très fortement depuis son nuage.

Une blague ? Qui blague sur cela ?! Je voulais crier, mais mes lèvres restaient scellées, et je ne pouvais que lui jeter un regard noir.

« Eh bien ! Il est temps pour s’occuper de la véritable affaire ! » Il avait dit cela, puis avait changé l’écran en une vision de la Terre. « Alors que vous êtes tous ici, vos amis à la maison vont essayer de réparer les choses à leur manière. Cela signifie soit qu’un pays conquiert plus de 70 % de la planète. La deuxième solution est de créer un gouvernement mondial dans lequel plus de 120 pays doivent être représentés de la même manière, » avait déclaré l’entité.

Alors, pourquoi sommes-nous ici ? Voulais-je demander.

« Oh ? Je peux déjà sentir que certains d’entre vous réalisent que cette tâche est impossible ! Actuellement, certains de vos pays se sont déjà déclaré la guerre et ont commencé à attaquer, mais bon ! Pas comme si je m’en inquiétais ! » Dit-il en haussant les épaules nonchalamment.

Je n’avais pas besoin d’être un génie en politique pour comprendre ce qu’une guerre pouvait signifier sur Terre, surtout avec l’arsenal nucléaire à leur disposition. Je ne pouvais qu’espérer la sécurité de ma famille…

« Pour vous tous... Eh bien, vous êtes environ 10 millions et tous ont été triés sur le volet par moi ! Vous allez me divertir ainsi que les Dieux du monde que vous voyez là-bas en agissant comme des héros ou des méchants, selon ce que vous choisirez de devenir ! Pour le dire franchement, chacun de vous deviendra le personnage de sa propre histoire ! Si au moment où le dernier d’entre vous mourra, ce monde est devenu meilleur grâce à votre influence, alors la Terre sera épargnée par l’invasion. Sinon, eh bien… j’espère que vos amis et votre famille ont acheté le guide pour les nuls sur comment vivre sous le règne d’envahisseur. » Il avait expliqué cela et nous avait ensuite montré le livre comme s’il en faisait la publicité. « Je l’ai moi-même écrit ! Il y a même des images drôles, quelques pages en couleurs, des graphiques, vous savez… Les bases. »

Il a réellement écrit un tel livre ?! Est-ce qu’il s’attend à ce que nous échouions ? Eh bien, techniquement parlant, il pouvait voir l’avenir alors… pensai-je en baissant les yeux, puis je réalisais quelque chose. Le restant de nos vies ? Alors, nous allons vivre… et mourir là-bas ?

« La partie ennuyeuse est finie, maintenant la partie amusante ! COMPÉTENCES ! POINTS DE STATS ! ETTTTTT NIVEAUX ! » Cria-t-il au point que mes oreilles sonnèrent.

Niveau ? Me demandai-je en regardant confusément l’entité.

***

Chapitre 3 : Une erreur pour un joueur

Je n’étais pas le seul à être confus face aux paroles de l’entité, j’en étais certain. Cependant, la raison pour laquelle je croyais cela était que je me considérais comme un humain normal. En tant que tel, on serait confus et apeuré dans une situation aussi absurde. Compte tenu de ce que l’entité avait dit plus tôt, il y avait une grande chance pour que des personnes ne connaissant pas internet soient ici parmi ces 10 millions de personnes. Ils étaient probablement les plus confus d’entre nous tous.

Si ce que l’entité avait dit était vrai, alors peut-être que le petit nombre d’entre nous jouant avait un avantage spécial dans cette situation.

« Alors, la moitié d’entre vous ne comprend pas de quoi je parle… En tout cas, je vais vous aider un peu avec ça ! Menu de statut ! » Cria-t-il et immédiatement après ça, un écran de statut typique était apparu devant moi et chacun d’entre nous.

Cela ressemblait à une sorte d’interface holographique complète avec des boutons, des icônes et toutes sortes de choses écrites. Voir quelque chose comme cela m’avait surpris, mais ce qui était le plus surprenant, c’était mes statistiques niveau 1 :

Nom : Inconnu

Espèce : Humain

Niveau : 1

Force : 9

Vitesse : 8

Dextérité : 11

Magie : 10

Chance : 2

Excellence magique : 1 %

Compétences : Aucunes

Points de compétences : 1

Points de statut : 100

Chance 2 ? Eh bien… cela explique BEAUCOUP de choses… Pensai-je en réfléchissant aux événements malheureux s’étant passé dans ma vie, cependant, j’avais supplié que cela soit différent dans un jeu. Pour une raison quelconque, j’étais plutôt chanceux là-bas, ou peut-être que ma compréhension de chanceux était imparfaite dès le départ.

En arrêtant de regarder mon statut pour regarder les autres à côté de moi, j’avais vu quelques personnes regarder cela bizarrement.

Ils ne sont pas habitués à cela, n’est-ce pas ? Me suis-je demandé. J’avais ensuite regardé vers le seul point de compétence.

« Tout le monde comprend ? » Demande l’entité semblable à Dieu.

Personne n’avait répondu. Nous ne pouvions pas bouger nos lèvres, mais certains avaient probablement essayé de crier.

« Bien ! Bien ! Maintenant, je vais vous accorder votre première compétence ! Héros ! » Déclara-t-il.

Immédiatement, un message avait surgi devant mes yeux avec les détails de la compétence.

Héros : Compétence passive permettant à l’utilisateur de gagner 10 points de statut et 1 point de compétence à chaque niveau, ce qui permet la montée de puissance et l’avancement physique de la personne sans avoir besoin de s’entraîner.

10 ? Mais j’en ai 100… M’étais-je demandé, mais l’entité avait répondu peu après à mon interrogation.

« Monter de niveau est assez facile dans ce monde ! Fondamentalement, tout ce que vous avez à faire est de tuer des choses seul ou en groupe. Bien sûr, comme cela arrive sur Terre, en utilisant constamment une compétence ou en vous entraînant avec diligence, vous pourrez l’aiguiser, en d’autres termes, l’améliorer. Ceci est possible UNIQUEMENT pour certaines compétences ! Avec le temps, vous comprendrez. Oh, et des choses comme les niveaux ne sont pas disponibles que pour vous. Le reste des habitants de ce monde l’ont aussi, mais ils ne le voient pas. Eh bien, je ne vais pas entrer dans les détails, vous verrez de quoi je parle une fois là-bas ! Maintenant, commençons ! » Avait-il déclaré après avoir expliqué quelque chose d’incroyablement absurde.

Donc, comme il l’a dit… C’est comme un jeu, un VRMMORPG en quelque sorte… Pensai-je en jetant un autre coup d’œil à mon statut. Les statistiques incroyablement basses me faisaient un peu peur. Si c’est comme un jeu, alors… je suis probablement trop faible, même pour me battre contre des monstres de niveau 1…

« Comme vous l’avez probablement remarqué, vous avez 100 points de statut au lieu de 10. C’est mon second cadeau ! Vous pouvez utiliser les points maintenant, mais faites attention ! Si vous ne le faites pas avant que je ne compte jusqu’à 10, ils vont disparaître ! Pour les utiliser, il suffit de penser à quelque chose sur telle ligne, comme ajouter tant de points dans telle statistique. Par exemple : ajouter 2 points dans la vitesse ! » Expliqua-t-il et pendant qu’il disait cela deux points étaient ajoutés à ma vitesse, maintenant j’en avais 10. « Bon ! Maintenant, placer le reste ! Prêt ? Go ! » Cria-t-il.

J’ai besoin de réfléchir vite ! Voyons… Voyons voir… La force ? Non... L’agilité ? Non… Pensai-je en regardant mes statistiques principales.

« Le temps passe » nous pressa l’entité.

Je sais ! Avais-je envie de crier. Ajouter… heu… heu…

Mon esprit bloquait. En tant que joueur, je ne pouvais pas prendre une décision aussi imprudente. Je ne savais pas quel type d’équipement j’allais recevoir au début. Si j’avais une arme de mage et que j’avais beaucoup de force, mes dégâts seraient inutiles. Ajouter en magie aurait le même effet. Les mages étaient puissants dans tous les RPG, mais ils étaient peu résistants, et je ne voulais pas devenir de la nourriture pour des gobelins ou des slimes.

« 5 ! » Annonça l’entité.

Bordel ! Ajouter 98 points à… à…

« 4 ! »

« 3 »

Ajouter 98 points à la chance ! criai-je dans mon esprit.

« 2… 1 ! »

J’avais entendu un ding puis j’avais eu le message suivant : la chance maximale a été atteinte.

Super… J’ai fait l’erreur, la pire possible ! 100 Chances ? Sérieusement !? Je gémissais et criais dans mon esprit. J’aurais dû mettre 50 points en force et 48 en vitesse, ou mettre la chance à 10 quelque chose comme ça, qui était la valeur par défaut habituelle, puis ajouter le reste à magie ou quelque chose comme ça.

15 chances, 30 magies, 10 excellences magiques, 30 forces, 30 vitesses et 26 en dextérité. Cela semble vraiment équilibré… Pourquoi je n’ai pas fait ça ? Pourquoi ? Stupide cerveau ! Pourquoi ? Me demandai-je en regardant ma fenêtre de statut ridicule :

Nom : Inconnu

Espèce : Humain

Niveau : 1

Force : 9

Vitesse : 10

Dextérité : 11

Magie : 10

Chance : 100

Excellence magique : 1 %

Compétences : Aucunes

Points de compétences : 1

Points de statut : 0

Je vais mourir au premier monstre… Je peux le sentir. Me dis-je.

« Bien ! » Cria l’entité.

Pas bien du tout ! ai-je crié dans mon esprit, mais j’ai immédiatement réalisé qu’il ne me parlait pas.

« Vous avez tous choisi des statistiques plutôt équilibrées, laissez-moi maintenant vous parler de la beauté de votre point de compétence unique ! Dans votre fenêtre de compétence, vous avez un tas de compétence puissante ! Unique en leur genre ! Choisissez-en une et gardez-là ! » Nous avait-il dit.

Peut-être que je ne vais pas foirer celui-là ? M’étais-je demandé en ouvrant la fenêtre. Et bordel, il y a beaucoup de compétences là.

L’utilisation de la fenêtre était simple, je devais juste dire dans mon esprit « vers le haut » ou « vers le bas » et la fenêtre bougeait. Pendant que je faisais défiler les compétences, l’une d’elles attira mon attention, Dompteur de Dragon.

Un moment plus tôt, j’étais en train de jouer avec des dragons, mais je devais les tuer, pas les apprivoiser. Cela m’avait rendu un peu curieux. L’entité avait déclaré que ces compétences étaient uniques dans leur genre. Ainsi, croyant que je n’avais rien à perdre, j’avais ouvert les détails de cette compétence.

Choisir Dompteur de Dragon. Montre-moi les détails de cette compétence. Avais-je pensé, et la fenêtre avait montré les détails de cette compétence :

Dompteur de Dragon : Compétence passive de type buff. Lorsqu’un héros développe une relation amicale ou intime avec un dragon, cette compétence permettra la création d’un lien spécial entre les deux. Le lien est indestructible par toutes autres compétences à moins que le héros ne souhaite que le lien soit détruit. Le héros gagne 25 % des statistiques du dragon, et le dragon gagne la capacité de monte 2 fois plus rapidement de niveau en présence du héros.

Cela semble intéressant, mais ce n’est pas une compétence que je choisirai pour commencer. Voyons voir ce qu’il y a d’autre... Pensai-je en revenant à la fenêtre précédente, j’y avais seulement vu la compétence de Dompteur de Dragon qui y était affiché. J’avais pâli.

« Tout le monde a choisi sa compétence ! C’est parfait ! Au fait, ne vous plaignez pas de votre compétence. C’est votre destin qui vous a conduit à cette compétence, alors faites face ! » Déclara l’entité égoïste.

Je voulais juste regarder les détails, pas la choisir ! Je voulais crier, mais je ne pouvais le faire.

Les choses devenaient sérieuses. Non seulement j’avais gaspillé mon seul point de compétence, mais j’avais aussi gaspillé tous mes points de statistiques. J’étais fichu ! J’allais finir par me faire tuer par un slime et me faire ressusciter en diablotin ! J’en étais certain.

« Vous avez votre première compétence, vous avez vos statistiques, et avec cela, je vous souhaite de vous amuser et que vos choix sauvent ou condamnent la planète Terre ! Au fait, j’ai fait en sorte que vous puissiez arriver dans une zone amicale de niveau parfait pour vos statistiques et compétences choisies ! Donc, ne vous inquiétez pas de l’atterrissage dans le Royaume des Dragons ou quelque chose comme ça. Oh, et restez loin d’Albeyater ! Au revoir, héros de la Terre ! Hahaha ! » Rit l’entité alors que tout autour de moi les personnes commençaient à disparaître dans une lumière blanche.

Cruel… pensai-je.

Un peu plus tard, je m’étais retrouvé sur quelque chose de sombre et poilu. Je pouvais bouger, et je pouvais enfin parler. Je n’étais pas sur terre, mais sur la planète que j’avais vue plus tôt.

« Statut. » Avais-je dit, et le menu était apparu devant moi.

C’est réellement arrivé… Arg… J’avais gémi et, agacé, j’avais frappé la chose poilue aussi forte que possible.

Attends… poilu ? Je clignais des yeux surpris.

« Grrr ! » J’entendis un grognement, et son propriétaire ne semblait pas très heureux.

En déglutissant, je m’étais retourné et avais vu ce petit chien, pas grand, mesurant à peine 6 m de hauteur avec une gueule munie de dents acérées comme des rasoirs.

100 de chances, mon cul ! avais-je grogné dans mon esprit.

***

Chapitre 4 : Seryanna

J’entendis un grondement sourd et bruyant derrière moi. Une paire de dents acérées essayait de mordre ma chair succulente au moment où je me baissais sous un arbre. Il n’en restait que des éclats tandis que je continuais à courir à travers la forêt dense.

Qu’est-ce que je faisais exactement ?

Je courrais pour ma vie aussi vite que mes jambes me le permettaient.

Apparemment, j’étais tellement chanceux que j’avais fini par tomber sur le dos d’un énorme chien à quatre têtes qui pouvait faire des souffles de feu, d’eau, d’éclair et envoyer de puissantes attaques de vent. Sa fourrure noire, ses dents acérées et ses grands yeux rouges le rendaient féroce et incroyablement dangereux. Des branches et de vieux arbres abattus étaient pulvérisés sous ses puissantes pattes ornées de dangereuses griffes noires. Quant à moi, je ne savais pas comme j’étais encore en vie, mais tant que mes jambes étaient intactes et que je pouvais courir, je ferai de mon mieux pour m’éloigner de cette chose.

Honnêtement parlant, je me sentais comme un personnage de niveau 1 face au boss de fin de jeu. Normalement, je devrais déjà être mort, mais ma chance me tenait probablement en vie parce que l’énorme chien qui grognait derrière moi continuait à manquer ses attaques. Dans un jeu, cela avait du sens si vous possédiez une forte esquive, mais en réalité, vous esquivez une fois, deux fois, mais ensuite cela devient ridicule, surtout quand votre adversaire est un faible petit humain.

« Quelqu’un, sauvez-moi ! » Criai-je désespérément en sautant par dessus un tronc d’arbre.

Lors de l’atterrissage, mon pied avait glissé et tout mon corps était tombé de l’autre côté.

« Hein ? »

J’étais tombé et avais roulé sur une pente raide. Comme il y avait des branches basses et des buissons devant moi, j’avais réussi à diriger mon corps. Même en essayant de m’arrêter en attrapant une branche ou tout autre objet sur mon chemin, je n’étais pas capable de le faire. Dans tous les cas, je ne m’étais pas cogné la tête sur l’un des innombrables rochers répartis sur la pente. La même chose s’appliquait également aux arbres autour de moi.

Quand j’avais fini de tomber, je m’étais finalement arrêté, mais je l’avais fait en tombant sur quelqu’un.

« KYA! » cria l’autre personne.

Outch… J’avais gémi et avais senti le monde entier trembler et tourbillonner autour de moi.

Ma tête me faisait mal et tout mon corps était douloureux. Je n’avais que quelques coupures et ecchymoses désagréables, mais il n’y avait rien exigeant de voir un docteur. Cependant, si je continuais à tomber sur des monstres comme ça, il y avait de fortes chances pour que je meure avant la fin de la journée.

Même si c’était dur et douloureux, j’avais essayé de me lever et de m’éclaircir l’esprit. Cet énorme monstre était toujours là, peut-être juste derrière moi. Je devais fuir, mais quand j’avais ouvert les yeux, j’avais réalisé que je n’étais pas seul.

Elle avait de beaux yeux bruns foncés captivants et charmants. De longs cheveux roux et noirs se trouvaient derrière elle, qui s’étalaient parce qu’elle était couchée sur le sol. Ses traits étaient au niveau d’une actrice populaire ou peut-être un modèle, et de toute façon, ils étaient très attrayants. En dépit de son apparence, elle portait une cotte de mailles grise, mais contrairement à celles que j’avais vues dans beaucoup de jeux et d’animés, celle-ci était de type pratique. Tout son corps était protégé, et la partie au niveau de la poitrine ne laissait pas de place aux fantasmes.

Elle est… magnifique… pensai-je alors que j’étais hypnotisé par ses yeux.

« Éloigne-toi de moi. » Dit-elle calmement, mais son poing serré m’indiquait une attaque si je ne faisais pas comme elle le disait.

« Pardon ! Je… Euh… eurgg ! » mon estomac avait finalement révélé sa vraie et laide forme.

Tous ces mouvements en descendant la pente avaient confondu mon oreille interne ainsi que mon estomac. Je m’étais précipité à gauche à quatre pattes et avais lâché la délicieuse soupe au poulet que j’avais mangé ce matin-là. C’était inesthétique, mais pas comme si je pouvais y faire quelque chose.

C’est... Honteux. Pensai-je en m’essuyant avec la main afin d’enlever mon propre vomi.

« Est-ce que ça va ? » Me demanda-t-elle après qu’elle se soit levée et ait dépoussiéré son armure.

Elle était calme, et ne semblait pas dérangée par mon apparence disgracieuse.

« Je pense… Il y avait un énorme chien noir à quatre têtes. J’ai couru, puis suis tombé et ai roulé sur cette pente… Euh, je pense que je l’ai semé. » Ai-je dit, puis en baissant les yeux, j’ai ajouté : « Je suis désolé, je ne voulais pas vous tomber dessus. »

Son expression n’avait pas changé quand j’avais expliqué ma situation. Bien sûr, je voulais laisser de côté la question de savoir comment j’avais réussi à arriver ici.

« Excuses acceptées. Mais s’il te plaît, couvre ton vomi de terre, sinon, cela attirera des monstres. Passe une bonne journée. » Dit-elle avant de s’éloigner.

Attends, quoi ? Pensai-je en le regardant partir si calmement.

Je voulais lui courir après, mais j’avais le sentiment que ce n’était pas une bonne idée de ne pas suivre ses conseils, alors j’avais rapidement couvert les restes de mon repas.

« Attendez ! » Ai-je crié après elle.

Elle ne marchait pas trop vite, mais le moment où je m’étais trop approchée d’elle, elle dégaina son épée et la pointa vers mon cou. Je m’étais arrêté et avais levé les mains comme un criminel face à la police.

« Pourquoi me suis-tu ? » Demanda-t-elle avec un air sérieux.

« Hein ? Non, je suis… vous voyez, je ne sais pas comment je suis arrivé dans cette forêt ! Je ne suis qu’un pathétique humain ! J’ai besoin d’aide, et vous avez mentionné plus tôt quelque chose à propos des monstres. S’il y a plusieurs de ces chiens de plus de six mètres de haut, je ne veux pas finir comme leur déjeuner ! » M’étais-je expliqué en prenant un ton humble.

J’avais appris à un moment donné qu’il valait mieux faire preuve d’humilité et de modestie envers quelqu’un qui pourrait être plus fort ou un allié possible. Être amical, serviable et gentil permettait ensuite d’approfondir la relation, et il était hautement improbable que cette personne ne vous aide pas. La même chose s’appliquait encore mieux lorsque vous étiez fort, mais ensuite, vous deviez vous assurer de ne pas en profiter.

« Humain ? Non, ça ne peut... » Dit-elle en secouant la tête.

« Euh, pourquoi ? » ai-je demandé.

« Nous sommes actuellement dans la forêt Séculiar sur le continent-dragon, au milieu du Royaume Dragon d’Albeyater ! Il n’y a pas d’humains ici ! Et il est impossible pour une espèce si faible de survivre ici ! » Expliqua-t-elle.

« Quoi ? Mais n’êtes-vous pas humaine ? » Demandai-je un peu confus.

Autant que je puisse le voir, elle n’avait pas de queue, pas d’ailes, de seins gigantesques, d’yeux fendus ou de langues fourchues. Elle ressemblait à un chevalier humain ou a une guerrière.

En fronçant les sourcils, elle avait approché le bout de son épée vers mon cou, me faisant tressaillir.

« Ne m’insulte pas ! Je suis une fière dragonne, pas une humaine ! » Déclara-t-elle avec colère.

S’il vous plaît, ne me tuez pas. Ai-je dit dans mon esprit.

Elle ferma les yeux et prit une profonde inspiration. Après s’être calmée, elle retira son épée et la rangea dans son fourreau.

« Disons que je te crois. Disons que tu es… humain. Pourquoi es-tu ici ? Comment es-tu arrivé ici ? » Demanda-t-elle en me regardant droit dans les yeux.

À ce moment, j’avais dégluti et je savais qu’au moindre mensonge, je finirais par être jeté ou directement envoyé vers ce chien. Elle était aussi sur ses gardes, sa main sur la poignée de son épée, elle était prête à la dégainé au moindre danger.

« Une entité puissante m’a kidnappé de chez moi et m’a laissé au milieu de cette forêt. Je n’ai rien pu y faire, et je ne sais vraiment pas comment retourner chez moi... » Lui ai-je dit, même si j’avais évité les passages importants, techniquement, je ne mentais pas.

La dragonne me regarda un long moment, réfléchissant si je mentais ou non. Les chances étaient qu’elle méditait sur comment elle allait m’embrocher. Dans les deux cas, je tremblais, et j’étais littéralement en train de suer en ayant peur pour ma vie. C’était la première fois que quelqu’un me menaçait ainsi, les Européens n’étaient pas célèbres pour porter des épées, effrayant les personnes comme ça.

Sur tous les endroits où atterrir, il a fallu que j’arrive dans l’endroit le plus dangereux qu’on m’avait conseillé de ne pas m’approcher ! pensai-je en déglutissant.

« Bien, tu peux me suivre, mais attention, je me dirige plus profondément dans la forêt ! Si nous sommes attaqués par un grand groupe de monstres, je ne serai pas responsable de ta mort. En outre, je suis actuellement à la recherche d’un certain champignon avec une tête rouge foncé qui ne pousse que proche d’un nid de griffon. C’est ce qu’on appelle un champignon sanglant, donc, si tu en vois, fais-le-moi savoir immédiatement. Cela étant dit, humain, veux-tu toujours me suivre ? » Demanda-t-elle sérieusement.

J’avais dégluti.

Voyons voir… ne pas la suivre, et je finis comme un jouet pour chien. La suivre et je pourrai devenir un jouet pour chien. D’un autre côté, elle est une dragonne ou prétend en être une. Le fait qu’elle soit seule dans cette effrayante forêt signifie qu’elle est assez confiante dans sa force pour y entrer et sortir sans perdre un membre ? Hmm… pensai-je en pesant le pour et le contre.

Cependant, en y pensant, la réponse m’était claire. J’étais plus en sécurité avec elle que de rester seul dans l’une des forêts les plus dangereuses du continent.

« Je vais vous suivre ! Je garderai les yeux ouverts pour un champignon à tête rouge ! » Lui répondis-je d’un hochement de tête.

« Hmm, bien ! Je m’appelle Seryanna Draketerus, une chevalière récemment promue ! » Déclara-t-elle en posant la main sur sa poitrine comme un soldat.

« Un plaisir de vous rencontrer, euh... Sir Seryanna, je m’appelle Alkelios Yatagai. » Dis-je avec un sourire.

Hein ? Qu’est-ce que je viens de dire ? Mon nom n’est pas Alkelios Yatagai, c’est… qu’est-ce que c’était encore ? Euh… Je l’ai oublié ? Est-ce une autre condition afin de venir dans ce monde ? Tout oublier des technologies et tout ? Non… Je me souviens encore d’autre chose comme la technologie et l’histoire… Alors pourquoi ? J’y avais réfléchi jusqu’à ce que je me souvienne de ce qu’il y avait d’écrit sur ma fenêtre à côté de mon nom ! Cette stupide entité semblable à Dieu a même changé mon nom ! J’ai crié frustré dans mon esprit.

Eh bien, cela ne change plus rien maintenant. Mon prochain objectif était de sortir de cette forêt en toute sécurité. Si je pouvais contacter les autres de mon monde, et peut-être faire un groupe avec eux, je m’étais dit que cela m’aiderait beaucoup, mais pourrais-je leur faire confiance ?

Pour l’instant, mon seul membre de groupe était la dragonne devant moi… qui n’était plus là.

« Ah, attendez ! » avais-je crié en me dépêchant de la suivre.

Ainsi, j’avais commencé mon aventure en tant que héros de niveau 1 à travers la forêt la plus dangereuse.

***

Chapitre 5 : Trop faible, pour le moment ?

La personne marchant devant moi, la dragonne guerrière du nom de Seryanna Draketerus, était vraiment effrayante ! Il y avait autour d’elle cette étrange et puissante aura, le type qui nous disait de rester à l’écart, ou bien vous finiriez comme de la viande hachée prête à être servie à un redoutable monstre. Cela m’avait fait peur et m’avait fait dresser mes cheveux. Si je pouvais la comparer avec quelque chose, c’était peut-être comme si j’étais au milieu d’une cage avec de la lave alors que des centaines d’assassins étaient prêts à me sauter dessus. Leurs lames étaient sûres de tailler votre chair fragile, mais toutes sortes de poisons et toxines vous garderaient en vie assez longtemps pour éprouver toute la douleur atroce de leur torture à vous offrir. Bien sûr, vous seriez au courant de tout cela avant même que cela n’arrive. Eh bien, ce genre de peur et de sentiment de danger était ce que je ressentais en ce moment. Quant à savoir pourquoi j’étais dans ce genre de situation, c’était assez simple.

Afin que nous ne soyons pas attaqués par des bêtes dangereuses plus faibles qu’elle, Seryanna relâchait une puissante aura menaçante autour d’elle. Cela faisait le travail, mais malheureusement, cela effrayait même les petites créatures qui pourraient devenir notre dîner, comme les lapins.

Quand j’avais ressenti pour la première fois cette aura redoutable, j’avais tremblé comme une souris prise au piège dans une salle remplie de chats affamés, mais au fil du temps, je m’y étais habitué. Finalement, mon corps et mon esprit avaient commencé en quelque sorte à ignorer cette pression, mais me focaliser sur le fait de m’y habituer pourrait avoir un rapport avec mon adaptation à sa présence.

« Encore combien de temps avant que nous n’atteignions cet endroit ? » Ai-je demandé à un moment tout en tenant mon estomac pour l’empêcher de grogner.

Cela faisait quelques heures que nous nous étions rencontrés. Mon estomac était vide et mes pieds me faisaient mal. Je ne portais pas mes vêtements modernes et confortables, mais des vêtements typiques du niveau 1. J’avais une veste de cuir, une paire de chaussures en cuir, une chemise en lin et un pantalon simple tenu par une corde, ce qui faisait que le voyage était un vrai cauchemar. Dans tous les cas, je ne m’en plaignais pas tant. Quant à savoir pourquoi je portais de tels vêtements, eh bien, ils étaient les éléments de bases avec lesquelles j’étais arrivé dans ce monde.

En ce qui concernait mes compétences, les 100 de chances m’avaient permis d’éviter les rochers pointus juste à temps. Avec ces types de chaussures, marcher dessus risquait de faire mal !

« Demain. Pour le moment, garde tes yeux ouverts pour toutes plantes étranges. Je m’occuperai de n’importe quel monstre nous attaquant. » Répondit-elle avec une expression stoïque sur le visage.

« Je vais essayer... » Dis-je, mais j’étais plus inquiet de l’endroit ou je marchais que des monstres qui voudraient me sauter dessus pour me faire un câlin avec ses griffes acérées et mortelles.

En parlant de plantes, j’avais pu en voir quelques-unes de spéciales. Elles avaient toutes sortes de feuilles et de pétales tordus, d’étrange forme, et la plupart ressemblaient à des plantes d’un écrivain fantastique. Bien sûr, je n’en reconnaissais aucune, et Seryanna passait devant elles sans le moindre souci. Je ne pouvais que supposer qu’elles soient communes, ou plutôt, qu’elles ne l’intéressaient pas.

Les détails qu’elle avait mentionnés au sujet du champignon me rappelaient un poison souvent utilisé dans les jeux, je pense que son nom était amanite. Mais cette chose avait des taches blanches sur la tête. Celui que cherchait Seryanna était entièrement rouge.

Quand nous avions atteint une petite rivière, j’étais sur le point de m’approcher pour boire de cette eau cristalline, mais elle m’avait arrêté. Ramassant un petit caillou, elle le jeta dans l’eau et un énorme serpent à la peau parfaitement camouflée s’éloigna. Je m’étais presque sali en voyant cette créature rampante.

« Comment allons-nous… hein ? » Lui demandai-je, mais elle m’avait offert la réponse en se dirigeant vers un arbre qui faisait office de pont.

Malheureusement, il n’était pas proche de nous. Cette chose était à une demi-heure de marche. Nous pouvions le voir de loin, car il était énorme, presque six mètres de diamètre et assez longs pour s’étendre sur les deux rives de la rivière.

Pour monter dessus, Seryanna n’avait besoin de faire qu’un saut, mais j’étais un humain. Il n’y avait aucun moyen de sauter aussi haut, je ne pouvais même pas faire un dunk. Voyant cela, elle avait claqué la langue et m’avait aidé en me saisissant littéralement par le cou et en me jetant là-haut comme un sac de pommes de terre. Je devais admettre que cette femme avait une sacrée force.

« Si tu vois des yeux à la surface, esquive. » Me dit-elle en traversant.

Je prêtais attention à mon environnement, mais je souhaitais qu’aucun de ces monstres ne vienne.

« Dites, quelle est la force des monstres ici ? » Avais-je demandé après avoir traversé la rivière en toute sécurité.

« C’est bizarre… Je n’ai jamais traversé cette rivière sans avoir au moins été attaqué une fois... » dit-elle en regardant derrière, ignorant ma question.

« Peut-être sommes-nous juste chanceux ? » Ai-je dit, mais ensuite, je m’étais souvenu de mes 100 de chances. Est-ce que ça pourrait être cela ? Me demandai-je.

Si c’était un RPG classique, et que la chance influait les chances d’être attaqué sur le pont sous forme d’événement, peu importe la chance qu’il fallait pour l’éviter, je ne serai pas abattu par des serpents géants, et d’autres monstres.

Seryanna ne réfléchit pas trop longtemps sur la rivière, car elle était visiblement en retard, et ne voulait pas que nous campions proche de celle-ci.

Combien d’heures y a-t-il dans un jour dans ce monde ? M’étais-je demandé en levant les yeux vers le ciel.

Pour autant que je le sache, la durée d’un jour dépendait strictement de la vitesse de la rotation d’une planète autour de son axe. Compte tenu de la probabilité que ce monde soit semblable à la terre, mais avec une surface plus grande, il y avait une forte probabilité qu’un jour soit plus long que ce à quoi j’étais habitué.

Quand nous nous étions arrêtés à l’endroit où nous devions faire notre camp, j’avais décidé de lui poser la question.

« Sir Seryanna, c’est peut-être une étrange question, mais combien d’heures y a-t-il par jour ? »

Mes options étaient simples : demander, et obtenir une réponse ; ne rien demander, et rester dans le noir. Il y avait aussi la troisième option, commencer à compter les secondes, ce que je préférerais ne pas faire.

« Question étrange… 32 heures. » Répondit-elle.

« Draconique ou humaine ? » Lui avais-je demandé avec scepticisme après avoir entendu la réponse.

Elle avait plissé les yeux en me regardant. Était-ce un avertissement ?

« Les heures sont des heures, elles ne sont ni draconiques ni humaines. »

« Donc, 1 heure dure 60 minutes, et 1 minute dure 60 secondes ? » Ai-je encore demandé, en testant un peu ma chance.

« Oui. Cela a toujours été comme cela depuis que Chronos a offert le temps à notre monde. » A-t-elle expliqué.

« Chronos ? Comme le père de Zeus ? » Demandai-je, en me demandant si la mythologie grecque s’étendait en quelque sorte à ce monde.

« Quoi ? » demanda-t-elle en plissant les yeux et en fronçant les sourcils.

« Est-ce faux ? » Avais-je demandé.

Elle hocha la tête. « Chronos est le dieu primordial du temps. Zeus est le dieu de la foudre et de la virilité. Cronos est le père de Zeus. Mais en effet, certains groupes primitifs croient toujours Chronos, le dieu est le même que Cronos, le titan, pour ne pas mentionner le fait que Cronos est un monstre barbare qui a mangé ses propres enfants. Mais assez avec cela. Nous allons faire le camp ici, et continuer notre voyage demain. Le soleil ne sera pas levé avant 12 heures, donc tu peux te reposer en premier. » M’avait-elle dit cela ainsi, puis elle avait commencé à installer le camp.

« D’accord. Désolé d’avoir demandé quelque chose de stupide... » Lui dis-je.

« Ce n’est pas important. Les humains ne sont pas connus pour leur intelligence ou leur gentillesse envers ceux qui leur sont différents. » Avait-elle durement déclaré.

D’une certaine manière, j’avais l’impression que ma mission ici ne sera pas très facile, surtout si les humains étaient en effets tels qu’elle les décrivait. D’un autre côté, je sais maintenant que cette planète est bien plus grande que la terre, et qu’elle partage des parties de notre mythologie. Est-ce à cause de cet être semblable à Dieu qui nous avait envoyés ici ou est-ce que ces dieux ont réellement existé ? Je réfléchis en m’écartant et la regardant rassembler des pierres pour un petit foyer.

En parlant de cela, je n’avais pas vu Seryanna porter de sac à dos. Autant que je m’en souvienne, pendant la période médiévale, les gens ne parcouraient pas une forêt sans rien. Quelque chose pour faire un feu était une nécessité, de même qu’une couverture pour de longues nuits froides. En y réfléchissant attentivement, cette planète avait des nuits et des jours plus longs que sur Terre, il était donc très peu probable que les gens voyagent sans préparations.

« Au lieu de rester là comme un roc, peux-tu aller chercher du bois pour le feu ? » Me dit-elle.

« Oh ? Oui, bien sûr… juste des branches sèches et des bâtons, n’est-ce pas ? » Demandai-je.

Levant un sourcil, elle me jeta un regard étrange. J’avais peut-être dit quelque chose d’étrange, mais elle n’ajouta rien, elle avait juste secoué la tête et était retournée ramasser des pierres.

Avec un soupir, j’avais commencé à regarder autour. La première chose que j’avais faite était de prendre un bâton et de commencer à fouiner. La dernière chose que je voulais s’était d’être mordue par un serpent dans un monde où un anti-venin serait compliqué à trouver.

Eh bien, j’ai 100 de chances, peut-être que rien ne m’arrivera ? Oh, comme je souhaite que ça en soit ainsi ! ai-je pensé en commençant à ramasser des bâtons et des branches cassées.

En regardant autour, j’avais repéré une plante intéressant. Elle avait la forme d’une dionée attrape-mouche bleue, mais elle ne paraissait pas dangereuse. Au début, j’avais pensé à la ramasser, mais mon instinct m’avertit d’un piège possible. Je m’étais arrêté et l’avais simplement regardé de loin. En levant mon bâton, je l’avais poussé, mais aucun gaz n’en était sortie ou autre joyeuseté. Il n’y avait pas de vignes mouvantes, et la feuille supérieure de la plante ne bougeait pas non plus. La curiosité me piquait d’aller le récupérer, mais mon instinct de joueur me hurlait : c’est un PIÈGE !

Je vais la laisser là et en parler à Seryanna… Pensai-je en continuant de chercher du bois.

Quand j’étais retourné au camp avec du bois plein les bras, j’avais été confronté à une scène surprenante. La chevalière se tenait à côté du feu, mais son armure était posée à côté d’elle. Elle portait quelque chose de semblable à une épaisse chemise de soie en dessous, et je devais dire que ces gros ballons n’étaient pas là quand je l’avais vue pour la première fois. L’armure cachait bien son potentiel érotique. Comme une note, elle était assise sur une chaise et derrière elle, je pouvais voir deux tentes de camping pour dormir. À côté de celles-ci se trouvait un simple bâton avec un cristal bleu. Pour ce qu’elle faisait, elle découpait la viande de ce qui semblait être une araignée géante.

« Erm… Est-ce ça ? Et tout ça ? » Demandai-je en restant aussi loin de la chose morte que possible.

« Oh ? Tu es de retour ? Tu n’as pas rencontré d’araignées, n’est-ce pas ? On m’a attaqué dès ton départ, je l’ai tué et ai réussi à repousser le reste. » Dit-elle en levant la tête et essuyant la sueur de son front. De petites perles coulaient autour de son cou et dans son décolleté légèrement exposé, tandis que ses longs cheveux roux étaient attachés en une queue de cheval.

J’avais dégluti.

« Oui… j’ai ramassé du bois, et que voulez-vous dire par araignées ? » demandai-je en inclinant la tête vers la gauche.

« Cette partie de la forêt est infestée par ces araignées géantes. Je suis surprise que tu aies eu le courage d’aller si profondément dans la forêt. » Expliqua-t-elle en montrant la carcasse à côté d’elle.

« Heu… Infestée ? » Demandai-je, surpris.

Je n’avais même pas vu un insecte là-bas, encore moins une araignée géante.

« Oui, mais si tu as un cristal de protection comme celui-là ou une fleur de Cupula à portée de main, ça devrait aller. » Me dit-elle.

« Je n’en avais pas… Attends, vous me dites que je me suis aventuré dans une forêt remplie d’araignées géantes ? Pourquoi ne m’avez-vous pas averti ? » Lui avais-je demandé alors que je plaçais le bois à côté d’elle, essayant de mon mieux d’éviter les pattes velues de l’araignée.

« J’étais occupée. D’ailleurs, je ne t’ai pas dit d’aller ainsi dans la forêt. Si tu avais cherché autour du camp, ça aurait suffi, mais je pensais que si tu rencontrais une araignée, tu finirais par courir et crier. » Me dit-elle calmement.

« Heu.. Mais.. pff... » J’avais essayé de dire quelque chose, mais je ne trouvai aucun contre-argument.

Elle avait en quelque sorte raison, et elle n’avait pas besoin de porter mon poids, d’autant plus que je n’étais d’aucune utilité au combat.

En parlant de fleurs… pensai-je en me souvenant de l’étrange dionée attrape-mouche bleu.

« Heu, est-ce que la fleur Cupula ressemble à quelque chose comme ça, mais en bleue ? » Demandai-je en faisant un simple dessin sur le sol.

« Hm ? Oui. Comment sais-tu à quoi ça ressemble ? » demanda-t-elle en haussant un sourcil.

« Il y en a une là-bas. Peut-être est-ce la raison pour laquelle je n’ai pas été attaqué ? » Demandai-je.

« Absolument. Tu as vraiment de la chance. Demain matin, je vais aller la chercher. » Me dit-elle avant de recommencer à découper la viande d’araignée.

Je m’assis de l’autre côté et j’essayai d’éviter que mes yeux ne restent fixés sur sa poitrine en mouvement tandis qu’elle utilisait le couteau pour découper le monstre. Au début, je me demandais ce qu’elle allait en faire, mais une fois qu’elle avait allumé le feu, j’avais compris que c’était pour notre repas. Cela avait un peu le goût du poulet, la viande n’était pas trop dure, mais j’avais besoin de plus mâcher que d’habitude.

Alors que je profitais de mon repas, de la viande d’araignée sur un bâton, j’avais remarqué quelque chose de particulier. Seryanna ne portait pas de sac, mais la quantité d’objets m’entourant, allant du sceptre étrange aux tentes, me semblaient un peu étranges.

Où a-t-elle caché tout ça ? Me demandai-je avant que mes yeux ne se dirigent vers son décolleté.

En secouant ma tête, je me débarrassai des pensées perverses et décidai de simplement le lui demander.

« Heu, je viens de remarquer, mais d’où viennent toutes ces choses ? »

« Hm ? De mon sac à main. » Répondit-elle calmement en attisant le feu.

« Sac à main ? » Avais-je demandé, et à ce moment, je m’étais souvenu d’un vieil adage : Le sac à main d’une femme est comme un abîme sans fin rempli de plus de choses que vous ne pussiez compter ou porter.

Bien sûr, cela était toujours utilisé comme blague, parce que les hommes ne pouvaient rien trouver à l’intérieur même si leur vie en dépendait. Il y avait deux choses que les hommes de la Terre craignaient le plus : perdre les clés de sa voiture dans le sac à main de leur femme et la perte de la télécommande de la télévision lorsqu’un jeu allait commencer. En tant que joueur, ce que je craignais le plus était une perte de connexion internet ou une panne de courant. Encore une fois, j’avais 18 ans et dans ma dernière année de lycée. Les clés de la voiture dans le sac à main de ma femme étaient le cadet de mes soucis. J’avais des examens à préparer pour mon avenir, malheureusement, je ne passerai aucun de ceux-ci après avoir été jeté dans un monde fantastique.

« Ceci. » Elle avait soulevé un petit anneau avec une pierre rouge attachée.

« C’est un sac à main ? » Ai-je demandé en levant un sourcil.

« Quoi ? Non, c’est juste une bague. Le sort “Sac à main” est lancé dessus. » Expliqua-t-elle.

« Sac à main ? Pourquoi pas Boîte à objet ? » avais-je demandé en pensant aux inventaires de jeux.

« Parce que le sort est sur un anneau et non une boîte. » Expliqua-t-elle comme si c’était quelque chose de normal.

J’avais renoncé à essayer de comprendre le pourquoi du sort et avais décidé de simplement l’accepter comme ce qu’il était : un moyen pratique de transporter des objets.

Alors que le ciel s’assombrissait et que la lumière de notre feu devenait forte, je commençai à repenser à ma famille. Je me demandais ce qu’ils faisaient en ce moment et à comment ils avaient réagi face à ma soudaine disparition. Avec un long soupir, je levai les yeux vers les branches d’arbres, pensant pouvoir regarder le ciel, mais je ne pouvais rien y voir du tout. Tout était caché derrière d’innombrables couches de feuilles et de branches. C’était normal, j’étais au milieu d’une forêt.

« Sir Seryanna... » Ai-je dit.

« Quoi ? » Demanda-t-elle de l’autre côté du feu.

« Pensez-vous que je puisse survivre dans ce monde ? » Lui ai-je demandé.

Elle était restée silencieuse un long moment.

« Tu es trop faible... » Répondit-elle.

C’était une réponse décourageante, surtout quand elle venait de quelqu’un comme elle, mais je n’allais pas laisser tomber. Tant que j’aurai cette compétence de Dompteur de Dragon et mes 100 de chances, il y avait peut-être de l’espoir pour moi. Et c’était ainsi que s’était terminé mon premier jour dans ce monde étrange.

***

Chapitre 6 : Champignons sanglants

En ouvrant lentement les yeux, je m’étais étiré et avais forcé mon corps à se réveiller. Mon esprit était un peu confus quant à l’endroit où j’étais, mais les souvenirs des jours précédents revinrent lentement, et je me souvenais que je n’étais plus sur terre.

Avec un lourd soupir, je me levai et grattai l’arrière de ma tête. Je bâillai un peu et remarquai qu’il faisait encore nuit dehors.

Oh ouais… longues nuits. Je m’étais souvenu de ce que Seryanna m’avait dit concernant la durée des jours et des nuits de ce monde.

Une chose était sûre cependant, même si le lit n’était pas si confortable, j’avais assez bien dormi. Honnêtement parlant, je m’attendais à me réveiller au milieu de la nuit au son d’une certaine dragonne rousse combattant des araignées noires géantes. Seryanna ne mentionna rien au sujet de se réveiller après quelques heures pour que je fasse mon tour de garde, probablement parce que j’étais trop faible en ce moment pour pouvoir l’aider. Si quelque chose nous attaquait, je finirais probablement par mourir avant d’atteindre sa tente pour la réveiller.

Alors que je sortais, j’avais trouvé la dragonne qui regardait le feu en tenant son épée. La façon dont ses seins étaient en ce moment visible lui donnait un air tentant, et cela chatouillait mon imagination, cependant, si je disais un seul mot, et qu’elle découvrait que j’avais de telles pensées envers elle, j’étais sûr de mourir.

« Bonjour, Seryanna, » avais-je dit avec un sourire.

Elle m’avait immédiatement fixé du regard.

Ai-je dit quelque chose de mal ? M’étais-je demandé.

« C’est Sire Seryanna. » M’avait-elle corrigé.

« Oh ! Désolé ! Mes excuses, milady, » avais-je dit en m’inclinant un peu.

« Tes excuses sont acceptées, mais ne laisse pas cela se reproduire. Je ne suis ni ton amie ni ton amante pour être ainsi appelée par mon nom, » rétorqua-t-elle.

Achaaaa ! C’est comme avec les Japonais, non ? Si vous êtes un étranger, en particulier d’un autre pays, vous devez toujours utiliser les honorifiques pour vous adresser aux autres. Je pense que le « san » est pour le général « chan » et « kun » pour les amis féminins ou masculins, et « sama » pour quelqu’un que l’on tient en haute estime, comme un patron. L’utilisation d’aucun honorifique signifie qu’une relation étroite entre les deux existe du genre amis proches ou intimes, et cela ne peut être fait que si l’autre y consent. Il me semble qu’il y avait aussi une règle concernant les prénoms et les noms de famille. Un ami peut aussi utiliser le prénom, mais le nom de famille suivi d’un honorifique est le standard entre collègues de travail ou pour une personne récemment rencontrée. Peut-être devrais-je lui demander au cas où ? pensais-je en prenant place sur la chaise placée de l’autre côté du feu.

« Sire Seryanna, est-ce que je peux vous appeler par votre prénom, ou devrais-je vous appeler Sire Draketerus ? Je ne sais pas quelle est la manière appropriée et respectueuse de le faire, » demandai-je d’un ton humble.

Elle me regarda un moment puis baissa les yeux vers le feu.

« Sire Seryanna va bien. Draketerus est mon nom de famille, mais si tu y ajoutes le Sire, alors cela peut être vu comme une offense à moins d’être prononcé par un membre de la royauté, » expliqua-t-elle calmement.

« Merci. Je garderai cela à l’esprit, » avais-je dit avant de rester silencieux.

Nous avions ainsi attendu le lever du jour. Une autre heure passa, pour autant que je le sache, c’était une folie absolue de traverser la forêt de nuit avec un petit groupe comme le nôtre, cependant, jusqu’à présent, aucun monstre ne semblait nous avoir attaqués. Le cristal de protection était soit très bon, soit ma chance était derrière cela.

Finalement, quand le soleil paresseux apparut, elle avait tout rangé, me montrant à quel point elle pouvait tout ranger facilement dans son sac à main. Tout ce qu’elle avait à faire était de pointer la bague vers l’objet désiré puis de chanter rapidement quelque chose. À la fin du chant, elle disait le nom de l’objet qu’elle voulait placer dans son sac. Malheureusement, je n’étais pas capable de me souvenir du chant, peu importe le nombre de fois qu’elle l’utilisait. Pour moi, cela semblait plutôt compliqué, mais quand je lui avais posé la question, elle avait nié une telle chose, déclarant que même les enfants pouvaient l’utiliser. Cela m’avait seulement amené à la conclusion que la compétence héros avait peut-être quelque à voir avec ça ou que c’était lié à cette interface de jeu que j’utilisais.

« Nous devrions être capables d’atteindre la région du griffon aujourd’hui, » avait-elle annoncé une heure après notre départ du campement.

« Je vois. Sery… Sire Seryanna, faites-vous souvent ce voyage ? » lui avais-je demandé, vu qu’elle semblait plutôt familière avec la forêt et le chemin vers le nid du griffon.

« Oui. Une fois par semaine, » me répondit-elle.

Après avoir réussi à franchir un arbre assez grand qu’elle passa avec aise, je lui avais demandé : « Pourquoi ces champignons sont-ils si importants ? »

Elle s’arrêta net et me regarda.

Après un moment, elle m’avait dit d’une voix calme, mais grave. « Ils sont un ingrédient nécessaire pour le traitement de mon grand-père. »

« Oh… Mais ne devriez-vous pas pouvoir en acheter à une pharmacie ? » demandai-je bêtement.

Fronçant les sourcils, elle m’avait regardé et avait demandé. « Pharmacie, qu’est-ce que c’est ? »

« Euh… euh… Drug store ? Herboriste ? Vendeur de potions ? Quelque chose comme une combinaison de ces trois-là ? » avais-je répondu en essayant de me souvenir de quelques anciens noms utilisés pour la boutique moderne où vous pourriez obtenir la plupart des traitements dont vous auriez besoin.

« Non... » Elle secoua la tête. « Mon grand-père vit dans une petite ville qui est loin de villes ayant de vendeurs de plantes ou de la capitale. Si je le pouvais, je l’aurai directement acheté là-bas, » m’avait-elle répondu.

« Donc, chaque semaine, vous passez quatre à cinq jours juste pour chercher ce champignon ? » demandai-je.

« Oui… Je n’en ai jamais trouvé plus d’un ou deux exemplaires. Comme je l’ai dit, c’est assez rare d’en trouver, » elle baissa la tête et ferma les yeux un instant. « Nous devrions continuer..., » déclara-t-elle en rouvrant les yeux.

« D’accord, » j’avais hoché la tête et avais essayé de rester près d’elle, car elle marchait vite.

Je me demande si ce produit est quelque chose comme une panacée que je voyais souvent dans les jeux… Soupire, ce serait bien de la trouver, alors elle n’aurait pas besoin de faire ce long voyage chaque semaine. Pourtant, je dois admettre… Je suis impressionné. Entre quatre et cinq jours par semaine, elle voyage dans une forêt dangereuse dans le seul but de trouver un champignon pouvant aider son grand-père malade. J’espère que nous allons en trouver plus de deux… Ce serait bien, mais quelles sont les chances que cela se produise ? pensais-je en essayant de la suivre.

Peu de temps après ça, je m’étais retrouvé devant un gros rocher. Bien sûr, elle sauta directement, mais je n’avais pas le choix de grimper ou le contourner. J’avais choisi ce dernier. En marchant prudemment, j’avais choisi le chemin de gauche.

« Je fais le tour ! » lui avais-je dit, espérant qu’elle ne me laisse pas derrière.

« Les humains sont trop faibles… Tu devrais être capable de sauter par-dessus quelque chose d’aussi petit, » fut sa réponse avec un claquement de langue.

Hey, cela fait presque trois mètres de haut ! Que suis-je ? Un kangourou ? Voulais-je rétorquer. Mais j’avais simplement laissé échapper un soupir et acceptais simplement le fait qu’elle soit une dragonne et que j’étais un petit humain.

Après avoir passé le rocher, j’avais remarqué quelque chose derrière l’arbre juste à côté de Seryanna. C’était une belle fleur jaune captivante avec une lueur étrange. Les pétales supérieurs formaient de petites cloches à l’envers, et celles en dessous avaient une forme de spirale avec une ligne blanche au milieu. C’était si beau, que l’on pourrait le regarder pendant des heures sans s’ennuyer, mais d’où Seryanna se tenait, elle lui était complètement invisible. En fait, j’irai jusqu’à dire qu’à moins de prendre le même chemin que moi il était impossible de la trouver.

Étrange... pensai-je en m’approchant pour mieux la voir.

Seryanna m’avait regardé m’éloigner du chemin et en fronçant les sourcils s’approchèrent de moi.

« Un problème ? » Demanda-t-elle.

« Regardez ! » avais-je dit en pointant la fleur.

Tournant la tête, elle plissa les yeux et chercha. Quand elle avait repéré la plante, elle avait été surprise et avait hoqueté. À partir de cette seule réaction, je pouvais dire que c’était une plante précieuse.

« C’est une plante très rare… Je ne connais pas son nom, mais je l’ai vu une fois en herboristerie… elle coûtait environ 20 pièces d’or. » M’avait-elle dit.

« Alors, c’est précieux ? » Demandai-je, feignant de ne pas savoir.

« Oui, tout à fait, » répondit-elle en faisant un petit signe de tête.

Hm, Cha-Ching ? C’est un Cha-Ching, n’est-ce pas ? Oui ! Cha-Ching ! Je souriais intérieurement. Avec cette seule fleur, je peux avoir un bon départ dans ce monde, mais la pensée suivante m’avait frappé. Riche et faible équivalent à être une proie facile pour les voleurs et bandits. Je ferais mieux de ne pas devenir trop gourmand sinon je finirai comme nourriture pour les dragons. Pensai-je en avalant ma salive.

« Devrions-nous la prendre ? » demandai-je.

« Si tu le souhaites, » me déclara-t-elle.

« Hein ? Si je le souhaite ? » avais-je demandé en clignant des yeux, surpris.

« Tu es celui l’ayant trouvée. Elle est à toi, » elle se redressa et hocha une fois la tête pour réaffirmer qu’elle avait pris une sage décision.

« Mais… vous êtes celle me traînant, moi, un fardeau dans cette forêt dangereuse, » dis-je rapidement.

« En effet, tu es faible, et je pourrais dire que cette fleur est mienne, mais ce qui t’appartient t’appartient. Je suis une dragonne honorable, pas une humaine ! » affirma-t-elle.

Ça fait mal… pensai-je en sentant sa haine.

« Très bien… Mais, s’il s’avère que vous avez besoin de cette plante, je vous la donnerai comme paiement pour avoir pris soin de moi, d’accord ? » avais-je demandé.

« Très bien. Je ne vais pas refuser. » m’avait-elle dit.

Avec un sourire, l’affaire avait été réglée et tout ce qu’il restait à faire était de récupérer la fleur. C’était elle qui s’en était occupée, mais elle m’avait laissé la porter. Au lieu de la couper à la racine, nous avions aussi récupéré celle-ci pour nous assurer qu’elle ne flétrirait pas avant notre retour.

Ainsi, j’avais gagné mon premier objet, une fleur valant au moins 20 pièces d’or draconiennes. Le caillou entre mes orteils ne comptait pas…

Je me sentais un peu bizarre en portant un pot dans mes mains, mais Seryanna avait résolu le problème en me prêtant un sac à dos. Au début, j’avais demandé à utiliser son sac à main, mais elle avait refusé, disant que les plantes magiques ne devaient jamais être transportées dans des anneaux ordinaires. Pour transporter des plantes, je devais avoir un anneau spécial avec le sort Sac de l’herboriste. La différence entre les deux était que ce dernier ne pouvait transporter que des plantes et des graines. Il avait également la propriété particulière de garder les plantes en sécurité et en bonne santé en permettant à l’utilisateur d’utiliser sa propre magie pour les nourrir.

Nous avions poursuivi notre voyage pendant encore trois heures, mais à ce moment-là, Seryanna avait dû faire un arrêt-toilette, alors elle m’avait fait attendre au milieu de nulle part jusqu’à ce qu’elle eut fini. J’étais un peu plus grossier et avais utilisé le premier buisson que j’avais trouvé. J’avais instantanément senti le manque de papier toilette doux à ma disposition. Les grandes feuilles rugueuses n’étaient pas très agréables à utiliser.

Pendant que j’attendais, j’avais commencé à penser à ma famille et à ce qu’ils pouvaient faire. Cela n’avait pas duré une journée, et ma maison me manquait déjà, mon lit moelleux, même les cris de ma mère. Mon père devait probablement appeler tous les postes de police du pays à moins que l’entité n’ait pas oublié de les prévenir. C’était un peu difficile d’accepter de ne plus jamais pouvoir les revoir. Je me demandais s’il y avait peut-être un sort spécial que je pourrai utiliser à un moment donné. Pourtant, si je me faisais des amis et que je trouvais quelqu’un que j’aimais ici, est-ce que j’essaierais de revenir ? C’était une question qui ne cessait de me déranger et qui le ferait encore longtemps.

Je dois arrêter de penser à ça pour le moment… Pensai-je en poussant un soupir. Ce serait mauvais si quelque chose venait à m’attaquer alors que j’étais distrait… hm, ce serait mauvais, mais je me demande à quel point je suis fort par rapport à ces monstres… mêmes les plus faibles d’entre eux. J’aimerais aussi savoir si les attaques de Seryanna me rapportent de l’expérience, mais jusqu’ici, nous n’avons pas encore rencontré de petites créatures. Peut-être était-ce grâce à la présence menaçante de Seryanna ? Je peux à peine la ressentir maintenant. Peut-être que je m’y suis habitué. En parlant de cela, sommes-nous considérés comme un groupe ? Ah ! Je ferai mieux d’arrêter tout de suite ce genre de pensées inutiles et de garder mes yeux et oreilles grandes ouvertes afin que rien ne me saute dessus ! Je secouai la tête et me redressai légèrement.

Seryanna revint quand elle eut fini et continua à marcher devant moi sans dire un mot. Je ne croyais pas que cela aurait été un bon moment pour faire la moindre chose, alors avec le pot dans mon sac et ma bouche fermée, je l’avais suivie.

Pendant une heure, le paysage n’avait pas beaucoup changé. Le même type de roches, le même type de grands arbres et le même type de mousse que ceux trouvé dans la forêt amazonienne, mais environ dix fois plus robuste. Cependant, il n’y avait aucun signe de vie sauvage, et pas même ces énormes araignées qui infestaient la forêt selon Seryanna. Je commençais à me demander si l’infestée qu’elle voulait dire était une araignée pour dix kilomètres carrés.

« Grrr ! » Un grondement venant de derrière moi put être entendu.

J’avais dégluti puis m’étais lentement retourné.

« Euh… Ser… Seryanna ? » avais-je appelé.

En face de moi se tenait un loup noir de trois mètres de haut avec des dents noires tranchantes et menaçantes. Des yeux rouges perçants m’avertissant que je ne pourrais jamais fuir son regard. De forts muscles et de puissantes pattes se terminant par des griffes noires me faisant comprendre que je ne pouvais gagner. Sa fourrure noire était faite de fins fils métalliques brillants et cela m’annonçait que j’étais complètement incapable de le vaincre.

« GRRR ! » La bête haussa le son de son grondement.

J’étais tombé sur mes fesses. J’étais figé de peur, et mon corps ne réagissait pas à l’envie de fuir de mon cerveau. Un seul mouvement, un seul bond était tout ce qu’il lui fallait pour me réduire en pièces.

« Ser. Seryanna… Aidez-moi..., » réussis-je à hurler. Mais j’avais l’impression que je pouvais à peine parler et que la seule chose que je faisais était de chuchoter.

M’a-t-elle entendu ? Et si elle ne m’avait pas entendu ? Seryanna ! AIDEZ-MOI ! Criai-je dans ma tête, mais mes lèvres bougeaient à peine.

« GRRRRR ! »

La bête ouvrit ses mâchoires, me montrant ses dents noires et sa langue rouge vif.

« HYA ! » cria Seryanna en coupant l’air devant le monstre.

Le loup sauta en arrière et laissa échapper un grondement menaçant, mais la dragonne ne tressaillit pas. Elle lança un regard noir à la bête puis se précipita vers elle. Le loup ouvrit ses mâchoires et lança quelque chose vers elle, mais l’attaque manqua sa cible. Les plantes touchées par cette substance présentèrent immédiatement des signes de corrosion et de flétrissement. Chantant quelque chose rapidement, elle pointa sa main vers le loup et une boule de feu d’un diamètre de 5 cm se forma au centre de sa paume. Elle l’avait directement envoyé vers le loup, mais il avait esquivé cette attaque en allant vers la gauche. La boule de feu explosa et, pour éviter la lumière aveuglante, le loup ferma un instant les yeux. Seryanna attendait ce moment précis, et d’un seul coup d’épée, elle coupa le loup en deux à l’endroit où se trouvait son cœur. Il ne put même pas hurler. Les deux moitiés tombèrent sur le sol et se tordirent quelques secondes de plus avant de s’immobiliser dans une mare de sang noir.

« Est-ce que ça va ? » m’avait-elle demandé une fois, mais je n’avais pas répondu. C’était seulement quand elle l’avait fait une seconde fois que j’avais réalisé qu’elle me parlait, et qu’elle était sur le point de me gifler.

« Je vais bien ! S’il vous plaît, ne me frappez pas ! » déclarai-je en levant les mains.

« Hmph ! Il semble donc... je ne m’attendais pas à ce que le regard du loup t’affecte autant. Tu es faible, » m’avait-elle dit en s’éloignant.

Ça faisait mal d’être traité de faible, mais que pouvais-je y faire ? Ma compétence de dompteur de dragon ne me servait à rien tant que je n’avais pas un dragon en tant qu’ami. Jusqu’ici, il semblerait que je me fasse beaucoup d’ennemis, surtout si Seryanna était un modèle de comportement draconien typique quant à son attitude envers les humains.

« Qu-quoi à propos du corps ? Est-ce que nous n’allons pas la récupérer ou quelque chose du genre ? » demandai-je en la suivant.

« C’est un loup pointu corrompu. Sa fourrure est faite d’aiguilles de métal, sa chair est vénéneuse, mais ses griffes et ses dents valent environ deux pièces d’argent chacune, » m’avait-elle dit, mais en regardant derrière, j’avais vu qu’elle avait laissé la bête intacte.

« Alors, est-ce que c’est bon de laisser ça ainsi ? » demandai-je à nouveau.

« Celui-là était un éclaireur faible. Une fois que la meute sentira qu’il a disparu, ils suivront l’odeur. Quand ils le découvriront, ils se régaleront des restes du loup. Si, à notre retour, nous trouvons les dents et les griffes intactes, je les arracherai, » expliqua-t-elle avant de me pousser à marcher un peu plus vite.

Avec un hochement de tête silencieux, je l’avais suivi, mais en y repensant, cela avait du sens. Dans un jeu, vous pouviez immédiatement récupérer le cadavre, mais en réalité, c’était un processus plutôt long et laborieux, et cela n’était pas n’importe qui qui pouvait le faire. En y pensant, peut-être que Seryanna ne savait pas comment récupérer la peau du loup ou acquérir d’autres parties.

En général, les compétences de collecte sont plutôt bien pour gagner quelques pièces en plus. Le combat est habituellement la chose principale, alors peut-être… hm… peut-être que la première chose que j’ai besoin d’apprendre est quelque chose lié à la collecte de matériaux ? L’exploitation minière, la récupération de peau et l’herboristerie devraient être les compétences de bases. Non, je ne peux être confiant dans les noms de la liste, je vais devoir être prudent cette fois-ci. Pour autant que je le sache, cet idiot semblable à un dieu aurait pu le nommer Salade de pommes de terre… Pensai-je en suivant Seryanna sur le chemin vers les mystérieux champignons sanglants.

Par curiosité, j’avais regardé mes statistiques pour voir si le fait d’être proche du loup quand il était mort m’avait donné de l’expérience. Malheureusement, j’étais encore au niveau 1. Rien n’avait évolué.

Pendant une heure ou deux, j’avais continué à prier pour trouver ces champignons plus rapidement, pour qu’ils soient assez nombreux pour satisfaire la dragonne grincheuse, et surtout, qu’aucun monstre ne vienne nous attaquer. Devenir un repas n’était pas sur ma liste des choses à faire dans ce monde. Je voulais sortir de la forêt aussi vite que possible, trouver une ville de bas niveau et puis monter lentement mon niveau.

Hm, si Seryanna devenait mon amie, alors elle pourrait bien vouloir m’aider à monter de niveau. Non ! Je suis sûr que si je lui demande, elle pointera l’épée tranchante sur moi puis s’en ira… Pensai-je en poussant un soupir.

Dix minutes plus tard, je m’étais arrêté dans mes pensées et je lui avais alors demandé. « Hey, Sire Seryanna ? Combien de champignons avez-vous dit que vous trouviez habituellement ? » lui avais-je demandé.

« Un ou deux. Pourquoi ? » me demanda-t-elle alors qu’elle s’arrêtait et me regardait. Je ne la regardais pas, mais une petite clairière teinte en rouge-rang était dans mon champ de vision.

« Je pense en avoir trouvé quelques-uns..., » déclarai-je en désignant la clairière.

De l’autre côté, au pied des grands arbres, des centaines de champignons attendaient qu’on les ramasse. Ils étaient entourés d’os blancs déposés par les griffons depuis leurs nids dans les arbres. Il y en avait beaucoup entourant la petite ouverture, mais il n’y avait aucun signe de bêtes réellement dans notre environnement immédiat. La zone était vide.

« Tu… Tu les as trouvés..., » déclara Seryanna.

En la regardant, j’étais sur le point de dire quelque chose, mais son expression me prit au dépourvu. Des larmes s’étaient formées dans le coin de ses yeux. Son regard s’était adouci, et un sourire apparut enfin sur ses lèvres. La Seryanna en face de moi avait l’air douce, pure, tout à fait différente de la chevalière endurcie par la guerre qu’elle représentait jusqu’à présent. Si j’ose dire, elle m’avait montré un côté plutôt humain.

Badaboum !

Mon cœur avait raté un battement, et j’avais dégluti.

« Tellement… Alkelios, tu en as tellement trouvé… Avec ça, mon grand-père pourra être guéri…, » me déclara-t-elle à travers ses larmes, mais elle ne prit pas la peine de les essuyer. Elle les laissa couler sur ses douces joues et autour de son gentil sourire.

« Oui, mais je n’ai pas fait grand-chose... » déclarai-je. Mais je pouvais sentir mes joues et le bout de mes oreilles rougir à force de la regarder si longtemps.

En détournant les yeux, je secouai la tête et fermai les yeux un instant.

Récupérons-les ensemble, Alkelios ! Ne tombe pas amoureux ! Ne tombe pas amoureux d’elle ! me disais-je.

Sauter aux conclusions et laisser mon cœur se laisser influencer par son charmant sourire et son côté plutôt doux n’était pas quelque chose que je voulais finir par faire. Je devais me rappeler qu’elle était une dragonne qui détestait les humains. Elle avait peut-être accepté ma présence pour l’instant, mais on ne savait pas comment elle se comporterait une fois que nous serions revenus à la civilisation. Je devais garder la tête froide et le cœur déchaîné de ses charmes.

J’avais laissé échapper un soupir puis me retournai. Elle n’était plus là. Elle était déjà partie.

Clignant des yeux de surprise, j’avais d’abord regardé à gauche puis à droite. Je l’avais repérée là-bas, au milieu de la clairière. Avec un air sérieux dans les yeux, elle s’approcha des champignons. La dragonne avait retrouvé son sang-froid.

« Ah ! Attendez ! » avais-je crié en allant après elle.

Nous avions trouvé les champignons. Tout ce qu’il restait à faire à présent était de les ramasser et de retourner dans la ville, vers la civilisation.

***

Chapitre 7 : Amitié

Le champignon sanglant n’était pas classé comme plante magique, donc Seryanna était capable de ramasser et de stocker autant qu’elle en voulait dans son sac à main, cependant, elle n’en prit pas plus de vingt. Beaucoup avaient donc été laissés derrière, mais d’après ce qu’elle m’avait expliqué, cela suffirait pour guérir son grand-père. La maladie dont il souffrait était guérissable, mais si elle était non traitée, elle pouvait être fatale.

J’avais également pris deux de ces champignons dans mon sac, juste au cas où quelque chose arriverait à l’anneau. Bien que Seryanna doutait d’une telle chose, cela s’était déjà produit avant, alors elle ne voulait pas voir une telle expérience se répéter. Quand je lui avais demandé l’histoire complète, elle m’avait simplement regardé en silence. Cela avait dû être plutôt embarrassant pour autant que je puisse le deviner.

Une fois que nous avions fini de ramasser ces champignons, nous avions entendu les griffons annonçant leur retour dans leurs nids. Nous nous étions dépêchés de partir parce que s’ils nous voyaient fouiner dans la zone, ils nous auraient attaqués. Seryanna était confiante dans sa force et ne doutait pas qu’elle puisse les vaincre, mais elle avait besoin que ceux-ci restent en vie afin de lui permettre de se procurer à nouveau de ces champignons.

Environ une heure après avoir quitté la clairière, nous avions pris une petite pause et vérifié l’état des champignons. En voyant, tant d’exemplaires de champignons en sa possession, cela avait fait apparaître un sourire sur les lèvres de la dragonne.

« Sur le chemin du retour… euh… Devrais-je essayer de chercher d’autres plantes que nous pourrions vendre ou utiliser ? » lui avais-je demandé.

Elle fronça les sourcils en y réfléchissant un moment.

« Oui, nous devrions probablement. Hmm, regard pour… » Elle s’arrêta et regarda comme si elle se souvenait de quelque chose d’important. « J’ai oublié de récolter la fleur de Cupula… Rappelle-moi de la récupérer lorsque nous y repasserons, » me déclara-t-elle.

« D’accord. Alors, que dois-je chercher ? » lui avais-je demandé.

« Hm, si tu vois quelque chose d’intéressant, s’il te plaît fais-le-moi savoir. Je ne reconnaîtrais peut-être pas toutes les plantes, mais j’en connaîtrais sûrement une partie. Nous pourrons amener les autres à l’herboristerie de la ville, » elle m’avait expliqué cela.

« Très bien ! » répondis-je avec un sourire.

Une fois la pause terminée, nous avions continué notre voyage à travers la forêt, mais cette fois-ci, c’était pour retourner à la civilisation. Les plantes rassemblées sur le chemin étaient censées être un bonus. Bien sûr, à moins que nous ne réussissions qu’à en ramasser des vénéneuses et inutiles.

En marchant, je m’étais demandé si nous pouvions effectivement trouver de rares plantes en espérant qu’elles ne valent pas autant que la dorée se trouvant dans mon sac. Si je devais choisir, j’aurais voulu trouver quelque chose qui pouvait être facilement vendu pour quelques pièces d’argent ou afin de créer quelques potions. Je n’avais aucune idée du type de potion, mais à en juger par le cristal bleu utilisé par Seryanna afin de repousser les araignées, je devinais que certaines d’entre elles étaient utilisées pour infuser des pierres semi-précieuses et leur offrir des propriétés magiques.

« Je pense avoir trouvé quelque chose ! » avais-je dit à un moment donné quand j’avais vu une fougère vert foncé.

La différence entre elle et les autres fougères était que sa couleur était plus foncée.

« Quoi ? » demanda la dragonne.

« Ça ! » avais-je montré.

Après un coup d’œil rapide, elle l’avait ramassé et l’avait placé dans mon sac à dos.

« Que pensez-vous que ça soit ? » demandai-je.

« Je ne sais pas, mais c’est différent, et tu l’as trouvé, » m’avait-elle dit.

Au moment où nous étions prêts à installer le camp, j’avais trouvé quelques types de champignons, d’autres plantes, y compris une fleur de Cupula et une Rosette. Cette dernière était une minuscule fleur en forme de cloche rouge qui servait pour les potions de soins de haute qualité. C’était intéressant de voir autant de types de plantes avec autant d’utilisations possibles. Honnêtement parlant, je me demandais si l’une d’elles pouvait guérir le cancer ou si les potions pouvaient déjà le faire. Si parmi les 10 millions de personnes un médecin était présent, alors peut-être que cela permettrait de faire des avancées dans la médecine.

Une chose que j’avais trouvé intéressante était le fait que je pouvais rester debout pendant plus de 20 heures sans me sentir fatigué. C’était étrange, mais ce temps-là me donnait l’équivalent de 14 ou 15 heures sur terre, mais en y réfléchissant logiquement, j’avais voyagé assez loin sans me sentir fatigué.

Peut-être est-ce dû à ce semblant de Dieu ? Me demandai-je en aidant Seryanna à installer le campement.

« Est-il normal pour un humain de rester éveillés pendant plus de 20 heures ? » avais-je demandé à la dragonne après que nous nous soyons assis devant le feu.

Elle m’avait regardé pendant un moment et avait ensuite haussé les épaules.

« Je ne sais pas comment les humains fonctionnent. Puisque tu le peux, peut-être ? » m’avait-elle dit avant de sortir de la viande d’araignée pour la cuisiner sur le feu.

« Est-ce vrai… Je suppose que vous n’avez pas croisé beaucoup d’humains à part moi... » dis-je en serrant mes genoux et en regardant les braises à l’intérieur des flammes.

« Tu es le premier, mais j’ai assez souvent entendu parler de ton espèce. Vos chevaliers ne tiennent jamais parole. Vos rois ne pensent pas à leur peuple. Vos nobles asservissent les autres. Vos paysans n’osent jamais agir afin d’améliorer leurs conditions. Vous avez des pirates dans les mers et même des couples infidèles. Vos armées pillent et violent partout où elles passent, » expliqua-t-elle durement en me regardant les yeux plissés.

« Me détestez-vous aussi ? » lui avais-je directement demandé.

Elle n’avait pas répondu, mais je pouvais dire qu’elle réfléchissait à cette question. Je ne correspondais pas exactement à la définition d’un humain.

C’est couler ou nager maintenant, n’est-ce pas ? pensais-je en décidant de faire le premier pas. Je me levai, contournai le feu et m’était assis à côté d’elle.

« Quoi ? » demanda-t-elle en fronçant les sourcils.

Je l’avais regardé droit dans les yeux et avais affiché une expression sérieuse.

« En plus de respirer, ai-je fait quelque chose pour attiser votre haine ? » demandai-je.

Elle cligna des yeux de surprise.

« N-non..., » me répondit-elle en bégayant un peu.

« Alors, vous ne me détestez pas, non ? »

« N-non, mais je ne t’aime pas non plus, » déclara-t telle.

« C’est normal. On se connaît uniquement depuis quelques jours… Je ne suis pas un idiot pour penser que vous tomberiez pour quelqu’un moi ! » secouai-je la tête tout en disant ça.

« Q-quoi ? De quoi parles-tu ? Un dragon ne tombera jamais amoureux d’un humain comme toi ! » déclara-t telle, mais ses joues devenaient un peu rouges.

Est-elle gênée ? pensai-je.

« Pourquoi ? Juste parce que je suis humain ? » avais-je demandé en plissant les yeux vers elle.

« OUI ! » cria-t-elle.

Ça me faisait un peu mal, mais la haine envers mon espèce était normale, surtout si elle agissait comme une bande malhonnête et xénophobe. Même sur terre, les humains se détestaient habituellement pour de simples différences. Cela pouvait être quelque chose comme la couleur était votre peau, où vous travailliez, quelle console vous aimiez, quel Dieu vous priiez, à la fin, une seule différence était nécessaire pour pousser vers une haine totale. Quiconque était plus faible que ce groupe n’oserait s’y opposer par peur d’être visé par la haine ou de paraître mauvais aux yeux des autres.

Si je devais donner un exemple, peut-être était-ce la façon dont les intimidateurs agissaient ? Je n’avais jamais été victime d’intimidation à l’école, mais il y en avait quelques-uns qui me jetaient des regards froids, car je n’aimais pas certains artistes ayant le nom d’un apéritif. Ce n’était pas de ma faute de préférer le heavy métal et le rap.

Eh bien ! Pour revenir à l’histoire, j’étais confronté à un dilemme. Si elle détestait vraiment l’espèce humaine, et la façon dont elle les caractériserait d’un point de vue général, alors je n’avais aucune chance de me faire des amis à moins que je ne prouve que je n’étais pas comme ça.

Mais comment ? pensai-je en regardant ses charmants yeux bruns foncer. Mon cœur avait raté un battement, et j’avais serré les poings.

« Je ne le crois pas, » lui avais-je alors dit.

« Quoi ? » demanda-t-elle en fronçant les sourcils.

« Si j’étais un tel parasite, un tel insecte destructeur à vos yeux, si je ne vaux pas la peine de respirer, si je suis ce que vous croyez que je suis, alors..., » je m’étais agenouillé devant elle. « Levez votre épée et tuez-moi ! » criai-je.

Elle tressaillit.

Je vais finir par mourir ! Cerveau stupide ! Tu as regardé trop d’animés ! criai-je dans ma tête, mais j’avais peur de la possibilité de mourir ainsi.

« Te tuer ? Es-tu fou ? » me demanda-t-elle, agacée par l’idée de le faire.

« Peut-être, qui sait ? » j’avais haussé les épaules.

« Je ne vais pas te tuer, sois rassuré ! » avait-elle déclaré en tournant les yeux.

« Alors, vous ne me détestez pas ! » déclarai-je avec un air joyeux présent sur le visage.

« Q-quoi ? Je suppose que oui..., » déclara-t-elle en clignant des yeux en pleine confusion.

« Cela signifie que j’ai encore une chance ! » avais-je dit en faisant un grand sourire.

« Quoi ? Comprends-tu au moins ce que tu dis ? Je suis une dragonne ! Je suis une chevalière ! » déclara-t-elle en saisissant le col de mes vêtements et me lançant un regard noir.

« Et vous êtes également magnifique. Pensez-vous que je me soucie du fait que vous soyez une dragonne ? » lui avais-je demandé en la regardant avec défiance dans les yeux.

Oh, mon Dieu ! S’il te plaît, ne me tue pas ! S’il te plaît, ne me tue pas ! À la réflexion, Dieu, empêche-moi de me salir ! pleurnichais-je dans mon esprit.

Si elle ne me tirait vers le haut et me forçait à rester debout, je serais probablement à genoux à cause de l’aura meurtrière qu’elle émettait. Je me sentais comme un homme à un congrès de beauté qui avait justement dit à toutes les filles présentes qu’elles avaient l’air un peu potelées, ou comme mon père, qui avait un jour commenté la soupe de ma grand-mère alors qu’elle était justement derrière lui.

« GRRRR ! » Elle grognait sérieusement.

« Vous savez, vous avez peut-être raison de dire que la plupart des humains sont ainsi, mais est-ce que quelqu’un sans statut, argent ou pouvoir, un faible comme moi, oserait dire de tels mots à quelqu’un comme vous ? Je n’ai aucun moyen de me battre contre vous et même si je le pouvais, je ne le ferais pas ! Même si j’avais le pouvoir de conquérir des continents, je ne le ferais pas ! Même si nos rôles étaient inversés, je ne me forcerai pas à vous ! Je ne suis pas comme ces humains ! » déclarai-je avec le poing fermé, les yeux rivés droit dans les siens, mais les jambes tremblantes comme s’il n’y avait pas de lendemain.

« GRRR ! » avait-elle grogné à nouveau.

Ha ? Suis-je mort ? Je suis mort… Je suis certain à propos de cela… Pensai-je en pensant à quelque chose d’autre à dire.

« Une relation entre nous n’est pas impossible ! » criai-je en fermant les yeux.

J’avais attendu pour ma fin imminente, mais rien n’était venu.

Suis-je mort ? Me demandai-je.

En ouvrant un œil, j’avais vu Seryanna rougir et baisser les yeux.

Est-elle embarrassée ? pensai-je.

« Toi..., » déclara-t-elle en levant les yeux vers moi. « As-tu une idée de ce que tu dis ? Les humains et les dragons sont des ennemis mortels… je n’ai même jamais entendu parler d’un humain aimant autre chose qu’un elfe, un nain ou peut-être un homme-bête. Mais même ainsi, leurs royaumes et leurs semblables l’interdisent ! » m’avait-elle dit.

« Eh bien, je suis sûr qu’ils sont juste jaloux, » plaisantais-je.

« Grrr ! » elle avait grogné puis m’avait laissé partir.

« Écoutez ! Je ne suis pas un idiot, et je sais qu’une relation amoureuse serait que précipiter les choses…, et d’ailleurs, je ne sais même pas si vous aimez déjà quelqu’un ou non, » avais-je dit en soupirant. Je m’étais gratté la tête et avais continué de parler. « Mon point de vue est que je vous apprécie, je vous trouve attrayante, mais pas encore de manière romantique. J’ai du respect pour vous à cause de votre force, de votre dévouement et de votre honneur. Cela étant dit, je ne pense pas que cela soit mauvais que nous soyons amis, non ? En entendant ce que vous venez de dire à propos des humains, je commence à me demander si cela ne serait pas un meilleur choix de ne pas essayer d’y retourner et de rester ici, vous savez ? Même si c’est le cas, je ne peux pas le faire seul, j’ai besoin de personnes pour m’aider, parce que je suis un idiot par rapport à beaucoup de choses. J’ai besoin d’amis. »

Seryanna m’écouta attentivement et me regarda dans les yeux pour voir si je lui mentais. Elle avait un regard sérieux, mais jusqu’ici, elle n’était pas disposée à bouger son épée. Un seul coup aurait été plus que suffisant pour me couper la tête ou me blesser et me laisser à la merci des monstres de cette forêt.

« Es-tu idiot ? » demanda-t-elle. Puis son expression s’était un peu adoucie. « Peut-être que j’en suis une également, » soupira-t-elle. « Pendant un moment, j’ai pensé que tu allais te confesser..., » elle avait l’air soulagée.

« Ouais, trop tôt pour ça. J’espère toujours que ce soit vous qui vous confessiez, » plaisantais-je en lui faisant un petit sourire.

« Ça n’arrivera jamais ! » Rigola-t-elle.

« Pourtant, je suis content que vous ne soyez plus en colère contre moi ou en train pense à me tuer. »

En levant un sourcil vers moi, elle demanda : « Fou, je suis un peu comme toi en ayant penser à tuer la personne m’ayant aidé à trouver le champignon pour mon grand-père. »

« Oh ! J’ai complètement oublié ça… Je pense que vous les auriez de toute façon trouvés, » lui avais-je dit.

Elle secoua la tête et fit un petit sourire. « Je pense que je suis passée par cet endroit plus de fois que je ne puisse compter, mais je n’ai jamais pensé à chercher là-bas. Tu en as même trouvé tant d’autres herbes. Je ne nie pas le fait que sans toi, je n’aurais pas pu rentrer si vite ! »

« Impossible ! Je suis sûr que c’est juste de la chance que je..., » m’arrêtai-je en clignant des yeux en raison de la surprise.

Est-ce que ça pourrait être… ? réfléchis-je un moment.

« Chance ou pas, ça n’a pas d’importance. Tu étais là, et tu m’as aidé. C’est ce qui compte pour moi. Pour ce qui est de l’autre chose, je n’ai jamais entendu parler d’une faction amicale envers les autres espèces comme toi. Peut-être que ces histoires n’étaient pas arrivées jusqu’à mes oreilles, mais je trouve cela plutôt étrange que tu ne sois pas non plus menaçant. Tu es plus faible qu’un lapin, » rigola-t-elle.

Dans mon esprit, je pensais à un film avec un mignon petit lapin flou avec 20 points de forces qui me vainquait. J’avais le sentiment que c’était tout à fait probable. Et dans ce cas, si un lapin avait en fait le nom d’un vicieux monstre mangeur d’humains ?

« Alors êtes-vous prête à protéger ce petit humain stupide contre le lapin féroce, Sire Seryanna ? » avais-je demandé en m’inclinant un peu.

« Peut-être ? Mais si tu avais l’air d’être un de ces humains stupides dont j’ai entendu parler, je serais celle te pourchassant ! » répondit-elle en souriant.

« Je comprends. Est-ce que ça veut dire que nous pouvons être amis ? » demandai-je en souriant.

« Je ne sais pas, peut-être ? » rigola-t-elle.

Je m’étais levé et m’étais à moitié incliné devant elle, imitant un vrai gentilhomme.

« Sire Seryanna, voulez-vous devenir mon amie ? » demandai-je.

Elle avait souri et avait hoché la tête.

« Oui. »

[DING]

[Vous vous êtes fait un nouvel ami : Seryanna Draketerus]

« Qu-qu’est-ce que c’est ? » demanda-t-elle, surprise.

« De quoi parlez-vous ? » lui demandai-je.

« Ne peux-tu le voir ? » demanda-t-elle en me montrant quelque chose d’invisible devant ses yeux.

Qu’est-ce que ça peut être ? me demandai-je.

« Un message flottant... » m’avait-elle répondu.

« Que dit-il ? » lui avais-je demandé.

« Ah ! Il a disparu, » elle cligna des yeux surpris. « Est-ce une sorte de sort ? » demanda-t-elle.

« Euh ! C’est probablement ma compétence..., » lui répondis-je.

« Je n’ai jamais entendu parler d’une telle compétence, mais cela a dit quelque chose de bizarre. Que je suis ton amie, et que je vais devenir plus forte deux fois plus rapidement. Comment cela peut-il être possible ? » demanda-t-elle, surprise.

« Eh bien ! Ma compétence permet d’aider mes amis à devenir plus forts plus rapidement. Je ne pense pas que cela fonctionne si nous ne nous considérions pas comme telles. Tu peux appeler cela un bonus en raison de notre relation, » lui avais-je dit avec un sourire.

« C’est une capacité très puissante que tu as là..., » dit-elle avec un hochement de tête.

« Oui ! » souriais-je en acquiesçant.

« Alors, cherchais-tu après cela ? » demanda-t-elle en haussant les sourcils.

« En partie ! Mais être ton ami après tout ce que nous avons vécu ne semble pas mauvais ? »

« Tu as une étrange façon de te faire des amis. Un simple “veux-tu devenir mon ami ?” Aurait suffi. La prochaine fois, ne leur demande pas de devenir ta compagne, demande-leur juste ça, » soupira-t-elle.

« Noté ! Mais oui, j’ai juste un peu paniqué… désolé ! » m’étais-je excusé.

« Ce n’est pas nécessaire. J’ai trouvé cela marrant ! Habituellement, les mâles viennent vers moi avec de tels mots seulement quand c’est la saison. Ensuite, ils m’oublient complètement, » me déclara-t-elle en haussant les épaules.

« Je suis un humain, par conséquent, je suis en chaleur toute l’année ! » plaisantai-je.

Elle plissa les yeux et s’éloigna de moi.

« Ne t’inquiète pas, Seryanna, je ne vais pas t’attaquer, mais ne me déteste pas si je tombe amoureux de toi, » avais-je dit en souriant.

Elle avait alors rougi.

« Stupide..., » elle détourna et cligna des yeux de surpris. « Ah ! La viande ! Je l’ai oubliée ! » dit-elle en se précipitant pour sortir la viande du feu.

Après que nous ayons mangé, j’étais allé au lit, mais pas avant de vérifier mes statistiques. Je m’étais souvenu que je devrais avoir gagné 25 % des statistiques de mon amie dragon.

Nom : Alkelios Yatagai

Espèce : Humain

Niveau : 1

Force : 11 +313,5

Vitesse : 10 +247

Dextérité : 11 +251

Magie : 12 +188,5

Chance : 100

Excellence magique : 1 % +6,75 %

Compétences : Montrer O/N

Points de compétences : 0

Points de statistiques : 0

Ma première réaction quand j’avais vu la fenêtre était :

Regardez, j’avais gagné deux points en force et en magie ! Youpi !

Mes statistiques de bases ressemblaient à une blague en comparaison du bonus obtenu de Seryanna, malheureusement, je ne pouvais pas encore voir ses statistiques, mais d’après ce que je pouvais deviner, elles étaient probablement aux valeurs suivantes :

Nom : Seryanna Draketerus

Espèce : Dragon

Niveau : ???

Force : 1254

Vitesse : 988

Dextérité : 1004

Magie : 754

Chance : ???

Excellence magique : 27 %

***

Chapitre 8 : Le chat sorti du sac

Une fois de plus, le matin m’avait accueilli avec un ciel sombre à l’extérieur, mais pour la première fois en deux jours, j’avais ressenti une terrible douleur dans mon corps. Ce n’était pas comme si j’avais été blessé, mais plutôt ce que je pouvais ressentir après une séance à la salle de gym. Mes muscles se réjouissaient quand je bougeais, mais en même temps, ils me maudissaient pour avoir osé bouger. La bonne vieille fièvre musculaire était une sensation paradoxale, qui était plutôt confortable.

Je me levai de mon simple lit, une couverture étalée sur une parcelle d’herbe, puis je rampai hors de la tente et étirais un peu mes bras et jambes. Un sentiment rafraîchissant s’était immédiatement précipité sur moi et avait ensuite été suivi par de la douleur. J’avais alors un peu gémi puis j’avais secoué mes mains et mes jambes, espérant m’en débarrasser, mais cela ne cessa pas.

Ce n’était pas au point où je pouvais me plaindre, mais c’était un peu ennuyeux. Cela avait peut-être quelque chose à voir avec mon augmentation de statistiques ou le fait d’avoir tant marché. Cependant, il n’y avait aucune blessure sur mes pieds, pas de cicatrices ou de cloques comme on pouvait s’y attendre, ce qui rendait cette douleur encore plus étrange.

J’avais décidé d’en parler à Seryanna. Mais rapidement, j’avais remarqué que j’étais seul dans le camp. Il n’y avait aucun signe de la belle dragonne.

En regardant autour de moi, j’avais cligné des yeux surpris en me demandant où elle pouvait être. Un besoin ? Je haussai les épaules et me dirigeai vers le feu. En utilisant un bâton, je l’avais un peu attisé et avais patiemment attendu son retour.

Cinq autres minutes passèrent, et il n’y avait toujours aucun signe d’elle. La pensée qu’elle m’avait abandonnée ici me traversa l’esprit, cependant, son armure, ses gants en cuir, ses protèges bras et ses protègent tibia étaient toujours là. Si elle était partie, il n’y avait aucune raison pour qu’elle laisse son armure ainsi. Ce que j’avais ensuite pensé, c’était que quelque chose pouvait lui être arrivé. Un froid parcourut ma colonne vertébrale pendant que j’y pensais.

Pas possible ! Ça ne peut ! pensai-je en regardant autour et avais appelé. « SERYANNA. »

J’avais attendu… et attendu, mais aucune réponse n’était venue.

En déglutissant, j’avais serré les poings tout en écoutant la zone. J’avais ensuite prié n’importe quel Dieu afin qu’il m’écoute. Je lui demandais de m’aider à la trouver et qu’elle soit saine et sauve. Sans penser une seconde à avoir peur pour ma vie, je m’étais précipité dans la forêt.

« SERYANNA ?! » criai-je à nouveau.

Il n’y avait aucun signe d’elle dans cette direction, alors j’étais allé à gauche. Je ne pouvais pas courir trop loin du cristal, sinon les monstres m’attaqueraient. D’ici là, j’avais oublié la douleur de mes jambes, je voulais juste la trouver saine et sauve.

« SERYANNA ?! » criai-je à nouveau en sautant au-dessus d’une bûche.

Mon pouls continuait à monter tout comme mes peurs. Mes pensées allèrent rapidement dans le côté obscur de mon imagination en pensant à ce qui pouvait lui arriver, et à ce qui pourrait m’arriver si elle était morte ou blessée. Le coup de pouce que j’avais obtenu en devant son ami pouvait être génial, mais ne représentait que 25 % de ses statistiques. Je n’étais pas idiot, je m’étais rendu compte que pour un niveau 1 c’était quelque chose d’incroyable et probablement aucun humain de la terre ne pouvait atteindre ce genre de valeurs sans une autre capacité de triche. Malgré tout, était-ce suffisant pour affronter les monstres se cachant dans cette forêt ? J’en doutais. J’en doutais fort.

« SERYAN… omph! » avais-je crié, en me cognant sur quelque chose.

J’étais tombé et avais atterri sur le sol. Mes mains me faisaient mal pour une raison inconnue, mais il faisait trop sombre pour comprendre ce qu’il se passait. Si je frappais quelque chose de pointu, c’était une bonne chose de courir avec mes mains vers le haut afin de protéger mon visage du danger, mais ma poitrine faisait un peu mal.

« Aïe ! » dis-je en déplaçant ma main sur mon bras.

La couleur avait quitté mes joues en réalisant que j’avais quelque chose de coincé en moi. Quoi que ce soit, cela faisait mal et piquait, j’avais quelque chose de pointu comme une aiguille ou une épine dans ma chair. Le sang coulait de mes plaies fraîches et la prise de conscience que j’avais reçue me traversa l’esprit. J’étais effrayé, terrifié.

« HISS! »

Le son me fit froid dans le dos et me força à lever les yeux. Ce que j’avais vu n’était pas un serpent ou une créature rampante, mais une ombre à huit pattes. Il faisait assez sombre, mais même avec le peu de lumière qu’il y avait, je pouvais dire que c’était une araignée.

C’est une blague ! Je cherchais une belle dragonne et non un monstre à huit pattes d’apparence bizarre ! Hm ? Attends une seconde… ça ne peut pas être ça, non ? pensai-je en déglutissant, j’avais demandé « Seryanna ? Est-ce toi ? »

Le monstre leva les pattes avant. C’était le signe qu’il allait attaquer. Je m’en étais souvenu d’un documentaire que j’avais regardé une fois sur un site de streaming. C’était le premier avertissement que l’araignée donnait. Certains soulevaient même leur corps sur leurs pattes arrière pour paraître plus grands face à un ennemi potentiel.

« HISS! »

« Je suis mort..., » murmurai-je. Et à ce moment précis, je vis une autre ombre qui sautait sur l’araignée, et l’une de ses gigantesques pattes tomba.

L’araignée siffla et attaqua l’autre ombre. J’avais essayé de la suivre, mais elle se déplaçait trop vite. Même avec mes statistiques augmentées ce n’était pas possible, car je n’étais pas encore habitué à contrôler ma nouvelle puissance. Il y avait des moments où j’avais l’impression de reconnaître celui se battant, mais il y avait d’autres moments où je ne voyais rien d’autre qu’un flou. À la fin, la bataille avait été gagnée dans l’obscurité, et c’était seulement plus tard que l’ombre était sortie victorieuse. À ce moment-là, je me tenais là comme un statut, n’osant ni bouger ni crier au secours.

« Vas-tu bien ? » demanda Seryanna de l’ombre.

J’avais cligné des yeux en réalisant que c’était elle. La belle dragonne m’avait encore sauvé.

« Seryanna, merci les cieux ! » avais-je pleuré en sautant vers elle afin de l’étreindre. « Tu es vivante ! Tu es en vie ! J’ai vu que tu étais partie et puis… Je pensais que tu étais morte et cette chose… a sauté…, » dis-je en pressant mon visage contre sa poitrine.

« Alkelios ! Je vais bien, maintenant s’il te plaît… laisse-moi partir ! C’est embarrassant..., » dit-elle en détournant les yeux.

J’avais cligné des yeux de surprise et levais les yeux vers elle.

« Un problème ? » demandai-je.

« Es-tu aveugle ? Je suis..., » essaya-t-elle de dire, mais sa voix était étrange.

Cette obscurité m’empêchait de voir, cependant, je réalisais par le toucher seul ce qu’elle voulait dire. Mes joues ne touchaient pas de tissus, mais la peau. Je n’enlaçais pas une femme légèrement vêtue, mais une femme à moitié nue. Seryanna ne portait pas de haut et avait les cheveux mouillés.

« Hein ? » dis-je en étant surpris, mais je n’avais pas immédiatement reculé.

« Je prenais une douche, puis je t’ai entendu crier comme une petite fille effrayée et je me suis précipitée à ton aide. J’ai vu l’araignée blanche qui en voulait à ta vie, et je l’ai tuée… Maintenant, s’il te plaît… peux-tu me lâcher ? Si tu ne le fais pas, je te frapperai ! » me prévint-elle.

« Ah ! Désolé, c’était un peu trop beau pour t’enlacer comme ça, » dis-je carrément.

« Stupide..., » elle rougit et détourna les yeux. Ou du moins, je pensais qu’elle l’avait fait.

« Ne t’inquiète pas, je peux à peine voir quoi que ce soit ! Et maintenant, je me souviens que je me suis fait planter des aiguilles… Outch ! » avais-je crié quand mon cerveau commença à se rendre compte de la douleur des aiguilles surtout quand je serrai Seryanna.

« Soupir… Laisse-moi finir, et je vais les enlever pour toi. En attendant, va dans cette direction. Tu trouveras le camp, » me dit-elle en me poussant dans la bonne direction.

« Merci..., » dis-je en regardant derrière ?

Elle ne couvrait pas son corps, mais grâce à la lumière et aux ombres, je pouvais à peine voir la beauté de ces trésors. Même ainsi, ça aurait été mauvais si je restais là comme ça, mais je devais admettre qu’elle m’avait vraiment fait peur. Son départ m’avait fait plus peur que cette araignée, mais si je devais deviner pourquoi, c’était probablement parce que j’avais l’impression que nous étions plus proches après avoir été amis. Même si j’étais le plus faible, je m’inquiétais pour elle.

Après mon retour au camp, j’avais réalisé l’horreur de mon état actuel. J’avais des aiguilles blanches, chitineuses, pointues qui sortaient de moi comme les pointes d’un porc-épic. Certains étaient profondément enfoncés dans ma chair. Je craignais la possibilité d’une hémorragie interne, mais il était surprenant que cela fasse si peu mal.

En déglutissant, j’avais attrapé une des aiguilles empalées dans mon côté droit et avais tiré. La douleur aiguë grimpait le long de mes nerfs et bombardait mon cerveau. Je grimaçai et grinçai de dents, mais la lutte n’était pas finie. Il y en avait plus, et je devais toutes les sortir une par une.

Quand tout était fini, mon corps était douloureux à cause de la douleur de mes blessures et de ma fièvre musculaire. Le saignement n’était pas si grave, mais avant que j’aie l’occasion de chercher quelque chose à utiliser comme pansement temporaire, j’avais entendu un bruissement derrière moi.

Me retournant, je vis Seryanna sortir de la sombre forêt, portant derrière elle ce qui ne pouvait qu’être décrit comme une tarentule blanche et géante. Elle était morte, et une substance blanche suintait de ses blessures. Quant à la belle dragonne, avec un seul coup d’œil, elle m’avait fait déglutir. Ses longs cheveux roux étaient trempés. Son corps était humide, ce qui permettait à sa fine tenue de coller à sa peau, traçant parfaitement le contour de sa poitrine. Au lieu d’un soutien-gorge, elle portait un morceau de tissu étroitement enroulé autour de ses seins, les serrant un peu, mais en même temps cachant sa beauté naturelle. Une chose était certaine, je pouvais toujours me souvenir de la douce et agréable sensation de sa peau nue quand je l’avais enlacée. À ce moment-là, il n’y avait pas de tissu pour les cacher, et mon imagination ne pouvait que s’emballer. Je l’avais probablement surprise en train de se baigner

« Tu regardes trop, » me dit-elle en plissant les yeux et couvrant sa poitrine de la main avec laquelle elle tenait son épée.

Je bavais un peu aussi, mais ce n’était que l’instinct naturel de l’homme, je n’y étais pour rien !

« Désolé… Tu es juste… Tu es très belle, » dis-je en me retournant pour cacher mon rougissement.

« Merci..., » dit-elle doucement. Puis elle fit glisser la carcasse de l’araignée près du feu.

Je restais immobile et attendais qu’elle finisse de se couvrir un peu plus, mais ce qu’elle avait fait, c’était de marcher vers moi. Prenant ma main, elle avait commencé à regarder mes blessures et avait jeté un coup d’œil aux aiguilles sur le sol. Pendant ce temps, j’essayais de me concentrer sur autre chose que sa poitrine. Pour quelqu’un de mon âge, j’avais un peu de retenue, mais la seule chose qui m’avait probablement empêché d’agir comme un imbécile était la pensée suivante que je me répétais : ne regarde pas, n’essaie pas. Elle déteste les humains, souviens-toi de ça ! Ne sois pas stupide ! Ne sois pas idiot ! Ne fais pas quelque chose te faisant perdre son amitié ! Si elle part, tu meurs. Si elle te déteste et que l’amitié disparaît, tu perdras les statistiques ! Rappelle-toi : tu es un ami ! Juste dans la zone ami !

« Bois ça, » me dit-elle d’un coup.

En la regardant de nouveau, je la vis tenant une petite bouteille ouverte avec une substance rouge à l’intérieur. Il n’y avait aucun doute à ce sujet, c’était une potion de soin bien connue comme dans un jeu.

Avec un peu d’hésitation, j’avais porté le liquide rouge à mes lèvres et l’avais bue d’un trait. C’était amer ! Les jeux avaient tort ! Les potions n’avaient pas bon goût, elles avaient tellement mauvais goût que j’aurai préféré ne pas avoir de langue !

« Arg… Le goût..., » grognai-je en lui remettant la bouteille.

Les blessures infligées par les aiguilles commencèrent à guérir rapidement. La douleur aussi avait disparu, et par l’apparence des choses, j’allais me sentir mieux dans quelques minutes.

« Bien sûr, ça a mauvais goût, c’est fait avec de l’urine de vache sanglante, » dit-elle.

« Hein ? » je clignais des yeux surpris.

De quoi maintenant ? pensai-je.

« URINE ? » demandai-je en levant un peu le ton de ma voix.

Fronçant les sourcils, elle m’avait regardé comme si je ne comprenais pas ce qui n’allait pas.

« M’as-tu fait boire de l’urine de vache ? » demandai-je, déconcertée. Et je m’étais immédiatement senti mal.

« Oui..., » elle plissa les yeux vers moi. « Attends, pas d’urine, mais pois, » expliqua-t-elle.

« Hein ? » je n’avais pas compris.

Laissant échapper un soupir, elle ouvrit son sac à main et sortit quelque chose de là, c’était une petite graine rouge. Je l’avais curieusement regardée.

« C’est un pois de vache sanglante, » m’avait-elle dit.

« Hein ? Oh ! Pois ! » avais-je dit, puis j’avais ri.

Elle rigolait également et elle avait placé la graine dans son sac à main.

« Tu es drôle. Pourquoi croirais-tu quand même que je te laisserais boire quelque chose d’aussi dégoûtant ? » m’avait-elle demandé en s’asseyant à côté du feu.

Je m’étais assis à côté d’elle, croisant mes jambes et jetant un caillou gênant.

« Les deux semblent semblables à l’oreille, c’est une erreur possible ! » M’étais-je ainsi défendu, mais j’avais dû me demander pourquoi c’était vraiment le cas ? Je pensais en roumain et parlais en roumain, mais la langue qu’elle parait était différente. Techniquement parlant, je n’étais pas censé faire une telle erreur, les deux mots sonnaient complètement différents.

J’avais trouvé ça un peu drôle que j’avais remarqué cela que maintenant.

« Hey, Seryanna, quelle langue parlons-nous ? » lui ai-je demandé.

« Du draconique de l’est, pourquoi ? » répondit-elle en plissant les yeux en me regardant.

« Vraiment ? » avais-je demandé.

« Oui, et je dois dire, que je suis surprise qu’un humain comme toi puisse le parler si bien, c’est pourquoi je ne croyais pas au début que tu sois humain, » expliqua-t-elle.

« Oh, vrai, vrai. Au début, tu n’as pas cru que j’étais humain, » dis-je, alors que je me souvenais de l’incident.

« Effectivement. Tu parles parfaitement le draconien, et ce n’est pas si inhabituel de rencontrer d’autres dragons qui, sous leur forme scellée, ou quand ils sont jeunes dragons ressemblent exactement à des humains. » Expliqua-t-elle.

« Donc, la plupart des dragons ressemblent à des humains ? Comment peux-tu les différencier ? » demandai-je ?

« Hm, avant de répondre à ça, dis-moi pourquoi un humain comme toi peut si bien parler cette langue. De plus, je commence à douter que tu sois venu ici par un accident de téléportation. Ta capacité et ta compréhension à parler cette langue ne sont pas quelque chose que l’on peut obtenir comme cela, ça n’a pas de sens ! » expliqua-t-elle en secouant la tête.

« Je vois… le chat est sorti du sac. Eh bien, tu devais le savoir tôt ou tard. Tu es ma première amie dans ce monde, après tout. Je dois dire cependant que tu es une très belle et très puissante première amie ! » J’avais souri et avais fait un compliment juste pour qu’elle se sente mieux et ne décide pas de me couper en morceau pour avoir menti.

« Merci, mais s’il te plaît… la vérité, » me demanda-t-elle. Mais j’avais remarqué le petit rougissement de ses joues. Mon compliment avait fait mouche.

« Eh bien ! Je suis en effet un humain, mais je ne suis pas de ce monde. J’ai été amené ici par une entité semblable à un Dieu. Ne me demande pas son nom parce que je ne le connais pas… Eh bien, dix millions d’entre nous ont été amenés ici pour être précis, » commençais-je à expliquer.

« D-Dix millions ? C’est une invasion ! Le roi doit savoir cela ! » dit-elle en se levant.

« Attends une seconde ! Attends ! Je suis probablement le seul idiot qui a atterri ici ! La plupart d’entre eux sont probablement au plus profond du continent humain et combattent de faibles monstres, » lui dis-je.

« Que veux-tu dire ? » demanda-t-elle en fronçant les sourcils.

« L’entité semblable à dieu nous a offert des capacités uniques, mais chacun en a une différente. Je n’ai aucune idée de leurs capacités ou s’il y a des individus plus fort que moi ou non. Honnêtement parlant, je pense que j’ai eu un gros coup de pouce de ta part. De plus, toi seule serais probablement capable de les vaincre avant même qu’ils puissent utiliser un seul sort, » expliquai-je en haussant les épaules.

« Je vois… Alors ils sont un tas de faiblards, » dit-elle en se rasseyant à côté de moi.

« Par rapport à toi, tout à fait. Le Dieu nous a cependant avertis de ne pas aller vers le continent Dragon. Je suppose que c’est à cause de cette guerre entre nos espèces. »

« Cela pourrait être le cas. La relation entre les royaumes humains et dragons est assez tendue en ce moment. Bien que nous soyons sous un cessez-le-feu, une guerre pourrait éclater à tout moment, » avait-elle expliqué.

« Oui, donc… mes capacités, si je peux les appeler ainsi… sont ma statistique de chance au maximum et une compétence appelée Dompteur de Dragon, » lui avais dis-je. Et elle plissa les yeux vers moi.

« Qu’est-ce qu’une statistique ? » m’avait-elle demandé.

En clignant des yeux de surprise, je lui avais dit. « Euh, des points de statuts ? Gagner en montant de niveau ? Tu sais quand tu tues quelque chose, tu gagnes de l’expérience, des points de statistiques et des points de compétences, » lui avais-je dit.

« Je ne comprends pas, » elle secoua la tête une fois. « Quand nous tuons quelque chose, leur force de vie et une partie de leur énergie magique sont absorbées par nous, mais l’expérience est quelque chose, gagnez lors de bataille. Nous grandissons en combattant. La force de vie nous rend plus puissantes et plus nous en absorbons, plus nous devenons puissant. Je n’ai jamais entendu parler de quelqu’un ayant ces niveaux et des points de compétences, » avait-elle expliqué.

« Quoi ? » Je la regardai d’un air confus puis repensai à ce que ce « Dieu » nous avait dit. Je ne me souvenais pas qu’il ait mentionné quoi que ce soit au sujet des habitants de ce monde comme quoi il n’avait pas de points ou de niveaux de compétences. « Hm ? » C’est alors que je m’étais souvenu de ça. Le Dieu avait dit rapidement quelque chose à ce sujet.

Pas étonnant que je ne m’en sois pas souvenue tout de suite… Cet imbécile de Dieu ! pensai-je en soupirant.

« Je pense que c’est quelque chose d’uniquement disponible pour nous, puisque nous n’avons pas cette force de vie et cette énergie magique, ou peut-être que nous n’en somme juste pas conscients. *Soupire*, eh bien… je devine que c’est quelque chose comme cette force de vie que tu as mentionné. Mais comment devraient expliquer les points… euh... Disons simplement qu’un point est une très petite quantité de force vitale, peut-être ? » j’avais essayé d’expliquer, mais il était assez difficile de parler de la mécanique d’un jeu vidéo à quelqu’un qui ne connaissait pas les jeux vidéo.

« Alors, supposons simplement que ce que tu appelles monter de niveaux est-ce que j’appelle devenir plus fort. Qu’est-ce que signifie avoir une chance maximum ? Et aussi quels sont les détails de cette compétence, Dompteur de Dragon ? Ça n’a pas l’air très… honorable, » me déclara-t-elle en me jetant un regard soupçonneux.

En y pensant, le « dompteur » semblait un peu louche.

« Avoir la chance maximum signifie que j’ai le plus de chance possible. Je suppose que c’est la raison pour laquelle nous n’avons pas rencontré de monstres dangereux et avons trouvé ces champignons. Au fond de moi, j’ai prié et ai souhaité que nous en trouvions beaucoup pour que tu n’aies pas besoin de refaire le voyage chaque semaine. La même chose vaut pour les autres plantes, c’est pourquoi mon sac est presque plein maintenant. En ce qui concerne la compétence de Dompteur de Dragon, cela semble vague, mais il faut en fait que j’aie une relation amicale avec un dragon. Ce n’est pas vraiment le fait de l’apprivoiser comme un animal de compagnie. Si tu deviens mon ennemi, le bonus en puissance que je reçois et les bonus que tu obtiens de moi disparaîtront aussi. En d’autres termes, grâce à cette compétence, je suis assuré d’être de ton côté à partir de ce jour ! » lui avais-je expliqué du mieux que je pouvais avec ce que j’avais découvert.

Elle m’avait regardé un moment, sans répondre tout de suite. Ce que je venais de lui dire était peut-être un choc pour elle, mais j’espérais qu’elle avait l’impression que grâce à mon honnêteté naïve et aux détails de cette compétence, je n’avais pas l’intention de devenir son ennemi, jamais.

« En d’autres termes, si un dragon devient ton ami et rejoint ton groupe, alors ils n’auraient que des avantages à gagner..., » avait-elle demandé à un moment donné.

« Oui, mais ça peut aussi être dangereux pour moi. Si je ne savais pas que tu étais une gentille dragonne, j’aurais hésité à dire toutes ces choses. Je ne suis pas un imbécile naïf, mais je crois qu’en tant qu’ami, l’une des choses les plus importantes que nous devons avoir est la confiance. Si je ne peux pas te faire confiance avec quelque chose comme ça, je n’ai pas vraiment le droit de dire que je suis ton ami, n’est-ce pas ? » expliquai-je avec un sourire.

Une fois de plus, Seryanna resta silencieuse et me regarda droit dans les yeux, essayant de repérer la vérité. Cependant, j’avais été honnête avec elle, pour plus que ce que j’avais mentionné. Tout d’abord, elle était une chevalière. Si cette partie était vraie, elle tenait l’honnêteté, la justice et la loyauté en grande estime. Mentir ou essayer d’être malhonnête ne ferait que me mener à l’extrémité pointue de son épée. En même temps, c’était un terrible pari. Dire tout cela révélait également ma faiblesse. Sans dragons, je n’avais aucun moyen de devenir plus fort. Sans devenir plus fort, je ne pouvais pas me défendre ou aller sur le chemin pour vaincre le Roi Démon ou toute autre créature maléfique afin d’essayer de faire de ce monde un meilleur endroit. Je devais devenir plus fort, et Seryanna était une opportunité parfaite et mon ticket pour cela, en plus elle était belle en forme de sablier.

« Je te crois, » dit-elle finalement, et je laissai échapper un soupir. « C’est pourquoi je jure sur mon honneur de chevalier que, à moins que tu ne le veuilles ou que le roi me le demande, je ne laisserai pas un seul mot sur tes capacités s’échapper de mes lèvres ! Néanmoins, il serait sage que tu ne répandes pas l’effet de ta compétence au hasard. Tu as vraiment de la chance de m’avoir rencontré et non pas un bandit ou quelque chose de semblable, sinon, il y aurait eu un autre résultat à cette conversation, » dit-elle d’un ton ferme et sérieux.

« Je comprends. Alors, je ne révélerai cette information à personne d’autre à moins que tu ne l’acceptes ! » lui dis-je avec un sourire.

Oui ! Je l’ai fait ! Ma ligne de survie est assurée ! Banzai ! pensai-je à ce moment.

« Mais dis-moi, pourquoi avez-vous été envoyé ici ? » Me demanda-t-elle.

« Le dieu nous a dit que c’était un test pour sauver notre monde d’une invasion, » avais-je dit en haussant les épaules. « Eh bien, c’était aussi pour faire de ce monde un endroit meilleur, d’une façon ou d’une autre. Si au moment où nous mourons dans ce monde, nous avons fait quelque chose pour améliorer celui-ci, alors nous aurons contribué à faire pencher la balance un peu en faveur de notre monde d’origine. Sinon, eh bien, c’est juste mauvais pour les personnes étant restées là-bas. » Je haussai les épaules une fois de plus.

« Cela ressemble à un travail de héros. Tu ne ressembles pas à un héros. »

J’avais haussé les épaules. « Nous faisons ce que nous pouvons. D’ailleurs, qui sait ce que l’avenir me réserve ? » J’avais souri.

Laissant échapper un soupir, elle dit : « C’est vrai… Je suppose que je devrais te dire maintenant comment nous sommes capables de distinguer nos semblables. En général, nous avons des ailes ou des yeux de dragons. Certains ont même une queue, mais ce n’est présent que chez ceux ayant éveillé leur flamme. En dépit d’être un chevalier, je n’ai pas encore éveillé la mienne et je ressemble toujours à une humaine, mais comme j’ai vécu autour de la forêt Séculiar, je suis beaucoup plus forte que même des dragons éveillés. La seule différence entre moi et toi est une rangée d’écaille sur mon dos et sur le côté de mes cuisses…, » elle avait alors un peu rougi.

« Écailles ? Hm, plus tôt, je n’ai pas… euh… ce que je veux dire, c’est… euh… désolé, » dis-je en baissant les yeux.

« C’est bon. Je n’ai pas honte de mon corps, et c’était trop sombre pour qu’un humain puisse voir, bien que, je préférerais que tu ne m’aies pas enlacé ainsi… c’était un peu embarrassant, » dit-elle en détournant les yeux en rougissant.

« Désolé, j’ai paniqué. J’ai vraiment pensé un moment que quelque chose de vraiment grave t’était arrivé et même si je suis plutôt faible comparé à toi, je voulais au moins essayer de t’aider..., » lui ais-je avoué en baissant les yeux vers le feu.

Je me sentais un peu mal à l’idée d’avoir agi stupidement, mais aussi parce que j’avais négligé sa propre force en pensant que je pouvais faire quelque chose pour l’aider.

« C’est bon, merci de penser à moi. Même parmi les dragons, il n’y en a pas beaucoup qui se risqueraient à s’aventurer dans cette forêt la nuit, surtout s’ils sont beaucoup plus faibles que moi. Ils préfèrent attendre et tenter leur chance une fois le soleil levé, » m’avait-elle dit en faisant un doux sourire.

Ses mots m’avaient fait me sentir mieux.

« Alors, tu as vraiment des écailles sur ton dos ? » demandai-je après un moment.

« Oui, mais je ne vais pas te les montrer, » m’avait-elle dit en me jetant un regard tranchant.

« Bien sûr, je ne te le demandais pas, » m’étais-je rapidement défendu en faisant un sourire idiot.

***

Chapitre 9 : Niveaux, ainsi que des compétences surpuissantes

Partie 1

Pour une raison inconnue, cette nuit j’avais eu un rêve très CHAUD. Quand je dis chaud, je ne veux pas dire que j’étais allé piller des tombes un fouet à la main en sautant sur des plates-formes coulissantes sur une piscine de lave, mais dans le sens où j’avais rêvé de Seryanna. Chemise de nuit blanche, regard sensuel, les mouvements d’une renarde, et le reste étaient à peu près dans le genre. Quand je m’étais réveillé, j’étais en train d’enlacer et d’embrasser un ami imaginaire. Mon cerveau avait pris quelques minutes avant de pouvoir traiter ce qu’il se passait. La couleur de mes joues allait du rose au rouge, et je m’étais même giflé une fois.

Quel rêve… Pensai-je en me rappelant chaque détail à son sujet.

La grande différence entre la beauté de mon rêve et celle de la vie réelle était leur anatomie extérieure. La version de mon rêve était une humaine sans partie de dragon, sans écailles, queue et yeux de dragons. J’étais aussi sûr à 100 % que c’était un effet secondaire de ce qui m’était arrivé dans la forêt et de la douce sensation de sa peau, son odeur unique de femme, la souplesse de ses seins, et le son de sa voix. L’araignée géante, effrayante, poilue et blanche dans le dos ne m’avait même pas fait réagir à moins que je ne me concentre dessus. Ce n’était qu’un élément de décor.

Habituellement, je sortais de la tente juste après mon réveil, mais voyant que ce matin j’étais un peu plus excité que d’habitude, j’avais décidé d’attendre de me calmer. En récitant la table de multiplication, en me rappelant de choses effrayantes, en essayant de comprendre quel politicien était chauve et qui ne l’était pas, et faire quelques étirements de base pour aider le drapeau à se baisser.

En sortant, je m’étais retrouvé face à face avec Seryanna. Elle se tenait à un demi-mètre à peine. Heureusement, cette fois, elle était habillée.

« Heu… Bonjour ? » Dis-je en faisant un sourire forcé.

« Bonjour à toi aussi, Alkelios. J’étais sur le point de te réveiller, » dit-elle en soulevant un seau d’eau froide.

« Heu..., » j’avais plissé les yeux en voyant l’outil couramment utilisé pour tirer pacifiquement les gens de leurs rêves.

« Tu as dormi pendant plus de huit heures. Le soleil se lèvera bientôt, » dit-elle en se retournant.

Mes yeux s’étaient directement dirigés sur son derrière. Je déglutis en secouant la tête.

Moi et mes hormones..., grognai-je dans mon esprit.

La seconde chose que j’avais remarquée après être sorti de ma tente était la carcasse de l’araignée. Seryanna avait bien décarcassé celle-ci en récupérant sa chair et ses poils acérés. Cependant, ce que j’avais remarqué était qu’elle avait laissé quelques organes sécher au-dessus du feu.

« Tu prépares le petit-déjeuner ? » demandai-je en les pointant du doigt.

« Quoi ? Oh ! Non, ceux-ci sont toxiques, mais bien préparés, ils peuvent être vendus comme ingrédient d’alchimie. La seule bonne partie de cette araignée est sa viande blanche. Si ce n’est pas blanc, c’est toxique. Certaines araignées libèrent leur venin dans leur propre corps juste avant leur mort. C’est un mécanisme de vengeance, » expliqua-t-elle en se dirigeant vers la carcasse afin de l’examiner.

« Mécanisme de vengeance ? Les animaux n’ont-ils pas habituellement un mécanisme de défense ? » demandai-je en m’interrogeant.

« Oui, ils en ont, mais certains monstres ont aussi un mécanisme de vengeance. Le plus commun est l’auto-empoisonnement. Les démons ingèrent habituellement des cristaux explosifs qu’ils les font exploser à leur mort. J’ai entendu dire que des monstres géants créent parfois une bombe d’énergie magique. Ils sont assez communs sur le continent Dragon, mais je comprends qu’ils soient rares sur le continent humain, » expliqua-t-elle en se déplaçant, vérifiant les parties du monstre pour tout problème visible.

« Une chose très gênante..., » dis-je.

« Effectivement ! La plupart des chasseurs sont entraînés à agir rapidement et à tuer le monstre avant qu’il ne puisse activer ce mécanisme, afin que le butin ne soit pas gaspillé, » elle plaça deux morceaux de viande blanche sur le feu près des organes séchants.

« Cependant, quelque chose me dérange... »

« Quoi ? » A-t-elle demandé.

« Cette araignée est assez différente de la dernière que tu as tuée. Elle est également entrée dans la zone du cristal. Cette chose ne devait pas garder ces choses effrayantes à distance ? » demandai-je en pointant cela.

« Oui, mais il s’agit d’une araignée Syllian, une race rare qui normalement ne se trouve pas ici. Leurs chélicères et aiguilles sont précieuses pour un forgeron, tandis que les alchimistes ont besoin des organes. Ce qui est intéressant, c’est que j’avais l’intention d’aller en chasser une après avoir ramené le champignon. Pour le traitement, j’ai besoin du sac de venin d’une de ces araignées ainsi que du tissu sous leur carapace, donc en rencontrer une est une chose fortuite. Peut-être que ça vient de ta chance ? » avait-elle expliqué.

« Comment ça pourrait être grâce à ma chance ? » demandai-je, confus.

« Eh bien..., » elle fronça les sourcils et regarda le feu pendant un moment. « Peut-être parce que tu voulais m’aider dans ma quête, tu l’as activée ? Nous aurions pu rencontrer d’autres espèces, mais nous avons rencontré celle-ci, dont j’avais besoin. N’est-ce pas grâce à ta chance ? » demanda-t-elle en tournant son regard vers moi.

« Hm, alors… Tu dis que c’est quelque chose comme une compétence passive ainsi qu’une capacité active ? » dis-je en levant un sourcil.

« Peut-être..., » dit-elle en haussant les épaules, montrant que même elle n’en était pas sûre.

« Alors, si je souhaite quelque chose, je l’aurai, mais cela peut dépendre du temps, de l’emplacement, et probablement de choses comme ça ? Et si je ne souhaite rien, cela me met simplement dans une situation chanceuse en fonction de ma situation actuelle et des gens m’entourant ? » demandai-je.

« Eh bien, j’ai entendu des rumeurs de temps en temps d’aventuriers ayant plus de rencontres et trouvant plus de choses avec certains membres dans leurs groupes. Il y a aussi un temple pour le Dieu de la chance où l’on peut faire diverses offrandes pour augmenter leur chance, mais ils disent qu’après un certain temps, vous perdez cette bénédiction et doivent faire à nouveau une offrande. Je n’ai jamais pensé que ces rumeurs soient vraies. »

« Je vois, eh bien… quand nous serons dans un endroit plus sûr, ça te dérangerait de m’aider à comprendre en voyant si je peux faire en sorte que nous rencontrions certains monstres ou d’autres choses comme ça ? Tu sais. Faire un groupe avec moi ou quelque chose comme ça ? » lui ai-je demandé en souriant alors que je faisais ma proposition.

« Ça ne me dérange pas. Tu m’as beaucoup aidé, mais ne sommes-nous pas déjà un groupe ? » demanda-t-elle en inclinant légèrement la tête vers la gauche.

« Heu, n’avons-nous pas besoin d’utiliser un sort ou quelque chose dans le genre ? »

Elle avait rigolé en entendant cela.

« Non, idiot ! Tu as seulement besoin de penser à moi comme faisant partie de ton groupe. Lorsque tu m’as rencontré pour la première fois, et que j’ai accepté, nous étions déjà un groupe. N’as-tu pas ressenti la sensation de picotement autour de ton poignet gauche ? » m’avait-elle demandé en souriant.

« Heu, non… hm, attends. C’est peut-être à cause de mon étrange système. » J’avais levé un doigt et avait dit : « Laisse-moi essayer quelque chose. »

« D’accord, » elle hocha la tête.

« Créer un groupe avec Seryanna Draketerus ! » dis-je à haute voix.

Un message apparu dans mon esprit.

{Groupe créé. Membre actuel : Seryanna Draketerus, Alkelios Yatagai>

Il y avait aussi un petit point jaune à côté de mon nom, comme tu le verrais dans certains MMO pour désigner le chef d’escouade.

« Je n’ai jamais reçu de message comme celui-ci avant, » dit-elle, surprise.

« Hm, je me demande ? Statut de Seryanna, » avais-je dit, et la fenêtre suivante est apparue devant moi.

Nom : Seryanna Draketerus

Espèce : Dragon supérieur de la Haute flamme

Statut d’éveil : 2/4 conditions validées

Niveau : 273

Force : 1254

Vitesse : 988

Dextérité : 1004

Magie : 754

Chance : 12

Excellence magique : 27 %

Bonus actuel : Dompteur de Dragon <multiplie par 2 l’absorption de force et énergie magique et la vitesse d’apprentissage>

Malus actuel : Non-éveillé : < -60 % pour toutes les statistiques, -1000 d’énergie magique, attaque élémentaire 20 % plus efficace, forme de dragons scellée, forme de demi-dragon scellée, 40 % moins attirant pour le sexe opposé>

Malchanceux < -50 % de chances>

« Qu’est-ce qu’il y a ? » m’avait-elle demandé après m’avoir vu fixer un moment la fenêtre que seul moi voyais.

« Je… je regarde tes statistiques… Tu as deux malus. L’un s’appelle Non-éveillé et l’autre Malchanceux. Le premier baisse ta chance de 60 %, et le second la baisse de 50 %, cela n’a aucun sens. Si tu les additionnes, tu obtiens plus de 100 % de diminution de chance, amis ta chance est de 12, donc le dernier doit supprimer 50 % des statistiques restantes pas les initiales, donc… si j’ai raison, ta chance est de 60, pas de 12. Tu es aussi 60 % plus faible que ce que tu devrais l’être… et 40 % moins at — … belle. Bien que j’ai le sentiment que ce dernier n’est pas vrai. Je ne vois pas comment ça fonctionne, tu es déjà magnifique à mes yeux, » expliquai-je en secouant la tête.

Elle rougit légèrement, mais ne fit aucune remarque à mon compliment.

« Soupir… j’étais au courant pour le premier, mais je ne savais pas pour le second. Habituellement, lorsque tu t’éveilles, tu deviens plus fort, plus rapide, mais tu deviens aussi plus attrayant pour les autres dragons. C’est le signe de la maturité, de l’âge adulte, » avait-elle expliqué.

« Mais il est dit ici que tu dois accomplir les 4 conditions pour t’éveiller, mais tu n’en as accompli que deux pour le moment. » avais-je dit en pointant l’écran de statistiques, mais bien sûr, elle ne pouvait pas le voir.

« Ça le dit ? » demanda-t-elle en clignant des yeux de surprise.

« Heu, tu ne savais rien de cela ? » demanda-t-elle en faisant un pas vers moi.

« N-non… quoi d’autre est dit ? » avait-elle demandé en faisant un pas de plus vers moi.

« Eh bien, ton niveau est 273, ce qui explique pourquoi tu peux vaincre ces araignées, et tu es une dragonne supérieure de la haute flamme. Le reste est tes statistiques. Oh, et tu as mon bonus, mais ce que je trouve étrange, c’est qu’il n’est pas dit multiplie par deux l’expérience, mais multiplie par deux l’absorption de force et énergie magique et la vitesse d’apprentissage… Je suppose que c’est la traduction dans tes termes, » dis-je en me grattant l’arrière de la tête, avant de fermer la fenêtre.

« Je vois… Il n’est pas dit quelles conditions sont nécessaires, n’est-ce pas ? » demanda-t-elle.

« Non, » secouai-je la tête.

« Eh bien… C’est suffisant. C’est mieux que rien..., » elle laissa échapper un autre soupir.

Après notre repas, nous avions tout emballé et avions traversé la rivière. Pendant que nous le faisions, je continuais à prier qu’aucun des monstres ne vient nous attaquer, et aucun ne l’avait fait. Je commençais à maîtriser cette capacité, donc avec les permissions de Seryanna, j’avais commencé à faire des tests, souhaitant que divers monstres apparaissent devant nous. Ils étaient tous plus faibles que la belle dragonne, mais tous apparurent devant nous à un moment ou à un autre, certains rapidement, d’autre moins.

Une chose que j’avais essayée était de prier pour trouver une arme appropriée pour moi.

« Je me demande ce que je vais obtenir ? Peut-être Excalibur ? » dis-je avec un sourire confiant en suivant Seryanna.

« Je doute qu’une épée démoniaque soit ce que tu souhaites, » rigola-t-elle.

« Quoi ? Excalibur est une épée démoniaque ? » demandai-je, un peu surpris.

« Oui. Je suppose que tu ne veux pas cela, mais une épée divine ou sainte, n’est-ce pas ? » elle avait sauté par dessus un gros tronc.

« Oui..., » répondis-je en étant un peu déçu. J’avais sauté après elle.

« Hm ? Je pense que j’ai trouvé ton épée, héhé, » dit-elle avec un rire nerveux en ramassant quelque chose.

« Montre-là moi ! Montre-là moi ! » avais-je dit excité et désireux d’acquérir ma première arme dans ce monde fantastique.

Je me demande à quel point elle est puissante ? Peut-être que c’est une sorte d’arme secrète, ou une épée méca ! Ou une épée à plasma ! Ce serait génial ! avais-je crié dans mon esprit.

Quand Seryanna s’était retournée, elle m’avait offert le résultat de ma prière. C’était une épée en bois à moitié cassée, habituellement utilisée pour l’entraînement. Il n’y avait pas de runes ou de signe de puissance. Au fond, c’était juste un morceau de bois inoffensif.

« Tiens, ô brave guerrier ! » elle me l’offrit comme une vraie épée, mais je pouvais l’entendre ricaner.

« Très drôle..., » avais-je dit en la prenant.

Rien ne se passa quand je l’avais ramassé, alors je l’avais jeté dans un buisson à proximité.

Je dois avoir utilisé la mauvaise formulation pour cela…, pensai-je en marchant après la dragonne riant.

***

Partie 2

Environ une demi-heure plus tard, espérant ne pas avoir une épée brisée en bois, j’avais finalement réussi à trouver une véritable épée en acier. Malheureusement, un dragon la maniait déjà.

Tu sais ce qu’ils disent : faire attention à ce que l’on souhaite. Pensai-je en regardant l’homme nous regarder avec de grands yeux.

Bien qu’armé d’une simple épée et portant une armure de cuir de base sur un pantalon et une chemise en lin, il avait des yeux de lézard brun foncé, une longue queue hérissée et une paire d’ailes. Tous ces signes étaient ceux d’un éveillé. Pendant un moment, j’avais pensé qu’il pourrait représenter un danger pour nous, mais je m’étais rapidement rappelé que je n’étais pas avec n’importe quel dragon, mais une vraie chevalière.

Seryanna dégaina son épée et se plaça devant moi, ne montrant pas un seul signe de peur.

« Reste derrière moi. » Me dit-elle avec un ton calme.

J’avais dégluti en hochant la tête.

Voilà un bon souhait. Je veux que ce gars soit rapidement battu par Seryanna ! Me répétais-je intérieurement.

« Oho! Et là, je pensais que je serais perdu pendant des jours dans cette forêt ! Qui aurait pensé que je trouverais une fille avec de si gros seins ici ? Garçon, donne-moi la fille, et je ne serai pas dur avec toi ! » M’avait-il menacé en voyant Seryanna comme une simple femme.

Je ne pouvais que cligner des yeux surpris.

Il blague ? Peut-être ne la voit-elle pas comme un danger potentiel parce qu’elle n’a pas les signes d’un dragon éveillé ? pensai-je.

« Heu… Toi ? Je vais vous donner un indice. Des vêtements simples sur moi, une cotte de mailles sur elle. Sac sur mon dos, épée dans sa main. » Lui avais-je dit en levant un sourcil.

« Hein ? » Au moment où il réalisa que Seryanna était la dragonne dangereuse, il était déjà trop tard.

La dragonne bougea, et d’un seul coup, elle l’avait désarmé. L’épée avait volé hors de sa main vers un arbre à proximité. Réalisant qu’il venait juste de se faire désarmer, il tenta de lancer un sort de magie, mais le coup de poing de Seryanna alla droit dans son nez. Les 1254 points de force étaient bien visibles quand il avait été jeté vers l’arbre derrière lui, brisant en petits éclats la moitié du tronc.

« Arg… » gémit-il, puis il tomba sur l’herbe, inconscient.

« Hmph ! Faible ! » Renifla-t-elle en le laissant sur place, s’éloignant tout en rengainant son épée.

« Ah ! Attends ! Ne devrions-nous pas faire quelque chose à ce sujet ? » Demandai-je rapidement alors que j’allais chercher l’épée dans l’arbre.

Je l’avais sorti avec facilité du tronc à ma grande surprise.

« Je ne peux pas. J’ai conclu un accord de paix avec son groupe. » Dit-elle en montrant la marque cousue sur son épaule gauche.

« Heu… un autre monde, tu te souviens ? » demandai-je en me montrant du doigt.

« Oh oui. Heu… Comment dire cela ? Parfois, les chevaliers et les gardes de la ville font des affaires avec les grands groupes de bandits qu’ils ne peuvent contrôler pour les tenir à l’écart des petites villes et des villages. Tant qu’ils ne se comportent pas mal à l’intérieur des murs, ils n’agiront pas contre eux. Cela empêche les autres organisations de bandits d’apparaître et aide à réduire le taux de criminalité dans la ville. C’est une situation gagnant-gagnant à moins qu’ils ne nous attaquent directement. Les sorts de sac à main de cette capacité sont compliqués à trouver. Les magasins ordinaires ne les ont pas, seuls les bandits en ont. J’ai fait un marché avec eux. Je ne les tue pas, et j’utilise l’anneau aussi longtemps que je le désire. Mais cela ne m’empêche pas de les battre quand je les croise. » Elle haussa les épaules.

« Je vois, eh bien… Puis-je prendre son épée ? » Demandai-je.

« N’hésite pas. C’en est probablement une volée, mais à moins qu’elle n’appartienne à un commerçant. Si elle ne porte aucun signe spécifique, elle ne sera pas récupérée. Si c’est le cas, tu seras obligé de la rendre ou de demander au propriétaire de te l’acheter, » Avait-elle expliqué.

« Pas de marque signifie que la personne l’ayant trouvé la garde et le perdant pleure, non ? »

« En effet. Du moins ici, dans la forêt. La ville possède des gardes, et un voleur est généralement pris assez rapidement. » Elle se retourna et continua à marcher.

« Vraiment ? Et ici, je pensais que tu les tuais tous d’habitude. »

« En tant que chevalière, j’ai le droit de faire un jugement à leur égard, afin que je puisse les tuer si je le juge nécessaire ou si la situation l’exige. »

« Heu, alors les chevaliers sont une sorte de juge et jury à la fois ? » Demandai-je.

« Qu’est-ce qu’un juge ? » Elle s’arrêta et me regarda avec un sourcil levé en fronçant les sourcils.

« Le type avec le marteau qui tape sur la table quand le criminel est... » Elle pencha un peu la tête, montrant qu’elle ne comprenait pas ce que je disais, alors je m’arrêtai et réfléchis à la façon de lui permettre de comprendre. « Heu, dans mon monde, le criminel est généralement amené devant le juge. Après avoir analysé les preuves contre lui, le juge peut déclarer sa condamnation, coupable ou innocent s’il était faussement accusé. Je pense qu’aux États-Unis, il y a aussi un jury, mais je n’ai aucune idée de la raison de leur présence... » En secouant ma tête et haussant les épaules. « Mais en d’autres termes, le juge est quelqu’un qui juge les criminels après avoir analysé toutes les preuves du crime. »

Il était difficile d’expliquer le système juridique complexe de la terre, en fait, je doutais de pouvoir le faire. La plupart des choses que je connaissais à ce sujet étaient en regardant les nouvelles de temps à autre. Si l’on me demandait de faire un rapport détaillé sur la façon dont le tout fonctionnait, j’aurais probablement horriblement échoué.

« Votre juge ressemble à quelque chose que le roi ou le seigneur de la terre a l’habitude de faire, » avait-elle dit, et nous en sommes restés là.

Pour le reste de la journée, nous avons recueilli diverses plantes intéressantes que nous avons trouvées le long du chemin ainsi que tué de faibles monstres que je faisais apparaître avec ma chance. Seryanna les achevait assez rapidement et ensuite nous récupérions les parties utiles. Elle avait essayé de m’apprendre comment faire, mais il était clair que je ne manipulais pas très bien le couteau. J’avais juste besoin de m’entraîner et de m’habituer au gore. Pour l’instant, j’étais juste content de n’avoir jamais été faible face au sang même sur terre.

Avec tant de combats et de récupération à faire, j’avais complètement oublié de lui poser des questions sur les diverses règles dans ce monde ainsi que sur la distance qui séparait les royaumes humains de celui-ci. Se rappeler à quoi ressemblait la planète de haut n’aidait pas beaucoup. De tout ce que je savais, cela aurait pu être une grande île ou un véritable continent de la taille de l’Asie.

C’est ainsi qu’un autre jour arriva, et je me retrouvai allongé dans ma tente, regardant la couverture et écoutant le crépitement des braises du feu. Alors que je me tenais comme ça, j’avais réalisé que je n’avais pas regardé mes propres statistiques. Après avoir tué tant de monstres, je savais que j’étais monté de niveau quelques fois, mais je ne savais pas à quel point.

« Montrer mon statut... » Dis-je.

Nom : Alkelios Yatagai

Espèce : Humain

Niveau : 63

Force : 16 +313,5

Vitesse : 14 +247

Dextérité : 20 +251

Magie : 16 +188,5

Chance : 100

Excellence magique : 1 % +6,75 %

Compétences : Montrer O/N

Points de compétences : 62

Points de statistiques : 620

Hein ? pensai-je en regardant mon niveau.

En quelques jours, je suis passé de niveau 1 à niveau 63. C’était une augmentation de 62 niveaux. Nous n’avions pas tué tant de monstres, mais vu que c’était la plus dangereuse forêt, je trouvais cela tout à fait normal. Là encore, je souhaitais seulement que les monstres les plus faibles apparaissent devant nous. J’étais certain qu’il y en avait que même Seryanna voudrait éviter, par exemple, le chien à quatre têtes que j’avais eu le plaisir de rencontrer la première fois en arrivant dans ce monde.

La première chose à laquelle j’avais pensé était d’assigner mes points de statistiques. Bien que la magie sonne bien, je ne savais pas encore le plus petit sort : Boule de Feu, cependant, je savais qu’ignorer ces statistiques n’était pas une bonne idée. Il y avait probablement une grande différence entre mes statistiques augmentées et celles de base. Peut-être qu’il y avait aussi des exigences pour certaines compétences.

La dernière question qui m’était venue à l’esprit était la suivante : mes statistiques semblent se développer normalement jusqu’à maintenant, et ma force avait beaucoup augmenté. Devrais-je mettre des points dans mes statistiques maintenant ou attendre qu’il devienne difficile de les augmenter ?

J’avais décidé de laisser à l’écart mes points de statistiques pour le moment et de me concentrer sur mes points de compétences. Dès que je sélectionnai ces points, un message apparut devant moi :

{Pour garder les choses équitables pour tout le monde, j’ai décidé de vous laisser ajouter des compétences à travers votre statut seulement tous les 10 niveaux. N’est-ce pas génial ? Je suis une entité semblable à Dieu si bienveillant ! Aussi, pour vous donner un bonus, vous pouvez améliorer seulement une compétence et uniquement tous les 5 niveaux. Bonne chance et choisissez judicieusement !}

Ce… ce Dieu flippant ! Grognai-je dans mon esprit, mais au lieu de crier comme un enfant de 12 ans agacé, je décidai de prendre une profonde inspiration et de me détendre.

Au lieu de me plaindre d’un système impossible à changer, j’avais dû réfléchir à un moyen de mieux utiliser celui-ci.

Voyons voir… Cela signifie que peux avoir 6 compétences de plus et apporter 12 améliorations, non ?

En ouvrant la fenêtre de compétences, on m’avait montré mes compétences actuelles.

Héros (passif)

Dompteur de Dragons (passif)

Savoir-faire végétarien (passif) (34 % appris attribuer 1 point de compétence pour atteindre 100 %)

Skinnathron (passif) (2 % appris attribuer 1 point de compétence pour atteindre 100 %)

Grabby Grabber (passif) (15 % appris attribuer 1 point de compétence pour atteindre 100 %)

Doux parleur (passif) (1,5 % appris attribuer 1 point de compétence pour atteindre 100 %)

J’ai cligné des yeux de surprise en voyant tous ces noms bizarres.

Skinnathron ? Qu’est-ce que c’est ? Cela ressemble plus à une sorte de machine ou à une capacité que l’on possède dans un jeu post-apocalyptique. Quoi ? Est-ce que dépouiller est déjà apprise ? Qu’en est-il de Grabby Grabber ? Et savoir-faire végétarien ? Sérieusement ? J’avais soupiré et fermé les yeux un moment.

C’était probablement le jeu de Dieu, bien que, par ses tentatives de dénominations, il ne pouvait que nous embrouiller. Je ne serais pas surpris si un pauvre garçon finissait par obtenir une compétence inutile par erreur parce qu’il trouvait le nom sympa.

Là encore, je faisais probablement partie de ce groupe, cependant, je commençais à douter de la partie à propos de Dompteur de Dragon qui était inutile.

En poussant un soupir, j’avais regardé les détails de chaque compétence. Le savoir-faire végétarien était la capacité d’identifier les herbes et les plantes utilisées pour l’alchimie. Une fois apprise, je serais capable d’identifier facilement ce genre de plantes. Skinnathron était une compétence de dépouillage des monstres souvent trouvés dans les jeux, mais avec un nom fantaisiste. Cette compétence me permettait de dépouiller la plupart des monstres à l’exception des boss et de certains monstres légendaires. Je pourrai techniquement le faire, mais il y aurait de fortes chances que je ruinerais le produit. Grabby Grabber faisait référence à la capacité de collecter des plantes et des matériaux de toutes sortes. En langage normal, Récolter. Quant à la dernière, Doux parleur, c’était une compétence rendant mes compliments 50 % plus efficaces.

J’avais décidé de ne pas gaspiller mes points de compétences avec l’un de ceux-ci, vu que je pouvais facilement les obtenir en continuant à effectuer leurs tâches respectives.

En ce qui concerne les compétences que je pouvais choisir dans la liste, j’étais certain qu’elles étaient toutes uniques d’une façon ou d’une autre. Mon intuition me disait que choisir une compétence pour dix niveaux n’était pas supposé être gaspillée. Par conséquent, j’avais décidé d’ajouter ma chance dans l’équation et avais essayé d’influencer ce que j’allais prendre.

« Voyons voir... » Dis-je en fermant les yeux. Je souhaite trouver une bonne compétence de collecte, une bonne compétence de détection, une bonne compétence d’évaluation d’objet, une compétence d’attaquer et peut-être une pour voyager rapidement. Oh et quelque chose en rapport avec l’alchimie ou la fabrication de potions ? pensai-je en répétant plusieurs fois ce que je souhaite avant d’ouvrir le menu.

En parcourant les kilomètres de liste, j’étais allé par instinct et par chance pour choisir la première compétence. Il avait déjà été prouvé que la logique de dénomination des compétences par ce Dieu n’allait pas m’aider. Si je pouvais voir les détails des compétences SANS choisir celle-ci, cela aurait été génial, mais le système ne permettait pas de choses si pratiques. Du bon côté des choses, toutes ces compétences étaient uniques et si ce que Dieu disait était vrai à propos des 10 millions d’entre nous partageant la même liste alors obtenir une compétence surpuissante était baser sur la chance.

Dans la liste géante de noms bizarre, qui n’était pas dans l’ordre alphabétique, j’avais choisi ceux que je trouvais OK. J’en avais choisi six pour un total de 45 points. En ce qui concerne la taille de la liste, disons simplement que j’aurais brisé quelques roulettes de souris en essayant de faire défiler celle-ci vers le bas. C’était un défilement infini et au-delà !

De toute façon, voilà les compétences choisies :

Yeux de chaton : Change les yeux du héros en ceux d’un félin quand cette capacité est active. Permets de voir n’importe quoi dans un rayon de dix mètres autour du héros. Coût : 50 points d’énergie magique.

Identificus Processus Juridicus : Cette compétence permet au héros d’évaluer n’importe quoi. Coût : 10 points d’énergie magique.

I R Roboticus ! : permet au héros d’extraire n’importe quoi. Permets au héros de rassembler n’importe quel type d’herbe. Permets au héros de récolter n’importe quoi. Compétence passive.

Barman : permets au héros de créer tous les types de potions du rang de base jusqu’au rang avancé. Nécessite un laboratoire d’alchimie. Nécessite les bonnes quantités et les types d’ingrédients avant d’avoir intuitivement la formule de la potion. Nécessite, un objet ou une compétence de type stockage. Coût : Dépends de la potion.

Speedy Rooster : Invoque un Gragh’jaggar, la monture, un poulet géant blindé de niveau héros, statistiques du héros -100 sauf chance. Peut transporter jusqu’à 5 personnes. Coût : 250 points d’énergie magique.

Poulet éclair ! : invoque un Phoenix de foudre de niveau minimum= 999, niveau maximum du héros. Coût : 585 points d’énergie magique. Durée initiale de 1 minute. Après ça, 100 points d’énergies magiques par minute.

Ces noms… étaient tout ce que je pouvais penser après avoir choisi les compétences et vu les descriptions. Ils correspondaient à peine, en particulier le dernier. Malheureusement, je ne pouvais pas utiliser les dernières à cause du coût en énergie magique. J’avais des compétences puissantes, mais les exigences étaient ridicules !

J’avais essayé la première compétence : yeux de chaton. La façon dont elle fonctionne était assez simple : je devais juste penser au nom de la compétence et dire : activer. Mon énergie magique avait diminué et cette même énergie était symbolisée dans ma fenêtre de statistiques par la valeur de Magie.

Tout était parfaitement visible dans les moindres détails même s’il faisait nuit. Malheureusement, je ne pouvais pas voir à l’intérieur de la tente de Seryanna ou sous la terre, seulement là où je serai normalement capable de regarder. Le sort semblait ignorer l’endroit où je me trouvais, mais je me demandais si je pouvais sortir de la pièce ou si cela n’avait pas d’importance.

La première chose que j’avais faite avec ma nouvelle capacité était de vérifier la présence de monstres à proximité. Il n’y en avait pas autant que je puisse voir. Après cela, j’avais regardé la belle dragonne assise près du feu. Elle écrivait dans une sorte de journal, mais même si je pouvais parfaitement voir les lettres, je n’avais aucune idée de la signification de celles-ci. Peut-être que ma capacité linguistique ne comprenait pas l’écriture aussi ?

Après avoir regardé autant que je le veuille son décolleté et son derrière, j’avais décidé d’essayer l’amélioration de compétences qu’avait mentionnée Dieu.

Avec mes récents achats, il ne me restait que 17 points de compétences, et je ne pouvais améliorer mes compétences que 6 fois.

Je devais choisir avec soin.

J’étais d’abord allé améliorer Dompteur de Dragons qui était ma compétence principale. Deux points étaient allés dans l’amélioration de la fonction de base, mais cela avait seulement augmenté de X2 à X3. C’était bon aussi, je voulais aussi améliorer le gain de statistiques.

Encore une chose qui me faisait réfléchir. Le Dieu a dit : améliorer, pas avancer, augmenter ou quelque chose comme ça.

Pourquoi améliorer ? pensai-je.

Il était clair qu’il avait un très mauvais sens de la dénomination, bien qu’il y ait de fortes chances que ce soit intentionnel pour nous empêcher de tous choisir des compétences surpuissantes comme le Poulet Éclair.

« Augmentation du Dompteur de Dragons, » avais-je dit, mais rien ne se passa. « Hmm, améliorer du Dompteur de Dragons, » avais-je essayé, et cette fois-ci, ça avait marché.

Dompteur de Dragons niveau 2 : Compétence passive de type bonus. Lorsqu’un héros développe une relation amicale ou intime avec quelqu’un d’origine draconique, cette compétence permettra la création d’un lien spécial entre les deux. CE lien est indestructible par toute autre compétence sauf si le héros le veuille. Le héros gagne 25 % des statistiques du dragon, et le dragon gagne la capacité de monter de niveau 3X plus vite en présence du héros.

Avancement 1 : le héros peut sentir la direction dans laquelle se trouve son ami dragon sélectionné. Nombre de dragons pouvant être sélectionné en même temps : 1.

C’était vraiment bien. J’avais quelque chose comme un radar maintenant. Je l’avais testé sur Seryanna, et une petite flèche blanche transparente pointait vers elle.

« Bien ! » Dis-je avec un petit sourire, et je ne pus m’empêcher de faire avancer à nouveau cette compétence.

Ce que j’avais obtenu maintenant, était un autre avancement intéressant : tous les dragons gagnent 10 points de statistiques à chaque niveau et tous les dix niveaux gagnés en présence du héros permettent aux dragons d’améliorer leurs compétences. Le héros peut choisir où ajouter les points de statistiques. Si le lien est rompu avant de les appliquer, ils seront automatiquement ajoutés à la statistique ayant la valeur la plus élevée.

Tout cela m’a coûté 6 points de compétences, me laissant 10 points à ajouter pour faire trois améliorations supplémentaires. J’avais décidé de monter de niveau et d’améliorer la compétence Yeux de chaton une fois. L’amélioration au niveau 2 m’avait coûté 4 points et l’avancement m’avait coûté 5 points de compétence, me laissant 1 point, cependant, maintenant je pouvais tout voir dans un rayon de 25 m autour de moi, et je pouvais également détecter les choses invisibles. Cette capacité pourrait devenir utile.

J’étais excité par mes nouvelles compétences, mais au lieu de sauter partout et d’en parler à Seryanna, j’avais décidé de la jouer cool et d’aller au lit pour la nuit. Je n’avais aucune raison de me précipiter.

Quand j’atteindrai le niveau 65, j’essaierai d’améliorer Dompteur de Dragon encore une fois… Plus elle montera de niveaux, plus je gagnerai de points ! pensai-je en fermant les yeux et lentement je m’endormis.

***

Chapitre 10 : Faire attention à ce que l’on souhaite !

Partie 1

Le matin arriva comme un rocher ou plutôt un seau d’eau froide.

« Woah ! C’est froid ! Hein ? Quoi ? » Criai-je en me levant trempé et frissonnant comme un chiot dans la saison froide.

En regardant autour de moi, j’avais pensé un instant qu’il pleuvait et que ma tente avait un trou, ou que nous étions inondés par la rivière, mais nous étions trop loin. Malheureusement, la seule chose humide était un maigre humain frissonnant, ce qui signifiait moi.

« Bien ! Maintenant, va et lave-toi avec cette eau, puis change-toi. Nous allons accélérer aujourd’hui. Plus de chasse au monstre pour aujourd’hui, juste courir, » déclara la dragonne.

À côté de Seryanna, il y avait un autre seau rempli à ras bord et dans sa main il y en avait un vide. Elle portait déjà son armure habituelle et elle semblait prête à partir, ce qui signifie que j’avais trop dormi ou qu’elle s’était levée tôt. Avant que je n’aie eu l’occasion de me plaindre, je m’étais retrouvé seul dans ma tente, trempé et frissonnant de toutes mes articulations.

J’avais cligné des yeux plusieurs fois jusqu’à ce que mon cerveau comprenne toutes les informations, et par curiosité, j’avais soulevé mon bras gauche et avais reniflé.

« Oh, bordel ! Cette odeur pourrait tuer un dragon ! » dis-je d’une voix forte.

« C’est pourquoi je veux que tu ailles te laver avant de provoquer un génocide dans la ville. La tombe est déjà trop pleine. Hehe ! » plaisanta Seryanna.

« Même moi je ne suis pas si chanceux. » Avais-je souri en pensant à l’augmentation d’expérience que je pourrai avoir. Puis je m’étais levé de mon lit humide.

Prenant le seau et les vêtements de rechange, j’étais sorti et étais allé derrière l’un des plus gros buissons.

Va-t-elle vraiment essayer de jeter un coup d’œil ? pensai-je en me déshabillant, mais je doutais fortement qu’elle le fasse.

L’eau était aussi froide que possible. J’avais frissonné de toutes mes articulations en essayant de garder mon corps chaud. Considérant le fait que je n’avais ni savon, ni shampooing, ni eau chaude, j’avais fait de mon mieux pour me débarrasser rapidement de l’odeur de transpiration. D’un côté, j’étais heureux de ne pas avoir été forcé de plonger dans la rivière infestée de monstres. J’étais en quelque sorte en train d’imaginer Seryanna m’attrapant par la nuque comme un chaton égaré pour me jeter dans la rivière en se tenant le nez. Au moment où j’arriverais à nager pour ma vie, je serais déjà propre, et elle serait là aussi, m’attendant avec un sourire et une serviette propre.

Eh bien, c’était une bonne chose que nous étions loin de la rivière.

Après avoir fini, j’avais mis les vêtements qu’elle m’offrait et j’étais sortie du buisson.

« Tu peux les brûler, » m’avait-elle dit en montrant le feu.

Je plissai les yeux.

Je n’étais pas SI malodorant ! pensai-je.

« Je suis sérieuse. Il n’y a aucune raison de laver ces vêtements. Nous allons t’en obtenir des nouveaux en ville. Aussi, là ! » Elle me lança une sorte de racine. « Mâche ça pour enlever les taches de tes dents. Cependant, ne l’avale pas, » me dit-elle.

« D’accord ? » dis-je en m’approchant du feu.

Les flammes avaient dévoré mes vieux vêtements comme un monstre affamé. Au moins, quelqu’un ici ne se souciait pas de mon odeur. Encore une fois, il n’était pas très poli d’être autour d’une femme et de sentir plus fortement que les chaussettes sales de votre grand-père.

J’avais soupiré et mettais la racine dans ma bouche. C’était amer et avait un goût de saleté, mais cela ne m’avait pas fait vomir. Je pouvais le supporter, mais ne pas m’y habituer. Grâce à cette expérience, je savais déjà quel type de compétence je voulais obtenir, quelque chose pouvant m’aider à me nettoyer.

Pendant que je mâchais la racine, j’avais décidé d’utiliser Identificus Processus Juridicus dessus. Je l’avais fait comme la nuit précédente. J’avais pensé à la compétence et avais ensuite dit activer.

Racine de Jurian : racine typique utilisée par la plupart des espèces pour nettoyer leurs dents. Elle contient une forte concentration de vitamine C et de fluor. Barman : racine pouvant être utilisée dans les faibles potions de soin, pour du dentifrice (tous les grades) et pour les bleus.

Intéressant, je peux donc faire du dentifrice. Je me demande quels sont les ingrédients. Pensai-je en choisissant cette combinaison dans la liste pour voir les ingrédients.

Le plus bas rang de dentifrice nécessitait un mortier et un pilon, de l’eau purifiée bouillie et de la poudre d’os. Je m’attendais en quelque sorte aux deux premiers, mais pas le troisième. Apparemment, le dentifrice à l’ancienne nécessitait une sorte d’abrasif dans sa composition, mais la poudre d’os était-elle vraiment assez bonne ?

En vérifiant les détails sur la poudre d’os, j’avais découvert que c’était en fait fabriqué à partir d’os de vache ou de mouton broyés en une fine poudre. Un mortier et un pilon étaient également nécessaires pour ce processus.

En d’autres termes, je devais voir de quoi chaque potion était faite, puis affiner correctement tous les composants avant de les mélanger. Une fois cela fait, j’avais besoin des bons outils pour les mélanger tous en conséquence. Bien, je pourrais toujours obtenir les matériaux dont j’avais besoin pour faire mes tests, mais si ma mémoire ne me jouait pas de tours, il y avait beaucoup de substances et de potions qui pourraient s’avérer potentiellement dangereuses si elles étaient manipulées de façon inappropriée.

Mais oui, je doute que je fasse de la nitroglycérine ou de l’acide sulfurique à tout moment si rapidement. Pensai-je en laissant échapper un soupir.

À présent, Seryanna avait déjà fini de tout ranger. Je devais admettre que cette bague avec le sort sac à main était incroyable ! Si je n’avais pas tort, il était possible d’y ranger une voiture entière.

En parlant de cela, je me demande si le niveau technologique dépend de chaque espèce ou s’il évolue à la même vitesse partout ? Me demandai-je en suivant la belle dragonne.

« Nous allons courir plus vite maintenant. Si tu as un quart de mes statistiques, tu devrais être capable de me suivre. Concentre toi simplement à mettre plus de force dans tes jambes. Tu as compris, Alkelios ? » Me demanda-t-elle.

J’avais dégluti et avais acquiescé. Ce n’était pas comme si j’avais d’autres choix que d’essayer.

Simplement me concentrer et me rappeler que je peux aller au-delà de mes limites, non ? Je m’étais dit ça en la voyant avancer devant.

Bien que j’avais hésité un peu au début, je l’avais suivie. Ma vitesse était en effet plus élevé que celle d’un coureur olympique, mais loin en dessous de la sienne. Dans ses mouvements, elle était aussi gracieuse qu’une gazelle et aussi rapide qu’un guépard. En regardant comment je me déplaçais, je savais qu’il me manquait quelque chose, mais j’avais déjà du mal à la suivre, et j’avais peur de la possibilité de mettre trop de force et de me retrouver à me frapper contre un arbre.

Peut-être que c’est exactement ça ? J’ai peur, et pas elle, n’est-ce pas ? pensais-je, en décidant de tester cela.

Prenant une profonde inspiration, j’avais placé toute ma force dans mes jambes et avais sauté aussi haut que possible. J’étais allé deux fois plus haut, presque dix sinon quinze mètres en l’air. Quand j’étais descendu, j’avais attrapé une branche et je m’étais accroché à elle. Ma chute avait été stoppée puis je m’étais avancée en me jetant d’une hauteur de près de sept mètres, mais j’avais atterri en toute sécurité sans me briser un os.

Incroyable ! pensai-je. Et j’avais inconsciemment souri.

J’étais comme un surhumain, mais Seryanna était quatre fois plus forte que cela.

« Comment est-ce ? » m’avait-elle crié d’en haut d’une branche quelque part devant moi.

« Je pense que je prends le coup de main, » avais-je crié en retour.

Elle souriait probablement, je ne pouvais pas le dire à cette distance.

Après cette petite expérience, il était plus facile pour moi de la suivre, mais son expérience dans l’utilisation de cette force et de cette vitesse se manifestait par les mouvements délicats qu’elle faisait en passant par les arbres, tandis que je bougeais comme un gorille en colère, brisant les branches et soulevant la poussière à chaque pas. La seule chose qu’il me manquait à faire était les « Uki! Uki! » tout le temps.

Cependant, je devais admettre que nous couvrions pas mal de terrain à cette vitesse.

« Hey, Seryanna ? » avais-je appelé.

« Qu’est-ce qu’il y a ? » avait-elle demandé en s’approchant de moi.

« Pourquoi ne nous déplaçons-nous pas comme ça dès que tu as su que j’avais la force de le faire ? »

« C’est une partie beaucoup plus sûre de la forêt parce qu’elle est plus proche de la ville. À l’époque, nous ne pouvions pas nous déplacer ainsi même en le voulant. Les araignées étendent leurs toiles à travers la forêt. Il est généralement compliqué de les voir depuis le sol, mais elles sont là-haut, crois-moi, » avait-elle expliqué.

« Tu as appris ça à la dure ? » avais-je demandé en haussant un sourcil.

« Oui. La première fois que j’ai traversé cette partie de la forêt, j’ai sauté directement dans une toile d’araignée. Si je n’avais pas utilisé un sort de feu pour me frayer un chemin, je serais peut-être devenue un déjeuner, » elle laissa échapper un soupir.

« Cela à l’air d’avoir été dure, mais qu’est-ce que ces araignées mangent habituellement ? » demandai-je avec curiosité.

« Des sauterelles géantes qui vivent au sommet des arbres et les différents monstres de la zone. Elles préfèrent cependant la viande de dragon. C’est pourquoi les aventuriers courent un terrible danger s’ils n’ont pas de cristal de protection, » avait-elle expliqué.

« Ou 100 points de chances, » ajoutai-je en souriant.

« Ou ça. » Elle sourit et s’éloigna de moi.

Nous avions continué à ce rythme pendant environ deux heures jusqu’à ce que je commence à me sentir vraiment fatigué. Seryanna n’avait même pas une goutte de sueur, mais j’avais été surpris d’avoir réussi à courir pendant deux heures d’affilée, sans parler du fait que je sautais comme un héros.

Je pensais que nous allions nous arrêter et faire une pause, voyant que je souffrais comme un fou, mais Seryanna s’approcha de moi et me tendit une étrange fiole verte.

Identificus Processus Juridicus : activé.

Faible potion d’endurance : Une potion de faible rang principalement utilisé pour restaurer la fatigue après un effort. Si utilisé plus de trois fois en un jour, peu causé des effets secondaires tels que : vomissements, somnolences, douleurs musculaires, diarrhée, maux de tête. Barmar : potion de qualité inférieure à base : d’herbe Synger, tomates, eau bouillie et guano. Outils nécessaires : un simple laboratoire d’alchimie.

Je plissai les yeux sur la fiole, puis sur Seryanna.

« Tu veux que je boive cette déjection de chauve-souris ? » avais-je demandé.

« C’est une potion d’endurance. Ça a mauvais goût, mais ça va te permettre de récupérer, » expliqua-t-elle.

Avec un gémissement, je l’avais pris de sa main et l’avais avalé d’une traite. Le goût était simplement horrible, et je devinais que les tomates étaient utilisées pour humidifier la potion, mais je ne pouvais dire si c’était efficace ou non.

« Quand même, guano ? Bleah ! » avais-je dit en sortant ma langue.

« Guano ou déjection de chauve-souris comme on l’appelle est saint lorsqu’il est bien préparé et aussi longtemps que ça ne vient pas d’une chauve-souris vampire, » expliqua-t-elle avant de stocker la fiole vide dans son anneau.

« Je vois… Toujours aussi dégoûtant ! »

« Hehe ! Pas tant que ça. Tu t’y habitueras. Au fait, comment as-tu trouvé les ingrédients ? » m’avait-elle demandé avec curiosité.

« Une nouvelle compétence appelée Barman. Cela me permet de faire n’importe quelle sorte de potion et de reconnaître ce qui est utilisé pour faire une potion. Jusqu’ici, je ne peux que faire des potions de qualité inférieure ou du moins, c’est ce qui est dit. » j’avais parlé en essayant de m’enlever ce mauvais goût.

« Intéressant. Tu pourrais gagner de l’argent si tu entraînes cette capacité, » me déclara-t-elle avant de recommencer à courir dans la forêt.

J’avais soupiré et l’avais suivie. Après deux longs sauts, je l’avais rattrapée.

Au bout d’une heure ou deux, nous atteindrons finalement ce qui semble être la civilisation, une route. Il n’y avait pas d’asphalte, c’était un chemin de terre, mais comme il n’y avait pas d’herbe, je pouvais dire que celle-ci était souvent utilisée. Des traces de calèches et quelques traces d’armures lourdes semblables à celle de Seryanna pouvaient être vues.

« De là, nous n’avons plus besoin de sauter. Nous devrions atteindre la ville aujourd’hui, » m’avait-elle dit.

« En fait, quel est le nom de la ville ? » demandai-je.

« Andromède, » m’avait-elle répondu.

« Je vois… attends quoi ? Andromède ? Es-tu sûre ? » J’étais confus par le nom parce que pour moi c’était le nom d’une galaxie.

« Oui, » elle fronça les sourcils vers moi.

« Ton grand-père ne vit pas dans une ville ? » demandai-je en essayant d’éviter toute question concernant les raisons pour lesquelles je trouvais le nom de la ville étrange.

« Oui, la ville de Tomeron est à une heure d’Andromède. Nous devons y faire un arrêt pour louer un Khosinni, » avait-elle expliqué en commençant à se diriger vers la ville.

Je l’avais suivie et lui avais posé des questions sur la ville ainsi que ce que je devais et ne devais pas faire. Apparemment, tant que je ne mentionnais pas le fait que j’étais d’un autre monde, tout allait bien se passer. Pour l’instant, nous allions utiliser l’excuse que j’étais engagé pour ma capacité à identifier les plantes. Une fois à l’intérieur de la ville, Seryanna avait décidé de ne pas perdre de temps et d’aller directement à la maison de son grand-père dans la ville de Tomeron. Je comptais la suivre parce qu’elle était ma bouée de sauvetage pour survivre dans ce monde et certainement pas parce que j’avais des vues sur elle.

La ville d’Andromède était une ville d’aventurier avec un petit donjon, tandis que Tomeron était une ville agricole produisant des légumes de base ainsi que des fruits. Cette ville survivait principalement avec le commerce avec Andromède et les villes proches. Comme les dragons n’utilisaient pas d’esclaves, ils comptaient surtout sur le travail loué, ce qui pouvait même être fait par des aventuriers errants. L’art était vendu à un prix élevé, et c’était considéré comme du luxe, et c’était à peu près tout ce que Seryanna pouvait expliquer sur le fonctionnement interne des deux.

Une autre chose que j’avais découverte était qu’un Khosinni était un cheval à six pattes capable de courir à la même vitesse que nous, mais pendant une plus longue durée. Je voulais vraiment en voir un maintenant. Ils me rappelaient les montures du jeu auquel je jouais, Dragon Hunter.

Une heure plus tard, nous avions ralenti le rythme et avions marché normalement afin de pouvoir reprendre mon souffle. La différence de force et d’endurance était évidente vu que Seryanna n’était pas essoufflée ni ne montrait de signes de fatigue.

« Donc, c’est tout ce à quoi je devrais faire attention ? » demandai-je après quelques minutes.

« Le serpent dans les buissons là. Son venin est très agaçant même pour un dragon, mais je comprends que ce soit mortel pour les humains, » répliqua-t-elle en pointant dans sa direction.

La créature était là en effet, un serpent d’un mètre de long avec trois cornes au sommet de sa tête avec des écailles noires comme du charbon. Cela ne nous avait pas dérangés et pour autant que je puisse le dire, il nous évaluait comme une proie potentielle.

En plissant mes yeux, j’ai dit. « Merci, mais ce n’est pas ce dont je parlais. »

« Alors quoi ? » demanda-t-elle en fronçant les sourcils et me regardant à nouveau.

« Je parlais de problèmes possibles que je pourrai rencontrer dans la ville. Tu ne m’as rien dit à propos de trucs comme ça. Ai-je besoin de faire attention aux voleurs, à certaines personnes étranges, ou à quelqu’un ayant une crête ? Des trucs comme ça ? » demandai-je en levant un sourcil.

« Oh ! » Elle cligna des yeux. « Juste des voleurs. J’ai dit que j’ai été volé plusieurs fois, n’est-ce pas ? Il y en a beaucoup dans Andromède, mais moins dans Tomeron. Depuis que j’ai coupé la main d’un voleur quand je l’ai attrapé, il y a eu moins de tentatives de vol sur moi, » avait-elle expliqué en souriant.

« Je comprends. Ça semble raisonnable. Attend quoi ? Tu lui as coupé la main ? » avais-je demandé pour confirmer.

« Oui. » Elle hocha la tête.

J’avais dégluti et me rappelai qu’elle était chevalière dans un monde médiéval. Son devoir exigeait qu’elle soit à la fois juge et partie pour ceux qu’elle prenait en flagrant délit.

« Je me demande ce que tu ferais si tu attrapais quelqu’un qui essayez de te toucher les seins ou les fesses ? » avais-je demandé à voix haute alors que j’aurais dû juste me le demander intérieurement.

« Pas grand-chose. Tant que je ne suis pas la femme d’un autre dragon, je suis considérée comme une possible candidate à l’accouplement. Cela est arrivé une ou deux fois, mais comme je ne suis pas encore éveillée, je ne suis pas aussi belle que je le serais à leurs yeux. D’ailleurs, je ne les ai jamais laissés avoir plus d’un contact avant que je ne menace de casser leur corps en deux, » expliqua-t-elle en haussant les épaules.

« Ces hommes doivent avoir les yeux pourris ! Tu es déjà incroyablement belle ! » avais-je déclaré en levant le doigt, tout en essayant d’ignorer le danger possible si je ne me comportais pas comme un gentleman envers Seryanna.

« Hehe ! Merci, mais je crois que ce n’est que l’effet secondaire de tes capacités, ou tu ne demandes pas grand-chose chez une femme, » répondit-elle en souriant.

« Non non non ! Crois-moi quand je dis cela, mais même une star de cinéma se sentirait menacée par ta beauté ! Tu es forte, gentille, juste et attentionnée aussi ! Je veux dire, tu as sérieusement de très importants points charmants en ce moment, » affirmais-je en marchant vers elle puis en reculant.

Elle cligna des yeux de surprise quand elle m’entendit et rougit un peu. Je pense que je commençais à gagner quelques points avec elle, peut-être que j’avais même levé un drapeau ? Bien, je l’aimais, même si l’amour était un mot un peu trop grand. Tomber amoureux d’elle en moins d’une semaine après être arrivé dans ce monde était un peu bizarre, peut-être ? D’ailleurs, papa m’avait toujours dit de complimenter une fille le plus souvent possible, mais jamais un compliment vide de sens. Elles avaient un radar intégré pour ce genre de choses appelé l’intuition féminine.

« Merci, je suppose, mais tu devrais... » Avant qu’elle ne finisse sa phrase, j’avais trébuché sur quelque chose.

Ça ne m’avait pas fait mal, mais j’étais sur le dos, avec les pieds en l’air.

« BAAAA! » fit le mouton en s’éloignant.

« Qu... » dis-je, un peu confus.

« Tiens. » Elle m’avait offert sa main et m’avait aidé à me relever. « Vas-tu bien ? » demanda-t-elle un peu inquiète.

« Je vais bien, merci… Le mouton doit être un vagabond ou quelque chose comme ça. Y a-t-il un troupeau à proximité, je me le demande, » répondis-je en époussetant mes vêtements.

« Non, ce n’est pas un mouton apprivoisé. C’est un mouton farceur qui vit dans la nature. Bien qu’il puisse manger de la viande, ils n’attaquent rien d’autre que les loups errants, » avait-elle expliqué.

***

Partie 2

« Dans ce monde, les moutons attaquent les loups, pas l’inverse ? » Demandai-je.

« Oui. Un loup peut abattre un mouton, mais seulement en meute. »

« D’accord, mais pourquoi est-ce qu’on l’appelle mouton farceur ? » Demandai-je en levant un sourcil.

« Ils ont l’habitude de s’approcher des aventuriers et de leur faire des farces. Ils sont inoffensifs la plupart du temps et fuient avant que quelqu’un puisse les attraper. »

« Alors, si les loups font partie du régime alimentaire d’un mouton, qu’est-ce qu’ils mangent ici ? »

Nous avons recommencé à marcher.

« Des racines, champignons, parfois des moutons, des aventuriers, des lapins et des coléoptères. »

« Des racines et des coléoptères ? »

« Oui. Les coléoptères sont plutôt gros, presque trois mètres, mais très lents. » Elle secoua la tête.

« Je vois... »

Ce monde est très étrange. Je n’ai jamais entendu parler de mouton chassant des loups sur Terre. En fait, c’est impossible ! Ce sont des herbivores fragiles ! Me suis-je dit.

Avec mes connaissances sur la chaîne alimentaire naturelle brisée par ce que je venais d’apprendre, j’avais continué à débattre sur ce que je devais entreprendre dans la ville et plus tard. La première chose qui me vint à l’esprit fut le danger potentiel de ces voleurs mentionnés par Seryanna, mais je priai simplement pour qu’ils ne nous voient ou ne nous prennent pas pour cible comme aujourd’hui. Il aurait été vraiment dommage de perdre toutes ces herbes rares que nous avions récupérées, en particulier les champignons.

Après une demi-heure, nous avions recommencé à courir, mais avant que nous n’entrions en ville, je voulais lui proposer quelque chose.

« Seryanna ? » avais-je demandé.

« Oui ? » Elle me regarda.

« Penses-tu qu’il serait plus sûr de me donner la bague ? Avec ma chance, je suis sûr de ne pas me faire voler, mais tu as dit que cela t’était arrivé plusieurs fois déjà. »

Elle m’avait regardé un moment puis l’anneau. C’était un mouvement plutôt risqué de son parti vu qu’elle ne me connaissait que depuis quelques jours, mais elle était mon amie et elle connaissait aussi mes capacités. Sans elle, j’étais comme un navire échoué au fond de l’eau.

« Très bien, tiens ! » Elle l’avait enlevée et me l’avait donnée.

Je l’avais placée dans ma poche et y avait ajouté quelques feuilles d’épices dessus que nous avions trouvées dans la forêt. De cette façon, l’anneau était quelque peu protégé. Il ne me restait plus qu’à souhaiter que je ne me fasse pas voler et que notre voyage à travers la ville se termine en toute sécurité. De cette façon, mes 100 de chances avaient été activées au lieu des 12 de chances de Seryanna.

Quelque temps plus tard, environ deux heures, nous étions finalement arrivés devant les portes de la ville d’Andromède. J’étais en train de transpirer comme un cheval, mais tout allait bien, vu que nous l’avions atteint à temps.

« Nous sommes enfin là, » avait déclaré Seryanna, qui ne transpirait pas du tout malgré le fait de porter plus de vêtements que moi.

« Comment… Huff! Huff! Comment se fait-il que tu ne sois pas fatiguée ? » Demandai-je en me reposant.

« C’était juste un léger jogging pour moi. » Répondit-elle comme si c’était du bon sens, et je restais là avec une expression interrogative sur mon visage.

La ville elle-même n’avait pas beaucoup de grands immeubles. Pour une raison ou une autre, je m’attendais à ce qu’il y ait d’énormes bâtiments pouvant accueillir des dragons, mais je pouvais voir plutôt des bâtiments en pierre ayant deux étages maximum. L’architecture était étonnamment familière et semblable à celle de l’Europe médiévale, du moins autant que je puisse dire à partir des toits surgissant derrière le grand mur de pierre.

La porte de la ville elle-même était une porte coulissante en bois derrière le mur. Elle n’était pas faite de métal ou quoi que ce soit, mais les gardes à l’avant semblaient plutôt forts. Soit ça, soit ils étaient tous deux grincheux et aimaient regarder les gens. En ce qui concerne leurs regards, ils étaient à peu près des personnages anthropomorphes typiques que je voyais souvent dans les jeux : demi-dragon. Ils avaient une paire d’ailes sur le dos, de grandes têtes de dragons, et ils faisaient facilement deux mètres de haut. La couleur de leurs écailles était respectivement verte et bleue. En ce qui concerne les armes, ils utilisaient la combinaison épée et bouclier classique.

« Tu vois ces deux-là ? » Demanda Seryanna.

« Difficile de les rater, mais oui, » avais-je répondu.

« Ils sont dans leur forme demi-dragon. C’est une exigence pour tous les gardes de pouvoir au minimum utiliser cette forme. Cependant, ils sont beaucoup plus faibles que moi, » expliqua-t-elle, et je levai un sourcil vers elle.

Si ces deux dragons sont plus faibles que toi, quelle est exactement la norme ? Je suis confus… pensai-je, mais je me forçais à ne pas poser la question. Je devais me rappeler que j’étais en présence d’une chevalière et non d’un garde.

« Belle journée, Sire Seryanna ! Que les étoiles brillent au-dessus de vous ! » déclara le dragon bleu.

« Belle journée, Bob. Nous venons de rentrer de la forêt. Pouvons-nous passer ? » demanda-t-elle poliment.

Bob ? BOB ? Sérieusement ? pensai-je en plissant les yeux vers le dragon.

Il ne ressemblait en rien à un Bob, plus à un Schneider.

« Bien sûr, euh ! Qui est-il ? » demanda-t-il.

« C’est quelqu’un que j’ai embauché pour m’aider à chercher des herbes. Je vais prendre la responsabilité de tout ce qu’il brise à l’intérieur, » avait-elle expliqué.

« Est-ce vrai ? Quel est son nom ? » demanda-t-il.

« Le nom de ce garçon est Alkelios, » avait-elle répondu.

« Très bien, je me souviendrai de son visage et de son nom juste au cas où il se perdrait à l’intérieur. »

« Je vous remercie. Passez une bonne journée Bob et Marley ! » déclara Seryanna en passant à côté d’eux.

Marley? J’avais levé un sourcil à nouveau.

« Vous aussi, Sire Seryanna ! » déclara l’homme aux écailles vertes.

Il me fallait tout mon contrôle pour ne pas éclater de rire en entendant sa voix haute percher. C’était très aigu, presque comme si quelqu’un l’avait frappé dans l’entre jambe, mais peut-être était-ce juste moi. Ils étaient des dragons après tout. Pour les autres, leurs voix paraissaient normales.

Nous avions marché devant les gardes et étions entrés dans la ville dragon d’Andromède. Je me sentais excité, mais en même temps un peu craintif. Bien qu’ils aient l’air humains, aucun d’eux ne l’était. Les écailles, les cornes, les ailes, et les puissantes magies étaient poussées hors de mes pensées.

Dans les jeux fantasy, j’avais l’habitude de voir un simple village rural ou une ville remplie de gens simples. Un gros marchand essayant de me vendre un couvercle de tonneau comme bouclier, un fermier chargeant du foin dans une charrette, un garde patrouillant dans une simple armure de cuivre, quelques enfants courant partout, jouant ; ainsi que d’autres choses comme ça.

Ce que j’avais à la place, c’était une belle dragonne me conduisant à travers une ville remplie de dragons maniant de puissantes magies. La première chose que j’avais vue n’était pas un enfant qui jouait normalement avec un autre, ils jouaient avec une boule de feu en riant. Quand l’un d’eux échouait à l’attraper, la chose explosait, laissant un trou dans le sol, mais ils réparaient ensuite celui-ci. J’avais presque eu une crise cardiaque en voyant cette scène. De l’autre côté, je pouvais voir un marchand qui vendait des armes et des armures, des plus simples aux plus ridicules qui bougeaient et parlaient. En pensant à ma simple épée en acier, je m’étais senti honteux.

« Venez ! Nous avons des armures et des armes de toutes sortes ! Ceci est une lance de rang Empereur avec des enchantements augmentant votre force et votre vitesse ! Ou cette bague de vie ! Quand deux personnes la portent, ils pourront partager leur force de vie ! De plus, elle augmente la récupération et l’absorption magique de votre corps ! Si vous n’aimez pas ça, nous avons ces bottes qui peuvent vous aider à voler ! Bon marché aussi, juste 120 pièces d’or ! » Était la phrase de vente du vendeur.

Que quoi ? Étaient tout ce que je pouvais penser en regardant ces choses.

« Allons-y, Alkelios, » déclara Seryanna quand elle remarqua que je m’étais arrêté pour regarder le magasin.

« Ces choses… Elles sont..., » j’essayai de dire incroyable, génial, mais ensuite elle m’avait dit quelque chose me faisant lever un sourcil.

« Ces choses bon marché ? Si tu veux une armure et une épée, je te présenterais à un ami. Il peut faire des choses vraiment décentes pour un bon prix. Les choses que tu vois là-bas sont pour les débutants, » expliqua-t-elle calmement.

Que… ? Débutants ? CE SONT DES CHOSES DE DÉBUTANTS ? pensai-je.

« Je vois, de même que ton armure, n’est-ce pas ? » demandai-je.

« Ne l’as-tu pas encore évaluée ? » m’avait-elle demandé.

« Non, » répondis-je en secouant la tête.

« Fais-le, » déclara-t-elle en souriant.

J’avais dégluti.

En me concentrant sur l’armure qu’elle portait, j’avais activé la compétence Identificus Processus Juridicus.

Armure de grand chevalier dragon : armure de dragon ayant été faite par un forgeron légendaire. Ne peut être porté que par les Chevaliers de la famille Royale du Royaume d’Albeyater. Statistiques spéciales : Augmentation de toutes les statistiques par 50 %, immunité aux hautes et basses températures, immunité au sort de contrôle d’esprit, augmentation de la régénération magique de 25 %. Capacité spéciale : Réduction du poids de 35 %, augmentation des dégâts d’attaque de charge, absorption magique des attaques magiques par 10 %, buff de protection (absorbe les dégâts de 10 %), télépathie avec les membres de la famille royale pour laquelle le poteur a juré fidélité.

« C’est de la triche..., » déclarai-je en voyant la liste interminable de statistiques et de capacités ajoutées.

Il n’y avait pas d’effets négatifs, seulement des bonus et assez ridicules en plus. En y pensant, cela aurait pu expliquer pourquoi elle pouvait courir pendant si longtemps sans montrer le moindre signe de fatigue. Là encore, elle allait probablement plus lentement qu’elle ne le faisait habituellement à cause de moi. Cela me faisait plaisir, mais en même temps, je me sentais mal de la ralentir autant.

Hm, je suppose que ce que j’ai vu dans sa fenêtre de statistiques est ses statistiques sans l’effet de l’armure. Pensais en soupirant, je baissais la tête et avais dit. « Je suis désolé ! »

Elle cligna des yeux, confuse. « Pourquoi ? »

« Eh bien, en regardant tes statistiques et celle de ton armure, j’ai réalisé que je t’ai probablement beaucoup ralenti. Tu m’as aidée alors que tu aurais pu me laisser là-bas. Une fois de plus, merci, et je suis désolé pour mon manque de pouvoir, » avais-je dit du fond du cœur.

« Tout va bien, Alkelios. » Elle me fit un sourire et me tapota l’épaule. « Je sais bien ce que signifie d’être faible. Mais cela ne signifie pas que tu resteras toujours à ce niveau. Avec mon aide, tu deviendras sûrement un grand et puissant guerrier ! »

« Et à ce moment, sortiras-tu avec moi ? » demandai-je en plaisantant.

« Ne sommes-nous pas dehors ? » demanda-t-elle en inclinant la tête et en fronçant les sourcils.

« Je veux dire comme un rendez-vous, devenir un couple, » avais-je expliqué, mais la blague avait déjà disparu.

« Oh ! Hehe ! On verra. Peut-être que si la princesse t’approuve, je te donnerai une chance, » rigola-t-elle.

Il y avait une chance que ce soit une blague, mais ça ne m’aurait pas dérangé que ça ne le soit pas. L’idée d’avoir une petite amie me rendait vraiment nerveux pour une raison étrange, mais pour l’instant, j’étais juste son ami.

« Je m’en souviendrai ! » déclarai-je en lui faisant un sourire avant de poursuivre notre promenade dans la ville.

Une autre chose qui m’avait surpris était la quantité d’aventuriers et les différentes armures de chacun. Bien que certains semblaient assez étranges, ils pouvaient les utiliser en combat de ce que j’en voyais. Les femmes ne portaient aucune armure fine ou de bikini métallique. Les hommes ne portaient pas d’armures encombrantes ni avec des effets étincelant autour d’eux. Au contraire, elles semblaient être enchantées pour permettre de se camoufler. Quant aux armes, elles semblaient étranges et incroyables en même temps.

L’arme la plus étrange que j’ai vue était probablement une épée avec une poignée en métal, et une lame faite de roches rouges flottantes maintenues ensemble par une brume rouge. Deux cristaux verts flottaient autour d’elle, probablement comme une décoration ou un bout de l’arme elle-même. Pendant un moment, je pensais que c’était juste une arme fantaisiste ne pouvant pas faire de mal à une fleur, mais l’aventurier la brandissant avait démontré son tranchant. Il l’avait fait traverser un lingot de fer comme si de rien n’était.

« C’est une épée Clayer. C’est très efficace et à la capacité unique de passer d’une arme de coupe à une arme contondante si tu utilises les bons mots, » avait expliqué Seryanna.

« Incroyable..., » marmonnai-je.

« Si tu veux, la prochaine fois que nous reviendrons dans cette ville, je t’expliquerai tout ce que tu veux, mais nous devrions nous dépêcher maintenant si nous voulons atteindre Tomeron. » A-t-elle dit.

« Ce serait génial, eh bien…, à moins que cela ne soit trop gênant pour toi ? » répondis-je

« Ce ne le sera pas, surtout si j’ai le temps, » répondit-elle en souriant.

Je continuais de regarder autour de moi, mais partout où je me tournais, je ne pouvais m’empêcher de me sentir surpris par tout ce que je voyais. Chaque fois que je fixais trop quelque chose, Seryanna me donnait une brève explication. J’avais fini par m’excuser chaque fois d’être captivé par des choses comme ça. Cela ne la dérangeait pas, et c’est ainsi que j’avais appris que les dragons aimaient les animaux de compagnie, particulièrement les monstres difficiles à apprivoiser. Apparemment, cela était fait via un sort de télépathie. Le maître parlait avec le monstre jusqu’à ce que celui-ci accepte de signer le contrat.

« En as-tu un ? Un animal de compagnie, je veux dire, » avais-je demandé.

« Tu es assez drôle. Peux-tu être considéré comme un ? » plaisanta-t-elle.

« Cela dépend du traitement, » répondis-je en lui tirant la langue.

« Hehe, j’en ai un, c’est un écureuil. »

« Mignon, » avais-je dit. Mais je m’étais souvenu que dans ce monde, les moutons chassaient les loups. « Euh… à quoi ressemble-t-il ? » demandai-je juste pour être sûr.

« Hm, et eh bien, il est doux. Il a une grande queue, des dents pointues et fait environ 60 centimètres. Oh, et il aime chasser des rongeurs, » avait-elle expliqué.

« Hein ? » J’avais levé les sourcils, et c’était tout ce que je pouvais faire à ce sujet.

Je me demande si c’est le continent dragon ou quelque chose de général dans ce monde ?

« Quand nous atteindrons la ville, je peux t’emmener dans une animalerie et tu pourras en obtenir un. Qu’en penses-tu ? » Suggéra-t-elle.

« Cela semble bien… » Répondis-je.

Note à soi : Le continent dragon est la version de ce monde de l’Australie. En fait, comparée à elle, l’Australie semble inoffensive… Pensais-je.

En continuant de marcher, nous nous approchions de l’autre côté de la ville, où nous devions louer deux Khosinni. Bien sûr, j’avais déjà eu la chance d’en voir un, et cela semblait intimidant. La seule chose que Seryanna ne mentionnait pas à leur propos était leur taille et leurs paires d’yeux supplémentaires au-dessus de ceux d’un cheval typique. Ils avaient l’air forts, mais j’étais petit comparé à eux.

Je ne peux attendre d’en monter un ! Me dis-je excité.

En fait, qui ne serait pas excité d’avoir à montre un cheval géant à six pattes et quatre-yeux ? Il avait l’air incroyable et cool.

Une autre pensée me traversa l’esprit. Quelque chose que je voulais essayer depuis que je savais que nous allions atteindre la ville. C’était quelque chose sur laquelle ma chance pourrait être testée. Bien sûr, c’était une chose ridicule, mais j’étais curieux, très curieux à ce sujet.

Devrais-je ? Pensais en déglutissant.

Qu’y avait-il à perdre ?

« Seryanna ? » avais-je appelé.

Elle s’arrêta et me regarda.

« Je veux essayer quelque chose avec ma chance, quelque chose qui peut être drôle ou stupide..., » l’avais-je prévenue.

« Est-ce dangereux ? » demanda-t-elle en fronçant les sourcils.

« Uniquement si tu étais ma femme, » plaisantais-je

« Alors je suppose qu’il est sûr d’aller de l’avant aussi longtemps que cela ne met pas moi ou quelqu’un d’autre en danger, » déclara-t-elle en haussant les épaules.

« D’accord, alors commençons..., » répondis-je en fermant les yeux et en pensant à une jolie fille tombant du ciel dans mes bras, maintenant ! J’avais répété plusieurs fois cette demande puis avais ouvert les yeux.

C’était un beau ciel bleu clair. Pas même un nuage en vue.

« Eh bien ? » Demanda Seryanna.

« Je pense que j’ai échoué... »

« Alors, nous devrions y aller. » Elle hocha la tête et se retourna.

Juste à ce moment, j’avais entendu quelque chose derrière moi.

« Attention en bas ! » C’était la voix d’une fille.

Avec un sourire, je m’étais retourné et avais levé les yeux. J’espérais voir une jolie fille dans une robe tomber du ciel. Ensuite, je devais juste l’attraper comme un vrai chevalier en armure brillante à moins que Seryanna ne prenne la vedette. Malheureusement, de ce que je pouvais en voir, c’était l’armure d’un grand et gros dragon noir.

« Oh merde..., » soupirai-je.

« BOUCLIER ! » avait crié Seryanna, en jetant un sort sur moi.

La chose suivante dont je me souviens était d’être plaqué sur le sol par ce dragon. En ouvrant lentement les yeux, je vis un tas d’écailles noires qui me couvraient, et la seule chose qui me séparait du poids était une fine couche de magie.

« Je vais bien ! » criai-je. Mais ensuite, cela avait craqué.

« Oh, oh... »

Le bouclier s’était brisé et le poids du dragon noir était arrivé sur moi avec un bruit sourd. J’avais entendu quelque chose craquer, et une douleur terrible était apparue dans ma main gauche.

« Je ne vais pas bien ! Je ne vais pas bien ! Oh, mon Dieu ! Ça fait mal, » gémis-je en dessous.

« Ah ! Pardon ! Désolée ! » s’excusa la dragonne au-dessus de moi.

***

Chapitre 11 : Ma lutte avec le Khosinni

Tout ce que je pouvais dire, c’est que chaque os de mon corps me faisait mal comme si un dragon m’avait marché dessus. Eh bien, techniquement parlant, elle était tombée sur moi après que j’avais fait le mauvais souhait dans ma tête. Ces 100 de chances n’étaient pas du tout fiables quand on en avait le plus besoin. Pourquoi une jolie fille-chatte à gros seins ne pouvait-elle pas tomber à la place ? Je voulais crier cela à haute voix, mais une certaine dragonne me lançait un étrange regard menaçant.

« Pour une raison quelconque, je veux maintenant te frapper, » avait déclaré Seryanna.

« L’intuition d’une femme est effrayante, » avais-je dit à voix basse. « Aie ! Ça fait mal ! » m’étais-je plaint à l’autre dragonne, qui se tenait à ma droite.

« Je suis désolée ! Je ferais de mon mieux ici, mais la magie de guérison n’est pas mon fort ! » se plaignit-elle.

La fille en question était l’image même de la lolita gothique : de cheveux noirs, longs et bouclés, robe noire à froufrous, maquillage épais, bottes noires à talons hauts, et pour couronner le tout, elle avait aussi de longues canines pointues et des yeux de dragons noirs. Sa queue était couverte d’écailles noires d’un bout à l’autre, ou du moins, le pensai-je, puisque je ne voyais que le bout de sa queue qui sortait de sa robe.

Quant à savoir qui elle était... cette fille à l’allure d’adolescente n’était autre que la dragonne qui m’était tombée dessus. Et bien, techniquement parlant, le souhait s’était réalisé, mais les détails étaient plutôt sommaires. Je veux dire, pourquoi sous forme de dragon ? Pourquoi tombait-elle en premier lieu ? Les dragons n’étaient-ils pas capables de voler naturellement ?

De telles questions se frayaient un chemin dans mon esprit, bloquant ma logique. Bien sûr, je m’inquiétais aussi de l’avoir involontairement blessée en faisant ce vœu, et c’est peut-être pour cela que Seryanna me regardait fixement en premier lieu.

« Mais mon garçon, quelle chance dois-tu avoir pour que j’atterrisse sur toi… ? » déclara la fille en continuant de se concentrer sur la lumière verte émanant de ses paumes et entourant ma blessure.

« Oui, quelle chance doit-il avoir ? » déclara Seryanna en plissant les yeux vers moi.

« Techniquement parlant..., » répondis-je en levant un doigt, mais en regardant entre la fille gothique et le chevalier, j’avais l’impression que je finirais mieux si je gardais ma bouche fermée.

« Hm ? » La jeune fille cligna des yeux de surprise puis nous regarda tous les deux.

Un seul moment passa avant qu’un sourire espiègle n’apparaisse sur son visage.

« Douce sœur, puis-je te demander qui est ce monsieur ? Fufufu ! »

Seryanna croisa les mains sur sa poitrine et détourna les yeux. « Juste… un ami. »

« Oh ? Vraiment ? » demanda-t-elle en faisant un sourire jusqu’à ses oreilles.

« Attends… sœur ? » avais-je demandé une fois que mon cerveau avait réalisé la signification de ce mot.

« Oui ! Oui ! Je m’appelle Thraherkleyoseya Draketerus ! Je suis la petite sœur de Seryanna Draketerus ! » déclara-t-elle fièrement. « Mais tu peux m’appeler Kléo ! Alors..., » elle se rapprocha de moi et me regarda dans les yeux. J’avais rougi. « Quelle sorte de culotte penses-tu qu’elle porte en ce moment ? » demanda-t-elle soudainement.

« Blanche, peut-être ? » j’avais immédiatement couvert ma bouche avec ma main et quand je l’avais regardé, j’avais vu la chevalière me regarder avec une contraction de l’œil.

J’avais dégluti.

« Oho? Blanche, hum ? » Elle faisait craquer ses jointures.

« Eh bien, il a raison ! Je sais avec certitude que la plupart de tes culottes sont blanches, » Kléo déclara soudainement ça avec un haussement d’épaules comme si ce n’était pas grave de révéler des détails intimes sur quelqu’un au milieu de la rue.

Cette phrase lui avait valu un coup de poing sur la tête.

« Oh ! Pourquoi moi aussi ?! » me plaignis-je en frottant ma tête.

« Tehe! » Kléo sortit sa langue.

Pourtant, quelque chose était très faux ou étrange. La chevalière fière et respectueuse avait une sœur pervertie qui s’habillait de manière gothique et qui était aussi une dragonne noire.

Mais… Mais comment une telle chose est-elle possible ? C’est comme une scène prise directement d’un animé ! pensai-je en regardant les deux filles.

« Bon sang ! Grande Sœur, tu es toujours si méchante et grincheuse ! Je t’ai dit que tu avais besoin d’un homme pour t’aider à te détendre de temps en temps, » elle me fit alors un clin d’œil après avoir dit ça.

Attends ! Est-ce qu’elle me dit ce que je pense qu’elle vient de me dire ? pensais-je en clignant des yeux, tandis que Seryanna rougissait.

« Kléo..., » déclara la dragonne en s’abstenant de la frapper à nouveau.

« Peu importe ce que tu dis, je suis éveillée, Grande Sœur ! » La fille gothique déclara fièrement et gonfla sa poitrine. « Ou plutôt devrais-je être celle qui t’appelle petite sœur ? Hmm ? Fufufu ! » Elle sourit malicieusement. « Alors, je peux faire ça et ça… Hehehe..., » gloussa-t-elle avec un regard pervers.

« Kléo. » Seryanna était prête à exploser de fureur.

J’avais dégluti et pris du recul.

« Eh bien ! Ne t’inquiète pas, avec mon expertise, tu vas certainement atteindre ton premier point culminant (orgasme, mais bon) ! » déclara-t-elle avec un regard de sympathie dans les yeux.

Un des gardes à l’extérieur qui passait nous entendit et, après avoir jeté un coup d’œil à l’expression de colère de Seryanna, s’arrêta et recula soigneusement.

« Kléo l’a à nouveau fait ! » déclara une autre personne quelque part derrière.

Pour une raison quelconque, les gens s’éloignaient du duo. Par réflexe, je reculai aussi. Quelque chose me disait que j’allais voir des feux d’artifice, et cela n’avait rien à voir avec une certaine chanson.

« Hm ? Qu’est-ce qui ne va pas Grande Sœur ? Pourquoi es-tu si rouge ? Peut-être que tu es excitée ? Eh ? » demanda Kléo juste avant que Seryanna ne prenne la jeune fille par le cou et la regarde dans les yeux. « Euh..., » déglutit-elle. « Grande Sœur ? Gentille sœur ? Tu veux un festin ? » L’œil de Seryanna se contracta à nouveau, elle était prête à exploser. « Si tu veux une paire de culottes différentes, je connais quelqu’un qui peut en faire une transparente ! » déclara Kléo en souriant.

Ce qui arriva ensuite fut de voir une chevalière dragonne en colère claquer une dragonne éveillée au sol une fois, deux fois, trois fois puis l’envoyer dans les airs, juste avant de lui lancer six boules de feu successives. Un cratère était apparu là où Kléo avait été claquée sur le sol, et rien d’autre que de la fumée ne pouvait être vu d’elle après qu’elle ait été touchée par l’attaque magique.

La pauvre dragonne était partie entourer de flammes puis était tombée sur le sol comme un aliment trop cuit. Cependant, étonnamment, elle était à peu près indemne, et sa robe n’était que légèrement brûlée, en sachant ce qu’une de ces boules de feu pouvait faire à un loup noir de la forêt Séculière. Cela seul me permettait d’apprendre quelque chose d’important : Kléo avait soit une endurance plutôt élevée face aux attaques, soit ses vêtements étaient très résistants au feu.

Pourtant, cela n’empêchait pas la pauvre fille perverse de se faire assommer avant même qu’elle ait eu la chance de lancer un sort ou de se transformer en dragon. En y pensant, mes bras et mes côtes me faisaient encore mal. La guérison était probablement à moitié finie, ou elle était une mauvaise guérisseuse pour commencer. En tout cas, je devrais demander une autre potion à Seryanna, si elle n’était pas aussi fâchée contre moi, mais j’étais juste une victime des singeries de sa sœur, non ?

Après avoir dégluti, je m’étais prudemment approché.

« Euh..., » avais-je dit.

« Qu’as-tu souhaité ? » m’avait-elle directement demandé.

« Euh… Ma vie sera-t-elle en danger si je réponds ? » demandai-je.

« Ta vie est déjà en danger, » m’avait-elle rappelé en me montrant son poing fermé.

« Eh bien... » Je m’étais mis à réfléchir. « J’ai souhaité qu’une jolie fille tombe du ciel dans mes bras ? » répondis-je finalement.

Elle m’avait regardé pendant un moment avant de dire « Tu es un humain bizarre. » Elle avait mis l’accent sur le mot bizarre.

« Techniquement parlant, elle est plutôt mignonne, » lui avais-je alors dit.

« Il me reste encore du pouvoir magique, » avait-elle souligné.

« Cette fille devrait maintenant se taire. »

« C’est bien pour elle. Maintenant, aide-moi à attacher cette sœur pervertie. Et si tu penses en seconde fois à la mauvaise chose..., » elle me regarda fixement.

J’avais rapidement secoué la tête de gauche à droite, tandis qu’à l’intérieur, je hochais la tête. Avant que mon esprit ne décide d’errer et de repenser à ce que Kléo partageait avec tout le monde dans la rue, j’avais aidé Seryanna à attacher la dragonne gothique et à lui mettre un bâillon, juste pour m’assurer qu’elle ne dise pas plus de choses étranges une fois réveillées.

« Belle prise, Sire Seryanna ! Allez-vous la renvoyer dans la nature ? » un dragon passa, puis il déclara ça en plaisantant quand il la vit.

« Je crains que cela puisse se reproduire, » était sa réponse.

« Normalement, ne devrais-tu pas la protéger ou essayer d’empêcher les hommes de la regarder ? » demandai-je par curiosité.

« Aucun dragon ne souhaite se marier avec elle, » répondit-elle calmement, mais elle avait un regard empli de tristesse dans les yeux en disant cela.

J’aurais voulu demander la raison, mais je craignais que ce ne soit ni le lieu ni le moment pour une telle conversation. De plus en plus de personnes se rassemblaient, cependant, une femme avait dit quelques mots.

« Une chevalière non éveillée et un fléau noir. Quand partiront-elles ? »

Pendant un moment, j’avais pensé que j’avais peut-être mal entendu. Il était impossible que quelqu’un dise des mots aussi haineux envers un chevalier et sa sœur même si elle était perverse, n’est-ce pas ? En regardant en arrière, je ne pouvais identifier celle ayant dit cela, mais si je devais juger par ces mots, alors Seryanna et Kléo ne seraient pas bien vues par les habitants de cette ville.

Discrimination ? Ça ne peut… pensai-je, mais je secouai la tête dans le déni.

Une fois que Kléo s’était transformée en un paquet bien attaché avec un ruban sur le dos, Seryanna l’avait soulevée et l’avait hissé par-dessus son épaule. Nous nous étions tous deux éloignés de la zone de conflits, laissant un petit cratère derrière nous pour que les autres puissent le réparer. Eh bien, rien qu’un peu de magie de dragon ne puisse résoudre, n’est-ce pas ?

Ma curiosité pour les mystères de la ville d’Andromède s’était un peu dissipée, mais j’étais sûr que ça allait revenir une fois dans la ville de Tomeron. Jusque là, nous devions aller louer deux khosinnis. Ces chevaux à six pattes étaient intéressants comme monture, mais je me demandais s’il existait d’autres montures attendant d’être trouvées. Mon imagination m’avait poussé vers une certaine bête spéciale qui était incroyablement dure à trouver et aussi était très dangereuse. Là encore, j’avais aussi ma compétence Coq Rapide, mais je n’allais pas monter un sur ou poulet géant, peu importe sa vitesse. C’était dégradant, peu importe la façon de le voir.

Nous étions arrivés au loueur de khosinnis après environ dix minutes de marche. Certains dragons nous regardaient avec curiosité, principalement Kléo, tandis que d’autres soupiraient ou secouaient la tête. J’avais l’impression que des scènes semblables à celle-ci ou plutôt impliquant les deux sœurs étaient assez communes.

Jusqu’à présent, Seryanna m’était apparue comme ce type de femme forte, fière, loyale, juste, et surtout pas perverse. C’est pourquoi je croyais que sa famille serait similaire et se comporterait un peu de la même manière pour qu’elle ait obtenu le titre de chevalier sans être encore éveillée. Je n’aurai jamais cru qu’elle puisse avoir une sœur comme Kléo. En fait, je n’avais jamais pensé qu’elle aurait un frère ou une sœur.

« Alors, lequel désirez-vous, Sire Seryanna ? » demanda le locataire de Khosinni.

L’homme était un peu plus petit qu’elle, et portait des vêtements épais pour cacher ses écailles brunes. Il était du type anthropomorphe, c’est-à-dire qu’il ressemblait plus à un lézard qu’à un humain.

Les bêtes exposées dans les écuries à côté de lui semblaient assez fortes pour détruire le bâtiment. Elles étaient grandes et couvertes de muscles puissants, hennissant et piétinant le sol constamment. Au moment où j’avais croisé les yeux de l’un d’eux, j’avais dégluti et détourné le regard. La bête renifla victorieuse.

Je viens de perdre face à un cheval… Pensai-je en soupirant.

« Celui-là et celui-là. » Elle pointa deux animaux se trouvant au fond de l’écurie.

Un Khosinni était blanc avec quelques taches brunes, tandis que l’autre avait un pelage tacheté noir et brun. Ils ne semblaient pas très énergiques, mais ils étaient les seuls ne m’ayant pas regardé comme s’ils voulaient me mordre une fois libérer.

« Ah ! Leo et Lichel ! Bon choix ! Ce sera six pièces d’argent ! » Il sourit et se frotta les mains.

« Six ? » Seryanna plissa les yeux en entendant le prix.

Quelque chose n’allait pas.

« Oui, qu’y a-t-il ? » demanda-t-il comme s’il n’avait aucune idée du problème.

« Oui ! C’est six fois le montant que vous m’avez facturé pour la dernière fois que je les ai loués, et ce n’était même pas il y a une semaine, » avait-elle souligné.

« Eh bien ! Mes excuses ! Mais les circonstances demandent un… prix plus élevé. Vous êtes libre, bien sûr, de partir à pied. Pour une dragonne comme vous, je suis sûr qu’un voyage comme celui-ci sera fait en un clin d’œil, » répondit-il en souriant.

En effet, quelque chose paraissait louche. Il nous poussait vers l’idée de ne pas louer chez lui. Un prix élevé en soulignant le fait qu’elle pourrait faire cette distance, vraiment, ça n’avait pas de sens. Un marchand devrait sauter sur l’occasion pour de la monnaie supplémentaire, pas faire comme lui…

À moins qu’il ait plus à perdre qu’à gagner dans cette affaire, mais qu’est-ce que cela pourrait être ? Me suis-je demandé en regardant derrière.

Presque tous les chevaux étaient dans leurs écuries, certains d’entre eux semblaient très agacés et tiraient sur leurs rênes. C’était presque comme s’ils voulaient sortir de là, tandis que d’autres n’avaient rien contre le fait de rester un peu plus longtemps.

« Six pièces d’argent… voilà. » Seryanna dit Seryanna en payant à contrecœur.

Considérant tout ce que nous avions ramassé au retour, sans les restes de ce loup noir, nous en avions plus qu’assez pour épargner un peu, mais ce qui me dérangeait le plus était la raison de l’augmentation du prix. Là encore, il y avait de fortes chances que je ne fasse que trop penser. Peut-être que les taxes avaient augmenté, et qu’il était forcé de le faire afin de faire du profit.

Quand même… six pièces d’argent ? Je n’aimais pas cela, mais Seryanna avait déjà payé.

Alors qu’elle se débrouillait avec beaucoup de facilité pour monter son Khosinni et à poser Kléo dessus, je regardais fixement la grande selle, me demandant comment exactement cela fonctionnait. Pour être honnête, je n’avais jamais fait de cheval. Quand je jouais à dragon hunter, le fait de monter se faisait automatiquement grâce à la touche « action », c’est à dire en appuyant sur E. bien que je l’aie vu dans quelques films, le voir en direct était quelque chose de différent.

« Dépêche-toi, » déclara Seryanna en étant déjà sur sa monture.

« Euh… comment ? » demandai-je en inclinant ma tête en la regardant.

La dragonne leva un sourcil comme si je disais quelque chose d’incroyablement ridicule. Il y avait de fortes chances que je l’avais fait. Comme la plupart des gens de ce monde étaient nés et utilisaient des montures, ils y étaient habitués, ou à tout le moins, à monter. Pour eux, c’était naturel et encore plus pour les dragons ayant une autre forme.

« Je n’ai même pas le permis. Alors sans parler de celui pour monter un Khosinni, », e plaignis-je.

« Je n’ai aucune idée de ce dont tu parles, Alkelios. Attrapez simplement le pommeau de la selle, mets ton pied dans l’étrier et hisse-toi. C’est simple. »

C’est ce qu’elle m’avait dit, et j’ai dit : « Attrape quoi puis quoi ? » répondis-je tout en regardant la selle en étant un peu perplexe.

« Pommeau, » déclara-t-elle en tapotant la partie avant de la selle. « L’étrier. » Elle désignait l’anneau métallique autour de sa botte. « Compris ? » demanda-t-elle en levant un sourcil.

« Peut-être… voyons voir… pommeau… eeeet étrier…. » Quand je m’étais relevé, j’avais utilisé toute ma force et m’étais jeté sur le cheval, mais grâce à l’étrier, j’ai fini par m’écraser au sol, le visage le premier et les pieds pendant.

Le Khosinni avait en me voyant et un garde avait été témoin de ce moment.

« Est-ce que ça va ? » me demanda Seryanna.

« Mon corps oui, mais fierté pas tellement..., » répondis-je.

« Tu as une fierté ? » demanda-t-elle un peu surprise.

« Arg..., » avais-je gémi en luttant pour me sortir de cette situation.

Trois tentatives plus tard, j’avais réussi à monter.

« Je l’ai fait ! » avais-je dit victorieux.

« Partiellement... » répondit Seryanna en montrant quelque chose devant moi.

La bête m’avait fouettée avec sa queue et s’était moquée de moi en hennissant. J’étais sur la selle, mais j’avais réussi à faire l’impossible en m’installant dans le mauvais sens.

Au dernier essai, j’étais correctement assis. Monter sur une bête était différent dans un jeu et dans la vraie vie. Le bouton « Action » me manquait déjà.

« Je vais diriger le Khosinni. Je crains que si je te laisse faire, tu tombes, » déclara la dragonne en attrapant les rênes.

« Très probablement..., » avais-je hoché la tête. Et je lui avais laissé prendre le contrôle de l’animal.

Maintenant, tout ce qui restait était le voyage vers la ville de Tomeron. Avec un peu de chance, nous y arriverons avant le coucher de soleil.

***

Chapitre 12 : En cas de doute, blâmer la chance

Partie 1

En regardant le ciel, je ne pouvais dire l’heure qu’il était. En pensant à cela, ce monde avant plus d’heures que la Terre, alors penser en termes terrestres était un peu faux pour commencer. En regardant derrière, la route était presque vide. Nous n’avions vu qu’une paire de bûcherons grincheux. Je devais le dire, ces deux haches qu’ils portaient étaient assez grandes pour couper un Khosinni en deux. Un arbre n’aurait aucune chance face à un coup direct de l’une de ces choses.

Pendant ce temps, la lolita gothique était encore assommée. Seryanna n’a rien dit à propos de Kléo pendant que nous sortions de la ville, pas même la plus simple explication sur la façon dont elle s’est retrouvée avec une sœur si étrange. Là encore, c’était peut-être une affaire de famille dans laquelle des étrangers comme moi n’étaient pas censés s’immiscer. Techniquement parlant, j’étais son ami et au fur et à mesure que les choses évoluaient, il était fort probable que je finirais par dormir chez elle, et non avec son écureuil carnivore de compagnie.

Après un quart d’heure de voyage sur la route sans rencontrer personne, j’étais impatient de lui poser quelques questions sur Kléo, alors j’ai prié pour qu’il n’y ait pas de problèmes dès que je commencerai à parler.

« Peux-tu souhaiter que nous ne tombions pas dans une embuscade sur le chemin vers la ville ? » Demanda-t-elle soudainement en se retournant, alors que j’avais la bouche ouverte.

« Euh… bien sûr. » Ai-je répondu en pensant ne pas vouloir rencontrer un voleur, un criminel ou un monstre sur le chemin vers la ville de Tomeron ou même dans la ville.

Soudain, une branche était tombée quelque part derrière nous. Je l’avais entendue tomber quelque part dans les buissons et avais tourné la tête par réflexe, mais je n’avais pu déterminer d’où cela venait.

« Tu devrais te souvenir de faire de tels souhaits plus souvent, » gloussa-t-elle.

« Hein ? » Je la regardai, fronçant les sourcils et inclinant légèrement la tête vers la gauche.

À ce moment, je n’avais aucune idée que ce que j’avais entendu plus tôt était une branche étant tombée sur la tête d’un dragon éclaireur. Si ce dragon avait réussi à atteindre son groupe, nous étions sûrs de tomber dans une embuscade. De cette façon, cependant, l’homme était endormi avec une bosse sur la tête, ce qui nous permettait d’éviter une situation dangereuse.

Quelques minutes plus tard, j’avais réussi à retrouver mon courage et je lui avais demandé ça. « Alors, quel est le problème avec Kléo ? »

« Que veux-tu dire ? » Demanda-t-elle en haussant un sourcil et me regardant.

« Son… euh… côté pervers. Est-ce normal ? » avais-je demandé.

« Non. » Elle secoua la tête. « Mais depuis qu’elle s’est éveillée comme une dragonne noire, les choses entre elle et les autres ont été un peu… limites. » Me dit-elle toute en baisser les yeux sur ses rênes et en serrant ses mains sur elle.

Je pouvais dire à l’expression de son visage que c’était une chose très dure à aborder. Cela n’expliquait pas vraiment pourquoi elle agissait comme une perverse, mais mon instinct me disait que les dragons noirs étaient une race spéciale, et peut-être même une race peu appréciée par les autres. Le joueur en moi me disait que j’étais sur le point de soulever quelque chose.

« Tu vois, ma sœur est aussi une nécromancienne..., » dit-elle en me regardant.

Plissant les yeux vers elle, la seule chose à laquelle je pouvais penser était celle-ci : une nécromancienne gothique perverse ? Sérieusement ? Sérieusement ?!

Le combo de coïncidence était très élevé. Soit l’entité semblable à Dieu était en train de jouer avec moi, ou j’avais atterri dans une situation très clichée. Là encore, il y avait des chances que tous ces éléments ne soient que des apparences, des coïncidences à leur meilleur.

« Cool, » répondis-je.

« Cool ? La température me semble correcte. As-tu besoin d’une couverture ? » Demanda-t-elle.

« Hein ? »

Cette fois, j’étais celui étant confus. Il m’avait fallu un moment pour comprendre ce qu’elle voulait dire par ces mots. Mon cerveau avait eu besoin d’un peu de temps pour réagir.

Secouant la tête, je lui ai dit. « Non, c’est une figure de style. Cool comme intéressant. »

Mon explication était un peu vague, puisque je n’avais aucune idée de comment expliquer correctement une expression venant de la Terre. Malheureusement, il ne semblait pas qu’elle comprenne ce que je voulais dire. Eh bien, certaines de ces expressions étaient en effet un peu bizarres, surtout pour quelqu’un n’y étant pas habitué. Ceci, cependant, m’avait fait me demander comment les soi-disant gangsters et les surfeurs faisaient avec leur façon unique de communiquer dans ce monde rempli de gens médiévaux.

Note à soit, ne jamais utiliser d’expression moderne. La population indigène les prendrait au mot près. Pensai-je en essayant de me souvenir d’autres expressions auxquelles je devrais faire attention.

Le voyage sur la route sans personne jusqu’à la ville de Tomeron s’était déroulé sans encombre. Le paysage était magnifique, me permettait de profiter des agréables senteurs de la forêt et de l’équitation. La sœur de Seryanna ne s’était pas réveillée du tout, et nous n’avons rencontré personne de suspect.

Je dois cependant dire, les arbres et plantes autour de cet endroit m’avaient rappelé ceux de chez nous, en Roumanie. Les feuilles étaient semblables à du chêne, mais avaient en même temps des aiguilles de pin, ce que je trouvais plutôt étrange. L’herbe était au moins la même, grandissant comme des pointes vertes sortant du sol.

D’une certaine manière, c’était magnifique et relaxant de voyager comme cela. Ça permettait à mon esprit de se détendre et de réfléchir à d’autres choses que de se demander si je pourrais vivre jusqu’au lendemain. L’une des nombreuses choses que je m'étais demandé au cours de ces deux dernières heures de voyage jusqu’à la ville de Tomeron était le sort de mes compagnons venu de Terre.

D’après l’apparence des choses, j’avais peut-être été le seul envoyé dans cet endroit. Je n’avais pas atterri dans un village de bas niveau ou un endroit sûr, j’avais atterri sur le dos d’un gros boss. Comme si cela ne suffisait pas, il pouvait utiliser la magie élémentaire. Ensuite, il y avait la chose que Dieu nous avait dite avant de nous envoyer dans ce monde. C’était presque comme s’il était sûr que la plupart d’entre nous se retrouveraient dans des endroits relativement sûrs. Ceci signifiait des zones humaines de bas niveau comme des villages ou de petites villes éloignées ou encore dans un endroit éloigné où de grands monstres n’avaient jamais vu le jour.

Alors que je pensais à la raison pour laquelle je m'étais retrouvé dans la forêt Seculiar, je ne pouvais que blâmer ma chance et la compétence Dompteur de Dragon. Bien que cette compétence ait un nom plutôt inapproprié, pour la plupart des situations, elle aurait été inutile. Cette compétence ne fonctionnait que s’il y avait un dragon à proximité pour se lier d’amitié. Considérant ce que Seryanna m’avait dit, les dragons étaient en guerre avec les humains, ce qui signifie que les chances d’en rencontrer un dans un royaume humain étaient proches d’être impossibles.

C’était probablement ma chance qui avait permis de me faire arriver ici. Le second facteur était le danger. Dans ce monde, j’aurai fini par devenir la nourriture d’un monstre si je ne pouvais rencontrer accidentellement une certaine chevalière-dragonne. Son expérience en tant que dragon non éveillé m’avait beaucoup aidé, après tout. Elle comprenait bien ce que c’était d’être perçu comme faible par ceux ayant plus de pouvoir que le sien. Et encore une fois, cela lui avait aussi permis de développer un côté voulant aider les autres. Il y avait une autre chose dont je devais être reconnaissant : sa propre chance et le fait qu’elle ne soit pas considérée comme une beauté par ceux de son espèce. Honnêtement, ces hommes ne voyaient rien s’ils ne pouvaient voir sa généreuse poitrine, son beau visage, ses longs cheveux roux, son magnifique derrière, et surtout sa détermination à obtenir le titre de chevalier sans être éveillée. Eh bien, à propos de la dernière partie, j’en étais plutôt heureux, moins de rivaux desquels s’inquiéter.

En considérant tous ces facteurs, quelles auraient été mes chances de rencontrer une telle beauté et survivre dans ce monde dangereux où les moutons traquent et mangent les loups ? Voilà, où étaient efficaces mes 100 de chances.

Les autres terriens avaient encore probablement du mal à monter de niveau 10, alors que j’étais déjà au niveau 63. C’était littéralement ce que les joueurs appelaient du power-leveling. Étape 1 : rejoindre un groupe puissant. Étape 2 : rester proche d’eux pendant qu’ils tuent des monstres pour soit. Étape 3 : se réjouir de la montée rapide de niveaux.

Mon groupe puissant était Seryanna… et en parlant d’elle, je m'étais rendu compte que je la regardais souvent. Cette femme commençait à avoir un impact sur mon jeune cœur. Eh bien, techniquement parlant j’avais l’âge légal, donc ce ne serait pas un problème… Du moins en Roumanie. Mais oui, mon esprit vagabondait un peu. Il y avait le désir de la voir en chemise de nuit et qu’elle m’embrasse de manière sexy.

Je souhaite vraiment pouvoir voir cela… Pensai-je sans y réfléchir.

Pour me maintenir concentré, j'étais retourné voir mes compétences.

Même si je me sentais un peu inquiet à l’idée de les utiliser, je devais admettre qu’il y avait des choses surpuissantes pour un niveau bas tel que moi.

Yeux de chaton était basiquement la meilleure compétence de surveillance qui pourrait me permettre de devenir espion ou informateur.

Identificus Processus Juridicus était une compétence divine de compétence d’identification.

I R Roboticus ! Était une capacité de triche concernant les minerais.

Barman était une capacité rendant l’alchimie inutile.

Le Coq Rapide était une monture que je pouvais invoquer à souhait, et qui éliminait la nécessité de se préoccuper constamment de payer des frais ridiculement élevés aux locataires de Khosinni, d’un autre côté, invoquer soudainement un poulet géant dans la ville serait un PEU suspect. En plus d’être ridicule, je serai harcelé de questions sûres comment, où et quand je l’ai eu.

Quant à la dernière, les détails le rendaient trop ridicule pour même envisager de l’utiliser à moins qu’une situation désespérée le nécessite. Poulet éclair ! Me permettait d’invoquer un phœnix niveau 999 ! Sérieusement un phœnix ? C’était comme une compétence suprême ou peut-être ultime dans un jeu ! Là encore, cela m’avait appris quelque chose d’intéressant sur le système de montée de niveau.

Dans ce monde, le niveau 1000 n’était apparemment pas le niveau maximum. Les héros, les démons et peut-être même les gens ordinaires de ce monde pouvaient atteindre des niveaux au-delà de 1000. J’avais cette certitude, mais les autres terriens ne le réaliseraient probablement pas s’ils étaient envoyés dans une zone bas niveau. C’était marrant de les imaginer en train d’atteindre le niveau 100 et ensuite invoquer devant eux un monstre de niveau 999.

En fin de compte, je pouvais me considérer chanceux d’avoir ces capacités absurdes, mais mon niveau et mon expérience au combat ne correspondaient pas. Je croyais que c’était à cause des réalisations de Seryanna. Elle avait prouvé que la force, les compétences et le niveau global ne signifiaient pas que l’on était puissant. Ils n’étaient que des as dans la manche, des atouts, cependant, quelqu’un avec une seule compétence, mais beaucoup d’expérience de combat et d’esprit pourrait peut-être permettre de vaincre quelqu’un de bien plus puissant qu’eux.

En d’autres termes, je ne pouvais pas tout faire grâce à ces compétences, du moins, pas encore. Ce monde était différent de celui des jeux où vous aviez la certitude d’aboutir à une bonne fin si vous suiviez un certain chemin. C’était la réalité, rien de ce que nous connaissions et croyions ne pouvait garantir notre avenir, et tout pouvait tourner à 180 ° en un clin d’œil.

Pendant que je pensais à ces sujets déprimants, nous étions arrivés dans la ville de Tomeron. Contrairement à la ville précédente, celle-ci était située entre deux montagnes. Il y avait un champ de 200 mètres entre le bord de la forêt et les murs de pierre de la ville, mais il était beaucoup plus petit que celui de la ville d’Andromède.

***

Partie 2

Une grande tour au milieu était la seule structure dépassant les trois étages, elle atteignait jusqu’à vingt ou trente mètres de haut. Tout autour, il y avait beaucoup d’autres bâtiments plus petits, mais seulement un grand manoir dans la partie extrême nord de la ville. C’était imposant et magnifiquement conçu semblable aux vieilles demeures européennes que j’avais vues sur de vieilles photos ou servant de maisons de mecs riche dans un jeu. C’était impressionnant.

Les champs autour de Tomeron n’étaient pas stériles, la moitié d’entre eux étaient recouverts de grains mûrs et l’autre moitié était couverte d’herbes. C’était un petit pâturage pour nourrir les animaux. C’était assez intéressant de voir ce genre de structure au milieu de la montagne. Il était tout à fait étonnant qu’ils puissent aussi récolter du grain.

Comme nous nous étions rapprochés des champs, j’avais réalisé quelque chose de particulier sur les pointes de grain. Sur leurs pointes, il y avait une perle rouge, me faisant penser que je n’avais pas affaire à des céréales connues de la terre.

Curieux à ce sujet, j’avais utilisé ma compétence d’identification sur ces graines et avais reçu ce message en retour.

(Grianus) : Un type d’herbe médicinale souvent utilisée comme épice pour les aliments. Très commun dans les terres draconiques, mais très rare sur tout autre continent. Composant pour (Potion de soin moyenne).

J’avais cligné les yeux en raison de la surprise. Une fois de plus, j’avais été trompé par les apparences de ce monde. Les anciennes céréales à grains utilisées sur terre étaient en fait d’épices sur ce continent. Cela m’avait fait pousser un soupir surpris, mais en même temps, j’étais curieux de savoir le goût de cela.

« Tu vois ce manoir là-bas ? » Demanda Seryanna en montrant le grand bâtiment de l’autre côté.

« Oui, » avais-je répondu.

« C’est là où vit mon grand-père, » m’avait-elle dit.

« Oh ? Je pensais que ce manoir appartenait au Seigneur de la ville ou à un riche marchand. »

« Grand-père est le Seigneur de la région, » expliqua-t-elle.

« Alors je ne comprends pas pourquoi ce locataire de Khosinni t’a surtaxé ainsi, » dis-je en levant un sourcil.

« Chaque ville dans le Royaume dragon est gouverné par un Seigneur différent. En tant que tels, ils se voient offrir une grande part de responsabilité, mais aussi de nombreux avantages, comme la possibilité de fixer le prix minimum pour tout article vendu sur leurs terres, » avait-elle expliqué.

« Je vois..., » lui dis-je, mais je n’avais pas demandé plus de détails sur leur système politique.

Quelque chose en moi me disait que je m’ennuierais à mourir si Seryanna commençait à les expliquer, bien que cela puisse avoir à voir avec mes mauvaises expériences en cours d’histoire.

Ce qui était surprenant de voir, c’est que les gardes avaient chaleureusement souri en voyant Seryanna. Ils étaient tous les deux sous leurs formes de demi-dragons, portant des armures en cuir dur et de longues lances sportives aux pointes dentelées. L’un avait des écailles brunes et l’autre des écailles vertes.

« Regardez ! La petite Seryanna est de retour ! » déclara celui à gauche avec un grand sourire sur son visage écaillé.

« Bonsoir, Terrok, » répondit-elle avec un sourire chaleureux.

« Oh ! L’ancien général sera heureux de vous voir ! » déclara l’autre dragon, qui était assis sur un tabouret.

« Merci, Brastal. Je vais y aller alors, » elle avait tiré les rênes du Khosinni, et nous étions entrés dans la ville.

J’avais simplement souri en passant devant les deux dragons, qui m’avaient lancé un regard curieux. Impossible de les blâmer. La princesse de la ville était soudainement revenue en traînant un homme avec elle et une petite sœur inconsciente.

Nous avions fait notre chemin à la maison en dehors de la ville plutôt rapidement. Les rues n’étaient pas aussi animées que je le pensais au départ, et les gens accueillaient Seryanna en souriant, mais au bout d’un moment, je commençais à voir des regards sympathiques, presque comme s’ils la plaignaient. C’étaient probablement les gens qui ne croyaient pas en son pouvoir ou voyaient le fait qu’elle ne soit pas éveillée comme quelque chose de malchanceux.

Pour autant que je sache, il n’y avait pas de raison réelle pour laquelle elle devait être regardée avec pitié. Je savais que c’était leur société et la manière dont ils avaient grandi, mais de mon point de vue… ces choses étaient fausse.

La ville n’était pas aussi animée qu’Andromède, mais en partie à cause de la vitesse à laquelle le soleil se couchait au loin. La nuit arrivait, et je croyais même avoir aperçu un petit bâillement s’échapper de la bouche de la belle rousse. C’était contagieux puisqu’au même moment j’avais également bâillé.

Pour ce qui était de voir des marchands et toutes sortes de personnes, je ne peux dire que je l’avais fait, ou peut-être que je ne pouvais les reconnaître. Toutes les maisons étaient à peu près les mêmes : grandes, deux étages à partir du sol, toits pointus dans un style anglais médiéval. Ils avaient l’air paisibles pour la plupart, je sentais le parfum séduisant de la nourriture cuite partout. Ça devait être l’heure du dîner.

Une fois sortis de la ville, nous nous étions approchés de la grande maison de trois étages. Deux domestiques étaient dans la cour, s’occupant d’un petit jardin de fleurs. Un autre tirait deux khosinnis vers une écurie. Il y avait quelques gardes qui patrouillaient.

Dès que nous étions arrivés, nous avions été accueillis avec un profond salut par tout le monde. Un des domestiques avait même proposé de prendre la Kléo endormie.

« Le maître est dans sa salle d’étude. Dois-je aller lui dire que vous êtes de retour ? » demanda une jeune dragonne.

Voyons voir… robe de chambre, yeux bleus, écailles bleues, longue queue avec un ruban au bout, regard mignon, longs cheveux bruns, poitrine généreuse, et un peu petite… Je commence à aimer les coïncidences. Pensais-je, et inconsciemment, je m’étais à sourire. Mon expression m’avait valu un coup de coude dans les côtes d’une certaine rousse.

« Arg…, » gémis-je en frottant l’endroit douloureux.

« Ahem… S’il vous plaît, faites, » dit-elle à la domestique avant de me jeter un regard noir. « Dois-je m’inquiéter du fait que tu attaques les domestiques ici ? » m’avait-elle demandé.

« Je n’attaquerai que celle ayant des cheveux roux et le titre de chevalier… aussi, aïe ! » plaisantai-je.

Je pense qu’elle avait rougi, mais Seryanna n’avait pas répondu à ma blague et avait simplement regardé ailleurs.

« En parlant de ça, pourquoi n’avons pas rendu ces khosinnis au locataire ? » lui avais-je demandé en étant curieux après qu’un homme soit venu les emmener.

« Ce servant le fera pour nous. D’ailleurs, j’aimerais bien garder cette affaire de surtaxe secrète pour l’instant, » me dit-elle.

« Garder quoi secret ? » demanda quelqu’un en arrivant.

J’avais regardé dans cette direction et avais vu un grand dragon avec une longue queue rouge, des écailles rouges sur ses joues, ses bras, et deux cornes jaillissant de son front et recourber en arrière. En ce qui concerne son âge, il ressemblait à un humain dans la quarantaine, mais sa moustache et ses cheveux gardaient leur couleur vive rouge comme les cheveux de Seryanna. La couleur devait être une chose de famille, car je n’avais pas vu d’autre dragon ayant cette couleur dans Andromède ou Tomeron. Il portait un costume de grande classe et une épée particulière à la taille.

« Bonsoir, grand-père ! » déclara rapidement Seryanna en faisant un petit salut.

« Pas besoin de toutes ces formalités ! Tu es ma petite-fille ! Viens donner un câlin à ce vieil homme ! » lui avait-il dit avec un grand sourire.

« Grand-père. » Seryanna lui fit un doux sourire et obéit à sa demande.

« Bienvenue, ma chérie ! » Dit-il en l’enlaçant fermement.

Pendant ce temps, je restais à la porte, je restais calme en me demandant comment j’allais me présenter à cet imposant gentleman. Si ma mémoire ne me jouait pas de tour, le garde à l’entrée l’avait appelé « général » ?

« Qui est-ce ? » demanda-t-il en plissant les yeux vers moi.

« Salut ? » dis-je en faisant un sourire stupide et levant la main comme si je disais « bonjour » à quelqu’un de mon monde.

« Ceci... » Seryanna leva les yeux vers son grand-père, puis dit « C’est mon ami. »

« Quoi ? TU as un ami ? » déclara-t-il surpris en la tenant dans ses bras.

Aie ! Ne dis pas ça à propos de ta propre petite-fille ! Une fois qu’elle sera éveillée, elle sera une beauté ! commentai-je intérieurement, mais je m’étais abstenu de le dire à haute voix.

« Grand-père ! Pose-moi ! Je ne suis pas une enfant ! » répondit-elle en se tortillant dans ses bras.

« Bien sûr ! » Il l’avait libérée, et la dragonne retomba sur ses pieds.

Le vieil homme m’avait regardé et s’était approché, en faisant un grand sourire qui avait fait monter les coins de sa moustache.

M’offrant une poignée de main, il m’avait dit « Bienvenue chez moi, mon garçon ! Mon nom est Brakkar Draketerus ! »

Je n’avais pas refusé son geste gentil, surtout parce que je ne voulais pas être mal vu de sa part, mais j’avais essayé de lui serrer la main autant que possible. Un jour, mon père m’avait dit qu’une poignée de main lugubre montrait un manque de respect envers l’autre, et je ne voulais certainement pas offenser cet imposant dragon.

« Un plaisir de vous rencontrer, je m’appelle Alkelios Yatagai. » Me suis-je présenté.

« Hm ? » Il inclina la tête vers la gauche. « As-tu vécu chez les Ornaks ? » me demanda-t-il.

« Hein ? » Je l’avais regardé en fronçant les sourcils.

« À en juger par ton expression, je suppose que tu ne sais même pas ce qu’est un ornak ! Hahaha ! » rit-il. Puis, tout en tapotant l’épaule, il continua. « Ce sont des créatures brutales en combat, mais assez fidèles à leurs chefs. Quoi qu’il en soit, la raison pour laquelle j’ai demandé cela était parce qu’Alkelios en ornak signifie Chanceux. Quant à Yatagai cela me rappelle le dicton des elfes Ey ata gaius, qui est grossièrement traduit par béni des dieux. Un bon nom si je devais le dire moi-même. Hahaha ! » Il avait ri.

Ses paroles m’avaient un peu choqué. J’avais été surpris d’entendre quelque chose comme ça, d’autant plus que j’avais été nommé par ce Dieu idiot avec un très mauvais sens de la dénomination ! De ce qu’il en avait dit, mon nom montrait clairement que mon point fort était ma chance.

« Il est effectivement chanceux, » déclara Seryanna en rigolant un peu.

« Pour avoir comme ami quelqu’un de la famille Draketerus ? Bien ! Mais comme on dit, n’importe quel ami de ma fille est mon ami ! » Rit l’homme.

Y a-t-il un dicton comme ça ? me étais-je demandé, mais honnêtement, cela ne me dérangeait pas d’être ami avec un autre dragon.

« Qu’est-ce que c’est ? » Demanda-t-il soudain en regardant l’air vide devant lui.

« Pas possible... » Pensai-je.

« Oui ? » Dit-il, puis j’ai entendu quelque chose dans ma tête.

[Vous avez un nouvel ami : Brekkar Draketerus]

J’avais regardé vers le vieux dragon qui me regardait lui aussi, intrigué par la tournure des événements.

« Je n’ai jamais vu ou entendu de quelque chose comme ça ! » confessa-t-il.

100 de chances pff… ça me met toujours dans des situations à problème ! Maintenant comment je vais pouvoir m’expliquer ? criai-je dans mon esprit.

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3 commentaires




  1. 2



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    Merci à l'équipe. Avec le chapitre 5, je trouve que l'histoire commence à prendre un tournant intéressant. J'espère que ça continuera de la sorte.




  2. 0



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    Merci pour cette histoire. La chance de notre jeune roumain commence à se manifester 🙂




  3. 0



    0

    Merci pour ce chapitre☺☺

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